PCSI · Chapitre 16 · Second semestre
Exercices — Séries numériques
36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.
Sommaire
36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.
Exercice 1 ★★★★ — Sommes partielles et nature d'une série
Sommes partielles, convergence, somme et reste d'une série
Étudier une série, c'est étudier la suite de ses sommes partielles, rien de plus. Les questions ci-dessous se traitent toutes en revenant à la définition, sans aucun théorème de comparaison.
Pour une suite , on note la somme partielle de rang .
1. Soit pour . Calculer en fonction de , puis déterminer la nature de et, en cas de convergence, sa somme.
2. Mêmes questions pour .
3. Soit pour . Calculer et conclure.
4. On suppose que les sommes partielles d'une série vérifient pour tout . Retrouver pour tout , puis donner la nature de la série et sa somme.
5. Quatre objets se ressemblent à l'écrit : , , et . Pour chacun, dire s'il s'agit d'un nombre ou d'une suite et donner sa définition. Lesquels n'ont de sens que si la série converge ? Écrire enfin la relation qui lie , et .
Exercice 2 ★★★★ — Reconnaître une divergence grossière
Terme général d'une série convergente et divergence grossière
Le tout premier réflexe devant une série est de regarder son terme général : s'il ne tend pas vers , l'affaire est réglée en une ligne. Encore faut-il savoir reconnaître les cas où ce réflexe ne donne rien, et ne pas lui faire dire plus qu'il ne dit.
1. Pour chacun des termes généraux suivants, déterminer la limite éventuelle de et dire si le théorème de divergence grossière permet de conclure. Conclure quand c'est le cas.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
2. Pour les items où le théorème ne s'applique pas, dire précisément ce que l'on ne peut pas conclure, et donner la nature réelle de la série concernée.
3. Énoncer le théorème utilisé, puis sa contraposée. Expliquer en une phrase pourquoi sa réciproque est fausse.
Exercice 3 ★★★★ — Séries géométriques : nature et somme
Séries géométriques et série exponentielle
La série géométrique est la seule série usuelle dont on sait calculer la somme sans effort. La formule est simple, mais elle dépend du rang auquel on démarre : c'est là que se concentrent les erreurs.
1. Déterminer la nature de chacune des séries suivantes et, en cas de convergence, calculer sa somme.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
2. Soit . Calculer , en déduire la nature de , puis calculer sa somme sous forme algébrique.
3. Pour quelles valeurs du réel la série converge-t-elle ? Donner alors sa somme en fonction de .
Exercice 4 ★★★★ — Premières séries télescopiques
Lien suite-série et séries télescopiquesCalcul explicite de la somme d'une série
Quand le terme général se présente sous la forme , la somme partielle se calcule exactement : presque tout se simplifie et il ne reste que les termes de bord. C'est le seul cas, avec les séries géométriques, où l'on obtient la somme sans machinerie.
Dans chacune des quatre premières questions, on demande la somme partielle en fonction de , la nature de la série, et sa somme en cas de convergence.
1.
2.
3.
4.
5. Dégager de ces quatre calculs la méthode générale, et énoncer le lien entre la nature de et le comportement de la suite .
Exercice 5 ★★★★ — Séries de Riemann : nature immédiate
Séries de Riemann et critère en n puissance alpha
Les séries de Riemann sont les séries de référence de tout le chapitre : leur nature se lit sur un seul nombre, l'exposant. Encore faut-il savoir le lire, y compris quand il est déguisé en racine.
1. Déterminer la nature des séries de terme général suivant, en identifiant à chaque fois l'exposant.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
h.
2. Énoncer précisément le critère utilisé et rappeler où se situe le seuil.
3. Les items e. et f. ont des exposants presque égaux et des natures opposées. On donne les sommes partielles au rang :
Quelle leçon en tirer sur ce qu'un calcul numérique peut, ou ne peut pas, prouver ?
Exercice 6 ★★★★ — Comparer deux séries à termes positifs
Comparaison par inégalités entre séries à termes positifsSéries à termes positifs : majoration des sommes partielles
Comparer, c'est encadrer le terme général par celui d'une série connue. Le théorème est court, mais il ne fonctionne que dans un sens à la fois, et seulement sur des termes positifs : chaque rédaction doit donc commencer par vérifier le signe.
1. Montrer que pour tout , puis en déduire la nature de .
2. Montrer que pour tout , puis conclure sur la nature de .
3. Montrer que pour tout , puis en déduire la nature de .
4. Montrer que pour tout , puis en déduire la nature de ainsi qu'une majoration de sa somme.
5. Soit et deux suites positives telles que pour tout . On suppose que diverge. Que peut-on en conclure sur ? Donner deux exemples de natures opposées.
Exercice 7 ★★★★ — Premières natures par équivalent
Comparaison par équivalents et par négligeabilité
Chercher un équivalent du terme général, c'est remplacer une expression compliquée par une série de Riemann. La rédaction attendue tient toujours en trois temps : vérifier que le terme est positif à partir d'un certain rang, donner un équivalent de la forme , conclure par le critère de Riemann.
1. Déterminer la nature des séries de terme général suivant.
a.
b.
c.
d.
e. (pour )
f.
g.
h.
2. Reprendre l'item g. : expliquer pourquoi l'écriture n'a aucun sens, et détailler l'obtention du bon équivalent.
3. Pourquoi l'hypothèse de signe constant est-elle indispensable dans le théorème de comparaison par équivalents ?
Exercice 8 ★★★★ — Convergence absolue : premiers cas
Convergence absolue, suites sommables et domination
Les théorèmes de comparaison exigent des termes positifs. Quand le terme général change de signe, ou même quand il est complexe, on se ramène au cas positif en passant à la valeur absolue (ou au module) : c'est la convergence absolue.
La rédaction attendue tient en trois temps : majorer par le terme général d'une série convergente connue, en déduire que converge, puis conclure par le théorème.
1. Montrer que chacune des séries de terme général suivant est absolument convergente, et en déduire sa nature.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
2. Dans l'item f., les termes sont complexes. Que signifie alors « la série converge », et le théorème employé reste-t-il valable ?
3. Énoncer le théorème utilisé. Sa réciproque est-elle vraie ?
Exercice 9 ★★★★ — Linéarité et opérations sur les séries
Sommes partielles, convergence, somme et reste d'une sérieCalcul explicite de la somme d'une série
La linéarité permet de couper une somme en morceaux, mais seulement si chacun d'eux converge : c'est le point où l'on se fait prendre. Les cinq questions ci-dessous font le tour de ce que l'on a le droit d'écrire, et de ce que l'on n'a pas le droit d'écrire.
1. Justifier la convergence de , puis calculer sa somme.
2. Mêmes questions pour .
3. Soit et deux suites telles que converge et diverge. Montrer, en raisonnant par l'absurde, que diverge.
4. Montrer par un contre-exemple que la somme de deux séries divergentes peut, elle, converger.
5. Vrai ou faux : « modifier les premiers termes d'une série ne change ni sa nature, ni sa somme. » Justifier.
Exercice 10 ★★★★ — La série exponentielle et ses variantes
Séries géométriques et série exponentielleCalcul explicite de la somme d'une série
Le cours établit que pour tout , la série converge et que
Avec la série géométrique, c'est la seule série dont le cours donne la somme en toute généralité. Tout l'art consiste donc à ramener la série proposée à celle-là, par un décalage d'indice ou par une décomposition du numérateur.
1. Calculer , et .
2. Montrer que la série converge et calculer sa somme.
3. Même question pour (on écrira ).
4. En déduire .
5. Soit . En appliquant le résultat du cours à , démontrer que
Exercice 11 ★★★★ — Somme d'une série géométrique dérivée
Séries géométriques et série exponentielleCalcul explicite de la somme d'une série
On sait sommer . Que vaut ? La réponse est un grand classique, et elle s'obtient sans aucun outil nouveau : uniquement en calculant la somme partielle, comme on l'a fait pour la série géométrique elle-même.
Dans tout l'exercice, désigne un réel de , et l'on pose pour
1. Calculer , en déduire une expression close de , puis démontrer que la série converge et que .
2. En déduire les valeurs de et .
3. Sur le même principe, calculer et établir que , puis que .
4. En déduire .
5. La formule de la question 1. est la dérivée de , multipliée par . Expliquer pourquoi on ne pouvait pas se contenter de « dériver terme à terme ».
Exercice 12 ★★★★ — Le lien suite-série en pratique
Lien suite-série et séries télescopiques
Une suite et une série, c'est le même objet vu de deux façons. Le théorème qui suit tient en trois lignes de démonstration, et c'est pourtant l'outil qui permet de prouver qu'une suite converge sans jamais calculer sa limite.
1. Soit une suite réelle. Démontrer que la suite converge si et seulement si la série converge, et qu'en cas de convergence
2. Application. Montrer que la suite définie par converge.
3. Application. En posant , retrouver la nature de la série .
4. Application. Soit définie par et pour . Montrer que converge.
5. Application. Montrer que converge et calculer sa somme.
Exercice 13 ★★★★ — Natures par équivalents : le réflexe développement limité
Comparaison par équivalents et par négligeabilité
Dans tous les termes généraux qui suivent, deux quantités qui tendent vers la même limite se soustraient : l'équivalent ne se lit pas, il se calcule. Le réflexe est toujours le même, poser et écrire un développement limité en à l'ordre qu'il faut.
1. Pour chacune des séries de terme général suivant, donner un équivalent simple de , préciser son signe, et en déduire la nature de la série.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
h.
2. Trois de ces huit termes généraux sont négatifs. Rappeler pourquoi le théorème de comparaison par équivalents exige une hypothèse de signe, et dire comment on procède dans ce cas.
Exercice 14 ★★★★ — Le critère en n puissance alpha
Séries de Riemann et critère en n puissance alphaComparaison par équivalents et par négligeabilité
Comparer à une série de Riemann, c'est bien ; le faire en une ligne, c'est mieux. Le critère qui suit consiste à multiplier le terme général par la bonne puissance de et à regarder ce qui se passe. Tout le savoir-faire tient dans le choix de .
1. Soit une suite de réels positifs. Démontrer les deux énoncés suivants.
a. S'il existe tel que tende vers une limite finie , alors converge.
b. Si tend vers une limite , alors diverge.
2. Déterminer la nature des séries de terme général suivant, en choisissant à chaque fois un adapté.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
3. L'un des six cas résiste. Expliquer précisément pourquoi le critère n'y dit rien, ni dans un sens ni dans l'autre.
Exercice 15 ★★★★ — Majorer les sommes partielles d'une série positive
Séries à termes positifs : majoration des sommes partiellesComparaison par inégalités entre séries à termes positifs
Pour une série à termes positifs, la question de la convergence se réduit à une question de majoration : il n'y a plus qu'un majorant à trouver, et il ne dépend pas de . Encore faut-il savoir en fabriquer un, et savoir reconnaître les cas où il n'en existe aucun.
1. Soit une suite de réels positifs et . Démontrer que converge si et seulement si la suite est majorée, et que dans le cas contraire .
2. Démontrer que pour tout , , et conclure.
3. Démontrer que pour tout , , et conclure.
4. Démontrer que est majorée, et calculer la somme de la série correspondante.
5. Un cas où toute majoration est vouée à l'échec. Pour , en regroupant les termes par paquets, démontrer que , où . Que peut-on en conclure ?
Exercice 16 ★★★★ — Domination et termes de signe quelconque
Convergence absolue, suites sommables et domination
Équivalents et comparaisons par inégalités réclament tous une hypothèse de signe. Que faire quand le terme général change de signe, ou pire, quand il est complexe ? On passe au module, on majore, et l'on invoque la convergence absolue. C'est la seule porte d'entrée du chapitre pour les séries de signe quelconque.
1. Soient une suite complexe et une suite de réels positifs telles que . Démontrer que si converge, alors converge absolument, donc converge.
2. Déterminer la nature des séries de terme général suivant.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
3. Démontrer que si converge absolument et si est bornée, alors converge absolument.
4. Majorer le module de .
Exercice 17 ★★★★ — Décomposition en éléments simples et télescopage
Calcul explicite de la somme d'une sérieLien suite-série et séries télescopiques
Quand le terme général est une fraction rationnelle en dont le dénominateur est factorisé, la somme se calcule exactement : on décompose en éléments simples, la somme partielle se télescope, et il ne reste que quelques termes de bord. Encore faut-il les repérer sans se tromper.
Dans tout l'exercice, on demande de justifier la convergence et de calculer la somme.
1. Calculer .
2. Calculer .
3. Calculer .
4. Calculer .
5. Calculer .
6. Dégager de ces cinq calculs une méthode générale, et dire où se situe le risque d'erreur.
Exercice 18 ★★★★ — Reste d'une série géométrique et valeur approchée
Restes, vitesse de convergence et développements asymptotiquesSéries géométriques et série exponentielle
Savoir qu'une série converge ne donne pas sa somme. En pratique, on calcule une somme partielle et l'on remplace la somme par elle : l'erreur commise est exactement le reste. Majorer le reste, c'est donc répondre à la seule question qui intéresse le calculateur, combien de termes faut-il additionner ?
On note la somme partielle et, lorsque la série converge, son reste, de sorte que .
1. Soit un réel tel que . Démontrer que le reste de la série vaut .
2. Combien faut-il de termes de pour obtenir sa somme à près ? À près ?
3. Mêmes questions pour . Commenter l'effet de la raison sur la rapidité de la convergence.
4. Majorer le reste de par le reste d'une série géométrique et en déduire que pour . Combien de termes faut-il pour obtenir à près ? Donner la valeur approchée correspondante.
5. Comparer, pour une même précision, le nombre de termes nécessaires pour et pour . Qu'en conclure ?
Exercice 19 ★★★★ — Méthode des rectangles : premiers encadrements
Méthode des rectangles et comparaison somme-intégrale
Une somme de termes ne se calcule presque jamais. En revanche, dès que le terme général s'écrit avec monotone, on sait l'encadrer par des intégrales sur des segments de longueur : c'est la méthode des rectangles, l'outil de base de tout le chapitre.
1. Soit un entier et une fonction continue et décroissante sur un intervalle contenant . Démontrer que
puis interpréter cet encadrement en termes d'aires.
2. Énoncer et démontrer l'encadrement analogue lorsque est croissante.
3. Démontrer que pour tout , , puis en déduire un équivalent de cette somme.
4. Démontrer que pour tout , , puis en déduire que .
5. Encadrer de même par deux intégrales. Comparer à la valeur exacte et commenter la précision de la méthode.
Exercice 20 ★★★★ — La série harmonique : deux preuves de sa divergence
Méthode des rectangles et comparaison somme-intégraleSéries à termes positifs : majoration des sommes partielles
La série harmonique est l'exemple à connaître par cœur : son terme général tend vers , et pourtant elle diverge. On en donne ici deux démonstrations indépendantes, puis on mesure à quel point cette divergence est lente. Pour , on pose
1. À l'aide du lemme des rectangles (exercice 19) appliqué à , démontrer que pour tout
En déduire la limite de , puis que .
2. Deuxième démonstration, due à Oresme et sans aucune intégrale. En regroupant les termes dont l'indice appartient à , démontrer que pour tout entier , et conclure.
3. Un élève écrit : « , donc la série converge. » Où est la faute ? Énoncer correctement le théorème du cours qu'il croit utiliser.
4. À partir de quel rang dépasse-t-il ? Et ? Encadrer ces rangs grâce à la question 1, puis commenter.
Exercice 21 ★★★★ — Vrai ou faux sur les séries
Sommes partielles, convergence, somme et reste d'une sérieTerme général d'une série convergente et divergence grossièreComparaison par équivalents et par négligeabilité
Presque toutes les erreurs commises sur les séries consistent à appliquer un théorème hors de ses hypothèses, en général en oubliant que les termes doivent être positifs. Cet exercice recense les pièges classiques.
Dans tout ce qui suit, et sont des suites réelles. Pour chacune des affirmations suivantes, dire si elle est vraie ou fausse : la démontrer si elle est vraie, l'infirmer par un contre-exemple explicite sinon.
a. Si , alors converge.
b. Si converge, alors converge.
c. Si , alors et sont de même nature.
d. Si et divergent, alors diverge.
e. Si converge et si est bornée, alors converge.
f. Si et si converge, alors .
g. Si est positive, décroissante, et si converge, alors .
h. Si converge, alors son reste tend vers .
On pourra utiliser librement le résultat de l'exercice 28 : la série converge pour tout .
Exercice 22 ★★★★ — Développement décimal et séries géométriques
Séries géométriques et série exponentielleCalcul explicite de la somme d'une série
Un développement décimal illimité n'est rien d'autre qu'une série : écrire , c'est écrire . Tout ce que l'on sait des séries géométriques s'applique donc à l'écriture décimale des nombres, y compris à l'égalité déroutante .
Dans tout l'exercice, désigne une suite de chiffres, c'est-à-dire d'entiers de .
1. Démontrer que converge et vaut exactement . Que signifie donc l'écriture ?
2. Démontrer que converge et que sa somme appartient à .
3. On suppose le développement périodique de période , c'est-à-dire pour tout . Démontrer que la somme est un rationnel, que l'on exprimera à l'aide de l'entier dont l'écriture décimale est . Appliquer à .
4. Poser la division de par et retrouver la périodicité précédente. Expliquer pourquoi le développement décimal d'un quotient de deux entiers est toujours périodique à partir d'un certain rang.
5. Calculer pour un chiffre fixé, puis donner l'écriture fractionnaire de et de .
Exercice 23 ★★★★ — Démontrer le critère des séries de Riemann
Méthode des rectangles et comparaison somme-intégraleSéries de Riemann et critère en n puissance alpha
Les séries de Riemann sont le mètre étalon du chapitre : c'est à elles que l'on compare tout le reste. Encore faut-il savoir démontrer le critère, et la seule preuve disponible en PCSI est la méthode des rectangles. On la mène ici jusqu'au bout, en discutant tous les cas.
Pour et , on pose .
1. On suppose . Démontrer que , en déduire que pour tout , puis conclure quant à la nature de la série.
2. Traiter le cas .
3. Traiter le cas .
4. Traiter le cas .
5. Énoncer le critère complet, puis déterminer la nature des séries suivantes :
a.
b.
c.
Exercice 24 ★★★★ — La constante d'Euler
Méthode des rectangles et comparaison somme-intégraleRestes, vitesse de convergence et développements asymptotiques
L'équivalent ne dit rien de l'écart : deux suites équivalentes peuvent parfaitement s'éloigner l'une de l'autre. Ici, cet écart converge, et sa limite est un nombre qui traverse toute l'analyse : la constante d'Euler.
Pour , on pose , puis
1. Démontrer que est décroissante et minorée par . En déduire qu'elle converge ; sa limite est notée .
2. Démontrer que est croissante, puis que et sont adjacentes. En déduire l'encadrement , et en donner la traduction numérique pour , puis pour .
3. En déduire le développement asymptotique .
4. Application : déterminer .
5. Application : exprimer à l'aide de et , puis en donner un équivalent.
Exercice 25 ★★★★ — Les séries de Bertrand
Méthode des rectangles et comparaison somme-intégraleSéries de Riemann et critère en n puissance alpha
Entre qui diverge et qui converge, il y a la place pour toute une famille de séries : celles de Bertrand, . Elles ne sont au programme d'aucun cours, mais elles tombent à l'oral, et elles se traitent entièrement à la méthode des rectangles.
1. Déterminer la nature de .
2. Soit . Déterminer, selon , la nature de .
3. Soient et . Déterminer la nature de . On pourra comparer le terme général à pour un réel bien choisi entre et .
4. Récapituler les résultats dans un tableau.
5. Applications. Déterminer la nature des séries suivantes :
a.
b.
c.
Exercice 26 ★★★★ — Le critère de d'Alembert, démontré puis appliqué
Comparaison par inégalités entre séries à termes positifsSéries géométriques et série exponentielle
Quand le terme général contient des factorielles ou des puissances -ièmes, les équivalents usuels ne servent à rien : c'est le quotient de deux termes consécutifs qui parle. L'idée est de comparer la série à une série géométrique. Ce critère ne figure pas au programme de PCSI : on ne l'invoque donc jamais tel quel, on le redémontre, et c'est l'objet des deux premières questions.
Soit une suite à termes strictement positifs telle que , avec .
1. a. On suppose . En posant , démontrer qu'il existe un rang tel que pour tout , puis que converge.
b. On suppose . Démontrer que diverge grossièrement.
2. Démontrer, à l'aide de deux exemples, que le cas ne permet aucune conclusion.
3. Déterminer la nature des séries suivantes, toutes indexées par :
a.
b.
c.
d.
e.
Exercice 27 ★★★★ — Équivalent d'un reste, équivalent d'une somme partielle
Restes, vitesse de convergence et développements asymptotiquesMéthode des rectangles et comparaison somme-intégrale
Une fois la nature d'une série connue, il reste à la quantifier. Si elle converge, l'objet intéressant est le reste , qui mesure l'erreur commise en s'arrêtant au rang . Si elle diverge, c'est la somme partielle et sa vitesse d'explosion. Dans les deux cas, ce sont les rectangles qui répondent, et toutes les intégrales écrites ci-dessous sont prises sur des segments.
Pour et , on note la somme partielle. Si , la série converge (exercice 23) et l'on note son reste.
1. Soit et soient deux entiers . Encadrer la somme finie par deux intégrales, puis, en faisant tendre vers dans l'encadrement obtenu, démontrer que
En déduire un équivalent de .
2. Écrire l'encadrement obtenu dans le cas et le vérifier numériquement pour .
3. Soit . Démontrer que .
4. Déterminer un équivalent de par un calcul exact, puis comparer au résultat de la question 2.
5. Énoncer en une phrase la règle de choix entre reste et somme partielle.
Exercice 28 ★★★★ — Une série alternée étudiée par les suites adjacentes
Sommes partielles, convergence, somme et reste d'une sérieCalcul explicite de la somme d'une série
Les théorèmes de comparaison sont réservés aux séries à termes positifs. Quand le signe du terme général change, il faut revenir à la définition et travailler directement sur la suite des sommes partielles. La méthode de référence consiste à isoler les sommes partielles de rang pair et de rang impair, et à montrer qu'elles sont adjacentes.
Pour , on pose
1. a. Montrer que est croissante, que est décroissante, et que .
b. En déduire que ces deux suites convergent vers une même limite , puis démontrer soigneusement que converge vers .
2. Démontrer, sans utiliser d'intégrale, que . La série est-elle absolument convergente ? Qu'en conclure sur l'usage des théorèmes de comparaison pour cette série ?
3. Établir . En admettant le résultat de l'exercice 24, à savoir , calculer .
4. Soit . Déterminer, par la même méthode, la nature de , et préciser pour quels la convergence est absolue.
Exercice 29 ★★★★ — Nature d'une série définie par récurrence
Comparaison par équivalents et par négligeabilitéLien suite-série et séries télescopiques
Quand le terme général est défini par une récurrence, aucune formule explicite n'est disponible : la nature de la série se lit sur la vitesse avec laquelle la suite tend vers . Deux récurrences très voisines donnent ici deux comportements opposés.
Partie A. Soit et, pour , .
1. Montrer que pour tout , et . En déduire que décroît et converge vers .
2. Établir .
3. Montrer qu'à partir d'un certain rang , puis déterminer la nature de .
Partie B. Soit et, pour , .
4. Montrer que pour , , que décroît et converge vers .
5. Démontrer que .
6. En déduire, par sommation d'un encadrement, que , puis que .
7. Conclure sur la nature de et de .
Exercice 30 ★★★★ — Sommation par paquets
Séries à termes positifs : majoration des sommes partiellesComparaison par inégalités entre séries à termes positifs
Regrouper les termes d'une série par paquets de longueurs est l'idée d'Oresme (vers 1350) pour la série harmonique. On la formalise ici, avant de voir sur un exemple qu'un regroupement de termes n'est pas une opération anodine.
Soit une suite positive et décroissante. Pour , on pose
1. Combien de termes comporte ? En déduire l'encadrement .
2. Vérifier que , puis démontrer que converge si et seulement si la suite est majorée.
3. Application. Retrouver par cette méthode la divergence de , puis la convergence de avec une majoration explicite de sa somme.
4. On considère maintenant . Quelle est sa nature ? Que vaut le regroupement de ses termes deux par deux : ? Quelle morale en tirer ?
Exercice 31 ★★★★ — Un télescopage avec l'arctangente
Lien suite-série et séries télescopiquesCalcul explicite de la somme d'une série
Une série ne se calcule explicitement que dans deux situations : quand elle est géométrique, ou quand son terme général s'écrit . Reconnaître un tel télescopage derrière une arctangente est un classique d'oral.
1. Soient et deux réels tels que . Démontrer que
Indication : poser et , puis calculer .
2. Montrer que l'hypothèse ne peut pas être supprimée, en comparant les deux membres pour et .
3. En déduire que pour tout entier ,
puis calculer .
4. Sur le même principe, calculer .
Exercice 32 ★★★★ — L'irrationalité du nombre e
Séries géométriques et série exponentielleRestes, vitesse de convergence et développements asymptotiques
La série exponentielle donne . Elle converge si vite que le reste, multiplié par , reste strictement compris entre et : c'est exactement ce qu'il faut pour démontrer, en une page, que est irrationnel (Fourier, 1815).
Pour , on pose
1. Démontrer que pour tout ,
Indication : pour , majorer par , sommer de à à l'aide d'une somme géométrique, puis faire tendre vers .
2. En déduire que pour tout .
3. Supposons avec et entiers naturels non nuls.
a. Justifier que .
b. Montrer que et sont des entiers.
c. Conclure.
4. Déterminer le plus petit entier tel que approche à près.
Exercice 33 ★★★★ — Le théorème de condensation
Séries à termes positifs : majoration des sommes partiellesComparaison par inégalités entre séries à termes positifsSéries de Riemann et critère en n puissance alpha
Pour une suite positive décroissante, la nature de ne dépend que des termes d'indices : c'est le théorème de condensation de Cauchy. Il remplace avantageusement la comparaison somme-intégrale quand la fonction est pénible à primitiver, et il redonne tous les critères usuels sans écrire une seule intégrale.
Soit une suite positive et décroissante.
1. Démontrer que pour tout entier :
a. ;
b. .
2. En déduire que les séries et sont de même nature.
3. Application 1. Retrouver, pour , la nature de .
4. Application 2. Déterminer, pour et sans utiliser d'intégrale, la nature de .
5. Application 3. Même question pour .
Exercice 34 ★★★★ — Étude complète d'une suite récurrente et de sa série
Comparaison par équivalents et par négligeabilitéLien suite-série et séries télescopiquesSéries de Riemann et critère en n puissance alpha
Sujet d'oral typique : une récurrence en apparence anodine, dont on demande l'équivalent, puis la nature de trois séries associées. Tout repose sur une idée : chercher une puissance de dont les accroissements ont une limite finie non nulle.
Soit et, pour , .
1. Montrer que la suite est bien définie, strictement positive, décroissante, et qu'elle converge vers .
2. Écrire le développement limité de en fonction de à l'ordre .
3. En déduire que , puis, en sommant un encadrement, que .
4. Déterminer la nature de et de .
5. Déterminer la nature de . Cette série est-elle absolument convergente ?
Exercice 35 ★★★★ — Encadrement fin des restes et accélération de convergence
Restes, vitesse de convergence et développements asymptotiquesMéthode des rectangles et comparaison somme-intégrale
Savoir qu'une série converge ne dit rien sur le coût du calcul de sa somme. On le mesure ici sur , dont on admet la valeur : sommer un million de termes ou quatre-vingts, la différence tient à une identité algébrique de deux lignes.
Pour , on note .
1. Par la méthode des rectangles, démontrer que .
2. Combien de termes faut-il sommer pour obtenir à près ?
3. a. Vérifier que , puis en déduire .
b. Majorer le reste de cette nouvelle série par . Combien de termes suffisent maintenant pour la précision ?
4. Recommencer une fois : vérifier , en déduire une troisième écriture de , puis le nombre de termes nécessaires. Commenter le gain.
Exercice 36 ★★★★ — Problème de synthèse : autour de la fonction zêta
Séries de Riemann et critère en n puissance alphaRestes, vitesse de convergence et développements asymptotiquesMéthode des rectangles et comparaison somme-intégraleConvergence absolue, suites sommables et domination
Ce problème rassemble tout le chapitre autour d'un même objet : la fonction , définie pour par
1. Justifier que existe pour , et que la série diverge pour .
2. Démontrer que est strictement décroissante sur .
3. Par la méthode des rectangles, établir que pour tout ,
En déduire la limite de quand , puis un équivalent de quand .
4. Démontrer que converge, et calculer sa somme.
5. Soit . Montrer que converge absolument, puis exprimer sa somme à l'aide de .
Bloqué sur « Séries numériques » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.