MPSI · Chapitre 20 · Second semestre

Devoir surveillé — Fonctions de deux variables

Sujet type, 180 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 180 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (4 points) — Six questions courtes indépendantes

Consignes valables pour tout le sujet. Les calculatrices sont interdites. Le plan R2 est muni de sa norme euclidienne (h,k)=h2+k2, et B(a,r) désigne la boule ouverte de centre a et de rayon r>0. La qualité de la rédaction est prise en compte : une affirmation non justifiée ne rapporte aucun point.

Les six questions de cet exercice sont indépendantes.

1. (0,75 pt) Soit U un ouvert de R2 et soit a un point de U. Démontrer que U{a} est encore un ouvert de R2.

2. (0,75 pt) On pose f(x,y)=x2yx2y2 sur R2. Déterminer tous les points de la surface d'équation z=f(x,y) en lesquels le plan tangent est horizontal, c'est-à-dire parallèle au plan d'équation z=0, puis donner l'équation de ces plans tangents.

3. (0,75 pt) D'une fonction g de classe C1 sur R2, on sait seulement que

g(2,1)=4etg(2,1)=(3,2).

a. Donner une valeur approchée de g(2,05;0,98).

b. Ces données permettent-elles de donner une valeur approchée de g(5,3) ? Justifier soigneusement la réponse.

4. (0,5 pt) Soit f de classe C1 sur R2 et soit aR2. On sait que la dérivée de f en a suivant le vecteur u=(1,1) vaut 5, et que sa dérivée en a suivant v=(1,1) vaut 1. Déterminer f(a), puis la dérivée de f en a suivant le vecteur w=(3,2).

5. (0,5 pt) Soit φ une fonction de classe C1 sur R. On pose f(x,y)=φ(xy) pour (x,y)R2. Justifier que f est de classe C1 sur R2, puis calculer

xfx(x,y)yfy(x,y).

6. (0,75 pt) On pose f(x,y)=x42x2y+2y2 sur R2. Déterminer les points critiques de f, puis, en écrivant f comme une somme de deux carrés, déterminer son minimum global et l'ensemble des points où il est atteint.

Exercice 2 (3 points) — La précision d'une mesure

La période des petites oscillations d'un pendule simple de longueur L dans un champ de pesanteur d'intensité g est

T(L,g)=2πLg.

On travaille sur U=]0,+[×]0,+[. Un expérimentateur mesure L et g, chacune avec une petite erreur, et veut savoir avec quelle précision il connaît T.

1. (0,75 pt) Justifier que U est un ouvert de R2 et que T est de classe C1 sur U. Calculer TL et Tg, puis vérifier que

TL(L,g)=T(L,g)2L,Tg(L,g)=T(L,g)2g.

2. (0,75 pt) Soit (L0,g0)U et T0=T ⁣(L0,g0). Écrire le développement limité à l'ordre 1 de T en (L0,g0), et en déduire l'approximation

T ⁣(L0+h, g0+k)T0T0  12hL012kg0.

On dit que les erreurs relatives se combinent avec le coefficient 12.

3. (0,75 pt) On prend L0=1 mètre et g0=π2 mètres par seconde au carré, valeur voisine de 9,81 choisie pour simplifier les calculs. Calculer T0. La longueur est connue à 0,4 % près et l'intensité de pesanteur à 0,2 % près, c'est-à-dire h0,004L0 et k0,002g0. Majorer, à l'aide de la question 2., l'erreur relative commise sur T, puis l'erreur absolue en millisecondes.

4. (0,5 pt) L'expérimentateur veut désormais connaître T à 0,1 % près, et il dispose d'une valeur de g connue à 0,1 % près. Avec quelle précision relative doit-il mesurer L ?

5. (0,25 pt) Des deux grandeurs L et g, laquelle faut-il mesurer le plus soigneusement ? Justifier en une phrase.

Exercice 3 (3,5 points) — Une composition remarquable

Soit f une fonction de classe C1 sur R2, dont on note (u,v) les deux variables. On définit une fonction g sur R2 en posant

g(x,y)=f ⁣(x2y2, 2xy).

Dans tout l'exercice, on note m=(x2y2, 2xy) le point où sont évaluées les dérivées partielles de f.

1. (0,5 pt) Justifier que g est de classe C1 sur R2.

2. (0,75 pt) Exprimer gx(x,y) et gy(x,y) à l'aide de fu(m) et fv(m).

3. (0,75 pt) Démontrer que, pour tout (x,y)R2,

g(x,y)2=4(x2+y2)f(m)2.

4. (0,75 pt) Soit (x,y)(0,0). Démontrer que (x,y) est un point critique de g si et seulement si m est un point critique de f. Que se passe-t-il en (0,0) ?

5. (0,75 pt) a. Vérifier la formule de la question 3. sur l'exemple f(u,v)=u, en calculant les deux membres.

b. On suppose que f ne s'annule en aucun point de R2. Démontrer que g admet exactement un point critique.

Exercice 4 (3,5 points) — La gouttière

On fabrique une gouttière en pliant dans le sens de la longueur une bande de tôle rectangulaire de largeur 3 décimètres : on relève les deux bandes latérales, de largeur x chacune, en leur donnant un angle θ avec l'horizontale. La section de la gouttière est alors un trapèze dont la petite base, horizontale, mesure 32x, dont les deux côtés obliques mesurent x, et dont la hauteur est xsinθ. On cherche à rendre l'aire A de cette section la plus grande possible, afin que la gouttière évacue le plus d'eau.

1. (0,75 pt) Démontrer que l'aire de la section vaut

A(x,θ)=x(32x)sinθ+x2sinθcosθ,

et justifier que le problème revient à chercher le maximum de A sur U=]0,32[×]0,π2[.

2. (0,25 pt) Justifier que U est un ouvert de R2 et que A est de classe C1 sur U.

3. (1,25 pt) Déterminer les points critiques de A sur U, et calculer la valeur de A en chacun d'eux.

4. (0,75 pt) On pose K=[0,32]×[0,π2], et l'on note bord de K l'ensemble des points de K dont l'une au moins des deux coordonnées est une borne de son intervalle. Démontrer que A(x,θ)98 pour tout point (x,θ) du bord de K, puis que la valeur trouvée à la question 3. est strictement supérieure à 98.

5. (0,5 pt) La fonction A est continue sur le domaine borné K : on admet qu'elle y atteint ses bornes. Conclure : donner les dimensions de la gouttière optimale et l'aire de sa section, puis reconnaître la forme obtenue.

Exercice 5 (6 points) — Problème : quand un champ de vecteurs est-il un gradient ?

Dans tout le problème, U désigne un ouvert de R2. On appelle champ de vecteurs sur U toute application

V:UR2,(x,y)(P(x,y), Q(x,y)),

dont les deux fonctions coordonnées P et Q sont continues sur U. On dit que V dérive d'un potentiel sur U lorsqu'il existe une fonction f de classe C1 sur U telle que

(x,y)U,f(x,y)=V(x,y);

une telle fonction f est appelée un potentiel de V sur U.

Enfin, si γ:[t0,t1]U est un arc de classe C1 à valeurs dans U, on appelle circulation de V le long de γ le réel

C(V,γ)=t0t1V ⁣(γ(t)), γ(t)dt.

L'arc γ est dit fermé lorsque γ ⁣(t1)=γ ⁣(t0).

Le problème cherche à répondre à la question : étant donné un champ V, comment savoir s'il dérive d'un potentiel ?

Partie A — Le test de la circulation

1. (0,5 pt) Soit f de classe C1 sur U et γ un arc de classe C1 de [t0,t1] dans U. Justifier que fγ est de classe C1 sur [t0,t1], puis démontrer que

C(f, γ)=f ⁣(γ ⁣(t1))f ⁣(γ ⁣(t0)).

2. (0,25 pt) En déduire que si V dérive d'un potentiel sur U, alors sa circulation le long de tout arc fermé de classe C1 tracé dans U est nulle.

3. (0,75 pt) On pose V0(x,y)=(y, x) sur U=R2, et γ(t)=(cost, sint) pour t[0,2π]. Calculer C(V0,γ), et en déduire que V0 ne dérive d'aucun potentiel sur R2.

Partie B — Le cas des champs linéaires

Dans cette partie, a, b, c, d sont quatre réels fixés et l'on considère le champ défini sur R2 par

V(x,y)=(ax+by, cx+dy).

4. (0,75 pt) Calculer la circulation de V le long du cercle unité γ(t)=(cost, sint), t[0,2π]. On pourra linéariser cos2t et sin2t.

5. (0,25 pt) En déduire une condition nécessaire portant sur a, b, c, d pour que V dérive d'un potentiel sur R2.

6. (0,75 pt) On suppose réciproquement cette condition vérifiée. Déterminer tous les potentiels de V sur R2. On rédigera l'analyse puis la synthèse.

7. (0,5 pt) Énoncer le critère complet obtenu, puis l'appliquer aux deux champs

V1(x,y)=(3x+2y, 2xy)etV2(x,y)=(x+2y, 3xy),

en explicitant un potentiel lorsqu'il en existe un.

Partie C — Le rôle de l'ouvert

On note désormais U=R2{(0,0)} et P={(x,y)R2 : x>0}, et l'on considère le champ

W(x,y)=(yx2+y2, xx2+y2).

8. (0,5 pt) Justifier que W est bien défini sur U et que ses deux fonctions coordonnées y sont de classe C1.

9. (0,75 pt) Calculer la circulation de W le long du cercle unité, et en déduire que W ne dérive d'aucun potentiel sur U.

10. (0,75 pt) On pose h(x,y)=Arctanyx sur P. Justifier que P est un ouvert, que h y est de classe C1, et démontrer que h=W sur P.

11. (0,25 pt) Que peut-on en conclure sur la question posée en tête du problème ? Expliquer en une ou deux phrases pourquoi les questions 9. et 10. ne se contredisent pas.

Bloqué sur « Fonctions de deux variables » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.