PCSI · Chapitre 16 · Second semestre

Exercices — Séries numériques

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Sommes partielles et nature d'une série

Sommes partielles, convergence, somme et reste d'une série

Étudier une série, c'est étudier la suite de ses sommes partielles, rien de plus. Les questions ci-dessous se traitent toutes en revenant à la définition, sans aucun théorème de comparaison.

Pour une suite (un)n0, on note Sn=k=0nuk la somme partielle de rang n.

1. Soit un=12n pour n0. Calculer Sn en fonction de n, puis déterminer la nature de un et, en cas de convergence, sa somme.

2. Mêmes questions pour un=(1)n.

3. Soit un=ln(n+1n) pour n1. Calculer k=1nuk et conclure.

4. On suppose que les sommes partielles d'une série n0un vérifient Sn=2nn+1 pour tout n0. Retrouver un pour tout n0, puis donner la nature de la série et sa somme.

5. Quatre objets se ressemblent à l'écrit : un, Sn, S=n=0+un et Rn=k=n+1+uk. Pour chacun, dire s'il s'agit d'un nombre ou d'une suite et donner sa définition. Lesquels n'ont de sens que si la série converge ? Écrire enfin la relation qui lie S, Sn et Rn.

Exercice 2 ★★★Reconnaître une divergence grossière

Terme général d'une série convergente et divergence grossière

Le tout premier réflexe devant une série est de regarder son terme général : s'il ne tend pas vers 0, l'affaire est réglée en une ligne. Encore faut-il savoir reconnaître les cas où ce réflexe ne donne rien, et ne pas lui faire dire plus qu'il ne dit.

1. Pour chacun des termes généraux suivants, déterminer la limite éventuelle de (un) et dire si le théorème de divergence grossière permet de conclure. Conclure quand c'est le cas.

a. nn+1

b. cosn

c. 1n

d. nsin1n

e. (1+1n)n

f. 2nn!

2. Pour les items où le théorème ne s'applique pas, dire précisément ce que l'on ne peut pas conclure, et donner la nature réelle de la série concernée.

3. Énoncer le théorème utilisé, puis sa contraposée. Expliquer en une phrase pourquoi sa réciproque est fausse.

Exercice 3 ★★★Séries géométriques : nature et somme

Séries géométriques et série exponentielle

La série géométrique est la seule série usuelle dont on sait calculer la somme sans effort. La formule est simple, mais elle dépend du rang auquel on démarre : c'est là que se concentrent les erreurs.

1. Déterminer la nature de chacune des séries suivantes et, en cas de convergence, calculer sa somme.

a. n013n

b. n113n

c. n0(23)n

d. n0(54)n

e. n22n5n

f. n03n+2n5n

2. Soit q=1+i3. Calculer q, en déduire la nature de n0qn, puis calculer sa somme sous forme algébrique.

3. Pour quelles valeurs du réel x la série n0(2x1)n converge-t-elle ? Donner alors sa somme en fonction de x.

Exercice 4 ★★★Premières séries télescopiques

Lien suite-série et séries télescopiquesCalcul explicite de la somme d'une série

Quand le terme général se présente sous la forme anan+1, la somme partielle se calcule exactement : presque tout se simplifie et il ne reste que les termes de bord. C'est le seul cas, avec les séries géométriques, où l'on obtient la somme sans machinerie.

Dans chacune des quatre premières questions, on demande la somme partielle en fonction de N, la nature de la série, et sa somme en cas de convergence.

1. n1(1n1n+1)

2. n1(n+1n)

3. n2ln(11n2)

4. n0(12n12n+1)

5. Dégager de ces quatre calculs la méthode générale, et énoncer le lien entre la nature de (an+1an) et le comportement de la suite (an).

Exercice 5 ★★★Séries de Riemann : nature immédiate

Séries de Riemann et critère en n puissance alpha

Les séries de Riemann sont les séries de référence de tout le chapitre : leur nature se lit sur un seul nombre, l'exposant. Encore faut-il savoir le lire, y compris quand il est déguisé en racine.

1. Déterminer la nature des séries de terme général suivant, en identifiant à chaque fois l'exposant.

a. 1n3

b. 1n

c. 1n4/3

d. 1n

e. 1n0,99

f. 1n1,01

g. 1nn

h. 1n23

2. Énoncer précisément le critère utilisé et rappeler où se situe le seuil.

3. Les items e. et f. ont des exposants presque égaux et des natures opposées. On donne les sommes partielles au rang N=106 :

n=11061n0,9915,39,n=11061n14,39,n=11061n1,0113,48

Quelle leçon en tirer sur ce qu'un calcul numérique peut, ou ne peut pas, prouver ?

Exercice 6 ★★★Comparer deux séries à termes positifs

Comparaison par inégalités entre séries à termes positifsSéries à termes positifs : majoration des sommes partielles

Comparer, c'est encadrer le terme général par celui d'une série connue. Le théorème est court, mais il ne fonctionne que dans un sens à la fois, et seulement sur des termes positifs : chaque rédaction doit donc commencer par vérifier le signe.

1. Montrer que 1n2+n+11n2 pour tout n1, puis en déduire la nature de n11n2+n+1.

2. Montrer que 2+sinnn23n2 pour tout n1, puis conclure sur la nature de n12+sinnn2.

3. Montrer que 1lnn1n pour tout n2, puis en déduire la nature de n21lnn.

4. Montrer que n!2n1 pour tout n1, puis en déduire la nature de n11n! ainsi qu'une majoration de sa somme.

5. Soit (un) et (vn) deux suites positives telles que unvn pour tout n. On suppose que vn diverge. Que peut-on en conclure sur un ? Donner deux exemples de natures opposées.

Exercice 7 ★★★Premières natures par équivalent

Comparaison par équivalents et par négligeabilité

Chercher un équivalent du terme général, c'est remplacer une expression compliquée par une série de Riemann. La rédaction attendue tient toujours en trois temps : vérifier que le terme est positif à partir d'un certain rang, donner un équivalent de la forme cnα, conclure par le critère de Riemann.

1. Déterminer la nature des séries de terme général suivant.

a. n+1n3+2

b. 2n21n4+n

c. nn2+1

d. sin1n2

e. 1n2n (pour n2)

f. 3n+lnnn2+1

g. 1cos1n

h. tan1nn

2. Reprendre l'item g. : expliquer pourquoi l'écriture 1cos1n11=0 n'a aucun sens, et détailler l'obtention du bon équivalent.

3. Pourquoi l'hypothèse de signe constant est-elle indispensable dans le théorème de comparaison par équivalents ?

Exercice 8 ★★★Convergence absolue : premiers cas

Convergence absolue, suites sommables et domination

Les théorèmes de comparaison exigent des termes positifs. Quand le terme général change de signe, ou même quand il est complexe, on se ramène au cas positif en passant à la valeur absolue (ou au module) : c'est la convergence absolue.

La rédaction attendue tient en trois temps : majorer un par le terme général d'une série convergente connue, en déduire que un converge, puis conclure par le théorème.

1. Montrer que chacune des séries de terme général suivant est absolument convergente, et en déduire sa nature.

a. (1)nn2

b. sinnn3

c. (1)n2n

d. cos(3n)n2+1

e. (1)nnn3+1

f. inn2

2. Dans l'item f., les termes sont complexes. Que signifie alors « la série converge », et le théorème employé reste-t-il valable ?

3. Énoncer le théorème utilisé. Sa réciproque est-elle vraie ?

Exercice 9 ★★★Linéarité et opérations sur les séries

Sommes partielles, convergence, somme et reste d'une sérieCalcul explicite de la somme d'une série

La linéarité permet de couper une somme en morceaux, mais seulement si chacun d'eux converge : c'est le point où l'on se fait prendre. Les cinq questions ci-dessous font le tour de ce que l'on a le droit d'écrire, et de ce que l'on n'a pas le droit d'écrire.

1. Justifier la convergence de n02n+1+3n6n, puis calculer sa somme.

2. Mêmes questions pour n03×2n2×3n6n.

3. Soit (un) et (vn) deux suites telles que un converge et vn diverge. Montrer, en raisonnant par l'absurde, que (un+vn) diverge.

4. Montrer par un contre-exemple que la somme de deux séries divergentes peut, elle, converger.

5. Vrai ou faux : « modifier les 100 premiers termes d'une série ne change ni sa nature, ni sa somme. » Justifier.

Exercice 10 ★★★★La série exponentielle et ses variantes

Séries géométriques et série exponentielleCalcul explicite de la somme d'une série

Le cours établit que pour tout zC, la série n0znn! converge et que

ez=n=0+znn!

Avec la série géométrique, c'est la seule série dont le cours donne la somme en toute généralité. Tout l'art consiste donc à ramener la série proposée à celle-là, par un décalage d'indice ou par une décomposition du numérateur.

1. Calculer n=0+1n!, n=0+(1)nn! et n=0+2nn!.

2. Montrer que la série n1nn! converge et calculer sa somme.

3. Même question pour n0n2n! (on écrira n2=n(n1)+n).

4. En déduire n=0+n2+n+1n!.

5. Soit θR. En appliquant le résultat du cours à z=eiθ, démontrer que

n=0+cos(nθ)n!=ecosθcos(sinθ)

Exercice 11 ★★★★Somme d'une série géométrique dérivée

Séries géométriques et série exponentielleCalcul explicite de la somme d'une série

On sait sommer xn. Que vaut nxn ? La réponse est un grand classique, et elle s'obtient sans aucun outil nouveau : uniquement en calculant la somme partielle, comme on l'a fait pour la série géométrique elle-même.

Dans tout l'exercice, x désigne un réel de ]1,1[, et l'on pose pour nN

Tn=k=0nkxketUn=k=0nk(k1)xk

1. Calculer (1x)Tn, en déduire une expression close de Tn, puis démontrer que la série nxn converge et que n=0+nxn=x(1x)2.

2. En déduire les valeurs de n=1+n2n et n=1+n3n.

3. Sur le même principe, calculer (1x)Un et établir que n=0+n(n1)xn=2x2(1x)3, puis que n=0+n2xn=x(1+x)(1x)3.

4. En déduire n=1+n22n.

5. La formule de la question 1. est la dérivée de 11x=xn, multipliée par x. Expliquer pourquoi on ne pouvait pas se contenter de « dériver terme à terme ».

Exercice 12 ★★★★Le lien suite-série en pratique

Lien suite-série et séries télescopiques

Une suite et une série, c'est le même objet vu de deux façons. Le théorème qui suit tient en trois lignes de démonstration, et c'est pourtant l'outil qui permet de prouver qu'une suite converge sans jamais calculer sa limite.

1. Soit (an)n1 une suite réelle. Démontrer que la suite (an) converge si et seulement si la série n1(an+1an) converge, et qu'en cas de convergence

n=1+(an+1an)=limn+ana1

2. Application. Montrer que la suite définie par an=k=1n1k2 converge.

3. Application. En posant an=lnn, retrouver la nature de la série n1ln(1+1n).

4. Application. Soit (an)n1 définie par a1=0 et an+1=an+1n2 pour n1. Montrer que (an) converge.

5. Application. Montrer que n1(1n1n+1) converge et calculer sa somme.

Exercice 13 ★★★★Natures par équivalents : le réflexe développement limité

Comparaison par équivalents et par négligeabilité

Dans tous les termes généraux qui suivent, deux quantités qui tendent vers la même limite se soustraient : l'équivalent ne se lit pas, il se calcule. Le réflexe est toujours le même, poser u=1n0 et écrire un développement limité en 0 à l'ordre qu'il faut.

1. Pour chacune des séries de terme général suivant, donner un équivalent simple de un, préciser son signe, et en déduire la nature de la série.

a. ln(1+1n)1n

b. n+1n

c. 1nsin1n

d. e1/n11n

e. cos1n1

f. (1+1n)ne

g. 1nln(1+1n)

h. n3+n3n

2. Trois de ces huit termes généraux sont négatifs. Rappeler pourquoi le théorème de comparaison par équivalents exige une hypothèse de signe, et dire comment on procède dans ce cas.

Exercice 14 ★★★★Le critère en n puissance alpha

Séries de Riemann et critère en n puissance alphaComparaison par équivalents et par négligeabilité

Comparer à une série de Riemann, c'est bien ; le faire en une ligne, c'est mieux. Le critère qui suit consiste à multiplier le terme général par la bonne puissance de n et à regarder ce qui se passe. Tout le savoir-faire tient dans le choix de α.

1. Soit (un) une suite de réels positifs. Démontrer les deux énoncés suivants.

a. S'il existe α>1 tel que nαun tende vers une limite finie , alors un converge.

b. Si nun tend vers une limite >0, alors un diverge.

2. Déterminer la nature des séries de terme général suivant, en choisissant à chaque fois un α adapté.

a. lnnn2

b. 1nlnn

c. n22n

d. 1n3/2lnn

e. en

f. n!nn

3. L'un des six cas résiste. Expliquer précisément pourquoi le critère n'y dit rien, ni dans un sens ni dans l'autre.

Exercice 15 ★★★★Majorer les sommes partielles d'une série positive

Séries à termes positifs : majoration des sommes partiellesComparaison par inégalités entre séries à termes positifs

Pour une série à termes positifs, la question de la convergence se réduit à une question de majoration : il n'y a plus qu'un majorant à trouver, et il ne dépend pas de n. Encore faut-il savoir en fabriquer un, et savoir reconnaître les cas où il n'en existe aucun.

1. Soit (un)n0 une suite de réels positifs et Sn=k=0nuk. Démontrer que un converge si et seulement si la suite (Sn) est majorée, et que dans le cas contraire Sn+.

2. Démontrer que pour tout n1,  k=1n1k221n, et conclure.

3. Démontrer que pour tout n0,  k=0n1k!3, et conclure.

4. Démontrer que k=1n1k2+k est majorée, et calculer la somme de la série correspondante.

5. Un cas où toute majoration est vouée à l'échec. Pour pN, en regroupant les termes par paquets, démontrer que H2p1+p2, où Hn=k=1n1k. Que peut-on en conclure ?

Exercice 16 ★★★★Domination et termes de signe quelconque

Convergence absolue, suites sommables et domination

Équivalents et comparaisons par inégalités réclament tous une hypothèse de signe. Que faire quand le terme général change de signe, ou pire, quand il est complexe ? On passe au module, on majore, et l'on invoque la convergence absolue. C'est la seule porte d'entrée du chapitre pour les séries de signe quelconque.

1. Soient (un) une suite complexe et (vn) une suite de réels positifs telles que un=O(vn). Démontrer que si vn converge, alors un converge absolument, donc converge.

2. Déterminer la nature des séries de terme général suivant.

a. sinnn2

b. (1)nlnnn2

c. cos(n2)nn

d. (1)nn2+n

e. ein2n

f. sinnn

3. Démontrer que si un converge absolument et si (vn) est bornée, alors unvn converge absolument.

4. Majorer le module de n=1+inn2.

Exercice 17 ★★★★Décomposition en éléments simples et télescopage

Calcul explicite de la somme d'une sérieLien suite-série et séries télescopiques

Quand le terme général est une fraction rationnelle en n dont le dénominateur est factorisé, la somme se calcule exactement : on décompose en éléments simples, la somme partielle se télescope, et il ne reste que quelques termes de bord. Encore faut-il les repérer sans se tromper.

Dans tout l'exercice, on demande de justifier la convergence et de calculer la somme.

1. Calculer n=1+1n(n+1).

2. Calculer n=1+1n(n+2).

3. Calculer n=1+1n(n+1)(n+2).

4. Calculer n=2+1n21.

5. Calculer n=1+2n+1n2(n+1)2.

6. Dégager de ces cinq calculs une méthode générale, et dire où se situe le risque d'erreur.

Exercice 18 ★★★★Reste d'une série géométrique et valeur approchée

Restes, vitesse de convergence et développements asymptotiquesSéries géométriques et série exponentielle

Savoir qu'une série converge ne donne pas sa somme. En pratique, on calcule une somme partielle et l'on remplace la somme par elle : l'erreur commise est exactement le reste. Majorer le reste, c'est donc répondre à la seule question qui intéresse le calculateur, combien de termes faut-il additionner ?

On note Sn=k=0nuk la somme partielle et, lorsque la série converge, Rn=k=n+1+uk son reste, de sorte que S=Sn+Rn.

1. Soit q un réel tel que q<1. Démontrer que le reste de la série k0qk vaut Rn=qn+11q.

2. Combien faut-il de termes de n012n pour obtenir sa somme à 103 près ? À 106 près ?

3. Mêmes questions pour n013n. Commenter l'effet de la raison sur la rapidité de la convergence.

4. Majorer le reste de n01n! par le reste d'une série géométrique et en déduire que Rn1n!n pour n1. Combien de termes faut-il pour obtenir e à 104 près ? Donner la valeur approchée correspondante.

5. Comparer, pour une même précision, le nombre de termes nécessaires pour n012n et pour n11n2. Qu'en conclure ?

Exercice 19 ★★★★Méthode des rectangles : premiers encadrements

Méthode des rectangles et comparaison somme-intégrale

Une somme de n termes ne se calcule presque jamais. En revanche, dès que le terme général s'écrit f(k) avec f monotone, on sait l'encadrer par des intégrales sur des segments de longueur 1 : c'est la méthode des rectangles, l'outil de base de tout le chapitre.

1. Soit k un entier et f une fonction continue et décroissante sur un intervalle contenant [k,k+1]. Démontrer que

f(k+1)kk+1f(t)dtf(k)

puis interpréter cet encadrement en termes d'aires.

2. Énoncer et démontrer l'encadrement analogue lorsque f est croissante.

3. Démontrer que pour tout n1,  2n+12k=1n1k2n1, puis en déduire un équivalent de cette somme.

4. Démontrer que pour tout n1,  nlnnn+1ln(n!)(n+1)ln(n+1)n, puis en déduire que ln(n!)nlnn.

5. Encadrer de même k=1nk3 par deux intégrales. Comparer à la valeur exacte (n(n+1)2)2 et commenter la précision de la méthode.

Exercice 20 ★★★★La série harmonique : deux preuves de sa divergence

Méthode des rectangles et comparaison somme-intégraleSéries à termes positifs : majoration des sommes partielles

La série harmonique 1n est l'exemple à connaître par cœur : son terme général tend vers 0, et pourtant elle diverge. On en donne ici deux démonstrations indépendantes, puis on mesure à quel point cette divergence est lente. Pour n1, on pose

Hn=k=1n1k

1. À l'aide du lemme des rectangles (exercice 19) appliqué à f(t)=1t, démontrer que pour tout n1

ln(n+1)Hn1+lnn

En déduire la limite de (Hn), puis que Hnlnn.

2. Deuxième démonstration, due à Oresme et sans aucune intégrale. En regroupant les termes dont l'indice appartient à ]2j,2j+1], démontrer que H2p1+p2 pour tout entier p0, et conclure.

3. Un élève écrit : « 1n0, donc la série 1n converge. » Où est la faute ? Énoncer correctement le théorème du cours qu'il croit utiliser.

4. À partir de quel rang Hn dépasse-t-il 10 ? Et 20 ? Encadrer ces rangs grâce à la question 1, puis commenter.

Exercice 21 ★★★★Vrai ou faux sur les séries

Sommes partielles, convergence, somme et reste d'une sérieTerme général d'une série convergente et divergence grossièreComparaison par équivalents et par négligeabilité

Presque toutes les erreurs commises sur les séries consistent à appliquer un théorème hors de ses hypothèses, en général en oubliant que les termes doivent être positifs. Cet exercice recense les pièges classiques.

Dans tout ce qui suit, (un) et (vn) sont des suites réelles. Pour chacune des affirmations suivantes, dire si elle est vraie ou fausse : la démontrer si elle est vraie, l'infirmer par un contre-exemple explicite sinon.

a. Si un0, alors un converge.

b. Si un converge, alors un2 converge.

c. Si unvn, alors un et vn sont de même nature.

d. Si un et vn divergent, alors (un+vn) diverge.

e. Si un converge et si (vn) est bornée, alors unvn converge.

f. Si un0 et si un converge, alors nun0.

g. Si (un) est positive, décroissante, et si un converge, alors nun0.

h. Si un converge, alors son reste Rn=k=n+1+uk tend vers 0.

On pourra utiliser librement le résultat de l'exercice 28 : la série (1)nnα converge pour tout α>0.

Exercice 22 ★★★★Développement décimal et séries géométriques

Séries géométriques et série exponentielleCalcul explicite de la somme d'une série

Un développement décimal illimité n'est rien d'autre qu'une série : écrire x=0,a1a2a3, c'est écrire x=k1ak10k. Tout ce que l'on sait des séries géométriques s'applique donc à l'écriture décimale des nombres, y compris à l'égalité déroutante 0,999=1.

Dans tout l'exercice, (ak)k1 désigne une suite de chiffres, c'est-à-dire d'entiers de {0,1,,9}.

1. Démontrer que n1910n converge et vaut exactement 1. Que signifie donc l'écriture 0,999 ?

2. Démontrer que k1ak10k converge et que sa somme appartient à [0,1].

3. On suppose le développement périodique de période p1, c'est-à-dire ak+p=ak pour tout k1. Démontrer que la somme est un rationnel, que l'on exprimera à l'aide de l'entier A dont l'écriture décimale est a1a2ap. Appliquer à 0,142857.

4. Poser la division de 1 par 7 et retrouver la périodicité précédente. Expliquer pourquoi le développement décimal d'un quotient de deux entiers est toujours périodique à partir d'un certain rang.

5. Calculer n1a10n pour un chiffre a fixé, puis donner l'écriture fractionnaire de 0,3 et de 0,12.

Exercice 23 ★★★Démontrer le critère des séries de Riemann

Méthode des rectangles et comparaison somme-intégraleSéries de Riemann et critère en n puissance alpha

Les séries de Riemann sont le mètre étalon du chapitre : c'est à elles que l'on compare tout le reste. Encore faut-il savoir démontrer le critère, et la seule preuve disponible en PCSI est la méthode des rectangles. On la mène ici jusqu'au bout, en discutant tous les cas.

Pour αR et n1, on pose  Sn(α)=k=1n1kα.

1. On suppose α>1. Démontrer que k=2n1kα1ndttα, en déduire que Sn(α)αα1 pour tout n, puis conclure quant à la nature de la série.

2. Traiter le cas α=1.

3. Traiter le cas 0<α<1.

4. Traiter le cas α0.

5. Énoncer le critère complet, puis déterminer la nature des séries suivantes :

a. n12n+3n3+lnn

b. n11n2+n

c. n1(1cos1n)

Exercice 24 ★★★La constante d'Euler

Méthode des rectangles et comparaison somme-intégraleRestes, vitesse de convergence et développements asymptotiques

L'équivalent Hnlnn ne dit rien de l'écart Hnlnn : deux suites équivalentes peuvent parfaitement s'éloigner l'une de l'autre. Ici, cet écart converge, et sa limite est un nombre qui traverse toute l'analyse : la constante d'Euler.

Pour n1, on pose  Hn=k=1n1k, puis

un=Hnlnnetvn=Hnln(n+1)

1. Démontrer que (un) est décroissante et minorée par 0. En déduire qu'elle converge ; sa limite est notée γ.

2. Démontrer que (vn) est croissante, puis que (un) et (vn) sont adjacentes. En déduire l'encadrement vnγun, et en donner la traduction numérique pour n=10, puis pour n=100.

3. En déduire le développement asymptotique Hn=lnn+γ+o(1).

4. Application : déterminer limn+(H2nHn).

5. Application : exprimer k=1n12k1 à l'aide de Hn et H2n, puis en donner un équivalent.

Exercice 25 ★★★Les séries de Bertrand

Méthode des rectangles et comparaison somme-intégraleSéries de Riemann et critère en n puissance alpha

Entre 1n qui diverge et 1n1,0001 qui converge, il y a la place pour toute une famille de séries : celles de Bertrand, 1nα(lnn)β. Elles ne sont au programme d'aucun cours, mais elles tombent à l'oral, et elles se traitent entièrement à la méthode des rectangles.

1. Déterminer la nature de n21nlnn.

2. Soit βR. Déterminer, selon β, la nature de n21n(lnn)β.

3. Soient α1 et βR. Déterminer la nature de n21nα(lnn)β. On pourra comparer le terme général à 1nθ pour un réel θ bien choisi entre α et 1.

4. Récapituler les résultats dans un tableau.

5. Applications. Déterminer la nature des séries suivantes :

a. n31nlnnln(lnn)

b. n1lnnn2

c. n21n1,01lnn

Exercice 26 ★★★Le critère de d'Alembert, démontré puis appliqué

Comparaison par inégalités entre séries à termes positifsSéries géométriques et série exponentielle

Quand le terme général contient des factorielles ou des puissances n-ièmes, les équivalents usuels ne servent à rien : c'est le quotient de deux termes consécutifs qui parle. L'idée est de comparer la série à une série géométrique. Ce critère ne figure pas au programme de PCSI : on ne l'invoque donc jamais tel quel, on le redémontre, et c'est l'objet des deux premières questions.

Soit (un) une suite à termes strictement positifs telle que un+1unn+, avec [0,+[.

1. a. On suppose <1. En posant q=+12, démontrer qu'il existe un rang N tel que unuNqnN pour tout nN, puis que un converge.

b. On suppose >1. Démontrer que un diverge grossièrement.

2. Démontrer, à l'aide de deux exemples, que le cas =1 ne permet aucune conclusion.

3. Déterminer la nature des séries suivantes, toutes indexées par n1 :

a. n!nn

b. 2nn!nn

c. 3nn!nn

d. (n!)2(2n)!

e. nnn!

Exercice 27 ★★★Équivalent d'un reste, équivalent d'une somme partielle

Restes, vitesse de convergence et développements asymptotiquesMéthode des rectangles et comparaison somme-intégrale

Une fois la nature d'une série connue, il reste à la quantifier. Si elle converge, l'objet intéressant est le reste Rn, qui mesure l'erreur commise en s'arrêtant au rang n. Si elle diverge, c'est la somme partielle Sn et sa vitesse d'explosion. Dans les deux cas, ce sont les rectangles qui répondent, et toutes les intégrales écrites ci-dessous sont prises sur des segments.

Pour α>0 et n1, on note Sn=k=1n1kα la somme partielle. Si α>1, la série converge (exercice 23) et l'on note Rn=k=n+1+1kα son reste.

1. Soit α>1 et soient deux entiers N>n1. Encadrer la somme finie k=n+1N1kα par deux intégrales, puis, en faisant tendre N vers + dans l'encadrement obtenu, démontrer que

1(α1)(n+1)α1  Rn  1(α1)nα1

En déduire un équivalent de Rn.

2. Écrire l'encadrement obtenu dans le cas α=2 et le vérifier numériquement pour n=10.

3. Soit 0<α<1. Démontrer que Snn1α1α.

4. Déterminer un équivalent de Tn=k=n+1+1k2+k par un calcul exact, puis comparer au résultat de la question 2.

5. Énoncer en une phrase la règle de choix entre reste et somme partielle.

Exercice 28 ★★★Une série alternée étudiée par les suites adjacentes

Sommes partielles, convergence, somme et reste d'une sérieCalcul explicite de la somme d'une série

Les théorèmes de comparaison sont réservés aux séries à termes positifs. Quand le signe du terme général change, il faut revenir à la définition et travailler directement sur la suite des sommes partielles. La méthode de référence consiste à isoler les sommes partielles de rang pair et de rang impair, et à montrer qu'elles sont adjacentes.

Pour n1, on pose

Sn=k=1n(1)k1ketHn=k=1n1k

1. a. Montrer que (S2n)n1 est croissante, que (S2n+1)n0 est décroissante, et que S2n+1S2nn+0.

b. En déduire que ces deux suites convergent vers une même limite S, puis démontrer soigneusement que (Sn) converge vers S.

2. Démontrer, sans utiliser d'intégrale, que Hn+. La série k1(1)k1k est-elle absolument convergente ? Qu'en conclure sur l'usage des théorèmes de comparaison pour cette série ?

3. Établir S2n=H2nHn. En admettant le résultat de l'exercice 24, à savoir Hn=lnn+γ+o(1), calculer S.

4. Soit αR. Déterminer, par la même méthode, la nature de n1(1)nnα, et préciser pour quels α la convergence est absolue.

Exercice 29 ★★★Nature d'une série définie par récurrence

Comparaison par équivalents et par négligeabilitéLien suite-série et séries télescopiques

Quand le terme général est défini par une récurrence, aucune formule explicite n'est disponible : la nature de la série se lit sur la vitesse avec laquelle la suite tend vers 0. Deux récurrences très voisines donnent ici deux comportements opposés.

Partie A. Soit u0]0,π2] et, pour n0, un+1=1cosun.

1. Montrer que pour tout n, un]0,π2] et un+1un22. En déduire que (un) décroît et converge vers 0.

2. Établir un+1un22.

3. Montrer qu'à partir d'un certain rang un+1un2, puis déterminer la nature de un.

Partie B. Soit v0]0,π[ et, pour n0, vn+1=sinvn.

4. Montrer que pour n1, vn]0,1], que (vn)n1 décroît et converge vers 0.

5. Démontrer que 1vn+121vn2n+13.

6. En déduire, par sommation d'un encadrement, que 1nvn213, puis que vn3n.

7. Conclure sur la nature de vn et de vn3.

Exercice 30 ★★★Sommation par paquets

Séries à termes positifs : majoration des sommes partiellesComparaison par inégalités entre séries à termes positifs

Regrouper les termes d'une série par paquets de longueurs 1,2,4,8, est l'idée d'Oresme (vers 1350) pour la série harmonique. On la formalise ici, avant de voir sur un exemple qu'un regroupement de termes n'est pas une opération anodine.

Soit (un)n1 une suite positive et décroissante. Pour p0, on pose

Pp=k=2p2p+11uk(le paquet {u2p,,u2p+11})

1. Combien de termes comporte Pp ? En déduire l'encadrement 2pu2p+11Pp2pu2p.

2. Vérifier que k=12P+11uk=p=0PPp, puis démontrer que un converge si et seulement si la suite (p=0PPp)P0 est majorée.

3. Application. Retrouver par cette méthode la divergence de n11n, puis la convergence de n11n2 avec une majoration explicite de sa somme.

4. On considère maintenant n0(1)n. Quelle est sa nature ? Que vaut le regroupement de ses termes deux par deux : (11)+(11)+ ? Quelle morale en tirer ?

Exercice 31 ★★★Un télescopage avec l'arctangente

Lien suite-série et séries télescopiquesCalcul explicite de la somme d'une série

Une série ne se calcule explicitement que dans deux situations : quand elle est géométrique, ou quand son terme général s'écrit an+1an. Reconnaître un tel télescopage derrière une arctangente est un classique d'oral.

1. Soient a et b deux réels tels que ab>1. Démontrer que

ArctanaArctanb=Arctanab1+ab

Indication : poser α=Arctana et β=Arctanb, puis calculer cos(αβ).

2. Montrer que l'hypothèse ab>1 ne peut pas être supprimée, en comparant les deux membres pour a=2 et b=1.

3. En déduire que pour tout entier n0,

Arctan1n2+n+1=Arctan(n+1)Arctan(n)

puis calculer n=0+Arctan1n2+n+1.

4. Sur le même principe, calculer n=1+Arctan2n2.

Exercice 32 ★★★★L'irrationalité du nombre e

Séries géométriques et série exponentielleRestes, vitesse de convergence et développements asymptotiques

La série exponentielle donne e=k=0+1k!. Elle converge si vite que le reste, multiplié par n!, reste strictement compris entre 0 et 1 : c'est exactement ce qu'il faut pour démontrer, en une page, que e est irrationnel (Fourier, 1815).

Pour n1, on pose

Sn=k=0n1k!etRn=eSn=k=n+1+1k!

1. Démontrer que pour tout n1,

1(n+1)!<Rn<1n!n

Indication : pour kn+1, majorer 1k! par 1(n+1)!(n+1)kn1, sommer de n+1 à N à l'aide d'une somme géométrique, puis faire tendre N vers +.

2. En déduire que 0<n!Rn<1n pour tout n1.

3. Supposons e=pq avec p et q entiers naturels non nuls.

a. Justifier que q2.

b. Montrer que q!Sq et q!e sont des entiers.

c. Conclure.

4. Déterminer le plus petit entier n tel que Sn approche e à 109 près.

Exercice 33 ★★★★Le théorème de condensation

Séries à termes positifs : majoration des sommes partiellesComparaison par inégalités entre séries à termes positifsSéries de Riemann et critère en n puissance alpha

Pour une suite positive décroissante, la nature de un ne dépend que des termes d'indices 1,2,4,8, : c'est le théorème de condensation de Cauchy. Il remplace avantageusement la comparaison somme-intégrale quand la fonction est pénible à primitiver, et il redonne tous les critères usuels sans écrire une seule intégrale.

Soit (un)n1 une suite positive et décroissante.

1. Démontrer que pour tout entier p0 :

a. k=12p+11ukj=0p2ju2j ;

b. j=0p2ju2ju1+2k=12puk.

2. En déduire que les séries n1un et n02nu2n sont de même nature.

3. Application 1. Retrouver, pour αR, la nature de n11nα.

4. Application 2. Déterminer, pour βR et sans utiliser d'intégrale, la nature de n21n(lnn)β.

5. Application 3. Même question pour n31nlnn(lnlnn)β.

Exercice 34 ★★★★Étude complète d'une suite récurrente et de sa série

Comparaison par équivalents et par négligeabilitéLien suite-série et séries télescopiquesSéries de Riemann et critère en n puissance alpha

Sujet d'oral typique : une récurrence en apparence anodine, dont on demande l'équivalent, puis la nature de trois séries associées. Tout repose sur une idée : chercher une puissance de un dont les accroissements ont une limite finie non nulle.

Soit u0>0 et, pour n0, un+1=ln(1+un).

1. Montrer que la suite est bien définie, strictement positive, décroissante, et qu'elle converge vers 0.

2. Écrire le développement limité de un+1 en fonction de un à l'ordre 3.

3. En déduire que 1un+11un12, puis, en sommant un encadrement, que un2n.

4. Déterminer la nature de un et de un2.

5. Déterminer la nature de (1)nun. Cette série est-elle absolument convergente ?

Exercice 35 ★★★★Encadrement fin des restes et accélération de convergence

Restes, vitesse de convergence et développements asymptotiquesMéthode des rectangles et comparaison somme-intégrale

Savoir qu'une série converge ne dit rien sur le coût du calcul de sa somme. On le mesure ici sur ζ(2)=n11n2, dont on admet la valeur π26 : sommer un million de termes ou quatre-vingts, la différence tient à une identité algébrique de deux lignes.

Pour n1, on note Rn=k=n+1+1k2.

1. Par la méthode des rectangles, démontrer que 1n+1Rn1n.

2. Combien de termes faut-il sommer pour obtenir ζ(2) à 106 près ?

3. a. Vérifier que 1n2=1n(n+1)+1n2(n+1), puis en déduire ζ(2)=1+n=1+1n2(n+1).

b. Majorer le reste de cette nouvelle série par 12n2. Combien de termes suffisent maintenant pour la précision 106 ?

4. Recommencer une fois : vérifier 1n2(n+1)=1n(n+1)(n+2)+2n2(n+1)(n+2), en déduire une troisième écriture de ζ(2), puis le nombre de termes nécessaires. Commenter le gain.

Exercice 36 ★★★★Problème de synthèse : autour de la fonction zêta

Séries de Riemann et critère en n puissance alphaRestes, vitesse de convergence et développements asymptotiquesMéthode des rectangles et comparaison somme-intégraleConvergence absolue, suites sommables et domination

Ce problème rassemble tout le chapitre autour d'un même objet : la fonction ζ, définie pour s>1 par

ζ(s)=n=1+1ns

1. Justifier que ζ(s) existe pour s>1, et que la série diverge pour s1.

2. Démontrer que ζ est strictement décroissante sur ]1,+[.

3. Par la méthode des rectangles, établir que pour tout s>1,

1s1ζ(s)1+1s1

En déduire la limite de ζ(s) quand s+, puis un équivalent de ζ(s) quand s1+.

4. Démontrer que n2(ζ(n)1) converge, et calculer sa somme.

5. Soit s>1. Montrer que n1(1)nns converge absolument, puis exprimer sa somme à l'aide de ζ(s).

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.