MP · Chapitre 10

Exercices — Équations différentielles linéaires

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★★Reconnaître une équation différentielle linéaire et son cadre

Équation différentielle linéaire résolue, problème de Cauchy, théorème de Cauchy linéaire

On rappelle qu'une équation différentielle linéaire résolue d'ordre 1 est une équation de la forme

x(t)=a(t)(x(t))+b(t)

I est un intervalle de R, E un espace vectoriel normé de dimension finie, a:IL(E) et b:IE deux applications continues. Elle est dite homogène lorsque b est l'application nulle. Lorsque E=Kn, l'application a(t) s'identifie à une matrice A(t)Mn(K).

1. Pour chacune des six équations ci-dessous, répondre à trois questions : est-elle linéaire ? est-elle résolue ? est-elle homogène ?

a. y=ty+sint

b. y=y2+t

c. ty=y

d. y+etyy=cost

e. y=1+y2

f. le système

{x=x2yy=3x+t

2. Pour celles qui sont linéaires et résolues, préciser un intervalle I de travail, l'espace E, l'application a (ou la matrice A(t)) et le second membre b. Écrire explicitement la mise sous forme d'un système du premier ordre lorsque c'est nécessaire, puis énoncer précisément ce que le théorème de Cauchy linéaire garantit.

3. Pour les autres, expliquer pourquoi le théorème de Cauchy linéaire ne s'applique pas.

4. L'équation c mérite un traitement particulier. Déterminer l'ensemble de ses solutions sur R tout entier, puis exhiber un problème de Cauchy associé qui n'a aucune solution et un autre qui en a une infinité. Que devient la situation si l'on se place sur ]0,+[ ?

5. Rédiger en quelques lignes la différence de nature entre « équation non résolue » et « équation non linéaire ».

Exercice 2 ★★★Équations scalaires du premier ordre

Équations scalaires du premier ordre : résolution, problèmes de recollement

1. Résoudre les équations différentielles suivantes sur l'intervalle indiqué. On donnera à chaque fois l'ensemble complet des solutions.

a. y+2y=e2t sur R

b. yty=0 sur R

c. y+y=t sur R

d. y+yt=t2 sur ]0,+[

e. (1+t2)y+2ty=1 sur R

f. y+ytant=sin(2t) sur ]π2,π2[

2. Pour l'équation e, on demande de reconnaître le membre de gauche comme la dérivée d'un produit, et de résoudre ainsi sans aucun calcul de primitive du coefficient.

3. Vérifier par le calcul direct que la fonction obtenue à la question 1.f est bien solution.

Exercice 3 ★★★Problèmes de Cauchy du premier ordre

Équations scalaires du premier ordre : résolution, problèmes de recollementÉquation différentielle linéaire résolue, problème de Cauchy, théorème de Cauchy linéaire

1. Résoudre le problème de Cauchy

y3y=et,y(0)=2

sur R.

2. Résoudre le problème de Cauchy

y2yt=t3,y(1)=0

sur ]0,+[. On justifiera au passage pourquoi on ne travaille pas sur R.

3. On considère le problème de Cauchy

y+y=11+t2,y(0)=0

sur R.

a. Résoudre ce problème. On exprimera la solution à l'aide d'une intégrale, sans chercher à la calculer.

b. Déterminer le signe de la solution sur R, ainsi que son sens de variation au voisinage de 0.

4. Pour chacun des trois problèmes précédents, énoncer précisément ce que le théorème de Cauchy linéaire garantissait avant tout calcul : existence, unicité, et intervalle de définition de la solution.

Exercice 4 ★★★★Premiers calculs d'exponentielles de matrices

Exponentielle d'une matrice ou d'un endomorphisme : définition, propriétés, calcul

On rappelle que, pour MMn(K), l'exponentielle de M est la somme de la série

exp(M)=k=0+Mkk!

avec la convention M0=In.

1. Justifier brièvement que cette série converge pour toute matrice M.

2. Calculer exp(M), puis exp(tM) pour tR, pour chacune des matrices suivantes.

a. D=diag(1,2)

b. N=(0100)

c. A=(2102)

d. J=(0110)

e. T=(010001000)

3. Dans le cas de la matrice J, on a séparé la série en indices pairs et indices impairs. Rédiger soigneusement la justification de ce découpage.

4. Vérifier, sur chacun des cinq résultats, que la fonction texp(tM) est dérivable sur R et que sa dérivée vaut Mexp(tM).

5. En déduire, pour la matrice J, la solution du problème de Cauchy X=JX, X(0)=X0, et en donner une interprétation géométrique.

Exercice 5 ★★★★Dimension et description de l'espace des solutions

Structure de l'ensemble des solutions : sous-espace vectoriel de dimension n, sous-espace affineÉquation différentielle linéaire résolue, problème de Cauchy, théorème de Cauchy linéaire

On considère les quatre équations différentielles suivantes, chacune sur l'intervalle indiqué.

1. y+(sint)y=0 sur I1=R.

2. y+ty+ety=0 sur I2=R.

3. X=A(t)X sur I3=R, où X est à valeurs dans R3 et

A(t)=(0t1t0cost10t2)

4. y+yt=lnt sur I4=]0,+[.

Pour chacune d'elles, répondre aux trois questions suivantes.

a. Quelle est la dimension de l'espace SH des solutions de l'équation homogène associée ?

b. Quelle est la nature de l'ensemble S des solutions de l'équation complète ?

c. Soit t0 un point de l'intervalle. Décrire l'application d'évaluation qui, à une solution, associe sa donnée initiale en t0 : quel est son espace d'arrivée, et est-elle bijective ?

On explicitera de plus les solutions dans les cas 1 et 4, où le calcul est faisable.

5. Soit I un intervalle, E un espace vectoriel normé de dimension finie n, et a:IL(E) continue.

a. Montrer qu'une solution de l'équation homogène x=a(t)(x) qui s'annule en un point de I est identiquement nulle sur I.

b. En déduire que deux solutions distinctes d'une même équation complète x=a(t)(x)+b(t) ne prennent jamais la même valeur.

c. Cette dernière conclusion signifie-t-elle que les graphes de deux solutions distinctes d'une équation scalaire du second ordre ne se croisent jamais ? Justifier.

Exercice 6 ★★★★Un système à coefficients constants diagonalisable

Systèmes différentiels à coefficients constants

On considère la matrice

A=(1221)

et le système différentiel X=AX, où X=t(x,y) est une fonction inconnue de R dans R2.

1. Déterminer les valeurs propres et les sous-espaces propres de A. En déduire une matrice PGL2(R) et une matrice diagonale D telles que A=PDP1, et calculer P1.

2. Résoudre le système X=AX sur R, en effectuant le changement de fonction inconnue Y=P1X. On donnera séparément les expressions de x(t) et y(t).

3. Résoudre le problème de Cauchy associé à la condition initiale X(0)=t(1,0), et vérifier le résultat.

4. Calculer exp(tA), et vérifier la cohérence avec la question 3.

5. Contrôler le résultat de la question 4 de trois manières : valeur en t=0, calcul du déterminant, et écriture à l'aide des fonctions hyperboliques.

6. Décrire le comportement des solutions quand t+. Existe-t-il des solutions non nulles qui tendent vers 0 ?

Exercice 7 ★★★Reconnaître un système fondamental de solutions

Système fondamental de solutions, matrice wronskienne, wronskien

Partie A. Une équation scalaire du second ordre.

On considère l'équation

t2x2tx+2x=0sur I=]0,+[

1. Mettre l'équation sous forme résolue sur I et préciser la dimension de son espace de solutions.

2. Vérifier que x1:tt et x2:tt2 sont solutions sur I.

3. Calculer le wronskien W de (x1,x2). En déduire que (x1,x2) est un système fondamental de solutions, puis décrire toutes les solutions sur I.

4. Retrouver l'expression de W sans utiliser les expressions de x1 et x2, en établissant l'équation différentielle satisfaite par W.

5. Résoudre le problème de Cauchy x(1)=0, x(1)=1.

Partie B. Un système 2×2.

On considère le système X=AX sur R, où

A=(3111)

6. Vérifier que les deux fonctions suivantes sont solutions sur R :

X1(t)=e2t(11),X2(t)=e2t(t+1t)

7. Calculer leur wronskien et conclure. Vérifier au passage la relation W=tr(A)W.

Partie C. Une question de discernement.

8. Deux fonctions dont le wronskien s'annule en un point sont-elles nécessairement liées ? On distinguera soigneusement deux situations, et on donnera un contre-exemple explicite là où la réponse est négative.

Exercice 8 ★★★★La variation de la constante à l'ordre un

Méthode de variation des constantesÉquations scalaires du premier ordre : résolution, problèmes de recollement

Résoudre les trois équations suivantes par la méthode de variation de la constante. Dans chaque cas, on détaillera les trois temps de la méthode : résolution de l'équation homogène, détermination de la fonction λ, puis conclusion.

1. y+y=11+et sur R.

2. y2yt=t2lnt sur ]0,+[.

3. y+ycost=sintcost sur R. Pour le calcul de la primitive, on pourra poser u=sint.

4. Parmi les solutions de l'équation 3, lesquelles sont bornées sur R ? Lesquelles sont 2π-périodiques ?

5. Justification de la méthode. Soient α et β continues sur un intervalle I, et A une primitive de α sur I.

a. Montrer que l'application λλeA est une bijection de C1(I,R) sur lui-même. Pourquoi cela garantit-il que la méthode ne « perd » aucune solution ?

b. Montrer que, pour toute λ de classe C1 sur I, la fonction y=λeA vérifie y+αy=λeA. À quoi tient la disparition des termes en λ ?

Exercice 9 ★★★Propriétés algébriques de l'exponentielle de matrice

Exponentielle d'une matrice ou d'un endomorphisme : définition, propriétés, calcul

Dans tout l'exercice, n est un entier naturel non nul et K désigne R ou C. On munit Mn(K) d'une norme sous-multiplicative , et l'on rappelle que pour toute matrice M la série Mkk! est absolument convergente, de somme exp(M).

1. Soient A et B deux matrices de Mn(K) telles que AB=BA.

a. Justifier la formule du binôme de Newton pour (A+B)k, en indiquant précisément où l'hypothèse de commutation intervient. En déduire que

(A+B)kk!=j+l=kAjj!Bll!

b. On note SN, TN et UN les sommes partielles d'ordre N des séries définissant respectivement exp(A), exp(B) et exp(A+B). Exprimer SNTNUN comme une somme indexée par une partie de N2 que l'on décrira.

c. Majorer SNTNUN et conclure que exp(A+B)=exp(A)exp(B).

2. En déduire que exp(A) est inversible pour toute matrice A, et préciser son inverse. Que vaut exp(tA)exp(sA) pour (t,s)R2 ?

3. Soit PGLn(K). Montrer que exp ⁣(PAP1)=Pexp(A)P1.

4. On pose

A=(0100),B=(0010)

a. Calculer AB et BA. Ces matrices commutent-elles ?

b. Calculer exp(A), exp(B), puis exp(A)exp(B) et exp(B)exp(A).

c. Calculer exp(A+B).

d. Conclure quant à l'hypothèse de commutation de la question 1.

5. a. Montrer que exp(tA)=texp(A) pour toute matrice A.

b. En déduire que l'exponentielle d'une matrice antisymétrique réelle est une matrice orthogonale.

c. Montrer de plus que son déterminant vaut 1.

Exercice 10 ★★★★Le déterminant d'une exponentielle de matrice

Exponentielle d'une matrice ou d'un endomorphisme : définition, propriétés, calcul

Pour AMn(C), on rappelle que la série k0Akk! converge dans Mn(C) et que l'on note exp(A) sa somme. L'objectif est d'établir la formule det(expA)=etrA et d'en tirer quelques conséquences.

1. Soit PGLn(C) et AMn(C). Montrer que exp(PAP1)=Pexp(A)P1.

2. On suppose dans cette question que A est diagonalisable dans Mn(C). Montrer que det(expA)=etrA.

3. On admet désormais le résultat suivant : toute matrice de Mn(C) est semblable à une matrice triangulaire supérieure. Soit TMn(C) triangulaire supérieure, de coefficients diagonaux λ1,,λn.

a. Montrer que pour tout kN, la matrice Tk est triangulaire supérieure, de coefficients diagonaux λ1k,,λnk.

b. En déduire que expT est triangulaire supérieure, de coefficients diagonaux eλ1,,eλn.

c. Conclure que det(expA)=etrA pour toute matrice AMn(C).

4. En déduire que expA est inversible et préciser son inverse.

5. Soit maintenant AMn(R).

a. Quel est le signe de det(expA) ?

b. En déduire que l'application exp n'est pas surjective de Mn(R) sur GLn(R).

c. Un élève écrit : « la matrice I2 n'est l'exponentielle d'aucune matrice réelle, car son déterminant est strictement négatif ». Critiquer cette phrase. On calculera ensuite exp(θJ), où θR et J=(0110), puis on conclura.

6. Application. Soient AMn(R) et M une fonction dérivable sur R, à valeurs dans Mn(R), vérifiant

M(t)=AM(t)pour tout tR,M(0)=In.

Calculer detM(t) et en déduire son signe. Une telle solution peut-elle cesser d'être inversible ?

Exercice 11 ★★★★Exponentielle d'une matrice de rang un

Exponentielle d'une matrice ou d'un endomorphisme : définition, propriétés, calcul

Soit n2. On se donne deux vecteurs colonnes non nuls U et V de Mn,1(R) et l'on pose

A=UtVMn(R),α=tVU,

où l'on identifie la matrice tVUM1(R) au réel qu'elle contient.

1. Montrer que A2=αA, puis que Ak=αk1A pour tout k1. Vérifier que α=trA.

2. Calculer exp(tA) pour tR, en distinguant les cas α0 et α=0.

3. Application numérique : on prend n=2, U=t(1,2) et V=t(3,1).

a. Écrire A, calculer α et expliciter la matrice exp(tA).

b. Résoudre le système différentiel X=AX avec la condition initiale X(0)=t(a,b).

c. Retrouver la solution générale en réduisant A.

4. Vérifier sur cet exemple la formule det(exp(tA))=ettrA.

5. Reprendre les questions 3. a et 4 avec U=t(1,1) et V=t(1,1), et décrire le comportement des solutions de X=AX quand t+.

Exercice 12 ★★★L'exponentielle par un polynôme annulateur

Exponentielle d'une matrice ou d'un endomorphisme : définition, propriétés, calcul

Dans tout l'exercice, K désigne R ou C et AMn(K).

Partie A. Le principe

On suppose que A est annulée par un polynôme PK[X] de degré p1, scindé sur K et à racines simples λ1,,λp.

1. Montrer que pour tout kN, la matrice Ak appartient à F=Vect(In,A,,Ap1). En déduire qu'il existe des fonctions c0,,cp1 de R dans K telles que

tR,exp(tA)=j=0p1cj(t)Aj.

2. Soit tR fixé et soit Rt l'unique polynôme de degré au plus p1 vérifiant Rt(λi)=eλit pour tout i{1,,p}. Montrer que exp(tA)=Rt(A).

Partie B. Deux exemples

3. On pose A=(3113).

a. Vérifier que le polynôme (X2)(X4) annule A.

b. En déduire exp(tA) sous la forme α(t)I2+β(t)A, avec α et β explicites, puis expliciter la matrice.

c. Retrouver le résultat en diagonalisant A.

4. Cas d'une racine multiple. On pose A=(110010001).

a. Vérifier que (X1)2 annule A. Pourquoi la partie A ne s'applique-t-elle pas ?

b. Soit λK et BMn(K) telle que (BλIn)2=0. Montrer que pour tout polynôme R de degré au plus 1,

R(B)=R(λ)In+R(λ)(BλIn).

c. Calculer exp(tB) et en déduire les conditions d'interpolation que doit vérifier le polynôme Rt de degré au plus 1 tel que exp(tB)=Rt(B). Conclure sur l'exemple.

Exercice 13 ★★★★Un système différentiel d'ordre trois

Systèmes différentiels à coefficients constants

On considère la matrice

A=(233123112)

et le système différentiel (S):X=AX, d'inconnue X=t(x,y,z) fonction de R dans R3.

1. Calculer le polynôme caractéristique de A et justifier que A est diagonalisable.

2. Déterminer les trois sous-espaces propres de A et vérifier chaque vecteur propre obtenu.

3. Résoudre (S) sur R : on donnera la solution générale sous forme vectorielle, puis les expressions de x(t), y(t) et z(t).

4. Résoudre le problème de Cauchy associé à la condition initiale X(0)=t(2,3,2), et vérifier le résultat.

5. Décrire le comportement des solutions quand t+. Quelles sont les solutions bornées sur [0,+[ ? Celles qui tendent vers 0 ? Que peut-on dire de la direction de X(t) pour une solution « générique » ?

Exercice 14 ★★★★Un système avec second membre par variation des constantes

Systèmes différentiels à coefficients constantsMéthode de variation des constantes

On considère le système différentiel

(S):X=AX+B(t),A=(0110),B(t)=(et0),

d'inconnue X=t(x,y) fonction de R dans R2.

1. Résoudre le système homogène X=AX.

2. Écrire la matrice wronskienne W du système fondamental de solutions obtenu, calculer detW(t) et vérifier qu'il ne s'annule pas. Retrouver ce déterminant par la formule de Liouville.

3. Méthode de variation des constantes. On cherche une solution de (S) sous la forme X=WΛ, où Λ=t(λ,μ) est de classe C1. Montrer que X est solution de (S) si et seulement si W(t)Λ(t)=B(t), puis résoudre ce système et en déduire une solution particulière.

4. Donner la solution générale de (S), puis la solution vérifiant X(0)=t(0,0).

5. Vérifier la solution particulière obtenue au 3 par substitution directe dans (S).

6. Le second membre est ici résonant. Retrouver la solution particulière en la cherchant sous la forme Xp(t)=et(tW0+Z), avec W0 et Z vecteurs constants. Que se passerait-il si le second membre était B(t)=t(e3t,0) ?

Exercice 15 ★★★★Variation des constantes pour une équation d'ordre deux

Méthode de variation des constantesÉquations scalaires du second ordre à coefficients variables

1. Soient a, b, c des fonctions continues sur un intervalle I et (y1,y2) un système fondamental de solutions de l'équation homogène y+a(t)y+b(t)y=0. On cherche une solution particulière de

(E):y+a(t)y+b(t)y=c(t)

sous la forme y=λy1+μy2, où λ et μ sont de classe C1 sur I et soumises à la condition supplémentaire λy1+μy2=0. Montrer que y est alors solution de (E) si et seulement si λy1+μy2=c, puis exprimer λ et μ à l'aide du wronskien w=y1y2y1y2.

2. Résoudre par cette méthode chacune des trois équations suivantes, sur l'intervalle indiqué.

a. y+y=1cost sur ]π2,π2[

b. yy=11+et sur R

c. y+4y=tan(2t) sur ]π4,π4[

Exercice 16 ★★★★Abaissement de l'ordre à partir d'une solution évidente

Résolution à partir d'une solution connue, abaissement de l'ordreÉquations scalaires du second ordre à coefficients variables

Partie A. Un exemple

On considère l'équation différentielle

(E):t2yt(t+2)y+(t+2)y=0sur ]0,+[.

1. Vérifier que la fonction y1:tt est solution de (E) sur ]0,+[.

2. On pose y=tz, où z est deux fois dérivable sur ]0,+[. Montrer que y est solution de (E) si et seulement si z=z, c'est-à-dire si et seulement si z est solution d'une équation du premier ordre.

3. En déduire la solution générale de (E) sur ]0,+[, en précisant un système fondamental de solutions. Résoudre ensuite le problème de Cauchy y(1)=0, y(1)=1.

Partie B. Le cas général

Soient a et b continues sur un intervalle J, et soit y1 une solution de

(H):y+a(t)y+b(t)y=0

qui ne s'annule pas sur J.

4. Montrer que y=zy1 est solution de (H) si et seulement si y1z+(2y1+ay1)z=0.

5. Résoudre cette équation en z, en déduire une seconde solution y2 sous forme intégrale, et montrer que (y1,y2) est un système fondamental de solutions de (H).

6. Calculer le wronskien w=y1y2y1y2 des deux solutions obtenues et retrouver la formule w(t)=w(t0)exp(t0ta(s)ds).

7. Appliquer la méthode générale à l'équation (E) de la partie A et retrouver le résultat de la question 3.

Exercice 17 ★★★★L'équation d'Euler

Changements de variable et de fonction inconnue, équations d'EulerÉquations scalaires du second ordre à coefficients variables

Soient α et β deux réels. On appelle équation d'Euler l'équation différentielle

(Eα,β):t2y+αty+βy=0sur ]0,+[.

1. Soit y deux fois dérivable sur ]0,+[. On pose z(u)=y(eu) pour uR. Calculer dzdu et d2zdu2 en fonction de y et y, puis montrer que y est solution de (Eα,β) si et seulement si z est solution d'une équation linéaire à coefficients constants que l'on précisera. Vérifier que son équation caractéristique s'écrit r(r1)+αr+β=0.

2. Résoudre sur ]0,+[ les trois équations suivantes.

a. t2y2y=0

b. t2y3ty+4y=0

c. t2y+ty+y=0

3. Résoudre sur ]0,+[ l'équation avec second membre t2y2y=t3.

4. Comment obtenir les solutions d'une équation d'Euler sur ],0[ ?

Exercice 18 ★★★De l'équation scalaire d'ordre deux au système associé

Équations scalaires du second ordre à coefficients variablesStructure de l'ensemble des solutions : sous-espace vectoriel de dimension n, sous-espace affine

Soit I un intervalle de R non réduit à un point, soit K=R ou C, et soient a, b, c trois fonctions continues de I dans K. On considère

(E):y+a(t)y+b(t)y=c(t),(H):y+a(t)y+b(t)y=0,

et l'on note SH l'ensemble des solutions de (H) sur I.

1. Pour une fonction y deux fois dérivable sur I, on pose X=t(y,y). Montrer que y est solution de (E) si et seulement si X est solution d'un système différentiel X=A(t)X+B(t) que l'on explicitera. Énoncer précisément ce que le théorème de Cauchy linéaire fournit alors pour (E).

2. Montrer que SH est un K-espace vectoriel et que, pour tout t0I, l'application φt0:y(y(t0),y(t0)) est un isomorphisme de SH sur K2. En déduire la dimension de SH.

3. Soit ySH non nulle. Montrer que y n'admet aucun zéro double, puis que ses zéros sont isolés. En déduire que y n'a qu'un nombre fini de zéros sur tout segment inclus dans I.

4. Soient y1 et y2 deux éléments de SH et w=y1y2y1y2 leur wronskien. Montrer que w=aw, puis que w est soit identiquement nulle, soit partout non nulle. Montrer enfin que w ne s'annule pas si et seulement si (y1,y2) est un système fondamental de solutions.

5. En déduire que deux solutions non proportionnelles de (H) ne peuvent pas s'annuler en un même point. Illustrer sur l'exemple de y+y=0.

Exercice 19 ★★★Le wronskien et la formule de Liouville

Système fondamental de solutions, matrice wronskienne, wronskien

Soit I un intervalle de R, soit K=R ou C et soit A:IMn(K) une application continue. On considère le système différentiel linéaire homogène

(S):X=A(t)X,

d'inconnue X:IMn,1(K). Soit (X1,,Xn) une famille de n solutions de (S). On note W(t) la matrice de Mn(K) dont les colonnes sont X1(t),,Xn(t), et l'on pose w=detW : la fonction w s'appelle le wronskien de la famille (X1,,Xn).

1. Rappeler que le déterminant est une forme n-linéaire des colonnes et en déduire que w est de classe C1 sur I, avec

w(t)=j=1ndet(X1(t),,Xj1(t),Xj(t),Xj+1(t),,Xn(t)).

En décomposant la colonne dérivée Xj(t)=A(t)Xj(t) sur les colonnes de W(t), établir que w=tr(A(t))w sur I.

2. En déduire la formule de Liouville : pour tous t et t0 de I,

w(t)=w(t0)exp ⁣(t0ttrA(s)ds).

Montrer que w est soit identiquement nul sur I, soit partout non nul, et interpréter en termes de système fondamental de solutions.

3. Application au second ordre scalaire. Soit a et b deux fonctions continues sur I et (E):y+a(t)y+b(t)y=0. Pour deux solutions y1 et y2 de (E), on pose w=y1y2y2y1. Montrer que w=a(t)w, puis que w est constant lorsque a est la fonction nulle.

4. Application numérique. On travaille sur ]0,+[ et l'on considère

(E0):y+2ty+y=0.

Montrer que le wronskien de deux solutions de (E0) est proportionnel à 1t2. Vérifier ensuite que y1:tsintt et y2:tcostt sont solutions de (E0), calculer leur wronskien et conclure.

Exercice 20 ★★★★Un problème de recollement au premier ordre

Équations scalaires du premier ordre : résolution, problèmes de recollement

On étudie sur R tout entier les trois équations différentielles suivantes, d'inconnue une fonction y dérivable sur R :

(a): ty2y=0,(b): tyy=t2,(c): ty+y=1.

Pour chacune d'elles, on suivra le plan suivant.

1. Résoudre l'équation sur I=],0[, puis sur I+=]0,+[.

2. Déterminer toutes les solutions définies et dérivables sur R entier, en examinant successivement la continuité en 0, la dérivabilité en 0, puis la validité de l'équation au point 0.

3. Préciser la structure de l'ensemble des solutions sur R (dimension de l'espace vectoriel des solutions de l'équation homogène associée, description de l'ensemble des solutions).

4. Expliquer pourquoi ces résultats ne contredisent pas le théorème de Cauchy linéaire.

Exercice 21 ★★★★Solutions développables en série entière, premier exemple

Recherche de solutions développables en série entière

On considère l'équation différentielle

(E):(1t2)y2ty+2y=0.

1. Vérifier que y:tt est solution de (E) sur R.

2. On cherche les solutions de (E) développables en série entière au voisinage de 0. Soit donc y:tn0antn, de rayon de convergence R>0, solution de (E) sur ]R,R[. Après report dans l'équation et réindexation, montrer que

nN,(n+2)(n+1)an+2=(n2+n2)an,

puis simplifier cette relation en an+2=n1n+1an.

3. Séparer les indices pairs et les indices impairs et calculer explicitement tous les coefficients en fonction de a0 et a1.

4. Déterminer le rayon de convergence de la série obtenue, selon les valeurs de (a0,a1).

5. Identifier la somme de la série. On pourra utiliser le développement en série entière de t12ln1+t1t sur ]1,1[.

6. Comparer l'espace vectoriel des solutions ainsi obtenues à l'espace des solutions de (E) sur ]1,1[, dont on rappellera la dimension. Commenter ce que la méthode a effectivement trouvé.

Exercice 22 ★★★★L'équation matricielle M prime égale A M

Exponentielle d'une matrice ou d'un endomorphisme : définition, propriétés, calculSystèmes différentiels à coefficients constantsÉquation différentielle linéaire résolue, problème de Cauchy, théorème de Cauchy linéaire

Soit n1, soit K=R ou C et soit AMn(K) une matrice fixée. On s'intéresse à l'équation différentielle matricielle

(E):M=AM,

d'inconnue une fonction M:RMn(K) dérivable.

1. Justifier que Mn(K) est un espace vectoriel normé de dimension finie, que (E) y est une équation différentielle linéaire homogène du premier ordre, puis montrer que texp(tA) est l'unique solution de (E) vérifiant M(0)=In.

2. En déduire, par un argument d'unicité, que

(s,t)R2,exp((s+t)A)=exp(sA)exp(tA).

En déduire que exp(tA) est inversible, d'inverse exp(tA).

3. Soit BMn(K) telle que AB=BA. Montrer, de deux façons différentes (par la série, puis par unicité), que B commute avec exp(tA) pour tout réel t.

4. Soit t0R et X0Mn,1(K). Montrer que l'unique solution du problème de Cauchy X=AX, X(t0)=X0 est

X:texp((tt0)A)X0,

en rédigeant soigneusement l'argument fondé sur la dérivée de texp(tA)X(t).

Exercice 23 ★★★Un changement de fonction inconnue à l'ordre deux

Changements de variable et de fonction inconnue, équations d'EulerÉquations scalaires du second ordre à coefficients variables

Soit I un intervalle de R, soit t0I, soit a une fonction de classe C1 sur I et b une fonction continue sur I, toutes deux à valeurs réelles. On considère

(E):y+a(t)y+b(t)y=0,

et l'on pose

φ(t)=exp ⁣(12t0ta(s)ds).

1. Montrer que le changement de fonction inconnue y=zφ transforme (E) en une équation de la forme

(F):z+q(t)z=0,

et exprimer q en fonction de a, a et b. L'équation (F) s'appelle la forme normale de (E) : le terme en z a disparu.

2. Applications sur I=R.

a. Mettre l'équation y2ty+(t23)y=0 sous forme normale, puis la résoudre complètement.

b. Même travail pour y2ty+(t21)y=0.

3. Zéros et oscillation.

a. Montrer que y et z=y/φ ont exactement les mêmes zéros sur I.

b. On suppose q0 sur I. Montrer que toute solution non nulle de (F) admet au plus un zéro sur I, et en déduire le même énoncé pour (E). Vérifier la conclusion sur l'exemple de la question 2.a.

c. Expliquer pourquoi la forme normale est le cadre naturel pour étudier l'oscillation des solutions.

Exercice 24 ★★★Comportement asymptotique des solutions d'un système constant

Systèmes différentiels à coefficients constantsÉtude qualitative : solutions bornées, périodiques, zéros, comportement asymptotique

Soit n1 et soit AMn(C) une matrice diagonalisable. On considère le système différentiel

(S):X=AX,

d'inconnue X:RMn,1(C). On note λ1,,λn les valeurs propres de A, répétées selon leur multiplicité. L'espace Mn,1(C) étant de dimension finie, toutes ses normes sont équivalentes : les propriétés « tendre vers 0 » et « être bornée » ne dépendent pas de la norme choisie, et l'on en fixe une, notée .

1. Montrer que toute solution de (S) tend vers 0 en + si et seulement si toutes les valeurs propres de A ont une partie réelle strictement négative.

2. Montrer que toute solution de (S) est bornée sur R+ si et seulement si toutes les valeurs propres de A ont une partie réelle négative ou nulle.

3. Étudier les trois exemples suivants, en illustrant chacun des trois régimes possibles :

a. A1=(3113)

b. A2=(0110)

c. A3=(0110)

4. Question de discernement. Les résultats des questions 1 et 2 subsistent-ils sans l'hypothèse de diagonalisabilité ? On traitera le cas A=(1101) en calculant exp(tA), puis le cas A=(0100).

Exercice 25 ★★★★Solutions périodiques d'une équation du premier ordre

Équations scalaires du premier ordre : résolution, problèmes de recollementÉtude qualitative : solutions bornées, périodiques, zéros, comportement asymptotique

Soit T>0 et soit a et b deux fonctions continues sur R, à valeurs réelles et T-périodiques. On considère

(E):y+a(t)y=b(t),

et l'on pose

A(t)=0ta(s)ds,μ=A(T)=0Ta(s)ds.

1. Montrer que si y est solution de (E) sur R, alors la fonction yT:ty(t+T) l'est aussi.

2. En déduire qu'une solution y de (E) est T-périodique si et seulement si y(T)=y(0).

3. Écrire la solution du problème de Cauchy y(0)=y0 et montrer que

y(T)=eμy0+c,

c est une constante indépendante de y0 que l'on explicitera.

4. En déduire la discussion suivante : si μ0, l'équation (E) admet une unique solution T-périodique ; si μ=0, elle en admet une infinité lorsque c=0 et aucune lorsque c0.

5. Illustrer avec les trois équations suivantes, en calculant μ dans chaque cas et en cherchant les solutions 2π-périodiques :

a. y+(sint)y=sint

b. y+(cost)y=1

c. y+y=sint

Exercice 26 ★★★Majorations a priori des solutions d'un système linéaire

Étude qualitative : solutions bornées, périodiques, zéros, comportement asymptotiqueÉquation différentielle linéaire résolue, problème de Cauchy, théorème de Cauchy linéaire

Soit I un intervalle de R non réduit à un point et soit A:IMn(R) une application continue. On munit Mn,1(R) d'une norme et Mn(R) de la norme subordonnée associée, notée de la même façon, de sorte que MXMX pour toute matrice M et tout vecteur colonne X. On étudie le système homogène

(H):X=A(t)X.

On admet le lemme de Gronwall dans sa version à coefficient variable (le chapitre « Fonctions vectorielles » en établit le cas où k est constant) : si u et k sont continues et positives sur un segment [a,b], si C0 et si

t[a,b],u(t)C+atk(s)u(s)ds,

alors

t[a,b],u(t)Cexp ⁣(atk(s)ds).

1. Soit X une solution de (H) sur I et soit t0I. Montrer que

tI tel que tt0,X(t)X(t0)+t0tA(s)X(s)ds.

Expliquer au passage pourquoi on raisonne sur l'écriture intégrale de X plutôt qu'en dérivant la fonction tX(t).

2. En déduire que

tI tel que tt0,X(t)X(t0)exp ⁣(t0tA(s)ds).

3. Soient X et Y deux solutions de (H) sur I telles que X(t0)=Y(t0) pour un certain t0I. Montrer que X=Y sur I. On retrouve ainsi, par un argument élémentaire, la partie « unicité » du théorème de Cauchy linéaire. On prendra garde au fait que la majoration de la question 2 ne se propage que vers la droite : pour traiter tt0, on pourra poser Z~(s)=Z(2t0s), où Z=XY.

4. Soit X une solution de (H) sur I et soit t0I. Établir la minoration

tI tel que tt0,X(t)X(t0)exp ⁣(t0tA(s)ds).

On pourra fixer t1I avec t1t0 et renverser le temps en posant Y(s)=X(t0+t1s) pour s[t0,t1]. En déduire à nouveau qu'une solution non nulle de (H) ne s'annule en aucun point.

5. Application. On suppose ici que I contient [t0,+[ et que l'intégrale t0+A(s)ds converge ; on note β sa valeur. Montrer que toute solution X de (H) admet une limite L en +, et que L0 dès que X n'est pas la solution nulle.

Exercice 27 ★★★L'équation d'Airy par les séries entières

Recherche de solutions développables en série entière

On étudie sur R l'équation d'Airy

(A):y=ty.

1. On cherche les solutions développables en série entière au voisinage de 0. Soit y:tn0antn une telle série, de rayon R>0, solution de (A) sur ]R,R[. Montrer que

a2=0etnN, (n+3)(n+2)an+3=an,

et en déduire que les coefficients se répartissent en trois familles suivant le reste de l'indice modulo 3.

2. Expliciter les coefficients : montrer que a3k+2=0 pour tout k, et que pour tout k1

a3k=a0j=1k(3j1)(3j),a3k+1=a1j=1k(3j)(3j+1).

3. Montrer que le rayon de convergence de la série obtenue est infini.

4. En déduire que l'on obtient ainsi toutes les solutions de (A) sur R.

5. Étude qualitative.

a. Une solution non nulle de (A) peut-elle être paire ? impaire ?

b. Soit y une solution de (A) et t0>0 tels que y(t0)>0 et y(t0)0. Montrer que y est strictement croissante et convexe sur [t0,+[, et qu'elle tend vers +.

Exercice 28 ★★★★Un système non diagonalisable et la décomposition D plus N

Exponentielle d'une matrice ou d'un endomorphisme : définition, propriétés, calculSystèmes différentiels à coefficients constants

On considère la matrice

A=(210021002)M3(R)

et le système différentiel (S):X=AX, d'inconnue X:RM3,1(R).

1. Écrire A=2I3+N, où N est une matrice que l'on précisera. Calculer N2 et N3, et vérifier que les matrices 2I3 et N commutent.

2. Calculer explicitement exp(tA) pour tout tR.

3. Résoudre le problème de Cauchy X=AX, X(0)=t(1,0,1), et contrôler le résultat en reportant dans le système.

4. Décrire le comportement de cette solution lorsque t+, puis lorsque t. Expliquer la compétition entre le facteur polynomial et le facteur exponentiel.

5. Généralisation. Soient λC, NMn(C) nilpotente d'indice p (c'est-à-dire Np=0 et Np10) et A=λIn+N. Donner exp(tA), puis une condition nécessaire et suffisante portant sur λ pour que toute solution de X=AX tende vers 0 en +.

6. La matrice A de l'énoncé est-elle diagonalisable ? Répondre de deux façons : par un argument de rang, puis par un argument qui n'exige aucun calcul.

Exercice 29 ★★★Entrelacement des zéros de deux solutions

Étude qualitative : solutions bornées, périodiques, zéros, comportement asymptotiqueSystème fondamental de solutions, matrice wronskienne, wronskien

Soient I un intervalle non trivial de R, a et b deux fonctions continues sur I, et

(E):y+a(t)y+b(t)y=0.

On note S l'espace des solutions de (E) sur I et l'on rappelle que dimS=2. Pour (y1,y2)S2, on note w=y1y2y1y2 le wronskien du couple.

1. (Préliminaire.) Montrer que w=aw sur I, en déduire que w est soit identiquement nulle, soit partout non nulle, et que (y1,y2) est un système fondamental de solutions si et seulement si w ne s'annule pas.

2. Soit y une solution non nulle de (E). Montrer que les zéros de y sont isolés, puis que y n'a qu'un nombre fini de zéros sur tout segment inclus dans I.

3. Soit (y1,y2) un système fondamental de solutions. Montrer que y1 et y2 n'ont aucun zéro commun.

4. (Théorème d'entrelacement, ou théorème de séparation de Sturm.) Soient (y1,y2) un système fondamental et α<β deux zéros consécutifs de y1 dans I. Montrer que y2 s'annule exactement une fois sur ]α,β[. On raisonnera par l'absurde en considérant la fonction y1y2 et le théorème de Rolle, puis on échangera les rôles de y1 et y2 pour l'unicité.

5. Retrouver comme cas particulier que les zéros de cos et ceux de sin sont entrelacés.

6. Soit q continue sur I et (E):y+q(t)y=0. Montrer que deux solutions non proportionnelles de (E) ont, sur tout segment de I, le même nombre de zéros à une unité près.

Exercice 30 ★★★★Une équation fonctionnelle résolue par une équation différentielle

Équations scalaires du premier ordre : résolution, problèmes de recollementÉquations scalaires du second ordre à coefficients variables

Les deux problèmes sont indépendants.

Problème A. On cherche toutes les fonctions f:RR dérivables telles que

(A):tR,f(t)=f(1t).

1. Soit f une solution de (A). Montrer que f est deux fois dérivable sur R et qu'elle vérifie f=f.

2. En déduire l'existence de (α,β)R2 tel que f(t)=αcost+βsint, puis reporter dans (A) pour obtenir la relation exacte liant α et β. Montrer que l'ensemble des solutions de (A) est une droite vectorielle et en donner un générateur aussi simple que possible.

3. Vérifier directement que le générateur obtenu est bien solution de (A).

Problème B. On cherche toutes les fonctions f:RR continues telles que

(B):tR,f(t)=1+0t(ts)f(s)ds.

4. Soit f une solution de (B). En écrivant l'intégrale sous la forme t0tf(s)ds0tsf(s)ds, montrer que f est de classe C1, puis de classe C2.

5. Montrer que f(t)=0tf(s)ds pour tout t, en déduire une équation différentielle vérifiée par f ainsi que deux conditions initiales, et déterminer f.

6. Vérifier la réciproque et conclure.

Exercice 31 ★★★★La résolvante d'un système linéaire

Système fondamental de solutions, matrice wronskienne, wronskienStructure de l'ensemble des solutions : sous-espace vectoriel de dimension n, sous-espace affine

Soient K=R ou C, I un intervalle non trivial de R et A:IMn(K) une application continue. On considère le système homogène

(H):X=A(t)X,

dont on note S l'ensemble des solutions sur I. Pour (t,s)I2, on appelle résolvante du système la matrice R(t,s)Mn(K) telle que la solution de (H) valant Xs à l'instant s prenne la valeur R(t,s)Xs à l'instant t ; la question 1 en établit l'existence et l'unicité.

1. Justifier l'existence et l'unicité de R(t,s), en utilisant l'isomorphisme d'évaluation de S sur Mn,1(K).

2. Montrer qu'à s fixé, l'application tR(t,s) est l'unique solution du problème de Cauchy matriciel M=A(t)M, M(s)=In.

3. Démontrer les relations

R(t,t)=In,R(t,s)R(s,u)=R(t,u),R(t,s)1=R(s,t)((t,s,u)I3).

4. Montrer que detR(t,s)=exp ⁣(sttrA(u)du), et retrouver ainsi que R(t,s)GLn(K). On établira d'abord que, pour BMn(K) et x1,,xn dans Mn,1(K), on a j=1ndet(x1,,Bxj,,xn)=tr(B)det(x1,,xn).

5. Soit B:IMn,1(K) continue, t0I et X0Mn,1(K). Exprimer à l'aide de R la solution du problème de Cauchy X=A(t)X+B(t), X(t0)=X0, et le démontrer par la méthode de variation des constantes. C'est la formule de Duhamel générale.

6. Que vaut R(t,s) lorsque A est constante ? Et lorsque les matrices A(t), tI, commutent deux à deux ? Dans ce second cas, on vérifiera que texp ⁣(stA(u)du) résout bien le problème de Cauchy de la question 2.

Exercice 32 ★★★★Solutions bornées d'une équation d'ordre deux

Étude qualitative : solutions bornées, périodiques, zéros, comportement asymptotiqueÉquations scalaires du second ordre à coefficients variables

On étudie l'équation

(E):y+q(t)y=0,

q est continue sur R+. D'après le théorème de Cauchy linéaire, toutes les solutions de (E) sont définies sur R+ tout entier et forment un plan vectoriel. Les questions 1 et 2 supposent q0, les questions 5 et 6 supposent q0 ; les questions 3 et 4 sont indépendantes.

1. On suppose q0 sur R+. Soit y une solution non nulle de (E) s'annulant en t0, avec y(t0)>0. Montrer que y ne s'annule plus après t0, puis que y(t)y(t0) et y(t)y(t0)(tt0) pour tout tt0. En déduire qu'une solution non nulle de (E) s'annule au plus une fois.

2. Toujours avec q0 : montrer que (E) possède une solution non bornée sur R+, avec une minoration explicite. Montrer ensuite, sur l'exemple q(t)=2(1+t)2, que certaines solutions non nulles peuvent malgré tout rester bornées : quelle est alors la forme de ces solutions ?

3. On suppose q(t)>0 lorsque t+. Montrer que toute solution non nulle possède une infinité de zéros. On établira le résultat de comparaison suivant : si qm>0 sur [a,+[, alors toute solution non nulle s'annule dans tout segment de longueur πm inclus dans [a,+[ ; on comparera pour cela y à z:tsin(m(tc)) en étudiant W=yzyz. Peut-on en déduire que les solutions sont bornées ?

4. Cas explicite. Résoudre y+2t2y=0 sur ]0,+[ (équation d'Euler : poser t=eu), puis décrire le comportement des solutions en 0+ et en +.

5. On suppose maintenant q0 sur R+. Soit y une solution de (E) telle que y ET y soient bornées sur R+, et telle que 0+q(t)y(t)2dt converge. Calculer (yy), en déduire que 0+y(t)2dt converge, puis que yy tend vers 0 en +. Montrer, sur l'exemple q=1 et y=sin, que l'hypothèse de convergence est indispensable.

6. Sous les hypothèses de la question 5, on suppose de plus q bornée sur R+. Montrer que y(t)0 lorsque t+.

Exercice 33 ★★★L'équation de Tchebychev en séries entières

Recherche de solutions développables en série entièreÉquations scalaires du second ordre à coefficients variables

Soit nN. On étudie sur ]1,1[ l'équation de Tchebychev

(Tn):(1t2)yty+n2y=0.

1. Chercher les solutions de (Tn) développables en série entière au voisinage de 0. Établir que, si y=k0aktk est une telle solution, alors

kN,ak+2=k2n2(k+1)(k+2)ak.

2. Montrer que la famille de coefficients de même parité que n fournit un polynôme de degré exactement n, de même parité que n. C'est, à une constante multiplicative près, le n-ième polynôme de Tchebychev.

3. Montrer que la série issue de l'autre parité a un rayon de convergence égal à 1. En déduire un système fondamental de solutions de (Tn) sur ]1,1[ formé de deux séries entières.

4. Vérifier, pour n=0, 1, 2 et 3, que cos(nθ) s'exprime comme un polynôme en cosθ. Montrer ensuite directement que u:tcos(nArccost) est solution de (Tn) sur ]1,1[, en passant par le changement de variable t=cosθ.

5. Soit n1. Montrer que v:tsin(nArccost) est également solution de (Tn) sur ]1,1[, puis que (u,v) en est un système fondamental de solutions, en calculant le wronskien. Pourquoi faut-il exclure n=0 ?

Exercice 34 ★★★★Perturbation intégrable d'un système à coefficients constants

Étude qualitative : solutions bornées, périodiques, zéros, comportement asymptotiqueExponentielle d'une matrice ou d'un endomorphisme : définition, propriétés, calcul

On munit Mn,1(R) d'une norme et Mn(R) de la norme subordonnée, encore notée , de sorte que MXMX et MNMN.

Soit AMn(R) telle que

M:=supt0exp(tA)<+,

et soit B:R+Mn(R) continue et intégrable, c'est-à-dire telle que β:=0+B(t)dt converge. On étudie le système perturbé

(S):X=(A+B(t))X.

1. Justifier que toute solution de (S) est définie sur R+ tout entier.

2. Soit X une solution de (S). En traitant B(t)X(t) comme un second membre, montrer que

t0,X(t)=exp(tA)X(0)+0texp((ts)A)B(s)X(s)ds.

3. En déduire que X(t)MX(0)+M0tB(s)X(s)ds pour tout t0.

4. Énoncer et démontrer la version du lemme de Gronwall adaptée (avec un coefficient dépendant de s), puis conclure que toute solution de (S) est bornée sur R+.

5. Application. Montrer que toutes les solutions de

y+(1+11+t2)y=0

sont bornées sur R+, ainsi que leurs dérivées.

Exercice 35 ★★★Recollement des solutions d'une équation d'ordre deux

Équations scalaires du second ordre à coefficients variablesRésolution à partir d'une solution connue, abaissement de l'ordre

On étudie sur R tout entier l'équation

(E):t2y2ty+2y=0.

On appelle solution de (E) sur un intervalle J toute fonction deux fois dérivable sur J y vérifiant l'égalité en tout point.

1. Vérifier que tt est solution de (E) sur ]0,+[, puis résoudre (E) sur ]0,+[ et sur ],0[ par abaissement de l'ordre, à l'aide du changement de fonction inconnue y=tz.

2. Déterminer toutes les solutions de (E) sur R tout entier. On partira de la solution générale à quatre paramètres obtenue à la question 1, et l'on écrira successivement la continuité, la dérivabilité, puis la dérivabilité seconde en 0, sans oublier de vérifier l'équation en 0.

3. En déduire la dimension de l'espace SR des solutions sur R. Montrer que cette valeur ne provient PAS du théorème de Cauchy : on étudiera l'application d'évaluation y(y(0),y(0)) et l'on précisera ce qui tombe en défaut en 0. Que se passe-t-il en un point t00 ?

4. Reprendre le même travail pour (E):t2y2y=0, dont on remarquera la solution évidente tt2. Comparer les deux situations.

5. Question de synthèse. Soit α, β, γ continues sur R, avec α ne s'annulant qu'en un seul point t0. Que peut valoir la dimension de l'espace des solutions sur R de α(t)y+β(t)y+γ(t)y=0 ? On majorera d'abord cette dimension, puis on illustrera par des exemples du type Euler.

Exercice 36 ★★★★Systèmes à coefficients périodiques et matrice de monodromie

Système fondamental de solutions, matrice wronskienne, wronskienÉtude qualitative : solutions bornées, périodiques, zéros, comportement asymptotiqueStructure de l'ensemble des solutions : sous-espace vectoriel de dimension n, sous-espace affine

Soient T>0 et A:RMn(C) continue et T-périodique. On considère

(S):X=A(t)X,

dont on note S l'espace des solutions sur R. On note R l'unique solution du problème de Cauchy matriciel M=A(t)M, M(0)=In, et l'on pose

C=R(T),

appelée matrice de monodromie du système.

1. Montrer que si XS, alors tX(t+T) appartient encore à S.

2. En déduire que R(t+T)=R(t)C pour tout tR, puis que R(t+kT)=R(t)Ck pour tout kN.

3. Montrer que R(t) est inversible pour tout t, puis que

detC=exp ⁣(0TtrA(s)ds).

4. Montrer que (S) admet une solution T-périodique non nulle si et seulement si 1 est valeur propre de C.

5. Plus généralement, montrer que (S) admet une solution non nulle vérifiant X(t+T)=μX(t) pour tout t si et seulement si μ est valeur propre de C. Ces μ sont les multiplicateurs de Floquet du système. Qu'en déduit-on sur l'existence d'au moins une telle solution ?

6. On suppose que toutes les valeurs propres de C sont de module strictement inférieur à 1. Montrer que toute solution de (S) tend vers 0 en +. On utilisera X(kT)=CkX(0), le fait que R est bornée sur [0,T], et le résultat admis suivant : si toutes les valeurs propres de C sont de module strictement inférieur à 1, alors Ck0 lorsque k+.

7. Exemple. Traiter le cas n=1, où A(t)=a(t) est une fonction scalaire continue et T-périodique : calculer R et C, puis interpréter les questions 4 à 6. Illustrer par a(t)=cost et a(t)=1+cost, avec T=2π.

Bloqué sur « Équations différentielles linéaires » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.