MPSI · Chapitre 14 · Second semestre

Exercices — Groupe symétrique et déterminants

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Composer des permutations et trouver l'inverse

Groupe symétrique, permutations, composition et inverse, cardinal n!

Dans le groupe symétrique S5, on considère les deux permutations

σ=(1234535124)etτ=(1234521453).
  1. Calculer στ, puis τσ. Qu'en conclut-on sur le groupe S5 ?

  2. Déterminer σ1, et vérifier par le calcul que σσ1=id.

  3. Calculer σ2.

  4. Résoudre dans S5 l'équation σx=τ, d'inconnue x. Justifier que la solution obtenue est l'unique solution.

Exercice 2 ★★★Décomposer une permutation en cycles à supports disjoints

Cycles, supports disjoints, transpositions, décomposition d'une permutation

  1. Décomposer en produit de cycles à supports disjoints la permutation

    σ1=(123456356241)S6.
  2. Faire de même pour

    σ2=(12345674735126)S7,

    et préciser le support de σ2.

  3. Faire de même pour

    σ3=(1234567853862471)S8.
  4. Réciproquement, écrire sous forme de tableau à deux lignes la permutation γ=(1 4 7)(2 6)(3 5 8) de S8.

Exercice 3 ★★★Calculer la signature de permutations

Signature d'une permutation, morphisme, signature d'un cycle, groupe alternéCycles, supports disjoints, transpositions, décomposition d'une permutation

  1. Déterminer la signature de chacune des permutations suivantes.

    a. σ1=(1 4 7 2) dans S7

    b. σ2=(2 5)(1 3 6) dans S6

    c. σ3=(1 3 5 2 4) dans S5

    d. σ4=(1 2)(3 4)(5 6)(7 8) dans S8

    e. σ5=(123456465132)

    f. σ6=(12345673126754)

  2. Soit σSn et kN. Exprimer ε(σ1) et ε(σk) en fonction de ε(σ).

  3. La permutation γ=(1 2 3 4)(5 6 7) appartient-elle au groupe alterné A7 ? Et la permutation γ2 ?

Exercice 4 ★★★Déterminants d'ordre deux et trois

Déterminant d'une matrice carrée, produit, transposée, matrices semblablesDéterminant d'une famille de vecteurs dans une base, caractérisation des bases

  1. Calculer les déterminants suivants.

    a. 3524

    b. 1432

    c. 7321

    d. 6946

  2. Calculer, à l'aide de la règle de Sarrus, les déterminants

    D1=123045106etD2=213102411.
  3. La famille (u1,u2,u3) de R3 définie par u1=(1,2,1), u2=(0,1,3) et u3=(2,5,0) est-elle une base de R3 ?

  4. Pour quelles valeurs du réel m la famille (v1,v2,v3) définie par v1=(1,1,2), v2=(2,1,1) et v3=(m,1,0) est-elle liée ?

Exercice 5 ★★★Matrices triangulaires et effet des opérations élémentaires

Calcul pratique : opérations élémentaires, matrices triangulaires, blocsDéterminant d'une matrice carrée, produit, transposée, matrices semblables

  1. Calculer le déterminant de la matrice triangulaire

    T=(2513034700120005).
  2. Calculer le déterminant de la matrice diagonale par blocs

    M=(3100520000410023).

Dans les questions suivantes, AM3(R) vérifie det(A)=7.

  1. Calculer les déterminants suivants.

    a. det(2A)

    b. det(A3)

    c. det(t ⁣A)

    d. det(A1)

  2. Donner le déterminant de la matrice obtenue à partir de A par l'opération élémentaire indiquée.

    a. L1L2

    b. L33L3

    c. L2L2+5L1

  3. Un élève écrit : « det(2A)=2det(A)=14 ». Expliquer son erreur.

Exercice 6 ★★★Développer selon une rangée bien choisie

Développement selon une ligne ou une colonne, mineurs et cofacteurs

Dans les trois premières questions, on demande de justifier le choix de la rangée de développement et le signe du cofacteur utilisé.

  1. Calculer

    D1=2000513014203067.
  2. Calculer

    D2=0300210405121003.
  3. Calculer

    D3=1203040051260701.
  4. Soit A=(213012141). Calculer les mineurs Δ2,3 et Δ3,1, puis les cofacteurs c2,3 et c3,1. En déduire det(A) en développant selon la deuxième ligne.

Exercice 7 ★★★★Comatrice et inverse d'une matrice d'ordre trois

Comatrice, relation A t(Com A) = det(A) In, expression de l'inverse

On considère la matrice

A=(123133247)M3(R).
  1. Calculer det(A). Que peut-on en déduire ?

  2. Calculer la comatrice Com(A), coefficient par coefficient.

  3. Vérifier la relation AtCom(A)=det(A)I3, puis en déduire A1.

  4. Contrôler le résultat en calculant le produit AA1.

  5. Écrire la formule donnant l'inverse d'une matrice inversible B=(abcd) d'ordre 2 à l'aide de sa comatrice, puis l'appliquer à B=(3412).

Exercice 8 ★★★Déterminant d'un endomorphisme de polynômes

Déterminant d'un endomorphisme, déterminant d'une composée, automorphismes

On munit E=R3[X] de sa base canonique B=(1,X,X2,X3), et l'on considère les deux applications

u:PP(X+1)etv:PP+P.

On admet que u et v sont des endomorphismes de E.

  1. Écrire les matrices U=MatB(u) et V=MatB(v).

  2. Calculer det(u) et det(v). Que peut-on en conclure pour u et v ?

  3. Calculer det(uv) de deux façons : par la formule du déterminant d'une composée, puis en écrivant la matrice de uv dans la base B.

  4. Donner la valeur de det(u1).

Exercice 9 ★★★★Ordre d'une permutation et ses puissances

Groupe symétrique, permutations, composition et inverse, cardinal n!Cycles, supports disjoints, transpositions, décomposition d'une permutation

Dans S10, on considère la permutation

σ=(1 5 9 3)(2 7 4)(6 10).

On rappelle que l'ordre d'une permutation γ est le plus petit entier k1 tel que γk=id, et que la composition se lit de droite à gauche : στ signifie « on applique τ d'abord, puis σ ».

  1. Écrire σ sous forme de tableau à deux lignes et déterminer son unique point fixe.

  2. Montrer que l'ordre d'un p-cycle est égal à p.

  3. Soient c et c deux cycles à supports disjoints, de longueurs respectives p et q. Montrer que (cc)k=ck(c)k pour tout kZ, puis que l'ordre de cc vaut ppcm(p,q). Adapter le raisonnement à trois cycles pour obtenir l'ordre de σ.

  4. Justifier que σk ne dépend que du reste de la division euclidienne de k par l'ordre de σ. En déduire σ2026, décomposée en produit de cycles à supports disjoints.

  5. Déterminer le sous-groupe σ engendré par σ, ainsi que son cardinal.

Exercice 10 ★★★Écrire une permutation comme produit de transpositions

Cycles, supports disjoints, transpositions, décomposition d'une permutationSignature d'une permutation, morphisme, signature d'un cycle, groupe alterné

On travaille dans Sn avec n2, et l'on rappelle que στ signifie « on applique τ d'abord, puis σ ». On considère le 5-cycle

γ=(1 4 2 5 3)S5.
  1. Vérifier les deux égalités
γ=(1 4)(4 2)(2 5)(5 3)etγ=(1 3)(1 5)(1 2)(1 4).
  1. Soient a et b deux éléments distincts de [ ⁣[2,n] ⁣]. Montrer que (a b)=(1 a)(1 b)(1 a). En déduire une écriture de γ comme produit de 10 transpositions.

  2. Le nombre de facteurs est passé de 4 à 10 : il n'est donc pas déterminé par γ. Montrer en revanche que sa parité l'est, et donner ε(γ).

  3. Montrer que tout p-cycle (p2) s'écrit comme produit de p1 transpositions, et retrouver la signature d'un p-cycle.

  4. En déduire que Sn est engendré par les transpositions (1 k), pour k[ ⁣[2,n] ⁣].

Exercice 11 ★★★La matrice d'une permutation et son déterminant

Signature d'une permutation, morphisme, signature d'un cycle, groupe alternéDéterminant d'une matrice carrée, produit, transposée, matrices semblables

Soit n2. À toute permutation σSn on associe la matrice de permutation PσMn(K) définie par

(Pσ)i,j=δi,σ(j)pour tous i,j[ ⁣[1,n] ⁣].

On rappelle que στ signifie « on applique τ d'abord, puis σ ».

  1. Justifier que la j-ième colonne de Pσ est la σ(j)-ième colonne de In, puis écrire Pσ pour σ=(1 3 4)S4.

  2. Montrer que PσPτ=Pστ pour toutes permutations σ,τ. En déduire que Pσ est inversible et que l'application Φ:σPσ est un morphisme de groupes injectif de Sn dans GLn(K).

  3. Calculer det(Pτ) lorsque τ est une transposition, puis en déduire que det(Pσ)=ε(σ) pour toute σSn. Vérifier le résultat sur l'exemple de la question 1.

  4. Montrer que t ⁣Pσ=Pσ1, et en déduire que Pσ1=t ⁣Pσ.

Exercice 12 ★★★★Le déterminant a sur la diagonale et b ailleurs

Calcul pratique : opérations élémentaires, matrices triangulaires, blocs

Soient n2 et a,bK. On note Mn la matrice de Mn(K) dont tous les coefficients diagonaux valent a et tous les autres b, et l'on pose Dn=det(Mn) :

Dn=abbbabbba.
  1. Calculer D2 et D3 à la main, et donner leur forme factorisée.

  2. Dans le cas général, effectuer l'opération C1C1+C2++Cn et mettre le facteur a+(n1)b en évidence.

  3. Effectuer ensuite les opérations LiLiL1 pour i[ ⁣[2,n] ⁣], et en déduire que

Dn=(a+(n1)b)(ab)n1.

Contrôler la cohérence avec la question 1.

  1. Discuter, selon a et b, l'inversibilité de Mn. Dans chaque cas singulier, exhiber un vecteur non nul du noyau de l'endomorphisme de Kn canoniquement associé à Mn.

  2. Application : calculer le déterminant d'ordre 4 dont les coefficients diagonaux valent 3 et tous les autres 1.

Exercice 13 ★★★★Vandermonde d'ordre trois et interpolation

Déterminants classiques : Vandermonde, tridiagonaux, circulantsDéterminant d'une famille de vecteurs dans une base, caractérisation des bases

Soient a,b,cK. On pose

V(a,b,c)=111abca2b2c2.
  1. Calculer V(a,b,c) en effectuant les opérations C2C2C1 puis C3C3C1, et montrer que V(a,b,c)=(ba)(ca)(cb).

  2. Donner une condition nécessaire et suffisante pour que la famille ((1,a,a2), (1,b,b2), (1,c,c2)) soit une base de K3.

  3. Soient x1,x2,x3 trois réels deux à deux distincts et y1,y2,y3 trois réels quelconques. En écrivant un système linéaire, montrer qu'il existe un unique polynôme PR2[X] tel que P(xi)=yi pour tout i[ ⁣[1,3] ⁣].

  4. Retrouver ce résultat à l'aide des polynômes interpolateurs de Lagrange, et comparer les deux démonstrations.

  5. Exemple. Déterminer le polynôme P de degré au plus 2 vérifiant P(1)=3, P(1)=1 et P(2)=6.

Exercice 14 ★★★★Résoudre un système par les formules de Cramer

Applications : systèmes de Cramer, inversibilité, familles libres

On rappelle que si AX=B est un système de Cramer (AMn(K) avec det(A)0), son unique solution est donnée par xj=det(Aj)det(A), où Aj est la matrice A dont la j-ième colonne a été remplacée par B.

Partie A. On considère le système

(S):{x+2yz=22xy+3z=9x+y+2z=3
  1. Calculer le déterminant de la matrice A de (S) et justifier que (S) est un système de Cramer.

  2. Résoudre (S) par les formules de Cramer, puis vérifier la solution obtenue.

Partie B. Soit mR. On considère le système

(Sm):{mx+y+z=1x+my+z=mx+y+mz=m2
  1. En notant Am la matrice de (Sm), montrer que det(Am)=(m+2)(m1)2.

  2. Discuter, selon la valeur de m, le nombre de solutions de (Sm).

  3. Résoudre (Sm) par les formules de Cramer lorsque m{1,2}.

Exercice 15 ★★★★Un déterminant qui dépend d'un paramètre

Déterminant d'une matrice carrée, produit, transposée, matrices semblablesApplications : systèmes de Cramer, inversibilité, familles libres

Pour xR, on pose

A(x)=(1111xx1xx2)M3(R),

et l'on note ux l'endomorphisme de R3 canoniquement associé à A(x).

  1. Calculer det(A(x)) en effectuant les opérations C2C2C1 et C3C3C1, et donner le résultat sous forme factorisée.

  2. En déduire l'ensemble des réels x pour lesquels A(x) est inversible.

  3. Pour x=1, déterminer le rang de A(1), puis une base de Keru1.

  4. Mêmes questions pour x=0. Vérifier le théorème du rang dans les deux cas.

  5. Contrôler la formule de la question 1 en calculant directement det(A(2)).

Exercice 16 ★★★★Une famille de polynômes forme-t-elle une base ?

Déterminant d'une famille de vecteurs dans une base, caractérisation des basesApplications : systèmes de Cramer, inversibilité, familles libres

On travaille dans E=R3[X], muni de sa base canonique B=(1,X,X2,X3).

  1. La famille F=(P1,P2,P3,P4) définie par
P1=1+X3,P2=X+X3,P3=X2+X3,P4=1+X+X2+X3

est-elle une base de E ? On calculera detB(F).

  1. Soit mR. Pour quelles valeurs de m la famille
Fm=(1+mX, X+mX2, X2+mX3, m+X3)

est-elle une base de E ?

  1. Soit C une autre base de E. Montrer que detC(F) et detB(F) sont nuls en même temps. Que peut-on en conclure sur les réponses des questions 1 et 2 ?

  2. Soit aR. Calculer detB(1, Xa, (Xa)2, (Xa)3) et conclure.

Exercice 17 ★★★Les règles de calcul sur le déterminant

Déterminant d'une matrice carrée, produit, transposée, matrices semblables

Dans tout l'exercice, n2 et A,B désignent des matrices de Mn(R).

  1. Vrai ou faux, en justifiant.

    a. det(A+B)=det(A)+det(B).

    b. det(AB)=det(BA), même lorsque ABBA.

  2. Montrer que si A est nilpotente, alors det(A)=0.

  3. Montrer que si A2=A, alors det(A){0,1}, et que les deux valeurs sont effectivement atteintes.

  4. Montrer que si A et B sont semblables, alors det(A)=det(B). La réciproque est-elle vraie ?

  5. Soit k1 tel que Ak=In. Montrer que det(A)=±1, puis préciser ce que l'on peut dire de plus lorsque k est impair.

Exercice 18 ★★★Déterminant d'une matrice triangulaire par blocs

Calcul pratique : opérations élémentaires, matrices triangulaires, blocsDéterminant d'une matrice carrée, produit, transposée, matrices semblables

Soient p,q1 et n=p+q. Pour AMp(K), BMp,q(K) et DMq(K), on pose

M=(AB0D)Mn(K).
  1. On suppose d'abord A=Ip. En annulant le bloc B par des opérations sur les colonnes, puis en développant p fois selon la première colonne, montrer que det(M)=det(D).

  2. Cas général. Les blocs B et D étant fixés, on note φ(C1,,Cp)=det(M), où C1,,Cp désignent les colonnes de A. Montrer que φ est une forme p-linéaire alternée sur Mp,1(K), puis en déduire que det(M)=det(A)det(D).

  3. Application : calculer de tête 1257341000210035.

  4. Pour une matrice découpée en quatre blocs carrés M=(ABCD), un élève propose la formule det(M)=det(A)det(D)det(B)det(C). Donner un contre-exemple.

  5. Soient A1,A2,A3 des matrices carrées. Montrer que le déterminant de la matrice diagonale par blocs de blocs A1,A2,A3 vaut det(A1)det(A2)det(A3).

Exercice 19 ★★★★Matrices antisymétriques et matrices de carré opposé

Déterminant d'une matrice carrée, produit, transposée, matrices semblables

Partie A. Soit AMn(R) antisymétrique, c'est-à-dire vérifiant t ⁣A=A.

  1. Montrer que si n est impair, alors det(A)=0. Qu'en déduit-on sur l'inversibilité de A ?

  2. Donner une matrice antisymétrique d'ordre 2 inversible. Que peut-on donc dire du cas n pair ?

Partie B. Soit AMn(R) telle que A2=In.

  1. Montrer que n est nécessairement pair.

  2. Exhiber une telle matrice pour n=2, puis pour n=4.

Partie C.

  1. La conclusion de la question 3 subsiste-t-elle pour AMn(C) ? On donnera un contre-exemple d'ordre 1 et on précisera à quel endroit l'argument précédent utilise que la matrice est réelle.

Exercice 20 ★★★★Un déterminant tridiagonal et sa relation de récurrence

Déterminants classiques : Vandermonde, tridiagonaux, circulantsDéveloppement selon une ligne ou une colonne, mineurs et cofacteurs

Pour n1, on note TnMn(R) la matrice tridiagonale dont tous les coefficients diagonaux valent 2, dont tous les coefficients des deux diagonales adjacentes valent 1, et dont tous les autres coefficients sont nuls :

Tn=(21(0)121121(0)12).

On pose Dn=det(Tn).

  1. Écrire T1, T2, T3 et calculer D1, D2 et D3.

  2. Soit n3. Développer Dn selon sa première colonne, puis développer le second mineur obtenu selon sa première ligne, afin d'établir la relation Dn=2Dn1Dn2.

  3. En déduire l'expression de Dn en fonction de n.

  4. Que peut-on dire de l'inversibilité de Tn ?

  5. On remplace les deux diagonales adjacentes par des 1, les coefficients diagonaux restant égaux à 2. Le déterminant change-t-il ?

Exercice 21 ★★★Toute forme alternée est un multiple du déterminant

Formes n-linéaires alternées, antisymétrie, effet d'une permutation

Soit E un K-espace vectoriel de dimension n1, muni d'une base B=(e1,,en). On note An(E) l'ensemble des formes n-linéaires alternées sur E.

  1. Dans cette question E=R2 et B est sa base canonique. Pour x=(x1,x2) et y=(y1,y2), on pose
f(x,y)=(x1x2)(y1+2y2)(y1y2)(x1+2x2).

Vérifier que f est une forme bilinéaire alternée, puis l'exprimer comme un multiple de detB.

  1. Cas général : soit fAn(E). Montrer que f=f(e1,,en)detB.

  2. En déduire que An(E) est un espace vectoriel de dimension 1.

  3. Montrer qu'une forme n-linéaire alternée est nulle sur toute famille liée.

  4. On suppose dimE=3. Montrer que toute forme 4-linéaire alternée sur E est nulle.

Exercice 22 ★★★Déterminant d'une composée et automorphismes

Déterminant d'un endomorphisme, déterminant d'une composée, automorphismes

On munit R3 de sa base canonique B=(e1,e2,e3) et on considère les endomorphismes u et v définis par

u(x,y,z)=(x+y, y+z, z+x)etv(x,y,z)=(x, y, 0).
  1. Écrire les matrices de u et de v dans B, puis calculer det(u) et det(v). Lequel de ces deux endomorphismes est un automorphisme ? Calculer alors le déterminant de son application réciproque.

  2. Calculer les matrices de uv et de vu. Vérifier que uvvu et que det(uv)=det(vu)=det(u)det(v).

  3. Soit E un espace de dimension n et p un projecteur de E de rang r. Calculer det(p) en se plaçant dans une base adaptée.

  4. Soit s la symétrie par rapport à un sous-espace F de dimension p, parallèlement à un supplémentaire G de F. Calculer det(s).

  5. Calculer le déterminant de l'homothétie hλ=λidE. Pour quelles valeurs de λ est-ce un automorphisme ?

Exercice 23 ★★★Le déterminant de Vandermonde par récurrence

Déterminants classiques : Vandermonde, tridiagonaux, circulantsCalcul pratique : opérations élémentaires, matrices triangulaires, blocs

Soient n2 et a1,,anK. On note V(a1,,an) le déterminant de la matrice de Mn(K) dont le coefficient d'indice (i,j) vaut aij1 :

V(a1,,an)=1a1a12a1n11a2a22a2n11anan2ann1
  1. Calculer V(a1,a2), puis V(a1,a2,a3) à l'aide des opérations L2L2L1 et L3L3L1.

  2. Soient n3 et a1,,an1 deux à deux distincts. On pose P(x)=V(a1,,an1,x) pour xK. Montrer que P est une fonction polynomiale de degré au plus n1, dont le coefficient de xn1 vaut V(a1,,an1).

  3. Déterminer n1 racines de P, puis en déduire que P(x)=V(a1,,an1)i=1n1(xai).

  4. En déduire par récurrence que V(a1,,an)=1i<jn(ajai), sans aucune hypothèse sur les ai. Vérifier sur V(1,2,3).

  5. Montrer que la matrice de Vandermonde est inversible si et seulement si les ai sont deux à deux distincts, et retrouver ainsi l'existence et l'unicité du polynôme d'interpolation de Lagrange.

Exercice 24 ★★★★Le déterminant de la matrice par blocs A B B A

Calcul pratique : opérations élémentaires, matrices triangulaires, blocsDéterminant d'une matrice carrée, produit, transposée, matrices semblables

Soient n1, A,BMn(K) et

M=(ABBA)M2n(K).

On pose P=(InIn0In) et Q=(InIn0In), deux matrices de M2n(K).

  1. Justifier que detP=detQ=1.

  2. Calculer le produit par blocs PM. Quelle opération sur les lignes de M, vue par blocs, réalise-t-il ?

  3. Calculer (PM)Q. Quelle opération sur les colonnes réalise-t-il ?

  4. En déduire que detM=det(A+B)det(AB).

  5. Application numérique avec n=2, A=(1234) et B=(0111) : calculer detM, où M est d'ordre 4.

  6. Traiter le cas A=In : simplifier det(InBBIn) le plus loin possible.

Exercice 25 ★★★Conjuguer une permutation

Groupe symétrique, permutations, composition et inverse, cardinal n!Cycles, supports disjoints, transpositions, décomposition d'une permutation

Dans tout l'exercice, n2 et le produit στ désigne la composée στ : on applique τ d'abord, puis σ.

  1. Soient γ=(a1 a2  ap) un p-cycle de Sn et σSn. Montrer que
σγσ1=(σ(a1) σ(a2)  σ(ap)).
  1. En déduire que si γ se décompose en cycles à supports disjoints de longueurs p1,,pr, alors σγσ1 se décompose en cycles à supports disjoints de mêmes longueurs. Retrouver de deux façons que ε(σγσ1)=ε(γ).

  2. Trouver explicitement une permutation σS5 telle que σ(1 2 3)(4 5)σ1=(2 5 4)(1 3).

  3. Dénombrer les 3-cycles de S5.

  4. Dénombrer les permutations de S6 qui s'écrivent comme le produit d'un 4-cycle et d'une transposition à supports disjoints.

Exercice 26 ★★★Le groupe alterné et les 3-cycles

Signature d'une permutation, morphisme, signature d'un cycle, groupe alternéGroupe symétrique, permutations, composition et inverse, cardinal n!

Pour n2, on note An={σSn ; ε(σ)=1} le groupe alterné. Le produit στ désigne la composée στ : on applique τ d'abord, puis σ.

  1. Montrer que An est un sous-groupe de Sn.

  2. Soit φ:σ(1 2)σ. Montrer que φ réalise une bijection de An sur SnAn, et en déduire que card(An)=n!2.

  3. Lister les éléments de A4 en les classant par structure en cycles, et vérifier le compte de la question 2.

  4. Soient a,b,c,d quatre éléments deux à deux distincts de [ ⁣[1,n] ⁣]. Calculer (a b)(a c), puis vérifier que (a b)(c d)=(a c b)(a c d).

  5. En déduire que, pour n3, le groupe An est engendré par les 3-cycles.

Le théorème de Lagrange est hors programme : la question 2 doit être traitée par la bijection proposée.

Exercice 27 ★★★★Le déterminant de la comatrice

Comatrice, relation A t(Com A) = det(A) In, expression de l'inverseDéterminant d'une matrice carrée, produit, transposée, matrices semblables

Soient n2 et AMn(K). On rappelle que Com(A)=(ci,j)1i,jnci,j=(1)i+jΔi,j est le cofacteur d'indice (i,j), et que

A tCom(A)=tCom(A) A=det(A)In.
  1. En déduire que det(Com(A))=det(A)n1 lorsque A est inversible.

  2. On suppose detA=0. Montrer que Com(A) n'est pas inversible (distinguer A=0n et A0n), et conclure que la formule de la question 1 vaut pour toute matrice A.

  3. Montrer que Com(t ⁣A)=tCom(A).

  4. On suppose A inversible. Montrer que Com(A)=det(A)t(A1), puis que Com(AB)=Com(A)Com(B) pour toutes matrices A et B inversibles.

  5. Pour A inversible, calculer Com(Com(A)) en fonction de A. Vérifier le résultat sur A=(110011101).

Exercice 28 ★★★★Les matrices inversibles à coefficients entiers

Comatrice, relation A t(Com A) = det(A) In, expression de l'inverseDéterminant d'une matrice carrée, produit, transposée, matrices semblables

On note Mn(Z) l'ensemble des matrices carrées d'ordre n dont tous les coefficients sont des entiers relatifs, vu comme partie de Mn(Q), et

GLn(Z)={AMn(Z) ; A est inversible et A1Mn(Z)}.
  1. Montrer que detAZ pour toute AMn(Z).

  2. Soit AMn(Z). Montrer que AGLn(Z) si et seulement si detA=1 ou detA=1. (Un sens utilise la comatrice, l'autre la relation det(A)det(A1)=1.)

  3. Donner un exemple de matrice de M3(Z) inversible dont l'inverse n'est pas à coefficients entiers.

  4. Vérifier que A=(123014560) est de déterminant 1, puis calculer A1 par la comatrice.

  5. Montrer que GLn(Z) est un sous-groupe de GLn(Q).

Exercice 29 ★★★Un déterminant tridiagonal calculé explicitement

Déterminants classiques : Vandermonde, tridiagonaux, circulants

Soient a,b,cK. Pour n1, on note TnMn(K) la matrice tridiagonale de diagonale principale constante égale à a, de surdiagonale constante égale à b et de sous-diagonale constante égale à c, et Dn=det(Tn) :

Tn=(abcabcabca)

On convient que D0=1.

  1. Calculer D1 et D2.

  2. En développant selon la première colonne, montrer que Dn=aDn1bcDn2 pour n3, et vérifier que la relation reste vraie pour n=2 avec la convention ci-dessus.

  3. Soient r1,r2 les racines dans C de l'équation r2ar+bc=0. Exprimer Dn lorsque r1r2, puis lorsque r1=r2=r.

  4. Appliquer au cas a=2, b=c=1, puis au cas a=1, b=1, c=1 (on reconnaîtra une suite classique).

  5. Conclure sur l'inversibilité de Tn dans ces deux cas.

Exercice 30 ★★★Le déterminant de A + tB est polynomial en t

Formes n-linéaires alternées, antisymétrie, effet d'une permutationDéterminant d'une matrice carrée, produit, transposée, matrices semblables

Soient n1 et A,BMn(K). On note A1,,An les colonnes de A et B1,,Bn celles de B, et on pose φ(t)=det(A+tB) pour tK.

  1. En utilisant la multilinéarité du déterminant par rapport aux colonnes, montrer que φ est une fonction polynomiale de degré au plus n.

  2. Identifier le coefficient de tn et le terme constant de ce polynôme.

  3. On prend n=3 avec A=(100020003) et B=(010100001). Calculer φ(t) directement, puis retrouver ses quatre coefficients à l'aide de la décomposition de la question 1.

  4. Montrer que si det(A+tB)=0 pour une infinité de valeurs de t, alors det(A+tB)=0 pour tout tK.

  5. Soit AMn(R). Montrer qu'il existe α>0 tel que A+tIn soit inversible pour tout réel t vérifiant 0<t<α.

Exercice 31 ★★★Les matrices à diagonale strictement dominante

Applications : systèmes de Cramer, inversibilité, familles libres

Une matrice A=(ai,j)Mn(C) est dite à diagonale strictement dominante lorsque

i[ ⁣[1,n] ⁣],ai,i>jiai,j.

Dans tout l'exercice, A désigne une telle matrice.

  1. Soit X=t(x1  xn) une colonne telle que AX=0, et soit i0 un indice tel que xi0=max1knxk. En écrivant la i0-ième équation du système et en appliquant l'inégalité triangulaire, montrer que X=0.

  2. En déduire que A est inversible, puis que det(A)0.

  3. Vérifier que A=(311021114) satisfait le critère, et calculer son déterminant.

  4. Montrer par un contre-exemple que le résultat tombe en défaut si l'on remplace l'inégalité stricte par une inégalité large.

  5. Soit n2 et TnMn(R) la matrice tridiagonale dont les coefficients diagonaux valent 3, ceux des deux diagonales voisines valent 1, et tous les autres sont nuls. Montrer que Tn est inversible pour tout n.

Exercice 32 ★★★L'identité de Sylvester

Déterminant d'une matrice carrée, produit, transposée, matrices semblablesCalcul pratique : opérations élémentaires, matrices triangulaires, blocs

Soient n,p1, AMn,p(K) et BMp,n(K). On pose

M=(InABIp)Mn+p(K),N=(In0BIp)Mn+p(K).
  1. Calculer les produits par blocs NM et MN.

  2. Calculer det(N), puis en déduire l'identité de Sylvester : det(InAB)=det(IpBA).

  3. En déduire que det(In+AB)=det(Ip+BA).

  4. Application 1. Soient CMn,1(K) une colonne et LM1,n(K) une ligne. Calculer det(In+CL) en fonction de tr(CL), puis vérifier le résultat pour C=t(2  1  3) et L=(1  4  2).

  5. Application 2. Soient n2, aK et MaMn(K) la matrice dont tous les coefficients valent 1, sauf ceux de la diagonale qui valent 1+a. Calculer det(Ma).

Exercice 33 ★★★★Le rang de la comatrice

Comatrice, relation A t(Com A) = det(A) In, expression de l'inverseDéterminant d'une matrice carrée, produit, transposée, matrices semblables

Soient n2 et AMn(K) de rang r. On note A1,,An les colonnes de A, et Com(A)=(ci,j) la comatrice de A, où ci,j=(1)i+jΔi,j et où Δi,j est le déterminant de la matrice obtenue en supprimant la ligne i et la colonne j de A. On rappelle la relation du cours AtCom(A)=tCom(A)A=det(A)In.

  1. On suppose r=n. Montrer que Com(A) est inversible et donner son rang.

  2. On suppose rn2. Montrer que toute famille de n1 colonnes de A est liée, puis en déduire que Com(A)=0.

  3. On suppose r=n1.

    a. À l'aide de la relation rappelée ci-dessus, montrer que rg(Com(A))1.

    b. Montrer que l'on peut extraire de A une matrice carrée d'ordre n1 inversible, et conclure que rg(Com(A))=1.

  4. Récapituler les trois cas dans un tableau, et vérifier chacun d'eux sur un exemple d'ordre 3.

Exercice 34 ★★★★Le déterminant circulant et les racines de l'unité

Déterminants classiques : Vandermonde, tridiagonaux, circulantsCalcul pratique : opérations élémentaires, matrices triangulaires, blocs

Soit n2. On note JMn(C) la matrice de la permutation circulaire, dont les coefficients valent 1 aux positions (i,i+1) pour i[ ⁣[1,n1] ⁣] et à la position (n,1), tous les autres étant nuls. Pour un polynôme P=k=0n1akXk de C[X], on appelle matrice circulante associée à P la matrice C=P(J)=k=0n1akJk.

  1. Montrer que Jn=In, puis écrire explicitement C pour n=3.

  2. Soit ω une racine n-ième de l'unité et Xω=t(1  ω  ω2    ωn1). Montrer que JXω=ωXω, puis que CXω=P(ω)Xω.

  3. On pose désormais ω=e2iπ/n, et on note VMn(C) la matrice dont la (j+1)-ième colonne est Xωj, pour j[ ⁣[0,n1] ⁣]. Reconnaître une matrice de Vandermonde, justifier que V est inversible, puis montrer que CV=VΔ, où Δ est la matrice diagonale de coefficients diagonaux P(1),P(ω),,P(ωn1).

  4. En déduire que det(C)=j=0n1P(ωj).

  5. Application. Pour n=3 et P=a+bX+cX2, donner la forme factorisée de det(C), et vérifier le résultat par un calcul direct du déterminant d'ordre 3.

Exercice 35 ★★★Engendrer le groupe symétrique

Groupe symétrique, permutations, composition et inverse, cardinal n!Cycles, supports disjoints, transpositions, décomposition d'une permutation

Soit n2. On rappelle la convention de composition : στ signifie que l'on applique τ d'abord, puis σ. On note c=(1 2  n) le cycle de longueur n, et on utilisera librement le résultat du cours : toute permutation de Sn est un produit de transpositions.

  1. Justifier que Sn est engendré par l'ensemble de ses transpositions.

  2. Soient σSn et ab deux éléments de [ ⁣[1,n] ⁣]. Établir la formule de conjugaison σ(a b)σ1=(σ(a)  σ(b)), puis en déduire que Sn est engendré par les transpositions (1 k), k[ ⁣[2,n] ⁣].

  3. Montrer que Sn est engendré par les transpositions d'entiers consécutifs (k  k+1), k[ ⁣[1,n1] ⁣].

  4. Calculer ck(1 2)ck pour k[ ⁣[0,n2] ⁣], et en déduire que Sn est engendré par (1 2) et c.

  5. Pour n=4, écrire la permutation σ=(12342143) en fonction de (1 2) et de c.

Exercice 36 ★★★Le déterminant de la transposition sur les matrices

Déterminant d'un endomorphisme, déterminant d'une composée, automorphismesSignature d'une permutation, morphisme, signature d'un cycle, groupe alterné

Soient n1, K=R ou C, et l'application

T:Mn(K)Mn(K),Mt ⁣M.

On note Sn(K) l'ensemble des matrices symétriques et An(K) celui des matrices antisymétriques.

  1. Montrer que T est un endomorphisme de Mn(K) et que TT=id : l'endomorphisme T est donc une symétrie.

  2. Montrer que Sn(K)=Ker(Tid) et An(K)=Ker(T+id), que ces deux sous-espaces sont supplémentaires dans Mn(K), et que leurs dimensions valent respectivement n(n+1)2 et n(n1)2.

  3. En se plaçant dans une base adaptée à cette décomposition, calculer det(T).

  4. Pour n=2, écrire la matrice de T dans la base canonique (E1,1,E1,2,E2,1,E2,2) de M2(K), calculer son déterminant d'ordre 4, et comparer avec la question 3.

  5. Pour quelles valeurs de n a-t-on det(T)=1 ?

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.