MPSI · Chapitre 16 · Second semestre

Exercices — Dénombrement

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Cardinaux à la main

Ensembles finis, cardinal, cardinal d'une partie et cas d'égalité

  1. Déterminer, en justifiant, le cardinal de chacun des ensembles suivants :

    a. A={k[ ⁣[1,100] ⁣]k est multiple de 7}

    b. B={k[ ⁣[1,100] ⁣]k est multiple de 5}

    c. AB

    d. AB

  2. Soit D l'ensemble des diviseurs positifs de 360. Décomposer 360 en produit de facteurs premiers, exhiber une bijection entre D et un produit cartésien d'intervalles d'entiers, puis en déduire Card(D).

  3. Soit nN. Déterminer Card(T), où T={(i,j)[ ⁣[1,n] ⁣]2i<j}.

  4. Soit E un ensemble fini avec Card(E)=6. Donner Card(P(E)), puis le nombre de parties de E distinctes de et de E.

Exercice 2 ★★★Le principe multiplicatif en situation

Union disjointe, complémentaire, réunion de deux ensembles, produit cartésienp-listes, nombre d'applications, nombre de parties d'un ensemble fini

Dans chaque question, on décrira précisément l'ensemble compté et on justifiera le modèle utilisé (produit cartésien, bijection, réunion disjointe) avant de donner le résultat numérique.

  1. Un restaurant propose 4 entrées, 5 plats et 3 desserts. Un menu est la donnée d'une entrée, d'un plat et d'un dessert. Écrire l'ensemble M des menus comme un produit cartésien, puis donner Card(M).

  2. Pour aller de la ville A à la ville D, on passe obligatoirement par B, puis par C. Il existe 3 routes de A à B, 4 routes de B à C et 2 routes de C à D. Combien de trajets de A à D peut-on emprunter ?

  3. Soient E et F deux ensembles finis avec Card(E)=7 et Card(F)=5. Combien y a-t-il de couples (a,b) avec aE et bF ? Énoncer le résultat général.

  4. Soit E un ensemble fini de cardinal n1. Déterminer de deux façons différentes le cardinal de l'ensemble D={(a,b)E2ab}, puis donner la valeur obtenue pour n=7.

Exercice 3 ★★★Réunion disjointe et passage au complémentaire

Union disjointe, complémentaire, réunion de deux ensembles, produit cartésienEnsembles finis, cardinal, cardinal d'une partie et cas d'égalité

On pose E=[ ⁣[1,200] ⁣] et, pour dN, Md={kEd divise k}.

  1. Déterminer Card(M3).

  2. En déduire le nombre d'entiers de E qui ne sont pas multiples de 3.

  3. Déterminer Card(M3M5).

  4. Déterminer le nombre d'entiers de E qui sont multiples de 3 mais pas de 5.

  5. On appelle mot de trois lettres toute suite de trois lettres de l'alphabet français, qui en compte 26 (un tel mot n'a pas besoin d'avoir un sens, et les répétitions de lettres sont autorisées). Les voyelles sont a, e, i, o, u, y. Combien de ces mots contiennent au moins une voyelle ? On traitera la question par passage au complémentaire, et on expliquera pourquoi le comptage direct serait maladroit.

Exercice 4 ★★★Plaques d'immatriculation et mots de passe

p-listes, nombre d'applications, nombre de parties d'un ensemble fini

  1. Une plaque d'immatriculation est constituée de deux lettres, puis de trois chiffres, puis de deux lettres. L'alphabet compte 26 lettres, les chiffres vont de 0 à 9, et les répétitions sont autorisées. Combien de plaques peut-on former ?

  2. Un mot de passe est une suite de 8 caractères choisis dans un alphabet de 62 caractères. Donner le nombre de mots de passe sous forme d'une puissance, puis en donner un ordre de grandeur justifié, sans calculatrice.

  3. Déterminer les cardinaux suivants :

    a. le nombre d'applications de [ ⁣[1,4] ⁣] dans [ ⁣[1,3] ⁣]

    b. le nombre de parties de [ ⁣[1,10] ⁣]

  4. Soient kN et n2. Sur un alphabet L à k lettres, un mot de longueur n est une n-liste d'éléments de L. Combien de mots de longueur n commencent et finissent par la même lettre ? Contrôler la formule pour n=2.

Exercice 5 ★★★Podiums, tiercés et arrangements

p-listes d'éléments distincts, arrangements, nombre d'injections

Dans tout l'exercice, aucun ex aequo n'est possible.

  1. Une course réunit 12 concurrents. Un podium est la donnée, dans l'ordre, des trois premiers arrivés. Combien de podiums peut-on former ?

  2. Une course réunit 18 chevaux. Combien y a-t-il de tiercés dans l'ordre, c'est-à-dire de listes des trois premiers arrivés dans l'ordre d'arrivée ? Combien y a-t-il de tiercés dans le désordre, c'est-à-dire de choix des trois chevaux arrivés en tête, sans tenir compte de leur ordre ?

  3. Déterminer les nombres suivants :

    a. le nombre de 5-listes d'éléments deux à deux distincts de [ ⁣[1,9] ⁣]

    b. le nombre d'injections de [ ⁣[1,3] ⁣] dans [ ⁣[1,7] ⁣]

  4. Comparer A73 et 73. Que compte exactement leur différence ?

Exercice 6 ★★★★Les anagrammes d'un mot à lettres distinctes

Permutations d'un ensemble fini, factorielle

On appelle anagramme du mot FLACON tout mot de six lettres obtenu en écrivant chacune des six lettres F, L, A, C, O, N une fois et une seule ; le résultat n'a pas besoin d'avoir un sens. Les voyelles sont A et O, les consonnes sont F, L, C et N.

  1. Combien le mot FLACON possède-t-il d'anagrammes ?

  2. Combien de ces anagrammes commencent par une consonne ?

  3. Combien de ces anagrammes ont leurs deux voyelles côte à côte ? On expliquera soigneusement le modèle utilisé.

  4. Combien de ces anagrammes n'ont de voyelle ni en première ni en dernière position ?

  5. Soit nN. De combien de façons peut-on ranger n livres distincts côte à côte sur une étagère ? Et, pour n2, si deux livres fixés à l'avance doivent rester l'un à côté de l'autre ?

Exercice 7 ★★★Premiers coefficients binomiaux et symétrie

Parties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie

  1. Calculer les coefficients binomiaux suivants :

    a. (72)

    b. (103)

    c. (99)

    d. (1211)

    e. (60)

    f. (2018)

  2. Énoncer la formule de symétrie des coefficients binomiaux et en donner la démonstration combinatoire. L'utiliser pour calculer (5048) et (10099) sans effectuer de gros calculs.

  3. Résoudre dans N l'équation (n2)=45.

  4. Dans un groupe de 10 personnes, combien de comités de 4 personnes peut-on former ? Combien de ces comités comptent une personne fixée à l'avance, appelée Alice ?

Exercice 8 ★★★Le triangle de Pascal et la formule du binôme

Formule de Pascal, formule du pivot, binôme de Newton, formule de Vandermonde

  1. À l'aide de la formule de Pascal, construire les lignes n=0 à n=7 du triangle de Pascal.

  2. En déduire le développement de (a+b)5, où a et b sont deux réels.

  3. Développer (2x3)4, où x est un réel, et contrôler le résultat en évaluant les deux membres en x=1.

  4. Calculer k=07(7k) de deux façons : d'abord à partir de la ligne n=7, puis par la formule du binôme.

  5. Donner le coefficient de x3 dans le développement de (1+x)10, puis dans celui de (1+2x)10.

Exercice 9 ★★★★Les parties d'un ensemble, en trois preuves

p-listes, nombre d'applications, nombre de parties d'un ensemble finiParties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie

Soit E un ensemble fini de cardinal nN. On se propose de démontrer de trois façons que Card(P(E))=2n.

  1. Pour AP(E), on note 1A la fonction indicatrice de A, définie sur E par 1A(x)=1 si xA et 1A(x)=0 sinon. Montrer que l'application φ:A1A, de P(E) dans F(E,{0,1}), est bijective en explicitant sa réciproque, puis conclure.

  2. Redémontrer le résultat par récurrence sur n.

  3. Le redémontrer une troisième fois en partitionnant P(E) selon le cardinal des parties, puis en utilisant la formule du binôme.

  4. Applications, dans le cas E=[ ⁣[1,10] ⁣]. Combien de parties de E contiennent l'élément 1 ? Combien contiennent 1 mais pas 2 ? Combien sont de cardinal supérieur ou égal à 8 ?

Exercice 10 ★★★Deux langues vivantes : la réunion de deux ensembles

Union disjointe, complémentaire, réunion de deux ensembles, produit cartésienEnsembles finis, cardinal, cardinal d'une partie et cas d'égalité

Un lycée compte 420 élèves. Parmi eux, 260 étudient l'anglais, 180 étudient l'espagnol, et 95 étudient les deux langues.

  1. Combien d'élèves étudient au moins une des deux langues ?

  2. Combien d'élèves étudient l'anglais mais pas l'espagnol ? Combien en étudient exactement une des deux ?

  3. Combien d'élèves n'étudient aucune de ces deux langues ?

  4. Soient A et B deux parties d'un ensemble fini E. En écrivant AB puis B comme des réunions disjointes, démontrer que Card(AB)=Card(A)+Card(B)Card(AB).

  5. En déduire l'encadrement max(Card(A),Card(B))Card(AB)Card(A)+Card(B), et préciser dans chaque cas à quelle condition l'égalité a lieu.

Exercice 11 ★★★★Applications, injections et surjections entre petits ensembles

p-listes, nombre d'applications, nombre de parties d'un ensemble finip-listes d'éléments distincts, arrangements, nombre d'injectionsInjections, surjections et bijections entre ensembles finis, principe des tiroirs

Soient E et F deux ensembles finis non vides, de cardinaux respectifs Card(E)=p et Card(F)=n.

  1. Déterminer, en justifiant le modèle utilisé, le nombre d'applications de E dans F.

  2. Déterminer le nombre d'injections de E dans F, en discutant selon p et n.

  3. En déduire le nombre de bijections de E sur F, en discutant selon p et n.

  4. Donner les trois nombres précédents pour (p,n)=(3,5), puis (p,n)=(5,3), puis (p,n)=(4,4).

  5. Dénombrer les surjections de [ ⁣[1,3] ⁣] sur [ ⁣[1,2] ⁣] par passage au complémentaire, puis contrôler le résultat en les énumérant toutes.

  6. Soit n1. Combien y a-t-il d'applications de [ ⁣[1,n] ⁣] dans [ ⁣[1,n] ⁣] qui ne sont pas injectives ? Donner la valeur pour n=3.

Exercice 12 ★★★★Comités, mains de cartes et tirages simultanés

Parties à p éléments, coefficients binomiaux, symétriep-listes d'éléments distincts, arrangements, nombre d'injections

Une association est composée de 12 femmes et 8 hommes. Un comité est un groupe de personnes choisies parmi les membres de l'association, sans ordre et sans répétition.

  1. Combien peut-on former de comités de 5 personnes ?

  2. Combien de ces comités comportent exactement 2 hommes ?

  3. Combien en comportent au moins un ? On passera au complémentaire.

  4. On veut maintenant former un comité de 5 personnes et désigner parmi ses membres un président et un secrétaire, qui doivent être deux personnes distinctes. Dénombrer ces comités présidés de deux façons : en choisissant d'abord le comité puis les deux responsables, puis en choisissant d'abord les deux responsables. Vérifier que les deux méthodes coïncident.

  5. Dans un jeu de 32 cartes, combien y a-t-il de mains de 5 cartes ? Combien d'entre elles contiennent les quatre as ?

Exercice 13 ★★★★Les anagrammes d'un mot à lettres répétées

Anagrammes, chemins, tirages, répartitions et sommes d'entiersDénombrer par bijection, principe des bergers, double comptagePermutations d'un ensemble fini, factorielle

On appelle anagramme d'un mot de n lettres tout mot de n lettres écrit avec exactement les mêmes lettres, chacune répétée le même nombre de fois. Le sens n'intervient pas, et le mot de départ compte parmi ses propres anagrammes.

  1. On considère un mot de n lettres écrit à l'aide de r lettres distinctes a1,,ar, la lettre ai y figurant ni fois, de sorte que n1++nr=n. Démontrer, à l'aide du lemme du berger, que le nombre d'anagrammes de ce mot vaut n!n1!n2!nr!.

  2. Contrôler la formule sur le mot AABB en énumérant toutes ses anagrammes.

  3. Appliquer la formule au mot MISSISSIPPI, puis au mot ANAGRAMME.

  4. Combien d'anagrammes de MISSISSIPPI commencent par un I ? Contrôler le résultat en dénombrant, pour chacune des lettres du mot, les anagrammes qui commencent par cette lettre.

Exercice 14 ★★★Le lemme du berger : tables rondes et colliers

Dénombrer par bijection, principe des bergers, double comptagePermutations d'un ensemble fini, factorielle

Dans les questions 2 et 3, n personnes s'assoient autour d'une table ronde dont les n places sont numérotées de 1 à n dans le sens des aiguilles d'une montre ; deux placements qui se déduisent l'un de l'autre par une rotation de la table donnent la même disposition.

  1. Énoncer et démontrer le lemme du berger : si f:XY est une application surjective entre deux ensembles finis dont toutes les fibres f1({y}) ont le même cardinal k, alors Card(X)=kCard(Y).

  2. Soit n1. Montrer qu'il y a exactement (n1)! dispositions.

  3. Soit n3. On identifie de plus une disposition et son image dans un miroir. Montrer qu'aucune disposition n'est égale à sa propre image par symétrie, puis en déduire qu'il reste (n1)!2 dispositions. Contrôler le résultat à la main pour n=4.

  4. Soit n1. Montrer que le nombre de façons de répartir 2n personnes en n paires vaut (2n)!2nn!, puis contrôler ce résultat à la main pour n=2 et n=3.

Exercice 15 ★★★★Les chemins dans une grille

Anagrammes, chemins, tirages, répartitions et sommes d'entiersParties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie

Un pion part du point (0,0) du plan et se déplace par pas successifs : un pas D le mène de (x,y) à (x+1,y), un pas H le mène de (x,y) à (x,y+1). Pour m et n entiers naturels, on appelle chemin de (0,0) à (m,n) toute suite finie de tels pas conduisant de (0,0) à (m,n), et on note c(m,n) le nombre de ces chemins.

  1. Montrer qu'un chemin de (0,0) à (m,n) comporte exactement m+n pas, puis construire une bijection entre l'ensemble de ces chemins et l'ensemble des mots de longueur m+n écrits avec les lettres D et H et comportant exactement m fois la lettre D. En déduire c(m,n).

  2. Calculer c(3,2), puis retrouver ce nombre en énumérant les mots correspondants. Calculer c(7,5).

  3. Soit (a,b) un point à coordonnées entières vérifiant 0am et 0bn. Combien de chemins de (0,0) à (m,n) passent par (a,b) ? Combien l'évitent ? Application numérique pour (m,n)=(7,5) et (a,b)=(3,2).

  4. Soit m1 et n1. En classant les chemins selon leur dernier pas, démontrer la relation (m+nm)=(m+n1m1)+(m+n1m), puis la vérifier sur le cas (m,n)=(3,2).

Exercice 16 ★★★★Diagonales et intersections d'un polygone convexe

Parties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrieAnagrammes, chemins, tirages, répartitions et sommes d'entiers

Soit n3 et soit Π un polygone convexe à n sommets. On note S l'ensemble de ses sommets. On appelle diagonale tout segment joignant deux sommets non consécutifs, et on suppose que trois diagonales ne sont jamais concourantes.

  1. Combien y a-t-il de segments joignant deux sommets distincts de Π ?

  2. En déduire que le nombre de diagonales de Π vaut n(n3)2.

  3. Combien y a-t-il de triangles dont les trois sommets sont des sommets de Π ?

  4. Montrer que le nombre de points d'intersection de deux diagonales situés strictement à l'intérieur de Π vaut (n4). On construira une bijection entre l'ensemble de ces points et l'ensemble des parties à quatre éléments de S.

  5. Donner les quatre nombres précédents pour n=8, puis pour n=12.

Exercice 17 ★★★★La formule du pivot, dite du capitaine

Formule de Pascal, formule du pivot, binôme de Newton, formule de Vandermonde

Soit n1 un entier.

  1. Démontrer par le calcul, à l'aide des factorielles, que p(np)=n(n1p1) pour tout entier p tel que 1pn.

  2. Redémontrer cette formule par double comptage, en dénombrant de deux façons l'ensemble des couples (A,x)A est une partie à p éléments de [ ⁣[1,n] ⁣] et où x est un élément de A.

  3. En déduire la valeur de k=1nk(nk).

  4. Montrer que pour tout k tel que 0kn on a 1k+1(nk)=1n+1(n+1k+1), puis en déduire la valeur de k=0n1k+1(nk).

  5. Vérifier les résultats des questions 3 et 4 pour n=3, par le calcul direct des deux sommes.

Exercice 18 ★★★★Sommes de coefficients binomiaux, alternée et pondérée

Formule de Pascal, formule du pivot, binôme de Newton, formule de Vandermonde

Soit n un entier naturel. Calculer, en justifiant chaque étape, les sommes suivantes.

  1. k=0n(nk).

  2. k=0n(1)k(nk) (on distinguera le cas n=0).

  3. k=0n(nk)2k.

  4. k=0nk(nk), pour n1, en utilisant la formule du pivot k(nk)=n(n1k1).

  5. k=0nk2(nk), pour n2, en écrivant k2=k(k1)+k et en appliquant deux fois la formule du pivot.

  6. Vérifier le résultat de la question 5 pour n=3, puis pour n=4, par le calcul direct de la somme.

Exercice 19 ★★★★Autant de parties de cardinal pair que de cardinal impair

Parties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrieFormule de Pascal, formule du pivot, binôme de Newton, formule de Vandermonde

Soit n1 et soit E un ensemble fini de cardinal n. On note A l'ensemble des parties de E de cardinal pair et B l'ensemble des parties de E de cardinal impair.

  1. Exprimer Card(A) et Card(B) à l'aide de coefficients binomiaux, et montrer que Card(A)+Card(B)=2n.

  2. En calculant k=0n(1)k(nk) par la formule du binôme, montrer que Card(A)=Card(B).

  3. Soit a un élément fixé de E. Pour AP(E), on pose φ(A)=A{a} si aA, et φ(A)=A{a} si aA (autrement dit φ(A)=A{a}, la différence symétrique de A et de {a}). Montrer que φφ=idP(E), puis que Card(φ(A)) et Card(A) n'ont jamais la même parité. En déduire une seconde démonstration de l'égalité Card(A)=Card(B).

  4. En déduire la valeur commune de Card(A) et Card(B).

  5. Que se passe-t-il si n=0 ?

Exercice 20 ★★★Le principe des tiroirs à l'oeuvre

Injections, surjections et bijections entre ensembles finis, principe des tiroirs

Dans les questions 2 à 5, on précisera explicitement quels sont les objets et quels sont les tiroirs.

  1. Énoncer le principe des tiroirs sous la forme suivante, puis le démontrer : si E et F sont deux ensembles finis tels que Card(E)>Card(F), alors aucune application de E dans F n'est injective.

  2. Montrer que parmi 13 personnes, deux au moins sont nées le même mois.

  3. Soit n1. Montrer que si l'on choisit n+1 entiers deux à deux distincts dans [ ⁣[1,2n] ⁣], il en existe deux dont l'un divise l'autre. On pourra écrire tout entier m1 sous la forme m=2αq avec αN et q impair.

  4. Montrer que parmi cinq points d'un carré de côté 2, deux au moins sont à une distance inférieure ou égale à 2.

  5. Soit n1. Montrer que toute partie de [ ⁣[1,2n] ⁣] à n+1 éléments contient deux entiers consécutifs.

Exercice 21 ★★★Injective, surjective, bijective : le théorème des cardinaux égaux

Injections, surjections et bijections entre ensembles finis, principe des tiroirsEnsembles finis, cardinal, cardinal d'une partie et cas d'égalité

Soit E et F deux ensembles finis de même cardinal n, et soit f:EF.

  1. Montrer que si f est injective, alors f est surjective.

  2. Montrer que si f est surjective, alors f est injective. Conclure : f injective      f surjective      f bijective.

  3. Donner un contre-exemple montrant que l'hypothèse « E et F ont même cardinal » est indispensable, puis un contre-exemple montrant que l'hypothèse « E et F sont finis » l'est aussi, en considérant l'application kk+1 de N dans N.

  4. Soit n1 et f:[ ⁣[1,n] ⁣][ ⁣[1,n] ⁣] croissante au sens large et injective. Montrer que f=id.

  5. Soit E un ensemble fini et f:EE telle que ff=f. Montrer que f est injective si et seulement si f=idE. Qu'obtient-on si l'on suppose f surjective ?

Exercice 22 ★★★★Les couples de parties emboîtées

Anagrammes, chemins, tirages, répartitions et sommes d'entiersDénombrer par bijection, principe des bergers, double comptagep-listes, nombre d'applications, nombre de parties d'un ensemble fini

Soit E un ensemble fini de cardinal n. On pose

E={(A,B)P(E)2AB},D={(A,B)P(E)2AB=},R={(A,B)P(E)2AB=E}.
  1. En classant les couples de E selon la partie B, montrer que Card(E)=k=0n(nk)2k, puis calculer cette somme.

  2. Retrouver le résultat en construisant une bijection explicite de E sur F(E,{1,2,3}). On précisera l'application réciproque.

  3. Construire une bijection de E sur D, puis une bijection de D sur R, chacune avec sa réciproque. Que valent Card(D) et Card(R) ?

  4. Vérifier ces résultats pour E={1,2} en énumérant les éléments de E, de D et de R.

Exercice 23 ★★★★La formule de Vandermonde, deux démonstrations

Formule de Pascal, formule du pivot, binôme de Newton, formule de Vandermonde

Soient m, n et p trois entiers naturels. On adopte la convention usuelle (ab)=0 dès que b>a. On veut établir la formule de Vandermonde :

k=0p(mk)(npk)=(m+np).
  1. Soit E un ensemble à m+n éléments, réunion disjointe de deux parties F et G de cardinaux respectifs m et n. En classant les parties à p éléments de E selon le nombre d'éléments qu'elles prennent dans F, démontrer la formule. On exhibera la bijection utilisée et sa réciproque.

  2. Démontrer à nouveau la formule en identifiant les coefficients de Xp dans l'égalité polynomiale (1+X)m(1+X)n=(1+X)m+n.

  3. Vérifier numériquement la formule pour m=3, n=4 et p=3.

  4. Soit n1. Calculer k=0n(nk)(nk+1) à l'aide d'un unique coefficient binomial, puis contrôler le résultat pour n=2 et n=3.

Exercice 24 ★★★La somme des carrés des coefficients binomiaux

Formule de Pascal, formule du pivot, binôme de Newton, formule de VandermondeParties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie

Soit n un entier naturel. On note E=[ ⁣[1,2n] ⁣], F=[ ⁣[1,n] ⁣] et G=[ ⁣[n+1,2n] ⁣], de sorte que E est la réunion disjointe de F et de G.

  1. Soit k[ ⁣[0,n] ⁣]. Montrer que le nombre de parties P de E à n éléments telles que Card(PF)=k vaut (nk)(nnk). On construira une bijection explicite et sa réciproque.

  2. En déduire, par un dénombrement de Pn(E) et la formule de symétrie, que

k=0n(nk)2=(2nn).
  1. Vérifier cette identité pour n=1, n=2 et n=3.

  2. Soit n1. À l'aide de la formule du pivot k(nk)=n(n1k1) puis de la formule de Vandermonde, calculer k=0nk(nk)2. Vérifier le résultat pour n=3.

Exercice 25 ★★★★La somme en colonne du triangle de Pascal

Formule de Pascal, formule du pivot, binôme de Newton, formule de VandermondeParties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie

Soient p et n deux entiers naturels tels que pn. On veut établir l'identité

k=pn(kp)=(n+1p+1),

qui exprime que la somme d'une colonne du triangle de Pascal, arrêtée à la ligne n, se lit une ligne plus bas et une colonne plus loin.

  1. Démontrer cette identité par récurrence sur n, à p fixé, en utilisant la formule de Pascal.

  2. La redémontrer en dénombrant les parties à p+1 éléments de [ ⁣[1,n+1] ⁣] classées selon leur plus grand élément. On explicitera la bijection utilisée et sa réciproque.

  3. En prenant p=1, retrouver k=1nk=n(n+1)2. En prenant p=2, montrer que k=1nk(k1)2=(n+13).

  4. Vérifier que k2=2(k2)+(k1) pour tout k1, et en déduire la valeur de k=1nk2.

  5. Contrôler les trois sommes obtenues pour n=5.

Exercice 26 ★★★★Applications croissantes et strictement croissantes

Dénombrer par bijection, principe des bergers, double comptageParties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrieInjections, surjections et bijections entre ensembles finis, principe des tiroirs

Soient n et p deux entiers naturels non nuls. On note S(p,n) l'ensemble des applications strictement croissantes de [ ⁣[1,p] ⁣] dans [ ⁣[1,n] ⁣], et C(p,n) l'ensemble des applications croissantes au sens large de [ ⁣[1,p] ⁣] dans [ ⁣[1,n] ⁣].

  1. Montrer que l'application ff([ ⁣[1,p] ⁣]) est une bijection de S(p,n) sur Pp([ ⁣[1,n] ⁣]), en décrivant sa réciproque. En déduire Card(S(p,n))=(np).

  2. Soit fC(p,n). On pose g(i)=f(i)+i1 pour i[ ⁣[1,p] ⁣]. Montrer que g est une application strictement croissante de [ ⁣[1,p] ⁣] dans [ ⁣[1,n+p1] ⁣].

  3. Montrer que fg est une bijection de C(p,n) sur S(p,n+p1) en explicitant sa réciproque, et en déduire Card(C(p,n))=(n+p1p).

  4. Vérifier les deux résultats pour p=2 et n=3, en énumérant complètement S(2,3) et C(2,3).

Exercice 27 ★★★Les solutions entières d'une équation à plusieurs inconnues

Anagrammes, chemins, tirages, répartitions et sommes d'entiersDénombrer par bijection, principe des bergers, double comptage

Soient nN et pN. On note

X(n,p)={(x1,,xp)Npx1++xp=n},X(n,p)={(x1,,xp)(N)px1++xp=n},T(n,p)={(x1,,xp)Npx1++xpn}.

On appelle mot de longueur N sur l'alphabet {a,b} une application de [ ⁣[1,N] ⁣] dans {a,b}, et on note M l'ensemble des mots de longueur n+p1 comportant exactement p1 lettres b.

  1. Montrer que Card(M)=(n+p1p1) en associant à un mot l'ensemble des positions de ses lettres b.

  2. À un p-uplet (x1,,xp) de X(n,p), on associe le mot formé de x1 lettres a, puis d'une lettre b, puis de x2 lettres a, puis d'une lettre b, et ainsi de suite jusqu'à xp lettres a. Montrer que l'on définit ainsi une bijection de X(n,p) sur M, dont on explicitera la réciproque, et en déduire Card(X(n,p)).

  3. On suppose np. En posant yi=xi1, montrer que Card(X(n,p))=(n1p1).

  4. En ajoutant une inconnue d'écart, montrer que Card(T(n,p))=(n+pp).

  5. Vérifier les trois résultats pour p=3 et n=2 par énumération exhaustive.

Exercice 28 ★★★Les parties sans deux éléments consécutifs

Dénombrer par bijection, principe des bergers, double comptageAnagrammes, chemins, tirages, répartitions et sommes d'entiers

Soit nN. Une partie A de [ ⁣[1,n] ⁣] est dite écartée lorsqu'elle ne contient jamais deux entiers consécutifs, c'est-à-dire lorsqu'il n'existe aucun k tel que kA et k+1A. Pour p[ ⁣[0,n] ⁣], on note Ep(n) l'ensemble des parties écartées de [ ⁣[1,n] ⁣] à p éléments, et un le nombre total de parties écartées de [ ⁣[1,n] ⁣].

  1. Soit p1 et soit A={a1<a2<<ap} une partie écartée de [ ⁣[1,n] ⁣]. Montrer que ai+1ai+2 pour tout i[ ⁣[1,p1] ⁣], puis que
φ(A)={a1,  a21,  ,  ap(p1)}

est une partie à p éléments de [ ⁣[1,np+1] ⁣].

  1. Montrer que φ est une bijection de Ep(n) sur Pp([ ⁣[1,np+1] ⁣]), en explicitant sa réciproque, et en déduire Card(Ep(n))=(np+1p).

  2. Vérifier ce résultat pour n=6 et p=2, puis pour n=6 et p=3, par énumération exhaustive.

  3. En déduire que un=p=0n(np+1p), et calculer un pour n allant de 1 à 6.

  4. Démontrer directement, en séparant les parties écartées selon qu'elles contiennent ou non l'entier n, que un=un1+un2 pour n3. Contrôler sur les valeurs de la question 4.

Exercice 29 ★★★★Compter les surjections sur un ensemble à deux éléments

Injections, surjections et bijections entre ensembles finis, principe des tiroirsAnagrammes, chemins, tirages, répartitions et sommes d'entiers

Soit n1 et soit {a,b} un ensemble à deux éléments. On note Sn l'ensemble des surjections de [ ⁣[1,n] ⁣] sur {a,b}, et An l'ensemble des parties de [ ⁣[1,n] ⁣] distinctes de et de [ ⁣[1,n] ⁣].

  1. Décrire les applications de [ ⁣[1,n] ⁣] dans {a,b} qui ne sont pas surjectives, puis en déduire par passage au complémentaire que Card(Sn)=2n2.

  2. Montrer que l'application Φ qui, à fSn, associe le couple (f1({a}), f1({a})) est une bijection de Sn sur l'ensemble des couples (A,A) avec AAn. Retrouver ainsi la valeur de Card(Sn).

  3. On appelle partition de [ ⁣[1,n] ⁣] en deux parties non vides toute paire {A,B} de parties non vides, disjointes, de réunion [ ⁣[1,n] ⁣]. En appliquant le lemme du berger à l'application f{f1({a}),f1({b})}, montrer que le nombre de ces partitions vaut 2n11.

  4. Vérifier les résultats des questions 1 et 3 en énumérant tous les cas pour n=3.

Exercice 30 ★★★Double comptage : la somme des cardinaux des parties

Dénombrer par bijection, principe des bergers, double comptageParties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie

Soit E un ensemble fini de cardinal n1. On pose

S1=AP(E)Card(A),S2=AP(E)Card(A)2,S3=(A,B)P(E)2Card(AB).
  1. Calculer S1 par double comptage de l'ensemble Ω={(x,A)E×P(E) : xA}.

  2. Retrouver S1 en regroupant les parties selon leur cardinal, c'est-à-dire en calculant k=0nk(nk).

  3. Retrouver S1 une troisième fois à l'aide de l'involution AA de P(E), et interpréter le résultat en termes de moyenne des cardinaux.

  4. Calculer S2 pour n=3 par énumération, puis démontrer que S2=n(n+1)2n2 pour tout n2.

  5. Démontrer que S3=n4n1, et vérifier pour n=1.

Exercice 31 ★★★★Mains de cartes : paire, brelan et full

Parties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrieAnagrammes, chemins, tirages, répartitions et sommes d'entiers

Un jeu de 52 cartes est l'ensemble J=H×C, où H est l'ensemble des 13 hauteurs et C celui des 4 couleurs : une carte est donc déterminée par le couple (hauteur, couleur). Une main est une partie de J à 5 éléments (les cartes ne sont ni ordonnées ni répétées).

  1. Déterminer le nombre total de mains.

  2. Compter les mains contenant exactement une paire : deux cartes de même hauteur, les trois autres étant de hauteurs deux à deux distinctes et différentes de celle de la paire.

  3. Compter les mains contenant un brelan et rien d'autre : trois cartes de même hauteur, les deux autres étant de hauteurs distinctes entre elles et différentes de celle du brelan.

  4. Compter les fulls : trois cartes d'une même hauteur et deux cartes d'une autre même hauteur.

  5. Compter les couleurs : cinq cartes de la même couleur.

  6. Compter, par passage au complémentaire, les mains contenant au moins un as (l'as est l'une des 13 hauteurs).

Chaque comptage sera justifié en décrivant la construction utilisée et en vérifiant que chaque main est obtenue une fois et une seule.

Exercice 32 ★★★★Les dérangements, par récurrence

Permutations d'un ensemble fini, factorielleAnagrammes, chemins, tirages, répartitions et sommes d'entiers

Une permutation σSn est un dérangement si elle n'a aucun point fixe, c'est-à-dire si σ(i)i pour tout i[ ⁣[1,n] ⁣]. On note Dn l'ensemble des dérangements de [ ⁣[1,n] ⁣] et dn=Card(Dn), avec la convention d0=1.

Plus généralement, si X est un ensemble fini de cardinal m, un dérangement de X est une permutation de X sans point fixe ; en transportant par une bijection de X sur [ ⁣[1,m] ⁣], leur nombre vaut dm et ne dépend donc que de m (ce point est admis).

  1. Déterminer d1, d2, d3 et d4 en énumérant les dérangements (on notera une permutation σ par le mot σ(1)σ(2)σ(n)).

  2. Soient n3 et k[ ⁣[2,n] ⁣]. On note Dnk={σDn : σ(1)=k}. Montrer que le nombre de σDnk tels que σ(k)=1 vaut dn2, puis construire une bijection explicite entre {σDnk : σ(k)1} et Dn1, l'ensemble des dérangements de [ ⁣[2,n] ⁣]. En déduire Card(Dnk)=dn1+dn2.

  3. En déduire que dn=(n1)(dn1+dn2) pour tout n3, puis calculer d5 et d6.

  4. Démontrer que n!=k=0n(nk)dnk en partitionnant Sn selon l'ensemble des points fixes, et vérifier cette identité pour n=4.

Exercice 33 ★★★Les suites de parties emboîtées

Anagrammes, chemins, tirages, répartitions et sommes d'entiersp-listes, nombre d'applications, nombre de parties d'un ensemble fini

Soient E un ensemble fini de cardinal n1 et p1 un entier. On note

  • Cp l'ensemble des p-uplets (A1,,Ap) de parties de E tels que A1A2Ap ;
  • Rp l'ensemble des p-uplets (A1,,Ap) de parties de E tels que A1A2Ap=E.
  1. À (A1,,Ap)Cp, on associe l'application f:E[ ⁣[1,p+1] ⁣] définie par : f(x) est le plus petit indice i[ ⁣[1,p] ⁣] tel que xAi s'il en existe un, et f(x)=p+1 sinon. Justifier que f est bien définie.

  2. Montrer que l'application Φ:(A1,,Ap)f ainsi obtenue est une bijection de Cp sur F(E,[ ⁣[1,p+1] ⁣]), en explicitant sa réciproque. En déduire Card(Cp)=(p+1)n.

  3. Contrôler le résultat pour p=1 et pour p=2, puis énumérer les éléments de C2 dans le cas E={1,2}.

  4. En associant cette fois à chaque xE l'ensemble g(x)={i[ ⁣[1,p] ⁣] : xAi}, montrer que Card(Rp)=(2p1)n. Vérifier par énumération pour n=p=2.

Exercice 34 ★★★Le nombre de surjections, par récurrence

Injections, surjections et bijections entre ensembles finis, principe des tiroirsAnagrammes, chemins, tirages, répartitions et sommes d'entiers

Pour n1 et p1, on note S(n,p) le nombre de surjections de [ ⁣[1,n] ⁣] sur [ ⁣[1,p] ⁣]. Plus généralement, si X et Y sont finis de cardinaux n et p, le nombre de surjections de X sur Y vaut S(n,p) : il ne dépend que des cardinaux, comme on le voit en transportant par des bijections X[ ⁣[1,n] ⁣] et Y[ ⁣[1,p] ⁣] (ce point est admis).

  1. Déterminer, en justifiant, S(n,1), S(n,n), S(n,p) pour p>n, et S(n,2).

  2. Soient n2 et p2. En partitionnant les surjections f de [ ⁣[1,n] ⁣] sur [ ⁣[1,p] ⁣] selon la valeur f(n), puis selon que n est ou non le seul antécédent de cette valeur, démontrer

S(n,p)=p(S(n1,p1)+S(n1,p)).
  1. Dresser le tableau des valeurs de S(n,p) pour 1pn5. Contrôler les valeurs S(4,2)=14 et S(4,3)=36 par un autre argument.

  2. Démontrer que pn=k=1p(pk)S(n,k) en partitionnant les applications de [ ⁣[1,n] ⁣] dans [ ⁣[1,p] ⁣] selon leur image, et vérifier pour n=3 et p=3.

Exercice 35 ★★★★Une sous-suite monotone par le principe des tiroirs

Injections, surjections et bijections entre ensembles finis, principe des tiroirsAnagrammes, chemins, tirages, répartitions et sommes d'entiers

Soit n1 et soient x1,x2,,xN des réels deux à deux distincts, où N=n2+1. On appelle sous-suite de (x1,,xN) toute famille (xi1,,xim) avec 1i1<i2<<imN ; l'entier m est sa longueur, et elle est dite croissante si xi1<<xim, décroissante si xi1>>xim, monotone si elle est croissante ou décroissante.

Pour i[ ⁣[1,N] ⁣], on note ci (resp. di) la longueur maximale d'une sous-suite croissante (resp. décroissante) dont le premier terme est xi.

  1. Justifier que ci et di sont bien définis, et que ci1 et di1.

  2. Soient i<j. Montrer que si xi<xj alors cicj+1, et que si xi>xj alors didj+1. En déduire que (ci,di)(cj,dj).

  3. En déduire, par le principe des tiroirs, qu'il existe un indice i tel que cin+1 ou din+1, puis conclure que la suite contient une sous-suite monotone de longueur n+1.

  4. Pour n=2, calculer les couples (ci,di) associés à la suite 2, 5, 3, 1, 4, et exhiber une sous-suite monotone de longueur 3.

  5. Montrer que n2+1 ne peut pas être remplacé par n2 : construire, pour tout n1, une suite de n2 réels deux à deux distincts sans sous-suite monotone de longueur n+1, et l'expliciter pour n=2.

Exercice 36 ★★★★Les chemins qui restent sous la diagonale

Anagrammes, chemins, tirages, répartitions et sommes d'entiersDénombrer par bijection, principe des bergers, double comptage

Soient a et b deux entiers naturels. Un chemin de (0,0) à (a,b) est un mot de a+b lettres sur l'alphabet {D,H} comportant exactement a lettres D (un pas vers la droite) et b lettres H (un pas vers le haut) : lues de gauche à droite, les lettres décrivent les pas successifs d'un point parti de (0,0).

Pour un mot w de longueur et k[ ⁣[0,] ⁣], on note Dk(w) et Hk(w) le nombre de lettres D et le nombre de lettres H parmi les k premières lettres de w. Soit n1. Un chemin w de (0,0) à (n,n) est dit bon si Dk(w)Hk(w) pour tout k[ ⁣[0,2n] ⁣], et mauvais sinon.

  1. Déterminer le nombre de chemins de (0,0) à (a,b), puis les nombres de chemins de (0,0) à (n,n) et de (0,0) à (n1,n+1).

  2. Soit w un chemin mauvais. Montrer qu'il existe un plus petit indice m tel que Hm(w)>Dm(w), que la m-ième lettre de w est H, que Hm(w)=Dm(w)+1 et que m est impair.

  3. On note σ(w) le mot obtenu en conservant les m premières lettres de w et en échangeant D et H dans chacune des 2nm dernières. Montrer que σ(w) est un chemin de (0,0) à (n1,n+1).

  4. Montrer que σ est une bijection de l'ensemble des chemins mauvais sur l'ensemble de tous les chemins de (0,0) à (n1,n+1), en construisant sa réciproque.

  5. En déduire que le nombre de bons chemins vaut (2nn)(2nn+1), puis que ce nombre est aussi égal à 1n+1(2nn).

  6. Vérifier le résultat pour n=1, n=2 et n=3 en énumérant les bons chemins.

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