PCSI · Chapitre 04 · Premier semestre

Exercices — Techniques fondamentales de calcul différentiel et intégral

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Déterminer un ensemble de définition

Généralités : domaine, parité, périodicité, monotonie, fonctions bornées, transformations de graphe

Déterminer l'ensemble de définition de chacune des fonctions suivantes. On énumérera les contraintes une à une, puis on donnera la réponse sous forme de réunion d'intervalles.

On rappelle que pour un exposant αZ, la puissance uα est définie par uα=eαlnu : elle exige donc u>0, inégalité stricte.

a. f(x)=x23x+2

b. f(x)=ln(x24)

c. f(x)=x+1x2x6

d. f(x)=x1x3

e. f(x)=Arcsin(x12)

f. f(x)=Arccos(2x1+x2)

g. f(x)=(x21)3/2

h. f(x)=ln(1x1+x)

i. f(x)=lnx1

j. f(x)=Arcsin(lnx)

Exercice 2 ★★★Parité, imparité, périodicité et réduction du domaine d'étude

Généralités : domaine, parité, périodicité, monotonie, fonctions bornées, transformations de graphe

1. Pour chacune des fonctions suivantes, vérifier que son ensemble de définition est symétrique par rapport à 0, puis dire si elle est paire, impaire, ou ni l'une ni l'autre.

a. f1(x)=x43x2+1

b. f2(x)=x3+xx2+1

c. f3(x)=xsinx

d. f4(x)=ex+x

e. f5(x)=sh(x)cosx

f. g(x)=ln(x+1+x2)

2. Pour chacune des deux fonctions suivantes, définies sur R, déterminer la plus petite période strictement positive, puis un intervalle d'étude aussi petit que possible en précisant les transformations qui permettent de reconstituer la courbe entière.

a. h(x)=cos(3x)

b. k(x)=sin2x

3. Soit D une partie de R symétrique par rapport à 0 et f une fonction définie sur D.

a. Montrer qu'il existe un unique couple (p,i) de fonctions définies sur D, avec p paire et i impaire, tel que f=p+i.

b. Appliquer ce résultat à la fonction exponentielle sur R et identifier les deux fonctions obtenues.

c. En déduire, sans aucun calcul supplémentaire, la relation ch2(x)sh2(x)=1.

Exercice 3 ★★★Calculs de dérivées : opérations et composées

Calcul de dérivées : opérations, composée, dérivées successives, classe C1

Calculer la dérivée de chacune des fonctions suivantes. Pour chacune, on précisera l'ensemble de définition et l'ensemble de dérivabilité, on nommera la formule utilisée, et on simplifiera le résultat autant que possible.

a. fa(x)=(3x2+1)e2x

b. fb(x)=x21x2+1

c. fc(x)=esinx

d. fd(x)=x2+x+1

e. fe(x)=lnxx

f. ff(x)=ln(1+x1x)

g. fg(x)=ch(x2)

h. fh(x)=x3

i. fi(x)=Arctan(1x)

j. fj(x)=1x1+x

k. fk(x)=xx

l. f(x)=Arcsinx+Arccosx

Exercice 4 ★★★Tangente et approximation affine

Calcul de dérivées : opérations, composée, dérivées successives, classe C1

On rappelle que si f est dérivable en a, la tangente à sa courbe au point d'abscisse a a pour équation y=f(a)+f(a)(xa), et que pour x proche de a on dispose de l'approximation affine f(x)f(a)+f(a)(xa).

1. Soit f la fonction racine carrée, définie sur [0,+[.

a. Déterminer une équation de la tangente T à Cf au point d'abscisse 4.

b. En déduire une valeur approchée de 4,02 par le calcul mental.

c. Comparer à la valeur donnée par la calculatrice. Démontrer ensuite, à l'aide d'une identité algébrique, que l'approximation obtenue est par excès pour toute valeur de x.

d. Reprendre la même démarche avec la fonction g:xln(1+x) au point d'abscisse 0, pour obtenir une valeur approchée de ln(1,01). Que dit l'inégalité de cours ln(1+x)x sur la nature de cette approximation ?

2. Soit C la courbe de la fonction exponentielle. Vérifier que l'origine O du repère n'appartient pas à C, puis déterminer toutes les tangentes à C passant par O.

3. Soit h la fonction définie sur R par h(x)=(x2+1)ex.

a. Déterminer les points de Ch en lesquels la tangente est horizontale.

b. Étudier le signe de h. La tangente horizontale trouvée correspond-elle à un extremum de h ?

Exercice 5 ★★★Exponentielle et logarithme : équations et inéquations

Exponentielle, logarithme, fonctions puissances, croissances comparées

Résoudre dans R les équations et inéquations suivantes. Pour chacune, on suivra systématiquement les trois temps de la méthode : déterminer d'abord l'ensemble sur lequel l'expression a un sens, résoudre ensuite, puis vérifier que les solutions obtenues appartiennent bien à cet ensemble.

On note log le logarithme décimal, défini sur ]0,+[ par logx=lnxln10, et l'on rappelle que pour a>0, ax désigne exlna.

a. e2x3ex+2=0

b. lnx+ln(x1)=ln6

c. 2x=5

d. ln(x21)0

e. ex32ex

f. logx+log(x+3)=1

g. ex+ex=52

h. (12)x>3

i. ln(x+1)+ln(x1)<ln(3x3)

Exercice 6 ★★★Croissances comparées : les limites de référence

Exponentielle, logarithme, fonctions puissances, croissances comparées

On rappelle les croissances comparées du cours, admises, valables pour tout réel α>0 :

limx+lnxxα=0,limx0+xαlnx=0,limx+exxα=+,limxxnex=0    (nN)

Déterminer les limites suivantes. Chaque réponse doit être justifiée par une croissance comparée ci-dessus, par un taux d'accroissement, ou par un changement de variable qui ramène à l'une de ces deux situations. Dans la question c., n désigne un entier naturel non nul.

a. lnxx lorsque x+

b. xlnx lorsque x0+

c. exxn lorsque x+

d. xex lorsque x

e. x1/x lorsque x+

f. ln(1+x)x lorsque x0

g. xx lorsque x0+

h. (1+1x)x lorsque x+

i. ex1x lorsque x0

j. x2ex lorsque x+

Exercice 7 ★★★Valeurs exactes d'Arcsin, Arccos et Arctan

Fonctions circulaires réciproques : Arcsin, Arccos, Arctan

Tout l'exercice repose sur une seule idée : chacune des trois fonctions circulaires réciproques renvoie un angle situé dans son intervalle image, et jamais ailleurs.

  • Arcsina est l'unique réel θ[π2,π2] tel que sinθ=a, pour a[1,1] ;
  • Arccosa est l'unique réel θ[0,π] tel que cosθ=a, pour a[1,1] ;
  • Arctana est l'unique réel θ]π2,π2[ tel que tanθ=a, pour aR.

1. Donner la valeur exacte de chacun des réels suivants.

a. Arcsin(12)

b. Arcsin(22)

c. Arcsin(32)

d. Arcsin(1)

e. Arccos(0)

f. Arccos(12)

g. Arccos(22)

h. Arccos(32)

i. Arctan(3)

j. Arctan(1)

k. Arctan(13)

l. Arctan(0)

2. Simplifier les expressions suivantes. Attention : la réponse n'est pas toujours le réel écrit à l'intérieur.

a. Arcsin(sin2π3)

b. Arccos(cos7π4)

c. Arctan(tan3π4)

d. sin(Arcsin0,3)

e. Arcsin(sinπ5)

f. Arcsin(sin5π4)

3. Compléter, puis justifier chaque réponse en une phrase : l'égalité Arcsin(sinx)=x est vraie si et seulement si x appartient à , alors que l'égalité sin(Arcsina)=a est vraie pour tout a appartenant à

Exercice 8 ★★★Primitives immédiates

Primitives usuelles et reconnaissance de dérivées de composéesFonctions hyperboliques sh et chPrimitives de fractions rationnelles simples

Une primitive se cherche toujours sur un intervalle. Si F est une primitive de f sur un intervalle I, alors l'ensemble de toutes les primitives de f sur I est

{xF(x)+C ; CR}

et deux primitives de f sur I diffèrent d'une constante. Cette description tombe en défaut dès que l'ensemble de travail n'est plus un intervalle : c'est l'objet de la question 2.

1. Déterminer une primitive de chacune des fonctions suivantes, sur l'intervalle indiqué.

a. xx5 sur R

b. x1x sur ]0,+[

c. xx2 sur ]0,+[

d. xex sur R

e. xe3x sur R

f. xcosx sur R

g. xsinx sur R

h. x1cos2x sur ]π2,π2[

i. xchx sur R

j. xshx sur R

k. x11+x2 sur R

l. x11x2 sur ]1,1[

m. x1x2+4 sur R

n. x14x2 sur ]2,2[

2. La fonction x1x est aussi définie sur ],0[ : y déterminer une primitive. Expliquer ensuite pourquoi la phrase « les primitives de x1x sur R sont les xlnx+C » est fausse.

3. Vérifier par dérivation les réponses obtenues aux questions 1.h., 1.m. et 1.n.

Exercice 9 ★★★Équations différentielles du premier ordre à coefficients constants

Équations différentielles linéaires du premier ordre

Toutes les équations ci-dessous sont de la forme y+ay=b(x), où a est une constante réelle et b une fonction continue sur R. On rappelle la méthode : on résout d'abord l'équation homogène y+ay=0, dont les solutions sur un intervalle I sont les fonctions xλeax, où λ décrit R ; on cherche ensuite une solution particulière de l'équation complète ; la solution générale est la somme des deux.

Résoudre sur R les équations différentielles suivantes, d'inconnue une fonction y dérivable de la variable réelle x.

a. y=3y

b. y+2y=0

c. yy=4

d. 2y+y=3

e. y+y=e2x

f. y3y=e3x

g. y+y=cosx

h. y2y=0 avec y(0)=5

Indications. Pour c. et d., chercher une solution particulière constante. Pour e., la chercher de la forme xae2x, et pour g. de la forme xacosx+bsinx. Pour f., commencer par constater qu'aucune fonction xae3x ne peut convenir, puis chercher une solution particulière de la forme xaxe3x.

Dans chaque cas, vérifier la solution obtenue en la reportant dans l'équation.

Exercice 10 ★★★★Lecture graphique et transformations de courbe

Généralités : domaine, parité, périodicité, monotonie, fonctions bornées, transformations de graphe

Courbe de la fonction f

La courbe ci-dessus est celle d'une fonction f définie et dérivable sur [3,4]. Les points A et B sont ses deux extremums locaux ; les tangentes en ces points, horizontales, sont tracées en pointillés.

1. Lire les valeurs exactes de f(3), f(1), f(1), f(2) et f(4), ainsi qu'une valeur approchée de f(0). En déduire les coordonnées de A et de B.

2. Dresser le tableau de variations de f sur [3,4].

3. Déterminer le signe de f sur [3,4]. On notera α l'abscisse, non lisible exactement, du zéro situé entre 0 et 1.

4. Donner le signe de f sur [3,4], en précisant les valeurs en lesquelles f s'annule.

5. Discuter, selon le réel k, le nombre de solutions de l'équation f(x)=k sur [3,4].

6. Pour chacune des fonctions ci-dessous, et sans tracer sa courbe, préciser son ensemble de définition, la transformation géométrique qui envoie Cf sur sa courbe, les images des points A et B, et ses variations.

a. xf(x)+2

b. xf(x1)

c. xf(2x)

d. xf(x)

e. xf(x)

f. xf(x)

Exercice 11 ★★★★Fonctions majorées, minorées, bornées

Généralités : domaine, parité, périodicité, monotonie, fonctions bornées, transformations de grapheÉtude de fonction : variations, extremums, inégalités, optimisation

On rappelle qu'une fonction f définie sur une partie D de R est bornée si et seulement si f est majorée, c'est-à-dire s'il existe un réel M tel que f(x)M pour tout xD.

1. Soit f définie sur R par f(x)=x1+x2.

a. Démontrer que pour tout réel x, 2x1+x2, et préciser les cas d'égalité.

b. En déduire que f est bornée sur R, puis déterminer son maximum et son minimum.

c. Retrouver ces résultats en étudiant les variations de f.

2. Soit g définie sur R par g(x)=11+x2. Montrer que g est bornée. Admet-elle un maximum ? un minimum ?

3. Soit h définie sur R par h(x)=sinx+cosx. Écrire h(x) sous la forme 2sin(x+π4), puis en déduire que h est bornée et déterminer les réels en lesquels elle atteint son maximum et son minimum.

4. Soit u définie sur R par u(x)=xsinx. Démontrer que u n'est pas bornée.

5. Soit v définie sur R par v(x)=3sinx12+cosx. Vérifier que v est bien définie sur R, puis montrer qu'elle est bornée en majorant v.

6. Soit w définie sur R par w(x)=x21+x2.

a. Montrer que w est bornée, et qu'elle admet un minimum que l'on précisera.

b. Montrer que 1 majore w, mais que w ne prend jamais la valeur 1.

c. Montrer qu'aucun réel strictement inférieur à 1 ne majore w.

Exercice 12 ★★★★Dérivées successives et formule par récurrence

Calcul de dérivées : opérations, composée, dérivées successives, classe C1

Dans tout l'exercice, n désigne un entier naturel et f(n) la dérivée n-ième de f, avec la convention f(0)=f. Chaque formule conjecturée devra être démontrée par récurrence.

1. Soit a un réel et f la fonction définie sur R par f(x)=eax. Calculer f, f, f, conjecturer une expression de f(n) et la démontrer.

2. a. Soit g définie sur R par g(x)=1x. Calculer g, g, g et les réécrire de façon à faire apparaître un signe alterné et une factorielle. Conjecturer g(n) et le démontrer.

b. Soit a un réel fixé et G(x)=1xa, définie sur ],a[ et sur ]a,+[. En déduire G(n).

3. Soit h définie sur ]1,+[ par h(x)=ln(1+x). Déterminer h(n) pour n1. Pourquoi faut-il exclure n=0 ?

4. Soit k la fonction cosinus. Démontrer que pour tout entier naturel n et tout réel x, k(n)(x)=cos(x+nπ2). En déduire la dérivée n-ième de la fonction sinus.

5. Soit m définie sur R{1,1} par m(x)=1x21.

a. Déterminer deux réels a et b tels que m(x)=ax1+bx+1, et vérifier l'identité obtenue.

b. En déduire m(n)(x), puis contrôler le résultat pour n=1 par un calcul direct.

Exercice 13 ★★★★Dérivées partielles : premiers calculs

Dérivées partielles : calculs simples

Soit f une fonction de deux variables (x,y). On appelle dérivée partielle de f par rapport à x, notée fx, la dérivée de la fonction d'une seule variable obtenue en figeant y, c'est-à-dire en traitant y comme une constante. On définit de même fy en figeant x. Aucune technique nouvelle n'est requise : ce sont les règles de dérivation habituelles, appliquées à une variable à la fois. Par exemple, pour f(x,y)=3x2y+y5, on obtient fx=6xy (le terme y5 est une constante vis-à-vis de x) et fy=3x2+5y4.

1. Calculer fx et fy pour chacune des fonctions suivantes, en précisant à chaque fois l'ensemble des couples (x,y) pour lesquels le calcul a un sens.

a. f(x,y)=x2y3

b. f(x,y)=exy

c. f(x,y)=xx2+y2

d. f(x,y)=ln(x2+y2)

e. f(x,y)=xy, avec x>0

f. f(x,y)=cos(x+2y)

g. f(x,y)=x2+y2

h. f(x,y)=xyx+y

2. Loi des gaz parfaits. La pression d'un gaz parfait s'écrit P(V,T)=nRTV, où n et R sont des constantes strictement positives, V>0 le volume et T>0 la température. Calculer PV et PT, puis interpréter le signe de chacune.

3. Équation des ondes. Soient A, k et ω trois constantes strictement positives et

u(x,t)=Acos(kxωt)

Calculer ut, 2ut2, ux et 2ux2, où 2ut2 désigne la dérivée partielle par rapport à t de ut. En déduire que u vérifie l'égalité

2ut2=c22ux2avecc=ωk

Exercice 14 ★★★★Étude complète d'une fonction avec exponentielle

Étude de fonction : variations, extremums, inégalités, optimisationExponentielle, logarithme, fonctions puissances, croissances comparées

Partie A

On considère la fonction f définie sur R par f(x)=(x22x)ex, et l'on note Cf sa courbe représentative dans un repère orthonormé.

1. Déterminer les limites de f en et en +. En déduire l'existence d'une asymptote à Cf, dont on donnera une équation.

2. Montrer que, pour tout réel x, f(x)=ex(x24x+2), puis factoriser x24x+2.

3. Dresser le tableau de variations complet de f. Préciser les extremums (valeurs exactes puis approchées à 103 près) et dire, pour chacun, s'il est local ou global.

4. Étudier le signe de f(x) et déterminer les points d'intersection de Cf avec l'axe des abscisses.

5. Déterminer une équation de la tangente à Cf au point d'abscisse 0, puis au point d'abscisse 2.

6. Étudier la limite de f(x)x en et en déduire la nature de la branche infinie de Cf en . Décrire enfin l'allure de la courbe.

Partie B

On considère la fonction g définie sur ]0,+[ par g(x)=lnxx.

1. Déterminer les limites de g aux bornes de son domaine et en déduire les asymptotes à sa courbe.

2. Calculer g(x), dresser le tableau de variations de g et montrer que g admet un maximum global égal à 1e, atteint en x=e.

3. Étudier le signe de g(x) et déterminer une équation de la tangente au point d'abscisse 1.

4. En comparant g(e) et g(π), démontrer que eπ>πe.

Exercice 15 ★★★★Fonctions puissances : domaines, simplifications, dérivées

Exponentielle, logarithme, fonctions puissances, croissances comparées

On rappelle la définition du cours : pour αR et x>0, on pose

xα=eαlnx

Les fonctions puissances sont donc définies sur ]0,+[, et prolongées en 0 le cas échéant. Seules les fonctions puissances entières sont en outre définies sur ],0[.

1. Pour chacune des fonctions suivantes, donner l'ensemble de définition au sens du cours, puis dire si un prolongement en 0 est possible et par quelle valeur.

a. xx3

b. xx2

c. xx1/2

d. xx2

e. xx1/3

f. xxπ

2. Simplifier les expressions suivantes, la lettre x désignant un réel strictement positif.

a. 163/4

b. (827)2/3

c. x5/2x1/2x3

d. (x2)2

e. xx3

f. (9x4)3/2

3. Calculer les dérivées suivantes, en revenant à chaque fois à la définition par l'exponentielle : a. xxα sur ]0,+[, où α est un réel fixé ; b. xxx sur ]0,+[ ; c. xxlnx sur ]0,+[ ; d. x(lnx)x sur ]1,+[.

4. Soit α un réel non nul et fα:xxα sur ]0,+[. Déterminer les limites de fα en 0+ et en +, puis dresser son tableau de variations en distinguant les cas α>0 et α<0.

5. Soit α>1. a. Déterminer limx+xααx. b. Dans le cas α=2, vérifier que 2 et 4 sont solutions de l'équation 2x=x2, puis commenter la position relative de x2 et 2x sur ]0,+[.

6. Expliquer pourquoi l'écriture (8)1/3 n'a aucun sens avec la définition du cours. Montrer de plus qu'en décidant d'écrire (8)1/3=2, on ruinerait la règle (xα)β=xαβ.

Exercice 16 ★★★★Simplifier une expression contenant Arcsin, Arccos ou Arctan

Fonctions circulaires réciproques : Arcsin, Arccos, Arctan

Toutes les simplifications de cet exercice suivent le même schéma : on pose θ égal à l'arc concerné, on écrit les deux informations que fournit la définition (la valeur d'une ligne trigonométrique, et l'intervalle auquel θ appartient), puis on utilise la trigonométrie. L'intervalle sert à trancher un signe : sans lui, la simplification est fausse une fois sur deux.

1. Soit x[1,1]. Simplifier cos(Arcsinx), puis sin(Arccosx). On justifiera avec soin le signe de la racine carrée obtenue.

2. Soit x]1,1[. Simplifier tan(Arcsinx). Pourquoi les valeurs x=1 et x=1 sont-elles exclues ?

3. Soit xR. Simplifier cos(Arctanx), puis sin(Arctanx).

4. On pose, pour x[1,1], h(x)=Arccosx+Arcsinx.

a. Justifier que h est dérivable sur ]1,1[ et calculer h(x). Qu'en déduit-on pour h sur cet intervalle ?

b. Calculer h(0), puis h(1) et h(1). Conclure que Arccosx+Arcsinx=π2 pour tout x[1,1], bornes comprises.

5. Soit xR. Établir les deux formules

cos(2Arctanx)=1x21+x2etsin(2Arctanx)=2x1+x2

Ce sont les formules dites de la tangente de l'arc moitié, omniprésentes dès qu'il s'agit de paramétrer un cercle ou de rendre rationnelle une expression trigonométrique.

6. Application numérique : calculer les valeurs exactes de cos(2Arctan12) et sin(2Arctan12), puis contrôler le résultat avec la relation cos2+sin2=1.

Exercice 17 ★★★★Dérivées et domaines des fonctions circulaires réciproques

Fonctions circulaires réciproques : Arcsin, Arccos, ArctanReprésentation graphique et dérivée d'une fonction réciproque

On admet la formule de dérivation d'une fonction réciproque : si f est une bijection dérivable d'un intervalle I sur un intervalle J, et si yJ vérifie f(f1(y))0, alors f1 est dérivable en y et

(f1)(y)=1f(f1(y))

1. On note s la restriction de sin à [π2,π2] ; c'est une bijection de cet intervalle sur [1,1], de réciproque Arcsin.

a. Calculer s(Arcsiny) en fonction de y, et déterminer pour quels y[1,1] cette quantité est non nulle.

b. En déduire que Arcsin est dérivable sur ]1,1[, avec Arcsin(y)=11y2.

c. Que se passe-t-il en y=1 et en y=1 ? Interpréter géométriquement, sachant que les courbes de s et de Arcsin sont symétriques par rapport à la droite d'équation y=x.

2. Mener le même travail avec Arccos, réciproque de la restriction de cos à [0,π], et montrer que Arccos(y)=11y2 sur ]1,1[. Vérifier la cohérence de ce résultat avec l'identité Arccosy+Arcsiny=π2.

3. Mener le même travail avec Arctan, réciproque de la restriction de tan à ]π2,π2[, et montrer que Arctan(y)=11+y2. Pourquoi n'y a-t-il, cette fois, aucun point à exclure ?

4. Dériver chacune des fonctions suivantes, en précisant à chaque fois son ensemble de définition et son ensemble de dérivabilité.

a. Arctan(2x)

b. Arcsin(x2)

c. Arctan(1x)

d. xArctanx

e. Arccos(1x21+x2)

f. Arctan(x)

Exercice 18 ★★★★Fonctions hyperboliques ch et sh : étude et identités

Fonctions hyperboliques sh et ch

On définit sur R le cosinus hyperbolique et le sinus hyperbolique par

chx=ex+ex2etshx=exex2

1. Exprimer ex et ex à l'aide de chx et shx. Déterminer la parité de ch et celle de sh. Montrer enfin que chx1 pour tout réel x, l'égalité n'ayant lieu qu'en 0.

2. Calculer ch et sh. Déterminer les limites de ch et de sh en et en +, puis dresser les deux tableaux de variations.

3. Étudier la position de la courbe de ch, puis celle de la courbe de sh, par rapport à la courbe d'équation y=ex2. Que devient l'écart lorsque x tend vers + ?

4. Démontrer que, pour tout réel x, ch2xsh2x=1. C'est la seule formule du paragraphe à connaître par cœur.

5. Les deux formules d'addition ci-dessous ne sont pas à apprendre par cœur, mais il faut savoir les retrouver en une ligne à partir des définitions. Le faire, pour tous réels a et b :

ch(a+b)=chachb+shashbetsh(a+b)=shachb+chashb

6. En déduire sh(2x), puis ch(2x) sous trois formes : en fonction de chx et shx, en fonction de chx seul, en fonction de shx seul.

7. Résoudre dans R les deux équations suivantes, en posant à chaque fois X=ex.

a. chx=54

b. shx=34

Commenter la différence entre les nombres de solutions obtenus.

Exercice 19 ★★★★Fonctions à valeurs complexes : dérivation et exponentielle

Fonctions d'une variable réelle à valeurs complexes

Soit I un intervalle de R et f:IC. On note u=Re(f) et v=Im(f), de sorte que f=u+iv avec u et v à valeurs réelles. Par définition, f est dérivable lorsque u et v le sont, et on pose alors f=u+iv. Les règles de calcul usuelles (combinaison linéaire, produit, quotient) restent valables, et l'on admet que pour φ:IC dérivable,

(eφ)=φeφ

1. Soit f définie sur R par f(t)=e(1+2i)t.

a. Déterminer Re(f(t)), Im(f(t)) et f(t).

b. Calculer f(t) en dérivant séparément la partie réelle et la partie imaginaire.

c. Calculer f(t) directement par la formule admise ci-dessus, et vérifier que les deux calculs donnent le même nombre complexe.

2. Dériver les deux fonctions suivantes, définies sur R.

a. g:t(t2+i)eit

b. h:t11+it

Pour b., on donnera le résultat sous deux formes : celle que fournit la règle du quotient, et celle que fournit la séparation des parties réelle et imaginaire. On vérifiera qu'il s'agit bien du même nombre complexe.

3. a. Montrer que la fonction teit est de module constant, et interpréter géométriquement.

b. Soit f:IC dérivable sur un intervalle I et telle que f soit constante. Démontrer que pour tout tI,

Re(f(t)f(t))=0

Contrôler cette identité sur l'exemple de la question a.

4. Deux points de vigilance.

a. Expliquer pourquoi la phrase « la fonction teit est croissante » n'a aucun sens. Quelles quantités associées à f peut-on, en revanche, légitimement étudier ?

b. Démontrer que le théorème « une fonction dérivable de dérivée nulle sur un intervalle est constante » reste vrai pour les fonctions à valeurs complexes. Qu'en déduit-on sur l'ensemble des primitives, sur un intervalle, d'une fonction à valeurs complexes ?

Exercice 20 ★★★★Reconnaître la dérivée d'une composée

Primitives usuelles et reconnaissance de dérivées de composées

La quasi-totalité des primitives que l'on sait calculer sans technique particulière se ramène à l'une des sept formes ci-dessous, où u est une fonction dérivable sur un intervalle I.

Forme de la fonction Une primitive sur I Condition sur I
uun, avec nN un+1n+1 aucune
uu2 1u u ne s'annule pas
uu ln(u) u>0
uu 2u u>0
ueu eu aucune
ucos(u) sin(u) aucune
u1+u2 Arctan(u) aucune

Déterminer une primitive de chacune des douze fonctions suivantes sur l'intervalle indiqué. Pour chacune, on nommera explicitement la fonction u choisie, on écrira la forme reconnue, et on contrôlera la réponse en la dérivant.

a. 2x1+x2 sur R

b. xex2 sur R

c. lnxx sur ]0,+[

d. tanx sur ]π2,π2[

e. 1xlnx sur ]1,+[

f. cosxsin3x sur R

g. x1+x2 sur R

h. ex1+e2x sur R

i. 1x2cos1x sur ]0,+[

j. Arctanx1+x2 sur R

k. shxch2x sur R

l. 1x(lnx)2 sur ]1,+[

Exercice 21 ★★★★Intégration par parties : les cas types

Intégration par parties et changement de variable

On rappelle le théorème d'intégration par parties : si u et v sont de classe C1 sur un segment [a,b], alors

abu(x)v(x)dx=[u(x)v(x)]ababu(x)v(x)dx

Tout l'art consiste à choisir lequel des deux facteurs on dérive. On dérive celui qui se simplifie en étant dérivé (un polynôme, un logarithme, une fonction circulaire réciproque), et on intègre celui dont une primitive est immédiate. Trois situations types reviennent sans cesse : le produit d'un polynôme par une exponentielle ou une fonction trigonométrique, la fonction seule que l'on multiplie par le facteur 1, et le produit d'une exponentielle par une fonction trigonométrique, qui se referme sur lui-même.

Calculer les intégrales suivantes. Pour chacune, on précisera les fonctions u et v choisies, on justifiera qu'elles sont de classe C1 sur le segment d'intégration, et on motivera le choix du facteur dérivé.

a. 01xexdx

b. 1elnxdx

c. 01Arctanxdx

d. 1ex2lnxdx

e. 0πx2cosxdx

f. 0πexsinxdx

Exercice 22 ★★★★Changement de variable : les cas types

Intégration par parties et changement de variable

On rappelle le théorème de changement de variable : si φ est de classe C1 sur un segment [α,β] et si f est continue sur un intervalle contenant φ([α,β]), alors

φ(α)φ(β)f(x)dx=αβf(φ(t))φ(t)dt

On l'utilise dans les deux sens. Sens direct : on repère dans l'intégrande un morceau u accompagné de sa dérivée u, et on pose u=φ(x) pour simplifier l'écriture. Sens inverse, dit « à rebours » : on remplace la variable d'intégration elle-même par une fonction bien choisie, x=sint ou x=tant, pour faire disparaître une racine ou une puissance gênante.

1. Changements directs. Calculer les intégrales suivantes à l'aide du changement de variable indiqué.

a. 01ex1+exdx, avec u=ex

b. 14dx1+x, avec u=x

c. 0π/2cosx1+sin2xdx, avec u=sinx

2. Changements à rebours. Calculer de même les deux intégrales suivantes.

a. 011x2dx, avec x=sint

b. 01dx(1+x2)2, avec x=tant

Pour 2.a., interpréter géométriquement la valeur obtenue.

3. Le traitement des bornes. En reprenant le changement de variable u=sinx de la question 1.c., un élève écrit

0π/2cosx1+sin2xdx=0π/2du1+u2

Calculer la valeur qu'il obtient, la comparer à la bonne, et expliquer précisément la règle qu'il a oubliée. Décrire enfin une méthode de rédaction qui dispense complètement de changer les bornes.

Remarque de rédaction. Le programme précise que, pour les applications pratiques, on ne demande pas de rappeler les hypothèses de régularité. On les écrira malgré tout intégralement à la question 1.a., une fois pour toutes, afin de savoir ce qu'elles recouvrent.

Exercice 23 ★★★★Second ordre homogène : les trois cas du discriminant

Équations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constants

On considère des équations différentielles linéaires homogènes du second ordre à coefficients constants, du type y+ay+by=0 avec a et b réels. On rappelle la méthode : on écrit l'équation caractéristique r2+ar+b=0, on calcule son discriminant Δ, et la forme des solutions dépend du signe de Δ.

1. Résoudre sur R, en donnant les solutions réelles, les équations suivantes. Pour chacune, écrire l'équation caractéristique, calculer Δ et donner ses racines.

a. y5y+6y=0

b. y4y+4y=0

c. y+4y=0

d. y+2y+5y=0

e. yy=0

f. y+y+y=0

g. y2y+2y=0

h. y=0

2. Dans le cas Δ<0, expliquer comment on passe des solutions complexes xe(α±iω)x à la forme réelle xeαx(λcos(ωx)+μsin(ωx)).

3. Résoudre les deux problèmes de Cauchy suivants, et vérifier chaque solution par substitution dans l'équation.

a. y5y+6y=0, avec y(0)=1 et y(0)=0.

b. y+2y+5y=0, avec y(0)=0 et y(0)=4.

Exercice 24 ★★★Primitives de fractions rationnelles simples

Primitives de fractions rationnelles simples

L'objectif est de savoir primitiver 1ax2+bx+c, puis αx+βax2+bx+c. Deux outils suffisent, et c'est le signe du discriminant qui décide lequel s'applique :

u(x)u(x)dx=lnu(x)+Cetdx1+x2=Arctanx+C

Toutes les décompositions demandées s'obtiennent à la main, par identification des coefficients ou par évaluation en une valeur bien choisie : on n'invoque aucun résultat général sur les fractions rationnelles.

Pour chaque fonction, déterminer les intervalles sur lesquels elle est définie, puis y déterminer toutes ses primitives. Chaque résultat sera vérifié par dérivation.

1. Discriminant strictement positif : f1(x)=1x25x+6. On discutera soigneusement les trois intervalles de validité.

2. Discriminant nul : f2(x)=1x24x+4.

3. Discriminant strictement négatif : f3(x)=1x2+2x+5.

4. Numérateur affine. Dans les deux cas suivants, on fera apparaître au numérateur la dérivée du dénominateur, plus un reste constant.

a. f4(x)=2x+3x2+2x+5

b. f5(x)=xx25x+6

5. En déduire la valeur exacte des deux intégrales suivantes. Pour la seconde, on justifiera d'abord qu'elle a un sens.

a. 01dxx2+2x+5

b. 45dxx25x+6

Exercice 25 ★★★La méthode de variation de la constante

Équations différentielles linéaires du premier ordre

On considère une équation différentielle linéaire du premier ordre y+a(x)y=b(x), où a et b sont continues sur un intervalle I. Si A est une primitive de a sur I, les solutions de l'équation homogène sont les fonctions xλeA(x), où λ décrit R. La méthode de variation de la constante consiste à chercher une solution de l'équation complète sous la forme

y(x)=λ(x)eA(x),

où la constante λ est remplacée par une fonction dérivable λ à déterminer.

1. Injecter cette expression dans l'équation et montrer que les termes contenant λ(x) se simplifient toujours, quelles que soient a et b. Expliquer pourquoi, et dire en quoi cette disparition sert de contrôle de calcul.

2. Résoudre par cette méthode les équations suivantes, sur l'intervalle indiqué.

a. y+y=11+ex sur R

b. y+yx=1x2 sur ]0,+[

c. y2xy=x sur R

d. (1+x2)y+2xy=1 sur R

3. Pour c., déterminer aussi une solution particulière évidente, et comparer les deux méthodes.

4. Pour d., mettre d'abord l'équation sous forme résolue, puis remarquer que le membre de gauche est la dérivée de la fonction x(1+x2)y(x), et retrouver le résultat par cette seule remarque.

5. Vérifier chacune des quatre solutions obtenues en la reportant dans l'équation de départ.

Exercice 26 ★★★Solutions particulières et principe de superposition

Équations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constants

Pour une équation y+ay+by=f(x) à coefficients constants, la solution générale s'obtient en ajoutant à une solution particulière la famille complète des solutions de l'équation homogène associée. Tout le travail consiste donc à fabriquer une solution particulière, en devinant sa forme d'après le second membre.

1. Résoudre sur R les équations suivantes.

a. y3y+2y=x2

b. y3y+2y=e3x

c. y3y+2y=ex

d. y2y+y=ex

e. y+y=cos(2x)

f. y+y=cosx

Indications. Pour a., chercher une solution particulière polynomiale de degré 2. Pour b., la chercher de la forme xae3x. Pour c., constater que 1 est racine simple de l'équation caractéristique et chercher xaxex. Pour d., constater que 1 est racine double et chercher xax2ex. Pour f., passer par les complexes : le second membre est la partie réelle de xeix, et i est racine de l'équation caractéristique.

2. Justifier proprement le passage par les complexes : si une fonction y à valeurs complexes vérifie y+ay+by=eiωx avec a et b réels, alors Re(y) est solution de la même équation de second membre cos(ωx).

3. Résoudre y3y+2y=x2+e3x en invoquant le principe de superposition et en réutilisant les questions 1. a. et 1. b.

4. Vérifier par substitution chacune des solutions particulières trouvées.

Exercice 27 ★★★Refroidissement, circuit RC et cinétique chimique

Modélisation par une équation différentielleÉquations différentielles linéaires du premier ordre

Les trois parties sont indépendantes et décrivent trois phénomènes sans rapport apparent. La partie D les compare.

Partie A. Refroidissement de Newton.

Un corps est placé dans une pièce maintenue à la température constante Text=20 C. On note T(t) sa température en degrés Celsius à l'instant t, exprimé en minutes. La loi de Newton s'écrit T(t)=k(T(t)Text), où k>0. On mesure T(0)=90 C et T(10)=70 C.

1. Poser θ(t)=T(t)20, résoudre l'équation vérifiée par θ, puis exprimer T(t) en fonction de k.

2. Déterminer la valeur exacte de k, puis une valeur approchée à 104 près. Vérifier que la fonction obtenue redonne bien les deux mesures.

3. Déterminer l'instant exact, sous forme de logarithmes, auquel la température vaut 30 C, puis en donner une valeur approchée en minutes et secondes. Vérifier le résultat.

4. Déterminer limt+T(t) et interpréter physiquement.

Partie B. Circuit RC.

Un générateur de tension constante E alimente un conducteur ohmique de résistance R en série avec un condensateur de capacité C, initialement déchargé. On note u(t) la tension aux bornes du condensateur et i(t) l'intensité du courant. On admet la loi des mailles E=Ri(t)+u(t) et la relation i(t)=Cu(t).

5. Établir que u vérifie RCu+u=E. On pose τ=RC ; justifier que τ est homogène à un temps.

6. Résoudre le problème de Cauchy correspondant à u(0)=0, et vérifier la solution par substitution.

7. Déterminer l'instant t95 auquel la tension atteint 95 % de E, en fonction de τ, et vérifier qu'il vaut environ 3τ. Application numérique avec R=10 kΩ et C=100 μF.

8. Décrire l'allure de la courbe représentative de u (valeur initiale, pente à l'origine, valeur en t=τ, asymptote), et la tracer à main levée.

Partie C. Cinétique chimique d'ordre 1.

La concentration [A](t) d'un réactif, exprimée en moles par litre, vérifie [A](t)=k[A](t), où k>0 est exprimée en s1. On note [A]0 la concentration initiale, supposée strictement positive.

9. Résoudre cette équation avec la condition initiale, et vérifier la solution.

10. Le temps de demi-réaction t1/2 est la durée au bout de laquelle la concentration a été divisée par deux. Montrer que t1/2=ln2k, et qu'il ne dépend pas de l'instant à partir duquel on compte.

11. Application numérique avec k=2,5×103 s1 : calculer t1/2, puis la durée nécessaire pour que 90 % du réactif ait disparu.

Partie D.

12. Ces trois situations mènent à la même équation différentielle : laquelle ? Que représente la constante de temps dans chacun des trois cas ?

Exercice 28 ★★★Démontrer une inégalité par étude de fonction

Étude de fonction : variations, extremums, inégalités, optimisationExponentielle, logarithme, fonctions puissances, croissances comparées

La méthode est invariable, et c'est ce qui fait sa force. Pour établir A(x)B(x) sur un intervalle I, on pose h=AB, on calcule h, on détermine son signe, on dresse le tableau de variations de h sur I, et l'on conclut en lisant le signe de h à partir d'une valeur remarquable, presque toujours un point où h s'annule. Rien d'autre n'est nécessaire.

1. Démontrer que pour tout réel x, ex1+x. Préciser le cas d'égalité et donner l'interprétation graphique de cette inégalité.

2. Démontrer que pour tout x>1, ln(1+x)x. Retrouver ensuite ce résultat à partir de la question 1., sans nouvelle étude de fonction.

3. Démontrer que pour tout x>1, ln(1+x)x1+x. En déduire un encadrement de ln(1+x) sur ]1,+[.

4. a. Démontrer que pour tout x0, sinxx. b. En dérivant deux fois de suite et en utilisant a., démontrer que pour tout x0, xx36sinx. c. Vérifier numériquement l'encadrement obtenu en x=0,5.

5. Inégalité de Jordan. On pose φ(x)=sinxx pour x]0,π2]. Étudier les variations de φ, en commençant par étudier la fonction ψ:xxcosxsinx. En déduire que pour tout x[0,π2], 2xπsinx.

6. Inégalité arithmético-géométrique. Soit a>0 fixé. Étudier la fonction F:xa+x2ax sur [0,+[ et en déduire que pour tous réels positifs a et b, aba+b2. Préciser le cas d'égalité.

7. Déduire de la question 2. que pour tout x>0, (1+1x)xe.

Exercice 29 ★★★Optimisation : la boîte, la boîte de conserve, la distance minimale

Étude de fonction : variations, extremums, inégalités, optimisation

Les trois problèmes suivants suivent la même trame : traduire la situation par une fonction d'une variable, préciser l'intervalle sur lequel cette variable peut varier, puis étudier les variations de la fonction pour trouver son extremum. L'existence de l'optimum se justifie par le tableau de variations, jamais par une simple intuition géométrique.

A. La boîte sans couvercle

D'une plaque carrée de côté a>0, on découpe aux quatre coins des carrés de côté x, puis on replie les quatre bandes restantes pour former une boîte parallélépipédique sans couvercle.

Plaque carrée de côté a, carrés de côté x découpés aux quatre coins

1. Justifier que x doit appartenir à ]0,a2[ et que le volume de la boîte vaut V(x)=x(a2x)2.

2. Déterminer la valeur de x pour laquelle ce volume est maximal, ainsi que la valeur de ce volume maximal.

3. Appliquer au cas d'une plaque de côté a=30 cm.

B. La boîte de conserve

On veut fabriquer une boîte de conserve cylindrique de volume V fixé (V>0), fermée aux deux extrémités, en utilisant le moins de métal possible. On note x>0 le rayon de la base et h>0 la hauteur.

1. Exprimer h en fonction de x et de V, puis montrer que l'aire totale de la boîte vaut S(x)=2πx2+2Vx.

2. Déterminer le rayon qui rend cette aire minimale, la hauteur correspondante et l'aire minimale.

3. Interpréter le résultat, puis l'appliquer à une boîte de V=330 cm3.

C. La distance minimale d'un point à une courbe

Dans un repère orthonormé, on considère le point A(3,0) et la parabole P d'équation y=x2.

1. Soit M(x,x2) un point de P. Exprimer AM2 en fonction de x, et justifier qu'il revient au même de minimiser AM ou AM2.

2. On pose φ(x)=AM2. Montrer que φ(x)=2(x1)(2x2+2x+3), puis déterminer le point de P le plus proche de A et la distance correspondante.

3. Vérifier que la droite (AM) obtenue est perpendiculaire à la tangente à P en ce point.

Exercice 30 ★★★Les identités d'Arctan

Fonctions circulaires réciproques : Arcsin, Arccos, Arctan

1. Soit f la fonction définie sur R par f(x)=Arctanx+Arctan1x.

a. Justifier que f est dérivable sur R et calculer f(x).

b. En déduire que f(x)=π2 pour tout x>0, et f(x)=π2 pour tout x<0.

c. Expliquer précisément pourquoi la constante n'est pas la même sur les deux morceaux, alors que la dérivée est nulle en tout point de R.

2. (Formule d'addition.) Soient a et b deux réels tels que ab1. On pose A=Arctana et B=Arctanb.

a. Montrer que cos(A+B)0, puis que tan(A+B)=a+b1ab.

b. On suppose ab<1. Montrer que A+B]π2,π2[. On pourra traiter d'abord le cas où a et b ne sont pas tous deux strictement positifs, puis utiliser la question 1. dans le cas restant.

c. En déduire la formule générale

Arctana+Arctanb=Arctana+b1ab+kπ

en précisant la valeur de k{1,0,1} selon le signe de 1ab et celui de a.

3. Application numérique : établir que Arctan12+Arctan13=π4, puis contrôler le résultat à la calculatrice.

4. Résoudre dans R l'équation Arctan(x)+Arctan(2x)=π4. On prendra garde à vérifier les solutions candidates.

Exercice 31 ★★★Primitives de produits exponentielle-cosinus par les complexes

Fonctions d'une variable réelle à valeurs complexesPrimitives usuelles et reconnaissance de dérivées de composées

Les produits du type xeaxcos(bx) se primitivent classiquement par deux intégrations par parties successives. Le détour par les complexes fait le même travail en trois lignes : c'est l'objet de cet exercice.

1. a. Soit λC. Justifier que x1λeλx est une primitive sur R de xeλx, et dire où l'hypothèse λ0 est utilisée.

b. Soient a et b deux réels, et soit F une primitive sur R de xe(a+ib)x. Démontrer que Re(F) est une primitive de xeaxcos(bx) et que Im(F) est une primitive de xeaxsin(bx). Autrement dit,

eaxcos(bx)dx=Re(e(a+ib)xdx)

2. Par cette méthode, déterminer les primitives sur R des deux fonctions suivantes, puis vérifier chaque résultat par dérivation.

a. xexcos(2x)

b. xe2xsin(3x)

3. Refaire le calcul des primitives de xexcos(2x) par une double intégration par parties, et constater l'accord avec la question 2.a. Comparer la longueur des deux méthodes.

4. Linéariser cos3x à l'aide des formules d'Euler, puis en déduire une primitive de xcos3x sur R.

5. Calculer 0πexcosxdx par la méthode complexe.

Exercice 32 ★★★Graphe et dérivée d'une fonction réciproque

Représentation graphique et dérivée d'une fonction réciproqueExponentielle, logarithme, fonctions puissances, croissances comparées

On considère la fonction f définie sur R par

f(x)=x+ex

1. Montrer que f est dérivable sur R, puis qu'elle y est strictement croissante.

On admet dans tout l'exercice que f réalise une bijection de R sur R. La démonstration repose sur le théorème de la bijection, qui sera vu plus tard dans l'année ; on l'utilise ici comme un résultat fourni par l'énoncé. On note g la fonction réciproque de f, définie sur R, et Cf et Cg leurs courbes représentatives dans un repère orthonormé.

Courbes de f et de sa réciproque g, symétriques par rapport à la droite d'équation y = x

2. Calculer f(0), et en déduire g(1).

3. On rappelle la formule admise de dérivation d'une réciproque : si f(g(y))0, alors g est dérivable en y et g(y)=1f(g(y)). Calculer g(1).

4. En déduire une équation de la tangente à Cg au point d'abscisse 1.

5. Expliquer pourquoi Cf et Cg sont symétriques par rapport à la droite d'équation y=x. Que devient, par cette symétrie, la tangente à Cf au point d'abscisse 0 ?

6. Montrer que g est strictement croissante sur R, sans utiliser sa dérivée.

7. Déterminer g(1+e), puis g(1+e).

8. Montrer que g(y)y pour tout réel y, et même que l'inégalité est stricte. Interpréter sur la figure.

Exercice 33 ★★★★Une somme télescopique d'Arctan

Fonctions circulaires réciproques : Arcsin, Arccos, Arctan

On rappelle la formule d'addition établie précédemment : pour tous réels a et b tels que ab1,

Arctana+Arctanb=Arctana+b1ab+mπ

où l'entier m vaut 0 dès que ab<1. C'est le seul cas qui servira ici, mais il faudra le justifier à chaque emploi.

Partie A

Pour tout entier naturel k, on pose uk=Arctan1k2+k+1.

1. Montrer que, pour tout entier naturel k, uk=Arctan(k+1)Arctan(k).

2. En déduire, pour tout entier naturel n, la valeur de Sn=k=0nuk.

3. Vers quelle valeur Sn se rapproche-t-elle lorsque n devient grand ? On utilisera la limite d'Arctan en + ; l'étude rigoureuse des suites fait l'objet du chapitre suivant.

Partie B

Pour tout entier k1, on pose vk=Arctan2k2.

4. Montrer que, pour tout entier k1, vk=Arctan(k+1)Arctan(k1).

5. En déduire, pour tout entier n1, la valeur de Tn=k=1nvk. On prendra garde : le télescopage se fait ici à deux crans, et il reste deux termes à chaque extrémité.

6. Vers quelle valeur Tn se rapproche-t-elle lorsque n devient grand ?

7. Contrôle indépendant : calculer T2 directement, sans utiliser la formule de la question 5., et vérifier la cohérence des deux résultats.

Exercice 34 ★★★★Les intégrales de Wallis

Intégration par parties et changement de variable

Pour tout entier naturel n, on pose

Wn=0π/2sinntdt

avec la convention usuelle sin0t=1. Ces nombres sont appelés intégrales de Wallis. Pour chaque n, la fonction intégrée est continue sur le segment [0,π2], ce qui légitime tous les calculs qui suivent. Aucune de ces intégrales ne se calcule de front : c'est une relation entre deux d'entre elles, obtenue par intégration par parties, qui donnera toutes les valeurs.

1. Calculer W0 et W1.

2. À l'aide du changement de variable t=π2u, démontrer que pour tout entier naturel n,

Wn=0π/2cosnudu

3. Par une intégration par parties, démontrer que pour tout entier naturel n,

Wn+2=n+1n+2Wn

On pourra écrire sinn+2t=sinn+1t×sint.

4. En déduire les valeurs de W2, W3, W4 et W5. Contrôler la valeur de W2 par un calcul direct, en linéarisant sin2t.

5. Démontrer par récurrence les deux formules générales suivantes, valables pour tout entier naturel p, puis les vérifier sur les valeurs de la question 4.

a. W2p=(2p)!22p(p!)2×π2

b. W2p+1=22p(p!)2(2p+1)!

6. Vérifier l'identité (n+1)Wn+1Wn=π2 pour n=0 puis pour n=1, et la démontrer par récurrence pour tout entier naturel n.

Remarque. On s'arrête ici volontairement : l'étude du comportement de Wn pour n grand demande les outils du chapitre sur les suites, elle n'est pas au programme de cet exercice. Tout ce qui précède relève du pur calcul intégral.

Exercice 35 ★★★★Équation non résolue et raccordement des solutions

Équations différentielles linéaires du premier ordre

On rappelle le théorème de Cauchy, admis en cours : si a et b sont continues sur un intervalle I, alors pour tout x0I et tout réel y0, l'équation y+a(x)y=b(x) admet sur I une solution et une seule vérifiant y(x0)=y0.

Les deux équations étudiées ici ne sont pas résolues en y : le coefficient devant y s'annule en 0. Dans tout l'exercice, résoudre une équation sur un intervalle J signifie déterminer toutes les fonctions dérivables sur J qui vérifient l'équation en tout point de J.

Partie A. L'équation (E1):xyy=x2.

1. Expliquer pourquoi le théorème rappelé ci-dessus ne s'applique pas sur un intervalle contenant 0, et pourquoi il faut travailler séparément sur ],0[ et sur ]0,+[.

2. Résoudre (E1) sur chacun de ces deux intervalles. On cherchera une solution particulière de la forme xax2 et l'on vérifiera le résultat par substitution.

3. Soit f une solution de (E1) sur R tout entier. Justifier l'existence de deux réels λ1 et λ2 tels que f(x)=x2+λ1x pour x>0 et f(x)=x2+λ2x pour x<0, puis démontrer que f(0)=0.

4. Étudier la dérivabilité de f en 0 : à quelle condition sur λ1 et λ2 la fonction f est-elle dérivable en 0 ? Que vaut alors f(0) ?

5. Réciproquement, vérifier que les fonctions ainsi obtenues sont bien solutions de (E1) sur R, le point x=0 compris.

6. Décrire l'ensemble des solutions de (E1) sur R. Combien y en a-t-il qui passent par l'origine, c'est-à-dire qui vérifient y(0)=0 ? Combien vérifient y(0)=1 ? Comparer avec le théorème de Cauchy, puis résoudre sur ]0,+[ le problème de Cauchy y(1)=3.

Partie B. L'équation (E2):xy+y=1.

7. Remarquer que le membre de gauche est la dérivée de la fonction xxy(x), et en déduire les solutions de (E2) sur ]0,+[ et sur ],0[. Retrouver le résultat par la méthode générale.

8. Étudier le raccordement en 0 et déterminer toutes les solutions de (E2) sur R.

9. Comparer les deux situations rencontrées.

Exercice 36 ★★★★L'oscillateur amorti et le circuit RLC

Équations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constantsModélisation par une équation différentielle

Une masse m>0 se déplace sur un axe horizontal, rappelée vers sa position de repos par un ressort de raideur k>0 et freinée par un frottement fluide de coefficient h0. On admet que son abscisse x(t), comptée depuis la position de repos, vérifie

mx+hx+kx=0.

Partie A. Le ressort.

1. Cas non amorti, h=0. Résoudre l'équation, en faisant apparaître la pulsation propre ω0=km, et donner la période des oscillations.

2. On suppose h>0. Écrire l'équation caractéristique et son discriminant Δ. Montrer que, lorsque Δ>0, les deux racines sont strictement négatives, sans les calculer.

3. Décrire les trois régimes possibles selon le signe de Δ : forme des solutions, allure du mouvement, et nom donné par le physicien. Dans le cas Δ<0, exprimer la pseudo-pulsation ω et la pseudo-période T.

4. Application numérique avec m=1 kg, k=5 Nm1 et h=2 kgs1. Déterminer le régime, puis la solution vérifiant x(0)=x0>0 et x(0)=0. L'écrire sous la forme tAeαtcos(ωtφ) avec A>0, calculer la pseudo-période, et vérifier le résultat par substitution.

Partie B. Le circuit RLC série.

Une bobine d'inductance L>0, un conducteur ohmique de résistance R>0 et un condensateur de capacité C>0 sont montés en série avec un générateur de tension constante E. On admet que la charge q(t) du condensateur vérifie

Lq+Rq+qC=E.

5. Déterminer une solution particulière constante, puis la solution générale de cette équation.

6. Montrer que toute solution de l'équation homogène associée tend vers 0 quand t tend vers +, dans les trois régimes. En déduire le régime permanent du circuit, et expliquer pourquoi le régime transitoire disparaît.

Partie C. La résonance.

7. Résoudre sur R l'équation x+ω02x=cos(ω0t), où ω0>0. On passera par les complexes et l'on vérifiera la solution particulière obtenue.

8. Interpréter physiquement le comportement de l'amplitude lorsque t devient grand, et expliquer le lien avec la partie A.

Bloqué sur « Techniques fondamentales de calcul différentiel et intégral » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.