MPSI · Chapitre 03 · Premier semestre

Devoir surveillé — Nombres complexes

Sujet type, 250 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 250 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (3 points) — Vrai ou faux

Pour chacune des six affirmations suivantes, dire si elle est vraie ou fausse. Une affirmation vraie doit être démontrée ; une affirmation fausse doit être réfutée par un contre-exemple explicite, et l'on énoncera alors la version corrigée. Chaque question vaut 0,5 point.

1. Il existe sur C une relation d'ordre total qui prolonge l'ordre usuel de R et qui est compatible avec les opérations, c'est-à-dire telle que, pour tous z, z, w de C : si zz alors z+wz+w, et si 0z et 0z alors 0zz.

2. L'application zz est une similitude directe du plan.

3. Pour tout réel θ, eiθ1=2sinθ2.

4. Si zC vérifie z+1zR, alors z=1.

5. Pour tout entier n1, la somme des racines n-ièmes de l'unité est nulle.

6. Si un nombre complexe z vérifie z3R et z5R, alors zR.

Exercice 2 (3,5 points) — Produits de sommes de deux carrés

On dit qu'un entier naturel N est une somme de deux carrés s'il existe deux entiers relatifs x et y tels que N=x2+y2. L'objet de cet exercice est de démontrer, à l'aide des seuls nombres complexes, que l'ensemble des sommes de deux carrés est stable par produit, puis d'en tirer une construction de triangles rectangles à côtés entiers.

On note Z[i]={a+ib ; (a,b)Z2}, et pour zZ[i] on pose N(z)=z2.

1. (0,5 pt) Démontrer que pour tout z=a+ib de Z[i], avec (a,b)Z2, on a N(z)=a2+b2, et que N(z) est un entier naturel. Démontrer ensuite que N(zz)=N(z)N(z) pour tous z,z de Z[i].

2. (0,75 pt) En développant le produit (a+ib)(c+id), puis en recommençant avec (a+ib)(cid), démontrer que pour tous entiers relatifs a, b, c, d :

(a2+b2)(c2+d2)=(acbd)2+(ad+bc)2=(ac+bd)2+(bcad)2.

3. (0,5 pt) En déduire deux écritures de 65 comme somme de deux carrés d'entiers naturels, puis une écriture de 1105=5×13×17 comme somme de deux carrés. On utilisera 5=22+12, 13=32+22 et 17=42+12.

4. (0,75 pt) Démontrer par récurrence que tout produit d'un nombre fini d'entiers naturels qui sont des sommes de deux carrés est encore une somme de deux carrés.

5. (1 pt) Soient u et v deux entiers vérifiant u>v>0. On pose z=u+iv.

a. En calculant N(z2) de deux façons, démontrer que

(u2v2)2+(2uv)2=(u2+v2)2.

b. Écrire le triplet obtenu pour (u,v)=(2,1), puis pour (u,v)=(4,1).

c. En choisissant u=n+1 et v=n avec n1, démontrer qu'il existe une infinité de triangles rectangles dont les trois côtés sont des entiers et dont l'hypoténuse dépasse d'exactement 1 l'un des deux autres côtés.

Exercice 3 (3,5 points) — Une équation de degré $2n$

Soient n un entier naturel non nul et θ un nombre réel. On s'intéresse à l'équation d'inconnue zC

(Eθ) :z2n2cos(nθ)zn+1=0.

1. (0,5 pt) Soit αR. Résoudre dans C l'équation Z22cos(α)Z+1=0 d'inconnue Z.

2. (0,75 pt) En déduire l'ensemble des solutions de (Eθ), sous forme exponentielle.

3. (0,5 pt) Démontrer que toutes les solutions de (Eθ) sont de module 1, et décrire géométriquement l'ensemble de leurs images dans le plan complexe. On précisera par quelle transformation du plan on passe de l'une des deux familles de points à l'autre.

4. (0,75 pt) Démontrer que (Eθ) admet exactement 2n solutions distinctes si nθπZ, et exactement n solutions distinctes sinon.

5. (1 pt) Application : résoudre dans C l'équation z6z3+1=0. On contrôlera le résultat en développant le produit (z3+1)(z6z3+1).

Exercice 4 (3,5 points) — Un polygone régulier vu par un point du plan

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v). Soit n un entier vérifiant n2. Pour k{0,1,,n1}, on note ωk=e2ikπ/n et Ak le point d'affixe ωk : les points A0,,An1 sont les sommets d'un polygone régulier inscrit dans le cercle trigonométrique. On note M un point du plan, d'affixe z, et l'on pose

S(M)=k=0n1MAk2.

On admet les deux résultats suivants, conséquences directes du cours : k=0n1ωk=0 et k=0n1cos2kπn=0.

1. (0,5 pt) Démontrer que S(M)=n(z2+1). Que remarque-t-on lorsque M décrit le cercle trigonométrique ?

2. (0,5 pt) Déterminer l'ensemble des points M du plan vérifiant S(M)=4n.

3. (0,75 pt) On admet également le résultat suivant, obtenu par la technique de l'arc moitié et déjà établi en exercice : pour 1kn1, 1ωk=2sinkπn. En appliquant la question 1. au point A0, démontrer que

k=1n1sin2kπn=n2.

4. (0,75 pt) Retrouver ce résultat par une seconde méthode, en linéarisant sin2kπn.

5. (0,5 pt) En déduire la valeur de k=1n1cos2kπn.

6. (0,5 pt) Démontrer que tout point M situé à une distance supérieure ou égale à 1 de l'origine vérifie : il existe au moins un sommet Ak tel que MAk2.

Exercice 5 (6,5 points) — Problème : orthocentre, droite d'Euler et cercle des neuf points

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v). On note U l'ensemble des nombres complexes de module 1, et l'on rappelle que zU équivaut à z=1z.

Dans tout le problème, a, b, c sont trois éléments deux à deux distincts de U, et A, B, C sont les points d'affixes respectives a, b, c : le triangle ABC est donc inscrit dans le cercle trigonométrique, dont le centre est O. On pose

s=a+b+c.

On utilisera librement le critère suivant, conséquence immédiate du cours : si MN et PQ sont quatre points d'affixes zM,zN,zP,zQ, alors

(MN)(PQ)    zNzMzQzPRet(MN)(PQ)    zNzMzQzPiR.

Le problème établit que neuf points remarquables du triangle sont sur un même cercle, dont on déterminera le centre et le rayon.

Partie A — La boîte à outils du cercle unité

A.1. (0,5 pt) Soient u et v deux éléments de U. Démontrer que

uv=uvuvetu+v=u+vuv.

A.2. (0,75 pt) En déduire que trois points deux à deux distincts du cercle trigonométrique ne sont jamais alignés. En particulier, ABC est un vrai triangle.

Partie B — L'orthocentre et la droite d'Euler

On note H le point d'affixe h=s=a+b+c.

B.1. (0,75 pt) Démontrer que H appartient à la hauteur du triangle ABC issue de A. On distinguera les cas b+c0 et b+c=0.

B.2. (0,25 pt) En déduire que H est l'orthocentre du triangle ABC.

B.3. (0,5 pt) Application numérique : on prend a=1, b=i et c=5+12i13. Vérifier que ces trois nombres sont bien de module 1, calculer h, puis contrôler par le calcul que (AH)(BC).

B.4. (0,5 pt) On note G l'isobarycentre des points A, B, C, c'est-à-dire le centre de gravité du triangle. Démontrer que les points O, G et H sont alignés et que OH=3OG. Que se passe-t-il lorsque s=0 ?

Partie C — Le cercle des neuf points

On note Ω le milieu du segment [OH], d'affixe ω=s2.

C.1. (0,5 pt) Démontrer que les trois milieux des côtés du triangle sont à la distance 12 du point Ω.

C.2. (0,5 pt) Démontrer qu'il en va de même des milieux des segments [AH], [BH] et [CH].

C.3. On note P le point d'affixe p=12(a+b+cbca).

a. (0,5 pt) Démontrer que pb=(ab)(a+c)2a et que pa=(ba)(ac)2a. En déduire que pa.

b. (0,75 pt) Démontrer que P appartient à la droite (BC), puis que (AP)(BC). Conclure que P est le pied de la hauteur issue de A.

C.4. (0,5 pt) Démontrer que ΩP=12, et énoncer le résultat obtenu en dénombrant les points concernés.

C.5. (0,5 pt) Application numérique, avec les valeurs de la question B.3. : calculer ω, puis vérifier que le milieu de [BC] et le pied de la hauteur issue de A sont bien à la distance 12 de Ω.

Bloqué sur « Nombres complexes » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.