MP · Chapitre 09

Exercices — Variables aléatoires discrètes

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★★Vocabulaire des événements et opérations dénombrables

Univers, tribu, espace probabilisé, continuité monotone, sous-additivité, événements négligeables et presque sûrs

Soit (Ω,A,P) un espace probabilisé et soit (An)nN une suite d'événements. Pour NN fixé, on pose BN=nNAn.

1. Traduire à l'aide de quantificateurs, pour ωΩ, chacune des appartenances suivantes, puis énoncer en français ce que signifie la réalisation de l'événement correspondant.

a. ωnNAn

b. ωnNAn

c. ωBN

2. Justifier que nNAn, nNAn et BN sont bien des événements, c'est-à-dire des éléments de A.

3. On note C l'ensemble des ωΩ qui réalisent tous les An sauf un nombre fini d'entre eux. Exprimer C à l'aide d'unions et d'intersections des An, puis vérifier que CA.

4. On note D l'ensemble des ωΩ qui réalisent une infinité de An. Exprimer D à l'aide d'unions et d'intersections des An, puis vérifier que DA. Montrer enfin que CD.

5. Soient A et B deux événements tels que P(A)=0,6, P(B)=0,5 et P(AB)=0,3. Calculer les probabilités suivantes.

a. P(AB)

b. P(AB)

c. P(AB)

d. P(AB)

e. P((AB)(BA))

Exercice 2 ★★★★Continuité monotone et sous-additivité

Univers, tribu, espace probabilisé, continuité monotone, sous-additivité, événements négligeables et presque sûrs

Soit (Ω,A,P) un espace probabilisé. On utilisera librement les trois résultats du cours : la continuité croissante, la continuité décroissante et la sous-additivité dénombrable.

1. Soit X une variable aléatoire définie sur Ω et à valeurs dans N. Pour nN, on pose An=(Xn).

a. Montrer que la suite (An)nN est croissante pour l'inclusion et déterminer nNAn.

b. En déduire limn+P(Xn), puis limn+P(X>n).

c. Vérifier ces deux limites par le calcul direct dans le cas où X(Ω)=N et P(X=k)=12k pour tout kN.

2. Soit (Bn)nN une suite décroissante d'événements telle que P(Bn)=12+1n+2 pour tout nN. On pose B=nNBn.

a. Calculer P(B).

b. En déduire P(nNBn).

c. L'événement B est-il négligeable ? presque sûr ?

3. Soit (Cn)nN une suite d'événements, non supposée monotone, telle que P(Cn)12n pour tout nN. Pour NN, on pose UN=nNCn.

a. Montrer que P(UN)22N.

b. En déduire que D=NNUN est négligeable.

4. Soit (An)nN une suite d'événements presque sûrs, c'est-à-dire tels que P(An)=1 pour tout n. Montrer que nNAn est presque sûr. Qu'en déduit-on pour une réunion dénombrable d'événements négligeables ?

Exercice 3 ★★★Reconnaître une variable aléatoire discrète et donner sa loi

Variables aléatoires discrètes et lois usuelles : uniforme, Bernoulli, binomiale, géométrique, Poisson

Dans chacune des quatre situations suivantes, déterminer X(Ω) puis la loi de la variable considérée, en vérifiant à chaque fois que la somme des probabilités vaut 1. On reconnaîtra une loi usuelle chaque fois que c'est possible.

1. Soit A un événement de probabilité p]0,1[ et soit X=1A son indicatrice.

2. On lance deux dés équilibrés à six faces et on note S la somme des deux résultats.

3. Une urne contient 6 boules indiscernables au toucher, dont 2 blanches. On effectue 3 tirages successifs avec remise et on note Y le nombre de boules blanches obtenues.

4. On lance indéfiniment un dé équilibré à six faces, les lancers étant indépendants, et on note T le rang du premier six obtenu. Que dit le calcul de la somme des probabilités au sujet de l'événement « on n'obtient jamais de six » ?

5. Déterminer enfin la loi des deux variables suivantes.

a. Z=U2, où U suit la loi uniforme sur {2,1,0,1,2}

b. W=min(T,3), où T est la variable de la question 4

Exercice 4 ★★★Premiers calculs avec la loi geometrique

Variables aléatoires discrètes et lois usuelles : uniforme, Bernoulli, binomiale, géométrique, Poisson

Soit p]0,1[ et q=1p. On dit que X suit la loi géométrique de paramètre p, et on note XG(p), lorsque X(Ω)=N et

P(X=k)=pqk1pour tout kN

On rappelle les résultats du cours E(X)=1p et V(X)=qp2, qu'on ne redémontrera pas ici.

1. Vérifier que la formule ci-dessus définit bien une loi de probabilité.

2. Montrer que P(X>k)=qk pour tout kN, puis que P(Xk)=qk1 pour tout kN.

3. Calculer P(X pair) et P(X impair). Laquelle de ces deux probabilités est la plus grande ?

4. Soient k et deux entiers tels que 1k. Calculer P(kX).

5. Application numérique. On lance indéfiniment un dé équilibré à six faces et on note X le rang du premier six obtenu, de sorte que XG(16). Donner les valeurs suivantes sous forme de fraction, puis arrondies à 103.

a. P(X5)

b. P(X pair)

c. P(3X6)

d. E(X), V(X) et σ(X)

6. Toujours pour p=16, déterminer le plus petit entier n tel que P(Xn)0,9. Comparer à E(X) et commenter.

Exercice 5 ★★★Premiers calculs avec la loi de Poisson

Variables aléatoires discrètes et lois usuelles : uniforme, Bernoulli, binomiale, géométrique, Poisson

Soit λ>0. On dit que X suit la loi de Poisson de paramètre λ, et on note XP(λ), lorsque X(Ω)=N et

P(X=k)=eλλkk!pour tout kN

On rappelle le résultat du cours E(X)=λ.

1. Vérifier que la formule ci-dessus définit bien une loi de probabilité.

2. Calculer P(X1) et P(X2) en fonction de λ.

3. Pour kN, calculer le rapport P(X=k+1)P(X=k). En déduire la ou les valeurs de k pour lesquelles P(X=k) est maximale, en distinguant selon que λ est entier ou non.

4. Calculer E(X(X1)) par la formule de transfert, en déduire E(X2), puis retrouver V(X)=λ.

5. Application numérique. Un standard téléphonique reçoit en moyenne 2 appels par heure, et on modélise par XP(2) le nombre d'appels reçus au cours d'une heure donnée. Donner les valeurs suivantes, arrondies à 103.

a. P(X=0) et P(X1)

b. P(X2) et P(X3)

c. le ou les modes et la probabilité correspondante

d. E(X), V(X) et σ(X)

Exercice 6 ★★★Loi conjointe, lois marginales et loi conditionnelle

Couples et n-uplets de variables aléatoires : loi conjointe, lois marginales, lois conditionnelles

Soit (X,Y) un couple de variables aléatoires discrètes défini sur un espace probabilisé (Ω,A,P), avec X(Ω)={1,2,3} et Y(Ω)={0,1,2}. La loi conjointe du couple est donnée par le tableau suivant, dans lequel le coefficient situé à la ligne i et à la colonne j vaut P(X=i,Y=j), et où a désigne un réel inconnu.

X\Y 0 1 2
1 320 120 120
2 520 a 220
3 220 120 220

1. Déterminer a.

2. Déterminer les lois marginales de X et de Y.

3. Les variables X et Y sont-elles indépendantes ? On justifiera en examinant une seule case du tableau.

4. Déterminer la loi conditionnelle de Y sachant (X=2), puis calculer l'espérance de cette loi conditionnelle et la comparer à E(Y).

5. Calculer E(X), E(Y), E(XY) et Cov(X,Y). Retrouver ainsi la réponse de la question 3.

Exercice 7 ★★★★Esperance et variance par la formule de transfert

Espérance, formule de transfert, linéarité et croissance, espérance d'un produitVariance, écart type, covariance, inégalité de Cauchy-Schwarz, variance d'une somme

On rappelle la formule de transfert : si X est une variable aléatoire discrète et f une application réelle définie sur X(Ω), alors f(X) est d'espérance finie si et seulement si la famille (f(x)P(X=x))xX(Ω) est sommable, et dans ce cas

E(f(X))=xX(Ω)f(x)P(X=x)

On rappelle également, pour t<1, les deux sommes obtenues en dérivant terme à terme la série géométrique :

k1ktk1=1(1t)2etk2k(k1)tk2=2(1t)3

Dans les questions 1 à 4, on ne suppose connues ni l'espérance ni la variance des lois usuelles : ce sont précisément ces valeurs que l'on redémontre. Pour chacune des variables proposées, justifier l'existence de E(X), la calculer, puis calculer E(X2) par transfert et en déduire V(X).

1. XG(p), avec p]0,1[ et q=1p.

2. XP(λ), avec λ>0.

3. X(Ω)=N et P(X=k)=c2k pour tout kN, où c est une constante que l'on déterminera au préalable.

4. X(Ω)={0,1,2,3}, de loi donnée par le tableau suivant.

k 0 1 2 3
P(X=k) 110 410 310 210

5. Soit XP(λ). Montrer que 1X+1 est d'espérance finie et que

E(1X+1)=1eλλ

Comparer cette valeur à 1E(X)+1 pour λ=2, et conclure.

Exercice 8 ★★★Fonctions generatrices des lois usuelles

Fonctions génératrices d'une variable aléatoire à valeurs entières et leurs applicationsVariables aléatoires discrètes et lois usuelles : uniforme, Bernoulli, binomiale, géométrique, Poisson

Toutes les variables aléatoires considérées sont définies sur un espace probabilisé (Ω,A,P) et sont à valeurs dans N. On rappelle que la fonction génératrice de X est définie par

GX(t)=E(tX)=n=0+P(X=n)tn

Chaque fois qu'un paramètre p intervient, on suppose 0<p<1 et l'on pose q=1p.

1. Déterminer GX(t) sous forme close ainsi que le rayon de convergence R de la série entière qui la définit, dans chacun des cas suivants.

a. XB(p)

b. XB(n,p)

c. XG(p)

d. XP(λ), avec λ>0

e. XU({0,1,,n})

2. Soit XG(p). Justifier que GX est deux fois dérivable en 1, puis retrouver E(X) à l'aide de GX(1) et V(X) à l'aide de GX(1).

3. Reprendre la question 2 pour XP(λ).

Exercice 9 ★★★★Premieres majorations de Markov et de Bienayme-Tchebychev

Inégalités de Markov et de Bienaymé-Tchebychev, loi faible des grands nombres

1. Le nombre X de connexions reçues en une minute par un serveur est une variable aléatoire à valeurs dans N, d'espérance E(X)=20. On ne dispose d'aucune information sur sa loi.

a. Majorer P(X50).

b. Que donne la même inégalité appliquée à P(X10) ? Commenter.

c. On suppose de plus que E(X2)=500. En appliquant l'inégalité de Markov à la variable X2, améliorer la majoration de la question a.

d. Toujours avec E(X2)=500, obtenir une majoration encore meilleure de P(X50) à l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev.

2. Soit XP(4).

a. Rappeler E(X) et V(X), puis majorer P(XE(X)4) par l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev.

b. Calculer la valeur exacte de P(XE(X)4), puis en donner une valeur approchée à 104 près. Comparer avec la majoration précédente.

3. Soit (Xk)k1 une suite de variables aléatoires indépendantes et de même loi B(p), avec 0<p<1. On pose Sn=k=1nXk et l'on fixe ε>0.

a. Déterminer E ⁣(Snn) et V ⁣(Snn).

b. Montrer que P ⁣(Snnpε)p(1p)nε2, puis que cette quantité est majorée par 14nε2.

c. Un sondage estime une proportion inconnue p par la fréquence observée Snn. Déterminer un entier n garantissant que la majoration obtenue en b soit inférieure ou égale à 0,05 pour ε=0,01, sans aucune hypothèse sur p.

Exercice 10 ★★★★Sommes doubles et familles sommables en probabilites

Ensembles dénombrables et familles sommables au service du calcul des probabilitésCouples et n-uplets de variables aléatoires : loi conjointe, lois marginales, lois conditionnelles

Partie A. Soit (X,Y) un couple de variables aléatoires définies sur un espace probabilisé (Ω,A,P), à valeurs dans N×N, dont la loi conjointe est donnée par

P(X=i,Y=j)=c2i+jpour tous i1, j1

c est une constante réelle.

1. Justifier que la famille (12i+j)(i,j)N×N est sommable, puis déterminer c.

2. Déterminer les lois marginales de X et de Y, et les reconnaître.

3. Les variables X et Y sont-elles indépendantes ?

4. Calculer P(X=Y), puis P(X<Y).

5. Déterminer la loi de X+Y, vérifier qu'elle est bien normalisée, et l'identifier. Contrôler le résultat à l'aide des fonctions génératrices.

Partie B. Soit (U,V) un couple de variables aléatoires à valeurs dans N×N dont la loi conjointe est donnée par

P(U=i,V=j)={c2i+jsi 1ij0sinon

6. Déterminer c.

7. Déterminer les lois marginales de U et de V. Reconnaître celle de U.

8. Les variables U et V sont-elles indépendantes ? Calculer enfin P(U=V).

Exercice 11 ★★★★Formule des probabilites totales avec un systeme denombrable

Probabilités conditionnelles, probabilités composées et totales, formule de Bayes, indépendance d'événements

Partie A. On lance indéfiniment une pièce qui tombe sur pile avec la probabilité p, les lancers étant indépendants. On suppose 0<p<1 et l'on pose q=1p. On note N le rang du premier pile obtenu. On lance ensuite N dés équilibrés à six faces, ces lancers étant indépendants entre eux et indépendants de ceux de la pièce.

1. Justifier que NG(p), puis que la famille ((N=n))n1 est un système quasi-complet d'événements.

2. Soit B l'événement « aucun des dés lancés ne donne un 6 ». Calculer P(B) en fonction de p, puis donner sa valeur pour p=12.

3. Soit C l'événement « exactement un des dés lancés donne un 6 ». Calculer P(C) en fonction de p, puis donner sa valeur pour p=12.

Partie B. Une poule pond N œufs au cours d'une saison, où NP(λ) avec λ>0. Chaque œuf éclot avec la probabilité a]0,1[, indépendamment des autres : autrement dit, conditionnellement à l'événement (N=n), le nombre Z d'éclosions suit la loi B(n,a). On convient que Z=0 lorsque N=0.

4. Justifier que la famille ((N=n))n0 est un système complet d'événements.

5. Déterminer la loi de Z et la reconnaître.

6. En déduire E(Z) et V(Z). Application numérique pour λ=5 et a=0,8 : calculer la probabilité qu'aucun œuf n'éclose, à 104 près.

Exercice 12 ★★★Formule de Bayes en pratique

Probabilités conditionnelles, probabilités composées et totales, formule de Bayes, indépendance d'événements

Partie A. Une maladie touche une personne sur mille dans la population générale. On dispose d'un test de dépistage dont la sensibilité est de 99% (probabilité que le test soit positif chez un malade) et la spécificité de 98% (probabilité que le test soit négatif chez un individu sain). On choisit une personne au hasard dans la population ; on note M l'événement « elle est malade » et T l'événement « son test est positif ».

1. Traduire les trois données de l'énoncé en probabilités, et préciser le système complet d'événements utilisé.

2. Calculer P(T).

3. Calculer la valeur prédictive positive du test, c'est-à-dire P(MT), à 103 près. Commenter.

4. Calculer la valeur prédictive négative P(MT).

5. À sensibilité et spécificité inchangées, à partir de quelle prévalence π=P(M) la valeur prédictive positive atteint-elle 12 ? Conclure sur l'usage d'un tel test.

Partie B. Un émetteur envoie N signaux, où NG(p) avec p=13. Chaque signal émis parvient au récepteur avec la probabilité a=12, indépendamment des autres : conditionnellement à (N=n), le nombre R de signaux reçus suit la loi B(n,a). Le récepteur constate qu'il n'a rien reçu.

6. Justifier que ((N=n))n1 est un système quasi-complet d'événements, puis calculer P(R=0).

7. Déterminer la loi conditionnelle de N sachant (R=0), et la reconnaître.

8. Donner les valeurs de P(N=nR=0) pour n{1,2,3} à 103 près, les comparer aux probabilités correspondantes avant observation, et calculer l'espérance de la loi conditionnelle obtenue.

Exercice 13 ★★★★Independance deux a deux et independance mutuelle

Probabilités conditionnelles, probabilités composées et totales, formule de Bayes, indépendance d'événements

Partie A. On lance deux fois une pièce équilibrée. On note A l'événement « le premier lancer donne pile », B l'événement « le second lancer donne pile », et C l'événement « les deux lancers donnent le même résultat ».

1. Décrire l'univers Ω et la probabilité P, puis calculer P(A), P(B) et P(C).

2. Montrer que les événements A, B et C sont deux à deux indépendants.

3. Les événements A, B et C sont-ils mutuellement indépendants ?

4. Calculer P(CAB) et interpréter le résultat.

Partie B. Soient X et Y deux variables aléatoires indépendantes de même loi B ⁣(12). On pose Z=1(XY).

5. Déterminer la loi de Z.

6. Montrer que les variables X, Y et Z sont deux à deux indépendantes, et vérifier que Cov(X,Y)=Cov(X,Z)=Cov(Y,Z)=0.

7. Montrer que X, Y et Z ne sont pas mutuellement indépendantes.

8. On pose S=X+Y+Z.

a. Calculer V(S) à l'aide de la formule de la variance d'une somme, puis retrouver le résultat en déterminant directement la loi de S.

b. Comparer E(XYZ) et E(X)E(Y)E(Z).

c. Conclure sur ce que l'indépendance deux à deux permet et ne permet pas.

Exercice 14 ★★★Pile ou face infini et rang du n-ieme succes

Variables aléatoires discrètes et lois usuelles : uniforme, Bernoulli, binomiale, géométrique, PoissonVariables aléatoires indépendantes, suites i.i.d., lemme des coalitions

Soit (Xk)k1 une suite de variables aléatoires indépendantes et de même loi B(p), avec 0<p<1. On pose q=1p. On dit qu'il y a succès à l'épreuve k lorsque Xk=1.

Pour r1, on note Tr le rang du r-ième succès, avec la convention Tr=+ si la suite comporte moins de r succès. On note simplement T1 le rang du premier succès.

1. Soit kN. Exprimer l'événement (T1>k) à l'aide des variables Xi, en déduire P(T1>k), puis la loi de T1.

2. Montrer que P(T1<+)=1.

3. Soit r1. Déterminer P(Tr=k) pour tout kr, puis vérifier que la loi obtenue est bien normalisée. Qu'en déduit-on sur Tr ?

4. On pose T0=0 et, pour 1ir, Di=TiTi1 : la variable Di est le nombre d'épreuves écoulées entre le (i1)-ième succès et le i-ième.

a. Montrer que, pour tous entiers j1,,jr de N,

P(D1=j1,,Dr=jr)=i=1rpqji1

b. En déduire que D1,,Dr sont indépendantes et suivent toutes la loi G(p).

5. En déduire E(Tr) et V(Tr).

6. Retrouver E(Tr) à l'aide de la fonction génératrice de Tr.

Exercice 15 ★★★★Absence de memoire de la loi geometrique

Variables aléatoires discrètes et lois usuelles : uniforme, Bernoulli, binomiale, géométrique, PoissonProbabilités conditionnelles, probabilités composées et totales, formule de Bayes, indépendance d'événements

Dans tout l'exercice, (Ω,A,P) est un espace probabilisé et p]0,1[. On pose q=1p.

1. Soit XG(p).

a. Retrouver, par un calcul de série géométrique, la valeur de P(X>n) pour tout nN.

b. En déduire que pour tous entiers n1 et k1, le conditionnement par (X>n) est licite et

P(X>n+kX>n)=P(X>k)

2. Réciproque. Soit X une variable aléatoire à valeurs dans N telle que P(X>n)0 pour tout nN, et vérifiant la propriété d'absence de mémoire : pour tous n1 et k1, P(X>n+kX>n)=P(X>k). On pose un=P(X>n) pour nN.

a. Montrer que u0=1, puis que un+k=unuk pour tous n1 et k1.

b. En déduire que un=u1n pour tout nN.

c. Montrer que le cas u1=1 est impossible. On utilisera la continuité décroissante appliquée à la suite d'événements ((X>n))n1.

d. Conclure : X suit une loi géométrique dont on précisera le paramètre.

3. Un joueur lance un dé équilibré jusqu'à obtenir un six. Il a déjà effectué dix lancers sans succès. Déterminer la loi conditionnelle du nombre de lancers qu'il lui reste à faire, sachant cet échec initial, et commenter l'idée reçue selon laquelle il serait « en retard ».

Exercice 16 ★★★★Minimum et maximum de variables geometriques independantes

Variables aléatoires indépendantes, suites i.i.d., lemme des coalitionsVariables aléatoires discrètes et lois usuelles : uniforme, Bernoulli, binomiale, géométrique, Poisson

Sur un espace probabilisé (Ω,A,P), on considère deux variables aléatoires indépendantes X et Y telles que XG(p) et YG(q), avec p]0,1[ et q]0,1[.

Attention à la notation : dans cet exercice la lettre q désigne le paramètre de Y, et non 1p. On écrira donc systématiquement 1p et 1q.

On pose M=min(X,Y) et N=max(X,Y), et on rappelle que P(X>k)=(1p)k pour tout kN.

1. En calculant P(M>k) pour kN, montrer que M suit une loi géométrique de paramètre r=1(1p)(1q).

2. En calculant P(Nk), déterminer la loi de N. Dans le cas particulier p=q, calculer E(N).

3. Calculer P(X<Y), P(X=Y) et P(X>Y), et vérifier que la somme de ces trois probabilités vaut 1.

4. Soient X1,,Xn des variables aléatoires indépendantes, toutes de loi G(p). Déterminer la loi de Mn=min(X1,,Xn) et son espérance, puis étudier le comportement de E(Mn) lorsque n tend vers +.

Exercice 17 ★★★★Somme de deux variables de Poisson independantes

Couples et n-uplets de variables aléatoires : loi conjointe, lois marginales, lois conditionnellesFonctions génératrices d'une variable aléatoire à valeurs entières et leurs applicationsEnsembles dénombrables et familles sommables au service du calcul des probabilités

Sur un espace probabilisé (Ω,A,P), on considère deux variables aléatoires indépendantes X et Y telles que XP(λ) et YP(μ), avec λ>0 et μ>0. On pose S=X+Y.

1. Déterminer la loi de S par le calcul direct, en appliquant la formule des probabilités totales au système complet d'événements ((X=i))i0. Vérifier ensuite, par sommation par paquets, que la loi obtenue est bien normalisée.

2. Retrouver ce résultat en quelques lignes à l'aide des fonctions génératrices.

3. Soient UB(n,p) et VB(m,p) deux variables indépendantes de même paramètre p]0,1[. Déterminer la loi de U+V par les fonctions génératrices. Que se passe-t-il si les deux paramètres p diffèrent ?

4. Soient enfin T1 et T2 deux variables indépendantes de même loi G(p). Déterminer la loi de T1+T2 et montrer que ce n'est pas une loi géométrique.

Exercice 18 ★★★Calculer une esperance par la formule des queues

Espérance, formule de transfert, linéarité et croissance, espérance d'un produitEnsembles dénombrables et familles sommables au service du calcul des probabilités

1. Soit X une variable aléatoire à valeurs dans N définie sur un espace probabilisé (Ω,A,P). Démontrer, par sommation par paquets, que X est d'espérance finie si et seulement si la série P(Xn) converge, et qu'alors

E(X)=n=1+P(Xn)

2. Appliquer cette formule à XG(p) pour retrouver E(X)=1p.

3. Soient n1 et k1 deux entiers. On effectue k tirages indépendants d'un nombre uniforme dans {1,,n}, modélisés par des variables U1,,Uk indépendantes de même loi U({1,,n}), et on pose Mk=max(U1,,Uk).

a. Montrer que P(Mkj)=(jn)k pour tout j{0,1,,n}.

b. En déduire que E(Mk)=n1nkj=0n1jk.

c. Retrouver la valeur de E(M1), puis calculer E(M2).

4. Soit X une variable aléatoire à valeurs dans N telle que P(Xn)=1n(n+1) pour tout n1.

a. Vérifier qu'une telle variable existe, en explicitant sa loi.

b. Calculer E(X).

c. Montrer que X2 n'est pas d'espérance finie.

Exercice 19 ★★★★Covariance nulle sans independance

Variance, écart type, covariance, inégalité de Cauchy-Schwarz, variance d'une sommeVariables aléatoires indépendantes, suites i.i.d., lemme des coalitions

Toutes les variables considérées sont définies sur un même espace probabilisé (Ω,A,P). On dit que X est de carré intégrable lorsque X2 est d'espérance finie.

1. Soit XU({1,0,1}) et Y=X2.

a. Déterminer la loi de Y, puis calculer E(X), E(Y) et E(XY).

b. En déduire Cov(X,Y), puis montrer que X et Y ne sont pas indépendantes.

2. Soit (X,Y) un couple de variables aléatoires dont la loi conjointe est donnée par le tableau suivant.

P(X=x,Y=y) y=1 y=0 y=1
x=0 1/8 1/8 1/8
x=1 1/4 1/8 1/4

Déterminer les lois marginales, montrer que Cov(X,Y)=0, puis que X et Y ne sont pas indépendantes.

3. Réciproquement, soient X et Y indépendantes et de carré intégrable. Démontrer soigneusement que XY est d'espérance finie et que Cov(X,Y)=0.

4. Soient X et Y de carré intégrable.

a. Montrer que Cov(X,Y)σ(X)σ(Y).

b. Caractériser le cas d'égalité.

Exercice 20 ★★★Calculer une esperance avec des indicatrices

Espérance, formule de transfert, linéarité et croissance, espérance d'un produitVariance, écart type, covariance, inégalité de Cauchy-Schwarz, variance d'une somme

1. Soit AA un événement d'un espace probabilisé (Ω,A,P). Déterminer la loi de la variable indicatrice 1A et montrer que E(1A)=P(A).

2. Dans chacune des trois situations suivantes, on demande l'espérance de la variable considérée. On la décomposera en somme d'indicatrices.

a. Une urne contient N boules dont R sont rouges. On tire n boules sans remise (1nN) et on note X le nombre de boules rouges obtenues. Calculer E(X) sans déterminer la loi de X, et préciser si les indicatrices utilisées sont indépendantes.

b. On considère n personnes dont les dates d'anniversaire D1,,Dn sont modélisées par des variables indépendantes de loi uniforme sur {1,,365}. Soit Y le nombre de paires de personnes ayant le même anniversaire. Calculer E(Y), et donner sa valeur pour n=23.

c. Soient U1,,Un des variables indépendantes de même loi uniforme sur {1,,N}, avec n2. On appelle montée tout indice i{1,,n1} tel que Ui<Ui+1, et on note Z le nombre de montées. Calculer E(Z).

3. Calculer V(Z), en développant le carré (i1Ai)2 et en traitant séparément les termes diagonaux et les termes croisés.

Exercice 21 ★★★★Variance d une somme et variables decorrelees

Variance, écart type, covariance, inégalité de Cauchy-Schwarz, variance d'une sommeVariables aléatoires indépendantes, suites i.i.d., lemme des coalitions

Toutes les variables sont définies sur un même espace probabilisé (Ω,A,P) et de carré intégrable (c'est-à-dire que leur carré est d'espérance finie).

1. Soient X1,,Xn de carré intégrable et S=k=1nXk. Démontrer que S est de carré intégrable, puis que

V(k=1nXk)=k=1nV(Xk)+21i<jnCov(Xi,Xj)

2. En déduire la variance d'une somme de variables deux à deux indépendantes, puis retrouver la variance de la loi B(n,p).

3. Une urne contient N boules dont R sont rouges. On tire n boules sans remise (1nN) et on note X le nombre de boules rouges obtenues. On pose π=RN et on rappelle (voir l'exercice sur les indicatrices) que, en notant Ai l'événement « la i-ième boule tirée est rouge », on a P(Ai)=π et P(AiAj)=R(R1)N(N1) pour ij.

a. Calculer Cov(1Ai,1Aj) pour ij et commenter son signe.

b. En déduire V(X), et comparer au cas d'un tirage avec remise.

4. Soient X1,,Xn des variables i.i.d. de variance σ2 et d'espérance m, et Sn=k=1nXk. Calculer V(Snn) et interpréter le résultat.

Exercice 22 ★★★★Esperance et variance par la fonction generatrice

Fonctions génératrices d'une variable aléatoire à valeurs entières et leurs applicationsVariance, écart type, covariance, inégalité de Cauchy-Schwarz, variance d'une somme

Dans tout l'exercice, X désigne une variable aléatoire à valeurs dans N définie sur un espace probabilisé (Ω,A,P), et GX sa fonction génératrice,

GX(t)=E(tX)=n0P(X=n)tn

1. On suppose que GX est deux fois dérivable en 1, au sens de la dérivée à gauche sur [0,1] lorsque le rayon de convergence vaut exactement 1.

a. Rappeler pourquoi E(X)=GX(1).

b. Établir que GX(1)=E(X(X1)).

c. En déduire que V(X)=GX(1)+GX(1)GX(1)2.

2. Retrouver, par cette méthode, l'espérance et la variance de la loi géométrique G(p) avec p]0,1[, puis de la loi de Poisson P(λ) avec λ>0.

3. On ne connaît de X que sa fonction génératrice. Dans chacun des deux cas suivants, identifier la loi de X par développement en série entière, puis calculer E(X) et V(X) de deux façons : à partir de la loi, puis à partir des dérivées de GX.

a. GX(t)=1(2t)2.

b. GX(t)=eλ(t21), où λ>0.

4. À quoi sert la vérification GX(1)=1 ? Que lit-on sur la valeur GX(0) ?

Exercice 23 ★★★★Loi conditionnelle sachant la somme, cas de Poisson

Couples et n-uplets de variables aléatoires : loi conjointe, lois marginales, lois conditionnellesProbabilités conditionnelles, probabilités composées et totales, formule de Bayes, indépendance d'événementsEnsembles dénombrables et familles sommables au service du calcul des probabilités

Sur un espace probabilisé (Ω,A,P), on considère deux variables aléatoires indépendantes XP(λ) et YP(μ), avec λ>0 et μ>0. On pose S=X+Y.

1. Déterminer la loi de S.

2. Soit nN. Déterminer la loi conditionnelle de X sachant l'événement (S=n), c'est-à-dire les nombres P(X=kS=n) pour kN. Reconnaître une loi usuelle.

3. Interpréter concrètement le résultat sur l'exemple suivant : dans une agence, X est le nombre de clients qui se présentent au guichet A pendant une heure et Y le nombre de clients au guichet B.

4. Réciproque. Soient maintenant X et Y deux variables aléatoires indépendantes à valeurs dans N, et S=X+Y. On suppose que P(S=n)>0 pour tout nN, et qu'il existe un réel p]0,1[, le même pour tout n, tel que

nN, k{0,1,,n},P(X=kS=n)=(nk)pkqnk,q=1p

On note ak=P(X=k), bk=P(Y=k) et sn=P(S=n).

a. Montrer que akbnk=(nk)pkqnksn pour tous 0kn, puis que ak>0 et bk>0 pour tout kN.

b. On pose uk=aka0 et vk=bkb0. Montrer que uk=(pq)kvk, puis que vkvnk=(nk)vn pour tous 0kn.

c. En déduire l'expression de vn en fonction de n et de v1, que l'on notera μ, puis conclure que Y et X suivent des lois de Poisson dont on précisera les paramètres.

d. Vérifier la cohérence de ce résultat avec la question 2.

5. Variante binomiale. Soient XB(m,p) et YB(r,p) indépendantes, de même paramètre p]0,1[. Déterminer la loi de S=X+Y, puis la loi conditionnelle de X sachant (S=n). Commenter la disparition de p.

Exercice 24 ★★★Le probleme du collectionneur de vignettes

Espérance, formule de transfert, linéarité et croissance, espérance d'un produitVariables aléatoires indépendantes, suites i.i.d., lemme des coalitionsVariables aléatoires discrètes et lois usuelles : uniforme, Bernoulli, binomiale, géométrique, Poisson

Une collection comporte n vignettes différentes, numérotées de 1 à n. On achète des paquets successifs, chaque paquet contenant une vignette tirée uniformément parmi les n types, indépendamment des paquets précédents. On modélise cette situation par une suite (Vi)i1 de variables aléatoires indépendantes, de même loi uniforme sur E={1,2,,n}, définies sur un espace probabilisé (Ω,A,P).

Pour k{1,,n}, on note τk le rang du paquet qui fait passer le nombre de vignettes distinctes possédées de k1 à k, et l'on pose τ0=0 ainsi que Yk=τkτk1. Enfin, Tn=τn est le nombre total de paquets nécessaires pour compléter la collection.

1. Montrer que Tn=k=1nYk, que Yk suit la loi géométrique G(nk+1n), et que les variables Y1,,Yn sont indépendantes. On justifiera soigneusement ce dernier point.

2. En déduire E(Tn)=nHn, où Hn=k=1n1k, puis l'équivalent E(Tn)nlnn quand n tend vers +.

3. Calculer V(Tn), puis montrer que V(Tn)π26n2. On utilisera j11j2=π26.

4. Soit ε>0. Majorer P(TnnHnεnlnn) par l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, et commenter la qualité de cette majoration.

5. Application numérique : donner une valeur approchée de E(T100) et de l'écart type σ(T100), et commenter.

Exercice 25 ★★★★Points fixes d une permutation aleatoire

Espérance, formule de transfert, linéarité et croissance, espérance d'un produitVariance, écart type, covariance, inégalité de Cauchy-Schwarz, variance d'une somme

Soit n2. On tire une permutation σ uniformément dans le groupe symétrique Sn : l'univers est Ω=Sn, muni de la tribu A de toutes ses parties et de la probabilité uniforme. On note

Xn=card{i{1,,n}  ;  σ(i)=i}

le nombre de points fixes de σ, et, pour i{1,,n}, Ai=(σ(i)=i).

1. Écrire Xn=i=1n1Ai, calculer P(Ai) et en déduire E(Xn).

2. Calculer P(AiAj) pour ij, en déduire Cov(1Ai,1Aj), puis V(Xn).

3. Les événements A1,,An sont-ils indépendants ?

4. Pour 1kn, calculer le moment factoriel E(Xn(Xn1)(Xnk+1)), en comptant les k-uplets de points fixes.

5. Soit N une variable de loi P(1).

a. Calculer E(N(N1)(Nk+1)) et comparer à la question 4.

b. Montrer que k=0n(1)kk!x(x1)(xk+1) vaut 1 si x=0 et 0 si x est un entier de {1,,n}. En déduire la valeur exacte de P(Xn=0).

c. Comparer numériquement P(Xn=0) et e1 pour n=5 puis n=10, et majorer l'écart pour n quelconque.

Exercice 26 ★★★★Approximation d une loi binomiale par une loi de Poisson

Variables aléatoires discrètes et lois usuelles : uniforme, Bernoulli, binomiale, géométrique, PoissonFonctions génératrices d'une variable aléatoire à valeurs entières et leurs applications

Soit (pn)n1 une suite d'éléments de [0,1] telle que npnn+λ, où λ>0. Pour chaque n, soit Xn une variable aléatoire de loi binomiale B(n,pn), et l'on note qn=1pn.

1. Soit kN fixé. Montrer que la suite numérique (P(Xn=k))n1 converge et que

limn+P(Xn=k)=eλλkk!

On commencera par établir que pn tend vers 0, et l'on utilisera le développement de ln(1pn).

2. Retrouver ce phénomène sur les fonctions génératrices : montrer que, pour tout t[1,1] fixé, GXn(t) converge vers eλ(t1). Que vaut cette limite ? Comparer aussi les espérances et les variances.

3. Application numérique. On prend n=1000 et p=0,002. Comparer, à 104 près, les valeurs exactes de P(X=0), P(X=1) et P(X3) pour XB(1000;0,002) et les valeurs approchées fournies par la loi de Poisson correspondante.

4. Question de modélisation : pourquoi parle-t-on de « loi des événements rares » ?

Exercice 27 ★★★Lire une loi sur sa fonction generatrice

Fonctions génératrices d'une variable aléatoire à valeurs entières et leurs applications

Soit X une variable aléatoire à valeurs dans N définie sur un espace probabilisé (Ω,A,P), de fonction génératrice GX(t)=n0P(X=n)tn.

1. Justifier que GX est définie et continue sur [1,1], puis montrer que

P(X est pair)=GX(1)+GX(1)2=1+GX(1)2

Donner de même P(X est impair).

2. Expliciter P(X est pair) pour XG(p), puis pour XP(λ), puis pour XB(n,p). Commenter chaque résultat.

3. On note j=e2iπ/3.

a. Justifier que la série P(X=n)zn converge absolument pour tout complexe z tel que z1, ce qui prolonge GX au disque unité fermé.

b. Montrer que, pour mZ, la somme 13(1+jm+j2m) vaut 1 si 3 divise m, et 0 sinon.

c. En déduire, pour r{0,1,2}, une expression de P(Xr [3]) à l'aide de GX(j) et GX(j2), puis une forme réelle. Appliquer à XP(λ).

4. Montrer que P(X=0)=GX(0) et que P(X=k)=GX(k)(0)k! pour tout kN. Identifier alors la loi de X sachant que GX(t)=132t, et calculer E(X), V(X), P(X est pair) et P(X0 [3]).

Exercice 28 ★★★Somme d un nombre aleatoire de variables

Fonctions génératrices d'une variable aléatoire à valeurs entières et leurs applicationsEspérance, formule de transfert, linéarité et croissance, espérance d'un produitVariables aléatoires indépendantes, suites i.i.d., lemme des coalitions

Sur un espace probabilisé (Ω,A,P), on considère une suite i.i.d. (Xk)k1 de variables aléatoires à valeurs dans N, et une variable aléatoire N à valeurs dans N, indépendante de la suite (Xk)k1. On pose

S=k=1NXk

c'est-à-dire S(ω)=X1(ω)++XN(ω)(ω), avec la convention S(ω)=0 lorsque N(ω)=0. Pour jN, on note Tj=X1++Xj, avec T0=0, de sorte que S coïncide avec Tj sur l'événement (N=j).

1. Justifier que S est une variable aléatoire discrète à valeurs dans N, puis exprimer P(S=n) à l'aide de la formule des probabilités totales appliquée au système complet ((N=j))j0.

2. Montrer que GS=GNGX1 sur [1,1], en justifiant soigneusement l'interversion des deux sommations par un argument de sommabilité.

3. On suppose N et X1 d'espérance finie. En déduire la formule de Wald

E(S)=E(N)E(X1)

puis, en supposant de plus que N et X1 admettent une variance, la formule

V(S)=E(N)V(X1)+V(N)E(X1)2

4. Application. On suppose NP(λ) avec λ>0, et XkB(p) avec p]0,1[. Montrer par composition des fonctions génératrices que SP(λp), et retrouver ce résultat par le calcul direct de la question 1.

5. Application concrète. Un magasin reçoit en une journée un nombre N de clients de loi P(λ) ; chaque client achète, indépendamment des autres et de N, avec probabilité p. Interpréter le résultat de la question 4, puis montrer que le nombre S d'acheteurs et le nombre R=NS de visiteurs repartis sans rien acheter sont indépendants.

Exercice 29 ★★★Le lemme de Borel-Cantelli

Univers, tribu, espace probabilisé, continuité monotone, sous-additivité, événements négligeables et presque sûrsProbabilités conditionnelles, probabilités composées et totales, formule de Bayes, indépendance d'événements

Soit (Ω,A,P) un espace probabilisé et (An)n0 une suite d'événements. On pose

B=m0 nmAn

1. Justifier que B est un événement, puis montrer que ωB si et seulement si ω appartient à une infinité de An. On dira désormais que B est l'événement « une infinité de An sont réalisés ».

2. Premier lemme de Borel-Cantelli. Montrer que si la série P(An) converge, alors B est négligeable.

3. Application. On lance indéfiniment un dé équilibré à six faces, les lancers étant indépendants ; on note Di le résultat du i-ième lancer. Pour n1, soit An l'événement « les lancers numéros n2+1,n2+2,,n2+n donnent tous un 6 ». Montrer que l'événement « An est réalisé pour une infinité de n » est négligeable.

4. Application. Soit (Xn)n1 une suite i.i.d. de variables de loi G(p), avec p]0,1[. On pose q=1p et, pour α>0 et n1,

cn=αlnnln(1/q)

Montrer que si α>1, l'événement « Xncn pour une infinité de n » est négligeable. Que peut-on dire lorsque α1 ?

5. Énoncer le second lemme de Borel-Cantelli (cas d'une suite d'événements mutuellement indépendants) ; on l'admettra. Montrer par un exemple que l'hypothèse d'indépendance y est indispensable.

Exercice 30 ★★★★Une evolution aleatoire a deux etats

Probabilités conditionnelles, probabilités composées et totales, formule de Bayes, indépendance d'événementsVariables aléatoires discrètes et lois usuelles : uniforme, Bernoulli, binomiale, géométrique, Poisson

Une puce se déplace entre deux positions A et B. À chaque étape :

  • si elle est en A, elle saute en B avec probabilité a et reste en A avec probabilité 1a ;
  • si elle est en B, elle saute en A avec probabilité b et reste en B avec probabilité 1b ;

et ce indépendamment de tout ce qui s'est produit avant l'étape courante. Les réels a et b appartiennent à [0,1]. On note En l'événement « la puce est en A à l'étape n » et un=P(En), la position initiale étant décrite par la donnée de u0[0,1].

1. Établir, par la formule des probabilités totales, la relation de récurrence

un+1=(1a)un+b(1un)

2. Résoudre cette récurrence arithmético-géométrique et donner un en fonction de u0, a, b et n. Étudier la limite de (un) lorsque 0<a+b<2, et l'interpréter.

3. Cas particulier a=b=1 : que se passe-t-il, et pourquoi la suite (un) n'a-t-elle pas de limite en général ?

4. On suppose ici a]0,1] et la puce en A à l'étape 0 (donc u0=1). Soit T le nombre d'étapes nécessaires au premier passage en B, c'est-à-dire T=min{n1  ;  la puce est en B aˋ l’eˊtape n}. Reconnaître la loi de T et donner E(T).

5. Soit Zn=k=1n1Ek le nombre d'étapes passées en A parmi les n premières. Calculer E(Zn) et en donner un équivalent lorsque 0<a+b<2.

Exercice 31 ★★★★Inegalite de Cauchy-Schwarz et coefficient de correlation

Variance, écart type, covariance, inégalité de Cauchy-Schwarz, variance d'une sommeEspérance, formule de transfert, linéarité et croissance, espérance d'un produit

Soit (Ω,A,P) un espace probabilisé et X, Y deux variables aléatoires discrètes réelles définies sur Ω, telles que X2 et Y2 soient d'espérance finie.

1. Montrer que XY est d'espérance finie, puis établir l'inégalité de Cauchy-Schwarz

E(XY)2E(X2)E(Y2)

en étudiant la fonction tE((X+tY)2). On justifiera au préalable l'existence de toutes les espérances écrites.

2. Montrer que l'inégalité précédente est une égalité si et seulement s'il existe un couple de réels (α,β)(0,0) tel que l'événement (αX+βY=0) soit presque sûr. On utilisera le résultat du cours : une variable aléatoire positive d'espérance nulle est presque sûrement nulle.

3. On suppose désormais que X et Y admettent des variances non nulles et l'on pose

ρ(X,Y)=Cov(X,Y)σ(X)σ(Y)

Montrer que ρ(X,Y)[1,1], puis que ρ(X,Y)=1 si et seulement s'il existe des réels u0 et v tels que l'événement (Y=uX+v) soit presque sûr. Préciser le signe de ρ dans ce cas.

4. Calculer ρ(X,Y) dans deux exemples.

a. X et Y indépendantes, de même variance σ2>0, et l'on compare X à la somme S=X+Y : calculer ρ(X,S).

b. Le couple (X,Y) de loi conjointe donnée par le tableau suivant.

P(X=x,Y=y) x=1 x=0 x=1
y=0 1/4 1/8 1/8
y=1 1/8 1/8 1/4

5. Montrer que pour tous réels a,c non nuls et tous réels b,d,

ρ(aX+b, cY+d)=signe(ac)ρ(X,Y)

Exercice 32 ★★★★Polynomes de Bernstein et theoreme de Weierstrass

Inégalités de Markov et de Bienaymé-Tchebychev, loi faible des grands nombresEspérance, formule de transfert, linéarité et croissance, espérance d'un produitVariance, écart type, covariance, inégalité de Cauchy-Schwarz, variance d'une somme

Soit f une fonction continue sur le segment [0,1], à valeurs réelles. Pour nN et x[0,1], on pose

Bn(f)(x)=k=0n(nk)xk(1x)nkf ⁣(kn)

Le but du problème est de démontrer, par des arguments exclusivement probabilistes, que la suite de fonctions (Bn(f)) converge uniformément vers f sur [0,1]. On note g=supt[0,1]g(t) pour g continue sur [0,1].

1. Soit x[0,1] fixé et Sn une variable aléatoire de loi B(n,x). Montrer que

Bn(f)(x)=E(f ⁣(Snn))

et vérifier que Bn(f) est une fonction polynomiale de degré au plus n.

2. Justifier que f est bornée et uniformément continue sur [0,1]. Soit ε>0 ; on note δ>0 un réel associé à ε par l'uniforme continuité.

3. Établir la majoration

Bn(f)(x)f(x)ε+2fP(Snnxδ)

en découpant l'espérance selon que Snnx<δ ou non.

4. Majorer P(Snnxδ) par x(1x)nδ2, puis par 14nδ2, uniformément en x[0,1].

5. En déduire un rang n0, explicite en fonction de ε, δ et f, à partir duquel Bn(f)f2ε, et conclure : c'est le théorème d'approximation de Weierstrass.

6. Calculer Bn(f) pour f(x)=x, puis pour f(x)=x2. Commenter le fait que Bn ne reproduit pas exactement les polynômes de degré 2.

Exercice 33 ★★★★Probabilite d extinction d une population

Fonctions génératrices d'une variable aléatoire à valeurs entières et leurs applicationsProbabilités conditionnelles, probabilités composées et totales, formule de Bayes, indépendance d'événementsEspérance, formule de transfert, linéarité et croissance, espérance d'un produit

Une population évolue par générations successives. À la génération 0 vit un unique individu. Chaque individu donne naissance, indépendamment de tous les autres, à un nombre aléatoire d'enfants qui forment la génération suivante ; ce nombre suit une même loi μ sur N, où l'on note μ(k) la probabilité qu'un individu donné ait exactement k enfants. On pose

g(t)=k0μ(k)tketm=k0kμ(k)

et l'on suppose m<+ : g est la fonction génératrice du nombre d'enfants d'un individu et m est le nombre moyen d'enfants par individu. On note Zn l'effectif de la génération n, de sorte que Z0=1.

Modèle. On se donne une famille (Xn,i)n1,i1 de variables aléatoires indépendantes de même loi μ (l'ensemble d'indices N×N est dénombrable comme produit de deux ensembles dénombrables ; l'existence d'un tel modèle est admise), la variable Xn+1,i représentant le nombre d'enfants du i-ième individu de la génération n. On pose alors

Z0=1,Zn+1=i=1ZnXn+1,i(somme vide nulle)

Rappel admis (somme d'un nombre aléatoire de variables). Si N est une variable à valeurs dans N, si (Yi)i1 est une suite i.i.d. de variables à valeurs dans N de fonction génératrice commune g, et si N est indépendante de la suite (Yi), alors S=i=1NYi vérifie GS=GNg sur [0,1].

1. Montrer que GZn+1=GZng pour tout nN, puis que GZn=gn, composée n-ième de g par elle-même (avec g0=id).

2. En déduire que Zn est d'espérance finie et que E(Zn)=mn.

3. On note qn=P(Zn=0). Montrer que les événements (Zn=0) sont emboîtés, que la suite (qn) converge vers un réel q égal à P(n0(Zn=0)), et que q vérifie g(q)=q.

4. On suppose μ(1)1, c'est-à-dire que la loi μ n'est pas la masse de Dirac en 1.

a. Montrer que g est croissante et convexe sur [0,1].

b. Montrer que q est le plus petit point fixe de g dans [0,1].

c. Montrer que si m1, alors q=1 : l'extinction de la population est presque sûre.

d. Montrer que si m>1, alors g admet un unique point fixe dans [0,1[ et que q est ce point fixe. En particulier q<1.

5. Application numérique. Chaque individu a 0, 1 ou 2 enfants avec les probabilités respectives 14, 14, 12. Calculer m, écrire et résoudre l'équation g(q)=q, puis donner la probabilité d'extinction de la population.

Exercice 34 ★★★★Inegalite de Chernoff et concentration

Inégalités de Markov et de Bienaymé-Tchebychev, loi faible des grands nombresEspérance, formule de transfert, linéarité et croissance, espérance d'un produitVariables aléatoires indépendantes, suites i.i.d., lemme des coalitions

L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev majore les grandes déviations d'une somme en 1n. L'objet de cet exercice est d'obtenir, pour une somme de variables de Bernoulli, une majoration exponentiellement meilleure, due à Chernoff. Toutes les variables considérées sont discrètes.

1. Soit X une variable aléatoire discrète et s>0 un réel tel que esX soit d'espérance finie.

a. Montrer que pour tout réel a, P(Xa)esaE(esX).

b. En déduire que P(Xa)infs>0esaE(esX), avec la convention esaE(esX)=+ lorsque esX n'est pas d'espérance finie.

2. Soit p]0,1[ et (Xk)1kn une suite de variables i.i.d. de loi B(p). On pose Sn=k=1nXk. Montrer que pour tout réel s,

E(esSn)=(1p+pes)n

3. Soit t]p,1[. En optimisant sur s>0 la majoration de la question 1, montrer que

P(Snnt)enφ(t)ouˋφ(t)=tlntp+(1t)ln1t1p

On déterminera explicitement le s optimal et l'on vérifiera que φ(t)>0.

4. On prend p=12 et t=12+ε avec ε]0,12[. Montrer que φ(12+ε)2ε2, puis en déduire la majoration

P(Snn12+ε)e2nε2

5. Pour p=12, n=1000 et ε=0,05, comparer numériquement la majoration fournie par l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev et celle de Chernoff. Commenter l'intérêt de la seconde, et préciser comment les deux bornes se comportent lorsque n double.

Exercice 35 ★★★★Le probleme des allumettes de Banach

Variables aléatoires discrètes et lois usuelles : uniforme, Bernoulli, binomiale, géométrique, PoissonEspérance, formule de transfert, linéarité et croissance, espérance d'un produitCouples et n-uplets de variables aléatoires : loi conjointe, lois marginales, lois conditionnelles

Un mathématicien fume la pipe. Il transporte en permanence deux boîtes d'allumettes, une dans chaque poche, contenant chacune n allumettes au départ. Chaque fois qu'il veut allumer sa pipe, il choisit une poche au hasard, chaque poche avec la probabilité 12 et indépendamment des choix précédents, et y prend une allumette. Un jour, il plonge la main dans une poche et découvre que la boîte qu'elle contient est vide. On note X le nombre d'allumettes restant alors dans l'autre boîte.

1. Modéliser la situation à l'aide d'une suite finie de variables de Bernoulli indépendantes. On justifiera que la découverte a nécessairement lieu, en précisant à quel instant au plus tard, et l'on déterminera X(Ω).

2. Montrer que pour tout k{0,1,,n},

P(X=k)=(2nkn)(12)2nk

3. Vérifier par le calcul direct que k=0nP(X=k)=1 dans les cas n=1 et n=2.

4. Exprimer E(X) sous forme d'une somme, puis montrer que

E(X)=(2n+1)(2nn)22n1

5. À l'aide de la formule de Stirling, montrer que E(X)2nπ quand n+, et donner la valeur de E(X) pour n=50.

Exercice 36 ★★★★Records d une suite aleatoire

Espérance, formule de transfert, linéarité et croissance, espérance d'un produitVariance, écart type, covariance, inégalité de Cauchy-Schwarz, variance d'une sommeVariables aléatoires indépendantes, suites i.i.d., lemme des coalitions

Soit nN. On tire une permutation σ au hasard, uniformément, dans le groupe symétrique Sn : l'univers est Ω=Sn, muni de la tribu A=P(Ω) et de la probabilité uniforme P. La suite σ(1),σ(2),,σ(n) modélise n valeurs distinctes qui se présentent dans un ordre aléatoire (relevés de température, performances sportives, offres reçues…).

On dit qu'il y a un record à l'indice i lorsque σ(i)>σ(j) pour tout j<i, autrement dit lorsque la i-ième valeur dépasse toutes celles qui la précèdent. On note Ai cet événement, et

Rn=i=1n1Ai

le nombre total de records. Par convention, l'indice 1 est toujours un record : A1=Ω.

1. Montrer que P(Ai)=1i pour tout i{1,,n}.

2. En déduire E(Rn)=HnHn=i=1n1i, puis que E(Rn)lnn.

3. Pour i{1,,n}, on note ρi le rang de σ(i) parmi les i premières valeurs, c'est-à-dire

ρi=card{j{1,,i}  ;  σ(j)σ(i)}

a. Vérifier que ρi{1,,i} et que Ai=(ρi=i).

b. Montrer que l'application σ(ρ1,,ρn) est une bijection de Sn sur l'ensemble produit E={1}×{1,2}××{1,,n}, et en déduire la loi du vecteur (ρ1,,ρn).

c. En déduire que pour tous indices i1<i2<<ik, P(Ai1Aik)=1i1i2ik, puis que les variables 1A1,,1An sont mutuellement indépendantes.

4. En déduire que V(Rn)=HnHn(2)Hn(2)=i=1n1i2, puis que V(Rn)lnn.

5. Soit ε>0. Majorer P(RnHnεlnn) par l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev et commenter la concentration de Rn.

6. Montrer que GRn(t)=i=1nt+i1i, vérifier que GRn(1)=1, et en déduire les valeurs de P(Rn=1) et P(Rn=n).

Bloqué sur « Variables aléatoires discrètes » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.