PCSI · Chapitre 15 · Second semestre

Devoir surveillé — Espaces préhilbertiens réels

Sujet type, 180 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 180 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (2 points) — Quatre questions indépendantes

Les cinq exercices du sujet sont indépendants les uns des autres et peuvent être traités dans l'ordre de votre choix. La clarté de la rédaction et la justification des affirmations comptent dans la notation, au même titre que l'exactitude des calculs. Les calculatrices ne sont pas autorisées, et tous les nombres demandés se calculent à la main.

Dans tout cet exercice, E désigne un espace préhilbertien réel, de produit scalaire , et de norme associée .

1. (0,5 pt) Soient x et y deux vecteurs de E tels que x,z=y,z pour tout zE. Démontrer que x=y. Si E est euclidien de dimension n et si (e1,,en) en est une base orthonormée, suffit-il de vérifier ces égalités pour z{e1,,en} ?

2. (0,5 pt) On suppose ici E euclidien de dimension 4. Deux sous-espaces vectoriels F et G de E, de dimensions respectives 2 et 3, peuvent-ils être orthogonaux ? Justifier.

3. (0,5 pt) On suppose ici E euclidien de dimension 3, de base orthonormée (e1,e2,e3). Existe-t-il un vecteur unitaire x de E tel que

x,e1=x,e2=x,e3=12    ?

Reprendre la question en remplaçant 12 par 13, et préciser alors le nombre de solutions.

4. (0,5 pt) Soient x et y deux vecteurs non nuls de E. Démontrer l'égalité

xx2yy2=xyxy.

Exercice 2 (3 points) — Une forme linéaire est un vecteur déguisé

Dans les questions 1. et 2., E désigne un espace euclidien de dimension n1, muni d'une base orthonormée (e1,,en). On rappelle qu'une forme linéaire sur E est une application linéaire de E dans R.

1. (0,75 pt) Soit φ une forme linéaire sur E. Démontrer qu'il existe un unique vecteur aE tel que

xE,φ(x)=a,x,

et établir que ce vecteur est a=k=1nφ(ek)ek.

2. (0,5 pt) On suppose φ0. Démontrer que kerφ={a}, puis que kerφ est un hyperplan de E.

Dans les questions 3. et 4., on munit E=R2[X] de l'application

P,Q=P(1)Q(1)+P(0)Q(0)+P(1)Q(1),

dont on admet qu'elle est un produit scalaire sur R2[X]. On pose

L1=X(X1)2,L0=1X2,L1=X(X+1)2.

3. (0,75 pt) Calculer les valeurs de L1, L0 et L1 en 1, 0 et 1, puis démontrer que L=(L1,L0,L1) est une base orthonormée de R2[X] pour ce produit scalaire.

4. (1 pt) On considère l'application φ:P11P(t)dt.

a. Justifier que φ est une forme linéaire sur R2[X], puis déterminer, à l'aide de la question 1., l'unique polynôme AR2[X] tel que φ(P)=A,P pour tout PR2[X].

b. En déduire que

PR2[X],11P(t)dt=13(P(1)+4P(0)+P(1)),

et vérifier cette formule sur P=X2. Reste-t-elle valable pour X3 ? Pour X4 ?

Exercice 3 (3,5 points) — Un produit scalaire qui mélange une valeur et une dérivée

On note E=C1([0,1],R) l'espace vectoriel des fonctions de classe C1 sur [0,1] à valeurs réelles, et l'on pose, pour f et g dans E,

ψ(f,g)=f(0)g(0)+01f(t)g(t)dt.

1. (0,75 pt) Démontrer que ψ est un produit scalaire sur E. On soignera particulièrement le caractère défini. Dans toute la suite, on note f,g=ψ(f,g) et f=ψ(f,f).

2. (0,5 pt) On note u la fonction constante égale à 1 et v:t1+t. Démontrer que, pour toute fE,

f,u=f(0)etf,v=f(1).

3. (0,75 pt) En déduire que

fE,f(1)22(f(0)2+01f(t)2dt),

puis déterminer toutes les fonctions f pour lesquelles cette inégalité est une égalité.

4. (0,75 pt) On note P=Vect(u,v) et

F={fE  ;  f(0)=f(1)=0}.

Démontrer que P est le sous-espace des fonctions affines sur [0,1], qu'il est de dimension 2, et que F=P.

5. (0,75 pt) Soit g:tt3. Déduire de la question 4., sans aucun calcul d'orthonormalisation, le projeté orthogonal de g sur P, puis la distance d(g,P). Interpréter le projeté obtenu.

Exercice 4 (3,5 points) — Changer de produit scalaire, c'est changer de géométrie

Dans R3, on note , le produit scalaire canonique, la norme associée, et l'on pose

a=(1,0,1),b=(0,1,1),c=(0,0,1),B=(a,b,c).

1. (0,5 pt) Montrer que B est une base de R3, puis déterminer les coordonnées d'un vecteur x=(x1,x2,x3) dans cette base.

2. (0,75 pt) Démontrer qu'il existe un unique produit scalaire sur R3, noté ,, pour lequel B est une base orthonormée, et établir que, pour x=(x1,x2,x3) et y=(y1,y2,y3),

x,y=x1y1+x2y2+(x3x1x2)(y3y1y2).

On note la norme associée.

3. (0,5 pt) Calculer w et w pour w=(1,2,3), puis déterminer l'ensemble de tous les vecteurs de R3 en lesquels les deux normes coïncident. Cet ensemble est-il un sous-espace vectoriel ?

4. (0,75 pt) Soit D=Vect(c). Déterminer l'orthogonal de D pour ,, puis pour le produit scalaire canonique. Que constate-t-on ?

5. (1 pt) Soit F=Vect(a,b) et soit x=(1,2,5). Calculer le projeté orthogonal de x sur F et la distance de x à F, d'abord pour ,, puis pour le produit scalaire canonique. Commenter.

Exercice 5 (8 points) — Problème : combien de vecteurs peut-on placer deux à deux à angle obtus ?

Dans tout le problème, E désigne un espace euclidien de dimension n1, muni du produit scalaire , et de la norme associée . On dit que deux vecteurs non nuls u et v de E forment un angle obtus lorsque u,v<0 ; la convention retenue ici inclut le cas de deux vecteurs de sens opposés.

La question à laquelle ce problème répond est la suivante : dans un espace de dimension n, combien de vecteurs peut-on placer de sorte que deux quelconques d'entre eux forment un angle obtus ? La réponse, établie en partie C, est n+1, et pas un de plus. Les parties A et B préparent ce résultat en étudiant d'abord le cas particulier où tous les produits scalaires sont égaux.

Partie A. Une famille de vecteurs unitaires à produits scalaires tous égaux.

Dans toute cette partie, p désigne un entier supérieur ou égal à 2 et (u1,,up) une famille de vecteurs de E unitaires et deux à deux distincts, pour laquelle il existe un réel c tel que

(i,j){1,,p}2,ij    ui,uj=c.

1. (0,5 pt) Calculer i=1pui2 en fonction de p et de c, puis en déduire que

c1p1.

2. (0,5 pt) Démontrer que c1, puis que l'hypothèse « les ui sont deux à deux distincts » entraîne c<1.

3. (1 pt) On suppose dans cette question que c>1p1. Démontrer que la famille (u1,,up) est libre. On pourra partir d'une relation i=1pλiui=0E, en prendre le produit scalaire avec uj, puis sommer les p relations obtenues. En déduire que pn.

4. (0,75 pt) On suppose dans cette question que c=1p1. Démontrer que i=1pui=0E, puis que la sous-famille (u1,,up1) est libre. En déduire que pn+1.

5. (0,25 pt) Conclure : une telle famille vérifie toujours pn+1, et si p=n+1 alors nécessairement c=1n.

Partie B. Cette borne est atteinte.

On munit Rn+1 de son produit scalaire canonique, on note (ε1,,εn+1) sa base canonique et l'on pose

U=(1,1,,1)=i=1n+1εi,H=U,wi=εi1n+1Upour 1in+1.

6. (0,75 pt) Justifier que H est un espace euclidien de dimension n. Montrer que wi est le projeté orthogonal de εi sur H, puis calculer wi2 et wi,wj pour ij.

7. (0,5 pt) En déduire l'existence, dans un espace euclidien de dimension n, d'une famille de n+1 vecteurs unitaires deux à deux distincts dont tous les produits scalaires deux à deux valent 1n. Que peut-on dire de la borne obtenue en partie A ?

8. (0,75 pt) On prend n=3. Vérifier que les quatre vecteurs de R3

t1=(1,1,1),t2=(1,1,1),t3=(1,1,1),t4=(1,1,1)

ont même norme, que leurs produits scalaires deux à deux sont tous égaux, et que la famille normalisée correspondante réalise le cas p=n+1 de la partie A. Calculer enfin t1+t2+t3+t4 et interpréter.

Partie C. Le cas général : les familles obtusangles.

On appelle famille obtusangle de E toute famille (u1,,up) de vecteurs non nuls de E telle que

(i,j){1,,p}2,ij    ui,uj<0.

Les produits scalaires ne sont plus supposés égaux entre eux, ni les vecteurs unitaires.

9. (0,5 pt) Traiter le cas n=1 : démontrer qu'une famille obtusangle d'une droite vectorielle euclidienne compte au plus 2 vecteurs.

10. On suppose ici n2, et l'on se donne une famille obtusangle (u1,,up) de E avec p3. On pose K={up} et, pour 1ip1,

vi=pK(ui).

a. (0,5 pt) Écrire vi en fonction de ui, de up et de ui,up, et justifier que vi0E.

b. (0,75 pt) Démontrer que, pour ij dans {1,,p1},

vi,vj=ui,ujui,upuj,upup2,

puis que (v1,,vp1) est une famille obtusangle de K.

11. (0,75 pt) Démontrer par récurrence sur n1 que toute famille obtusangle d'un espace euclidien de dimension n compte au plus n+1 vecteurs.

12. (0,5 pt) Démontrer que cette borne est optimale, en exhibant pour chaque n une famille obtusangle de n+1 vecteurs. Énoncer enfin, en une phrase, ce que le résultat signifie dans le plan puis dans l'espace.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.