MPSI · Chapitre 15 · Second semestre

Devoir surveillé — Intégration

Sujet type, 240 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 240 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (2,5 points) — Trois raisonnements à expertiser

Chacun des trois raisonnements ci-dessous est celui d'un élève. Pour chacun, dire s'il est correct. S'il ne l'est pas, indiquer précisément quelle hypothèse de quel théorème est violée, dire si la conclusion est malgré tout exacte, puis énoncer et démontrer ce qui est réellement vrai.

1. (1 pt) « Calculons 11t4dt par le changement de variable u=t2. On a du=2tdt, donc t4dt=u3/22du. Quand t parcourt [1,1], u va de 1 à 1, donc

11t4dt=11u3/22du=0. »

2. (0,75 pt) « Calculons 01t12dt par parties, en dérivant u:tt12 et en primitivant 1 en v:tt. La dérivée de u vaut 1 sur [0,12[ et +1 sur ]12,1], donc

01t12dt=[tt12]0101/2t×(1)dt1/21t×1dt=12+1838=14. »

3. (0,75 pt) « Soit f:[0,1]R définie par f(t)=2t, et soit F(x)=0xf(t)dt. La fonction f est continue par morceaux sur [0,1], donc le théorème fondamental s'applique : F est de classe C1 sur [0,1] et F=f. »

Exercice 2 (2 points) — Le théorème de la moyenne à poids

Dans tout l'exercice, a et b désignent deux réels tels que a<b. Le cours établit que, pour f continue sur [a,b], il existe c[a,b] tel que abf=(ba)f(c). On se propose de pondérer ce résultat.

1. (1 pt) Soient f une fonction continue sur [a,b] et g une fonction continue par morceaux et positive sur [a,b]. Démontrer qu'il existe un réel c[a,b] tel que

abf(t)g(t)dt=f(c)abg(t)dt.

On traitera à part le cas abg=0.

2. (0,5 pt) Démontrer, par un contre-exemple explicite, que l'hypothèse de positivité de g ne peut pas être supprimée.

3. (0,5 pt) On pose I=01et1+tdt. En appliquant la question 1. avec un choix judicieux de f et de g, établir un encadrement de I par deux nombres exacts.

Exercice 3 (3,5 points) — Exponentielles complexes : ce que l'intégrale sait en faire

Partie A. Ce que l'intégrale lit dans un polynôme trigonométrique.

A.1. (0,5 pt) Soit pZ. Calculer 02πeiptdt. On distinguera p=0 et p0.

A.2. (0,75 pt) Soient NN et cN,,cN des nombres complexes. On pose, pour tR,

P(t)=k=NNckeikt.

Démontrer que, pour tout entier j tel que NjN, on a cj=12π02πP(t)eijtdt.

A.3. (1 pt) Démontrer que 12π02πP(t)2dt=k=NNck2. En déduire la valeur de 02πcos4tdt sans linéariser cos4 : on cherchera un polynôme P de la forme ci-dessus dont le module au carré vaut cos4.

Partie B. Taylor pour les fonctions à valeurs complexes.

Soit f une fonction de classe Cn+1 d'un intervalle I dans C, et soient a,xI. On admet que la formule de Taylor avec reste intégral

f(x)=k=0nf(k)(a)k!(xa)k+ax(xt)nn!f(n+1)(t)dt

et l'inégalité de Taylor-Lagrange qui s'en déduit,

f(x)k=0nf(k)(a)k!(xa)kKxan+1(n+1)!ouˋ K=supf(n+1) sur le segment d’extreˊmiteˊa et x,

restent valables dans ce cadre : il suffit de les écrire pour Ref et Imf, puis de recombiner.

B.1. (0,75 pt) En appliquant l'inégalité ci-dessus à teit entre 0 et x, démontrer que pour tout réel x et tout nN,

eixk=0n(ix)kk!xn+1(n+1)!.

Qu'obtient-on en séparant parties réelle et imaginaire ?

B.2. (0,5 pt) Démontrer qu'il n'existe aucun réel c]0,2π[ tel que e2iπe0=2πieic. Que faut-il en conclure, et qu'est-ce qui subsiste ?

Exercice 4 (4,5 points) — Primitives itérées et une équation intégrale

Soit f une fonction continue sur [0,1] à valeurs réelles. On définit une suite de fonctions (fn)nN sur [0,1] en posant f0=f et, pour tout nN,

fn+1(x)=0xfn(t)dt(x[0,1]).

Une récurrence immédiate, que l'on ne demande pas de rédiger, montre que chaque fn est continue sur [0,1] et que, pour n1, fn est de classe C1 avec fn=fn1 et fn(0)=0.

1. (1 pt) Soit h une fonction continue sur [0,1] et H:x0xh(t)dt. Démontrer que, pour tout entier n1 et tout x[0,1],

0x(xt)nn!h(t)dt=0x(xt)n1(n1)!H(t)dt.

2. (1,25 pt) En déduire, par récurrence sur n, que pour tout nN et tout x[0,1],

fn+1(x)=0x(xt)nn!f(t)dt.

On énoncera soigneusement la propriété que l'on démontre par récurrence.

3. (1 pt) Justifier l'existence de M=sup[0,1]f, puis démontrer que pour tout n1 et tout x[0,1],  fn(x)Mxnn!. En déduire la limite de fn(x) quand n tend vers +, à x fixé.

4. (1,25 pt) Soit g une fonction continue sur [0,1] telle que g(x)=0xg(t)dt pour tout x[0,1]. Démontrer que g est la fonction nulle, sans utiliser le cours sur les équations différentielles linéaires. En déduire, toujours sans ce cours, que l'équation y=y admet au plus une solution dérivable sur [0,1] vérifiant y(0)=1.

Exercice 5 (7,5 points) — Problème : encadrer une intégrale qu'on ne sait pas calculer

Dans tout le problème, a et b sont deux réels tels que a<b, et f est une fonction convexe et continue sur [a,b], à valeurs réelles. On note

μ=a+b2etI=abf(t)dt.

On rappelle la définition de la convexité : pour tous x,y[a,b] et tout λ[0,1],

f((1λ)x+λy)(1λ)f(x)+λf(y).

Partie A. Une intégrale coincée entre une corde et un rectangle.

A.1. (0,75 pt) Démontrer que, pour tout t[a,b],

f(t)f(a)+taba(f(b)f(a)),

puis en déduire que  I(ba)f(a)+f(b)2.

A.2. (1 pt) À l'aide du changement de variable u=a+bt, démontrer que

I=12ab(f(t)+f(a+bt))dt,

puis en déduire que  (ba)f(μ)I.

Partie B. Le découpage, et deux suites qui encadrent I.

Pour n1, on pose h=ban, puis xk=a+kh pour 0kn, et l'on définit

Mn=hk=0n1f(xk+xk+12)etTn=h(f(a)2+k=1n1f(xk)+f(b)2).

Ces notations sont propres au problème : Tn désigne ici la somme des trapèzes, à ne pas confondre avec les sommes de Riemann Tn du cours.

B.1. (1,5 pt) Vérifier que Tn=h2k=0n1(f(xk)+f(xk+1)). Justifier ensuite que la partie A s'applique à la restriction de f à chaque segment [xk,xk+1], et en déduire que pour tout n1,

MnITn.

B.2. (0,75 pt) Démontrer que, pour tout n1,  T2n=Tn+Mn2. On séparera les indices pairs et impairs dans la somme qui définit T2n.

B.3. (1 pt) En déduire que Mn=2T2nTn, puis les deux relations

TnMn=2(TnT2n)et0T2nITnI2.

B.4. (0,5 pt) On admet qu'une récurrence sur p, fondée sur la seconde relation de B.3, donne

0T2pIT1M12ppour tout pN.

En déduire que les deux suites (T2p)p0 et (M2p)p0 convergent vers I.

Partie C. Une valeur numérique certifiée.

On pose désormais I=01et2dt, dont aucune primitive ne s'exprime à l'aide des fonctions usuelles. On utilisera les encadrements

1,0644e1/161,0645,1,2840e1/41,2841,1,7550e9/161,7551,2,7182e2,7183.

C.1. (0,25 pt) Démontrer que tet2 est convexe sur [0,1].

C.2. (1 pt) Calculer T1, M1, puis T2 en utilisant la question B.2 et M2, et en déduire un encadrement de I dont chaque borne est donnée à 104 près, arrondie dans le sens qui préserve l'inégalité.

C.3. (0,75 pt) Un élève objecte qu'on ne peut pas calculer l'erreur puisqu'on ne connaît pas I. Expliquer, à l'aide de la question B.3, comment un programme peut néanmoins certifier sa propre précision à chaque étape, et donner ce critère d'arrêt.

Bloqué sur « Intégration » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.