MP · Chapitre 01

Exercices — Structures algébriques usuelles

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Reconnaître un sous-groupe

Groupes, sous-groupes, sous-groupe engendré, produit fini de groupes

  1. Énoncer la caractérisation des sous-groupes, d'abord en notation multiplicative, puis en notation additive.

  2. Les parties suivantes sont-elles des sous-groupes du groupe indiqué ? Justifier chaque réponse en appliquant la caractérisation point par point.

    a. R+ dans (R,×)

    b. N dans (Z,+)

    c. S={MGL2(R)  ;  det(M)=1} dans (GL2(R),×)

    d. U={zC  ;  z=1} dans (C,×)

    e. 2Z, l'ensemble des entiers pairs, dans (Z,+)

    f. I={2k+1  ;  kZ}, l'ensemble des entiers impairs, dans (Z,+)

    g. P, l'ensemble des fonctions paires, dans (F(R,R),+)

  3. Pour les parties qui ne sont pas des sous-groupes, préciser laquelle des conditions de la caractérisation est mise en défaut.

Exercice 2 ★★★Sous-groupe engendré : premiers calculs

Groupes, sous-groupes, sous-groupe engendré, produit fini de groupes

Soit (G,×) un groupe et soit X une partie de G. On rappelle que le sous-groupe engendré par X, noté X, est l'intersection de tous les sous-groupes de G contenant X, et que, lorsque X={x} est réduit à un seul élément, on dispose de la description

x={xk  ;  kZ},

qui s'écrit x={kx  ;  kZ} en notation additive.

  1. Déterminer 3 dans (Z,+).

  2. Déterminer i dans (C,×), puis 1 dans (R,×).

  3. Déterminer 3 dans (Z/12Z,+) et préciser son cardinal.

  4. Déterminer {4,6} dans (Z,+).

  5. Déterminer σ dans S3, où σ=(1 2).

  6. Soit X une partie d'un groupe G. Montrer que X est le plus petit sous-groupe de G contenant X au sens de l'inclusion, c'est-à-dire : X est un sous-groupe de G, il contient X, et il est inclus dans tout sous-groupe de G contenant X.

Exercice 3 ★★★★Les sous-groupes de Z en pratique

Groupes, sous-groupes, sous-groupe engendré, produit fini de groupesIdéaux d'un anneau commutatif, divisibilité, idéaux de Z

Pour nZ, on note nZ={nk  ;  kZ} l'ensemble des multiples de n. On rappelle que les sous-groupes de (Z,+) sont exactement les ensembles nZ avec nN, et l'on pose, pour a,bZ,

aZ+bZ={au+bv  ;  (u,v)Z2}.
  1. Écrire 12Z18Z et 12Z+18Z sous la forme nZ avec nN.

  2. Même travail pour 14Z21Z et 14Z+21Z.

  3. Soient a,bZ. Montrer que aZbZ si et seulement si ba.

  4. En déduire à quelle condition sur a et b on a aZ=bZ.

  5. L'ensemble 2Z3Z est-il un sous-groupe de (Z,+) ?

Exercice 4 ★★★Morphisme de groupes : image et noyau

Morphismes de groupes : image, noyau, isomorphismes

Pour chacune des applications suivantes, on demande de vérifier qu'il s'agit d'un morphisme de groupes en précisant les groupes de départ et d'arrivée, de déterminer son image et son noyau, puis de conclure sur son injectivité et sa surjectivité.

On rappelle qu'un morphisme de groupes f:GG est injectif si et seulement si Ker(f)={e}, où e désigne le neutre de G, et qu'il est surjectif si et seulement si Im(f)=G.

  1. det:GL2(R)R, Mdet(M).

  2. exp:RR, xex.

  3. N:CR, zz, puis u:RC, θeiθ.

  4. La signature ε:Sn{1,1}, où n2.

  5. π:ZZ/nZ, kk, où n2.

  6. c:RR, xx2.

Exercice 5 ★★★Ordre d'un élément : calculs dans les groupes usuels

Ordre d'un élément, divisibilité de l'ordre, théorème de Lagrange

Soit (G,×) un groupe de neutre e et soit xG. On dit que x est d'ordre fini s'il existe kN tel que xk=e ; le plus petit tel entier est alors l'ordre de x, noté o(x), et l'on dispose des deux résultats du cours

o(x)=cardxetkZ,xk=e    o(x)k.

En notation additive, la puissance xk se lit kx et le neutre e se lit 0.

  1. Déterminer o(i) dans (C,×), puis o(1) dans (R,×).

  2. Montrer que 2 n'est pas d'ordre fini dans (R,×).

  3. Déterminer o(3) et o(8) dans (Z/12Z,+).

  4. Déterminer o(2) dans ((Z/7Z)×,×).

  5. Déterminer l'ordre du cycle (1 2 3) dans S3, puis celui de la matrice de rotation d'angle 2π3 dans (GL2(R),×) :

    R=(12323212).
  6. Vérifier sur deux des exemples précédents que l'ordre d'un élément d'un groupe fini divise le cardinal de ce groupe.

Exercice 6 ★★★Groupes monogènes et cycliques : reconnaissance

Groupes monogènes et cycliques, structure, groupe additif Z/nZ

Un groupe G est dit monogène s'il existe aG tel que G=a ; un tel élément a est appelé générateur de G. Un groupe monogène et fini est dit cyclique. On rappelle que a={ak  ;  kZ}, et l'on note U6={zC  ;  z6=1}.

Pour chacun des groupes suivants, dire s'il est monogène, s'il est cyclique, et en donner un générateur lorsqu'il en existe.

  1. (Z,+).

  2. (Q,+).

  3. (Z/8Z,+), puis (U6,×).

  4. S3.

  5. ((Z/5Z)×,×).

  6. Montrer que tout groupe monogène est abélien.

Exercice 7 ★★★★Générateurs du groupe additif Z/nZ

Groupes monogènes et cycliques, structure, groupe additif Z/nZ

Soit n un entier tel que n2. On travaille dans le groupe additif (Z/nZ,+), dont les éléments sont les classes k pour kZ. On rappelle que pour tout mZ on a mk=mk, et que l'indicatrice d'Euler φ(n) désigne le nombre d'entiers k de {1,,n} tels que kn=1.

  1. Soit kZ. Montrer que k engendre le groupe (Z/nZ,+) si et seulement si kn=1.

  2. En déduire la liste de tous les générateurs de (Z/12Z,+).

  3. Déterminer de même les générateurs de (Z/7Z,+), puis ceux de (Z/15Z,+).

  4. Montrer que (Z/nZ,+) possède exactement φ(n) générateurs, et vérifier ce résultat sur les trois exemples précédents.

  5. Déterminer le sous-groupe 4 de (Z/12Z,+) ainsi que son cardinal. Le résultat était-il prévisible d'après la question 1 ?

Exercice 8 ★★★★Inversibles de Z/nZ et premiers calculs modulaires

L'anneau Z/nZ : inversibles, théorème chinois, indicatrice d'Euler, théorème d'Euler

Soit n un entier tel que n2. On rappelle le critère du cours : dans l'anneau Z/nZ, la classe k est inversible si et seulement si kn=1.

  1. Déterminer les groupes (Z/10Z)× et (Z/12Z)×, et donner dans chaque cas l'inverse de chacun de leurs éléments.

  2. Calculer l'inverse de 7 dans Z/12Z en détaillant l'algorithme d'Euclide et la relation de Bézout obtenue.

  3. Reprendre la même méthode pour calculer l'inverse de 11 dans Z/30Z.

  4. Résoudre dans Z/12Z l'équation 7x=5.

  5. Montrer que l'équation 4x=3 n'a aucune solution dans Z/12Z, et expliquer ce qui la distingue de l'équation précédente.

  6. Exhiber deux éléments non nuls de Z/12Z dont le produit est nul. L'anneau Z/12Z est-il intègre ?

Exercice 9 ★★★Reconnaître un idéal d'un anneau commutatif

Idéaux d'un anneau commutatif, divisibilité, idéaux de Z

Dans tout l'exercice, A désigne un anneau commutatif d'élément unité 1A. On munit F(R,R) des lois usuelles (f+g)(x)=f(x)+g(x) et (fg)(x)=f(x)g(x), qui en font un anneau commutatif dont l'unité est la fonction constante égale à 1. L'anneau Z×Z est muni des lois composante par composante, d'unité (1,1).

  1. Rappeler la définition d'un idéal de A.

Pour chacune des parties des questions 2 à 5, dire si c'est un idéal de l'anneau indiqué, en justifiant, et en donnant un contre-exemple explicite lorsque la réponse est négative.

  1. Dans Z : l'ensemble 6Z des multiples de 6 ; puis l'ensemble des entiers impairs.

  2. Dans R[X] : l'ensemble des polynômes divisibles par X21 ; puis l'ensemble R3[X] des polynômes de degré au plus 3.

  3. Dans R[X] : l'ensemble des polynômes s'annulant en 1 et en 2. Dans F(R,R) : l'ensemble des fonctions nulles en 0.

  4. Dans Z×Z : la partie {0}×Z. Est-ce un sous-anneau de Z×Z ?

  5. Montrer qu'un idéal de A contenant un élément inversible est égal à A tout entier. En déduire tous les idéaux d'un corps K.

Exercice 10 ★★★★Sous-anneaux et morphismes d'anneaux usuels

Anneaux, sous-anneaux, morphismes d'anneaux, intégrité, corps

Tous les anneaux considérés sont unitaires, et l'on rappelle qu'un morphisme d'anneaux f:AB vérifie par définition f(1A)=1B, f(x+y)=f(x)+f(y) et f(xy)=f(x)f(y). On rappelle également que 2 est irrationnel. On pose

Z[i]={a+ib  ;  (a,b)Z2}C,Q[2]={a+b2  ;  (a,b)Q2}R.
  1. Montrer que Z[i] est un sous-anneau de C.

  2. Montrer que tout élément de Q[2] s'écrit de manière unique sous la forme a+b2 avec (a,b)Q2, puis que Q[2] est un sous-corps de R.

  3. Montrer que la conjugaison σ:zz est un automorphisme de l'anneau C.

  4. Montrer que ev2:PP(2) est un morphisme d'anneaux surjectif de R[X] dans R, et déterminer son noyau.

  5. Montrer que f:x2x n'est pas un morphisme d'anneaux de Z dans Z, et que N n'est pas un sous-anneau de Z.

Exercice 11 ★★★★Le groupe des inversibles d'un anneau produit

Anneaux, sous-anneaux, morphismes d'anneaux, intégrité, corps

Soient (A,+,×) et (B,+,×) deux anneaux, d'éléments nuls 0A et 0B et d'éléments unités 1A et 1B. On les suppose tous deux non nuls, c'est-à-dire 1A0A et 1B0B. On munit l'ensemble A×B des lois composante par composante :

(a,b)+(a,b)=(a+a,b+b),(a,b)×(a,b)=(aa,bb).
  1. Montrer que (A×B,+,×) est un anneau, en précisant son élément nul et son élément unité.

  2. Montrer que (A×B)×=A××B×.

  3. Montrer que A×B n'est pas intègre.

  4. En déduire (Z×Z)×, puis (Z/2Z×Z/3Z)×, en donnant la liste explicite de leurs éléments.

  5. Montrer que la projection p:A×BA, (a,b)a, est un morphisme d'anneaux surjectif, et déterminer son noyau. Ce noyau est-il un sous-anneau de A×B ?

  6. Montrer que l'application j:AA×B, a(a,0B), n'est pas un morphisme d'anneaux.

Exercice 12 ★★★★Sous-algèbres et l'algèbre des polynômes en un endomorphisme

Algèbres, sous-algèbres, morphismes d'algèbres

Soit K égal à R ou C, soit E un K-espace vectoriel et soit uL(E). On rappelle que L(E), muni de l'addition, de la multiplication par un scalaire et de la composition, est une K-algèbre d'élément unité idE, et qu'une partie B d'une K-algèbre A en est une sous-algèbre lorsque B est un sous-espace vectoriel de A, stable par le produit de A, et contenant 1A.

Pour P=k=0dakXkK[X], on pose P(u)=k=0dakuk, avec la convention u0=idE, et l'on note K[u]={P(u)  ;  PK[X]}.

  1. Montrer que K[u] est une sous-algèbre commutative de L(E).

  2. Montrer que K[u] est la plus petite sous-algèbre de L(E) contenant u, au sens de l'inclusion.

  3. Soit n1. Montrer que l'ensemble Dn(K) des matrices diagonales est une sous-algèbre de Mn(K), puis que l'ensemble Tn(K) des matrices triangulaires supérieures en est également une.

  4. Montrer que l'ensemble des matrices de Mn(K) de trace nulle n'est pas une sous-algèbre de Mn(K) ; on donnera deux raisons distinctes.

  5. Montrer que C est une R-algèbre de dimension 2, et que zz en est un morphisme d'algèbres.

Exercice 13 ★★★Ordre d'une puissance d'un élément

Ordre d'un élément, divisibilité de l'ordre, théorème de Lagrange

Soit (G,×) un groupe de neutre e et soit xG un élément d'ordre fini n=o(x). On rappelle le résultat du cours : pour tout jZ, xj=e    nj.

Soit kZ. On pose d=nk, puis n=dn et k=dk, de sorte que nk=1.

  1. Montrer que xk est d'ordre fini, puis que (xk)n=e.

  2. Réciproquement, montrer que si mZ vérifie (xk)m=e, alors nm. En déduire que o(xk)=nnk.

  3. En déduire que xk engendre x si et seulement si kn=1, puis que x possède exactement φ(n) générateurs, où φ(n) désigne le nombre d'entiers de {1,,n} premiers avec n.

  4. Applications numériques.

    a. Déterminer l'ordre de 4, de 6 et de 9 dans le groupe (Z/12Z,+).

    b. Soit G un groupe et soit jG un élément d'ordre 18. Déterminer o(j4).

  5. Cette question est indépendante des précédentes. Soient u et v deux éléments d'un groupe G qui commutent, d'ordres finis respectifs s et t, avec st=1. Montrer que o(uv)=st.

Exercice 14 ★★★★Le sous-groupe engendré par deux entiers : Bézout revisité

Groupes, sous-groupes, sous-groupe engendré, produit fini de groupesIdéaux d'un anneau commutatif, divisibilité, idéaux de Z

Soient a et b deux entiers non nuls. On pose

aZ+bZ={au+bv  ;  (u,v)Z2}

On rappelle le théorème du cours : tout sous-groupe de (Z,+) s'écrit dZ pour un unique entier dN.

  1. Montrer que aZ+bZ est un sous-groupe de (Z,+).

  2. Montrer par double inclusion que aZ+bZ=(ab)Z.

  3. En déduire le théorème de Bézout, ainsi qu'une condition nécessaire et suffisante portant sur cZ pour que l'équation ax+by=c admette une solution (x,y)Z2.

  4. Montrer de même que aZbZ=(ab)Z.

  5. Traiter en détail le cas a=84 et b=60 : déterminer 84Z+60Z et 84Z60Z, expliciter une relation de Bézout, et vérifier la relation (ab)(ab)=ab.

  6. Généraliser : soient a1,,ap des entiers non tous nuls. Décrire a1Z++apZ.

Exercice 15 ★★★★Systèmes de congruences et théorème chinois

L'anneau Z/nZ : inversibles, théorème chinois, indicatrice d'Euler, théorème d'Euler

On rappelle le théorème chinois : si m et n sont deux entiers supérieurs ou égaux à 2 tels que mn=1, l'application qui, à la classe d'un entier x modulo mn, associe le couple formé de la classe de x modulo m et de la classe de x modulo n, est un isomorphisme d'anneaux de Z/mnZ sur Z/mZ×Z/nZ. Autrement dit, pour tous entiers α et β, le système xα(modm) et xβ(modn) possède des solutions, et celles-ci forment exactement une classe de congruence modulo mn.

Dans tout l'exercice, on détaillera la méthode : justification de l'existence, construction d'une solution particulière, puis description de l'ensemble des solutions.

  1. Résoudre dans Z le système x2(mod5) et x3(mod7).

  2. Résoudre dans Z le système x1(mod4), x2(mod9) et x3(mod25).

  3. Les deux systèmes suivants ne relèvent pas du théorème chinois.

    a. Montrer que le système x1(mod6) et x4(mod15) possède néanmoins des solutions, et les décrire.

    b. Montrer que le système x1(mod6) et x3(mod15) n'a aucune solution. Préciser où l'hypothèse du théorème chinois est en défaut, et dégager le critère exact qui sépare les deux situations.

  4. Déterminer le plus petit entier strictement positif dont la division euclidienne par 3 laisse le reste 1, celle par 5 le reste 2, et celle par 7 le reste 6.

Exercice 16 ★★★★Indicatrice d'Euler et théorème d'Euler

L'anneau Z/nZ : inversibles, théorème chinois, indicatrice d'Euler, théorème d'Euler

Pour n1, l'indicatrice d'Euler est définie par

φ(n)=card{k{1,,n}  ;  kn=1}

c'est aussi, d'après la caractérisation des inversibles de Z/nZ, le cardinal du groupe (Z/nZ)×.

  1. Calculer φ(n) dans les cas suivants, en rappelant la formule utilisée.

    a. φ(1)

    b. φ(12)

    c. φ(36)

    d. φ(97)

    e. φ(100)

    f. φ(360)

  2. Démontrer la formule φ(pα)=pαpα1, valable pour tout nombre premier p et tout entier α1, utilisée à la question précédente.

  3. Énoncer le théorème d'Euler, puis l'appliquer pour déterminer le reste de la division euclidienne de 7402 par 100.

  4. En utilisant encore le théorème d'Euler, déterminer l'inverse de 7 dans l'anneau Z/100Z.

  5. Déterminer tous les entiers n1 tels que φ(n)=2.

Exercice 17 ★★★★Petit théorème de Fermat et restes de grandes puissances

L'anneau Z/nZ : inversibles, théorème chinois, indicatrice d'Euler, théorème d'Euler

  1. Énoncer le petit théorème de Fermat sous ses deux formes, puis démontrer que la seconde se déduit de la première.

  2. Déterminer :

    a. le reste de la division euclidienne de 31000 par 7 ;

    b. le reste de la division euclidienne de 22026 par 11 ;

    c. le chiffre des unités de 72026.

  3. Démontrer que 7 divise n7n pour tout nZ.

  4. Soient p un nombre premier et nZ tel que pn. Démontrer que p ne divise pas np11. Que peut-on en conclure sur l'hypothèse « p ne divise pas n » figurant dans le petit théorème de Fermat ?

  5. Démontrer que 23401(mod341), alors que 341=11×31 n'est pas premier. Qu'en conclure sur la réciproque du petit théorème de Fermat ?

Exercice 18 ★★★★Idéaux de K[X] : générateur unitaire et PGCD

Idéaux de K[X], PGCD et relation de Bézout par les idéaux

Soit K un corps. On rappelle qu'une partie I de l'anneau commutatif K[X] en est un idéal lorsque I est un sous-groupe de (K[X],+) et que API pour tout AK[X] et tout PI. Pour PK[X], on note (P)=PK[X] l'idéal engendré par P.

  1. Soit I un idéal de K[X]. Démontrer qu'il existe un polynôme P, nul ou unitaire, tel que I=(P), et que ce polynôme est unique. On l'appelle le générateur unitaire de I.

  2. Soit I={A(X21)+B(X31)  ;  (A,B)R[X]2}. Vérifier que I est un idéal de R[X], puis déterminer son générateur unitaire.

  3. Déterminer de même le générateur unitaire de J={A(X41)+B(X61)  ;  (A,B)R[X]2}.

  4. Soient P et Q dans K[X]. Démontrer que (P)(Q)    QP. En déduire une caractérisation de l'égalité (P)=(Q).

  5. Soit E={PR[X]  ;  P(1)=P(2)=0}. Démontrer que E est un idéal de R[X] et déterminer son générateur unitaire.

Exercice 19 ★★★Polynômes annulateurs d'un endomorphisme : un idéal de K[X]

Idéaux de K[X], PGCD et relation de Bézout par les idéauxAlgèbres, sous-algèbres, morphismes d'algèbres

Soit E un K-espace vectoriel non réduit à {0} et soit uL(E). Pour un polynôme P=k=0dakXk de K[X], on pose P(u)=k=0dakuk, avec la convention u0=idE. On note Φu:K[X]L(E) l'application PP(u), et Iu={PK[X]  ;  P(u)=0} l'ensemble des polynômes annulateurs de u.

  1. Montrer que Φu est un morphisme de K-algèbres.

  2. En déduire que Iu est un idéal de K[X].

  3. On suppose Iu{0}. Montrer que Iu possède un unique générateur unitaire, noté Πu dans la suite.

  4. Déterminer Πu dans chacun des cas suivants.

    a. u=p est un projecteur : pp=p, avec p0 et pidE.

    b. u=s est une symétrie : ss=idE, avec sidE et sidE.

    c. E=R2 et u est l'endomorphisme de matrice (0110) dans la base canonique.

  5. On suppose E de dimension finie n1. Montrer que Iu{0}.

Exercice 20 ★★★Morphismes issus de Z et caractéristique d'un anneau

Morphismes de groupes : image, noyau, isomorphismesAnneaux, sous-anneaux, morphismes d'anneaux, intégrité, corps

Soit A un anneau, d'unité 1A et d'élément nul 0A. Pour kZ et aA, on note ka l'itéré additif de a, défini par 0a=0A, puis (k+1)a=ka+a pour kN, et enfin ka=((k)a) pour k<0. On utilisera librement la règle de calcul, vue en sup dans tout groupe abélien : (k+)a=ka+a pour tous k,Z.

  1. Montrer qu'il existe un unique morphisme d'anneaux χ:ZA, et qu'il est donné par χ(k)=k1A.

  2. Montrer que Kerχ est un idéal de Z, puis qu'il existe un unique entier nN tel que Kerχ=nZ. Cet entier s'appelle la caractéristique de A et se note car(A).

  3. Déterminer la caractéristique de Z, de Z/12Z, de R et de M2(Z/3Z).

  4. Montrer que la caractéristique d'un anneau intègre est nulle ou égale à un nombre premier.

  5. Soit A un anneau commutatif de caractéristique 2. Montrer que (x+y)2=x2+y2 pour tous x,yA.

Exercice 21 ★★★★Le groupe des racines n-ièmes de l'unité

Groupes monogènes et cycliques, structure, groupe additif Z/nZMorphismes de groupes : image, noyau, isomorphismes

Soit n1 un entier. On note Un={zC  ;  zn=1} l'ensemble des racines n-ièmes de l'unité, et ω=e2iπ/n.

  1. Montrer que Un est un sous-groupe de (C,×), puis que cardUn=n.

  2. Montrer que l'application ke2iπk/n est bien définie sur Z/nZ, et que c'est un isomorphisme de (Z/nZ,+) sur (Un,×).

  3. En déduire quels éléments de Un en sont des générateurs (on les appelle racines primitives n-ièmes de l'unité) et combien il y en a. Les expliciter pour n=12.

  4. Soit m1 un entier. Montrer que UmUn si et seulement si mn.

  5. Montrer que UmUn=Umn.

Exercice 22 ★★★Les sous-groupes d'un groupe cyclique

Groupes monogènes et cycliques, structure, groupe additif Z/nZOrdre d'un élément, divisibilité de l'ordre, théorème de Lagrange

Soit n1 un entier et soit G=x un groupe cyclique de cardinal n, noté multiplicativement, de neutre e. On rappelle que o(x)=cardx=n et que, pour kZ, xk=e si et seulement si nk.

  1. Montrer que π:(Z,+)(G,×), kxk, est un morphisme de groupes surjectif de noyau nZ. En déduire que tout sous-groupe H de G s'écrit H=xm pour un entier m1 divisant n : tout sous-groupe de G est cyclique.

  2. Montrer que si m1 divise n, alors cardxm=n/m. En déduire que pour tout diviseur d1 de n, le groupe G possède un unique sous-groupe de cardinal d, à savoir xn/d.

  3. En déduire que le nombre de sous-groupes de G est égal au nombre de diviseurs positifs de n.

  4. Dresser la liste complète des sous-groupes de (Z/12Z,+), avec pour chacun son cardinal, un générateur et ses éléments.

  5. Montrer que tout sous-groupe de (Z,+) est monogène, mais que (Z,+) possède une infinité de sous-groupes. Commenter l'écart avec la question 3.

Exercice 23 ★★★Nilpotents et idempotents de Z/nZ

L'anneau Z/nZ : inversibles, théorème chinois, indicatrice d'Euler, théorème d'EulerAnneaux, sous-anneaux, morphismes d'anneaux, intégrité, corps

Soit n2 un entier. Dans un anneau A, un élément a est dit nilpotent lorsqu'il existe un entier k1 tel que ak=0A, et idempotent lorsque a2=a.

  1. Déterminer les éléments nilpotents de Z/12Z, puis ceux de Z/36Z.

  2. Soit aZ. Montrer que a est nilpotent dans Z/nZ si et seulement si tout facteur premier de n divise a.

  3. Soit A un anneau commutatif, aA nilpotent et uA×. Montrer que u+aA×.

  4. Déterminer les idempotents de Z/12Z (on pourra utiliser le théorème chinois avec 12=4×3).

  5. Soit p un nombre premier. Montrer que les seuls idempotents de Z/pZ sont 0 et 1.

Exercice 24 ★★★Le morphisme de Frobenius

L'anneau Z/nZ : inversibles, théorème chinois, indicatrice d'Euler, théorème d'EulerAnneaux, sous-anneaux, morphismes d'anneaux, intégrité, corps

Soit p un nombre premier. Pour kZ et a élément d'un anneau A, on note ka l'itéré additif de a (0a=0A, (k+1)a=ka+a pour kN, et ka=((k)a) pour k<0) ; on utilisera librement les règles de calcul (k+)a=ka+a et (k)a=k(a). On dit que A est de caractéristique p lorsque p est le plus petit entier strictement positif tel que p1A=0A.

  1. Montrer que p divise (pk) pour tout entier k tel que 1kp1.

  2. Soit A un anneau commutatif de caractéristique p. Montrer que px=0A pour tout xA, puis que F:xxp est un morphisme d'anneaux de A dans A. On l'appelle morphisme de Frobenius.

  3. Montrer que Z/pZ est de caractéristique p et que son morphisme de Frobenius est l'identité, par récurrence. En déduire le petit théorème de Fermat sous ses deux formes.

  4. Exhiber deux matrices de M2(Z/2Z) qui ne commutent pas et qui montrent que l'hypothèse de commutativité ne peut pas être supprimée à la question 2.

  5. Montrer que si l'anneau commutatif A de caractéristique p est de plus intègre, alors F est injectif.

Exercice 25 ★★★Les entiers de Gauss : norme, inversibles et divisibilité

Anneaux, sous-anneaux, morphismes d'anneaux, intégrité, corpsIdéaux d'un anneau commutatif, divisibilité, idéaux de Z

On pose Z[i]={a+ib  ;  (a,b)Z2} et, pour z=a+ib avec (a,b)Z2, on pose N(z)=a2+b2. L'entier naturel N(z) est appelé la norme de z (l'écriture z=a+ib avec a et b entiers étant unique, N est bien définie).

Un élément z de Z[i] est dit irréductible lorsque z n'est pas inversible dans Z[i] et que tout diviseur de z dans Z[i] est soit un inversible de Z[i], soit un associé de z, c'est-à-dire de la forme uz avec uZ[i]×.

  1. Montrer que Z[i] est un sous-anneau intègre de C, puis que N(zz)=N(z)N(z) pour tous z et z de Z[i].

  2. Montrer que zZ[i] est inversible dans Z[i] si et seulement si N(z)=1, puis en déduire que Z[i]×={1,1,i,i}.

  3. Montrer que si N(z) est un nombre premier, alors z est irréductible dans Z[i].

  4. Vérifier que 2=i(1+i)2 et que 5=(2+i)(2i), puis en déduire que ni 2 ni 5 ne sont irréductibles dans Z[i].

  5. Montrer qu'aucun élément de Z[i] n'est de norme 3 (on regardera les carrés modulo 4), puis que 3 est irréductible dans Z[i].

Exercice 26 ★★★★Théorème de Lagrange : groupes d'ordre premier et conséquences

Ordre d'un élément, divisibilité de l'ordre, théorème de LagrangeGroupes monogènes et cycliques, structure, groupe additif Z/nZ

Soit (G,×) un groupe fini de cardinal n et de neutre e. On admet le théorème de Lagrange : pour tout xG, l'ordre o(x) divise n. On rappelle que o(x)=cardx et que, pour kZ, xk=e    o(x)k.

  1. Montrer que xn=e pour tout xG.

  2. On suppose ici que n=p est un nombre premier. Montrer que tout élément x de G différent de e engendre G ; en déduire que G est cyclique, puis que les seuls sous-groupes de G sont {e} et G.

  3. On suppose maintenant n=4. Montrer que, ou bien G est cyclique, ou bien tout élément de G différent de e est d'ordre 2. Montrer que dans les deux cas G est abélien.

  4. Donner un exemple de groupe de cardinal 4 de chacun de ces deux types.

  5. Soient m2 un entier et aZ tel que am=1. En appliquant la question 1 au groupe ((Z/mZ)×,×), retrouver le théorème d'Euler : aφ(m)1(modm).

Exercice 27 ★★★Le centre d'un groupe et les automorphismes intérieurs

Groupes, sous-groupes, sous-groupe engendré, produit fini de groupesMorphismes de groupes : image, noyau, isomorphismes

Soit (G,×) un groupe de neutre e. On appelle centre de G l'ensemble

Z(G)={aG  ;  xG,  ax=xa}

des éléments qui commutent avec tous les éléments de G. On note Aut(G) l'ensemble des automorphismes de G, qui est un groupe pour la composition.

  1. Montrer que Z(G) est un sous-groupe abélien de G, et que G est abélien si et seulement si Z(G)=G.

  2. Pour aG, on pose γa:GG, xaxa1. Montrer que γa est un automorphisme de G (on l'appelle automorphisme intérieur associé à a).

  3. Montrer que γ:aγa est un morphisme de groupes de (G,×) dans (Aut(G),), et déterminer son noyau.

  4. Déterminer Z(S3).

  5. Déterminer Z(GL2(R)). On pourra utiliser les matrices I2+E12 et I2+E21, où Eij désigne la matrice élémentaire dont tous les coefficients sont nuls sauf celui de la ligne i et de la colonne j, égal à 1.

Exercice 28 ★★★★Le commutant d'une matrice : une sous-algèbre

Algèbres, sous-algèbres, morphismes d'algèbres

Soient n1 un entier et AMn(K). On appelle commutant de A l'ensemble

C(A)={MMn(K)  ;  AM=MA}

On note par ailleurs K[A]={P(A)  ;  PK[X]} et Eij la matrice élémentaire dont tous les coefficients sont nuls, sauf celui de la ligne i et de la colonne j, égal à 1.

  1. Montrer que C(A) est une sous-algèbre de Mn(K).

  2. Montrer que K[A]C(A).

  3. On prend n=3 et A=diag(1,2,3). Déterminer C(A) et sa dimension, puis comparer C(A) et K[A].

  4. On prend n=2 et J=(0100). Déterminer C(J) et vérifier que C(J)=K[J].

  5. On prend n=2 et A=I2. Déterminer C(A) et K[A]. Qu'en conclure sur l'inclusion de la question 2 et sur la commutativité de C(A) ?

Dans les questions 3, 4 et 5, tous les calculs se font par identification des coefficients.

Exercice 29 ★★★Idéaux de l'anneau des fonctions d'un ensemble dans un corps

Idéaux d'un anneau commutatif, divisibilité, idéaux de ZAnneaux, sous-anneaux, morphismes d'anneaux, intégrité, corps

Soient X un ensemble non vide et K un corps. On munit F(X,K), ensemble des fonctions de X dans K, des lois usuelles définies point par point : pour f, g dans F(X,K) et xX,

(f+g)(x)=f(x)+g(x)et(fg)(x)=f(x)g(x)

Pour une partie Y de X, on note χY la fonction indicatrice de Y, définie par χY(x)=1 si xY et χY(x)=0 sinon, et l'on pose

IY={fF(X,K)  ;  yY,  f(y)=0}
  1. Montrer que (F(X,K),+,×) est un anneau commutatif, et qu'il n'est pas intègre dès que X possède au moins deux éléments.

  2. Soit aX. Montrer que eva:ff(a) est un morphisme d'anneaux surjectif de F(X,K) dans K, et que I{a}=Kereva est un idéal de F(X,K).

  3. Montrer que IY est un idéal de F(X,K) pour toute partie Y de X, et que YZ    IZIY.

  4. Déterminer les inversibles de F(X,K), puis ses idempotents, c'est-à-dire les f vérifiant f2=f.

  5. On suppose ici X fini. Montrer que tout idéal de F(X,K) est de la forme IY pour une unique partie Y de X.

Exercice 30 ★★★Le théorème de Wilson

L'anneau Z/nZ : inversibles, théorème chinois, indicatrice d'Euler, théorème d'Euler

Soit p un nombre premier. On travaille dans l'anneau Z/pZ et dans son groupe des inversibles ((Z/pZ)×,×).

  1. Montrer que (Z/pZ)×={1,2,,p1}, puis qu'un élément x de ce groupe est son propre inverse si et seulement si x=1 ou x=1.

  2. En appariant chaque élément de (Z/pZ)× avec son inverse, démontrer le théorème de Wilson : (p1)!1(modp).

  3. Vérifier le résultat pour p=5, p=7 et p=11.

  4. Réciproquement, soit n2 un entier tel que (n1)!1(modn). Montrer que n est premier.

  5. Le critère « n2 est premier si et seulement si (n1)!1(modn) » est donc exact. Expliquer pourquoi il est pourtant inutilisable en pratique pour tester la primalité d'un grand entier.

Exercice 31 ★★★Le chiffrement RSA

L'anneau Z/nZ : inversibles, théorème chinois, indicatrice d'Euler, théorème d'Euler

Alice choisit deux nombres premiers distincts p et q, pose n=pq, puis choisit un entier e1 tel que eφ(n)=1. Elle rend publique la clé (n,e) et garde secret un entier d1 tel que ed1(modφ(n)). Un message est un entier m avec 0m<n ; Bob l'envoie chiffré sous la forme c=memodn, et Alice le déchiffre en calculant cdmodn.

Dans les questions 1 à 3, on prend p=11, q=13, donc n=143, et e=7.

  1. Calculer φ(n), vérifier que eφ(n)=1, puis déterminer l'exposant de déchiffrement d en détaillant l'algorithme d'Euclide.
  2. Chiffrer le message m=9, c'est-à-dire calculer 97mod143 par exponentiation rapide.
  3. Déchiffrer le message chiffré obtenu et vérifier que l'on retrouve bien 9.
  4. On revient au cas général. Montrer que si mn=1, alors medm(modn).
  5. Montrer que la congruence medm(modn) est en fait valable pour tout entier m, sans supposer m premier avec n.
  6. Expliquer en trois phrases pourquoi la sécurité du procédé repose sur la difficulté de factoriser n.

Exercice 32 ★★★★Les sous-groupes du groupe additif des réels

Groupes, sous-groupes, sous-groupe engendré, produit fini de groupes

Soit G un sous-groupe de (R,+) non réduit à {0}. On pose

G+=G]0,+[eta=infG+.
  1. Montrer que G+ est non vide et que a est bien défini, avec a0.
  2. On suppose a>0. Montrer que aG, puis que G=aZ. (On pourra, pour xG, poser k=x/a.)
  3. On suppose a=0. Montrer que G rencontre tout intervalle ouvert non vide de R.
  4. Énoncer l'alternative obtenue pour un sous-groupe quelconque de (R,+).
  5. Soit α un irrationnel. Montrer que Z+αZ={p+qα  ;  (p,q)Z2} est un sous-groupe de (R,+), qu'il n'est d'aucune des formes aZ avec a>0, et qu'il rencontre donc tout intervalle ouvert non vide.
  6. En admettant que π est irrationnel, en déduire que {cosn  ;  nZ} n'est pas un ensemble fini. (On pourra utiliser l'inégalité cosucosvuv, que l'on justifiera.)

Exercice 33 ★★★La somme des indicatrices d'Euler des diviseurs

L'anneau Z/nZ : inversibles, théorème chinois, indicatrice d'Euler, théorème d'EulerGroupes monogènes et cycliques, structure, groupe additif Z/nZ

Soit n1. Le but de l'exercice est d'établir la formule

dnφ(d)=n,

la somme portant sur tous les diviseurs positifs d de n. On travaille dans le groupe additif (Z/nZ,+), de neutre 0, et pour dn on note Ed l'ensemble des éléments de Z/nZ d'ordre exactement d.

  1. Montrer que pour tout kZ, o ⁣(k)=nkn.
  2. Soit d un diviseur positif de n. Montrer que l'ensemble Hd des éléments x de Z/nZ tels que o(x)d est l'unique sous-groupe de Z/nZ de cardinal d, et qu'il est cyclique, engendré par n/d.
  3. En déduire que cardEd=φ(d) pour tout diviseur positif d de n.
  4. Montrer que les Ed, pour d décrivant les diviseurs positifs de n, forment une partition de Z/nZ, et conclure.
  5. Vérifier la formule par le calcul explicite pour n=12 et n=30.
  6. En déduire une nouvelle démonstration du fait que (Z/nZ,+) possède exactement φ(n) générateurs.

Exercice 34 ★★★★Le groupe des inversibles de Z/pZ est cyclique

L'anneau Z/nZ : inversibles, théorème chinois, indicatrice d'Euler, théorème d'EulerOrdre d'un élément, divisibilité de l'ordre, théorème de Lagrange

Soit p un nombre premier. Comme p est premier, Z/pZ est un corps et son groupe des inversibles G=(Z/pZ)×, muni de la multiplication, est de cardinal p1. On veut montrer que G est cyclique. Pour d divisant p1, on note ψ(d) le nombre d'éléments de G d'ordre exactement d.

  1. Montrer qu'un polynôme non nul de degré m à coefficients dans le corps Z/pZ a au plus m racines dans Z/pZ.
  2. Soit x un élément d'ordre d d'un groupe quelconque. Montrer que pour tout kZ, o ⁣(xk)=dkd.
  3. Soit d un diviseur de p1. Montrer que si ψ(d)0, alors ψ(d)=φ(d).
  4. Justifier que dp1ψ(d)=p1, puis, en utilisant la formule dnφ(d)=n (démontrée à l'exercice précédent de la fiche, on l'admettra ici), montrer que ψ(d)=φ(d) pour tout diviseur d de p1.
  5. Conclure que G est cyclique.
  6. Déterminer explicitement, en dressant la liste des ordres, tous les générateurs de (Z/7Z)× puis de (Z/11Z)×.

Exercice 35 ★★★★L'anneau Z racine de 2 : norme, unités et équation de Pell

Anneaux, sous-anneaux, morphismes d'anneaux, intégrité, corpsIdéaux d'un anneau commutatif, divisibilité, idéaux de Z

On pose

A={a+b2  ;  (a,b)Z2}R,N ⁣(a+b2)=a22b2.
  1. Montrer que tout élément de A s'écrit de manière unique sous la forme a+b2 avec (a,b)Z2 (on utilisera l'irrationalité de 2), et que A est un sous-anneau intègre de R. En particulier N est une application bien définie de A dans Z.
  2. Montrer que σ:a+b2ab2 est un automorphisme de l'anneau A, que N(x)=xσ(x) pour tout xA, et en déduire que N(xy)=N(x)N(y).
  3. Montrer que xA est inversible dans A si et seulement si N(x)=±1.
  4. En déduire que 1+2A×, puis que A× est infini.
  5. Montrer que les couples (x,y)N2 vérifiant x22y2=1 sont exactement ceux pour lesquels x+y2=(1+2)2k avec kN, et donner les trois plus petites solutions autres que (1,0).

Exercice 36 ★★★Le groupe des automorphismes du groupe additif Z/nZ

Morphismes de groupes : image, noyau, isomorphismesL'anneau Z/nZ : inversibles, théorème chinois, indicatrice d'Euler, théorème d'Euler

Soit n1. On note Aut(Z/nZ) l'ensemble des automorphismes du groupe (Z/nZ,+), c'est-à-dire des morphismes de groupes bijectifs de Z/nZ dans lui-même. Pour aZ/nZ, on note fa l'application xax, le produit étant celui de l'anneau Z/nZ.

  1. Montrer que fa est un morphisme du groupe (Z/nZ,+) dans lui-même, et que réciproquement tout morphisme de groupes f de Z/nZ dans lui-même est égal à fa pour un unique a.
  2. Montrer que fa est bijectif si et seulement si a est inversible dans l'anneau Z/nZ.
  3. En déduire que Aut(Z/nZ), muni de la composition, est un groupe isomorphe à ((Z/nZ)×,×), et que son cardinal vaut φ(n).
  4. Expliciter les automorphismes de Z/8Z et donner la table de leur groupe. Ce groupe est-il cyclique ?
  5. Montrer que pour p premier, Aut(Z/pZ) est cyclique de cardinal p1 (on pourra utiliser le résultat de l'exercice 34 de la fiche).

Bloqué sur « Structures algébriques usuelles » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.