PC · Chapitre 07

Devoir surveillé — Calcul différentiel

Sujet type, 180 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 180 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (3 points) — Dériver les puissances d'une fonction matricielle

Consignes générales. Durée : 3 heures. Calculatrice interdite. Les exercices 1 à 4 sont indépendants entre eux et indépendants de l'exercice 5, qui est un problème en quatre parties enchaînées. La clarté et la rigueur de la rédaction entrent dans la notation : tout théorème invoqué doit être cité avec ses hypothèses, et toute hypothèse doit être vérifiée sur l'objet auquel on l'applique.

Dans tout l'exercice, n1 est un entier et I un intervalle de R. On identifie Mn(R) à Rn2 : une fonction à valeurs matricielles est dérivable sur I si et seulement si chacun de ses n2 coefficients l'est, et on la dérive coefficient par coefficient. Par convention, M0=In.

1. (0,5 pt) Soient M et N deux fonctions dérivables de I dans Mn(R). Justifier que tM(t)N(t) est dérivable sur I et que sa dérivée vaut M(t)N(t)+M(t)N(t). On précisera le résultat du cours utilisé et l'hypothèse qui le déclenche.

2. (0,5 pt) Soit M dérivable de I dans Mn(R). Expliciter (M2)(t) et (M3)(t), puis démontrer par récurrence que, pour tout entier k1,

(Mk)(t)=i=0k1M(t)iM(t)M(t)k1i.

3. (0,75 pt) Soit k1. En déduire que ttr(M(t)k) est dérivable sur I, de dérivée

ddttr ⁣(M(t)k)=ktr ⁣(M(t)k1M(t)).

On indiquera précisément où sert la propriété tr(AB)=tr(BA).

4. (0,75 pt) On prend n=2, I=R et M(t)=(0tt20).

a. Calculer M(t)2, puis tr(M(t)2) et sa dérivée. Vérifier la formule de la question 3. pour k=2.

b. Comparer (M2)(t) et 2M(t)M(t). Commenter.

5. (0,5 pt) Soient A et B dans Mn(R) et k1. Déduire de la question 3. la valeur de la dérivée en 0 de ttr ⁣((A+tB)k). Appliquer à A=(1203), B=(0110) et k=3.

Exercice 2 (3,5 points) — Lignes de niveau et lignes de gradient

Dans tout l'exercice, R2 est muni de son produit scalaire canonique , et de la norme associée, Ω est un ouvert de R2 et f une fonction de classe C1 sur Ω. Pour cR, la ligne de niveau c de f est l'ensemble Lc={mΩ  ;  f(m)=c}.

Partie A — le gradient est orthogonal aux lignes de niveau.

1. (0,5 pt) Soient cR, J un intervalle de R et γ=(γ1,γ2):JΩ une fonction dérivable telle que γ(t)Lc pour tout tJ. Montrer que

tJ,f(γ(t)), γ(t)=0.

Interpréter géométriquement.

2. (0,75 pt) On prend Ω=R2 et f(x,y)=x2+4y2.

a. Vérifier que γ(t)=(5cost, 52sint) est à valeurs dans L5, puis contrôler la relation de la question 1. par le calcul.

b. Le point a=(1,1) appartient à L5. Donner une équation cartésienne de la tangente à L5 en a.

Partie B — les lignes de gradient. On appelle ligne de gradient de f toute fonction δ:JΩ de classe C1 sur un intervalle J vérifiant

tJ,δ(t)=f(δ(t)).

3. (0,5 pt) Soit δ une ligne de gradient de f. Montrer que ψ:tf(δ(t)) est dérivable sur J, avec ψ(t)=f(δ(t))2, et en déduire que ψ est croissante sur J.

4. (0,5 pt) Soient γ comme à la question 1. et δ une ligne de gradient. On suppose que γ(t0)=δ(s0) pour un certain couple (t0,s0). Montrer que γ(t0) et δ(s0) sont orthogonaux.

5. (0,75 pt) Soit δ une ligne de gradient définie sur J et soient a<b deux éléments de J tels que δ(a)=δ(b). Montrer que δ est constante sur [a,b]. Conclure en une phrase : que peut-on dire d'une ligne de gradient qui repasse par un point déjà visité ?

6. (0,5 pt) On reprend f(x,y)=x2+4y2 et l'on fixe (x0,y0)R2. Vérifier que δ(t)=(x0e2t, y0e8t) définit une ligne de gradient de f sur R. Déterminer la limite de δ en et commenter à l'aide de la question 3.

Exercice 3 (3,5 points) — Un unique point critique, et pourtant pas de minimum global

On considère la fonction f définie sur R2 par

f(x,y)=x2+y2(1+x)3.

1. (0,5 pt) Justifier que f est de classe C sur R2 et calculer f(x,y).

2. (0,75 pt) Montrer que f admet un unique point critique sur R2, que l'on précisera, et donner la valeur de f en ce point.

3. (0,5 pt) Écrire la matrice hessienne de f en ce point et en déduire la nature de ce point critique.

4. (0,5 pt) Montrer que f n'est pas minorée sur R2. Qu'en conclure quant à l'existence d'un minimum global ?

5. (0,5 pt) Montrer que la restriction de f au demi-plan fermé P={(x,y)R2  ;  x1} admet un minimum global, atteint en un unique point.

6. (0,75 pt) On veut montrer que la situation des questions 2. à 4. est impossible pour une fonction d'une seule variable. Soit φ:RR de classe C1, admettant un unique point critique c, en lequel elle présente un minimum local strict. Montrer que φ atteint en c son minimum global sur R. On pourra raisonner par l'absurde et considérer le maximum de φ sur un segment bien choisi. Conclure par une phrase de morale.

Exercice 4 (4 points) — Trois seuils pour une même famille de fonctions

Pour αR, on définit fα:R2R par fα(0,0)=0 et

fα(x,y)=(x2+y2)αsin ⁣(1x2+y2)pour (x,y)(0,0).

On note Ω=R2{(0,0)} et, pour (x,y)Ω, on pose r=x2+y2>0. On rappelle que pour s>0, sα désigne eαlns.

1. (0,5 pt) Soit g la fonction définie sur ]0,+[ par g(s)=sαsin(1/s). Justifier que g est de classe C et calculer g(s). En déduire que fα est de classe C sur Ω et que

fαx(x,y)=2xg ⁣(x2+y2)pour (x,y)Ω.

2. (0,75 pt) Montrer que fα est continue en (0,0) si et seulement si α>0.

3. (0,75 pt) Montrer que fα admet des dérivées partielles d'ordre 1 en (0,0) si et seulement si α>12, et qu'elles sont alors nulles.

4. (0,75 pt) Montrer que fα admet un développement limité d'ordre 1 en (0,0) si et seulement si α>12.

5. (1 pt) Montrer que fα est de classe C1 sur R2 si et seulement si α>32.

6. (0,25 pt) Récapituler les résultats dans un tableau et dire ce que la famille (fα) apprend sur la réciproque du théorème « de classe C1 en un point implique développement limité d'ordre 1 en ce point ».

Exercice 5 (6 points) — Problème : le principe du maximum

Dans tout le problème, R2 est muni de sa norme euclidienne et l'on note

D={(x,y)R2  ;  x2+y2<1},D={(x,y)  ;  x2+y21}, C={(x,y)R2  ;  x2+y2=1}.

Pour une fonction g de classe C2 sur un ouvert U de R2, on appelle laplacien de g la fonction

Δg=2gx2+2gy2,

continue sur U. On note enfin Ω un ouvert de R2 contenant D ; toutes les fonctions du problème sont définies sur Ω.

Le but est d'établir le résultat suivant, dit principe du maximum : si Δf0 sur D, alors f atteint son maximum sur D en un point du cercle C. La partie A prépare l'outil, la partie B traite un cas facile, la partie C en déduit le cas général par une perturbation, et la partie D récolte.

Partie A — ce que dit la dérivée seconde en un maximum intérieur. Dans cette partie, U est un ouvert de R2, g est de classe C2 sur U et a=(a1,a2) est un point de U en lequel g présente un maximum local.

1. (0,5 pt) Justifier qu'il existe η>0 tel que la fonction

u : sg(a1+s, a2)

soit définie et de classe C2 sur ]η,η[ et y présente un maximum local en 0. Exprimer u(0) et u(0) à l'aide des dérivées partielles de g en a.

2. (0,5 pt) Montrer que u(0)=0, puis, à l'aide de la formule de Taylor-Young à l'ordre 2 appliquée à u en 0, que u(0)0.

3. (0,5 pt) En déduire que Δg(a)0. Montrer sur l'exemple g0(x,y)=x22y2 que la réciproque est fausse.

Partie B — le cas strict. Dans cette partie, f est de classe C2 sur Ω et vérifie Δf(m)>0 pour tout mD.

4. (0,25 pt) Montrer que f ne présente de maximum local en aucun point de D.

5. (0,5 pt) Justifier que f atteint sur D un maximum global, en vérifiant soigneusement toutes les hypothèses du théorème utilisé.

6. (0,5 pt) En déduire que maxDf=maxCf.

Partie C — le cas général. Dans cette partie, f est de classe C2 sur Ω et vérifie seulement Δf(m)0 pour tout mD. Pour ε>0, on pose

fε(x,y)=f(x,y)+ε(x2+y2),(x,y)Ω.

7. (0,5 pt) Justifier que fε est de classe C2 sur Ω, calculer Δfε et montrer que la partie B s'applique à fε.

8. (0,5 pt) Montrer que maxDfε=maxCf+ε.

9. (0,5 pt) En déduire que maxDf=maxCf.

Partie D — fonctions harmoniques. Une fonction h de classe C2 sur Ω est dite harmonique lorsque Δh=0 en tout point de Ω.

10. (0,5 pt) Soit h harmonique sur Ω. Montrer que

maxDh=maxChetminDh=minCh.

11. (0,5 pt) Soient h1 et h2 deux fonctions harmoniques sur Ω qui coïncident en tout point de C. Montrer qu'elles coïncident en tout point de D.

12. (0,75 pt) On pose h(x,y)=x2y2+3x.

a. Vérifier que h est harmonique sur R2.

b. Déterminer le maximum et le minimum de h sur D, ainsi que les points où ils sont atteints, en étudiant θh(cosθ,sinθ) sur [0,2π].

c. Déterminer les points critiques de h sur R2 et vérifier la cohérence avec la question précédente.

Bloqué sur « Calcul différentiel » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.