MPSI · Chapitre 17 · Second semestre

Exercices — Probabilités

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Décrire un univers et des événements

Expérience aléatoire, univers fini, événements, systèmes complets d'événements

On lance deux dés cubiques équilibrés discernables : l'un est rouge, l'autre est vert. On note le résultat sous la forme d'un couple, le premier nombre désignant le résultat du dé rouge et le second celui du dé vert.

  1. Décrire l'univers Ω associé à cette expérience et donner card(Ω).

  2. Écrire en extension les événements A : « la somme des deux dés vaut 5 » et B : « les deux dés donnent le même résultat », puis donner leur cardinal.

  3. Décrire AB, AB et A, et donner le cardinal de chacun. Les événements A et B sont-ils incompatibles ?

  4. Donner deux systèmes complets d'événements différents associés à cette expérience, en vérifiant à chaque fois la définition.

  5. On note R : « le dé rouge donne 6 » et V : « le dé vert donne 6 ». Traduire en langage ensembliste les trois phrases suivantes, puis donner le cardinal de l'événement obtenu : « au moins un des deux dés donne 6 » ; « aucun des deux dés ne donne 6 » ; « exactement un des deux dés donne 6 ».

Exercice 2 ★★★★Calculer avec une distribution de probabilité

Probabilité sur un univers fini, distribution, propriétés et calculs

On considère l'univers Ω={ω1,ω2,ω3,ω4,ω5}, que l'on souhaite munir d'une probabilité P définie par la distribution suivante, où a désigne un réel :

Issue ω1 ω2 ω3 ω4 ω5
Probabilité 18 14 a 18 2a

On pose A={ω1,ω2,ω3}, B={ω3,ω4,ω5} et C={ω1,ω3}.

  1. Déterminer la valeur de a pour laquelle ce tableau définit bien une probabilité sur Ω.

  2. Calculer P(A) et P(B).

  3. Calculer P(A) de deux façons différentes.

  4. Calculer P(AB) à l'aide de la formule P(AB)=P(A)+P(B)P(AB), puis contrôler le résultat par un calcul direct.

  5. Démontrer que si deux événements E et F vérifient EF, alors P(E)P(F). Illustrer cette propriété avec les événements C et A.

Exercice 3 ★★★Dés, cartes et équiprobabilité

Probabilité uniforme, calculs de probabilités par dénombrement

  1. On lance deux dés cubiques équilibrés discernables. Après avoir décrit l'univers et justifié l'équiprobabilité, calculer la probabilité des événements suivants :

    a. la somme des deux dés vaut 8

    b. les deux dés donnent des résultats différents

  2. On tire simultanément 5 cartes dans un jeu de 32 cartes bien battu (les couleurs sont pique, cœur, carreau et trèfle ; chaque couleur comporte les hauteurs 7, 8, 9, 10, valet, dame, roi et as). Une telle main est appelée une donne. Calculer la probabilité des événements suivants, en donnant la valeur exacte sous forme de fraction irréductible puis une valeur approchée à 103 près :

    a. la main contient exactement deux cœurs

    b. la main contient au moins un as

    c. la main contient exactement un roi et exactement une dame

    d. la main n'est composée que de figures (valets, dames et rois)

Exercice 4 ★★★Premiers calculs de probabilités conditionnelles

Probabilités conditionnelles, formule des probabilités composées

Une urne contient 10 boules indiscernables au toucher : 4 boules blanches et 6 boules noires. On tire successivement et sans remise deux boules de l'urne. On note A l'événement « la première boule tirée est blanche » et B l'événement « la deuxième boule tirée est noire ».

  1. Décrire l'univers associé à cette expérience, donner son cardinal et calculer P(A).

  2. Calculer PA(B) en raisonnant directement sur l'univers réduit, c'est-à-dire sur le contenu de l'urne après le premier tirage.

  3. En déduire P(AB) par la formule des probabilités composées, puis retrouver ce résultat par un dénombrement direct.

  4. Calculer P(B), puis PB(A). Comparer PB(A) et PA(B), et interpréter la valeur obtenue pour PB(A).

  5. Question de cours : pourquoi la probabilité conditionnelle PA n'est-elle pas définie lorsque P(A)=0 ?

Exercice 5 ★★★Un arbre pondéré et la formule des probabilités totales

Formule des probabilités totales, formule de Bayes, arbres pondérés

On dispose de deux urnes. L'urne U1 contient 3 boules blanches et 2 boules noires ; l'urne U2 contient 1 boule blanche et 4 boules noires. On lance une pièce truquée, qui tombe sur pile avec la probabilité 23 : si elle donne pile, on tire une boule au hasard dans U1, sinon on tire une boule au hasard dans U2.

On note U1 l'événement « la boule est tirée dans l'urne U1 », U2 l'événement « la boule est tirée dans l'urne U2 », et B l'événement « la boule tirée est blanche ».

  1. Décrire en toutes lettres l'arbre pondéré associé à cette expérience, et vérifier que (U1,U2) est un système complet d'événements.

  2. Calculer P(B) à l'aide de la formule des probabilités totales. Contrôler le résultat en calculant de même la probabilité de tirer une boule noire.

  3. La boule tirée est blanche. Quelle est la probabilité qu'elle provienne de l'urne U1 ?

  4. Calculer de même PB(U2), et vérifier que PB(U1)+PB(U2)=1. Pourquoi ce résultat était-il prévisible ?

Exercice 6 ★★★★Deux événements sont-ils indépendants

Indépendance de deux événements, indépendance mutuelle d'une famille

On lance un dé cubique équilibré à six faces et on note le résultat. On considère les événements

A:« le reˊsultat est pair »,B:« le reˊsultat est un multiple de 3 »,D:« le reˊsultat est infeˊrieur ou eˊgal aˋ 3 ».
  1. Décrire l'univers, justifier l'équiprobabilité, puis écrire A, B et D en extension et donner leur probabilité.

  2. Pour chacun des trois couples (A,B), (A,D) et (B,D), dire s'il s'agit d'événements indépendants, en appliquant le critère P(AB)=P(A)P(B) et en concluant à chaque fois.

  3. On note S : « le résultat vaut 1 » et T : « le résultat vaut 2 ». Montrer que S et T sont incompatibles mais non indépendants. Démontrer plus généralement que deux événements incompatibles de probabilité non nulle ne sont jamais indépendants.

  4. Démontrer que si deux événements A et B sont indépendants, alors A et B le sont aussi. Vérifier la propriété sur le couple (A,B) de la question 2.

Exercice 7 ★★★Lire et vérifier la loi d'une variable aléatoire

Variable aléatoire sur un univers fini, loi, image par une fonction

Soit X une variable aléatoire définie sur un univers fini Ω, telle que X(Ω)={1,0,1,2,3} et dont la loi est donnée par le tableau suivant, où a est un réel :

k 1 0 1 2 3
P(X=k) 112 14 a 13 a
  1. Déterminer a.

  2. Calculer P(X2) et P(X3), et vérifier la cohérence des deux résultats.

  3. Déterminer la loi de la variable aléatoire Y=X2, et vérifier que la somme des probabilités obtenues vaut 1.

  4. Déterminer la loi de la variable aléatoire Z=X2.

Exercice 8 ★★★Reconnaître une loi uniforme, de Bernoulli ou binomiale

Lois usuelles : uniforme, de Bernoulli, binomiale

  1. Pour chacune des quatre situations suivantes, préciser X(Ω) et déterminer la loi de X avec ses paramètres, en justifiant soigneusement le modèle. Si X ne suit aucune des trois lois usuelles du cours, le dire et l'expliquer.

    a. On lance un dé équilibré à douze faces numérotées de 1 à 12, et X désigne le numéro obtenu.

    b. On tire une carte au hasard dans un jeu de 32 cartes bien battu ; X vaut 1 si la carte tirée est un cœur, et 0 sinon.

    c. On lance 10 fois de suite une pièce truquée qui tombe sur pile avec la probabilité 13, les lancers étant indépendants, et X désigne le nombre de piles obtenus.

    d. Une urne contient 10 boules indiscernables au toucher, dont 4 blanches. On en tire 3 simultanément et X désigne le nombre de boules blanches obtenues.

  2. Pour la variable aléatoire de la situation c., calculer P(X=0) et P(X=3), sous forme exacte puis avec une valeur approchée à 103 près.

Exercice 9 ★★★Espérance et variance d'une loi donnée par un tableau

Espérance, formule de transfert, linéarité, somme d'indicatricesVariance, écart-type, Koenig-Huygens, covariance, variance d'une somme

Soit X une variable aléatoire définie sur un univers fini, dont la loi est donnée par le tableau suivant.

k 1 0 1 2 3
P(X=k) 110 210 310 310 110
  1. Vérifier que ce tableau définit bien une loi de probabilité, puis calculer E(X).

  2. Calculer E(X2) à l'aide de la formule de transfert.

  3. En déduire V(X) par la formule de Koenig-Huygens, puis retrouver ce résultat en appliquant la définition V(X)=E((XE(X))2).

  4. Calculer σ(X), sous forme exacte puis avec une valeur approchée à 103 près.

  5. Calculer E(3X2) et V(3X2) à l'aide des propriétés du cours, puis contrôler ces deux valeurs par un calcul direct sur la loi de 3X2.

Exercice 10 ★★★★La somme de deux dés

Variable aléatoire sur un univers fini, loi, image par une fonctionEspérance, formule de transfert, linéarité, somme d'indicatricesVariance, écart-type, Koenig-Huygens, covariance, variance d'une somme

On lance deux dés équilibrés à six faces, discernables l'un de l'autre. On note X le résultat du premier dé, Y celui du second, et l'on pose S=X+Y.

  1. Décrire l'univers Ω et la probabilité retenue. Justifier que X et Y suivent la loi uniforme sur [ ⁣[1,6] ⁣] et qu'elles sont indépendantes.

  2. Établir que S(Ω)=[ ⁣[2,12] ⁣] et que, pour tout s[ ⁣[2,12] ⁣],

P(S=s)=6s736.

Vérifier que la somme de ces probabilités vaut 1.

  1. Calculer E(S) par linéarité, puis V(S) et σ(S) en utilisant l'indépendance.

  2. Retrouver la valeur de E(S) par le calcul direct s=212sP(S=s).

  3. Calculer P(S10).

Exercice 11 ★★★★Tirages avec remise et tirages sans remise

Probabilité uniforme, calculs de probabilités par dénombrementLois usuelles : uniforme, de Bernoulli, binomiale

Une urne contient 10 boules indiscernables au toucher, dont 4 blanches et 6 noires. On y prélève 3 boules, selon deux protocoles différents.

  1. Protocole avec remise. On tire successivement 3 boules, en remettant chaque boule dans l'urne après l'avoir observée. On note X le nombre de boules blanches obtenues. Reconnaître la loi de X en justifiant chaque hypothèse, puis calculer P(X=2).

  2. Protocole sans remise. On tire simultanément 3 boules de l'urne. On note Y le nombre de boules blanches obtenues. Déterminer la loi de Y par dénombrement, puis calculer P(Y=2).

  3. Vérifier que les deux lois obtenues somment bien à 1.

  4. Comparer numériquement les deux lois, et en particulier P(X=2) et P(Y=2). Expliquer le sens de l'écart observé.

  5. Calculer E(X) et E(Y). Commenter.

Exercice 12 ★★★★Un test de dépistage et la formule de Bayes

Formule des probabilités totales, formule de Bayes, arbres pondérés

Dans une population donnée, une personne sur mille est atteinte d'une certaine maladie. On dispose d'un test de dépistage dont on connaît les performances : il est positif chez 99 % des personnes malades, et négatif chez 98 % des personnes saines. On choisit une personne au hasard dans la population.

  1. Introduire les événements utiles, préciser le système complet d'événements employé, et traduire les trois données de l'énoncé.

  2. Calculer la probabilité que le test soit positif.

  3. Calculer la probabilité qu'une personne dont le test est positif soit effectivement malade. Donner la valeur exacte sous forme de fraction irréductible, puis une valeur approchée.

  4. Le test se trompe pourtant très rarement. Commenter ce paradoxe apparent, par exemple en raisonnant sur une population de 100000 personnes.

  5. Calculer la probabilité qu'une personne dont le test est négatif soit effectivement saine.

  6. On cherche à améliorer le test. Les autres données restant inchangées, jusqu'à quelle valeur faudrait-il abaisser le taux de faux positifs pour que la probabilité d'être malade sachant que le test est positif dépasse 12 ?

Exercice 13 ★★★★Un bit transmis dans un canal bruité

Formule des probabilités totales, formule de Bayes, arbres pondérésProbabilités conditionnelles, formule des probabilités composées

Une source émet un bit, qui vaut 1 avec la probabilité 35 et 0 avec la probabilité 25. Ce bit traverse un canal binaire symétrique : lors de la transmission, il est inversé avec la probabilité p ]0,1[ et transmis correctement avec la probabilité 1p, indépendamment de tout le reste. On note E1 et E0 les événements « le bit émis vaut 1 » et « le bit émis vaut 0 », R1 et R0 les événements analogues pour le bit reçu.

  1. Calculer P(R1) en fonction de p.

  2. Calculer PR1(E1) en fonction de p, puis donner sa valeur pour p=0,1.

  3. Étudier le cas p=12 : montrer que E1 et R1 sont alors indépendants, et interpréter.

  4. Pour fiabiliser la transmission, on utilise un code de répétition : la source émet trois fois le même bit, chaque bit étant inversé indépendamment avec la probabilité p, et le récepteur décide à la majorité. Calculer la probabilité que le décodage soit erroné, puis comparer cette probabilité à p pour p=0,1.

  5. Démontrer que le code de répétition améliore la transmission si et seulement si p<12.

Exercice 14 ★★★Tirages successifs et urne de Polya

Probabilités conditionnelles, formule des probabilités composées

Une urne contient initialement b boules blanches et r boules rouges, avec b1 et r1. On effectue des tirages successifs selon le protocole suivant : on tire une boule au hasard, on note sa couleur, on la remet dans l'urne et on ajoute en plus c boules de la même couleur, où cN est fixé ; puis on recommence. À chaque tirage, toutes les boules présentes dans l'urne ont la même probabilité d'être choisies.

Pour k[ ⁣[1,3] ⁣], on note Bk l'événement « la k-ième boule tirée est blanche » et Rk=Bk.

  1. Dans cette question, b=3, r=2 et c=2. Calculer P(B1B2R3) à l'aide de la formule des probabilités composées.

  2. Dans le cas général, démontrer que P(B2)=P(B1).

  3. Vérifier ce résultat sur l'exemple numérique de la question 1, et comparer P(B1B2) à P(B1)P(B2).

  4. Commenter : le protocole renforce pourtant la couleur qui vient de sortir. Comment concilier ce renforcement avec le résultat de la question 2 ?

Exercice 15 ★★★★Indépendance deux à deux sans indépendance mutuelle

Indépendance de deux événements, indépendance mutuelle d'une famille

On lance deux pièces équilibrées, discernables l'une de l'autre. On considère les événements

A=« la premieˋre pieˋce donne pile »,B=« la seconde pieˋce donne pile », C=« les deux pieˋces donnent le meˆme reˊsultat ».
  1. Décrire l'univers et la probabilité choisie, puis calculer P(A), P(B), P(C) ainsi que les probabilités des trois intersections deux à deux. Conclure que A, B et C sont deux à deux indépendants.

  2. Calculer P(ABC) et comparer à P(A)P(B)P(C). Que peut-on en conclure ?

  3. Expliquer pourquoi ces deux résultats ne sont pas contradictoires.

  4. Réciproquement, on lance un dé équilibré à six faces et l'on pose A={1,2,3}, B={2,3,4} et C={1,2,5,6}. Vérifier que P(ABC)=P(A)P(B)P(C) alors que A et B ne sont pas indépendants.

  5. Énoncer la définition correcte de l'indépendance mutuelle d'une famille finie d'événements, et dire ce que les deux exemples précédents démontrent.

Exercice 16 ★★★★Épreuves répétées et loi binomiale

Lois usuelles : uniforme, de Bernoulli, binomialeIndépendance de deux événements, indépendance mutuelle d'une famille

Un tireur atteint la cible avec la probabilité 0,3 à chaque tir. Il effectue 10 tirs, dans des conditions identiques et de façon mutuellement indépendante. On note X le nombre de tirs qui atteignent la cible. Les valeurs approchées seront données à 104 près.

  1. Justifier précisément que X suit une loi binomiale dont on donnera les paramètres, en explicitant les hypothèses utilisées.

  2. Calculer les probabilités suivantes, en passant par l'événement contraire pour la deuxième :

    a. P(X=3)

    b. P(X1)

    c. P(2X4)

  3. Calculer E(X), V(X) et σ(X).

  4. Le tireur se fatigue en réalité, et sa probabilité de réussite baisse à chaque tir. Expliquer quelle hypothèse du modèle est alors violée, et ce qui subsiste malgré tout.

Exercice 17 ★★★Le nombre de faces différentes en trois lancers

Variable aléatoire sur un univers fini, loi, image par une fonctionEspérance, formule de transfert, linéarité, somme d'indicatrices

On lance trois fois de suite un dé équilibré à six faces et l'on note X le nombre de faces différentes obtenues, c'est-à-dire le nombre de valeurs distinctes apparaissant dans le triplet des résultats. Les valeurs approchées seront données à 104 près.

  1. Décrire l'univers et la probabilité choisie, puis justifier que X(Ω)={1,2,3}.

  2. Calculer P(X=1) et P(X=3) par dénombrement.

  3. En déduire P(X=2), retrouver cette valeur par un dénombrement direct, et vérifier que la loi de X somme à 1.

  4. Calculer E(X), puis retrouver le résultat en écrivant X comme une somme d'indicatrices.

  5. Calculer V(X) et σ(X).

  6. Généralisation : pour un dé équilibré à n faces avec n3, donner P(X=3) et contrôler la cohérence avec la question 2.

Exercice 18 ★★★Loi conjointe, lois marginales et loi conditionnelle

Couples de variables aléatoires, loi conjointe, marginales, indépendance

Soit (X,Y) un couple de variables aléatoires définies sur un même univers fini Ω, avec X(Ω)={1,2,3} et Y(Ω)={0,1,2}. La loi conjointe du couple est donnée par le tableau suivant, où la case située à l'intersection de la ligne X=x et de la colonne Y=y contient P((X=x)(Y=y)) :

Y=0 Y=1 Y=2
X=1 420 220 220
X=2 120 320 220
X=3 120 120 420
  1. Vérifier que ce tableau définit bien la loi d'un couple de variables aléatoires.

  2. Déterminer les lois marginales de X et de Y.

  3. Les variables X et Y sont-elles indépendantes ? Justifier à l'aide d'une seule case du tableau.

  4. Déterminer la loi conditionnelle de Y sachant (X=1), vérifier qu'elle somme à 1, et la comparer à la loi de Y.

  5. Calculer E(XY) et E(X)E(Y), puis en déduire Cov(X,Y). Que retrouve-t-on ?

  6. Peut-on rendre X et Y indépendantes en modifiant une seule ligne du tableau, les deux autres restant inchangées ? Justifier.

Exercice 19 ★★★★Compter les succes avec des indicatrices

Espérance, formule de transfert, linéarité, somme d'indicatrices

Pour un événement A d'un univers fini Ω, on note 1A la variable aléatoire définie sur Ω par 1A(ω)=1 si ωA, et 1A(ω)=0 sinon. L'objectif de l'exercice est de calculer des espérances sans jamais déterminer la loi de la variable étudiée.

  1. Déterminer la loi de 1A et démontrer que E(1A)=P(A).

  2. On lance n dés équilibrés à six faces, discernables, les lancers étant indépendants. On note X le nombre de six obtenus. Écrire X comme une somme d'indicatrices, en déduire E(X), puis reconnaître la loi de X et contrôler le résultat.

  3. On tire au hasard une main de 5 cartes dans un jeu de 32 cartes, toutes les mains étant équiprobables. On note Y le nombre de cœurs de la main. Écrire Y comme une somme de 8 indicatrices, calculer la probabilité de chacun des événements associés, puis E(Y). Ces 8 événements sont-ils indépendants ? Le calcul en est-il affecté ?

  4. On lance n2 fois une pièce équilibrée. On note Z le nombre d'indices i[ ⁣[1,n1] ⁣] tels que les lancers numéros i et i+1 donnent le même résultat. Calculer E(Z), puis donner sa valeur pour n=100.

  5. Résumer en une phrase la méthode employée dans les trois situations précédentes.

Exercice 20 ★★★★Esperance et variance des lois usuelles

Lois usuelles : uniforme, de Bernoulli, binomialeEspérance, formule de transfert, linéarité, somme d'indicatricesVariance, écart-type, Koenig-Huygens, covariance, variance d'une somme

Toutes les variables aléatoires considérées sont définies sur un univers fini Ω. On rappelle les sommes usuelles

k=1nk=n(n+1)2,k=1nk2=n(n+1)(2n+1)6,

ainsi que la formule du pivot k(nk)=n(n1k1), valable pour 1kn.

  1. Soit XU([ ⁣[1,n] ⁣]). Calculer E(X), puis E(X2), et en déduire V(X).

  2. Soit XB(p) avec p[0,1]. Calculer E(X) et V(X).

  3. Soit XB(n,p), où l'on pose q=1p. Calculer E(X) puis V(X) par le calcul direct, en utilisant la formule du pivot.

  4. Retrouver ces deux résultats par la méthode des indicatrices, en écrivant X comme une somme de n variables de Bernoulli indépendantes.

  5. Comparer l'efficacité des deux méthodes. Application numérique : donner E(X), V(X) et σ(X) pour XB(20;0,25).

Exercice 21 ★★★★Le paradoxe des anniversaires

Probabilité uniforme, calculs de probabilités par dénombrement

On réunit n personnes, avec 2n365. On suppose que l'année compte 365 jours, que la date d'anniversaire d'une personne est uniformément répartie sur ces 365 jours, et que les dates des n personnes sont indépendantes. On note pn la probabilité qu'au moins deux personnes du groupe aient le même anniversaire.

  1. Décrire un univers Ω adapté, donner card(Ω) et justifier que la probabilité uniforme convient.

  2. Exprimer 1pn à l'aide d'un arrangement, puis sous la forme d'un produit k=0n1(1k365).

  3. Calculer une valeur approchée de p23 et de p50.

  4. Démontrer que 1xex pour tout x réel, puis en déduire l'encadrement

1pnexp(n(n1)730).
  1. En déduire une valeur de n garantissant pn0,99.

  2. Commenter le « paradoxe » en comparant n au nombre de paires de personnes du groupe.

Exercice 22 ★★★Markov et Bienayme-Tchebychev, premieres majorations

Inégalités de Markov et de Bienaymé-Tchebychev, loi faible des grands nombres

Toutes les variables aléatoires sont définies sur un univers fini Ω.

  1. Soit X une variable aléatoire positive et a>0. Démontrer l'inégalité de Markov :
P(Xa)E(X)a.
  1. On lance 10 fois une pièce équilibrée et l'on note X le nombre de piles obtenus. Majorer P(X8) par l'inégalité de Markov, puis calculer la valeur exacte de P(X8). Commenter l'écart.

  2. Soit X une variable aléatoire quelconque et ε>0. Déduire de la question 1 l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev :

P(XE(X)ε)V(X)ε2.
  1. Soit XB(100,1/2). Majorer P(X5020) par l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev. On admet que la valeur exacte de cette probabilité est environ 0,0000785. Commenter l'écart.

  2. Montrer qu'il existe une variable aléatoire pour laquelle l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev est une égalité. On cherchera une variable ne prenant que trois valeurs.

Exercice 23 ★★★Le probleme de Monty Hall

Probabilités conditionnelles, formule des probabilités composéesFormule des probabilités totales, formule de Bayes, arbres pondérés

Un jeu télévisé propose trois portes numérotées de 1 à 3. Derrière l'une d'elles, tirée au hasard de façon uniforme, se trouve une voiture ; derrière chacune des deux autres, une chèvre. Le candidat désigne une porte sans l'ouvrir. Le présentateur, qui connaît l'emplacement de la voiture, ouvre alors une porte selon des règles strictes : la porte ouverte est toujours perdante, et toujours différente de celle désignée par le candidat ; lorsque ces deux conditions lui laissent le choix entre deux portes, il tire au sort celle qu'il ouvre, chacune avec la probabilité 12. Le candidat décide enfin de garder sa porte ou de prendre l'autre porte encore fermée.

Les règles étant symétriques, on suppose que le candidat a désigné la porte numéro 1. Pour i[ ⁣[1,3] ⁣], on note Gi l'événement « la voiture est derrière la porte numéro i » et, pour j{2,3}, Oj l'événement « le présentateur ouvre la porte numéro j ».

  1. Justifier que (Gi)1i3 est un système complet d'événements, donner P(Gi), puis traduire les règles du présentateur en probabilités conditionnelles PGi(Oj).

  2. Calculer, par la formule des probabilités totales, la probabilité de gagner en gardant sa porte, puis la probabilité de gagner en changeant.

  3. Le candidat objecte : « la porte 3 est ouverte, il reste deux portes fermées, donc une chance sur deux ». Calculer P(O3), puis PO3(G1) et PO3(G2) par la formule de Bayes. Que répondre au candidat ?

  4. Généraliser à n3 portes, le présentateur ouvrant n2 portes perdantes, toutes différentes de celle du candidat.

  5. Commenter le cas n=100.

  6. Vigilance. On suppose maintenant que le présentateur ignore l'emplacement de la voiture : il ouvre la porte 2 ou la porte 3 au hasard, chacune avec la probabilité 12, indépendamment de la position de la voiture. Sachant qu'il a ouvert la porte 3 et que celle-ci s'est révélée perdante, calculer la probabilité que la voiture soit derrière la porte 1. Conclure.

Exercice 24 ★★★Les points fixes d une permutation aleatoire

Espérance, formule de transfert, linéarité, somme d'indicatricesVariance, écart-type, Koenig-Huygens, covariance, variance d'une somme

Soit n2. On choisit une permutation σ au hasard, de façon uniforme, dans le groupe symétrique Sn : l'univers est Ω=Sn muni de la probabilité uniforme. On note X le nombre de points fixes de σ, c'est-à-dire

X(σ)=card{i[ ⁣[1,n] ⁣] ; σ(i)=i},

et, pour i[ ⁣[1,n] ⁣], Ai l'événement (σ(i)=i).

  1. Justifier que X=i=1n1Ai, calculer P(Ai) et en déduire E(X). Commenter le résultat.

  2. Calculer P(AiAj) pour ij.

  3. En déduire que, pour ij, Cov(1Ai,1Aj)=1n2(n1).

  4. En déduire V(X).

  5. Vérifier entièrement les résultats pour n=3, en énumérant les six permutations de S3.

  6. Les indicatrices 1Ai sont-elles indépendantes ? Pourquoi le calcul de E(X) ne s'en est-il pas soucié, contrairement à celui de V(X) ?

Exercice 25 ★★★Un tirage sans remise et la loi du nombre de blanches

Variable aléatoire sur un univers fini, loi, image par une fonctionEspérance, formule de transfert, linéarité, somme d'indicatrices

Une urne contient N boules indiscernables au toucher mais numérotées, dont b blanches et Nb noires, avec 1bN. On en tire simultanément n boules, avec 1nN, tous les tirages étant équiprobables. On note X le nombre de boules blanches obtenues.

  1. Décrire l'univers, préciser X(Ω) et démontrer que
P(X=k)=(bk)(Nbnk)(Nn).
  1. Vérifier que la somme de ces probabilités vaut 1, en invoquant la formule de Vandermonde.

  2. Calculer E(X) par la méthode des indicatrices : on posera, pour i[ ⁣[1,b] ⁣], 1i l'indicatrice de l'événement « la boule blanche numéro i figure dans le tirage », dont on montrera qu'il a pour probabilité nN.

  3. Comparer avec l'espérance du même comptage effectué avec remise, et commenter.

  4. Application numérique : un lot de 50 pièces contient 5 pièces défectueuses ; on en prélève 10 au hasard. Calculer l'espérance du nombre de pièces défectueuses prélevées, puis la probabilité d'en détecter au moins une.

  5. Que devient la loi de X lorsque N devient très grand, la proportion bN=p restant fixée ? Réponse qualitative attendue.

Exercice 26 ★★★Une covariance nulle sans independance

Variance, écart-type, Koenig-Huygens, covariance, variance d'une sommeCouples de variables aléatoires, loi conjointe, marginales, indépendance

Toutes les variables aléatoires sont définies sur un même univers fini Ω.

  1. Démontrer que si X et Y sont indépendantes, alors Cov(X,Y)=0.

  2. Soit XU({1,0,1}) et Y=X2. Donner la loi conjointe du couple (X,Y) et les deux lois marginales, puis calculer Cov(X,Y).

  3. Démontrer que X et Y ne sont pas indépendantes. Que conclure sur la réciproque de la question 1 ?

  4. Calculer Cov(X,aX+b) pour a,b réels. Qu'est-ce que la covariance mesure réellement ?

  5. Soit XU([ ⁣[1,4] ⁣]) et Y=1(X pair). Calculer Cov(X,Y) et conclure quant à l'indépendance.

  6. Soient enfin XB(p) et YB(q) telles que Cov(X,Y)=0. Démontrer que X et Y sont indépendantes.

Exercice 27 ★★★La valeur la plus probable d une loi binomiale

Lois usuelles : uniforme, de Bernoulli, binomiale

Soient nN et p]0,1[. On pose q=1p et l'on considère XB(n,p). Pour k[ ⁣[0,n] ⁣], on note uk=P(X=k). On cherche la ou les valeurs de k pour lesquelles uk est maximal : ce sont les valeurs les plus probables, ou modes, de la loi.

  1. Justifier que uk>0 pour tout k[ ⁣[0,n] ⁣], puis calculer et simplifier le rapport uk+1uk pour k[ ⁣[0,n1] ⁣].

  2. Démontrer que, pour k[ ⁣[0,n1] ⁣], uk+1uk si et seulement si k+1(n+1)p. En déduire le sens de variation de la suite finie (uk)0kn.

  3. On pose k0=(n+1)p. Démontrer que uk0 est le maximum de (uk), qu'il y a exactement deux valeurs les plus probables lorsque (n+1)p est un entier, et une seule sinon.

  4. Applications numériques : déterminer le ou les modes et la probabilité maximale pour (n,p)=(10;0,3), puis (9;0,5), puis (5,16).

  5. Comparer le mode et l'espérance np. Démontrer que k0np<1.

Exercice 28 ★★★La somme de deux binomiales independantes

Couples de variables aléatoires, loi conjointe, marginales, indépendanceLois usuelles : uniforme, de Bernoulli, binomiale

Soient n,mN et p]0,1[. Sur un même univers fini Ω, on considère deux variables aléatoires indépendantes XB(n,p) et YB(m,p), de même paramètre p.

  1. Déterminer (X+Y)(Ω).

  2. Soit k[ ⁣[0,n+m] ⁣]. En appliquant la formule des probabilités totales au système complet d'événements ((X=i))0in, écrire P(X+Y=k) sous forme d'une somme, puis conclure à l'aide de la formule de Vandermonde que X+YB(n+m,p).

  3. Retrouver ce résultat en une ligne, en décomposant X et Y en sommes d'indicatrices dans un schéma d'épreuves répétées.

  4. Contrôler la cohérence du résultat sur les espérances, puis sur les variances.

  5. On suppose maintenant n=m=1, avec XB(p1) et YB(p2) indépendantes et p1p2. Montrer que X+Y ne suit aucune loi binomiale B(2,r) : on déterminera d'abord la seule valeur possible de r grâce à l'espérance, puis on comparera P(X+Y=2) à ce que cette loi imposerait. Illustrer avec p1=12 et p2=14.

Exercice 29 ★★★L esperance par la formule de la queue

Espérance, formule de transfert, linéarité, somme d'indicatricesVariable aléatoire sur un univers fini, loi, image par une fonction

Soit X une variable aléatoire définie sur un univers fini Ω, à valeurs dans [ ⁣[0,n] ⁣].

  1. Démontrer la formule de la queue :
E(X)=k=1nP(Xk).

On explicitera soigneusement le domaine de la somme double avant d'intervertir.

  1. Vérifier cette formule lorsque XU([ ⁣[0,n] ⁣]).

  2. Une urne contient N2 boules numérotées de 1 à N. On en tire deux simultanément, et l'on note M le plus grand des deux numéros obtenus. Déterminer P(Mk) pour k[ ⁣[0,N] ⁣], puis P(Mk).

  3. En déduire, à l'aide de la question 1, que

E(M)=2(N+1)3.

On établira au passage l'identité j=0N1(j2)=(N3). Vérifier le résultat pour N=2 et N=3 en énumérant les tirages.

  1. Dans quelles situations la formule de la queue est-elle plus économique que le calcul direct de E(X) à partir de la loi de X ?

Exercice 30 ★★★★Une chaine a deux etats et une suite arithmetico-geometrique

Formule des probabilités totales, formule de Bayes, arbres pondérés

Une puce occupe, à chaque top d'horloge, l'une des deux positions A ou B. À chaque top :

  • si elle est en A, elle saute en B avec la probabilité a, et reste en A avec la probabilité 1a ;
  • si elle est en B, elle saute en A avec la probabilité b, et reste en B avec la probabilité 1b,

avec 0<a<1 et 0<b<1. On observe les n premiers déplacements : l'univers est l'ensemble fini des trajectoires possibles. On note An l'événement « la puce est en A à l'instant n », pn=P(An), et l'on se donne p0[0,1].

  1. Justifier, par la formule des probabilités totales appliquée au système complet (An,An), que pour tout nN
pn+1=(1a)pn+b(1pn).
  1. Réécrire cette relation sous la forme pn+1=αpn+β et vérifier que α<1.

  2. Déterminer l'unique point fixe de la relation, puis donner l'expression explicite de pn en fonction de n, a, b et p0.

  3. Étudier la limite de (pn) et montrer qu'elle ne dépend pas de p0.

  4. Application numérique : a=0,3, b=0,2 et p0=1. Donner p1, p2, p3, p4 et la limite.

  5. Commenter : que se passe-t-il si p0= ? Comment la vitesse de convergence dépend-elle de a et b ?

Exercice 31 ★★★Un sondage et la taille de l echantillon

Inégalités de Markov et de Bienaymé-Tchebychev, loi faible des grands nombres

On interroge n personnes, indépendamment les unes des autres. Chacune répond « oui » avec la même probabilité p[0,1], inconnue. On note Sn le nombre de réponses « oui » et

Fn=Snn

la fréquence observée de « oui » dans l'échantillon.

  1. Donner la loi de Sn, puis calculer E(Fn) et V(Fn).

  2. Démontrer que V(Fn)14n, et souligner pourquoi cette majoration est précieuse ici.

  3. Soit ε>0. À l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, majorer P(Fnpε) par une quantité qui ne dépend pas de p.

  4. En déduire une taille d'échantillon n garantissant

P(Fnp0,03)0,05.

Donner le plus petit entier fourni par cette méthode.

  1. Commenter la dépendance en 1ε2 : quel est le coût d'une division de l'erreur par 2 ?

  2. Énoncer la loi faible des grands nombres dans ce cadre. Que garantit-elle exactement, et que ne garantit-elle pas ?

Exercice 32 ★★★★La variance minimise l ecart quadratique moyen

Espérance, formule de transfert, linéarité, somme d'indicatricesVariance, écart-type, Koenig-Huygens, covariance, variance d'une somme

Soit X une variable aléatoire réelle définie sur un univers fini Ω. Pour aR, on pose

f(a)=E((Xa)2),

appelé écart quadratique moyen entre X et la constante a.

  1. Montrer que f est une fonction polynomiale du second degré de la variable a, et expliciter ses trois coefficients en fonction de E(X) et de E(X2).

  2. Mettre f sous forme canonique. En déduire que f atteint son minimum en un unique point, que ce point est a=E(X), et que ce minimum vaut V(X).

  3. Retrouver au passage la formule de Koenig-Huygens.

  4. Application numérique. La variable X a pour loi

x 1 0 2
P(X=x) 14 12 14

Expliciter f, retrouver son minimum, et vérifier directement la valeur de f(0) et de f(E(X)).

  1. Interpréter le résultat : en quel sens E(X) est-elle la « meilleure approximation constante » de X ?

  2. Montrer que V(X)=0 si et seulement si X est constante sur tous les événements élémentaires de probabilité non nulle.

Exercice 33 ★★★★Jamais deux piles consecutifs

Formule des probabilités totales, formule de Bayes, arbres pondérésProbabilités conditionnelles, formule des probabilités composées

Soit n1. On lance exactement n fois une pièce équilibrée, les lancers étant mutuellement indépendants. On code le résultat par un mot de longueur n sur l'alphabet {0,1}, le chiffre 1 signifiant « pile » et le chiffre 0 « face » : l'univers est donc l'ensemble fini Ωn={0,1}n, de cardinal 2n, muni de la probabilité uniforme.

On note An l'événement « la suite obtenue ne contient jamais deux piles consécutifs », c'est-à-dire « le mot obtenu ne contient pas le facteur 11 », et un=card(An).

  1. Déterminer u1, u2 et u3 en énumérant les mots favorables.

  2. Démontrer que pour tout n1,

un+2=un+1+un,

en partitionnant les mots favorables de longueur n+2 selon le résultat du premier lancer. Relire cette relation comme une formule des probabilités totales.

  1. Reconnaître la suite de Fibonacci, puis donner l'expression explicite de un en résolvant la récurrence linéaire d'ordre 2.

  2. En déduire P(An), et calculer sa valeur pour n=5 et n=10.

  3. Déterminer un équivalent de P(An) quand n+. En déduire que P(An)0, et préciser à quelle vitesse.

Exercice 34 ★★★Cauchy-Schwarz, correlation et cas d egalite

Variance, écart-type, Koenig-Huygens, covariance, variance d'une sommeCouples de variables aléatoires, loi conjointe, marginales, indépendance

Soient X et Y deux variables aléatoires réelles définies sur un même univers fini Ω. Pour tR, on pose

g(t)=V(X+tY).
  1. Montrer que g est une fonction polynomiale de degré au plus 2 en t, à coefficients exprimés à l'aide de V(X), V(Y) et Cov(X,Y), et que g est positive ou nulle sur R.

  2. En discutant selon la nullité de V(Y) et en utilisant le discriminant, démontrer l'inégalité de Cauchy-Schwarz :

Cov(X,Y)σ(X)σ(Y).
  1. On suppose désormais σ(X)>0 et σ(Y)>0. Définir le coefficient de corrélation ρ(X,Y) et montrer que 1ρ(X,Y)1.

  2. Étudier le cas d'égalité : démontrer que ρ(X,Y)=1 si et seulement s'il existe des réels α0 et β tels que Y=αX+β presque sûrement, et préciser le signe de α.

  3. Application. La loi conjointe du couple (X,Y) est donnée par le tableau suivant.

P(X=x,Y=y) y=0 y=1 y=2
x=0 16 16 16
x=1 0 16 13

Déterminer les lois marginales, puis calculer Cov(X,Y) et ρ(X,Y).

  1. Soient a0 et b deux réels. Que vaut ρ(X,aX+b) selon le signe de a ?

Exercice 35 ★★★★Les records d une permutation aleatoire

Espérance, formule de transfert, linéarité, somme d'indicatricesVariance, écart-type, Koenig-Huygens, covariance, variance d'une sommeIndépendance de deux événements, indépendance mutuelle d'une famille

Soit n1. On choisit une permutation σ uniformément dans le groupe symétrique Sn : l'univers est Ω=Sn, de cardinal n!, muni de la probabilité uniforme.

On dit que l'indice i[ ⁣[1,n] ⁣] est un record de σ lorsque

σ(i)>σ(j)pour tout j[ ⁣[1,i1] ⁣],

condition vide pour i=1 : l'indice 1 est toujours un record. On note Ci l'événement « l'indice i est un record », Ri=1Ci son indicatrice, et R=i=1nRi le nombre de records de σ.

  1. Traiter entièrement le cas n=3 : énumérer les six permutations, donner la loi de R, puis E(R) et V(R).

  2. Démontrer que pour tout i[ ⁣[1,n] ⁣],

P(Ci)=1i.

On remarquera que Ci signifie « le maximum de σ(1),,σ(i) est atteint en position i », et l'on utilisera un argument de symétrie entre les i premières positions.

  1. En déduire E(R), et vérifier le résultat sur le cas n=3.

  2. Par comparaison somme-intégrale, démontrer que E(R)lnn quand n+.

  3. On admet que la famille d'événements (C1,C2,,Cn) est mutuellement indépendante. En déduire

V(R)=i=1n(1i1i2),

et vérifier cette formule sur le cas n=3.

  1. Commenter le contraste avec le nombre de points fixes d'une permutation aléatoire.

Exercice 36 ★★★★La loi faible des grands nombres et le theoreme de Weierstrass

Inégalités de Markov et de Bienaymé-Tchebychev, loi faible des grands nombresEspérance, formule de transfert, linéarité, somme d'indicatrices

Soit f une fonction continue sur le segment [0,1], à valeurs réelles. Pour n1 et x[0,1], on définit le n-ième polynôme de Bernstein de f :

Bn(x)=k=0nf ⁣(kn)(nk)xk(1x)nk.
  1. Justifier que Bn est une fonction polynomiale de degré au plus n. Puis, x[0,1] étant fixé et Sn désignant une variable aléatoire de loi B(n,x), montrer que
Bn(x)=E ⁣(f ⁣(Snn)).
  1. Rappeler E ⁣(Snn) et V ⁣(Snn), et démontrer que V ⁣(Snn)14n.

  2. Soit δ>0. Majorer P ⁣(Snnxδ) par une quantité indépendante de x.

  3. Soit ε>0. En utilisant la continuité uniforme de f sur [0,1] et le fait que f est bornée, découper la somme donnant Bn(x)f(x) selon que knx est petit ou grand, et exhiber un entier N explicite tel que

nN,supx[0,1]Bn(x)f(x)ε.
  1. Énoncer le théorème ainsi démontré.

  2. Application : expliciter B2 pour f(x)=x2 et calculer l'écart maximal avec f.

Bloqué sur « Probabilités » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.