ECG approfondies · Chapitre 05 · Premier semestre

Fonctions réelles d'une variable réelle

1re année

Limite, continuité, étude globale sur un intervalle, dérivation, intégration sur un segment.

Ce qu'il faut savoir faire

  • Limite
  • Continuité
  • Étude globale sur un intervalle
  • Dérivation
  • Intégration sur un segment

Le cours

Le chapitre précédent a refondé la notion de limite pour les suites. Celui-ci fait le même travail pour les fonctions, et c'est le chapitre le plus important du premier semestre : tout ce qui suivra en analyse, en probabilités continues et en optimisation s'y appuie. La difficulté n'est pas dans les objets, que vous connaissez depuis le lycée, mais dans le niveau d'exigence. En terminale, « tend vers en » se lisait sur une courbe ; ici, c'est un énoncé quantifié que l'on démontre. En terminale, le théorème des valeurs intermédiaires était admis et illustré ; ici, il se démontre, et sa démonstration est exigible.

Le passage des suites aux fonctions apporte une nouveauté et une difficulté. La nouveauté, c'est que la variable ne se contente plus de tendre vers : elle peut tendre vers n'importe quel réel , par la droite ou par la gauche, ce qui multiplie les cas de figure. La difficulté, c'est que cette variable prend toutes les valeurs réelles autour de , et non plus seulement des valeurs entières : on ne peut donc plus raisonner « à partir d'un certain rang », mais « à distance assez petite de ». Le rang des suites devient le réel des fonctions. Tout le reste est identique, y compris les démonstrations, et vous reconnaîtrez au passage le théorème d'encadrement, les théorèmes de comparaison et le théorème de la limite monotone.

Le plan est le suivant. La section met en place le vocabulaire : ensemble de définition, opérations, monotonie, parité, fonctions bornées. La section passe en revue les fonctions usuelles autorisées dans la filière : polynômes et fractions rationnelles, racine carrée, valeur absolue, partie entière, exponentielle, logarithme et puissances réelles. La section définit la limite et donne tout l'arsenal de calcul. La section traite la continuité, le théorème des valeurs intermédiaires et le théorème de la bijection. Les sections et , consacrées à la dérivation et à l'intégration sur un segment, viennent ensuite : chaque fois que nous aurons besoin d'un résultat qui en relève, en particulier d'une formule de dérivation, nous le signalerons explicitement par un renvoi.

Un mot sur le cadre. Les nombres complexes et les fonctions trigonométriques ne sont pas au programme de la voie ECG : ils n'apparaîtront donc nulle part. Les outils d'analyse asymptotique enseignés au second semestre ne sont pas davantage utilisables ici : tout ce qui suit se démontre avec les seules définitions de ce chapitre. Enfin, la construction de est hors programme : l'existence de la borne supérieure d'une partie non vide et majorée de est admise, comme au chapitre précédent, et nous nous en servirons abondamment.

Voici les notations employées dans tout le chapitre.

NotationSignification
ensemble de définition de
courbe représentative de
, intervalles de , non vides et non réduits à un point
intervalle ouvert de bornes et
segment, c'est-à-dire intervalle fermé borné
partie entière du réel
, réels strictement positifs, « aussi petits que l'on veut »
réciproque d'une bijection (jamais )
composée :
fin d'une démonstration

Généralités sur les fonctions numériques

Ensemble de définition et courbe représentative

Définition

Une fonction numérique d'une variable réelle est la donnée d'une partie de et d'un procédé qui, à tout réel de , associe un unique réel noté . On note

L'ensemble s'appelle l'ensemble de définition de et se note . Le réel est l'image de par .

Lorsque la fonction est donnée par une formule sans que l'ensemble de définition soit précisé, on convient que est l'ensemble des réels pour lesquels la formule a un sens. Déterminer cet ensemble est toujours la première question d'une étude de fonction, et l'oublier fait perdre des points à tous les concours.

Définition

La courbe représentative de , dans un repère du plan, est l'ensemble

Remarque

Une partie du plan est la courbe représentative d'une fonction si et seulement si toute droite verticale la coupe en au plus un point. C'est la traduction graphique de l'unicité de l'image : un réel ne peut pas avoir deux images.

En revanche, une droite horizontale peut couper autant de fois que l'on veut : un réel peut avoir plusieurs antécédents. Le nombre d'antécédents d'un réel , c'est-à-dire le nombre de solutions de l'équation , est précisément la question à laquelle répondront le théorème des valeurs intermédiaires et le théorème de la bijection en section .

Méthode

Déterminer un ensemble de définition. On recense toutes les contraintes, puis on prend leur intersection.

  1. Dénominateur : tout dénominateur doit être non nul.
  2. Racine carrée : la quantité sous le radical doit être positive ou nulle.
  3. Logarithme : l'argument de doit être strictement positif.
  4. Puissance réelle : dans avec non entier, on doit avoir (voir la sous-section ).
  5. Traduire chaque contrainte par une inéquation, la résoudre, puis intersecter tous les ensembles obtenus.

Exemple

a. Soit . Deux contraintes : , soit , et , soit . Donc

b. Soit . La contrainte est , c'est-à-dire . Un trinôme de coefficient dominant positif est strictement positif à l'extérieur de ses racines, donc

c. Soit . Il faut pour le logarithme, et , c'est-à-dire . Donc .

Définition

Soient et deux fonctions et une partie de . On dit que et coïncident sur lorsque pour tout de . On dit que et sont égales lorsque et qu'elles coïncident sur cet ensemble commun.

Si , la restriction de à , notée , est la fonction définie sur par .

Remarque

L'égalité de deux fonctions exige l'égalité des ensembles de définition. Ainsi les fonctions et ne sont pas égales : la première n'est pas définie en , la seconde l'est. Elles coïncident seulement sur . Cette distinction, qui semble tatillonne, est exactement ce qui rend le prolongement par continuité intéressant (sous-section ).

Opérations sur les fonctions

Définition

Soient et deux fonctions et un réel. On définit :

  • la somme par , sur ;
  • le produit par un scalaire par , sur ;
  • le produit par , sur ;
  • le quotient par , sur .

Définition

Soient et deux fonctions. La composée est définie par

On dit que est la fonction intérieure et la fonction extérieure.

Remarque

Il faut être attentif à deux points.

La composition n'est pas commutative. Avec et , on obtient tandis que . Ces deux fonctions ne coïncident qu'en .

L'ensemble de définition d'une composée n'est pas . Pour et , la composée n'est définie que sur , bien que soit définie sur tout entier : il faut que l'image tombe dans .

Propriété

Soient et deux fonctions définies sur une même partie . Les fonctions et , définies sur par et de même pour le minimum, vérifient

Démonstration. Soit . Si , alors , donc

Si , alors , et le même calcul donne , qui est encore le maximum. La formule pour le minimum s'obtient de même, ou en remarquant que .

Monotonie

Définition

Soit une fonction définie sur un intervalle . On dit que est :

  • croissante sur lorsque ;
  • décroissante sur lorsque ;
  • strictement croissante sur lorsque ;
  • strictement décroissante sur lorsque ;
  • monotone (respectivement strictement monotone) sur lorsqu'elle est croissante ou décroissante (respectivement strictement croissante ou strictement décroissante) sur .

Remarque

La monotonie est une propriété relative à un intervalle, jamais à un point, et elle n'est pas locale : est strictement décroissante sur et strictement décroissante sur , mais elle n'est pas décroissante sur . En effet alors que . On ne recolle jamais deux intervalles de monotonie séparés par une valeur interdite.

Propriété

Stricte monotonie et injectivité. Si est strictement monotone sur un intervalle , alors est injective sur : deux réels distincts de ont des images distinctes.

Démonstration. Supposons strictement croissante, et soient et deux éléments distincts de . L'ordre sur étant total, on a ou . Dans le premier cas , dans le second : dans les deux cas . Le cas décroissant est identique.

Cette propriété est la moitié du théorème de la bijection (sous-section ) : la stricte monotonie donne l'injectivité, la continuité donnera la surjectivité sur l'image.

Propriété

Monotonie d'une composée, ou règle des signes. Soient et deux intervalles, telle que , et .

  • Si et sont monotones de même sens, alors est croissante sur .
  • Si et sont monotones de sens contraires, alors est décroissante sur .

Si de plus et sont strictement monotones, alors est strictement monotone.

Démonstration. Traitons le cas où est croissante sur et décroissante sur , les trois autres cas étant en tous points analogues. Soient et dans avec . La croissance de donne . Ces deux réels appartiennent à puisque , donc la décroissance de s'applique et donne

c'est-à-dire . Ainsi est décroissante sur .

Pour la version stricte, on reprend le même raisonnement avec : la stricte croissance de donne , et la stricte décroissance de donne alors .

Méthode

Étudier la monotonie sans utiliser la dérivée. La dérivation n'intervient qu'en section , et beaucoup d'exercices se traitent plus vite sans elle.

  1. Décomposer en fonctions usuelles et appliquer la règle des signes ci-dessus, en précisant à chaque étape l'intervalle et le sens de variation.
  2. Additionner : une somme de deux fonctions croissantes est croissante ; si l'une des deux est strictement croissante, la somme l'est aussi.
  3. Comparer et directement, en étudiant le signe de pour quelconques.
  4. Attention : il n'existe aucune règle pour le produit ni pour le quotient de deux fonctions monotones. On passe par la décomposition ou par le calcul direct.

Exemple

a. Soit sur . La fonction est strictement croissante de sur , la fonction racine carrée est strictement croissante sur à valeurs dans , et la fonction inverse est strictement décroissante sur . On compose : deux croissances puis une décroissance, donc est strictement décroissante sur .

b. Soit sur . Les fonctions et sont strictement croissantes sur , et est constante : est donc strictement croissante sur comme somme.

c. Soit sur . Le quotient ne se traite pas directement ; on écrit . Sur cet intervalle, est strictement croissante à valeurs strictement positives, donc est strictement décroissante, donc son opposée est strictement croissante, et aussi.

Parité et périodicité

Définition

Soit une fonction dont l'ensemble de définition est symétrique par rapport à , c'est-à-dire tel que .

  • est paire lorsque ;
  • est impaire lorsque .

Propriété

Soit une fonction définie sur un ensemble symétrique par rapport à .

  • Si est paire, sa courbe est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées.
  • Si est impaire, sa courbe est symétrique par rapport à l'origine du repère. De plus, si , alors .

Démonstration. Le symétrique du point par rapport à l'axe des ordonnées est . Si est paire et si , alors , donc le point appartient à : c'est bien . Le symétrique de par rapport à l'origine est , et si est impaire, montre de même que . Enfin, si est impaire et définie en , la relation s'écrit , d'où puis .

Méthode

Exploiter une symétrie. Lorsque est paire ou impaire, on restreint l'étude à , puis on complète la courbe par la symétrie correspondante. Le travail est divisé par deux. La rédaction attendue tient en une phrase, placée juste après la détermination de : « L'ensemble est symétrique par rapport à et, pour tout de , : la fonction est paire, on l'étudie sur et l'on complète par symétrie d'axe . »

Exemple

a. est définie sur , symétrique par rapport à , et

la fonction est impaire.

b. est définie sur , et : la fonction est paire.

c. n'est ni paire ni impaire : n'est égal ni à , ni à .

d. La fonction nulle est à la fois paire et impaire, et c'est la seule.

Définition

Soit un réel strictement positif. Une fonction est périodique de période (ou -périodique) lorsque

Son étude se restreint alors à un intervalle de longueur , la courbe se complétant par translations successives de vecteur .

Exemple

La fonction , appelée partie fractionnaire, est définie sur et -périodique. En effet, pour tout réel , on a (voir la sous-section ), donc

Sur , elle coïncide avec ; la courbe est donc une succession de segments de pente , reproduits à l'identique sur chaque intervalle avec .

Fonctions majorées, minorées, bornées

Définition

Soit une fonction et une partie de . On dit que est :

  • majorée sur lorsqu'il existe un réel tel que ;
  • minorée sur lorsqu'il existe un réel tel que ;
  • bornée sur lorsqu'elle est à la fois majorée et minorée sur .

Remarque

L'ordre des quantificateurs est essentiel : le majorant est choisi avant , donc il ne dépend pas de . Écrire « pour tout , il existe tel que » ne dit rien du tout, puisqu'il suffit de prendre .

Dire que est majorée sur revient exactement à dire que la partie de est majorée. On ramène ainsi tout le vocabulaire des fonctions à celui des parties de , vu au chapitre précédent.

Propriété

Caractérisation par la valeur absolue. Soit définie sur . La fonction est bornée sur si et seulement s'il existe un réel tel que

Démonstration. Supposons qu'un tel existe. Pour tout de , l'encadrement montre que est majorée par et minorée par , donc bornée.

Réciproquement, supposons bornée : il existe et tels que pour tout de . Posons , réel positif. Pour , on a d'une part , d'autre part . Donc , soit .

Définition

Soit définie sur et .

  • admet un maximum global sur en lorsque . Le réel est alors le maximum de sur , noté .
  • admet un maximum local en lorsqu'il existe tel que

On définit de même le minimum global et le minimum local. Un extremum est un maximum ou un minimum.

Remarque

Un extremum global est un extremum local, la réciproque étant fausse : un maximum local n'est le plus grand que « près de ». On dit parfois qu'un maximum local est un « sommet de colline » et le maximum global « le sommet du massif ».

Attention à ne pas confondre l'extremum, qui est une valeur , et le point il est atteint. On dit « atteint son maximum en , et ce maximum vaut ».

Propriété

Lien avec la borne supérieure. Soit définie sur non vide.

  1. Si est majorée sur , la partie est non vide et majorée : elle admet donc une borne supérieure, que l'on note .
  2. La fonction admet un maximum global sur si et seulement si appartient à , c'est-à-dire est atteint. Dans ce cas, .

Le point est le cœur du problème : une fonction majorée possède toujours une borne supérieure, mais pas toujours un maximum. La fonction sur est majorée par , sa borne supérieure vaut , et pourtant elle ne prend jamais la valeur : elle n'a pas de maximum. C'est précisément l'insuffisance que le théorème des bornes atteintes (sous-section ) viendra combler, au prix d'hypothèses fortes.

Méthode

Montrer qu'une fonction est bornée. Trois voies, par ordre de fréquence.

  1. Encadrer directement à partir d'inégalités connues sur les fonctions usuelles : , , , et ainsi de suite.
  2. Majorer par une constante, en utilisant l'inégalité triangulaire et en majorant chaque morceau séparément.
  3. Invoquer le théorème des bornes atteintes lorsque est continue sur un segment : c'est immédiat, mais l'hypothèse de segment est indispensable (sous-section ).

Exemple

Montrons que est bornée sur , et déterminons ses extremums.

Soit . Le carré est positif, donc en développant, , c'est-à-dire

Comme , on peut diviser sans changer le sens, ce qui donne

La fonction est donc bornée, et pour tout réel .

Ces deux bornes sont atteintes : et . Ainsi admet pour maximum global, atteint en , et pour minimum global, atteint en . On a donc ici .

Les fonctions usuelles

Cette section rassemble les fonctions autorisées dans la filière et les propriétés que l'on utilisera sans les redémontrer. Deux avertissements sur son statut. D'une part, les limites qui y figurent sont celles du lycée : la définition rigoureuse de la limite fait l'objet de la section , et l'on s'y reportera pour toute justification. D'autre part, les dérivées sont rappelées pour mémoire, parce qu'elles sont indispensables dès les premiers exercices ; leur définition et leurs règles de calcul sont l'objet de la section . Les variations, elles, sont établies ici sans dérivation, à partir des propriétés algébriques.

Fonctions polynomiales et rationnelles

Définition

Une fonction polynomiale est une fonction de la forme

et sont des réels avec . L'entier est son degré, et son terme dominant. Une telle fonction est définie sur tout entier.

Une fonction rationnelle est un quotient de deux fonctions polynomiales, avec non nulle. Elle est définie sur privé des racines de , qui sont en nombre fini.

Propriété

Limites en l'infini. Une fonction polynomiale a, en et en , la même limite que son terme dominant. Une fonction rationnelle a, en et en , la même limite que le quotient des termes dominants du numérateur et du dénominateur.

Démonstration. Soit avec et . Pour , on factorise le terme dominant :

Chacun des termes de la parenthèse, sauf le premier, tend vers lorsque tend vers , donc la parenthèse tend vers . Le produit a donc la même limite que . Pour une fonction rationnelle, on applique ce procédé au numérateur et au dénominateur, puis on simplifie le quotient des deux facteurs mis en évidence.

Exemple

a. , car et .

b. Étudions en . Pour ,

c. .

Les deux fonctions de référence sont et . Voici leurs variations.

Plus généralement, pour , la fonction est strictement croissante sur ; elle est paire si est pair, impaire si est impair. Sa dérivée est , et celle de est (section ).

La fonction racine carrée

Définition

Pour tout réel , il existe un unique réel positif dont le carré vaut : on l'appelle la racine carrée de et on le note . La fonction racine carrée est ainsi définie sur , à valeurs dans , et caractérisée par

L'existence et l'unicité affirmées dans cette définition ne sont pas des évidences : elles se démontrent en appliquant le théorème de la bijection à sur , ce que nous ferons en sous-section .

Propriété

Soient et deux réels positifs.

  • , et si ;
  • pour tout réel , ; en particulier si et seulement si ;
  • ;
  • la fonction racine carrée est strictement croissante sur , donc ;
  • .

Démonstration de la première égalité. Les réels et sont tous deux positifs, et leurs carrés valent respectivement et . Par unicité de la racine carrée de , ils sont égaux. Pour : le réel est positif et son carré vaut , donc c'est la racine carrée de .

Remarque

Il n'existe aucune formule pour . L'égalité est fausse en général : pour , elle donnerait . On a en réalité , car en élevant au carré les deux membres, qui sont positifs, on compare à .

La fonction racine carrée est définie en mais n'y est pas dérivable : sa courbe y admet une demi-tangente verticale. Sur , sa dérivée vaut (section ).

Méthode

La quantité conjuguée. Dès qu'apparaît une différence de la forme , avec et positifs non tous deux nuls, on multiplie et divise par la somme :

Les racines disparaissent du numérateur. C'est l'outil de référence pour lever les formes indéterminées du type faisant intervenir des racines.

Exemple

Calcul de . C'est une forme indéterminée . Pour , on multiplie par la quantité conjuguée :

Comme , on a , donc en factorisant au dénominateur,

La valeur absolue

Définition

La valeur absolue d'un réel est le réel positif

Pour deux réels et , le réel s'appelle la distance de à .

Propriété

Pour tous réels et :

  • , et ;
  • , , et si ;
  • et ;
  • et ;
  • inégalité triangulaire : ;
  • inégalité triangulaire renversée : .

Propriété

Caractérisation fondamentale. Soit un réel positif. Pour tout réel ,

En particulier, pour tous réels et ,

Démonstration. Supposons . Puisque , on obtient ; puisque , on obtient , soit . Réciproquement, si , alors et , donc , c'est-à-dire . La seconde équivalence s'obtient en appliquant la première à puis en ajoutant aux trois membres.

Cette équivalence est la clé de lecture de toute la section : « est à distance au plus de » et « appartient à l'intervalle » disent exactement la même chose.

Méthode

Supprimer une valeur absolue. On ne calcule jamais avec des valeurs absolues : on s'en débarrasse d'abord.

  1. Repérer les points d'annulation de chaque expression figurant dans une valeur absolue.
  2. Découper en intervalles délimités par ces points.
  3. Sur chaque intervalle, déterminer le signe de chaque expression et remplacer par ou par .
  4. Recoller et vérifier la cohérence aux points de raccordement, en évaluant les deux expressions.

Exemple

a. Une inéquation. Résolvons . La caractérisation donne

L'ensemble des solutions est .

b. Une expression par morceaux. Écrivons sans valeur absolue. Les points d'annulation sont et .

Pour : et , donc .

Pour : et , donc .

Pour : les deux quantités sont positives, donc .

Vérification aux raccords. En : , ce qui coïncide avec la valeur du deuxième morceau. En : d'un côté, de l'autre. Les morceaux se recollent, et l'on lit au passage que admet pour minimum global, atteint en tout point de .

Remarque

La fonction valeur absolue est définie sur et continue sur , mais elle n'est pas dérivable en : sa courbe y présente un point anguleux. Sur , sa dérivée vaut , c'est-à-dire pour et pour (section ).

La partie entière

Définition

Soit un réel. Il existe un unique entier relatif tel que . Cet entier s'appelle la partie entière de et se note .

Propriété

Encadrement fondamental. Pour tout réel ,

De plus :

  • , pour ;
  • si et seulement si ;
  • pour tout , ;
  • la fonction partie entière est croissante au sens large sur , constante sur chaque intervalle avec .

Démonstration de la troisième propriété. Soit . L'encadrement donne, en ajoutant ,

Comme est un entier relatif, l'unicité dans la définition impose .

La courbe est en escalier : sur chaque intervalle , elle est constante égale à , et elle « saute » d'une unité en chaque entier.

Courbe en escalier de la fonction partie entière, chaque palier fermé à gauche et ouvert à droite

Intervalle contenant

Exemple

, , , et surtout : la partie entière n'est pas obtenue en supprimant les décimales. Il faut le plus grand entier inférieur ou égal à , et est strictement supérieur à .

Attention également : n'est pas en général. Pour , le membre de gauche vaut et celui de droite .

Remarque

La fonction partie entière est le contre-exemple du chapitre. Elle n'est pas continue en un entier : sa limite à gauche en vaut , sa limite à droite et sa valeur valent (sous-sections et ). Elle est en revanche continue en tout point non entier, et constante donc de dérivée nulle sur chaque .

Exemple

Un encadrement utile. Pour tout réel , l'encadrement fondamental donne , donc en divisant par ,

Nous en déduirons en sous-section , par le théorème d'encadrement, que tend vers en . Autrement dit, la partie entière est « asymptotiquement égale » à son argument, alors même qu'elle en diffère d'une quantité pouvant approcher .

La fonction exponentielle

Définition

On admet l'existence d'une unique fonction dérivable sur , égale à sa propre dérivée et prenant la valeur en . On l'appelle fonction exponentielle et on la note , ou . On pose , dont une valeur approchée est .

La notion de dérivée intervenant dans cette caractérisation est reprise en section ; on peut à ce stade se contenter de la définition du lycée.

Propriété

Pour tous réels et et tout entier relatif :

  • et : l'exponentielle ne s'annule jamais ;
  • , , , ;
  • est strictement croissante sur , donc et ;
  • et ;
  • réalise une bijection de sur ;
  • la dérivée de est (section ).

Propriété

Inégalité fondamentale de l'exponentielle, admise ici. Pour tout réel ,

avec égalité si et seulement si . Autrement dit, la courbe de l'exponentielle est toujours située au-dessus de la droite d'équation .

Cette inégalité se démontre en une ligne dès que l'on dispose de la dérivation : il suffit d'étudier les variations de , dont la dérivée est négative sur et positive sur (voir la section ). Nous l'admettons ici, et nous nous en servons librement.

Exemple

Résolvons l'équation . Posons , qui parcourt lorsque parcourt . Comme , l'équation devient

Le discriminant vaut , et les racines sont et . Ces deux valeurs sont strictement positives, donc toutes deux acceptables. On revient à :

L'ensemble des solutions est . Vérification pour : , et .

Le logarithme népérien

Définition

La fonction exponentielle réalisant une bijection de sur , elle admet une fonction réciproque, définie sur et à valeurs dans : c'est le logarithme népérien, noté . Il est caractérisé par

En particulier pour tout , et pour tout réel .

Propriété

Pour tous réels et et tout entier relatif :

  • et ;
  • , , , ;
  • est strictement croissante sur , donc et ;
  • , et ;
  • et ;
  • la dérivée de sur est (section ).

Démonstration de la relation fonctionnelle. Soient et . Les réels et existent, et

Ainsi est un réel dont l'exponentielle vaut ; par définition du logarithme comme réciproque de l'exponentielle, cela signifie exactement . En appliquant ce résultat à , on obtient , d'où , puis la formule du quotient. La formule s'en déduit par récurrence sur , puis s'étend aux entiers négatifs par la formule de l'inverse.

Propriété

Inégalité fondamentale, admise ici. Pour tout réel ,

avec égalité si et seulement si . En particulier, pour tout .

Cette inégalité est la traduction de par passage au logarithme : en posant , l'inégalité s'écrit . Elle se démontre aussi directement par l'étude de (section ).

Méthode

Résoudre une équation ou une inéquation avec ou .

  1. Déterminer d'abord l'ensemble de définition : tous les arguments de logarithmes doivent être strictement positifs. Cette étape n'est pas facultative, elle élimine des solutions parasites.
  2. Regrouper les logarithmes en un seul, à l'aide des relations fonctionnelles, ou poser pour se ramener à une équation algébrique.
  3. Composer par la réciproque : l'équivalence n'est valable que si et . Pour une inéquation, la stricte croissance conserve le sens ; il n'y a jamais de changement de sens avec ou .
  4. Confronter les solutions trouvées à l'ensemble de définition de l'étape , et conclure.

Exemple

a. Une équation logarithmique. Résolvons .

Ensemble de définition. Il faut et , donc .

Résolution. Pour , l'équation s'écrit , soit, par stricte croissance de , , c'est-à-dire . Le discriminant vaut , et les racines sont et .

Conclusion. Seule vérifie . L'ensemble des solutions est . Vérification : .

b. Une inéquation exponentielle. Résolvons . Comme (sous-section ), l'inéquation équivaut à , puis, par stricte croissance de , à . Comme , on divise sans changer le sens :

L'ensemble des solutions est . Une valeur approchée du seuil est , ce qui est cohérent avec .

Puissances réelles

Définition

Soient et un réel. On pose

Pour fixé, la fonction est ainsi définie sur , à valeurs strictement positives.

Soient et un réel. On pose de même

Pour fixé, la fonction est définie sur tout entier.

Remarque

Ces deux notations coïncident avec celles du lycée : si est un entier naturel, on retrouve bien , et , puisque le carré de vaut .

Le point de vigilance est le domaine. Pour non entier, n'a de sens que pour : l'écriture est interdite dans ce cours, même si l'on « sait » que . En revanche pour garde son sens usuel sur ou .

Propriété

Pour tous réels , et tous réels , :

  • , , ;
  • et ;
  • ;
  • et ;
  • la dérivée de sur est , et celle de sur est (section ).

Démonstration de la première formule. Par définition et par la relation fonctionnelle de l'exponentielle,

Pour la formule de composition, , en utilisant .

Propriété

Variations et limites de sur .

  • Si : strictement croissante, et .
  • Si : strictement décroissante, et .
  • Si : constante égale à .

Démonstration. La fonction est strictement croissante sur , la fonction est strictement croissante si et strictement décroissante si , enfin est strictement croissante. La règle des signes pour la composée (sous-section ) donne immédiatement le sens de variation. Les limites s'obtiennent par composition à partir de celles de et de : par exemple, si , alors quand , donc .

Exemple

La fonction est strictement croissante sur , car et . Ses limites sont en et en .

La fonction est au contraire strictement décroissante, puisque . Ses limites sont en et en . C'est le comportement des suites géométriques de raison , prolongé aux exposants réels.

Tableau récapitulatif

FonctionEnsemble de définitionDérivée
,
, dérivable sur
, dérivable sur
, dérivable sur
,
,

Limites

Limite finie en un point

Dans toute cette section, désigne une fonction et un réel qui est soit un point de , soit une extrémité d'un intervalle contenu dans . Cette précision, un peu lourde, sert uniquement à garantir qu'il y a des points de aussi près de que l'on veut : sans elle, la phrase « est proche de quand est proche de » serait vide de sens.

Définition

Soit un réel. On dit que admet pour limite en , et l'on écrit , lorsque

Il faut lire cette phrase mot à mot, dans l'ordre, car l'ordre des quantificateurs est tout.

« Pour tout » : on se donne une marge de tolérance sur l'image, aussi petite que l'on veut. C'est l'adversaire qui la choisit, et il peut être aussi exigeant qu'il le souhaite.

« il existe » : à cette exigence, on doit répondre par une marge de manœuvre sur la variable. Ce dépend en général de , et c'est normal : plus la tolérance est petite, plus il faudra se rapprocher de , donc plus sera petit. En revanche ne dépend pas de , puisqu'il est choisi avant lui.

« pour tout » : la conclusion doit valoir pour tous les points du domaine situés assez près de , sans exception.

« » : c'est le contrat. Dès que est à distance au plus de , son image est à distance au plus de . Avec la caractérisation de la sous-section , cela s'écrit aussi : dès que , on a .

Remarque

Deux conventions doivent être signalées.

D'une part, nous employons des inégalités larges ( et ), comme au chapitre sur les suites. Remplacer l'une ou l'autre par une inégalité stricte donne une définition équivalente : il suffit de remplacer par pour passer de l'une à l'autre.

D'autre part, la valeur n'est pas exclue de l'implication. Par conséquent, si et si admet une limite en , alors nécessairement : en effet, l'implication appliquée à donne pour tout , donc . Cette remarque, apparemment anodine, signifie que pour un point du domaine, « avoir une limite » et « être continue » sont la même chose (section ).

Méthode

Démontrer une limite en revenant à la définition. C'est l'exercice de base, et la seule méthode disponible tant que l'on ne dispose pas des théorèmes des sous-sections suivantes.

  1. Se donner quelconque : la rédaction commence par « Soit ».
  2. Majorer par une expression simple de , valable pour assez proche de ; on s'autorise pour cela à supposer d'emblée , par exemple.
  3. Résoudre l'inéquation « expression simple » et en déduire une valeur explicite de .
  4. Rédiger dans le bon ordre : « Posons Soit tel que . Alors . »
  5. Conclure : « donc quand ».

Exemple

Montrons que .

Soit . Pour tout réel ,

Posons . Soit tel que . Alors

La définition est vérifiée, donc quand .

Exemple

Montrons que .

Soit . Pour tout réel , on a . Le second facteur n'est pas constant : il faut le majorer. Supposons pour cela , c'est-à-dire ; alors , donc et

Posons . Soit tel que . Comme , la majoration ci-dessus s'applique, et comme ,

Donc quand . Le procédé consistant à prendre le minimum entre une contrainte de travail et la contrainte issue de est absolument standard.

Les autres cas de limite

Les huit autres définitions se déduisent de la précédente en remplaçant « être à distance au plus de » par « dépasser », et « être à distance au plus de » par « dépasser ». Il n'y a rien de plus à comprendre, mais tout à savoir écrire.

Limite infinie en un point .

ÉnoncéTraduction quantifiée

Limite en .

ÉnoncéTraduction quantifiée

Limite en .

ÉnoncéTraduction quantifiée

Définition

Une fonction qui admet une limite finie en est dite convergente en . Dans tous les autres cas, y compris celui d'une limite infinie, on dit qu'elle diverge en .

Exemple

Montrons que , en revenant à la définition (adaptée à une limite à droite, voir la sous-section suivante).

Soit . Posons . Soit tel que . Par décroissance de la fonction inverse sur ,

La définition est vérifiée. On notera que la traduction « dépasse » a été obtenue en résolvant l'inéquation , qui donne pour : c'est toujours ainsi qu'on trouve le .

Limite à droite, limite à gauche

Définition

Soit un réel. On dit que admet pour limite à droite en , et l'on note , lorsque la restriction de à admet pour limite en , c'est-à-dire lorsque

On définit de même la limite à gauche, notée , en remplaçant la condition par . Ces définitions s'adaptent au cas d'une limite infinie.

Propriété

Limite et limites latérales. Soit un réel tel que soit définie à gauche et à droite de .

  1. Si , alors admet pour limite en si et seulement si admet pour limite à droite en et pour limite à gauche en .
  2. Si , alors admet pour limite en si et seulement si

Démonstration. Le sens direct est clair dans les deux cas : si l'implication de la définition vaut pour tous les à distance au plus de , elle vaut en particulier pour ceux qui sont strictement à droite, pour ceux qui sont strictement à gauche, et pour lui-même lorsque , ce qui impose alors comme on l'a vu en .

Réciproquement, plaçons-nous dans le cas et soit . La limite à droite fournit tel que , et la limite à gauche fournit tel que . Posons et soit avec . Trois cas : si , la première implication s'applique ; si , c'est la seconde ; et si , l'hypothèse donne . Dans tous les cas . Le cas se traite de même en supprimant le troisième cas.

Exemple

a. Pour , on a et . Les deux limites latérales existent mais diffèrent : n'a pas de limite en .

b. Pour la partie entière et : sur , on a , donc . Sur , on a , donc , et . Les deux limites latérales existent, valent et , donc diffèrent : la partie entière n'a pas de limite en .

c. Pour , définie sur : si et si . Ainsi et : pas de limite en .

Unicité de la limite

Propriété

Unicité de la limite. Si admet une limite en , alors cette limite est unique. On peut donc légitimement écrire et parler de la limite de en .

Démonstration. Nous traitons le cas de deux limites finies en un réel , les autres cas étant analogues. Raisonnons par l'absurde : supposons que admette deux limites et en , avec .

Le réel est alors strictement positif. Posons

La définition de la limite appliquée à ce fournit tel que, pour tout ,

La définition de la limite appliquée au même fournit tel que, pour tout ,

Posons , qui est strictement positif. Puisque appartient à ou en est une extrémité, il existe au moins un réel tel que : c'est ici que sert l'hypothèse faite sur au début de la section. Les deux implications s'appliquent à ce , et l'inégalité triangulaire donne

En soustrayant aux deux membres, il vient , donc , donc , c'est-à-dire . C'est contradictoire avec l'hypothèse .

L'hypothèse de départ est donc absurde : la limite est unique.

Remarque

Le choix de n'a rien de magique : n'importe quel diviseur strictement supérieur à convient, puisqu'il suffit d'aboutir à une inégalité avec . Avec des inégalités strictes dans la définition, suffirait.

Opérations sur les limites

Dans les tableaux qui suivent, et désignent des réels, et « FI » signale une forme indéterminée, c'est-à-dire un cas où aucune conclusion générale n'est possible : il faut alors transformer l'expression. Les résultats valent en un point comme en .

Limite d'une somme .

\
FI
FI

Limite d'un produit .

\
FI
FI

Dans ce tableau, les signes des limites infinies obéissent à la règle des signes du produit de deux réels.

Limite d'un quotient .

\ ou
FI
FI

La notation signifie que tend vers en restant strictement positive au voisinage du point considéré, et en restant strictement négative. Cette précision est indispensable : sans elle, on ne peut pas déterminer le signe de l'infini obtenu, et le quotient peut même n'avoir aucune limite.

Propriété

Les quatre formes indéterminées. Les quatre cas d'échec des tableaux précédents sont

Aucune de ces écritures n'est un calcul : chacune impose de transformer l'expression avant de pouvoir conclure.

Remarque

Les formes , et , parfois mentionnées, ne sont pas nouvelles : elles se ramènent aux précédentes en écrivant, pour ,

ce qui transforme l'exposant en un produit de la forme .

Méthode

Lever une forme indéterminée. Quatre techniques couvrent la quasi-totalité des cas de ce chapitre.

  1. Factoriser par le terme dominant, au numérateur et au dénominateur, puis simplifier. C'est la technique pour les fonctions rationnelles en .
  2. Factoriser puis simplifier la racine gênante : en un point où numérateur et dénominateur s'annulent tous les deux, ils sont tous deux divisibles par .
  3. Multiplier par la quantité conjuguée dès qu'une différence de racines carrées apparaît.
  4. Invoquer les croissances comparées (sous-section ) dès que se rencontrent une exponentielle, une puissance et un logarithme.

Exemple

a. Forme par factorisation. Calculons . Le numérateur et le dénominateur s'annulent en . On factorise :

Le quotient obtenu n'est plus indéterminé et tend vers quand . Donc la limite cherchée vaut .

b. Forme par la conjuguée. Calculons . Pour et ,

Cette dernière expression tend vers quand .

c. Un quotient avec signe à déterminer. Calculons . Le numérateur tend vers , le dénominateur vers en restant strictement positif puisque . Le tableau donne donc . À gauche, , et la limite vaut .

Composition des limites

Propriété

Limite d'une composée. Soient et deux fonctions telles que soit définie au voisinage de . Soient , et éléments de ou égaux à ou . Si

alors

Méthode

Rédiger un changement de variable dans une limite. La rédaction attendue tient en trois lignes.

  1. Poser explicitement la variable intermédiaire : « posons ».
  2. Établir sa limite : « quand , on a ».
  3. Conclure par le théorème de composition : « or quand , donc par composition quand ».

Exemple

a. Calculons . Posons . Quand , cette fonction rationnelle a la même limite que , donc . Or quand . Par composition, la limite cherchée vaut .

b. Calculons . Posons . Quand , on a , donc . Or quand . Par composition, la limite vaut .

c. Calculons . Posons , qui tend vers . Or quand . La limite vaut donc , que l'on écrit aussi .

Théorèmes de comparaison et théorème d'encadrement

On dira qu'une propriété est vraie au voisinage de lorsqu'elle est vraie pour tous les de situés à distance assez petite de ; en , cela signifie « pour tout assez grand ». C'est une commodité de langage qui évite de répéter les quantificateurs.

Propriété

Théorème d'encadrement (dit « des gendarmes »). Soient , , trois fonctions et un réel. Si

  1. au voisinage de ,
  2. ,

alors admet une limite en et .

Démonstration. Soit . Par hypothèse appliquée à , il existe tel que, pour tout vérifiant , on ait , et en particulier

De même, il existe tel que entraîne , et en particulier

Enfin, l'hypothèse fournit tel que l'encadrement soit valable dès que .

Posons , qui est strictement positif comme minimum de trois réels strictement positifs. Soit tel que . Les trois conclusions précédentes s'appliquent simultanément, et en les enchaînant :

Ainsi , c'est-à-dire d'après la caractérisation de la sous-section .

Nous avons donc montré que pour tout il existe tel que : c'est exactement la définition de .

Propriété

Corollaire, très utilisé. S'il existe une fonction telle que

alors .

Démonstration. L'hypothèse s'écrit , soit . Les deux fonctions encadrantes tendent vers et : le théorème d'encadrement conclut.

Propriété

Théorèmes de comparaison. Soient et deux fonctions telles que au voisinage de .

  1. Si , alors .
  2. Si , alors .
  3. Passage à la limite dans une inégalité. Si et admettent des limites finies et en , alors .

Remarque

Le point mérite une mise en garde : les inégalités strictes ne se conservent pas par passage à la limite. On a bien pour tout , et pourtant , qui n'est pas strictement positif. La conclusion d'un passage à la limite est toujours une inégalité large.

Exemple

a. Montrons que . Pour , l'encadrement fondamental de la partie entière donne , donc en divisant par ,

Les deux membres extrêmes tendent vers quand . Par le théorème d'encadrement, le quotient tend vers .

b. Montrons que sans croissances comparées. Pour , on a , donc . Comme , le théorème de comparaison donne le résultat.

c. Un usage du corollaire. Soit pour . Comme pour , on a

qui tend vers en . Donc .

Théorème de la limite monotone

Propriété

Théorème de la limite monotone (admis). Soient et deux éléments de avec , et une fonction croissante sur .

  1. Si est majorée sur , alors admet une limite finie en , et
  1. Si n'est pas majorée sur , alors .

Symétriquement, en , la limite vaut si est minorée, et sinon.

Remarque

Ce théorème est le pendant exact, pour les fonctions, du théorème de la limite monotone démontré pour les suites. Sa portée est considérable : une fonction monotone admet toujours une limite en chacune des bornes de son intervalle, finie ou infinie. Il n'y a jamais de cas « pas de limite » pour une fonction monotone, contrairement à la partie fractionnaire ou à .

Pour une fonction décroissante sur , on applique le théorème à , qui est croissante : la limite en vaut alors si est minorée, et sinon.

Exemple

Soit sur . On a vu en que est strictement croissante. De plus, pour ,

donc est majorée par . Le théorème de la limite monotone garantit l'existence d'une limite finie en , égale à . Comme , cette limite vaut , et l'on a bien sans que ce supremum soit atteint : n'a pas de maximum.

Caractérisation séquentielle de la limite

Propriété

Caractérisation séquentielle de la limite. Soit un élément de . On a si et seulement si, pour toute suite d'éléments de convergeant vers , la suite tend vers .

Démonstration du sens direct. Supposons fini, et soit une suite d'éléments de convergeant vers . Soit . La définition de la limite de fournit tel que, pour tout , . Appliquons maintenant la définition de la limite de la suite avec ce dans le rôle du seuil : il existe un rang tel que, pour tout , . Pour un tel , l'implication donne . Ainsi . La réciproque est admise.

Méthode

Montrer qu'une fonction n'admet PAS de limite en . C'est l'usage principal de la caractérisation séquentielle, et il repose sur la contraposée.

  1. Construire deux suites et d'éléments de , toutes deux convergeant vers .
  2. Calculer et , et montrer que ces deux suites ont des limites différentes.
  3. Conclure : si avait une limite en , les deux suites images tendraient toutes deux vers , ce qui contredirait l'unicité de la limite d'une suite. Donc n'a pas de limite en .

Exemple

a. La partie entière en . Posons, pour , et . Ces deux suites tendent vers . Pour , on a , donc ; et , donc . Ainsi et . Ces limites diffèrent, donc la partie entière n'a pas de limite en .

b. Une fonction bornée sans limite. Soit pour . Posons et pour : ces deux suites sont strictement positives et tendent vers .

Pour la première, est entier, donc et : la suite tend vers .

Pour la seconde, , dont la partie entière vaut puisque . Donc : la suite tend vers .

Les deux limites diffèrent, donc n'a pas de limite en , bien qu'elle soit bornée : elle prend toutes les valeurs de dans tout voisinage de .

Remarque

La caractérisation séquentielle sert aussi dans l'autre sens, et c'est ainsi qu'on l'a rencontrée au chapitre sur les suites : elle autorise le passage à la limite dans une relation de récurrence. Si , si et si est continue en , alors , donc par unicité de la limite. C'est l'argument qui identifie la limite d'une suite récurrente comme un point fixe de .

Croissances comparées

Propriété

Croissances comparées (admises). Soit un réel strictement positif.

  • ;
  • ;
  • ;
  • pour tout .

La phrase à retenir résume les trois premières : l'exponentielle l'emporte sur toute puissance, qui l'emporte sur le logarithme. Peu importe la taille de l'exposant : même tend vers , et même tend vers .

Remarque

La dernière limite est énoncée avec un exposant entier parce que n'est défini que pour lorsque n'est pas entier (sous-section ) : l'écriture « en » n'aurait aucun sens pour . La version générale correcte est

que l'on obtient en posant , ce qui ramène à .

Propriété

Deux limites de taux d'accroissement (admises ici).

Ces deux limites ne sont pas des croissances comparées : ce sont les taux d'accroissement en des fonctions et , dont la limite est par définition le nombre dérivé en , qui vaut dans le premier cas et dans le second. Elles seront donc immédiates une fois la section acquise ; on les admet ici pour pouvoir s'en servir dès maintenant.

Méthode

Utiliser les croissances comparées. Le réflexe est toujours le même : factoriser par le terme le plus fort de l'échelle (l'exponentielle si elle est présente, sinon la plus grande puissance), puis reconnaître, parmi les facteurs restants, des quotients qui tendent vers d'après les limites ci-dessus. Une fois la factorisation faite, il ne reste aucune forme indéterminée.

Exemple

a. . En effet, pour ,

et la parenthèse tend vers d'après la première croissance comparée avec . Le carré tend donc vers .

b. . Pour , on factorise :

Le premier facteur tend vers , le second vers , donc le produit tend vers .

c. . On factorise au numérateur et au dénominateur :

puisque et tendent vers comme inverses de quantités tendant vers .

d. : c'est la deuxième croissance comparée avec . On retiendra que « l'emporte sur » aussi bien en qu'en .

Asymptotes

Définition

Soit la courbe représentative de .

  • Asymptote verticale. Si ou vaut ou , la droite d'équation est asymptote verticale à .
  • Asymptote horizontale. Si avec réel, la droite d'équation est asymptote horizontale à en . Même définition en .
  • Asymptote oblique. S'il existe deux réels et , avec , tels que

la droite d'équation est asymptote oblique à en . Même définition en .

Méthode

Rechercher une asymptote oblique en . On procède en trois temps, puis on conclut sur la position.

  1. Coefficient directeur. Calculer . Si cette limite est un réel non nul, poursuivre ; si elle vaut ou , il n'y a pas d'asymptote oblique.
  2. Ordonnée à l'origine. Calculer . Si cette limite est un réel , la droite est asymptote.
  3. Position relative. Étudier le signe de : la courbe est au-dessus de l'asymptote là où cette différence est positive, au-dessous là où elle est négative.

Pour une fonction rationnelle, ces trois étapes se remplacent avantageusement par la division euclidienne du numérateur par le dénominateur, qui donne directement la forme .

Exemple

Étude des asymptotes de , définie sur .

Division euclidienne. On écrit . En effet , et il reste bien . Donc, pour ,

Asymptote verticale. Quand , on a et , donc . De même quand . La droite est asymptote verticale.

Asymptote oblique. Comme en comme en , on a : la droite d'équation est asymptote oblique en et en .

Position relative. La différence est du signe de . La courbe est donc au-dessus de sur et au-dessous sur .

Contrôle par la méthode générale. On a , puis

On retrouve et .

Exemple

Une asymptote oblique avec une racine. Soit , définie pour , c'est-à-dire sur . En , on a et

donc . Ensuite, par la quantité conjuguée,

La droite d'équation est donc asymptote oblique à la courbe de en .

Continuité

Continuité en un point

Définition

Soit une fonction définie sur un intervalle et . On dit que est continue en lorsque admet une limite en , c'est-à-dire, d'après la remarque de la sous-section , lorsque

De façon quantifiée :

Définition

Avec les mêmes notations, on dit que est continue à droite en lorsque , et continue à gauche en lorsque .

Propriété

Soit un point intérieur à . La fonction est continue en si et seulement si elle est continue à droite et à gauche en .

C'est la traduction immédiate du théorème sur les limites latérales (sous-section ), point .

Propriété

Caractérisation séquentielle de la continuité. Soit définie sur et . La fonction est continue en si et seulement si, pour toute suite d'éléments de convergeant vers , la suite converge vers .

C'est la caractérisation séquentielle de la limite (sous-section ) appliquée à . On en retient la formule : une fonction continue échange la limite et l'image,

Exemple

a. La fonction partie entière est continue à droite en tout entier , puisque , mais elle n'est pas continue à gauche, puisque . Elle n'est donc pas continue en , et elle est continue en tout point non entier.

b. La fonction définie par pour et n'est continue ni à droite ni à gauche en : les limites latérales valent et , aucune des deux n'est égale à .

Prolongement par continuité

Définition

Soit définie sur , où , et supposons que admette une limite finie en . La fonction définie sur par

est continue en . On l'appelle le prolongement par continuité de en .

Méthode

Prolonger une fonction par continuité.

  1. Vérifier que n'appartient pas à mais qu'il en est une borne, et que est définie de part et d'autre (ou du côté utile).
  2. Calculer et vérifier qu'elle est finie : si elle est infinie ou n'existe pas, aucun prolongement continu n'est possible.
  3. Poser et rédiger la conclusion : « se prolonge par continuité en en posant ».
  4. En pratique, on note souvent encore la fonction prolongée, en le précisant.

Exemple

a. Le cas de référence : en . La fonction est définie sur , mais pas en . Or, d'après les croissances comparées (sous-section , deuxième limite avec ),

Cette limite étant finie, se prolonge par continuité en en posant . Le prolongement est défini sur et continu en . C'est ce prolongement que l'on utilise implicitement chaque fois qu'on étudie « sur ».

b. La fonction est définie sur . Comme (sous-section ), elle se prolonge par continuité en en posant .

c. Un cas où c'est impossible. La fonction n'admet pas de limite finie en : elle ne se prolonge pas par continuité en , quelle que soit la valeur qu'on lui attribue en ce point.

Continuité sur un intervalle

Définition

Soit définie sur un intervalle . On dit que est continue sur lorsqu'elle est continue en tout point de . Aux extrémités de qui appartiennent à , la continuité s'entend au sens de la continuité à droite ou à gauche, selon le côté.

Propriété

Opérations. Soient et deux fonctions continues sur un intervalle , et un réel. Alors :

  • , , et sont continues sur ;
  • si ne s'annule pas sur , alors est continue sur ;
  • et sont continues sur .

Propriété

Composition. Soient et deux intervalles, continue sur avec , et continue sur . Alors est continue sur .

Propriété

Les fonctions usuelles sont continues sur leur ensemble de définition : fonctions polynomiales, fonctions rationnelles, racine carrée, valeur absolue, exponentielle, logarithme, puissances et .

La seule exception rencontrée dans ce cours est la partie entière, continue seulement sur .

Méthode

Justifier la continuité d'une fonction. La rédaction attendue est brève, mais elle doit citer les théorèmes. On écrit par exemple : « La fonction est polynomiale donc continue sur , à valeurs dans ; la fonction est continue sur ; par composition, est continue sur . »

Trois réflexes : nommer la nature de chaque morceau, vérifier que l'image tombe bien dans le domaine de la fonction extérieure, et citer l'opération invoquée (somme, produit, quotient, composée).

Exemple

La fonction est continue sur . En effet, la fonction racine carrée est continue sur , la fonction exponentielle est continue sur , donc est continue comme somme, et elle ne s'annule jamais puisque . Le quotient de deux fonctions continues dont le dénominateur ne s'annule pas est continu.

Le théorème des valeurs intermédiaires

Propriété

Théorème des valeurs intermédiaires. Soit une fonction continue sur un segment , avec . Alors, pour tout réel compris entre et , il existe au moins un réel tel que

Une fonction continue sur un segment prend toutes les valeurs comprises entre f(a) et f(b), avec parfois plusieurs antécédents

La figure rappelle les deux points sur lesquels l'énoncé est avare : le théorème affirme l'existence d'au moins un antécédent, pas son unicité, et il ne dit rien de la façon de le calculer.

Démonstration. Quitte à remplacer par et par , ce qui ne change ni la continuité ni la conclusion, on peut supposer .

Construction de deux suites par dichotomie. On construit par récurrence deux suites et vérifiant, pour tout , la propriété

On pose et : la propriété est vérifiée par hypothèse. Supposons et construits et vraie. Posons , milieu du segment , et distinguons deux cas :

  • si , on pose et ;
  • si , on pose et .

Dans les deux cas, est l'une des deux moitiés de , donc il est inclus dans et sa longueur vaut . De plus, on a bien : dans le premier cas parce que et ; dans le second parce que et . Ainsi est vraie, et la construction se poursuit.

Les deux suites sont adjacentes. Par construction, vaut ou : la suite est croissante. De même, vaut ou : la suite est décroissante. Enfin

puisque est une suite géométrique de raison . Les suites et sont donc adjacentes : d'après le théorème correspondant du chapitre sur les suites, elles convergent vers une même limite, que l'on note .

Le réel appartient à . Pour tout , on a . Par passage à la limite dans ces inégalités larges, .

Passage à la limite par continuité. La fonction est continue en , et les suites et sont à valeurs dans et convergent vers . La caractérisation séquentielle de la continuité (sous-section ) donne donc

Or, pour tout , on a . En passant à la limite dans cette inégalité, on obtient . De même, l'inégalité donne à la limite .

Les deux inégalités et entraînent par antisymétrie. Le réel convient.

Remarque

Cette démonstration n'est pas seulement une preuve d'existence : elle fournit un algorithme. À chaque étape, on coupe l'intervalle en deux et l'on garde la moitié qui contient une solution ; après étapes, on connaît à près. Dix étapes divisent l'incertitude par : c'est la méthode utilisée par les calculatrices pour résoudre numériquement une équation.

Deux hypothèses sont indispensables. Sans la continuité, le théorème tombe : la fonction partie entière sur vérifie et , mais ne prend jamais la valeur . Sans l'hypothèse d'intervalle, il tombe également.

Corollaires du théorème des valeurs intermédiaires

Propriété

Corollaire du changement de signe. Soit continue sur telle que , c'est-à-dire telle que et soient de signes stricts contraires. Alors il existe tel que .

Démonstration. L'hypothèse signifie que est strictement compris entre et . Le théorème des valeurs intermédiaires fournit tel que . Comme et , ce est distinct de et de : il appartient à .

Propriété

Image d'un intervalle. L'image d'un intervalle par une fonction continue est un intervalle : si est continue sur un intervalle , alors est un intervalle.

Démonstration. Utilisons la caractérisation des intervalles vue au chapitre précédent : une partie de est un intervalle si et seulement si, dès qu'elle contient deux réels, elle contient tous les réels compris entre eux.

Soient donc et deux éléments de , et un réel tel que . Par définition de l'image, il existe et dans tels que et . Le segment d'extrémités et est inclus dans , puisque est un intervalle, et y est continue. Le réel étant compris entre et , le théorème des valeurs intermédiaires appliqué sur ce segment fournit un réel , situé entre et donc dans , tel que . Ainsi .

La partie vérifie donc la caractérisation : c'est un intervalle.

Propriété

Théorème des valeurs intermédiaires, version stricte monotonie. Soit continue et strictement monotone sur . Alors, pour tout réel compris entre et , l'équation admet une unique solution dans .

Démonstration. L'existence est donnée par le théorème des valeurs intermédiaires. L'unicité vient de la stricte monotonie : celle-ci entraîne l'injectivité de (sous-section ), donc deux solutions distinctes auraient des images distinctes, ce qui est impossible puisque ces images valent toutes deux .

Méthode

Montrer qu'une équation admet une unique solution, et l'encadrer.

  1. Se ramener à en passant tout dans le même membre, et nommer la fonction .
  2. Justifier la continuité de sur l'intervalle de travail, en citant les théorèmes d'opérations.
  3. Justifier la stricte monotonie, par composition ou par somme (ou par la dérivée, une fois la section acquise).
  4. Calculer les valeurs aux bornes et vérifier qu'elles encadrent , ou plus généralement que appartient à l'image de l'intervalle.
  5. Conclure en citant le théorème : « d'après le théorème des valeurs intermédiaires appliqué à une fonction continue et strictement croissante, l'équation admet une unique solution dans… ».
  6. Encadrer en calculant en quelques valeurs bien choisies, et en utilisant la monotonie pour conclure.

Exemple

Montrons que l'équation admet une unique solution réelle, et encadrons-la.

Posons pour .

Continuité. est une fonction polynomiale, donc continue sur .

Stricte monotonie. Les fonctions et sont strictement croissantes sur , et est constante : est strictement croissante sur comme somme.

Valeurs aux bornes. et .

Conclusion. est continue et strictement croissante sur , et est compris entre et . L'équation admet donc une unique solution dans , et même dans puisque et sont non nuls. De plus, étant strictement croissante sur tout entier, elle est injective : il ne peut y avoir d'autre solution ailleurs. L'unicité vaut donc sur .

Encadrement. On calcule

Par stricte croissance, . Une étape de dichotomie supplémentaire donnerait , donc .

Le théorème des bornes atteintes

Propriété

Théorème des bornes atteintes (admis). Soit une fonction continue sur un segment , avec . Alors :

  1. est bornée sur ;
  2. atteint ses bornes : il existe et dans tels que

Propriété

Image d'un segment. Si est continue sur le segment , alors

et sont respectivement le minimum et le maximum de sur . L'image d'un segment par une fonction continue est un segment.

Démonstration. D'après le théorème des bornes atteintes, et existent et appartiennent à . Par définition du minimum et du maximum, tout élément de est compris entre et , donc . Réciproquement, est un intervalle (sous-section ) qui contient et : il contient donc tout l'intervalle . D'où l'égalité.

Remarque

Ce théorème est le seul de ce chapitre qui garantisse l'existence d'un maximum sans le calculer. Il est d'un usage constant : en optimisation, on commence toujours par affirmer l'existence d'un extremum par ce théorème, avant de le chercher.

Attention à la formulation : « » ne signifie pas . Cette dernière égalité n'est vraie que si est croissante. En général, et sont atteints en des points intérieurs quelconques.

Les deux hypothèses, continuité et segment, sont indispensables. Voici les trois contre-exemples à connaître, chacun obtenu en retirant exactement une hypothèse.

Exemple

a. On retire « fermé ». Sur , la fonction est continue, mais elle n'est pas majorée : elle tend vers en . Il ne suffit donc pas que l'intervalle soit borné.

b. On retire « borné ». Sur , la fonction est continue et bornée (elle est comprise entre et ), mais elle n'atteint pas sa borne supérieure : sa borne supérieure vaut , et n'a pas de solution. Il ne suffit donc pas que l'intervalle soit fermé.

c. On retire la continuité. Sur le segment , la fonction définie par pour et est bornée, sa borne supérieure vaut , et pourtant elle ne l'atteint pas : ne prend jamais la valeur . Le segment ne suffit donc pas sans la continuité.

Le théorème de la bijection

Propriété

Théorème de la bijection. Soit une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle . Alors :

  1. est un intervalle, et réalise une bijection de sur ;
  2. la réciproque est continue sur ;
  3. est strictement monotone sur , de même sens de variation que ;
  4. dans un repère orthonormé, les courbes de et de sont symétriques par rapport à la droite d'équation , appelée première bissectrice.

Démonstration des points , et . Le point , c'est-à-dire la continuité de la réciproque, est admis.

Point . L'ensemble est un intervalle d'après la sous-section . L'application est surjective par construction, puisque est précisément l'ensemble des images. Elle est injective d'après la sous-section , puisqu'elle est strictement monotone. Étant injective et surjective, elle est bijective.

Monotonie de . Supposons strictement croissante, et soient dans . Notons et . Si l'on avait , la croissance de donnerait , ce qui contredit . Donc , c'est-à-dire : la réciproque est strictement croissante.

Point . Le symétrique du point par rapport à la droite d'équation est le point . Or, pour et ,

Donc si et seulement si : les deux courbes se déduisent l'une de l'autre par cette symétrie.

Les courbes de l'exponentielle et du logarithme, symétriques par rapport à la première bissectrice

L'exemple le plus familier est celui de l'exponentielle, bijection de sur , et de sa réciproque le logarithme : le point de la première courbe a pour symétrique le point de la seconde.

Pour déterminer , on utilise le tableau suivant, qui n'est qu'une lecture du tableau de variations. Les limites y remplacent les valeurs aux bornes lorsque celles-ci n'appartiennent pas à .

Si est continue et strictement croissante sur .

Si est continue et strictement décroissante, les crochets s'échangent : l'image de est , et ainsi de suite. Les bornes et peuvent valoir et , auquel cas les limites correspondantes se prennent en et .

Méthode

Rédiger l'application du théorème de la bijection en quatre points. Toute copie doit faire apparaître ces quatre étapes, dans cet ordre, sans en sauter aucune.

  1. Continuité. « est continue sur », en justifiant par les théorèmes d'opérations et de composition.
  2. Stricte monotonie. « est strictement croissante (ou décroissante) sur », en justifiant par composition, par somme, ou par le signe de la dérivée (section ).
  3. Image de l'intervalle. Calculer à l'aide des valeurs aux bornes ou des limites, et l'écrire explicitement.
  4. Conclusion. « Donc réalise une bijection de sur » Puis, si l'on résout une équation : « Comme , cette équation admet une unique solution dans . »

Exemple

Étude de sur .

Continuité. La fonction est continue sur , et est continue sur : leur somme est continue sur .

Stricte monotonie. Les deux fonctions et sont strictement croissantes sur , donc l'est aussi comme somme.

Image. En : et , donc . En : les deux termes tendent vers , donc . D'après le tableau ci-dessus, .

Conclusion. réalise une bijection de sur . En particulier, pour tout réel , l'équation admet une unique solution strictement positive.

Application. Résolvons . Comme , il existe un unique tel que . Pour l'encadrer : , et . Comme , on obtient . Par stricte croissance, .

Exemple

Deux réciproques déjà connues.

a. La fonction est continue et strictement croissante sur , avec et . Elle réalise donc une bijection de sur , et sa réciproque est le logarithme népérien, continu et strictement croissant sur . Les courbes de et de sont symétriques par rapport à la première bissectrice.

b. La fonction est continue sur et strictement croissante sur cet intervalle. Comme et , on a . Ainsi réalise une bijection de sur : tout réel positif admet un unique antécédent positif par la fonction carré. C'est exactement l'énoncé d'existence et d'unicité qui définit la racine carrée (sous-section ), et la fonction est donc la réciproque de . Elle est, comme elle, continue et strictement croissante.

Remarque

Le théorème de la bijection s'applique sur un intervalle. Lorsque la fonction n'est pas monotone sur tout son domaine, on découpe celui-ci en intervalles de monotonie et l'on applique le théorème sur chacun d'eux séparément. C'est ainsi que l'on compte les solutions d'une équation : autant d'intervalles de stricte monotonie, autant de solutions au plus, et l'on tranche sur chacun selon que la valeur cherchée appartient ou non à l'image de l'intervalle.

Dérivation

La continuité dit qu'une courbe se trace sans lever le crayon. La dérivation dit bien davantage : elle affirme que, vue de très près, la courbe ressemble à une droite, et elle donne la pente de cette droite. Tout le reste de la section en découle. Le nombre dérivé est d'abord un objet local, défini en un point par une limite ; le tour de force de la théorie, obtenu au prix d'un seul théorème (celui de Rolle), consiste à en tirer des renseignements globaux : le sens de variation sur un intervalle tout entier, les extremums, les inégalités du type .

L'enchaînement logique de la section mérite d'être retenu, car il est demandé aux concours. Le théorème des bornes atteintes, démontré à la section , donne le théorème de Rolle. Le théorème de Rolle, appliqué à une fonction auxiliaire bien choisie, donne l'égalité des accroissements finis. L'égalité des accroissements finis donne l'inégalité des accroissements finis d'un côté, et le lien entre le signe de et les variations de de l'autre. Rien d'autre n'est nécessaire.

Dans toute cette section, désigne un intervalle de non réduit à un point, et une fonction définie sur et à valeurs réelles.

Dérivabilité en un point

Définition

Soient une fonction définie sur un intervalle et . Pour avec , on appelle taux d'accroissement de entre et le réel

On dit que est dérivable en lorsque admet une limite finie en . Cette limite est alors notée et appelée nombre dérivé de en :

Deux mots sur cette définition. D'abord, le taux d'accroissement n'est pas défini en lui-même, puisque son dénominateur s'y annule : on étudie donc une limite en un point où la fonction n'existe pas, exactement comme dans les formes indéterminées de la section . Ensuite, le mot finie est essentiel : si le taux d'accroissement tend vers ou vers , la fonction n'est pas dérivable en , même si la limite existe dans .

En posant , c'est-à-dire , la condition « » devient « ». On obtient une seconde écriture de la définition, souvent plus commode au calcul.

Propriété

Formulation avec . La fonction est dérivable en si et seulement si le quotient admet une limite finie quand tend vers , et l'on a alors

Interprétation géométrique. Notons la courbe représentative de , le point de coordonnées et le point de coordonnées . Le taux d'accroissement est exactement le coefficient directeur de la droite , appelée sécante. Faire tendre vers , c'est faire glisser vers le long de la courbe : si les pentes des sécantes convergent, les sécantes prennent une position limite, qui est la tangente.

Définition

Soit dérivable en . La tangente à la courbe au point d'abscisse est la droite passant par le point et de coefficient directeur . Son équation est

Cette équation se retient sans effort : c'est l'équation de la droite de pente passant par le point . La tangente est la droite qui épouse le mieux la courbe au voisinage de ; sur un écran de calculatrice, un zoom suffisamment fort autour du point d'abscisse rend la courbe et sa tangente indiscernables.

Méthode

Calculer un nombre dérivé en revenant à la définition. C'est la seule méthode disponible tant que les formules d'opérations ne sont pas établies, et c'est la méthode obligatoire aux points où ces formules ne s'appliquent pas.

  1. Écrire le taux d'accroissement , ou .
  2. Simplifier l'expression de manière à faire disparaître le facteur (ou ) du dénominateur : factorisation, réduction au même dénominateur, quantité conjuguée.
  3. Calculer la limite de l'expression simplifiée.
  4. Conclure : si la limite est un réel , alors est dérivable en et ; si la limite est infinie ou n'existe pas, n'est pas dérivable en .

Exemple

a. Fonction carré. Soit et . Pour ,

Donc est dérivable en tout réel , avec .

b. Fonction inverse. Soit et . Pour et ,

Exemple

c. Racine carrée en un point strictement positif. Soit et . Pour avec , la quantité conjuguée donne

Cette dernière expression tend vers quand . Donc est dérivable en tout et .

d. Une tangente. Pour et , on a et : la tangente au point d'abscisse a pour équation , soit .

Dérivabilité à droite, à gauche, recollement

Lorsque le taux d'accroissement n'a pas de limite en , il peut néanmoins en avoir une d'un seul côté. C'est le cas de figure des fonctions définies par morceaux, et des fonctions dont la courbe présente un « coin ».

Définition

Soient définie sur et .

  • Si n'est pas l'extrémité droite de , on dit que est dérivable à droite en lorsque admet une limite finie quand . Cette limite se note .
  • Si n'est pas l'extrémité gauche de , on dit que est dérivable à gauche en lorsque admet une limite finie quand . Cette limite se note .

Propriété

Théorème de recollement. Soit un point intérieur à , c'est-à-dire tel que contienne un intervalle ouvert contenant . Alors est dérivable en si et seulement si

Dans ce cas, .

Démonstration. C'est exactement la caractérisation d'une limite par ses limites à droite et à gauche, établie à la section , appliquée à la fonction au point .

Remarque

Lorsque est une extrémité de , par exemple , il n'y a qu'un seul côté disponible : « est dérivable en » signifie alors « est dérivable à droite en », et l'on note simplement . Cette convention est celle du programme, et c'est elle qui donne un sens à la phrase « est dérivable sur le segment ».

Exemple

Valeur absolue en : un point anguleux. Soit sur . Pour ,

Ainsi et : les deux nombres dérivés existent mais diffèrent, donc n'est pas dérivable en . La courbe admet en deux demi-tangentes de pentes et , qui forment un angle : on parle de point anguleux. La fonction est pourtant continue en .

Exemple

Racine carrée en : une tangente verticale. Soit sur . Pour ,

La limite est infinie : n'est pas dérivable en . Géométriquement, les sécantes issues de l'origine ont une pente qui explose : la courbe admet en une tangente verticale, d'équation . Là encore, est continue en .

Exemple

Deux fonctions définies par morceaux. Considérons

Les deux fonctions sont continues en (les deux morceaux y valent ). Pour : à gauche, ; à droite, . Les deux nombres coïncident, donc est dérivable en avec .

Pour : à gauche on trouve encore , mais à droite . Comme , la fonction n'est pas dérivable en .

Dérivabilité et continuité

Propriété

Soit définie sur et . Si est dérivable en , alors est continue en .

Démonstration. Supposons dérivable en . Pour tout avec , on peut écrire l'identité

qui est licite puisque . Le premier facteur tend vers quand , par hypothèse de dérivabilité ; le second tend vers . Par produit des limites, et parce que est un réel (et non un infini, ce qui aurait donné une forme indéterminée),

c'est-à-dire . C'est exactement la continuité de en .

Remarque

La réciproque est fausse. La fonction est continue en mais n'y est pas dérivable (paragraphe ) ; la fonction est continue en mais n'y est pas dérivable non plus. La continuité est donc une condition nécessaire mais non suffisante de dérivabilité.

L'écart entre les deux notions est en réalité considérable : il existe des fonctions continues sur tout entier et dérivables en aucun point. Leur construction dépasse le cadre du programme, mais leur existence interdit de considérer la continuité comme « presque » la dérivabilité.

Méthode

Démontrer qu'une fonction n'est pas dérivable en . Trois voies, à essayer dans cet ordre.

  1. Montrer qu'elle n'est pas continue en . Par contraposée du théorème ci-dessus, elle ne peut alors pas y être dérivable. C'est la voie la plus rapide quand elle s'applique.
  2. Montrer que les deux nombres dérivés à droite et à gauche existent mais diffèrent (point anguleux).
  3. Montrer que le taux d'accroissement tend vers ou (tangente verticale).

Exemple

Soit définie sur par . En , la fonction n'est pas continue : quand alors que . Elle n'y est donc pas dérivable. Sur l'intervalle , en revanche, est constante égale à , donc dérivable de dérivée nulle.

Opérations sur les dérivées

Propriété

Soient et deux fonctions définies sur et dérivables en , et soit un réel. Alors les fonctions , et sont dérivables en , et

Si de plus , alors et sont dérivables en , et

Démonstration de la formule du produit. Posons . Pour avec , écrivons le taux d'accroissement de en faisant apparaître ceux de et de . L'astuce consiste à ajouter et retrancher le terme au numérateur :

Examinons chacun des deux termes quand . Dans le premier, le taux d'accroissement de tend vers , et tend vers car , étant dérivable en , y est continue d'après le théorème du paragraphe : ce point est le seul endroit délicat de la démonstration. Le premier terme tend donc vers . Dans le second, le facteur est une constante et le taux d'accroissement de tend vers : le second terme tend vers . Par somme des limites,

qui est un réel : est dérivable en , de nombre dérivé .

Démonstration de la formule de l'inverse. Comme est continue en et que , la fonction ne s'annule pas sur un intervalle ouvert contenant (résultat de la section ), de sorte que y est bien définie. Pour dans cet intervalle, ,

Le premier facteur tend vers et le second vers par continuité de en . D'où le résultat annoncé. La formule du quotient s'en déduit en écrivant et en appliquant la formule du produit.

Propriété

Dérivée d'une composée (admis). Soient définie sur , dérivable en , et définie sur un intervalle contenant , dérivable en . Alors est dérivable en et

Autrement dit, si est dérivable sur et dérivable sur , alors est dérivable sur et

L'ordre des facteurs n'a évidemment pas d'importance, mais l'ordre des arguments est capital : c'est bien évaluée en , et non . Le cas particulier de la composition par les fonctions usuelles fournit le tableau suivant, qui doit être connu par cœur. Dans tout ce tableau, désigne une fonction dérivable sur .

FonctionDérivéeCondition
, aucune
ne s'annule pas sur
sur
aucune
sur
, sur

Méthode

Calculer une dérivée sans se tromper. Le calcul de dérivée est le seul endroit du programme où une erreur d'étourderie coûte tout l'exercice. Procéder en trois temps.

  1. Identifier la structure de l'expression : est-ce une somme, un produit, un quotient, une composée ? On regarde la dernière opération effectuée, celle qui « enveloppe » tout le reste.
  2. Appliquer la formule correspondante, en écrivant explicitement et au brouillon avant de dériver.
  3. Réduire au même dénominateur et factoriser le résultat. Une dérivée non factorisée est inutilisable : c'est son signe qui intéresse, jamais sa forme développée.

Un réflexe supplémentaire : toute expression de la forme avec un exposant variable se réécrit d'abord , puis se dérive comme une exponentielle composée. Il n'existe aucune formule directe.

Exemple

a. . C'est avec et , d'où

b. . C'est avec , donc .

c. , définie sur car . C'est , donc .

d. . C'est avec , donc .

Exemple

e. . Quotient avec et :

La forme factorisée donne immédiatement le signe : sur et à l'extérieur.

f. sur . On écrit . La dérivée de vaut , donc

g. avec . On écrit , donc .

Dérivée d'une fonction réciproque

Le théorème de la bijection (section ) associe à toute fonction continue et strictement monotone sur une réciproque définie sur , continue et de même monotonie. Reste à savoir si est dérivable, et à quelle condition.

Propriété

Soit continue et strictement monotone sur un intervalle , et soit . Soient et . Si est dérivable en et si , alors est dérivable en et

Si est dérivable sur avec ne s'annulant pas, alors est dérivable sur et

Démonstration (esquisse). Admettons d'abord que est dérivable en ; la formule s'obtient alors en dérivant l'identité , valable pour tout . Le membre de gauche est une composée, dont la dérivée vaut ; le membre de droite a pour dérivée . En , il vient

d'où la formule après division par .

Pour la dérivabilité elle-même, on revient au taux d'accroissement. Soit , , et posons , de sorte que par injectivité. Alors

Quand , la continuité de en (théorème de la bijection) donne , donc le dénominateur tend vers , qui est non nul : le quotient tend vers , ce qui achève la démonstration.

Remarque

Lecture géométrique. Les courbes de et de sont symétriques par rapport à la droite d'équation . Cette symétrie échange les tangentes : une tangente de pente devient une tangente de pente . Le cas correspond à une tangente horizontale pour , donc à une tangente verticale pour : la réciproque n'est alors pas dérivable en . C'est ce qui se passe pour en : la réciproque n'est pas dérivable en .

Exemple

a. Le logarithme comme réciproque de l'exponentielle. La fonction est dérivable et strictement croissante sur , avec qui ne s'annule jamais, et . Sa réciproque est donc dérivable sur et, pour ,

On retrouve la dérivée du logarithme sans rien admettre d'autre que celle de l'exponentielle.

b. Racine carrée. Soit sur : elle est continue, strictement croissante, et . Sa réciproque est . Comme s'annule en seulement, est dérivable sur et , ce qui confirme le calcul direct du paragraphe , et confirme aussi la non-dérivabilité en .

Exemple

c. Une réciproque non explicite. Soit , définie sur . Elle est dérivable avec , donc strictement croissante ; de plus quand et quand . Le théorème de la bijection donne donc une bijection de sur , dont la réciproque ne s'exprime pas à l'aide des fonctions usuelles.

Cela n'empêche nullement de la dériver. Comme , on a , donc

La tangente à la courbe de au point d'abscisse a donc pour équation .

Méthode

Étudier une fonction réciproque que l'on ne sait pas expliciter. Le schéma est toujours le même, et c'est un grand classique de concours.

  1. Étudier : dérivabilité, signe de , stricte monotonie, limites aux bornes.
  2. Appliquer le théorème de la bijection pour obtenir sur , et préciser .
  3. Pour calculer : chercher d'abord l'antécédent tel que , en général « à vue » sur des valeurs simples, puis appliquer la formule .
  4. Ne jamais tenter d'expliciter si l'énoncé ne le demande pas : la formule suffit.

Fonction dérivée et fonctions de classe

Définition

Soit définie sur . On dit que est dérivable sur lorsqu'elle est dérivable en tout point de . L'application

s'appelle alors la fonction dérivée de sur .

On dit que est de classe sur lorsque est dérivable sur et que sa dérivée est continue sur .

Remarque

Toute fonction de classe sur est en particulier continue sur , puisque dérivable. Toutes les fonctions construites à partir des fonctions usuelles par somme, produit, quotient et composition sont de classe sur tout intervalle où elles sont définies et où les dénominateurs ne s'annulent pas : dans la pratique du programme, la vérification est immédiate et se rédige en une ligne. Il existe des fonctions dérivables dont la dérivée n'est pas continue, mais leur construction dépasse le cadre de ce chapitre.

L'hypothèse « de classe » servira surtout en section : c'est celle de l'intégration par parties et du changement de variable.

Voici le tableau des dérivées usuelles. Il est à connaître dans les deux sens : de la fonction vers sa dérivée pour dériver, de la dérivée vers la fonction pour intégrer (section ).

FonctionDérivéeDérivable sur
(constante)
,
,
,
,

Exemple

Une fonction dérivable dont la formule change. Soit sur . Pour , donc ; pour , donc . En , le taux d'accroissement vaut , donc est dérivable en avec . En rassemblant, pour tout réel , qui est une fonction continue : est de classe sur .

Extremum local et point critique

Définition

Soient définie sur et .

  • admet un maximum local en s'il existe tel que, pour tout vérifiant , on ait .
  • admet un minimum local en s'il existe tel que, pour tout vérifiant , on ait .
  • Un extremum local est un maximum local ou un minimum local. Lorsque l'inégalité vaut pour tout , on parle d'extremum global.

Définition

Soit dérivable sur . On appelle point critique de tout point tel que .

Propriété

Soit définie sur , et soit un point intérieur à . Si est dérivable en et si admet un extremum local en , alors

Autrement dit, un extremum local en un point intérieur est nécessairement un point critique.

Démonstration. Traitons le cas d'un maximum local, l'autre s'en déduisant en remplaçant par . Par hypothèse, il existe tel que (c'est là qu'intervient le caractère intérieur du point ) et tel que pour tout de cet intervalle.

Soit . Le numérateur est négatif et le dénominateur est strictement positif, donc

Cette inégalité étant vraie pour tout proche de , le passage à la limite quand conserve l'inégalité large et donne .

Soit maintenant . Le numérateur est toujours négatif, mais le dénominateur est cette fois strictement négatif, donc le quotient est positif :

Le passage à la limite quand donne . Les deux inégalités réunies donnent .

Remarque

Deux mises en garde, sources d'erreurs classiques.

La réciproque est fausse. Un point critique n'est pas nécessairement un extremum. Pour , on a , pourtant est strictement croissante sur : il n'y a en ni maximum ni minimum, même local. La tangente y est horizontale et traverse la courbe.

L'hypothèse « point intérieur » est indispensable. Sur , la fonction admet un minimum global en et un maximum global en , alors que ne s'annule jamais. Les extremums d'une fonction sur un segment peuvent donc parfaitement se situer aux bornes, où le théorème ne dit rien.

Méthode

Chercher les extremums d'une fonction sur un intervalle .

  1. Déterminer les points critiques en résolvant l'équation : ce sont les seuls candidats à l'intérieur de .
  2. Ajouter à la liste des candidats les extrémités de qui appartiennent à .
  3. Dresser le tableau de variations pour trancher : un point critique n'est un extremum que si y change de signe.
  4. Comparer les valeurs de en tous les candidats pour identifier les extremums globaux, sans oublier d'examiner les limites aux bornes ouvertes (une borne ouverte peut interdire l'existence d'un maximum).

Théorème de Rolle

Propriété

Théorème de Rolle. Soient et deux réels avec , et soit une fonction telle que :

  1. est continue sur le segment ;
  2. est dérivable sur l'intervalle ouvert ;
  3. .

Alors il existe (au moins) un réel tel que .

Démonstration. La fonction est continue sur le segment : d'après le théorème des bornes atteintes (section ), elle est bornée et atteint ses bornes. Notons

et choisissons et dans tels que et .

Premier cas : . La fonction est alors constante sur , puisque pour tout . Sa dérivée est nulle en tout point de , et n'importe quel de cet intervalle convient.

Second cas : . Posons . Comme , ces deux valeurs ne peuvent pas être toutes les deux égales à : au moins l'une d'elles en diffère.

Supposons par exemple (si c'est qui diffère de , le raisonnement est identique en remplaçant par ). Alors , donc et : le point appartient à l'intervalle ouvert . Il est donc intérieur à , et y est dérivable par hypothèse.

Enfin, admet en un maximum global sur , donc en particulier un maximum local. Le théorème du paragraphe s'applique et donne . Le réel convient.

Interprétation géométrique. Si une courbe continue, admettant une tangente en chacun de ses points intérieurs, part d'une certaine hauteur et y revient, alors elle possède au moins un point où la tangente est horizontale. Le dessin est convaincant : pour revenir à la même altitude, il faut bien « faire demi-tour » quelque part.

Remarque

Les trois hypothèses sont nécessaires, et le vérifier est un exercice classique.

  • Sans la dérivabilité : sur est continue, vérifie , et pourtant vaut ou selon le signe de et ne s'annule jamais là où elle existe. La conclusion tombe en défaut, à cause du seul point .
  • Sans la continuité aux bornes : soit définie sur par si et . Elle est dérivable sur et vérifie , mais sur . La discontinuité en suffit à tout ruiner.
  • Le réel n'est pas unique en général : pour une fonction qui monte, descend, remonte et redescend, il y a plusieurs tangentes horizontales. Le théorème affirme une existence, jamais une unicité.

Égalité des accroissements finis

Le théorème de Rolle exige , ce qui est très restrictif. L'égalité des accroissements finis lève cette hypothèse : c'est le même énoncé, écrit dans un repère « penché ».

Propriété

Égalité des accroissements finis. Soient et deux réels avec , et soit continue sur et dérivable sur . Alors il existe tel que

Entre deux points d'une courbe dérivable, il existe une tangente parallèle à la corde

Géométriquement : il existe un point de la courbe où la tangente est parallèle à la corde joignant les deux extrémités.

Démonstration. L'idée consiste à se ramener au théorème de Rolle en retranchant à la fonction affine dont le graphe est la corde joignant les points et . Cette corde a pour coefficient directeur

et son équation est . Posons donc, pour ,

Cette fonction mesure l'écart vertical entre la courbe et la corde. Vérifions qu'elle satisfait les trois hypothèses de Rolle.

Continuité. est la différence de , continue sur , et d'une fonction affine, continue sur : elle est continue sur .

Dérivabilité. Pour la même raison, est dérivable sur , avec

Valeurs aux bornes. D'une part . D'autre part

Donc , et c'est précisément pour obtenir cette égalité que la fonction auxiliaire a été construite ainsi.

Le théorème de Rolle s'applique à : il existe tel que , c'est-à-dire

En multipliant par , on obtient .

Interprétation géométrique. Il existe au moins un point de la courbe où la tangente est parallèle à la corde . Dans le langage de la cinématique : si un trajet de heures couvre kilomètres, il y a au moins un instant où la vitesse instantanée est exactement égale à la vitesse moyenne.

Remarque

Le théorème de Rolle est le cas particulier de l'égalité des accroissements finis. Les deux énoncés ont donc exactement la même force logique ; on démontre le second à partir du premier parce que c'est le premier qui se démontre directement à partir du théorème des bornes atteintes.

Attention : le réel est inconnu. On ne le calcule jamais, on ne sait rien de lui sinon qu'il est strictement compris entre et . Toute la force de l'énoncé vient de là : c'est cet encadrement que l'on exploite pour majorer ou minorer .

Méthode

Démontrer un encadrement avec l'égalité des accroissements finis.

  1. Choisir la fonction et le segment pertinents. Le plus souvent, l'énoncé à démontrer fait apparaître une différence , éventuellement déguisée.
  2. Vérifier explicitement les hypothèses (continuité sur le segment, dérivabilité sur l'ouvert).
  3. Écrire la conclusion : « il existe tel que ».
  4. Encadrer en utilisant uniquement et la monotonie ou le signe de .
  5. Reporter cet encadrement dans l'égalité pour conclure.

Exemple

Un encadrement du logarithme. Démontrons que, pour tout réel ,

La fonction est continue sur et dérivable sur , de dérivée . L'égalité des accroissements finis fournit un réel tel que

Or , donc en passant à l'inverse (les trois nombres étant strictement positifs) . Comme , la multiplication par conserve les inégalités strictes :

Inégalité des accroissements finis

Propriété

Inégalité des accroissements finis. Soient deux réels et continue sur , dérivable sur .

  1. S'il existe un réel tel que pour tout , alors
  1. S'il existe deux réels et tels que pour tout , alors

Démonstration. L'égalité des accroissements finis fournit tel que .

Pour le premier point, on passe à la valeur absolue :

la dernière inégalité venant de l'hypothèse appliquée à et du fait que .

Pour le second point, on part de et l'on multiplie par le réel strictement positif , ce qui conserve le sens des inégalités :

et le terme du milieu vaut .

Remarque

La forme la plus employée est la suivante, valable pour un intervalle quelconque : si est dérivable sur et si sur , alors

Il suffit d'appliquer l'inégalité au segment d'extrémités et , l'ordre de ces deux réels n'important plus grâce aux valeurs absolues. Une fonction vérifiant une telle inégalité est dite lipschitzienne de rapport .

Méthode

Majorer . C'est le réflexe à avoir dès qu'un énoncé demande de contrôler l'écart entre deux valeurs d'une même fonction, ou la distance d'une suite récurrente à sa limite.

  1. Vérifier que est continue sur le segment considéré et dérivable sur son intérieur.
  2. Calculer , puis majorer sur cet intervalle : c'est la seule étape qui demande du travail. On étudie le signe et les variations de , ou l'on majore brutalement chaque morceau (un dénominateur se minore, un numérateur se majore).
  3. Appliquer l'inégalité : .
  4. Cas des suites récurrentes de limite éventuelle vérifiant : écrire

puis, par récurrence, . Si , cette majoration prouve la convergence vers et en donne la vitesse.

Exemple

a. Une majoration directe. Pour sur , on a . Comme entraîne , il vient . Donc, pour tous réels et supérieurs ou égaux à ,

Par exemple , ce qui est très grossier, mais suffit dans bien des majorations.

Exemple

b. Une suite récurrente. Soit définie par et . Posons sur .

Stabilité. Si , alors , donc car . Une récurrence immédiate donne pour tout .

Point fixe. L'équation avec équivaut à , soit , dont les racines sont et . Seul convient.

Majoration. Pour , et , donc . L'inégalité des accroissements finis donne

puis, par récurrence, . Comme , le théorème d'encadrement donne .

Dérivée et variations

Voici le résultat qui justifie, à lui seul, tout le travail précédent : il transforme une information ponctuelle (le signe de en chaque point) en une information globale (le sens de variation sur l'intervalle).

Propriété

Soit continue sur un intervalle et dérivable sur l'intérieur de .

  1. est croissante sur si et seulement si sur l'intérieur de .
  2. est décroissante sur si et seulement si sur l'intérieur de .
  3. est constante sur si et seulement si sur l'intérieur de .
  4. Si sur l'intérieur de , alors est strictement croissante sur (et de même avec et la stricte décroissance).

Démonstration. Montrons le sens direct du point , les autres étant analogues. Supposons et soient deux points de . La fonction est continue sur et dérivable sur , car ce segment est inclus dans et cet intervalle ouvert dans l'intérieur de . L'égalité des accroissements finis fournit tel que

Le facteur est positif par hypothèse et , donc , soit : la fonction est croissante. Le point s'obtient de la même façon, l'inégalité donnant cette fois , donc une inégalité stricte. Le point résulte des points et appliqués simultanément : est à la fois croissante et décroissante, donc constante.

Réciproquement, supposons croissante sur et soit un point intérieur à . Pour avec , le taux d'accroissement est positif : numérateur et dénominateur sont de même signe, par croissance de . En passant à la limite quand , l'inégalité large est conservée et donne .

Remarque

Attention à la réciproque du point . L'implication n'est vraie que dans un sens : une fonction strictement croissante peut avoir une dérivée qui s'annule. Ainsi est strictement croissante sur , pourtant . On ne peut donc jamais écrire « strictement croissante donc ».

Le critère suivant est celui qu'on utilise en pratique dans les tableaux de variations, où la dérivée s'annule presque toujours en quelques points isolés.

Propriété

Critère de stricte monotonie. Soit continue sur un intervalle et dérivable sur l'intérieur de . Si sur l'intérieur de et si ne s'annule qu'en un nombre fini de points, alors est strictement croissante sur .

Démonstration. D'après le point du théorème précédent, est déjà croissante sur . Soient dans ; il reste à exclure le cas . Supposons donc et soit . Par croissance, , donc : la fonction est constante sur le segment .

Sa dérivée est alors nulle en tout point de , qui est un intervalle ouvert non vide, donc infini. Cela contredit l'hypothèse selon laquelle ne s'annule qu'en un nombre fini de points. Par conséquent , et comme , on a bien .

Remarque

L'hypothèse « est un intervalle » est indispensable au point . Considérons la fonction définie sur par

Elle est dérivable sur de dérivée nulle partout, et pourtant elle n'est pas constante. Il n'y a aucune contradiction : n'est pas un intervalle, et l'égalité des accroissements finis ne peut pas être appliquée entre un point négatif et un point positif, puisque le segment qui les joint sort de l'ensemble de définition.

Conséquence pratique : une dérivée nulle donne une constante sur chaque intervalle du domaine, mais la constante peut changer d'un intervalle à l'autre. On le reverra pour les primitives au paragraphe .

Méthode

Démontrer une inégalité par étude de fonction. C'est l'application la plus fréquente du théorème.

  1. Tout ramener d'un seul côté : pour établir sur , on pose et l'on cherche à montrer .
  2. Dériver et étudier le signe de (factoriser !).
  3. Dresser le tableau de variations de et identifier son minimum sur .
  4. Calculer ce minimum : s'il vaut , l'inégalité est démontrée, avec en prime son cas d'égalité.

Exemple

a. L'inégalité . Posons sur . Alors

Comme , le signe de est celui de : la fonction est décroissante sur et croissante sur . Elle atteint donc son minimum en , et . Ainsi sur , c'est-à-dire

avec égalité si et seulement si (le minimum étant strict de part et d'autre).

b. L'inégalité . Posons sur , de dérivée , qui est négative pour et positive pour . Le minimum de est donc , d'où pour tout réel .

Exemple

c. Stricte monotonie avec une dérivée qui s'annule. Soit . Alors

et ne s'annule qu'en , c'est-à-dire en un seul point. D'après le critère de stricte monotonie, est strictement croissante sur . Sa courbe possède en une tangente horizontale, qu'elle traverse sans que la monotonie soit rompue.

Plan d'une étude de fonction

Méthode

Étude complète d'une fonction, en sept étapes. L'ordre compte : chaque étape utilise les précédentes.

  1. Ensemble de définition . Traduire les contraintes : dénominateur non nul, expression sous une racine positive, argument d'un logarithme strictement positif. Écrire comme réunion d'intervalles.
  2. Symétries. Si est symétrique par rapport à , tester la parité : (courbe symétrique par rapport à l'axe des ordonnées) ou (symétrie par rapport à l'origine). En cas de succès, l'étude se réduit à .
  3. Limites aux bornes de chaque intervalle de , en levant les formes indéterminées (croissances comparées, factorisation par le terme dominant, quantité conjuguée).
  4. Dérivabilité et calcul de . Justifier la dérivabilité en une phrase, puis calculer et la factoriser.
  5. Signe de . Résoudre , éventuellement à l'aide d'un tableau de signes auxiliaire.
  6. Tableau de variations, complété par les limites de l'étape et les valeurs des extremums.
  7. Asymptotes, points remarquables et tracé. Asymptote verticale si tend vers l'infini en ; asymptote horizontale si en l'infini ; asymptote oblique si . Ajouter la ou les tangentes remarquables et les intersections avec les axes.

Remarque

Pour une fonction rationnelle, l'étape se prépare dès l'étape : la division du numérateur par le dénominateur met l'expression sous la forme , où le reste tend vers à l'infini. L'asymptote oblique se lit alors directement, ainsi que la position de la courbe par rapport à elle, donnée par le signe du reste.

Traitons un exemple complet, en suivant les sept étapes.

Exemple

Étude de , étapes à .

Ensemble de définition. Le dénominateur s'annule pour , donc

Symétries. L'ensemble n'est pas symétrique par rapport à : aucune réduction du domaine n'est possible.

Forme réduite. La division donne, pour tout ,

ce que l'on vérifie en réduisant au même dénominateur : .

Limites. Quand , le numérateur tend vers et le dénominateur vers , donc ; quand , de même . Enfin, la forme réduite donne quand et quand .

Exemple

Étude de , étapes à .

Dérivée. La fonction est un quotient de fonctions dérivables dont le dénominateur ne s'annule pas sur : elle est dérivable sur , et

Signe. Le dénominateur est strictement positif sur , donc a le signe du trinôme , de discriminant et de racines

Le trinôme est positif à l'extérieur des racines et négatif entre elles.

Valeurs des extremums. En utilisant pour , on obtient . Pour : . Pour : .

Le tableau de variations rassemble ces informations.

Exemple

Étude de , étape .

Asymptote verticale. Puisque quand , la droite d'équation est asymptote verticale à .

Asymptote oblique. La forme réduite donne

donc la droite d'équation est asymptote oblique à en et en .

Position relative. Le signe de est celui de . La courbe est donc au-dessus de sur et en dessous sur , sans point d'intersection puisque ne s'annule jamais.

Points remarquables. La courbe coupe l'axe des ordonnées en , car . Elle ne coupe pas l'axe des abscisses, car pour tout réel . Le maximum local vaut et le minimum local : la courbe est bien formée de deux branches disjointes.

Exemple

Une étude plus rapide : sur .

Définition et limites. . Quand , et , donc . Quand , par croissances comparées : la droite d'équation est asymptote horizontale en .

Dérivée. Produit de deux fonctions dérivables :

Comme , le signe de est celui de : positif pour , négatif pour .

Extremum. La fonction admet un maximum global en , de valeur .

Intégration sur un segment

L'intégration répond à deux questions qui semblent étrangères l'une à l'autre. La première est géométrique : quelle est l'aire du domaine compris entre une courbe et l'axe des abscisses ? La seconde est algébrique : étant donnée une fonction , existe-t-il une fonction dont la dérivée soit ? Le théorème fondamental de l'analyse (paragraphe ) affirme que ces deux questions n'en font qu'une, et c'est de cette identification que vient toute la puissance du calcul intégral.

Une mise en garde de méthode avant de commencer. Dans les exercices de concours, il est fréquent que l'intégrale à étudier ne se calcule pas : aucune primitive n'est exprimable à l'aide des fonctions usuelles. Les résultats véritablement utiles de cette section ne sont donc pas seulement les techniques de calcul, mais aussi et surtout les inégalités : positivité, croissance, inégalité de la moyenne, inégalité triangulaire. Elles permettent d'encadrer une intégrale que l'on est incapable de calculer, et c'est très souvent ce que l'énoncé demande.

Dans toute cette section, les fonctions considérées sont continues sur le segment ou l'intervalle mentionné, et l'on intègre uniquement sur des segments , c'est-à-dire des intervalles fermés et bornés.

Intégrale d'une fonction continue sur un segment

Propriété

Existence de l'intégrale (admise). Soient et deux réels avec , et soit une fonction continue sur le segment . Alors il existe un réel, noté

appelé intégrale de entre et , qui vérifie les propriétés des paragraphes à .

La construction de ce nombre est hors programme : elle repose sur l'approximation de par des fonctions plus simples, et sa mise en place rigoureuse demanderait plusieurs pages. On l'admet donc entièrement, comme le programme y invite. En revanche, toutes les propriétés énoncées ensuite seront soit admises comme faisant partie de cette construction (linéarité, positivité, relation de Chasles), soit démontrées à partir d'elles.

Définition

Dans l'écriture , les réels et sont les bornes de l'intégrale, et la lettre est la variable d'intégration. Cette variable est muette : elle n'existe pas en dehors du symbole, et peut être remplacée par n'importe quelle autre lettre non utilisée par ailleurs :

Une intégrale est un nombre, pas une fonction.

Remarque

Deux fautes d'écriture à ne jamais commettre. La première consiste à réutiliser la variable muette hors de l'intégrale : l'écriture n'a aucun sens, il faut écrire . La seconde consiste à oublier le , qui ferme le symbole et indique par rapport à quelle variable on intègre : dans , la lettre est une constante.

Interprétation en aire. Munissons le plan d'un repère orthogonal, et appelons unité d'aire l'aire du rectangle construit sur les deux vecteurs de base. Lorsque est continue et positive sur avec , le nombre est l'aire, exprimée en unités d'aire, du domaine délimité par la courbe , l'axe des abscisses et les droites d'équations et .

Lorsque change de signe, l'intégrale est une aire algébrique : les portions situées au-dessus de l'axe des abscisses comptent positivement, celles situées en dessous comptent négativement. C'est pourquoi une intégrale peut être nulle sans que la fonction le soit.

Propriété

Deux valeurs immédiates. Pour et réel,

ce qui correspond à l'aire algébrique du rectangle de largeur et de hauteur . En particulier .

Exemple

a. : le domaine est le triangle rectangle de sommets , et , d'aire .

b. : les deux triangles, l'un sous l'axe sur , l'autre au-dessus sur , ont la même aire et se compensent. L'intégrale est nulle alors que la fonction ne l'est pas : elle change de signe.

c. .

Conventions d'orientation et relation de Chasles

Jusqu'ici la borne du bas était inférieure à celle du haut. Il est commode de lever cette restriction, au prix d'une convention de signe.

Définition

Soit continue sur un intervalle , et soient et deux points de . On pose

Autrement dit, échanger les bornes change le signe de l'intégrale. Avec cette convention, l'écriture a un sens pour tous et dans , sans hypothèse sur leur ordre.

Propriété

Relation de Chasles. Soit continue sur un intervalle . Pour tous , , dans ,

Cette égalité est valable quel que soit l'ordre des trois réels, grâce à la convention ci-dessus.

Remarque

Le point n'a aucune raison d'être compris entre et : c'est ce qui rend la relation si commode. On l'emploie dans les deux sens. De gauche à droite, elle découpe une intégrale pour traiter séparément deux morceaux, par exemple lorsque la fonction change de signe ou d'expression. De droite à gauche, elle recolle deux intégrales, ce qui sert notamment à faire apparaître la différence dans la démonstration du théorème fondamental.

Exemple

Soit définie sur par si et si . Cette fonction est continue en car les deux expressions y valent . Par la relation de Chasles,

chacune des deux intégrales étant l'aire d'un triangle rectangle de côtés et . Le domaine total est un triangle de base et de hauteur , d'aire : les deux calculs concordent.

Linéarité de l'intégrale

Propriété

Linéarité (admise). Soient et continues sur un intervalle , soient et dans , et soient et deux réels. Alors

Remarque

Il n'existe aucune formule analogue pour un produit ou un quotient : en général

Un contre-exemple suffit : avec sur , le membre de gauche vaut et celui de droite . C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre.

Exemple

En admettant et , la linéarité donne

Positivité, croissance et cas d'égalité

Propriété

Soient et , continues sur .

  1. Positivité. Si sur , alors .
  2. Croissance. Si sur , alors .

Démonstration du point à partir du point . La fonction est continue et positive sur , donc son intégrale est positive d'après le point . La linéarité donne

d'où l'inégalité annoncée.

Remarque

L'hypothèse est indispensable. Si les bornes sont dans le désordre, les inégalités changent de sens, à cause de la convention d'orientation. Ainsi bien que la fonction soit positive sur . Avant d'appliquer la positivité ou la croissance, toujours vérifier que la borne du bas est la plus petite.

Le théorème suivant est le plus fin de la section : il affirme qu'une fonction continue positive d'intégrale nulle est identiquement nulle. Autrement dit, dès qu'une fonction continue positive est non nulle quelque part, elle « emporte » une aire strictement positive.

Propriété

Cas d'égalité. Soient et continue et positive sur . Si

alors est identiquement nulle sur .

Démonstration. Raisonnons par l'absurde et supposons qu'il existe tel que .

Utilisons la continuité en . Appliquons la définition de la continuité avec le réel strictement positif : il existe tel que, pour tout vérifiant ,

Fabriquons un segment non trivial. Posons . Si , posons et ; si , posons et , qui est bien supérieur à puisque . Dans les deux cas, , , et tout vérifie , donc .

Minorons l'intégrale. Par croissance de l'intégrale sur , comparée à la fonction constante ,

Par la relation de Chasles, puis par positivité de l'intégrale sur et sur (où reste positive),

Cela contredit l'hypothèse . Donc pour tout .

Remarque

L'hypothèse de continuité est essentielle. Une fonction positive nulle partout sauf en un point a une aire nulle sous sa courbe, sans être la fonction nulle ; mais une telle fonction n'est pas continue, et sort du cadre de ce chapitre. De même, l'hypothèse est nécessaire : si , l'intégrale est nulle quelle que soit .

Méthode

Démontrer qu'une fonction est nulle. Dès qu'un énoncé fournit une hypothèse du type « », le réflexe est d'examiner si l'intégrande est continu et de signe constant.

  1. Vérifier la continuité de sur et son signe. Les carrés et les valeurs absolues sont les cas les plus fréquents : , .
  2. Si , appliquer le théorème à .
  3. Conclure : est identiquement nulle, puis en déduire ce que l'on cherche, par exemple à partir de .

Exemple

Soit continue sur telle que . La fonction est continue comme produit de fonctions continues, et positive. Le théorème du cas d'égalité s'applique : pour tout , donc est la fonction nulle.

En revanche, l'hypothèse ne permet pas de conclure : la fonction est continue, d'intégrale nulle sur , et pourtant non nulle. La positivité est indispensable.

Inégalité triangulaire intégrale

Propriété

Soient et continue sur . Alors est continue sur et

Démonstration. La continuité de résulte de la composition de par la fonction valeur absolue, elle-même continue sur (section ) : l'intégrale de droite existe donc bien.

Pour tout , on dispose de l'encadrement . Comme , la croissance de l'intégrale s'applique aux deux inégalités et donne, en utilisant la linéarité pour le membre de gauche,

Un encadrement de la forme avec équivaut à , ce qui est exactement l'inégalité annoncée.

Remarque

L'analogie avec l'inégalité triangulaire des sommes finies, , est complète : dans les deux cas, « la valeur absolue d'une somme est plus petite que la somme des valeurs absolues », parce que les compensations de signe ne peuvent que diminuer le résultat.

Si l'ordre des bornes n'est pas connu, la forme correcte est

Valeur moyenne et inégalité de la moyenne

Définition

Soient et continue sur . On appelle valeur moyenne de sur le réel

Géométriquement, est la hauteur du rectangle de base qui aurait la même aire algébrique que le domaine sous la courbe.

Propriété

Inégalité de la moyenne. Soient et continue sur . S'il existe deux réels et tels que pour tout , alors

Démonstration. Il suffit d'appliquer la croissance de l'intégrale aux deux inégalités et , en se souvenant que l'intégrale d'une fonction constante sur vaut .

Propriété

Théorème de la moyenne. Soient et continue sur . Il existe tel que

Démonstration. La fonction est continue sur un segment : d'après le théorème des bornes atteintes (section ), elle admet un minimum et un maximum . L'inégalité de la moyenne, divisée par , donne

Le réel est donc compris entre et . Comme est continue sur le segment d'extrémités et , le théorème des valeurs intermédiaires (section ) fournit un réel entre et , donc dans , tel que .

Méthode

Encadrer une intégrale que l'on ne sait pas calculer.

  1. Encadrer l'intégrande. Chercher deux constantes et telles que sur , en majorant et minorant chaque morceau de l'expression (un dénominateur positif se minore pour majorer le quotient), ou en étudiant les variations de .
  2. Appliquer l'inégalité de la moyenne pour obtenir .
  3. Affiner si nécessaire : découper par la relation de Chasles en deux ou trois morceaux, et encadrer sur chacun. Plus les morceaux sont petits, plus l'encadrement est serré.
  4. Variante : comparer non pas à des constantes, mais à une fonction dont on sait calculer l'intégrale.

Exemple

a. Un encadrement simple. Soit . Pour , on a , donc , puis par passage à l'inverse

L'inégalité de la moyenne, avec , donne .

b. Le même encadrement, affiné. Découpons en deux avec Chasles. Sur : , donc et . Sur : , donc et . En additionnant,

soit environ , nettement plus précis que le premier encadrement.

Exemple

c. Une intégrale sans primitive usuelle. Soit . Aucune primitive de ne s'exprime à l'aide des fonctions usuelles ; l'encadrement est donc la seule voie. Pour , on a , donc , et par croissance de l'exponentielle

On peut faire mieux en comparant à une fonction intégrable : pour , donc et . Nous verrons au paragraphe que , ce qui donne la minoration .

Primitives

Définition

Soient un intervalle et une fonction définie sur . On appelle primitive de sur toute fonction définie sur , dérivable sur , et telle que

Propriété

Soit définie sur un intervalle et admettant une primitive sur . Alors les primitives de sur sont exactement les fonctions de la forme

Autrement dit, deux primitives d'une même fonction sur un intervalle diffèrent d'une constante.

Démonstration. Soit un réel. La fonction est dérivable sur et : c'est bien une primitive de .

Réciproquement, soit une primitive quelconque de sur . La fonction est dérivable sur et, pour tout ,

Comme est un intervalle, le théorème du paragraphe affirme qu'une fonction de dérivée nulle sur un intervalle y est constante. Il existe donc un réel tel que , c'est-à-dire .

Remarque

L'hypothèse « est un intervalle » ne peut pas être supprimée. Sur , qui est une réunion de deux intervalles, la fonction admet pour primitives les fonctions de la forme

et sont deux constantes indépendantes. C'est pourquoi on écrit « une primitive de sur est » plutôt que la formule globale , qui masque ce phénomène. En pratique, on précise toujours l'intervalle de travail.

Propriété

Primitive vérifiant une condition initiale. Soit admettant des primitives sur un intervalle , et soient et . Il existe une unique primitive de sur telle que .

Démonstration. Soit une primitive de sur . Les primitives de sont les ; la condition détermine de manière unique, ce qui prouve à la fois l'existence et l'unicité de .

Exemple

Cherchons la primitive de sur vérifiant .

Les primitives de sur sont les fonctions . La condition s'écrit , soit . Donc

Vérification : , et .

Théorème fondamental de l'analyse

Rien, jusqu'ici, ne garantit qu'une fonction continue admette une primitive, et rien ne relie l'intégrale (une aire) à la dérivation. Le théorème suivant règle les deux questions d'un coup.

Propriété

Théorème fondamental de l'analyse. Soit continue sur un intervalle , et soit . La fonction

est définie sur , dérivable sur , et vérifie . C'est donc l'unique primitive de sur qui s'annule en . En particulier, toute fonction continue sur un intervalle y admet des primitives, et est de classe .

Démonstration. La fonction est bien définie : pour tout , le segment d'extrémités et est inclus dans , où est continue.

Le taux d'accroissement. Fixons et soit avec . La relation de Chasles donne

Par ailleurs, , car est une constante. En divisant par et en retranchant , la linéarité donne

La continuité de en . Soit . Il existe tel que, pour tout vérifiant , on ait .

La majoration. Soit tel que . Tout réel compris entre et vérifie alors , donc . Si , l'inégalité triangulaire intégrale puis l'inégalité de la moyenne donnent

Si , le même calcul mené sur le segment , puis la convention d'orientation, donnent une majoration par . Dans les deux cas, la majoration s'écrit , donc

Conclusion. Pour tout , il existe tel que entraîne que le taux d'accroissement de en est à distance au plus de . C'est exactement la définition de

Donc est dérivable en et . Le point étant quelconque dans , on a sur . Comme est continue, est de classe . Enfin , et l'unicité de la primitive s'annulant en résulte du paragraphe .

Propriété

Corollaire : calcul d'une intégrale par une primitive. Soit continue sur un intervalle et soit une primitive quelconque de sur . Alors, pour tous et dans ,

Démonstration. Posons . D'après le théorème, est une primitive de sur , donc et diffèrent d'une constante : il existe tel que . En évaluant en : , donc . En évaluant en :

Remarque

Le corollaire explique pourquoi le choix de la primitive est indifférent : la constante additive disparaît dans la soustraction . Dans la rédaction, on écrit systématiquement le crochet , qui signale au correcteur quelle primitive a été choisie.

Exemple

a. , le calcul ayant lieu sur est une primitive de .

b. .

c. .

d. , ce qui achève l'exemple c. du paragraphe .

Primitives usuelles et formes composées

Le tableau suivant se lit à l'envers du tableau des dérivées du paragraphe . La colonne de droite précise un intervalle sur lequel la primitive est valable ; ce n'est pas un détail de rédaction, c'est une condition de validité.

Fonction Une primitive Sur
(constante)
,
, ou
,
,
, tout intervalle où
, ,

Le tableau des formes composées se déduit du tableau des dérivées composées du paragraphe , lu à l'envers. Dans tout ce tableau, désigne une fonction de classe sur l'intervalle considéré.

FonctionUne primitiveCondition
, aucune
sur l'intervalle
ne s'annule pas
aucune
sur l'intervalle
, sur l'intervalle

Méthode

Reconnaître une forme composée. C'est la technique à essayer avant l'intégration par parties et avant le changement de variable, car elle est instantanée.

  1. Repérer dans l'expression une fonction « emboîtée » : ce qui est sous une racine, en exposant de , à l'intérieur d'un logarithme, ou élevé à une puissance.
  2. Calculer et chercher dans l'expression, au facteur constant près.
  3. Ajuster la constante : si l'expression contient au lieu de , on met en facteur ; s'il manque un facteur , on écrit l'intégrande sous la forme .
  4. Écrire la primitive et vérifier en dérivant. Cette vérification coûte dix secondes et détecte toutes les erreurs de constante.

Exemple

a. . Avec , l'intégrande est , donc

b. . Avec , on a : il manque un facteur , que l'on compense.

c. .

Exemple

d. . Avec , qui ne s'annule pas sur , et :

e. . Avec et , l'intégrande est :

Intégration par parties

Propriété

Intégration par parties. Soient et deux fonctions de classe sur un intervalle , et soient et dans . Alors

Démonstration. Les fonctions et étant dérivables sur , leur produit l'est aussi et

Les fonctions , , et étant continues (c'est le sens de l'hypothèse ), la fonction est continue sur , et en est une primitive. Le corollaire du théorème fondamental donne donc

Les deux fonctions et étant continues, la linéarité de l'intégrale permet de séparer le membre de gauche en deux intégrales, puis de faire passer la seconde de l'autre côté.

Méthode

Choisir et . L'intégration par parties remplace une intégrale par une autre : elle n'est utile que si la nouvelle est plus simple. Tout est donc dans le choix.

  1. est le facteur que l'on veut dériver, parce que sa dérivée est plus simple que lui : un logarithme (dont la dérivée est une fraction rationnelle), un polynôme (dont le degré baisse).
  2. est le facteur que l'on sait primitiver sans difficulté : une exponentielle, une puissance de .
  3. Règle pratique : dès qu'un apparaît en facteur, prendre ; sinon, pour un produit « polynôme fois exponentielle », prendre égal au polynôme.
  4. Écrire au brouillon les quatre fonctions , , , avant d'appliquer la formule, et vérifier que et sont bien de classe sur le segment d'intégration.
  5. Si la nouvelle intégrale est plus compliquée que la précédente, c'est que les rôles ont été inversés : recommencer avec l'autre choix.

Exemple

a. L'exemple de référence : . L'intégrande n'est pas un produit apparent ; on l'écrit . Posons

Les fonctions et sont de classe sur . La formule donne

On retrouve au passage que est une primitive de , comme annoncé dans le tableau du paragraphe .

Exemple

b. Polynôme fois exponentielle. Pour , on pose , , et :

c. Deux intégrations par parties successives. Pour , le même choix (, ) donne

Le degré du polynôme a baissé d'une unité à chaque application : c'est le principe.

d. Avec un logarithme. Pour , on pose , , :

Changement de variable

Propriété

Changement de variable. Soient continue sur un intervalle et une fonction de classe sur un segment , à valeurs dans . Alors

Démonstration. La fonction étant continue sur l'intervalle , elle y admet une primitive d'après le théorème fondamental. La composée est dérivable sur , de dérivée

qui est continue. Ainsi est une primitive de sur , donc

Méthode

Effectuer un changement de variable, en quatre temps.

  1. Poser le changement, sous la forme ou , et vérifier que la fonction choisie est de classe sur le segment concerné.
  2. Différentier : de on tire . Cette écriture est une abréviation commode de l'énoncé du théorème ; elle sert à transformer mécaniquement l'intégrande.
  3. Changer les bornes, et c'est l'étape que l'on oublie : les nouvelles bornes sont les valeurs de la nouvelle variable, pas de l'ancienne. Les écrire explicitement, par exemple « pour , ; pour , ».
  4. Calculer la nouvelle intégrale, entièrement écrite dans la nouvelle variable : aucune trace de l'ancienne ne doit subsister.

Deux situations appellent un changement de variable : la présence d'une racine que l'on veut faire disparaître (poser ), et la présence répétée d'une même expression, typiquement (poser ).

Exemple

a. Poser . Calculons .

Changement. Posons , fonction de classe sur , avec . Pour faire apparaître , on écrit l'intégrande sous la forme voulue en multipliant et divisant par :

Les bornes deviennent et . Donc

Calcul. Comme , la linéarité donne

Exemple

b. Poser . Calculons .

Changement. Posons , de classe sur et à valeurs dans , ce qui revient à poser . Alors , et puisque . Pour , ; pour , . Donc

Calcul. La division donne , d'où

Numériquement, .

Remarque

Le changement de variable affine est si fréquent qu'on l'effectue de tête, en ajustant simplement une constante : c'est exactement ce que fait la reconnaissance des formes composées du paragraphe . On réserve la rédaction complète en quatre temps aux changements non affines.

Quelle technique pour quelle intégrale

Méthode

Synthèse : choisir sa méthode devant une intégrale. Les essais se font dans cet ordre, du moins coûteux au plus coûteux.

  1. L'intégrande est-il dans le tableau des primitives usuelles ? Alors calculer directement avec un crochet.
  2. Est-ce une forme composée , , , , ? Alors ajuster la constante et conclure. Repérer comme « ce qui est emboîté ».
  3. Est-ce un produit dont un facteur se simplifie en dérivant (un , un polynôme) et dont l'autre se primitive facilement (une exponentielle, une puissance) ? Alors intégration par parties.
  4. Une racine ou une exponentielle revient-elle plusieurs fois dans l'expression ? Alors changement de variable, ou .
  5. L'intégrande est-il une fraction rationnelle ? Alors la découper en somme de fractions plus simples, par division ou par identification des coefficients, puis intégrer terme à terme.
  6. Aucune des techniques ne fonctionne ? C'est probablement voulu : passer aux encadrements du paragraphe , ou à une étude de la fonction définie par l'intégrale (paragraphe ).

Exemple

Reconnaissons la méthode pour chacune des intégrales suivantes, sans les calculer.

a. : forme avec . Résultat : .

b. : produit polynôme-exponentielle, intégration par parties avec .

c. : la racine se répète, changement de variable . Il vient .

d. : ni primitive usuelle, ni forme composée, ni produit se prêtant à une intégration par parties. On encadre : sur , donc l'intégrale est comprise entre et .

Fonctions définies par une intégrale à bornes variables

Propriété

Soient continue sur un intervalle , et , deux fonctions dérivables sur un intervalle , à valeurs dans . Alors la fonction

est définie et dérivable sur , et

Démonstration. Soit une primitive de sur , qui existe d'après le théorème fondamental. Pour tout , le corollaire donne

Les fonctions et sont dérivables sur comme composées de fonctions dérivables, donc l'est aussi, et la formule de dérivation d'une composée donne

Méthode

Étudier une fonction définie par une intégrale. Ne jamais chercher à calculer l'intégrale en premier : le plus souvent, c'est impossible, et c'est inutile.

  1. Ensemble de définition : déterminer les pour lesquels le segment d'extrémités et est inclus dans un intervalle où est continue. C'est la seule difficulté réelle de l'exercice.
  2. Introduire une primitive de (sans chercher à l'expliciter) et écrire .
  3. Dériver avec la formule ci-dessus, puis étudier le signe de pour obtenir les variations.
  4. Signe et valeurs particulières : la positivité de l'intégrale donne le signe de lorsque est de signe constant et que les bornes sont dans le bon ordre ; les valeurs de pour lesquelles donnent .

Exemple

a. Un cas où l'on peut vérifier. Soit pour . La fonction est continue sur , et est dérivable : est définie et dérivable sur , avec

Vérifions par le calcul direct : , dont la dérivée est bien . Le signe de est celui de : la fonction décroît sur et croît sur , avec un minimum .

Exemple

b. Un cas où l'on ne peut pas calculer. Soit

Définition. La fonction est continue sur , puisque y est continue et ne s'y annule pas. Pour , on a , donc le segment est inclus dans : est bien définie.

Dérivée. Avec et , la formule donne

Variations. Pour , le numérateur et le dénominateur sont strictement positifs, donc : la fonction est strictement croissante sur . On obtient ce résultat sans disposer d'aucune expression de , puisque n'a pas de primitive exprimable à l'aide des fonctions usuelles.

Exemple

c. Une intégrale constante. Soit pour . La fonction est continue sur et , donc est définie et dérivable sur , avec

Comme est un intervalle, la fonction est constante. Sa valeur s'obtient en un point quelconque, par exemple en : . Ainsi pour tout , ce que confirme le calcul direct .

Les exercices

37 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Ensembles de définition et premières lectures

Généralités : ensemble de définition, opérations, composition, monotonie, parité, fonctions bornéesFonctions usuelles : puissances, racine carrée, valeur absolue, partie entière, exponentielle, logarithme

On rappelle les trois conditions d'existence à surveiller systématiquement :

  • un quotient exige un dénominateur non nul ;
  • une racine carrée exige un radicande positif ou nul ;
  • un logarithme népérien exige un argument strictement positif.

Lorsque plusieurs de ces conditions apparaissent dans une même expression, l'ensemble de définition est l'intersection des ensembles qu'elles décrivent.

1. Déterminer l'ensemble de définition de chacune des fonctions suivantes, définies par la formule indiquée.

a.

b.

c.

d.

e.

f.

g.

h.

i.

j.

2. Écrire chacune des fonctions suivantes comme composée de deux fonctions usuelles, en précisant l'ordre de composition.

a.

b.

c.

d.

3. Dans chacun des deux cas suivants, expliciter et , puis déterminer et .

a. et .

b. et .

4. Vrai ou faux, avec justification. « Pour toutes fonctions et , les ensembles et sont égaux. »

Exercice 2 ★★★Parité, monotonie et fonctions bornées

Généralités : ensemble de définition, opérations, composition, monotonie, parité, fonctions bornées

Les trois parties sont indépendantes.

Partie A. Parité

On rappelle qu'une fonction ne peut être dite paire ou impaire que si son ensemble de définition est symétrique par rapport à .

1. Pour chacune des fonctions suivantes, déterminer l'ensemble de définition, puis dire si la fonction est paire, impaire, ou ni l'une ni l'autre.

a.

b.

c.

d.

e.

f.

g.

2. Question de cours. Soit une fonction définie sur une partie de symétrique par rapport à . Quelle propriété géométrique la courbe possède-t-elle lorsque est paire ? lorsque est impaire ?

3. Existe-t-il une fonction définie sur qui soit à la fois paire et impaire ? Les déterminer toutes.

Partie B. Monotonie par composition

Dans cette partie, aucune dérivée n'est autorisée : on raisonne uniquement à partir de la monotonie des fonctions usuelles et de la règle des signes de la composition.

4. Déterminer le sens de variation de chacune des fonctions suivantes sur l'intervalle indiqué, en détaillant la chaîne de composition utilisée.

a. sur

b. sur

c. sur

d. sur

5. Vrai ou faux, avec justification.

a. La somme de deux fonctions croissantes sur un intervalle est croissante sur .

b. Le produit de deux fonctions croissantes sur un intervalle est croissant sur .

Partie C. Fonctions bornées

6. Démontrer que chacune des fonctions suivantes est bornée sur , en exhibant à chaque fois une majoration et une minoration explicites. Préciser si les bornes obtenues sont atteintes.

a.

b.

c.

Exercice 3 ★★★Équations et inéquations avec exponentielle et logarithme

Fonctions usuelles : puissances, racine carrée, valeur absolue, partie entière, exponentielle, logarithme

On rappelle que, pour et réel, , et que et sont deux bijections réciproques l'une de l'autre, strictement croissantes.

Consigne impérative pour tout l'exercice : commencer par déterminer le domaine de validité de l'équation ou de l'inéquation, c'est-à-dire l'ensemble des réels pour lesquels les deux membres ont un sens. Toute solution obtenue en dehors de ce domaine doit être écartée.

1. Résoudre dans les équations et inéquations suivantes.

a.

b.

c.

d.

e.

f.

g.

h.

2. On s'intéresse à l'inéquation , d'inconnue . On pose .

a. Justifier, sans dériver, que est strictement croissante sur .

b. Calculer et . On admet qu'il existe un unique réel tel que ; ce point sera établi plus loin dans le chapitre à l'aide du théorème des valeurs intermédiaires. Encadrer par deux entiers consécutifs.

c. En déduire l'ensemble des solutions de l'inéquation .

3. Vrai ou faux, avec justification. « Pour tout réel tel que les deux membres sont définis, . »

Exercice 4 ★★★Limites immédiates et opérations

Limite en un point et en l'infini : définitions quantifiées, limite à droite et à gauche, unicitéOpérations sur les limites, composition et formes indéterminées

On utilisera librement les limites usuelles du cours et les théorèmes d'opérations sur les limites (somme, produit, quotient, composition).

1. Déterminer, en justifiant brièvement par le théorème d'opération employé, chacune des limites suivantes.

a.

b.

c.

d.

e.

f.

g.

h.

i.

j.

k.

l.

2. Pour chacune des trois expressions suivantes, nommer d'abord la forme indéterminée rencontrée, puis la lever et conclure.

a. quand

b. quand

c. quand

3. Question de cours. Citer les quatre formes indéterminées vues en cours.

4. Vrai ou faux, avec justification. « Si et , alors . »

Exercice 5 ★★★Lever une indétermination par le terme dominant

Opérations sur les limites, composition et formes indéterminées

En et en , une somme de puissances de est dominée par son terme de plus haut degré. La méthode systématique consiste à factoriser ce terme dominant au numérateur et au dénominateur, puis à simplifier : l'indétermination disparaît.

On rappelle que pour tout réel , , donc si et si .

1. Déterminer les limites suivantes en factorisant le terme dominant.

a.

b.

c.

d.

e.

f.

g.

h.

2. Soit la fonction définie sur par . Déterminer et .

3. Question de cours. Soient et deux polynômes non nuls, de degrés respectifs et , de coefficients dominants et . Énoncer la règle donnant selon la comparaison de et .

4. Un étudiant écrit : « pour tout réel non nul, ». Cette égalité est-elle correcte ? La corriger si nécessaire, et indiquer laquelle des questions 1.f et 1.g l'erreur ferait échouer.

Exercice 6 ★★★Croissances comparées, le catalogue

Croissances comparées et limites usuelles de l'exponentielle et du logarithme

On rappelle le théorème des croissances comparées. Pour tous réels et :

Toutes ces limites sont à savoir par cœur : dans une confrontation entre un logarithme, une puissance et une exponentielle, c'est toujours le plus « fort » des deux qui impose la conclusion.

1. Déterminer les limites suivantes, en précisant à chaque fois laquelle des quatre croissances comparées est utilisée.

a.

b.

c.

d.

e.

f.

g.

h.

i.

j.

Pour la question j, on commencera par écrire sous la forme .

2. Déterminer les limites suivantes, en factorisant d'abord le terme dominant.

a.

b.

c.

3. Classer les trois familles de fonctions , (avec ) et par « ordre de force » croissante au voisinage de . Énoncer en une phrase la règle pratique qui permet de conclure sur un quotient dont le numérateur et le dénominateur appartiennent à cette liste.

Exercice 7 ★★★Dérivées, opérations et fonction composée

Calcul de dérivées : opérations, fonction composée, fonction réciproque

1. Pour chacune des fonctions suivantes, préciser d'abord l'ensemble sur lequel elle est dérivable, puis calculer sa dérivée et simplifier le résultat autant que possible.

a.

b.

c.

d.

e.

f.

g.

h.

i.

j.

k.

l.

Pour la question h, on écrira au préalable sous la forme , la fonction étant considérée sur .

2. Question de cours. Soit une fonction dérivable sur un intervalle , et . Donner les dérivées de , de , puis, sous l'hypothèse supplémentaire que est strictement positive sur , celles de et de .

3. Vrai ou faux, avec justification. « Pour tout , la dérivée de vaut . »

4. On reprend la fonction de la question 1.i. Démontrer, sans utiliser sa dérivée, que est strictement croissante sur . On pourra commencer par écrire sous la forme pour une constante à déterminer.

Exercice 8 ★★★Primitives usuelles et intégrales immédiates

Intégrale sur un segment, primitives et théorème fondamental de l'analyse

On rappelle les formes à reconnaître, désignant une fonction dérivable sur l'intervalle considéré :

Partie A. Reconnaître une primitive

1. Déterminer une primitive de chacune des fonctions suivantes sur l'intervalle indiqué, en nommant la forme reconnue.

a. sur

b. sur

c. sur

d. sur

e. sur

f. sur

2. Déterminer l'unique primitive de sur vérifiant .

Partie B. Intégrales immédiates

3. Calculer les intégrales suivantes. On donnera à chaque fois la valeur exacte, et l'on vérifiera au préalable que la fonction intégrée est bien continue sur le segment d'intégration.

a.

b.

c.

d.

e.

f.

4. Vrai ou faux, avec justification. Un étudiant écrit :

Deux arguments distincts permettent de repérer l'erreur : les donner tous les deux.

Exercice 9 ★★★Signe de la dérivée et tableau de variations

Dérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotesCalcul de dérivées : opérations, fonction composée, fonction réciproque

Les trois parties sont indépendantes. Dans chacune, on attend la même démarche : calcul de la dérivée, factorisation puis étude de son signe, limites aux bornes, tableau de variations complet, extremums.

Partie A. Une fonction polynomiale

Soit la fonction définie sur par .

1. Calculer et le factoriser.

2. Déterminer et .

3. Dresser le tableau de variations de sur , valeurs des extremums comprises.

4. La fonction admet-elle un maximum sur ? Préciser la nature, locale ou globale, de chacun des deux extremums trouvés.

Partie B. Une fonction rationnelle

Soit la fonction définie sur par . On admet les quatre limites suivantes :

5. Calculer et vérifier que le signe de est celui de .

6. Dresser le tableau de variations de sur .

7. Justifier que admet un minimum sur l'intervalle et en donner la valeur. La fonction admet-elle un minimum sur tout entier ?

Partie C. Une fonction avec exponentielle

Soit la fonction définie sur par .

8. Calculer et montrer que son signe est celui de .

9. Déterminer et . On justifiera la première par une croissance comparée.

10. Dresser le tableau de variations de , puis en déduire que pour tout réel , .

11. Combien l'équation admet-elle de solutions ? Les donner.

Exercice 10 ★★★★Lecture graphique, de la courbe de la dérivée aux variations

Dérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotesDérivabilité en un point : taux d'accroissement, tangente, dérivabilité à droite et à gauche

Soit une fonction dérivable sur . La courbe tracée ci-dessous est celle de sa dérivée , et non celle de . On lira les valeurs remarquables sur la figure, et l'on utilisera en plus la seule donnée numérique de l'énoncé : .

Courbe représentative de la dérivée f' sur l'intervalle [-3, 2], parabole s'annulant en -2 et en 1

1. Dresser le tableau de signes de pour parcourant .

2. En déduire le tableau de variations de sur . On y fera figurer la valeur , seule valeur de connue.

3. En quels points la courbe de admet-elle une tangente horizontale ? Pour chacun, préciser s'il s'agit d'un extremum local de et de quelle nature.

4. Déterminer une équation de la tangente à la courbe de au point d'abscisse .

5. Lire sur la figure les abscisses des points de la courbe de en lesquels la tangente a pour coefficient directeur .

6. Chacune des affirmations suivantes est-elle vraie, fausse, ou impossible à trancher avec les seules informations données ? Justifier à chaque fois.

a. .

b. est croissante sur .

c. admet un maximum local en .

d. est négative sur .

Exercice 11 ★★★★Limites à droite, à gauche et asymptotes verticales

Limite en un point et en l'infini : définitions quantifiées, limite à droite et à gauche, unicitéOpérations sur les limites, composition et formes indéterminées

On rappelle que la droite d'équation est asymptote verticale à la courbe lorsque admet une limite infinie en , à droite ou à gauche. Toute la difficulté consiste à déterminer le signe du dénominateur de part et d'autre de la valeur interdite : c'est lui, et lui seul, qui décide entre et .

On considère les cinq fonctions suivantes.

a.

b.

c.

d.

e.

1. Déterminer l'ensemble de définition de chacune de ces cinq fonctions.

2. Étude de au voisinage de .

a. Préciser la limite de en , ainsi que le signe de selon que ou .

b. En déduire et , puis les asymptotes verticales de .

3. Étude de au voisinage de et de .

a. Factoriser et dresser le tableau de signes de cette expression.

b. Déterminer les quatre limites de en , en , en et en , puis conclure.

4. Étude de au voisinage de . En écrivant , reconnaître un taux d'accroissement et en déduire . La droite d'équation est-elle asymptote à ?

5. Étude de au voisinage de .

a. En posant , déterminer . On utilisera la croissance comparée .

b. Déterminer . Y a-t-il, de ce côté, une forme indéterminée ?

c. Conclure quant aux asymptotes de .

6. Étude de . Déterminer , et , puis conclure.

7. Synthèse.

a. Dresser la liste des asymptotes verticales des cinq courbes.

b. Pour laquelle des cinq fonctions la valeur interdite donne-t-elle une limite finie de part et d'autre ? Que peut-on dire de l'allure de la courbe en ce point ?

c. Pour laquelle des cinq fonctions la droite obtenue n'est-elle asymptote que d'un seul côté de la courbe ?

Exercice 12 ★★★★Quantité conjuguée et limites avec des racines

Opérations sur les limites, composition et formes indéterminées

Toutes les limites de cet exercice conduisent à une forme indéterminée que l'on lèvera en multipliant et en divisant par la quantité conjuguée, à l'aide de l'identité .

1. Préliminaire, en vue de la limite 2. e.

a. Déterminer l'ensemble des réels tels que .

b. Démontrer que, pour tout réel , . On prendra garde au fait que .

2. Déterminer les six limites suivantes, en rédigeant intégralement.

a.

b.

c.

d.

e.

f.

3. Expliquer en quelques lignes pourquoi la multiplication par la quantité conjuguée lève l'indétermination. On précisera quelle forme indéterminée disparaît, et par quelle autre forme, connue, elle est remplacée.

4. Comparer les résultats de 2. a. et de 2. e. Pourquoi la limite en ne s'obtient-elle pas en changeant simplement en dans le calcul fait en ?

5. Démontrer que , puis interpréter ce résultat pour la courbe de la fonction . Préciser la position de cette courbe par rapport à la droite d'équation .

Exercice 13 ★★★★Encadrement et partie entière

Théorèmes de comparaison, théorème d'encadrement, théorème de la limite monotoneFonctions usuelles : puissances, racine carrée, valeur absolue, partie entière, exponentielle, logarithme

Partie A. La partie entière

On rappelle que, pour tout réel , désigne l'unique entier vérifiant .

1. Démontrer que, pour tout réel , .

2. Déterminer .

3. Déterminer .

4. On pose pour .

a. Écrire l'encadrement de la question 1. appliqué à , puis le diviser par . Expliquer pourquoi il ne permet pas de conclure quant à la limite de en .

b. Démontrer que pour tout , puis en déduire .

c. Par la même méthode, déterminer . La fonction admet-elle une limite en ?

Partie B. Encadrement par une fonction bornée

Soit une fonction définie sur et bornée : il existe un réel tel que pour tout .

5. a. Démontrer que .

b. Démontrer que .

c. Ces deux résultats subsistent-ils si l'on suppose seulement que est majorée ?

6. On pose . Démontrer que pour tout réel , puis déterminer .

7. Déterminer .

Exercice 14 ★★★★Recoller deux morceaux, continuité et dérivabilité

Continuité en un point, prolongement par continuité, caractérisation séquentielleDérivabilité en un point : taux d'accroissement, tangente, dérivabilité à droite et à gauche

Partie A. Une parabole et un logarithme

Soient et deux réels. On définit la fonction sur par

1. Justifier que, quels que soient et , est continue et dérivable sur et sur . Quel est donc le seul point qui demande une étude ?

2. a. Calculer et .

b. En déduire la valeur de pour laquelle est continue en . Le réel intervient-il ?

3. Dans toute la suite de la partie A, prend la valeur trouvée à la question 2. On rappelle que .

a. Démontrer que .

b. Exprimer en fonction de .

c. En déduire la valeur de pour laquelle est dérivable en , ainsi que .

4. Pour ces valeurs de et de , donner une équation de la tangente à au point d'abscisse .

Partie B. Un recollement impossible

Soit un réel. On définit la fonction sur par

5. Déterminer l'unique valeur de pour laquelle est continue en .

6. Cette valeur de étant désormais fixée :

a. calculer les limites à gauche et à droite en du taux d'accroissement ;

b. la fonction est-elle dérivable en ? Justifier ;

c. donner les équations des deux demi-tangentes à au point d'abscisse . On dit que la courbe présente en ce point un point anguleux : interpréter.

7. Une fonction peut-elle être dérivable en un point sans y être continue ? Justifier, et expliquer pourquoi la question de la continuité doit toujours être réglée avant celle de la dérivabilité.

Exercice 15 ★★★★Prolongement par continuité

Continuité en un point, prolongement par continuité, caractérisation séquentielleCroissances comparées et limites usuelles de l'exponentielle et du logarithme

On rappelle qu'une fonction , continue sur , est prolongeable par continuité en si et seulement si admet en une limite finie . Le prolongement est alors défini par pour et .

On considère les cinq fonctions suivantes, chacune accompagnée du point en lequel on cherche à la prolonger.

a. , en

b. , en

c. , en

d. , en

e. , en

1. Pour chacune de ces cinq fonctions, préciser l'ensemble de définition et justifier brièvement la continuité sur cet ensemble.

2. Étudier la limite de en et conclure quant au prolongement. On citera la croissance comparée utilisée.

3. Les fonctions et font apparaître un taux d'accroissement, que l'on identifiera précisément. En déduire les limites de en et de en , ainsi que les prolongements correspondants.

4. Simplifier l'expression de , puis conclure quant au prolongement en .

5. a. Déterminer séparément et .

b. La fonction est-elle prolongeable par continuité en ? Justifier soigneusement.

c. La restriction de à est-elle, elle, prolongeable par continuité en ? Si oui, préciser la valeur du prolongement.

6. Pour chacun des prolongements obtenus aux questions 2. à 4., préciser l'ensemble sur lequel la fonction prolongée est continue.

7. Synthèse. Énoncer en une phrase le critère qui décide de l'existence d'un prolongement par continuité, et expliquer pourquoi une limite infinie, même identique des deux côtés, ne permet jamais de prolonger.

Exercice 16 ★★★★Valeurs intermédiaires et dichotomie

Continuité sur un intervalle, théorème des valeurs intermédiaires

Partie A. Une équation avec une exponentielle

On s'intéresse à l'équation : , d'inconnue .

1. Démontrer que équivaut à , où est définie sur par . Justifier que est continue et strictement croissante sur .

2. Déterminer et . En déduire, en citant précisément le théorème utilisé, que admet une unique solution réelle, notée .

3. Calculer et , et en déduire un premier encadrement de .

4. On applique la méthode de dichotomie en partant de l'intervalle : à chaque étape, on calcule le signe de au milieu de l'intervalle courant, puis on conserve la moitié aux extrémités de laquelle change de signe.

a. Reproduire et compléter le tableau ci-dessous jusqu'à obtenir un intervalle d'amplitude strictement inférieure à .

borne gaucheborne droitesigne de au milieu

b. En déduire un encadrement de d'amplitude strictement inférieure à , puis une valeur approchée de à près.

c. L'amplitude de l'intervalle obtenu après étapes vaut . Combien d'étapes faudrait-il pour obtenir un encadrement d'amplitude inférieure à ?

Partie B. Deux équations polynomiales

5. On pose .

a. Étudier les variations de sur et déterminer ses limites en et en .

b. Démontrer que l'équation admet une unique solution réelle , et que .

c. Déterminer un encadrement de d'amplitude .

6. On pose .

a. Calculer , étudier son signe, puis dresser le tableau de variations complet de , limites comprises.

b. En déduire que l'équation admet exactement trois solutions réelles.

c. Déterminer, pour chacune de ces trois solutions, deux entiers consécutifs entre lesquels elle est comprise.

7. Expliquer pourquoi la stricte monotonie de était indispensable, dans la partie A, pour conclure à l'unicité de la solution, alors que le théorème des valeurs intermédiaires n'en fournit que l'existence. Illustrer avec la fonction de la question 6.

Exercice 17 ★★★★Théorème de la bijection, premier usage

Théorème de la bijection, fonction réciproque et son grapheContinuité sur un intervalle, théorème des valeurs intermédiaires

Partie A. Deux bijections sans expression explicite

1. On pose pour .

a. Démontrer que réalise une bijection de sur un intervalle que l'on déterminera.

b. En déduire que l'équation admet une unique solution , puis démontrer que .

c. Préciser l'ensemble de définition, le sens de variation et la continuité de .

d. Calculer , , et exprimer .

2. On pose pour .

a. Étudier les variations de et déterminer ses limites en et en .

b. En déduire que réalise une bijection de sur un intervalle que l'on précisera.

c. Démontrer que l'équation admet une unique solution , et que .

d. Préciser l'ensemble de définition, le sens de variation et la continuité de , puis calculer et .

Partie B. Une réciproque que l'on sait calculer

On pose .

3. Déterminer , calculer et étudier son signe.

4. Déterminer et .

5. Démontrer que réalise une bijection de sur un intervalle que l'on précisera.

6. Soit . Résoudre l'équation , d'inconnue , et en déduire une expression de .

7. Vérifier le résultat sur l'exemple , préciser le sens de variation de , et dire ce que l'on peut affirmer des courbes de et de dans un repère orthonormé.

Exercice 18 ★★★★Tangente et position relative à la courbe

Dérivabilité en un point : taux d'accroissement, tangente, dérivabilité à droite et à gaucheDérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotes

On rappelle que, pour comparer une courbe et une droite d'équation , on étudie le signe de la différence : la courbe est au-dessus de la droite là où cette différence est positive, en dessous là où elle est négative.

Partie A. La courbe du logarithme et sa tangente en

Soit la fonction définie sur par .

1. Calculer et , puis donner une équation de la tangente à au point d'abscisse .

2. On pose pour .

a. Démontrer que , puis étudier le signe de sur .

b. Déterminer . On admettra que . Dresser le tableau de variations de .

c. En déduire le signe de sur , puis la position de par rapport à . Préciser les points de contact.

d. Énoncer l'inégalité ainsi démontrée.

Partie B. La courbe de l'exponentielle et sa tangente en

3. Soit la fonction . Donner une équation de la tangente à au point d'abscisse .

4. En étudiant les variations de sur , démontrer que est située au-dessus de , et énoncer l'inégalité obtenue.

5. Retrouver l'inégalité de la partie A en appliquant celle de la partie B à un réel bien choisi.

Partie C. Une tangente astreinte à passer par un point donné

Soit la fonction et soit le point de coordonnées .

6. Vérifier que n'appartient pas à .

7. Soit un réel. Donner une équation de la tangente à au point d'abscisse .

8. Déterminer tous les réels pour lesquels passe par , et donner les équations des tangentes correspondantes.

9. Soit un point de coordonnées . Discuter, selon la position de par rapport à , le nombre de tangentes à passant par .

Exercice 19 ★★★★Taux d'accroissement et valeur absolue

Dérivabilité en un point : taux d'accroissement, tangente, dérivabilité à droite et à gaucheFonctions usuelles : puissances, racine carrée, valeur absolue, partie entière, exponentielle, logarithme

Dans tout cet exercice, l'étude de la dérivabilité au point considéré doit être menée par le taux d'accroissement, sans utiliser les formules de dérivation. On rappelle que est dérivable en lorsque admet une limite finie quand tend vers , et que cette limite est alors .

1. Soit la fonction définie sur par .

a. Écrire sans valeur absolue, en distinguant les cas et .

b. Calculer et . La fonction est-elle dérivable en ?

c. Reprendre la question b. au point .

d. Donner les équations des deux demi-tangentes à au point d'abscisse .

2. Soit la fonction définie sur par . Étudier la limite du taux d'accroissement de en , conclure quant à la dérivabilité, et interpréter graphiquement.

3. Soit la fonction définie sur par . Étudier la dérivabilité de en et, le cas échéant, donner ainsi qu'une équation de la tangente correspondante.

4. Soit la fonction définie sur par , c'est-à-dire . Étudier la dérivabilité de en .

5. Justifier que les quatre fonctions étudiées sont continues au point considéré. Qu'en conclure sur la réciproque de l'implication « dérivable en » « continue en » ?

6. Synthèse. Classer les quatre situations rencontrées selon le comportement du taux d'accroissement : deux limites latérales finies distinctes, limite infinie, limite finie. Préciser dans chaque cas si admet une tangente au point étudié, et laquelle.

Exercice 20 ★★★★Étude complète d'une fonction et asymptote oblique

Dérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotesOpérations sur les limites, composition et formes indéterminées

Partie A. Une fraction rationnelle

On considère la fonction définie par , et on note sa courbe représentative dans un repère du plan.

1. Déterminer .

2. Déterminer trois réels , et tels que, pour tout , .

3. Déterminer les limites de aux bornes de , en distinguant la limite à gauche et la limite à droite en . Interpréter graphiquement le résultat obtenu en .

4. Montrer que, pour tout , , puis étudier le signe de .

5. Dresser le tableau de variations complet de , en faisant apparaître les valeurs exactes des extremums locaux.

6. Montrer que la droite d'équation est asymptote à en et en , puis étudier la position de par rapport à .

7. Déterminer les points de en lesquels la tangente est horizontale. Écrire enfin une équation de la tangente à au point d'abscisse .

Partie B. Une fonction avec une racine carrée

On considère la fonction définie sur par , de courbe représentative .

8. Justifier que est définie et dérivable sur , calculer et démontrer que est strictement croissante sur .

9. Démontrer que, pour tout réel , . En déduire et l'asymptote correspondante.

10. Déterminer , puis démontrer que la droite d'équation est asymptote à en . Préciser la position de par rapport à .

11. Dresser le tableau de variations de et préciser l'ensemble .

Exercice 21 ★★★★Intégration par parties, les trois modèles

Intégration par parties et changement de variable

On rappelle la formule d'intégration par parties : si et sont de classe sur un segment , alors

Dans chaque calcul, on précisera les fonctions et choisies et on vérifiera qu'elles sont de classe sur le segment considéré.

Partie A. Le modèle « polynôme fois exponentielle »

1. Calculer les intégrales suivantes.

a.

b.

c.

Pour la question 1.c., deux intégrations par parties successives sont nécessaires ; on pourra réutiliser le résultat de la question 1.a.

Partie B. Le modèle « logarithme »

2. Calculer les intégrales suivantes.

a.

b.

c.

Pour la question 2.a., on écrira .

3. En déduire la valeur de .

Partie C. Questions de méthode

4. Dans les six calculs précédents, préciser quel facteur a été pris pour et lequel pour . Énoncer la règle de choix qui s'en dégage, en distinguant le cas où l'un des facteurs est un logarithme.

5. On reprend le calcul de avec le choix inverse : et . Écrire l'égalité obtenue. Est-elle fausse ? Pourquoi ce choix ne permet-il pas de conclure directement ?

6. Calculer . Une intégration par parties est-elle ici la bonne méthode ?

Exercice 22 ★★★★Changements de variable usuels

Intégration par parties et changement de variable

Partie A. Le théorème

1. Énoncer le théorème de changement de variable pour une intégrale sur un segment, en précisant les hypothèses de régularité portant sur la fonction intégrée et sur le changement de variable, ainsi que la transformation subie par les bornes.

Partie B. Cinq changements de variable

2. Calculer les intégrales suivantes à l'aide du changement de variable indiqué.

a. , avec

b. , avec

c. , avec

d. , avec

e. , avec

3. Pour les changements de variable des questions 2.b. et 2.c., vérifier explicitement que les hypothèses du théorème de la question 1. sont satisfaites.

Partie C. Ne pas oublier les bornes

4. Un étudiant rédige ainsi la question 2.a. : « on pose , donc , d'où ». Calculer la valeur qu'il obtient, la comparer à la valeur exacte, et expliquer l'erreur commise.

5. Retrouver le résultat de la question 2.c. sans changement de variable, en reconnaissant une expression de la forme . Faire de même pour la question 2.d. en reconnaissant une expression de la forme .

6. Calculer en choisissant soi-même le changement de variable.

Exercice 23 ★★★★Positivité, croissance et valeur moyenne d'une intégrale

Positivité, croissance, inégalités et encadrements d'intégrales, valeur moyenne

Toutes les fonctions considérées sont continues sur le segment sur lequel on les intègre. On rappelle la valeur moyenne de sur , avec : c'est le réel .

Partie A. Comparer sans calculer

1. Comparer et sans calculer ces intégrales, en justifiant par la croissance de l'intégrale. Vérifier ensuite par le calcul.

2. Comparer de même et , puis vérifier par le calcul.

Partie B. Encadrer par l'inégalité de la moyenne

3. Démontrer que .

4.a. Encadrer en majorant et en minorant séparément et sur .

4.b. Étudier les variations de sur , puis en déduire que . Comparer l'amplitude des deux encadrements obtenus.

Partie C. Valeur moyenne

5. Calculer la valeur moyenne de sur , puis déterminer le réel tel que .

6. Calculer la valeur moyenne de sur , puis déterminer le réel tel que .

Partie D. Une intégrale nulle

7. Soit continue et positive sur , avec , telle que . Démontrer que est la fonction nulle sur . On raisonnera par l'absurde, en utilisant la continuité en un point où ne s'annule pas.

8. En déduire que si et sont continues sur , avec et , alors . Justifier alors que l'inégalité obtenue à la question 1. est stricte.

Exercice 24 ★★★Revenir à la définition quantifiée de la limite

Limite en un point et en l'infini : définitions quantifiées, limite à droite et à gauche, unicité

Dans tout l'exercice, on n'utilise aucun théorème d'opérations sur les limites : tout se démontre à partir des définitions quantifiées. On utilisera librement l'inégalité triangulaire .

Partie A. Une limite en

1. Écrire, à l'aide de quantificateurs, la proposition « tend vers le réel quand tend vers ».

2. Soit définie sur par .

a. Calculer , puis simplifier .

b. Déterminer le plus petit entier tel que, pour tout , .

c. Soit quelconque. Exhiber un réel , dépendant de , tel que pour tout on ait . Conclure que quand .

Partie B. Une limite en un point

3. Écrire, à l'aide de quantificateurs et des lettres et , la proposition « tend vers quand tend vers ».

4. Soit un réel tel que . Encadrer , en déduire , puis .

5. Soit . Exhiber un réel convenable et démontrer que . Expliquer pourquoi le obtenu doit faire intervenir un minimum de deux quantités.

Partie C. Nier la définition

6. Écrire la négation quantifiée de la proposition de la question 3.

7. Soit définie sur par . Calculer selon le signe de , puis démontrer, en utilisant la négation de la question 6., que n'admet de limite finie en pour aucun réel .

Partie D. Unicité de la limite

8. Soient un intervalle non réduit à un point, , et définie sur .

a. Justifier que, pour tout , il existe tel que .

b. Démontrer que si admet en une limite finie, alors cette limite est unique.

Exercice 25 ★★★Caractérisation séquentielle, prouver qu'une limite n'existe pas

Continuité en un point, prolongement par continuité, caractérisation séquentielleLimite en un point et en l'infini : définitions quantifiées, limite à droite et à gauche, unicité

Partie A. Les énoncés

1. Énoncer la caractérisation séquentielle de la limite d'une fonction en un point , puis celle de la continuité de en .

2. En déduire le critère pratique suivant, dont on rédigera l'énoncé précis avant de le démontrer : s'il existe deux suites et à valeurs dans , convergeant toutes deux vers , telles que et n'aient pas la même limite, alors n'admet pas de limite en .

Partie B. La partie entière en 1

3. Démontrer que, pour tout entier , et .

4. En déduire que la fonction n'admet pas de limite en . Cette fonction est-elle continue en ? Admet-elle une limite à droite en ? une limite à gauche ?

Partie C. Une fonction bornée sans limite en 0

Soit définie sur par .

5. Démontrer que, pour tout , .

6. Calculer pour , puis pour .

7. En déduire que n'admet pas de limite en , bien qu'elle soit bornée.

Partie D. Le sens direct et ses applications

8. Démontrer directement, à l'aide des définitions quantifiées (avec et ), la propriété suivante : si est continue en et si est une suite d'éléments de convergeant vers , alors converge vers .

9. Application. Déterminer, en précisant à chaque fois la fonction utilisée et le point où l'on invoque sa continuité, les limites des suites de termes généraux

a. , pour

b. , pour

Exercice 26 ★★★Les inégalités fondamentales sur l'exponentielle et le logarithme

Dérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotesFonctions usuelles : puissances, racine carrée, valeur absolue, partie entière, exponentielle, logarithme

Partie A. L'inégalité fondamentale sur l'exponentielle

1. Soit la fonction définie sur par . Étudier ses variations, déterminer ses limites en et en , et dresser son tableau de variations.

2. En déduire que pour tout réel , et démontrer que l'égalité a lieu si et seulement si .

3. En appliquant la question 2. à , démontrer que pour tout .

Partie B. Les deux inégalités sur le logarithme

4. Démontrer que pour tout , en appliquant la question 2. à un réel bien choisi.

5. Soit définie sur par . Calculer et le simplifier, puis en déduire que pour tout .

6. Conclure : pour tout , , avec égalité si et seulement si .

Partie C. Applications numériques

7. Encadrer à l'aide de la question 6., donner l'amplitude de l'encadrement obtenu et comparer avec la valeur .

8. Encadrer à l'aide des questions 2. et 3., puis comparer avec la valeur .

Partie D. La suite de terme général

9. Démontrer que, pour tout entier , , puis que

10. En déduire la limite de la suite de terme général .

11. Démontrer de même que pour tout entier .

Exercice 27 ★★★Point fixe d'une fonction continue d'un segment dans lui-même

Continuité sur un intervalle, théorème des valeurs intermédiaires

On appelle point fixe d'une fonction tout réel de son ensemble de définition vérifiant .

Partie A. Existence

Soit une fonction continue sur et à valeurs dans .

1. On pose pour . Justifier que est continue sur , puis déterminer le signe de et celui de .

2. En déduire que admet au moins un point fixe dans .

3. Ce point fixe est-il nécessairement unique ? Donner une fonction continue de dans ayant une infinité de points fixes.

Partie B. Les hypothèses sont indispensables

4. Soit définie sur par si et si . Vérifier que est à valeurs dans , préciser en quel point elle n'est pas continue, et démontrer qu'elle n'admet aucun point fixe.

5. Démontrer que , pourtant continue sur , n'admet aucun point fixe. Quelle hypothèse de la partie A n'est pas vérifiée ?

Partie C. Unicité pour une fonction décroissante

Soient deux réels et une fonction continue sur , à valeurs dans et strictement décroissante.

6. En adaptant la partie A, démontrer que admet au moins un point fixe dans .

7. Démontrer que ce point fixe est unique. On pourra supposer l'existence de deux points fixes distincts et utiliser la stricte décroissance de .

Partie D. Application

8. Démontrer que la fonction vérifie sur toutes les hypothèses de la partie C, et qu'elle y admet donc un unique point fixe, noté .

9. Démontrer que , puis donner un encadrement de d'amplitude . On utilisera les valeurs approchées , , et .

Exercice 28 ★★★Image d'un segment et bornes atteintes

Image d'un segment, théorème des bornes atteintesContinuité sur un intervalle, théorème des valeurs intermédiaires

Partie A. Le théorème et ses hypothèses

1. Énoncer le théorème des bornes atteintes, puis préciser ce qu'est l'image d'un segment par une fonction continue.

2. Donner trois contre-exemples montrant que chacune des hypothèses est indispensable : le premier sur un intervalle borné mais non fermé, le deuxième sur un intervalle fermé mais non borné, le troisième avec une fonction non continue sur un segment. Dans chaque cas, préciser si la fonction est bornée et si ses bornes sont atteintes.

Partie B. Une image explicite

Soit définie sur par .

3. Calculer , étudier son signe sur et dresser le tableau de variations de sur ce segment.

4. Déterminer le maximum et le minimum de sur , en précisant en quels points ils sont atteints. En déduire , en justifiant soigneusement les deux inclusions.

5. Déterminer de même l'ensemble . Est-ce un segment ? Commenter.

Partie C. Minorer une fonction strictement positive

6. Soit continue et strictement positive sur un segment . Démontrer qu'il existe un réel tel que pour tout .

7. Démontrer que ce résultat tombe en défaut sur : exhiber une fonction continue et strictement positive sur qui n'est minorée par aucun réel strictement positif.

Partie D. Un maximum global sur

Soit continue sur , de limite nulle en et en , et telle que .

8. Démontrer qu'il existe deux réels tels que pour tout et pour tout .

9. En déduire que admet un maximum global sur , c'est-à-dire qu'il existe tel que pour tout réel .

10. Application. Justifier que la fonction admet un maximum global sur , sans chercher à le calculer.

Exercice 29 ★★★Théorème de Rolle et racines de la dérivée

Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finis

Le théorème de Rolle relie les zéros d'une fonction à ceux de sa dérivée. On en voit ici trois usages : compter les racines de la dérivée d'un polynôme, fabriquer une fonction auxiliaire, et majorer le nombre de solutions d'une équation.

Partie A. Le théorème.

1. Énoncer le théorème de Rolle en précisant toutes ses hypothèses.

2. Soit définie sur par . Vérifier que en satisfait les hypothèses sur , puis déterminer tous les réels tels que .

Partie B. Racines de la dérivée d'un polynôme.

Soit et soit une fonction polynomiale de degré admettant racines réelles deux à deux distinctes, notées .

3. Montrer que, pour tout , il existe tel que , et que ces réels sont deux à deux distincts.

4. En utilisant le degré de , démontrer que admet exactement racines réelles et préciser leur localisation.

5. Application : soit . Développer , calculer , déterminer ses racines exactes et vérifier la localisation annoncée à la question 4.

Partie C. Une fonction auxiliaire.

Soit une fonction dérivable sur telle que , et soit un réel fixé.

6. Justifier l'existence d'un réel tel que .

7. On pose pour . Calculer , vérifier que satisfait les hypothèses du théorème de Rolle sur , puis en déduire qu'il existe tel que .

Partie D. Combien de solutions ?

Soit un réel strictement positif. On pose pour .

8. Calculer et montrer que ne s'annule qu'en un unique point de . En raisonnant par l'absurde et en appliquant le théorème de Rolle, démontrer que l'équation admet au plus deux solutions sur .

9. Déterminer les limites de en et en , dresser son tableau de variations et calculer son maximum.

10. En déduire, en discutant selon la valeur de , le nombre exact de solutions de l'équation sur .

Exercice 30 ★★★Inégalité des accroissements finis et suite récurrente

Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finisDérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotes

L'inégalité des accroissements finis permet de contrôler l'écart entre deux valeurs d'une fonction. Appliquée à une suite récurrente, elle démontre la convergence et en donne la vitesse, là où le théorème de la limite monotone ne dit rien.

Partie A. Les accroissements finis.

1. Énoncer l'égalité des accroissements finis, puis l'inégalité des accroissements finis, en précisant les hypothèses de chacune.

2. Démontrer que, pour tous réels et ,

Partie B. Une suite récurrente.

On considère la fonction définie sur par , ainsi que la suite définie par

3. Montrer que est croissante sur , puis que . En déduire par récurrence que est bien défini et que pour tout .

4. On pose sur . Étudier les variations de et en déduire que admet un unique point fixe , avec . Encadrer à près. (On ne cherchera pas à calculer .)

5. Montrer que pour tout , puis que

6. En déduire que , puis, par récurrence, que

Conclure que converge vers .

Partie C. Précision.

7. Justifier que , puis déterminer le plus petit entier pour lequel la majoration de la question 6 garantit .

8. Calculer , et à près. Ces valeurs sont-elles compatibles avec l'encadrement de obtenu à la question 4 ?

Exercice 31 ★★★Une bijection et la dérivée de sa réciproque

Théorème de la bijection, fonction réciproque et son grapheCalcul de dérivées : opérations, fonction composée, fonction réciproque

La fonction étudiée ici n'a pas d'expression à l'aide des fonctions usuelles : on ne la connaît que par la relation . Tout l'exercice consiste à en tirer ses propriétés sans jamais disposer d'une formule.

Soit la fonction définie sur par .

Partie A. Étude de .

1. Calculer , étudier son signe sur , déterminer et dresser le tableau de variations de .

2. En déduire que réalise une bijection de sur un intervalle que l'on précisera.

Partie B. La réciproque.

On note , définie sur .

3. Justifier que est continue et strictement croissante sur .

4. Déterminer , et .

5. Décrire la construction de la courbe de à partir de celle de .

Partie C. Dérivée de la réciproque.

6. Justifier que est dérivable sur , et expliquer pourquoi le point doit être écarté.

7. Montrer que, pour tout , , puis démontrer que

8. Calculer .

Partie D. Croissance de .

9. Déterminer .

10. Démontrer que, pour tout ,

11. En déduire , puis commenter : comment croît-elle par rapport à ?

Exercice 32 ★★★Une suite d'intégrales, le classique des concours

Positivité, croissance, inégalités et encadrements d'intégrales, valeur moyenneIntégration par parties et changement de variable

Voici le schéma le plus fréquent des épreuves écrites : une suite dont chaque terme est une intégrale, une relation de récurrence obtenue par intégration par parties, un encadrement obtenu par majoration de l'intégrande, et une limite qui en découle.

Pour tout entier naturel , on pose

Partie A. Premiers termes.

1. Calculer , puis à l'aide d'une intégration par parties.

Partie B. Convergence.

2. Montrer que pour tout .

3. Montrer que la suite est décroissante, et en déduire qu'elle converge.

Partie C. Une relation de récurrence.

4. À l'aide d'une intégration par parties, démontrer que

5. En déduire les valeurs exactes de et , puis vérifier numériquement la décroissance sur , , , .

Partie D. Un encadrement.

6. Démontrer que, pour tout ,

7. En déduire .

8. Expliquer pourquoi l'encadrement de la question 6 ne suffit pas à déterminer . Puis, à l'aide de la relation de la question 4, déterminer et enfin .

Partie E. Synthèse.

9. Démontrer que, pour tout , .

10. En écrivant , déterminer .

Exercice 33 ★★★★Suite définie implicitement par une équation

Théorème de la bijection, fonction réciproque et son grapheContinuité sur un intervalle, théorème des valeurs intermédiairesThéorèmes de comparaison, théorème d'encadrement, théorème de la limite monotone

Chaque terme de la suite étudiée ici est défini comme la solution d'une équation, sans qu'aucune formule ne le donne. L'existence, admise au chapitre sur les suites, est enfin démontrée : c'est le théorème de la bijection qui la fournit.

Pour tout entier , on note la fonction définie sur par .

Partie A. Existence et premiers termes.

1. Montrer que est continue et strictement croissante sur , puis que l'équation admet une unique solution dans , et que .

2. Calculer , puis la valeur exacte de .

Partie B. Monotonie et convergence.

3. Soit . Calculer sous une forme ne faisant plus intervenir la fonction , et déterminer son signe.

4. En déduire que est strictement croissante, puis qu'elle converge vers un réel vérifiant .

Partie C. Identification de la limite.

On suppose dans cette partie, par l'absurde, que .

5. Montrer que pour tout , puis que .

6. Calculer autrement cette limite à l'aide de l'équation vérifiée par , et conclure que .

Partie D. Vitesse de convergence.

On pose pour .

7. Montrer que , que , et que .

8. À l'aide de l'inégalité de Bernoulli , valable pour et , démontrer que .

9. À l'aide de l'inégalité , valable pour , démontrer que , puis, en utilisant la question 8, que .

10. Conclure à l'encadrement et retrouver . En déduire enfin qu'il n'existe aucun réel tel que à partir d'un certain rang : la convergence de vers n'est pas géométrique.

Exercice 34 ★★★★La somme alternée des inverses et sa limite

Positivité, croissance, inégalités et encadrements d'intégrales, valeur moyenneIntégration par parties et changement de variable

La somme arrêtée au rang définit une suite dont la limite est un nombre remarquable. Une intégrale bien choisie va servir de terme de reste et permettre de l'identifier, puis de mesurer l'erreur commise.

Pour tout entier naturel , on pose , et pour tout entier ,

Partie A. La suite .

1. Calculer .

2. Montrer que pour tout , et que la suite est décroissante.

Partie B. Une relation.

3. Démontrer que, pour tout , . Retrouver à partir de .

Partie C. Encadrement.

4. Démontrer que, pour tout ,

5. En déduire .

Partie D. La limite de la suite .

Soit .

6. Justifier que, pour tout , , puis en déduire que

7. En intégrant cette égalité sur , démontrer que .

8. En déduire que , puis . Que dire de la position de par rapport à selon la parité de ?

Partie E. Précision numérique.

9. Déterminer un entier pour lequel on est certain que .

10. Démontrer que ne permet pas d'atteindre cette précision. Que conclure sur la rapidité de convergence de la suite ?

Exercice 35 ★★★★Une fonction définie par une intégrale à bornes variables

Intégrale sur un segment, primitives et théorème fondamental de l'analyseDérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotes

La fonction étudiée ici n'est donnée par aucune formule explicite : ses deux bornes d'intégration dépendent de la variable, et l'intégrande n'a pas de primitive exprimable à l'aide des fonctions usuelles. On l'étudie pourtant complètement.

Pour tout réel , on pose

Partie A. Existence.

1. Soit . Justifier que , que la fonction est continue sur , et en déduire que est bien défini.

Partie B. Dérivée et variations.

On note la fonction définie sur par .

2. Justifier que est dérivable sur et préciser .

3. Exprimer à l'aide de , puis montrer que est dérivable sur avec .

4. Démontrer que , en déduire le signe de puis le sens de variation de .

Partie C. Comportement en .

5. Montrer que, pour tout et tout , .

6. En déduire l'encadrement , puis déterminer .

Partie D. Comportement en .

7. Rappeler pourquoi pour tout , et en déduire que pour tout .

8. Soit . Démontrer que , calculer cette dernière intégrale, puis déterminer .

9. Dresser le tableau de variations complet de et encadrer son minimum à l'aide de la question 6.

Exercice 36 ★★★★Équation fonctionnelle et continuité

Continuité sur un intervalle, théorème des valeurs intermédiairesContinuité en un point, prolongement par continuité, caractérisation séquentielle

Une équation fonctionnelle est une équation dont l'inconnue est une fonction. On cherche ici toutes les fonctions continues sur vérifiant une identité donnée. La méthode est toujours la même : obtenir le résultat sur , puis sur , puis sur , et enfin l'étendre à par densité et continuité.

Partie A. Premières propriétés.

Soit une fonction continue telle que

1. Calculer .

2. Démontrer que est impaire.

Partie B. Du côté des rationnels.

3. Démontrer par récurrence que pour tout et tout .

4. Étendre cette égalité à tout .

5. Soit un rationnel, avec et . En calculant de deux façons, démontrer que .

Partie C. Passage aux réels.

6. Soit . Pour , on pose . Justifier que est rationnel, que , et en déduire que converge vers .

7. À l'aide de la caractérisation séquentielle de la continuité, démontrer que pour tout , où .

8. Vérifier la réciproque et conclure : quelles sont exactement les fonctions continues sur vérifiant l'équation de la Partie A ?

Partie D. L'équation multiplicative.

Soit une fonction continue, non identiquement nulle, telle que

9. Démontrer que ne s'annule en aucun point, puis que pour tout .

10. On pose . Justifier que est définie et continue sur et qu'elle vérifie l'équation de la Partie A. En déduire qu'il existe un réel , que l'on précisera, tel que pour tout .

Exercice 37 ★★★★Une fonction, sa réciproque et une aire

Théorème de la bijection, fonction réciproque et son grapheIntégration par parties et changement de variableDérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotes

Une fonction strictement croissante et sa réciproque ont des courbes symétriques par rapport à la droite d'équation . Cette symétrie se traduit par une relation exacte entre leurs deux intégrales, que l'on va d'abord constater sur un exemple, puis démontrer en général, puis exploiter pour calculer une intégrale sans intégration par parties.

Partie A. Une bijection explicite.

Soit la fonction définie sur par .

1. Montrer que réalise une bijection de sur .

2. Expliciter pour tout .

Partie B. Deux aires.

3. Calculer .

4. Calculer à l'aide d'une intégration par parties.

5. Vérifier que .

Partie C. Le cas général.

Soient deux réels et une fonction de classe sur telle que pour tout . On pose et .

6. Justifier que réalise une bijection de sur et que est continue sur (de sorte que l'intégrale de sur ce segment existe).

7. À l'aide du changement de variable , démontrer que

8. Par une intégration par parties, en déduire que

Partie D. Application et interprétation.

9. Appliquer la relation de la question 8 à la fonction sur pour calculer , puis vérifier ce résultat par un calcul direct.

10. Interpréter géométriquement la relation de la question 8 en termes d'aires, dans le cas où et .

Le devoir surveillé

Sujet type DS — 240 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (4 points) — Une famille de fonctions dépendant d'un paramètre

Pour tout réel , on considère la fonction définie sur par

On donne , et .

1. Justifier que est dérivable sur , puis déterminer . (0,25 point)

2. Démontrer que . (0,5 point)

3. Calculer pour , puis étudier son signe. (0,5 point)

4. Dresser le tableau de variations de sur et démontrer que admet un minimum, atteint en un unique point, égal à . (0,5 point)

5. Étudier, selon la valeur de , le signe du réel . (0,5 point)

6. En déduire, en discutant selon la valeur de , le nombre de solutions de l'équation , d'inconnue . Les trois cas seront soigneusement justifiés. (0,75 point)

7. On prend . Déterminer l'unique solution de l'équation , puis en déduire que pour tout , . (0,5 point)

8. On prend désormais . Justifier que l'équation admet exactement deux solutions et , vérifiant . (0,25 point)

9. Démontrer que et que . (0,25 point)

Exercice 2 (4 points) — Coût moyen et coût marginal

Une entreprise produit unités d'un bien, avec . Son coût total de production, exprimé en milliers d'euros, est donné par

On appelle coût moyen la fonction définie sur par , et coût marginal la fonction définie sur par .

1. Justifier que est dérivable sur et démontrer que pour tout , . (0,25 point)

2. Déterminer et , puis interpréter économiquement la première. (0,5 point)

3. Démontrer que pour tout , . (0,5 point)

4. Vérifier que est racine du polynôme , en déduire la factorisation , puis démontrer que pour tout réel . (0,5 point)

5. En déduire le signe de , dresser le tableau de variations de sur , et donner la valeur du coût moyen minimal ainsi que la quantité qui le réalise. (0,5 point)

6. Calculer pour , puis comparer et . (0,25 point)

7. On considère maintenant une fonction de coût total quelconque, dérivable sur , et l'on garde les notations et . Démontrer que pour tout , , puis en déduire que si admet un minimum en un point , alors . (0,75 point)

8. On revient au coût de l'énoncé. Le bien est vendu milliers d'euros l'unité. Démontrer que l'équation admet exactement deux solutions et sur , vérifiant . (0,5 point)

9. Démontrer que et , puis déterminer les quantités entières pour lesquelles l'entreprise réalise un bénéfice. (0,25 point)

Exercice 3 (4 points) — Accroissements finis et encadrements numériques

Les trois parties sont indépendantes.

Partie A — Encadrement du logarithme

1. Énoncer précisément l'égalité des accroissements finis. (0,25 point)

2. Soient et deux réels tels que . Démontrer que . (0,5 point)

3. En déduire que . Donner l'amplitude de cet encadrement sous forme de fraction, puis vérifier la cohérence avec la valeur . (0,5 point)

Partie B — Encadrement d'une racine carrée

4. Soient et deux réels tels que . En appliquant l'inégalité des accroissements finis à la fonction sur , démontrer que . (0,5 point)

5. En déduire que . (0,25 point)

6. Démontrer, à l'aide de l'égalité des accroissements finis, que pour on a aussi . En déduire que , puis conclure par un encadrement de dont on vérifiera que l'amplitude est inférieure à . Comparer à . (0,75 point)

Partie C — Une fonction croissante

Soit une fonction dérivable sur telle que et dont la dérivée est croissante sur . On pose pour tout .

7. Démontrer que pour tout , il existe tel que . (0,25 point)

8. Soient et tels que . Démontrer qu'il existe et tels que , puis en déduire que est croissante sur . (0,75 point)

9. Application : démontrer que la fonction est croissante sur . (0,25 point)

Exercice 4 (4 points) — Techniques de calcul intégral

Les trois parties sont indépendantes. Toutes les valeurs demandées sont exactes.

Partie A — Intégrations par parties

On pose et .

1. a. Démontrer, par une intégration par parties, que . (0,25 point)

b. Calculer par une nouvelle intégration par parties, puis en déduire la valeur exacte de . (0,5 point)

2. Calculer . (0,5 point)

3. Calculer . On précisera la technique choisie et l'on justifiera ce choix. (0,5 point)

Partie B — Changements de variable

4. Calculer à l'aide du changement de variable . (0,5 point)

5. Calculer à l'aide du changement de variable . (0,5 point)

Partie C — Une aire

On note la courbe représentative de dans un repère orthonormé, le point de d'abscisse et le point de d'abscisse .

6. Déterminer une équation de la droite . (0,25 point)

7. On pose pour . Étudier les variations de sur et en déduire que sur . (0,5 point)

8. En déduire l'aire exacte, en unités d'aire, du domaine délimité par et le segment . (0,5 point)

Exercice 5 (4 points) — La courbe logistique

Un produit est lancé sur un marché. On modélise la part de marché atteinte au bout de mois par

Seules les valeurs ont un sens économique, mais les parties A et B étudient sur tout entier. On note la courbe représentative de dans un repère orthonormé, et l'on donne .

Partie A — Étude de la fonction

1. Justifier que et que est dérivable sur . (0,25 point)

2. Déterminer les limites de en et en , puis interpréter graphiquement ces résultats. (0,25 point)

3. Démontrer que pour tout réel , . (0,5 point)

4. Démontrer que pour tout réel , en déduire les variations de et dresser son tableau de variations. (0,25 point)

5. Démontrer que pour tout réel , . Quelle propriété géométrique de cette égalité traduit-elle ? (0,25 point)

Partie B — Fonction réciproque

6. Démontrer que réalise une bijection de sur . (0,25 point)

7. Démontrer que pour tout , . (0,5 point)

Partie C — Franchissement d'un seuil

8. Démontrer qu'il existe un unique réel tel que , donner sa valeur exacte puis une valeur approchée à près. En déduire au bout de combien de mois entiers la part de marché dépasse . (0,5 point)

Partie D — Part de marché moyenne

Soit .

9. Démontrer que . (0,5 point)

10. On note la valeur moyenne de sur . Exprimer en fonction de , puis démontrer que . (0,25 point)

11. Démontrer que . On pourra commencer par établir que , puis conclure par le théorème d'encadrement. (0,5 point)

Bloqué sur « Fonctions réelles d'une variable réelle » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.