MPSI · Chapitre 19 · Second semestre

Exercices — Procédés sommatoires discrets

32 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

32 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Sommes partielles, convergence et somme

Séries numériques : sommes partielles, convergence, somme et resteSéries géométriques et série exponentielle

1. Pour chacune des séries suivantes, calculer explicitement la somme partielle Sn, puis en déduire la nature de la série et, en cas de convergence, la valeur de sa somme.

a. n012n

b. n2(13)n

c. n11n(n+1)

d. n0(1)n

e. n1ln(1+1n)

f. n02n+3n5n

2. Pour la série a., donner l'expression du reste Rn et vérifier qu'il tend vers 0.

Exercice 2 ★★★Divergence grossière : ce que le terme général suffit à dire

Condition nécessaire de convergence et divergence grossièreSéries numériques : sommes partielles, convergence, somme et reste

1. Pour chacune des séries suivantes, étudier la limite du terme général, puis dire si cette seule étude permet de conclure quant à la nature de la série.

a. n0nn+1

b. n0(1)nn2n+1

c. n1(1+1n)n

d. n1n!nn

e. n1cos1n

f. n1lnnn

g. n1nsin1n

h. n1(n+1n)

2. Pour la série h., calculer la somme partielle Sn et conclure.

3. Expliquer en deux phrases pourquoi le fait que un tende vers 0 ne permet jamais de conclure à la convergence de un, en citant l'exemple de référence du cours.

Exercice 3 ★★★Lien suite-série et séries télescopiques

Lien suite-série et séries télescopiquesCalcul de la somme d'une série et estimation des restesSéries numériques : sommes partielles, convergence, somme et reste

1. Énoncer le théorème du lien suite-série.

2. Déterminer la nature et, le cas échéant, la somme des séries suivantes.

a. n1(1n1n+1)

b. n1lnn+1n

c. n0(Arctan(n+1)Arctann)

d. n1(1n+11n)

e. n0(n+1n+2nn+1)

Exercice 4 ★★★Nature d'une série à termes positifs par équivalent

Théorèmes de comparaison et d'équivalence pour les séries positivesSéries à termes positifs : majoration des sommes partielles

1. Déterminer la nature des séries suivantes.

a. n1n+1n3+2

b. n12n2+15n43

c. n1nn2+1

d. n1n+32n2+n

e. n1sin1n2

f. n1(1cos1n)

g. n11n2+n

h. n1(e1/n1)

2. Rappeler en une phrase pourquoi l'hypothèse « termes positifs » est indispensable dans le théorème d'équivalence, en s'appuyant sur le contre-exemple du cours.

Exercice 5 ★★★Séries de Riemann et comparaison directe

Comparaison série-intégrale, méthode des rectangles et séries de RiemannThéorèmes de comparaison et d'équivalence pour les séries positivesSéries à termes positifs : majoration des sommes partielles

1. Déterminer la nature des séries suivantes, en précisant à chaque fois le théorème utilisé.

a. n11n3/2

b. n11n0,99

c. n1lnnn2

d. n11n2+lnn

e. n12+sinnn2

f. n1n+1n2+3

g. n1n22n

h. n11n(n+1)

2. Énoncer précisément le théorème des séries de Riemann.

Exercice 6 ★★★Convergence absolue : premières séries à termes quelconques

Convergence absolue, domination et suites sommablesThéorèmes de comparaison et d'équivalence pour les séries positives

1. Pour chacune des séries suivantes, étudier la convergence absolue, puis conclure quant à la convergence lorsque c'est possible.

a. n1(1)nn2

b. n1cosnn3

c. n0sin(n2)2n

d. n1(1)nn

e. n0znn!, où zC est fixé

f. n1(1)nnn2+1

g. n1einθn2, où θR est fixé

h. n0(2)n3n

2. Pour les séries d. et f., indiquer quel outil du cours permettra de conclure, sans faire l'étude.

Exercice 7 ★★★Le théorème spécial des séries alternées en application directe

Théorème spécial des séries alternées : signe et majoration du reste

1. Pour chacune des séries suivantes, vérifier les trois hypothèses du théorème spécial des séries alternées, puis conclure.

a. n1(1)nn

b. n1(1)nn

c. n2(1)nlnn

d. n1(1)nnn2+1

e. n0(1)n2n

2. Que dire de la série n1(1)nnn+1 ?

3. Pour la série a., combien de termes faut-il sommer pour approcher la somme à 102 près ?

Exercice 8 ★★★★Premiers pas avec les familles sommables positives

Familles sommables de réels positifs : sommation par paquets, Fubini positif

1. Les familles suivantes, indexées par N2, sont-elles sommables ? Calculer leur somme.

a. (12i3j)(i,j)N2

b. (12i+j)(i,j)N2

c. (1i!j!)(i,j)N2

2. Montrer que la famille (1i+j)(i,j)(N)2 n'est pas sommable. On pourra la minorer par une seule de ses lignes.

3. Soit (un)nN une suite de réels positifs. Énoncer le lien entre la sommabilité de la famille (un)nN et la convergence de la série un, puis l'illustrer sur un=1n2 et sur un=1n.

Exercice 9 ★★★★Les sommes du type n x puissance n

Calcul de la somme d'une série et estimation des restesSéries géométriques et série exponentielleFamilles sommables de réels positifs : sommation par paquets, Fubini positif

1. Soit x]1,1[. Pour N1, on pose TN=n=1Nnxn. Calculer (1x)TN, en déduire une expression close de TN, puis montrer que la série nxn converge et que

n=1+nxn=x(1x)2.

2. En déduire la valeur de n=1+n2n.

3. Retrouver le résultat de 1. pour x]0,1[ par sommation par paquets. On écrira n=k=1n1 et l'on considérera la famille positive (xn)(k,n)I indexée par I={(k,n)N×Nkn}, sommée d'abord à k fixé.

4. Soit x]1,1[. Par la méthode de la question 1., calculer n=2+n(n1)xn, puis en déduire n=1+n2xn.

5. Application numérique : calculer n=1+n23n.

Exercice 10 ★★★★Sommes par décomposition en éléments simples

Calcul de la somme d'une série et estimation des restesLien suite-série et séries télescopiques

Justifier la convergence, puis calculer la somme de chacune des séries suivantes.

a. n11n(n+1)(n+2)

b. n21n21

c. n11n(n+2)

d. n12n+1n2(n+1)2

e. n2ln ⁣(11n2)

Exercice 11 ★★★Le grand tri : la nature de douze séries

Théorèmes de comparaison et d'équivalence pour les séries positivesConvergence absolue, domination et suites sommablesComparaison série-intégrale, méthode des rectangles et séries de RiemannSéries à termes positifs : majoration des sommes partielles

Déterminer la nature de chacune des séries suivantes. On précisera à chaque fois le théorème utilisé et l'on vérifiera ses hypothèses.

a. n1n2+1n3+n+1

b. n2lnnn3/2

c. n21n1+1/n

d. n1(nn+1)n2

e. n0(1)nn2+1

f. n1n!nn

g. n11nsin1n

h. n1(e1/n11n)

i. n1cosnnn

j. n21(lnn)lnn

k. n03nn!

l. n1(n3+13n)

Exercice 12 ★★★★Comparaison série-intégrale : encadrer une somme partielle

Comparaison série-intégrale, méthode des rectangles et séries de Riemann

1. Montrer que pour tout entier n1,

2n+12    k=1n1k    2n1,

puis en déduire que k=1n1kn+2n.

2. Encadrer ln(n!)=k=1nlnk par deux intégrales et en déduire que ln(n!)n+nlnn.

3. Montrer que k=2n1klnkn+ln(lnn), puis conclure sur la nature de la série n21nlnn.

4. Montrer que k=2nlnkkn+(lnn)22.

Exercice 13 ★★★★La série harmonique diverge : trois démonstrations

Séries à termes positifs : majoration des sommes partiellesComparaison série-intégrale, méthode des rectangles et séries de RiemannLien suite-série et séries télescopiques

Pour tout entier n1, on pose Hn=k=1n1k. On se propose d'établir de trois façons différentes que la série harmonique n11n diverge.

1. Démonstration d'Oresme. Montrer que pour tout n1, H2nHn12. En raisonnant par l'absurde, supposer que la suite (Hn) converge et utiliser la suite extraite (H2n) pour aboutir à une contradiction. Conclure.

2. Démonstration par télescopage. Montrer que ln(1+x)x pour tout x>1, en déduire que Hnln(n+1) pour tout n1, puis conclure.

3. Démonstration par comparaison série-intégrale. Établir que pour tout n1, ln(n+1)Hn1+lnn, puis en déduire Hnn+lnn.

4. Applications. Déterminer la nature des séries n012n+1 et n11n+n.

Exercice 14 ★★★★Équivalent du reste d'une série de Riemann

Comparaison série-intégrale, méthode des rectangles et séries de RiemannCalcul de la somme d'une série et estimation des restes

Soit α>1. Pour n1, on pose Rn=k=n+1+1kα.

1. Justifier l'existence de Rn.

2. Par comparaison série-intégrale, établir que pour tout n1,

1(α1)(n+1)α1    Rn    1(α1)nα1.

3. En déduire un équivalent de Rn quand n+.

4. Cas α=2. Donner l'équivalent de Rn, puis déterminer combien de termes il faut sommer pour obtenir une valeur approchée de n11n2 à 103 près.

5. Reste de la série exponentielle. Montrer que pour tout n0,

k=n+1+1k!    2(n+1)!.

Exercice 15 ★★★★Valeur approchée d'une somme alternée

Théorème spécial des séries alternées : signe et majoration du resteCalcul de la somme d'une série et estimation des restes

1. Soit S=n1(1)nn2. Justifier l'existence de S, encadrer S entre deux sommes partielles consécutives, donner le signe de S, puis déterminer un nombre de termes suffisant pour en obtenir une valeur approchée à 103 près.

2. Mêmes questions pour n0(1)nn!, dont on précisera la somme. Comparer le nombre de termes nécessaires avec celui de la question 1.

3. Mêmes questions pour n0(1)n2n+1, dont on admet que la somme vaut π4. Montrer que la majoration du TSSA n'assure une précision de 102 qu'à partir de 50 termes, et commenter cette lenteur.

4. Synthèse. Pourquoi la majoration Rnan+1 est-elle propre aux séries alternées, et fausse en général pour les séries à termes positifs ?

Exercice 16 ★★★Le piège des équivalents pour les séries de signe variable

Théorème spécial des séries alternées : signe et majoration du resteThéorèmes de comparaison et d'équivalence pour les séries positivesConvergence absolue, domination et suites sommables

1. Montrer que la série n2(1)nn converge.

2. Pour n2, on pose un=(1)nn+(1)n. Vérifier que un est bien défini, puis montrer que

unn+(1)nn.

3. Établir le développement un=(1)nn1n+O ⁣(1n3/2) et en déduire que la série un diverge.

4. Quelle conclusion en tirer sur le théorème d'équivalence ?

5. Étudier de la même façon la nature de la série n2ln ⁣(1+(1)nn).

Exercice 17 ★★★★Convergence absolue par domination

Convergence absolue, domination et suites sommablesThéorèmes de comparaison et d'équivalence pour les séries positives

1. Déterminer la nature des séries suivantes.

a. n1cos(nθ)n2, où θ est un réel fixé.

b. n0P(n)2n, où P est un polynôme à coefficients réels.

2. Soit (an) une suite bornée de nombres complexes et soit zC tel que z<1. Montrer que la série anzn converge absolument.

3. Soient (un) et (vn) deux suites réelles telles que les séries un2 et vn2 convergent. Montrer que la série unvn converge. On pourra partir de l'inégalité 2aba2+b2.

4. Montrer que si la série un converge absolument, alors la série un2 converge.

5. Montrer, en considérant la suite définie par un=(1)nn pour n1, que la conclusion de la question 4. tombe en défaut si l'on suppose seulement que la série un converge.

Exercice 18 ★★★★Développement limité du terme général et nature de la série

Théorèmes de comparaison et d'équivalence pour les séries positivesConvergence absolue, domination et suites sommablesThéorème spécial des séries alternées : signe et majoration du reste

Déterminer la nature des séries suivantes. Dans chaque cas, on écrira un développement asymptotique du terme général et l'on justifiera soigneusement le théorème utilisé pour conclure.

a. n1(e1/n11n)

b. n1(ln ⁣(1+1n)1n)

c. n1((1+1n)ne)

d. n2(1)nn+(1)n

e. n1(n+1n12n)

f. n1(1nlnn+1n)

Exercice 19 ★★★Sommation par paquets d'une famille double positive

Familles sommables de réels positifs : sommation par paquets, Fubini positifCalcul de la somme d'une série et estimation des restes

1. Calculer (i,j)N213i+j en sommant par diagonales, c'est-à-dire en regroupant les couples selon la valeur de i+j. Retrouver le résultat en sommant par lignes, c'est-à-dire à i fixé.

2. On pose I={(n,k)(N)21kn} et un,k=1n2 pour (n,k)I. La famille (un,k)(n,k)I est-elle sommable ?

3. Montrer que tout entier n1 s'écrit de manière unique sous la forme n=2p(2q+1) avec pN et qN. En déduire, par sommation par paquets, que

ζ(2)=43q=0+1(2q+1)2,ouˋ ζ(2)=n=1+1n2.

4. En admettant que ζ(2)=π26, en déduire la valeur de q=0+1(2q+1)2.

Exercice 20 ★★★★Théorème de Fubini positif : sommer par lignes ou par colonnes

Familles sommables de réels positifs : sommation par paquets, Fubini positifCalcul de la somme d'une série et estimation des restes

Pour s>1, on note ζ(s)=n=1+1ns.

1. Montrer que la famille (1i2j3)(i,j)(N)2 est sommable et que sa somme vaut ζ(2)ζ(3).

2. On pose I={(i,j)(N)2ij}. Montrer que la famille (1j3)(i,j)I est sommable et calculer sa somme.

3. Montrer que la famille (1i2+j2)(i,j)(N)2 n'est pas sommable.

4. Question de méthode. Rédiger en trois lignes la procédure générale « sommabilité d'abord, valeur ensuite » pour une famille de réels positifs, et expliquer pourquoi elle est plus simple que dans le cas d'une famille de nombres complexes.

Exercice 21 ★★★★Le critère du quotient, démontré à la main

Séries à termes positifs : majoration des sommes partiellesThéorèmes de comparaison et d'équivalence pour les séries positives

Le critère étudié ici, parfois appelé règle de d'Alembert, n'est pas un résultat du cours de MPSI : il est donc interdit de le citer tel quel dans une copie. Il se redémontre à chaque usage par comparaison avec une série géométrique, et c'est exactement l'objet de cet exercice, dont la rédaction est à savoir reproduire.

Soit (un) une suite de réels strictement positifs telle que un+1unn+[0,+].

1. On suppose <1. On pose q=1+2. Montrer qu'il existe un rang N tel que un+1qun pour tout nN, en déduire que unuNqnN pour tout nN, puis conclure que la série un converge.

2. On suppose >1, le cas =+ étant inclus. Montrer que la suite (un) ne tend pas vers 0, et conclure.

3. Montrer, à l'aide des deux exemples un=1n et un=1n2, que le cas =1 ne permet aucune conclusion.

4. Déterminer la nature des séries suivantes.

a. n1n!nn

b. n12nn!nn

c. n13nn!nn

d. n0(n!)2(2n)!

Exercice 22 ★★★Les séries de Bertrand par comparaison série-intégrale

Comparaison série-intégrale, méthode des rectangles et séries de RiemannThéorèmes de comparaison et d'équivalence pour les séries positives

Le résultat démontré dans cet exercice, connu sous le nom de critère des séries de Bertrand, n'est pas un résultat du cours de MPSI : il ne peut jamais être cité tel quel. Il doit être redémontré à chaque usage, et c'est ce que l'on fait ici une fois pour toutes, avec la rédaction attendue.

Soient α et β deux réels. On étudie la série n21nα(lnn)β, dont on note un le terme général.

1. On suppose α>1. Montrer que la série converge, en la comparant à une série de Riemann 1nλ avec 1<λ<α.

2. On suppose α<1. Montrer, par la même technique, que la série diverge.

3. On suppose α=1. Montrer, par comparaison série-intégrale avec la fonction t1t(lnt)β, que la série converge si et seulement si β>1. On traitera séparément les cas β0, 0<β<1, β=1 et β>1.

4. Déterminer la nature des séries suivantes.

a. n21nlnn

b. n21n(lnn)2

c. n2lnnn

d. n21n1,01lnn

Exercice 23 ★★★La constante d'Euler et le développement asymptotique de Hn

Comparaison série-intégrale, méthode des rectangles et séries de RiemannLien suite-série et séries télescopiquesCalcul de la somme d'une série et estimation des restes

Pour n1, on pose Hn=k=1n1k et un=Hnlnn.

1. Montrer que un+1un=1n+1ln ⁣(1+1n), puis que un+1un=O ⁣(1n2).

2. En déduire, par le lien suite-série, que la suite (un) converge. On note γ sa limite, appelée constante d'Euler. Écrire le développement asymptotique de Hn qui en résulte.

3. Montrer que ln(n+1)Hn1+lnn pour tout n1, et en déduire que 0γ1.

4. Déterminer limn+k=n+12n1k.

5. En déduire la somme de la série harmonique alternée n1(1)n1n, en passant par sa somme partielle d'indice pair S2n=H2nHn.

6. On pose vn=unγ. Montrer que vn=k=n+(uk+1uk), puis que vnn+12n, c'est-à-dire Hn=lnn+γ+12n+o ⁣(1n).

Exercice 24 ★★★Le critère de condensation

Séries à termes positifs : majoration des sommes partiellesThéorèmes de comparaison et d'équivalence pour les séries positives

Le critère établi dans cet exercice est un résultat classique, mais il ne figure pas au programme de MPSI : il ne peut pas être cité tel quel et doit être redémontré à chaque usage. Sa démonstration ne repose que sur le regroupement des termes par paquets de longueurs 1,2,4,8, et sur la majoration des sommes partielles.

Soit (un)n1 une suite positive et décroissante.

1. Montrer que pour tout entier p0 :

2pu2p+1    k=2p2p+11uk    2pu2p.

2. En déduire que les séries n1un et p02pu2p sont de même nature.

3. Retrouver le critère de convergence des séries de Riemann n11nα, pour α réel.

4. Retrouver, dans le cas α=1, le résultat des séries de Bertrand : pour β réel, la série n21n(lnn)β converge si et seulement si β>1.

Exercice 25 ★★★★Si la série converge et le terme décroît, alors n un tend vers zéro

Séries à termes positifs : majoration des sommes partiellesSéries numériques : sommes partielles, convergence, somme et resteThéorèmes de comparaison et d'équivalence pour les séries positives

Soit (un)n1 une suite positive et décroissante telle que la série un converge. On note Sn=k=1nuk ses sommes partielles.

1. Montrer que k=n+12nukn+0.

2. En déduire que 2nu2n0, puis que nun0.

3. Application. Redémontrer la divergence de la série harmonique 1n.

4. Montrer que l'hypothèse de décroissance est indispensable : construire une suite positive (un) telle que un converge et que (nun) ne tende pas vers 0.

5. La réciproque est-elle vraie ? Autrement dit, si (un) est positive décroissante et si nun0, la série un converge-t-elle nécessairement ?

Exercice 26 ★★★★La somme de la série harmonique alternée vaut ln 2

Théorème spécial des séries alternées : signe et majoration du resteCalcul de la somme d'une série et estimation des restesSéries géométriques et série exponentielle

L'objectif est d'établir de deux façons indépendantes que

n=1+(1)n1n=ln2.

On note Sn=k=1n(1)k1k et Hn=k=1n1k.

Partie A. Par les sommes partielles.

1. Justifier la convergence de la série (1)n1n.

2. Montrer que pour tout n1, S2n=H2nHn.

3. En utilisant le développement Hn=lnn+γ+o(1) établi à l'exercice 23, conclure.

Partie B. Par une intégrale.

4. Établir, pour tout réel t1 et tout n1, l'identité k=0n1(1)ktk=1(t)n1+t.

5. Intégrer cette identité sur [0,1] et en déduire que Sn=ln2(1)n01tn1+tdt.

6. Majorer 01tn1+tdt par 1n+1 et conclure.

7. En déduire la valeur de n=1+(1)nn, et commenter le rapport entre ce calcul et le développement asymptotique de Hn.

Exercice 27 ★★★★Produit de Cauchy : premiers calculs

Familles sommables de complexes, théorème de Fubini et produit de CauchySéries géométriques et série exponentielleCalcul de la somme d'une série et estimation des restes

On rappelle le théorème du produit de Cauchy : si les séries an et bn sont absolument convergentes, alors la série cn de terme général cn=k=0nakbnk est absolument convergente et

n=0+cn=(n=0+an)(n=0+bn).

Dans tout l'exercice, x désigne un réel (ou un complexe) tel que x<1. À chaque question, on vérifiera explicitement l'hypothèse de convergence absolue avant d'appliquer le théorème.

1. Calculer le produit de Cauchy de xn par elle-même, et en déduire n=0+(n+1)xn=1(1x)2.

2. En recommençant l'opération, montrer que n=0+(n+1)(n+2)2xn=1(1x)3.

3. Calculer le produit de Cauchy de (1)nxn par xn et retrouver ainsi 11x2.

4. Calculer le produit de Cauchy de 1n! par elle-même et en déduire n=0+2nn!=e2.

5. Montrer que n=0+(k=0n1k!)xn=ex1x.

Exercice 28 ★★★Interversion de sommes et somme des valeurs de zêta

Familles sommables de réels positifs : sommation par paquets, Fubini positifFamilles sommables de complexes, théorème de Fubini et produit de CauchyCalcul de la somme d'une série et estimation des restes

Pour s>1 on pose ζ(s)=n=1+1ns (série de Riemann convergente). On note

I={(k,n)N2k2 et n2}.

1. Montrer que la famille (1kn)(k,n)I est sommable (on sommera d'abord en n, à k fixé).

2. En déduire, par interversion, que n=2+(ζ(n)1)=1.

3. Montrer de même que n=2+(1)n(ζ(n)1)=12.

4. Question de rigueur. Expliquer précisément où la sommabilité a été utilisée, et ce qui pourrait se passer si l'on omettait de la vérifier.

Exercice 29 ★★★★Séries trigonométriques et transformation d'Abel

Convergence absolue, domination et suites sommablesThéorème spécial des séries alternées : signe et majoration du resteCalcul de la somme d'une série et estimation des restesSéries géométriques et série exponentielle

La technique étudiée ici, appelée transformation d'Abel, est l'analogue discret de l'intégration par parties. Elle ne figure pas au programme de MPSI : elle ne peut pas être citée telle quelle et doit être redémontrée à chaque usage. C'est exactement l'objet de cet exercice, dont la rédaction est à savoir reproduire. Elle donne accès aux séries de signe variable qui ne sont pas alternées, que le théorème spécial ne sait pas traiter.

Dans tout l'exercice, θ désigne un réel tel que eiθ1, c'est-à-dire θ2πZ. Pour n1 on pose

Dn=k=1neikθ,et l’on convient que D0=0.

1. Calculer Dn et démontrer que, pour tout n1,

Dn    1sinθ2.

On notera M ce majorant, qui ne dépend que de θ. La suite (Dn) est donc bornée, alors qu'elle ne converge pas.

2. La transformation d'Abel. Soit (ak)k1 une suite de réels. Démontrer que, pour tout n1,

k=1nakeikθ  =  anDn+k=1n1(akak+1)Dk.

3. On suppose désormais la suite (ak) positive, décroissante et de limite nulle. Démontrer que la série (akak+1)Dk converge absolument, puis que la série akeikθ converge.

4. En déduire que, pour tout réel α>0 et tout θ2πZ, les séries

n1cos(nθ)nαetn1sin(nθ)nα

convergent.

5. Soit θπZ. Démontrer que la série n1cos(nθ)n diverge. On pourra minorer cosx par cos2x et linéariser. Que peut-on en conclure sur la série n1cos(nθ)n ?

6. Que devient le résultat de la question 3. pour θ=π ? Quel théorème du cours retrouve-t-on ainsi ?

Exercice 30 ★★★Un réarrangement qui change la somme

Théorème spécial des séries alternées : signe et majoration du resteCalcul de la somme d'une série et estimation des restesFamilles sommables de complexes, théorème de Fubini et produit de Cauchy

Cet exercice construit un exemple explicite et entièrement guidé. Aucun théorème général de réarrangement n'est au programme, et il n'en sera énoncé aucun : tout se démontre ici à la main, sur cet exemple.

On sait (exercice 26) que n=1+(1)n1n=ln2. On réécrit les mêmes termes dans un autre ordre, en énumérant, pour m=1,2,3,, les trois termes

14m3,14m1,12m

dans cet ordre, ce qui produit la suite de termes

1+1312+15+1714+19+11116+

On note TN la somme des N premiers termes ainsi énumérés, et Hn=k=1n1k.

1. Vérifier que chaque terme de la série harmonique alternée apparaît une fois et une seule dans cette énumération, puis montrer que pour tout n1,

T3n=k=12n12k112Hn.

2. Montrer que k=12n12k1=H4n12H2n.

3. À l'aide du développement Hn=lnn+γ+o(1), en déduire la limite de T3n.

4. Montrer que (T3n+1) et (T3n+2) ont la même limite, et conclure.

5. Expliquer pourquoi un tel phénomène est impossible pour une famille sommable, et ce que l'on en déduit sur la famille ((1)n1n)n1.

Exercice 31 ★★★La série de Lambert et le nombre de diviseurs

Familles sommables de réels positifs : sommation par paquets, Fubini positifFamilles sommables de complexes, théorème de Fubini et produit de CauchyCalcul de la somme d'une série et estimation des restes

Soit x]0,1[. Pour nN, on note d(n) le nombre de diviseurs positifs de n et σ(n) la somme des diviseurs positifs de n. Par exemple d(6)=4 et σ(6)=1+2+3+6=12.

1. Montrer que la famille (xij)(i,j)(N)2 est sommable. On sommera à i fixé, puis on majorera xi1xi par xi1x.

2. En sommant par paquets suivant la valeur du produit n=ij, montrer que

n=1+d(n)xn=i=1+xi1xi.

3. Adapter la méthode à la famille (ixij)(i,j)(N)2 pour montrer que n=1+σ(n)xn=i=1+ixi1xi.

4. Application numérique. Montrer que n=1+d(n)2n=i=1+12i1, puis en donner un encadrement à 102 près, en majorant le reste par une série géométrique (calculatrice autorisée pour l'application numérique).

5. Justifier que le nombre de couples (i,j)(N)2 tels que ij=n vaut bien d(n).

Exercice 32 ★★★★L'exponentielle complexe par le produit de Cauchy

Familles sommables de complexes, théorème de Fubini et produit de CauchyConvergence absolue, domination et suites sommablesCalcul de la somme d'une série et estimation des restesSéries géométriques et série exponentielle

Pour zC, on pose E(z)=n=0+znn!.

1. Montrer que la série znn! converge absolument pour tout zC, par comparaison avec une série géométrique à partir du rang n2z. L'application E est donc bien définie sur C.

2. À l'aide du produit de Cauchy et de la formule du binôme, montrer que E(z)E(z)=E(z+z) pour tous z,zC.

3. En déduire que E(z)0 pour tout z, que E(z)=1E(z), et que E est un morphisme du groupe (C,+) dans le groupe (C,×).

4. Montrer que E(z)=E(z), et en déduire que E(it)=1 pour tout tR.

5. Application. Pour θR, montrer que

n=0+cos(nθ)n!=ecosθcos(sinθ).

Bloqué sur « Procédés sommatoires discrets » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.