ECG approfondies · Chapitre 04 · Premier semestre
Exercices — Suites de nombres réels
36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.
Sommaire
36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.
Exercice 1 ★★★★ — Majorants, minorants, maximum et minimum
Vocabulaire sur R : ordre, valeur absolue, intervalles, majorants et minorants, maximum et minimum
On considère les six parties de suivantes.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
-
Pour chacune de ces parties, donner un majorant et un minorant lorsqu'il en existe, puis dire si la partie est bornée.
-
Pour chacune de ces parties, déterminer le maximum et le minimum lorsqu'ils existent. Lorsqu'ils n'existent pas, le justifier.
-
Une partie majorée de admet-elle toujours un maximum ? Un majorant d'une partie appartient-il toujours à cette partie ? Répondre en s'appuyant sur les exemples précédents.
Exercice 2 ★★★★ — Premières bornes supérieures et bornes inférieures
Borne supérieure et borne inférieure : existence admise, caractérisationVocabulaire sur R : ordre, valeur absolue, intervalles, majorants et minorants, maximum et minimum
On admet que toute partie non vide et majorée de admet une borne supérieure, c'est-à-dire un plus petit majorant, et l'énoncé symétrique pour la borne inférieure. On considère les parties suivantes.
a.
b.
c.
d.
e.
-
Pour chacune de ces parties, déterminer et lorsqu'ils existent, et préciser s'ils sont atteints, c'est-à-dire s'ils appartiennent à la partie.
-
Démontrer soigneusement que , en utilisant la caractérisation suivante : si et seulement si minore et, pour tout , il existe tel que .
-
Démontrer que . On utilisera la densité de dans , ainsi que la croissance de la fonction carré sur .
Exercice 3 ★★★★ — Valeur absolue, distance et intervalles
Vocabulaire sur R : ordre, valeur absolue, intervalles, majorants et minorants, maximum et minimum
On rappelle que s'interprète comme la distance entre les réels et , et que pour :
-
Résoudre dans les équations et inéquations suivantes.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
-
a. Écrire l'intervalle sous la forme .
b. Écrire l'intervalle sous la forme .
c. Réciproquement, écrire sous forme d'intervalle l'ensemble des réels tels que .
-
Soient et deux réels tels que et .
a. Montrer que , puis en déduire un encadrement de .
b. Montrer que , puis en déduire une majoration de .
c. On aurait pu majorer directement par . Que donne cette majoration, et pourquoi est-elle moins bonne que celle de la question a ?
Exercice 4 ★★★★ — Partie entière : calculs et encadrement fondamental
Partie entière : définition, encadrement fondamental, densité de Q dans R
Pour , on note la partie entière de , définie comme le plus grand entier relatif inférieur ou égal à :
l'existence de ce maximum étant admise. On utilisera librement la croissance de la fonction carré et de la fonction racine carrée sur .
-
Calculer les parties entières suivantes.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
-
Démontrer l'encadrement fondamental : pour tout , .
-
Soient et . On pose . Montrer que , puis calculer pour et commenter.
-
Soit . Montrer que pour tout , .
-
Donner un contre-exemple à l'égalité .
Exercice 5 ★★★★ — Suites arithmétiques et géométriques : reconnaître et calculer
Suites arithmétiques, géométriques et arithmético-géométriques
-
Pour chacune des suites suivantes, dire si elle est arithmétique, géométrique, ou ni l'une ni l'autre. Le cas échéant, préciser la raison, le premier terme, et donner l'expression du terme général en fonction de .
a. , pour
b. et
c. , pour
d. et
e. , pour
-
Calculer , et .
-
Calculer les sommes suivantes.
a.
b.
Exercice 6 ★★★★ — Étudier la monotonie d'une suite : trois méthodes
Généralités sur les suites : modes de définition, monotonie, suites majorées, minorées, bornées
Pour étudier la monotonie d'une suite , on dispose de trois méthodes :
- Méthode 1 : étudier le signe de la différence ;
- Méthode 2 : si tous les termes sont strictement positifs, comparer le quotient à ;
- Méthode 3 : si , exploiter la monotonie de .
On utilisera librement la croissance de sur et la décroissance de sur .
Étudier la monotonie des suites suivantes, en choisissant à chaque fois la méthode la plus commode et en justifiant ce choix.
a. , pour
b. , pour
c. , pour
d. , pour
e. , pour
f. , pour
Exercice 7 ★★★★ — Suites majorées, minorées, bornées
Généralités sur les suites : modes de définition, monotonie, suites majorées, minorées, bornéesVocabulaire sur R : ordre, valeur absolue, intervalles, majorants et minorants, maximum et minimum
-
Pour chacune des suites suivantes, dire si elle est majorée, minorée, bornée. On exhibera à chaque fois les constantes et on justifiera.
a. , pour
b. , pour
c. , pour
d. , pour
e. et
-
Soit une suite réelle. Démontrer que est bornée si et seulement s'il existe un réel tel que pour tout .
Exercice 8 ★★★★ — Limites par opérations et premières indéterminations
Opérations sur les limites et formes indéterminées
Toutes les limites sont prises quand tend vers . On utilisera librement les résultats suivants : pour tout , ; si , alors ; et si avec , alors .
Déterminer, si elle existe, la limite de chacune des suites suivantes.
a.
b. , pour
c.
d.
e.
f.
g.
h. , pour
Exercice 9 ★★★★ — Croissances comparées : le catalogue en action
Comparaison des suites usuelles : croissances comparéesOpérations sur les limites et formes indéterminées
On rappelle le théorème des croissances comparées, toutes les limites étant prises quand tend vers :
- pour tous et : ;
- pour tous et : ;
- pour tout : ;
- enfin .
On utilisera aussi librement les propriétés du logarithme népérien vues au lycée, ainsi que le résultat suivant : si , alors .
Déterminer la limite de chacune des suites suivantes.
a.
b. , pour
c.
d. , pour
e.
f. , pour
g. , pour
h.
Exercice 10 ★★★★ — Sommes de termes consécutifs : arithmétiques et géométriques
Suites arithmétiques, géométriques et arithmético-géométriques
On rappelle les deux formules du cours : pour tout ,
On utilisera librement le résultat suivant : si , alors tend vers quand tend vers , et si , alors tend vers .
Dans les questions 1., et désignent deux entiers naturels vérifiant .
-
a. Combien y a-t-il d'entiers tels que ?
b. Calculer en fonction de et de .
c. Calculer en fonction de et de , et donner le résultat sous forme factorisée.
-
Calculer pour , puis pour .
-
Calculer pour .
-
Soit un réel quelconque et . Calculer en distinguant deux cas.
-
Déterminer les limites des suites et , puis celle de .
Exercice 11 ★★★★ — Suite arithmético-géométrique : la méthode du point fixe
Suites arithmétiques, géométriques et arithmético-géométriquesConvergence et divergence : définition quantifiée, unicité de la limite
On utilisera librement les propriétés suivantes, vues au lycée : la fonction est strictement croissante sur , elle vérifie pour et , et lorsque . On rappelle enfin que tend vers si et vers si .
Partie A. On considère la suite définie par et, pour tout ,
-
Calculer , et .
-
Déterminer l'unique réel tel que . Ce réel est appelé point fixe de la relation.
-
On pose pour tout . Démontrer que est géométrique, préciser sa raison et son premier terme.
-
En déduire , puis , en fonction de . Vérifier la formule obtenue sur , et .
-
Étudier la monotonie de , puis déterminer sa limite.
Partie B. On considère la suite définie par et, pour tout ,
-
Déterminer le point fixe de cette relation, puis démontrer que la suite définie par est géométrique.
-
En déduire en fonction de , vérifier la formule sur , et , puis déterminer la limite de .
-
Déterminer le plus petit entier tel que, pour tout , on ait .
Partie C. Soit et deux réels, et une suite vérifiant pour tout .
-
Expliquer pourquoi la méthode des parties A et B tombe en panne lorsque et , et déterminer alors directement en fonction de ainsi que la limite de .
-
Dans le cas , donner sans nouveau calcul l'expression de en fonction de , de , de et de , puis énoncer à quelle condition sur la suite converge.
Exercice 12 ★★★★ — Caractériser la borne supérieure avec les epsilon
Borne supérieure et borne inférieure : existence admise, caractérisation
On rappelle le résultat admis du cours : toute partie non vide et majorée de admet une borne supérieure, notée , qui est par définition le plus petit des majorants de . On rappelle aussi que désigne, lorsqu'il existe, un majorant de qui appartient à .
-
Soit une partie non vide et majorée de , et soit un réel.
a. Démontrer que si et seulement si les deux conditions suivantes sont vérifiées :
b. Expliquer en une phrase ce que traduit concrètement la condition (ii).
-
Soit . Démontrer, à l'aide de la caractérisation, que . La partie admet-elle un maximum ?
-
Soit .
a. Démontrer que .
b. La partie admet-elle un maximum ? Un minimum ?
-
Soient et deux parties de telles que , avec non vide et majorée. Justifier que et existent, puis démontrer que .
-
Soit une partie non vide et majorée de , et .
a. Démontrer qu'il existe une suite d'éléments de qui converge vers .
b. Donner explicitement une telle suite pour la partie de la question 3.
Exercice 13 ★★★★ — Encadrements avec la partie entière et passage à la limite
Partie entière : définition, encadrement fondamental, densité de Q dans RPassage à la limite dans les inégalités, théorème d'encadrement, théorèmes de comparaison
On rappelle la définition de la partie entière : pour tout réel , est l'unique entier tel que . On utilisera librement la croissance de la fonction racine carrée sur ainsi que la formule .
- Démontrer que, pour tout réel ,
-
Soit un réel fixé. Pour , on pose .
a. Démontrer que converge vers .
b. En déduire que tout réel est la limite d'une suite de nombres rationnels, c'est-à-dire que est dense dans .
-
Soit un réel fixé. Pour , on pose . Déterminer la limite de .
-
Pour , on pose .
a. Calculer , et (valeur exacte, puis valeur approchée à près pour ). La suite est-elle monotone ?
b. Déterminer la limite de .
Exercice 14 ★★★★ — Revenir à la définition de la limite : déterminer un rang
Convergence et divergence : définition quantifiée, unicité de la limite
Dans tout l'exercice, on n'utilise aucun théorème sur les opérations sur les limites : tout se démontre à partir de la définition quantifiée. On utilisera en revanche librement l'inégalité triangulaire et la propriété de la partie entière.
-
Écrire, à l'aide de quantificateurs, la proposition « la suite converge vers le réel ».
-
On pose, pour tout , .
a. Calculer , puis simplifier .
b. Déterminer le plus petit entier tel que, pour tout , on ait .
c. Soit quelconque. Déterminer, à l'aide de la partie entière, un entier (dépendant de ) tel que, pour tout , on ait . Conclure que converge vers .
d. Comparer, pour , le rang fourni par la formule de la question c. et celui de la question b. Le rang obtenu doit-il être le plus petit possible ?
-
Écrire la négation de la proposition de la question 1.
-
a. Démontrer, en revenant à la définition, que la suite de terme général ne converge pas vers . Démontrer ensuite qu'elle ne converge vers aucun réel.
b. On pose pour . Démontrer que ne converge pas vers . Vers quel réel converge-t-elle ?
Exercice 15 ★★★★ — Quotients et racines : factoriser le terme dominant
Opérations sur les limites et formes indéterminées
On utilisera librement les résultats suivants, admis à ce stade du programme :
- si une suite de réels positifs converge vers , alors converge vers ; si converge vers , alors converge vers ;
- pour tout réel et tout , ;
- la croissance comparée ;
- si est une suite de réels non nuls convergeant vers , alors converge vers .
Déterminer la limite de chacune des six suites suivantes, en rédigeant intégralement.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
Exercice 16 ★★★★ — Théorème d'encadrement : sommes à n termes
Passage à la limite dans les inégalités, théorème d'encadrement, théorèmes de comparaison
Pour tout , on pose
On utilisera librement la croissance de la fonction racine carrée sur ainsi que la formule .
-
Calculer les valeurs exactes de et de .
-
Soit et soit un entier tel que . Encadrer , puis en déduire un encadrement de .
-
Déterminer la limite de .
-
Déterminer la limite de .
-
Déterminer la limite de .
-
Un élève écrit : « chaque terme de tend vers quand tend vers , donc tend vers ». Expliquer précisément pourquoi ce raisonnement est faux.
Exercice 17 ★★★★ — Comparaison et divergence vers l'infini
Passage à la limite dans les inégalités, théorème d'encadrement, théorèmes de comparaisonComparaison des suites usuelles : croissances comparées
On rappelle le théorème de comparaison : si à partir d'un certain rang et si , alors . On utilisera aussi la croissance comparée du cours : pour tout réel et tout réel ,
ainsi que la croissance de la fonction racine carrée sur .
-
Pour , on pose . Démontrer que , puis déterminer la limite de .
-
Pour , on pose .
a. Calculer , et . Que remarque-t-on ?
b. Démontrer que tend vers .
-
Pour , on pose . Expliquer pourquoi les théorèmes d'opérations sur les limites ne s'appliquent pas, puis démontrer que tend vers .
-
On considère la suite définie par et, pour tout ,
a. Démontrer par récurrence que, pour tout , . Que garantit ce résultat quant à la définition de la suite ?
b. Démontrer que, pour tout , , puis que .
c. En déduire la limite de .
- Un élève affirme : « et , donc ». Réfuter cette affirmation par un contre-exemple, et énoncer précisément ce qu'il faut pour conclure.
Exercice 18 ★★★★ — Récurrence linéaire d'ordre 2 : la méthode complète
Suites récurrentes linéaires d'ordre 2 à coefficients constants (racines réelles)
On rappelle la méthode du cours. Soit et deux réels avec , et une suite vérifiant, pour tout ,
On lui associe son équation caractéristique , c'est-à-dire , de discriminant .
- Si , l'équation a deux racines réelles distinctes et , et il existe deux réels et tels que pour tout .
- Si , l'équation a une racine double , et il existe deux réels et tels que pour tout .
Les constantes et se déterminent ensuite à l'aide des deux premiers termes. En ECG, les énoncés sont toujours construits de sorte que : le cas conduirait à des racines complexes, hors programme dans cette filière.
-
Soit définie par , et, pour tout , .
a. Calculer et .
b. Écrire et résoudre l'équation caractéristique.
c. Exprimer en fonction de , et vérifier la formule sur , , et .
d. Déterminer la limite de .
-
Soit définie par , et, pour tout , . Reprendre les quatre questions précédentes pour cette suite.
-
Soit définie par , et, pour tout ,
Exprimer en fonction de , vérifier la formule sur les trois premiers termes, puis déterminer la limite de .
- Démontrer que, quels que soient les réels et , la suite de terme général vérifie la relation de récurrence de la question 1. Expliquer alors pourquoi les conditions initiales déterminent et de façon unique.
Exercice 19 ★★★★ — La suite de Fibonacci et le nombre d'or
Suites récurrentes linéaires d'ordre 2 à coefficients constants (racines réelles)Comparaison des suites usuelles : croissances comparées
On considère la suite de Fibonacci définie par , et
On utilisera librement la valeur approchée .
1. Calculer , , , , , , , et .
2. Écrire l'équation caractéristique associée à la relation de récurrence, vérifier que son discriminant est strictement positif, et déterminer ses deux racines. On note la plus grande des deux (c'est le nombre d'or) et l'autre.
3. Vérifier les trois relations , et . En déduire que et que . Donner les valeurs approchées de et de à près.
4. Déterminer les réels et tels que
Cette égalité s'appelle la formule de Binet.
5. Vérifier la formule de Binet pour , et par le calcul exact, sans valeur approchée. On pourra utiliser la relation , et la relation analogue pour .
6. Montrer que et que . En déduire que
puis que tend vers .
7. Déterminer .
8. Montrer que, pour tout , , puis que la suite converge vers . Comparer avec les valeurs numériques obtenues à la question 1.
9. Montrer que, pour tout ,
autrement dit que est l'entier le plus proche de . Vérifier ce résultat pour , en admettant d'abord que pour tout (que l'on démontrera).
Exercice 20 ★★★★ — Théorème de la limite monotone : croissante et majorée
Théorème de la limite monotone : suites monotones bornéesGénéralités sur les suites : modes de définition, monotonie, suites majorées, minorées, bornées
Dans tout l'exercice, on utilisera librement les propriétés du logarithme népérien et de l'exponentielle connues depuis le lycée : la stricte croissance de sur et de sur , la relation pour et , et l'équivalence pour . On admet également l'inégalité
qui sera démontrée dans le chapitre sur les fonctions d'une variable réelle, postérieur à celui-ci.
Aucune des trois suites étudiées ci-dessous n'a de limite calculable avec les outils de ce chapitre : l'objectif est précisément de démontrer qu'une limite existe sans la connaître.
Partie A. Une somme dont les termes décroissent géométriquement
Pour tout entier , on pose .
1. Calculer , , , et (valeurs exactes sous forme de fractions irréductibles, puis approchées à près).
2. Étudier la monotonie de la suite .
3. Montrer que, pour tout entier , . En déduire, à l'aide de la somme des termes consécutifs d'une suite géométrique, que
4. En déduire que converge. Peut-on donner la valeur de sa limite ? Donner le meilleur encadrement de que fournissent les questions précédentes.
Partie B. Un produit
Pour tout entier , on pose .
5. Calculer , , , et (valeurs exactes, puis approchées à près).
6. Montrer que pour tout , puis que la suite est strictement croissante.
7. On pose . Exprimer sous forme d'une somme, puis montrer que pour tout . En déduire que .
8. Conclure quant à la convergence de et encadrer sa limite.
Partie C. Une suite définie par récurrence
On considère la suite définie par
9. Calculer , et (valeurs exactes), puis et (valeurs approchées à près).
10. Montrer par récurrence que, pour tout , le terme est bien défini et vérifie . En déduire que la suite est strictement croissante.
11. Montrer que, pour tout , , puis que pour tout entier . En sommant les accroissements, en déduire que
12. Conclure quant à la convergence de et encadrer sa limite.
Partie D. Ce que le théorème dit, et ce qu'il ne dit pas
13. Vrai ou faux : « une suite croissante et majorée par converge vers » ? Justifier par une démonstration ou par un contre-exemple. Que peut-on affirmer, en revanche, sur la position de la limite par rapport à et par rapport aux termes de la suite ? Une majoration stricte valable pour tout donne-t-elle ?
Exercice 21 ★★★★ — Premières suites adjacentes
Suites adjacentes
Partie A. Préliminaire
1. Rappeler la définition de deux suites adjacentes et l'énoncé du théorème des suites adjacentes.
2. Soient croissante, décroissante, telles que . Montrer que pour tout . En notant la limite commune, en déduire que
Partie B. Un premier couple
Pour tout entier , on pose
3. Vérifier les trois conditions de l'adjacence.
4. Que peut-on en déduire ? Ici, la limite commune se calcule directement : la donner.
5. Donner l'encadrement de la limite fourni par le rang . À partir de quel rang l'encadrement a-t-il une amplitude inférieure ou égale à ?
Partie C. Une somme alternée
Pour tout entier , on pose
puis et .
6. Calculer , , , , , , , et sous forme de fractions, puis en valeurs approchées à près. Que constate-t-on sur les termes de rang pair, sur ceux de rang impair ?
7. Montrer que est croissante, que est décroissante, et que .
8. En déduire que et convergent vers une même limite , et encadrer à l'aide du rang . À partir de quel rang l'encadrement obtenu a-t-il une amplitude inférieure ou égale à ?
9. On admet le résultat suivant : si les termes de rang pair et les termes de rang impair d'une suite convergent vers une même limite, alors la suite entière converge vers cette limite. Qu'en déduit-on pour ?
Partie D. Les trois conditions sont-elles indispensables ?
10. Pour chacun des deux couples suivants, dire quelle condition de l'adjacence est en défaut, et pourquoi la conclusion du théorème tombe en même temps.
a. et , pour .
b. et , pour .
Exercice 22 ★★★★ — Suite récurrente : stabilité, monotonie et limite
Suites définies par une relation u(n+1) = f(u(n)) : stabilité, monotonie, limite éventuelleThéorème de la limite monotone : suites monotones bornées
On considère la suite définie par
On note la fonction définie par pour .
On utilisera librement les deux faits suivants, connus depuis le lycée :
Comparaison des carrés. Pour et , on a si et seulement si .
Passage à la limite (admis). La fonction est continue sur : si avec , alors .
1. Calculer , , , et (valeurs approchées à près). Quelle conjecture peut-on formuler ?
2. Montrer que l'intervalle est stable par , c'est-à-dire que dès que . En déduire par récurrence que est bien défini et que , pour tout .
3. Pour , calculer et le factoriser. En déduire que est croissante.
4. En déduire que converge vers un réel , et préciser un encadrement de .
5. Déterminer . On prendra garde à ne retenir que les solutions acceptables de l'équation obtenue.
6. On remplace maintenant la valeur initiale par , la relation de récurrence étant inchangée. Calculer les cinq premiers termes, puis reprendre l'étude : intervalle stable, monotonie, convergence, limite. Qu'est-ce qui change, qu'est-ce qui ne change pas ?
7. Pour quelles valeurs de la suite est-elle définie pour tout ? Dans ce cas, que vaut sa limite ?
Exercice 23 ★★★★ — Termes de rang pair et de rang impair
Convergence et divergence : définition quantifiée, unicité de la limiteGénéralités sur les suites : modes de définition, monotonie, suites majorées, minorées, bornées
Aucun théorème général sur les suites extraites n'est disponible : toutes les démonstrations de la partie A doivent revenir à la définition quantifiée de la limite, rappelée ici. Une suite converge vers un réel lorsque
Partie A. Le résultat
Soit une suite réelle et un réel.
1. On suppose que converge vers . Démontrer que et convergent vers .
2. On suppose réciproquement que et convergent vers la même limite . Démontrer que converge vers . On portera une attention particulière au choix du rang à partir duquel l'inégalité est valable.
3. La convergence de seule suffit-elle à assurer celle de ? Justifier.
Partie B. Deux suites qui divergent
4. Soit . Démontrer, à l'aide de la partie A, que diverge.
5. Soit, pour ,
Calculer , , , et , puis déterminer les limites de et de . Conclure.
Partie C. Une suite qui converge
6. Soit, pour , . Étudier séparément les termes de rang pair et ceux de rang impair, et en déduire la limite de .
Partie D. Une suite récurrente
On considère la suite définie par
On note la fonction définie par pour . On utilisera librement la valeur approchée , ainsi que le fait suivant.
Passage à la limite (admis). La fonction est continue sur : si une suite de termes appartenant à converge vers un réel de , alors la suite de ses images par converge vers .
7. Calculer , , , , et sous forme de fractions irréductibles, puis en valeurs approchées à près. La suite semble-t-elle monotone ?
8. Montrer que, pour tout , est bien défini et .
9. Montrer que, pour tout , , c'est-à-dire . Montrer ensuite que, pour et ,
et en déduire que est croissante sur .
10. En déduire que est croissante et que est décroissante, puis que ces deux suites convergent.
11. Montrer que les deux limites sont égales à , puis conclure sur la limite de et en donner une valeur approchée à près.
Exercice 24 ★★★★ — Borne supérieure d'une réunion et d'une somme d'ensembles
Borne supérieure et borne inférieure : existence admise, caractérisationVocabulaire sur R : ordre, valeur absolue, intervalles, majorants et minorants, maximum et minimum
Dans tout l'exercice, et désignent deux parties de non vides et majorées. On pose et , dont l'existence est garantie par la propriété de la borne supérieure (admise). On note
Partie A. Préliminaires
1. Rappeler la définition de , puis sa caractérisation par les . Énoncer de même la caractérisation de .
2. Soient et deux réels tels que pour tout . Montrer que .
3. Soient et deux parties de telles que et majorée. Montrer que existe et que .
Partie B. Réunion
4. Montrer que est non vide et majorée, puis que
Partie C. Somme
5. Montrer que est non vide et majorée, puis que
6. Application. On prend et . Déterminer , et . Ces bornes supérieures sont-elles des maximums ?
Partie D. Multiplication par un réel
7. Soit . Montrer que . Que se passe-t-il pour ?
8. Soit . On suppose de plus, dans cette question, que est bornée. Montrer que . Donner un exemple de partie non vide et majorée pour laquelle n'existe pas : pourquoi faut-il supposer bornée ?
Partie E. Intersection
9. On suppose . Montrer que . Donner un contre-exemple montrant que cette inégalité peut être stricte. Que dire si ?
Partie F. Et pour un produit ?
10. On pose . Montrer, à l'aide de , que l'égalité est fausse en général.
Exercice 25 ★★★★ — Approcher une racine carrée par la méthode de Héron
Suites définies par une relation u(n+1) = f(u(n)) : stabilité, monotonie, limite éventuelleThéorème de la limite monotone : suites monotones bornées
Soit un réel fixé. On considère la suite définie par un premier terme et par
L'idée, connue depuis l'Antiquité, est la suivante : si est une valeur approchée de par excès, alors en est une par défaut, et leur moyenne est une bien meilleure approximation. On utilisera librement la croissance de la fonction racine carrée sur .
1. Montrer que, pour tout , est bien défini et .
2. Montrer que, pour tout ,
En déduire que pour tout .
3. Montrer que la suite est décroissante.
4. En déduire que converge, puis déterminer sa limite.
5. Montrer que, pour tout ,
puis que, pour tout ,
6. Pour , on pose . Montrer que , puis, par récurrence, que
7. Application numérique : et . Calculer , , et sous forme de fractions irréductibles, puis en valeurs approchées. Pour chacun, indiquer combien de décimales de sont exactes. On donne .
8. Toujours pour et , majorer par une puissance de , puis déterminer, à l'aide de la question 6, un rang à partir duquel approche à près.
Exercice 26 ★★★★ — Moyenne de Cesàro
Passage à la limite dans les inégalités, théorème d'encadrement, théorèmes de comparaisonConvergence et divergence : définition quantifiée, unicité de la limite
À toute suite réelle on associe la suite de ses moyennes :
L'objectif est de démontrer le théorème de Cesàro : si converge vers , alors converge vers . On rappelle la définition quantifiée de la limite et l'inégalité triangulaire :
Partie A. Trois exemples
1. On prend . Calculer , en déduire une expression de , puis les limites de et de .
2. On prend . Calculer et déterminer sa limite.
3. On prend . Calculer en distinguant selon la parité de , en déduire , puis montrer que converge vers . La suite converge-t-elle ?
Partie B. Le théorème de Cesàro
On suppose dans cette partie que converge vers un réel . Soit .
4. a. Justifier l'existence d'un entier tel que pour tout .
b. Montrer que, pour tout , .
c. On pose . Montrer que, pour tout ,
d. Conclure : préciser un rang à partir duquel , et rédiger la conclusion.
Partie C. La réciproque, et une application
5. La réciproque du théorème est-elle vraie ? Justifier.
6. Montrer que tend vers .
Partie D. Le cas d'une limite infinie
7. On suppose que . Démontrer que . Vérifier la cohérence avec la question 2.
Partie E. Une application classique
8. Soit une suite telle que , où est un réel. Démontrer que .
9. Application : et pour . Calculer , déterminer la limite de , et comparer avec la valeur de sachant que .
Exercice 27 ★★★★ — Dichotomie et suites adjacentes
Suites adjacentesSuites définies par une relation u(n+1) = f(u(n)) : stabilité, monotonie, limite éventuelle
On pose pour . On admet les deux faits suivants : l'équation admet une unique solution dans l'intervalle , et est strictement croissante sur .
On construit deux suites et par le procédé de dichotomie : on pose et , puis, pour tout , on note le milieu de l'intervalle courant et l'on définit
1. Calculer et . Montrer que, pour tout ,
2. Effectuer les trois premières étapes de la dichotomie : donner , , puis , et de même pour les étapes suivantes, jusqu'à . Toutes les valeurs seront données sous forme de fractions exactes, accompagnées de leurs valeurs décimales.
3. Montrer par récurrence que, pour tout ,
4. Montrer que pour tout .
5. Montrer que est croissante, que est décroissante, et en déduire que les deux suites sont adjacentes.
6. Montrer que et convergent toutes deux vers .
7. Combien d'étapes de dichotomie faut-il effectuer pour obtenir un encadrement de d'amplitude inférieure ou égale à ? Et à ?
8. Montrer que . En déduire, à partir de l'étape de la dichotomie (que l'on effectuera), une valeur approchée de et la précision garantie.
Exercice 28 ★★★★ — La constante d'Euler et la suite harmonique
Suites adjacentesComparaison des suites usuelles : croissances comparées
Pour tout entier , on pose
La suite s'appelle la suite harmonique. On utilisera librement les propriétés du logarithme népérien vues au lycée : est strictement croissante sur , , et .
On admet l'encadrement suivant, qui sera démontré au chapitre sur les fonctions (il est aussi établi à l'exercice 33 de cette fiche, à partir du nombre ) :
1. Calculer les valeurs exactes de , , et sous forme de fractions irréductibles. Montrer que la suite est strictement croissante.
2. Démontrer que, pour tout , .
3. En déduire que, pour tout entier ,
Indication pour la majoration : appliquer la minoration admise à l'indice , pour allant de à .
4. En déduire la limite de .
5. Montrer que, pour tout , , puis déterminer .
6. Pour , on pose
Montrer que est décroissante, que est croissante, et que . Que peut-on en conclure ?
7. La limite commune de ces deux suites est notée : c'est la constante d'Euler. Donner un encadrement de à partir du rang , avec quatre décimales. Vérifier que .
8. Montrer que . Combien de termes faudrait-il calculer pour obtenir à près par cette méthode ?
Exercice 29 ★★★★ — Démontrer les croissances comparées
Comparaison des suites usuelles : croissances comparéesGénéralités sur les suites : modes de définition, monotonie, suites majorées, minorées, bornées
Les croissances comparées sont souvent admises et utilisées comme des recettes. Le but de cet exercice est de les démontrer, toutes à partir d'un seul outil : le critère du quotient.
On utilisera librement les deux résultats suivants, établis dans les chapitres précédents.
- Inégalité de Bernoulli : pour tout réel et tout , .
- Factorisation : pour tous réels , et tout entier , .
Partie A. Le critère du quotient
Soit une suite à termes strictement positifs. On suppose qu'il existe un réel et un entier tels que
1. Démontrer par récurrence que, pour tout , .
2. En déduire que .
3. Montrer sur un exemple que l'hypothèse « il existe » ne peut pas être remplacée par la seule hypothèse « pour tout ». On pourra considérer pour .
Partie B. Trois croissances comparées
Soit fixé. On pose pour .
4.a. Calculer .
4.b. On pose . Montrer que, pour tout , .
4.c. Conclure que .
On pose maintenant pour .
5.a. Montrer que .
5.b. À l'aide de l'inégalité de Bernoulli, montrer que , puis conclure que .
Soient enfin et . On pose pour .
6.a. À l'aide de la factorisation rappelée plus haut, montrer que pour tout réel et tout , .
6.b. On pose et . Vérifier que .
6.c. Montrer que pour , où , on a . Conclure que .
7. Application. Déterminer, en justifiant par les résultats précédents, les limites de
Exercice 30 ★★★★ — Une suite récurrente non monotone : la majoration de l'erreur
Suites définies par une relation u(n+1) = f(u(n)) : stabilité, monotonie, limite éventuellePassage à la limite dans les inégalités, théorème d'encadrement, théorèmes de comparaison
On considère la suite définie par
Dans l'exercice 22, la suite étudiée était croissante et majorée : le théorème de la limite monotone suffisait à conclure. Ici, on va voir que ce théorème est inutilisable, et qu'une autre méthode, plus puissante, permet non seulement de démontrer la convergence mais aussi de majorer l'erreur commise à chaque rang.
On utilisera librement la croissance de la fonction racine carrée sur et les propriétés du logarithme népérien.
1. Calculer , , , et sous forme de fractions irréductibles, puis en valeurs approchées à près. Que constate-t-on sur la position des termes les uns par rapport aux autres ?
2. Montrer que l'intervalle est stable, c'est-à-dire que dès que . En déduire par récurrence que est bien défini et que pour tout .
3. Montrer que si un réel vérifie , alors . Résoudre cette équation et en déduire que le seul candidat possible est .
4. Démontrer que, pour tout ,
5. En déduire que les termes de la suite sont alternativement au-dessous et au-dessus de . La suite est-elle monotone ? Le théorème de la limite monotone permet-il de conclure ?
6. Déduire de la question 4 que, pour tout ,
7. En déduire par récurrence que , puis que converge vers .
8. Déterminer un entier à partir duquel la majoration précédente garantit une erreur inférieure à . Comparer avec l'erreur réellement observée à la question 1.
9. Reprendre la question 6 en majorant plus finement le produit . Quelle constante obtient-on ?
Exercice 31 ★★★★ — Racine double et récurrence avec second membre constant
Suites récurrentes linéaires d'ordre 2 à coefficients constants (racines réelles)Suites arithmétiques, géométriques et arithmético-géométriques
Cet exercice traite les deux situations que le cours ne détaille pas toujours : le cas de la racine double, et le cas d'une équation avec second membre.
On utilisera librement la croissance comparée pour (démontrée à l'exercice 29).
Partie A. Une racine double
On considère la suite définie par
1. Calculer , et sous forme de fractions irréductibles.
2. Écrire l'équation caractéristique associée, calculer son discriminant et déterminer ses racines.
3. En déduire la forme générale des suites vérifiant cette relation de récurrence, puis déterminer en fonction de à l'aide des conditions initiales.
4. Vérifier la formule obtenue sur les rangs , et .
5. Déterminer .
Partie B. Un second membre constant
On considère la suite définie par
6. Calculer , et .
7. Déterminer le réel tel que la suite constante égale à vérifie la relation de récurrence. On appelle une solution particulière de l'équation.
8. On pose . Montrer que vérifie la relation de récurrence homogène .
9. Résoudre l'équation homogène, puis en déduire l'expression de en fonction de .
10. Vérifier la formule obtenue sur les rangs , et .
11. Déterminer , ainsi que .
12. Pour quelles valeurs du second membre constant la méthode de la question 7 fonctionne-t-elle sur une équation ? Que se passerait-il si était racine de l'équation caractéristique ?
Exercice 32 ★★★★ — Un modèle de placement avec versements annuels
Suites arithmétiques, géométriques et arithmético-géométriquesThéorème de la limite monotone : suites monotones bornées
Un contrat d'épargne rapporte un intérêt annuel de : chaque année, le capital est multiplié par . Les intérêts sont versés le 31 décembre ; l'épargnant effectue son versement (ou son retrait) juste après.
Dans tout l'exercice, les montants sont arrondis au centime. On utilisera librement les propriétés du logarithme népérien.
Partie A. Phase d'épargne
Un épargnant place euros au 1er janvier de l'année , puis verse euros à la fin de chaque année. On note le capital, en euros, au bout de années. Ainsi .
1. Justifier que, pour tout , . Calculer , et .
2. Déterminer le réel tel que . On pose . Montrer que est géométrique, préciser sa raison et son premier terme.
3. En déduire l'expression de en fonction de . Vérifier la formule pour , et .
4. Calculer . Montrer que est croissante, puis déterminer sa limite.
5. Au bout de combien d'années entières le capital dépasse-t-il euros ? Vérifier le résultat en calculant les deux capitaux qui encadrent la réponse.
6. On reprend la question en laissant le versement annuel libre : on note le montant versé chaque année, le capital initial restant de euros. Établir la formule générale donnant le capital , puis déterminer le versement annuel minimal, à l'euro près, permettant d'atteindre euros au bout de ans.
Partie B. Phase de retrait
Un retraité dispose maintenant de euros placés au même taux de , et retire euros à la fin de chaque année. On note le capital au bout de années, avec .
7. Écrire la relation de récurrence vérifiée par , puis déterminer en fonction de par la même méthode qu'en partie A.
8. Montrer que est décroissante. Au bout de combien d'années le capital est-il épuisé ? Vérifier en calculant le dernier capital positif et en constatant que le retrait suivant est impossible.
9. On remplace par un capital initial quelconque, le taux et le retrait restant inchangés. Pour quelles valeurs de le capital ne diminue-t-il jamais ? Interpréter la valeur seuil obtenue.
Exercice 33 ★★★★ — La suite de terme général (1 + 1/n) puissance n
Théorème de la limite monotone : suites monotones bornéesSuites arithmétiques, géométriques et arithmético-géométriques
Pour tout entier , on pose
On rappelle l'inégalité de Bernoulli : pour tout réel et tout entier ,
On utilisera librement les propriétés du logarithme népérien vues au lycée ( strictement croissante sur , pour ), et l'on admet que le nombre est l'unique réel vérifiant .
1. Calculer , , , , et sous forme de fractions, puis en valeurs approchées à près. Que peut-on conjecturer ?
2. Montrer que , et en déduire que pour tout .
3. Montrer que, pour tout ,
4. À l'aide de l'inégalité de Bernoulli, en déduire que , puis que est croissante.
5. Montrer de même que, pour tout ,
puis que est décroissante.
6. Montrer que pour tout , puis que . Conclure que et sont adjacentes. On note leur limite commune.
7. Donner l'encadrement de fourni par les rangs , et . Combien de rangs faudrait-il environ pour obtenir une amplitude inférieure à ? Que penser de cette méthode de calcul de ?
8. Déduire de la question 6 que, pour tout ,
puis, en passant au logarithme, que
C'est exactement l'encadrement admis à l'exercice 28 : il est donc démontré.
Exercice 34 ★★★★ — Une suite définie implicitement par une équation
Suites définies par une relation u(n+1) = f(u(n)) : stabilité, monotonie, limite éventuellePassage à la limite dans les inégalités, théorème d'encadrement, théorèmes de comparaison
Jusqu'ici, les suites de la fiche étaient données par une formule explicite ou par une relation de récurrence. En voici une d'un troisième type : chaque terme est défini comme la solution d'une équation, sans qu'aucune formule ne le donne. C'est une situation très fréquente aux concours.
Pour tout entier , on note la fonction définie sur par
On admet que, pour tout , l'équation possède au moins une solution dans (ce point sera justifié au chapitre sur les fonctions, par le théorème des valeurs intermédiaires appliqué à qui est continue, avec et ). L'unicité, elle, sera démontrée dans l'exercice. On note cette solution :
1. Déterminer par le calcul. Déterminer exactement en résolvant une équation du second degré, puis en donner une valeur approchée à près.
2. Soient et . Montrer que , puis que . Conclure que est strictement croissante sur , et en déduire l'unicité de .
3. Soit . Comparer et , puis en déduire le signe de .
4. En déduire que la suite est strictement croissante.
5. Montrer que converge vers un réel , et justifier que .
6. On suppose par l'absurde que .
6.a. Montrer que, pour tout , , puis que .
6.b. Calculer autrement la limite de en utilisant l'équation vérifiée par . Conclure.
7. Encadrer puis à près par balayage. Justifier soigneusement pourquoi un changement de signe de suffit ici à localiser . Vérifier la cohérence avec les questions 4 et 6.
Exercice 35 ★★★★ — Le nombre e par deux suites adjacentes
Suites adjacentesComparaison des suites usuelles : croissances comparées
Pour tout entier , on pose
et, pour tout entier ,
On rappelle la convention , et la relation .
Partie A. Deux suites adjacentes
1. Calculer , , , , et sous forme de fractions irréductibles, puis , , , et .
2. Montrer que la suite est strictement croissante.
3. Démontrer que, pour tout ,
En déduire que la suite est strictement décroissante. Ce calcul doit être mené très soigneusement : c'est le cœur de l'exercice.
4. Montrer que , puis conclure que et sont adjacentes. On note leur limite commune.
5. Justifier que, pour tout , l'encadrement est strict : .
6. Donner l'encadrement de obtenu au rang . Combien de décimales de peut-on en déduire avec certitude ? Reprendre au rang .
7. Comparer la vitesse de convergence avec celle des suites de l'exercice 33.
Partie B. Le nombre e est irrationnel
On raisonne par l'absurde et l'on suppose que est rationnel. Comme , on peut alors écrire avec et entiers naturels non nuls.
8. Montrer que est un entier naturel. On pourra montrer que est un entier pour tout tel que .
9. Montrer que est un entier naturel.
10. À l'aide de la question 5, montrer que le nombre vérifie .
11. Conclure que est irrationnel.
Exercice 36 ★★★★ — La moyenne arithmético-géométrique de Gauss
Suites adjacentesSuites définies par une relation u(n+1) = f(u(n)) : stabilité, monotonie, limite éventuelle
Deux suites définies l'une par l'autre : à chaque étape, on remplace un couple de nombres par sa moyenne arithmétique et sa moyenne géométrique. C'est un procédé étudié par Gauss dès 1799, et encore utilisé aujourd'hui pour calculer des constantes avec un très grand nombre de décimales.
Soient et deux réels tels que . On définit les suites et par
On utilisera librement la croissance de la fonction racine carrée sur .
1. Montrer par récurrence que, pour tout , les nombres et sont bien définis et strictement positifs.
2. (Inégalité arithmético-géométrique.) Soient et . En partant de , montrer que
avec égalité si et seulement si .
3. Montrer par récurrence que pour tout .
4. En déduire que, pour tout ,
Que peut-on dire de la monotonie de et de ?
5. Montrer que, pour tout ,
puis que .
6. Conclure que et sont adjacentes. Leur limite commune est notée : c'est la moyenne arithmético-géométrique de et .
7. On prend et . Calculer , , , , et , en valeurs approchées à près. Comparer les écarts obtenus avec la majoration de la question 5.
8. Toujours avec et , démontrer que, pour tout ,
Commenter la vitesse de convergence observée à la question 7.
Bloqué sur « Suites de nombres réels » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.