MP · Chapitre 02

Exercices — Réduction des endomorphismes et des matrices carrées

38 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

38 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Éléments propres d'une matrice triangulaire

Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectrePolynôme caractéristique, multiplicité d'une valeur propre, trace et déterminant

On considère la matrice de M3(R)

A=(213021005).

1. Donner le polynôme caractéristique χA sans développer de déterminant, puis le spectre de A en précisant la multiplicité de chaque valeur propre.

2. Déterminer les sous-espaces propres E2(A) et E5(A).

3. La matrice A est-elle diagonalisable ? Citer le critère du cours utilisé.

Exercice 2 ★★★Premiers polynômes caractéristiques

Polynôme caractéristique, multiplicité d'une valeur propre, trace et déterminant

Pour MMn(K), on note χM(X)=det ⁣(XInM).

1. Calculer le polynôme caractéristique et le spectre des deux matrices suivantes, sur R puis sur C lorsque c'est utile.

a. A=(3413)

b. B=(1232)

2. Même question pour

C=(210101012).

3. Vérifier sur chacun des trois exemples que le coefficient de Xn1 dans χ vaut tr et que le terme constant vaut (1)ndet.

Exercice 3 ★★★★Sous-espaces propres d'une matrice d'ordre trois

Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectreEndomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilité

On considère la matrice de M3(R)

A=(311151224).

1. Calculer le polynôme caractéristique χA et en déduire le spectre de A.

2. Déterminer les trois sous-espaces propres de A.

3. En déduire une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que A=PDP1, puis vérifier l'égalité AP=PD par le calcul.

Exercice 4 ★★★Diagonaliser une matrice d'ordre deux

Endomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilité

On considère la matrice de M2(R)

A=(1232).

1. Calculer χA, le factoriser et justifier que A est diagonalisable.

2. Déterminer les sous-espaces propres de A.

3. Écrire A sous la forme A=PDP1 avec D diagonale, en calculant explicitement P1, puis vérifier l'égalité en effectuant le produit.

Exercice 5 ★★★★Reconnaître un sous-espace stable

Sous-espaces stables, endomorphisme induit, matrices par blocs, commutation

Soit u l'endomorphisme de R3 dont la matrice dans la base canonique B=(e1,e2,e3) est

A=(112023003).

1. Montrer que F=Vect(e1) et G=Vect(e1,e2) sont stables par u, et donner la matrice de l'endomorphisme induit par u sur G dans la base (e1,e2).

2. Montrer que Vect(e3) n'est pas stable par u.

3. Question indépendante. Soient u et v deux endomorphismes d'un K-espace vectoriel E qui commutent, c'est-à-dire tels que uv=vu. Démontrer que Kerv et Imv sont stables par u.

Exercice 6 ★★★★Un polynôme annulateur donne l'inverse

Polynômes d'un endomorphisme, algèbre K[u], polynôme minimal

Soit n1 et soit AMn(K) une matrice vérifiant

A34A2+5A2In=0n.

1. Montrer que A est inversible et exprimer A1 comme un polynôme en A.

2. Factoriser P(X)=X34X2+5X2, puis montrer que les seules valeurs propres possibles de A sont 1 et 2. Donner un exemple montrant qu'une racine de P n'est pas nécessairement valeur propre de A.

3. Application. On prend n=3 et

A=(200110001).

Vérifier que cette matrice satisfait bien la relation de l'énoncé, puis calculer A1 à l'aide de la formule de la question 1.

Exercice 7 ★★★Indice de nilpotence d'une matrice triangulaire stricte

Endomorphismes et matrices nilpotents, indice de nilpotence

On considère la matrice de M4(R)

N=(0210003100040000).

1. Calculer N2, N3 et N4. En déduire que N est nilpotente et donner son indice de nilpotence.

2. Donner χN et Sp(N).

3. Montrer que I4N est inversible et calculer son inverse.

Exercice 8 ★★★★Cayley-Hamilton en dimension deux

Théorème de Cayley-Hamilton et ses applicationsPolynôme caractéristique, multiplicité d'une valeur propre, trace et déterminant

On considère la matrice de M2(R)

A=(4121).

1. Calculer χA, puis vérifier le théorème de Cayley-Hamilton sur cet exemple en calculant directement A2.

2. En déduire A1 sous la forme d'un polynôme en A, et vérifier le résultat.

3. En déduire A3. Montrer ensuite par récurrence que pour tout entier k1 il existe deux réels ak et bk tels que Ak=akA+bkI2, et donner les relations de récurrence vérifiées par (ak,bk).

Exercice 9 ★★★★Trois matrices, une seule est diagonalisable

Endomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilitéPolynôme caractéristique, multiplicité d'une valeur propre, trace et déterminant

On considère les trois matrices de M3(R) suivantes :

M1=(210020003),M2=(101020101), M3=(010001000).

1. Déterminer le polynôme caractéristique de chacune de ces trois matrices.

2. Déterminer tous leurs sous-espaces propres.

3. Dire, pour chacune, si elle est diagonalisable dans M3(R), en précisant à chaque fois le critère qui permet de conclure.

Exercice 10 ★★★★Une valeur propre double mais diagonalisable

Endomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilitéValeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectre

Soit

A=(311020113)M3(R).

1. Calculer χA et donner le spectre de A ainsi que la multiplicité de chaque valeur propre.

2. Déterminer E2(A) et E4(A), et préciser leur dimension.

3. En déduire que A est diagonalisable, puis expliciter une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que A=PDP1. Vérifier l'égalité AP=PD.

4. La matrice

B=(210020003)

possède elle aussi une valeur propre double. Montrer qu'elle n'est pas diagonalisable, puis expliquer ce qui distingue les deux situations.

Exercice 11 ★★★★Trigonaliser en dimension trois

Trigonalisation, polynôme caractéristique scindé, matrices de M_n(C)Polynôme caractéristique, multiplicité d'une valeur propre, trace et déterminant

Soit

A=(110010112)M3(R).

1. Calculer χA et en déduire le spectre de A avec les multiplicités.

2. Déterminer E1(A) et E2(A), puis montrer que A n'est pas diagonalisable.

3. Justifier que A est trigonalisable. On note u1=(1,0,1) et u3=(0,0,1) : trouver un vecteur v tel que (AI3)v=u1, puis montrer que (u1,v,u3) est une base de R3.

4. Écrire la matrice T de A dans cette nouvelle base, vérifier l'égalité AP=PTP est la matrice de passage de la question précédente, et conclure que A=PTP1.

Exercice 12 ★★★★Un projecteur vu par son polynôme annulateur

Polynômes d'un endomorphisme, algèbre K[u], polynôme minimalEndomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilité

Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie n2, avec K=R ou C, et soit pL(E) tel que

pp=p,p0,pidE.

1. Montrer que le polynôme X2X annule p, en déduire que p est diagonalisable, puis que Sp(p)={0,1}.

2. Montrer que E=KerpImp et donner la matrice de p dans une base adaptée à cette décomposition.

3. En déduire l'égalité tr(p)=rg(p), ainsi que χp.

4. Application. Soit A=(2121) et soit a l'endomorphisme de K2 canoniquement associé. Vérifier que A2=A, déterminer Kera, Ima, la trace et le rang de a, et contrôler les résultats des questions précédentes.

Exercice 13 ★★★Les symétries sont diagonalisables

Polynômes d'un endomorphisme, algèbre K[u], polynôme minimalEndomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilité

Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie n1, avec K=R ou C, et soit sL(E) tel que ss=idE.

1. Montrer que s est diagonalisable, que Sp(s){1,1} et que

E=Ker(sidE)Ker(s+idE).

2. En déduire la matrice de s dans une base adaptée, puis exprimer tr(s) à l'aide de p=dimKer(sidE) et q=dimKer(s+idE).

3. Application. Soit A=(3423). Vérifier que A2=I2, diagonaliser explicitement A, et retrouver la trace de A à partir de la question 2.

Exercice 14 ★★★★La matrice dont tous les coefficients valent un

Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectreEndomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilité

Soit n2 et soit JnMn(R) la matrice dont tous les coefficients valent 1.

1. Calculer Jn2, en déduire un polynôme annulateur de Jn, puis montrer que Jn est diagonalisable et déterminer son spectre.

2. Déterminer KerJn et sa dimension, ainsi qu'un vecteur propre associé à la valeur propre n.

3. En déduire χJn.

4. Soient a et b deux réels. En déduire la réduction de M=aIn+bJn, son polynôme caractéristique et son déterminant.

5. Application numérique : n=3, a=2 et b=1. Expliciter M, ses éléments propres et son déterminant.

Exercice 15 ★★★Les matrices de rang un

Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectreEndomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilité

Soit n2 et soit AMn(K) une matrice de rang 1. On admet le résultat du chapitre sur les matrices : il existe une colonne CMn,1(K) non nulle et une ligne LM1,n(K) non nulle telles que A=CL.

1. Montrer que A2=tr(A)A.

2. Déterminer dimE0(A), puis montrer que Sp(A){0,tr(A)}.

3. Démontrer que A est diagonalisable si et seulement si tr(A)0.

4. En déduire χA en fonction de tr(A).

5. Application. Étudier de cette façon les deux matrices

A=(121242121),B=(1111),

en précisant pour chacune le rang, la trace, la diagonalisabilité, le spectre et le polynôme caractéristique.

Exercice 16 ★★★★Puissances n-iemes par diagonalisation

Applications : puissances d'une matrice, suites récurrentes, commutant, racines carréesEndomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilité

Soit

A=(5262)M2(R).

1. Calculer χA et justifier que A est diagonalisable.

2. Déterminer une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que A=PDP1, puis calculer P1.

3. En déduire An pour tout nN.

4. Vérifier la formule obtenue pour n=0 et n=1.

5. Décrire le comportement des coefficients de An lorsque n tend vers +.

Exercice 17 ★★★Deux suites couplées

Applications : puissances d'une matrice, suites récurrentes, commutant, racines carréesEndomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilité

Les suites réelles (un)nN et (vn)nN sont définies par u0=1, v0=0 et, pour tout nN,

{un+1=4un2vnvn+1=un+vn

1. En posant Xn=(unvn), écrire le système sous la forme Xn+1=AXn, puis exprimer Xn en fonction de An et de X0.

2. Diagonaliser la matrice A : valeurs propres, vecteurs propres, matrice de passage.

3. En déduire An pour tout nN, puis les expressions explicites de un et vn.

4. Vérifier ces formules pour n=0, n=1 et n=2 en recalculant directement les premiers termes.

5. Donner un équivalent de un lorsque n+.

Exercice 18 ★★★Le lemme des noyaux sur un exemple

Lemme de décomposition des noyauxPolynômes d'un endomorphisme, algèbre K[u], polynôme minimal

Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie n1, avec K=R ou C, et soit uL(E) vérifiant u3=u.

1. Factoriser le polynôme X3X et énoncer précisément le lemme de décomposition des noyaux dans ce cas.

2. En déduire que E=KeruKer(uidE)Ker(u+idE), puis que u est diagonalisable.

3. On note p0, p1 et p1 les projecteurs associés à cette décomposition. Montrer qu'ils s'écrivent comme des polynômes en u, les calculer, et vérifier par le calcul que ce sont bien des projecteurs de somme idE.

4. Application. Soit A=(010100000). Vérifier que A3=A, déterminer les trois sous-espaces de la question 2 et donner une base de vecteurs propres.

Exercice 19 ★★★★Polynôme minimal d'une matrice diagonale par blocs

Polynômes d'un endomorphisme, algèbre K[u], polynôme minimal

Soient A1=(2102)M2(R), A2=(3)M1(R) et A la matrice diagonale par blocs

A=(A100A2)=(210020003)M3(R).

1. Déterminer χA1, μA1, χA2 et μA2.

2. Démontrer le résultat général suivant : si M=(M100M2) est diagonale par blocs, alors P(M)=(P(M1)00P(M2)) pour tout PK[X], et en déduire que μM=ppcm(μM1,μM2).

3. En déduire μA et χA, puis conclure sur la diagonalisabilité de A à l'aide du critère « μ scindé à racines simples ».

4. Reprendre les questions 1 et 3 avec B=(B100A2)B1=(2002), et comparer les deux situations.

Exercice 20 ★★★L'endomorphisme qui à P associe XP'

Endomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilitéValeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectre

Soit n1 et E=Rn[X], muni de sa base canonique B=(1,X,,Xn). On pose, pour tout PE, u(P)=XP.

1. Vérifier que u est un endomorphisme de E.

2. Donner la matrice de u dans la base B et en déduire le polynôme caractéristique de u.

3. Déterminer les sous-espaces propres de u et conclure que u est diagonalisable.

4. Cas n=3 : écrire la matrice de u, une base de vecteurs propres, ainsi que la matrice de passage Q (notée ainsi pour ne pas la confondre avec les polynômes) et la matrice diagonale D telles que D=Q1MatB(u)Q.

5. Déterminer Keru et Imu, et vérifier le théorème du rang.

Exercice 21 ★★★Le polynôme caractéristique d'un endomorphisme induit

Sous-espaces stables, endomorphisme induit, matrices par blocs, commutationPolynôme caractéristique, multiplicité d'une valeur propre, trace et déterminant

Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie n1 et uL(E).

1. Soit F un sous-espace vectoriel non nul de E, stable par u, et uFL(F) l'endomorphisme induit par u sur F. En considérant une base de F complétée en une base de E et la forme triangulaire par blocs obtenue, démontrer que χuF divise χu.

2. En déduire que toute valeur propre de uF est valeur propre de u.

3. Application. Soit u l'endomorphisme de R3 de matrice A=(211031005) dans la base canonique (e1,e2,e3), et F=Vect(e1,e2). Vérifier que F est stable par u, donner la matrice de uF et χuF, puis contrôler la divisibilité.

4. Montrer, sur un contre-exemple, que la réciproque de la question 2 est fausse : une valeur propre de u n'est pas nécessairement valeur propre de uF.

Exercice 22 ★★★★Fibonacci par la réduction

Applications : puissances d'une matrice, suites récurrentes, commutant, racines carréesEndomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilité

La suite de Fibonacci est définie par F0=0, F1=1 et, pour tout nN, Fn+2=Fn+1+Fn.

1. On pose Xn=(Fn+1Fn). Montrer que Xn+1=AXn avec A=(1110), puis exprimer Xn en fonction de An.

2. Calculer χA, montrer que ses racines sont φ=1+52 et ψ=152, et déterminer un vecteur propre associé à chacune.

3. En déduire la formule de Binet Fn=φnψn5, et la vérifier pour n=0, 1, 2 et 5.

4. En déduire la limite de Fn+1Fn lorsque n+.

5. Montrer que An=(Fn+1FnFnFn1) pour n1, et en déduire, par le calcul de det(An), l'identité Fn+1Fn1Fn2=(1)n.

Exercice 23 ★★★Une matrice à diagonaliser selon le corps

Endomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilitéValeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectre

On considère les matrices

A=(0110)etB=(100001010).

1. Montrer que A n'est pas diagonalisable dans M2(R), mais qu'elle l'est dans M2(C) ; donner des matrices PM2(C) inversible et D diagonale telles que A=PDP1.

2. Interpréter A comme la matrice d'une rotation du plan et expliquer géométriquement l'absence de droite stable.

3. Mener la même étude pour B.

4. Conclure sur la dépendance de la diagonalisabilité vis-à-vis du corps de base, et rappeler ce que l'on peut toujours affirmer sur C.

Exercice 24 ★★★Le commutant d'une matrice à valeurs propres simples

Applications : puissances d'une matrice, suites récurrentes, commutant, racines carréesSous-espaces stables, endomorphisme induit, matrices par blocs, commutation

Soit n1 et soit AMn(K) une matrice dont les valeurs propres λ1,,λn appartiennent à K et sont deux à deux distinctes. On appelle commutant de A l'ensemble

C(A)={MMn(K)  ;  AM=MA}.

1. Montrer que si MC(A), alors chaque sous-espace propre de A est stable par M.

2. Soit MC(A). En déduire que A et M sont diagonalisables dans une même base : si P est une matrice de passage telle que P1AP soit diagonale, alors P1MP l'est aussi.

3. Montrer que C(A) est un sous-espace vectoriel de Mn(K), qu'il est égal à K[A]=Vect(In,A,,An1) et que dimC(A)=n. On pourra utiliser l'interpolation de Lagrange.

4. Application. Déterminer toutes les matrices qui commutent avec A1=diag(1,2,3), puis toutes celles qui commutent avec A2=(1232).

Exercice 25 ★★★La matrice compagnon d'un polynôme

Polynôme caractéristique, multiplicité d'une valeur propre, trace et déterminantPolynômes d'un endomorphisme, algèbre K[u], polynôme minimal

Soit n1 et soit P=Xn+an1Xn1++a1X+a0 un polynôme unitaire de K[X]. On appelle matrice compagnon de P la matrice CPMn(K) dont les n1 premières colonnes sont e2,,en et dont la dernière colonne est t(a0  a1    an1). Pour n=3, c'est-à-dire pour P=X3+a2X2+a1X+a0 :

CP=(00a010a101a2).

Dans le cas général :

CP=(00a01a1001an1).

1. Montrer que χCP=P.

2. Montrer que e1 est un vecteur cyclique de CP, c'est-à-dire que la famille (e1,CPe1,,CPn1e1) est une base de Mn,1(K).

3. En déduire que μCP=χCP=P.

4. Application. Écrire la matrice compagnon de P=X32X2X+2, factoriser P et en déduire que CP est diagonalisable dans M3(R).

Exercice 26 ★★★★Calculer une puissance par division euclidienne

Théorème de Cayley-Hamilton et ses applicationsApplications : puissances d'une matrice, suites récurrentes, commutant, racines carrées

On considère la matrice

A=(110010112)M3(R).

1. Calculer χA, vérifier que A n'est pas diagonalisable, et justifier que χA(A)=0.

2. Soit n1. Écrire la division euclidienne Xn=χAQn+Rn avec degRn2, et poser Rn=αnX2+βnX+γn. Former un système de trois équations vérifié par (αn,βn,γn), en évaluant en 1, en 2, puis en dérivant et en évaluant en 1.

3. Résoudre ce système.

4. En déduire An pour tout nN, et vérifier le résultat pour n=0, n=1 et n=2.

5. Expliquer pourquoi la méthode fonctionne alors que A n'est pas diagonalisable.

Exercice 27 ★★★★Les sous-espaces stables d'un endomorphisme diagonalisable

Sous-espaces stables, endomorphisme induit, matrices par blocs, commutationEndomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilité

Soit E un K-espace vectoriel de dimension n1 et soit uL(E) un endomorphisme dont les valeurs propres λ1,,λn sont deux à deux distinctes et appartiennent à K. On note ei un vecteur propre associé à λi, de sorte que B=(e1,,en) est une base de E. Pour I{1,,n}, on pose FI=Vect(ei  ;  iI), avec F={0}.

1. Montrer que FI est stable par u pour toute partie I.

2. Réciproquement, montrer que tout sous-espace F stable par u est engendré par les vecteurs propres de u qu'il contient.

3. En déduire que u admet exactement 2n sous-espaces stables.

4. Application. Soit uL(R3) de matrice diag(1,2,3) dans la base canonique. Lister ses sous-espaces stables.

5. Montrer, sur l'exemple d'une homothétie, que l'hypothèse « valeurs propres deux à deux distinctes » est essentielle.

Exercice 28 ★★★Les composées uv et vu ont même spectre

Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectrePolynôme caractéristique, multiplicité d'une valeur propre, trace et déterminant

Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie n1 et soient u,vL(E).

1. Montrer que uv et vu ont le même spectre. On traitera séparément le cas de la valeur propre 0, en utilisant le fait que uv est bijectif si et seulement si u et v le sont.

2. Montrer que si u est bijectif, alors uv et vu sont semblables, et en déduire qu'elles ont le même polynôme caractéristique.

3. Soient A=(0100) et B=(0001). Calculer AB et BA, et montrer que ces deux matrices ne sont pas semblables.

4. Montrer que tr(AB)=tr(BA) pour toutes matrices A,BMn(K), puis en déduire que dans M2(K) les matrices AB et BA ont toujours le même polynôme caractéristique. Vérifier sur l'exemple de la question 3.

Exercice 29 ★★★★La transposition sur les matrices carrées

Polynômes d'un endomorphisme, algèbre K[u], polynôme minimalEndomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilité

Soit n2 et soit

φ:Mn(R)Mn(R),φ(M)=t ⁣M.

1. Montrer que φ est un endomorphisme de Mn(R) et que φ2=id.

2. En déduire que φ est diagonalisable et déterminer ses sous-espaces propres.

3. Montrer que dimSn(R)=n(n+1)2 et dimAn(R)=n(n1)2, où Sn(R) et An(R) désignent respectivement l'ensemble des matrices symétriques et celui des matrices antisymétriques. En déduire χφ et tr(φ).

4. Application au cas n=2 : écrire la matrice de φ dans la base canonique (E11,E12,E21,E22) de M2(R) et vérifier sur elle tous les résultats précédents.

Exercice 30 ★★★L'endomorphisme qui à M associe AM

Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectreEndomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilité

Soit n1, soit AMn(K) et soit

ΦA:Mn(K)Mn(K),ΦA(M)=AM.

1. Montrer que ΦA est un endomorphisme de Mn(K), et qu'il est bijectif si et seulement si A est inversible.

2. Montrer que P(ΦA)=ΦP(A) pour tout PK[X]. En déduire que A et ΦA ont les mêmes polynômes annulateurs, donc le même polynôme minimal.

3. En déduire que ΦA est diagonalisable si et seulement si A l'est, et que Sp(ΦA)=Sp(A).

4. Montrer que χΦA=(χA)n. On pourra décomposer Mn(K) en somme directe de sous-espaces stables formés de matrices n'ayant qu'une colonne non nulle.

5. Application. Pour n=2 et A=(1203), écrire la matrice de ΦA dans une base de M2(K) et vérifier le spectre et les multiplicités.

Exercice 31 ★★★Racines carrées d'une matrice diagonalisable

Applications : puissances d'une matrice, suites récurrentes, commutant, racines carréesEndomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilité

On dit qu'une matrice MM2(R) est une racine carrée de AM2(R) lorsque M2=A. On pose

A=(7463),N=(0100).

1. Calculer χA, puis diagonaliser A : donner P inversible et D diagonale telles que A=PDP1.

2. Soit MM2(R) telle que M2=A. Montrer que M commute avec A, puis que les vecteurs propres de A obtenus à la question 1 sont aussi des vecteurs propres de M.

3. En déduire que A admet exactement quatre racines carrées dans M2(R), et les expliciter.

4. Montrer que N n'admet, elle, aucune racine carrée dans M2(R).

Exercice 32 ★★★★Sous-espaces caractéristiques en dimension trois

Sous-espaces caractéristiques et décomposition associéeTrigonalisation, polynôme caractéristique scindé, matrices de M_n(C)

On considère la matrice

A=(210020103)M3(R).

1. Calculer χA et montrer que A n'est pas diagonalisable.

2. Déterminer les sous-espaces caractéristiques F2=Ker((A2I3)2) et F3=Ker(A3I3). Vérifier que dimFλ=mλ pour λ{2,3} et que R3=F2F3.

3. Construire une base adaptée à cette décomposition dans laquelle la matrice de A est diagonale par blocs, le bloc associé à F2 étant de la forme 2I2+N avec N nilpotente.

4. En déduire l'expression de An pour tout n1, et contrôler le résultat pour n=2.

Exercice 33 ★★★★Nilpotence et polynôme caractéristique

Endomorphismes et matrices nilpotents, indice de nilpotenceThéorème de Cayley-Hamilton et ses applications

Soit E un C-espace vectoriel de dimension finie n1 et soit uL(E).

1. Montrer l'équivalence des trois assertions : (i) u est nilpotent ; (ii) Sp(u)={0} ; (iii) χu=Xn.

2. En déduire que si u est nilpotent, alors un=0 : l'indice de nilpotence est au plus n.

3. Montrer qu'un endomorphisme nilpotent non nul n'est jamais diagonalisable.

4. On suppose u nilpotent. Montrer que idE+u est bijectif et exprimer son inverse comme un polynôme en u.

5. Application. Soit N=(111333222). Calculer N2, en déduire l'indice de nilpotence de N, son polynôme caractéristique, et l'inverse de I3+N.

Exercice 34 ★★★Les matrices circulantes

Endomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilitéValeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectre

Soit n2. On note J=(jp,q)Mn(C) la matrice de la permutation circulaire, définie par jp,q=1 si qp+1 [n] et jp,q=0 sinon :

J=(010001100).

Pour P=a0+a1X++an1Xn1C[X], on appelle matrice circulante associée à P la matrice C=P(J). On pose ω=e2iπ/n.

1. Montrer que Jn=In. En déduire que J est diagonalisable dans Mn(C) et que Sp(J) est inclus dans l'ensemble des racines n-ièmes de l'unité.

2. Pour k{0,,n1}, montrer que Vk=t(1  ωk  ω2k    ω(n1)k) est un vecteur propre de J associé à ωk. Conclure sur Sp(J).

3. En déduire que toute matrice circulante est diagonalisable dans Mn(C), de valeurs propres les P(ωk), et que detC=k=0n1P(ωk).

4. Application avec n=3 et C=(123312231) : donner les trois valeurs propres de C et son déterminant, puis contrôler ce dernier par un calcul direct.

Exercice 35 ★★★Diagonaliser simultanément deux endomorphismes qui commutent

Endomorphismes et matrices diagonalisables, critères de diagonalisabilitéSous-espaces stables, endomorphisme induit, matrices par blocs, commutation

Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie n1, et soient u,vL(E) deux endomorphismes diagonalisables qui commutent : uv=vu.

1. Montrer que tout sous-espace propre de u est stable par v.

2. Montrer que l'endomorphisme induit par v sur chaque sous-espace propre de u est diagonalisable.

3. En déduire l'existence d'une base de E formée de vecteurs propres communs à u et à v. Traduire matriciellement : si A et B sont diagonalisables et commutent, il existe P inversible telle que P1AP et P1BP soient toutes deux diagonales.

4. Établir la réciproque : deux matrices simultanément diagonalisables commutent.

5. Application. Soient A=(3113) et B=(1221). Vérifier qu'elles commutent, puis exhiber une base commune de vecteurs propres.

Exercice 36 ★★★★Des traces nulles à la nilpotence

Endomorphismes et matrices nilpotents, indice de nilpotenceValeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectre

Soit n1 et soit AMn(C) vérifiant

tr(Ak)=0pour tout k{1,,n}.

1. Justifier que A est trigonalisable et que, pour tout k1, tr(Ak) est la somme des puissances k-ièmes des valeurs propres de A comptées avec leur multiplicité.

2. On suppose A non nilpotente. On note λ1,,λr ses valeurs propres non nulles, deux à deux distinctes, de multiplicités respectives m1,,mr. Justifier que r1, rn, et écrire le système vérifié par (m1,,mr) pour k{1,,r}.

3. Montrer que la matrice de ce système est inversible et en déduire une contradiction.

4. Conclure.

5. Application. Soient A,BMn(C) telles que ABBA=A. Montrer que AkBBAk=kAk pour tout k1, puis que A est nilpotente.

Exercice 37 ★★★★Le commutant et l'algèbre des polynômes en A

Applications : puissances d'une matrice, suites récurrentes, commutant, racines carréesPolynômes d'un endomorphisme, algèbre K[u], polynôme minimal

Pour AMn(K), on note C(A)={MMn(K)  ;  AM=MA} son commutant, et K[A]={P(A)  ;  PK[X]}.

1. Montrer que C(A) est une sous-algèbre de Mn(K) et que K[A]C(A).

2. Montrer que dimK[A]=degμA.

3. On suppose que A admet un vecteur cyclique, c'est-à-dire qu'il existe xMn,1(K) tel que (x,Ax,,An1x) soit une base de Mn,1(K). Montrer que C(A)=K[A], puis que dimC(A)=n.

4. Montrer sur l'exemple A=In que le commutant peut être strictement plus gros que K[A], et calculer dimC(A) dans ce cas.

5. Déterminer explicitement C(A) et sa dimension pour A=(2102).

Exercice 38 ★★★Un endomorphisme de carré nul

Endomorphismes et matrices nilpotents, indice de nilpotenceSous-espaces stables, endomorphisme induit, matrices par blocs, commutation

Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie n1 et soit uL(E) tel que u2=0.

1. Montrer que ImuKeru et en déduire que rgun2.

2. Réciproquement, montrer que pour tout entier r vérifiant 0rn2, il existe un endomorphisme de E de carré nul et de rang r.

3. On pose r=rgu. Construire une base B de E dans laquelle la matrice de u est

Jr=(0rIr00r0r0000n2r).

4. En déduire que deux endomorphismes de carré nul sont semblables si et seulement s'ils ont même rang.

5. Application. Soit A=(111111000). Vérifier que A2=03, donner son rang, une base adaptée et la matrice réduite associée.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.