MP · Chapitre 11

Exercices — Calcul différentiel et optimisation

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Dérivées partielles et dérivée selon un vecteur

Dérivée selon un vecteur, dérivées partielles dans une base

1. Préciser l'ouvert de définition, puis calculer toutes les dérivées partielles premières des fonctions suivantes.

a. f(x,y)=x2y3xy3

b. g(x,y)=exy

c. h(x,y)=xx2+y2

d. k(x,y)=ln(1+x2+y2)

e. (x,y)=xy sur R+×R

f. m(x,y,z)=xyz+sin(xz)

2. On pose f(x,y)=x2+xy, a=(1,2) et v=(3,1).

a. Calculer Dvf(a) en revenant à la définition, c'est-à-dire comme limite d'un taux d'accroissement.

b. Retrouver ce nombre par la formule df(a)(v)=iviif(a), en justifiant que l'on a le droit de l'employer. Comparer.

c. Calculer de la même façon Dvg(a) pour g(x,y)=xey, a=(2,0), v=(1,3), puis Dvφ(a) pour φ(x,y,z)=xy+z2, a=(1,2,3), v=(1,0,2).

3. On pose f(x,y)=xy sur R2.

a. Montrer que 2f(0,0) existe et la calculer.

b. Étudier l'existence de 1f(0,0), puis celle de 1f(0,y0) pour y00.

c. Conclure : f est-elle de classe C1 sur R2 ?

Exercice 2 ★★★★Les différentielles de référence

Application différentiable en un point : développement limité d'ordre 1, unicité de la différentielle, continuitéCalcul différentiel en algèbre : applications bilinéaires, déterminant, inversion, formes quadratiques

Dans tout l'exercice, E, F et G désignent des R-espaces vectoriels normés de dimension finie. On rappelle qu'une application f définie sur un ouvert U de E, à valeurs dans F, est dite différentiable en aU s'il existe une application linéaire LL(E,F) telle que

f(a+h)=f(a)+L(h)+o(h)(h0E)

Une telle application L est alors unique : on la note df(a).

Déterminer, en revenant à cette définition, la différentielle en tout point des applications suivantes.

a. f:EF constante égale à c

b. uL(E,F)

c. f:xu(x)+b, avec uL(E,F) et bF

d. B:E×FG bilinéaire

e. q:Mn(R)Mn(R), MM2

f. N:RnR, xx2 pour la norme euclidienne

Pour la question e, on précisera pourquoi la réponse n'est pas H2MH.

Exercice 3 ★★★Matrices jacobiennes

Expression de la différentielle sur les coordonnées, matrice jacobienneApplication différentiable en un point : développement limité d'ordre 1, unicité de la différentielle, continuité

Toutes les applications de cet exercice sont de classe C1 sur l'ouvert indiqué (on ne demande pas de le justifier ici). Pour chacune, écrire la matrice jacobienne en un point courant, en précisant sa taille et les bases utilisées.

1. f:R2R3, f(x,y)=(x2y,  xy,  ex+y). Donner aussi Jf(1,0).

2. Le passage en coordonnées polaires Φ:R2R2, Φ(r,θ)=(rcosθ,  rsinθ). Calculer detJΦ(r,θ) et dire en quels points il s'annule.

3. Le passage en coordonnées sphériques Ψ:R3R3 défini par

Ψ(r,θ,φ)=(rsinθcosφ,  rsinθsinφ,  rcosθ)

Calculer detJΨ(r,θ,φ).

4. g:R3R, g(x,y,z)=x2y+ez. Quelle est la taille de Jg ? On l'explicitera en un point quelconque, puis au point (1,1,0). Quel lien avec g ?

5. Soit u:R3R2 définie par u(x,y,z)=(x+2yz,  3x+y). Vérifier que u est linéaire, puis que Ju(a) est, en tout point a, la matrice de u dans les bases canoniques.

Exercice 4 ★★★Gradient et plan tangent au graphe

Gradient d'une fonction numérique sur un espace euclidien, base orthonormée, direction de plus forte penteVecteurs tangents à une partie, lignes et surfaces de niveau, plan tangent

On munit R2 de son produit scalaire canonique. Soit f une fonction de classe C1 sur un ouvert U de R2 et a=(x0,y0)U. On note S le graphe de f, c'est-à-dire la surface d'équation z=f(x,y) pour (x,y)U, et A=(x0,y0,f(a)) le point de S au-dessus de a.

1. Rappeler l'équation du plan tangent à S en A, et la justifier à partir du développement limité d'ordre 1 de f en a.

2. Pour chacune des trois fonctions suivantes, calculer le gradient au point a indiqué, écrire l'équation du plan tangent au graphe en A, puis en déduire l'approximation affine de la fonction au voisinage de a et l'appliquer à la valeur numérique proposée. On comparera à la valeur exacte.

a. f(x,y)=x2+3y2, a=(1,1), valeur à approcher : f(1,02;0,99).

b. g(x,y)=excosy, a=(0,0), valeur à approcher : g(0,1;0,05).

c. h(x,y)=xy1+x2, a=(1,2), valeur à approcher : h(1,02;1,98).

Exercice 5 ★★★★Recherche de points critiques

Extremums locaux et globaux, points critiques, condition nécessaire du premier ordre, extremums sur un fermé borné

1. Rappeler la définition d'un point critique d'une fonction de classe C1 sur un ouvert, puis énoncer précisément la condition nécessaire du premier ordre.

2. Déterminer tous les points critiques des fonctions suivantes, définies et de classe C1 sur R2. On rédigera à chaque fois le système f(x,y)=(0,0) et on le résoudra complètement.

a. f1(x,y)=x2+y24x+6y

b. f2(x,y)=x33x+y2

c. f3(x,y)=x2yxy+y2

d. f4(x,y)=ex2y2(x2+2y2)

3. La réciproque de la condition nécessaire du premier ordre est-elle vraie ? Justifier par un exemple.

Exercice 6 ★★★Dérivées secondes, théorème de Schwarz et hessienne

Dérivées partielles d'ordre supérieur, classe Ck, théorème de Schwarz, matrice hessienne, Taylor-Young à l'ordre 2

On note ijf=i(jf) : on dérive d'abord par rapport à la variable xj, puis par rapport à la variable xi. La matrice hessienne de f en a est Hf(a)=(ijf(a))1i,jn.

Pour chacune des fonctions suivantes : calculer toutes les dérivées partielles premières puis toutes les dérivées partielles secondes, vérifier explicitement l'égalité des dérivées croisées, et écrire la matrice hessienne au point indiqué.

1. f(x,y)=x3y2xy, au point (1,1).

2. g(x,y)=exsiny, au point (0,0).

3. h(x,y,z)=x2y+yz3, au point (1,1,1).

4. Justifier proprement, et avant tout calcul, que ces trois fonctions sont de classe C2 sur leur ouvert de définition. Énoncer le théorème de Schwarz avec ses hypothèses et dire ce qu'il garantit sur la matrice hessienne.

Exercice 7 ★★★★Dériver le long d'un arc

Différentielle d'une composée, règle de la chaîne, dérivation le long d'un arc

On munit R2 de son produit scalaire canonique. Soient f une fonction de classe C1 sur R2, I un intervalle de R et γ:IR2 un arc dérivable.

1. Montrer que fγ est dérivable sur I et que, pour tout tI,

ddt(fγ)(t)=f(γ(t)),γ(t)

On reviendra au développement limité d'ordre 1 de f.

2. Appliquer cette formule dans les deux cas suivants.

a. f(x,y)=x2y et γ(t)=(cost,sint) sur I=R.

b. f(x,y)=exy et γ(t)=(t2,t) sur I=R.

c. Vérifier les deux résultats en calculant d'abord l'expression de f(γ(t)), puis en la dérivant comme une fonction d'une variable.

3. On suppose que f est constante sur l'image de γ. Montrer que f(γ(t)) est orthogonal à γ(t) pour tout tI. Illustrer avec f(x,y)=x2+y2 et le cercle unité.

Exercice 8 ★★★★Reconnaître une fonction de classe C1

Fonctions de classe C1 sur un ouvert, caractérisation par les dérivées partielles, opérationsApplication différentiable en un point : développement limité d'ordre 1, unicité de la différentielle, continuité

1. Pour chacune des fonctions suivantes : décrire précisément un ouvert sur lequel elle est définie et justifier que c'en est bien un, justifier qu'elle y est de classe C1 en invoquant les théorèmes du cours, puis calculer ses dérivées partielles.

a. P(x,y)=x32xy+5y2+1

b. f(x,y)=xyx+y

c. g(x,y)=1x2y2

d. k(x,y)=ln(xy)

2. On définit φ sur R2 par

φ(x,y)=x3y3x2+y2  si (x,y)(0,0),φ(0,0)=0

a. Justifier que φ est de classe C1 sur R2{(0,0)} et y calculer 1φ.

b. Montrer que φ est continue en (0,0).

c. Montrer que 1φ(0,0) et 2φ(0,0) existent, et les calculer.

d. La fonction φ est-elle de classe C1 sur R2 ?

Exercice 9 ★★★★Dérivées partielles en coordonnées polaires

Différentielle d'une composée, règle de la chaîne, dérivation le long d'un arcExpression de la différentielle sur les coordonnées, matrice jacobienne

On note Φ:R2R2 l'application définie par

Φ(r,θ)=(rcosθ,rsinθ)

Soit f:R2R de classe C1. On pose g=fΦ, c'est-à-dire g(r,θ)=f(rcosθ,rsinθ).

1. Justifier que g est de classe C1 sur R2, écrire la matrice jacobienne de Φ, puis exprimer rg et θg à l'aide des dérivées partielles de f.

2. Soit r>0. Inverser le système précédent : exprimer xf et yf au point Φ(r,θ) à l'aide de rg(r,θ) et θg(r,θ).

3. Déterminer toutes les fonctions f de classe C1 sur l'ouvert U=R2{(0,0)} vérifiant

xyf(x,y)yxf(x,y)=0pour tout (x,y)U

4. Vérifier le résultat sur l'exemple f(x,y)=ln(x2+y2).

Exercice 10 ★★★La différentielle du déterminant

Calcul différentiel en algèbre : applications bilinéaires, déterminant, inversion, formes quadratiquesApplication différentiable en un point : développement limité d'ordre 1, unicité de la différentielle, continuité

On munit Mn(R), avec n1, d'une norme sous-multiplicative , et on considère l'application det:Mn(R)R. On note M=(mij) le coefficient générique, (Eij) la base canonique de Mn(R) et Com(M) la comatrice de M.

1. Justifier que det est de classe C sur Mn(R), calculer detmij(M), et en déduire que pour toutes matrices M et H,

d ⁣det(M)(H)=tr(tCom(M)H)

2. Retrouver directement le cas M=In : développer det(In+tH) en puissances de t à l'aide de la formule de Leibniz, et en déduire d ⁣det(In)(H)=tr(H).

3. Soit MGLn(R). En écrivant det(M+H)=det(M)det(In+M1H), démontrer que

d ⁣det(M)(H)=det(M)tr(M1H)

4. Application numérique. On pose A=(1234) et B=(0110). Calculer ddtdet(A+tB) en t=0 par la formule de la question 3, puis vérifier par le calcul direct du polynôme tdet(A+tB).

5. Montrer que det n'admet aucun extremum local sur Mn(R).

Exercice 11 ★★★La différentielle de l'inversion matricielle

Calcul différentiel en algèbre : applications bilinéaires, déterminant, inversion, formes quadratiquesDifférentielle d'une composée, règle de la chaîne, dérivation le long d'un arc

On munit Mn(R) d'une norme sous-multiplicative vérifiant In=1, par exemple la norme subordonnée à la norme euclidienne de Rn. On considère l'application

ι:GLn(R)GLn(R),MM1

1. Justifier que GLn(R) est un ouvert de Mn(R).

2. Soit MGLn(R) et HMn(R) telle que H<12M1. Établir que M+H est inversible et que

(M+H)1=M1M1HM1+o(H)(H0)

On pourra écrire (M+H)1=(In+M1H)1M1 et développer en série géométrique matricielle.

3. En déduire que ι est différentiable en tout point de GLn(R) et donner dι(M). Retrouver, pour n=1, la dérivée de x1/x.

4. Autre méthode. Soit I un intervalle de R et tM(t) un arc de classe C1 sur I à valeurs dans GLn(R). En dérivant l'identité M(t)M(t)1=In, calculer la dérivée de tM(t)1.

5. Application. On pose M(t)=(1tt1) pour t]1,1[. Calculer la dérivée de tM(t)1 par la formule précédente, puis la retrouver par un calcul direct.

Exercice 12 ★★★Fonctions homogènes et relation d'Euler

Dérivée selon un vecteur, dérivées partielles dans une baseDifférentielle d'une composée, règle de la chaîne, dérivation le long d'un arc

On munit Rn de son produit scalaire canonique , et de la norme euclidienne associée. On appelle cône ouvert de Rn tout ouvert Ω tel que txΩ pour tous xΩ et t>0 ; par exemple Rn{0}, ou le demi-plan {(x,y)R2  ;  x>0}.

Soit αR. Une fonction f:ΩR définie sur un cône ouvert est dite homogène de degré α lorsque

xΩ, t>0,f(tx)=tαf(x)

1. Pour chacune des fonctions suivantes, dire si elle est homogène et préciser son degré le cas échéant.

a. q(x,y)=x2+3xyy2 sur R2{(0,0)}

b. f(x,y)=x3+y3x2+y2 sur R2{(0,0)}

c. N(x)=xα sur Rn{0}, où αR

d. u(x,y)=x2+y sur R2{(0,0)}

2. Relation d'Euler. Soit f:ΩR de classe C1 sur un cône ouvert, homogène de degré α. Démontrer que

xΩ,f(x),x=i=1nxiif(x)=αf(x)

3. Démontrer la réciproque : si f est de classe C1 sur Ω et vérifie la relation d'Euler en tout point, alors f est homogène de degré α. On pourra étudier φ(t)=tαf(tx) à x fixé.

4. Montrer que les dérivées partielles d'une fonction homogène de degré α et de classe C1 sont homogènes de degré α1.

5. Vérifier la relation d'Euler par le calcul sur la fonction f de la question 1.b. Montrer ensuite qu'une fonction homogène de degré α0 et de classe C1 ne peut avoir de point critique qu'en un point où elle s'annule, et en déduire que la fonction f n'a aucun point critique.

Exercice 13 ★★★★Des dérivées partielles sans continuité

Dérivée selon un vecteur, dérivées partielles dans une baseApplication différentiable en un point : développement limité d'ordre 1, unicité de la différentielle, continuité

On définit f:R2R par

f(x,y)=xyx2+y2  si (x,y)(0,0),f(0,0)=0

1. Montrer que f admet des dérivées partielles en tout point de R2 et les calculer. On précisera la valeur de xf(0,0) et yf(0,0).

2. Montrer que f n'est pas continue en (0,0). Qu'en déduit-on quant à la différentiabilité de f en ce point ?

3. Soit v=(v1,v2) un vecteur non nul de R2. Étudier l'existence de Dvf(0,0), et montrer qu'elle a lieu si et seulement si v1v2=0.

4. On définit maintenant g:R2R par

g(x,y)=x2yx4+y2  si (x,y)(0,0),g(0,0)=0

Montrer que Dvg(0,0) existe pour tout vecteur v, et la calculer. Montrer néanmoins que g n'est pas continue en (0,0). Conclure.

5. Rédiger en deux phrases la morale de l'exercice.

Exercice 14 ★★★★Les gradients à connaître par coeur

Gradient d'une fonction numérique sur un espace euclidien, base orthonormée, direction de plus forte penteCalcul différentiel en algèbre : applications bilinéaires, déterminant, inversion, formes quadratiques

On munit Rn de son produit scalaire canonique , et de la norme euclidienne associée . On rappelle que si f est différentiable en x, son gradient en x est l'unique vecteur f(x)Rn tel que

hRn,df(x)(h)=f(x),h

Calculer le gradient des fonctions suivantes en tout point où elles sont différentiables, en revenant à la définition plutôt qu'en passant par les coordonnées. Dans ce qui suit, a et b sont des vecteurs fixés de Rn et AMn(R).

a. f(x)=a,x

b. f(x)=x2

c. f(x)=x sur Rn{0}

d. f(x)=xa2

e. f(x)=Ax,x, avec A quelconque

f. f(x)=Axb2

Synthèse. On suppose A symétrique. En quels points le gradient de xAx,x est-il colinéaire à x ? Que reconnaît-on ?

Exercice 15 ★★★La nature des points critiques par la hessienne

Conditions du second ordre : hessienne, points selle, extremums d'une fonction de classe C2Dérivées partielles d'ordre supérieur, classe Ck, théorème de Schwarz, matrice hessienne, Taylor-Young à l'ordre 2

Soit U un ouvert de R2 et f:UR de classe C2. En un point aU, on note selon l'usage

r=2fx2(a),s=2fxy(a),t=2fy2(a),Hf(a)=(rsst)

1. Énoncer et démontrer le critère du second ordre permettant de reconnaître la nature d'un point critique de f à partir du signe de rts2 et de r. On précisera pourquoi la matrice Hf(a) est symétrique, et ce que l'on peut dire lorsque rts2=0.

2. Pour chacune des fonctions suivantes, définies sur R2 : déterminer les points critiques, écrire la hessienne en chacun d'eux, appliquer le critère, et préciser à chaque fois s'il s'agit d'un extremum local, d'un extremum global, ou d'aucun des deux.

a. f1(x,y)=x2+xy+y23x3y

b. f2(x,y)=x2y2+xy

c. f3(x,y)=x4+y44xy

d. f4(x,y)=(x2+y2)ex

3. Illustrer le cas rts2=0 sur les trois fonctions u1(x,y)=x4+y4, u2(x,y)=x4y4 et u3(x,y)=x4y4.

Exercice 16 ★★★Une équation aux dérivées partielles du premier ordre

Résolution d'équations aux dérivées partielles par changement de variablesDifférentielle d'une composée, règle de la chaîne, dérivation le long d'un arc

Toutes les fonctions inconnues sont à valeurs réelles et de classe C1 sur l'ouvert indiqué. On note (x,y) les variables de départ et (u,v) les variables obtenues après changement de variables.

1. On cherche toutes les fonctions f de classe C1 sur R2 telles que

2xf(x,y)3yf(x,y)=0pour tout (x,y)R2

a. Vérifier que Φ:(x,y)(3x+2y,y) est une bijection de R2 sur R2, de classe C1 ainsi que sa réciproque, et expliciter Φ1.

b. On pose g=fΦ1, c'est-à-dire f(x,y)=g(3x+2y,y). Exprimer xf et yf en fonction des dérivées partielles de g, en passant par les matrices jacobiennes.

c. En déduire l'ensemble des solutions, puis vérifier la réponse par un calcul direct.

2. Reprendre la méthode pour l'équation xxf+yyf=0 sur l'ouvert Ω={(x,y)R2  ;  x>0}, avec le changement de variables u=x, v=y/x.

3. Résoudre sur R2 l'équation avec second membre xfyf=x+y. On pourra poser u=x+y et v=xy.

4. Expliquer pourquoi la méthode exige que le changement de variables soit une bijection de classe C1 dont la réciproque est de classe C1, et dire ce qui rend cette vérification immédiate dans les trois cas ci-dessus.

Exercice 17 ★★★★Extremums d'une fonction sur un compact

Extremums locaux et globaux, points critiques, condition nécessaire du premier ordre, extremums sur un fermé borné

1. On pose f(x,y)=x2+y2xy et on note D={(x,y)R2  ;  x2+y21} le disque fermé de centre l'origine et de rayon 1.

a. Justifier que f admet un maximum global et un minimum global sur D.

b. Déterminer les points critiques de f dans le disque ouvert D.

c. Étudier f sur le cercle unité en le paramétrant par t(cost,sint).

d. Conclure : donner les valeurs exactes du minimum et du maximum de f sur D, ainsi que les points où ils sont atteints.

2. On pose g(x,y)=xy(1xy) et on note T le triangle plein fermé de sommets A(0,0), B(1,0) et C(0,1), c'est-à-dire

T={(x,y)R2  ;  x0, y0, x+y1}

Déterminer le minimum et le maximum de g sur T, en traitant séparément l'intérieur et les trois côtés.

3. Rédiger en cinq lignes le plan type d'une recherche d'extremums sur un compact, puis expliquer pourquoi la condition « gradient nul » n'a aucune raison d'être vérifiée en un point de la frontière où le maximum est atteint.

Exercice 18 ★★★Différentielle nulle sur un ouvert connexe par arcs

Fonctions de classe C1 sur un ouvert, caractérisation par les dérivées partielles, opérationsDifférentielle d'une composée, règle de la chaîne, dérivation le long d'un arc

Dans tout l'exercice, U désigne un ouvert non vide de Rn et f:UR une fonction de classe C1 telle que df(x)=0 pour tout xU.

1. On suppose ici U convexe. Soient a et b deux points de U. Montrer que φ:tf(a+t(ba)) est bien définie et de classe C1 sur [0,1], calculer φ, et en déduire que f est constante sur U.

2. On suppose maintenant U connexe par arcs. On admet que deux points quelconques de U peuvent être reliés par un arc de classe C1 par morceaux tracé dans U. Montrer que f est encore constante.

3. Donner un exemple d'ouvert U de R2 et de fonction f de classe C1 sur U, de différentielle nulle en tout point et pourtant non constante. Justifier que l'ouvert construit n'est pas connexe par arcs.

4. Déterminer toutes les fonctions f de classe C1 sur R2 telles que

f(x,y)=(2x+y, x3y2)pour tout (x,y)R2

5. Soit h une fonction de classe C1 sur R2 telle que xh=0 en tout point.

a. Montrer qu'il existe une fonction φ de classe C1 sur R telle que h(x,y)=φ(y) pour tout (x,y).

b. Montrer que la conclusion tombe en défaut si l'on remplace R2 par le complémentaire de l'axe des ordonnées, et identifier précisément ce qui manque.

Exercice 19 ★★★★Lignes de niveau et orthogonalité du gradient

Vecteurs tangents à une partie, lignes et surfaces de niveau, plan tangentGradient d'une fonction numérique sur un espace euclidien, base orthonormée, direction de plus forte pente

On munit Rn de son produit scalaire canonique, noté ,, et de la norme euclidienne associée.

1. Soient U un ouvert de Rn, f:UR de classe C1, cR et X={xU  ;  f(x)=c} la ligne de niveau c de f. Soit aX.

a. Rappeler la définition d'un vecteur tangent en a à une partie X de Rn.

b. Montrer que f(a) est orthogonal à tout vecteur tangent en a à X.

2. Soit f(x,y)=x24+y2 et soit E l'ellipse d'équation f(x,y)=1.

a. Vérifier que γ:t(2cost,sint) est un arc de classe C1 tracé sur E, et que tout point de E est atteint.

b. Calculer f(γ(t)) et γ(t), puis vérifier directement l'orthogonalité.

c. Écrire une équation de la tangente à E au point de paramètre t0, de deux façons : par le point et le vecteur directeur γ(t0), puis par le point et le vecteur normal f(γ(t0)). Traiter le cas t0=π3.

3. Mêmes questions pour la branche de l'hyperbole H d'équation xy=1 contenue dans le quart de plan x>0, y>0, paramétrée par t(t,1t) avec t>0.

4. Soit f de classe C1 sur un ouvert U de Rn et aU tel que f(a)0.

a. Montrer que max{Dvf(a)  ;  v=1}=f(a), et préciser le vecteur unitaire qui réalise ce maximum.

b. En déduire pourquoi, sur une carte topographique, la direction de plus forte pente est perpendiculaire aux courbes de niveau.

Exercice 20 ★★★★Taylor-Young à l'ordre deux

Dérivées partielles d'ordre supérieur, classe Ck, théorème de Schwarz, matrice hessienne, Taylor-Young à l'ordre 2

1. Soient U un ouvert de R2, f:UR de classe C2 et a=(a1,a2)U. Énoncer précisément la formule de Taylor-Young à l'ordre 2 en a, d'abord en coordonnées, puis sous forme matricielle à l'aide de la matrice hessienne Hf(a). Préciser le rôle du théorème de Schwarz.

2. Écrire le développement limité à l'ordre 2 en (0,0) des trois fonctions suivantes, par deux méthodes : le calcul des dérivées partielles d'une part, la composition et le produit de développements limités d'une variable d'autre part. Vérifier que l'on trouve la même chose.

a. F(x,y)=ex+y2

b. G(x,y)=cos(x)ln(1+y)

c. K(x,y)=11xy

3. Déterminer les réels a et b tels que la fonction

(x,y)excosy(1+x+ax2+by2)

soit un o ⁣(x2+y2) au voisinage de l'origine.

4. Donner une valeur approchée de K(0,02;0,01) à l'aide du développement limité obtenu en 2.c, comparer à la valeur exacte et commenter la qualité de l'approximation.

Exercice 21 ★★★★Dériver une fonction à valeurs matricielles

Calcul différentiel en algèbre : applications bilinéaires, déterminant, inversion, formes quadratiquesDifférentielle d'une composée, règle de la chaîne, dérivation le long d'un arc

Dans tout l'exercice, n1 et Mn(R) est muni d'une norme quelconque (toutes sont équivalentes, l'espace étant de dimension finie). On rappelle que si B est une application bilinéaire entre espaces de dimension finie et si u et v sont deux arcs dérivables, alors tB(u(t),v(t)) est dérivable, de dérivée B(u,v)+B(u,v).

1. Soient A et H deux matrices de Mn(R).

a. Calculer ddt[(A+tH)2] et ddt[(A+tH)3].

b. Expliquer pourquoi les réponses ne sont pas 2(A+tH)H et 3(A+tH)2H en général, et donner un contre-exemple explicite dans M2(R).

c. Démontrer la formule générale, pour p1 : ddt[(A+tH)p]=k=0p1(A+tH)kH(A+tH)p1k.

2. Soit M:IMn(R) un arc de classe C1 sur un intervalle I. Montrer que ttr(M(t)2) est de classe C1 et calculer sa dérivée.

3. Avec les mêmes notations, montrer que tdet(M(t)) est de classe C1 sur I, et exprimer sa dérivée en un instant tM(t) est inversible. On admet que la différentielle du déterminant en une matrice inversible M est donnée par ddet(M)(H)=det(M)tr ⁣(M1H).

4. Appliquer ce qui précède à l'arc M(t)=(1+t2tt1), et vérifier le résultat en calculant directement det(M(t)).

5. Soit M un arc de classe C1 défini sur un intervalle contenant 0, à valeurs dans le groupe orthogonal On(R), tel que M(0)=In. Montrer que M(0) est antisymétrique.

Exercice 22 ★★★★Étude complète des extremums d'un polynôme de degré trois

Conditions du second ordre : hessienne, points selle, extremums d'une fonction de classe C2Extremums locaux et globaux, points critiques, condition nécessaire du premier ordre, extremums sur un fermé borné

On considère la fonction définie sur R2 par

f(x,y)=x3+y33xy

1. Justifier que f est de classe C sur R2 et déterminer ses points critiques.

2. Calculer la matrice hessienne de f en chaque point critique et en déduire la nature de ces points. On montrera aussi « à la main » que l'origine n'est pas un extremum local, en comparant f(t,t) et f(t,t) au voisinage de 0.

3. Montrer que f n'admet ni minimum global ni maximum global sur R2.

4. Déterminer le minimum et le maximum globaux de f sur le carré K=[0,2]×[0,2], en traitant l'intérieur puis les quatre côtés.

5. Rédiger un bilan : que dit la matrice hessienne, et surtout que ne dit-elle pas ?

Exercice 23 ★★★L'inégalité des accroissements finis en plusieurs variables

Fonctions de classe C1 sur un ouvert, caractérisation par les dérivées partielles, opérationsDifférentielle d'une composée, règle de la chaîne, dérivation le long d'un arc

Dans tout l'exercice, Rn et Rp sont munis de normes toutes deux notées . On rappelle que si L:RnRp est linéaire, sa norme subordonnée est

L=suph1L(h)et veˊrifiehRn,L(h)Lh

On rappelle également l'inégalité des accroissements finis pour les fonctions vectorielles d'une variable réelle : si φ:[α,β]Rp est de classe C1 et si φ(t)k pour tout t[α,β], alors φ(β)φ(α)k(βα).

1. Soient U un ouvert convexe de Rn, f:URp de classe C1 et M0 tels que df(x)M pour tout xU. Soient a et b deux points de U. On pose φ(t)=f(a+t(ba)).

a. Montrer que φ est définie et de classe C1 sur un ouvert de R contenant [0,1], et calculer φ(t).

b. En déduire l'inégalité des accroissements finis : f(b)f(a)Mba.

2. Soit f:RnRp de classe C1 dont la différentielle est bornée. Montrer que f est lipschitzienne, puis uniformément continue sur Rn.

3. On veut montrer que la convexité n'est pas une hypothèse gratuite. On note D={(x,0)  ;  x0} la demi-droite fermée des abscisses négatives, V=R2D, et pour (x,y)V on pose r=x2+y2 et

θ(x,y)=2Arctan(yx+r)

a. Montrer que θ est bien définie et de classe C sur V, puis vérifier que cosθ(x,y)=xr et sinθ(x,y)=yr : la fonction θ est donc une mesure de l'angle polaire, à valeurs dans ]π,π[.

b. Montrer que θ(x,y)=1r2(y,x), et en déduire θ(x,y)=1r pour la norme euclidienne.

c. On pose U={(x,y)V  ;  1<x2+y2<4}, un « fer à cheval ». Montrer que U est un ouvert connexe par arcs non convexe de R2, et que la restriction de θ à U vérifie dθ(x,y)1 en tout point.

d. En considérant les points aε=(32,ε) et bε=(32,ε) pour ε>0 petit, montrer qu'il n'existe aucune constante M telle que θ(a)θ(b)Mab pour tous a,bU. Où exactement la convexité est-elle intervenue dans la démonstration de la question 1 ?

4. On munit R2 de sa norme euclidienne et on pose

T(x,y)=(12sin(x+y),12cos(xy))

a. Justifier que T est de classe C1 sur R2 et écrire sa matrice jacobienne.

b. Montrer que dT(X)(h)12h pour tous X et h, puis que T est 12-lipschitzienne sur R2.

c. Montrer que T(R2)KK=[12,12]2, et que K est compact et stable par T.

d. En étudiant la fonction ψ(X)=T(X)X sur K, montrer que T admet un unique point fixe dans R2. On n'invoquera aucun théorème de point fixe.

Exercice 24 ★★★Équation des ondes et laplacien en coordonnées polaires

Résolution d'équations aux dérivées partielles par changement de variablesDérivées partielles d'ordre supérieur, classe Ck, théorème de Schwarz, matrice hessienne, Taylor-Young à l'ordre 2

Deux changements de variables classiques, à savoir refaire sans hésitation. Dans tout l'exercice, c désigne un réel strictement positif, et on note Δf=2fx2+2fy2 le laplacien d'une fonction f de classe C2 de deux variables.

Partie A. L'équation des ondes

On cherche toutes les fonctions f:R2R de classe C2, de variables notées (x,t), vérifiant sur R2

(E)2fx21c22ft2=0

On pose Φ(u,v)=(u+v2,uv2c) et g=fΦ, ce qui revient au changement de variables u=x+ct, v=xct.

1. Vérifier que Φ est une bijection de classe C de R2 sur R2, préciser sa réciproque, et justifier que g est de classe C2 sur R2.

2. Calculer gu, puis 2gvu en fonction des dérivées partielles secondes de f. On signalera précisément l'endroit où intervient le théorème de Schwarz.

3. En déduire que f vérifie (E) si et seulement si 2gvu=0 sur R2.

4. Résoudre cette dernière équation, puis conclure : déterminer toutes les solutions de (E). Vérifier la réciproque par un calcul direct.

Partie B. Le laplacien en coordonnées polaires

Soient Ω=R2{(0,0)} et f:ΩR de classe C2. On pose, pour (r,θ)R+×R,

g(r,θ)=f(rcosθ,rsinθ)

5. Justifier que g est de classe C2 sur R+×R, puis calculer gr et gθ.

6. Calculer 2gr2 et 2gθ2.

7. En déduire la formule du laplacien en polaires :

2gr2+1rgr+1r22gθ2=(Δf)(rcosθ,rsinθ)

8. Une fonction f de classe C2 sur Ω est dite harmonique si Δf=0 sur Ω, et radiale s'il existe φ:R+R de classe C2 telle que f(x,y)=φ(x2+y2). Déterminer toutes les fonctions harmoniques radiales sur Ω.

9. Vérifier le résultat obtenu par un calcul cartésien direct sur f(x,y)=ln(x2+y2).

Exercice 25 ★★★Un contre-exemple au théorème de Schwarz

Dérivées partielles d'ordre supérieur, classe Ck, théorème de Schwarz, matrice hessienne, Taylor-Young à l'ordre 2

On considère la fonction f:R2R définie par

f(x,y)=xyx2y2x2+y2si(x,y)(0,0),f(0,0)=0

L'objectif est de montrer que ses deux dérivées partielles secondes croisées à l'origine existent mais ne sont pas égales. On notera Ω=R2{(0,0)}.

1. Vérifier que f(y,x)=f(x,y) pour tout (x,y)R2.

2. Montrer que f est de classe C sur Ω, puis établir que pour tout (x,y)Ω

fx(x,y)=y(x4+4x2y2y4)(x2+y2)2etfy(x,y)=x(x44x2y2y4)(x2+y2)2

On pourra déduire la seconde formule de la première grâce à la question 1.

3. Écrire f en coordonnées polaires et en déduire que f est différentiable en (0,0), avec f(0,0)=(0,0).

4. En revenant à la définition, calculer fx(0,y) pour tout yR et fy(x,0) pour tout xR.

5. En déduire que 2fyx(0,0)=1 et 2fxy(0,0)=1.

6. Montrer que f est cependant de classe C1 sur R2 tout entier, puis conclure : que peut-on dire de la classe de f en (0,0), et que faut-il en retenir sur le théorème de Schwarz ?

Exercice 26 ★★★Coercivité et existence d'un minimum global

Extremums locaux et globaux, points critiques, condition nécessaire du premier ordre, extremums sur un fermé borné

Sur un fermé borné, une fonction continue atteint ses bornes : c'est le théorème des bornes atteintes. Sur Rn tout entier, ce n'est plus vrai, et il faut une hypothèse de remplacement. C'est l'objet de cet exercice.

Définition. Une fonction f:RnR est dite coercive si f(x)+ quand x+, c'est-à-dire

AR,  R>0,  xRn,x>R    f(x)>A

1. (Le théorème.) Soit f:RnR continue et coercive. Montrer que f est minorée sur Rn et qu'elle y atteint sa borne inférieure. On pourra appliquer la définition ci-dessus à A=f(0)+1.

2. On pose f(x,y)=x4+y42(xy)2 sur R2.

a. Montrer que f est coercive. On pourra minorer f par une expression ne dépendant que de t=x2+y2.

b. Déterminer tous les points critiques de f.

c. En déduire le minimum global de f et les points où il est atteint.

d. Le point (0,0) est-il un extremum local de f ?

3. (La coercivité est indispensable.) On pose g(x,y)=ex+y2. Montrer que g est minorée par 0, que infR2g=0, mais que cette borne inférieure n'est pas atteinte. Que dire de la coercivité de g et de ses points critiques ?

4. (Synthèse.) Une fonction polynomiale de deux variables peut-elle être coercive alors que l'un de ses termes de plus haut degré est affecté d'un coefficient négatif ? Pour répondre, on étudiera la coercivité des quatre fonctions suivantes.

a. P1(x,y)=x4+y4x2y2

b. P2(x,y)=x2+y23xy

c. P3(x,y)=x2+(xy1)2

d. P4(x,y)=x4+y2

On dégagera ensuite une condition suffisante générale portant sur la partie homogène de plus haut degré, et l'on discutera si elle est nécessaire.

Exercice 27 ★★★Le quotient de Rayleigh

Extremums locaux et globaux, points critiques, condition nécessaire du premier ordre, extremums sur un fermé bornéGradient d'une fonction numérique sur un espace euclidien, base orthonormée, direction de plus forte penteCalcul différentiel en algèbre : applications bilinéaires, déterminant, inversion, formes quadratiques

Un classique absolu des oraux (Mines, Centrale) : on va caractériser les valeurs propres extrêmes d'une matrice symétrique réelle comme des extremums d'une fonction sur la sphère unité, et retrouver au passage l'existence d'un vecteur propre.

Le même quotient est étudié dans le chapitre « Endomorphismes d'un espace euclidien », et le sens de lecture y est inverse. Là-bas, on part du théorème spectral, on décompose x dans une base orthonormée de vecteurs propres, et l'encadrement de Rayleigh en tombe en trois lignes. Ici, on n'a le droit à aucun résultat spectral : on part de la compacité de la sphère et de la dérivation le long d'un arc, et c'est le théorème spectral que l'on reconstruit à l'arrivée (question 6). Les deux exercices sont donc les deux moitiés d'une même équivalence, et il est utile de les avoir faits tous les deux.

L'espace Rn (n1) est muni de son produit scalaire canonique , et de la norme euclidienne associée. On fixe ASn(R), c'est-à-dire une matrice symétrique réelle, et on pose

q(x)=Ax,xpour xRn,S={xRn  ;  x=1}

1. Montrer que S est une partie compacte non vide de Rn et que q y atteint son maximum, noté μ, et son minimum, noté ν.

2. Montrer que q est de classe C sur Rn et que q(x)=2Ax pour tout x.

3. Soit x0S un point où q atteint son maximum μ sur S. Soit v un vecteur unitaire orthogonal à x0. On pose

γ(t)=cos(t)x0+sin(t)v

a. Vérifier que γ est un arc de classe C1 tracé sur S, avec γ(0)=x0 et γ(0)=v.

b. En dérivant tq(γ(t)) en t=0, montrer que Ax0,v=0.

c. En déduire que x0 est un vecteur propre de A, associé à la valeur propre μ=q(x0).

4. En déduire que μ est la plus grande valeur propre de A et ν la plus petite, puis établir l'encadrement

xRn,λminx2Ax,xλmaxx2

5. Application numérique. On prend n=3 et

A=(211121112)

Exprimer q(x,y,z) sous une forme faisant apparaître X2, en déduire μ et ν ainsi que les points de S où ils sont atteints, et retrouver le spectre de A.

6. Expliquer comment ce qui précède permet de redémontrer, sans aucun calcul de polynôme caractéristique, qu'une matrice symétrique réelle admet un vecteur propre, et esquisser la récurrence menant au théorème spectral.

Exercice 28 ★★★Le problème des moindres carrés

Conditions du second ordre : hessienne, points selle, extremums d'une fonction de classe C2Gradient d'une fonction numérique sur un espace euclidien, base orthonormée, direction de plus forte penteCalcul différentiel en algèbre : applications bilinéaires, déterminant, inversion, formes quadratiques

Un système linéaire Ax=b sans solution reste un problème utile : à défaut de l'annuler, on cherche à rendre l'erreur Axb la plus petite possible. C'est le problème des moindres carrés, et il se résout entièrement avec les outils du calcul différentiel.

Soient n et p deux entiers naturels non nuls, AMn,p(R) et bRn. Les espaces Rn et Rp sont munis de leur produit scalaire canonique et de la norme euclidienne associée. On définit

f:RpR,f(x)=Axb2

1. Montrer que f est de classe C sur Rp, puis, en développant f(x+h), établir que

f(x)=2tA(Axb)

2. En déduire que les points critiques de f sont exactement les solutions de l'équation normale

(N)tAAx=tAb

Montrer ensuite que ker(tAA)=kerA, puis que Im(tAA)=Im(tA), et conclure que (N) admet toujours au moins une solution.

3. Montrer que tout point critique de f est un minimum global, par un argument direct.

4. Calculer la matrice hessienne Hf(x). Montrer qu'elle est symétrique positive, et qu'elle est définie positive si et seulement si rg(A)=p. En déduire, dans ce cas, l'unicité du minimum.

5. (Application : la régression linéaire.) On veut ajuster une droite d'équation y=ax+c au nuage des quatre points (1,2), (2,3), (3,5) et (4,6), au sens des moindres carrés : on cherche à minimiser

i=14(axi+cyi)2

Écrire ce problème sous la forme AXb2, résoudre l'équation normale, donner les valeurs exactes de a et de c, et interpréter le résultat.

Exercice 29 ★★★Distance à un fermé et projection

Extremums locaux et globaux, points critiques, condition nécessaire du premier ordre, extremums sur un fermé bornéVecteurs tangents à une partie, lignes et surfaces de niveau, plan tangent

Dans tout l'exercice, Rn est muni de son produit scalaire canonique , et de la norme euclidienne associée . Pour une partie non vide F de Rn et un point aRn, on pose

d(a,F)=infxFax

1. On suppose F fermée et non vide. Montrer que cette borne inférieure est atteinte : il existe bF tel que ab=d(a,F). On pourra fixer un point x0F et remplacer F par son intersection avec une boule fermée bien choisie.

2.a. Donner un exemple de partie fermée F et de point a pour lesquels le point b n'est pas unique, puis un second exemple où il en existe une infinité.

2.b. Montrer qu'en revanche, si F=V est un sous-espace vectoriel de Rn, le point b est unique et vaut pV(a), projeté orthogonal de a sur V.

3. Dans R3, on note P le plan d'équation x+2y2z=3 et A(1,2,3).

a. Vérifier que M(u,v)=(32u+2v,u,v), pour (u,v)R2, décrit exactement P. Déterminer les points critiques de φ(u,v)=AM(u,v)2 et justifier que le point critique obtenu réalise un minimum global de φ. En déduire d(A,P).

b. Retrouver ce résultat par la projection orthogonale.

c. Vérifier que le vecteur joignant A au point le plus proche est normal au plan.

4. Soit Γ la parabole d'équation y=x2 dans R2 et B(0,3).

a. Justifier l'existence d'un point de Γ le plus proche de B.

b. Déterminer tous ces points en étudiant g(x)=x2+(x23)2, et donner d(B,Γ).

c. Vérifier qu'en un tel point le vecteur joignant B au point trouvé est orthogonal au vecteur tangent à Γ, et expliquer pourquoi ce n'est pas un hasard.

Exercice 30 ★★★Différentiable en un point sans être de classe C1

Application différentiable en un point : développement limité d'ordre 1, unicité de la différentielle, continuitéFonctions de classe C1 sur un ouvert, caractérisation par les dérivées partielles, opérations

On considère la fonction f:R2R définie par

f(x,y)=(x2+y2)sin ⁣(1x2+y2)si (x,y)(0,0),f(0,0)=0

On notera Ω=R2{(0,0)} et, pour (x,y)Ω, r=x2+y2>0.

1. Montrer que f est de classe C1 sur Ω et calculer 1f(x,y) et 2f(x,y) pour (x,y)Ω.

2. Montrer que f est différentiable en (0,0) et que df(0,0)=0.

3. Montrer que 1f n'admet pas de limite en (0,0), en exhibant deux suites de points de Ω tendant vers l'origine le long de l'axe des abscisses et sur lesquelles 1f prend des valeurs distinctes. Qu'en conclure sur la classe de f ?

4. Comparer avec la situation en une variable, pour u(x)=x2sin ⁣(1x) prolongée par u(0)=0, et dégager la morale.

5. Dire si chacune des affirmations suivantes est vraie ou fausse, U désignant un ouvert de R2, f:UR une fonction quelconque et a un point de U.

a. Si f admet des dérivées partielles en a, alors f est continue en a.

b. Si f est différentiable en a, alors f admet des dérivées partielles en a.

c. Si f est différentiable en tout point de U, alors f est de classe C1 sur U.

d. Si les dérivées partielles de f existent au voisinage de a et sont continues en a, alors f est différentiable en a.

6. Énoncer précisément le théorème du cours (admis) qui caractérise les fonctions de classe C1 par leurs dérivées partielles, puis démontrer la version ponctuelle affirmée au d. de la question précédente.

Exercice 31 ★★★Quand la hessienne ne conclut pas

Conditions du second ordre : hessienne, points selle, extremums d'une fonction de classe C2

Toutes les fonctions de l'exercice sont polynomiales, donc de classe C sur l'ouvert R2 : on ne le redémontrera pas. Pour f de classe C2 et a point critique de f, on note Hf(a) la matrice hessienne de f en a.

1. Rappeler la condition du second ordre du cours. Que conclure dans chacun des cas suivants, où a est un point critique de f ?

a. Hf(a)=(2112)

b. Hf(a)=(3113)

c. Hf(a)=(1221)

d. Hf(a)=(2000)

2. On pose f1(x,y)=x2+y4, f2(x,y)=x2y4 et f3(x,y)=x2+y3.

a. Montrer que (0,0) est l'unique point critique de chacune de ces trois fonctions, et que les trois hessiennes en (0,0) sont égales et dégénérées.

b. Déterminer, par une étude directe, la nature de (0,0) pour chacune des trois fonctions. Que peut-on en déduire sur la portée du critère du second ordre ?

3. Soit f(x,y)=(yx2)(y2x2).

a. Montrer que (0,0) est un point critique de f et que Hf(0,0) est dégénérée.

b. Montrer que la restriction de f à toute droite passant par l'origine admet en (0,0) un minimum local strict.

c. Montrer que (0,0) n'est pourtant pas un minimum local de f, en étudiant f sur la parabole d'équation y=32x2. Décrire le signe de f pour comprendre le phénomène.

4. Soit f(x,y)=(xy)2. Déterminer l'ensemble de ses points critiques, et la nature de chacun d'eux.

5. Rédiger en cinq lignes le bilan méthodologique de l'exercice.

Exercice 32 ★★★Surfaces de niveau et plan tangent dans l'espace

Vecteurs tangents à une partie, lignes et surfaces de niveau, plan tangentGradient d'une fonction numérique sur un espace euclidien, base orthonormée, direction de plus forte pente

Dans tout l'exercice, R3 est muni de son produit scalaire canonique , et de la norme euclidienne associée. Toutes les fonctions g introduites sont polynomiales, donc de classe C sur R3.

1.a. Rappeler la définition d'un vecteur tangent en un point a à une partie S de R3.

1.b. Soient U un ouvert de R3, g:UR de classe C1, aU et S={xU  ;  g(x)=g(a)} la surface de niveau de g passant par a. Démontrer que g(a) est orthogonal à tout vecteur tangent en a à S.

1.c. En déduire la définition du plan tangent à S en a lorsque g(a)0, et une équation cartésienne de ce plan.

2. Pour chacune des surfaces suivantes, donner une fonction g dont elle est une surface de niveau, et calculer g.

a. La sphère S d'équation x2+y2+z2=9

b. Le paraboloïde P d'équation z=x2+y2

c. L'hyperboloïde H d'équation x2+y2z2=1

d. Le cône C d'équation x2+y2z2=0

3. Déterminer l'ensemble des vecteurs tangents à S au point A(2,2,1) en construisant explicitement des arcs, donner une équation cartésienne du plan tangent, et vérifier qu'il est orthogonal au rayon (OA).

4. Déterminer le plan tangent à P au point B(1,1,2) de deux façons : en voyant P comme le graphe d'une fonction de deux variables, puis comme une surface de niveau. Constater que l'on trouve le même plan.

5.a. Déterminer le plan tangent à H au point C(1,1,1), et exhiber deux arcs tracés sur H réalisant deux vecteurs tangents indépendants.

5.b. Montrer que g s'annule à l'origine pour le cône C, déterminer l'ensemble des vecteurs tangents à C en O, et en déduire qu'il n'y a pas de plan tangent en ce point.

6. Déterminer tous les points de la sphère unité en lesquels le plan tangent est parallèle au plan d'équation x+y+z=0.

Exercice 33 ★★★La différentielle de l'exponentielle de matrices

Calcul différentiel en algèbre : applications bilinéaires, déterminant, inversion, formes quadratiquesApplication différentiable en un point : développement limité d'ordre 1, unicité de la différentielle, continuité

Dans tout l'exercice, n1 est un entier et Mn(R) est muni d'une norme sous-multiplicative, c'est-à-dire vérifiant MNMN pour toutes matrices M et N, ainsi que In=1 (par exemple une norme subordonnée à une norme de Rn). Comme Mn(R) est de dimension finie, toutes les normes y sont équivalentes : les notions de limite, de continuité et de différentiabilité ne dépendent pas de ce choix.

1. L'exponentielle est bien définie.

a. Rappeler la définition de exp(M) pour MMn(R), et justifier que la série qui la définit converge.

b. Montrer que exp(M)eM.

2. Différentiabilité en la matrice nulle.

a. Établir, pour toute matrice H, la majoration

exp(H)InHH2eH

b. En déduire que exp est différentiable en 0 et que dexp(0) est l'application identité de Mn(R).

3. Matrices qui commutent. Soient A et H deux matrices telles que AH=HA.

a. Montrer que exp(A+H)=exp(A)exp(H).

b. En déduire que exp(A) est inversible, et préciser son inverse.

c. Montrer que texp(tA) est dérivable sur R et calculer sa dérivée.

4. Le déterminant de l'exponentielle. On admet le résultat suivant, démontré dans l'exercice 10 de cette fiche : l'application det est de classe C sur Mn(R) et, pour MGLn(R) et HMn(R),

d ⁣det(M)(H)=det(M)tr ⁣(M1H)

Soit AMn(R) fixée. On pose φ(t)=det(exp(tA)) pour tR.

a. Justifier que φ est dérivable sur R, et montrer que φ(t)=tr(A)φ(t).

b. Résoudre cette équation différentielle, et en déduire que det(exp(A))=etr(A).

5. En déduire que det(exp(A))>0 pour toute matrice A, puis exhiber une matrice inversible qui n'est l'exponentielle d'aucune matrice réelle.

6. Vérifications. Contrôler la formule du 4 en calculant explicitement l'exponentielle des deux matrices

N=(0200)etA=(1232)

Exercice 34 ★★★Optimiser sous contrainte par paramétrage

Extremums locaux et globaux, points critiques, condition nécessaire du premier ordre, extremums sur un fermé bornéVecteurs tangents à une partie, lignes et surfaces de niveau, plan tangent

La condition « df(a)=0 » n'est une condition nécessaire d'extremum que sur un ouvert. Or un cercle, une sphère ou une surface n'ont pas de point intérieur : on ne peut donc pas y « chercher les points critiques ». Cet exercice construit les trois techniques élémentaires qui contournent l'obstacle sans aucun théorème : le paramétrage (qui ramène le problème à un ouvert), l'inégalité bien choisie, et la compacité (qui garantit l'existence d'un extremum avant tout calcul). Le théorème d'optimisation sous une contrainte, qui est lui aussi au programme, fait l'objet des exercices suivants. Dans tout l'exercice, Rn est muni de son produit scalaire canonique.

1. Le produit maximal sur le cercle unité. On pose f(x,y)=xy et g(x,y)=x2+y2, et l'on note C={(x,y)R2  ;  g(x,y)=1}.

a. Justifier que f atteint un maximum et un minimum sur C.

b. À l'aide du paramétrage γ(t)=(cost,sint), déterminer ces deux extremums et tous les points où ils sont atteints.

c. Retrouver la valeur du maximum à l'aide de l'inégalité xyx2+y22, en discutant le cas d'égalité.

d. Calculer f et g aux quatre points optimaux, et constater qu'ils y sont colinéaires. Démontrer ce constat directement, sans invoquer aucun théorème d'extremum sous contrainte.

2. Une forme linéaire sur la sphère. On pose f(x,y,z)=x+2y+2z et S={(x,y,z)R3  ;  x2+y2+z2=1}.

a. Déterminer maxSf par l'inégalité de Cauchy-Schwarz, en précisant le cas d'égalité.

b. Retrouver ce maximum par la méthode générale : compacité pour l'existence, puis paramétrage local de la sphère au voisinage du point optimal et condition du premier ordre.

c. Comparer les deux méthodes : coût, généralité, ce que chacune démontre.

3. La boîte d'aire minimale. Soit V>0 fixé. Parmi tous les pavés droits de volume V, on cherche celui dont l'aire totale est minimale.

a. Mettre le problème sous la forme de la minimisation d'une fonction A de deux variables sur l'ouvert Ω=]0,+[2.

b. On pose m=6V2/3. Montrer que l'ensemble K={(x,y)Ω  ;  A(x,y)m} est un compact inclus dans Ω : c'est la traduction rigoureuse de « A tend vers + au bord de Ω et à l'infini ».

c. En déduire que A atteint un minimum global sur Ω, puis déterminer les points critiques de A et conclure.

d. Contrôler la nature du point trouvé à l'aide de la matrice hessienne.

4. Question de rédaction. Expliquer en quelques lignes pourquoi « chercher les points critiques » sur un ensemble contraint n'a aucun sens tant qu'on n'a pas paramétré, et ce que garantit exactement la condition du premier ordre.

Exercice 35 ★★★Un problème d'optimisation géométrique

Conditions du second ordre : hessienne, points selle, extremums d'une fonction de classe C2Extremums locaux et globaux, points critiques, condition nécessaire du premier ordre, extremums sur un fermé bornéGradient d'une fonction numérique sur un espace euclidien, base orthonormée, direction de plus forte pente

L'espace Rn est muni de son produit scalaire canonique , et de la norme euclidienne associée .

1. Le point qui minimise la somme des carrés des distances. Soient p1 et A1,,Ap des points de Rn, non nécessairement distincts. On pose

f(M)=i=1pMAi2(MRn)

a. Montrer que f est de classe C sur Rn.

b. Calculer f(M) en revenant au développement limité d'ordre 1.

c. Montrer que f admet un unique point critique, et l'identifier.

d. Établir l'identité f(M)=pMG2+f(G)G est ce point critique, et en déduire la nature exacte de l'extremum.

2. Variante pondérée. Soient λ1,,λp des réels strictement positifs, de somme Λ. Reprendre la question 1 pour fλ(M)=i=1pλiMAi2.

3. Un extremum sur un ouvert non borné. On pose, sur Ω=]0,+[2,

f(x,y)=x2+xy+y2+1x+1y

a. Justifier que f est de classe C2 sur Ω, puis déterminer tous ses points critiques.

b. Calculer la matrice hessienne au point critique et en déduire la nature locale de ce point.

c. Démontrer qu'il s'agit d'un minimum global sur Ω, et donner sa valeur exacte. La fonction f admet-elle un maximum sur Ω ?

4. Interpréter géométriquement ou physiquement les résultats des questions 1, 2 et 3.

Exercice 36 ★★★★Fonctions harmoniques et principe du maximum

Résolution d'équations aux dérivées partielles par changement de variablesDérivées partielles d'ordre supérieur, classe Ck, théorème de Schwarz, matrice hessienne, Taylor-Young à l'ordre 2Extremums locaux et globaux, points critiques, condition nécessaire du premier ordre, extremums sur un fermé borné

Soit U un ouvert de R2. Une fonction f:UR de classe C2 est dite harmonique sur U si son laplacien est identiquement nul :

Δf=xx2f+yy2f=0sur U

1. Vérifier que les fonctions suivantes sont harmoniques sur l'ouvert indiqué.

a. f(x,y)=x2y2 sur R2

b. g(x,y)=excosy sur R2

c. h(x,y)=ln(x2+y2) sur R2{(0,0)}

d. k(x,y)=Arctan(yx) sur le demi-plan {(x,y)  ;  x>0}

2. Pas d'extremum non dégénéré.

a. Soient U un ouvert, f:UR de classe C2 et aU un maximum local de f. Montrer que f(a)=0 et que tvHf(a)v0 pour tout vR2.

b. En déduire qu'une fonction harmonique ne peut pas avoir de maximum local en un point où sa hessienne est définie négative. Montrer même qu'en un extremum local d'une fonction harmonique, la hessienne est nulle.

c. Préciser la portée exacte de l'argument : que reste-t-il possible quand la hessienne est dégénérée ? On regardera f(x,y)=x33xy2.

3. Principe du maximum, version faible. Soit K un compact de R2 d'intérieur Ω non vide, et f:KR continue sur K, de classe C2 et harmonique sur Ω. On note K=KΩ la frontière de K.

a. Montrer que K est un compact non vide.

b. Pour ε>0, on pose fε(x,y)=f(x,y)+ε(x2+y2). Calculer Δfε sur Ω et montrer que fε atteint son maximum sur K en un point de K.

c. En faisant tendre ε vers 0, en déduire que maxKf=maxKf.

4. Application. Déterminer maxCgg(x,y)=excosy et C=[0,1]×[π2,π2], en n'étudiant que la frontière de C. Vérifier le résultat par une étude directe, et donner de même le minimum.

5. Sur R2 tout entier. Soit f harmonique sur R2, majorée, et atteignant un maximum global en un point a. On note M=f(a).

a. Montrer que pour tout R>0, la valeur M est encore atteinte en un point du cercle de centre a et de rayon R. Qu'en déduire sur l'ensemble {XR2  ;  f(X)=M} ?

b. On admet la propriété de la moyenne : pour tout r>0,

f(a)=12π02πf(a+r(cosθ,sinθ))dθ

En déduire que f est constante sur R2.

c. Discuter : qu'a-t-on réellement démontré avec les outils du programme, et qu'a-t-on admis ?

Bloqué sur « Calcul différentiel et optimisation » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.