MP · Chapitre 07

Exercices — Fonctions vectorielles

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★★Dérivée et coordonnées dans une base

Dérivabilité en un point : taux d'accroissement, développement limité d'ordre 1, dérivées à droite et à gauche, interprétation cinématiqueTraduction de la dérivation en termes de coordonnées dans une base

Dans tout l'exercice, E désigne un espace vectoriel normé de dimension finie et I un intervalle de R.

1. Justifier que chacune des fonctions suivantes est dérivable sur R, et calculer sa dérivée. On précisera à chaque fois dans quel espace la fonction prend ses valeurs et quelle base on utilise.

a. f(t)=(t2t,cos(2t)) à valeurs dans R2

b. g(t)=(e3t,t3+1,sint) à valeurs dans R3

c. h(t)=(tt2et1) à valeurs dans M2(R)

d. u(t)=(1+t2)X2tX+et à valeurs dans R2[X]

e. v(t)=etcost+ietsint à valeurs dans C, vu comme R-espace vectoriel

f. w(t)=(tcost,tsint) à valeurs dans R2

2. On a calculé ces dérivées « coordonnée par coordonnée ». Il ne s'agit pas d'un abus de notation, mais de l'application d'un théorème.

a. Énoncer précisément ce théorème.

b. Le démontrer.

3. Soit E un espace vectoriel normé réel de dimension 2 et (e1,e2) une base quelconque de E. On pose, pour tR,

f(t)=(1+t)e1+t2e2

a. Montrer que f est de classe C sur R et calculer f(t), f(t), puis f(k)(t) pour k3.

b. On pose ε1=e1+e2 et ε2=e1e2. Vérifier que (ε1,ε2) est une base de E, exprimer f(t) dans cette base, dériver, et constater que l'on retrouve le même vecteur f(t).

Exercice 2 ★★★Developpement limite d'ordre 1 et vecteur vitesse

Dérivabilité en un point : taux d'accroissement, développement limité d'ordre 1, dérivées à droite et à gauche, interprétation cinématique

On rappelle la caractérisation de la dérivabilité en un point par le développement limité d'ordre 1 : pour f:IE et aI, la fonction f est dérivable en a si et seulement s'il existe un vecteur BE tel que

f(a+h)=f(a)+hB+o(h)(h0)

et dans ce cas B=f(a). Cet exercice fait fonctionner cette caractérisation dans les deux sens.

1. Dans chacun des cas suivants, on suppose donné le développement limité indiqué au voisinage de h=0. En déduire la valeur de la fonction et de sa dérivée au point considéré.

a. f:RR2 avec f(2+h)=(13h,4+h)+o(h)

b. M:RM2(R) avec M(h)=I2+h(0110)+o(h)

c. g:RR2 avec g(h)=(1+2h+3h2,4h+h2)+o(h)

Justifier au préalable que la lecture est légitime, c'est-à-dire que ces égalités déterminent bien f(2) et f(2), etc.

2. Soit f définie sur ]12,+[ par f(t)=(1+t, ln(1+2t), cost)R3. Montrer que f est dérivable en 0 en produisant son développement limité d'ordre 1, et donner f(0). Contrôler le résultat en dérivant coordonnée par coordonnée.

3. Un point mobile du plan a pour position à l'instant t

M(t)=(tsint, 1cost)R2

le plan étant muni de sa structure euclidienne canonique.

a. Déterminer le vecteur vitesse v(t)=M(t), puis la vitesse scalaire v(t) sous forme simplifiée.

b. Donner la position, le vecteur vitesse et la vitesse scalaire à l'instant t=π2.

c. À quels instants le mobile est-il à l'arrêt ?

d. Utiliser le développement limité d'ordre 1 en π2 pour donner une valeur approchée de la position à l'instant π2+0,01, et comparer à la valeur exacte.

4. Soit f:RR2 une fonction de classe C2 dont on sait que

f(1+h)=(3,2)+h(1,4)+h2(5,0)+o ⁣(h2)

a. Déterminer f(1), f(1) et f(1).

b. Donner une représentation paramétrique, puis une équation cartésienne, de la tangente à la courbe au point de paramètre 1, c'est-à-dire de la droite affine tf(1)+(t1)f(1).

Exercice 3 ★★★★Deriver un produit scalaire et une norme euclidienne

Opérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelle

Soit E un espace euclidien, de produit scalaire , et de norme associée x=x,x. Soit I un intervalle de R et f,g:IE deux fonctions dérivables sur I.

1. Montrer que la fonction φ:tf(t),g(t) est dérivable sur I et que

φ(t)=f(t),g(t)+f(t),g(t)

On donnera deux justifications : une démonstration directe par le taux d'accroissement, puis l'application du théorème du cours sur les applications bilinéaires.

2. En déduire la dérivée de N:tf(t)2.

3. On suppose de plus que f ne s'annule pas sur I. Montrer que n:tf(t) est dérivable sur I et que

n(t)=f(t),f(t)f(t)

a. Où l'hypothèse « f ne s'annule pas » intervient-elle ? Donner un exemple de fonction f dérivable pour laquelle tf(t) n'est pas dérivable.

b. En déduire que n(t)f(t) pour tout tI.

4. Application numérique. On prend E=R3 muni de son produit scalaire canonique et f(t)=(cost,sint,t) pour tR. Calculer f(t), puis la dérivée de tf(t) de deux façons différentes, et vérifier que les deux résultats coïncident. Contrôler enfin l'inégalité de la question 3.b.

5. Montrer que f est constante sur I si et seulement si f(t),f(t)=0 pour tout tI. Interpréter cinématiquement.

Exercice 4 ★★★★Deriver un produit de matrices

Dérivation des fonctions à valeurs matricielles : produit, inverse, déterminantOpérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelle

On considère les deux fonctions A,B:RM2(R) définies par

A(t)=(t10t2)etB(t)=(1tt1)

1. Justifier que A et B sont de classe C sur R et calculer A(t) et B(t).

2. Calculer (AB)(t) de deux façons :

a. en développant d'abord le produit A(t)B(t), puis en dérivant coefficient par coefficient ;

b. en appliquant la formule de dérivation d'un produit de deux fonctions matricielles. On énoncera cette formule et on précisera le théorème qui la justifie.

Vérifier que les deux résultats coïncident.

3. On s'intéresse maintenant à A2:tA(t)2.

a. Écrire la formule donnant (A2) en fonction de A et A.

b. Calculer (A2)(t) puis 2A(t)A(t) pour la matrice A de l'énoncé, et constater que ces deux matrices sont différentes. Pour quelle unique valeur de t y a-t-il égalité ?

c. Expliquer l'origine du phénomène en calculant A(t)A(t)A(t)A(t).

4. Établir la formule donnant (A3), puis la vérifier sur la matrice A de l'énoncé en calculant (A3)(t) des deux manières.

5. On pose C(t)=(1t01). Montrer que, cette fois, (C2)=2CC, et dire à quelle condition générale ce phénomène se produit.

Exercice 5 ★★★Calculer des integrales de fonctions vectorielles

Intégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de Riemann

1. Calculer les intégrales suivantes. On précisera à chaque fois l'espace d'arrivée et la base utilisée.

a. 01(t,t2)dt dans R2

b. 0π(cost,sint,1)dt dans R3

c. 01(1tett2)dt dans M2(R)

d. 0π/2eitdt dans C

e. 11(t3,t,1)dt dans R3

f. 01(11+t2,t1+t2)dt dans R2

2. Soit f:[0,2]R2 définie par

f(t)={(t,1)si t[0,1](1,t2)si t]1,2]

a. Montrer que f est continue sur [0,2].

b. Calculer 02f(t)dt.

3. On rappelle que si L est une application linéaire de E dans F (E et F de dimension finie) et si f:[a,b]E est continue par morceaux, alors

L ⁣(abf(t)dt)=abL ⁣(f(t))dt

a. On pose M(t)=(t2et1cost). Calculer tr ⁣(01M(t)dt) de deux façons.

b. Le déterminant, lui, n'est pas linéaire. Le vérifier en calculant det ⁣(01P(t)dt) et 01det ⁣(P(t))dt pour P(t)=(t001t).

Exercice 6 ★★★★Primitives d'une fonction vectorielle et condition initiale

Intégrale fonction de sa borne supérieure, primitives, intégration par parties et changement de variable

1. Déterminer, dans chacun des cas suivants, l'unique fonction vérifiant à la fois l'équation et la condition initiale donnée.

a. F:RR3 telle que F(t)=(cost, e2t, 3t2) et F(0)=(1,0,1).

b. M:RM2(R) telle que M(t)=(2tsint0et) et M(0)=I2.

c. z:RC telle que z(t)=eit et z(0)=0.

2. Soit f:RR2 définie par f(t)=(tet, 11+t2), et F(x)=0xf(t)dt.

a. Justifier que F est bien définie sur R, puis calculer F(x) explicitement.

b. Vérifier par le calcul que F=f et que F(0)=0R2. Quelle est la classe de F ?

3. On suppose maintenant que f est seulement continue par morceaux sur un segment [a,b], et l'on pose toujours F(x)=axf(t)dt.

a. Montrer que F est lipschitzienne sur [a,b], donc continue.

b. Soit g:[1,1]R2 la fonction en escalier définie par

g(t)={(1,0)si t[1,0[(0,1)si t[0,1]

Calculer explicitement G(x)=1xg(t)dt pour tout x[1,1].

c. En quels points G est-elle dérivable, et que vaut alors G ? Conclure sur la régularité de xaxf lorsque f est continue par morceaux.

Exercice 7 ★★★★Majorer une integrale vectorielle

Intégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de Riemann

On rappelle l'inégalité triangulaire pour les intégrales : si f:[a,b]E est continue par morceaux, avec ab et E de dimension finie muni d'une norme , alors tf(t) est continue par morceaux sur [a,b] et

abf(t)dtabf(t)dt

On considère les trois situations suivantes. À chaque fois, la norme utilisée est indiquée : ce n'est pas la même dans les trois cas, et le membre de droite en dépend.

a. f(t)=(cost,sint) sur [0,π2], dans R2 muni de

b. g(t)=(cost,sint,1) sur [0,π], dans R3 muni de 2

c. h(t)=(t,t2t) sur [0,2], dans R2 muni de 1

1. Dans chacun des trois cas, calculer le majorant abf(t)dt fourni par l'inégalité.

2. Dans chacun des trois cas, calculer la valeur exacte de abf(t)dt et comparer au majorant obtenu à la question 1. Que constate-t-on ? Comment l'expliquer ?

3. Un cas d'égalité. Soit uE un vecteur fixé et φ:[a,b]R+ une fonction continue positive. On pose f(t)=φ(t)u.

a. Montrer que l'inégalité est alors une égalité.

b. Illustrer avec E=R2 euclidien, u=(3,4), φ(t)=t et [a,b]=[0,1].

c. Montrer que l'hypothèse φ0 est indispensable, en considérant φ(t)=t sur [1,1].

4. La réciproque de la question 3.a est-elle vraie ? On étudiera f(t)=(t,1t) sur [0,1] dans R2 muni de 1.

Exercice 8 ★★★Premiers pas avec l'inegalite des accroissements finis

Inégalité des accroissements finis, échec du théorème de Rolle et de l'égalité des accroissements finis

On rappelle l'inégalité des accroissements finis : si f est de classe C1 sur [a,b] à valeurs dans un espace vectoriel normé E de dimension finie, et s'il existe M0 tel que f(t)M pour tout t[a,b], alors

f(b)f(a)M(ba)

1. Soit f:RR2 définie par f(t)=(et,sint), l'espace R2 étant muni de la norme euclidienne.

a. Justifier que f est de classe C1 et majorer f(t) sur [0,1].

b. En déduire une majoration de f(1)f(0), puis comparer à la valeur exacte.

2. Soit g:RR3 définie par g(t)=(t2,cost,et), l'espace R3 étant muni de la norme euclidienne. Montrer que g est lipschitzienne sur [0,2] et en donner un rapport de Lipschitz explicite.

3. Soit I un intervalle de R et f:IE de classe C1.

a. Montrer que si f=0 sur I, alors f est constante sur I.

b. Montrer, sur un exemple à valeurs dans R2, que la conclusion tombe en défaut si l'on remplace I par R=],0[]0,+[. Où exactement la démonstration de la question 3.a échoue-t-elle ?

Exercice 9 ★★★Derivees a droite et a gauche d'une fonction vectorielle

Dérivabilité en un point : taux d'accroissement, développement limité d'ordre 1, dérivées à droite et à gauche, interprétation cinématiqueTraduction de la dérivation en termes de coordonnées dans une base

On rappelle que, pour f:IE et a intérieur à I, les dérivées à droite et à gauche de f en a sont, lorsqu'elles existent,

fd(a)=limh0+f(a+h)f(a)hetfg(a)=limh0f(a+h)f(a)h

et que f est dérivable en a si et seulement si ces deux limites existent et sont égales.

1. Soit f:RR2 définie par

f(t)={(t2,t)si t0(t,2t)si t<0

a. Montrer que f est continue en 0.

b. Calculer fd(0) et fg(0). La fonction f est-elle dérivable en 0 ?

2. Soit g:RR2 définie par

g(t)={(sint,t2)si t0(t,t2)si t<0

a. Montrer que g est dérivable en 0 et donner g(0).

b. La fonction g est-elle de classe C1 sur R ?

c. Soit h:RR2 définie par h(0)=(0,0) et h(t)=(t2sin1t, t) pour t0. Montrer que h est dérivable sur R mais qu'elle n'est pas de classe C1.

3. Soit k:RR2 définie par k(t)=(t2,t), l'espace R2 étant muni de la norme euclidienne.

a. Montrer que k admet en 0 une dérivée à droite et une dérivée à gauche, mais qu'elle n'est pas dérivable en 0. Retrouver ce résultat par le théorème de traduction par les coordonnées.

b. La fonction tk(t) est-elle dérivable en 0 ?

c. On pose maintenant m(t)=(cost, sint). Montrer que m n'est pas dérivable en 0, alors que tm(t) est de classe C sur R.

d. Que peut-on finalement dire du lien entre la dérivabilité de f et celle de f ?

Exercice 10 ★★★★Raccord de deux formules et regularite

Applications k fois continûment dérivables, opérations, formule de Leibniz bilinéaireDérivabilité en un point : taux d'accroissement, développement limité d'ordre 1, dérivées à droite et à gauche, interprétation cinématique

Soient a, b, c, p, q cinq nombres réels. On considère la fonction f:RR2 définie par

f(t)={(et, cost)si t0,(a+bt+ct2, p+qt+t3)si t>0.

1. Justifier que f est de classe C sur R, puis déterminer pour quelles valeurs des paramètres f est continue sur R.

2. Déterminer pour quelles valeurs des paramètres f est de classe C1 sur R.

3. Montrer qu'aucun choix des paramètres ne rend f de classe C2 sur R. Quelle modification de la seconde coordonnée permettrait d'y remédier ?

4. Soit g:RR2 définie par g(0)=(0,0) et, pour t0,

g(t)=(t2sin(1t), t2)

Montrer que g est dérivable sur R tout entier, mais qu'elle n'est pas de classe C1.

Exercice 11 ★★★★La formule de Leibniz pour une application bilineaire

Applications k fois continûment dérivables, opérations, formule de Leibniz bilinéaireOpérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelle

Soient E, F, G trois espaces vectoriels normés de dimension finie sur K, I un intervalle de R et B:E×FG une application bilinéaire (non supposée symétrique). On rappelle le résultat du cours : si f:IE et g:IF sont dérivables, alors tB(f(t),g(t)) est dérivable sur I et

(B(f,g))=B(f,g)+B(f,g)

1. Démontrer par récurrence que, pour tout nN, si fCn(I,E) et gCn(I,F), alors B(f,g)Cn(I,G) et

(B(f,g))(n)=k=0n(nk)B(f(k), g(nk))

2. Expliquer pourquoi, contrairement à la formule de Leibniz usuelle pour un produit de fonctions réelles, on ne peut pas échanger les deux arguments de B dans cette somme.

3. On pose, pour tR,

A(t)=(t210t),C(t)=(et00et)

Calculer (AC)(n)(t) pour tout nN, puis vérifier le résultat par un calcul direct. Les fonctions AC et CA ont-elles la même dérivée n-ième ?

4. Soient f(t)=(cost, sint) et g(t)=(t, 1) dans R2 muni de son produit scalaire canonique. Calculer φ(n)(t) pour tout nN, où φ(t)=f(t),g(t), puis vérifier le résultat pour n=1 et n=2.

Exercice 12 ★★★★Norme constante et orthogonalite de la vitesse

Opérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelle

Soit E un espace euclidien, de produit scalaire , et de norme associée x=x,x. Soit I un intervalle de R et f:IE une fonction dérivable.

1. Montrer que la fonction tf(t) est constante sur I si et seulement si

tI,f(t), f(t)=0

Donner l'interprétation cinématique de ce résultat.

2. Vérifier ce résultat sur la fonction f:RR2, f(t)=(cost, sint).

3. Soit A:IMn(R) une fonction de classe C1 telle que A(t)TA(t)=In pour tout tI, avec 0I. Montrer que la matrice S=A(0)TA(0) est antisymétrique, puis illustrer sur l'exemple des matrices de rotation.

4. L'équivalence de la question 1 subsiste-t-elle si la norme de E n'est pas euclidienne ? On étudiera R2 muni de et de la fonction h(t)=(1,t) pour t[0,1].

Exercice 13 ★★★★Rolle est faux pour les fonctions vectorielles

Inégalité des accroissements finis, échec du théorème de Rolle et de l'égalité des accroissements finisDérivabilité en un point : taux d'accroissement, développement limité d'ordre 1, dérivées à droite et à gauche, interprétation cinématique

On munit R2 de sa norme euclidienne canonique et on considère

f:[0,2π]R2,f(t)=(cost, sint)

1. Montrer que f est de classe C1, que f(0)=f(2π), et calculer f(t) pour tout t. Qu'en conclure sur le théorème de Rolle pour les fonctions à valeurs vectorielles ?

2. Montrer que l'égalité des accroissements finis est fausse elle aussi : il n'existe pas de réel c]0,2π[ tel que f(2π)f(0)=2πf(c). Établir le même échec sur le segment [0,π], où pourtant f(π)f(0)0.

3. Reprendre la démonstration du théorème de Rolle vue en première année et identifier précisément l'étape qui s'effondre lorsque la fonction est à valeurs dans un espace vectoriel normé de dimension 2.

4. Vérifier en revanche que l'inégalité des accroissements finis est bien satisfaite sur cet exemple, sur [0,2π] puis sur [0,π].

Exercice 14 ★★★★Une fonction de derivee nulle sur un intervalle

Inégalité des accroissements finis, échec du théorème de Rolle et de l'égalité des accroissements finisIntégrale fonction de sa borne supérieure, primitives, intégration par parties et changement de variable

Soient I un intervalle de R et E un espace vectoriel normé de dimension finie.

1. Soit fC1(I,E) telle que f(t)=0 pour tout tI. Démontrer, à l'aide de l'inégalité des accroissements finis, que f est constante sur I.

2. Soit maintenant f:IE seulement dérivable, de dérivée nulle sur I. Montrer que f est encore constante, en travaillant coordonnée par coordonnée.

3. Montrer sur un exemple que l'hypothèse « I est un intervalle » ne peut pas être supprimée.

4. En déduire les trois énoncés suivants.

a. Si f,g:IE sont dérivables et vérifient f=g sur I, alors fg est constante.

b. Si f:IE est dérivable, de dérivée nulle, et s'il existe t0I et vE tels que f(t0)=v, alors f est la fonction constante égale à v.

c. Soient uE un vecteur fixé, λ:IR une fonction continue et fC1(I,E) vérifiant f(t)=λ(t)u pour tout tI. Montrer que la trajectoire de f est contenue dans une droite affine de E, puis expliciter f dans le cas E=R2, I=R, u=(1,3), λ(t)=11+t2 et f(0)=(0,0).

Exercice 15 ★★★★Integration par parties et changement de variable vectoriels

Intégrale fonction de sa borne supérieure, primitives, intégration par parties et changement de variable

Soient E, F, G des espaces vectoriels normés de dimension finie et [a,b] un segment de R.

1. Soient uC1([a,b],R) et gC1([a,b],E). Démontrer la formule d'intégration par parties

abu(t)g(t)dt=[u(t)g(t)]ababu(t)g(t)dt

2. Soient B:E×FG bilinéaire, fC1([a,b],E) et gC1([a,b],F). Démontrer la version bilinéaire

abB(f(t), g(t))dt=[B(f(t), g(t))]ababB(f(t), g(t))dt

3. Calculer 01t(et, cost)dt.

4. On pose M(t)=(t10t) et N(t)=(10t1). Calculer 01M(t)N(t)dt par intégration par parties, puis vérifier le résultat par un calcul direct. Comparer 01M(t)N(t)dt et 01N(t)M(t)dt.

5. Énoncer et démontrer la formule de changement de variable pour une fonction vectorielle continue, puis l'appliquer au calcul de 0π/2sint(cos2t, ecost)dt.

Exercice 16 ★★★Deriver l'inverse d'une matrice

Dérivation des fonctions à valeurs matricielles : produit, inverse, déterminantOpérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelle

Soient I un intervalle de R et A:IGLn(R) une fonction de classe C1 : autrement dit, A est de classe C1 à valeurs dans Mn(R) et A(t) est inversible pour tout tI. On note Com(M) la comatrice de M.

1. Démontrer que la fonction tA(t)1 est de classe C1 sur I. Que dire si A est de classe Ck ?

2. En dérivant la relation A(t)A(t)1=In, établir que

(A1)(t)=A(t)1A(t)A(t)1

3. Expliquer pourquoi l'écriture A(t)A(t)2 n'a aucun sens, et pourquoi même la formule A(t)A(t)2 est en général fausse. Sous quelle hypothèse devient-elle correcte ?

4. On pose, pour tR,

A(t)=(1tt1+t2)

Montrer que A(t)GL2(R) pour tout t, calculer A(t)1, puis calculer (A1)(t) de deux façons : directement, et par la formule de la question 2. Vérifier enfin numériquement en t=1 que la formule naïve de la question 3 conduit à un résultat faux.

Exercice 17 ★★★★Mettre en oeuvre la formule de Taylor avec reste integral

Formule de Taylor avec reste intégral, inégalité de Taylor-Lagrange, formule de Taylor-Young

On rappelle la formule de Taylor avec reste intégral : si f est de classe Cn+1 sur un intervalle I à valeurs dans un espace vectoriel normé E de dimension finie, alors pour tous a,xI,

f(x)=k=0n(xa)kk!f(k)(a) + ax(xt)nn!f(n+1)(t)dt

1. Écrire cette formule à l'ordre n=2, au point a=0, pour la fonction f:RR2 définie par f(t)=(et, cost).

2. Calculer explicitement l'intégrale du reste obtenue à la question 1, et vérifier que l'égalité annoncée est bien satisfaite, coordonnée par coordonnée.

3. On pose M(t)=(1+tt2t2).

a. Écrire la formule de Taylor avec reste intégral à l'ordre 2 au point a=1 pour M, et montrer que le reste est nul. Vérifier l'égalité obtenue par un calcul direct.

b. Écrire la formule à l'ordre 1 au point a=1 et calculer le reste, qui cette fois n'est pas nul.

4. Redémontrer la formule au rang n=1, c'est-à-dire

f(x)=f(a)+(xa)f(a)+ax(xt)f(t)dt

en partant de f(x)f(a)=axf(t)dt et en intégrant par parties avec la primitive ttx de la fonction constante 1. Pourquoi le choix de la primitive tt ne mène-t-il à rien ?

Exercice 18 ★★★★Inegalite de Taylor-Lagrange et majoration d'une erreur

Formule de Taylor avec reste intégral, inégalité de Taylor-Lagrange, formule de Taylor-Young

Soit E un espace vectoriel normé de dimension finie. On rappelle l'inégalité de Taylor-Lagrange à l'ordre n : si nN, si f:IE est de classe Cn sur l'intervalle I et si a,xI, alors, en notant Mn le supremum de f(n) sur le segment d'extrémités a et x,

f(x)k=0n1(xa)kk!f(k)(a)  xann!Mn

1. Retrouver cette inégalité à partir de la formule de Taylor avec reste intégral, dans le cas ax. Pourquoi la valeur absolue xan est-elle nécessaire dans l'énoncé général ?

2. On munit R2 de la norme (x,y)=max(x,y) et l'on pose f(t)=(et, sint). Soit P le polynôme de Taylor de f à l'ordre 3 en 0. Expliciter P, puis majorer f(0,1)P(0,1) par un nombre décimal simple.

3. On munit M2(R) de la norme M=max1i,j2mij et l'on pose R(t)=(costsintsintcost). Majorer l'erreur commise en remplaçant R(0,3) par le polynôme de Taylor de R à l'ordre 2 en 0.

4. Soit h(t)=(et, et), dans R2 muni de , et soit Pn son polynôme de Taylor d'ordre n en 0. Déterminer le plus petit entier n pour lequel l'inégalité de Taylor-Lagrange garantit

t[0,1],h(t)Pn(t)103

5. Existe-t-il, pour une fonction vectorielle, une égalité de Taylor-Lagrange, c'est-à-dire un point intermédiaire c situé entre a et x tel que

f(x)=k=0n1(xa)kk!f(k)(a)+(xa)nn!f(n)(c) ?

Exercice 19 ★★★Taylor-Young et developpements limites vectoriels

Formule de Taylor avec reste intégral, inégalité de Taylor-Lagrange, formule de Taylor-YoungDérivabilité en un point : taux d'accroissement, développement limité d'ordre 1, dérivées à droite et à gauche, interprétation cinématique

Dans tout l'exercice, E est un R-espace vectoriel normé de dimension finie p1, muni d'une base B=(e1,,ep) et d'une norme . Toute fonction φ à valeurs dans E s'écrit de manière unique φ=i=1pφiei, où les fonctions φi sont à valeurs réelles : ce sont les coordonnées de φ dans B.

Soit nN et soit φ une fonction définie sur un intervalle J contenant 0, à valeurs dans E. On pose la définition suivante :

φ(h)=oh0(hn)lorsquelimh0h0φ(h)hn=0

1. À propos de cette définition.

a. Montrer qu'elle ne dépend pas de la norme choisie sur E.

b. Montrer que φ(h)=o(hn) si et seulement si chacune des coordonnées vérifie φi(h)=o(hn) au sens réel usuel.

2. Soit I un intervalle, aI et fCn(I,E). Démontrer la formule de Taylor-Young vectorielle :

f(a+h)=k=0nhkk!f(k)(a)+oh0(hn)

en admettant la formule de Taylor-Young pour les fonctions à valeurs réelles.

3. Écrire le développement limité à l'ordre 3 en 0 des deux fonctions suivantes, sous la forme c0+hc1+h2c2+h3c3+o(h3) où les ck sont des vecteurs constants.

a. f(t)=(cost, sint)R2.

b. g(t)=(et, ln(1+t), 11+t)R3.

4. Soit M:RM2(R) définie par

M(t)=(costsintsintcost)

Écrire le développement limité de M à l'ordre 3 en 0, en faisant apparaître les matrices I2 et J=(0110). En déduire M(0), M(0) et M(0).

5. Levée d'indétermination.

a. Soit I un intervalle contenant 0 et fC2(I,E). Déterminer

limt01t2(f(t)f(0)tf(0))

b. Calculer cette limite pour les fonctions f, g et M des questions 3 et 4, et vérifier la cohérence avec les dérivées secondes.

Exercice 20 ★★★★Fonctions continues par morceaux et relation de Chasles

Intégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de Riemann

Partie A. Une fonction en escalier à valeurs dans R2

On munit R2 de sa norme euclidienne (x,y)=x2+y2 et on définit f:[0,3]R2 par

f(t)={(1,2)si 0t<1(5,7)si t=1(2,3)si 1<t<2(0,0)si t=2(4,0)si 2<t3

1. Justifier que f est en escalier sur [0,3], puis calculer 03f(t)dt à l'aide de la relation de Chasles.

2. Soit f~:[0,3]R2 la fonction qui coïncide avec f partout sauf en 1 et en 2, où l'on pose f~(1)=(0,0) et f~(2)=(100,100). Montrer que 03f~=03f. Que peut-on en conclure sur le rôle des valeurs prises aux points de discontinuité ?

3. Calculer 03f(t)dt et 03f(t)dt, puis comparer.

Partie B. Une fonction continue par morceaux à valeurs matricielles

On munit M2(R) de la norme A=max1i,j2aij et on définit g:[0,3]M2(R) par

g(t)={(1t01)si 0t1(t011)si 1<t2(02t20)si 2<t3

4. Justifier que g est continue par morceaux sur [0,3], puis calculer 03g(t)dt.

5. On pose, pour x[0,3], G(x)=0xg(t)dt.

a. Montrer que G est lipschitzienne sur [0,3], et préciser une constante de Lipschitz.

b. Montrer que G est de classe C1 sur [0,1], sur [1,2] et sur [2,3], avec G=g à l'intérieur de chacun de ces segments.

c. Calculer la dérivée à gauche et la dérivée à droite de G en 1. Conclure quant à la dérivabilité de G en 1, puis en 2.

6. Calculer 03g(t)dt et 03g(t)dt, puis comparer.

Exercice 21 ★★★★Deriver un determinant de petite taille

Dérivation des fonctions à valeurs matricielles : produit, inverse, déterminantOpérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelle

Soit I un intervalle de R. On rappelle que l'application

det:(Rn)nR,(x1,,xn)det(x1,,xn)

qui à n vecteurs associe le déterminant de la matrice dont ils sont les colonnes (dans la base canonique) est n-linéaire et alternée.

1. Soient u,v:IR2 deux fonctions dérivables. Démontrer que tdet(u(t),v(t)) est dérivable sur I et que

ddtdet(u(t),v(t))=det(u(t),v(t))+det(u(t),v(t))

2. Vérifier cette formule sur l'exemple u(t)=(cost, sint) et v(t)=(t, t2), en développant d'abord le déterminant puis en dérivant.

3. Énoncer et justifier la formule analogue pour trois fonctions dérivables u,v,w:IR3, puis la vérifier sur l'exemple

u(t)=(t,1,0),v(t)=(0,t,1),w(t)=(1,0,t)

4. Application géométrique.

a. Soient u,v:IR2 dérivables telles que la fonction tdet(u(t),v(t)) soit constante. Quelle relation lie alors u, v, u et v ? Interpréter géométriquement l'hypothèse.

b. Soit uC2(I,R2) telle que, pour tout tI, le vecteur u(t) soit colinéaire à u(t). Montrer que tdet(u(t),u(t)) est constante. Interpréter.

5. Soit M:RM2(R) définie par

M(t)=(ettt2cost)

Calculer (detM)(t) de deux façons : en développant d'abord le déterminant, puis en appliquant la formule de la question 1 aux colonnes de M. Vérifier l'accord des deux résultats.

Exercice 22 ★★★Sommes de Riemann vectorielles

Intégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de Riemann

Soit E un espace vectoriel normé de dimension finie p1, soit [a,b] un segment de R avec a<b, et soit f:[a,b]E. Pour nN, on pose

Sn(f)=bank=0n1f(a+kban)

la somme de Riemann de f associée à la subdivision régulière de [a,b] en n segments, les points étant pris à gauche.

1. On suppose f continue sur [a,b]. Démontrer que

Sn(f)n+abf(t)dt

en se ramenant, coordonnée par coordonnée, au résultat connu pour les fonctions à valeurs réelles.

2. On suppose maintenant f de classe C1 sur [a,b] et on pose M1=supt[a,b]f(t).

a. Justifier que M1 est bien défini (c'est-à-dire fini).

b. Démontrer directement, sans passer par les coordonnées, la majoration

Sn(f)abf(t)dtM1(ba)22n

On pourra écrire la différence comme une somme de n intégrales et utiliser l'inégalité des accroissements finis.

3. Application. Pour nN, on pose

vn=( k=0n11n+k ,  k=0n1nn2+k2 )R2

a. Déterminer limn+vn.

b. Majorer vnlimvn à l'aide de la question 2, où désigne la norme (x,y)=max(x,y). Que vaut cette majoration pour n=10 ? La comparer à l'écart réellement observé, sachant que v10(0,7188 ; 0,8100).

Exercice 23 ★★★★Cas d'egalite dans l'inegalite de la moyenne

Intégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de Riemann

Soit E un espace euclidien, de produit scalaire , et de norme associée x=x,x. Soient a<b deux réels et f:[a,b]E une fonction continue. On note

J=abf(t)dtE

1. Justifier que tf(t) est continue sur [a,b], puis démontrer l'inégalité de la moyenne

abf(t)dtabf(t)dt

en écrivant J2=J,abf et en majorant sous l'intégrale.

2. Sens facile. On suppose qu'il existe un vecteur unitaire uE et une fonction continue positive λ:[a,b]R+ telles que f=λu. Montrer qu'il y a alors égalité dans l'inégalité de la question 1.

3. Sens difficile. On suppose réciproquement qu'il y a égalité. Montrer qu'il existe un vecteur unitaire u et une fonction continue positive λ tels que f=λu sur [a,b]. On traitera séparément le cas J=0, et on utilisera le résultat suivant, que l'on redémontrera : une fonction réelle continue et positive sur un segment, d'intégrale nulle, est identiquement nulle.

4. Donner un exemple explicite de fonction pour laquelle il y a égalité, et deux exemples pour lesquels l'inégalité est stricte.

5. Interprétation cinématique. Soit gC1([a,b],E), vue comme la trajectoire d'un point mobile. Interpréter l'inégalité

g(b)g(a)abg(t)dt

et caractériser le cas d'égalité.

Exercice 24 ★★★Le theoreme de la limite de la derivee

Applications k fois continûment dérivables, opérations, formule de Leibniz bilinéaireInégalité des accroissements finis, échec du théorème de Rolle et de l'égalité des accroissements finis

Soit E un espace vectoriel normé de dimension finie, I un intervalle de R d'intérieur non vide et aI. Soit f:IE vérifiant les trois hypothèses suivantes :

  • f est continue sur I tout entier, y compris en a ;
  • f est de classe C1 sur I{a}, c'est-à-dire sur chacun des intervalles I],a[ et I]a,+[ qui est non vide ;
  • f(t) admet une limite E lorsque ta avec ta.

1. Première démonstration, par les coordonnées. Rappeler le théorème de la limite de la dérivée pour les fonctions à valeurs réelles et en donner la démonstration, puis en déduire que f est dérivable en a avec f(a)=.

2. Seconde démonstration, directe. Reprendre la conclusion de la question 1 sans utiliser de base de E. On pourra, pour t>a et ε>0 assez petit, écrire

f(t)f(a+ε)(taε)=a+εt(f(s))ds

majorer le second membre, puis faire tendre ε vers 0.

3. En déduire que f est de classe C1 sur I.

4. Première application. Soit f:]1,+[R2 définie par

f(t)={(et1, sint)si t0(ln(1+t), tcost)si t>0

Montrer que f est de classe C1 sur ]1,+[ et calculer f(0).

5. La réciproque est fausse. Soit g:RR2 définie par g(0)=(0,0) et, pour t0,

g(t)=(t2sin(1t), 0)

Montrer que g est dérivable en 0, puis que g n'a pas de limite en 0. Qu'en conclure ?

6. Montrer sur un exemple que l'hypothèse de continuité de f en a ne peut pas être supprimée.

Exercice 25 ★★★La formule de Jacobi, derivee du determinant

Dérivation des fonctions à valeurs matricielles : produit, inverse, déterminantOpérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelle

Soit n1, soit I un intervalle de R et soit A:IMn(R) une fonction de classe C1. On note aij(t) les coefficients de A(t) et C1(t),,Cn(t)Rn ses colonnes.

1. Justifier que chaque fonction colonne Cj:IRn est de classe C1, et identifier Cj.

2. Montrer que tdetA(t) est de classe C1 sur I et que

(detA)(t)=j=1ndet(C1(t),,Cj1(t), Cj(t), Cj+1(t),,Cn(t))

autrement dit : on dérive une colonne à la fois, et on somme les n déterminants obtenus.

3. Montrer que cette dérivée s'écrit comme une forme linéaire en A(t) :

(detA)(t)=tr(Com(A(t))TA(t))

Indication : développer le j-ième déterminant de la question 2 selon sa j-ième colonne, et remarquer que les cofacteurs qui apparaissent sont ceux de A(t).

4. En déduire la formule de Jacobi : si A(t)GLn(R), alors

(detA)(t)=detA(t) tr(A(t)1A(t))

On rappelle la relation ACom(A)T=Com(A)TA=det(A)In.

5. Vérification complète sur l'exemple I=]1,1[ et

A(t)=(1+tt2t1)

a. Montrer que A(t)GL2(R) pour tout tI.

b. Calculer (detA)(t) de trois façons : directement, par la formule de la question 2, et par la formule de Jacobi.

6. Soit A:IMn(R) de classe C1 telle que A(t)SLn(R) pour tout tI, c'est-à-dire detA(t)=1. Montrer que tr(A(t)1A(t))=0 pour tout tI, et le vérifier sur la famille des rotations planes

R(t)=(costsintsintcost)

Exercice 26 ★★★Wronskien et familles libres de fonctions

Dérivation des fonctions à valeurs matricielles : produit, inverse, déterminantApplications k fois continûment dérivables, opérations, formule de Leibniz bilinéaire

Soit I un intervalle de R, soit n2 et soient f1,,fn des fonctions de classe Cn1 de I dans R. On appelle matrice wronskienne de la famille (f1,,fn) la fonction

W:IMn(R),W(t)=(fj(i1)(t))1i,jn=(f1(t)f2(t)fn(t)f1(t)f2(t)fn(t)f1(n1)(t)f2(n1)(t)fn(n1)(t))

et wronskien la fonction W=detW, c'est-à-dire W(t)=det(fj(i1)(t)). La ligne d'indice i contient donc les dérivées d'ordre i1, et la colonne d'indice j ne concerne que la fonction fj.

1. On suppose ici les fj de classe Cn sur I.

a. Montrer que W est de classe C1 de I dans Mn(R).

b. Montrer que W est de classe C1 et que W(t) est le déterminant obtenu en remplaçant la dernière ligne de W(t) par (f1(n)(t),,fn(n)(t)), les autres lignes étant inchangées.

2. Vérifier la formule de la question 1. b sur les deux familles suivantes.

a. (cos,sin) sur R, avec n=2.

b. (1,t,t2) sur R, avec n=3.

3. On revient au cas de fonctions de classe Cn1. Montrer que s'il existe t0I tel que W(t0)0, alors la famille (f1,,fn) est libre dans l'espace vectoriel Cn1(I,R).

4. Applications.

a. Montrer que la famille (1, tt, tet) est libre dans C2(R,R).

b. Soient a et b deux réels. Calculer le wronskien de (teat, tebt) et en déduire une condition suffisante de liberté.

5. La réciproque de la question 3 est fausse. On pose, sur I=R,

f1(t)=t2,f2(t)=tt

a. Montrer que f1 et f2 sont de classe C1 sur R, et que f2 n'est pas de classe C2.

b. Calculer W(t) pour tout tR.

c. Montrer que la famille (f1,f2) est pourtant libre. Conclure.

Exercice 27 ★★★Suite recurrente vectorielle et inegalite des accroissements finis

Inégalité des accroissements finis, échec du théorème de Rolle et de l'égalité des accroissements finis

Soit E un espace vectoriel normé de dimension finie, de norme , et soit X une partie fermée et non vide de E. On considère une application Φ:XX (donc X est stable par Φ) contractante, c'est-à-dire telle qu'il existe un réel k avec

0<k<1etx,yX,Φ(x)Φ(y)kxy

Soit u0X et soit (un) la suite définie par un+1=Φ(un) pour tout nN.

1. Justifier que la suite (un) est bien définie et à valeurs dans X, puis montrer que

nN,un+1unknu1u0

2. Montrer que la série de terme général un+1un est absolument convergente, donc convergente, et en déduire que la suite (un) converge vers un vecteur X.

3. Le point fixe et la vitesse.

a. Montrer que est un point fixe de Φ, et que c'est le seul dans X.

b. Montrer que unkn1ku1u0 pour tout nN.

4. Comment obtenir la constante k en pratique. On suppose ici X convexe et Φ:XE. On suppose qu'il existe k>0 tel que, pour tous a,bX, la fonction

g:[0,1]E,g(s)=Φ((1s)a+sb)

soit de classe C1 et vérifie g(s)kba pour tout s[0,1]. Montrer que Φ est k-lipschitzienne sur X.

5. Application numérique. On munit R2 de la norme (x,y)=max(x,y), on pose X=[0,1]×[0,1] et

Φ(x,y)=(12+y28, 14+x28)

a. Montrer que X est fermé, borné et convexe, et que Φ(X)X.

b. À l'aide de la question 4, montrer que Φ est 14-lipschitzienne sur X.

c. On prend u0=(12, 14). Calculer u1 exactement, puis donner des valeurs approchées de u2 et u3.

d. Donner une majoration numérique de u10. Combien d'itérations garantissent une erreur inférieure à 106 ?

Exercice 28 ★★★L'erreur de la methode des trapezes

Formule de Taylor avec reste intégral, inégalité de Taylor-Lagrange, formule de Taylor-YoungIntégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de Riemann

Soient a<b deux réels, E un espace vectoriel normé de dimension finie et fC2([a,b],E). La fonction tf(t) est continue sur le segment [a,b], donc bornée : on pose

M2=supt[a,b]f(t)

La méthode des trapèzes consiste à remplacer f par la fonction affine qui coïncide avec elle en a et en b, ce qui conduit à approcher abf(t)dt par

T(f)=ba2(f(a)+f(b))

1. Calculer ab(ta)(bt)dt.

2. On pose g(t)=(ta)(tb). Calculer g, g, ainsi que g(a), g(b), g(a) et g(b). En partant de ab12g(t)f(t)dt et en effectuant deux intégrations par parties successives, démontrer que

abf(t)dtT(f)=12ab(ta)(tb)f(t)dt

3. En déduire la majoration de l'erreur

abf(t)dtba2(f(a)+f(b))(ba)312M2

4. Méthode composite. Pour nN, on pose h=ban, ak=a+kh pour 0kn, et

Tn(f)=h(f(a0)2+k=1n1f(ak)+f(an)2)

Démontrer que

abf(t)dtTn(f)(ba)312n2M2

5. Application numérique. On prend E=R2 muni de la norme euclidienne, [a,b]=[0,π] et f(t)=(cost,sint). Calculer 0πf(t)dt, puis T1(f) et T2(f), et comparer dans chaque cas l'erreur réelle à la majoration de la question 4. Déterminer enfin le plus petit entier n pour lequel la majoration garantit une erreur inférieure à 104.

6. Comparaison avec la méthode du point milieu. On note m=a+b2. À l'aide de l'inégalité de Taylor-Lagrange à l'ordre 2 appliquée en m, démontrer que

abf(t)dt(ba)f(m)(ba)324M2

et tester cette majoration sur l'exemple de la question 5.

Exercice 29 ★★★Nullite d'une fonction continue par test integral

Intégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de RiemannIntégrale fonction de sa borne supérieure, primitives, intégration par parties et changement de variable

Dans tout l'exercice, a<b sont deux réels et E est un espace vectoriel normé de dimension finie. On étudie plusieurs formes d'un même principe : une fonction continue dont « toutes les intégrales sont nulles » est nulle. Chaque question précise le sens de cette phrase, et le résultat n'est pas le même à chaque fois.

1. Soit fC0([a,b],E) telle que

x[a,b],axf(t)dt=0E

Démontrer que f est la fonction nulle. La conclusion subsiste-t-elle si l'on suppose seulement f continue par morceaux ?

2.

a. Soit uC0([a,b],R) telle que u0 et abu(t)dt=0. Démontrer que u est la fonction nulle (on rédigera la démonstration complète, sans invoquer le résultat comme un acquis).

b. En déduire que si fC0([a,b],E) vérifie abf(t)dt=0, alors f=0.

3. On suppose désormais E euclidien, de produit scalaire ,. Soit fC0([a,b],E) telle que

vE,abf(t),vdt=0

Démontrer que abf(t)dt=0E. Peut-on en déduire que f=0 ? On donnera un contre-exemple explicite.

4. Soit fC0([a,b],E) (E euclidien) telle que

gC0([a,b],E),abf(t),g(t)dt=0

Démontrer que f=0.

5. Soit enfin fC0([a,b],E), avec E quelconque de dimension finie, telle que

φC0([a,b],R),abφ(t)f(t)dt=0E

Démontrer que f=0, sans supposer E euclidien.

Exercice 30 ★★★Une derivee colineaire a la fonction, direction fixe

Opérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelleInégalité des accroissements finis, échec du théorème de Rolle et de l'égalité des accroissements finis

Soient I un intervalle de R non réduit à un point, t0I, et E un espace vectoriel normé de dimension finie. On considère fC1(I,E) ne s'annulant pas et telle que

tI,f(t) est colineˊaire aˋ f(t)

Le but est de démontrer que f garde alors une direction fixe : la courbe paramétrée par f est portée par une droite vectorielle qui ne dépend pas de t.

1. On suppose dans cette question E euclidien, de produit scalaire ,. Justifier qu'il existe une unique fonction λ:IR telle que f(t)=λ(t)f(t) pour tout t, démontrer que

tI,λ(t)=f(t),f(t)f(t)2

et en déduire que λ est continue sur I.

2. On suppose désormais seulement qu'il existe λ:IR continue telle que f=λf. Soit Λ une primitive de λ sur I. Démontrer que la fonction g définie par g(t)=eΛ(t)f(t) est de classe C1, calculer g, et en déduire qu'il existe uE{0E} et une fonction μ:IR de classe C1 ne s'annulant pas tels que f=μu.

3. Interpréter géométriquement : que peut-on dire de f(I) et de la position relative de f(t) et de f(t0) ? Démontrer la réciproque : si f=μu avec u0E et μ de classe C1 ne s'annulant pas, alors f vérifie les hypothèses de l'énoncé.

4. Application. Déterminer toutes les fonctions fC1(R,R2) vérifiant

tR,f(t)=tf(t)etf(0)=(1,2)

5. Démontrer que l'hypothèse « f ne s'annule pas » est indispensable : construire fC1(R,R2) telle que, pour tout t, la famille (f(t),f(t)) soit liée, et telle que f ne garde pas une direction fixe.

Exercice 31 ★★★★Commuter une integrale et une application lineaire

Intégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de RiemannOpérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelle

Soient a<b deux réels, E et F deux espaces vectoriels normés de dimension finie, et LL(E,F) une application linéaire. Le théorème que l'on démontre puis exploite ici est le suivant : pour toute fC0([a,b],E),

L(abf(t)dt)=abL(f(t))dt

Autrement dit, une application linéaire passe à travers le signe intégral. Toute la difficulté des applications consiste à reconnaître la bonne application linéaire.

1. Démontrer ce théorème en passant par les coordonnées. On justifiera au passage que Lf est bien continue sur [a,b], à valeurs dans F.

2. La trace et la transposition. Soit AC0([0,1],Mn(R)). Démontrer que

tr(01A(t)dt)=01tr(A(t))dtet(01A(t)dt) ⁣T=01A(t)Tdt

puis vérifier ces deux formules sur l'exemple

A(t)=(tetcostt2)

3. L'évaluation en un point. Soit f:[0,1]R3[X] définie par f(t)=1+tX+t2X2+t3X3. Calculer 01f(t)dt, puis la valeur en 2 de ce polynôme, et retrouver le résultat par la formule du théorème.

4. La multiplication par une matrice fixe. Soient AMn(R) et MC0([0,1],Mn(R)). Démontrer que A01M(t)dt=01AM(t)dt, et vérifier sur

A=(1101),M(t)=(t00t2)

5. Le produit scalaire contre un vecteur fixe. Soient E euclidien et vE. Démontrer que abf(t)dt, v=abf(t),vdt et vérifier sur f(t)=(cost,sint), [a,b]=[0,π2] et v=(1,1).

6. Question de vigilance. Démontrer par des contre-exemples explicites que la formule est fausse pour trois applications non linéaires : le déterminant, la norme, et l'élévation au carré MM2.

Exercice 32 ★★★Caracteriser les fonctions lipschitziennes par la derivee

Inégalité des accroissements finis, échec du théorème de Rolle et de l'égalité des accroissements finis

Soient I un intervalle de R non réduit à un point, E un espace vectoriel normé de dimension finie et fC1(I,E). On rappelle que f est dite k-lipschitzienne (k0) lorsque

(s,t)I2,f(t)f(s)kts

et lipschitzienne lorsqu'il existe un tel k. On pose

M=suptIf(t)[0,+]etk0=sup(s,t)I2stf(t)f(s)ts[0,+]

Le réel k0, lorsqu'il est fini, s'appelle le meilleur rapport de Lipschitz de f.

1. On suppose M<+. Démontrer que f est M-lipschitzienne, en redémontrant au passage l'inégalité des accroissements finis à partir de l'intégrale.

2. On suppose que f est k-lipschitzienne. Démontrer que f(t)k pour tout tI.

3. En déduire que f est lipschitzienne si et seulement si f est bornée sur I, et que dans ce cas k0=M. Le meilleur rapport est-il une constante de Lipschitz valide ?

4. Application. Démontrer que f:]0,1]R2, t(t,t), est de classe C1 mais n'est pas lipschitzienne, de deux façons : par le critère précédent, puis directement en exhibant des couples de points.

5. Un meilleur rapport non atteint. Soit f:RR2, t(cost,sint), l'espace R2 étant muni de la norme euclidienne. Déterminer k0, puis démontrer que l'inégalité f(t)f(s)k0ts est stricte dès que st.

6. Cas matriciel et dépendance à la norme. Soit R:RM2(R), t(costsintsintcost). Déterminer le meilleur rapport de Lipschitz de R pour la norme euclidienne canonique N2(A)=tr(ATA), puis pour la norme N(A)=maxi,jai,j. Commenter.

7. Démontrer que la conclusion de la question 3 tombe si I n'est pas un intervalle.

Exercice 33 ★★★Le lemme de Gronwall

Inégalité des accroissements finis, échec du théorème de Rolle et de l'égalité des accroissements finisIntégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de RiemannIntégrale fonction de sa borne supérieure, primitives, intégration par parties et changement de variable

Le lemme de Gronwall transforme une inégalité intégrale implicite en une majoration explicite par une exponentielle. C'est l'outil de base pour comparer deux trajectoires dont les vitesses sont proches.

Partie A. Le lemme scalaire. Soient a<b, une fonction φC0([a,b],R) positive, un réel C0 et un réel k>0 tels que

t[a,b],φ(t)C+katφ(s)ds

1. On pose Ψ(t)=C+katφ(s)ds. Démontrer que Ψ est de classe C1 sur [a,b], calculer Ψ et Ψ(a), puis établir que ΨkΨ sur [a,b].

2. Étudier les variations de u:tek(ta)Ψ(t) et en déduire successivement

t[a,b],Ψ(t)Cek(ta)puisφ(t)Cek(ta)

Partie B. L'application vectorielle. Dans toute la suite, E est un espace vectoriel normé de dimension finie.

3. Vigilance préalable. Soit wC1([1,1],R2) définie par w(t)=(t,0). La fonction tw(t) est-elle dérivable sur [1,1] ? Qu'en conclure sur la stratégie à adopter pour majorer une quantité du type f(t)g(t), avec f et g de classe C1 à valeurs dans E ?

4. Soient f,gC1([a,b],E) et k>0 tels que

t[a,b],f(t)g(t)kf(t)g(t)

Démontrer que

t[a,b],f(t)g(t)f(a)g(a)ek(ta)

5. En déduire que si, de plus, f(a)=g(a), alors f=g sur [a,b].

6. Deux exemples dans R2 euclidien, sur [0,2π], avec k=1.

a. f(t)=(et,0) et g(t)=(0,0) : vérifier l'hypothèse, comparer la majoration de la question 4 à la valeur exacte de f(t)g(t).

b. f(t)=(cost,sint) et g(t)=(costsint, sint+cost) : même travail. Commenter la qualité de la majoration dans chacun des deux cas.

Exercice 34 ★★★L'inegalite de Landau, controler la derivee par la fonction et sa derivee seconde

Formule de Taylor avec reste intégral, inégalité de Taylor-Lagrange, formule de Taylor-YoungInégalité des accroissements finis, échec du théorème de Rolle et de l'égalité des accroissements finis

Soient E un espace vectoriel normé de dimension finie et fC2(R,E) telle que les deux quantités

M0=suptRf(t)etM2=suptRf(t)

soient finies. Le résultat surprenant que l'on démontre ici est qu'alors f est automatiquement bornée, et que sa borne se contrôle par les deux autres : c'est l'inégalité de Landau. On note M1=suptRf(t) une fois cette quantité connue finie.

1. Soient tR et h>0. Écrire l'inégalité de Taylor-Lagrange à l'ordre 2 appliquée à f entre t et t+h, puis entre t et th.

2. En combinant les deux inégalités précédentes, démontrer que

tR, h>0,f(t)M0h+M2h2

et en déduire que f est bornée sur R.

3. On suppose dans cette question M0>0 et M2>0. Étudier la fonction ψ:hM0h+M2h2 sur ]0,+[, déterminer son minimum, et en déduire

M12M0M2

Vérifier que cette majoration entraîne en particulier M12M0M2.

4. Traiter les cas restants : M2=0, puis M0=0.

5. Exemple. On prend E=R2 euclidien et f(t)=(sint,cost). Calculer M0, M1 et M2, puis comparer M1 aux deux majorations obtenues.

6. Le cas de la demi-droite. On suppose maintenant f de classe C2 seulement sur [0,+[, avec M0 et M2 finis, les sups définissant M0, M1 et M2 étant désormais pris sur [0,+[. Expliquer pourquoi la méthode de la question 2 ne s'applique plus telle quelle, puis démontrer par un raisonnement analogue que

M12M0M2

Exercice 35 ★★★★Le relevement d'une fonction de module 1

Intégrale fonction de sa borne supérieure, primitives, intégration par parties et changement de variableApplications k fois continûment dérivables, opérations, formule de Leibniz bilinéaireOpérations : combinaison linéaire, application linéaire, bilinéaire ou multilinéaire, composition par une fonction réelle

On identifie C à un espace vectoriel normé réel de dimension 2, la norme étant le module. Soient I un intervalle de R non réduit à un point, t0I, et fC1(I,C) telle que

tI,f(t)=1

On veut démontrer qu'il existe θC1(I,R), unique à l'addition près d'un multiple entier de 2π, telle que

tI,f(t)=eiθ(t)

Une telle fonction θ s'appelle un relèvement de f : c'est un argument de f(t) qui varie continûment avec t.

1. Démontrer que tf(t) est de classe C1 de dérivée f, puis, en dérivant la relation ff=1, que la fonction ff est à valeurs imaginaires pures. On écrira désormais ff=iψ avec ψ:IR, dont on justifiera la continuité, et l'on établira la relation f=iψf.

2. Soit θ0 un argument de f(t0). Démontrer que

θ:tθ0+t0tψ(s)ds

est bien définie, de classe C1 sur I, et préciser θ et θ(t0).

3. Étudier g:tf(t)eiθ(t) : démontrer que g est de classe C1, que g=0, et conclure que f=eiθ.

4. Unicité. Démontrer que si θ1 et θ2 sont deux fonctions continues de I dans R vérifiant eiθ1=eiθ2=f, alors il existe mZ tel que θ1=θ2+2mπ. Démontrer aussi que tout relèvement continu est automatiquement de classe C1, de dérivée ψ. Enfin, exhiber un contre-exemple montrant que l'hypothèse « I est un intervalle » est indispensable.

5. Exemple explicite. Relever f(t)=1+it1+t2 sur R, avec t0=0, en appliquant la méthode : vérifier f=1, calculer f, puis ψ, puis θ. Reconnaître le résultat.

6. Corollaire, forme polaire de classe C1. Soit hC1(I,C) ne s'annulant pas. Démontrer qu'il existe ρC1(I,R+) et θC1(I,R) telles que h=ρeiθ.

Exercice 36 ★★★★Le lemme de Hadamard, diviser par x en restant regulier

Formule de Taylor avec reste intégral, inégalité de Taylor-Lagrange, formule de Taylor-YoungApplications k fois continûment dérivables, opérations, formule de Leibniz bilinéaireIntégrale d'une fonction vectorielle continue par morceaux, linéarité, relation de Chasles, inégalité triangulaire, sommes de Riemann

Soient E un espace vectoriel normé de dimension finie, I un intervalle de R non réduit à un point et contenant 0, un entier k1, et fCk(I,E) telle que

f(0)=0E

Le quotient f(x)x n'a pas de sens en 0, mais l'annulation de f en 0 laisse espérer qu'il se prolonge. Le lemme de Hadamard précise ce que l'on gagne et ce que l'on perd : le prolongement existe, il est unique, et il est de classe Ck1.

1. Unicité. Démontrer que si g:IE est continue et vérifie f(x)=xg(x) pour tout xI, alors g est entièrement déterminée : g(x)=f(x)x pour x0, et g(0)=f(0). Que se passerait-il si l'on n'imposait pas la continuité de g ?

2. Soit xI fixé. Démontrer que uf(ux) est de classe C1 sur [0,1], de dérivée uxf(ux), et en déduire

f(x)=x01f(ux)du

3. On pose désormais, pour tout xI,

g(x)=01f(ux)du

Vérifier que g est bien définie sur I tout entier, que f(x)=xg(x) pour tout xI (y compris en 0), et calculer g(0).

4. Démontrer que g est continue sur I, sans utiliser de théorème sur les intégrales à paramètre : on majorera directement g(x)g(y) en utilisant la continuité uniforme de f sur un segment bien choisi (théorème de Heine).

5. Régularité.

a. On suppose k=2. Démontrer que g est de classe C1 sur I et que g(0)=f(0)2 (on utilisera la formule de Taylor-Young à l'ordre 2 pour f en 0, puis à l'ordre 1 pour f).

b. Cas général. Démontrer par récurrence que, pour 0jk1, g est j fois dérivable sur I avec

g(j)(x)=01ujf(j+1)(ux)du

et en déduire que g est de classe Ck1 sur I.

6. Application. Démontrer que la fonction

Γ:x1x(ex1, sinx, x2)

définie sur R et à valeurs dans R3, se prolonge en une fonction de classe C sur R, dont on précisera la valeur et la dérivée en 0.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.