PCSI · Chapitre 15 · Second semestre

Exercices — Espaces préhilbertiens réels

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Reconnaître un produit scalaire

Produit scalaire, espace préhilbertien réel, espace euclidien

Dans tout l'exercice, x=(x1,x2) et y=(y1,y2) désignent deux vecteurs de R2.

1. Pour chacune des applications ci-dessous, dire si elle définit un produit scalaire sur R2. Si oui, vérifier les quatre axiomes ; si non, nommer précisément l'axiome en défaut et donner un contre-exemple numérique.

a. φa(x,y)=x1y1+2x2y2

b. φb(x,y)=x1y1x2y2

c. φc(x,y)=x1y2+x2y1

d. φd(x,y)=(x1+x2)(y1+y2)

e. φe(x,y)=x1y1+x1y2+x2y1+2x2y2

2. Pour chacune des applications de la question 1. qui est un produit scalaire, calculer la norme du vecteur u=(1,2).

3. On munit R2 du produit scalaire φa. Vérifier que les vecteurs w1=(2,1) et w2=(1,1) sont orthogonaux pour φa, et qu'ils ne le sont pas pour le produit scalaire canonique.

Exercice 2 ★★★Les produits scalaires usuels en pratique

Produits scalaires usuels : vecteurs, matrices, fonctions continues, polynômesProduit scalaire, espace préhilbertien réel, espace euclidien

1. Dans chacun des quatre exemples fondamentaux ci-dessous, calculer le produit scalaire des deux vecteurs proposés, ainsi que leurs deux normes.

a. R4 muni du produit scalaire canonique, avec u=(1,2,2,4) et v=(2,1,2,0).

b. M2(R) muni de A,B=tr(tAB), avec A=(1220) et B=(2124).

c. C([0,1],R) muni de f,g=01f(t)g(t)dt, avec f(t)=t et g(t)=t2.

d. R[X] muni de P,Q=11P(t)Q(t)dt, avec P=1+X et Q=X2.

2. Parmi ces quatre couples, lequel est formé de deux vecteurs orthogonaux ?

Exercice 3 ★★★★Norme, distance et identités de polarisation

Norme associée, distance, identité remarquable et formule de polarisation

Soit E un espace préhilbertien réel, et soient x et y deux vecteurs de E tels que

x=2,y=3,x,y=1.

1. Calculer les quantités suivantes.

a. x+y

b. xy

c. d(x,y)

d. 2x3y

2. Démontrer, pour tous vecteurs x et y de E, les deux formules de polarisation

x,y=12(x+y2x2y2)etx,y=14(x+y2xy2),

puis les vérifier sur les données de l'énoncé.

3. Montrer que x+y=xy si et seulement si x et y sont orthogonaux. Est-ce le cas ici ?

Exercice 4 ★★★★Premières majorations par Cauchy-Schwarz

Inégalité de Cauchy-Schwarz et cas d'égalité

Dans chaque question, on précisera l'espace, le produit scalaire utilisé et les deux vecteurs auxquels l'inégalité de Cauchy-Schwarz est appliquée.

1. Soit x=(x1,x2,x3) un vecteur de R3, et x sa norme euclidienne canonique.

a. Démontrer que x1+2x2+3x314x.

b. Déterminer les vecteurs x pour lesquels cette majoration est une égalité.

c. En déduire la valeur maximale de x1+2x2+3x3 lorsque x=1, et le vecteur qui la réalise.

2. Soit f une fonction continue de [0,1] dans R. Démontrer que

01tf(t)dt33(01f(t)2dt)1/2,

et préciser les fonctions f réalisant l'égalité.

3. Soient n un entier naturel non nul et a1,,an des réels. Démontrer que

k=1nkakn(n+1)(2n+1)6(k=1nak2)1/2,

puis retrouver la question 1. a. comme cas particulier.

Exercice 5 ★★★Orthogonalité et théorème de Pythagore

Vecteurs orthogonaux, familles orthogonales, théorème de Pythagore

1. Vérifier que les deux vecteurs proposés sont orthogonaux, pour le produit scalaire indiqué.

a. R3 canonique, u=(1,2,1) et v=(3,1,1).

b. M2(R) muni de A,B=tr(tAB), avec A=(1201) et B=(2130).

c. C([0,1],R) muni de f,g=01f(t)g(t)dt, avec f(t)=1 et g(t)=t12.

2. Dans R3 muni du produit scalaire canonique, on pose u1=(2,1,2), u2=(1,2,2) et u3=(2,2,1). Montrer que la famille (u1,u2,u3) est orthogonale, puis calculer u1+u2+u3 à l'aide du théorème de Pythagore. Contrôler le résultat par un calcul direct.

3. Soit E un espace préhilbertien réel. Montrer que si deux vecteurs x et y de E vérifient x+y2=x2+y2, alors ils sont orthogonaux.

Exercice 6 ★★★Familles orthonormées et coordonnées

Familles orthonormées, liberté, coordonnées dans une base orthonorméeBases orthonormées : existence, base orthonormée incomplète, expression du produit scalaire

On munit R3 de son produit scalaire canonique et l'on pose

e1=13(1,1,1),e2=12(1,1,0),e3=16(1,1,2).

1. Montrer que la famille B=(e1,e2,e3) est orthonormée.

2. En déduire que B est une base de R3, sans calculer aucun déterminant.

3. Soit x=(1,2,3). Calculer les coordonnées de x dans la base B, puis vérifier sur cet exemple l'égalité x2=i=13x,ei2.

4. Soit y=(1,0,1). Calculer ses coordonnées dans B, en déduire x,y par la formule du cours, et contrôler le résultat par un calcul direct.

Exercice 7 ★★★Orthonormaliser une base de R3

Algorithme d'orthonormalisation de Gram-Schmidt

On munit R3 de son produit scalaire canonique, défini par x,y=x1y1+x2y2+x3y3, et on pose

u1=(1,1,1),u2=(1,1,0),u3=(1,0,0).

1. Vérifier que B=(u1,u2,u3) est une base de R3, et qu'elle n'est pas orthogonale.

2. Construire le premier vecteur e1 de l'orthonormalisée de Gram-Schmidt de B, puis le deuxième vecteur e2.

3. Construire le troisième vecteur e3.

4. Vérifier que B=(e1,e2,e3) est une base orthonormée de R3, et que Vect(u1,,uk)=Vect(e1,,ek) pour tout k{1,2,3}.

5. En déduire les coordonnées de x=(1,2,3) dans la base B, et contrôler le résultat en calculant x2 de deux façons.

Exercice 8 ★★★★Déterminer l'orthogonal d'une partie

Orthogonal d'une partie, sous-espaces orthogonauxHyperplan, vecteur normal et distance à un hyperplan

On munit R4 de son produit scalaire canonique et on pose

a=(1,1,1,1),b=(1,2,3,4),A={a,b},F=Vect(A).

1. Déterminer {a} : montrer que c'est un hyperplan de R4 et en donner une base.

2. Déterminer A : résoudre le système correspondant, en donner une base et préciser sa dimension.

3. Vérifier sur cet exemple que dimF+dimF=4.

4. Démontrer que A=F, d'abord en le vérifiant sur cet exemple, puis dans le cas général d'une partie non vide A d'un espace préhilbertien réel E.

Exercice 9 ★★★★Projeté orthogonal sur une droite et distance

Projection orthogonale sur un sous-espace de dimension finieDistance d'un vecteur à un sous-espace, caractérisation par minimisation

Soit E un espace préhilbertien réel, soit u un vecteur non nul de E et soit D=Vect(u).

1. Démontrer que pour tout xE, le projeté orthogonal de x sur D est

pD(x)=x,uu2u,

puis que d(x,D)2=x2x,u2u2.

2. Dans R3 muni du produit scalaire canonique, avec u=(1,2,2) et x=(4,4,3) : calculer pD(x), puis d(x,D), et contrôler le résultat par le théorème de Pythagore.

3. On munit E=C([0,1],R) du produit scalaire f,g=01f(t)g(t)dt. Calculer le projeté orthogonal de f:tt2 sur la droite D0 engendrée par la fonction constante égale à 1, et interpréter le résultat.

4. Calculer d(f,D0), puis retrouver la valeur obtenue en étudiant directement la fonction λ01(t2λ)2dt.

Exercice 10 ★★★Un produit scalaire défini par des valeurs

Produit scalaire, espace préhilbertien réel, espace euclidienProduits scalaires usuels : vecteurs, matrices, fonctions continues, polynômes

Soit n un entier naturel. Pour P et Q dans Rn[X], on pose

P,Q=k=0nP(k)Q(k).

1. Démontrer que l'on définit ainsi un produit scalaire sur Rn[X].

2. On suppose n1 et on pose cette fois ψ(P,Q)=k=0n1P(k)Q(k), où l'on n'utilise plus que n points. Démontrer que ψ n'est pas un produit scalaire sur Rn[X], en exhibant un contre-exemple explicite, et préciser sur quel espace de polynômes ψ en devient un.

3. On prend désormais n=2. Calculer les quantités suivantes.

a. 1

b. X

c. 1,X

Vérifier l'inégalité de Cauchy-Schwarz sur ce couple et préciser si elle est stricte.

4. Toujours pour n=2, orthonormaliser le couple (1,X), puis compléter la famille obtenue en une base orthonormée de R2[X].

Exercice 11 ★★★★Le produit scalaire canonique des matrices

Produits scalaires usuels : vecteurs, matrices, fonctions continues, polynômesNorme associée, distance, identité remarquable et formule de polarisation

Soit n un entier naturel non nul. Pour A=(aij) et B=(bij) dans Mn(R), on pose

A,B=tr(tAB).

1. Démontrer que A,B=i=1nj=1naijbij, puis en déduire que l'on a défini un produit scalaire sur Mn(R).

2. Pour n=3, on pose

A=(120131201),B=(011210113).

Calculer A,B, A et B.

3. Démontrer que pour toutes matrices A et B, A,B=tA,tB.

4. En déduire qu'une matrice symétrique et une matrice antisymétrique sont toujours orthogonales.

5. Démontrer que pour toute matrice A de Mn(R), (trA)2nA2, et déterminer les matrices pour lesquelles il y a égalité.

Exercice 12 ★★★Inégalités numériques par Cauchy-Schwarz

Inégalité de Cauchy-Schwarz et cas d'égalitéInégalité triangulaire (Minkowski) et cas d'égalité

Dans tout l'exercice, n désigne un entier naturel non nul et Rn est muni de son produit scalaire canonique. On note u=(1,1,,1) le vecteur dont toutes les coordonnées valent 1.

1. Démontrer que pour tous réels a1,,an,

(k=1nak)2nk=1nak2,

et déterminer le cas d'égalité.

2. Démontrer que pour tous réels strictement positifs a1,,an,

(k=1nak)(k=1n1ak)n2,

et déterminer le cas d'égalité.

3. Démontrer l'inégalité de Minkowski : pour tous réels a1,,an et b1,,bn,

k=1n(ak+bk)2k=1nak2+k=1nbk2,

en la reconnaissant comme l'inégalité triangulaire de la norme euclidienne, puis préciser son cas d'égalité.

4. Applications. Soient a, b, c trois réels strictement positifs tels que a+b+c=1.

a. Démontrer que 1a+1b+1c9, et préciser le cas d'égalité.

b. Démontrer que a2+b2+c213.

Exercice 13 ★★★★Cauchy-Schwarz intégral et cas d'égalité

Inégalité de Cauchy-Schwarz et cas d'égalitéProduits scalaires usuels : vecteurs, matrices, fonctions continues, polynômes

Soient a et b deux réels tels que a<b. On munit l'espace vectoriel C([a,b],R) des fonctions continues sur [a,b] à valeurs réelles de l'application

f,g=abf(t)g(t)dt.

1. Vérifier que l'on définit ainsi un produit scalaire, puis énoncer l'inégalité de Cauchy-Schwarz et son cas d'égalité dans cet espace.

2. En déduire que, pour toute fonction f continue sur [0,1],

(01f(t)dt)201f(t)2dt,

et déterminer toutes les fonctions pour lesquelles cette inégalité est une égalité.

3. Pour nN, on pose fn:ttn. Comparer les deux membres de l'inégalité de la question 2. dans les cas suivants.

a. n=1

b. n=2

c. n=5

d. n quelconque

4. Montrer que, pour toute fonction f continue sur [0,1],

(01f(t)tdt)21201f(t)2dt.

Préciser le cas d'égalité, puis contrôler l'inégalité sur la fonction constante égale à 1.

Exercice 14 ★★★★Inégalité triangulaire, distance et cas d'égalité

Inégalité triangulaire (Minkowski) et cas d'égalitéNorme associée, distance, identité remarquable et formule de polarisation

Soit (E,,) un espace préhilbertien réel, de norme associée x=x,x. On rappelle l'inégalité de Cauchy-Schwarz : pour tous x,yE, x,yxy, avec égalité si et seulement si la famille (x,y) est liée.

1. Démontrer l'inégalité triangulaire : pour tous x,yE, x+yx+y. Montrer que l'égalité a lieu si et seulement si y=0E ou x=λy avec λ0.

2. En déduire la seconde inégalité triangulaire : pour tous x,yE, xyxy.

3. On pose d(x,y)=xy. Démontrer que d est positive, symétrique, séparée (c'est-à-dire d(x,y)=0 si et seulement si x=y) et qu'elle vérifie l'inégalité triangulaire d(x,z)d(x,y)+d(y,z).

4. Dans R3 muni du produit scalaire canonique, on pose x=(1,2,2) et y=(0,3,4).

a. Calculer x, y et x+y.

b. Vérifier que l'inégalité triangulaire est stricte, et expliquer pourquoi.

c. Calculer d(x,y) et vérifier la seconde inégalité triangulaire.

5. Dans C([0,1],R) muni de f,g=01f(t)g(t)dt, on pose f:tt et g:t3t. Vérifier qu'il y a égalité dans l'inégalité triangulaire, et retrouver ce résultat à l'aide de la question 1.

Exercice 15 ★★★★Identité du parallélogramme et applications

Norme associée, distance, identité remarquable et formule de polarisation

Soit (E,,) un espace préhilbertien réel, de norme associée x=x,x.

1. Démontrer l'identité du parallélogramme : pour tous x,yE,

x+y2+xy2=2(x2+y2).

Interpréter cette égalité sur le parallélogramme construit sur x et y.

2. Démontrer que x=y si et seulement si les vecteurs x+y et xy sont orthogonaux. Interpréter.

3. On suppose ici x=3, y=4 et x+y=6.

a. Calculer xy.

b. Calculer x,y de deux façons différentes.

c. Ces trois données sont-elles compatibles avec l'inégalité de Cauchy-Schwarz ?

4. Démontrer la formule de la médiane : pour tous x,y,mE,

xm2+ym2=12xy2+2x+y2m2.

En déduire la valeur minimale de xm2+ym2 lorsque m parcourt E, ainsi que le vecteur m qui la réalise.

Exercice 16 ★★★★Gram-Schmidt dans R4 et base d'un sous-espace

Algorithme d'orthonormalisation de Gram-SchmidtBases orthonormées : existence, base orthonormée incomplète, expression du produit scalaire

On munit R4 de son produit scalaire canonique u,v=u1v1+u2v2+u3v3+u4v4, et l'on pose

u1=(1,1,1,1),u2=(1,1,1,1),u3=(1,1,0,2),F=Vect(u1,u2,u3).

1. Montrer que la famille (u1,u2,u3) est libre et en déduire la dimension de F.

2. Appliquer l'algorithme de Gram-Schmidt à cette famille : construire une base orthonormée (e1,e2,e3) de F.

3. Contrôler le résultat obtenu.

a. Calculer e1,e2, e1,e3 et e2,e3.

b. Calculer e1, e2 et e3.

4. Exprimer u3 dans la base (e1,e2,e3), puis écrire la matrice de la famille (u1,u2,u3) dans cette base. Que constate-t-on sur sa forme ?

5. À quoi sert une base orthonormée de F ? Énoncer la formule du projeté orthogonal sur F et l'appliquer au vecteur x=(4,0,0,0).

Exercice 17 ★★★★Les premiers polynômes de Legendre

Algorithme d'orthonormalisation de Gram-SchmidtProduits scalaires usuels : vecteurs, matrices, fonctions continues, polynômes

On munit l'espace vectoriel R2[X] des polynômes réels de degré au plus 2 de l'application

P,Q=11P(t)Q(t)dt.

1. Vérifier qu'il s'agit d'un produit scalaire sur R2[X].

2. Calculer les intégrales suivantes.

a. 11dt

b. 11tdt

c. 11t2dt

d. 11t3dt

e. 11t4dt

3. Appliquer l'algorithme de Gram-Schmidt à la base canonique (1,X,X2) de R2[X] : on notera (e0,e1,e2) la base orthonormée obtenue.

4. Vérifier que la famille (e0,e1,e2) est bien orthonormée.

5. À quels endroits la parité des fonctions intégrées a-t-elle fait gagner du temps ?

Exercice 18 ★★★★Supplémentaire orthogonal et dimension

Supplémentaire orthogonal d'un sous-espace de dimension finieOrthogonal d'une partie, sous-espaces orthogonaux

On munit R4 de son produit scalaire canonique et l'on considère

F={(x1,x2,x3,x4)R4  ;  x1+x2+x3+x4=0  et  x1x2+x3x4=0}.

1. Justifier que F est un sous-espace vectoriel de R4, en déterminer une base et préciser dimF.

2. Déterminer une base de F, préciser dimF et vérifier que dimF+dimF=4.

3. Vérifier par le calcul que FF={0R4}, et en déduire que R4=FF.

4. On pose x=(1,2,3,4).

a. Décomposer x sous la forme x=xF+xF avec xFF et xFF.

b. Vérifier le théorème de Pythagore sur cette décomposition.

5. Soit (E,,) un espace préhilbertien réel quelconque et F un sous-espace vectoriel de E, sans aucune hypothèse de dimension. Démontrer que FF={0E}.

Exercice 19 ★★★★Projeté orthogonal sur un plan, deux méthodes

Projection orthogonale sur un sous-espace de dimension finieBases orthonormées : existence, base orthonormée incomplète, expression du produit scalaire

On munit R3 de son produit scalaire canonique et l'on pose

u1=(1,1,0),u2=(1,0,1),P=Vect(u1,u2),x=(1,2,3).

1. Montrer que (u1,u2) est une base de P, déterminer un vecteur n non nul orthogonal à u1 et à u2, puis une équation cartésienne de P.

2. Première méthode. Orthonormaliser (u1,u2) par l'algorithme de Gram-Schmidt en une base (e1,e2) de P, puis calculer pP(x) à l'aide de la formule pP(x)=x,e1e1+x,e2e2.

3. Seconde méthode. Démontrer que P=Vect(n), en déduire la formule

pP(x)=xx,nn2n,

et retrouver ainsi le résultat de la question 2.

4. Calculer d(x,P), puis vérifier le théorème de Pythagore sur la décomposition de x.

5. Selon que le plan est donné par deux générateurs ou par une équation cartésienne, laquelle des deux méthodes est la plus rapide ? Laquelle des deux se généralise à un sous-espace quelconque ?

Exercice 20 ★★★Hyperplan, vecteur normal et distance

Hyperplan, vecteur normal et distance à un hyperplanDistance d'un vecteur à un sous-espace, caractérisation par minimisation

Soit E un espace euclidien et soit a un vecteur non nul de E. On pose

H={xE  ;  x,a=0}.

1. Démontrer que H est un sous-espace vectoriel de E, que dimH=dimE1, et que H=Vect(a).

2. En déduire l'expression du projeté orthogonal d'un vecteur x sur H, puis la formule

d(x,H)=x,aa.

3. Application dans R4 canonique. On pose H1={(x1,x2,x3,x4)R4  ;  x1+2x2x3+3x4=0} et v=(1,1,1,1). Calculer pH1(v) et d(v,H1), puis contrôler le résultat par Pythagore.

4. Application dans R2[X]. On munit R2[X] du produit scalaire P,Q=01P(t)Q(t)dt et l'on pose H2={PR2[X]  ;  P(0)=0}.

a. Déterminer le polynôme AR2[X] tel que P,A=P(0) pour tout PR2[X], puis calculer A.

b. En déduire d(P,H2) en fonction de P(0), puis le projeté orthogonal de P0=1+X+X2 sur H2 et la distance d(P0,H2).

Exercice 21 ★★★La projection orthogonale comme endomorphisme

Projection orthogonale sur un sous-espace de dimension finieSupplémentaire orthogonal d'un sous-espace de dimension finieVecteurs orthogonaux, familles orthogonales, théorème de Pythagore

Soit E un espace préhilbertien réel et soit F un sous-espace vectoriel de E de dimension finie. On note p=pF la projection orthogonale sur F.

1. Justifier que E=FF, puis démontrer que p est un endomorphisme de E vérifiant pp=p.

2. Déterminer Imp et Kerp.

3. Démontrer que p(x)x pour tout xE, avec égalité si et seulement si xF.

4. Démontrer que p(x),y=x,p(y) pour tous x,yE. En déduire que, si E est euclidien, la matrice de p dans une base orthonormée est symétrique.

5. On munit R3 de son produit scalaire canonique, dont la base canonique (ε1,ε2,ε3) est une base orthonormée, et l'on considère les endomorphismes u et v de matrices

M=(011010001),N=13(211121112).

Vérifier que u et v sont des projecteurs, déterminer leur noyau et leur image, et dire lequel des deux est une projection orthogonale.

Exercice 22 ★★★★Compléter une famille en base orthonormée

Bases orthonormées : existence, base orthonormée incomplète, expression du produit scalaireFamilles orthonormées, liberté, coordonnées dans une base orthonormée

On munit R4 de son produit scalaire canonique et l'on pose

e1=12(1,1,1,1),e2=12(1,1,1,1),F=Vect(e1,e2).

1. Vérifier que (e1,e2) est une famille orthonormée.

a. e1=1

b. e2=1

c. e1,e2=0

En déduire que c'est une base de F.

2. Qu'affirme le théorème de la base orthonormée incomplète dans cette situation ? Déterminer F en résolvant un système, puis en donner une base orthonormée (e3,e4).

3. Justifier que B=(e1,e2,e3,e4) est une base orthonormée de R4. Cette base est-elle unique ?

4. On pose x=(1,3,5,7) et y=(2,0,1,1). Calculer, à l'aide des formules valables en base orthonormée :

a. les coordonnées de x dans B

b. les coordonnées de y dans B

c. le produit scalaire x,y

d. la norme x

Recouper les résultats de c. et d. avec le calcul direct dans la base canonique.

Exercice 23 ★★★★La meilleure approximation affine d'une fonction

Projection orthogonale sur un sous-espace de dimension finieDistance d'un vecteur à un sous-espace, caractérisation par minimisation

On munit E=C([0,1],R) du produit scalaire f,g=01f(t)g(t)dt. On note f:tet, on pose g0:t1 et g1:tt, et l'on cherche à rendre l'intégrale

Φ(a,b)=01(etabt)2dt

la plus petite possible. On rappelle les valeurs 01etdt=e1 et 01tetdt=1, cette dernière s'obtenant par une intégration par parties.

1. Soit F=Vect(g0,g1). Montrer que dimF=2, puis expliquer pourquoi Φ admet un minimum sur R2, atteint en un unique couple (a,b).

2. Orthonormaliser la base (g0,g1) de F.

3. Calculer le projeté orthogonal de f sur F, et en déduire les valeurs exactes de a et de b.

4. Donner la valeur exacte du minimum m, puis une valeur approchée à 104 près.

5. Contrôler le résultat en écrivant que fpF(f) est orthogonal à g0 et à g1.

Exercice 24 ★★★★Matrices symétriques, antisymétriques, projection et distance

Supplémentaire orthogonal d'un sous-espace de dimension finieProjection orthogonale sur un sous-espace de dimension finieDistance d'un vecteur à un sous-espace, caractérisation par minimisation

Soit n2. On munit Mn(R) du produit scalaire A,B=tr(tAB), et l'on note Sn(R) et An(R) les sous-espaces des matrices symétriques et antisymétriques.

1. Rappeler pourquoi A,B=1i,jnaijbij, et en déduire l'expression de A2.

2. Démontrer que Sn(R) et An(R) sont supplémentaires et orthogonaux, autrement dit que An(R)=Sn(R).

3. Rappeler les dimensions dimSn(R)=n(n+1)2 et dimAn(R)=n(n1)2, et vérifier la cohérence avec la relation dimF+dimF=n2.

4. En déduire, pour toute matrice A, le projeté orthogonal de A sur Sn(R), puis la distance d(A,Sn(R)).

5. Application avec n=3 et A=(312504261). Calculer :

a. le projeté orthogonal S de A sur S3(R)

b. la distance d(A,S3(R))

c. la distance d(A,A3(R))

d. la vérification du théorème de Pythagore

Exercice 25 ★★★Inégalités matricielles par Cauchy-Schwarz

Inégalité de Cauchy-Schwarz et cas d'égalitéProduits scalaires usuels : vecteurs, matrices, fonctions continues, polynômes

Soit n1. Pour A=(aij) et B=(bij) dans Mn(R), on pose

A,B=tr(tAB).

1. Montrer que A,B=1i,jnaijbij, puis que l'on définit ainsi un produit scalaire sur Mn(R). On note A=tr(tAA) la norme associée.

2. Démontrer l'inégalité tr(tAB)AB et préciser son cas d'égalité.

3. En appliquant ce qui précède à B=In, démontrer que (trA)2nA2, et déterminer toutes les matrices pour lesquelles il y a égalité.

4. Montrer que tA=A, puis en déduire que tr(AB)AB.

5. On prend n=3 et

A=(120012201),B=(101110011).

Calculer les quantités suivantes, puis contrôler sur elles les inégalités des questions 2, 3 et 4.

a. A2 et B2

b. A,B et tr(AB)

c. trA

6. Soit A une matrice de Mn(R) dont tous les coefficients sont positifs ou nuls. Démontrer que 1i,jnaijnA, et préciser le cas d'égalité.

Exercice 26 ★★★L'inégalité de Bessel

Familles orthonormées, liberté, coordonnées dans une base orthonorméeProjection orthogonale sur un sous-espace de dimension finieVecteurs orthogonaux, familles orthogonales, théorème de Pythagore

Soit E un espace préhilbertien réel, soit (e1,,ep) une famille orthonormée finie de E et soit F=Vect(e1,,ep). On fixe xE et l'on pose

y=k=1px,ekek.

1. Justifier que (e1,,ep) est une base orthonormée de F, puis démontrer que y est le projeté orthogonal de x sur F.

2. Démontrer l'inégalité de Bessel

k=1px,ek2x2,

et montrer qu'il y a égalité si et seulement si xF.

3. Dans R4 muni du produit scalaire canonique, on pose

e1=12(1,1,1,1),e2=12(1,1,1,1),x=(1,2,3,4).

Vérifier que (e1,e2) est orthonormée, contrôler l'inégalité de Bessel sur cet exemple, puis calculer pF(x) et d(x,F).

4. On munit E=C([π,π],R) du produit scalaire f,g=ππf(t)g(t)dt, et l'on pose

c:tcostπ,s:tsintπ.

Vérifier que (c,s) est orthonormée, puis écrire l'inégalité de Bessel pour f:tt. Que devient-elle après simplification ?

Exercice 27 ★★★Le calcul des orthogonaux

Orthogonal d'une partie, sous-espaces orthogonauxSupplémentaire orthogonal d'un sous-espace de dimension finie

Soit E un espace préhilbertien réel. Pour une partie non vide A de E, on rappelle que

A={xE  ;  aA, x,a=0}.

1. Soient A et B deux parties non vides de E. Démontrer les trois propriétés suivantes.

a. A=(VectA)

b. AB    BA

c. A(A)

Dans les questions 2 à 4, on suppose E euclidien, et F, G désignent des sous-espaces vectoriels de E.

2. Démontrer que (F)=F. Montrer sur un exemple que l'inclusion de la question 1.c peut être stricte pour une partie A quelconque.

3. Démontrer que (F+G)=FG.

4. En déduire, par passage à l'orthogonal, que (FG)=F+G.

5. Dans R4 muni du produit scalaire canonique, on pose

F=Vect((1,1,0,0),(0,0,1,1)),G=Vect((1,0,1,0)).

Déterminer F, G et (F+G), et vérifier par le calcul les identités des questions 3 et 4.

Exercice 28 ★★★Cette norme est-elle euclidienne ?

Norme associée, distance, identité remarquable et formule de polarisationProduit scalaire, espace préhilbertien réel, espace euclidien

On dit qu'une norme N sur un espace vectoriel réel E est euclidienne lorsqu'il existe un produit scalaire φ sur E tel que N(x)=φ(x,x) pour tout xE.

1. Soit N une norme euclidienne, associée au produit scalaire φ. Démontrer l'identité du parallélogramme :

(x,y)E2,N(x+y)2+N(xy)2=2(N(x)2+N(y)2),

puis retrouver φ à partir de N par la formule de polarisation.

2. Sur R2, on pose N1(x)=x1+x2 et N(x)=max(x1,x2), où x=(x1,x2). On admet que ce sont deux normes. Démontrer qu'aucune des deux n'est euclidienne.

3. Sur R2, on pose maintenant N(x)=x12+x1x2+x22. Calculer, pour x et y dans R2, la quantité

φ(x,y)=12(N(x+y)2N(x)2N(y)2).

4. Démontrer que l'application φ obtenue est un produit scalaire sur R2, et conclure que N est une norme euclidienne.

5. Énoncer en deux lignes un critère pratique permettant de décider si une norme donnée est euclidienne.

Exercice 29 ★★★★Conserver la norme, c'est conserver le produit scalaire

Norme associée, distance, identité remarquable et formule de polarisationProduit scalaire, espace préhilbertien réel, espace euclidien

Soit E un espace euclidien de dimension n1, et soit f un endomorphisme de E vérifiant

xE,f(x)=x.

On dira dans tout l'exercice que f conserve la norme.

1. À l'aide de la formule de polarisation, démontrer que f conserve aussi le produit scalaire, c'est-à-dire que f(x),f(y)=x,y pour tous x, y de E.

2. Démontrer que f est injectif, puis bijectif.

3. Démontrer que l'image par f d'une base orthonormée de E est une base orthonormée de E.

4. Réciproquement, démontrer qu'un endomorphisme qui conserve le produit scalaire conserve la norme.

5. Dans R2 muni du produit scalaire canonique, soit rθ l'endomorphisme dont la matrice dans la base canonique est

Rθ=(cosθsinθsinθcosθ),θR.

Vérifier par un calcul direct que rθ conserve la norme.

6. Toujours dans R2, exhiber un endomorphisme g qui conserve la norme de chacun des deux vecteurs de la base canonique, mais qui ne conserve pas la norme de tous les vecteurs. Quelle hypothèse manque-t-il ?

Exercice 30 ★★★Distance à un sous-espace par le système normal

Distance d'un vecteur à un sous-espace, caractérisation par minimisationProjection orthogonale sur un sous-espace de dimension finie

Soit E un espace préhilbertien réel, soit (u1,,up) une famille libre de E et soit F=Vect(u1,,up). On se donne xE et l'on cherche son projeté orthogonal sur F sans orthonormaliser la famille.

1. On écrit pF(x)=j=1pλjuj. Démontrer que les scalaires λ1,,λp sont solutions du système linéaire, dit système normal,

i{1,,p},j=1pui,ujλj=x,ui.

2. Démontrer que ce système admet une unique solution.

3. Démontrer que d(x,F)2=x2j=1pλjx,uj.

4. Dans R4 muni du produit scalaire canonique, appliquer la méthode à

u1=(1,1,0,0),u2=(1,0,1,1),x=(3,1,3,1).

5. On munit E=C([0,1],R) du produit scalaire f,g=01f(t)g(t)dt. Déterminer le projeté orthogonal de f:tt sur F=Vect(u1,u2), où u1 est la fonction constante égale à 1 et u2:tt, puis calculer d(f,F).

6. Comparer cette méthode à celle qui consiste à orthonormaliser d'abord la famille par l'algorithme de Gram-Schmidt. Dans quel cas chacune est-elle la plus efficace ?

Exercice 31 ★★★Un produit scalaire défini par une matrice

Produit scalaire, espace préhilbertien réel, espace euclidienProduits scalaires usuels : vecteurs, matrices, fonctions continues, polynômes

On identifie Rn à Mn,1(R). Pour AMn(R), on définit sur Rn l'application

φA:(X,Y)tXAY.

1. Soit A=(aij)Mn(R).

a. Justifier que φA(X,Y) est un réel et que φA est bilinéaire.

b. Démontrer que si A est symétrique, alors φA est symétrique.

c. Vérifier que φA(X,X)=1i,jnaijxixj, où x1,,xn sont les coefficients de X.

2. On prend A=(2112). Mettre φA(X,X) sous forme canonique, c'est-à-dire l'écrire comme une combinaison à coefficients strictement positifs de carrés de formes linéaires indépendantes, et en déduire que φA est un produit scalaire sur R2.

3. Les matrices B=(1221) et C=(1111) sont symétriques. Démontrer que ni φB ni φC n'est un produit scalaire, et préciser pour chacune quelle propriété est en défaut.

4. On note désormais X,Y=tXAY avec A la matrice de la question 2, et (e1,e2) la base canonique de R2. Calculer ei,ej pour tous i,j, puis orthonormaliser (e1,e2) par l'algorithme de Gram-Schmidt. Vérifier le résultat obtenu.

5. Soit D=Vect(e1). Calculer le projeté orthogonal de e2 sur D et la distance d(e2,D) pour le produit scalaire ,. Comparer avec les valeurs obtenues pour le produit scalaire canonique de R2 et commenter.

6. On pose maintenant A=(210121012) et X,Y=tXAY sur R3.

a. Mettre φA(X,X) sous forme canonique et en déduire que , est un produit scalaire.

b. Calculer la distance de e2 au sous-espace F=Vect(e1,e3) pour ce produit scalaire.

Exercice 32 ★★★★La matrice de Gram

Distance d'un vecteur à un sous-espace, caractérisation par minimisationProjection orthogonale sur un sous-espace de dimension finieFamilles orthonormées, liberté, coordonnées dans une base orthonormée

Soit E un espace préhilbertien réel et (u1,,up) une famille de vecteurs de E. On appelle matrice de Gram de cette famille la matrice

G(u1,,up)=(ui,uj)1i,jpMp(R),

et l'on pose Γ(u1,,up)=detG(u1,,up). On note simplement G et Γ quand la famille est sous-entendue.

1. a. Démontrer que pour toute colonne X=t(x1,,xp)Mp,1(R),

tXGX=i=1pxiui2.

b. Expliciter Γ(u1,u2) et reconnaître une inégalité du cours.

2. Démontrer que si la famille (u1,,up) est liée, alors Γ=0.

3. Démontrer que si la famille (u1,,up) est libre, alors G est inversible.

4. On suppose la famille libre et l'on pose F=Vect(u1,,up). Soit (ε1,,εp) une base orthonormée de F et MMp(R) la matrice dont la colonne j est la colonne des coordonnées de uj dans cette base. Démontrer que G=tMM, puis que Γ=(detM)2>0. Conclure : Γ0 toujours, avec égalité si et seulement si la famille est liée.

5. La famille (u1,,up) est libre, F=Vect(u1,,up) et xE. En écrivant x=pF(x)+z et en effectuant des opérations sur la dernière colonne puis sur la dernière ligne de G(u1,,up,x), démontrer que

d(x,F)2=Γ(u1,,up,x)Γ(u1,,up).

6. Dans R4 muni du produit scalaire canonique, on pose u1=(1,1,0,0), u2=(0,1,1,0) et x=(1,0,0,1). Calculer d(x,Vect(u1,u2)) par la formule de la question 5, puis retrouver le résultat en calculant explicitement le projeté orthogonal de x.

Exercice 33 ★★★★L'inégalité de Hadamard

Inégalité de Cauchy-Schwarz et cas d'égalitéAlgorithme d'orthonormalisation de Gram-SchmidtBases orthonormées : existence, base orthonormée incomplète, expression du produit scalaire

On munit Rn de son produit scalaire canonique. Soit AMn(R), dont on note C1,,Cn les colonnes, vues comme des vecteurs de Rn. On veut démontrer l'inégalité de Hadamard

detAj=1nCj.

1. Traiter d'abord le cas n=2 : avec C1=t(a,b) et C2=t(c,d), démontrer l'identité (adbc)2+(ac+bd)2=(a2+b2)(c2+d2), en déduire l'inégalité voulue ainsi que son cas d'égalité, et faire le lien avec l'inégalité de Cauchy-Schwarz.

2. Démontrer l'inégalité lorsque la famille (C1,,Cn) est liée.

3. Soit VMn(R) une matrice dont les colonnes v1,,vn sont deux à deux orthogonales. Calculer tVV et en déduire que detV=j=1nvj.

4. On suppose désormais la famille (C1,,Cn) libre et l'on note (v1,,vn) la famille orthogonale obtenue par l'algorithme de Gram-Schmidt, c'est-à-dire v1=C1 et, pour 2jn,

vj=Cjk=1j1Cj,vkvk2vk.

Démontrer qu'il existe TMn(R) triangulaire supérieure, dont tous les coefficients diagonaux valent 1, telle que V=ATV est la matrice de colonnes v1,,vn. En déduire que detA=j=1nvj.

5. Démontrer que vjCj pour tout j, conclure la démonstration de l'inégalité de Hadamard, puis établir que l'égalité a lieu si et seulement si les colonnes de A sont deux à deux orthogonales ou l'une d'elles est nulle.

6. a. Pour A=(120211012), calculer detA, majorer detA par Hadamard, puis vérifier la formule de la question 4 en menant l'orthogonalisation.

b. Vérifier le cas d'égalité sur la matrice (110110003).

c. Démontrer que si tous les coefficients de A appartiennent à [1,1], alors detAnn/2. Étudier les cas n=2 et n=3.

Exercice 34 ★★★★Polynômes orthogonaux, racines et récurrence

Produits scalaires usuels : vecteurs, matrices, fonctions continues, polynômesOrthogonal d'une partie, sous-espaces orthogonauxFamilles orthonormées, liberté, coordonnées dans une base orthonormée

On munit R[X] de l'application

P,Q=11P(t)Q(t)dt.

Pour n1, on note pn1 la projection orthogonale sur Rn1[X], et l'on pose

P0=1,Pn=Xnpn1(Xn)(n1).

1. a. Démontrer que , est un produit scalaire sur R[X].

b. Justifier que pn1 est bien définie, que Pn est unitaire de degré n et que Pn est orthogonal à Rn1[X].

c. Démontrer que (P0,,Pn) est une base orthogonale de Rn[X], et que c'est exactement la famille produite par l'algorithme de Gram-Schmidt appliqué à (1,X,,Xn).

2. Démontrer que Pn est le seul polynôme unitaire de degré n orthogonal à Rn1[X].

3. Calculer P1, P2 et P3, ainsi que Pk2 pour 0k3.

4. Démontrer que Pn(X)=(1)nPn(X) pour tout nN.

5. Soit n1. On note x1,,xr les racines de Pn appartenant à ]1,1[ dont la multiplicité est impaire, et l'on pose Q=i=1r(Xxi) (avec Q=1 si r=0).

a. Démontrer que la fonction tPn(t)Q(t) garde un signe constant sur [1,1].

b. En raisonnant par l'absurde sur Pn,Q, démontrer que Pn admet n racines simples, toutes situées dans ]1,1[.

6. a. Démontrer que XP,Q=P,XQ pour tous P,QR[X], puis que, pour n1,

Pn+1=XPncnPn1,cn=Pn2Pn12.

b. Vérifier cette relation pour n=1 et n=2 à l'aide de la question 3, et calculer P4.

Exercice 35 ★★★Inégalités fonctionnelles par Cauchy-Schwarz

Inégalité de Cauchy-Schwarz et cas d'égalitéInégalité triangulaire (Minkowski) et cas d'égalité

Pour a<b, on munit C([a,b],R) de

u,v=abu(t)v(t)dt,u=abu(t)2dt.

Chacune des inégalités qui suivent s'obtient en appliquant Cauchy-Schwarz à deux fonctions bien choisies : à chaque question, on précisera l'espace et les deux vecteurs utilisés.

1. a. Démontrer que , est un produit scalaire sur C([a,b],R).

b. Énoncer l'inégalité de Cauchy-Schwarz et l'inégalité triangulaire dans cet espace, avec leurs cas d'égalité.

2. Soit f continue et strictement positive sur [a,b].

a. En appliquant l'inégalité de Cauchy-Schwarz à f et 1f, démontrer que (abf)(ab1f)(ba)2.

b. Démontrer que l'égalité a lieu si et seulement si f est constante. Illustrer l'inégalité stricte avec f(t)=t sur [1,2].

c. Retrouver l'inégalité du a en appliquant cette fois l'inégalité triangulaire aux deux mêmes fonctions.

3. Soit f de classe C1 sur [0,1] telle que f(0)=0. Démontrer que, pour tout x[0,1],

f(x)2x0xf(t)2dt.

4. En déduire que 01f21201f2, puis démontrer que cette inégalité est stricte sauf si f est la fonction nulle. Vérifier sur f(x)=x et f(x)=x2.

5. Soit f continue sur [0,1]. Démontrer que (01tf(t)dt)21301f(t)2dt et déterminer le cas d'égalité. Vérifier sur f=1 et sur f(t)=t.

6. Déterminer le minimum de 01f(t)2dt lorsque f décrit l'ensemble des fonctions continues sur [0,1] vérifiant 01tf(t)dt=1, et préciser en quelle fonction il est atteint.

Exercice 36 ★★★Distance aux matrices de trace nulle

Distance d'un vecteur à un sous-espace, caractérisation par minimisationHyperplan, vecteur normal et distance à un hyperplanProjection orthogonale sur un sous-espace de dimension finie

Soit n2. On munit Mn(R) de

A,B=tr(tAB),

et l'on pose H={AMn(R)  ;  tr(A)=0}.

1. Démontrer que A,B=1i,jnaijbij, puis que , est un produit scalaire sur Mn(R). Que vaut A2 ?

2. a. Démontrer que H est un hyperplan de Mn(R) et préciser sa dimension.

b. Démontrer que tr(A)=In,A pour toute AMn(R). En déduire que In est un vecteur normal à H, puis que H=Vect(In).

3. En déduire, pour toute AMn(R), le projeté orthogonal pH(A) et la distance d(A,H).

4. Retrouver la valeur de d(A,H) sans utiliser le projeté : minorer AM pour MH à l'aide de l'inégalité de Cauchy-Schwarz, puis déterminer les cas d'égalité.

5. Application numérique avec A=(120031215) : calculer pH(A), d(A,H), et contrôler le résultat.

6. Calculer minλRAλIn de deux façons : par une étude directe du trinôme en λ, et en interprétant cette quantité comme une distance à une droite. Traiter l'exemple de la question 5 et relier les deux distances obtenues.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.