MPSI · Chapitre 03 · Premier semestre

Nombres complexes

Module, conjugaison, forme trigonométrique, équations algébriques, racines n-ièmes, exponentielle complexe, similitudes directes.

Ce qu'il faut savoir faire

  • Module
  • Conjugaison
  • Forme trigonométrique
  • Équations algébriques
  • Racines n-ièmes
  • Exponentielle complexe
  • Similitudes directes

Le cours

Le corps des nombres complexes

L'équation n'a aucune solution réelle, puisque le carré d'un réel est toujours positif ou nul. On construit alors un ensemble de nombres plus vaste que , dans lequel cette équation possède une solution, et dans lequel on calcule avec les mêmes règles que dans . Cet ensemble est l'ensemble des nombres complexes.

L'ensemble et l'écriture algébrique

Définition

On admet l'existence d'un ensemble, noté et appelé ensemble des nombres complexes, vérifiant les quatre propriétés suivantes.

  1. contient .
  2. est muni d'une addition et d'une multiplication qui prolongent celles de et qui obéissent aux mêmes règles de calcul (associativité, commutativité, distributivité de la multiplication sur l'addition, éléments neutres et ).
  3. contient un élément noté vérifiant .
  4. Tout élément de s'écrit sous la forme avec .

La construction de (à partir de couples de réels, par exemple) n'est pas au programme : est donné, avec ses opérations, et est identifié à une partie de , à savoir l'ensemble des complexes de la forme . Tout ce que nous ferons repose uniquement sur les quatre points ci-dessus et sur les propriétés déjà connues de .

Propriété

Unicité de l'écriture algébrique. Pour tout , il existe un unique couple tel que .

Démonstration. L'existence est le point 4 de la définition. Montrons l'unicité. Soient et deux couples de réels tels que . En regroupant, on obtient

Supposons par l'absurde . Alors , et on peut écrire

Le membre de droite est un quotient de deux réels dont le dénominateur est non nul : c'est donc un réel. Ainsi serait un réel, et par conséquent , puisque le carré d'un réel est positif ou nul. Or : c'est une contradiction.

Donc . L'égalité devient alors , c'est-à-dire . Les deux couples coïncident, d'où l'unicité.

Définition

Soit , d'écriture algébrique avec .

  • Le réel s'appelle la partie réelle de , notée .
  • Le réel s'appelle la partie imaginaire de , notée .

On dit que est réel lorsque , et que est imaginaire pur lorsque . L'ensemble des imaginaires purs est noté . On note enfin .

Deux pièges de vocabulaire et de notation, à éliminer tout de suite.

  • La partie imaginaire de est un réel : , et non .
  • Il n'existe aucune relation d'ordre utilisable sur : une inégalité du type entre deux complexes non réels n'a pas de sens et ne doit jamais être écrite. Les seules inégalités qui apparaîtront porteront sur des réels, en pratique sur des modules ou sur des parties réelles.

Propriété

Soient et deux complexes écrits sous forme algébrique. Alors

En particulier et , et pour tout réel , et .

Démonstration. La formule de la somme et celle de l'opposé s'obtiennent en regroupant les termes, ce qui est licite d'après le point 2 de la définition. Pour le produit, on développe en utilisant la distributivité, puis :

Les réels et étant bien des réels, l'unicité de l'écriture algébrique donne aussitôt les parties réelle et imaginaire annoncées.

Propriété

Tout complexe non nul est inversible. Plus précisément, si est non nul, alors et

Démonstration. Supposons . Si on avait , alors, somme de deux réels positifs ou nuls étant nulle, on aurait et , donc , donc : exclu. Ainsi et le quotient ci-dessus a un sens.

Calculons alors, en utilisant la formule du produit :

En divisant par le réel non nul , on obtient

ce qui prouve que est inversible, d'inverse .

On résume l'ensemble de ces propriétés en disant que est un corps commutatif : on y additionne, soustrait, multiplie et divise (par un élément non nul) exactement comme dans . La théorie générale des corps n'est pas au programme de ce chapitre ; l'expression n'est ici qu'une abréviation commode. Une conséquence à retenir : dans comme dans , un produit est nul si et seulement si l'un de ses facteurs est nul.

En revanche, et sont additives mais ne sont pas multiplicatives : en général . Le contre-exemple minimal est :

Il n'y a donc jamais lieu d'écrire : pour obtenir la partie réelle d'un produit, on développe.

Conjugaison

Définition

Soit , d'écriture algébrique . On appelle conjugué de le complexe

Ainsi et .

Propriété

Règles de calcul. Pour tous :

  1. et ;
  2. ;
  3. (la conjugaison est involutive) ;
  4. si , alors et , puis ;
  5. pour tout , , et cette égalité vaut aussi pour lorsque .

Démonstration. Posons et avec réels.

Point 1. On a , donc . Le cas de l'opposé est identique.

Point 2. D'une part , donc

D'autre part, en appliquant la formule du produit aux complexes et ,

Les deux expressions coïncident, d'où l'égalité.

Point 3. .

Point 4. Supposons . Si on avait , alors en conjuguant et en utilisant le point 3, on obtiendrait , ce qui est exclu : donc . Conjuguons maintenant l'égalité en utilisant le point 2 :

ce qui montre que est l'inverse de , c'est-à-dire . Le cas du quotient s'en déduit en écrivant et en appliquant le point 2.

Point 5. Raisonnons par récurrence sur . Pour , . Soit tel que . Alors, par le point 2,

La propriété est donc vraie pour tout . Si et avec , le point 4 donne .

Propriété

Conjugaison, parties réelle et imaginaire. Pour tout :

De plus, on dispose des deux caractérisations fondamentales :

Démonstration. Écrivons avec réels. Alors

Comme et , on peut diviser, ce qui donne les deux expressions de et .

Montrons la première caractérisation. On a la chaîne d'équivalences

la deuxième équivalence venant de . De même, pour la seconde,

Ces deux caractérisations sont l'outil de référence pour démontrer qu'un complexe est réel, ou imaginaire pur, sans le mettre sous forme algébrique. Elles seront utilisées constamment.

Méthode : mettre un quotient sous forme algébrique

Méthode

Mettre un quotient sous forme algébrique. Pour écrire (avec ) sous la forme , on procède toujours ainsi.

  1. Multiplier le numérateur et le dénominateur par , le conjugué du dénominateur.
  2. Le nouveau dénominateur vaut : c'est un réel strictement positif.
  3. Développer le numérateur en utilisant .
  4. Séparer la partie réelle et la partie imaginaire en distribuant le dénominateur réel.

Exemple

Mettons sous forme algébrique.

Le conjugué du dénominateur est . Donc

Ainsi et .

Exemple

Puissances de . On a , , , , puis . Les puissances de se répètent donc de en .

Soit . La division euclidienne de par fournit un entier et un entier avec tels que . Alors

La valeur de ne dépend donc que du reste : elle vaut si , si , si et si .

Application : , donc .

Représentation dans le plan complexe

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct .

Définition

À tout complexe (avec réels) on associe le point de coordonnées : s'appelle l'image de , et s'appelle l'affixe de , notée . On note le point d'affixe .

De même, l'affixe d'un vecteur de coordonnées est le complexe . Muni de cette correspondance, le plan s'appelle le plan complexe : l'axe des abscisses est l'axe des réels, l'axe des ordonnées l'axe des imaginaires purs.

L'application qui à un point associe son affixe est une bijection du plan sur : c'est exactement l'unicité de l'écriture algébrique. Tout énoncé de géométrie plane peut donc se traduire en un énoncé sur les complexes, et réciproquement.

Propriété

Soient , deux points d'affixes , , soient , deux vecteurs d'affixes , , et soit .

  1. Le vecteur a pour affixe .
  2. Le vecteur a pour affixe , et a pour affixe .
  3. Le milieu de a pour affixe .

Démonstration. Notons et . Le vecteur a pour coordonnées , donc pour affixe . Les points 2 et 3 se démontrent de la même façon, en écrivant les coordonnées des vecteurs et du milieu, puis en regroupant parties réelles et parties imaginaires.

Deux lectures géométriques des opérations élémentaires méritent d'être retenues.

  • Le point d'affixe est le symétrique du point d'affixe par rapport à l'axe des abscisses : passer de à , c'est précisément cette symétrie.
  • Le point d'affixe est le symétrique du point d'affixe par rapport à l'origine , puisqu'on passe de à .

On retrouve ainsi géométriquement la caractérisation : un point est confondu avec son symétrique par rapport à l'axe des abscisses si et seulement s'il appartient à cet axe.

Module et inégalité triangulaire

Définition et premières propriétés

Définition

Soit un complexe écrit sous forme algébrique. Le réel étant positif ou nul, on peut poser

appelé module de . Si est le point d'affixe , alors : le module est la distance de l'image de à l'origine.

Lorsque est réel, disons , on a : le module prolonge la valeur absolue, et la notation est cohérente.

Propriété

Pour tout :

  1. ;
  2. , et ;
  3. et ;
  4. et ;
  5. , avec égalité si et seulement si est un réel positif ou nul.

Démonstration. Posons avec réels.

Point 1. On a déjà calculé , et par définition . D'où l'égalité.

Point 2. Une racine carrée est positive ou nulle, donc . De plus équivaut à , donc, somme de deux réels positifs ou nuls, à , c'est-à-dire à , c'est-à-dire à .

Point 3. Les complexes et ont pour modules respectifs et , tous deux égaux à .

Point 4. Comme , on a , et la fonction racine carrée étant croissante sur , il vient , c'est-à-dire , soit . Le même raisonnement avec donne .

Point 5. On a . Étudions le cas d'égalité. Si , alors en élevant au carré (les deux membres sont positifs ou nuls, car ) on obtient , donc , donc : le complexe est réel, et il est positif ou nul puisque . Réciproquement, si avec , alors .

Le point 1 est l'outil de calcul central du chapitre : il transforme un module, objet peu maniable car il contient une racine carrée, en un produit, objet parfaitement algébrique. Presque toutes les démonstrations qui suivent commencent par « calculons ».

Propriété

Pour tous :

  1. ;
  2. pour tout , (et pour tout si ) ;
  3. si , et .

Démonstration. Point 1. Calculons le carré du membre de gauche, en utilisant puis la multiplicativité de la conjugaison et la commutativité du produit :

Les réels et sont positifs ou nuls et ont le même carré ; comme la fonction est strictement croissante sur , elle y est injective, donc .

Point 2. Récurrence sur . Pour : . Si pour un certain , alors, par le point 1, . La propriété est donc vraie pour tout .

Point 3. Supposons , donc . Le point 1 appliqué à et donne

d'où . Le cas du quotient s'obtient en écrivant et en appliquant de nouveau le point 1. Enfin, pour avec et , on a .

L'inégalité triangulaire

Propriété

Inégalité triangulaire. Pour tous ,

Démonstration. Commençons par développer le carré du module de la somme, en utilisant :

où l'on a utilisé . Or, pour tout complexe , . En appliquant cela à , on obtient l'identité fondamentale

Majorons maintenant le terme du milieu. D'après la propriété précédente, pour tout complexe , donc

Par conséquent

Les réels et sont positifs ou nuls et leurs carrés sont rangés dans cet ordre ; la fonction étant strictement croissante sur , on en déduit .

Propriété

Cas d'égalité. Soient . On a si et seulement si , c'est-à-dire si et seulement si l'un des deux complexes est nul, ou bien il existe tel que .

Démonstration. Reprenons la démonstration précédente. Les deux membres étant positifs ou nuls, l'égalité équivaut à l'égalité des carrés, c'est-à-dire, d'après l'identité fondamentale, à

Or, on a vu que pour un complexe , l'égalité a lieu si et seulement si . L'égalité équivaut donc à .

Traduisons cette condition. Si (ou si ), alors et l'égalité est bien réalisée. Supposons maintenant et posons avec . En multipliant par , il vient , c'est-à-dire , d'où

Réciproquement, si avec , alors

puisque pour . L'équivalence est établie.

Géométriquement : la longueur du chemin est toujours au moins égale à la longueur du chemin direct , avec égalité exactement lorsque appartient au segment . C'est le contenu du mot « triangulaire ».

Propriété

Inégalité triangulaire inversée. Pour tous ,

Démonstration. Écrivons et appliquons l'inégalité triangulaire à cette somme :

En échangeant les rôles de et , on obtient de même

la dernière égalité venant de . Le réel est égal à ou à ; dans les deux cas il est majoré par . D'où l'inégalité annoncée.

Propriété

Généralisation à termes. Soit et soient des complexes. Alors

Démonstration. Par récurrence sur . Pour , l'inégalité s'écrit : elle est vraie. Soit tel que l'inégalité soit vraie pour toute famille de complexes. Soient des complexes. En appliquant d'abord l'inégalité triangulaire à deux termes, puis l'hypothèse de récurrence,

La propriété est donc vraie au rang , et par récurrence pour tout .

Interprétation en termes de distances

Propriété

Soient et deux points du plan complexe, d'affixes et . Alors

Par conséquent, pour , et le point d'affixe :

  • est le cercle de centre et de rayon ;
  • est le disque fermé de centre et de rayon ;
  • est la médiatrice du segment , pour .

Démonstration. Le vecteur a pour affixe , et la longueur est la norme de ce vecteur. Or si un vecteur a pour affixe , ses coordonnées sont et sa norme vaut , c'est-à-dire le module de son affixe. D'où .

Les trois descriptions suivent immédiatement : signifie , ce qui définit le cercle ; signifie , ce qui définit le disque fermé ; et signifie , ce qui caractérise la médiatrice de .

Méthode

Déterminer un ensemble de points défini par des modules. Deux stratégies, à essayer dans cet ordre.

  1. Voie géométrique. Réécrire chaque module sous la forme , le lire comme une distance , puis reconnaître une configuration du cours : (cercle), (disque), (médiatrice), (couronne). C'est la voie la plus rapide quand elle aboutit.
  2. Voie calculatoire. Poser avec réels, élever les deux membres au carré (licite : ils sont positifs ou nuls), développer, simplifier. On obtient une équation cartésienne en et que l'on identifie (droite, cercle).

Dans les deux cas, conclure par une phrase décrivant l'ensemble, et non par une équation seule.

Exemple

Déterminons l'ensemble .

Voie géométrique. Notons le point d'affixe et celui d'affixe . La condition s'écrit : l'ensemble est la médiatrice du segment .

Voie calculatoire. Posons . Les deux membres étant positifs, l'égalité équivaut à l'égalité des carrés :

En développant, , soit , c'est-à-dire .

Les deux voies concordent : est la droite d'équation , qui est bien la médiatrice de avec et .

Nombres complexes de module 1, exponentielle imaginaire et trigonométrie

L'ensemble et la notation

Définition

On note

l'ensemble des nombres complexes de module . Les images des éléments de sont exactement les points du cercle trigonométrique, c'est-à-dire le cercle de centre et de rayon .

Pour tout réel , on pose

Comme , on a bien pour tout réel . Il faut noter que, pour l'instant, la notation est une pure notation : elle ne suppose aucune théorie de l'exponentielle. Les propriétés démontrées ci-dessous justifieront a posteriori le choix de cette écriture.

Propriété

Paramétrisation du cercle trigonométrique (admise). L'application , de dans , est surjective : pour tout , il existe tel que .

Ce résultat est admis : il repose sur les propriétés des fonctions cosinus et sinus établies au chapitre de trigonométrie (tout point du cercle trigonométrique est repéré par un angle). Nous verrons plus bas que ce réel n'est pas unique, mais qu'il l'est modulo .

Propriété

est un groupe multiplicatif : il contient , il est stable par produit et par passage à l'inverse. De plus, pour ,

Démonstration. On a donc . Si , alors , donc : est stable par produit. Si , alors donc , et , donc : est stable par inverse. Comme la multiplication est associative et commutative sur et que en est l'élément neutre, on résume ces trois faits en disant que est un groupe multiplicatif. (La théorie des groupes n'est pas au programme de ce chapitre : cette phrase est un simple résumé.)

Pour la caractérisation, soit . On a

la deuxième équivalence étant licite car , et la dernière car .

Propriété

Règles de calcul. Pour tous réels , , :

  1. , , , ;
  2. ;
  3. ;
  4. pour tout .

Démonstration. Point 1. Ce sont les valeurs usuelles : et donnent ; et donnent ; et donnent ; enfin et donnent .

Point 3. Développons le produit, puis utilisons les formules d'addition de la trigonométrie :

Point 2. Par parité du cosinus et imparité du sinus,

D'autre part, le point 3 avec et donne , ce qui montre que est l'inverse de .

Point 4. Un complexe de module n'est pas nul, puisque .

C'est le point 3 qui justifie la notation exponentielle : transforme les sommes en produits, exactement comme l'exponentielle réelle.

Propriété

Égalité de deux exponentielles imaginaires. Pour tous réels et ,

c'est-à-dire s'il existe tel que . En particulier, .

Démonstration. Comme , on peut multiplier par :

Posons . Par unicité de l'écriture algébrique,

Or l'égalité entraîne à elle seule , donc : la condition se réduit à , c'est-à-dire , ce qui équivaut (résultat de trigonométrie) à ou , donc à .

Finalement .

Cette propriété est la source des congruences modulo dans tout le chapitre : deux angles donnent le même point du cercle si et seulement s'ils diffèrent d'un multiple entier de .

Formules de Moivre et d'Euler

Propriété

Formule de Moivre. Pour tout et tout ,

Démonstration. Cas : récurrence. Notons la proposition « ».

Initialisation. Pour , et : est vraie.

Hérédité. Soit tel que soit vraie. Alors, en utilisant ,

Donc est vraie.

Conclusion partielle. Par récurrence, est vraie pour tout .

Cas entier négatif. Soit avec , et posons . Comme , on a

où l'on a utilisé le cas positif puis .

La formule vaut donc pour tout . La seconde écriture s'obtient en remplaçant chaque exponentielle par sa définition.

Propriété

Formules d'Euler. Pour tout ,

Démonstration. Par définition de la notation exponentielle et par parité du cosinus et imparité du sinus,

En additionnant ces deux égalités, les termes en sinus se compensent : , d'où la première formule en divisant par . En les soustrayant, les termes en cosinus se compensent : , d'où la seconde en divisant par , qui est non nul.

Moivre et Euler sont les deux sens d'une même correspondance. Moivre part d'un angle multiple et le ramène à des puissances : il sert à exprimer en fonction de . Euler part d'une puissance de ou et la ramène à des angles multiples : il sert à linéariser. Choisir la bonne formule, c'est d'abord regarder dans quel sens on veut aller.

Linéarisation

Méthode

Linéariser ou , c'est-à-dire l'écrire comme combinaison linéaire de et . On procède en quatre temps.

  1. Remplacer par (ou par ) et sortir la constante (ou ).
  2. Développer la puissance avec la formule du binôme de Newton.
  3. Regrouper les termes deux à deux, en appariant l'exposant et l'exposant : chaque paire donne , ou .
  4. Simplifier les constantes, et vérifier le résultat en .

Exemple

Linéarisation de . Par la formule d'Euler puis le binôme de Newton,

Vérification en : le membre de gauche vaut , le membre de droite . Cohérent.

Exprimer en polynôme de

Méthode

Exprimer et en fonction de et . C'est le mouvement inverse du précédent.

  1. Écrire la formule de Moivre : .
  2. Développer le membre de droite avec la formule du binôme de Newton, en calculant les puissances de .
  3. Identifier parties réelles et parties imaginaires (licite par unicité de l'écriture algébrique, et étant réels) : est la partie réelle, la partie imaginaire.
  4. Utiliser pour éliminer les puissances paires de et obtenir un polynôme en .

Exemple

Cas . La formule de Moivre donne . Développons par le binôme, avec et :

En identifiant les parties réelles puis les parties imaginaires,

Il reste à éliminer les puissances paires. Avec :

Avec :

Vérification en : et . Cohérent.

La technique de l'arc moitié

C'est le geste le plus rentable du chapitre. Une somme comme n'est ni un module ni une exponentielle : on ne sait rien en faire directement. En factorisant par l'exponentielle de l'angle moitié, on la transforme en produit d'un réel et d'une exponentielle, forme sur laquelle module et argument se lisent.

Méthode

Technique de l'arc moitié. Devant une somme ou une différence d'exponentielles imaginaires, on factorise par l'exponentielle de la demi-somme des angles. Les quatre formules à savoir retrouver instantanément sont, pour tous réels , , :

Démonstration. Factorisons par , ce qui est licite puisque et :

la dernière égalité étant la formule d'Euler appliquée à l'angle . De même,

Pour les deux formules générales, on factorise par :

en utilisant à chaque fois les formules d'Euler pour l'angle . Les deux premières formules sont d'ailleurs les cas particuliers , et , .

Avertissement sur le signe. L'écriture n'est pas une forme trigonométrique en général, car le facteur n'est pas nécessairement positif. Pour en déduire le module et un argument, il faut discuter :

  • si , alors et est un argument de ;
  • si , alors , et il faut ajouter à l'argument, en écrivant ;
  • si , alors et il n'y a pas d'argument.

En pratique, l'énoncé restreint souvent à l'intervalle , sur lequel et donc : le premier cas s'applique, et la lecture est immédiate. Ne jamais écrire « donc le module vaut » sans avoir vérifié ce signe.

Sommes trigonométriques

Exemple

Somme géométrique d'exponentielles. Soient et . Calculons .

Par la formule de Moivre, : la somme est géométrique, de raison . Deux cas se présentent.

Premier cas : . Alors , chaque terme vaut , et .

Second cas : . Alors et la formule de la somme géométrique s'applique :

Exemple

Suite : factorisation par l'arc moitié. Plaçons-nous dans le second cas, . Comme , le réel n'est pas un multiple entier de , donc . Factorisons haut et bas par l'angle moitié :

En prenant partie réelle et partie imaginaire (le quotient de sinus est un réel), on obtient pour :

Dans le cas , les sommes valent respectivement et .

Le schéma est à retenir tel quel : somme géométrique, puis arc moitié en haut et en bas, puis parties réelle et imaginaire. La discussion du cas n'est pas une précaution de style : sans elle, on divise par .

Forme trigonométrique et arguments

Définition, existence et unicité

Définition

Soit . On appelle forme trigonométrique (ou forme exponentielle) de toute écriture

Le réel s'appelle alors un argument de ; on note . L'unique argument appartenant à s'appelle l'argument principal de .

Le complexe n'a pas d'argument : dans l'écriture on impose , et de toute façon aucun angle ne peut être associé au point . Toute rédaction qui parle de doit donc commencer par s'assurer que .

Propriété

Existence et unicité. Tout admet une forme trigonométrique. De plus, si avec et réels, alors

Ainsi le module est déterminé, et l'argument est déterminé modulo : l'ensemble des arguments de est .

Démonstration. Existence. Soit . Alors , et le complexe a pour module : il appartient à . D'après la paramétrisation du cercle trigonométrique, il existe tel que , d'où

qui est bien une forme trigonométrique puisque .

Unicité. Supposons avec . En prenant les modules et en utilisant ainsi que ,

et de même : donc . En divisant l'égalité par le réel , il reste , ce qui équivaut à d'après l'étude de l'égalité de deux exponentielles imaginaires.

Propriété

Égalité sous forme trigonométrique. Soient et . Alors

Démonstration. Le sens direct est l'unicité démontrée ci-dessus. Réciproquement, si et avec , alors (toujours par la même propriété), donc .

C'est l'outil de résolution des équations : pour identifier deux complexes écrits sous forme trigonométrique, on identifie les modules et les arguments modulo . Oublier le « modulo » revient à perdre des solutions.

Propriétés des arguments

Propriété

Soient et . Alors , , , et sont non nuls, et

Démonstration. Écrivons et avec . Alors, par les règles de calcul sur les exponentielles imaginaires,

Comme , cette écriture est une forme trigonométrique de : par unicité, et est un argument de , ce qui est l'énoncé.

De même avec , d'où ; le cas du quotient s'obtient en combinant les deux précédents. Ensuite , d'où .

Pour la puissance, la formule de Moivre donne , et : donc . Enfin , donc .

Propriété

Caractérisations. Soit . Alors :

  • ;
  • , et ;
  • .

Démonstration. Écrivons avec .

Si , alors donc . Réciproquement, si est un réel strictement positif, alors avec est une forme trigonométrique de , donc par unicité .

Si , alors et ; réciproquement, si , alors avec , donc . Un réel non nul étant strictement positif ou strictement négatif, on obtient si et seulement si ou , ce qui se résume en .

Enfin est imaginaire pur non nul si et seulement si est réel non nul, c'est-à-dire, d'après ce qui précède et , si et seulement si , soit .

Méthode : passer de la forme algébrique à la forme trigonométrique

Méthode

De à . Soit non nul.

  1. Calculer le module .
  2. Factoriser par : . Le complexe entre parenthèses est de module .
  3. Chercher tel que et , en lisant les valeurs remarquables du cercle trigonométrique. Les deux conditions sont nécessaires : le cosinus seul ne détermine qu'au signe près.
  4. Conclure , et vérifier en redéveloppant.

Exemple

Cas de . Le module vaut

Factorisons par :

On cherche tel que et . Le cosinus est négatif et le sinus positif : est dans le deuxième quadrant, et les valeurs remarquables donnent . Donc

Vérification : . Cohérent.

Exemple

Cas de . Le module vaut , donc

On cherche tel que et : c'est . Donc

On en déduit immédiatement, par la formule de Moivre, des puissances autrement pénibles : par exemple .

Méthode : transformer

Méthode

Écrire sous la forme . Soient et deux réels non tous deux nuls, et .

  1. Factoriser par : .
  2. Comme , le complexe est de module : il existe donc tel que et .
  3. Reconnaître la formule d'addition : , d'où le résultat

Deuxième voie, par les complexes. On peut aussi remarquer que, pour tous réels , , ,

En écrivant sous forme trigonométrique, avec , il vient

ce qui redonne la même conclusion. Cette seconde voie est souvent plus rapide dès que et ne sont pas des valeurs remarquables.

Exemple

Transformation de . Ici et , donc

Factorisons par :

On cherche tel que et : c'est . Donc

Exemple

Deux applications de la transformation précédente.

Résolution d'une équation. Résolvons dans . L'équation équivaut à , soit . On en déduit

c'est-à-dire ou .

Recherche d'un maximum. Pour tout réel , , donc . Cette borne est atteinte : pour , . La valeur maximale de est donc , atteinte exactement pour .

La transformation est l'outil standard pour deux questions qui reviennent sans cesse : résoudre une équation où cosinus et sinus apparaissent simultanément (impossible tant qu'ils sont séparés, immédiat une fois regroupés), et encadrer une telle expression, puisque le facteur donne aussitôt le maximum et le minimum .

L'exponentielle complexe

Nous savons donner un sens à pour réel, et un sens à pour réel. Il reste à réunir les deux en une seule notation, valable pour tout nombre complexe. La construction est la plus économique possible : on découpe en partie réelle et partie imaginaire, et on définit de sorte que la relation fonctionnelle reste vraie. Tout le contenu de cette section tient dans cette exigence.

Définition

Pour tout nombre complexe , on pose

Autrement dit, si avec et réels,

Le complexe s'appelle l'exponentielle de et se note aussi .

Deux vérifications de cohérence s'imposent immédiatement, car la notation entre en concurrence avec deux notations déjà utilisées.

  • Si est réel, et , donc : on retrouve exactement l'exponentielle réelle.
  • Si est imaginaire pur, et , donc : on retrouve exactement l'exponentielle imaginaire de la section 3.

La notation ne crée donc aucune ambiguïté : les trois définitions coïncident sur leur domaine commun. Deux calculs immédiats pour se familiariser :

Dans chacun de ces calculs, on sépare d'abord la partie réelle (qui donne un facteur réel strictement positif) de la partie imaginaire (qui donne un complexe de module ). C'est le geste à retenir.

Propriété

Soient et deux nombres complexes.

  1. .
  2. , et .
  3. et .
  4. .
  5. Pour tout , : la fonction est périodique de période .

Démonstration. Posons et , avec , , , réels.

Point 1. Par définition, puis en regroupant les facteurs réels d'un côté et les facteurs de module de l'autre,

où l'on a utilisé la relation dans et la relation établie à la section 3. Or , donc et , ce qui montre que le dernier membre est exactement .

Point 2. Le point 1 appliqué à donne . Un produit valant , aucun des deux facteurs n'est nul : , et est bien l'inverse de .

Point 3. Le module d'un produit est le produit des modules, donc , car est un réel strictement positif et est de module . L'écriture avec est donc une forme trigonométrique de : par unicité du module et de l'argument modulo dans une telle écriture (section 4), .

Point 4. Le conjugué d'un produit est le produit des conjugués, est réel et , donc

Point 5. Soit . D'après le point 1, , et . D'où le résultat.

Le point 5 mérite qu'on s'y arrête : contrairement à l'exponentielle réelle, qui est injective, l'exponentielle complexe prend la même valeur en une infinité de points. La propriété suivante dit exactement quand deux complexes ont la même exponentielle.

Propriété

Soient et deux nombres complexes. Alors

En particulier, si et seulement si .

Démonstration. Traitons d'abord le cas particulier annoncé en second, qui contient toute la difficulté. Soit un complexe, avec et réels.

Sens direct. Supposons . En passant aux modules et en utilisant le point 3 de la propriété précédente, . L'exponentielle réelle étant injective sur (elle est strictement croissante), il vient . L'égalité se réduit alors à , c'est-à-dire , soit, en identifiant parties réelle et imaginaire, et . Ce système équivaut à , donc il existe tel que . Finalement , donc .

Sens réciproque. Supposons avec . Alors et , donc .

Cas général. Comme , on peut diviser par :

la dernière équivalence venant du point 1 de la propriété précédente. D'après le cas particulier appliqué à , ceci équivaut à .

Nous disposons maintenant de tout ce qu'il faut pour résoudre l'équation , qui est l'exercice type de cette section.

Méthode

Résoudre , où est un complexe donné.

  1. Si : aucune solution, car ne s'annule jamais. On suppose désormais .
  2. Mettre sous forme exponentielle : avec et un argument de .
  3. Poser avec et réels. Alors , avec : c'est une forme trigonométrique. Identifier module et argument :
  1. Résoudre dans : équivaut à , et équivaut à avec .
  2. Conclure : l'ensemble des solutions est .

L'étape 3 est le coeur de la méthode : on ne compare pas deux formes algébriques, on compare deux formes trigonométriques, ce qui donne une égalité de réels strictement positifs d'un côté et une congruence modulo de l'autre. Toute autre voie (développer et ) rallonge inutilement.

Exemple

Résolvons .

Le second membre est non nul. On a et , donc . Posons avec réels. Alors

L'ensemble des solutions est donc .

Vérification pour : .

Exemple

Résolvons .

On a et . Avec ,

L'ensemble des solutions est .

Vérification pour : .

Cette méthode prouve au passage un fait important : tout complexe non nul est l'exponentielle d'un complexe, et il l'est d'une infinité de façons, les antécédents se déduisant les uns des autres par ajout d'un multiple entier de .

Remarque. L'application n'est donc pas injective sur , et il n'existe pas de « logarithme complexe » défini de façon unique sur : l'écriture pour complexe non réel n'a aucun sens dans ce cours, et la question dépasse le programme.

Racines -ièmes

L'équation n'a que deux solutions réelles au plus (, et si est pair). Dans , la situation est bien plus riche et parfaitement régulière : il y a toujours exactement solutions, réparties de façon uniforme sur le cercle unité. C'est l'un des plus beaux résultats élémentaires du chapitre, et l'outil de nombreux calculs.

Définition

Soit . On appelle racine -ième de l'unité tout nombre complexe vérifiant . On note

l'ensemble des racines -ièmes de l'unité.

Pour de très petites valeurs de , on sait déjà répondre : , et puisque équivaut à . Le cas général demande de passer par la forme exponentielle.

Propriété

Soit . Pour , posons . Alors

et ces nombres sont deux à deux distincts : possède exactement éléments.

Démonstration. Nous procédons par analyse-synthèse, puis nous comptons les éléments obtenus.

Analyse. Soit , c'est-à-dire . En passant aux modules, . Or est un réel positif, et la fonction est strictement croissante sur : si alors , et si alors . Le seul cas restant est , donc . On peut alors écrire avec (section 4). Précisons le choix de : les arguments de forment une classe modulo , c'est-à-dire l'ensemble pour l'un quelconque d'entre eux ; comme les intervalles , pour , recouvrent sans se chevaucher, il existe un et un seul de ces arguments dans . C'est celui que l'on note dans la suite, de sorte que avec un unique . D'après la formule de Moivre, , donc

La contrainte se traduit alors par , soit, en multipliant par le réel strictement positif , par . Comme est entier, cela signifie . Donc est l'un des avec .

Synthèse. Réciproquement, soit . Par la formule de Moivre,

donc . En particulier appartiennent tous à .

Les nombres sont deux à deux distincts. Soient et deux entiers tels que . Comme , on peut former le quotient

Or , donc , et par conséquent , puisque équivaut à . Ainsi .

L'analyse et la synthèse donnent l'égalité des deux ensembles, et le dernier point montre que la liste compte exactement termes distincts.

Propriété

Soit .

  1. , et .
  2. Si et appartiennent à , alors (stabilité par produit).
  3. Si , alors et (stabilité par inverse).

On résume ces trois points en disant que est un groupe multiplicatif fini à éléments, contenu dans le groupe .

Démonstration. Le point 1 résulte de et de l'analyse faite ci-dessus, qui montre que tout élément de est de module . Pour le point 2, si et , alors . Pour le point 3, interdit , et ; enfin donne .

Propriété

Soit un entier tel que . La somme des racines -ièmes de l'unité est nulle :

Démonstration. Posons . D'après la formule de Moivre, pour tout entier , de sorte que la somme cherchée est la somme géométrique .

Comme , on a , donc et par conséquent . La formule de la somme géométrique s'applique :

puisque .

Interprétation géométrique. Les images des racines -ièmes de l'unité sont toutes situées sur le cercle unité, et leurs arguments forment une progression arithmétique de raison . Deux sommets consécutifs sont à distance constante, car

ne dépend pas de . Les points sont donc les sommets d'un polygone régulier à côtés inscrit dans le cercle unité, l'un des sommets étant le point d'affixe . La propriété précédente dit alors que le centre de gravité de ce polygone est l'origine, ce qui est conforme à l'intuition de symétrie.

Exemple

Les premiers cas.

  • : , soit . Les images sont les deux extrémités d'un diamètre.
  • : en posant , on a avec

Les images forment un triangle équilatéral.

  • : , car , et . Les images forment un carré.

Propriété

Le nombre vérifie

Démonstration. L'égalité dit simplement que , ce qui résulte de la formule de Moivre : . L'égalité est la somme des trois racines cubiques de l'unité, nulle d'après la propriété précédente appliquée à . Enfin , donc , et en multipliant par on obtient .

Ces relations sont à connaître par coeur : elles servent en permanence, notamment pour remplacer par afin de faire disparaître les puissances de d'un calcul.

Passons maintenant des racines de l'unité aux racines d'un complexe quelconque. Le résultat est le même à un facteur près, et c'est précisément ce facteur qui organise le calcul.

Propriété

Soient et , écrit sous forme exponentielle avec et un argument de . On note l'unique réel strictement positif dont la puissance -ième vaut (son existence est admise, comme celle de la racine carrée d'un réel positif). Alors l'équation admet exactement solutions dans , à savoir

De plus, en posant , on a : l'ensemble des solutions est .

Démonstration. Montrons d'abord que est solution. Par la formule de Moivre,

En particulier , puisque .

Soit maintenant quelconque. Comme , on peut écrire

L'ensemble des solutions est donc exactement .

Il reste à compter et à expliciter. L'application est injective : si , alors , et comme il vient . Les éléments distincts de fournissent donc solutions distinctes, et il n'y en a pas d'autres. Enfin, pour ,

Géométriquement, les images des solutions se déduisent de celles des racines -ièmes de l'unité par la multiplication par : elles sont les sommets d'un polygone régulier à côtés inscrit dans le cercle de centre et de rayon .

Méthode

Résoudre .

  1. Si , l'unique solution est (un produit de complexes est nul seulement si l'un des facteurs l'est). On suppose .
  2. Mettre sous forme exponentielle : calculer , puis un argument .
  3. Écrire les solutions pour entier, . Ne jamais oublier de faire varier sur exactement valeurs consécutives.
  4. Donner, si les angles obtenus sont remarquables, la forme algébrique de chaque solution.
  5. Vérifier : élever une solution à la puissance , et contrôler que la somme des solutions est nulle lorsque (elle vaut ).

Exemple

Résolvons .

On a et , donc . Comme , les solutions sont les

Explicitement, en utilisant les valeurs remarquables du cosinus et du sinus :

L'ensemble des solutions est .

Vérifications. D'une part , donc

D'autre part , comme annoncé.

Équations du second degré dans

Dans , une équation du second degré peut n'avoir aucune solution. Dans , ce n'est jamais le cas : la raison profonde est que tout complexe non nul possède deux racines carrées, et c'est par là qu'il faut commencer.

Propriété

Tout nombre complexe non nul admet exactement deux racines carrées, c'est-à-dire exactement deux complexes tels que ; elles sont opposées l'une de l'autre. Précisément, si avec , ce sont

Le complexe admet une seule racine carrée, à savoir .

Démonstration. Supposons et posons , où est la racine carrée du réel strictement positif . Par la formule de Moivre,

et : et sont deux racines carrées de . Elles sont distinctes, car (son module vaut ) et entraînerait , donc .

Réciproquement, soit tel que . Alors , c'est-à-dire . Comme est un corps, un produit de deux complexes est nul si et seulement si l'un des facteurs est nul, donc ou . Il y a donc exactement deux racines carrées.

Enfin, si , l'égalité entraîne par le même argument, et convient.

Attention à la notation. On ne dit jamais « la » racine carrée d'un complexe, et on n'écrit jamais pour complexe non réel positif : le symbole reste réservé aux réels positifs, pour lesquels il désigne l'unique racine carrée positive. Les deux racines carrées d'un complexe jouent des rôles parfaitement symétriques et aucune convention raisonnable ne permet d'en privilégier une. Écrire conduit d'ailleurs à des absurdités du type

On dira donc : « soit une racine carrée de ».

La forme trigonométrique donne les racines carrées, mais elle suppose de connaître un argument de , ce qui n'est pas toujours commode (par exemple pour ). D'où la méthode algébrique, qui n'utilise que la forme algébrique.

Méthode

Racines carrées par la méthode algébrique. Soit avec et réels. On cherche , avec et réels, tel que . Comme , l'identification des parties réelle et imaginaire donne les deux premières équations, et le passage aux modules donne la troisième :

On résout ensuite ainsi :

  1. la somme et la différence des équations 1 et 3 donnent et , deux quantités positives car ;
  2. on en déduit et au signe près ;
  3. l'équation sert uniquement à apparier les signes : et sont de même signe si , de signes contraires si . Si , alors , donc et lorsque , et et lorsque ; dans les deux cas, il reste bien exactement deux racines opposées.

D'où vient la troisième équation, et pourquoi la garder ? Elle s'obtient en prenant le module dans : , soit . Elle est donc une conséquence des deux premières, et non une information nouvelle. Son intérêt est purement calculatoire : les équations 1 et 3 forment un système linéaire en et , qu'on résout de tête, alors que les équations 1 et 2 seules conduisent à une équation bicarrée.

Pourquoi les couples retenus conviennent. Avec et , on obtient

donc : les valeurs absolues de et sont automatiquement les bonnes, et il ne reste qu'à ajuster le signe, ce que fait l'équation .

Exemple

Racines carrées de .

Ici , et . On cherche avec

En ajoutant la première et la troisième équation : , donc et . En les retranchant : , donc et . Comme , les réels et sont de même signe. Les racines carrées de sont donc

Vérification : .

Propriété

Soient et . On considère l'équation

On pose (le discriminant) et on note une racine carrée de .

  • Si , l'équation admet exactement deux solutions distinctes :
  • Si , l'équation admet une unique solution , dite racine double.

Démonstration. Elle repose sur la mise sous forme canonique, valable dans comme dans puisque seuls les axiomes de corps interviennent. Pour tout , comme :

la dernière égalité venant de . Comme , on peut diviser par , puis factoriser la différence de deux carrés :

Un produit de deux complexes est nul si et seulement si l'un des facteurs est nul, donc

Si , alors , donc (leur différence vaut ) : il y a deux solutions distinctes. Si , alors et les deux expressions coïncident avec .

Remarque. Le discriminant est ici un nombre complexe : les phrases « » ou « » n'ont aucun sens, car n'est pas ordonné. La discussion selon le signe du discriminant apprise au lycée ne vaut que pour des coefficients réels. En revanche, tout complexe possédant des racines carrées, une équation du second degré à coefficients complexes a toujours des solutions dans .

Propriété

Avec les notations précédentes, si et désignent les deux solutions de (confondues lorsque ), alors

Réciproquement, soient et deux complexes. Deux complexes de somme et de produit sont exactement les solutions de l'équation

Démonstration. Pour le sens direct, on somme et on multiplie les deux expressions obtenues :

Pour la réciproque, supposons et . Alors

et le même calcul, en échangeant les rôles de et , montre que est aussi solution. Inversement, l'équation relève de la propriété précédente avec , et : ses solutions ont pour somme et pour produit .

Ce résultat est un outil de calcul, mais aussi un outil de vérification : après avoir résolu une équation du second degré, on contrôle en quelques secondes que la somme des racines vaut et que leur produit vaut .

Exemple

Résolvons .

Ici , et . Calculons le discriminant :

Cherchons une racine carrée de par la méthode algébrique. Comme , le système est

d'où et , avec : les signes sont contraires. On peut prendre , et l'on vérifie que .

Les solutions sont donc

L'ensemble des solutions est .

Vérification. Somme : . Produit : . On peut aussi substituer : .

Remarque : le cas des coefficients réels. Supposons , , réels avec , et soit une solution de . En conjuguant l'égalité et en utilisant que le conjugué d'une somme est la somme des conjugués, que le conjugué d'un produit est le produit des conjugués, et que , , :

Donc est aussi solution : les racines non réelles d'une équation du second degré à coefficients réels sont conjuguées deux à deux.

Nombres complexes et géométrie plane

Dans toute cette section, le plan est rapporté à un repère orthonormé direct . Le caractère direct du repère est essentiel : c'est lui qui fixe le sens positif des angles, donc le signe des arguments. Toute la section repose sur un dictionnaire entre objets géométriques et nombres complexes ; les calculs de module traduisent des longueurs, les calculs d'argument traduisent des angles.

Le dictionnaire de base est déjà en place et sert tel quel. La section 1.4 définit l'affixe d'un point , le point image et la bijection du plan sur , ainsi que l'affixe d'un vecteur ; elle donne également l'affixe du vecteur , celle d'une somme de vecteurs et celle du milieu de . La section 2.3 y ajoute l'égalité , la plus utilisée de toutes : un module est une distance, d'où les équations complexes des cercles () et des médiatrices (). Seul le barycentre est nouveau ici.

Propriété

Soient et deux points d'affixes et , et soient et deux réels tels que . Le barycentre de et a pour affixe

Le milieu de en est le cas .

Démonstration. Notons et . Le barycentre a pour coordonnées , donc pour affixe , en regroupant parties réelles et parties imaginaires.

Propriété

Soient , , trois points d'affixes respectives , , , avec et .

  1. .
  2. .
  3. Le quotient vérifie

Démonstration. Le point 1 a déjà été établi. Pour le point 2, écrivons sous forme trigonométrique : avec . Le vecteur , d'affixe , a donc pour coordonnées ; dans un repère orthonormé direct, c'est précisément dire que est une mesure de l'angle orienté . Ainsi .

Pour le point 3, notons d'abord que est bien défini et non nul, car et . Le module d'un quotient est le quotient des modules, donc

L'argument d'un quotient est la différence des arguments, donc, en utilisant deux fois le point 2 puis la relation de Chasles pour les angles orientés,

Ce quotient est l'outil central de la section : il concentre en un seul nombre complexe une information de longueur (son module) et une information d'angle (son argument), toutes deux relatives au sommet . Les deux critères suivants en sont la conséquence immédiate.

Propriété

Soient , , trois points d'affixes , , , avec et . On pose .

  1. , , sont alignés si et seulement si .
  2. Les droites et sont perpendiculaires si et seulement si est imaginaire pur.

Démonstration. Rappelons deux faits établis à la section 4 : un complexe non nul est réel si et seulement si son argument est congru à modulo , et il est imaginaire pur si et seulement si son argument est congru à modulo . Ici .

Point 1. Les points , , sont alignés si et seulement si les vecteurs et sont colinéaires, c'est-à-dire si et seulement si . D'après la propriété précédente, cela équivaut à , donc à .

Point 2. Les droites et sont perpendiculaires si et seulement si , ce qui équivaut à , c'est-à-dire à imaginaire pur.

Méthode

Reconnaître la nature d'un triangle à partir des affixes. Pour un triangle , on calcule et on lit :

  • signifie , donc le triangle est isocèle en ;
  • , c'est-à-dire imaginaire pur, signifie que le triangle est rectangle en ;
  • ou caractérise donc les triangles rectangles isocèles en ;
  • (module et angle ) caractérise les triangles équilatéraux.

En cas de doute sur le sommet concerné, on refait le calcul en changeant le point de référence.

Exemple

Nature du triangle avec , , .

Calculons les affixes des deux vecteurs issus de : et . Puis

Comme , on a : le triangle est isocèle en . Comme , l'angle orienté vaut : le triangle est rectangle en . Le triangle est donc rectangle isocèle en , et direct.

Vérification par les longueurs : , et . On a bien .

Il reste à traduire dans le langage des complexes les transformations élémentaires du plan. Le programme se limite strictement aux applications de la forme avec .

Définition

Soient et . On appelle transformation d'écriture complexe l'application du plan dans lui-même qui, à tout point d'affixe , associe le point d'affixe .

Propriété

Soient , et la transformation d'écriture complexe .

  1. Si , alors est la translation de vecteur d'affixe .
  2. Si , alors admet un unique point fixe , d'affixe , et pour tout point d'affixe , l'image d'affixe vérifie l'écriture réduite

Démonstration. Point 1. Si , alors , donc : l'affixe du vecteur est constante, égale à . C'est exactement la définition de la translation de vecteur d'affixe .

Point 2. Supposons . Un point d'affixe est fixe si et seulement si , c'est-à-dire . Comme , le complexe est non nul, donc cette équation admet la solution unique : il existe un unique point fixe .

Cette égalité donne . En reportant dans l'écriture de , pour tout :

Définition

Soient un point du plan, et . La similitude directe de centre , de rapport et d'angle est la transformation du plan qui laisse fixe et qui, à tout point distinct de , associe l'unique point tel que

Les homothéties de rapport strictement positif (cas ) et les rotations (cas ) en sont des cas particuliers. Les translations, qui n'ont pas de centre, sont le cas dégénéré exclu de cette définition.

Propriété

Avec les notations précédentes, supposons et notons le point fixe. Pour tout point distinct de , d'image :

On en déduit la nature de :

  • si est un réel non nul (et ), est l'homothétie de centre et de rapport ;
  • si , c'est-à-dire avec , est la rotation de centre et d'angle ;
  • dans le cas général, est la similitude directe de centre , de rapport et d'angle .

Ces cas ne s'excluent pas : pour , est à la fois l'homothétie de centre et de rapport et la rotation de centre et d'angle , deux descriptions de la même symétrie centrale de centre .

Démonstration. Partons de l'écriture réduite . En passant aux modules, et puisque est l'affixe de et celle de :

Comme , on a , donc , et la propriété d'interprétation du quotient donne

Ces deux relations sont exactement la définition de la similitude directe de centre , de rapport et d'angle . Les deux cas particuliers s'en déduisent : si est réel non nul, l'écriture réduite dit que , ce qui est la définition de l'homothétie de centre et de rapport ; si , alors et l'angle vaut , ce qui est la définition de la rotation de centre et d'angle .

Méthode

Reconnaître et caractériser une transformation .

  1. Vérifier que (sinon l'application n'est pas une transformation : tous les points ont la même image).
  2. Si : conclure « translation de vecteur d'affixe », et s'arrêter là (pas de point fixe si ).
  3. Sinon, calculer l'affixe du point fixe , et vérifier en contrôlant que .
  4. Calculer (le rapport) et (l'angle).
  5. Conclure avec le vocabulaire exact : homothétie si est réel, rotation si , similitude directe sinon. Donner l'écriture réduite .

Exemple

Étudions .

Ici et . On a et , donc possède un unique point fixe, d'affixe

Vérification : , le point est bien fixe.

Ensuite et . Comme n'est ni réel ni de module , la transformation est la similitude directe de centre , de rapport et d'angle , d'écriture réduite

Contrôle sur un point. L'image de est le point d'affixe . On a et , donc , conformément au rapport annoncé.

Rappel de programme. Le programme de MPSI traite l'interprétation géométrique des applications : translations, homothéties, rotations et similitudes directes. En revanche, l'étude générale des similitudes du plan est hors programme, en particulier les similitudes indirectes et, plus généralement, toute transformation dont l'écriture complexe fait intervenir .

Les exercices

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Forme algébrique : premiers calculs

Forme algébrique, parties réelle et imaginaire, conjugaison

Dans tout l'exercice, désigne le nombre complexe vérifiant . Mettre un complexe sous forme algébrique, c'est l'écrire avec et réels.

  1. Mettre sous forme algébrique.

    a.

    b.

    c.

    d.

    e.

    f.

  2. Mettre sous forme algébrique.

    a.

    b.

    c.

    d.

  3. Donner la partie réelle et la partie imaginaire de chacun des complexes suivants.

    a.

    b.

    c.

    d.

  4. Déterminer tous les couples de réels tels que .

Exercice 2 ★★★Conjugaison : calculs et caractérisations

Forme algébrique, parties réelle et imaginaire, conjugaison

On rappelle que le conjugué de , avec et réels, est . On note l'ensemble des imaginaires purs, c'est-à-dire des complexes de la forme avec .

  1. Donner la forme algébrique du conjugué de chacun des complexes suivants.

    a.

    b.

    c.

    d.

    e.

    f.

  2. Soit avec et réels.

    a. Calculer , et en fonction de et de , et préciser la nature de chacun de ces trois nombres.

    b. En déduire une expression de et de en fonction de et de .

  3. Soit . Démontrer les deux équivalences suivantes.

    a. .

    b. .

  4. Calculer de deux façons : d'abord en utilisant les règles de calcul sur les conjugués, puis en mettant le quotient sous forme algébrique avant de conjuguer. Vérifier que les deux résultats coïncident.

Exercice 3 ★★★Modules : calculs et premières distances

Module, propriétés et inégalité triangulaire

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct . On rappelle que pour avec et réels, .

  1. Calculer le module de chacun des complexes suivants.

    a.

    b.

    c.

    d.

    e.

    f.

  2. Soit .

    a. Justifier que .

    b. En utilisant cette relation, démontrer que .

    c. En déduire la valeur de lorsque et .

  3. On considère les points , et d'affixes respectives , et . Calculer les longueurs , et , puis préciser la nature du triangle .

  4. Déterminer et décrire l'ensemble des points d'affixe tels que . Les points d'affixes et appartiennent-ils à cet ensemble ?

Exercice 4 ★★★Forme trigonométrique des complexes usuels

Forme trigonométrique, module et argument, congruences modulo 2 pi

Aucune valeur ne doit être obtenue à la calculatrice : tous les angles rencontrés sont des angles remarquables du cercle trigonométrique.

  1. Mettre chacun des complexes suivants sous forme exponentielle , avec et .

    a.

    b.

    c.

    d.

    e.

    f.

  2. Donner l'ensemble de tous les arguments de . Parmi les réels , et , lesquels sont des arguments de ?

  3. Déduire de la question 1. b. une forme exponentielle de , puis de .

  4. Expliquer pourquoi on ne définit pas d'argument pour le complexe .

Exercice 5 ★★★Passer d'une forme à l'autre

Forme trigonométrique, module et argument, congruences modulo 2 piComplexes de module 1, notation exponentielle et groupe U

On rappelle la notation pour , et l'on note . Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct .

  1. Donner la forme algébrique de chacun des complexes suivants.

    a.

    b.

    c.

    d.

    e.

    f.

  2. Écrire chacun des complexes suivants sous forme exponentielle, puis sous forme algébrique.

    a.

    b.

    c.

    d.

  3. Soit .

    a. Vérifier que .

    b. Donner la forme algébrique de , puis décrire l'ensemble des points du plan d'affixe lorsque parcourt .

  4. Soit . Démontrer que .

Exercice 6 ★★★Formule de Moivre et calculs de puissances

Formules d'Euler et de Moivre, linéarisation, expression de cos(nt)Complexes de module 1, notation exponentielle et groupe U

  1. Énoncer la formule de Moivre, puis la démontrer par récurrence pour .

  2. Calculer et donner le résultat sous forme algébrique.

    a.

    b.

    c.

  3. On pose .

    a. Mettre sous forme exponentielle.

    b. En déduire, pour tout , une forme exponentielle de , ainsi que son module et un argument.

    c. Calculer sous forme algébrique.

  4. Déterminer les entiers naturels tels que soit réel, puis ceux pour lesquels est imaginaire pur.

Exercice 7 ★★★Équations du second degré : premiers cas

Équations du second degré dans C et relations coefficients-racines

On rappelle le résultat du cours. Soient , , trois réels avec . On pose . L'équation , d'inconnue , admet :

  • deux solutions réelles distinctes et si ;
  • une unique solution si ;
  • deux solutions complexes conjuguées et si .
  1. Résoudre dans les équations suivantes, et vérifier chaque solution obtenue.

    a.

    b.

    c.

    d.

  2. Pour l'équation de la question 1. b., vérifier que la somme des deux solutions vaut et que leur produit vaut .

  3. Résoudre dans l'équation bicarrée . On posera .

Exercice 8 ★★★Racines n-ièmes de l'unité pour n petit

Racines n-ièmes de l'unité et groupe U_n

Pour tout entier , on note l'ensemble des racines -ièmes de l'unité, et l'ensemble des complexes de module .

  1. Soit .

    a. Montrer que tout élément de vérifie .

    b. En écrivant un tel élément sous la forme avec , montrer que

    et que ces complexes sont deux à deux distincts.

  2. Expliciter , , et , d'abord sous forme exponentielle, puis sous forme algébrique.

  3. Décrire la position des points images des éléments de sur le cercle unité, et préciser la figure obtenue pour , et .

  4. On pose .

    a. Montrer que , puis que .

    b. Montrer que , et en déduire que .

    c. Vérifier, en utilisant les formes algébriques obtenues à la question 2., que la somme des éléments de est nulle.

Exercice 9 ★★★Affixes : distances et configurations simples

Affixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexe

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct . On considère les points , et d'affixes respectives

On rappelle que deux points d'affixes et sont distants de , et que si , et sont trois points deux à deux distincts, d'affixes respectives , et , alors tout argument de est une mesure de l'angle orienté .

  1. Calculer les longueurs , et .

  2. Déterminer l'affixe du milieu du segment .

  3. a. Calculer et donner le résultat sous forme algébrique.

    b. En déduire que le triangle est rectangle isocèle en . Contrôler le résultat à l'aide de la question 1.

  4. Déterminer l'affixe du point tel que soit un parallélogramme.

  5. Déterminer l'ensemble des points d'affixe tels que le triangle soit rectangle en . On donnera une équation cartésienne de cet ensemble, puis une description géométrique.

Exercice 10 ★★★★Parties réelle et imaginaire d'expressions

Forme algébrique, parties réelle et imaginaire, conjugaison

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct . Dans tout l'exercice, désigne un nombre complexe et l'on note sa forme algébrique, avec et . On convient qu'un complexe est imaginaire pur lorsque sa partie réelle est nulle, autrement dit , ensemble qui contient .

  1. Déterminer et en fonction de et .

  2. On suppose . Déterminer et en fonction de et .

  3. On suppose et l'on pose .

    a. Montrer que .

    b. Déterminer l'ensemble des points d'affixe tels que soit réel.

    c. Déterminer l'ensemble des points d'affixe tels que soit imaginaire pur.

  4. Retrouver les résultats des questions 3. b. et 3. c. sans utiliser ni , en écrivant que est réel si et seulement si , et imaginaire pur si et seulement si .

Exercice 11 ★★★★Identité du parallélogramme et calculs de modules

Module, propriétés et inégalité triangulaire

Soient et deux nombres complexes. On rappelle que , que , que et que . Tous les calculs de cet exercice se mènent avec ces seules relations, sans jamais introduire les parties réelle et imaginaire de et de .

  1. a. Montrer que .

    b. En déduire que .

  2. En déduire l'identité du parallélogramme , ainsi que la relation .

  3. Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct . On note , et les points d'affixes respectives , et , et l'on suppose que , et ne sont pas alignés. Justifier que est un parallélogramme, puis interpréter géométriquement l'identité de la question 2.

  4. On suppose dans cette question que .

    a. Calculer .

    b. On suppose de plus que . Déterminer .

  5. Montrer que si et seulement si . Dans le cas où et sont non nuls, interpréter géométriquement cette condition.

Exercice 12 ★★★★Inégalité triangulaire : majorer et minorer

Module, propriétés et inégalité triangulaire

On rappelle l'inégalité triangulaire : pour tous complexes et , . On rappelle également que , donc pour tout entier , et que pour .

  1. Soient et deux nombres complexes.

    a. En écrivant , montrer que .

    b. En déduire l'inégalité triangulaire inversée .

    c. Montrer que .

  2. Soit tel que . Montrer que .

  3. Soit tel que . Montrer que , puis montrer que cette minoration est atteinte en exhibant un complexe de module pour lequel il y a égalité.

  4. Soit tel que .

    a. Montrer que .

    b. Déterminer tous les complexes de module pour lesquels .

    c. En déduire que pour tout complexe de module .

Exercice 13 ★★★★Ensembles de points définis par des modules

Affixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexeModule, propriétés et inégalité triangulaire

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct . Pour , on note le point d'affixe . On rappelle que pour deux points et d'affixes et , on a .

  1. Déterminer et décrire géométriquement l'ensemble des points du plan dont l'affixe vérifie :

    a.

    b.

    c.

    d.

    Pour a., on donnera d'abord la réponse par une interprétation en termes de distances, puis on la confirmera par le calcul en posant avec . Pour c., le calcul avec est exigé : on mettra l'équation obtenue sous la forme d'une équation de cercle, dont on précisera le centre et le rayon.

  2. Déterminer les points de l'ensemble obtenu en 1. c. qui appartiennent à l'axe des abscisses, puis vérifier directement, pour chacun d'eux, l'égalité .

Exercice 14 ★★★★Linéarisation de puissances de cosinus et sinus

Formules d'Euler et de Moivre, linéarisation, expression de cos(nt)

Linéariser une expression trigonométrique, c'est l'écrire comme combinaison linéaire de et de , où décrit un ensemble fini d'entiers naturels : plus aucune puissance ne doit subsister.

  1. Rappeler les formules d'Euler exprimant et à l'aide de et , pour .

  2. Linéariser les expressions suivantes, valables pour tout . La rédaction devra être complète : passage aux exponentielles, développement par la formule du binôme de Newton, regroupement des termes conjugués.

    a.

    b.

    c.

    d.

  3. Contrôler les identités obtenues en 2. b. et 2. d. en , puis en .

Exercice 15 ★★★★Exprimer cos(n t) en polynôme de cos t

Formules d'Euler et de Moivre, linéarisation, expression de cos(nt)

Cet exercice réalise l'opération inverse de la linéarisation : on part de et l'on cherche à l'exprimer à l'aide des seules puissances de . L'outil est la formule de Moivre, combinée à la formule du binôme de Newton.

  1. Énoncer la formule de Moivre. En développant par la formule du binôme, établir que pour tout réel ,

  2. Par la même méthode, exprimer comme polynôme en .

  3. Exprimer de même comme polynôme en .

  4. Contrôler les formules des questions 2. et 3. en , en , puis en .

  5. En déduire une expression de en fonction de . On précisera avec soin l'ensemble des réels pour lesquels cette expression a un sens.

Exercice 16 ★★★★Technique de l'arc moitié

Technique de l'arc moitié et sommes trigonométriquesComplexes de module 1, notation exponentielle et groupe U

La somme n'est pas donnée sous forme trigonométrique : ce n'est ni un produit, ni un nombre de module apparent. La technique de l'arc moitié consiste à mettre en facteur l'exponentielle de la moitié de l'angle, de façon à faire apparaître une formule d'Euler.

Dans tout l'exercice, , , , et désignent des nombres réels.

  1. Factoriser par l'exponentielle de l'arc moitié, de manière à faire apparaître une formule d'Euler :

    a.

    b.

    c.

    d.

  2. On suppose . Déterminer le module et un argument de . Expliquer pourquoi la restriction imposée à est indispensable, et traiter à titre d'illustration le cas .

  3. En prenant la partie réelle, puis la partie imaginaire, des égalités obtenues en 1. c. et 1. d., retrouver les formules de factorisation

Exercice 17 ★★★★Sommes des cos(k theta) et des sin(k theta)

Technique de l'arc moitié et sommes trigonométriques

Soient un nombre réel et un entier naturel. On pose

L'idée est que et , difficiles à calculer séparément, se lisent tous les deux sur le seul nombre complexe , qui est une somme géométrique.

  1. Justifier que et .

  2. Traiter le cas : calculer , puis et .

  3. On suppose désormais . Justifier que et que , puis calculer par la formule de la somme géométrique. Factoriser le numérateur et le dénominateur par la technique de l'arc moitié et en déduire que

  4. Application numérique : calculer et pour à l'aide des formules, puis retrouver les résultats en additionnant directement les six termes. Reprendre le contrôle avec et .

Exercice 18 ★★★★Transformer a cos t + b sin t

Forme trigonométrique, module et argument, congruences modulo 2 pi

Soient et deux réels non tous les deux nuls. On pose .

  1. a. Justifier que , puis démontrer qu'il existe un unique réel tel que et .

    b. Montrer que pour tout réel , , puis en déduire que

  2. Appliquer la méthode aux trois expressions suivantes, en donnant à chaque fois et :

    a.

    b.

    c.

  3. Résoudre dans l'équation .

  4. Déterminer le maximum de l'application sur , et préciser en quels réels il est atteint.

Exercice 19 ★★★★Racines carrées d'un complexe : méthode algébrique

Racines carrées et racines n-ièmes d'un nombre complexe

Soit un nombre complexe non nul, où et sont réels. On appelle racine carrée de tout nombre complexe tel que . On pose avec et réels, et on considère le système

  1. Montrer que si et seulement si le couple est solution de .

  2. En déduire les valeurs de et de , puis préciser le rôle du signe de dans le choix des couples convenables. Combien admet-il de racines carrées ?

  3. Déterminer les racines carrées de :

    a.

    b.

    c.

    d.

  4. Retrouver les racines carrées de à l'aide de la forme exponentielle, puis comparer les deux méthodes.

Exercice 20 ★★★★Second degré à coefficients complexes

Équations du second degré dans C et relations coefficients-racinesRacines carrées et racines n-ièmes d'un nombre complexe

On rappelle le résultat du cours. Soient , , trois nombres complexes avec , et soit le discriminant de l'équation . Si est une racine carrée de , les solutions de cette équation sont

confondues lorsque . Elles vérifient de plus et .

  1. Résoudre dans les équations suivantes, en déterminant à chaque fois une racine carrée du discriminant :

    a.

    b.

    c.

  2. Contrôler chacun des trois résultats à l'aide des relations entre les coefficients et les racines.

  3. Déterminer deux nombres complexes dont la somme vaut et le produit .

Exercice 21 ★★★★Exponentielle complexe : propriétés et équations

Exponentielle complexe et résolution de exp(z) = a

Pour avec et réels, on pose

nombre également noté . On note enfin l'ensemble des nombres complexes de la forme avec .

  1. Donner la forme algébrique de :

    a.

    b.

  2. Soit . Montrer que , puis en déduire que .

  3. Montrer que pour tous et de , .

  4. Résoudre dans les équations suivantes :

    a.

    b.

    c.

  5. En déduire que pour tous et de : si et seulement si .

Exercice 22 ★★★★Reconnaître translations, homothéties, rotations

Translations, homothéties, rotations et similitudes directes

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct . À toute application de dans on associe la transformation du plan qui, au point d'affixe , associe le point d'affixe . On rappelle les trois cas usuels : est la translation de vecteur d'affixe ; pour réel non nul, est l'homothétie de centre et de rapport ; pour réel, est la rotation de centre et d'angle .

  1. Décrire géométriquement les transformations associées à :

    a.

    b.

    c.

    d.

    e.

    Pour , on commencera par déterminer son unique point fixe , puis on écrira en fonction de , où désigne l'affixe de .

  2. Écrire l'expression complexe de la rotation de centre d'affixe et d'angle , c'est-à-dire l'application correspondante.

  3. Déterminer l'affixe de l'image par du point d'affixe , puis l'affixe du point dont l'image par est l'origine .

Exercice 23 ★★★Racines n-ièmes d'un complexe non nul

Racines carrées et racines n-ièmes d'un nombre complexeExponentielle complexe et résolution de exp(z) = a

Soit un entier tel que , et soit un nombre complexe non nul, écrit sous forme exponentielle avec et réel. On appelle racine -ième de toute solution de l'équation . On note , de sorte que , et on note l'unique réel strictement positif dont la puissance -ième vaut .

  1. Montrer que l'équation admet exactement solutions dans , à savoir les nombres

    et que ces solutions s'écrivent .

  2. Résoudre dans , en donnant la forme algébrique des solutions lorsqu'elle est simple :

    a.

    b.

    c.

    d.

  3. On suppose . Montrer que les images des solutions de sont les sommets d'un polygone régulier à côtés, dont on précisera le centre et le rayon du cercle circonscrit.

  4. Résoudre dans l'équation .

Exercice 24 ★★★Somme et produit des racines n-ièmes de l'unité

Racines n-ièmes de l'unité et groupe U_n

Soit un entier tel que . On note pour entier tel que , de sorte que , et on pose .

  1. Montrer que pour tout entier tel que , puis que .

  2. En déduire que .

  3. Calculer , et préciser sa valeur selon la parité de .

  4. Soit . Calculer , en distinguant le cas où divise du cas où ne divise pas .

  5. En déduire que et .

  6. Application : pour , calculer et .

Exercice 25 ★★★Sommes de coefficients binomiaux par paquets de trois

Racines n-ièmes de l'unité et groupe U_nFormules d'Euler et de Moivre, linéarisation, expression de cos(nt)

Dans tout l'exercice, désigne un entier naturel et l'on pose . On utilisera librement la formule du binôme de Newton : pour tout ,

  1. Échauffement : les paquets de deux. Soit . En calculant de deux façons et , montrer que

  2. Soit un entier naturel.

    a. Montrer que , puis que si et seulement si est un multiple de .

    b. En déduire que vaut si est un multiple de , et sinon.

  3. On note la somme des coefficients binomiaux pour les entiers de qui sont multiples de , autrement dit

    En calculant de deux manières, montrer que

  4. Montrer que et que . En déduire que

  5. Vérifier cette formule en calculant directement pour , et .

Exercice 26 ★★★Résoudre (z+1) puissance n = (z-1) puissance n

Racines n-ièmes de l'unité et groupe U_nForme trigonométrique, module et argument, congruences modulo 2 pi

Soit un entier tel que . On considère l'équation d'inconnue :

  1. Montrer que n'est pas solution de .

  2. Soit une solution de . Montrer que , puis en déduire que est un imaginaire pur.

  3. Pour , on pose .

    a. Montrer que , puis que .

    b. Montrer que est solution de si et seulement si .

    c. En déduire que réalise une bijection de l'ensemble des solutions de sur , et que admet exactement solutions.

  4. Pour tout entier tel que , on pose . Par la technique de l'arc moitié, factoriser et , puis montrer que

  5. Écrire l'ensemble des solutions de et vérifier la cohérence avec la question 2. Traiter le cas , en confirmant le résultat par un calcul direct.

Exercice 27 ★★★L'application z -> (z-i)/(z+i)

Affixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexeModule, propriétés et inégalité triangulaire

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct . On note et les points d'affixes respectives et . On pose et, pour tout ,

  1. Justifier que est bien définie sur , et calculer , et sous forme algébrique.

  2. Soit et le point d'affixe . Montrer que .

  3. Montrer que, pour ,

    Interpréter géométriquement ce résultat à l'aide de la question 2.

  4. Montrer que, pour , . En déduire l'équivalence . Vérifier la cohérence avec les valeurs calculées à la question 1.

  5. Soit . Résoudre dans l'équation , en distinguant les cas et . En déduire que est injective et déterminer son image .

  6. On note le demi-plan supérieur ouvert et le disque unité ouvert. Déduire des questions 4 et 5 que réalise une bijection de sur .

Exercice 28 ★★★Caractériser un triangle équilatéral

Affixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexeRacines n-ièmes de l'unité et groupe U_n

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct et l'on pose . Soient , , trois points deux à deux distincts, d'affixes respectives , , .

On dit que le triangle est équilatéral direct lorsque est l'image de par la rotation de centre et d'angle , et équilatéral indirect lorsque est l'image de par la rotation de centre et d'angle .

  1. Montrer que et , puis que et .

  2. a. Montrer que est équilatéral direct si et seulement si .

    b. Montrer que, dans ce cas, : le triangle est bien équilatéral au sens usuel.

  3. En déduire que est équilatéral direct si et seulement si .

  4. Établir de même que est équilatéral indirect si et seulement si .

  5. Développer le produit et montrer qu'il vaut . En déduire que est équilatéral (direct ou indirect) si et seulement si

  6. Application : on prend , et . Montrer que est équilatéral, puis préciser s'il est direct ou indirect.

Exercice 29 ★★★Similitudes directes : nature et éléments caractéristiques

Translations, homothéties, rotations et similitudes directes

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct . Pour et , on note la transformation du plan qui, au point d'affixe , associe le point d'affixe . On rappelle que si , , sont trois points d'affixes , , avec et , alors est une mesure de l'angle orienté .

  1. On suppose . Montrer que admet un unique point fixe, le point d'affixe

  2. Toujours pour , montrer que pour tout on a (écriture réduite). En déduire que, pour tout point ,

    et conclure que est la similitude directe de centre , de rapport et d'angle .

  3. À quelle condition sur cette similitude est-elle une rotation ? une homothétie ? Que devient lorsque ?

  4. Déterminer la nature et les éléments caractéristiques de chacune des transformations suivantes :

    a.

    b.

    c.

  5. Soient et deux points d'affixes et , et un réel. On note la rotation de centre et d'angle , et la rotation de centre et d'angle . Déterminer l'expression complexe de et montrer que cette composée est une translation, dont on précisera le vecteur. À quelle condition est-ce l'identité ?

Exercice 30 ★★★Alignement, orthogonalité et cocyclicité

Affixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexe

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct . On note , , , des points d'affixes respectives , , , .

  1. On suppose , , deux à deux distincts. Montrer que , , sont alignés si et seulement si

  2. a. Soient et deux vecteurs d'affixes respectives et . Montrer que leur produit scalaire vaut .

    b. En déduire que, pour , , deux à deux distincts,

  3. Application numérique. On pose , , et .

    a. Montrer que , , sont alignés et préciser la position de sur le segment .

    b. Montrer que .

  4. On admet le critère suivant : si , , , sont deux à deux distincts, alors , , , sont alignés ou cocycliques si et seulement si

    On prend désormais , , et .

    a. Montrer que , , ne sont pas alignés, puis que , , , sont cocycliques. Identifier le cercle en calculant les modules de , , , .

    b. Le point d'affixe appartient-il au cercle circonscrit au triangle ? Justifier par le calcul du critère, puis retrouver la réponse directement.

Exercice 31 ★★★Le cas d'égalité dans l'inégalité triangulaire

Module, propriétés et inégalité triangulaire

Dans tout l'exercice, les lettres désignent des nombres complexes, désigne l'ensemble des réels positifs ou nuls et l'ensemble des nombres complexes de module .

  1. Soit . Montrer que , et que l'égalité a lieu si et seulement si .

  2. Soient et deux nombres complexes.

    a. Montrer que .

    b. En déduire l'inégalité triangulaire .

    c. Montrer que si et seulement si .

    d. En déduire que si et seulement si ou il existe tel que .

  3. Soit un entier tel que . Montrer par récurrence que pour tous nombres complexes ,

  4. On suppose maintenant que réalisent le cas d'égalité, c'est-à-dire que , et on pose .

    a. Montrer que si , alors pour tout entier tel que .

    b. On suppose et on pose . Montrer que , puis que .

    c. En déduire que pour tout , puis qu'il existe et des réels positifs ou nuls tels que pour tout .

  5. Application. Soient , , trois nombres complexes de module tels que . Montrer que .

Exercice 32 ★★★★La valeur de cos(2 pi / 5) et le pentagone régulier

Racines n-ièmes de l'unité et groupe U_nÉquations du second degré dans C et relations coefficients-racines

On pose , puis

  1. Montrer que et que . En déduire que .

  2. Montrer que et que . En déduire que

    en particulier, et sont réels.

  3. Calculer , puis (on utilisera pour réduire les exposants).

  4. En déduire que et sont les deux racines de l'équation , puis résoudre cette équation dans .

  5. Déterminer le signe de et celui de . En déduire les valeurs exactes de et de , et vérifier la cohérence des résultats avec des valeurs approchées.

  6. En déduire la valeur exacte de , puis celle de .

  7. Le pentagone régulier. Les points d'affixes , pour entier tel que , sont les sommets d'un pentagone régulier inscrit dans le cercle unité. En factorisant par l'arc moitié, calculer la longueur exacte du côté de ce pentagone.

Exercice 33 ★★★★Le produit des sin(k pi / n)

Racines n-ièmes de l'unité et groupe U_nTechnique de l'arc moitié et sommes trigonométriques

Soit un entier tel que . Pour tout entier tel que , on pose : les sont les racines -ièmes de l'unité, et .

On admet le résultat suivant, qui sera démontré dans le chapitre consacré aux polynômes : pour tout ,

ainsi que le fait que l'égalité de la question 1 ci-dessous, obtenue pour , reste vraie pour .

  1. Montrer que pour tout , . En déduire que pour tout tel que ,

  2. En évaluant cette égalité en (ce qui est licite d'après ce qui est admis ci-dessus), montrer que

  3. Soit un entier tel que . Montrer par la technique de l'arc moitié que

    puis que (on justifiera soigneusement le signe du sinus).

  4. En déduire que

  5. Vérifier ce résultat par un calcul direct pour , puis pour , puis pour .

Exercice 34 ★★★★Sommes des C(n,k) cos(k theta)

Formules d'Euler et de Moivre, linéarisation, expression de cos(nt)Technique de l'arc moitié et sommes trigonométriquesForme trigonométrique, module et argument, congruences modulo 2 pi

Soit un entier tel que et soit un nombre réel. On pose

  1. Montrer que , et justifier que et sont respectivement la partie réelle et la partie imaginaire de ce nombre.

  2. Établir, par la technique de l'arc moitié, que .

  3. En déduire que , puis que

    On prendra garde au fait que peut être négatif : expliquer pourquoi ces deux formules restent néanmoins valables, et pourquoi le nombre n'est pas toujours le module de .

  4. Traiter à part le cas : calculer directement et , et vérifier la cohérence avec la question 3.

  5. Application. Pour , montrer que et . Vérifier ces formules par le calcul direct des sommes pour , puis pour .

  6. Application. Pour , montrer que , et vérifier cette égalité pour .

Exercice 35 ★★★★Résoudre (1+iz) puissance n = (1-iz) puissance n

Racines n-ièmes de l'unité et groupe U_nForme trigonométrique, module et argument, congruences modulo 2 piExponentielle complexe et résolution de exp(z) = a

Soit un entier tel que . On cherche tous les nombres complexes solutions de l'équation

  1. Vérifier que pour tout , et . En déduire que toute solution de vérifie , puis que toute solution de est un nombre réel (on interprétera cette égalité de distances dans le plan complexe).

  2. Montrer que n'est pas solution de , et donc que pour toute solution.

  3. Soit tel que . On pose .

    a. Montrer que .

    b. Montrer que est solution de si et seulement si .

    c. Montrer que . En déduire que deux valeurs distinctes de fournissent deux valeurs distinctes de .

  4. Résoudre . Soit un entier tel que et .

    a. Montrer que et que .

    b. Montrer que si et seulement si est pair et .

    c. Lorsque , montrer que le nombre associé à vaut .

  5. Conclure : donner l'ensemble des solutions de et leur nombre, en discutant selon la parité de .

  6. Application. Résoudre pour , puis pour , et vérifier les solutions obtenues.

Exercice 36 ★★★★Le théorème de Napoléon

Translations, homothéties, rotations et similitudes directesAffixes, distances, alignement et orthogonalité dans le plan complexeRacines n-ièmes de l'unité et groupe U_n

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct et l'on pose .

Soit un triangle de sens direct, d'affixes respectives , et (les trois points sont deux à deux distincts et non alignés). Sur chacun de ses côtés, on construit vers l'extérieur du triangle un triangle équilatéral :

  • sur , le triangle équilatéral , le point étant de l'autre côté de la droite que ;
  • sur , le triangle équilatéral , le point étant de l'autre côté de la droite que ;
  • sur , le triangle équilatéral , le point étant de l'autre côté de la droite que .

On note , et les centres respectifs de ces trois triangles équilatéraux, le centre d'un triangle équilatéral étant son isobarycentre, et , , leurs affixes. L'objectif est de démontrer le théorème de Napoléon : le triangle est équilatéral.

Deux conventions sont utilisées dans tout l'exercice. D'une part, on dit que le triangle de sommets d'affixes , , deux à deux distinctes est équilatéral direct lorsque le point d'affixe est l'image du point d'affixe par la rotation de centre le point d'affixe et d'angle . D'autre part, on admet le fait géométrique suivant, qui se lit sur une figure : comme est de sens direct, les trois triangles , et (sommets pris dans cet ordre) sont équilatéraux directs.

  1. Montrer que et que . En déduire les égalités , , et .

  2. Montrer que . En déduire que, pour , , deux à deux distinctes, le triangle correspondant est équilatéral direct si et seulement si .

  3. Montrer que l'affixe de est , puis que .

  4. Écrire de même et en fonction de , , et .

  5. Montrer que .

  6. Montrer que les points , et sont deux à deux distincts, puis conclure.

Le devoir surveillé

Sujet type DS — 240 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (5 points) — Questions courtes

Les sept questions de cet exercice sont indépendantes. Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct . Tous les résultats doivent être justifiés.

  1. Écrire sous forme algébrique le nombre complexe , puis en déduire la forme algébrique de . (0,75 pt)

  2. On pose .

    a. Déterminer le module et un argument de . (0,5 pt)

    b. Écrire sous forme algébrique, puis en déduire les valeurs exactes de et de . (0,75 pt)

  3. Résoudre dans l'équation , puis contrôler les solutions obtenues à l'aide des relations entre les coefficients et les racines. (0,5 pt)

  4. Déterminer, par la méthode algébrique, les deux racines carrées du nombre complexe . (0,75 pt)

  5. Déterminer et décrire l'ensemble des points d'affixe vérifiant . (0,5 pt)

  6. On rappelle que pour tout . Écrire sous forme algébrique le nombre , puis résoudre dans l'équation en donnant l'ensemble de toutes ses solutions. (0,75 pt)

  7. Soit tel que . Démontrer que , puis donner un nombre complexe de module pour lequel la majoration est une égalité. (0,5 pt)

Exercice 2 (5 points) — Trigonométrie par les nombres complexes

On utilisera librement les formules d'Euler

la formule de Moivre et la formule du binôme de Newton. Les lettres et désignent des réels et un entier naturel.

  1. Linéariser , c'est-à-dire écrire ce nombre comme combinaison linéaire de , et . (0,75 pt)

  2. a. Démontrer que, pour tout réel , . (0,75 pt)

    b. En déduire la valeur exacte de . (0,5 pt)

  3. Pour tout entier naturel et tout réel , on pose

a. On suppose dans cette question que . Calculer à l'aide d'une somme géométrique et de la technique de l'arc moitié, puis en déduire que

(1,25 pt)

b. Traiter le cas exclu, c'est-à-dire calculer et lorsque avec . (0,5 pt)

c. Application : calculer et à l'aide des formules de la question a., puis retrouver ces deux valeurs par un calcul direct. (0,5 pt)

  1. Écrire, pour tout réel , le nombre sous la forme , où et où appartient à (on pourra faire apparaître comme la partie réelle d'un produit bien choisi). En déduire le maximum de lorsque décrit , puis résoudre dans l'équation . (0,75 pt)

Exercice 3 (4 points) — Racines de l'unité et une équation classique

Dans tout l'exercice, désigne un entier tel que . On note

  1. Démontrer que et que ces nombres sont deux à deux distincts. (0,5 pt)

  2. Démontrer que , puis en déduire que . (0,5 pt)

  3. Résoudre dans l'équation . On donnera les solutions sous forme exponentielle, puis sous forme algébrique. (0,5 pt)

On s'intéresse dans la suite à l'équation d'inconnue

  1. a. Démontrer que toute solution de est un imaginaire pur. (0,5 pt)

    b. Résoudre en développant les deux membres. (0,5 pt)

    c. Revenons au cas général. Montrer que n'est pas solution de , puis que est solution de si et seulement si le nombre appartient à et est différent de . Exprimer alors en fonction de . (0,5 pt)

    d. En déduire que les solutions de sont les nombres

(0,5 pt)

e. Démontrer que admet exactement solutions, et contrôler la cohérence avec la question b. (0,5 pt)

Exercice 4 (6 points) — Une configuration du plan complexe

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct . On considère les points , et d'affixes respectives

  1. Calculer les longueurs , et . (0,5 pt)

  2. Calculer et en déduire la nature du triangle . (0,5 pt)

  3. Soit l'application qui, à tout point d'affixe , associe le point d'affixe . Montrer que est une rotation dont on précisera le centre et l'angle, puis vérifier que transforme en . (0,5 pt)

  4. On cherche les applications qui, à tout point d'affixe , associent le point d'affixe , où et sont des complexes avec , telles que et .

    a. Montrer qu'il existe une unique telle application et déterminer et . (0,5 pt)

    b. Préciser la nature de et ses éléments caractéristiques : centre , rapport et angle. (0,75 pt)

  5. Déterminer et décrire l'ensemble des points d'affixe , distincts de et de , tels que . Vérifier que appartient à et interpréter ce fait. (0,75 pt)

  6. Pour tout point d'affixe , on note le point d'affixe . Déterminer l'ensemble des points tels que . (0,5 pt)

  7. On note le milieu du segment et son affixe.

    a. Montrer que pour tout , et que définit une similitude directe dont on précisera le centre, le rapport et l'angle. (0,5 pt)

    b. Déterminer l'ensemble décrit par le point lorsque décrit . (0,5 pt)

  8. Déterminer l'ensemble des points du plan tels que les points , et soient alignés. (1 pt)

Bloqué sur « Nombres complexes » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.