MPSI · Chapitre 03 · Premier semestre

Exercices — Nombres complexes

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Forme algébrique : premiers calculs

Forme algébrique, parties réelle et imaginaire, conjugaison

Dans tout l'exercice, i désigne le nombre complexe vérifiant i2=1. Mettre un complexe sous forme algébrique, c'est l'écrire a+ib avec a et b réels.

  1. Mettre sous forme algébrique.

    a. (32i)+(4+5i)

    b. (2+3i)(1i)

    c. (1+i)2

    d. (1+i)3

    e. (2i)(2+i)

    f. i2026

  2. Mettre sous forme algébrique.

    a. 11+i

    b. 1i

    c. 2+i3i

    d. 1+i1i

  3. Donner la partie réelle et la partie imaginaire de chacun des complexes suivants.

    a. z1=73i

    b. z2=5i

    c. z3=(12i)2

    d. z4=i(3+i)

  4. Déterminer tous les couples de réels (x,y) tels que (x+iy)(2i)=3+i.

Exercice 2 ★★★Conjugaison : calculs et caractérisations

Forme algébrique, parties réelle et imaginaire, conjugaison

On rappelle que le conjugué de z=x+iy, avec x et y réels, est z=xiy. On note iR l'ensemble des imaginaires purs, c'est-à-dire des complexes de la forme iy avec yR.

  1. Donner la forme algébrique du conjugué de chacun des complexes suivants.

    a. 35i

    b. 2i

    c. 7

    d. (1+i)(32i)

    e. 21i

    f. i13

  2. Soit z=x+iy avec x et y réels.

    a. Calculer z+z, zz et zz en fonction de x et de y, et préciser la nature de chacun de ces trois nombres.

    b. En déduire une expression de Re(z) et de Im(z) en fonction de z et de z.

  3. Soit zC. Démontrer les deux équivalences suivantes.

    a. zR    z=z.

    b. ziR    z=z.

  4. Calculer (1+i2i) de deux façons : d'abord en utilisant les règles de calcul sur les conjugués, puis en mettant le quotient sous forme algébrique avant de conjuguer. Vérifier que les deux résultats coïncident.

Exercice 3 ★★★Modules : calculs et premières distances

Module, propriétés et inégalité triangulaire

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v). On rappelle que pour z=x+iy avec x et y réels, z=x2+y2.

  1. Calculer le module de chacun des complexes suivants.

    a. 34i

    b. 2+2i

    c. (1+i)(34i)

    d. 5i12i

    e. (1+i)10

    f. (34i)3(1+i)4

  2. Soit zC.

    a. Justifier que z2=zz.

    b. En utilisant cette relation, démontrer que z+22=z2+4Re(z)+4.

    c. En déduire la valeur de z+2 lorsque z=1 et Re(z)=12.

  3. On considère les points A, B et C d'affixes respectives zA=1+i, zB=2+5i et zC=4+i. Calculer les longueurs AB, AC et BC, puis préciser la nature du triangle ABC.

  4. Déterminer et décrire l'ensemble des points M d'affixe z tels que z(1+i)=2. Les points d'affixes 3+i et 2+2i appartiennent-ils à cet ensemble ?

Exercice 4 ★★★Forme trigonométrique des complexes usuels

Forme trigonométrique, module et argument, congruences modulo 2 pi

Aucune valeur ne doit être obtenue à la calculatrice : tous les angles rencontrés sont des angles remarquables du cercle trigonométrique.

  1. Mettre chacun des complexes suivants sous forme exponentielle reiθ, avec r>0 et θR.

    a. 1+i

    b. 3+i

    c. 2i

    d. 3

    e. 1i3

    f. 1+i3i

  2. Donner l'ensemble de tous les arguments de 2i. Parmi les réels π2, 3π2 et 7π2, lesquels sont des arguments de 2i ?

  3. Déduire de la question 1. b. une forme exponentielle de 3i, puis de 3i.

  4. Expliquer pourquoi on ne définit pas d'argument pour le complexe 0.

Exercice 5 ★★★Passer d'une forme à l'autre

Forme trigonométrique, module et argument, congruences modulo 2 piComplexes de module 1, notation exponentielle et groupe U

On rappelle la notation eiθ=cosθ+isinθ pour θR, et l'on note U={zC ; z=1}. Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v).

  1. Donner la forme algébrique de chacun des complexes suivants.

    a. 2eiπ/3

    b. eiπ/4

    c. 3e5iπ/6

    d. 4eiπ

    e. e2iπ/3

    f. 2eiπ/2

  2. Écrire chacun des complexes suivants sous forme exponentielle, puis sous forme algébrique.

    a. 2eiπ/3×3eiπ/6

    b. 6e3iπ/42eiπ/2

    c. 14eiπ/3

    d. 2eiπ/6

  3. Soit αR.

    a. Vérifier que eiα2=12.

    b. Donner la forme algébrique de eiα2, puis décrire l'ensemble des points du plan d'affixe eiα2 lorsque α parcourt R.

  4. Soit zC. Démontrer que zU    z=1z.

Exercice 6 ★★★★Formule de Moivre et calculs de puissances

Formules d'Euler et de Moivre, linéarisation, expression de cos(nt)Complexes de module 1, notation exponentielle et groupe U

  1. Énoncer la formule de Moivre, puis la démontrer par récurrence pour nN.

  2. Calculer et donner le résultat sous forme algébrique.

    a. (1+i)12

    b. (3+i)6

    c. (1i3)5

  3. On pose Z=1+i31i.

    a. Mettre Z sous forme exponentielle.

    b. En déduire, pour tout nN, une forme exponentielle de Zn, ainsi que son module et un argument.

    c. Calculer Z12 sous forme algébrique.

  4. Déterminer les entiers naturels n tels que (1+i)n soit réel, puis ceux pour lesquels (1+i)n est imaginaire pur.

Exercice 7 ★★★Équations du second degré : premiers cas

Équations du second degré dans C et relations coefficients-racines

On rappelle le résultat du cours. Soient a, b, c trois réels avec a0. On pose Δ=b24ac. L'équation az2+bz+c=0, d'inconnue zC, admet :

  • deux solutions réelles distinctes b+Δ2a et bΔ2a si Δ>0 ;
  • une unique solution b2a si Δ=0 ;
  • deux solutions complexes conjuguées b+iΔ2a et biΔ2a si Δ<0.
  1. Résoudre dans C les équations suivantes, et vérifier chaque solution obtenue.

    a. z2+z+1=0

    b. z22z+5=0

    c. z2+4=0

    d. 2z22z+1=0

  2. Pour l'équation de la question 1. b., vérifier que la somme des deux solutions vaut ba et que leur produit vaut ca.

  3. Résoudre dans C l'équation bicarrée z4+z26=0. On posera Z=z2.

Exercice 8 ★★★★Racines n-ièmes de l'unité pour n petit

Racines n-ièmes de l'unité et groupe U_n

Pour tout entier n1, on note Un={zCzn=1} l'ensemble des racines n-ièmes de l'unité, et U l'ensemble des complexes de module 1.

  1. Soit n1.

    a. Montrer que tout élément z de Un vérifie z=1.

    b. En écrivant un tel élément sous la forme z=eiθ avec θR, montrer que

    Un={e2ikπ/nk{0,1,,n1}}

    et que ces n complexes sont deux à deux distincts.

  2. Expliciter U2, U3, U4 et U6, d'abord sous forme exponentielle, puis sous forme algébrique.

  3. Décrire la position des points images des éléments de Un sur le cercle unité, et préciser la figure obtenue pour n=3, n=4 et n=6.

  4. On pose j=e2iπ/3.

    a. Montrer que j3=1, puis que 1+j+j2=0.

    b. Montrer que j=j2, et en déduire que U3={1,j,j}.

    c. Vérifier, en utilisant les formes algébriques obtenues à la question 2., que la somme des éléments de U3 est nulle.

Exercice 9 ★★★Affixes : distances et configurations simples

Affixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexe

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v). On considère les points A, B et C d'affixes respectives

zA=1+i,zB=4+2i,zC=4i

On rappelle que deux points d'affixes z et z sont distants de zz, et que si P, Q et R sont trois points deux à deux distincts, d'affixes respectives p, q et r, alors tout argument de rpqp est une mesure de l'angle orienté (PQ,PR).

  1. Calculer les longueurs AB, AC et BC.

  2. Déterminer l'affixe du milieu I du segment [BC].

  3. a. Calculer zCzAzBzA et donner le résultat sous forme algébrique.

    b. En déduire que le triangle ABC est rectangle isocèle en A. Contrôler le résultat à l'aide de la question 1.

  4. Déterminer l'affixe du point D tel que ABCD soit un parallélogramme.

  5. Déterminer l'ensemble des points M d'affixe z tels que le triangle ABM soit rectangle en A. On donnera une équation cartésienne de cet ensemble, puis une description géométrique.

Exercice 10 ★★★★Parties réelle et imaginaire d'expressions

Forme algébrique, parties réelle et imaginaire, conjugaison

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v). Dans tout l'exercice, z désigne un nombre complexe et l'on note z=x+iy sa forme algébrique, avec x=Re(z) et y=Im(z). On convient qu'un complexe est imaginaire pur lorsque sa partie réelle est nulle, autrement dit iR={ittR}, ensemble qui contient 0.

  1. Déterminer Re(z2) et Im(z2) en fonction de x et y.

  2. On suppose z0. Déterminer Re(1z) et Im(1z) en fonction de x et y.

  3. On suppose z1 et l'on pose Z=z1z+1.

    a. Montrer que Z=x2+y21(x+1)2+y2+i2y(x+1)2+y2.

    b. Déterminer l'ensemble E des points M d'affixe z tels que Z soit réel.

    c. Déterminer l'ensemble F des points M d'affixe z tels que Z soit imaginaire pur.

  4. Retrouver les résultats des questions 3. b. et 3. c. sans utiliser x ni y, en écrivant que Z est réel si et seulement si Z=Z, et imaginaire pur si et seulement si Z=Z.

Exercice 11 ★★★★Identité du parallélogramme et calculs de modules

Module, propriétés et inégalité triangulaire

Soient a et b deux nombres complexes. On rappelle que z2=zz, que z+z=z+z, que zz=zz et que z+z=2Re(z). Tous les calculs de cet exercice se mènent avec ces seules relations, sans jamais introduire les parties réelle et imaginaire de a et de b.

  1. a. Montrer que a+b2=a2+2Re(ab)+b2.

    b. En déduire que ab2=a22Re(ab)+b2.

  2. En déduire l'identité du parallélogramme a+b2+ab2=2(a2+b2), ainsi que la relation a+b2ab2=4Re(ab).

  3. Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v). On note A, B et C les points d'affixes respectives a, b et a+b, et l'on suppose que O, A et B ne sont pas alignés. Justifier que OACB est un parallélogramme, puis interpréter géométriquement l'identité de la question 2.

  4. On suppose dans cette question que a=b=1.

    a. Calculer a+b2+ab2.

    b. On suppose de plus que a+b=3. Déterminer ab.

  5. Montrer que a+b=ab si et seulement si Re(ab)=0. Dans le cas où a et b sont non nuls, interpréter géométriquement cette condition.

Exercice 12 ★★★★Inégalité triangulaire : majorer et minorer

Module, propriétés et inégalité triangulaire

On rappelle l'inégalité triangulaire : pour tous complexes a et b, a+ba+b. On rappelle également que ab=ab, donc an=an pour tout entier n1, et que ab=ab pour b0.

  1. Soient a et b deux nombres complexes.

    a. En écrivant a=(ab)+b, montrer que abab.

    b. En déduire l'inégalité triangulaire inversée abab.

    c. Montrer que a+bab.

  2. Soit zC tel que z2. Montrer que z32z+113.

  3. Soit zC tel que z=2. Montrer que z4+115, puis montrer que cette minoration est atteinte en exhibant un complexe z de module 2 pour lequel il y a égalité.

  4. Soit zC tel que z=1.

    a. Montrer que z+21.

    b. Déterminer tous les complexes z de module 1 pour lesquels z+2=1.

    c. En déduire que z1z+22 pour tout complexe z de module 1.

Exercice 13 ★★★★Ensembles de points définis par des modules

Affixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexeModule, propriétés et inégalité triangulaire

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v). Pour zC, on note M(z) le point d'affixe z. On rappelle que pour deux points A et B d'affixes zA et zB, on a AB=zBzA.

  1. Déterminer et décrire géométriquement l'ensemble des points M(z) du plan dont l'affixe z vérifie :

    a. z1=z+i

    b. z2i=3

    c. z1=2z+1

    d. 1z12

    Pour a., on donnera d'abord la réponse par une interprétation en termes de distances, puis on la confirmera par le calcul en posant z=x+iy avec (x,y)R2. Pour c., le calcul avec z=x+iy est exigé : on mettra l'équation obtenue sous la forme d'une équation de cercle, dont on précisera le centre et le rayon.

  2. Déterminer les points de l'ensemble obtenu en 1. c. qui appartiennent à l'axe des abscisses, puis vérifier directement, pour chacun d'eux, l'égalité z1=2z+1.

Exercice 14 ★★★★Linéarisation de puissances de cosinus et sinus

Formules d'Euler et de Moivre, linéarisation, expression de cos(nt)

Linéariser une expression trigonométrique, c'est l'écrire comme combinaison linéaire de cos(kt) et de sin(kt), où k décrit un ensemble fini d'entiers naturels : plus aucune puissance ne doit subsister.

  1. Rappeler les formules d'Euler exprimant cost et sint à l'aide de eit et eit, pour tR.

  2. Linéariser les expressions suivantes, valables pour tout tR. La rédaction devra être complète : passage aux exponentielles, développement par la formule du binôme de Newton, regroupement des termes conjugués.

    a. cos3t

    b. sin4t

    c. cos2tsin2t

    d. cos2tsin3t

  3. Contrôler les identités obtenues en 2. b. et 2. d. en t=0, puis en t=π2.

Exercice 15 ★★★★Exprimer cos(n t) en polynôme de cos t

Formules d'Euler et de Moivre, linéarisation, expression de cos(nt)

Cet exercice réalise l'opération inverse de la linéarisation : on part de cos(nt) et l'on cherche à l'exprimer à l'aide des seules puissances de cost. L'outil est la formule de Moivre, combinée à la formule du binôme de Newton.

  1. Énoncer la formule de Moivre. En développant (cost+isint)3 par la formule du binôme, établir que pour tout réel t,

    cos(3t)=4cos3t3costetsin(3t)=3sint4sin3t.
  2. Par la même méthode, exprimer cos(4t) comme polynôme en cost.

  3. Exprimer de même cos(5t) comme polynôme en cost.

  4. Contrôler les formules des questions 2. et 3. en t=0, en t=π, puis en t=π3.

  5. En déduire une expression de tan(3t) en fonction de tant. On précisera avec soin l'ensemble des réels t pour lesquels cette expression a un sens.

Exercice 16 ★★★★Technique de l'arc moitié

Technique de l'arc moitié et sommes trigonométriquesComplexes de module 1, notation exponentielle et groupe U

La somme 1+eiθ n'est pas donnée sous forme trigonométrique : ce n'est ni un produit, ni un nombre de module apparent. La technique de l'arc moitié consiste à mettre en facteur l'exponentielle de la moitié de l'angle, de façon à faire apparaître une formule d'Euler.

Dans tout l'exercice, θ, a, b, p et q désignent des nombres réels.

  1. Factoriser par l'exponentielle de l'arc moitié, de manière à faire apparaître une formule d'Euler :

    a. 1+eiθ

    b. 1eiθ

    c. eia+eib

    d. eiaeib

  2. On suppose θ]π,π[. Déterminer le module et un argument de 1+eiθ. Expliquer pourquoi la restriction imposée à θ est indispensable, et traiter à titre d'illustration le cas θ=3π2.

  3. En prenant la partie réelle, puis la partie imaginaire, des égalités obtenues en 1. c. et 1. d., retrouver les formules de factorisation

    cosp+cosq=2cosp+q2cospq2etsinpsinq=2sinpq2cosp+q2.

Exercice 17 ★★★★Sommes des cos(k theta) et des sin(k theta)

Technique de l'arc moitié et sommes trigonométriques

Soient θ un nombre réel et n un entier naturel. On pose

Cn=k=0ncos(kθ),Sn=k=0nsin(kθ),Zn=k=0neikθ.

L'idée est que Cn et Sn, difficiles à calculer séparément, se lisent tous les deux sur le seul nombre complexe Zn, qui est une somme géométrique.

  1. Justifier que Cn=Re(Zn) et Sn=Im(Zn).

  2. Traiter le cas θ0 [2π] : calculer Zn, puis Cn et Sn.

  3. On suppose désormais θ≢0 [2π]. Justifier que eiθ1 et que sinθ20, puis calculer Zn par la formule de la somme géométrique. Factoriser le numérateur et le dénominateur par la technique de l'arc moitié et en déduire que

    Cn=sin(n+1)θ2sinθ2cosnθ2etSn=sin(n+1)θ2sinθ2sinnθ2.
  4. Application numérique : calculer C5 et S5 pour θ=π3 à l'aide des formules, puis retrouver les résultats en additionnant directement les six termes. Reprendre le contrôle avec n=4 et θ=π3.

Exercice 18 ★★★★Transformer a cos t + b sin t

Forme trigonométrique, module et argument, congruences modulo 2 pi

Soient a et b deux réels non tous les deux nuls. On pose A=a2+b2.

  1. a. Justifier que A>0, puis démontrer qu'il existe un unique réel φ]π,π] tel que cosφ=aA et sinφ=bA.

    b. Montrer que pour tout réel t,  acost+bsint=Re ⁣((aib)eit), puis en déduire que

    acost+bsint=Acos(tφ)pour tout tR.
  2. Appliquer la méthode aux trois expressions suivantes, en donnant à chaque fois A et φ :

    a. cost+3sint

    b. costsint

    c. 3cost+4sint

  3. Résoudre dans R l'équation cost+3sint=1.

  4. Déterminer le maximum de l'application f:t3cost+4sint sur R, et préciser en quels réels il est atteint.

Exercice 19 ★★★★Racines carrées d'un complexe : méthode algébrique

Racines carrées et racines n-ièmes d'un nombre complexe

Soit Z=a+ib un nombre complexe non nul, où a et b sont réels. On appelle racine carrée de Z tout nombre complexe z tel que z2=Z. On pose z=x+iy avec x et y réels, et on considère le système

(S){x2y2=a2xy=bx2+y2=Z
  1. Montrer que z2=Z si et seulement si le couple (x,y) est solution de (S).

  2. En déduire les valeurs de x2 et de y2, puis préciser le rôle du signe de b dans le choix des couples (x,y) convenables. Combien Z admet-il de racines carrées ?

  3. Déterminer les racines carrées de :

    a. 3+4i

    b. 5+12i

    c. i

    d. 86i

  4. Retrouver les racines carrées de i à l'aide de la forme exponentielle, puis comparer les deux méthodes.

Exercice 20 ★★★★Second degré à coefficients complexes

Équations du second degré dans C et relations coefficients-racinesRacines carrées et racines n-ièmes d'un nombre complexe

On rappelle le résultat du cours. Soient a, b, c trois nombres complexes avec a0, et soit Δ=b24ac le discriminant de l'équation az2+bz+c=0. Si δ est une racine carrée de Δ, les solutions de cette équation sont

z1=b+δ2aetz2=bδ2a

confondues lorsque Δ=0. Elles vérifient de plus z1+z2=ba et z1z2=ca.

  1. Résoudre dans C les équations suivantes, en déterminant à chaque fois une racine carrée du discriminant :

    a. z2(3+i)z+(2+2i)=0

    b. z22iz12i=0

    c. iz2+(1i)z1=0

  2. Contrôler chacun des trois résultats à l'aide des relations entre les coefficients et les racines.

  3. Déterminer deux nombres complexes dont la somme vaut 2+2i et le produit 2i.

Exercice 21 ★★★★Exponentielle complexe : propriétés et équations

Exponentielle complexe et résolution de exp(z) = a

Pour z=x+iy avec x et y réels, on pose

exp(z)=ex(cosy+isiny)=exeiy

nombre également noté ez. On note enfin 2iπZ l'ensemble des nombres complexes de la forme 2ikπ avec kZ.

  1. Donner la forme algébrique de :

    a. exp(1+iπ)

    b. exp(ln2+iπ3)

  2. Soit zC. Montrer que exp(z)=eRe(z), puis en déduire que exp(z)0.

  3. Montrer que pour tous z et z de C, exp(z+z)=exp(z)exp(z).

  4. Résoudre dans C les équations suivantes :

    a. exp(z)=1

    b. exp(z)=2

    c. exp(z)=1+i

  5. En déduire que pour tous z et z de C : exp(z)=exp(z) si et seulement si zz2iπZ.

Exercice 22 ★★★Reconnaître translations, homothéties, rotations

Translations, homothéties, rotations et similitudes directes

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v). À toute application f de C dans C on associe la transformation du plan qui, au point M d'affixe z, associe le point M d'affixe z=f(z). On rappelle les trois cas usuels : zz+b est la translation de vecteur d'affixe b ; pour λ réel non nul, zλz est l'homothétie de centre O et de rapport λ ; pour θ réel, zeiθz est la rotation de centre O et d'angle θ.

  1. Décrire géométriquement les transformations associées à :

    a. f1(z)=z+2i

    b. f2(z)=3z

    c. f3(z)=iz

    d. f4(z)=eiπ/3z

    e. f5(z)=2z+1i

    Pour f5, on commencera par déterminer son unique point fixe Ω, puis on écrira f5(z)ω en fonction de zω, où ω désigne l'affixe de Ω.

  2. Écrire l'expression complexe de la rotation r de centre Ω d'affixe 1+i et d'angle π2, c'est-à-dire l'application zz correspondante.

  3. Déterminer l'affixe de l'image par r du point A d'affixe 3+i, puis l'affixe du point dont l'image par r est l'origine O.

Exercice 23 ★★★★Racines n-ièmes d'un complexe non nul

Racines carrées et racines n-ièmes d'un nombre complexeExponentielle complexe et résolution de exp(z) = a

Soit n un entier tel que n2, et soit Z un nombre complexe non nul, écrit sous forme exponentielle Z=ρeiα avec ρ>0 et α réel. On appelle racine n-ième de Z toute solution de l'équation zn=Z. On note ωk=e2ikπ/n, de sorte que Un={ωk ; 0kn1}, et on note ρ1/n l'unique réel strictement positif dont la puissance n-ième vaut ρ.

  1. Montrer que l'équation zn=Z admet exactement n solutions dans C, à savoir les nombres

    zk=ρ1/neiα+2kπnpour k entier tel que 0kn1

    et que ces solutions s'écrivent zk=z0ωk.

  2. Résoudre dans C, en donnant la forme algébrique des solutions lorsqu'elle est simple :

    a. z3=8i

    b. z4=4

    c. z5=1+i

    d. z6=64

  3. On suppose n3. Montrer que les images des n solutions de zn=Z sont les sommets d'un polygone régulier à n côtés, dont on précisera le centre et le rayon du cercle circonscrit.

  4. Résoudre dans C l'équation z3=z.

Exercice 24 ★★★★Somme et produit des racines n-ièmes de l'unité

Racines n-ièmes de l'unité et groupe U_n

Soit n un entier tel que n2. On note ωk=e2ikπ/n pour k entier tel que 0kn1, de sorte que Un={ω0,ω1,,ωn1}, et on pose ω=ω1=e2iπ/n.

  1. Montrer que ωk=ωk pour tout entier k tel que 0kn1, puis que ω1.

  2. En déduire que k=0n1ωk=0.

  3. Calculer k=0n1ωk, et préciser sa valeur selon la parité de n.

  4. Soit pZ. Calculer k=0n1ωkp, en distinguant le cas où n divise p du cas où n ne divise pas p.

  5. En déduire que k=0n1cos(2kπn)=0 et k=0n1sin(2kπn)=0.

  6. Application : pour n=5, calculer k=04ωk3 et k=04ωk10.

Exercice 25 ★★★Sommes de coefficients binomiaux par paquets de trois

Racines n-ièmes de l'unité et groupe U_nFormules d'Euler et de Moivre, linéarisation, expression de cos(nt)

Dans tout l'exercice, n désigne un entier naturel et l'on pose j=e2iπ/3. On utilisera librement la formule du binôme de Newton : pour tout xC,

(1+x)n=k=0n(nk)xk.
  1. Échauffement : les paquets de deux. Soit n1. En calculant de deux façons (1+1)n et (11)n, montrer que

    q=0n/2(n2q)=2n1.
  2. Soit m un entier naturel.

    a. Montrer que j3=1, puis que jm=1 si et seulement si m est un multiple de 3.

    b. En déduire que 1+jm+j2m vaut 3 si m est un multiple de 3, et 0 sinon.

  3. On note Sn la somme des coefficients binomiaux (nk) pour les entiers k de {0,,n} qui sont multiples de 3, autrement dit

    Sn=q=0n/3(n3q).

    En calculant k=0n(nk)(1+jk+j2k) de deux manières, montrer que

    Sn=13(2n+(1+j)n+(1+j2)n).
  4. Montrer que 1+j=j2=eiπ/3 et que 1+j2=j=eiπ/3. En déduire que

    Sn=13(2n+2cosnπ3).
  5. Vérifier cette formule en calculant directement Sn pour n=3, n=4 et n=6.

Exercice 26 ★★★Résoudre (z+1) puissance n = (z-1) puissance n

Racines n-ièmes de l'unité et groupe U_nForme trigonométrique, module et argument, congruences modulo 2 pi

Soit n un entier tel que n2. On considère l'équation d'inconnue zC :

(En):(z+1)n=(z1)n.
  1. Montrer que z=1 n'est pas solution de (En).

  2. Soit z une solution de (En). Montrer que z+1=z1, puis en déduire que z est un imaginaire pur.

  3. Pour zC{1}, on pose u=z+1z1.

    a. Montrer que u1, puis que z=u+1u1.

    b. Montrer que z est solution de (En) si et seulement si un=1.

    c. En déduire que zz+1z1 réalise une bijection de l'ensemble des solutions de (En) sur Un{1}, et que (En) admet exactement n1 solutions.

  4. Pour tout entier k tel que 1kn1, on pose uk=e2ikπ/n. Par la technique de l'arc moitié, factoriser uk+1 et uk1, puis montrer que

    uk+1uk1=icos ⁣(kπn)sin ⁣(kπn).
  5. Écrire l'ensemble des solutions de (En) et vérifier la cohérence avec la question 2. Traiter le cas n=3, en confirmant le résultat par un calcul direct.

Exercice 27 ★★★L'application z -> (z-i)/(z+i)

Affixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexeModule, propriétés et inégalité triangulaire

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v). On note A et B les points d'affixes respectives i et i. On pose D=C{i} et, pour tout zD,

f(z)=ziz+i.
  1. Justifier que f est bien définie sur D, et calculer f(0), f(1) et f(i3) sous forme algébrique.

  2. Soit zD et M le point d'affixe z. Montrer que f(z)=AMBM.

  3. Montrer que, pour zD,

    f(z)=1    zR.

    Interpréter géométriquement ce résultat à l'aide de la question 2.

  4. Montrer que, pour zD, f(z)<1    Im(z)>0. En déduire l'équivalence f(z)>1    Im(z)<0. Vérifier la cohérence avec les valeurs calculées à la question 1.

  5. Soit wC. Résoudre dans D l'équation f(z)=w, en distinguant les cas w=1 et w1. En déduire que f est injective et déterminer son image f(D).

  6. On note H={zC ; Im(z)>0} le demi-plan supérieur ouvert et Δ={wC ; w<1} le disque unité ouvert. Déduire des questions 4 et 5 que f réalise une bijection de H sur Δ.

Exercice 28 ★★★Caractériser un triangle équilatéral

Affixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexeRacines n-ièmes de l'unité et groupe U_n

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v) et l'on pose j=e2iπ/3. Soient A, B, C trois points deux à deux distincts, d'affixes respectives a, b, c.

On dit que le triangle ABC est équilatéral direct lorsque C est l'image de B par la rotation de centre A et d'angle π3, et équilatéral indirect lorsque C est l'image de B par la rotation de centre A et d'angle π3.

  1. Montrer que j3=1 et 1+j+j2=0, puis que j2=eiπ/3 et j=eiπ/3.

  2. a. Montrer que ABC est équilatéral direct si et seulement si ca=eiπ/3(ba).

    b. Montrer que, dans ce cas, AB=AC=BC : le triangle est bien équilatéral au sens usuel.

  3. En déduire que ABC est équilatéral direct si et seulement si a+jb+j2c=0.

  4. Établir de même que ABC est équilatéral indirect si et seulement si a+j2b+jc=0.

  5. Développer le produit (a+jb+j2c)(a+j2b+jc) et montrer qu'il vaut a2+b2+c2abbcca. En déduire que ABC est équilatéral (direct ou indirect) si et seulement si

    a2+b2+c2=ab+bc+ca.
  6. Application : on prend a=1, b=3 et c=2+i3. Montrer que ABC est équilatéral, puis préciser s'il est direct ou indirect.

Exercice 29 ★★★★Similitudes directes : nature et éléments caractéristiques

Translations, homothéties, rotations et similitudes directes

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v). Pour aC et bC, on note f la transformation du plan qui, au point M d'affixe z, associe le point M d'affixe z=az+b. On rappelle que si Ω, P, Q sont trois points d'affixes zΩ, zP, zQ avec PΩ et QΩ, alors arg ⁣(zQzΩzPzΩ) est une mesure de l'angle orienté (ΩP,ΩQ).

  1. On suppose a1. Montrer que f admet un unique point fixe, le point Ω d'affixe

    ω=b1a.
  2. Toujours pour a1, montrer que pour tout zC on a f(z)ω=a(zω) (écriture réduite). En déduire que, pour tout point MΩ,

    ΩM=a×ΩMet(ΩM,ΩM)arg(a) [2π],

    et conclure que f est la similitude directe de centre Ω, de rapport a et d'angle arg(a).

  3. À quelle condition sur a cette similitude est-elle une rotation ? une homothétie ? Que devient f lorsque a=1 ?

  4. Déterminer la nature et les éléments caractéristiques de chacune des transformations suivantes :

    a. f1(z)=(1+i)z+2

    b. f2(z)=2z+3i

    c. f3(z)=iz+1i

  5. Soient Ω1 et Ω2 deux points d'affixes ω1 et ω2, et θ un réel. On note r1 la rotation de centre Ω1 et d'angle θ, et r2 la rotation de centre Ω2 et d'angle θ. Déterminer l'expression complexe de r2r1 et montrer que cette composée est une translation, dont on précisera le vecteur. À quelle condition est-ce l'identité ?

Exercice 30 ★★★★Alignement, orthogonalité et cocyclicité

Affixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexe

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v). On note A, B, C, D des points d'affixes respectives a, b, c, d.

  1. On suppose A, B, C deux à deux distincts. Montrer que A, B, C sont alignés si et seulement si

    cabaR.
  2. a. Soient w et w deux vecteurs d'affixes respectives z et z. Montrer que leur produit scalaire vaut ww=Re(zz).

    b. En déduire que, pour A, B, C deux à deux distincts,

    (AB)(AC)    cabaiR.
  3. Application numérique. On pose a=1+i, b=3+2i, c=1 et d=3i.

    a. Montrer que A, B, C sont alignés et préciser la position de A sur le segment [BC].

    b. Montrer que (AB)(AD).

  4. On admet le critère suivant : si A, B, C, D sont deux à deux distincts, alors A, B, C, D sont alignés ou cocycliques si et seulement si

    cacb/dadbR.

    On prend désormais a=1, b=i, c=1 et d=3+4i5.

    a. Montrer que A, B, C ne sont pas alignés, puis que A, B, C, D sont cocycliques. Identifier le cercle en calculant les modules de a, b, c, d.

    b. Le point E d'affixe 2 appartient-il au cercle circonscrit au triangle ABC ? Justifier par le calcul du critère, puis retrouver la réponse directement.

Exercice 31 ★★★Le cas d'égalité dans l'inégalité triangulaire

Module, propriétés et inégalité triangulaire

Dans tout l'exercice, les lettres désignent des nombres complexes, R+ désigne l'ensemble des réels positifs ou nuls et U l'ensemble des nombres complexes de module 1.

  1. Soit wC. Montrer que Re(w)w, et que l'égalité a lieu si et seulement si wR+.

  2. Soient a et b deux nombres complexes.

    a. Montrer que a+b2=a2+2Re(ab)+b2.

    b. En déduire l'inégalité triangulaire a+ba+b.

    c. Montrer que a+b=a+b si et seulement si abR+.

    d. En déduire que a+b=a+b si et seulement si b=0 ou il existe λR+ tel que a=λb.

  3. Soit n un entier tel que n1. Montrer par récurrence que pour tous nombres complexes z1,,zn,

    k=1nzkk=1nzk.
  4. On suppose maintenant que z1,,zn réalisent le cas d'égalité, c'est-à-dire que k=1nzk=k=1nzk, et on pose S=k=1nzk.

    a. Montrer que si S=0, alors zk=0 pour tout entier k tel que 1kn.

    b. On suppose S0 et on pose u=SS. Montrer que uU, puis que k=1nRe(uzk)=k=1nzk.

    c. En déduire que uzkR+ pour tout k, puis qu'il existe uU et des réels positifs ou nuls λ1,,λn tels que zk=λku pour tout k.

  5. Application. Soient a, b, c trois nombres complexes de module 1 tels que a+b+c=3. Montrer que a=b=c.

Exercice 32 ★★★La valeur de cos(2 pi / 5) et le pentagone régulier

Racines n-ièmes de l'unité et groupe U_nÉquations du second degré dans C et relations coefficients-racines

On pose ω=e2iπ/5, puis

u=ω+ω4etv=ω2+ω3.
  1. Montrer que ω5=1 et que ω1. En déduire que 1+ω+ω2+ω3+ω4=0.

  2. Montrer que ω4=ω et que ω3=ω2. En déduire que

    u=2cos2π5etv=2cos4π5;

    en particulier, u et v sont réels.

  3. Calculer u+v, puis uv (on utilisera ω5=1 pour réduire les exposants).

  4. En déduire que u et v sont les deux racines de l'équation x2+x1=0, puis résoudre cette équation dans R.

  5. Déterminer le signe de u et celui de v. En déduire les valeurs exactes de cos2π5 et de cos4π5, et vérifier la cohérence des résultats avec des valeurs approchées.

  6. En déduire la valeur exacte de cosπ5, puis celle de sinπ5.

  7. Le pentagone régulier. Les points d'affixes ωk=e2ikπ/5, pour k entier tel que 0k4, sont les sommets d'un pentagone régulier inscrit dans le cercle unité. En factorisant 1ω par l'arc moitié, calculer la longueur exacte du côté de ce pentagone.

Exercice 33 ★★★Le produit des sin(k pi / n)

Racines n-ièmes de l'unité et groupe U_nTechnique de l'arc moitié et sommes trigonométriques

Soit n un entier tel que n2. Pour tout entier k tel que 0kn1, on pose ωk=e2ikπ/n : les ωk sont les n racines n-ièmes de l'unité, et ω0=1.

On admet le résultat suivant, qui sera démontré dans le chapitre consacré aux polynômes : pour tout zC,

zn1=k=0n1(zωk),

ainsi que le fait que l'égalité de la question 1 ci-dessous, obtenue pour z1, reste vraie pour z=1.

  1. Montrer que pour tout zC, (z1)j=0n1zj=zn1. En déduire que pour tout zC tel que z1,

    j=0n1zj=k=1n1(zωk).
  2. En évaluant cette égalité en z=1 (ce qui est licite d'après ce qui est admis ci-dessus), montrer que

    k=1n1(1ωk)=n.
  3. Soit k un entier tel que 1kn1. Montrer par la technique de l'arc moitié que

    1ωk=2isinkπneikπ/n,

    puis que 1ωk=2sinkπn (on justifiera soigneusement le signe du sinus).

  4. En déduire que

    k=1n1sinkπn=n2n1.
  5. Vérifier ce résultat par un calcul direct pour n=3, puis pour n=4, puis pour n=6.

Exercice 34 ★★★Sommes des C(n,k) cos(k theta)

Formules d'Euler et de Moivre, linéarisation, expression de cos(nt)Technique de l'arc moitié et sommes trigonométriquesForme trigonométrique, module et argument, congruences modulo 2 pi

Soit n un entier tel que n1 et soit θ un nombre réel. On pose

A=k=0n(nk)cos(kθ)etB=k=0n(nk)sin(kθ).
  1. Montrer que A+iB=(1+eiθ)n, et justifier que A et B sont respectivement la partie réelle et la partie imaginaire de ce nombre.

  2. Établir, par la technique de l'arc moitié, que 1+eiθ=2cosθ2eiθ/2.

  3. En déduire que (1+eiθ)n=2ncosnθ2  einθ/2, puis que

    A=2ncosnθ2cosnθ2etB=2ncosnθ2sinnθ2.

    On prendra garde au fait que cosθ2 peut être négatif : expliquer pourquoi ces deux formules restent néanmoins valables, et pourquoi le nombre 2ncosnθ2 n'est pas toujours le module de (1+eiθ)n.

  4. Traiter à part le cas θπ [2π] : calculer directement A et B, et vérifier la cohérence avec la question 3.

  5. Application. Pour θ=π2, montrer que A=(2)ncosnπ4 et B=(2)nsinnπ4. Vérifier ces formules par le calcul direct des sommes pour n=2, puis pour n=3.

  6. Application. Pour θ=2π3, montrer que k=0n(nk)cos2kπ3=cosnπ3, et vérifier cette égalité pour n=2.

Exercice 35 ★★★★Résoudre (1+iz) puissance n = (1-iz) puissance n

Racines n-ièmes de l'unité et groupe U_nForme trigonométrique, module et argument, congruences modulo 2 piExponentielle complexe et résolution de exp(z) = a

Soit n un entier tel que n1. On cherche tous les nombres complexes z solutions de l'équation

(E):(1+iz)n=(1iz)n.
  1. Vérifier que pour tout zC, 1+iz=i(zi) et 1iz=i(z+i). En déduire que toute solution de (E) vérifie zi=z+i, puis que toute solution de (E) est un nombre réel (on interprétera cette égalité de distances dans le plan complexe).

  2. Montrer que z=i n'est pas solution de (E), et donc que 1iz0 pour toute solution.

  3. Soit zC tel que zi. On pose u=1+iz1iz.

    a. Montrer que u1.

    b. Montrer que z est solution de (E) si et seulement si un=1.

    c. Montrer que z=u1i(1+u). En déduire que deux valeurs distinctes de u fournissent deux valeurs distinctes de z.

  4. Résoudre un=1. Soit k un entier tel que 0kn1 et ωk=e2ikπ/n.

    a. Montrer que 1+ωk=2coskπneikπ/n et que ωk1=2isinkπneikπ/n.

    b. Montrer que 1+ωk=0 si et seulement si n est pair et k=n2.

    c. Lorsque 1+ωk0, montrer que le nombre z associé à u=ωk vaut tankπn.

  5. Conclure : donner l'ensemble des solutions de (E) et leur nombre, en discutant selon la parité de n.

  6. Application. Résoudre (E) pour n=3, puis pour n=4, et vérifier les solutions obtenues.

Exercice 36 ★★★★Le théorème de Napoléon

Translations, homothéties, rotations et similitudes directesAffixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexeRacines n-ièmes de l'unité et groupe U_n

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v) et l'on pose j=e2iπ/3.

Soit ABC un triangle de sens direct, d'affixes respectives a, b et c (les trois points sont deux à deux distincts et non alignés). Sur chacun de ses côtés, on construit vers l'extérieur du triangle un triangle équilatéral :

  • sur [AB], le triangle équilatéral ABC1, le point C1 étant de l'autre côté de la droite (AB) que C ;
  • sur [BC], le triangle équilatéral BCA1, le point A1 étant de l'autre côté de la droite (BC) que A ;
  • sur [CA], le triangle équilatéral CAB1, le point B1 étant de l'autre côté de la droite (CA) que B.

On note P, Q et R les centres respectifs de ces trois triangles équilatéraux, le centre d'un triangle équilatéral étant son isobarycentre, et p, q, r leurs affixes. L'objectif est de démontrer le théorème de Napoléon : le triangle PQR est équilatéral.

Deux conventions sont utilisées dans tout l'exercice. D'une part, on dit que le triangle de sommets d'affixes α, β, γ deux à deux distinctes est équilatéral direct lorsque le point d'affixe γ est l'image du point d'affixe β par la rotation de centre le point d'affixe α et d'angle π3. D'autre part, on admet le fait géométrique suivant, qui se lit sur une figure : comme ABC est de sens direct, les trois triangles BAC1, CBA1 et ACB1 (sommets pris dans cet ordre) sont équilatéraux directs.

  1. Montrer que j3=1 et que 1+j+j2=0. En déduire les égalités 1+j=j2, 1+j2=j, j+j2=1 et 1j2=j.

  2. Montrer que eiπ/3=j2. En déduire que, pour α, β, γ deux à deux distinctes, le triangle correspondant est équilatéral direct si et seulement si α+jβ+j2γ=0.

  3. Montrer que l'affixe de C1 est c1=j2ajb, puis que p=(1j2)a+(1j)b3.

  4. Écrire de même q et r en fonction de a, b, c et j.

  5. Montrer que p+jq+j2r=0.

  6. Montrer que les points P, Q et R sont deux à deux distincts, puis conclure.

Bloqué sur « Nombres complexes » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.