PCSI · Chapitre 03 · Premier semestre
Nombres complexes
Conjugaison, module, forme trigonométrique, exponentielle complexe, racines n-ièmes, équations algébriques, interprétation géométrique.
Sommaire
Ce qu'il faut savoir faire
- Conjugaison
- Module
- Forme trigonométrique
- Exponentielle complexe
- Racines n-ièmes
- Équations algébriques
- Interprétation géométrique
Le cours
Il existe des équations très simples que les nombres réels ne savent pas résoudre. La plus élémentaire est x2=−1 : comme le carré d'un réel est toujours positif ou nul, aucun réel ne convient. Le réflexe naturel serait de s'arrêter là et de déclarer l'équation impossible. L'histoire a choisi l'autre voie : on fabrique un nombre nouveau dont le carré vaut −1, on l'appelle i, on l'ajoute aux réels, et on regarde ce que devient le calcul. Le résultat dépasse de très loin le problème de départ. Dans l'ensemble ainsi obtenu, noté C, toute équation du second degré a des solutions, la trigonométrie devient un chapitre de calcul algébrique, les rotations du plan s'écrivent comme des multiplications, et les signaux sinusoïdaux de l'électrocinétique se manipulent comme des nombres.
Ce chapitre est donc à la fois un chapitre de calcul et un chapitre d'outils. Trois écritures d'un même nombre complexe vont cohabiter : l'écriture algébrique z=x+iy, adaptée aux sommes et aux parties réelle et imaginaire ; l'écriture trigonométrique z=reiθ, adaptée aux produits, aux puissances et aux racines ; l'écriture exponentielle ez, qui unifie les deux. Savoir passer de l'une à l'autre au bon moment est l'unique compétence réellement décisive du chapitre, et c'est aussi celle qui distingue un calcul de trois lignes d'un calcul de deux pages.
Les notations suivantes valent pour tout le chapitre. Les lettres z, z′, w désignent des nombres complexes, les lettres x, y, a, b, r, t, θ des réels, les lettres n, k, p des entiers. Les ensembles de nombres sont notés N, Z, R, C, avec C∗=C∖{0} et R∗=R∖{0}. Toutes les propriétés de R et toute la trigonométrie du lycée (formules d'addition, de duplication, valeurs remarquables) sont supposées connues et utilisées librement.
L'ensemble C et l'écriture algébrique
Ce que l'on admet
Le point de départ est un acte de foi contrôlé : on admet qu'un ensemble de nombres possédant les propriétés voulues existe. Cette existence se démontre, en construisant C à partir de R, mais cette construction est hors programme et n'apporte rien au calcul. Ce qui compte, et qu'il faut connaître par cœur, c'est la liste exacte des propriétés admises : tout le reste du chapitre en découle.
Définition
On admet l'existence d'un ensemble, noté C et appelé ensemble des nombres complexes, muni d'une addition et d'une multiplication vérifiant les quatre propriétés suivantes.
- C contient R : tout nombre réel est un nombre complexe.
- L'addition et la multiplication de C prolongent celles de R (elles donnent les mêmes résultats sur les réels) et obéissent aux mêmes règles de calcul : commutativité, associativité, distributivité de la multiplication sur l'addition, 0 neutre pour l'addition, 1 neutre pour la multiplication, existence d'un opposé pour tout élément, existence d'un inverse pour tout élément non nul.
- Il existe un élément de C, noté i, tel que i2=−1.
- Tout élément z de C s'écrit z=x+iy avec x et y réels.
Les éléments de C s'appellent les nombres complexes.
Remarque
La propriété 2 est celle que l'on utilise sans même y penser à chaque ligne de calcul : elle autorise à développer, factoriser, réduire au même dénominateur, appliquer une identité remarquable, exactement comme dans R. La seule nouveauté du calcul dans C tient en une règle supplémentaire, i2=−1, qu'il faut appliquer systématiquement pour simplifier.
En revanche, une propriété de R ne se prolonge pas : la relation d'ordre. Il n'existe sur C aucune relation d'ordre compatible avec les opérations, et l'écriture z⩽z′ entre deux complexes est dépourvue de sens. Nous y revenons plus bas.
Unicité de l'écriture algébrique
La propriété 4 affirme que tout complexe s'écrit sous la forme x+iy. Elle ne dit rien de l'unicité d'une telle écriture, qui est pourtant le fait le plus utilisé du chapitre : c'est lui qui autorise à identifier les parties réelles et les parties imaginaires de deux expressions égales.
Propriété
Théorème (unicité de l'écriture algébrique). Pour tout nombre complexe z, il existe un unique couple (x,y) de réels tel que z=x+iy.
Démonstration. L'existence est exactement la propriété 4 de la définition. Démontrons l'unicité.
Soient (x,y) et (x′,y′) deux couples de réels tels que x+iy=x′+iy′. En regroupant, il vient
x−x′=i(y′−y).Raisonnons par l'absurde en supposant y=y′. Alors y′−y est un réel non nul, donc inversible, et on peut écrire
i=y′−yx−x′.Le membre de droite est un quotient de deux réels, donc un réel : i serait un nombre réel. Or le carré d'un réel est positif ou nul, ce qui donnerait i2⩾0, en contradiction avec i2=−1<0.
L'hypothèse y=y′ est donc absurde : y=y′. En reportant dans l'égalité x−x′=i(y′−y)=0, on obtient x=x′. Les deux couples sont égaux. □
Partie réelle, partie imaginaire
Définition
Soit z∈C, et soit (x,y) l'unique couple de réels tel que z=x+iy. Cette écriture s'appelle l'écriture algébrique (ou forme algébrique) de z. Le réel x s'appelle la partie réelle de z, notée Re(z), et le réel y s'appelle la partie imaginaire de z, notée Im(z).
Ainsi, pour tout z∈C,
z=Re(z)+iIm(z),Re(z)∈R,Im(z)∈R.Un complexe z est dit réel lorsque Im(z)=0, et imaginaire pur lorsque Re(z)=0. L'ensemble des imaginaires purs est noté
iR={iy:y∈R}.Enfin, C∗=C∖{0} désigne l'ensemble des complexes non nuls.
Remarque
La partie imaginaire est un nombre réel. C'est l'erreur la plus fréquente des premières semaines : dans 3−5i, la partie imaginaire vaut −5, et non −5i ni 5. Le mot « imaginaire » qualifie la place occupée dans l'écriture, pas la nature du nombre.
Deux conséquences immédiates de la définition, à garder en tête : Im(z) ne contient jamais de i, et z est réel si et seulement si z=Re(z).
Propriété
Soient z et z′ deux complexes.
- z=z′⟺(Re(z)=Re(z′) et Im(z)=Im(z′)).
- z=0⟺(Re(z)=0 et Im(z)=0).
- z∈R⟺Im(z)=0, et z∈iR⟺Re(z)=0.
- Un complexe est à la fois réel et imaginaire pur si et seulement s'il est nul : R∩iR={0}.
Démonstration. Le point 1 est une reformulation du théorème d'unicité : le sens direct traduit exactement l'unicité, puisque deux écritures algébriques d'un même nombre ont même couple de coefficients ; la réciproque est immédiate, en écrivant z=Re(z)+iIm(z) et z′=Re(z′)+iIm(z′). Le point 2 est le cas particulier z′=0=0+i×0 du point 1. Le point 3 est la définition. Pour le point 4, si z est à la fois réel et imaginaire pur, alors Im(z)=0 et Re(z)=0, donc z=0 d'après le point 2 ; réciproquement 0 appartient bien aux deux ensembles. □
Remarque
Une identification vaut deux équations. Le point 1 est un outil de résolution, pas une remarque théorique : une seule égalité entre complexes équivaut à un système de deux équations réelles. C'est ce mécanisme qui permettra, par exemple, de calculer les racines carrées d'un complexe au paragraphe 7.
Attention à une condition tacite : pour identifier, il faut que les coefficients soient réels. L'égalité z=a+ib ne permet de conclure Re(z)=a que si l'on a vérifié que a et b sont réels. Ainsi, de z=(2+i)+i(3−i) on ne peut pas déduire Re(z)=2 : il faut d'abord développer, ce qui donne z=2+i+3i+1=3+4i, donc Re(z)=3.
Remarque
Aucune relation d'ordre sur C. Les écritures z⩽z′, z>0, « z positif », « le plus grand des deux complexes » sont interdites, sauf si l'on a explicitement établi que les nombres concernés sont réels. Seuls des réels se comparent : c'est pourquoi on comparera systématiquement des modules, qui sont des réels positifs.
L'obstruction n'est pas une question de convention. Supposons qu'il existe sur C une relation d'ordre total compatible avec les opérations, c'est-à-dire telle que l'on puisse ajouter un même nombre aux deux membres d'une inégalité et multiplier entre elles deux inégalités de la forme 0⩽⋅. Comme l'ordre est total, on a 0⩽i ou i⩽0. Dans le premier cas, en multipliant l'inégalité 0⩽i par elle-même, on obtient 0⩽i2=−1. Dans le second, en ajoutant −i aux deux membres de i⩽0, on obtient 0⩽−i, puis en multipliant par elle-même 0⩽(−i)2=−1. Dans les deux cas 0⩽−1. En ajoutant 1 aux deux membres, il vient 1⩽0 ; et en multipliant l'inégalité 0⩽−1 par elle-même, il vient 0⩽(−1)2=1. On aboutit à 0⩽1 et 1⩽0, donc 1=0, ce qui est faux.
Opérations en écriture algébrique
Propriété
Soient z=x+iy et z′=x′+iy′ deux complexes écrits sous forme algébrique (x, y, x′, y′ réels). Alors
z+z′=(x+x′)+i(y+y′),−z=(−x)+i(−y),zz′=(xx′−yy′)+i(xy′+x′y).Démonstration. Pour la somme, la commutativité et l'associativité de l'addition permettent de regrouper les termes, et la distributivité donne iy+iy′=i(y+y′). Comme x+x′ et y+y′ sont réels, l'écriture obtenue est bien l'écriture algébrique de z+z′.
Pour le produit, on développe en utilisant la distributivité, puis on remplace i2 par −1 :
zz′=(x+iy)(x′+iy′)=xx′+xiy′+iyx′+iyiy′=xx′+i(xy′)+i(yx′)+i2(yy′)=(xx′−yy′)+i(xy′+x′y).Les deux coefficients obtenus sont réels, donc il s'agit bien de l'écriture algébrique du produit. □
Remarque
La formule du produit n'est pas à apprendre par cœur : on la retrouve en développant, ce qui est plus sûr et plus rapide que de la restituer. En revanche, il faut retenir le mécanisme : on développe comme dans R, puis on utilise i2=−1 pour ramener le résultat à la forme x+iy.
Propriété
Soient z, z′ deux complexes et λ un réel. Alors
Re(z+z′)=Re(z)+Re(z′),Im(z+z′)=Im(z)+Im(z′),Re(λz)=λRe(z),Im(λz)=λIm(z).Démonstration. Écrivons z=x+iy et z′=x′+iy′ sous forme algébrique. D'après la propriété précédente, z+z′=(x+x′)+i(y+y′) avec x+x′ et y+y′ réels : par unicité de l'écriture algébrique, Re(z+z′)=x+x′ et Im(z+z′)=y+y′, ce qui est l'égalité annoncée.
De même, λ étant réel, λz=λx+i(λy) avec λx et λy réels, d'où Re(λz)=λx et Im(λz)=λy. □
Remarque
L'hypothèse « λ réel » est essentielle et constamment oubliée. Pour λ=i et z=i, on a Re(i×i)=Re(−1)=−1, tandis que iRe(i)=i×0=0.
De la même manière, il n'existe aucune formule donnant Re(zz′) à partir de Re(z) et Re(z′) seulement : la formule du produit mélange les quatre coefficients. Le contre-exemple z=z′=i suffit à s'en convaincre, puisque Re(i×i)=−1 alors que Re(i)Re(i)=0.
Propriété
Un produit de complexes est nul si et seulement si l'un des facteurs est nul : pour tous z,z′∈C,
zz′=0⟺(z=0 ou z′=0).Démonstration. Si z=0 ou z′=0, le produit est nul. Réciproquement, supposons zz′=0 et z=0. Comme z est non nul, il admet un inverse z−1, et
z′=1×z′=(z−1z)z′=z−1(zz′)=z−1×0=0.Donc z=0 ou z′=0. □
Remarque
Cette propriété est celle qui rend légitime la résolution d'une équation par factorisation, technique utilisée en permanence à partir du paragraphe 7 : de (z−z1)(z−z2)=0 on déduit bien z=z1 ou z=z2. Elle n'a rien d'automatique dans un ensemble de nombres quelconque, et c'est ici une conséquence de l'existence des inverses.
Inverse et quotient
Propriété
Soit z=x+iy un complexe non nul (x, y réels). Alors x2+y2=0 et
z1=x2+y2x−iy=x2+y2x+ix2+y2−y.Démonstration. Si x2+y2 était nul, comme x2⩾0 et y2⩾0 sont deux réels, on aurait x=y=0, donc z=0, exclu. Donc x2+y2 est un réel strictement positif, et le nombre w=x2+y2x−iy est bien défini. Calculons zw :
zw=x2+y2(x+iy)(x−iy)=x2+y2x2−(iy)2=x2+y2x2+y2=1.On a utilisé l'identité remarquable (a+b)(a−b)=a2−b2, valable dans C, et (iy)2=i2y2=−y2. Ainsi w est l'inverse de z. La seconde écriture s'obtient en séparant les deux termes, les coefficients x2+y2x et x2+y2−y étant réels. □
Méthode
Mettre un quotient sous forme algébrique. Pour écrire z′z sous la forme x+iy avec z′=0 :
- multiplier le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur, c'est-à-dire par x′−iy′ si z′=x′+iy′ ;
- le nouveau dénominateur vaut x′2+y′2 : c'est un réel strictement positif, il ne contient plus de i ;
- développer le numérateur, utiliser i2=−1, puis séparer la partie réelle de la partie imaginaire en divisant chacune par le dénominateur réel.
Le point 2 est tout l'intérêt de la manœuvre : on remplace une division par un complexe, qui n'est pas une opération que l'on sait mener directement, par une division par un réel, qui est immédiate.
Exemple
Écrivons Z=3−i2+i sous forme algébrique. Le conjugué du dénominateur est 3+i, donc
Z=(3−i)(3+i)(2+i)(3+i)=32+126+2i+3i+i2=106+5i−1=105+5i=21+21i.Donc Re(Z)=21 et Im(Z)=21.
Contrôle : on doit avoir (3−i)Z=2+i. Or (3−i)(21+21i)=23+23i−21i−21i2=23+21+i=2+i. C'est bien le cas.
Puissances de i
Propriété
Pour tout entier naturel n, en notant n=4q+r la division euclidienne de n par 4 (avec 0⩽r⩽3), on a in=ir, c'est-à-dire
i4q=1,i4q+1=i,i4q+2=−1,i4q+3=−i.Démonstration. On calcule d'abord les quatre premières puissances : i0=1, i1=i, i2=−1 par définition, et i3=i2×i=−i. Puis i4=i2×i2=(−1)×(−1)=1.
Soit maintenant n un entier naturel, et soit n=4q+r sa division euclidienne par 4, avec q∈N et 0⩽r⩽3. Alors
in=i4q+r=(i4)q×ir=1q×ir=ir.Les quatre égalités annoncées s'obtiennent en prenant successivement r=0,1,2,3 et en reportant les valeurs calculées plus haut. □
Exemple
Calculons i2026 et i2027.
La division euclidienne de 2026 par 4 s'écrit 2026=4×506+2, car 4×506=2024 et 0⩽2⩽3. Donc i2026=i2=−1.
De même 2027=4×506+3, donc i2027=i3=−i.
Contrôle : i2027=i2026×i=−1×i=−i. Les deux calculs concordent.
Les formules de calcul disponibles dans C
Les identités algébriques du chapitre de calcul se démontrent uniquement à partir de la commutativité, de l'associativité et de la distributivité. Comme la propriété 2 de la définition garantit ces trois règles dans C, toutes ces identités y restent valables, sans aucune adaptation, et il est inutile de les redémontrer.
Propriété
Soient a, b des complexes et n un entier naturel.
- Identités remarquables : (a+b)2=a2+2ab+b2, (a−b)2=a2−2ab+b2, a2−b2=(a−b)(a+b).
- Formule du binôme de Newton : (a+b)n=k=0∑n(kn)akbn−k.
- Factorisation de an−bn : an−bn=(a−b)k=0∑n−1akbn−1−k pour n⩾1.
- Somme géométrique finie : pour q∈C,
Remarque
Une identité nouvelle apparaît en revanche dans C, et elle sera utilisée constamment : la somme de deux carrés se factorise,
a2+b2=a2−(ib)2=(a−ib)(a+ib).C'est exactement ce qui rend possible la résolution de toutes les équations du second degré, et c'est aussi ce qui explique que x2+1=(x−i)(x+i) n'a pas d'équivalent réel.
Exemple
Calculons (1+i)2026.
Le calcul direct par le binôme est hors de portée ; la bonne idée est de calculer d'abord un petit carré. On a
(1+i)2=1+2i+i2=1+2i−1=2i.Donc, puisque 2026=2×1013,
(1+i)2026=((1+i)2)1013=(2i)1013=21013i1013.Or 1013=4×253+1 (car 4×253=1012), donc i1013=i et finalement
(1+i)2026=21013i.Contrôle sur un exposant plus petit, par la même méthode : (1+i)4=(2i)2=−4, ce que l'on peut vérifier par le binôme, (1+i)4=1+4i+6i2+4i3+i4=1+4i−6−4i+1=−4. La méthode est correcte.
Conjugaison
La conjugaison est l'opération qui change i en −i. C'est l'outil le plus économique du chapitre : elle transforme les questions de nature (« ce nombre est-il réel ? ») en équations, et elle donne le seul moyen efficace de manipuler un quotient.
Définition
Soit z=x+iy un complexe sous forme algébrique (x, y réels). Le conjugué de z est le complexe
z=x−iy.Autrement dit, Re(z)=Re(z) et Im(z)=−Im(z).
Exemple
3−5i=3+5i, i=−i, 7=7, −2i=2i, 0=0.
Propriété
Soient z et z′ deux complexes, et n un entier naturel.
- Involution : z=z.
- Somme : z+z′=z+z′, et −z=−z.
- Produit : zz′=z×z′.
- Puissance : zn=(z)n.
- Inverse et quotient : si z′=0, alors z′=0, et
Démonstration. Écrivons z=x+iy et z′=x′+iy′ sous forme algébrique.
Point 1. Par définition z=x+i(−y), écriture algébrique puisque x et −y sont réels. En conjuguant une seconde fois, z=x−i(−y)=x+iy=z.
Point 2. On a z+z′=(x+x′)+i(y+y′), donc par définition du conjugué
z+z′=(x+x′)−i(y+y′)=(x−iy)+(x′−iy′)=z+z′.Le cas de l'opposé s'obtient avec z′=−z, ou directement : −z=−x−i(−y)=−(x−iy)=−z.
Point 3. On a vu que zz′=(xx′−yy′)+i(xy′+x′y), donc
zz′=(xx′−yy′)−i(xy′+x′y).D'autre part, en appliquant la formule du produit aux complexes z=x+i(−y) et z′=x′+i(−y′) :
z×z′=(xx′−(−y)(−y′))+i(x(−y′)+x′(−y))=(xx′−yy′)−i(xy′+x′y).Les deux résultats coïncident.
Point 4. Récurrence sur n. Pour n=0, les deux membres valent 1=1. Supposons zn=(z)n pour un certain entier n. Alors, en utilisant le point 3 puis l'hypothèse de récurrence,
zn+1=zn×z=zn×z=(z)n×z=(z)n+1.La propriété est donc vraie pour tout entier naturel n.
Point 5. Supposons z′=0. Si l'on avait z′=0, alors en conjuguant et en utilisant le point 1, z′=z′=0=0, exclu : donc z′=0. En conjuguant l'égalité z′×z′1=1 et en utilisant le point 3, il vient
z′×(z′1)=1=1,ce qui signifie exactement que (z′1) est l'inverse de z′. La formule du quotient s'en déduit en écrivant z′z=z×z′1 et en appliquant le point 3. □
Remarque
Ces règles se résument en une phrase : la conjugaison traverse toutes les opérations. On peut donc conjuguer une expression aussi compliquée que l'on veut en remplaçant simplement chaque nombre par son conjugué, sans rien réorganiser. Par exemple
(z+4i2z3−iz+5)=z−4i2z3+iz+5,où l'on a utilisé 2=2, 5=5, i=−i, 4i=−4i et z=z. C'est un réflexe de calcul à acquérir tout de suite.
Propriété
Caractérisations. Soit z∈C.
z∈R⟺z=z,z∈iR⟺z=−z.Démonstration. Écrivons z=x+iy sous forme algébrique.
Pour la première équivalence : z=z s'écrit x−iy=x+iy, ce qui, par unicité de l'écriture algébrique, équivaut à −y=y, c'est-à-dire 2y=0, c'est-à-dire y=0 ; et y=Im(z)=0 équivaut à z∈R.
Pour la seconde : z=−z s'écrit x−iy=−x−iy, ce qui équivaut à x=−x, c'est-à-dire x=0, c'est-à-dire z∈iR. □
Propriété
Pour tout complexe z,
Re(z)=2z+z,Im(z)=2iz−z.Démonstration. Écrivons z=x+iy. Alors z+z=(x+iy)+(x−iy)=2x, d'où 2z+z=x=Re(z).
De même z−z=(x+iy)−(x−iy)=2iy, et comme 2i=0, on peut diviser : 2iz−z=y=Im(z). □
Remarque
Ces deux formules sont plus utiles qu'elles n'en ont l'air. Elles permettent d'exprimer une condition portant sur Re ou Im comme une équation algébrique en z et z, donc de la traiter par le calcul plutôt que par la séparation en x et y — laquelle produit souvent des expressions inextricables. Elles sont l'ancêtre direct des formules d'Euler du paragraphe 4.
Méthode
Montrer qu'une expression Z est réelle (ou imaginaire pure). Trois stratégies, par ordre d'efficacité décroissante.
- Conjuguer. Calculer Z en faisant traverser la conjugaison, et montrer que Z=Z (réel) ou Z=−Z (imaginaire pur). C'est presque toujours la voie la plus rapide, surtout si Z est un quotient ou une puissance.
- Reconnaître une forme évidente. Une somme w+w, un produit ww, un module au carré, sont réels sans aucun calcul. Une différence w−w est imaginaire pure.
- Séparer parties réelle et imaginaire. Écrire z=x+iy, développer, et montrer que la partie imaginaire est nulle. À réserver aux cas où Z est un polynôme court en z : dès qu'il y a un quotient, cette voie est la plus coûteuse.
Exemple
Premier exemple. Montrons que, pour tous complexes z et z′, le nombre Z=zz′+zz′ est réel.
Conjuguons, en faisant traverser la conjugaison chaque opération :
Z=zz′+zz′=z×z′+z×z′=zz′+zz′=Z.Donc Z=Z, et Z est réel.
Second exemple. Soit z un complexe tel que zz=1 et z=−1 (nous verrons au paragraphe suivant que la condition zz=1 signifie que z est de module 1). Montrons que
Z=1+z1−zest imaginaire pur.
D'abord Z est bien défini puisque z=−1. De zz=1 on tire z=0 et z=z1. Alors
Z=1+z1−z=1+z1−z=1+z11−z1=zz+1zz−1=z+1z−1=−1+z1−z=−Z.Donc Z=−Z, et Z est imaginaire pur.
Contrôle sur un cas particulier : pour z=i, qui vérifie bien zz=i×(−i)=1, on trouve Z=1+i1−i=(1+i)(1−i)(1−i)2=2−2i=−i, qui est bien imaginaire pur.
Module
Définition et premières propriétés
Définition
Soit z=x+iy un complexe sous forme algébrique (x, y réels). Le module de z est le réel positif
∣z∣=x2+y2.Remarque
La quantité x2+y2 est un réel positif ou nul, la racine carrée a donc bien un sens et ∣z∣ est un réel positif ou nul. C'est un point capital : les modules sont des réels, donc ils se comparent, se majorent et se minorent, alors que les complexes eux-mêmes ne le peuvent pas. Toute inégalité de ce chapitre porte sur des modules.
Le symbole x reste réservé aux réels positifs. On n'écrira jamais z ni −4 pour un complexe : la notation n'a pas de sens dans C, comme le paragraphe 7 l'expliquera.
Propriété
Soit z∈C.
- ∣z∣⩾0, et ∣z∣=0⟺z=0.
- ∣z∣2=zz.
- Si z est réel, son module est égal à sa valeur absolue : la notation ∣z∣ est donc cohérente avec celle du lycée.
- ∣z∣=∣z∣ et ∣−z∣=∣z∣.
- ∣Re(z)∣⩽∣z∣, avec égalité si et seulement si z est réel ; ∣Im(z)∣⩽∣z∣, avec égalité si et seulement si z est imaginaire pur.
Démonstration. Écrivons z=x+iy sous forme algébrique.
Point 1. La racine carrée d'un réel positif est positive, donc ∣z∣⩾0. De plus ∣z∣=0 équivaut à x2+y2=0, et comme x2⩾0 et y2⩾0, cette somme de deux réels positifs est nulle si et seulement si x2=y2=0, c'est-à-dire x=y=0, c'est-à-dire z=0.
Point 2. On calcule directement
zz=(x+iy)(x−iy)=x2−(iy)2=x2+y2=∣z∣2.Point 3. Si z est réel, alors y=0 et ∣z∣=x2, qui est la valeur absolue de x.
Point 4. Le conjugué z=x+i(−y) a pour module x2+(−y)2=x2+y2=∣z∣, et le même calcul vaut pour −z=(−x)+i(−y).
Point 5. Comme y2⩾0, on a x2⩽x2+y2, et la fonction racine carrée étant croissante sur R+,
∣Re(z)∣=x2⩽x2+y2=∣z∣.L'égalité a lieu si et seulement si x2=x2+y2, c'est-à-dire y2=0, c'est-à-dire y=0, c'est-à-dire z∈R. Le raisonnement pour la partie imaginaire est identique en échangeant les rôles de x et y. □
Remarque
La relation ∣z∣2=zz est la formule du paragraphe. Elle transforme un module, qui contient une racine carrée et se prête mal au calcul, en un produit, qui obéit à toutes les règles algébriques. Le réflexe correspondant s'énonce ainsi : dès qu'un module apparaît dans une égalité ou une inégalité à démontrer, on l'élève au carré et on écrit zz.
Attention toutefois : ∣z∣2=zz et non z2. Pour z=i, on a ∣z∣2=1 alors que z2=−1. L'égalité ∣z∣2=z2 ne vaut que pour les réels.
Propriété
Soient z et z′ deux complexes et n un entier naturel.
- ∣zz′∣=∣z∣∣z′∣.
- Si z=0, z1=∣z∣1 ; si z′=0, z′z=∣z′∣∣z∣.
- ∣zn∣=∣z∣n (valable aussi pour n∈Z lorsque z=0).
Démonstration.
Point 1. Les deux membres étant des réels positifs, il suffit de démontrer l'égalité de leurs carrés. Or, en utilisant ∣w∣2=ww, la règle zz′=zz′ et la commutativité,
∣zz′∣2=(zz′)(zz′)=zz′zz′=(zz)(z′z′)=∣z∣2∣z′∣2=(∣z∣∣z′∣)2.Deux réels positifs de même carré sont égaux, donc ∣zz′∣=∣z∣∣z′∣.
Point 2. Soit z=0. En appliquant le point 1 à l'égalité z×z1=1, il vient ∣z∣×z1=∣1∣=1, et comme ∣z∣=0 on peut diviser. La formule du quotient s'en déduit en écrivant z′z=z×z′1.
Point 3. Récurrence sur n. Pour n=0 les deux membres valent 1. Si ∣zn∣=∣z∣n, alors ∣zn+1∣=∣zn×z∣=∣zn∣∣z∣=∣z∣n∣z∣=∣z∣n+1 d'après le point 1. Pour un exposant négatif n=−m avec m∈N et z=0, on combine avec le point 2 : ∣z−m∣=∣zm∣1=∣z∣m1=∣z∣−m. □
Remarque
Le module se comporte parfaitement vis-à-vis de la multiplication, de la division et des puissances : ce sont des égalités. Vis-à-vis de l'addition, il n'y a pas d'égalité, seulement une inégalité, celle du paragraphe suivant. Autrement dit, ∣z+z′∣=∣z∣+∣z′∣ est faux en général : pour z=1 et z′=i, le membre de gauche vaut 2 et celui de droite 2.
C'est ce contraste qui décide du choix de l'écriture : devant un produit ou une puissance, on passe aux modules sans hésiter ; devant une somme, on reste en écriture algébrique.
Inégalité triangulaire
Propriété
Théorème (inégalité triangulaire). Pour tous complexes z et z′,
∣z+z′∣⩽∣z∣+∣z′∣.De plus, il y a égalité si et seulement si z=0 ou s'il existe un réel t⩾0 tel que z′=tz.
Démonstration. Commençons par établir une identité utile, en développant à l'aide de ∣w∣2=ww :
∣z+z′∣2=(z+z′)(z+z′)=(z+z′)(z+z′)=zz+zz′+z′z+z′z′=∣z∣2+(zz′+zz′)+∣z′∣2=∣z∣2+2Re(zz′)+∣z′∣2.À l'avant-dernière ligne, on a reconnu z′z=zz′, et à la dernière on a utilisé w+w=2Re(w).
L'inégalité. D'après la majoration ∣Re(w)∣⩽∣w∣ appliquée à w=zz′, puis la multiplicativité du module,
Re(zz′)⩽zz′=∣z∣z′=∣z∣∣z′∣.En reportant dans l'identité précédente,
∣z+z′∣2⩽∣z∣2+2∣z∣∣z′∣+∣z′∣2=(∣z∣+∣z′∣)2.Les deux nombres ∣z+z′∣ et ∣z∣+∣z′∣ sont des réels positifs, et la fonction racine carrée est croissante sur R+ : on en déduit ∣z+z′∣⩽∣z∣+∣z′∣.
Le cas d'égalité. En reprenant les deux étapes ci-dessus, l'égalité ∣z+z′∣=∣z∣+∣z′∣ a lieu si et seulement si
Re(zz′)=∣z∣∣z′∣=zz′,c'est-à-dire si et seulement si le complexe w=zz′ vérifie Re(w)=∣w∣. Or, pour w=u+iv, cette condition s'écrit u=u2+v2, ce qui impose d'une part u⩾0, d'autre part, en élevant au carré, u2=u2+v2 donc v=0 : elle équivaut donc à « w est un réel positif ou nul ».
Supposons cette condition réalisée et posons s=zz′⩾0. Si z=0, la première branche de la conclusion est vérifiée. Si z=0, alors z′=zs=zzsz=∣z∣2sz, et en conjuguant cette égalité, dont le coefficient ∣z∣2s est réel,
z′=∣z∣2sz=tz,avec t=∣z∣2s⩾0.Réciproquement, si z=0, les deux membres valent ∣z′∣. Et s'il existe t⩾0 tel que z′=tz, alors
∣z+z′∣=∣z+tz∣=∣(1+t)z∣=∣1+t∣∣z∣=(1+t)∣z∣=∣z∣+t∣z∣=∣z∣+∣z′∣,où l'on a utilisé 1+t⩾0 et ∣z′∣=∣tz∣=t∣z∣. □
Remarque
Le cas d'égalité s'énonce en français : il y a égalité exactement quand les deux nombres sont « alignés dans le même sens », c'est-à-dire quand l'un est un multiple positif de l'autre. La disjonction « z=0 ou … » n'est pas une coquetterie : si z=0, aucun t ne peut convenir pour un z′ non nul, et pourtant l'égalité est vraie. Oublier ce cas est l'erreur classique.
Propriété
Soient z, z′ des complexes, n un entier supérieur ou égal à 1 et (z1,…,zn) une famille finie de complexes.
- Deuxième inégalité triangulaire : ∣z∣−∣z′∣⩽∣z−z′∣.
- Inégalité triangulaire généralisée : k=1∑nzk⩽k=1∑n∣zk∣.
Démonstration.
Point 1. En écrivant z=(z−z′)+z′ et en appliquant l'inégalité triangulaire,
∣z∣⩽∣z−z′∣+∣z′∣,donc∣z∣−∣z′∣⩽∣z−z′∣.En échangeant les rôles de z et z′, et en utilisant ∣z′−z∣=∣−(z−z′)∣=∣z−z′∣, on obtient de même ∣z′∣−∣z∣⩽∣z−z′∣. Le réel ∣z∣−∣z′∣ est égal à l'un des deux nombres ∣z∣−∣z′∣ et ∣z′∣−∣z∣, tous deux majorés par ∣z−z′∣ : l'inégalité annoncée en découle.
Point 2. Récurrence sur n. Pour n=1, l'inégalité s'écrit ∣z1∣⩽∣z1∣, elle est vraie. Supposons-la vraie au rang n. Alors, en appliquant d'abord l'inégalité triangulaire à deux termes puis l'hypothèse de récurrence,
k=1∑n+1zk=(k=1∑nzk)+zn+1⩽k=1∑nzk+∣zn+1∣⩽k=1∑n∣zk∣+∣zn+1∣=k=1∑n+1∣zk∣.La propriété est donc vraie pour tout entier n⩾1. □
Exemple
Soit z un complexe tel que ∣z∣⩽1. Majorons z3−2z+1.
D'après l'inégalité triangulaire généralisée, puis la multiplicativité du module,
z3−2z+1⩽∣z∣3+2∣z∣+1⩽1+2+1=4,la dernière majoration utilisant ∣z∣⩽1, donc aussi ∣z∣3⩽1.
Contrôle : pour z=−1, qui vérifie bien ∣z∣⩽1, on obtient z3−2z+1=−1+2+1=2, valeur inférieure à 4 : la majoration est cohérente. Elle n'est pas optimale pour autant, et c'est le cas habituel. La première majoration ne devient une égalité que si tous les termes sont alignés dans le même sens, ce qui n'a lieu ici que pour z=0 ; et pour cette valeur, la seconde majoration, celle qui utilise ∣z∣⩽1, est très large. La borne 4 n'est donc atteinte pour aucun z.
Propriété
Identité du parallélogramme. Pour tous complexes z et z′,
∣z+z′∣2+∣z−z′∣2=2(∣z∣2+∣z′∣2).Démonstration. L'identité établie au début de la démonstration de l'inégalité triangulaire donne
∣z+z′∣2=∣z∣2+2Re(zz′)+∣z′∣2.En l'appliquant au couple (z,−z′), et en utilisant −z′=−z′, ∣−z′∣=∣z′∣ ainsi que la linéarité de Re pour le scalaire réel −1,
∣z−z′∣2=∣z∣2−2Re(zz′)+∣z′∣2.En additionnant ces deux égalités, les termes en Re(zz′) se compensent et il reste
∣z+z′∣2+∣z−z′∣2=2∣z∣2+2∣z′∣2.□Le plan complexe
Définition
Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct d'origine O. À tout point M de coordonnées (x,y) on associe le complexe z=x+iy, appelé affixe du point M ; réciproquement, à tout complexe z=x+iy correspond un unique point M de coordonnées (x,y), appelé image de z. Le plan ainsi identifié à C s'appelle le plan complexe.
De même, l'affixe d'un vecteur u de coordonnées (x,y) est le complexe x+iy.
Propriété
Soient A et B deux points d'affixes respectives a et b, et soient u, v deux vecteurs d'affixes u et v.
- L'affixe du vecteur AB est b−a.
- L'affixe de u+v est u+v, et celle de λu est λu pour tout réel λ.
- ∣u∣ est la norme du vecteur u, et ∣b−a∣=AB.
- L'affixe du milieu du segment [AB] est 2a+b.
Démonstration. Notons a=xA+iyA et b=xB+iyB. Le vecteur AB a pour coordonnées (xB−xA,yB−yA), donc pour affixe (xB−xA)+i(yB−yA)=b−a : c'est le point 1. Le point 2 traduit de même le calcul des coordonnées d'une somme de vecteurs et d'un produit par un réel. Pour le point 3, la norme du vecteur de coordonnées (x,y) vaut x2+y2, qui est exactement le module de son affixe ; appliqué à AB, cela donne AB=∣b−a∣. Enfin le milieu de [AB] a pour coordonnées (2xA+xB,2yA+yB), donc pour affixe 2a+b. □
Remarque
Cette traduction donne son nom à l'inégalité triangulaire : en prenant pour z l'affixe de AB et pour z′ celle de BC, de sorte que z+z′ est l'affixe de AC, elle affirme AC⩽AB+BC, autrement dit que le chemin direct est le plus court. Le cas d'égalité correspond exactement au cas où B appartient au segment [AC].
L'identité du parallélogramme, elle, affirme que dans un parallélogramme la somme des carrés des deux diagonales est égale à la somme des carrés des quatre côtés.
Propriété
Soient a∈C, A le point d'affixe a, et r un réel strictement positif. Dans le plan complexe :
- {z∈C:∣z−a∣=r} est le cercle de centre A et de rayon r ;
- {z∈C:∣z−a∣⩽r} est le disque fermé de centre A et de rayon r ;
- {z∈C:∣z−a∣<r} est le disque ouvert de centre A et de rayon r.
Démonstration. Pour un point M d'affixe z, le point 3 de la propriété précédente donne ∣z−a∣=AM. La condition ∣z−a∣=r signifie donc AM=r, ce qui est la définition du cercle de centre A et de rayon r ; les deux autres conditions s'interprètent de la même manière. □
Exemple
Décrivons deux ensembles de points.
L'ensemble des points M d'affixe z vérifiant ∣z−1+i∣=2 : on commence par écrire la condition sous la forme ∣z−a∣=r, ici ∣z−(1−i)∣=2. C'est donc le cercle de centre le point d'affixe 1−i, c'est-à-dire de coordonnées (1,−1), et de rayon 2.
L'ensemble des points vérifiant ∣2z+4i∣⩽6 : on factorise d'abord par le coefficient de z, ce que la multiplicativité du module autorise. La condition s'écrit 2∣z+2i∣⩽6, soit ∣z−(−2i)∣⩽3 : c'est le disque fermé de centre le point de coordonnées (0,−2) et de rayon 3.
Le piège est de lire directement « centre −4i, rayon 6 » sans avoir sorti le facteur 2.
Nombres complexes de module 1, trigonométrie
L'ensemble U
Définition
On note U l'ensemble des nombres complexes de module 1 :
U={z∈C:∣z∣=1}.Dans le plan complexe, U est le cercle de centre O et de rayon 1, appelé cercle trigonométrique.
Propriété
- 1∈U et −1∈U ; tout élément de U est non nul.
- U est stable par produit : si z,z′∈U, alors zz′∈U.
- U est stable par passage à l'inverse et par conjugaison : si z∈U, alors z1∈U et z∈U.
- Pour z∈U, z1=z.
- Si z∈U, alors zn∈U pour tout n∈Z.
Démonstration.
Point 1. ∣1∣=1 et ∣−1∣=1. Un élément de module 1 est non nul puisque seul 0 est de module nul.
Point 2. Si ∣z∣=∣z′∣=1, alors ∣zz′∣=∣z∣∣z′∣=1×1=1.
Point 3. Si ∣z∣=1, alors z=0 et z1=∣z∣1=1 ; de plus ∣z∣=∣z∣=1.
Point 4. Soit z∈U. La relation zz=∣z∣2=1 signifie exactement que z est l'inverse de z.
Point 5. Pour n∈Z, ∣zn∣=∣z∣n=1n=1. □
Remarque
Le point 4 est le plus utilisé de la liste. Sur le cercle trigonométrique, inverser, c'est conjuguer : cela permet d'éliminer tous les dénominateurs d'un calcul, comme on l'a déjà vu dans le second exemple du paragraphe 2. Le réflexe s'énonce ainsi : dès que l'énoncé contient l'hypothèse ∣z∣=1, écrire aussitôt z=z1.
La notation eiθ
Définition
Pour tout réel θ, on pose
eiθ=cosθ+isinθ.Remarque
À ce stade, eiθ n'est qu'une notation : rien ne dit encore qu'il s'agit d'une exponentielle au sens habituel. Ce qui justifie ce choix d'écriture, c'est la propriété fondamentale démontrée plus bas, ei(a+b)=eiaeib : la notation exponentielle est adoptée précisément parce que ce nombre transforme les sommes en produits, comme l'exponentielle réelle. Le paragraphe 6 étendra la définition à un exposant complexe quelconque et montrera que tout est cohérent.
Pour tout réel θ, on a Re(eiθ)=cosθ et Im(eiθ)=sinθ, puisque cosθ et sinθ sont des réels : c'est l'écriture algébrique de eiθ.
Propriété
- Pour tout réel θ, eiθ∈U.
- Réciproquement, tout élément de U s'écrit eiθ pour au moins un réel θ. (Résultat admis.)
Démonstration du point 1. Pour tout réel θ,
eiθ=cos2θ+sin2θ=1=1.Le point 2 est admis : il repose sur le fait que la fonction cosinus réalise une bijection de [0,π] sur [−1,1], propriété des fonctions trigonométriques étudiée dans le chapitre consacré aux fonctions usuelles. Concrètement, si x2+y2=1, alors x∈[−1,1], et l'on peut choisir θ dans [0,π] tel que cosθ=x lorsque y⩾0, et θ dans [−π,0] sinon ; la relation sin2θ=1−x2=y2 jointe au signe de y donne alors sinθ=y. □
Remarque
Les deux points réunis s'énoncent ainsi : θ↦eiθ paramètre le cercle trigonométrique. Quand θ parcourt R, le point d'affixe eiθ parcourt le cercle de centre O et de rayon 1, en tournant dans le sens direct, et repasse par le même point chaque fois que θ augmente de 2π.
Voici les valeurs remarquables à connaître par cœur.
| θ | 0 | 6π | 4π | 3π | 2π | π |
|---|---|---|---|---|---|---|
| cosθ | 1 | 23 | 22 | 21 | 0 | −1 |
| sinθ | 0 | 21 | 22 | 23 | 1 | 0 |
| eiθ | 1 | 23+21i | 22(1+i) | 21+23i | i | −1 |
Propriété
Propriété fondamentale. Pour tous réels a et b,
ei(a+b)=eiaeib.Démonstration. Développons le produit du membre de droite en utilisant la formule du produit de deux complexes :
eiaeib=(cosa+isina)(cosb+isinb)=(cosacosb−sinasinb)+i(cosasinb+sinacosb)=cos(a+b)+isin(a+b)=ei(a+b),la troisième égalité provenant des formules d'addition du cosinus et du sinus. □
Remarque
La démonstration mérite d'être lue dans l'autre sens : elle montre que les formules d'addition de la trigonométrie ne sont rien d'autre que la règle du produit des exponentielles. C'est le principal service que rend ce chapitre. Un élève qui hésite sur le signe dans cos(a+b) n'a plus besoin de mémoriser : il développe eiaeib et lit les parties réelle et imaginaire.
Avant d'énoncer les conséquences, fixons une notation utilisée dans tout le chapitre.
Définition
Soient θ, θ′ des réels et α un réel strictement positif. On écrit
θ≡θ′ [α]lorsqu’il existe k∈Z tel que θ−θ′=kα.On lit « θ est congru à θ′ modulo α ». Les deux cas utiles ici sont α=2π et α=π.
Propriété
Soient θ, θ′, a et b des réels.
- eiθ=0, et eiθ1=e−iθ=eiθ.
- eibeia=ei(a−b).
- eiθ=1⟺θ≡0 [2π].
- eiθ=eiθ′⟺θ≡θ′ [2π].
Démonstration.
Point 1. Un complexe de module 1 n'est pas nul. Comme cos(−θ)=cosθ et sin(−θ)=−sinθ, on a e−iθ=cosθ−isinθ=eiθ. Et puisque eiθ appartient à U, son inverse est son conjugué : eiθ1=eiθ=e−iθ.
Point 2. eibeia=eia×e−ib=ei(a−b), en utilisant le point 1 puis la propriété fondamentale.
Point 3. L'égalité eiθ=1 s'écrit cosθ+isinθ=1+i×0, ce qui, par unicité de l'écriture algébrique, équivaut au système cosθ=1 et sinθ=0. Or cosθ=1 équivaut déjà à l'existence d'un entier k tel que θ=2kπ (propriété du cosinus connue depuis le lycée), et cette condition entraîne sinθ=0. Le système équivaut donc à θ≡0 [2π].
Point 4. Comme eiθ′=0, on peut diviser :
eiθ=eiθ′⟺eiθ′eiθ=1⟺ei(θ−θ′)=1⟺θ−θ′≡0 [2π]⟺θ≡θ′ [2π].□Remarque
Le point 4 est la source d'un très grand nombre d'erreurs. Deux exponentielles imaginaires égales n'ont aucune raison d'avoir le même exposant : elles ont des exposants égaux modulo 2π. Passer de eiθ=eiθ′ à θ=θ′ est une faute, et c'est celle qui fait perdre des solutions dans la résolution de zn=a au paragraphe 8.
Formules de Moivre et d'Euler
Propriété
Formule de Moivre. Pour tout réel θ et tout entier relatif n,
(eiθ)n=einθ,c’est-aˋ-dire(cosθ+isinθ)n=cos(nθ)+isin(nθ).Démonstration. Traitons d'abord le cas n∈N, par récurrence. Pour n=0, les deux membres valent 1 (le membre de droite est ei×0=cos0+isin0=1). Supposons (eiθ)n=einθ pour un certain entier naturel n. Alors, en utilisant l'hypothèse de récurrence puis la propriété fondamentale,
(eiθ)n+1=(eiθ)n×eiθ=einθ×eiθ=ei(nθ+θ)=ei(n+1)θ.La formule est donc vraie pour tout entier naturel.
Soit maintenant n un entier négatif, et posons m=−n∈N. Comme eiθ=0, on peut écrire, en utilisant le cas positif déjà démontré puis le point 1 de la propriété précédente appliqué au réel mθ :
(eiθ)n=(eiθ)m1=eimθ1=e−imθ=einθ.La seconde écriture s'obtient en remplaçant chaque exponentielle par sa définition. □
Propriété
Formules d'Euler. Pour tout réel θ,
cosθ=2eiθ+e−iθ,sinθ=2ieiθ−e−iθ.Démonstration. Par définition, eiθ=cosθ+isinθ et e−iθ=cosθ−isinθ. En additionnant, eiθ+e−iθ=2cosθ, et en soustrayant, eiθ−e−iθ=2isinθ. Il ne reste qu'à diviser par 2 et par 2i respectivement, ces deux nombres étant non nuls. □
Remarque
Les formules d'Euler sont le cas particulier z=eiθ des formules Re(z)=2z+z et Im(z)=2iz−z du paragraphe 2, puisque eiθ=e−iθ. Il n'y a donc rien de nouveau à mémoriser, seulement une lecture nouvelle.
Moivre et Euler jouent des rôles inverses, et c'est ainsi qu'il faut les retenir. Moivre fait entrer nθ dans une puissance : il transforme cos(nθ) en une expression polynomiale en cosθ. Euler fait sortir les puissances : il transforme cosnθ en combinaison de cos(kθ). Choisir la bonne formule, c'est simplement savoir dans quel sens on veut aller.
Linéarisation
Méthode
Linéariser une puissance ou un produit de cosinus et de sinus, c'est-à-dire l'écrire comme combinaison linéaire de cos(kθ) et sin(kθ) sans aucune puissance. Procédé, toujours le même :
- remplacer chaque facteur par sa formule d'Euler : cosθ=2eiθ+e−iθ, sinθ=2ieiθ−e−iθ ;
- développer avec la formule du binôme de Newton, en sortant d'abord la constante 2n1 ou (2i)n1 ;
- regrouper les termes deux à deux, du premier avec le dernier, du deuxième avec l'avant-dernier, etc. : chaque paire est de la forme eikθ+e−ikθ=2cos(kθ) ou eikθ−e−ikθ=2isin(kθ) ;
- simplifier les puissances de i au dénominateur et conclure.
Deux contrôles à faire systématiquement à la fin : le résultat doit être réel (aucun i ne doit subsister), et la valeur en θ=0 doit être correcte.
Cette technique est celle qu'on utilise pour intégrer cosn ou sinn dans le chapitre d'intégration : une somme de cosinus se primitive, une puissance non.
Exemple
Linéarisons cos3θ. Par la formule d'Euler puis le binôme,
cos3θ=(2eiθ+e−iθ)3=81(e3iθ+3e2iθe−iθ+3eiθe−2iθ+e−3iθ)=81(e3iθ+e−3iθ+3(eiθ+e−iθ))=81(2cos(3θ)+3×2cosθ)=4cos(3θ)+3cosθ.Contrôle en θ=0 : le membre de gauche vaut 1, le membre de droite 41+3=1. Contrôle en θ=2π : à gauche 0, à droite 4cos(3π/2)+0=0.
Linéarisons sin4θ. Cette fois le dénominateur est (2i)4=16i4=16, donc
sin4θ=(2ieiθ−e−iθ)4=161(e4iθ−4e2iθ+6−4e−2iθ+e−4iθ)=161((e4iθ+e−4iθ)−4(e2iθ+e−2iθ)+6)=161(2cos(4θ)−8cos(2θ)+6)=8cos(4θ)−4cos(2θ)+3.Le détail du développement mérite attention : les termes du binôme sont (k4)(eiθ)4−k(−e−iθ)k, donc les signes alternent et le terme central, pour k=2, vaut (24)e2iθe−2iθ=6.
Contrôle en θ=0 : à gauche 0, à droite 81−4+3=0. Contrôle en θ=2π : à gauche 1, à droite 8cos(2π)−4cosπ+3=81+4+3=1.
Expression de cos(nθ) et sin(nθ)
Méthode
Exprimer cos(nθ) et sin(nθ) en fonction de cosθ et sinθ. C'est l'opération inverse de la linéarisation, et le procédé est également fixe :
- écrire la formule de Moivre : cos(nθ)+isin(nθ)=(cosθ+isinθ)n ;
- développer le membre de droite par la formule du binôme ;
- séparer partie réelle et partie imaginaire, en se souvenant que cosθ et sinθ sont réels : les termes d'indice pair (où i apparaît à une puissance paire) sont réels, les autres imaginaires purs ;
- identifier : cos(nθ) est la partie réelle obtenue, sin(nθ) la partie imaginaire ;
- si l'on veut une expression en cosθ seul pour cos(nθ), remplacer chaque sin2θ par 1−cos2θ ; cela n'est possible que si toutes les puissances de sinθ sont paires, ce qui est le cas dans la partie réelle.
Contrôle final : évaluer en θ=0, où l'on doit trouver cos(0)=1 et sin(0)=0.
Exemple
Cas n=3. La formule de Moivre et le binôme donnent, en posant c=cosθ et s=sinθ pour alléger,
cos(3θ)+isin(3θ)=(c+is)3=c3+3c2(is)+3c(is)2+(is)3=c3+3ic2s−3cs2−is3=(c3−3cs2)+i(3c2s−s3).Les deux parenthèses sont réelles, donc par identification
cos(3θ)=c3−3cs2,sin(3θ)=3c2s−s3.En remplaçant s2 par 1−c2 dans la première, puis c2 par 1−s2 dans la seconde :
cos(3θ)=c3−3c(1−c2)=4cos3θ−3cosθ,sin(3θ)=3(1−s2)s−s3=3sinθ−4sin3θ.Contrôle en θ=0 : 4−3=1=cos0, et 0=sin0. Contrôle en θ=2π : cos(3π/2)=0 et la formule donne 0−0=0 ; sin(3π/2)=−1 et la formule donne 3−4=−1.
Cas n=5, pour cos seulement. Il suffit de la partie réelle du développement de (c+is)5, c'est-à-dire des termes d'indice pair du binôme :
cos(5θ)=(05)c5+(25)c3(is)2+(45)c(is)4=c5−10c3s2+5cs4,puisque (is)2=−s2 et (is)4=s4. En remplaçant s2 par 1−c2 :
cos(5θ)=c5−10c3(1−c2)+5c(1−c2)2=c5−10c3+10c5+5c(1−2c2+c4)=c5−10c3+10c5+5c−10c3+5c5=16cos5θ−20cos3θ+5cosθ.Contrôle en θ=0 : 16−20+5=1. Contrôle en θ=π : la formule donne −16+20−5=−1=cos(5π).
La technique de l'arc moitié
Méthode
Factoriser par l'arc moitié. Devant une somme ou une différence d'exponentielles imaginaires, on ne développe jamais : on factorise par l'exponentielle de la demi-somme des arguments, ce qui fait apparaître une paire conjuguée, donc un cosinus ou un sinus réel. Les quatre factorisations à connaître sont :
1+eiθ=2cos(2θ)eiθ/2,1−eiθ=−2isin(2θ)eiθ/2,eia+eib=2cos(2a−b)ei(a+b)/2,eia−eib=2isin(2a−b)ei(a+b)/2.Aucune de ces formules n'est à apprendre par cœur : on les retrouve en une ligne en factorisant, et c'est le geste qu'il faut retenir.
Démonstration. Pour la troisième formule, on factorise par ei(a+b)/2 :
eia+eib=ei(a+b)/2(eiae−i(a+b)/2+eibe−i(a+b)/2)=ei(a+b)/2(ei(a−b)/2+e−i(a−b)/2)=2cos(2a−b)ei(a+b)/2,la dernière égalité étant la formule d'Euler. Le même calcul avec une différence fait apparaître ei(a−b)/2−e−i(a−b)/2=2isin(2a−b), ce qui donne la quatrième formule. Les deux premières en sont le cas particulier a=θ, b=0 :
eiθ+1=2cos(2θ)eiθ/2,eiθ−1=2isin(2θ)eiθ/2,et la deuxième formule annoncée est l'opposée de cette dernière. □
Remarque
Mise en garde sur le signe. Une écriture comme 1+eiθ=2cos(2θ)eiθ/2 est une égalité toujours vraie, mais ce n'est une forme trigonométrique que si le facteur 2cos(2θ) est strictement positif. On ne peut donc pas lire directement le module et l'argument sans avoir discuté le signe du cosinus.
En toute généralité, 1+eiθ=2cos(2θ). Si θ∈]−π,π[, alors 2θ∈]−2π,2π[ et cos(2θ)>0 : le module est bien 2cos(2θ) et un argument est 2θ. Si le cosinus est négatif, il faut rectifier en écrivant −1=eiπ, ce qui ajoute π à l'argument. Et s'il est nul, c'est-à-dire si θ≡π [2π], alors 1+eiθ=0 : il n'y a ni module strictement positif à lire, ni argument.
De même 1−eiθ=2sin(2θ)ei(θ−π)/2, en utilisant −i=e−iπ/2 ; c'est une forme trigonométrique lorsque sin(2θ)>0, donc par exemple pour θ∈]0,2π[.
Exemple
Calculons le module et un argument de Z=1+e2iπ/3.
Ici θ=32π appartient à ]−π,π[, donc cos(2θ)=cos(3π)=21>0 et l'arc moitié donne directement une forme trigonométrique :
Z=2cos(3π)eiπ/3=2×21×eiπ/3=eiπ/3.Donc ∣Z∣=1 et arg(Z)≡3π [2π].
Contrôle par le calcul algébrique : e2iπ/3=−21+i23, donc Z=21+i23, qui est bien eiπ/3.
Sommes trigonométriques
Méthode
Calculer k=0∑ncos(kθ) et k=0∑nsin(kθ). On ne somme jamais les cosinus directement : on les regroupe en une seule somme géométrique complexe.
- Poser S=k=0∑neikθ et remarquer que k=0∑ncos(kθ)=Re(S) et k=0∑nsin(kθ)=Im(S).
- Écrire eikθ=(eiθ)k par la formule de Moivre : S est une somme géométrique de raison q=eiθ.
- Discuter : si θ≡0 [2π], alors q=1 et S=n+1 ; sinon q=1 et on applique la formule de la somme géométrique.
- Factoriser numérateur et dénominateur par l'arc moitié, simplifier, puis prendre la partie réelle et la partie imaginaire.
L'étape 3 n'est pas facultative : la formule de la somme géométrique est fausse pour q=1, et θ≡0 [2π] est précisément le cas où le dénominateur sin(2θ) s'annule.
Exemple
Calculons S=k=0∑neikθ, puis C=k=0∑ncos(kθ) et S′=k=0∑nsin(kθ).
Premier cas : θ≡0 [2π]. Alors eiθ=1, donc eikθ=1 pour tout k, et
S=n+1,C=n+1,S′=0.Second cas : θ≡0 [2π]. Alors eiθ=1 et la formule de la somme géométrique s'applique :
S=k=0∑n(eiθ)k=1−eiθ1−ei(n+1)θ.On factorise séparément le numérateur et le dénominateur par l'arc moitié :
S=−2isin(2θ)eiθ/2−2isin(2(n+1)θ)ei(n+1)θ/2=sin(2θ)sin(2(n+1)θ)×ei(2(n+1)θ−2θ)=sin(2θ)sin(2(n+1)θ)einθ/2.La simplification est licite car θ≡0 [2π] entraîne 2θ≡0 [π], donc sin(2θ)=0.
Le coefficient devant l'exponentielle est réel : on lit donc immédiatement les parties réelle et imaginaire,
C=sin(2θ)sin(2(n+1)θ)cos(2nθ),S′=sin(2θ)sin(2(n+1)θ)sin(2nθ).Contrôle numérique avec n=4 et θ=3π. Le calcul direct donne
C=1+21−21−1−21=−21.La formule donne sin(6π)sin(65π)cos(32π)=1/21/2×(−21)=−21. Les deux valeurs coïncident.
Remarque
Ce coefficient sin(θ/2)sin((n+1)θ/2) n'est pas le module de S : il peut être négatif. Le module vaut sin(θ/2)sin((n+1)θ/2), et lorsque le coefficient est négatif l'argument n'est pas 2nθ mais 2nθ+π. C'est la même mise en garde que pour l'arc moitié, et elle vaut chaque fois qu'on lit un module sur une écriture factorisée.
Transformation de acost+bsint
Propriété
Soient a et b deux réels non tous les deux nuls. Il existe un unique réel R>0 et un réel φ, unique modulo 2π, tels que
∀t∈R,acost+bsint=Rcos(t−φ).De plus R=a2+b2, et φ est caractérisé par cosφ=Ra et sinφ=Rb.
Démonstration. Posons R=a2+b2 : comme a et b ne sont pas tous deux nuls, R>0. Le complexe Ra+iRb a pour module
R2a2+R2b2=Ra2+b2=1,il appartient donc à U, et le paramétrage du cercle trigonométrique fournit un réel φ tel que Ra+iRb=eiφ, c'est-à-dire a=Rcosφ et b=Rsinφ.
Alors, pour tout réel t, la formule d'addition du cosinus donne
Rcos(t−φ)=R(costcosφ+sintsinφ)=(Rcosφ)cost+(Rsinφ)sint=acost+bsint.Unicité. Soient R′>0 et φ′ convenant également, de sorte que Rcos(t−φ)=R′cos(t−φ′) pour tout réel t. Évaluons cette égalité en deux valeurs bien choisies. Pour t=φ, comme cos0=1, elle donne R=R′cos(φ−φ′). Pour t=φ′, elle donne Rcos(φ′−φ)=R′, c'est-à-dire R′=Rcos(φ−φ′) puisque le cosinus est pair.
En multipliant ces deux relations, RR′=RR′cos2(φ−φ′), et comme RR′>0 on peut simplifier : cos2(φ−φ′)=1, donc cos(φ−φ′)=1 ou cos(φ−φ′)=−1. Le second cas donnerait R=−R′, donc R<0, ce qui est exclu. Il reste cos(φ−φ′)=1, d'où d'une part R=R′, d'autre part φ−φ′≡0 [2π]. □
Exemple
Écrivons f(t)=cost+3sint sous la forme Rcos(t−φ).
Ici a=1 et b=3, donc R=1+3=2. Il faut ensuite trouver φ tel que cosφ=21 et sinφ=23 : la lecture du tableau des valeurs remarquables donne φ=3π. Donc
cost+3sint=2cos(t−3π).Contrôle : en développant, 2cos(t−3π)=2(costcos3π+sintsin3π)=2(2cost+23sint)=cost+3sint.
On lit alors immédiatement des informations que la première écriture cachait : f est majorée par 2 et minorée par −2, le maximum étant atteint pour t≡3π [2π].
Remarque
Lecture physique. En électrocinétique, un signal sinusoïdal s'écrit u(t)=Umcos(Ωt+ϕ), où Um>0 est l'amplitude, Ω la pulsation et ϕ la phase à l'origine. La transformation ci-dessus dit qu'une somme du type acos(Ωt)+bsin(Ωt) est encore un signal sinusoïdal de même pulsation, d'amplitude a2+b2 et de déphasage lisible sur φ.
C'est exactement la raison pour laquelle on associe à ce signal la grandeur complexe u=Umeiϕ : additionner deux signaux de même pulsation revient alors à additionner deux complexes, opération sans difficulté, alors que l'addition directe des cosinus obligerait à des formules d'addition à chaque étape. Le module de la grandeur complexe redonne l'amplitude, son argument le déphasage.
Forme trigonométrique, module et argument
Le théorème de la forme trigonométrique
Propriété
Théorème. Soit z∈C∗. Il existe un réel r>0 et un réel θ tels que
z=reiθ.De plus, le réel r est unique et vaut ∣z∣, et le réel θ est unique modulo 2π : si reiθ=r′eiθ′ avec r>0 et r′>0, alors r=r′ et θ≡θ′ [2π].
Une telle écriture s'appelle une forme trigonométrique (ou forme exponentielle) de z.
Démonstration. Existence. Soit z∈C∗. Posons r=∣z∣ : c'est un réel strictement positif puisque z=0. Le complexe u=∣z∣z vérifie
∣u∣=∣z∣∣z∣=∣z∣∣z∣=1,en utilisant que ∣z∣ est un réel strictement positif, donc égal à sa valeur absolue. Ainsi u∈U, et le paramétrage du cercle trigonométrique fournit un réel θ tel que u=eiθ. En multipliant par r, on obtient z=reiθ.
Unicité. Supposons reiθ=r′eiθ′ avec r>0 et r′>0. En passant aux modules et en utilisant eiθ=1 ainsi que la positivité de r et r′ :
r=reiθ=reiθ=r′eiθ′=r′.Comme r=r′>0, on peut simplifier l'égalité de départ par r, ce qui donne eiθ=eiθ′, donc θ≡θ′ [2π] d'après le paragraphe 4. □
Définition
Soit z∈C∗ et soit z=reiθ une forme trigonométrique de z (avec r>0). Tout réel θ convenant dans cette écriture s'appelle un argument de z. L'ensemble des arguments de z est {θ+2kπ:k∈Z} ; on note
arg(z)≡θ [2π].L'unique argument appartenant à l'intervalle ]−π,π] s'appelle l'argument principal de z.
Le nombre 0 n'a pas d'argument : son module étant nul, aucune direction ne lui est associée.
Remarque
Un argument n'est pas un nombre, c'est une classe de nombres. On n'écrit donc jamais arg(z)=θ mais arg(z)≡θ [2π], et toute égalité entre arguments est une congruence. Oublier le [2π] conduit, au paragraphe 8, à ne trouver qu'une racine n-ième au lieu de n.
Une forme trigonométrique se lit ainsi : le facteur devant l'exponentielle est le module, l'exposant est un argument. Mais cette lecture n'est valable que si le facteur est strictement positif : voir la mise en garde ci-dessous.
Propriété
Soient z, z′ des complexes non nuls et n un entier relatif.
- arg(zz′)≡arg(z)+arg(z′) [2π].
- arg(z1)≡−arg(z) [2π] et arg(z′z)≡arg(z)−arg(z′) [2π].
- arg(zn)≡narg(z) [2π].
- arg(z)≡−arg(z) [2π] et arg(−z)≡arg(z)+π [2π].
Démonstration. Écrivons z=reiθ et z′=r′eiθ′ avec r>0, r′>0.
Point 1. On a zz′=rr′eiθeiθ′=(rr′)ei(θ+θ′), et rr′>0 : c'est donc une forme trigonométrique de zz′, d'où ∣zz′∣=rr′ et arg(zz′)≡θ+θ′ [2π].
Point 2. De même z1=r1e−iθ avec r1>0, ce qui est une forme trigonométrique ; d'où arg(z1)≡−θ [2π]. La formule du quotient s'obtient en combinant avec le point 1.
Point 3. Par la formule de Moivre, zn=rneinθ, et rn>0 : c'est une forme trigonométrique, d'où le résultat.
Point 4. On a z=reiθ=reiθ=re−iθ, car r est réel ; comme r>0, c'est une forme trigonométrique et arg(z)≡−θ [2π]. Enfin −1=cosπ+isinπ=eiπ, donc −z=reiθeiπ=rei(θ+π), d'où arg(−z)≡θ+π [2π]. □
Remarque
Le piège central du chapitre : le facteur doit être strictement positif. L'écriture z=reiθ n'est une forme trigonométrique que si r>0. Une expression comme −3eiπ/4 est parfaitement licite comme résultat de calcul, mais lire « module −3, argument 4π » est une double faute : un module n'est jamais négatif.
La rectification tient en une ligne, en utilisant −1=eiπ :
−3eiπ/4=3×(−1)×eiπ/4=3eiπeiπ/4=3ei(π+4π)=3e5iπ/4.Le module est 3 et l'argument principal −43π, puisque 45π−2π=−43π.
Règle de sécurité : devant toute écriture λeiα obtenue par calcul, avant de lire un module, vérifier le signe de λ. Si λ<0, remplacer λ par ∣λ∣ et ajouter π à l'argument. Si λ=0, il n'y a pas d'argument.
Passer d'une forme à l'autre
Méthode
De la forme algébrique à la forme trigonométrique. Soit z=x+iy non nul.
- Calculer r=∣z∣=x2+y2.
- Factoriser : z=r(rx+iry). Le complexe entre parenthèses est de module 1.
- Chercher θ tel que cosθ=rx et sinθ=ry. Les deux conditions sont nécessaires : le cosinus seul laisse deux possibilités, c'est le sinus qui tranche.
- Conclure : z=reiθ.
Contrôle : le signe de x et celui de y situent z dans l'un des quatre quadrants, ce qui doit être cohérent avec la valeur trouvée pour θ.
De la forme trigonométrique à la forme algébrique : il suffit de développer, reiθ=rcosθ+irsinθ.
Exemple
Forme trigonométrique de 1+i. Son module vaut 1+1=2, donc
1+i=2(21+i21)=2(22+i22).On cherche θ tel que cosθ=sinθ=22 : c'est θ=4π. Donc 1+i=2eiπ/4. Le point d'affixe 1+i est bien dans le premier quadrant, ce qui est cohérent avec un argument compris entre 0 et 2π.
Forme trigonométrique de −3+i. Son module vaut 3+1=2, donc
−3+i=2(−23+21i).On cherche θ tel que cosθ=−23 et sinθ=21 : le cosinus est négatif et le sinus positif, donc θ est dans le deuxième quadrant, et θ=65π convient. Donc −3+i=2e5iπ/6.
L'erreur à éviter ici est de conclure à partir d'une seule des deux conditions : le sinus seul autoriserait aussi θ=6π, et le cosinus seul autoriserait aussi θ=−65π. Aucune de ces deux valeurs ne convient, car elles ne vérifient pas l'autre condition.
Exemple
Calcul de cos(12π) et sin(12π). Posons
Z=3+i1+i.Première méthode : forme trigonométrique. On a 1+i=2eiπ/4 (calculé ci-dessus) et, de la même manière, ∣3+i∣=2 avec cosθ=23, sinθ=21, donc 3+i=2eiπ/6. Par la règle du quotient,
Z=2eiπ/62eiπ/4=22ei(4π−6π)=22eiπ/12,car 4π−6π=123π−2π=12π. Le facteur 22 est strictement positif : c'est bien une forme trigonométrique.
Seconde méthode : forme algébrique. En multipliant par le conjugué du dénominateur,
Z=(3+i)(3−i)(1+i)(3−i)=3+13−i+i3−i2=4(3+1)+i(3−1).Identification. Les deux calculs donnent le même nombre, donc
22cos(12π)=43+1et22sin(12π)=43−1.En multipliant par 22=2 :
cos(12π)=42(3+1)=46+2,sin(12π)=46−2.Contrôle : ces deux nombres sont positifs, ce qui est cohérent puisque 12π est un angle du premier quadrant. Numériquement, 46+2≈0,966 et 46−2≈0,259, valeurs plausibles pour un angle de 15 degrés. Enfin, la somme des carrés vaut
16(6+2)2+(6−2)2=16(8+43)+(8−43)=1,comme il se doit.
Propriété
Caractérisations par l'argument. Soit z∈C∗.
- z est un réel strictement positif ⟺arg(z)≡0 [2π].
- z est un réel strictement négatif ⟺arg(z)≡π [2π].
- z est réel ⟺arg(z)≡0 [π].
- z est imaginaire pur ⟺arg(z)≡2π [π].
Démonstration. Écrivons z=reiθ avec r>0, de sorte que z=rcosθ+irsinθ est l'écriture algébrique de z.
Point 1. z est un réel strictement positif si et seulement si rsinθ=0 et rcosθ>0, c'est-à-dire, en divisant par r>0, si et seulement si sinθ=0 et cosθ>0. Or sinθ=0 équivaut à θ≡0 [π], et parmi ces valeurs celles qui donnent cosθ=1>0 sont exactement les θ≡0 [2π], les autres donnant cosθ=−1.
Point 2. Même raisonnement avec cosθ<0, ce qui sélectionne θ≡π [2π].
Point 3. z est réel si et seulement si sinθ=0, c'est-à-dire θ≡0 [π]. On peut aussi voir ce point comme la réunion des cas 1 et 2, z étant non nul.
Point 4. z est imaginaire pur si et seulement si rcosθ=0, c'est-à-dire cosθ=0, c'est-à-dire θ≡2π [π]. □
Exponentielle complexe
Définition et cohérence
Définition
Soit z∈C, d'écriture algébrique z=x+iy. On appelle exponentielle de z le nombre complexe
ez=exeiy=ex(cosy+isiny),où ex désigne l'exponentielle réelle de x et eiy la notation du paragraphe 4.
Remarque
Cette définition est cohérente avec les deux notations déjà en service, ce qu'il faut vérifier avant de l'accepter.
Si z est réel, alors y=0, donc ez=ex(cos0+isin0)=ex : on retrouve l'exponentielle réelle.
Si z est imaginaire pur, alors x=0, donc ez=e0eiy=eiy : on retrouve la notation du paragraphe 4.
Il n'y a donc aucune ambiguïté à écrire ez pour un complexe quelconque.
Propriété
Soient z=x+iy et z′ des complexes.
- ez+z′=ezez′.
- ez=0, et ez1=e−z.
- ∣ez∣=eRe(z)=ex et arg(ez)≡Im(z)≡y [2π].
- ez=ez.
Démonstration. Écrivons z=x+iy et z′=x′+iy′ sous forme algébrique.
Point 1. Comme z+z′=(x+x′)+i(y+y′), la définition donne, en utilisant la propriété de l'exponentielle réelle puis la propriété fondamentale du paragraphe 4 :
ez+z′=ex+x′ei(y+y′)=exex′eiyeiy′=(exeiy)(ex′eiy′)=ezez′.Point 3. Le réel ex est strictement positif et eiy∈U : l'écriture ez=exeiy est donc une forme trigonométrique, ce qui donne directement ∣ez∣=ex et arg(ez)≡y [2π].
Point 2. D'après le point 3, ∣ez∣=ex=0, donc ez=0. Ensuite, le point 1 appliqué à z et −z donne eze−z=e0=1, donc e−z est l'inverse de ez.
Point 4. Comme ex est réel, ez=exeiy=exeiy=exe−iy, et ce dernier nombre est par définition ex−iy=ez. □
Remarque
Le point 2 mérite d'être souligné : l'exponentielle complexe ne s'annule jamais, exactement comme l'exponentielle réelle. En revanche, une propriété essentielle est perdue : elle n'est pas injective, comme le montre le résultat suivant. C'est pourquoi il n'existe pas de « logarithme complexe » défini sur C∗ de façon naturelle, question qui dépasse le programme.
Autre différence à ne pas oublier : ez n'est pas un réel positif en général, et l'inégalité ez>0 n'a aucun sens. Ce qui est positif, c'est son module eRe(z).
Propriété
Soient z, z′ des complexes.
- ez=1⟺z∈2iπZ, c'est-à-dire s'il existe k∈Z tel que z=2ikπ.
- ez=ez′⟺z−z′∈2iπZ.
- Périodicité : pour tout z∈C, ez+2iπ=ez.
Démonstration.
Point 1. Écrivons z=x+iy. Comme deux complexes égaux ont même module, l'égalité ez=1 entraîne ∣ez∣=1, c'est-à-dire ex=1, c'est-à-dire x=0 par stricte croissance de l'exponentielle réelle. Réciproquement, si x=0, alors ez=eiy. L'équation devient donc eiy=1, qui équivaut à y≡0 [2π], c'est-à-dire à l'existence de k∈Z tel que y=2kπ. Finalement ez=1 équivaut à z=0+i(2kπ)=2ikπ pour un certain k∈Z.
Point 2. Comme ez′=0, on peut diviser :
ez=ez′⟺ez′ez=1⟺ez−z′=1⟺z−z′∈2iπZ,en utilisant le point 2 de la propriété précédente puis le point 1 ci-dessus.
Point 3. ez+2iπ=eze2iπ=ez×1=ez. □
Méthode
Résoudre ez=a, avec a∈C∗.
- Vérifier que a=0 : si a=0, il n'y a aucune solution, puisque l'exponentielle ne s'annule pas.
- Mettre a sous forme trigonométrique : a=ρeiα avec ρ=∣a∣>0.
- Écrire l'inconnue sous forme algébrique, z=x+iy, de sorte que ez=exeiy est une forme trigonométrique.
- Identifier module et argument : ex=ρ donne x=lnρ (l'exponentielle réelle est une bijection de R sur R+∗), et y≡α [2π].
- Conclure : l'ensemble des solutions est {ln∣a∣+i(α+2kπ):k∈Z}. Il y en a une infinité, et non une seule.
L'erreur type consiste à s'arrêter à une solution particulière : l'exponentielle complexe n'étant pas injective, l'équation en a toujours une infinité.
Exemple
Résolvons ez=−1+i3 d'inconnue z∈C.
Forme trigonométrique du second membre. Son module vaut 1+3=2, et
−1+i3=2(−21+i23).On cherche α tel que cosα=−21 et sinα=23 : c'est α=32π. Donc le second membre vaut 2e2iπ/3.
Résolution. Posons z=x+iy avec x, y réels. Alors ez=exeiy avec ex>0 : c'est une forme trigonométrique. Par unicité de la forme trigonométrique,
ez=2e2iπ/3⟺⎩⎨⎧ex=2y≡32π [2π]⟺⎩⎨⎧x=ln2∃k∈Z,y=32π+2kπ.Conclusion. L'ensemble des solutions est
{ln2+i(32π+2kπ):k∈Z}.Contrôle pour k=0 : eln2+2iπ/3=eln2e2iπ/3=2(−21+i23)=−1+i3. C'est bien le second membre.
Équations du second degré et racines carrées
Racines carrées d'un nombre complexe
Définition
Soit a∈C. On appelle racine carrée de a tout complexe z tel que z2=a.
Remarque
Il n'y a pas de notation a pour un complexe. Dans R, un réel positif a deux racines carrées opposées et l'on convient d'appeler a la positive : la convention repose sur l'ordre. Dans C, il n'y a pas d'ordre, donc aucun moyen de privilégier l'une des deux racines. Écrire −4 ou i est donc interdit : on dit « une racine carrée de −4 », et on la nomme, par exemple δ=2i.
Cette interdiction n'est pas de la pédanterie. La règle ab=ab, si on l'appliquait aux complexes, donnerait −1=i2=−1−1=(−1)(−1)=1=1.
Propriété
Théorème. Tout complexe a non nul admet exactement deux racines carrées, et elles sont opposées. Le complexe 0 admet une unique racine carrée, à savoir 0.
Démonstration. Cas a=0. L'équation z2=0 équivaut à z×z=0, donc à z=0 puisqu'un produit de complexes est nul si et seulement si l'un des facteurs l'est.
Cas a=0 : existence. Écrivons a sous forme trigonométrique, a=ρeiα avec ρ>0, ce qui est possible car a=0. Posons
z0=ρeiα/2,où ρ désigne cette fois la racine carrée du réel strictement positif ρ, qui est parfaitement définie. Alors, par la formule de Moivre,
z02=(ρ)2(eiα/2)2=ρeiα=a.Donc z0 est une racine carrée de a, et −z0 en est une autre puisque (−z0)2=z02=a. Comme a=0, on a z0=0, donc z0=−z0 : cela fait bien deux racines distinctes.
Cas a=0 : il n'y en a pas d'autres. Soit z une racine carrée quelconque de a. Alors z2=z02, donc
0=z2−z02=(z−z0)(z+z0).Un produit de complexes étant nul si et seulement si l'un des facteurs est nul, on obtient z=z0 ou z=−z0. □
Méthode
Méthode algébrique : calculer les racines carrées de a=α+iβ (avec α, β réels non tous nuls). On cherche z=x+iy avec x, y réels tels que z2=a. Le système à écrire comporte trois équations, dont la troisième est le coup de pouce décisif :
- x2−y2=α (parties réelles de z2=a) ;
- 2xy=β (parties imaginaires) ;
- x2+y2=∣a∣=α2+β2 (modules : de z2=a on tire ∣z∣2=∣a∣).
En additionnant 1 et 3 on obtient x2, en soustrayant on obtient y2 ; les deux quantités trouvées sont positives, ce qui donne x et y au signe près. L'équation 2 sert alors uniquement à apparier les signes : si β>0, x et y sont de même signe ; si β<0, de signes contraires.
L'oubli de l'équation 3 mène à un système du second degré inextricable ; l'oubli de l'équation 2 fait trouver quatre solutions au lieu de deux.
Exemple
Calculons les racines carrées de a=3−4i.
Son module vaut ∣a∣=9+16=5. Cherchons z=x+iy tel que z2=a. Le système s'écrit
x2−y2=3,2xy=−4,x2+y2=5.En additionnant la première et la troisième équation : 2x2=8, donc x2=4 et x=±2. En les soustrayant : 2y2=2, donc y2=1 et y=±1. Enfin 2xy=−4<0 impose que x et y soient de signes contraires. Les deux racines carrées de 3−4i sont donc
z1=2−ietz2=−2+i.Contrôle : (2−i)2=4−4i+i2=4−4i−1=3−4i. C'est bien a.
Méthode
Méthode trigonométrique, à préférer lorsque la forme trigonométrique de a est connue ou facile à obtenir. Si a=ρeiα avec ρ>0, les deux racines carrées de a sont
ρeiα/2et−ρeiα/2=ρei(α/2+π).Cette méthode donne le résultat sous forme trigonométrique ; la méthode algébrique le donne sous forme algébrique. On choisit selon ce que l'on veut en faire.
Exemple
Calculons les racines carrées de a=−1+i3 par les deux méthodes.
Voie trigonométrique. On a vu au paragraphe 6 que a=2e2iπ/3. Les racines carrées sont donc ±2eiπ/3, c'est-à-dire
±2(21+i23)=±(22+i26).Voie algébrique. Le système est x2−y2=−1, 2xy=3, x2+y2=2. Par somme et différence, x2=21 et y2=23, donc x=±22 et y=±26 (car 3/2=26), avec 2xy=3>0, donc x et y de même signe. On retrouve exactement les deux mêmes nombres.
Contrôle : (22+i26)2=42+2×22×i26−46=21−23+i212=−1+i3.
L'équation du second degré
Propriété
Théorème. Soient a, b, c des complexes avec a=0, et soit Δ=b2−4ac le discriminant de l'équation
az2+bz+c=0(E).Soit δ une racine carrée de Δ dans C.
- Si Δ=0, l'équation (E) admet exactement deux solutions distinctes
- Si Δ=0, l'équation (E) admet une unique solution z0=2a−b, dite racine double.
Dans tous les cas, on a la factorisation
az2+bz+c=a(z−z1)(z−z2),avec z1=z2=z0 dans le cas Δ=0.
Démonstration. Comme a=0, on peut factoriser par a et écrire la forme canonique. Pour tout z∈C,
az2+bz+c=a(z2+abz+ac)=a((z+2ab)2−4a2b2+ac)=a((z+2ab)2−4a2b2−4ac)=a((z+2ab)2−(2aδ)2),où l'on a utilisé δ2=Δ à la dernière ligne. La différence de deux carrés se factorise :
az2+bz+c=a(z+2ab−2aδ)(z+2ab+2aδ)=a(z−2a−b+δ)(z−2a−b−δ).C'est la factorisation annoncée, avec z1 et z2 comme dans l'énoncé.
Comme a=0, un produit de complexes étant nul si et seulement si l'un des facteurs est nul, l'équation (E) équivaut à z=z1 ou z=z2.
Il reste à compter les solutions. On a
z1−z2=2a(−b+δ)−(−b−δ)=aδ.Si Δ=0, alors δ=0 (car δ2=Δ), donc z1=z2 : il y a deux solutions distinctes. Si Δ=0, alors δ=0 et z1=z2=2a−b : il y a une solution unique. □
Remarque
Deux différences majeures avec le cas réel du lycée. D'une part, il n'y a jamais « pas de solution » : tout complexe ayant des racines carrées, l'équation en a toujours une ou deux. D'autre part, le signe de Δ ne veut rien dire lorsque Δ n'est pas réel ; la seule distinction pertinente est Δ=0 ou Δ=0.
Le choix de δ parmi les deux racines carrées de Δ est sans importance : changer δ en −δ échange z1 et z2.
Exemple
Résolvons z2−(3+i)z+2+2i=0 d'inconnue z∈C.
Discriminant. Avec a=1, b=−(3+i) et c=2+2i,
Δ=(3+i)2−4(2+2i)=(9+6i+i2)−8−8i=(8+6i)−8−8i=−2i.Racines carrées de Δ. Cherchons δ=x+iy tel que δ2=−2i. Le système est x2−y2=0, 2xy=−2, x2+y2=∣−2i∣=2. Par somme et différence, x2=1 et y2=1, et 2xy=−2<0 impose des signes contraires : on peut prendre δ=1−i. Contrôle : (1−i)2=1−2i+i2=−2i.
Solutions. Elles valent
z1=2(3+i)+(1−i)=24=2,z2=2(3+i)−(1−i)=22+2i=1+i.Contrôle. La somme des solutions doit valoir −ab=3+i : or 2+(1+i)=3+i. Le produit doit valoir ac=2+2i : or 2(1+i)=2+2i. Les deux vérifications sont correctes.
Somme et produit des racines
Propriété
Soient a, b, c des complexes avec a=0, et z1, z2 les solutions de az2+bz+c=0 (comptées deux fois si la racine est double). Alors
z1+z2=−ab,z1z2=ac.Réciproquement, soient s et p deux complexes. Les couples (z1,z2) de complexes vérifiant z1+z2=s et z1z2=p sont exactement les couples formés des deux solutions de l'équation
z2−sz+p=0.Démonstration. Sens direct. Avec les notations du théorème, et δ une racine carrée de Δ,
z1+z2=2a(−b+δ)+(−b−δ)=2a−2b=−ab, z1z2=4a2(−b+δ)(−b−δ)=4a2b2−δ2=4a2b2−Δ=4a2b2−(b2−4ac)=4a24ac=ac.Réciproque. Supposons z1+z2=s et z1z2=p. Alors, pour tout z∈C,
(z−z1)(z−z2)=z2−(z1+z2)z+z1z2=z2−sz+p,donc z1 et z2 sont bien les solutions de z2−sz+p=0. Inversement, si z1 et z2 sont les solutions de cette équation, le sens direct appliqué à a=1, b=−s, c=p donne z1+z2=s et z1z2=p. □
Méthode
Résoudre un système somme-produit. Pour trouver deux complexes de somme s et de produit p donnés, on ne substitue pas : on écrit directement l'équation z2−sz+p=0, on la résout, et les deux solutions forment le couple cherché (à l'ordre près). Le système a donc toujours des solutions dans C, contrairement au cas réel.
Exemple
Trouvons les complexes z1 et z2 de somme s=3+i et de produit p=2+2i.
Ils sont les solutions de z2−(3+i)z+2+2i=0, équation résolue plus haut : ce sont 2 et 1+i.
Contrôle direct : 2+(1+i)=3+i et 2×(1+i)=2+2i.
Le cas des coefficients réels
Propriété
Soient a, b, c des réels avec a=0, et Δ=b2−4ac, qui est alors un réel.
- Si Δ>0, l'équation az2+bz+c=0 a deux solutions réelles distinctes 2a−b±Δ.
- Si Δ=0, elle a une unique solution, le réel 2a−b.
- Si Δ<0, elle a deux solutions non réelles et conjuguées l'une de l'autre :
Démonstration. Les cas 1 et 2 sont ceux du lycée : lorsque Δ⩾0, le réel Δ est une racine carrée de Δ dans C, et le théorème s'applique avec δ=Δ.
Supposons Δ<0. Alors −Δ>0, le réel −Δ est bien défini, et le complexe δ=i−Δ vérifie
δ2=i2(−Δ)2=−(−Δ)=Δ.C'est donc une racine carrée de Δ, et le théorème donne les deux solutions annoncées. Comme a, b et −Δ sont réels, la conjugaison de z1 donne
z1=2a−b+i−Δ=2a−b−i−Δ=z2.Enfin −Δ=0, donc la partie imaginaire 2a−Δ de z1 est non nulle : les solutions ne sont pas réelles. □
Remarque
Le résultat se généralise : si a, b, c sont réels et si z0 est solution de az2+bz+c=0, alors z0 l'est aussi. Il suffit de conjuguer l'égalité az02+bz0+c=0 et d'utiliser que la conjugaison traverse les opérations et laisse fixes les réels :
0=0=az02+bz0+c=az02+bz0+c.Les racines non réelles d'une équation à coefficients réels vont donc par paires conjuguées. C'est faux dès qu'un coefficient n'est pas réel : dans l'exemple traité plus haut, les racines 2 et 1+i ne sont pas conjuguées, ce qui est cohérent puisque les coefficients ne sont pas tous réels.
Racines n-ièmes
Racines n-ièmes de l'unité
Définition
Soit n∈N∗. On appelle racine n-ième de l'unité tout complexe z tel que zn=1. L'ensemble de ces nombres est noté
Un={z∈C:zn=1}.Propriété
Théorème. Soit n∈N∗. L'ensemble Un possède exactement n éléments, à savoir
Un={e2ikπ/n:k∈{0,1,…,n−1}}.En posant ω=e2iπ/n, on a aussi Un={1,ω,ω2,…,ωn−1}.
Démonstration. Première étape : une racine n-ième de l'unité est de module 1. Soit z tel que zn=1. En passant aux modules, ∣z∣n=1. Or ∣z∣ est un réel positif, et la fonction t↦tn est strictement croissante sur R+ : elle prend donc la valeur 1 pour une seule valeur positive de t, à savoir t=1. Donc ∣z∣=1, et il existe un réel θ tel que z=eiθ.
Deuxième étape : traduction de l'équation. Pour z=eiθ, la formule de Moivre donne zn=einθ, donc
zn=1⟺einθ=1⟺nθ≡0 [2π]⟺∃k∈Z,nθ=2kπ⟺∃k∈Z,θ=n2kπ.Les racines n-ièmes de l'unité sont donc exactement les nombres e2ikπ/n pour k∈Z.
Troisième étape : se ramener à k∈{0,…,n−1}. Soit k∈Z, et soit k=qn+r sa division euclidienne par n, avec q∈Z et 0⩽r⩽n−1. Alors
e2ikπ/n=e2i(qn+r)π/n=e2iqπe2irπ/n=e2irπ/n,car e2iqπ=1. Toute racine n-ième de l'unité est donc de la forme e2irπ/n avec 0⩽r⩽n−1.
Quatrième étape : ces n nombres sont deux à deux distincts. Soient k et k′ dans {0,…,n−1} tels que e2ikπ/n=e2ik′π/n. Alors n2kπ≡n2k′π [2π], donc il existe m∈Z tel que n2(k−k′)π=2mπ, c'est-à-dire k−k′=mn. Or, puisque 0⩽k⩽n−1 et 0⩽k′⩽n−1, on a ∣k−k′∣⩽n−1<n, ce qui impose ∣m∣n<n, donc m=0 et k=k′.
Enfin, e2ikπ/n=(e2iπ/n)k=ωk par la formule de Moivre, d'où la seconde écriture. □
Propriété
Soit n∈N∗.
- Un⊂U : toute racine n-ième de l'unité est de module 1.
- Un est stable par produit et par passage à l'inverse : si z,z′∈Un, alors zz′∈Un et z1∈Un. Il est aussi stable par conjugaison.
- Si n⩾2, la somme des racines n-ièmes de l'unité est nulle :
- Le produit des racines n-ièmes de l'unité vaut k=0∏n−1ωk=(−1)n−1.
Démonstration.
Point 1. C'est la première étape de la démonstration précédente.
Point 2. Si zn=1 et z′n=1, alors (zz′)n=znz′n=1, donc zz′∈Un. De plus z=0 (car zn=1=0) et (z1)n=zn1=1. Enfin, en conjuguant zn=1, on obtient zn=1.
Point 3. Supposons n⩾2. Alors ω=e2iπ/n=1 : en effet, n2π appartient à ]0,2π[, donc n'est pas congru à 0 modulo 2π. La somme est géométrique de raison ω=1, donc
k=0∑n−1ωk=1−ω1−ωn=1−ω1−1=0,puisque ωn=1.
Point 4. En utilisant ωk=(e2iπ/n)k et la propriété fondamentale de l'exponentielle,
k=0∏n−1ωk=ω0+1+⋯+(n−1)=ω2n(n−1)=en2iπ×2n(n−1)=eiπ(n−1)=(eiπ)n−1=(−1)n−1.□Remarque
Le point 3 est un résultat que l'on utilise sans cesse, et il vaut la peine de le retenir sous sa forme la plus parlante : la somme des sommets d'un polygone régulier centré en O est nulle. En prenant les parties réelle et imaginaire, on obtient gratuitement deux identités trigonométriques :
k=0∑n−1cos(n2kπ)=0etk=0∑n−1sin(n2kπ)=0(n⩾2).Exemple
Les petits cas. Pour n=2 : U2={1,−1}, et leur somme est bien nulle.
Pour n=4 : ω=eiπ/2=i, donc U4={1,i,−1,−i}. Somme : 1+i−1−i=0. Produit : 1×i×(−1)×(−i)=i×i=−1, ce qui est bien (−1)4−1=−1.
Pour n=3 : U3={1,j,j2} où, conformément à la notation usuelle,
j=e2iπ/3=cos(32π)+isin(32π)=−21+i23.Propriété
Le nombre j=e2iπ/3 vérifie
j3=1,1+j+j2=0,j=j2=j1=−21−i23,∣j∣=1.Démonstration. Par la formule de Moivre, j3=e3×2iπ/3=e2iπ=1, et ∣j∣=e2iπ/3=1. La relation 1+j+j2=0 est le point 3 de la propriété précédente pour n=3.
Comme ∣j∣=1, on a j=j1. Et de j3=1 on tire j×j2=1, donc j1=j2. Enfin
j2=e4iπ/3=cos(34π)+isin(34π)=−21−i23,ce qui est bien le conjugué de j. □
Remarque
La relation 1+j+j2=0 se réécrit j2=−1−j : elle permet d'abaisser toute puissance de j et de simplifier n'importe quelle expression polynomiale en j. Combinée à j3=1, elle rend le calcul avec j entièrement mécanique, par exemple j100=j3×33+1=j.
Racines n-ièmes d'un complexe non nul
Propriété
Théorème. Soient n∈N∗ et a∈C∗, d'écriture trigonométrique a=ρeiα avec ρ>0. L'équation zn=a admet exactement n solutions dans C, à savoir
zk=ρ1/nei(nα+n2kπ),k∈{0,1,…,n−1},où ρ1/n désigne l'unique réel strictement positif dont la puissance n-ième vaut ρ.
Autrement dit, si z0 est une solution particulière, l'ensemble des solutions est {z0u:u∈Un}.
Démonstration. Posons z0=ρ1/neiα/n. Par la formule de Moivre,
z0n=(ρ1/n)n(eiα/n)n=ρeiα=a,donc z0 est bien une solution ; en particulier z0=0 puisque a=0.
Soit maintenant z∈C. Comme z0=0, on peut écrire
zn=a⟺zn=z0n⟺(z0z)n=1⟺z0z∈Un⟺∃k∈{0,…,n−1},z0z=e2ikπ/n.Les solutions sont donc exactement les z0e2ikπ/n pour k∈{0,…,n−1}, ce qui est la liste annoncée. Elles sont deux à deux distinctes : si z0u=z0u′ avec u,u′∈Un, alors u=u′ puisque z0=0, et les n éléments de Un sont distincts. Il y a donc exactement n solutions. □
Remarque
Interprétation géométrique. Les n solutions ont toutes le même module ρ1/n : leurs images sont donc sur un même cercle de centre O. Leurs arguments se déduisent les uns des autres par addition de n2π : les points sont régulièrement espacés sur ce cercle. Les images des racines n-ièmes de a sont donc les n sommets d'un polygone régulier à n côtés, inscrit dans le cercle de centre O et de rayon ρ1/n.
Conséquence pratique : une fois une racine trouvée, les autres s'obtiennent en multipliant successivement par ω=e2iπ/n, c'est-à-dire en faisant tourner de n2π. Il est inutile de recommencer le calcul n fois.
Méthode
Résoudre zn=a.
- Si a=0 : l'unique solution est z=0.
- Sinon, mettre a sous forme trigonométrique a=ρeiα, avec ρ>0 (vérifier le signe du facteur).
- Écrire une solution particulière z0=ρ1/neiα/n.
- Multiplier par les n racines n-ièmes de l'unité, ou de façon équivalente écrire zk=ρ1/nei(α+2kπ)/n pour k variant de 0 à n−1.
- Si l'énoncé le demande, repasser en forme algébrique.
Le contrôle qui ne trompe pas : on doit trouver exactement n solutions, et leur somme doit être nulle dès que n⩾2 (car ∑kz0ωk=z0∑kωk=0).
Exemple
Résolvons z3=−8i d'inconnue z∈C.
Forme trigonométrique du second membre. On a ∣−8i∣=8 et −8i=8×(−i)=8e−iπ/2, puisque e−iπ/2=cos(−2π)+isin(−2π)=−i.
Solutions. Comme 81/3=2, les trois solutions sont
zk=2ei(−6π+32kπ),k∈{0,1,2}.Explicitement :
z0=2e−iπ/6=2(23−21i)=3−i,z1=2ei(−6π+32π)=2eiπ/2=2i,z2=2ei(−6π+34π)=2e7iπ/6=2(−23−21i)=−3−i.Contrôles. Il y a bien trois solutions. Leur somme vaut (3−i)+2i+(−3−i)=0, comme attendu. Vérification directe sur z1 : (2i)3=8i3=−8i. Vérification sur z0 : (2e−iπ/6)3=8e−iπ/2=−8i.
Géométriquement, les trois points obtenus sont les sommets d'un triangle équilatéral inscrit dans le cercle de centre O et de rayon 2.
Interprétation géométrique et transformations
Dans tout ce paragraphe, le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,e1,e2), et les points sont notés par des majuscules, leur affixe par la minuscule correspondante : A a pour affixe a, M a pour affixe z, etc. Les notions d'affixe, de distance et de milieu ont été introduites au paragraphe 3.
Colinéarité et orthogonalité
Propriété
Soient u et v deux vecteurs d'affixes respectives u et v, avec u=0. Alors
u et v sont colineˊaires⟺uv∈R,u et v sont orthogonaux⟺uv∈iR.Démonstration. Écrivons u=x+iy et v=x′+iy′, de sorte que u a pour coordonnées (x,y) et v pour coordonnées (x′,y′). Calculons le produit uv :
uv=(x−iy)(x′+iy′)=(xx′+yy′)+i(xy′−x′y).On reconnaît, dans la partie réelle, le produit scalaire u⋅v=xx′+yy′, et dans la partie imaginaire le déterminant xy′−x′y des deux vecteurs. Ainsi
Re(uv)=u⋅v,Im(uv)=det(u,v).Par ailleurs, comme u=0,
uv=uuvu=∣u∣2uv,et ∣u∣2 est un réel strictement positif : les complexes uv et uv sont donc proportionnels par un facteur réel strictement positif, ce qui entraîne que l'un est réel (respectivement imaginaire pur) si et seulement si l'autre l'est.
Il ne reste qu'à traduire les deux critères de géométrie du plan. Les vecteurs sont colinéaires si et seulement si leur déterminant est nul, c'est-à-dire Im(uv)=0, c'est-à-dire uv∈R, c'est-à-dire uv∈R. Ils sont orthogonaux si et seulement si leur produit scalaire est nul, c'est-à-dire Re(uv)=0, c'est-à-dire uv∈iR, c'est-à-dire uv∈iR. □
Propriété
Soient A, B, C, D quatre points d'affixes a, b, c, d, avec A=B et C=D. Alors
(AB)∥(CD)⟺b−ad−c∈R,(AB)⊥(CD)⟺b−ad−c∈iR.En particulier, pour trois points A, B, C avec A=B :
A,B,C aligneˊs⟺b−ac−a∈R.Démonstration. Les vecteurs AB et CD ont pour affixes b−a et d−c, avec b−a=0 puisque A=B. Les droites (AB) et (CD) sont parallèles si et seulement si ces vecteurs sont colinéaires, et perpendiculaires si et seulement s'ils sont orthogonaux : la propriété précédente s'applique. Pour l'alignement, on applique cette même propriété aux vecteurs AB et AC, d'affixes b−a et c−a : les points A, B, C sont alignés si et seulement si ces deux vecteurs sont colinéaires, c'est-à-dire si et seulement si b−ac−a∈R. □
Angles orientés
Propriété
Soient u et v deux vecteurs non nuls, d'affixes u et v. Alors
(u,v)≡arg(uv) [2π].En particulier, pour trois points distincts A, B, C,
(AB,AC)≡arg(b−ac−a) [2π].Démonstration. Écrivons les formes trigonométriques u=reiθ et v=r′eiθ′ avec r>0 et r′>0. Le vecteur u a pour coordonnées (rcosθ,rsinθ) : le réel θ est donc une mesure de l'angle orienté (e1,u), et de même θ′ est une mesure de (e1,v). Par la relation de Chasles sur les angles orientés,
(u,v)≡(e1,v)−(e1,u)≡θ′−θ [2π].Or uv=rr′ei(θ′−θ) avec rr′>0 : c'est une forme trigonométrique, donc arg(uv)≡θ′−θ [2π]. □
Remarque
Cette propriété unifie tout ce qui précède. Le quotient b−ac−a contient toute l'information sur la position relative des trois points : son module est le rapport des longueurs ABAC, son argument est l'angle en A. On en déduit d'un coup les caractérisations suivantes, pour A, B, C deux à deux distincts :
- A, B, C alignés ⟺b−ac−a∈R⟺arg(b−ac−a)≡0 [π] ;
- triangle rectangle en A ⟺b−ac−a∈iR⟺arg(b−ac−a)≡2π [π] ;
- triangle isocèle en A ⟺AB=AC⟺∣c−a∣=∣b−a∣⟺b−ac−a=1 ;
- triangle rectangle isocèle en A ⟺b−ac−a=i ou b−ac−a=−i ;
- triangle équilatéral ⟺b−ac−a=eiπ/3 ou b−ac−a=e−iπ/3, selon le sens de parcours.
Exemple
Soient A, B, C les points d'affixes a=1, b=3+2i et c=−1+2i. Déterminons la nature du triangle ABC.
Calculons le quotient caractéristique :
b−ac−a=2+2i−2+2i=1+i−1+i=(1+i)(1−i)(−1+i)(1−i)=2−1+i+i−i2=22i=i.Le quotient vaut i : il est imaginaire pur, donc le triangle est rectangle en A ; et son module vaut 1, donc AC=AB et le triangle est isocèle en A. Le triangle ABC est donc rectangle isocèle en A, et l'angle orienté (AB,AC) mesure 2π.
Contrôle par les longueurs : AB=∣3+2i−1∣=∣2+2i∣=22 et AC=∣−1+2i−1∣=∣−2+2i∣=22, donc le triangle est bien isocèle en A. Et BC=∣−1+2i−3−2i∣=∣−4∣=4, avec AB2+AC2=8+8=16=BC2 : le théorème de Pythagore confirme l'angle droit en A.
Ensembles de points classiques
Méthode
Déterminer un ensemble de points défini par une condition sur z. Deux voies, à choisir selon la forme de la condition.
- Reconnaître une écriture géométrique. Si la condition ne fait intervenir que des modules et des différences, la traduire directement : ∣z−a∣ est la distance AM, z−bz−a un rapport de distances, arg(z−a) une direction. C'est presque toujours la voie la plus rapide.
- Passer en coordonnées. Poser z=x+iy avec x, y réels, traduire la condition en une équation en x et y, et reconnaître une équation de droite ou de cercle. Voie systématique, mais plus longue.
Dans les deux cas, penser à vérifier les valeurs interdites (dénominateur nul) et à conclure par une phrase nommant l'objet obtenu, avec son centre, son rayon ou ses points caractéristiques.
Propriété
Soient A et B deux points distincts d'affixes a et b, r un réel strictement positif et k un réel. Dans le plan complexe, l'ensemble des points M d'affixe z tels que :
- ∣z−a∣=r est le cercle de centre A et de rayon r ;
- ∣z−a∣=∣z−b∣ est la médiatrice du segment [AB] ;
- Re(z)=k est la droite verticale d'équation x=k, parallèle à l'axe des ordonnées ;
- Im(z)=k est la droite horizontale d'équation y=k.
Démonstration. Le premier point a été établi au paragraphe 3. Pour le deuxième, la condition ∣z−a∣=∣z−b∣ s'écrit AM=BM, et la médiatrice de [AB] est précisément l'ensemble des points équidistants de A et de B. Pour les deux derniers, si z=x+iy est l'écriture algébrique de l'affixe de M, alors M a pour coordonnées (x,y), et Re(z)=k signifie x=k, équation de la droite parallèle à l'axe des ordonnées passant par le point de coordonnées (k,0) ; de même pour Im(z)=k. □
Exemple
Déterminons l'ensemble E des points M d'affixe z tels que ∣z−1∣=∣z+i∣.
Voie géométrique. La condition s'écrit ∣z−1∣=∣z−(−i)∣, c'est-à-dire AM=BM avec A d'affixe 1 et B d'affixe −i. Donc E est la médiatrice du segment [AB], où A a pour coordonnées (1,0) et B pour coordonnées (0,−1).
Voie algébrique, comme contrôle. Posons z=x+iy. Alors
∣z−1∣2=(x−1)2+y2et∣z+i∣2=x2+(y+1)2.Les deux modules sont positifs, donc l'égalité des modules équivaut à celle des carrés :
(x−1)2+y2=x2+(y+1)2⟺x2−2x+1+y2=x2+y2+2y+1⟺−2x=2y⟺y=−x.E est donc la droite d'équation y=−x. C'est cohérent : cette droite passe par le milieu de [AB], de coordonnées (21,−21), et elle est orthogonale à AB : ce vecteur a pour coordonnées (−1,−1), la droite a pour vecteur directeur (1,−1), et leur produit scalaire vaut (−1)×1+(−1)×(−1)=0.
Transformations du plan
Avertissement de notation : dans tout ce paragraphe, la lettre ω désigne l'affixe du centre Ω d'une transformation, et non la racine n-ième de l'unité e2iπ/n du paragraphe 8. Les deux usages sont classiques, ils ne se rencontrent jamais dans le même calcul.
Propriété
Soit ω∈C et soit Ω le point d'affixe ω. Dans le plan complexe, en notant z l'affixe du point M et z′ celle de son image M′ :
- la translation de vecteur u d'affixe b s'écrit z′=z+b ;
- l'homothétie de centre Ω et de rapport k réel non nul s'écrit z′−ω=k(z−ω) ;
- la rotation de centre Ω et d'angle θ s'écrit z′−ω=eiθ(z−ω).
Démonstration.
Point 1. M′ est l'image de M par la translation de vecteur u si et seulement si MM′=u, ce qui, en passant aux affixes, s'écrit z′−z=b.
Point 2. M′ est l'image de M par l'homothétie de centre Ω et de rapport k si et seulement si ΩM′=kΩM. Les affixes de ces deux vecteurs sont z′−ω et z−ω, et k est réel : la relation entre vecteurs équivaut donc à z′−ω=k(z−ω).
Point 3. Traitons d'abord le cas M=Ω. La rotation de centre Ω laisse Ω fixe, donc z′=ω, et la formule proposée donne bien z′−ω=eiθ×0=0.
Supposons maintenant M=Ω, et écrivons z−ω=reiα avec r=ΩM>0. Par définition, M′ est l'image de M par la rotation de centre Ω et d'angle θ si et seulement si
ΩM′=ΩMet(ΩM,ΩM′)≡θ [2π].La première condition s'écrit ∣z′−ω∣=r, et la seconde, d'après la propriété des angles orientés, arg(z−ωz′−ω)≡θ [2π]. Réunies, elles équivalent à dire que z′−ω a pour module r et pour argument α+θ, c'est-à-dire
z′−ω=rei(α+θ)=reiαeiθ=eiθ(z−ω).□Remarque
Composée d'une homothétie et d'une rotation de même centre. Si l'on applique successivement, dans un ordre quelconque, l'homothétie de centre Ω et de rapport k>0 et la rotation de centre Ω et d'angle θ, on obtient la transformation d'écriture complexe
z′−ω=keiθ(z−ω).Les deux transformations commutent, ce qui se lit immédiatement sur cette écriture : k et eiθ sont deux complexes, et leur produit ne dépend pas de l'ordre des facteurs.
Étude de z↦az+b
Remarque
L'étude générale des transformations du plan de la forme z↦az+b, que l'on appelle similitudes directes, est hors programme en PCSI. Il n'y a donc ni classification à connaître, ni théorème général à citer. Ce qui est attendu, et qui suffit, est une étude au cas par cas : chercher le point fixe, factoriser, et reconnaître la transformation obtenue parmi les trois du paragraphe précédent.
Méthode
Étudier la transformation f:z↦az+b, avec a=0.
- Cas a=1. L'écriture est z′=z+b : c'est la translation de vecteur d'affixe b (l'identité si b=0). Il n'y a pas de point fixe si b=0.
- Cas a=1. Chercher le point fixe, c'est-à-dire résoudre ω=aω+b. Cette équation s'écrit ω(1−a)=b, et comme a=1 elle a une solution unique
- Soustraire membre à membre : de z′=az+b et ω=aω+b on tire
- Lire a. Si a est réel, c'est l'homothétie de centre Ω et de rapport a. Si ∣a∣=1, c'est la rotation de centre Ω et d'angle arg(a). Sinon, c'est la composée de l'homothétie de centre Ω et de rapport ∣a∣ et de la rotation de centre Ω et d'angle arg(a).
Le point 3 est le cœur de la méthode : c'est la soustraction de l'égalité du point fixe qui fait disparaître b et révèle la structure de la transformation.
Exemple
Étudions la transformation f qui, au point M d'affixe z, associe le point M′ d'affixe z′=(1+i)z+2.
Point fixe. Ici a=1+i=1, donc il existe un unique point fixe, d'affixe
ω=1−(1+i)2=−i2=−i×i2×i=12i=2i.Contrôle : (1+i)×2i+2=2i+2i2+2=2i−2+2=2i. Le point Ω d'affixe 2i est bien fixe.
Factorisation. En soustrayant ω=(1+i)ω+2 de z′=(1+i)z+2, il vient
z′−2i=(1+i)(z−2i).Lecture. Le module et l'argument de a=1+i ont été calculés au paragraphe 5 : ∣a∣=2 et arg(a)≡4π [2π], soit a=2eiπ/4. On peut donc écrire
z′−2i=2eiπ/4(z−2i).La transformation f est la composée, dans un ordre indifférent, de la rotation de centre Ω (d'affixe 2i) et d'angle 4π, et de l'homothétie de centre Ω et de rapport 2.
Contrôle sur un point. L'image de O, d'affixe 0, est le point d'affixe 2. Vérifions les deux lectures : ΩO=∣0−2i∣=2 et ΩM′=∣2−2i∣=22, dont le rapport vaut bien 2 ; et
0−2i2−2i=−2i2−2i=−2i×i(2−2i)×i=22i+2=1+i,dont un argument est 4π : l'angle est bien celui annoncé.
Méthodes à retenir
Choisir la bonne écriture
Le premier réflexe, devant n'importe quel calcul de ce chapitre, est de choisir l'écriture adaptée. Le tableau suivant résume la règle.
| Situation | Écriture à choisir | Pourquoi |
|---|---|---|
| Somme, différence | algébrique z=x+iy | l'addition se fait coordonnée par coordonnée |
| Partie réelle, partie imaginaire | algébrique | elles se lisent directement |
| Produit, quotient | trigonométrique z=reiθ | les modules se multiplient, les arguments s'ajoutent |
| Puissance zn, racine n-ième | trigonométrique | formule de Moivre |
| Condition « réel », « imaginaire pur » | conjugaison : Z=Z ou Z=−Z | évite la séparation en x et y |
| Condition « module 1 » | z=z1 | supprime tous les dénominateurs |
| Distance, cercle, disque | module d'une différence | la distance AM est le module de z−a |
| Angle, alignement, orthogonalité | argument d'un quotient | arg(b−ac−a) |
| Linéariser cosnθ | Euler puis binôme | fait sortir les puissances |
| Exprimer cos(nθ) | Moivre puis binôme | fait entrer n dans l'angle |
Les réflexes
- Un module apparaît dans une égalité à démontrer : élever au carré et écrire ∣z∣2=zz. Toute la démonstration de l'inégalité triangulaire tient dans ce geste.
- Un quotient de complexes : multiplier par le conjugué du dénominateur, ou passer en forme trigonométrique s'il s'agit d'un produit ou d'une puissance.
- Une expression 1±eiθ ou eia±eib : ne jamais développer, factoriser par l'arc moitié, c'est-à-dire par l'exponentielle de la demi-somme des arguments.
- Une somme ∑cos(kθ) ou ∑sin(kθ) : passer par ∑eikθ, somme géométrique, puis arc moitié, sans oublier de discuter le cas θ≡0 [2π].
- Une équation zn=a : mettre a sous forme trigonométrique, trouver une solution particulière, puis multiplier par les éléments de Un. Vérifier qu'on obtient exactement n solutions.
- Une équation du second degré : discriminant, puis racine carrée du discriminant par la méthode algébrique à trois équations. Contrôler par la somme et le produit des racines.
- Un énoncé contenant ∣z∣=1 : écrire aussitôt z=z1.
- Un énoncé de géométrie avec trois points : calculer b−ac−a et lire son module (rapport de longueurs) et son argument (angle).
- Une transformation z↦az+b : chercher le point fixe, soustraire, factoriser, lire ∣a∣ et arg(a).
- Un calcul long : contrôler sur un cas particulier (θ=0, z=1, z=i, n=1), ou vérifier un ordre de grandeur. Un contrôle coûte dix secondes et rattrape la plupart des erreurs de signe.
Les erreurs à ne jamais commettre
- Écrire une inégalité entre complexes (z⩽z′, « z positif ») : seuls les modules et les parties réelles ou imaginaires se comparent.
- Confondre ∣z∣2 et z2 : la bonne formule est ∣z∣2=zz.
- Lire un module sur une écriture λeiα sans avoir vérifié que λ>0. Le module de −3eiπ/4 est 3, et son argument 45π.
- Écrire z ou −4 : la notation racine carrée n'existe pas dans C. On dit « une racine carrée de −4 », par exemple 2i.
- Passer de eiθ=eiθ′ à θ=θ′ : la conclusion correcte est θ≡θ′ [2π]. Cette faute fait perdre des solutions dans zn=a.
- Écrire arg(z)=θ au lieu de arg(z)≡θ [2π], ou parler de l'argument de 0.
- Oublier le cas θ≡0 [2π] dans une somme géométrique de raison eiθ, ou le cas z=0 dans un raisonnement par forme trigonométrique.
- Oublier l'équation des modules x2+y2=∣a∣ dans le calcul des racines carrées, ou oublier l'appariement des signes par 2xy=β.
- Croire qu'une équation du second degré à coefficients complexes a des racines conjuguées : cela n'est vrai que si les coefficients sont tous réels.
- Sortir un facteur d'un module sans valeur absolue : ∣2z+4i∣=2∣z+2i∣, et non ∣z+4i∣.
- Écrire Re(λz)=λRe(z) avec λ non réel, ou Re(zz′)=Re(z)Re(z′), qui est faux.
- Employer le vocabulaire des structures algébriques à propos de U ou de Un : ce sont des ensembles stables par produit et par passage à l'inverse, et c'est tout ce qu'on en dit à ce stade de l'année.
Les exercices
36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.
Exercice 1 ★★★★ — Calculs sous forme algebrique
Forme algébrique, parties réelle et imaginaire, conjugaison
Mettre un nombre complexe sous forme algébrique, c'est l'écrire a+ib avec a et b réels : tant que la lettre i figure au dénominateur, le travail n'est pas terminé.
-
Écrire sous forme algébrique.
a. (3−2i)+(−1+5i)
b. (2+i)(3−2i)
c. (1+i)2
d. (1−i)3
e. 1+i1
f. 3+i2−i
-
Calculer les puissances suivantes de i.
a. i2026
b. i−15
c. i2026+i2027+i2028+i2029
-
Résoudre dans C les équations suivantes, d'inconnue z.
a. (1+i)z+2−i=3+4i
b. (2+i)z+i=4−2i
-
Soit z=x+iy avec x et y réels. Déterminer les parties réelle et imaginaire de :
a. z2
b. z1, pour z=0
c. z−1z+1, pour z=1
-
En déduire l'ensemble des nombres complexes z=1 tels que z−1z+1 soit réel.
Exercice 2 ★★★★ — Conjugaison et caracterisation des reels
Forme algébrique, parties réelle et imaginaire, conjugaison
On rappelle les deux caractérisations à utiliser sans hésiter :
z∈R⟺z=zetz imaginaire pur⟺z=−z-
Soit z∈C. Exprimer les nombres suivants en fonction de z et de z, sans passer par la forme algébrique.
a. 2z−3i
b. (1+i)z
c. z2+z
d. (1+iz)
e. izz
f. (z1), pour z=0
-
Soit z∈C.
a. Montrer que z+z et zz sont réels.
b. Montrer que z−z est imaginaire pur.
c. Le nombre zz (défini pour z=0) est-il réel pour tout z ? Justifier par une démonstration ou par un contre-exemple.
-
Soit z∈C. Montrer que z2−z2 est imaginaire pur.
-
Soit z=a+ib avec a et b réels.
a. Établir les formules Re(z)=2z+z et Im(z)=2iz−z.
b. En utilisant la première formule, et sans mettre le nombre sous forme algébrique, calculer Re(2−i1).
-
Soit z∈C tel que ∣z∣=1 et z=−1. On pose Z=z+1z−1.
a. Justifier que z=0, puis montrer que z=z1.
b. En déduire que Z est imaginaire pur.
Exercice 3 ★★★★ — Calculs de modules et premieres distances
Module, propriétés et inégalité triangulaireAffixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexe
Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct. On rappelle que pour tous z,z′∈C :
∣z∣2=zz,∣zz′∣=∣z∣∣z′∣,z′z=∣z′∣∣z∣ (z′=0)-
Calculer les modules suivants.
a. ∣3−4i∣
b. ∣1+i∣
c. ∣−2i∣
d. 3−i
e. ∣−5+12i∣
f. 21+23i
-
Calculer les modules suivants sans développer les puissances.
a. (3+4i)2(1+i)5(2−i)
b. (1−i)4(3−4i)3
-
Soient z et z′ deux nombres complexes.
a. En utilisant ∣Z∣2=ZZ, montrer que ∣z+z′∣2=∣z∣2+2Re(zz′)+∣z′∣2.
b. Vérifier cette égalité pour z=1+i et z′=2−i.
-
On considère les points A, B et C d'affixes respectives a=1+2i, b=4+i et c=2+5i.
a. Calculer les longueurs AB, AC et BC.
b. En déduire la nature du triangle ABC, en n'utilisant que ces trois longueurs.
-
Déterminer l'ensemble des points M d'affixe z tels que ∣z−1−2i∣=10, et préciser sa position par rapport aux points B et C de la question précédente.
Exercice 4 ★★★★ — Formes trigonometriques des complexes usuels
Forme trigonométrique, module et argument, congruences modulo 2 pi
Écrire un nombre complexe non nul z sous forme trigonométrique, c'est l'écrire
z=reiθavecr>0etθ∈ROn a alors nécessairement r=∣z∣ et arg(z)≡θ [2π].
-
Mettre les nombres suivants sous forme trigonométrique.
a. 1+i
b. −1+i3
c. −2
d. 3i
e. −3−i
f. 21−2i
-
Les écritures suivantes sont-elles des formes trigonométriques ? Si non, corriger l'écriture, puis donner le module et un argument du nombre concerné.
a. −2eiπ/3
b. 2(cos5π−isin5π)
-
Donner la forme algébrique des nombres suivants.
a. 4e−iπ/6
b. 5eiπ
c. 2e3iπ/4
d. e−iπ/2
e. 3e2iπ
-
En utilisant le résultat de la question 1. a. et les règles sur les arguments, donner la forme trigonométrique de 1+i, de −(1+i) et de 1+i1. Comparer le dernier résultat avec la question 1. f.
Exercice 5 ★★★★ — Passer de la forme algebrique a la forme exponentielle
Forme trigonométrique, module et argument, congruences modulo 2 piComplexes de module 1, cercle trigonométrique et notation exponentielle
On pose
z1=1+ietz2=3+iL'objectif est de calculer deux fois les mêmes quantités, une fois sous forme algébrique et une fois sous forme exponentielle, puis d'en tirer des valeurs de cosinus et de sinus qu'on ne connaît pas encore.
-
Écrire z1 et z2 sous forme exponentielle.
-
Calculer z1z2 et z2z1 sous forme algébrique.
-
Calculer z1z2 et z2z1 sous forme exponentielle.
-
En comparant les deux écritures de z2z1, déterminer les valeurs exactes de cos12π et sin12π.
-
Déterminer de même cos125π et sin125π à partir de z1z2, puis contrôler la cohérence des quatre valeurs obtenues.
-
Résoudre dans R, d'inconnue θ :
a. e3iθ=e−iθ
b. eiθ=21+i
c. eiθ=1+i
Exercice 6 ★★★★ — Formule de Moivre et calculs de puissances
Formules d'Euler et de Moivre, linéarisation, expression de cos(nt)Forme trigonométrique, module et argument, congruences modulo 2 pi
-
Calculer les puissances suivantes en passant par la forme exponentielle, et donner le résultat sous forme algébrique.
a. (1+i)12
b. (21+i3)2026
c. (3−i)6
-
On pose u=21+i3.
a. Montrer que u6=1, puis que 6 est le plus petit entier n⩾1 tel que un=1.
b. En déduire que la suite (un)n∈N est périodique, et qu'elle prend exactement six valeurs distinctes, que l'on précisera.
c. Retrouver la valeur de u2026 par cette méthode.
-
a. Énoncer la formule de Moivre.
b. L'appliquer avec n=2 pour retrouver les expressions de cos(2θ) et sin(2θ).
c. L'appliquer avec n=3 pour exprimer cos(3θ) en fonction de cosθ seulement, et sin(3θ) en fonction de sinθ seulement.
Exercice 7 ★★★★ — Equations du second degre a coefficients reels
Équations du second degré dans C et relations coefficients-racines
On rappelle que pour a,b,c réels avec a=0 et Δ=b2−4ac<0, l'équation az2+bz+c=0 admet dans C exactement deux solutions :
z1=2a−b+i−Δetz2=2a−b−i−Δ-
Résoudre dans C les équations suivantes.
a. z2+z+1=0
b. z2−2z+5=0
c. 2z2−2z+5=0
d. z2+4z+13=0
-
Pour chacune de ces quatre équations, factoriser le membre de gauche, puis vérifier que la somme des racines vaut −ab et que leur produit vaut ac.
-
Résoudre dans C l'équation z4+z2−6=0.
-
a. Soient a, b, c des réels avec a=0, et soit z0∈C une solution de az2+bz+c=0. Montrer que z0 en est également une solution.
b. On sait que 2−i est solution de z2+bz+c=0, où b et c sont réels. Déterminer b et c, puis contrôler le résultat.
Exercice 8 ★★★★ — Racines n-iemes de l unite dans les petits cas
Racines n-ièmes de l'unité
Pour n∈N∗, on note Un={z∈C ; zn=1} l'ensemble des racines n-ièmes de l'unité. On rappelle que
Un={e2ikπ/n ; k∈{0,1,…,n−1}}et que cet ensemble possède exactement n éléments.
-
Déterminer U2, U3, U4 et U6, en donnant chaque élément sous forme exponentielle et sous forme algébrique.
-
Décrire en toutes lettres la disposition des points images de ces ensembles sur le cercle trigonométrique.
-
Vérifier, sur chacun de ces quatre ensembles, que la somme des éléments est nulle. Démontrer ensuite ce résultat pour tout n⩾2.
-
On pose j=e2iπ/3.
a. Donner la forme algébrique de j, puis démontrer que j3=1.
b. Démontrer que 1+j+j2=0.
c. Démontrer que j=j2=j1.
d. En déduire, sans calcul de forme algébrique, la valeur de (1+j)2.
Exercice 9 ★★★★ — Affixes, distances et nature d un triangle
Affixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexeModule, propriétés et inégalité triangulaire
Le plan est muni d'un repère orthonormé direct d'origine O. On considère les points A, B et C d'affixes respectives
a=1+i,b=4+2i,c=3+5i.-
Calculer les longueurs AB, AC et BC.
-
Déterminer l'affixe du milieu I du segment [AC].
-
Écrire Z=b−ac−a sous forme algébrique, puis donner son module et un argument. Interpréter géométriquement chacun de ces deux résultats.
-
Calculer de même W=c−ba−b, puis en déduire la nature exacte du triangle ABC. Contrôler la réponse à l'aide de la question 1.
-
Déterminer l'affixe d du point D tel que ABCD soit un parallélogramme, c'est-à-dire tel que AB=DC. Vérifier que les diagonales [AC] et [BD] ont le même milieu, puis préciser la nature exacte de ce parallélogramme.
Exercice 10 ★★★★ — Reel ou imaginaire pur, conditions sur z
Forme algébrique, parties réelle et imaginaire, conjugaisonAffixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexe
Pour tout nombre complexe z=−1, on pose
Z=z+1z−1.Le plan est muni d'un repère orthonormé direct d'origine O, et l'on note M le point d'affixe z.
-
Calculer Z sous forme algébrique pour z=2, puis pour z=i.
-
On écrit z=x+iy, avec x et y réels. Après avoir justifié que le dénominateur ne s'annule pas, exprimer Re(Z) et Im(Z) en fonction de x et de y.
-
Déterminer l'ensemble E1 des points M tels que Z soit réel. Le décrire précisément.
-
Déterminer l'ensemble E2 des points M tels que Z soit imaginaire pur. Préciser sa nature et ses éléments caractéristiques.
-
Retrouver ces deux ensembles sans passer par x et y, en traduisant « Z est réel » par Z=Z et « Z est imaginaire pur » par Z=−Z.
-
Contrôler les résultats des questions 3 et 4 à l'aide des deux valeurs calculées à la question 1.
Exercice 11 ★★★★ — Identite du parallelogramme et calculs de modules
Module, propriétés et inégalité triangulaire
Dans tout l'exercice, z et z′ désignent deux nombres complexes. Le plan est muni d'un repère orthonormé direct d'origine O, et l'on note A, B et C les points d'affixes respectives z, z′ et z+z′.
- Rappeler pourquoi ∣w∣2=ww pour tout w∈C, puis démontrer que
- En déduire l'identité du parallélogramme :
-
On suppose O, A et B non alignés. Justifier que OACB est un parallélogramme, puis énoncer en une phrase de géométrie, portant sur ses côtés et ses diagonales, ce que dit l'identité de la question 2.
-
Démontrer que ∣z+z′∣2−∣z−z′∣2=4Re(zz′).
-
On pose z=x+iy et z′=x′+iy′, avec x, y, x′, y′ réels.
a. Montrer que Re(zz′)=xx′+yy′ et reconnaître cette quantité.
b. En déduire, pour z et z′ non nuls, l'équivalence entre l'orthogonalité de OA et OB, la condition Re(zz′)=0 et l'égalité ∣z+z′∣=∣z−z′∣. Interpréter cette dernière dans le parallélogramme de la question 3.
-
a. Vérifier les identités des questions 2 et 4 pour z=3+i et z′=1+2i.
b. On garde z=3+i, et l'on note B′′ le point d'affixe z′′=t+3i, où t est un réel. Déterminer t pour que OA et OB′′ soient orthogonaux, puis contrôler le résultat à l'aide de l'égalité des diagonales de la question 5. b.
Exercice 12 ★★★★ — Majorations et minorations avec l inegalite triangulaire
Module, propriétés et inégalité triangulaire
- a. Énoncer, pour z et z′ dans C, l'encadrement
et redémontrer l'inégalité de gauche à partir de celle de droite.
b. Soit z tel que ∣z∣=2. Encadrer ∣z−5∣, et préciser si les deux bornes obtenues sont atteintes.
-
Soit z tel que ∣z∣⩽2.
a. Démontrer que z3−2z+1⩽13.
b. Calculer z3−2z+1 pour z=2, z=−2 et z=2i. La majoration de la question 2. a est-elle atteinte ?
c. Quelle est la plus petite valeur possible de z3−2z+1 lorsque ∣z∣⩽2 ?
-
Soit z tel que ∣z∣=3. Démontrer que z2+1=0, puis que
Cette majoration est-elle atteinte ?
-
Soit z tel que ∣z∣=2.
a. Majorer z2+z+1.
b. Minorer z3+1 et en déduire que ce nombre est non nul.
c. En déduire que z3+1z2+z+1⩽1, puis contrôler cette majoration pour z=2.
Exercice 13 ★★★★ — Ensembles de points definis par des modules
Affixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexeModule, propriétés et inégalité triangulaire
Le plan est muni d'un repère orthonormé direct d'origine O. Dans tout l'exercice, M désigne le point d'affixe z, et l'on cherche l'ensemble des points M vérifiant la condition indiquée.
-
Déterminer et décrire précisément (nature de l'ensemble, éléments caractéristiques) les ensembles définis par les conditions suivantes.
a. ∣z−2+i∣=3
b. ∣z−1∣=∣z+i∣
c. ∣z−i∣⩽2
d. Re(z)+Im(z)=1
-
Les ensembles obtenus aux questions 1. b et 1. d ont-ils des points communs ? Justifier.
-
On considère enfin l'ensemble F des points M d'affixe z=−1 tels que
a. Montrer que cette condition équivaut à ∣z−1∣=2∣z+1∣.
b. En posant z=x+iy avec x et y réels, montrer que cette condition équivaut à
x2+y2+310x+1=0.c. Reconnaître F et en donner le centre et le rayon. Vérifier que la condition z=−1 n'exclut aucun point de cet ensemble.
d. Déterminer les deux points de F situés sur l'axe des abscisses, et contrôler directement que leurs affixes vérifient la condition de départ.
Exercice 14 ★★★★ — Linearisation de puissances de cosinus et sinus
Formules d'Euler et de Moivre, linéarisation, expression de cos(nt)
Linéariser une expression trigonométrique, c'est l'écrire comme une combinaison linéaire de cos(kθ) et de sin(kθ), sans aucune puissance. La méthode est toujours la même :
- remplacer cosθ et sinθ par leurs expressions données par les formules d'Euler ;
- développer avec la formule du binôme de Newton ;
- rassembler les termes deux à deux, en associant eikθ et e−ikθ, pour revenir à des cosinus et des sinus.
Dans tout l'exercice, θ désigne un réel.
- Rappeler les formules d'Euler, puis justifier que pour tout entier naturel k,
-
Linéariser cos3θ, puis contrôler le résultat pour θ=0.
-
Linéariser sin4θ, puis contrôler le résultat pour θ=0 et pour θ=2π.
-
Linéariser cos2θsin2θ de deux façons : par la méthode générale, puis en partant de sin(2θ)=2sinθcosθ. Contrôler le résultat pour θ=4π.
-
Linéariser cos5θ, puis contrôler le résultat pour θ=0 et pour θ=2π.
-
On admet que pour tout entier k⩾1, la fonction θ↦cos(kθ) a une valeur moyenne nulle sur une période : les valeurs qu'elle prend en θ et en θ+kπ sont opposées, donc se compensent deux à deux. En déduire la valeur moyenne sur une période de chacune des quatre expressions linéarisées aux questions 2 à 5, et dire en une phrase à quoi sert la linéarisation.
Exercice 15 ★★★★ — Exprimer cos(n theta) en fonction de cos theta
Formules d'Euler et de Moivre, linéarisation, expression de cos(nt)
C'est l'opération inverse de la linéarisation : on part de cos(nθ) et l'on cherche à l'exprimer à l'aide de cosθ. L'outil est la formule de Moivre, qui affirme que pour tout réel θ et tout entier naturel n,
(cosθ+isinθ)n=cos(nθ)+isin(nθ),autrement dit (eiθ)n=einθ. On développe le membre de gauche par le binôme de Newton, puis on identifie les parties réelle et imaginaire.
Dans tout l'exercice, θ est un réel et l'on note c=cosθ et s=sinθ.
- Développer (c+is)3 par le binôme, puis en déduire que
Contrôler ces deux formules pour θ=3π.
-
Par la même méthode, exprimer cos(4θ) en fonction de c seul. Contrôler le résultat de deux façons : à l'aide de la formule de duplication cos(4θ)=2cos2(2θ)−1, puis pour θ=4π.
-
Exprimer de même cos(5θ) en fonction de c seul, et contrôler le résultat pour θ=3π.
-
Montrer que pour tout réel θ tel que sinθ=0, le quotient sinθsin(3θ) ne dépend que de cosθ, et donner son expression. Contrôler pour θ=4π et pour θ=3π.
-
Expliquer, en observant à quelles places les puissances de s apparaissent dans le développement de (c+is)n, pourquoi cos(nθ) s'exprime toujours à l'aide de cosθ seul, et pourquoi sin(nθ) est toujours le produit de sinθ par une expression ne dépendant que de cosθ. Illustrer cette seconde affirmation en écrivant sin(4θ) sous cette forme.
Exercice 16 ★★★★ — Technique de l arc moitie
Technique de l'arc moitié et sommes trigonométriquesComplexes de module 1, cercle trigonométrique et notation exponentielle
Dans tout l'exercice, θ, a, b, p et q désignent des nombres réels.
-
Factoriser chacune des expressions suivantes par l'exponentielle de l'arc moitié, c'est-à-dire mettre en facteur eiθ/2 (respectivement ei(a+b)/2) de manière à faire apparaître un facteur réel ou imaginaire pur.
a. 1+eiθ
b. 1−eiθ
c. eia+eib
d. eia−eib
-
Dans cette question, on suppose θ∈]−π,π[.
a. Déterminer le module et un argument de 1+eiθ. Contrôler le résultat pour θ=3π en repassant par la forme algébrique.
b. Expliquer pourquoi la restriction θ∈]−π,π[ est indispensable. Déterminer ensuite le module et un argument de 1+e4iπ/3, et comparer avec ce qu'aurait donné la formule de la question 2. a. appliquée sans précaution.
-
Soit θ∈]0,2π[. Déterminer, par la même méthode, le module et un argument de 1−eiθ.
-
En prenant les parties réelle et imaginaire dans les factorisations des questions 1. c. et 1. d. appliquées à a=p et b=q, retrouver les deux formules de factorisation
cosp+cosq=2cos2p+qcos2p−qetsinp−sinq=2sin2p−qcos2p+q. -
Application : résoudre dans R l'équation cos(3x)+cosx=0.
Exercice 17 ★★★★ — Sommes de cosinus et de sinus en progression arithmetique
Technique de l'arc moitié et sommes trigonométriques
Soient θ un réel et n un entier naturel. On pose
Zn=k=0∑neikθ,Cn=k=0∑ncos(kθ),Sn=k=0∑nsin(kθ).-
Justifier que Cn=Re(Zn) et Sn=Im(Zn).
-
On suppose dans cette question θ≡0 [2π]. Calculer Zn, Cn et Sn.
-
On suppose désormais θ≡0 [2π].
a. Justifier que eiθ=1, puis calculer Zn à l'aide de la somme géométrique.
b. En factorisant le numérateur et le dénominateur par l'exponentielle de l'arc moitié, démontrer que
Zn=sin2θsin2(n+1)θeinθ/2.c. En déduire des expressions de Cn et de Sn.
-
Toujours pour θ≡0 [2π], déterminer ∣Zn∣. Pourquoi ne peut-on pas affirmer que 2nθ est un argument de Zn ?
-
Application numérique : calculer C5 et S5 pour θ=3π, d'abord par les formules de la question 3. c., puis directement terme à terme. Faire de même avec C2 et S2 pour la même valeur de θ.
Exercice 18 ★★★★ — Amplitude et dephasage d un signal sinusoidal
Technique de l'arc moitié et sommes trigonométriquesComplexes de module 1, cercle trigonométrique et notation exponentielle
Soient a et b deux réels non tous les deux nuls. On pose R=a2+b2 et on note φ un argument du complexe a+ib.
-
a. Justifier que R>0 et que R=∣a+ib∣, puis que φ existe bien.
b. Démontrer que pour tout réel t, acost+bsint=Re((a−ib)eit).
c. En déduire que pour tout réel t, acost+bsint=Rcos(t−φ).
-
Appliquer la question précédente aux deux expressions suivantes : préciser R, puis un réel φ convenable (caractérisé par son cosinus et son sinus s'il ne s'agit pas d'un angle usuel).
a. cost+3sint
b. 3cost−4sint
-
Contrôler l'identité obtenue en 2. a. pour t=0 et pour t=2π.
-
Résoudre dans [0,2π[ l'équation cost+3sint=1.
-
Déterminer le maximum et le minimum de la fonction g:t↦3cost−4sint sur R, et préciser en quels réels ils sont atteints.
-
Interpréter, en une ou deux phrases, les rôles respectifs de R et de φ pour un signal du type t↦acost+bsint.
Exercice 19 ★★★★ — Racines carrees par la methode algebrique
Racines carrées et racines n-ièmes d'un nombre complexe
On appelle racine carrée d'un complexe a tout complexe z tel que z2=a.
-
Soit a=α+iβ un complexe non nul, avec α et β réels, et soit z=x+iy avec x et y réels. Démontrer que
z2=a⟺⎩⎨⎧x2−y2=αx2+y2=∣a∣2xy=βpuis expliquer comment ce système fournit x2, y2, et enfin les deux racines carrées de a.
-
Déterminer par cette méthode les racines carrées des complexes suivants, et vérifier chaque résultat en l'élevant au carré.
a. 3+4i
b. −8+6i
c. 5−12i
-
Déterminer les racines carrées de −2i et de 4eiπ/3 par la méthode trigonométrique. Traiter également 4eiπ/3 par la méthode algébrique et comparer les deux démarches.
-
Déduire de la question 2, sans aucun nouveau calcul de système, les racines carrées de −3−4i et de −5+12i.
-
Pourquoi n'écrit-on jamais 3+4i ?
Exercice 20 ★★★★ — Equations du second degre a coefficients complexes
Équations du second degré dans C et relations coefficients-racinesRacines carrées et racines n-ièmes d'un nombre complexe
-
Résoudre dans C l'équation
(E1):z2−(3+4i)z+(−1+5i)=0. -
Résoudre dans C l'équation
(E2):z2−(1+i)z+2+2i=0. -
Soit m un nombre complexe. On considère l'équation
(Em):z2−(2+2i)z+m=0,dont on note z1 et z2 les solutions, éventuellement confondues.
a. Démontrer, sans calculer z1 ni z2, que z1+z2=2+2i et z1z2=m.
b. Déterminer la valeur de m pour laquelle (Em) admet une solution double, et préciser cette solution.
c. Déterminer m pour que i soit solution de (Em), puis en déduire l'autre solution sans résoudre l'équation.
d. Existe-t-il une valeur de m pour laquelle les deux solutions de (Em) sont réelles ? Justifier.
-
Dans les questions 1 et 2, contrôler les solutions obtenues par leur somme et leur produit.
Exercice 21 ★★★★ — Exponentielle complexe et equations
Exponentielle complexe et résolution de exp(z) = a
Pour z=x+iy avec x et y réels, on rappelle la définition ez=ex(cosy+isiny)=exeiy.
-
Écrire sous forme algébrique les complexes suivants.
a. e1+iπ
b. eln2+iπ/3
c. e2iπ
d. e1−iπ/2
-
Soit z un complexe.
a. Démontrer que ∣ez∣=eRe(z) et que Im(z) est un argument de ez.
b. En déduire que ez=0.
-
Résoudre dans C les équations ez=1+i, puis ez=−2.
-
Résoudre dans C l'équation ez=ez.
-
Déterminer l'ensemble des complexes z tels que ez soit réel, puis l'ensemble des complexes z tels que ez soit imaginaire pur. Interpréter géométriquement ces deux ensembles.
Exercice 22 ★★★★ — Translations, homotheties et rotations
Translations, homothéties, rotations et transformations z -> az + bAffixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexe
Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct. Pour une transformation du plan, on note z l'affixe d'un point M et z′ l'affixe de son image M′.
-
Établir l'écriture complexe, c'est-à-dire l'expression de z′ en fonction de z, de chacune des transformations suivantes.
a. La translation de vecteur u d'affixe b.
b. L'homothétie de centre Ω d'affixe ω et de rapport k, où k est un réel non nul.
c. La rotation de centre Ω d'affixe ω et d'angle α.
-
On note Ω le point d'affixe 1+i et A le point d'affixe 3+2i. Déterminer l'affixe de l'image de A par chacune des transformations suivantes.
a. t, translation de vecteur d'affixe 2−i
b. h, homothétie de centre Ω et de rapport −2
c. r, rotation de centre Ω et d'angle 2π
-
Soit C le cercle de centre A et de rayon 2. Déterminer l'image de C par r, puis son image par h : dans chaque cas, on précisera le centre et le rayon, avec justification.
-
Reconnaître la transformation du plan associée à chacune des écritures complexes suivantes, en précisant tous ses éléments caractéristiques. On cherchera un point fixe lorsque c'est utile.
a. z′=z+2−i
b. z′=3z−4
c. z′=iz+1
-
Contrôler la réponse de la question 4. c. en calculant de deux façons l'image du point A de la question 2.
Exercice 23 ★★★★ — Resoudre z puissance n egale a un complexe donne
Racines carrées et racines n-ièmes d'un nombre complexeRacines n-ièmes de l'unité
Dans tout l'exercice, n désigne un entier naturel non nul et l'on note ω=e2iπ/n.
-
La méthode générale. Soit a un nombre complexe non nul, écrit sous forme trigonométrique a=ρeiα avec ρ>0 et α réel. On note nρ l'unique réel strictement positif dont la puissance n-ième vaut ρ, et on pose z0=nρeiα/n.
a. Vérifier que z0n=a.
b. Démontrer que, pour tout nombre complexe z, on a zn=a si et seulement s'il existe un entier k compris entre 0 et n−1 tel que z=z0ωk.
c. En déduire que l'équation zn=a possède exactement n solutions.
-
Résoudre dans C l'équation z4=−4. On donnera les quatre solutions sous forme exponentielle, puis sous forme algébrique.
-
Déduire de la question 2 une factorisation de z4+4 en produit de deux expressions du second degré à coefficients réels, valable pour tout complexe z. Contrôler cette factorisation en la développant.
-
Résoudre dans C l'équation z3=1+i, et expliquer pourquoi il n'est pas raisonnable ici d'exiger les formes algébriques.
-
Résoudre dans C l'équation z6=−64. On donnera aussi les formes algébriques des six solutions.
-
Disposition des solutions. Décrire en toutes lettres la figure formée par les points dont les affixes sont les n solutions de zn=a, et justifier cette description. L'illustrer sur les équations des questions 2 et 5.
Exercice 24 ★★★★ — Somme et produit des racines n-iemes de l unite
Racines n-ièmes de l'unité
Dans tout l'exercice, n désigne un entier vérifiant n⩾2, et l'on pose ω=e2iπ/n.
-
a. Justifier que ω=1.
b. Démontrer que k=0∑n−1ωk=0.
-
Soit p un entier relatif.
a. Démontrer que ωp=1 si et seulement si n divise p.
b. Calculer Sp=k=0∑n−1ωkp, en distinguant deux cas. Contrôler le résultat pour p=0 et pour p=1.
-
Calculer le produit P=k=0∏n−1ωk. On donnera un résultat unique, puis on l'énoncera selon la parité de n. Contrôler pour n=2, n=3 et n=4.
-
En déduire que
k=0∑n−1cosn2kπ=0etk=0∑n−1sinn2kπ=0,puis interpréter géométriquement la première de ces deux égalités.
-
Deux vérifications.
a. On suppose n pair. Retrouver directement le résultat de la question 1. b, sans utiliser de somme géométrique, en regroupant judicieusement les termes deux par deux.
b. Déduire de la question 4, appliquée à n=5, la valeur exacte de cos52π+cos54π.
Exercice 25 ★★★★ — Sommes de coefficients binomiaux de trois en trois
Racines n-ièmes de l'unitéFormules d'Euler et de Moivre, linéarisation, expression de cos(nt)
Dans tout l'exercice, n désigne un entier naturel non nul et j=e2iπ/3.
-
Échauffement : les indices pairs.
a. Vérifier que, pour tout entier naturel k, le nombre 21+(−1)k vaut 1 si k est pair et 0 si k est impair.
b. En appliquant la formule du binôme aux couples (1,1) et (1,−1), calculer la somme des (kn) pour les entiers k pairs compris entre 0 et n. Contrôler le résultat pour n=4.
-
Le filtre d'ordre trois. Rappeler pourquoi j3=1 et 1+j+j2=0, puis démontrer que, pour tout entier naturel k,
31+jk+j2k={10si 3∣k,sinon. -
Démontrer que 1+j=eiπ/3 et 1+j2=e−iπ/3.
-
On note Tn la somme des coefficients (kn) pour les entiers k compris entre 0 et n divisibles par 3, somme que l'on abrège en Tn=3∣k∑(kn). Démontrer que
Tn=32n+2cos3nπ. -
Contrôler cette formule pour n=3 et pour n=6, en calculant T3 et T6 directement.
-
Démontrer que Tn−32n⩽32, et interpréter ce résultat.
Exercice 26 ★★★★ — Resoudre (z+1) puissance n egale (z-1) puissance n
Racines n-ièmes de l'unitéÉquations du second degré dans C et relations coefficients-racines
Soit n un entier vérifiant n⩾2. On cherche à résoudre dans C l'équation
(E):(z+1)n=(z−1)n.On note ω=e2iπ/n.
-
Vérifier que 1 n'est pas solution de (E).
-
Analyse préliminaire. Démontrer que toute solution de (E) vérifie ∣z+1∣=∣z−1∣. Interpréter cette condition géométriquement, et en déduire que les solutions de (E) sont nécessairement de partie réelle nulle.
-
Soit z un complexe différent de 1. On pose Z=z−1z+1. Démontrer que z est solution de (E) si et seulement si Zn=1.
-
a. Soit Z un complexe. Résoudre, d'inconnue z, l'équation z−1z+1=Z ; on distinguera le cas Z=1.
b. En déduire que (E) possède exactement n−1 solutions, à savoir les zk=ωk−1ωk+1 pour k compris entre 1 et n−1. On justifiera qu'elles sont deux à deux distinctes.
-
Simplification par l'arc moitié. Démontrer que, pour k compris entre 1 et n−1,
zk=−i sinnkπcosnkπ.Vérifier la cohérence avec la question 2, et déterminer à quelle condition l'une des solutions est nulle.
-
Contrôle. Résoudre entièrement (E) pour n=3 en développant les deux membres, et comparer avec la question 5. Faire de même pour n=2.
Exercice 27 ★★★★ — Trouver deux complexes connaissant leur somme et leur produit
Équations du second degré dans C et relations coefficients-racines
Soient s et p deux nombres complexes fixés. On s'intéresse au système d'inconnue le couple (z1,z2) de complexes
(S):{z1+z2=s,z1z2=p,et à l'équation associée (E):z2−sz+p=0.
-
a. Démontrer que si le couple (z1,z2) est solution de (S), alors z1 et z2 sont solutions de (E).
b. Réciproquement, démontrer que si z1 est solution de (E) et si l'on pose z2=s−z1, alors le couple (z1,z2) est solution de (S).
c. Soit δ une racine carrée complexe de Δ=s2−4p. Décrire tous les couples solutions de (S) à l'aide de δ, et vérifier directement, par le calcul, que le couple obtenu convient.
-
Résoudre les systèmes suivants, d'inconnue le couple (z1,z2) de complexes.
a. z1+z2=5 et z1z2=6
b. z1+z2=2+3i et z1z2=−1+3i
-
Résoudre de même le système z1+z2=1+i et z1z2=5i.
-
Synthèse. Soit s un nombre réel.
a. Résoudre dans C∗ l'équation z+z1=s, en discutant selon la position de s par rapport à −2 et 2. Dans chaque cas, préciser le module des solutions.
b. Démontrer que l'ensemble des complexes non nuls z tels que z+z1 soit réel est exactement U∪R∗, et décrire l'ensemble des points correspondants du plan.
Exercice 28 ★★★★ — Caracterisation complexe du triangle equilateral
Affixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexeRacines n-ièmes de l'unité
Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct. Soient A, B, C trois points deux à deux distincts, d'affixes respectives a, b et c. On pose j=e2iπ/3.
On dit que le triangle ABC est équilatéral direct lorsque AB=BC=CA et que l'angle orienté (AB,AC) a pour mesure 3π modulo 2π. On rappelle que cet angle orienté a pour mesure argb−ac−a modulo 2π.
-
On pose u=b−ac−a, ce qui a un sens puisque b=a.
a. Démontrer que le triangle ABC est équilatéral si et seulement si ∣u∣=1 et ∣u−1∣=1.
b. En déduire que le triangle ABC est équilatéral si et seulement si u=eiπ/3 ou u=e−iπ/3, et que le premier cas est celui du triangle équilatéral direct. Conclure que
ABC eˊquilateˊral direct⟺c−a=eiπ/3(b−a),et interpréter cette égalité à l'aide d'une rotation.
-
Justifier que 1+j+j2=0, puis démontrer que eiπ/3=−j2. En déduire que le triangle ABC est équilatéral direct si et seulement si
a+jb+j2c=0. -
a. Vérifier que, pour tous nombres complexes a, b, c,
(a+jb+j2c)(a+j2b+jc)=a2+b2+c2−ab−bc−ca.b. En déduire que le triangle ABC est équilatéral (quelle que soit son orientation) si et seulement si a2+b2+c2=ab+bc+ca.
-
Les triangles suivants sont-ils équilatéraux ? Le premier a pour sommets les points d'affixes 3, i3 et −i3 ; le second, les points d'affixes 0, 1 et i. Dans le cas équilatéral, préciser l'orientation.
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On prend a=1 et b=3. Déterminer les affixes des deux points C pour lesquels ABC est équilatéral, et dire lequel donne un triangle direct.
Exercice 29 ★★★★ — Etude de la transformation z devient az plus b
Translations, homothéties, rotations et transformations z -> az + bAffixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexe
Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct. Soient a un complexe non nul et b un complexe. On note f la transformation qui, au point M d'affixe z, associe le point M′ d'affixe
z′=az+b.On rappelle que la rotation de centre Ω d'affixe ω et d'angle θ associe au point d'affixe z le point d'affixe ω+eiθ(z−ω), et que l'homothétie de centre Ω et de rapport k réel non nul associe au point d'affixe z le point d'affixe ω+k(z−ω).
-
Reconnaître f dans le cas a=1. Cette transformation admet-elle un point invariant ?
-
On suppose désormais a=1.
a. Démontrer qu'il existe un unique point Ω invariant par f, et déterminer son affixe ω.
b. Démontrer que, pour tout complexe z, z′−ω=a(z−ω).
-
On suppose toujours a=1, et on note Ω le point invariant.
a. On suppose ∣a∣=1. Démontrer que f est la rotation de centre Ω et d'angle arg(a).
b. On suppose a réel strictement positif. Démontrer que f est l'homothétie de centre Ω et de rapport a. Que dire si a est réel strictement négatif ?
c. Dans le cas général, démontrer que f est la composée, dans l'un ou l'autre ordre, de l'homothétie de centre Ω et de rapport ∣a∣ et de la rotation de centre Ω et d'angle arg(a). Traduire cette description par deux relations portant sur les distances et sur les angles.
-
Pour chacune des trois transformations ci-dessous, déterminer le point invariant et décrire précisément la transformation : z′=iz+2, puis z′=2z−1+i, puis z′=(1+i)z+3.
-
Composée de deux rotations de centres distincts. Soient Ω1 et Ω2 deux points distincts, d'affixes ω1 et ω2, et soient α et β deux réels. On note r1 la rotation de centre Ω1 et d'angle α, et r2 celle de centre Ω2 et d'angle β.
a. Déterminer l'expression complexe de r2∘r1, sous la forme z↦Az+B.
b. Discuter la nature de r2∘r1 selon la valeur de α+β. Dans le cas d'une rotation, préciser l'angle et l'affixe du centre ; dans l'autre cas, préciser le vecteur.
c. Illustrer les deux cas avec Ω1 l'origine, Ω2 le point d'affixe 1, et les couples d'angles (2π,2π) puis (2π,−2π).
Exercice 30 ★★★★ — Alignement, orthogonalite et points cocycliques
Affixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexeForme trigonométrique, module et argument, congruences modulo 2 pi
Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct, et l'on note M(z) le point d'affixe z. On utilise librement le résultat du cours : si u et v sont deux vecteurs non nuls d'affixes respectives zu et zv, alors
(u,v)≡arg(zuzv) [2π].On note iR l'ensemble des imaginaires purs, c'est-à-dire des complexes de la forme iy avec y réel. Dans tout l'exercice, les points nommés sont deux à deux distincts, et a, b, c, d désignent les affixes de A, B, C, D.
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Soit Z∈C∗. Démontrer que Z∈R si et seulement si arg(Z)≡0 [π], et que Z∈iR si et seulement si arg(Z)≡2π [π].
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Démontrer que A, B, C sont alignés si et seulement si b−ac−a∈R.
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Démontrer que les droites (AB) et (AC) sont perpendiculaires si et seulement si b−ac−a∈iR.
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Dans chacun des trois cas suivants, où A a pour affixe 1+i et B pour affixe 3+2i, dire si A, B, C sont alignés, si (AB) et (AC) sont perpendiculaires, ou ni l'un ni l'autre.
a. C d'affixe −3−i
b. C d'affixe 3i
c. C d'affixe 2+3i
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On admet la propriété de géométrie du plan suivante.
Propriété admise (angle inscrit). Soient A, B, C, D quatre points deux à deux distincts. Alors A, B, C, D appartiennent à un même cercle ou à une même droite si et seulement si (CA,CB)≡(DA,DB) [π].
En déduire que A, B, C, D sont cocycliques ou alignés si et seulement si le quotient de c−bc−a par d−bd−a, c'est-à-dire le nombre Z=c−bc−a×d−ad−b, est réel.
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Application. On considère A d'affixe 3+3i, B d'affixe 3+i, C d'affixe 4i, D d'affixe −1+i et D′ d'affixe −1+2i.
a. Les points A, B, C, D sont-ils cocycliques ? Si oui, déterminer le centre et le rayon du cercle qui les porte.
b. Même question pour A, B, C, D′.
Exercice 31 ★★★★ — Notation complexe des signaux sinusoidaux
Complexes de module 1, cercle trigonométrique et notation exponentielleTechnique de l'arc moitié et sommes trigonométriques
Dans tout l'exercice, ω désigne un réel strictement positif, fixé une fois pour toutes. On appelle signal sinusoïdal de pulsation ω toute fonction u:R→R de la forme
u(t)=Ucos(ωt+φ),t∈R,où U>0 est l'amplitude et φ∈R la phase du signal. On lui associe son amplitude complexe U=Ueiφ. Additionner deux signaux de même pulsation à l'aide des seules formules d'addition est fastidieux ; tout l'intérêt de la notation complexe est de remplacer ce calcul trigonométrique par une addition dans C.
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Vérifier que u(t)=Re(Ueiωt) pour tout réel t. Réciproquement, soit Z∈C∗ ; démontrer que la fonction t↦Re(Zeiωt) est un signal sinusoïdal de pulsation ω, dont on précisera l'amplitude et la phase.
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Soit Z∈C tel que Re(Zeiωt)=0 pour tout réel t. Démontrer que Z=0. En déduire que deux signaux sinusoïdaux de pulsation ω sont égaux si et seulement s'ils ont la même amplitude complexe.
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Soient u1 et u2 deux signaux sinusoïdaux de pulsation ω, d'amplitudes U1, U2, de phases φ1, φ2, et d'amplitudes complexes U1, U2. On suppose U1+U2=0. Démontrer que u1+u2 est un signal sinusoïdal de pulsation ω d'amplitude complexe U1+U2, puis que son amplitude U vérifie
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Déterminer l'amplitude et la phase des deux signaux suivants, où U>0.
a. t↦3cos(ωt)+4cos(ωt+2π)
b. t↦Ucos(ωt)+Ucos(ωt+3π)
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On considère maintenant deux signaux de même amplitude U>0 : u1(t)=Ucos(ωt+φ1) et u2(t)=Ucos(ωt+φ2). On note ψ=φ2−φ1 leur déphasage. Exprimer U1+U2 à l'aide de la technique de l'arc moitié, en déduire l'amplitude et la phase de u1+u2 en discutant selon le signe de cos2ψ, puis déterminer à quelle condition sur ψ le signal u1+u2 est nul.
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Soit x un réel. Calculer 1+ix1 et déterminer arg(1+ix1). En déduire l'amplitude et la phase du signal d'amplitude complexe S=1+ixU, puis dresser le tableau de ses valeurs pour x=0, x=1 et x=3.
Exercice 32 ★★★★ — Cas d egalite dans l inegalite triangulaire
Module, propriétés et inégalité triangulaireForme trigonométrique, module et argument, congruences modulo 2 pi
L'inégalité triangulaire ∣z+z′∣⩽∣z∣+∣z′∣ est connue ; l'objet de cet exercice est d'en démontrer le cas d'égalité, de le généraliser à n termes, puis de s'en servir pour déterminer des ensembles de points. On note R+ l'ensemble des réels positifs ou nuls et R+∗ celui des réels strictement positifs.
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Soient z,z′∈C.
a. Démontrer que ∣z+z′∣2=∣z∣2+2Re(zz′)+∣z′∣2.
b. Démontrer que pour tout Z∈C, Re(Z)⩽∣Z∣, avec égalité si et seulement si Z∈R+.
c. En déduire l'inégalité triangulaire, ainsi que l'équivalence
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On suppose de plus z et z′ non nuls. Démontrer que les trois conditions zz′∈R+, zz′∈R+∗ et arg(z)≡arg(z′) [2π] sont équivalentes, puis interpréter géométriquement le cas d'égalité à l'aide des points M(z) et M′(z′).
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Soit n⩾2 un entier et z1,…,zn des complexes non nuls. Démontrer par récurrence que ∣∑k=1nzk∣=∑k=1n∣zk∣ si et seulement si tous les zk ont le même argument, c'est-à-dire s'il existe θ∈R tel que zk=∣zk∣eiθ pour tout k∈{1,…,n}.
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Déterminer l'ensemble E1={z∈C ; ∣z−1∣+∣z+1∣=2} et l'interpréter géométriquement.
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Déterminer l'ensemble E2={z∈C ; ∣z∣+∣z−1∣=1}.
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On rappelle l'inégalité triangulaire renversée : pour tous z,z′∈C, ∣z∣−∣z′∣⩽∣z−z′∣. Déterminer son cas d'égalité et le comparer à celui de la question 2.
Exercice 33 ★★★★ — Valeur exacte de cos(2 pi sur 5) et pentagone regulier
Racines n-ièmes de l'unitéFormules d'Euler et de Moivre, linéarisation, expression de cos(nt)
Les angles usuels 6π, 4π, 3π ont des cosinus connus, mais pas 52π. On se propose d'en obtenir la valeur exacte en exploitant les racines cinquièmes de l'unité, puis d'en déduire la longueur du côté du pentagone régulier inscrit dans le cercle unité. Dans tout l'exercice, on pose
ω=e2iπ/5.-
Justifier que ω5=1 et ω=1, puis démontrer que 1+ω+ω2+ω3+ω4=0.
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Démontrer que ω=ω4 et ω2=ω3. On pose désormais u=ω+ω4 et v=ω2+ω3. En déduire que u et v sont réels, avec u=2cos52π et v=2cos54π.
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Calculer u+v et uv.
-
En déduire que u et v sont les deux solutions de l'équation du second degré x2+x−1=0, d'inconnue réelle x, puis résoudre cette équation.
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Déterminer les signes de u et de v par un encadrement des angles, en déduire les valeurs exactes de cos52π et de cos54π, puis celle de cos5π. Contrôler numériquement les trois valeurs.
-
En déduire la valeur exacte de sin52π.
-
Démontrer que les points d'affixes 1, ω, ω2, ω3, ω4 sont les sommets d'un pentagone régulier inscrit dans le cercle unité, que la longueur c de son côté vaut 2sin5π, puis donner la valeur exacte de c à partir des résultats précédents.
Exercice 34 ★★★★ — Sommes binomiales avec cosinus et sinus
Formules d'Euler et de Moivre, linéarisation, expression de cos(nt)Technique de l'arc moitié et sommes trigonométriques
Soient n un entier naturel non nul et θ un réel. On pose
Cn(θ)=k=0∑n(kn)cos(kθ)etSn(θ)=k=0∑n(kn)sin(kθ).-
Démontrer que Cn(θ)+iSn(θ)=(1+eiθ)n.
-
Établir, pour tout réel θ, la factorisation par l'arc moitié
1+eiθ=2cos2θeiθ/2. -
En déduire que, pour tout réel θ,
Cn(θ)=2ncosn2θcos2nθetSn(θ)=2ncosn2θsin2nθ. -
Ces deux formules sont vraies pour tout réel θ, mais leur lecture en termes de module et d'argument demande de la prudence.
a. On suppose cos2θ>0. Donner le module et un argument de (1+eiθ)n.
b. On suppose cos2θ<0. Reprendre la question précédente.
c. Illustrer la question 4. b avec θ=23π et n=3 : calculer C3 et S3 terme à terme, comparer aux formules de la question 3, puis donner le module et un argument du nombre obtenu.
-
Contrôles.
a. Vérifier les formules de la question 3 pour θ=0, puis pour θ=π.
b. Donner une expression de Cn(3π) et de Sn(3π), puis contrôler la première pour n=2 et pour n=6 par un calcul terme à terme.
-
Somme alternée. Par la même méthode, calculer, pour tout réel θ,
An(θ)=k=0∑n(−1)k(kn)cos(kθ)etBn(θ)=k=0∑n(−1)k(kn)sin(kθ),puis vérifier le résultat pour n=2 (calcul algébrique direct, avec θ quelconque) et pour n=3 avec θ=3π.
Exercice 35 ★★★★ — Equation en (1+iz) et (1-iz) puissance n, et tangentes
Racines n-ièmes de l'unitéForme trigonométrique, module et argument, congruences modulo 2 pi
Soit n un entier naturel non nul. On étudie l'équation d'inconnue z∈C
(En):(1+iz)n=(1−iz)n.-
Préliminaires.
a. Vérifier que, pour tout z∈C, 1+iz=i(z−i) et 1−iz=−i(z+i). En déduire que ∣1+iz∣=∣z−i∣ et ∣1−iz∣=∣z+i∣.
b. Démontrer que toute solution de (En) est un nombre réel. Interpréter géométriquement, en termes de distances, la condition obtenue en cours de route.
-
Soit z un réel. Justifier que 1−iz=0, puis montrer que
z est solution de (En)⟺Zn=1,ouˋ Z=1−iz1+iz.Vérifier de plus que ∣Z∣=1 et que Z=−1.
-
On note ω=e2iπ/n et on fixe k∈{0,1,…,n−1}. Résoudre, d'inconnue réelle z, l'équation 1−iz1+iz=ωk : montrer qu'elle n'a aucune solution lorsque n=2k, et qu'elle admet sinon l'unique solution z=tannkπ.
-
En déduire l'ensemble des solutions de (En), puis montrer que (En) admet exactement n solutions si n est impair, et n−1 solutions si n est pair.
-
Traiter entièrement les cas n=3 et n=4 : donner la liste des solutions.
-
a. Démontrer que, pour tout z∈C,
(1+iz)n−(1−iz)n=j=0∑n(jn)(1−(−1)j)(iz)j,et observer que seuls les indices j impairs contribuent à cette somme.
b. Écrire l'équation obtenue pour n=3, puis pour n=4, et retrouver ainsi les solutions de la question 5.
c. Déduire de l'équation obtenue pour n=3 la valeur de tan3π, et contrôler.
Exercice 36 ★★★★ — Image du cercle unite par une transformation homographique
Affixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexeModule, propriétés et inégalité triangulaireForme algébrique, parties réelle et imaginaire, conjugaison
Soit a∈C tel que ∣a∣<1. On pose
f(z)=1−azz−a,pour tout complexe z tel que 1−az=0. On note U={z∈C ; ∣z∣=1} le cercle unité et D={z∈C ; ∣z∣<1} le disque unité ouvert, de sorte que D∪U est le disque unité fermé.
-
a. Démontrer, à l'aide de l'inégalité triangulaire, que 1−az=0 pour tout z∈D∪U : la fonction f est donc définie sur tout le disque unité fermé.
b. On suppose a=0. Déterminer l'unique complexe en lequel f n'est pas définie et calculer son module.
-
Démontrer que, pour tout z∈C,
∣1−az∣2−∣z−a∣2=(1−∣a∣2)(1−∣z∣2). -
En déduire les deux implications suivantes, puis les interpréter géométriquement.
a. Si ∣z∣=1, alors ∣f(z)∣=1.
b. Si ∣z∣<1, alors ∣f(z)∣<1.
-
On pose g(w)=1+aww+a.
a. Justifier que g est définie sur D∪U et qu'elle y vérifie les mêmes propriétés que f aux questions 1 et 3.
b. Démontrer que g(f(z))=z pour tout z∈D∪U, et que f(g(w))=w pour tout w∈D∪U.
c. En déduire que f réalise une bijection de D∪U sur lui-même, dont on précisera la réciproque, ainsi qu'une bijection de D sur D et une bijection de U sur U.
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Cas particulier a=21.
a. Montrer que f(z)=2−z2z−1.
b. Calculer sous forme algébrique f(0), f(21), f(i) et f(2i), puis vérifier sur chacun de ces exemples les résultats de la question 3.
c. Déterminer les points fixes de f, c'est-à-dire les complexes z tels que f(z)=z, et constater qu'ils appartiennent à U.
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Que deviennent ces résultats si ∣a∣=1 ? Préciser l'ensemble de définition de f et démontrer que f y est constante.
Le devoir surveillé
Sujet type DS — 240 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).
Exercice 1 (4 points) — Questions indépendantes
Les six questions sont indépendantes. Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v) et tout point M est identifié à son affixe z.
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Écrire sous forme algébrique les deux nombres suivants.
a. A=1−i2+i+i1
b. B=(1−i)3(1+i)5
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On pose Z=1−i1+i3. Déterminer la forme algébrique de Z, puis sa forme trigonométrique. En déduire les valeurs exactes de cos127π et de sin127π.
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Déterminer les racines carrées complexes de w=−7+24i par la méthode algébrique, c'est-à-dire en cherchant ces racines sous la forme x+iy avec x et y réels, sans passer par la forme trigonométrique.
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Résoudre dans C l'équation z2−(1+3i)z−2+2i=0, puis contrôler le résultat à l'aide des relations entre les coefficients et les racines.
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Déterminer et décrire l'ensemble E des points M d'affixe z tels que ∣iz+3−i∣=2.
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Écrire 3−i sous forme exponentielle, puis en déduire la forme algébrique de (3−i)9.
Barème : 1. 0,5 pt — 2. 0,75 pt — 3. 0,75 pt — 4. 0,75 pt — 5. 0,5 pt — 6. 0,75 pt.
Exercice 2 (5 points) — Trigonométrie complexe
Partie A — Linéarisation.
- Soit θ un réel. À l'aide de la formule d'Euler et de la formule du binôme, démontrer que
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En déduire la valeur exacte de S=cos48π+cos483π+cos485π+cos487π.
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À l'aide de la formule de Moivre, exprimer cos(4θ) en fonction de cosθ seulement, puis vérifier la cohérence de cette expression avec la question 1.
Partie B — Une somme de cosinus.
Dans cette partie, n désigne un entier naturel et θ un réel. On pose
Cn(θ)=k=0∑ncos(kθ),Sn(θ)=k=0∑nsin(kθ),Zn(θ)=k=0∑neikθ.- a. Traiter le cas θ≡0 [2π] : donner Zn(θ), Cn(θ) et Sn(θ). b. On suppose désormais θ≡0 [2π]. Calculer Zn(θ) comme somme géométrique, puis, par la technique de l'arc moitié, démontrer que
En déduire Cn(θ) et Sn(θ).
- Application numérique : calculer k=0∑6cos3kπ à l'aide de la formule précédente, puis retrouver ce résultat par un calcul direct.
Partie C — Amplitude et phase.
- Soient a et b deux réels non tous les deux nuls. Démontrer qu'il existe un réel R>0 et un réel φ, que l'on précisera en fonction de a et de b, tels que
On pourra commencer par vérifier que acost+bsint=Re((a−ib)eit).
- Résoudre dans R l'équation cost+3sint=1, puis donner l'ensemble de ses solutions appartenant à [0,2π[.
Barème : 1. 0,75 pt — 2. 0,5 pt — 3. 0,5 pt — 4. 1,25 pt — 5. 0,5 pt — 6. 0,75 pt — 7. 0,75 pt.
Exercice 3 (6 points) — Racines n-ièmes de l'unité
Dans tout l'exercice, n désigne un entier naturel supérieur ou égal à 2. On pose
ω=e2iπ/netUn={z∈C : zn=1}.Partie A — L'ensemble Un.
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Démontrer que Un={ωk : k∈{0,1,…,n−1}} et que ces n nombres sont deux à deux distincts. On précisera le nombre d'éléments de Un.
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Soient z et z′ deux éléments de Un. Démontrer que zz′∈Un, que z=0 et z1∈Un, et enfin que z=z1. On dira que Un est stable par produit et par passage à l'inverse.
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Démontrer que k=0∑n−1ωk=0, et en déduire les deux égalités
Partie B — L'équation (z+1)n=(z−1)n.
On note (En) l'équation (z+1)n=(z−1)n, d'inconnue z∈C.
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Démontrer que toute solution z de (En) vérifie ∣z+1∣=∣z−1∣, puis en déduire que toute solution appartient à iR, c'est-à-dire est un imaginaire pur. On donnera l'interprétation géométrique de la condition ∣z+1∣=∣z−1∣.
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a. Démontrer que 1 n'est pas solution de (En). b. Démontrer que z est solution de (En) si et seulement si z=1 et z−1z+1∈Un. c. Démontrer que, pour tout z=1, z−1z+1=1.
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Soit k∈{1,…,n−1}. Résoudre, d'inconnue z, l'équation z−1z+1=ωk, et démontrer, par la technique de l'arc moitié, que son unique solution est
En déduire l'ensemble des solutions de (En), et démontrer que (En) possède exactement n−1 solutions.
- a. Résoudre directement (E3) en développant les deux membres, et comparer au résultat de la question 6. b. Démontrer que 0 est solution de (En) si et seulement si n est pair, et retrouver ce fait sur la description obtenue à la question 6.
Partie C — Une somme binomiale filtrée.
On pose j=e2iπ/3.
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a. Démontrer que j3=1, que 1+j+j2=0 et que j=j2. b. Soit m un entier naturel. Démontrer que 1+jm+j2m vaut 3 si 3 divise m, et 0 sinon. On pourra utiliser la division euclidienne de m par 3.
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Soit n un entier naturel non nul. On note Tn la somme des coefficients binomiaux (kn) pour lesquels k est un multiple de 3, c'est-à-dire
Démontrer que Tn=31(2n+2cos3nπ). On pourra calculer (1+1)n+(1+j)n+(1+j2)n.
- Vérifier la formule précédente pour n=4, puis pour n=7.
Barème : 1. 0,75 pt — 2. 0,5 pt — 3. 0,75 pt — 4. 0,5 pt — 5. 0,75 pt — 6. 0,75 pt — 7. 0,5 pt — 8. 0,5 pt — 9. 0,75 pt — 10. 0,25 pt.
Exercice 4 (5 points) — Géométrie du plan complexe
Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v). On identifie tout point M à son affixe z.
Partie A — Ensembles de points.
Déterminer et décrire précisément chacun des ensembles suivants (nature et éléments caractéristiques).
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E1={M d’affixe z : ∣z−3+i∣=∣z+1−3i∣}. On donnera de plus une équation cartésienne de E1.
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E2={M d’affixe z : ∣z+2i∣=2}.
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E3={M d’affixe z : arg(z+2−i)≡32π [2π]}. Préciser ce que devient cet ensemble si l'on remplace la congruence modulo 2π par une congruence modulo π.
Partie B — Alignement et orthogonalité.
On considère les points A, B et C d'affixes respectives a=1+i, b=4+2i et c=4i.
- Soient P, Q, R trois points deux à deux distincts, d'affixes respectives p, q, r. Justifier les deux caractérisations suivantes :
où iR∗ désigne l'ensemble des imaginaires purs non nuls.
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Calculer b−ac−a, puis en déduire la nature précise du triangle ABC.
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Déterminer l'affixe d du point D tel que le quadrilatère ABDC soit un carré, et justifier que c'en est bien un.
Partie C — Une transformation du plan.
Soient α∈C∗ et β∈C. On note g la transformation qui, à tout point M d'affixe z, associe le point M′ d'affixe g(z)=αz+β.
- a. On suppose α=1. Démontrer que g est la translation de vecteur d'affixe β. b. On suppose α=1. Démontrer que g admet un unique point fixe Ω, dont on donnera l'affixe zΩ, et que
c. En déduire la nature de g lorsque α est un réel différent de 1, puis lorsque ∣α∣=1 avec α=1.
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Application : on pose f(z)=iz+2. Déterminer le point fixe de f et la nature de f. Vérifier que f(b)=c et interpréter le résultat de la question 5. Déterminer enfin la nature de f∘f.
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Question de synthèse. Déterminer l'ensemble des nombres complexes z tels que les points d'affixes z, z2 et z3 soient alignés. On conviendra que trois points sont alignés dès qu'une même droite les contient, ce qui est automatique lorsque deux d'entre eux sont confondus.
Barème : 1. 0,5 pt — 2. 0,5 pt — 3. 0,5 pt — 4. 0,5 pt — 5. 0,5 pt — 6. 0,5 pt — 7. 0,75 pt — 8. 0,5 pt — 9. 0,75 pt.
Bloqué sur « Nombres complexes » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.