MPSI · Chapitre 19 · Second semestre

Devoir surveillé — Procédés sommatoires discrets

Sujet type, 270 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 270 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (3 points) — Trois natures à établir

Les trois questions sont indépendantes. Pour chacune, déterminer la nature de la série proposée, en nommant le théorème utilisé et en vérifiant ses hypothèses.

1. (1 pt) n1sin(πn2+1).

2. (1 pt) n1un, où l'on pose

un={1nsi n est le carreˊ d’un entier,1n2sinon.

3. (1 pt) n1(n+1n)a, où a est un réel strictement positif. On discutera selon a.

Exercice 2 (4 points) — Sommer dans un ordre ou dans l'autre

Partie A. Une famille dont les deux sommations itérées diffèrent.

On définit une famille (ai,j)(i,j)(N)2 de réels par

ai,j={  2ijsi j>i,  0si j=i,2jisi j<i.

1. (0,5 pt) Vérifier que aj,i=ai,j pour tout couple (i,j).

2. (1 pt) Soit i1. Démontrer que la série j1ai,j converge absolument et que sa somme vaut 21i. En déduire la valeur de i=1+(j=1+ai,j).

3. (0,5 pt) En déduire, sans nouveau calcul, la valeur de j=1+(i=1+ai,j).

4. (0,5 pt) Démontrer que la famille (ai,j) n'est pas sommable. Quelle hypothèse de quel théorème est ainsi mise en défaut ?

Partie B. Un regroupement licite.

On utilise librement le résultat du cours : pour tout xR, k=0+xkk!=ex.

5. (1 pt) Démontrer que les familles (1(2n)!)nN et (1(2n+1)!)nN sont sommables, puis calculer leurs sommes. On considérera la partition de N en entiers pairs et entiers impairs, et l'on appliquera deux fois la sommation par paquets.

6. (0,5 pt) Expliquer précisément ce qui autorise le regroupement de la question 5. et l'interdit à la partie A. Que se passerait-il si les ai,j de la partie A étaient tous positifs ?

Exercice 3 (4,5 points) — Ce qu'une série divergente cache

Soit (un)n1 une suite de réels strictement positifs telle que la série un diverge. Pour n1, on pose

Sn=k=1nuk.

1. (0,5 pt) Démontrer que la suite (Sn) est strictement croissante et tend vers +.

2. (1,5 pt) Démontrer que la série n1unSn diverge. On pourra raisonner par l'absurde, noter Rn le reste d'ordre n de cette série, et minorer k=n+1mukSk pour m>n.

3. (1,5 pt) Démontrer que la série n2unSn2 converge, et majorer sa somme par une quantité ne dépendant que de u1.

4. (0,5 pt) Application. On prend un=ln(1+1n). Calculer Sn, vérifier que les hypothèses sont satisfaites, puis déduire des questions 2. et 3. la nature des séries

n1ln(1+1n)ln(n+1)etn2ln(1+1n)(ln(n+1))2.

On rappelle que le critère des séries de Bertrand n'est pas un résultat du cours de MPSI et ne peut pas être cité.

5. (0,5 pt) En déduire qu'il n'existe aucune suite (an) de réels strictement positifs telle que an diverge et que toute série bn à termes positifs vérifiant bn=o(an) converge.

Exercice 4 (2,5 points) — Un produit de Cauchy qui diverge

Le cours affirme, sans le démontrer, qu'il existe des séries convergentes dont le produit de Cauchy diverge. L'objet de cet exercice est d'établir ce résultat, avec une minoration précise.

Pour nN, on pose

an=bn=(1)nn+1,puiscn=k=0nakbnk.

1. (0,5 pt) Démontrer que les séries an et bn convergent, mais qu'aucune des deux ne converge absolument.

2. (2 pts) Démontrer que, pour tout nN,

cn    2(n+1)n+2,

puis en déduire la nature de la série cn. Le cours démontre le théorème du produit de Cauchy en établissant d'abord la sommabilité de la famille (apbq)(p,q)N2, puis en sommant cette famille par paquets suivant les diagonales p+q=n : conclure en démontrant que le premier de ces deux temps échoue ici.

Exercice 5 (6 points) — Problème : la série harmonique amputée d'un chiffre

Ce problème étudie ce qui reste de la série harmonique lorsqu'on en retire les termes 1n dont l'entier n « contient un 9 ». Les trois parties s'enchaînent.

Tout entier n1 s'écrit de manière unique n=cd1cd2c1c0 en base dix, avec d1, cd1{1,,9} et ci{0,,9} pour id2 ; l'entier d est le nombre de chiffres de n, et n a exactement d chiffres si et seulement si 10d1n10d1.

On note A l'ensemble des entiers n1 dont aucun chiffre n'est égal à 9, et, pour d1,

Ad={nA  ;  10d1n10d1}

l'ensemble des éléments de A ayant exactement d chiffres. Ainsi A1={1,2,,8}, et A2 est formé des entiers à deux chiffres ne comportant aucun 9.

Partie A. Le dénombrement.

1. (0,75 pt) Démontrer que, pour tout d1, card(Ad)=8×9d1.

2. (0,5 pt) Démontrer que la famille (Ad)d1 est une partition de A.

Partie B. Sommabilité et exposant critique.

Soit s un réel strictement positif. On pose q=910s.

3. (1,5 pt) Démontrer que, pour tout d1,

810s  qd1    nAd1ns    8qd1,

puis en déduire que la famille (1ns)nA est sommable si et seulement si s>ln9ln10.

4. (0,5 pt) Donner une valeur approchée à 103 près de s0=ln9ln10, sachant que ln31,0986 et ln102,3026. Comparer en une phrase avec l'exposant critique de la famille complète (1ns)nN.

5. (0,75 pt) En déduire que la famille (1n)nA est sommable, et que sa somme S vérifie 8S80.

Partie C. Une intuition à corriger.

6. (0,75 pt) On note B=NA l'ensemble des entiers dont l'écriture décimale comporte au moins un 9. Démontrer que la famille (1n)nB n'est pas sommable.

7. (0,75 pt) Démontrer que card(A[1,10d1])=9d1, puis que

card(A[1,10d1])10d1d+0.

8. (0,5 pt) Expliquer en quelques lignes pourquoi les résultats des questions 5., 6. et 7. ne constituent pas une contradiction.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.