MP · Chapitre 07
Exercices — Fonctions vectorielles
36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.
Sommaire
36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.
Exercice 1 ★★★★ — Dérivée et coordonnées dans une base
Dérivabilité en un point : taux d'accroissement, développement limité d'ordre 1, dérivées à droite et à gauche, interprétation cinématiqueTraduction de la dérivation en termes de coordonnées dans une base
Dans tout l'exercice, désigne un espace vectoriel normé de dimension finie et un intervalle de .
1. Justifier que chacune des fonctions suivantes est dérivable sur , et calculer sa dérivée. On précisera à chaque fois dans quel espace la fonction prend ses valeurs et quelle base on utilise.
a. à valeurs dans
b. à valeurs dans
c. à valeurs dans
d. à valeurs dans
e. à valeurs dans , vu comme -espace vectoriel
f. à valeurs dans
2. On a calculé ces dérivées « coordonnée par coordonnée ». Il ne s'agit pas d'un abus de notation, mais de l'application d'un théorème.
a. Énoncer précisément ce théorème.
b. Le démontrer.
3. Soit un espace vectoriel normé réel de dimension et une base quelconque de . On pose, pour ,
a. Montrer que est de classe sur et calculer , , puis pour .
b. On pose et . Vérifier que est une base de , exprimer dans cette base, dériver, et constater que l'on retrouve le même vecteur .
Exercice 2 ★★★★ — Developpement limite d'ordre 1 et vecteur vitesse
Dérivabilité en un point : taux d'accroissement, développement limité d'ordre 1, dérivées à droite et à gauche, interprétation cinématique
On rappelle la caractérisation de la dérivabilité en un point par le développement limité d'ordre : pour et , la fonction est dérivable en si et seulement s'il existe un vecteur tel que
et dans ce cas . Cet exercice fait fonctionner cette caractérisation dans les deux sens.
1. Dans chacun des cas suivants, on suppose donné le développement limité indiqué au voisinage de . En déduire la valeur de la fonction et de sa dérivée au point considéré.
a. avec
b. avec
c. avec
Justifier au préalable que la lecture est légitime, c'est-à-dire que ces égalités déterminent bien et , etc.
2. Soit définie sur par . Montrer que est dérivable en en produisant son développement limité d'ordre , et donner . Contrôler le résultat en dérivant coordonnée par coordonnée.
3. Un point mobile du plan a pour position à l'instant
le plan étant muni de sa structure euclidienne canonique.
a. Déterminer le vecteur vitesse , puis la vitesse scalaire sous forme simplifiée.
b. Donner la position, le vecteur vitesse et la vitesse scalaire à l'instant .
c. À quels instants le mobile est-il à l'arrêt ?
d. Utiliser le développement limité d'ordre en pour donner une valeur approchée de la position à l'instant , et comparer à la valeur exacte.
4. Soit une fonction de classe dont on sait que
a. Déterminer , et .
b. Donner une représentation paramétrique, puis une équation cartésienne, de la tangente à la courbe au point de paramètre , c'est-à-dire de la droite affine .
Exercice 3 ★★★★ — Deriver un produit scalaire et une norme euclidienne
Opérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelle
Soit un espace euclidien, de produit scalaire et de norme associée . Soit un intervalle de et deux fonctions dérivables sur .
1. Montrer que la fonction est dérivable sur et que
On donnera deux justifications : une démonstration directe par le taux d'accroissement, puis l'application du théorème du cours sur les applications bilinéaires.
2. En déduire la dérivée de .
3. On suppose de plus que ne s'annule pas sur . Montrer que est dérivable sur et que
a. Où l'hypothèse « ne s'annule pas » intervient-elle ? Donner un exemple de fonction dérivable pour laquelle n'est pas dérivable.
b. En déduire que pour tout .
4. Application numérique. On prend muni de son produit scalaire canonique et pour . Calculer , puis la dérivée de de deux façons différentes, et vérifier que les deux résultats coïncident. Contrôler enfin l'inégalité de la question 3.b.
5. Montrer que est constante sur si et seulement si pour tout . Interpréter cinématiquement.
Exercice 4 ★★★★ — Deriver un produit de matrices
Dérivation des fonctions à valeurs matricielles : produit, inverse, déterminantOpérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelle
On considère les deux fonctions définies par
1. Justifier que et sont de classe sur et calculer et .
2. Calculer de deux façons :
a. en développant d'abord le produit , puis en dérivant coefficient par coefficient ;
b. en appliquant la formule de dérivation d'un produit de deux fonctions matricielles. On énoncera cette formule et on précisera le théorème qui la justifie.
Vérifier que les deux résultats coïncident.
3. On s'intéresse maintenant à .
a. Écrire la formule donnant en fonction de et .
b. Calculer puis pour la matrice de l'énoncé, et constater que ces deux matrices sont différentes. Pour quelle unique valeur de y a-t-il égalité ?
c. Expliquer l'origine du phénomène en calculant .
4. Établir la formule donnant , puis la vérifier sur la matrice de l'énoncé en calculant des deux manières.
5. On pose . Montrer que, cette fois, , et dire à quelle condition générale ce phénomène se produit.
Exercice 5 ★★★★ — Calculer des integrales de fonctions vectorielles
Intégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de Riemann
1. Calculer les intégrales suivantes. On précisera à chaque fois l'espace d'arrivée et la base utilisée.
a. dans
b. dans
c. dans
d. dans
e. dans
f. dans
2. Soit définie par
a. Montrer que est continue sur .
b. Calculer .
3. On rappelle que si est une application linéaire de dans ( et de dimension finie) et si est continue par morceaux, alors
a. On pose . Calculer de deux façons.
b. Le déterminant, lui, n'est pas linéaire. Le vérifier en calculant et pour .
Exercice 6 ★★★★ — Primitives d'une fonction vectorielle et condition initiale
Intégrale fonction de sa borne supérieure, primitives, intégration par parties et changement de variable
1. Déterminer, dans chacun des cas suivants, l'unique fonction vérifiant à la fois l'équation et la condition initiale donnée.
a. telle que et .
b. telle que et .
c. telle que et .
2. Soit définie par , et .
a. Justifier que est bien définie sur , puis calculer explicitement.
b. Vérifier par le calcul que et que . Quelle est la classe de ?
3. On suppose maintenant que est seulement continue par morceaux sur un segment , et l'on pose toujours .
a. Montrer que est lipschitzienne sur , donc continue.
b. Soit la fonction en escalier définie par
Calculer explicitement pour tout .
c. En quels points est-elle dérivable, et que vaut alors ? Conclure sur la régularité de lorsque est continue par morceaux.
Exercice 7 ★★★★ — Majorer une integrale vectorielle
Intégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de Riemann
On rappelle l'inégalité triangulaire pour les intégrales : si est continue par morceaux, avec et de dimension finie muni d'une norme , alors est continue par morceaux sur et
On considère les trois situations suivantes. À chaque fois, la norme utilisée est indiquée : ce n'est pas la même dans les trois cas, et le membre de droite en dépend.
a. sur , dans muni de
b. sur , dans muni de
c. sur , dans muni de
1. Dans chacun des trois cas, calculer le majorant fourni par l'inégalité.
2. Dans chacun des trois cas, calculer la valeur exacte de et comparer au majorant obtenu à la question 1. Que constate-t-on ? Comment l'expliquer ?
3. Un cas d'égalité. Soit un vecteur fixé et une fonction continue positive. On pose .
a. Montrer que l'inégalité est alors une égalité.
b. Illustrer avec euclidien, , et .
c. Montrer que l'hypothèse est indispensable, en considérant sur .
4. La réciproque de la question 3.a est-elle vraie ? On étudiera sur dans muni de .
Exercice 8 ★★★★ — Premiers pas avec l'inegalite des accroissements finis
Inégalité des accroissements finis, échec du théorème de Rolle et de l'égalité des accroissements finis
On rappelle l'inégalité des accroissements finis : si est de classe sur à valeurs dans un espace vectoriel normé de dimension finie, et s'il existe tel que pour tout , alors
1. Soit définie par , l'espace étant muni de la norme euclidienne.
a. Justifier que est de classe et majorer sur .
b. En déduire une majoration de , puis comparer à la valeur exacte.
2. Soit définie par , l'espace étant muni de la norme euclidienne. Montrer que est lipschitzienne sur et en donner un rapport de Lipschitz explicite.
3. Soit un intervalle de et de classe .
a. Montrer que si sur , alors est constante sur .
b. Montrer, sur un exemple à valeurs dans , que la conclusion tombe en défaut si l'on remplace par . Où exactement la démonstration de la question 3.a échoue-t-elle ?
Exercice 9 ★★★★ — Derivees a droite et a gauche d'une fonction vectorielle
Dérivabilité en un point : taux d'accroissement, développement limité d'ordre 1, dérivées à droite et à gauche, interprétation cinématiqueTraduction de la dérivation en termes de coordonnées dans une base
On rappelle que, pour et intérieur à , les dérivées à droite et à gauche de en sont, lorsqu'elles existent,
et que est dérivable en si et seulement si ces deux limites existent et sont égales.
1. Soit définie par
a. Montrer que est continue en .
b. Calculer et . La fonction est-elle dérivable en ?
2. Soit définie par
a. Montrer que est dérivable en et donner .
b. La fonction est-elle de classe sur ?
c. Soit définie par et pour . Montrer que est dérivable sur mais qu'elle n'est pas de classe .
3. Soit définie par , l'espace étant muni de la norme euclidienne.
a. Montrer que admet en une dérivée à droite et une dérivée à gauche, mais qu'elle n'est pas dérivable en . Retrouver ce résultat par le théorème de traduction par les coordonnées.
b. La fonction est-elle dérivable en ?
c. On pose maintenant . Montrer que n'est pas dérivable en , alors que est de classe sur .
d. Que peut-on finalement dire du lien entre la dérivabilité de et celle de ?
Exercice 10 ★★★★ — Raccord de deux formules et regularite
Applications k fois continûment dérivables, opérations, formule de Leibniz bilinéaireDérivabilité en un point : taux d'accroissement, développement limité d'ordre 1, dérivées à droite et à gauche, interprétation cinématique
Soient , , , , cinq nombres réels. On considère la fonction définie par
1. Justifier que est de classe sur , puis déterminer pour quelles valeurs des paramètres est continue sur .
2. Déterminer pour quelles valeurs des paramètres est de classe sur .
3. Montrer qu'aucun choix des paramètres ne rend de classe sur . Quelle modification de la seconde coordonnée permettrait d'y remédier ?
4. Soit définie par et, pour ,
Montrer que est dérivable sur tout entier, mais qu'elle n'est pas de classe .
Exercice 11 ★★★★ — La formule de Leibniz pour une application bilineaire
Applications k fois continûment dérivables, opérations, formule de Leibniz bilinéaireOpérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelle
Soient , , trois espaces vectoriels normés de dimension finie sur , un intervalle de et une application bilinéaire (non supposée symétrique). On rappelle le résultat du cours : si et sont dérivables, alors est dérivable sur et
1. Démontrer par récurrence que, pour tout , si et , alors et
2. Expliquer pourquoi, contrairement à la formule de Leibniz usuelle pour un produit de fonctions réelles, on ne peut pas échanger les deux arguments de dans cette somme.
3. On pose, pour ,
Calculer pour tout , puis vérifier le résultat par un calcul direct. Les fonctions et ont-elles la même dérivée -ième ?
4. Soient et dans muni de son produit scalaire canonique. Calculer pour tout , où , puis vérifier le résultat pour et .
Exercice 12 ★★★★ — Norme constante et orthogonalite de la vitesse
Opérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelle
Soit un espace euclidien, de produit scalaire et de norme associée . Soit un intervalle de et une fonction dérivable.
1. Montrer que la fonction est constante sur si et seulement si
Donner l'interprétation cinématique de ce résultat.
2. Vérifier ce résultat sur la fonction , .
3. Soit une fonction de classe telle que pour tout , avec . Montrer que la matrice est antisymétrique, puis illustrer sur l'exemple des matrices de rotation.
4. L'équivalence de la question 1 subsiste-t-elle si la norme de n'est pas euclidienne ? On étudiera muni de et de la fonction pour .
Exercice 13 ★★★★ — Rolle est faux pour les fonctions vectorielles
Inégalité des accroissements finis, échec du théorème de Rolle et de l'égalité des accroissements finisDérivabilité en un point : taux d'accroissement, développement limité d'ordre 1, dérivées à droite et à gauche, interprétation cinématique
On munit de sa norme euclidienne canonique et on considère
1. Montrer que est de classe , que , et calculer pour tout . Qu'en conclure sur le théorème de Rolle pour les fonctions à valeurs vectorielles ?
2. Montrer que l'égalité des accroissements finis est fausse elle aussi : il n'existe pas de réel tel que . Établir le même échec sur le segment , où pourtant .
3. Reprendre la démonstration du théorème de Rolle vue en première année et identifier précisément l'étape qui s'effondre lorsque la fonction est à valeurs dans un espace vectoriel normé de dimension .
4. Vérifier en revanche que l'inégalité des accroissements finis est bien satisfaite sur cet exemple, sur puis sur .
Exercice 14 ★★★★ — Une fonction de derivee nulle sur un intervalle
Inégalité des accroissements finis, échec du théorème de Rolle et de l'égalité des accroissements finisIntégrale fonction de sa borne supérieure, primitives, intégration par parties et changement de variable
Soient un intervalle de et un espace vectoriel normé de dimension finie.
1. Soit telle que pour tout . Démontrer, à l'aide de l'inégalité des accroissements finis, que est constante sur .
2. Soit maintenant seulement dérivable, de dérivée nulle sur . Montrer que est encore constante, en travaillant coordonnée par coordonnée.
3. Montrer sur un exemple que l'hypothèse « est un intervalle » ne peut pas être supprimée.
4. En déduire les trois énoncés suivants.
a. Si sont dérivables et vérifient sur , alors est constante.
b. Si est dérivable, de dérivée nulle, et s'il existe et tels que , alors est la fonction constante égale à .
c. Soient un vecteur fixé, une fonction continue et vérifiant pour tout . Montrer que la trajectoire de est contenue dans une droite affine de , puis expliciter dans le cas , , , et .
Exercice 15 ★★★★ — Integration par parties et changement de variable vectoriels
Intégrale fonction de sa borne supérieure, primitives, intégration par parties et changement de variable
Soient , , des espaces vectoriels normés de dimension finie et un segment de .
1. Soient et . Démontrer la formule d'intégration par parties
2. Soient bilinéaire, et . Démontrer la version bilinéaire
3. Calculer .
4. On pose et . Calculer par intégration par parties, puis vérifier le résultat par un calcul direct. Comparer et .
5. Énoncer et démontrer la formule de changement de variable pour une fonction vectorielle continue, puis l'appliquer au calcul de .
Exercice 16 ★★★★ — Deriver l'inverse d'une matrice
Dérivation des fonctions à valeurs matricielles : produit, inverse, déterminantOpérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelle
Soient un intervalle de et une fonction de classe : autrement dit, est de classe à valeurs dans et est inversible pour tout . On note la comatrice de .
1. Démontrer que la fonction est de classe sur . Que dire si est de classe ?
2. En dérivant la relation , établir que
3. Expliquer pourquoi l'écriture n'a aucun sens, et pourquoi même la formule est en général fausse. Sous quelle hypothèse devient-elle correcte ?
4. On pose, pour ,
Montrer que pour tout , calculer , puis calculer de deux façons : directement, et par la formule de la question 2. Vérifier enfin numériquement en que la formule naïve de la question 3 conduit à un résultat faux.
Exercice 17 ★★★★ — Mettre en oeuvre la formule de Taylor avec reste integral
Formule de Taylor avec reste intégral, inégalité de Taylor-Lagrange, formule de Taylor-Young
On rappelle la formule de Taylor avec reste intégral : si est de classe sur un intervalle à valeurs dans un espace vectoriel normé de dimension finie, alors pour tous ,
1. Écrire cette formule à l'ordre , au point , pour la fonction définie par .
2. Calculer explicitement l'intégrale du reste obtenue à la question 1, et vérifier que l'égalité annoncée est bien satisfaite, coordonnée par coordonnée.
3. On pose .
a. Écrire la formule de Taylor avec reste intégral à l'ordre au point pour , et montrer que le reste est nul. Vérifier l'égalité obtenue par un calcul direct.
b. Écrire la formule à l'ordre au point et calculer le reste, qui cette fois n'est pas nul.
4. Redémontrer la formule au rang , c'est-à-dire
en partant de et en intégrant par parties avec la primitive de la fonction constante . Pourquoi le choix de la primitive ne mène-t-il à rien ?
Exercice 18 ★★★★ — Inegalite de Taylor-Lagrange et majoration d'une erreur
Formule de Taylor avec reste intégral, inégalité de Taylor-Lagrange, formule de Taylor-Young
Soit un espace vectoriel normé de dimension finie. On rappelle l'inégalité de Taylor-Lagrange à l'ordre : si , si est de classe sur l'intervalle et si , alors, en notant le supremum de sur le segment d'extrémités et ,
1. Retrouver cette inégalité à partir de la formule de Taylor avec reste intégral, dans le cas . Pourquoi la valeur absolue est-elle nécessaire dans l'énoncé général ?
2. On munit de la norme et l'on pose . Soit le polynôme de Taylor de à l'ordre en . Expliciter , puis majorer par un nombre décimal simple.
3. On munit de la norme et l'on pose . Majorer l'erreur commise en remplaçant par le polynôme de Taylor de à l'ordre en .
4. Soit , dans muni de , et soit son polynôme de Taylor d'ordre en . Déterminer le plus petit entier pour lequel l'inégalité de Taylor-Lagrange garantit
5. Existe-t-il, pour une fonction vectorielle, une égalité de Taylor-Lagrange, c'est-à-dire un point intermédiaire situé entre et tel que
Exercice 19 ★★★★ — Taylor-Young et developpements limites vectoriels
Formule de Taylor avec reste intégral, inégalité de Taylor-Lagrange, formule de Taylor-YoungDérivabilité en un point : taux d'accroissement, développement limité d'ordre 1, dérivées à droite et à gauche, interprétation cinématique
Dans tout l'exercice, est un -espace vectoriel normé de dimension finie , muni d'une base et d'une norme . Toute fonction à valeurs dans s'écrit de manière unique , où les fonctions sont à valeurs réelles : ce sont les coordonnées de dans .
Soit et soit une fonction définie sur un intervalle contenant , à valeurs dans . On pose la définition suivante :
1. À propos de cette définition.
a. Montrer qu'elle ne dépend pas de la norme choisie sur .
b. Montrer que si et seulement si chacune des coordonnées vérifie au sens réel usuel.
2. Soit un intervalle, et . Démontrer la formule de Taylor-Young vectorielle :
en admettant la formule de Taylor-Young pour les fonctions à valeurs réelles.
3. Écrire le développement limité à l'ordre en des deux fonctions suivantes, sous la forme où les sont des vecteurs constants.
a. .
b. .
4. Soit définie par
Écrire le développement limité de à l'ordre en , en faisant apparaître les matrices et . En déduire , et .
5. Levée d'indétermination.
a. Soit un intervalle contenant et . Déterminer
b. Calculer cette limite pour les fonctions , et des questions 3 et 4, et vérifier la cohérence avec les dérivées secondes.
Exercice 20 ★★★★ — Fonctions continues par morceaux et relation de Chasles
Intégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de Riemann
Partie A. Une fonction en escalier à valeurs dans
On munit de sa norme euclidienne et on définit par
1. Justifier que est en escalier sur , puis calculer à l'aide de la relation de Chasles.
2. Soit la fonction qui coïncide avec partout sauf en et en , où l'on pose et . Montrer que . Que peut-on en conclure sur le rôle des valeurs prises aux points de discontinuité ?
3. Calculer et , puis comparer.
Partie B. Une fonction continue par morceaux à valeurs matricielles
On munit de la norme et on définit par
4. Justifier que est continue par morceaux sur , puis calculer .
5. On pose, pour , .
a. Montrer que est lipschitzienne sur , et préciser une constante de Lipschitz.
b. Montrer que est de classe sur , sur et sur , avec à l'intérieur de chacun de ces segments.
c. Calculer la dérivée à gauche et la dérivée à droite de en . Conclure quant à la dérivabilité de en , puis en .
6. Calculer et , puis comparer.
Exercice 21 ★★★★ — Deriver un determinant de petite taille
Dérivation des fonctions à valeurs matricielles : produit, inverse, déterminantOpérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelle
Soit un intervalle de . On rappelle que l'application
qui à vecteurs associe le déterminant de la matrice dont ils sont les colonnes (dans la base canonique) est -linéaire et alternée.
1. Soient deux fonctions dérivables. Démontrer que est dérivable sur et que
2. Vérifier cette formule sur l'exemple et , en développant d'abord le déterminant puis en dérivant.
3. Énoncer et justifier la formule analogue pour trois fonctions dérivables , puis la vérifier sur l'exemple
4. Application géométrique.
a. Soient dérivables telles que la fonction soit constante. Quelle relation lie alors , , et ? Interpréter géométriquement l'hypothèse.
b. Soit telle que, pour tout , le vecteur soit colinéaire à . Montrer que est constante. Interpréter.
5. Soit définie par
Calculer de deux façons : en développant d'abord le déterminant, puis en appliquant la formule de la question 1 aux colonnes de . Vérifier l'accord des deux résultats.
Exercice 22 ★★★★ — Sommes de Riemann vectorielles
Intégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de Riemann
Soit un espace vectoriel normé de dimension finie , soit un segment de avec , et soit . Pour , on pose
la somme de Riemann de associée à la subdivision régulière de en segments, les points étant pris à gauche.
1. On suppose continue sur . Démontrer que
en se ramenant, coordonnée par coordonnée, au résultat connu pour les fonctions à valeurs réelles.
2. On suppose maintenant de classe sur et on pose .
a. Justifier que est bien défini (c'est-à-dire fini).
b. Démontrer directement, sans passer par les coordonnées, la majoration
On pourra écrire la différence comme une somme de intégrales et utiliser l'inégalité des accroissements finis.
3. Application. Pour , on pose
a. Déterminer .
b. Majorer à l'aide de la question 2, où désigne la norme . Que vaut cette majoration pour ? La comparer à l'écart réellement observé, sachant que .
Exercice 23 ★★★★ — Cas d'egalite dans l'inegalite de la moyenne
Intégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de Riemann
Soit un espace euclidien, de produit scalaire et de norme associée . Soient deux réels et une fonction continue. On note
1. Justifier que est continue sur , puis démontrer l'inégalité de la moyenne
en écrivant et en majorant sous l'intégrale.
2. Sens facile. On suppose qu'il existe un vecteur unitaire et une fonction continue positive telles que . Montrer qu'il y a alors égalité dans l'inégalité de la question 1.
3. Sens difficile. On suppose réciproquement qu'il y a égalité. Montrer qu'il existe un vecteur unitaire et une fonction continue positive tels que sur . On traitera séparément le cas , et on utilisera le résultat suivant, que l'on redémontrera : une fonction réelle continue et positive sur un segment, d'intégrale nulle, est identiquement nulle.
4. Donner un exemple explicite de fonction pour laquelle il y a égalité, et deux exemples pour lesquels l'inégalité est stricte.
5. Interprétation cinématique. Soit , vue comme la trajectoire d'un point mobile. Interpréter l'inégalité
et caractériser le cas d'égalité.
Exercice 24 ★★★★ — Le theoreme de la limite de la derivee
Applications k fois continûment dérivables, opérations, formule de Leibniz bilinéaireInégalité des accroissements finis, échec du théorème de Rolle et de l'égalité des accroissements finis
Soit un espace vectoriel normé de dimension finie, un intervalle de d'intérieur non vide et . Soit vérifiant les trois hypothèses suivantes :
- est continue sur tout entier, y compris en ;
- est de classe sur , c'est-à-dire sur chacun des intervalles et qui est non vide ;
- admet une limite lorsque avec .
1. Première démonstration, par les coordonnées. Rappeler le théorème de la limite de la dérivée pour les fonctions à valeurs réelles et en donner la démonstration, puis en déduire que est dérivable en avec .
2. Seconde démonstration, directe. Reprendre la conclusion de la question 1 sans utiliser de base de . On pourra, pour et assez petit, écrire
majorer le second membre, puis faire tendre vers .
3. En déduire que est de classe sur .
4. Première application. Soit définie par
Montrer que est de classe sur et calculer .
5. La réciproque est fausse. Soit définie par et, pour ,
Montrer que est dérivable en , puis que n'a pas de limite en . Qu'en conclure ?
6. Montrer sur un exemple que l'hypothèse de continuité de en ne peut pas être supprimée.
Exercice 25 ★★★★ — La formule de Jacobi, derivee du determinant
Dérivation des fonctions à valeurs matricielles : produit, inverse, déterminantOpérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelle
Soit , soit un intervalle de et soit une fonction de classe . On note les coefficients de et ses colonnes.
1. Justifier que chaque fonction colonne est de classe , et identifier .
2. Montrer que est de classe sur et que
autrement dit : on dérive une colonne à la fois, et on somme les déterminants obtenus.
3. Montrer que cette dérivée s'écrit comme une forme linéaire en :
Indication : développer le -ième déterminant de la question 2 selon sa -ième colonne, et remarquer que les cofacteurs qui apparaissent sont ceux de .
4. En déduire la formule de Jacobi : si , alors
On rappelle la relation .
5. Vérification complète sur l'exemple et
a. Montrer que pour tout .
b. Calculer de trois façons : directement, par la formule de la question 2, et par la formule de Jacobi.
6. Soit de classe telle que pour tout , c'est-à-dire . Montrer que pour tout , et le vérifier sur la famille des rotations planes
Exercice 26 ★★★★ — Wronskien et familles libres de fonctions
Dérivation des fonctions à valeurs matricielles : produit, inverse, déterminantApplications k fois continûment dérivables, opérations, formule de Leibniz bilinéaire
Soit un intervalle de , soit et soient des fonctions de classe de dans . On appelle matrice wronskienne de la famille la fonction
et wronskien la fonction , c'est-à-dire . La ligne d'indice contient donc les dérivées d'ordre , et la colonne d'indice ne concerne que la fonction .
1. On suppose ici les de classe sur .
a. Montrer que est de classe de dans .
b. Montrer que est de classe et que est le déterminant obtenu en remplaçant la dernière ligne de par , les autres lignes étant inchangées.
2. Vérifier la formule de la question 1. b sur les deux familles suivantes.
a. sur , avec .
b. sur , avec .
3. On revient au cas de fonctions de classe . Montrer que s'il existe tel que , alors la famille est libre dans l'espace vectoriel .
4. Applications.
a. Montrer que la famille est libre dans .
b. Soient et deux réels. Calculer le wronskien de et en déduire une condition suffisante de liberté.
5. La réciproque de la question 3 est fausse. On pose, sur ,
a. Montrer que et sont de classe sur , et que n'est pas de classe .
b. Calculer pour tout .
c. Montrer que la famille est pourtant libre. Conclure.
Exercice 27 ★★★★ — Suite recurrente vectorielle et inegalite des accroissements finis
Inégalité des accroissements finis, échec du théorème de Rolle et de l'égalité des accroissements finis
Soit un espace vectoriel normé de dimension finie, de norme , et soit une partie fermée et non vide de . On considère une application (donc est stable par ) contractante, c'est-à-dire telle qu'il existe un réel avec
Soit et soit la suite définie par pour tout .
1. Justifier que la suite est bien définie et à valeurs dans , puis montrer que
2. Montrer que la série de terme général est absolument convergente, donc convergente, et en déduire que la suite converge vers un vecteur .
3. Le point fixe et la vitesse.
a. Montrer que est un point fixe de , et que c'est le seul dans .
b. Montrer que pour tout .
4. Comment obtenir la constante en pratique. On suppose ici convexe et . On suppose qu'il existe tel que, pour tous , la fonction
soit de classe et vérifie pour tout . Montrer que est -lipschitzienne sur .
5. Application numérique. On munit de la norme , on pose et
a. Montrer que est fermé, borné et convexe, et que .
b. À l'aide de la question 4, montrer que est -lipschitzienne sur .
c. On prend . Calculer exactement, puis donner des valeurs approchées de et .
d. Donner une majoration numérique de . Combien d'itérations garantissent une erreur inférieure à ?
Exercice 28 ★★★★ — L'erreur de la methode des trapezes
Formule de Taylor avec reste intégral, inégalité de Taylor-Lagrange, formule de Taylor-YoungIntégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de Riemann
Soient deux réels, un espace vectoriel normé de dimension finie et . La fonction est continue sur le segment , donc bornée : on pose
La méthode des trapèzes consiste à remplacer par la fonction affine qui coïncide avec elle en et en , ce qui conduit à approcher par
1. Calculer .
2. On pose . Calculer , , ainsi que , , et . En partant de et en effectuant deux intégrations par parties successives, démontrer que
3. En déduire la majoration de l'erreur
4. Méthode composite. Pour , on pose , pour , et
Démontrer que
5. Application numérique. On prend muni de la norme euclidienne, et . Calculer , puis et , et comparer dans chaque cas l'erreur réelle à la majoration de la question 4. Déterminer enfin le plus petit entier pour lequel la majoration garantit une erreur inférieure à .
6. Comparaison avec la méthode du point milieu. On note . À l'aide de l'inégalité de Taylor-Lagrange à l'ordre appliquée en , démontrer que
et tester cette majoration sur l'exemple de la question 5.
Exercice 29 ★★★★ — Nullite d'une fonction continue par test integral
Intégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de RiemannIntégrale fonction de sa borne supérieure, primitives, intégration par parties et changement de variable
Dans tout l'exercice, sont deux réels et est un espace vectoriel normé de dimension finie. On étudie plusieurs formes d'un même principe : une fonction continue dont « toutes les intégrales sont nulles » est nulle. Chaque question précise le sens de cette phrase, et le résultat n'est pas le même à chaque fois.
1. Soit telle que
Démontrer que est la fonction nulle. La conclusion subsiste-t-elle si l'on suppose seulement continue par morceaux ?
2.
a. Soit telle que et . Démontrer que est la fonction nulle (on rédigera la démonstration complète, sans invoquer le résultat comme un acquis).
b. En déduire que si vérifie , alors .
3. On suppose désormais euclidien, de produit scalaire . Soit telle que
Démontrer que . Peut-on en déduire que ? On donnera un contre-exemple explicite.
4. Soit ( euclidien) telle que
Démontrer que .
5. Soit enfin , avec quelconque de dimension finie, telle que
Démontrer que , sans supposer euclidien.
Exercice 30 ★★★★ — Une derivee colineaire a la fonction, direction fixe
Opérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelleInégalité des accroissements finis, échec du théorème de Rolle et de l'égalité des accroissements finis
Soient un intervalle de non réduit à un point, , et un espace vectoriel normé de dimension finie. On considère ne s'annulant pas et telle que
Le but est de démontrer que garde alors une direction fixe : la courbe paramétrée par est portée par une droite vectorielle qui ne dépend pas de .
1. On suppose dans cette question euclidien, de produit scalaire . Justifier qu'il existe une unique fonction telle que pour tout , démontrer que
et en déduire que est continue sur .
2. On suppose désormais seulement qu'il existe continue telle que . Soit une primitive de sur . Démontrer que la fonction définie par est de classe , calculer , et en déduire qu'il existe et une fonction de classe ne s'annulant pas tels que .
3. Interpréter géométriquement : que peut-on dire de et de la position relative de et de ? Démontrer la réciproque : si avec et de classe ne s'annulant pas, alors vérifie les hypothèses de l'énoncé.
4. Application. Déterminer toutes les fonctions vérifiant
5. Démontrer que l'hypothèse « ne s'annule pas » est indispensable : construire telle que, pour tout , la famille soit liée, et telle que ne garde pas une direction fixe.
Exercice 31 ★★★★ — Commuter une integrale et une application lineaire
Intégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de RiemannOpérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelle
Soient deux réels, et deux espaces vectoriels normés de dimension finie, et une application linéaire. Le théorème que l'on démontre puis exploite ici est le suivant : pour toute ,
Autrement dit, une application linéaire passe à travers le signe intégral. Toute la difficulté des applications consiste à reconnaître la bonne application linéaire.
1. Démontrer ce théorème en passant par les coordonnées. On justifiera au passage que est bien continue sur , à valeurs dans .
2. La trace et la transposition. Soit . Démontrer que
puis vérifier ces deux formules sur l'exemple
3. L'évaluation en un point. Soit définie par . Calculer , puis la valeur en de ce polynôme, et retrouver le résultat par la formule du théorème.
4. La multiplication par une matrice fixe. Soient et . Démontrer que , et vérifier sur
5. Le produit scalaire contre un vecteur fixe. Soient euclidien et . Démontrer que et vérifier sur , et .
6. Question de vigilance. Démontrer par des contre-exemples explicites que la formule est fausse pour trois applications non linéaires : le déterminant, la norme, et l'élévation au carré .
Exercice 32 ★★★★ — Caracteriser les fonctions lipschitziennes par la derivee
Inégalité des accroissements finis, échec du théorème de Rolle et de l'égalité des accroissements finis
Soient un intervalle de non réduit à un point, un espace vectoriel normé de dimension finie et . On rappelle que est dite -lipschitzienne () lorsque
et lipschitzienne lorsqu'il existe un tel . On pose
Le réel , lorsqu'il est fini, s'appelle le meilleur rapport de Lipschitz de .
1. On suppose . Démontrer que est -lipschitzienne, en redémontrant au passage l'inégalité des accroissements finis à partir de l'intégrale.
2. On suppose que est -lipschitzienne. Démontrer que pour tout .
3. En déduire que est lipschitzienne si et seulement si est bornée sur , et que dans ce cas . Le meilleur rapport est-il une constante de Lipschitz valide ?
4. Application. Démontrer que , , est de classe mais n'est pas lipschitzienne, de deux façons : par le critère précédent, puis directement en exhibant des couples de points.
5. Un meilleur rapport non atteint. Soit , , l'espace étant muni de la norme euclidienne. Déterminer , puis démontrer que l'inégalité est stricte dès que .
6. Cas matriciel et dépendance à la norme. Soit , . Déterminer le meilleur rapport de Lipschitz de pour la norme euclidienne canonique , puis pour la norme . Commenter.
7. Démontrer que la conclusion de la question 3 tombe si n'est pas un intervalle.
Exercice 33 ★★★★ — Le lemme de Gronwall
Inégalité des accroissements finis, échec du théorème de Rolle et de l'égalité des accroissements finisIntégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de RiemannIntégrale fonction de sa borne supérieure, primitives, intégration par parties et changement de variable
Le lemme de Gronwall transforme une inégalité intégrale implicite en une majoration explicite par une exponentielle. C'est l'outil de base pour comparer deux trajectoires dont les vitesses sont proches.
Partie A. Le lemme scalaire. Soient , une fonction positive, un réel et un réel tels que
1. On pose . Démontrer que est de classe sur , calculer et , puis établir que sur .
2. Étudier les variations de et en déduire successivement
Partie B. L'application vectorielle. Dans toute la suite, est un espace vectoriel normé de dimension finie.
3. Vigilance préalable. Soit définie par . La fonction est-elle dérivable sur ? Qu'en conclure sur la stratégie à adopter pour majorer une quantité du type , avec et de classe à valeurs dans ?
4. Soient et tels que
Démontrer que
5. En déduire que si, de plus, , alors sur .
6. Deux exemples dans euclidien, sur , avec .
a. et : vérifier l'hypothèse, comparer la majoration de la question 4 à la valeur exacte de .
b. et : même travail. Commenter la qualité de la majoration dans chacun des deux cas.
Exercice 34 ★★★★ — L'inegalite de Landau, controler la derivee par la fonction et sa derivee seconde
Formule de Taylor avec reste intégral, inégalité de Taylor-Lagrange, formule de Taylor-YoungInégalité des accroissements finis, échec du théorème de Rolle et de l'égalité des accroissements finis
Soient un espace vectoriel normé de dimension finie et telle que les deux quantités
soient finies. Le résultat surprenant que l'on démontre ici est qu'alors est automatiquement bornée, et que sa borne se contrôle par les deux autres : c'est l'inégalité de Landau. On note une fois cette quantité connue finie.
1. Soient et . Écrire l'inégalité de Taylor-Lagrange à l'ordre appliquée à entre et , puis entre et .
2. En combinant les deux inégalités précédentes, démontrer que
et en déduire que est bornée sur .
3. On suppose dans cette question et . Étudier la fonction sur , déterminer son minimum, et en déduire
Vérifier que cette majoration entraîne en particulier .
4. Traiter les cas restants : , puis .
5. Exemple. On prend euclidien et . Calculer , et , puis comparer aux deux majorations obtenues.
6. Le cas de la demi-droite. On suppose maintenant de classe seulement sur , avec et finis, les sups définissant , et étant désormais pris sur . Expliquer pourquoi la méthode de la question 2 ne s'applique plus telle quelle, puis démontrer par un raisonnement analogue que
Exercice 35 ★★★★ — Le relevement d'une fonction de module 1
Intégrale fonction de sa borne supérieure, primitives, intégration par parties et changement de variableApplications k fois continûment dérivables, opérations, formule de Leibniz bilinéaireOpérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelle
On identifie à un espace vectoriel normé réel de dimension , la norme étant le module. Soient un intervalle de non réduit à un point, , et telle que
On veut démontrer qu'il existe , unique à l'addition près d'un multiple entier de , telle que
Une telle fonction s'appelle un relèvement de : c'est un argument de qui varie continûment avec .
1. Démontrer que est de classe de dérivée , puis, en dérivant la relation , que la fonction est à valeurs imaginaires pures. On écrira désormais avec , dont on justifiera la continuité, et l'on établira la relation .
2. Soit un argument de . Démontrer que
est bien définie, de classe sur , et préciser et .
3. Étudier : démontrer que est de classe , que , et conclure que .
4. Unicité. Démontrer que si et sont deux fonctions continues de dans vérifiant , alors il existe tel que . Démontrer aussi que tout relèvement continu est automatiquement de classe , de dérivée . Enfin, exhiber un contre-exemple montrant que l'hypothèse « est un intervalle » est indispensable.
5. Exemple explicite. Relever sur , avec , en appliquant la méthode : vérifier , calculer , puis , puis . Reconnaître le résultat.
6. Corollaire, forme polaire de classe . Soit ne s'annulant pas. Démontrer qu'il existe et telles que .
Exercice 36 ★★★★ — Le lemme de Hadamard, diviser par x en restant regulier
Formule de Taylor avec reste intégral, inégalité de Taylor-Lagrange, formule de Taylor-YoungApplications k fois continûment dérivables, opérations, formule de Leibniz bilinéaireIntégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de Riemann
Soient un espace vectoriel normé de dimension finie, un intervalle de non réduit à un point et contenant , un entier , et telle que
Le quotient n'a pas de sens en , mais l'annulation de en laisse espérer qu'il se prolonge. Le lemme de Hadamard précise ce que l'on gagne et ce que l'on perd : le prolongement existe, il est unique, et il est de classe .
1. Unicité. Démontrer que si est continue et vérifie pour tout , alors est entièrement déterminée : pour , et . Que se passerait-il si l'on n'imposait pas la continuité de ?
2. Soit fixé. Démontrer que est de classe sur , de dérivée , et en déduire
3. On pose désormais, pour tout ,
Vérifier que est bien définie sur tout entier, que pour tout (y compris en ), et calculer .
4. Démontrer que est continue sur , sans utiliser de théorème sur les intégrales à paramètre : on majorera directement en utilisant la continuité uniforme de sur un segment bien choisi (théorème de Heine).
5. Régularité.
a. On suppose . Démontrer que est de classe sur et que (on utilisera la formule de Taylor-Young à l'ordre pour en , puis à l'ordre pour ).
b. Cas général. Démontrer par récurrence que, pour , est fois dérivable sur avec
et en déduire que est de classe sur .
6. Application. Démontrer que la fonction
définie sur et à valeurs dans , se prolonge en une fonction de classe sur , dont on précisera la valeur et la dérivée en .
Bloqué sur « Fonctions vectorielles » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.