ECG approfondies · Chapitre 05 · Premier semestre

Exercices — Fonctions réelles d'une variable réelle

37 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

37 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Ensembles de définition et premières lectures

Généralités : ensemble de définition, opérations, composition, monotonie, parité, fonctions bornéesFonctions usuelles : puissances, racine carrée, valeur absolue, partie entière, exponentielle, logarithme

On rappelle les trois conditions d'existence à surveiller systématiquement :

  • un quotient exige un dénominateur non nul ;
  • une racine carrée exige un radicande positif ou nul ;
  • un logarithme népérien exige un argument strictement positif.

Lorsque plusieurs de ces conditions apparaissent dans une même expression, l'ensemble de définition est l'intersection des ensembles qu'elles décrivent.

1. Déterminer l'ensemble de définition de chacune des fonctions suivantes, définies par la formule indiquée.

a. f1(x)=2x1x29

b. f2(x)=3x6

c. f3(x)=ln(52x)

d. f4(x)=x+1x3

e. f5(x)=ln(x24)

f. f6(x)=lnx

g. f7(x)=1x1

h. f8(x)=exex1

i. f9(x)=ln(x1x+2)

j. f10(x)=x25x+6

2. Écrire chacune des fonctions suivantes comme composée de deux fonctions usuelles, en précisant l'ordre de composition.

a. h1(x)=e3x1

b. h2(x)=lnx

c. h3(x)=ln(1+x2)

d. h4(x)=1(2x+5)3

3. Dans chacun des deux cas suivants, expliciter fg et gf, puis déterminer Dfg et Dgf.

a. f(x)=x et g(x)=4x2.

b. f(x)=lnx et g(x)=x21.

4. Vrai ou faux, avec justification. « Pour toutes fonctions f et g, les ensembles Dfg et Dgf sont égaux. »

Exercice 2 ★★★★Parité, monotonie et fonctions bornées

Généralités : ensemble de définition, opérations, composition, monotonie, parité, fonctions bornées

Les trois parties sont indépendantes.

Partie A. Parité

On rappelle qu'une fonction ne peut être dite paire ou impaire que si son ensemble de définition est symétrique par rapport à 0.

1. Pour chacune des fonctions suivantes, déterminer l'ensemble de définition, puis dire si la fonction est paire, impaire, ou ni l'une ni l'autre.

a. f1(x)=x43x2+1

b. f2(x)=xx2+1

c. f3(x)=ex+ex

d. f4(x)=x2+lnx

e. f5(x)=x3x+2

f. f6(x)=ln(1+x1x)

g. f7(x)=xx2

2. Question de cours. Soit f une fonction définie sur une partie de R symétrique par rapport à 0. Quelle propriété géométrique la courbe Cf possède-t-elle lorsque f est paire ? lorsque f est impaire ?

3. Existe-t-il une fonction définie sur R qui soit à la fois paire et impaire ? Les déterminer toutes.

Partie B. Monotonie par composition

Dans cette partie, aucune dérivée n'est autorisée : on raisonne uniquement à partir de la monotonie des fonctions usuelles et de la règle des signes de la composition.

4. Déterminer le sens de variation de chacune des fonctions suivantes sur l'intervalle indiqué, en détaillant la chaîne de composition utilisée.

a. g1(x)=2x+3 sur [32,+[

b. g2(x)=1x2+1 sur [0,+[

c. g3(x)=ex2 sur [0,+[

d. g4(x)=ln(3x) sur ],3[

5. Vrai ou faux, avec justification.

a. La somme de deux fonctions croissantes sur un intervalle I est croissante sur I.

b. Le produit de deux fonctions croissantes sur un intervalle I est croissant sur I.

Partie C. Fonctions bornées

6. Démontrer que chacune des fonctions suivantes est bornée sur R, en exhibant à chaque fois une majoration et une minoration explicites. Préciser si les bornes obtenues sont atteintes.

a. h1(x)=x1+x2

b. h2(x)=11+ex

c. h3(x)=2x2+1x2+1

Exercice 3 ★★★★Équations et inéquations avec exponentielle et logarithme

Fonctions usuelles : puissances, racine carrée, valeur absolue, partie entière, exponentielle, logarithme

On rappelle que, pour a>0 et x réel, ax=exlna, et que exp et ln sont deux bijections réciproques l'une de l'autre, strictement croissantes.

Consigne impérative pour tout l'exercice : commencer par déterminer le domaine de validité de l'équation ou de l'inéquation, c'est-à-dire l'ensemble des réels pour lesquels les deux membres ont un sens. Toute solution obtenue en dehors de ce domaine doit être écartée.

1. Résoudre dans R les équations et inéquations suivantes.

a. e2x3ex+2=0

b. ln(x1)+ln(x+1)=ln3

c. 2x=5

d. xlnx=e

e. e2x4ex+30

f. ln(2x1)<1

g. ex2ex+1>0

h. 3x+1=7x

2. On s'intéresse à l'inéquation ex2x, d'inconnue xR. On pose φ(x)=ex+x2.

a. Justifier, sans dériver, que φ est strictement croissante sur R.

b. Calculer φ(0) et φ(1). On admet qu'il existe un unique réel α tel que φ(α)=0 ; ce point sera établi plus loin dans le chapitre à l'aide du théorème des valeurs intermédiaires. Encadrer α par deux entiers consécutifs.

c. En déduire l'ensemble des solutions de l'inéquation ex2x.

3. Vrai ou faux, avec justification. « Pour tout réel x tel que les deux membres sont définis, ln(x2)=2lnx. »

Exercice 4 ★★★Limites immédiates et opérations

Limite en un point et en l'infini : définitions quantifiées, limite à droite et à gauche, unicitéOpérations sur les limites, composition et formes indéterminées

On utilisera librement les limites usuelles du cours et les théorèmes d'opérations sur les limites (somme, produit, quotient, composition).

1. Déterminer, en justifiant brièvement par le théorème d'opération employé, chacune des limites suivantes.

a. limx+(2+1x3x2)

b. limx2x2+1x5

c. limx(ex4)

d. limx0+(x+lnx)

e. limx3+x+1x3

f. limx3x+1x3

g. limx+x(1+ex)

h. limx+2+ex3ex

i. limx0+e1/x

j. limx0e1/x

k. limx1ln(1x)

l. limx1x

2. Pour chacune des trois expressions suivantes, nommer d'abord la forme indéterminée rencontrée, puis la lever et conclure.

a. x21x1 quand x1

b. xx quand x+

c. 1x1x2 quand x0+

3. Question de cours. Citer les quatre formes indéterminées vues en cours.

4. Vrai ou faux, avec justification. « Si limx0+f(x)=0 et limx0+g(x)=+, alors limx0+f(x)g(x)=0. »

Exercice 5 ★★★★Lever une indétermination par le terme dominant

Opérations sur les limites, composition et formes indéterminées

En + et en , une somme de puissances de x est dominée par son terme de plus haut degré. La méthode systématique consiste à factoriser ce terme dominant au numérateur et au dénominateur, puis à simplifier : l'indétermination disparaît.

On rappelle que pour tout réel x, x2=x, donc x2=x si x0 et x2=x si x0.

1. Déterminer les limites suivantes en factorisant le terme dominant.

a. limx+3x25x+12x2+x7

b. limx+4x3+xx21

c. limx4x3+xx21

d. limx+x2+3x32x

e. limx(x35x2+2)

f. limx+4x2+1x+3

g. limx4x2+1x+3

h. limx+(xx)

2. Soit f la fonction définie sur R{2} par f(x)=(2x+1)3x3+8. Déterminer limx+f(x) et limxf(x).

3. Question de cours. Soient P et Q deux polynômes non nuls, de degrés respectifs p et q, de coefficients dominants ap et bq. Énoncer la règle donnant limx+P(x)Q(x) selon la comparaison de p et q.

4. Un étudiant écrit : « pour tout réel x non nul, 9x2+1=3x1+19x2 ». Cette égalité est-elle correcte ? La corriger si nécessaire, et indiquer laquelle des questions 1.f et 1.g l'erreur ferait échouer.

Exercice 6 ★★★Croissances comparées, le catalogue

Croissances comparées et limites usuelles de l'exponentielle et du logarithme

On rappelle le théorème des croissances comparées. Pour tous réels α>0 et β>0 :

(lnx)βxαx+0,exxαx++,xαlnxx0+0,xαexx+0

Toutes ces limites sont à savoir par cœur : dans une confrontation entre un logarithme, une puissance et une exponentielle, c'est toujours le plus « fort » des deux qui impose la conclusion.

1. Déterminer les limites suivantes, en précisant à chaque fois laquelle des quatre croissances comparées est utilisée.

a. limx+lnxx

b. limx0+xlnx

c. limx+exx5

d. limx+x3ex

e. limx+lnxx

f. limx+(lnx)2x

g. limx+x2lnxx2+1

h. limx+exx10ex+1

i. limx+e2xex+x4

j. limx+x1/x

Pour la question j, on commencera par écrire x1/x sous la forme eu(x).

2. Déterminer les limites suivantes, en factorisant d'abord le terme dominant.

a. limx0+x2lnx

b. limx+(xlnx)

c. limx+(lnxx)

3. Classer les trois familles de fonctions xlnx, xxα (avec α>0) et xex par « ordre de force » croissante au voisinage de +. Énoncer en une phrase la règle pratique qui permet de conclure sur un quotient dont le numérateur et le dénominateur appartiennent à cette liste.

Exercice 7 ★★★★Dérivées, opérations et fonction composée

Calcul de dérivées : opérations, fonction composée, fonction réciproque

1. Pour chacune des fonctions suivantes, préciser d'abord l'ensemble sur lequel elle est dérivable, puis calculer sa dérivée et simplifier le résultat autant que possible.

a. f1(x)=(3x21)ex

b. f2(x)=x2+1x2

c. f3(x)=ex23x

d. f4(x)=ln(x2+1)

e. f5(x)=x2+4

f. f6(x)=(2x5)7

g. f7(x)=xx+1

h. f8(x)=xx

i. f9(x)=ex1ex+1

j. f10(x)=xlnxx

k. f11(x)=ln(lnx)

l. f12(x)=12x+1

Pour la question h, on écrira au préalable xx sous la forme eu(x), la fonction étant considérée sur R+.

2. Question de cours. Soit u une fonction dérivable sur un intervalle I, et nN. Donner les dérivées de eu, de un, puis, sous l'hypothèse supplémentaire que u est strictement positive sur I, celles de lnu et de u.

3. Vrai ou faux, avec justification. « Pour tout x>0, la dérivée de xxx vaut xxx1. »

4. On reprend la fonction f9 de la question 1.i. Démontrer, sans utiliser sa dérivée, que f9 est strictement croissante sur R. On pourra commencer par écrire f9(x) sous la forme 1cex+1 pour une constante c à déterminer.

Exercice 8 ★★★Primitives usuelles et intégrales immédiates

Intégrale sur un segment, primitives et théorème fondamental de l'analyse

On rappelle les formes à reconnaître, u désignant une fonction dérivable sur l'intervalle considéré :

uun  un+1n+1,uu  lnu  (u>0),ueu  eu,uu  2u  (u>0)

Partie A. Reconnaître une primitive

1. Déterminer une primitive de chacune des fonctions suivantes sur l'intervalle indiqué, en nommant la forme reconnue.

a. f1(x)=3x24x+5 sur R

b. f2(x)=1x2 sur ]0,+[

c. f3(x)=2x(x2+1)4 sur R

d. f4(x)=2xx2+3 sur R

e. f5(x)=xex2 sur R

f. f6(x)=12x+1 sur ]12,+[

2. Déterminer l'unique primitive F de f4 sur R vérifiant F(0)=1.

Partie B. Intégrales immédiates

3. Calculer les intégrales suivantes. On donnera à chaque fois la valeur exacte, et l'on vérifiera au préalable que la fonction intégrée est bien continue sur le segment d'intégration.

a. 02(3x24x+5)dx

b. 13dtt2

c. 01xex2dx

d. 1elnttdt

e. 012xx2+3dx

f. 04dx2x+1

4. Vrai ou faux, avec justification. Un étudiant écrit :

11dtt2=[1t]11=11=2

Deux arguments distincts permettent de repérer l'erreur : les donner tous les deux.

Exercice 9 ★★★★Signe de la dérivée et tableau de variations

Dérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotesCalcul de dérivées : opérations, fonction composée, fonction réciproque

Les trois parties sont indépendantes. Dans chacune, on attend la même démarche : calcul de la dérivée, factorisation puis étude de son signe, limites aux bornes, tableau de variations complet, extremums.

Partie A. Une fonction polynomiale

Soit f la fonction définie sur R par f(x)=x33x29x+5.

1. Calculer f(x) et le factoriser.

2. Déterminer limxf(x) et limx+f(x).

3. Dresser le tableau de variations de f sur R, valeurs des extremums comprises.

4. La fonction f admet-elle un maximum sur R ? Préciser la nature, locale ou globale, de chacun des deux extremums trouvés.

Partie B. Une fonction rationnelle

Soit g la fonction définie sur R{1} par g(x)=x2+3x1. On admet les quatre limites suivantes :

limxg(x)=,limx1g(x)=,limx1+g(x)=+,limx+g(x)=+

5. Calculer g(x) et vérifier que le signe de g(x) est celui de (x3)(x+1).

6. Dresser le tableau de variations de g sur R{1}.

7. Justifier que g admet un minimum sur l'intervalle ]1,+[ et en donner la valeur. La fonction g admet-elle un minimum sur R{1} tout entier ?

Partie C. Une fonction avec exponentielle

Soit h la fonction définie sur R par h(x)=(x1)ex.

8. Calculer h(x) et montrer que son signe est celui de x.

9. Déterminer limxh(x) et limx+h(x). On justifiera la première par une croissance comparée.

10. Dresser le tableau de variations de h, puis en déduire que pour tout réel x, (x1)ex1.

11. Combien l'équation h(x)=1 admet-elle de solutions ? Les donner.

Exercice 10 ★★★★Lecture graphique, de la courbe de la dérivée aux variations

Dérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotesDérivabilité en un point : taux d'accroissement, tangente, dérivabilité à droite et à gauche

Soit f une fonction dérivable sur [3,2]. La courbe tracée ci-dessous est celle de sa dérivée f, et non celle de f. On lira les valeurs remarquables sur la figure, et l'on utilisera en plus la seule donnée numérique de l'énoncé : f(2)=1.

Courbe représentative de la dérivée f' sur l'intervalle [-3, 2], parabole s'annulant en -2 et en 1

1. Dresser le tableau de signes de f(x) pour x parcourant [3,2].

2. En déduire le tableau de variations de f sur [3,2]. On y fera figurer la valeur f(2), seule valeur de f connue.

3. En quels points la courbe de f admet-elle une tangente horizontale ? Pour chacun, préciser s'il s'agit d'un extremum local de f et de quelle nature.

4. Déterminer une équation de la tangente à la courbe de f au point d'abscisse 2.

5. Lire sur la figure les abscisses des points de la courbe de f en lesquels la tangente a pour coefficient directeur 1.

6. Chacune des affirmations suivantes est-elle vraie, fausse, ou impossible à trancher avec les seules informations données ? Justifier à chaque fois.

a. f(0)<f(1).

b. f est croissante sur [2,1].

c. f admet un maximum local en 0,5.

d. f est négative sur [2,0].

Exercice 11 ★★★★Limites à droite, à gauche et asymptotes verticales

Limite en un point et en l'infini : définitions quantifiées, limite à droite et à gauche, unicitéOpérations sur les limites, composition et formes indéterminées

On rappelle que la droite d'équation x=a est asymptote verticale à la courbe Cf lorsque f admet une limite infinie en a, à droite ou à gauche. Toute la difficulté consiste à déterminer le signe du dénominateur de part et d'autre de la valeur interdite : c'est lui, et lui seul, qui décide entre + et .

On considère les cinq fonctions suivantes.

a. f1(x)=x+2x3

b. f2(x)=1x24

c. f3(x)=lnxx1

d. f4(x)=xe1/x

e. f5(x)=1lnx

1. Déterminer l'ensemble de définition de chacune de ces cinq fonctions.

2. Étude de f1 au voisinage de 3.

a. Préciser la limite de x+2 en 3, ainsi que le signe de x3 selon que x<3 ou x>3.

b. En déduire limx3f1(x) et limx3+f1(x), puis les asymptotes verticales de Cf1.

3. Étude de f2 au voisinage de 2 et de 2.

a. Factoriser x24 et dresser le tableau de signes de cette expression.

b. Déterminer les quatre limites de f2 en 2, en 2+, en 2 et en 2+, puis conclure.

4. Étude de f3 au voisinage de 1. En écrivant f3(x)=lnxln1x1, reconnaître un taux d'accroissement et en déduire limx1f3(x). La droite d'équation x=1 est-elle asymptote à Cf3 ?

5. Étude de f4 au voisinage de 0.

a. En posant t=1x, déterminer limx0+f4(x). On utilisera la croissance comparée limt+ett=+.

b. Déterminer limx0f4(x). Y a-t-il, de ce côté, une forme indéterminée ?

c. Conclure quant aux asymptotes de Cf4.

6. Étude de f5. Déterminer limx1f5(x), limx1+f5(x) et limx0+f5(x), puis conclure.

7. Synthèse.

a. Dresser la liste des asymptotes verticales des cinq courbes.

b. Pour laquelle des cinq fonctions la valeur interdite donne-t-elle une limite finie de part et d'autre ? Que peut-on dire de l'allure de la courbe en ce point ?

c. Pour laquelle des cinq fonctions la droite obtenue n'est-elle asymptote que d'un seul côté de la courbe ?

Exercice 12 ★★★★Quantité conjuguée et limites avec des racines

Opérations sur les limites, composition et formes indéterminées

Toutes les limites de cet exercice conduisent à une forme indéterminée que l'on lèvera en multipliant et en divisant par la quantité conjuguée, à l'aide de l'identité (AB)(A+B)=A2B2.

1. Préliminaire, en vue de la limite 2. e.

a. Déterminer l'ensemble des réels x tels que x2+3x0.

b. Démontrer que, pour tout réel x3, x2+3x=x1+3x. On prendra garde au fait que x2=x.

2. Déterminer les six limites suivantes, en rédigeant intégralement.

a. limx+(x2+xx)

b. limx+(x+1x)

c. limx01+x1x

d. limx4x2x4

e. limx(x2+3x+x)

f. limx+x(x2+1x)

3. Expliquer en quelques lignes pourquoi la multiplication par la quantité conjuguée lève l'indétermination. On précisera quelle forme indéterminée disparaît, et par quelle autre forme, connue, elle est remplacée.

4. Comparer les résultats de 2. a. et de 2. e. Pourquoi la limite en ne s'obtient-elle pas en changeant simplement x en x dans le calcul fait en + ?

5. Démontrer que limx+(x2+xx12)=0, puis interpréter ce résultat pour la courbe de la fonction xx2+x. Préciser la position de cette courbe par rapport à la droite d'équation y=x+12.

Exercice 13 ★★★Encadrement et partie entière

Théorèmes de comparaison, théorème d'encadrement, théorème de la limite monotoneFonctions usuelles : puissances, racine carrée, valeur absolue, partie entière, exponentielle, logarithme

Partie A. La partie entière

On rappelle que, pour tout réel t, t désigne l'unique entier m vérifiant mt<m+1.

1. Démontrer que, pour tout réel t, t1<tt.

2. Déterminer limx+xx.

3. Déterminer limx0+x1x.

4. On pose φ(x)=3xx pour x0.

a. Écrire l'encadrement de la question 1. appliqué à t=3x, puis le diviser par x>0. Expliquer pourquoi il ne permet pas de conclure quant à la limite de φ en 0+.

b. Démontrer que 3x=0 pour tout x]0,13[, puis en déduire limx0+φ(x).

c. Par la même méthode, déterminer limx0φ(x). La fonction φ admet-elle une limite en 0 ?

Partie B. Encadrement par une fonction bornée

Soit g une fonction définie sur R et bornée : il existe un réel M>0 tel que g(x)M pour tout xR.

5. a. Démontrer que limx0x2g(x)=0.

b. Démontrer que limx+g(x)x=0.

c. Ces deux résultats subsistent-ils si l'on suppose seulement que g est majorée ?

6. On pose {x}=xx. Démontrer que 0{x}<1 pour tout réel x, puis déterminer limx+x+xx2+1.

7. Déterminer limx0x2(1x1x).

Exercice 14 ★★★★Recoller deux morceaux, continuité et dérivabilité

Continuité en un point, prolongement par continuité, caractérisation séquentielleDérivabilité en un point : taux d'accroissement, tangente, dérivabilité à droite et à gauche

Partie A. Une parabole et un logarithme

Soient a et b deux réels. On définit la fonction f sur R par

f(x)={x2+axsi x1blnx+3si x>1

1. Justifier que, quels que soient a et b, f est continue et dérivable sur ],1[ et sur ]1,+[. Quel est donc le seul point qui demande une étude ?

2. a. Calculer f(1) et limx1+f(x).

b. En déduire la valeur de a pour laquelle f est continue en 1. Le réel b intervient-il ?

3. Dans toute la suite de la partie A, a prend la valeur trouvée à la question 2. On rappelle que limx1lnxx1=1.

a. Démontrer que limx1f(x)f(1)x1=4.

b. Exprimer limx1+f(x)f(1)x1 en fonction de b.

c. En déduire la valeur de b pour laquelle f est dérivable en 1, ainsi que f(1).

4. Pour ces valeurs de a et de b, donner une équation de la tangente à Cf au point d'abscisse 1.

Partie B. Un recollement impossible

Soit c un réel. On définit la fonction g sur R par

g(x)={x2+csi x11xsi x>1

5. Déterminer l'unique valeur de c pour laquelle g est continue en 1.

6. Cette valeur de c étant désormais fixée :

a. calculer les limites à gauche et à droite en 1 du taux d'accroissement g(x)g(1)x1 ;

b. la fonction g est-elle dérivable en 1 ? Justifier ;

c. donner les équations des deux demi-tangentes à Cg au point d'abscisse 1. On dit que la courbe présente en ce point un point anguleux : interpréter.

7. Une fonction peut-elle être dérivable en un point sans y être continue ? Justifier, et expliquer pourquoi la question de la continuité doit toujours être réglée avant celle de la dérivabilité.

Exercice 15 ★★★★Prolongement par continuité

Continuité en un point, prolongement par continuité, caractérisation séquentielleCroissances comparées et limites usuelles de l'exponentielle et du logarithme

On rappelle qu'une fonction f, continue sur I{a}, est prolongeable par continuité en a si et seulement si f admet en a une limite finie . Le prolongement f~ est alors défini par f~(x)=f(x) pour xa et f~(a)=.

On considère les cinq fonctions suivantes, chacune accompagnée du point a en lequel on cherche à la prolonger.

a. f1(x)=xlnx, en a=0

b. f2(x)=ex1x, en a=0

c. f3(x)=lnxx1, en a=1

d. f4(x)=x24x2, en a=2

e. f5(x)=e1/x, en a=0

1. Pour chacune de ces cinq fonctions, préciser l'ensemble de définition et justifier brièvement la continuité sur cet ensemble.

2. Étudier la limite de f1 en 0 et conclure quant au prolongement. On citera la croissance comparée utilisée.

3. Les fonctions f2 et f3 font apparaître un taux d'accroissement, que l'on identifiera précisément. En déduire les limites de f2 en 0 et de f3 en 1, ainsi que les prolongements correspondants.

4. Simplifier l'expression de f4, puis conclure quant au prolongement en 2.

5. a. Déterminer séparément limx0f5(x) et limx0+f5(x).

b. La fonction f5 est-elle prolongeable par continuité en 0 ? Justifier soigneusement.

c. La restriction de f5 à ],0[ est-elle, elle, prolongeable par continuité en 0 ? Si oui, préciser la valeur du prolongement.

6. Pour chacun des prolongements obtenus aux questions 2. à 4., préciser l'ensemble sur lequel la fonction prolongée est continue.

7. Synthèse. Énoncer en une phrase le critère qui décide de l'existence d'un prolongement par continuité, et expliquer pourquoi une limite infinie, même identique des deux côtés, ne permet jamais de prolonger.

Exercice 16 ★★★★Valeurs intermédiaires et dichotomie

Continuité sur un intervalle, théorème des valeurs intermédiaires

Partie A. Une équation avec une exponentielle

On s'intéresse à l'équation (E) : ex=3x, d'inconnue xR.

1. Démontrer que (E) équivaut à f(x)=0, où f est définie sur R par f(x)=ex+x3. Justifier que f est continue et strictement croissante sur R.

2. Déterminer limxf(x) et limx+f(x). En déduire, en citant précisément le théorème utilisé, que (E) admet une unique solution réelle, notée α.

3. Calculer f(0) et f(1), et en déduire un premier encadrement de α.

4. On applique la méthode de dichotomie en partant de l'intervalle [0,1] : à chaque étape, on calcule le signe de f au milieu de l'intervalle courant, puis on conserve la moitié aux extrémités de laquelle f change de signe.

a. Reproduire et compléter le tableau ci-dessous jusqu'à obtenir un intervalle d'amplitude strictement inférieure à 101.

borne gauche borne droite signe de f au milieu
0 1 f(0,5)<0

b. En déduire un encadrement de α d'amplitude strictement inférieure à 101, puis une valeur approchée de α à 101 près.

c. L'amplitude de l'intervalle obtenu après n étapes vaut 2n. Combien d'étapes faudrait-il pour obtenir un encadrement d'amplitude inférieure à 103 ?

Partie B. Deux équations polynomiales

5. On pose g(x)=x3+x5.

a. Étudier les variations de g sur R et déterminer ses limites en et en +.

b. Démontrer que l'équation g(x)=0 admet une unique solution réelle β, et que β]1,2[.

c. Déterminer un encadrement de β d'amplitude 101.

6. On pose h(x)=x33x+1.

a. Calculer h(x), étudier son signe, puis dresser le tableau de variations complet de h, limites comprises.

b. En déduire que l'équation h(x)=0 admet exactement trois solutions réelles.

c. Déterminer, pour chacune de ces trois solutions, deux entiers consécutifs entre lesquels elle est comprise.

7. Expliquer pourquoi la stricte monotonie de f était indispensable, dans la partie A, pour conclure à l'unicité de la solution, alors que le théorème des valeurs intermédiaires n'en fournit que l'existence. Illustrer avec la fonction h de la question 6.

Exercice 17 ★★★★Théorème de la bijection, premier usage

Théorème de la bijection, fonction réciproque et son grapheContinuité sur un intervalle, théorème des valeurs intermédiaires

Partie A. Deux bijections sans expression explicite

1. On pose f(x)=x3+3x1 pour xR.

a. Démontrer que f réalise une bijection de R sur un intervalle J que l'on déterminera.

b. En déduire que l'équation f(x)=0 admet une unique solution α, puis démontrer que α]0,3;0,4[.

c. Préciser l'ensemble de définition, le sens de variation et la continuité de f1.

d. Calculer f1(1), f1(3), et exprimer f1(0).

2. On pose g(x)=lnx+x pour xR+.

a. Étudier les variations de g et déterminer ses limites en 0+ et en +.

b. En déduire que g réalise une bijection de R+ sur un intervalle J que l'on précisera.

c. Démontrer que l'équation g(x)=0 admet une unique solution β, et que 0,5<β<0,6.

d. Préciser l'ensemble de définition, le sens de variation et la continuité de g1, puis calculer g1(1) et g1(e+1).

Partie B. Une réciproque que l'on sait calculer

On pose h(x)=2x1x+3.

3. Déterminer Dh, calculer h(x) et étudier son signe.

4. Déterminer limx3+h(x) et limx+h(x).

5. Démontrer que h réalise une bijection de I=]3,+[ sur un intervalle J que l'on précisera.

6. Soit yJ. Résoudre l'équation h(x)=y, d'inconnue xI, et en déduire une expression de h1(y).

7. Vérifier le résultat sur l'exemple x=1, préciser le sens de variation de h1, et dire ce que l'on peut affirmer des courbes de h et de h1 dans un repère orthonormé.

Exercice 18 ★★★Tangente et position relative à la courbe

Dérivabilité en un point : taux d'accroissement, tangente, dérivabilité à droite et à gaucheDérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotes

On rappelle que, pour comparer une courbe Cf et une droite d'équation y=ax+b, on étudie le signe de la différence f(x)(ax+b) : la courbe est au-dessus de la droite là où cette différence est positive, en dessous là où elle est négative.

Partie A. La courbe du logarithme et sa tangente en 0

Soit f la fonction définie sur ]1,+[ par f(x)=ln(1+x).

1. Calculer f(0) et f(x), puis donner une équation de la tangente T à Cf au point d'abscisse 0.

2. On pose φ(x)=f(x)x pour x]1,+[.

a. Démontrer que φ(x)=x1+x, puis étudier le signe de φ sur ]1,+[.

b. Déterminer limx1+φ(x). On admettra que limx+φ(x)=. Dresser le tableau de variations de φ.

c. En déduire le signe de φ sur ]1,+[, puis la position de Cf par rapport à T. Préciser les points de contact.

d. Énoncer l'inégalité ainsi démontrée.

Partie B. La courbe de l'exponentielle et sa tangente en 0

3. Soit g la fonction xex. Donner une équation de la tangente T à Cg au point d'abscisse 0.

4. En étudiant les variations de ψ(x)=exx1 sur R, démontrer que Cg est située au-dessus de T, et énoncer l'inégalité obtenue.

5. Retrouver l'inégalité de la partie A en appliquant celle de la partie B à un réel bien choisi.

Partie C. Une tangente astreinte à passer par un point donné

Soit p la fonction xx2 et soit A le point de coordonnées (1;3).

6. Vérifier que A n'appartient pas à Cp.

7. Soit a un réel. Donner une équation de la tangente Ta à Cp au point d'abscisse a.

8. Déterminer tous les réels a pour lesquels Ta passe par A, et donner les équations des tangentes correspondantes.

9. Soit A0 un point de coordonnées (x0;y0). Discuter, selon la position de A0 par rapport à Cp, le nombre de tangentes à Cp passant par A0.

Exercice 19 ★★★★Taux d'accroissement et valeur absolue

Dérivabilité en un point : taux d'accroissement, tangente, dérivabilité à droite et à gaucheFonctions usuelles : puissances, racine carrée, valeur absolue, partie entière, exponentielle, logarithme

Dans tout cet exercice, l'étude de la dérivabilité au point considéré doit être menée par le taux d'accroissement, sans utiliser les formules de dérivation. On rappelle que f est dérivable en a lorsque f(x)f(a)xa admet une limite finie quand x tend vers a, et que cette limite est alors f(a).

1. Soit f1 la fonction définie sur R par f1(x)=x21.

a. Écrire f1(x) sans valeur absolue, en distinguant les cas x1 et x1.

b. Calculer limx1+f1(x)f1(1)x1 et limx1f1(x)f1(1)x1. La fonction f1 est-elle dérivable en 1 ?

c. Reprendre la question b. au point 1.

d. Donner les équations des deux demi-tangentes à Cf1 au point d'abscisse 1.

2. Soit f2 la fonction définie sur R+ par f2(x)=x. Étudier la limite du taux d'accroissement de f2 en 0, conclure quant à la dérivabilité, et interpréter graphiquement.

3. Soit f3 la fonction définie sur R par f3(x)=xx. Étudier la dérivabilité de f3 en 0 et, le cas échéant, donner f3(0) ainsi qu'une équation de la tangente correspondante.

4. Soit f4 la fonction définie sur R par f4(x)=xx, c'est-à-dire f4(x)=x3/2. Étudier la dérivabilité de f4 en 0.

5. Justifier que les quatre fonctions étudiées sont continues au point considéré. Qu'en conclure sur la réciproque de l'implication « f dérivable en a » « f continue en a » ?

6. Synthèse. Classer les quatre situations rencontrées selon le comportement du taux d'accroissement : deux limites latérales finies distinctes, limite infinie, limite finie. Préciser dans chaque cas si Cf admet une tangente au point étudié, et laquelle.

Exercice 20 ★★★Étude complète d'une fonction et asymptote oblique

Dérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotesOpérations sur les limites, composition et formes indéterminées

Partie A. Une fraction rationnelle

On considère la fonction f définie par f(x)=x2+x+1x1, et on note Cf sa courbe représentative dans un repère du plan.

1. Déterminer Df.

2. Déterminer trois réels a, b et c tels que, pour tout xDf,  f(x)=ax+b+cx1.

3. Déterminer les limites de f aux bornes de Df, en distinguant la limite à gauche et la limite à droite en 1. Interpréter graphiquement le résultat obtenu en 1.

4. Montrer que, pour tout xDf,  f(x)=(x1)23(x1)2, puis étudier le signe de f(x).

5. Dresser le tableau de variations complet de f, en faisant apparaître les valeurs exactes des extremums locaux.

6. Montrer que la droite Δ d'équation y=x+2 est asymptote à Cf en et en +, puis étudier la position de Cf par rapport à Δ.

7. Déterminer les points de Cf en lesquels la tangente est horizontale. Écrire enfin une équation de la tangente à Cf au point d'abscisse 0.

Partie B. Une fonction avec une racine carrée

On considère la fonction g définie sur R par g(x)=x+x2+1, de courbe représentative Cg.

8. Justifier que g est définie et dérivable sur R, calculer g(x) et démontrer que g est strictement croissante sur R.

9. Démontrer que, pour tout réel x,  g(x)=1x2+1x. En déduire limxg(x) et l'asymptote correspondante.

10. Déterminer limx+g(x), puis démontrer que la droite D d'équation y=2x est asymptote à Cg en +. Préciser la position de Cg par rapport à D.

11. Dresser le tableau de variations de g et préciser l'ensemble g(R).

Exercice 21 ★★★★Intégration par parties, les trois modèles

Intégration par parties et changement de variable

On rappelle la formule d'intégration par parties : si u et v sont de classe C1 sur un segment [a,b], alors

abu(t)v(t)dt=[u(t)v(t)]ababu(t)v(t)dt

Dans chaque calcul, on précisera les fonctions u et v choisies et on vérifiera qu'elles sont de classe C1 sur le segment considéré.

Partie A. Le modèle « polynôme fois exponentielle »

1. Calculer les intégrales suivantes.

a. 01xexdx

b. 01(2x+1)exdx

c. 01x2exdx

Pour la question 1.c., deux intégrations par parties successives sont nécessaires ; on pourra réutiliser le résultat de la question 1.a.

Partie B. Le modèle « logarithme »

2. Calculer les intégrales suivantes.

a. 1elntdt

b. 1etlntdt

c. 12lntt2dt

Pour la question 2.a., on écrira lnt=1×lnt.

3. En déduire la valeur de 1e(lnt)2dt.

Partie C. Questions de méthode

4. Dans les six calculs précédents, préciser quel facteur a été pris pour u et lequel pour v. Énoncer la règle de choix qui s'en dégage, en distinguant le cas où l'un des facteurs est un logarithme.

5. On reprend le calcul de 01xexdx avec le choix inverse : u(x)=ex et v(x)=x. Écrire l'égalité obtenue. Est-elle fausse ? Pourquoi ce choix ne permet-il pas de conclure directement ?

6. Calculer 1elnttdt. Une intégration par parties est-elle ici la bonne méthode ?

Exercice 22 ★★★★Changements de variable usuels

Intégration par parties et changement de variable

Partie A. Le théorème

1. Énoncer le théorème de changement de variable pour une intégrale sur un segment, en précisant les hypothèses de régularité portant sur la fonction intégrée et sur le changement de variable, ainsi que la transformation subie par les bornes.

Partie B. Cinq changements de variable

2. Calculer les intégrales suivantes à l'aide du changement de variable indiqué.

a. 01(2t+1)4dt, avec u=2t+1

b. 14dtt(1+t), avec u=t

c. 0ln2et1+etdt, avec u=et

d. 1e(lnt)2tdt, avec u=lnt

e. 01t(1+t2)2dt, avec u=1+t2

3. Pour les changements de variable des questions 2.b. et 2.c., vérifier explicitement que les hypothèses du théorème de la question 1. sont satisfaites.

Partie C. Ne pas oublier les bornes

4. Un étudiant rédige ainsi la question 2.a. : « on pose u=2t+1, donc du=2dt, d'où 01(2t+1)4dt=1201u4du ». Calculer la valeur qu'il obtient, la comparer à la valeur exacte, et expliquer l'erreur commise.

5. Retrouver le résultat de la question 2.c. sans changement de variable, en reconnaissant une expression de la forme φφ. Faire de même pour la question 2.d. en reconnaissant une expression de la forme φφ2.

6. Calculer 13dt(2t1)2 en choisissant soi-même le changement de variable.

Exercice 23 ★★★Positivité, croissance et valeur moyenne d'une intégrale

Positivité, croissance, inégalités et encadrements d'intégrales, valeur moyenne

Toutes les fonctions considérées sont continues sur le segment sur lequel on les intègre. On rappelle la valeur moyenne de f sur [a,b], avec a<b : c'est le réel μ=1baabf(t)dt.

Partie A. Comparer sans calculer

1. Comparer 01x2dx et 01x3dx sans calculer ces intégrales, en justifiant par la croissance de l'intégrale. Vérifier ensuite par le calcul.

2. Comparer de même 12dtt et 12dtt2, puis vérifier par le calcul.

Partie B. Encadrer par l'inégalité de la moyenne

3. Démontrer que  1201dt1+t31.

4.a. Encadrer 12ettdt en majorant et en minorant séparément et et 1t sur [1,2].

4.b. Étudier les variations de tett sur [1,2], puis en déduire que  e12ettdte22. Comparer l'amplitude des deux encadrements obtenus.

Partie C. Valeur moyenne

5. Calculer la valeur moyenne μ de tet sur [0,1], puis déterminer le réel c[0,1] tel que ec=μ.

6. Calculer la valeur moyenne ν de t1t sur [1,e], puis déterminer le réel c[1,e] tel que 1c=ν.

Partie D. Une intégrale nulle

7. Soit f continue et positive sur [a,b], avec a<b, telle que abf(t)dt=0. Démontrer que f est la fonction nulle sur [a,b]. On raisonnera par l'absurde, en utilisant la continuité en un point où f ne s'annule pas.

8. En déduire que si f et g sont continues sur [a,b], avec fg et abf(t)dt=abg(t)dt, alors f=g. Justifier alors que l'inégalité obtenue à la question 1. est stricte.

Exercice 24 ★★★Revenir à la définition quantifiée de la limite

Limite en un point et en l'infini : définitions quantifiées, limite à droite et à gauche, unicité

Dans tout l'exercice, on n'utilise aucun théorème d'opérations sur les limites : tout se démontre à partir des définitions quantifiées. On utilisera librement l'inégalité triangulaire a+ba+b.

Partie A. Une limite en +

1. Écrire, à l'aide de quantificateurs, la proposition « f(x) tend vers le réel quand x tend vers + ».

2. Soit f définie sur [0,+[ par f(x)=2x+1x+3.

a. Calculer f(x)2, puis simplifier f(x)2.

b. Déterminer le plus petit entier A tel que, pour tout xA, f(x)2102.

c. Soit ε>0 quelconque. Exhiber un réel A, dépendant de ε, tel que pour tout xA on ait f(x)2ε. Conclure que f(x)2 quand x+.

Partie B. Une limite en un point

3. Écrire, à l'aide de quantificateurs et des lettres ε et η, la proposition « f(x) tend vers quand x tend vers a ».

4. Soit x un réel tel que x21. Encadrer x, en déduire x+25, puis x245x2.

5. Soit ε>0. Exhiber un réel η>0 convenable et démontrer que limx2x2=4. Expliquer pourquoi le η obtenu doit faire intervenir un minimum de deux quantités.

Partie C. Nier la définition

6. Écrire la négation quantifiée de la proposition de la question 3.

7. Soit s définie sur R par s(x)=xx. Calculer s(x) selon le signe de x, puis démontrer, en utilisant la négation de la question 6., que s n'admet de limite finie en 0 pour aucun réel .

Partie D. Unicité de la limite

8. Soient I un intervalle non réduit à un point, aI, et f définie sur I{a}.

a. Justifier que, pour tout η>0, il existe xI{a} tel que xaη.

b. Démontrer que si f admet en a une limite finie, alors cette limite est unique.

Exercice 25 ★★★Caractérisation séquentielle, prouver qu'une limite n'existe pas

Continuité en un point, prolongement par continuité, caractérisation séquentielleLimite en un point et en l'infini : définitions quantifiées, limite à droite et à gauche, unicité

Partie A. Les énoncés

1. Énoncer la caractérisation séquentielle de la limite d'une fonction f en un point a, puis celle de la continuité de f en a.

2. En déduire le critère pratique suivant, dont on rédigera l'énoncé précis avant de le démontrer : s'il existe deux suites (un) et (vn) à valeurs dans Df, convergeant toutes deux vers a, telles que (f(un)) et (f(vn)) n'aient pas la même limite, alors f n'admet pas de limite en a.

Partie B. La partie entière en 1

3. Démontrer que, pour tout entier n2,  1+1n=1 et 11n=0.

4. En déduire que la fonction xx n'admet pas de limite en 1. Cette fonction est-elle continue en 1 ? Admet-elle une limite à droite en 1 ? une limite à gauche ?

Partie C. Une fonction bornée sans limite en 0

Soit g définie sur ]0,+[ par g(x)=1x1x.

5. Démontrer que, pour tout x>0,  1<g(x)0.

6. Calculer g(1n) pour n1, puis g(22n+1) pour n1.

7. En déduire que g n'admet pas de limite en 0+, bien qu'elle soit bornée.

Partie D. Le sens direct et ses applications

8. Démontrer directement, à l'aide des définitions quantifiées (avec ε et η), la propriété suivante : si f est continue en a et si (un) est une suite d'éléments de Df convergeant vers a, alors (f(un)) converge vers f(a).

9. Application. Déterminer, en précisant à chaque fois la fonction utilisée et le point où l'on invoque sa continuité, les limites des suites de termes généraux

a. an=1+1n, pour n1

b. bn=e(1)nn, pour n1

Exercice 26 ★★★Les inégalités fondamentales sur l'exponentielle et le logarithme

Dérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotesFonctions usuelles : puissances, racine carrée, valeur absolue, partie entière, exponentielle, logarithme

Partie A. L'inégalité fondamentale sur l'exponentielle

1. Soit φ la fonction définie sur R par φ(x)=ex1x. Étudier ses variations, déterminer ses limites en et en +, et dresser son tableau de variations.

2. En déduire que  ex1+x  pour tout réel x, et démontrer que l'égalité a lieu si et seulement si x=0.

3. En appliquant la question 2. à x, démontrer que  ex11x  pour tout x<1.

Partie B. Les deux inégalités sur le logarithme

4. Démontrer que  ln(1+x)x  pour tout x>1, en appliquant la question 2. à un réel bien choisi.

5. Soit ψ définie sur ]1,+[ par ψ(x)=ln(1+x)x1+x. Calculer ψ(x) et le simplifier, puis en déduire que  x1+xln(1+x)  pour tout x>1.

6. Conclure : pour tout x>1,  x1+xln(1+x)x, avec égalité si et seulement si x=0.

Partie C. Applications numériques

7. Encadrer ln(1,1) à l'aide de la question 6., donner l'amplitude de l'encadrement obtenu et comparer avec la valeur ln(1,1)0,0953.

8. Encadrer e0,1 à l'aide des questions 2. et 3., puis comparer avec la valeur e0,11,1052.

Partie D. La suite de terme général (1+1n)n

9. Démontrer que, pour tout entier n1,  nn+1nln(1+1n)1, puis que

enn+1    (1+1n)n    e

10. En déduire la limite de la suite de terme général (1+1n)n.

11. Démontrer de même que  (1+1n)n+1e  pour tout entier n1.

Exercice 27 ★★★★Point fixe d'une fonction continue d'un segment dans lui-même

Continuité sur un intervalle, théorème des valeurs intermédiaires

On appelle point fixe d'une fonction f tout réel c de son ensemble de définition vérifiant f(c)=c.

Partie A. Existence

Soit f une fonction continue sur [0,1] et à valeurs dans [0,1].

1. On pose g(x)=f(x)x pour x[0,1]. Justifier que g est continue sur [0,1], puis déterminer le signe de g(0) et celui de g(1).

2. En déduire que f admet au moins un point fixe dans [0,1].

3. Ce point fixe est-il nécessairement unique ? Donner une fonction continue de [0,1] dans [0,1] ayant une infinité de points fixes.

Partie B. Les hypothèses sont indispensables

4. Soit f définie sur [0,1] par f(x)=1 si x[0,12] et f(x)=0 si x]12,1]. Vérifier que f est à valeurs dans [0,1], préciser en quel point elle n'est pas continue, et démontrer qu'elle n'admet aucun point fixe.

5. Démontrer que h:xx+1, pourtant continue sur [0,1], n'admet aucun point fixe. Quelle hypothèse de la partie A n'est pas vérifiée ?

Partie C. Unicité pour une fonction décroissante

Soient a<b deux réels et f une fonction continue sur [a,b], à valeurs dans [a,b] et strictement décroissante.

6. En adaptant la partie A, démontrer que f admet au moins un point fixe dans [a,b].

7. Démontrer que ce point fixe est unique. On pourra supposer l'existence de deux points fixes distincts et utiliser la stricte décroissance de f.

Partie D. Application

8. Démontrer que la fonction xex vérifie sur [0,1] toutes les hypothèses de la partie C, et qu'elle y admet donc un unique point fixe, noté α.

9. Démontrer que α]0,5  ;  0,6[, puis donner un encadrement de α d'amplitude 102. On utilisera les valeurs approchées e0,50,6065, e0,60,5488, e0,560,5712 et e0,570,5655.

Exercice 28 ★★★★Image d'un segment et bornes atteintes

Image d'un segment, théorème des bornes atteintesContinuité sur un intervalle, théorème des valeurs intermédiaires

Partie A. Le théorème et ses hypothèses

1. Énoncer le théorème des bornes atteintes, puis préciser ce qu'est l'image d'un segment par une fonction continue.

2. Donner trois contre-exemples montrant que chacune des hypothèses est indispensable : le premier sur un intervalle borné mais non fermé, le deuxième sur un intervalle fermé mais non borné, le troisième avec une fonction non continue sur un segment. Dans chaque cas, préciser si la fonction est bornée et si ses bornes sont atteintes.

Partie B. Une image explicite

Soit f définie sur R par f(x)=x33x.

3. Calculer f(x), étudier son signe sur [1,2] et dresser le tableau de variations de f sur ce segment.

4. Déterminer le maximum et le minimum de f sur [1,2], en précisant en quels points ils sont atteints. En déduire f([1,2]), en justifiant soigneusement les deux inclusions.

5. Déterminer de même l'ensemble f(]1,2[). Est-ce un segment ? Commenter.

Partie C. Minorer une fonction strictement positive

6. Soit f continue et strictement positive sur un segment [a,b]. Démontrer qu'il existe un réel m>0 tel que f(x)m pour tout x[a,b].

7. Démontrer que ce résultat tombe en défaut sur ]0,1] : exhiber une fonction continue et strictement positive sur ]0,1] qui n'est minorée par aucun réel strictement positif.

Partie D. Un maximum global sur R

Soit f continue sur R, de limite nulle en et en +, et telle que f(0)>0.

8. Démontrer qu'il existe deux réels A<0<B tels que f(x)f(0)2 pour tout xA et pour tout xB.

9. En déduire que f admet un maximum global sur R, c'est-à-dire qu'il existe cR tel que f(x)f(c) pour tout réel x.

10. Application. Justifier que la fonction xx+2x2+1 admet un maximum global sur R, sans chercher à le calculer.

Exercice 29 ★★★Théorème de Rolle et racines de la dérivée

Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finis

Le théorème de Rolle relie les zéros d'une fonction à ceux de sa dérivée. On en voit ici trois usages : compter les racines de la dérivée d'un polynôme, fabriquer une fonction auxiliaire, et majorer le nombre de solutions d'une équation.

Partie A. Le théorème.

1. Énoncer le théorème de Rolle en précisant toutes ses hypothèses.

2. Soit f définie sur [1,2] par f(x)=x23x+2. Vérifier que f en satisfait les hypothèses sur [1,2], puis déterminer tous les réels c]1,2[ tels que f(c)=0.

Partie B. Racines de la dérivée d'un polynôme.

Soit n2 et soit P une fonction polynomiale de degré n admettant n racines réelles deux à deux distinctes, notées a1<a2<<an.

3. Montrer que, pour tout i{1,,n1}, il existe ci]ai,ai+1[ tel que P(ci)=0, et que ces réels sont deux à deux distincts.

4. En utilisant le degré de P, démontrer que P admet exactement n1 racines réelles et préciser leur localisation.

5. Application : soit P(X)=X(X1)(X2)(X3). Développer P, calculer P, déterminer ses racines exactes et vérifier la localisation annoncée à la question 4.

Partie C. Une fonction auxiliaire.

Soit f une fonction dérivable sur [0,1] telle que f(0)=f(1)=0, et soit λ un réel fixé.

6. Justifier l'existence d'un réel c]0,1[ tel que f(c)=0.

7. On pose g(x)=f(x)eλx pour x[0,1]. Calculer g(x), vérifier que g satisfait les hypothèses du théorème de Rolle sur [0,1], puis en déduire qu'il existe c]0,1[ tel que f(c)=λf(c).

Partie D. Combien de solutions ?

Soit a un réel strictement positif. On pose ψ(x)=lnxax pour x>0.

8. Calculer ψ(x) et montrer que ψ ne s'annule qu'en un unique point de ]0,+[. En raisonnant par l'absurde et en appliquant le théorème de Rolle, démontrer que l'équation lnx=ax admet au plus deux solutions sur ]0,+[.

9. Déterminer les limites de ψ en 0+ et en +, dresser son tableau de variations et calculer son maximum.

10. En déduire, en discutant selon la valeur de a, le nombre exact de solutions de l'équation lnx=ax sur ]0,+[.

Exercice 30 ★★★Inégalité des accroissements finis et suite récurrente

Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finisDérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotes

L'inégalité des accroissements finis permet de contrôler l'écart entre deux valeurs d'une fonction. Appliquée à une suite récurrente, elle démontre la convergence et en donne la vitesse, là où le théorème de la limite monotone ne dit rien.

Partie A. Les accroissements finis.

1. Énoncer l'égalité des accroissements finis, puis l'inégalité des accroissements finis, en précisant les hypothèses de chacune.

2. Démontrer que, pour tous réels x0 et y0,

ln(1+x)ln(1+y)    xy.

Partie B. Une suite récurrente.

On considère la fonction f définie sur [1,2] par f(x)=32+12lnx, ainsi que la suite (un) définie par

u0=1etnN,un+1=f(un).

3. Montrer que f est croissante sur [1,2], puis que f([1,2])[1,2]. En déduire par récurrence que un est bien défini et que un[1,2] pour tout nN.

4. On pose φ(x)=f(x)x sur [1,2]. Étudier les variations de φ et en déduire que f admet un unique point fixe α, avec α]1,2[. Encadrer α à 101 près. (On ne cherchera pas à calculer α.)

5. Montrer que 14f(x)12 pour tout x[1,2], puis que

x,y[1,2],f(x)f(y)    12xy.

6. En déduire que un+1α12unα, puis, par récurrence, que

nN,unα    (12)nu0α.

Conclure que (un) converge vers α.

Partie C. Précision.

7. Justifier que u0α1, puis déterminer le plus petit entier n pour lequel la majoration de la question 6 garantit unα103.

8. Calculer u1, u2 et u3 à 104 près. Ces valeurs sont-elles compatibles avec l'encadrement de α obtenu à la question 4 ?

Exercice 31 ★★★Une bijection et la dérivée de sa réciproque

Théorème de la bijection, fonction réciproque et son grapheCalcul de dérivées : opérations, fonction composée, fonction réciproque

La fonction g étudiée ici n'a pas d'expression à l'aide des fonctions usuelles : on ne la connaît que par la relation f(g(y))=y. Tout l'exercice consiste à en tirer ses propriétés sans jamais disposer d'une formule.

Soit f la fonction définie sur [1,+[ par f(x)=xex.

Partie A. Étude de f.

1. Calculer f(x), étudier son signe sur [1,+[, déterminer limx+f(x) et dresser le tableau de variations de f.

2. En déduire que f réalise une bijection de [1,+[ sur un intervalle J que l'on précisera.

Partie B. La réciproque.

On note g=f1, définie sur J.

3. Justifier que g est continue et strictement croissante sur J.

4. Déterminer g(e1), g(0) et g(e).

5. Décrire la construction de la courbe de g à partir de celle de f.

Partie C. Dérivée de la réciproque.

6. Justifier que g est dérivable sur ]0,+[, et expliquer pourquoi le point y=e1 doit être écarté.

7. Montrer que, pour tout y>0, eg(y)=yg(y), puis démontrer que

y>0,g(y)=g(y)y(1+g(y)).

8. Calculer g(e).

Partie D. Croissance de g.

9. Déterminer limy+g(y).

10. Démontrer que, pour tout ye,

lnyln(lny)    g(y)    lny.

11. En déduire limy+g(y)lny, puis commenter : comment g croît-elle par rapport à ln ?

Exercice 32 ★★★Une suite d'intégrales, le classique des concours

Positivité, croissance, inégalités et encadrements d'intégrales, valeur moyenneIntégration par parties et changement de variable

Voici le schéma le plus fréquent des épreuves écrites : une suite dont chaque terme est une intégrale, une relation de récurrence obtenue par intégration par parties, un encadrement obtenu par majoration de l'intégrande, et une limite qui en découle.

Pour tout entier naturel n, on pose

In=01xnexdx.

Partie A. Premiers termes.

1. Calculer I0, puis I1 à l'aide d'une intégration par parties.

Partie B. Convergence.

2. Montrer que In0 pour tout nN.

3. Montrer que la suite (In) est décroissante, et en déduire qu'elle converge.

Partie C. Une relation de récurrence.

4. À l'aide d'une intégration par parties, démontrer que

nN,In+1=e(n+1)In.

5. En déduire les valeurs exactes de I2 et I3, puis vérifier numériquement la décroissance sur I0, I1, I2, I3.

Partie D. Un encadrement.

6. Démontrer que, pour tout nN,

1n+1    In    en+1.

7. En déduire limn+In.

8. Expliquer pourquoi l'encadrement de la question 6 ne suffit pas à déterminer limn+nIn. Puis, à l'aide de la relation de la question 4, déterminer limn+(n+1)In et enfin limn+nIn.

Partie E. Synthèse.

9. Démontrer que, pour tout nN, en+1In=In+1n+1.

10. En écrivant n2(en+1In)=n2(n+1)(n+2)×(n+2)In+1, déterminer limn+n2(en+1In).

Exercice 33 ★★★★Vitesse de convergence d'une suite définie implicitement

Théorème de la bijection, fonction réciproque et son grapheContinuité sur un intervalle, théorème des valeurs intermédiairesThéorèmes de comparaison, théorème d'encadrement, théorème de la limite monotone

Le chapitre sur les suites étudie la suite définie par l'équation xn+x1=0 : il y admet l'existence de la solution, faute du théorème des valeurs intermédiaires, et il établit que la suite croît vers 1. Cet exercice fait les deux choses que ce chapitre laisse en suspens : il démontre l'existence par le théorème de la bijection, comme annoncé là-bas, puis il mesure à quelle vitesse la suite atteint sa limite. C'est cette seconde question qui est la plus intéressante, et elle ne relève que de l'analyse des fonctions.

Pour tout entier n1, on note fn la fonction définie sur [0,1] par

fn(x)=xn+x1.

On utilisera librement les trois inégalités suivantes, établies dans les exercices précédents de la fiche :

  • l'inégalité de Bernoulli : (1+t)n1+nt pour tout t1 et tout nN ;
  • l'encadrement du logarithme : t1+tln(1+t)t pour tout t>1.

Partie A. Existence et unicité, ce que le chapitre sur les suites a admis.

1. Soit n1. Montrer que fn est continue et strictement croissante sur [0,1], déterminer fn([0,1]), puis démontrer par le théorème de la bijection que l'équation fn(x)=0 admet une unique solution un dans [0,1]. Justifier enfin que un]0,1[.

2. Sans calculer un, démontrer que un12 pour tout n1, en testant le point 12 dans l'équation.

On admet désormais, comme démontré au chapitre sur les suites, que la suite (un)n1 est strictement croissante et converge vers 1. La question 6. retrouvera cette convergence par une autre voie, sans utiliser ce résultat admis.

Partie B. L'écart à la limite.

Pour n1, on pose vn=1un : c'est l'écart entre le terme et la limite.

3. Démontrer que 0<vn<1, puis que vn=unn=(1vn)n.

4. À l'aide de l'inégalité de Bernoulli, démontrer que vn1n+1.

5. En composant par ln la relation de la question 3., démontrer que nvnlnvn, puis, à l'aide de la question 4., que vnln(n+1)n.

6. Conclure à l'encadrement 1n+1vnln(n+1)n, le contrôler au rang n=2, puis en déduire limn+vn=0 et retrouver ainsi limn+un=1 sans utiliser le résultat admis.

Partie C. La taille exacte de l'écart.

L'encadrement de la question 6. situe vn entre deux quantités dont le rapport tend vers l'infini : il ne dit donc pas de quelle taille est vn. On resserre ici la minoration jusqu'à trancher.

7. En appliquant l'inégalité t1+tln(1+t) au réel t=vn, démontrer que

nvn    (1vn)(lnvn).

8. En déduire que, pour tout n2,

nvn    (1vn)(lnnln(ln(n+1))).

9. Démontrer que limn+ln(n+1)lnn=1 et que limn+ln(ln(n+1))lnn=0.

10. En déduire que

limn+nvnlnn=1,

puis démontrer qu'il n'existe aucun réel q]0,1[ tel que vnqn à partir d'un certain rang : la convergence de (un) vers 1 n'est pas géométrique.

Exercice 34 ★★★La somme alternée des inverses et sa limite

Positivité, croissance, inégalités et encadrements d'intégrales, valeur moyenneIntégration par parties et changement de variable

La somme 112+1314+ arrêtée au rang n définit une suite dont la limite est un nombre remarquable. Une intégrale bien choisie va servir de terme de reste et permettre de l'identifier, puis de mesurer l'erreur commise.

Pour tout entier naturel n, on pose Jn=01tn1+tdt, et pour tout entier n1,

Sn=k=1n(1)k1k=112+13+(1)n1n.

Partie A. La suite (Jn).

1. Calculer J0.

2. Montrer que Jn0 pour tout n, et que la suite (Jn) est décroissante.

Partie B. Une relation.

3. Démontrer que, pour tout nN, Jn+Jn+1=1n+1. Retrouver J1 à partir de J0.

Partie C. Encadrement.

4. Démontrer que, pour tout nN,

12(n+1)    Jn    1n+1.

5. En déduire limn+Jn.

Partie D. La limite de la suite (Sn).

Soit n1.

6. Justifier que, pour tout t[0,1], k=0n1(t)k=1(t)n1+t, puis en déduire que

11+t=k=0n1(1)ktk+(1)ntn1+t.

7. En intégrant cette égalité sur [0,1], démontrer que Sn=ln2+(1)n1Jn.

8. En déduire que Snln21n+1, puis limn+Sn=ln2. Que dire de la position de Sn par rapport à ln2 selon la parité de n ?

Partie E. Précision numérique.

9. Déterminer un entier n pour lequel on est certain que Snln2102.

10. Démontrer que n=40 ne permet pas d'atteindre cette précision. Que conclure sur la rapidité de convergence de la suite (Sn) ?

Exercice 35 ★★★Une fonction définie par une intégrale à bornes variables

Intégrale sur un segment, primitives et théorème fondamental de l'analyseDérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotes

La fonction étudiée ici n'est donnée par aucune formule explicite : ses deux bornes d'intégration dépendent de la variable, et l'intégrande t1lnt n'a pas de primitive exprimable à l'aide des fonctions usuelles. On l'étudie pourtant complètement.

Pour tout réel x>1, on pose

F(x)=x2xdtlnt.

Partie A. Existence.

1. Soit x>1. Justifier que [x,2x]]1,+[, que la fonction t1lnt est continue sur ]1,+[, et en déduire que F(x) est bien défini.

Partie B. Dérivée et variations.

On note G la fonction définie sur ]1,+[ par G(x)=2xdtlnt.

2. Justifier que G est dérivable sur ]1,+[ et préciser G.

3. Exprimer F(x) à l'aide de G, puis montrer que F est dérivable sur ]1,+[ avec F(x)=2ln(2x)1lnx.

4. Démontrer que F(x)=lnxln2lnxln(2x), en déduire le signe de F puis le sens de variation de F.

Partie C. Comportement en +.

5. Montrer que, pour tout x>1 et tout t[x,2x], 1ln(2x)1lnt1lnx.

6. En déduire l'encadrement xln(2x)F(x)xlnx, puis déterminer limx+F(x).

Partie D. Comportement en 1+.

7. Rappeler pourquoi lntt1 pour tout t>0, et en déduire que 1lnt1t1 pour tout t>1.

8. Soit x]1,2[. Démontrer que F(x)x2dtt1, calculer cette dernière intégrale, puis déterminer limx1+F(x).

9. Dresser le tableau de variations complet de F et encadrer son minimum F(2) à l'aide de la question 6.

Exercice 36 ★★★Équation fonctionnelle et continuité

Continuité sur un intervalle, théorème des valeurs intermédiairesContinuité en un point, prolongement par continuité, caractérisation séquentielle

Une équation fonctionnelle est une équation dont l'inconnue est une fonction. On cherche ici toutes les fonctions continues sur R vérifiant une identité donnée. La méthode est toujours la même : obtenir le résultat sur N, puis sur Z, puis sur Q, et enfin l'étendre à R par densité et continuité.

Partie A. Premières propriétés.

Soit f:RR une fonction continue telle que

xR,  yR,f(x+y)=f(x)+f(y).

1. Calculer f(0).

2. Démontrer que f est impaire.

Partie B. Du côté des rationnels.

3. Démontrer par récurrence que f(nx)=nf(x) pour tout nN et tout xR.

4. Étendre cette égalité à tout nZ.

5. Soit r=pq un rationnel, avec pZ et qN. En calculant f(qr) de deux façons, démontrer que f(r)=rf(1).

Partie C. Passage aux réels.

6. Soit xR. Pour nN, on pose rn=10nx10n. Justifier que rn est rationnel, que 0xrn<10n, et en déduire que (rn) converge vers x.

7. À l'aide de la caractérisation séquentielle de la continuité, démontrer que f(x)=ax pour tout xR, où a=f(1).

8. Vérifier la réciproque et conclure : quelles sont exactement les fonctions continues sur R vérifiant l'équation de la Partie A ?

Partie D. L'équation multiplicative.

Soit g:RR une fonction continue, non identiquement nulle, telle que

xR,  yR,g(x+y)=g(x)g(y).

9. Démontrer que g ne s'annule en aucun point, puis que g(x)>0 pour tout xR.

10. On pose h=lng. Justifier que h est définie et continue sur R et qu'elle vérifie l'équation de la Partie A. En déduire qu'il existe un réel λ, que l'on précisera, tel que g(x)=eλx pour tout xR.

Exercice 37 ★★★★Une fonction, sa réciproque et une aire

Théorème de la bijection, fonction réciproque et son grapheIntégration par parties et changement de variableDérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotes

Une fonction strictement croissante et sa réciproque ont des courbes symétriques par rapport à la droite d'équation y=x. Cette symétrie se traduit par une relation exacte entre leurs deux intégrales, que l'on va d'abord constater sur un exemple, puis démontrer en général, puis exploiter pour calculer une intégrale sans intégration par parties.

Partie A. Une bijection explicite.

Soit f la fonction définie sur [0,1] par f(x)=ex1.

1. Montrer que f réalise une bijection de [0,1] sur [0,e1].

2. Expliciter f1(y) pour tout y[0,e1].

Partie B. Deux aires.

3. Calculer 01f(t)dt.

4. Calculer 0e1f1(t)dt à l'aide d'une intégration par parties.

5. Vérifier que 01f(t)dt+0e1f1(t)dt=1×(e1).

Partie C. Le cas général.

Soient a<b deux réels et φ une fonction de classe C1 sur [a,b] telle que φ(u)>0 pour tout u[a,b]. On pose c=φ(a) et d=φ(b).

6. Justifier que φ réalise une bijection de [a,b] sur [c,d] et que φ1 est continue sur [c,d] (de sorte que l'intégrale de φ1 sur ce segment existe).

7. À l'aide du changement de variable t=φ(u), démontrer que

cdφ1(t)dt=abuφ(u)du.

8. Par une intégration par parties, en déduire que

abφ(u)du+cdφ1(t)dt=bdac.

Partie D. Application et interprétation.

9. Appliquer la relation de la question 8 à la fonction φ:ueu sur [0,1] pour calculer 1elntdt, puis vérifier ce résultat par un calcul direct.

10. Interpréter géométriquement la relation de la question 8 en termes d'aires, dans le cas où 0a et 0c.

Bloqué sur « Fonctions réelles d'une variable réelle » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.