PC · Chapitre 07

Exercices — Calcul différentiel

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Dériver une fonction à valeurs dans l'espace

Dérivabilité des fonctions vectorielles, dérivée par coordonnées, interprétation cinématique

On considère les trois fonctions suivantes, définies sur R et à valeurs vectorielles.

a. f(t)=(t21, 2t, t3)R3

b. g(t)=(etcost, etsint)R2

c. h(t)=(cost, sint, t)R3

1. Justifier que f, g et h sont de classe C sur R.

2. Calculer f(t), g(t) et h(t), puis f(t), g(t) et h(t).

3. Calculer g(t) et h(t) pour tout tR, en simplifiant au maximum. Interpréter cinématiquement le résultat obtenu pour h.

4. Écrire le développement limité d'ordre 1 de f en t=1, puis celui de h en t=π2.

Exercice 2 ★★★Premiers calculs de dérivées partielles

Dérivée selon un vecteur, dérivées partielles d'ordre 1, fonctions de classe C1

1. Pour chacune des fonctions suivantes : préciser l'ouvert Ω sur lequel elle est définie, justifier en une phrase qu'elle est de classe C1 sur Ω, puis calculer ses dérivées partielles d'ordre 1 en tout point de Ω.

a. f(x,y)=x3y2xy2+5y

b. g(x,y)=xyx+y

c. u(x,y)=xexy

d. v(x,y)=ln(x2+y2)

e. w(x,y)=4x2y2

f. m(x,y)=xy

g. n(x,y,z)=x2y+y2z+z2x

2. Calculer gx(1,0) et my(e,2).

Exercice 3 ★★★★Dérivée selon un vecteur

Dérivée selon un vecteur, dérivées partielles d'ordre 1, fonctions de classe C1

On rappelle que, pour une fonction f définie sur un ouvert Ω de Rp, un point aΩ et un vecteur vRp, la dérivée de f en a selon le vecteur v est

Dvf(a)=limt0f(a+tv)f(a)t

lorsque cette limite existe.

Dans les questions 1, 2 et 4, on pose f(x,y)=x2+3xyy2, a=(1,2) et v=(2,1).

1. Calculer f(a+tv) pour tout tR, puis en déduire Dvf(a) en revenant à la définition.

2. Calculer fx(a) et fy(a), puis retrouver Dvf(a) à l'aide de la formule

Dvf(a)=i=1pvifxi(a),

valable parce que f est de classe C1.

3. Calculer de la même façon, par la formule directe :

a. Dsg(b), où g(x,y)=exy, b=(1,0) et s=(3,4)

b. Dwh(c), où h(x,y,z)=xy+yz+zx, c=(1,2,3) et w=(1,1,2)

4. Déterminer tous les vecteurs unitaires u de R2 tels que Duf(a)=0.

Exercice 4 ★★★★Gradient et direction de plus forte pente

Gradient, lien avec la différentielle et le produit scalaire, direction de plus forte pente

1. Calculer le gradient de chacune des fonctions suivantes en un point quelconque, puis au point indiqué.

a. f(x,y)=x2+xy+y2, au point a=(1,1)

b. g(x,y)=excosy, au point b=(0,π3)

c. h(x,y,z)=xyz, au point c=(1,2,3)

2. Soit φ une fonction de classe C1 sur un ouvert Ω de Rp et αΩ tel que φ(α)0. À l'aide de l'inégalité de Cauchy-Schwarz et de son cas d'égalité, montrer que

maxu=1Duφ(α)=φ(α),

et préciser l'unique vecteur unitaire qui réalise ce maximum.

3. Appliquer la question précédente à f au point a, puis à h au point c.

4. La température d'une plaque, en degrés Celsius, est donnée en tout point (x,y) par T(x,y)=20+x2+xy, où x et y sont exprimés en mètres. On se place au point M0=(3,2). Dans quelle direction faut-il partir pour que la température croisse le plus vite possible, et de combien augmente-t-elle alors par mètre parcouru ?

Exercice 5 ★★★Différentielle et développement limité d'ordre un

Développement limité d'ordre 1, différentielle df(a).h, continuité des fonctions de classe C1Gradient, lien avec la différentielle et le produit scalaire, direction de plus forte pente

On rappelle que si f est de classe C1 sur un ouvert Ω de R2 et aΩ, la différentielle de f en a est la forme linéaire

df(a):h=(h1,h2)fx(a)h1+fy(a)h2=f(a),h.

1. Expliciter df(a)h en fonction de h1 et h2 dans les deux cas suivants.

a. f(x,y)=x2y3 au point a=(1,2)

b. g(x,y)=x2+y2 au point b=(3,4)

2. Écrire, dans chacun des deux cas, le développement limité d'ordre 1 correspondant.

3. Le volume d'un cylindre de rayon r et de hauteur h est V(r,h)=πr2h. On part d'un cylindre de rayon r0=10 cm et de hauteur h0=20 cm ; le rayon augmente de 2 % et la hauteur diminue de 1,5 %.

a. Estimer la variation de volume à l'aide du développement limité d'ordre 1.

b. Calculer la variation exacte, comparer les deux valeurs et expliquer l'écart.

Exercice 6 ★★★Dériver le long d'un chemin

Règle de la chaîne, dérivation des fonctions composées, coordonnées polaires

On rappelle la règle de la chaîne : si f est de classe C1 sur un ouvert Ω de R2 et si x et y sont dérivables sur un intervalle I, avec (x(t),y(t))Ω pour tout tI, alors la fonction g:tf(x(t),y(t)) est dérivable sur I et

g(t)=fx(x(t),y(t))x(t)+fy(x(t),y(t))y(t).

1. On prend f(x,y)=x2y, x(t)=cost et y(t)=sint, pour tR.

a. Calculer g(t) par la règle de la chaîne.

b. Expliciter g(t), dériver directement, et vérifier que l'on retrouve le même résultat.

2. Mêmes questions avec f(x,y)=ln(1+x2+y2), x(t)=t et y(t)=t2.

3. On pose maintenant f(x,y,z)=xy1+z2 et γ(t)=(et, cost, t), puis g(t)=f(γ(t)). Calculer g(t) par la règle de la chaîne, étendue à trois variables, puis donner la valeur de g(0).

Exercice 7 ★★★Dérivées partielles d'ordre deux et matrice hessienne

Dérivées partielles d'ordre 2, fonctions de classe C2, théorème de Schwarz, matrice hessienne

On considère les trois fonctions suivantes, avec le point où l'on travaillera.

a. f(x,y)=x3+3xy22y3 sur R2, au point a=(1,1)

b. g(x,y)=exy sur R2, au point b=(1,0)

c. n(x,y,z)=x2y+y2z+z2x sur R3, au point c=(1,2,3)

1. Justifier que ces trois fonctions sont de classe C2 sur l'ouvert indiqué, puis calculer leurs dérivées partielles d'ordre 1.

2. Calculer toutes les dérivées partielles d'ordre 2 : quatre pour f, quatre pour g, neuf pour n.

3. Vérifier explicitement l'égalité des dérivées croisées, et énoncer le théorème qui la garantissait a priori.

4. Écrire les matrices hessiennes Hf(a), Hg(b) et Hn(c), puis calculer leur déterminant et leur trace.

Exercice 8 ★★★★Trouver les points critiques

Extremums locaux et globaux, points critiques, condition nécessaire d'ordre 1

On rappelle qu'un point critique d'une fonction φ de classe C1 sur un ouvert Ω de R2 est un point aΩ en lequel φ(a)=0, c'est-à-dire un point où les deux dérivées partielles d'ordre 1 s'annulent simultanément.

Déterminer tous les points critiques des fonctions suivantes, toutes définies et de classe C1 sur R2. On ne demande pas d'étudier la nature de ces points.

a. f(x,y)=excosy

b. g(x,y)=x2+xy+y23x3y

c. h(x,y)=x33x+y2

d. k(x,y)=(x+y2)2

e. l(x,y)=x2y+xy23xy

Exercice 9 ★★★★Nature des points critiques par la hessienne

Extremums locaux et globaux, points critiques, condition nécessaire d'ordre 1Condition suffisante d'ordre 2, matrice hessienne, explicitation pour p = 2 (trace et déterminant)

On considère les quatre fonctions ci-dessous, de classe C2 sur l'ouvert Ω indiqué.

a. f(x,y)=x2+xy+y23x3y sur Ω=R2

b. g(x,y)=4x+5yx2xyy2 sur Ω=R2

c. h(x,y)=x33x+y2 sur Ω=R2

d. k(x,y)=xy+1x+1y sur Ω=]0,+[×]0,+[

1. Déterminer les points critiques de chacune de ces quatre fonctions.

2. En chacun de ces points, écrire la matrice hessienne et conclure quant à la nature du point critique à l'aide du critère pour p=2 : signe de detH, puis de trH.

3. Les extremums locaux obtenus en a et en c sont-ils globaux ?

Exercice 10 ★★★★Dérivée d'un produit scalaire et d'une norme

Opérations : dérivée de L(f), de B(f, g), d'une application p-linéaire, composition, classe Ck

Dans tout l'exercice, I est un intervalle de R et Rn est muni de son produit scalaire canonique , et de la norme associée . Les fonctions f et g vont de I dans Rn.

1. Soient f et g dérivables sur I. En écrivant le produit scalaire à l'aide des coordonnées dans la base canonique, montrer que φ:tf(t),g(t) est dérivable sur I, de dérivée

φ(t)=f(t),g(t)+f(t),g(t)

De quel résultat général du cours cette formule est-elle un cas particulier ?

2. En déduire la dérivée de tf(t)2.

3. On suppose de plus que f ne s'annule pas sur I. Montrer que N:tf(t) est dérivable sur I et calculer N(t). Que se passe-t-il si l'on retire cette hypothèse ?

4. Applications numériques, avec n=3, I=R et

f(t)=(cost,sint,t),g(t)=(t,1,et)

a. Calculer la dérivée de φ=f,g par la formule de la question 1, puis en explicitant φ(t) et en dérivant directement. Comparer.

b. Vérifier que f ne s'annule pas, expliciter N(t)=f(t), puis calculer N(t) par la formule de la question 3 et par dérivation directe.

Exercice 11 ★★★★Une trajectoire sur une sphère

Dérivabilité des fonctions vectorielles, dérivée par coordonnées, interprétation cinématiqueOpérations : dérivée de L(f), de B(f, g), d'une application p-linéaire, composition, classe Ck

L'espace R3 est muni de son produit scalaire canonique , et de la norme associée. Un point matériel M se déplace dans l'espace : à l'instant t d'un intervalle I, sa position est repérée par le vecteur r(t)R3, et l'on suppose la fonction r dérivable sur I. Le vecteur vitesse est r(t).

On utilisera librement le résultat du cours suivant : si u et v sont dérivables sur I à valeurs dans R3, alors tu(t),v(t) est dérivable, de dérivée u,v+u,v.

1. Montrer que tr(t) est constante sur I si et seulement si r(t),r(t)=0 pour tout tI. On traitera soigneusement les deux implications.

2. Interpréter cinématiquement ce résultat.

3. Soient R>0 et α]0,π[ fixés. On prend I=R et

r(t)=R(costsinα,  sintsinα,  cosα)

Vérifier que le mouvement a lieu sur la sphère de centre l'origine et de rayon R, contrôler la propriété de la question 1 par le calcul, puis déterminer le vecteur vitesse et son module.

4. Soit a un vecteur fixe de R3. Que peut-on dire du mouvement lorsque tr(t)a est constante ?

5. Soit u un vecteur fixe non nul. On suppose que r(t),u=0 pour tout tI. Montrer que le mouvement reste dans un plan.

Exercice 12 ★★★Dérivée du produit vectoriel et loi des aires

Opérations : dérivée de L(f), de B(f, g), d'une application p-linéaire, composition, classe Ck

L'espace R3 est muni de son produit scalaire canonique ,. On note l'application R3×R3R3 du produit vectoriel ; on admet qu'elle est bilinéaire et antisymétrique, c'est-à-dire que uv=vu, et l'on n'utilisera que ces deux propriétés.

Un point matériel a pour vecteur position r(t) à l'instant t, où r est une fonction de classe C2 sur un intervalle I à valeurs dans R3 ; r(t) est sa vitesse et r(t) son accélération. On pose

σ(t)=r(t)r(t)

1. Montrer que ww=0 pour tout wR3. En déduire que σ est dérivable sur I, de dérivée σ(t)=r(t)r(t).

2. On dit que le mouvement est à force centrale lorsqu'il existe une fonction λ:IR telle que r(t)=λ(t)r(t) pour tout tI, c'est-à-dire lorsque l'accélération est à chaque instant colinéaire au vecteur position. Montrer que σ est alors un vecteur constant.

3. Soient e1 et e2 deux vecteurs fixes de R3, w=e1e2, et ρ:IR une fonction de classe C2. On considère le mouvement défini par

r(t)=ρ(t)(coste1+sinte2)

Calculer σ(t) en fonction de ρ(t) et de w. Vérifier ensuite, dans le cas où ρ est la fonction constante égale à 1, que le mouvement est à force centrale, et contrôler la conclusion de la question 2.

4. Montrer que ψ:tr(t)r(t),r(t) est dérivable sur I et exprimer ψ(t). Que devient cette expression pour un mouvement à force centrale ?

Exercice 13 ★★★Dérivée d'un déterminant

Opérations : dérivée de L(f), de B(f, g), d'une application p-linéaire, composition, classe Ck

Pour C1,,Cn dans Rn, on note det(C1,,Cn) le déterminant de la matrice de Mn(R) dont les colonnes sont C1,,Cn. Dans tout l'exercice, I est un intervalle de R.

1. L'application det est n-linéaire par rapport aux colonnes. En déduire, en citant le résultat du cours sur la dérivée de M(f1,,fp) pour M p-linéaire (démonstration non exigible), que si C1,,Cn:IRn sont dérivables, alors D:tdet(C1(t),,Cn(t)) est dérivable sur I, et écrire D(t).

2. On prend n=2, I=R et C1(t)=(costt), C2(t)=(et1). Calculer D(t) par la formule de la question 1, puis en explicitant d'abord D(t) et en dérivant. Comparer.

3. On prend n=3, I=R et D(t)=det(t101t101t). Calculer D(t) par la formule de la question 1, puis vérifier le résultat en développant D(t).

4. Soit B=(bij)Mn(R). On pose φ(t)=det(In+tB) pour tR.

a. Pour n=2, expliciter φ(t) et en déduire φ(0).

b. Pour n=3, montrer que dans le développement du déterminant, un seul des six produits n'est pas divisible par t2, et en déduire φ(0).

c. Cas général : montrer, à l'aide de la formule de la question 1, que φ est dérivable et que φ(0)=tr(B).

5. Application numérique : expliciter φ pour B=(1234) et vérifier. Donner ensuite φ(0) pour B=(210013104).

Exercice 14 ★★★★Continuité, dérivées partielles et classe C1

Dérivée selon un vecteur, dérivées partielles d'ordre 1, fonctions de classe C1Développement limité d'ordre 1, différentielle df(a).h, continuité des fonctions de classe C1

Partie A

On définit f:R2R par f(0,0)=0 et, pour (x,y)(0,0),

f(x,y)=xyx2+y2

1. Montrer que f est de classe C1 sur l'ouvert Ω=R2{(0,0)} et y calculer ses dérivées partielles d'ordre 1.

2. Montrer que f admet en (0,0) deux dérivées partielles d'ordre 1, et les calculer par le taux d'accroissement.

3. Montrer que f n'est pourtant pas continue en (0,0), en étudiant f le long de la droite d'équation y=x.

4. Qu'en conclure sur la classe de f en (0,0), et sur la portée de l'existence des dérivées partielles ?

Partie B

On définit g:R2R par g(0,0)=0 et, pour (x,y)(0,0),

g(x,y)=x3x2+y2

1. Montrer que g est continue en (0,0).

2. Calculer les dérivées partielles de g en (0,0).

3. Montrer que g n'admet pas de développement limité d'ordre 1 en (0,0). En déduire que g n'est de classe C1 sur aucun ouvert contenant l'origine.

4. Récapituler la hiérarchie des trois propriétés (existence des dérivées partielles, continuité, classe C1) et les implications valides.

Exercice 15 ★★★Limites en l'origine par passage en polaires

Dérivée selon un vecteur, dérivées partielles d'ordre 1, fonctions de classe C1Règle de la chaîne, dérivation des fonctions composées, coordonnées polaires

Toutes les fonctions de cet exercice sont définies sur R2{(0,0)} et l'on cherche si elles admettent une limite en (0,0).

La méthode. Tout point (x,y)(0,0) s'écrit x=rcosθ et y=rsinθ avec r=(x,y)>0 et θR, et (x,y)(0,0) équivaut à r0+. Pour conclure que la limite vaut , il faut obtenir une majoration de la forme f(rcosθ,rsinθ)ε(r), où ε(r)0 et où le majorant est indépendant de θ.

1. Étudier l'existence d'une limite en (0,0) pour les trois fonctions suivantes.

a. u(x,y)=x2yx2+y2

b. v(x,y)=x3+y3x2+y2

c. w(x,y)=x2y2x2+y2

2. On pose maintenant φ(x,y)=x2yx4+y2.

a. Montrer que la restriction de φ à toute droite passant par l'origine, privée de l'origine, tend vers 0 en (0,0). On traitera séparément la droite d'équation x=0 et les droites d'équation y=mx, mR.

b. Calculer φ(x,x2) pour x0. Qu'en conclure quant à l'existence d'une limite de φ en (0,0) ?

c. Écrire φ en coordonnées polaires. Que vaut la limite quand r0+, à θ fixé ? Pourquoi cela ne permet-il pas de conclure ?

3. Énoncer la conclusion méthodologique sur le passage en polaires.

Exercice 16 ★★★★Dérivées partielles en coordonnées polaires

Règle de la chaîne, dérivation des fonctions composées, coordonnées polaires

Soit f une fonction de classe C1 sur R2. On pose, pour tout (r,θ)R2,

g(r,θ)=f(rcosθ,rsinθ).

1. Justifier que g est de classe C1 sur R2, puis exprimer gr(r,θ) et gθ(r,θ) à l'aide des dérivées partielles de f évaluées au point (rcosθ,rsinθ).

2. Soit r>0. Inverser le système obtenu à la question précédente : exprimer fx(rcosθ,rsinθ) et fy(rcosθ,rsinθ) en fonction de gr(r,θ), gθ(r,θ), r et θ.

3. Application. On cherche toutes les fonctions f de classe C1 sur l'ouvert R2{(0,0)} vérifiant

xfx(x,y)+yfy(x,y)=0pour tout (x,y)(0,0).

On conserve la notation g(r,θ)=f(rcosθ,rsinθ), définie cette fois sur ]0,+[×R.

a. Montrer que la relation demandée équivaut à gr=0 sur ]0,+[×R.

b. En travaillant à θ fixé sur l'intervalle ]0,+[, en déduire la forme de f, puis vérifier la réciproque.

4. Vérifier le résultat sur l'exemple f(x,y)=Arctan(yx), définie sur le demi-plan ouvert {(x,y)R2  ;  x>0}.

Exercice 17 ★★★Fonctions constantes sur un ouvert convexe

Caractérisation des fonctions constantes sur un ouvert convexeRègle de la chaîne, dérivation des fonctions composées, coordonnées polaires

1. Soit Ω un ouvert convexe de Rp et f une fonction de classe C1 sur Ω telle que f(u)=0 pour tout uΩ. Montrer que f est constante sur Ω. On pourra fixer a et b dans Ω et introduire φ(t)=f(a+t(ba)) pour t[0,1].

2. Soit Ω la réunion de deux boules ouvertes disjointes de R2. Construire sur Ω une fonction de classe C1, de gradient nul en tout point, et non constante. Que conclure quant à l'hypothèse faite sur Ω à la question 1 ?

3. Déterminer toutes les fonctions f de classe C1 sur R2 telles que

fx(x,y)=2x+yetfy(x,y)=x3y2.

4. Montrer qu'il n'existe en revanche aucune fonction f de classe C2 sur R2 telle que fx(x,y)=y2 et fy(x,y)=x.

Exercice 18 ★★★Le théorème de Schwarz et son contre-exemple

Dérivées partielles d'ordre 2, fonctions de classe C2, théorème de Schwarz, matrice hessienne

Dans tout l'exercice, on note 2fyx=y(fx) et 2fxy=x(fy).

1. Calculer les deux dérivées croisées des fonctions suivantes et vérifier qu'elles coïncident. Quel théorème permettait de le prévoir ?

a. u(x,y)=x2y3+exy sur R2

b. v(x,y)=ln(1+x2+y2) sur R2

2. On pose f(0,0)=0 et, pour (x,y)(0,0),

f(x,y)=xy(x2y2)x2+y2.

a. Justifier que f est de classe C1 sur R2{(0,0)} et y calculer fx(x,y) et fy(x,y).

b. En déduire fx(0,y) pour y0, puis fy(x,0) pour x0.

c. Montrer que fx(0,0)=fy(0,0)=0.

d. En déduire 2fyx(0,0)=1 et 2fxy(0,0)=1.

e. Conclure sur la classe de f en (0,0). Y a-t-il contradiction avec le théorème de Schwarz ?

3. Que retenir de tout cela en pratique ?

Exercice 19 ★★★Développement de Taylor-Young à l'ordre deux

Formule de Taylor-Young à l'ordre 2

On rappelle la formule de Taylor-Young à l'ordre 2 pour une fonction de classe C2 sur un ouvert de R2 contenant a, écrite avec h=(h1,h2) :

f(a+h)=f(a)+f(a),h+12t ⁣hHf(a)h+o(h2).

1. Écrire le développement limité à l'ordre 2 en (0,0) des fonctions suivantes, en calculant leur gradient et leur matrice hessienne en (0,0).

a. f1(x,y)=ex+2y

b. f2(x,y)=ln(1+x+y2)

c. f3(x,y)=1+x2+y

2. Retrouver les développements de a et b en composant des développements limités d'une seule variable, et constater l'accord.

3. Soit f(x,y)=xy, définie sur le demi-plan ouvert {(x,y)R2  ;  y>0}. En posant x=1+h et y=1+k, écrire le développement limité à l'ordre 2 de f au point (1,1).

4. Soit F(x,y)=cos(x)cos(y). Écrire son développement à l'ordre 2 en (0,0), vérifier que (0,0) est un point critique de F, et dire ce que ce développement apprend sur la nature de ce point.

Exercice 20 ★★★★Extremums d'une fonction polynomiale

Extremums locaux et globaux, points critiques, condition nécessaire d'ordre 1Condition suffisante d'ordre 2, matrice hessienne, explicitation pour p = 2 (trace et déterminant)

On considère la fonction f définie sur R2 par f(x,y)=x3+y33xy.

1. Justifier que f est de classe C sur R2 et déterminer ses points critiques.

2. Calculer la matrice hessienne Hf(x,y) en un point quelconque, puis en chacun des points critiques.

3. Déterminer la nature de chacun de ces points critiques.

4. Montrer que f n'admet ni maximum global ni minimum global sur R2.

5. Retrouver, sans utiliser la matrice hessienne, que (0,0) n'est pas un extremum local : on étudiera f le long des droites d'équations y=x et y=x au voisinage de l'origine.

6. La valeur f(1,1) est-elle le minimum de f sur le quart de plan fermé Q={(x,y)R2  ;  x0 et y0} ?

Exercice 21 ★★★★Un maximum sur un disque fermé

Recherche d'extremums globaux sur une partie de Rp

On note D={(x,y)R2  ;  x2+y21} le disque unité fermé, U={(x,y)R2  ;  x2+y2<1} le disque ouvert associé, et on considère

f(x,y)=x2+y22x+2y.

1. Justifier que f admet un maximum global et un minimum global sur D.

2. Déterminer les points critiques de f appartenant à U.

3. Étude sur le bord. En paramétrant le cercle unité par x=cosθ et y=sinθ avec θ[0,2π], étudier les variations de la fonction φ(θ)=f(cosθ,sinθ) et déterminer ses extremums.

4. Conclure : préciser le maximum global et le minimum global de f sur D, leurs valeurs exactes et les points où ils sont atteints.

5. Expliquer pourquoi la recherche des seuls points critiques ne suffit pas lorsque le domaine d'étude est fermé.

Exercice 22 ★★★Le laplacien en coordonnées polaires

Règle de la chaîne, dérivation des fonctions composées, coordonnées polairesDérivées partielles d'ordre 2, fonctions de classe C2, théorème de Schwarz, matrice hessienne

Soit f une fonction de classe C2 sur l'ouvert Ω=R2{(0,0)}. On appelle laplacien de f la fonction

Δf=2fx2+2fy2

On passe en coordonnées polaires en posant, pour r>0 et θR,

g(r,θ)=f(rcosθ,rsinθ)

1. Justifier que g est de classe C2, puis exprimer gr et gθ à l'aide des dérivées partielles de f.

2. Calculer 2gr2 et 2gθ2.

3. En déduire l'expression du laplacien en coordonnées polaires

Δf(rcosθ,rsinθ)=2gr2(r,θ)+1rgr(r,θ)+1r22gθ2(r,θ)

puis contrôler cette formule par un calcul direct sur f(x,y)=x2y2, puis sur f(x,y)=x2+y2.

4. Une fonction est dite harmonique lorsque Δf=0. Déterminer toutes les fonctions harmoniques sur Ω de la forme f(x,y)=φ(x2+y2), où φ est de classe C2 sur ]0,+[.

5. Interpréter physiquement ce résultat en deux phrases.

Exercice 23 ★★★★L'équation des ondes et le changement de variables

Règle de la chaîne, dérivation des fonctions composées, coordonnées polairesDérivées partielles d'ordre 2, fonctions de classe C2, théorème de Schwarz, matrice hessienne

Soit c>0. Une fonction f de classe C2 sur R2, dont on note (x,t) les variables, vérifie l'équation des ondes de célérité c lorsque

2ft2=c22fx2sur R2

On effectue le changement de variables suggéré par l'énoncé en posant, pour (u,v)R2,

g(u,v)=f(u+v2,vu2c)

1. Vérifier que poser x=u+v2 et t=vu2c revient exactement à poser u=xct et v=x+ct, et que l'on a f(x,t)=g(xct,x+ct). Justifier que g est de classe C2 sur R2, puis exprimer gu et gv à l'aide des dérivées partielles de f.

2. Calculer 2guv et en déduire que f vérifie l'équation des ondes si et seulement si 2guv=0 sur R2.

3. En déduire que les solutions de classe C2 de l'équation des ondes sont exactement les fonctions de la forme f(x,t)=F(xct)+G(x+ct), avec F et G de classe C2 sur R.

4. Interpréter physiquement cette forme générale.

5. Vérifier directement que f(x,t)=sin(xct)+(x+ct)2 est solution.

Exercice 24 ★★★Fonctions homogènes et relation d'Euler

Règle de la chaîne, dérivation des fonctions composées, coordonnées polairesDérivée selon un vecteur, dérivées partielles d'ordre 1, fonctions de classe C1Gradient, lien avec la différentielle et le produit scalaire, direction de plus forte pente

Soit p{2,3} et Ω=Rp{0}. On remarquera que Ω est un ouvert stable par dilatation : si xΩ et t>0, alors txΩ.

Soit nN. Une fonction f de classe C1 sur Ω est dite homogène de degré n lorsque

xΩ, t>0,f(tx)=tnf(x)

1. Vérifier l'homogénéité des trois fonctions suivantes, définies sur R2{(0,0)}, et donner leur degré :

a. f1(x,y)=x4+y4x2+y2

b. f2(x,y)=x2+y2

c. f3(x,y)=x3+y3x2+y2

2. Relation d'Euler, sens direct. Montrer que si f est homogène de degré n, alors

xΩ,f(x),x=i=1pxifxi(x)=nf(x)

3. Réciproque. Montrer que si f est de classe C1 sur Ω et vérifie f(x),x=nf(x) pour tout xΩ, alors f est homogène de degré n. On pourra étudier φ:ttnf(tx) à x fixé.

4. Montrer que les dérivées partielles d'une fonction homogène de degré n et de classe C1 sont homogènes de degré n1.

5. Vérifier explicitement les résultats des questions 2 et 4 sur la fonction f3, puis contrôler la relation d'Euler au point (1,2).

Exercice 25 ★★★Quand la hessienne ne tranche pas

Condition suffisante d'ordre 2, matrice hessienne, explicitation pour p = 2 (trace et déterminant)

Pour une fonction f de classe C2 sur un ouvert de R2 et un point critique a, la condition d'ordre 2 conclut lorsque Hf(a) est définie positive (minimum local strict) ou lorsqu'elle n'est pas positive (pas de minimum). Cet exercice explore le cas dégénéré detHf(a)=0, où le critère est muet.

1. Pour chacune des quatre fonctions suivantes, définies sur R2 :

a. f1(x,y)=x4+y4

b. f2(x,y)=x4y4

c. f3(x,y)=x2+y4

d. f4(x,y)=x2+y3

montrer que (0,0) est un point critique, calculer Hfi(0,0) et vérifier que son déterminant est nul, puis déterminer la nature du point (0,0) par l'étude directe du signe de fi(x,y)fi(0,0).

2. Soit f(x,y)=(yx2)(y2x2).

a. Montrer que (0,0) est un point critique de f et que Hf(0,0) est dégénérée.

b. Soit D une droite passant par l'origine. Montrer que la restriction de f à D admet en (0,0) un minimum local strict.

c. Calculer f(x,32x2) et en déduire que f n'admet pas d'extremum local en (0,0).

3. Dégager la morale méthodologique de l'exercice en trois phrases.

Exercice 26 ★★★Extremums sur un triangle plein

Recherche d'extremums globaux sur une partie de Rp

On considère le triangle plein

T={(x,y)R2  ;  x0, y0, x+y1}

et la fonction f définie sur R2 par f(x,y)=xy(1xy).

1. Justifier que T est une partie fermée, bornée et non vide de R2, et en déduire que f admet sur T un maximum global et un minimum global.

2. Déterminer les points critiques de f appartenant à U={(x,y)  ;  x>0, y>0, x+y<1}.

3. Étudier f sur les trois côtés du triangle.

4. Conclure : donner le maximum global et le minimum global de f sur T, et préciser où ils sont atteints.

5. Déterminer la nature du point critique trouvé à la question 2 à l'aide de la hessienne, et vérifier la cohérence avec la question 4.

6. En déduire le maximum de xyz lorsque x, y, z sont trois réels positifs de somme 1, puis retrouver l'inégalité arithmético-géométrique xyz3x+y+z3.

Exercice 27 ★★★La méthode des moindres carrés

Recherche d'extremums globaux sur une partie de RpExtremums locaux et globaux, points critiques, condition nécessaire d'ordre 1

On dispose de n points expérimentaux (xi,yi), pour 1in, avec n2 et les xi non tous égaux. On cherche la droite d'équation y=ax+b qui rend minimale la somme des carrés des écarts verticaux

S(a,b)=i=1n(axi+byi)2

On note xˉ=1ni=1nxi et yˉ=1ni=1nyi les deux moyennes.

1. Justifier que S est de classe C sur R2 et calculer Sa et Sb.

2. Montrer que S admet un unique point critique (a,b) et l'exprimer à l'aide de xˉ, yˉ, (xixˉ)2 et (xixˉ)(yiyˉ). On justifiera soigneusement que (xixˉ)2>0.

3. Calculer la hessienne de S et montrer qu'elle est définie positive en tout point.

4. Montrer que (a,b) réalise un minimum global strict de S sur R2.

5. Application. En spectrophotométrie, la loi de Beer-Lambert prévoit une absorbance A affine en la concentration c. Une droite d'étalonnage donne les mesures suivantes :

ci (en mmolL1) 0 1 2 3 4
Ai 0,12 0,27 0,45 0,63 0,84

Déterminer la droite des moindres carrés A=ac+b, puis vérifier les deux équations du point critique sur les écarts.

Exercice 28 ★★★Minimiser une forme quadratique

Condition suffisante d'ordre 2, matrice hessienne, explicitation pour p = 2 (trace et déterminant)Recherche d'extremums globaux sur une partie de Rp

Soit p{2,3}. On munit Rp de son produit scalaire canonique u,v=i=1puivi, en identifiant un vecteur à la colonne de ses coordonnées. Soient A=(aij)Sp++(R) une matrice symétrique définie positive et bRp. On pose

q(x)=12Ax,xb,x

1. Justifier que q est de classe C sur Rp et montrer, par un calcul en coordonnées, que q(x)=Axb. On précisera où intervient la symétrie de A.

2. Montrer que A est inversible et en déduire que q admet un unique point critique x=A1b.

3. Calculer Hq(x) et en déduire que q admet en x un minimum local strict.

4. Établir l'identité q(x)=q(x)+12A(xx),xx et en déduire que ce minimum est global et strict.

5. Exprimer la valeur de ce minimum en fonction de A et b.

6. Application. On prend p=2, A=(2112) et b=(4,5). Vérifier que AS2++(R), puis déterminer x et la valeur du minimum.

Exercice 29 ★★★Distance d'un point à un plan

Recherche d'extremums globaux sur une partie de RpGradient, lien avec la différentielle et le produit scalaire, direction de plus forte pente

Dans R3 muni de sa structure euclidienne canonique, on considère le plan P d'équation ax+by+cz=d, où (a,b,c)(0,0,0), et un point A=(x0,y0,z0). On veut calculer la distance de A à P, c'est-à-dire la plus petite des longueurs AM lorsque M décrit P, par le calcul différentiel. Quitte à permuter les rôles des trois coordonnées, on suppose dans tout l'exercice c0.

1. Paramétrer P par deux variables, puis écrire le carré de la distance AM comme une fonction F de ces deux variables. Expliquer pourquoi minimiser F revient à minimiser la distance.

2. Déterminer le point critique de F.

3. Calculer la matrice hessienne de F et vérifier qu'elle appartient à S2++(R). Montrer ensuite, par un calcul exact, que le minimum local obtenu est en réalité un minimum global strict.

4. En déduire que d(A,P)=ax0+by0+cz0da2+b2+c2.

5. Retrouver ce résultat par la projection orthogonale, puis traiter l'exemple P:2xy+2z=3 et A=(1,2,3).

Exercice 30 ★★★★Dérivée de l'inverse d'une matrice

Opérations : dérivée de L(f), de B(f, g), d'une application p-linéaire, composition, classe Ck

Soit I un intervalle de R et M:IMn(R) une fonction dérivable telle que M(t)GLn(R) pour tout tI. On identifie Mn(R) à Rn2 : une fonction à valeurs matricielles est dérivable si et seulement si chacun de ses n2 coefficients l'est.

1. Justifier que tdetM(t) est dérivable sur I et ne s'annule pas.

2. On rappelle la formule M(t)1=1detM(t)t ⁣(comM(t)). En déduire que tM(t)1 est dérivable sur I.

3. En dérivant la relation M(t)M(t)1=In, établir que pour tout tI,

(M1)(t)=M(t)1M(t)M(t)1

4. Application. Soit M(t)=(1tt1) pour t]1,1[. Calculer M(t)1, dériver directement chacun de ses coefficients, puis retrouver le résultat par la formule de la question 3.

5. Pourquoi n'écrit-on pas (M1)=MM2 ? On donnera un contre-exemple explicite.

Exercice 31 ★★★★Résoudre une relation aux dérivées partielles

Règle de la chaîne, dérivation des fonctions composées, coordonnées polairesCaractérisation des fonctions constantes sur un ouvert convexe

Dans les deux premières parties, le changement de variables est fourni par l'énoncé : il n'y a qu'à appliquer la règle de la chaîne, puis à intégrer une relation du type « dérivée nulle ».

Partie A

Déterminer toutes les fonctions f de classe C1 sur R2 vérifiant

2fx(x,y)3fy(x,y)=0pour tout (x,y)R2

On posera u=3x+2y et v=y, puis g(u,v)=f(u2v3,v).

1. Vérifier la cohérence de ce changement de variables et justifier que g est de classe C1 sur R2.

2. Calculer gv et montrer que l'équation équivaut à gv=0 sur R2.

3. Conclure que les solutions sont exactement les f:(x,y)F(3x+2y), avec F de classe C1 sur R (on vérifiera la réciproque).

Partie B

Déterminer toutes les fonctions f de classe C2 sur R2 vérifiant

2fx2(x,y)2fy2(x,y)=0pour tout (x,y)R2

On posera u=x+y, v=xy et g(u,v)=f(u+v2,uv2).

4. Montrer que l'équation équivaut à 2guv=0 sur R2.

5. En déduire que les solutions sont exactement les f:(x,y)F(x+y)+G(xy), avec F et G de classe C2 sur R (on vérifiera la réciproque).

Partie C

6. Vérifier directement que f(x,y)=cos(x+y)+(xy)3 est solution de l'équation de la partie B.

Exercice 32 ★★★Une inégalité démontrée par optimisation

Recherche d'extremums globaux sur une partie de RpCondition suffisante d'ordre 2, matrice hessienne, explicitation pour p = 2 (trace et déterminant)

On considère l'ouvert Ω=]0,+[2 de R2 et la fonction

f(x,y)=x2+y22lnx2lny

1. Justifier que f est de classe C2 sur Ω, calculer son gradient et déterminer son unique point critique.

2. Calculer la matrice hessienne de f en ce point et en déduire qu'il s'agit d'un minimum local strict.

3. Montrer que ce minimum est global sur Ω. On posera φ(x)=x22lnx pour x>0 et l'on étudiera φ.

4. En déduire que, pour tous réels x>0 et y>0,

x2+y22+2ln(xy)

avec égalité si et seulement si x=y=1.

5. Autre méthode sur un cas particulier. Déterminer le minimum global de g(x,y)=x2+y2 sur l'ensemble {(x,y)Ω  ;  xy=1}, en éliminant la contrainte par la substitution y=1x, et vérifier la cohérence avec la question 4.

Exercice 33 ★★★★Dimensionner une cuve

Recherche d'extremums globaux sur une partie de RpExtremums locaux et globaux, points critiques, condition nécessaire d'ordre 1

Un atelier de chimie doit faire fabriquer une cuve parallélépipédique ouverte sur le dessus, de volume intérieur imposé V0=32m3. On note x et y les côtés de la base et z la hauteur, tous strictement positifs, exprimés en mètres. La cuve comporte donc un fond et quatre parois latérales, et la surface de tôle nécessaire est

S=xy+2xz+2yz

On cherche les dimensions qui minimisent cette surface.

1. Éliminer la contrainte xyz=V0 par substitution et écrire la fonction F de deux variables à minimiser sur l'ouvert Ω=]0,+[2.

2. Déterminer les points critiques de F.

3. Préciser la nature de chaque point critique à l'aide de la matrice hessienne.

4. Démontrer que F admet un minimum global sur Ω et qu'il est atteint en un unique point. On montrera que F dépasse la valeur trouvée en 2. en dehors d'un carré K=[α,β]2 bien choisi, puis on invoquera le théorème des bornes atteintes sur K.

5. Conclure : dimensions optimales, surface minimale, et relation remarquable entre la hauteur et le côté de la base.

Exercice 34 ★★★Extremums d'une fonction de trois variables

Condition suffisante d'ordre 2, matrice hessienne, explicitation pour p = 2 (trace et déterminant)Formule de Taylor-Young à l'ordre 2

On considère la fonction f définie sur R3 par

f(x,y,z)=x2+y2+z2+xy+yz3x4y3z

1. Justifier la régularité de f, calculer son gradient et résoudre le système f(x,y,z)=(0,0,0) par la méthode du pivot.

2. Écrire la matrice hessienne H de f et montrer qu'elle appartient à S3++(R), en réduisant la forme quadratique q(h)=t ⁣hHh en somme de carrés.

3. Conclure au minimum local strict, puis montrer que ce minimum est global.

4. Donner la valeur du minimum.

5. Que se passerait-il si l'on remplaçait xy par 3xy dans l'expression de f ?

Exercice 35 ★★★★Relations entre dérivées partielles en thermodynamique

Règle de la chaîne, dérivation des fonctions composées, coordonnées polairesDérivée selon un vecteur, dérivées partielles d'ordre 1, fonctions de classe C1

Les physiciens notent (PV)T la dérivée partielle de P par rapport à V, la variable T étant maintenue fixée. Cet exercice établit une relation classique entre trois dérivées partielles de ce type, et explique pourquoi son membre de droite vaut 1 et non +1.

Partie A : le gaz parfait

L'équation d'état PV=nRT (avec n et R constantes strictement positives) permet d'exprimer chacune des trois grandeurs en fonction des deux autres, pour P,V,T>0 :

P(V,T)=nRTV,V(P,T)=nRTP,T(P,V)=PVnR

1. Calculer PVT fixé), VTP fixé) et TPV fixé).

2. Montrer que le produit de ces trois dérivées partielles vaut 1.

3. Expliquer en deux phrases pourquoi une « simplification » de type fractions est trompeuse ici.

Partie B : cas général

Soit F une fonction de classe C1 sur un ouvert de R3 et un état (P,V,T) vérifiant F(P,V,T)=0. On admet qu'au voisinage de cet état on peut exprimer indifféremment P comme fonction de classe C1 de (V,T), V comme fonction de (P,T) et T comme fonction de (P,V), ces trois écritures décrivant la même relation. On suppose de plus que les trois dérivées partielles de F sont non nulles au point considéré.

4. En dérivant l'identité F(P(V,T),V,T)=0 par rapport à V à T fixé, exprimer PV à l'aide des dérivées partielles de F.

5. Procéder de même pour les deux autres et en déduire la relation générale

PVVTTP=1

6. Application au gaz de van der Waals, d'équation (P+aV2)(Vb)=nRT, avec a>0 et b>0 : vérifier la relation en prenant F(P,V,T)=(P+aV2)(Vb)nRT.

Exercice 36 ★★★★Étude complète d'une surface de réponse

Dérivée selon un vecteur, dérivées partielles d'ordre 1, fonctions de classe C1Formule de Taylor-Young à l'ordre 2Condition suffisante d'ordre 2, matrice hessienne, explicitation pour p = 2 (trace et déterminant)Recherche d'extremums globaux sur une partie de Rp

Un plan d'expériences modélise l'écart de rendement d'une réaction (en points, par rapport à un protocole de référence) par la fonction définie sur R2 par

f(x,y)=xye(x2+y2)/2

x est la température réduite et y la concentration réduite, deux variables centrées qui peuvent être négatives. Cette fonction est appelée surface de réponse du plan d'expériences.

1. Justifier la régularité de f et calculer son gradient.

2. Déterminer tous les points critiques de f.

3. Calculer la matrice hessienne et préciser la nature de chaque point critique.

4. Écrire le développement de Taylor-Young de f à l'ordre 2 au point (1,1) et interpréter le terme quadratique.

5. La fonction f admet-elle des extremums globaux sur R2 ? On pourra utiliser l'inégalité 2xyx2+y2.

6. Déterminer les extremums de f sur le domaine admissible K=[0,3]×[2,2] : existence, étude de l'intérieur, puis des quatre côtés du bord, et comparaison.

7. Conclure en une phrase pour le chimiste.

Bloqué sur « Calcul différentiel » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.