ECG approfondies · Chapitre 05 · Premier semestre
Exercices — Fonctions réelles d'une variable réelle
37 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.
Sommaire
37 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.
Exercice 1 ★★★★ — Ensembles de définition et premières lectures
Généralités : ensemble de définition, opérations, composition, monotonie, parité, fonctions bornéesFonctions usuelles : puissances, racine carrée, valeur absolue, partie entière, exponentielle, logarithme
On rappelle les trois conditions d'existence à surveiller systématiquement :
- un quotient exige un dénominateur non nul ;
- une racine carrée exige un radicande positif ou nul ;
- un logarithme népérien exige un argument strictement positif.
Lorsque plusieurs de ces conditions apparaissent dans une même expression, l'ensemble de définition est l'intersection des ensembles qu'elles décrivent.
1. Déterminer l'ensemble de définition de chacune des fonctions suivantes, définies par la formule indiquée.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
h.
i.
j.
2. Écrire chacune des fonctions suivantes comme composée de deux fonctions usuelles, en précisant l'ordre de composition.
a.
b.
c.
d.
3. Dans chacun des deux cas suivants, expliciter et , puis déterminer et .
a. et .
b. et .
4. Vrai ou faux, avec justification. « Pour toutes fonctions et , les ensembles et sont égaux. »
Exercice 2 ★★★★ — Parité, monotonie et fonctions bornées
Généralités : ensemble de définition, opérations, composition, monotonie, parité, fonctions bornées
Les trois parties sont indépendantes.
Partie A. Parité
On rappelle qu'une fonction ne peut être dite paire ou impaire que si son ensemble de définition est symétrique par rapport à .
1. Pour chacune des fonctions suivantes, déterminer l'ensemble de définition, puis dire si la fonction est paire, impaire, ou ni l'une ni l'autre.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
2. Question de cours. Soit une fonction définie sur une partie de symétrique par rapport à . Quelle propriété géométrique la courbe possède-t-elle lorsque est paire ? lorsque est impaire ?
3. Existe-t-il une fonction définie sur qui soit à la fois paire et impaire ? Les déterminer toutes.
Partie B. Monotonie par composition
Dans cette partie, aucune dérivée n'est autorisée : on raisonne uniquement à partir de la monotonie des fonctions usuelles et de la règle des signes de la composition.
4. Déterminer le sens de variation de chacune des fonctions suivantes sur l'intervalle indiqué, en détaillant la chaîne de composition utilisée.
a. sur
b. sur
c. sur
d. sur
5. Vrai ou faux, avec justification.
a. La somme de deux fonctions croissantes sur un intervalle est croissante sur .
b. Le produit de deux fonctions croissantes sur un intervalle est croissant sur .
Partie C. Fonctions bornées
6. Démontrer que chacune des fonctions suivantes est bornée sur , en exhibant à chaque fois une majoration et une minoration explicites. Préciser si les bornes obtenues sont atteintes.
a.
b.
c.
Exercice 3 ★★★★ — Équations et inéquations avec exponentielle et logarithme
Fonctions usuelles : puissances, racine carrée, valeur absolue, partie entière, exponentielle, logarithme
On rappelle que, pour et réel, , et que et sont deux bijections réciproques l'une de l'autre, strictement croissantes.
Consigne impérative pour tout l'exercice : commencer par déterminer le domaine de validité de l'équation ou de l'inéquation, c'est-à-dire l'ensemble des réels pour lesquels les deux membres ont un sens. Toute solution obtenue en dehors de ce domaine doit être écartée.
1. Résoudre dans les équations et inéquations suivantes.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
h.
2. On s'intéresse à l'inéquation , d'inconnue . On pose .
a. Justifier, sans dériver, que est strictement croissante sur .
b. Calculer et . On admet qu'il existe un unique réel tel que ; ce point sera établi plus loin dans le chapitre à l'aide du théorème des valeurs intermédiaires. Encadrer par deux entiers consécutifs.
c. En déduire l'ensemble des solutions de l'inéquation .
3. Vrai ou faux, avec justification. « Pour tout réel tel que les deux membres sont définis, . »
Exercice 4 ★★★★ — Limites immédiates et opérations
Limite en un point et en l'infini : définitions quantifiées, limite à droite et à gauche, unicitéOpérations sur les limites, composition et formes indéterminées
On utilisera librement les limites usuelles du cours et les théorèmes d'opérations sur les limites (somme, produit, quotient, composition).
1. Déterminer, en justifiant brièvement par le théorème d'opération employé, chacune des limites suivantes.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
h.
i.
j.
k.
l.
2. Pour chacune des trois expressions suivantes, nommer d'abord la forme indéterminée rencontrée, puis la lever et conclure.
a. quand
b. quand
c. quand
3. Question de cours. Citer les quatre formes indéterminées vues en cours.
4. Vrai ou faux, avec justification. « Si et , alors . »
Exercice 5 ★★★★ — Lever une indétermination par le terme dominant
Opérations sur les limites, composition et formes indéterminées
En et en , une somme de puissances de est dominée par son terme de plus haut degré. La méthode systématique consiste à factoriser ce terme dominant au numérateur et au dénominateur, puis à simplifier : l'indétermination disparaît.
On rappelle que pour tout réel , , donc si et si .
1. Déterminer les limites suivantes en factorisant le terme dominant.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
h.
2. Soit la fonction définie sur par . Déterminer et .
3. Question de cours. Soient et deux polynômes non nuls, de degrés respectifs et , de coefficients dominants et . Énoncer la règle donnant selon la comparaison de et .
4. Un étudiant écrit : « pour tout réel non nul, ». Cette égalité est-elle correcte ? La corriger si nécessaire, et indiquer laquelle des questions 1.f et 1.g l'erreur ferait échouer.
Exercice 6 ★★★★ — Croissances comparées, le catalogue
Croissances comparées et limites usuelles de l'exponentielle et du logarithme
On rappelle le théorème des croissances comparées. Pour tous réels et :
Toutes ces limites sont à savoir par cœur : dans une confrontation entre un logarithme, une puissance et une exponentielle, c'est toujours le plus « fort » des deux qui impose la conclusion.
1. Déterminer les limites suivantes, en précisant à chaque fois laquelle des quatre croissances comparées est utilisée.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
h.
i.
j.
Pour la question j, on commencera par écrire sous la forme .
2. Déterminer les limites suivantes, en factorisant d'abord le terme dominant.
a.
b.
c.
3. Classer les trois familles de fonctions , (avec ) et par « ordre de force » croissante au voisinage de . Énoncer en une phrase la règle pratique qui permet de conclure sur un quotient dont le numérateur et le dénominateur appartiennent à cette liste.
Exercice 7 ★★★★ — Dérivées, opérations et fonction composée
Calcul de dérivées : opérations, fonction composée, fonction réciproque
1. Pour chacune des fonctions suivantes, préciser d'abord l'ensemble sur lequel elle est dérivable, puis calculer sa dérivée et simplifier le résultat autant que possible.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
h.
i.
j.
k.
l.
Pour la question h, on écrira au préalable sous la forme , la fonction étant considérée sur .
2. Question de cours. Soit une fonction dérivable sur un intervalle , et . Donner les dérivées de , de , puis, sous l'hypothèse supplémentaire que est strictement positive sur , celles de et de .
3. Vrai ou faux, avec justification. « Pour tout , la dérivée de vaut . »
4. On reprend la fonction de la question 1.i. Démontrer, sans utiliser sa dérivée, que est strictement croissante sur . On pourra commencer par écrire sous la forme pour une constante à déterminer.
Exercice 8 ★★★★ — Primitives usuelles et intégrales immédiates
Intégrale sur un segment, primitives et théorème fondamental de l'analyse
On rappelle les formes à reconnaître, désignant une fonction dérivable sur l'intervalle considéré :
Partie A. Reconnaître une primitive
1. Déterminer une primitive de chacune des fonctions suivantes sur l'intervalle indiqué, en nommant la forme reconnue.
a. sur
b. sur
c. sur
d. sur
e. sur
f. sur
2. Déterminer l'unique primitive de sur vérifiant .
Partie B. Intégrales immédiates
3. Calculer les intégrales suivantes. On donnera à chaque fois la valeur exacte, et l'on vérifiera au préalable que la fonction intégrée est bien continue sur le segment d'intégration.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
4. Vrai ou faux, avec justification. Un étudiant écrit :
Deux arguments distincts permettent de repérer l'erreur : les donner tous les deux.
Exercice 9 ★★★★ — Signe de la dérivée et tableau de variations
Dérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotesCalcul de dérivées : opérations, fonction composée, fonction réciproque
Les trois parties sont indépendantes. Dans chacune, on attend la même démarche : calcul de la dérivée, factorisation puis étude de son signe, limites aux bornes, tableau de variations complet, extremums.
Partie A. Une fonction polynomiale
Soit la fonction définie sur par .
1. Calculer et le factoriser.
2. Déterminer et .
3. Dresser le tableau de variations de sur , valeurs des extremums comprises.
4. La fonction admet-elle un maximum sur ? Préciser la nature, locale ou globale, de chacun des deux extremums trouvés.
Partie B. Une fonction rationnelle
Soit la fonction définie sur par . On admet les quatre limites suivantes :
5. Calculer et vérifier que le signe de est celui de .
6. Dresser le tableau de variations de sur .
7. Justifier que admet un minimum sur l'intervalle et en donner la valeur. La fonction admet-elle un minimum sur tout entier ?
Partie C. Une fonction avec exponentielle
Soit la fonction définie sur par .
8. Calculer et montrer que son signe est celui de .
9. Déterminer et . On justifiera la première par une croissance comparée.
10. Dresser le tableau de variations de , puis en déduire que pour tout réel , .
11. Combien l'équation admet-elle de solutions ? Les donner.
Exercice 10 ★★★★ — Lecture graphique, de la courbe de la dérivée aux variations
Dérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotesDérivabilité en un point : taux d'accroissement, tangente, dérivabilité à droite et à gauche
Soit une fonction dérivable sur . La courbe tracée ci-dessous est celle de sa dérivée , et non celle de . On lira les valeurs remarquables sur la figure, et l'on utilisera en plus la seule donnée numérique de l'énoncé : .
1. Dresser le tableau de signes de pour parcourant .
2. En déduire le tableau de variations de sur . On y fera figurer la valeur , seule valeur de connue.
3. En quels points la courbe de admet-elle une tangente horizontale ? Pour chacun, préciser s'il s'agit d'un extremum local de et de quelle nature.
4. Déterminer une équation de la tangente à la courbe de au point d'abscisse .
5. Lire sur la figure les abscisses des points de la courbe de en lesquels la tangente a pour coefficient directeur .
6. Chacune des affirmations suivantes est-elle vraie, fausse, ou impossible à trancher avec les seules informations données ? Justifier à chaque fois.
a. .
b. est croissante sur .
c. admet un maximum local en .
d. est négative sur .
Exercice 11 ★★★★ — Limites à droite, à gauche et asymptotes verticales
Limite en un point et en l'infini : définitions quantifiées, limite à droite et à gauche, unicitéOpérations sur les limites, composition et formes indéterminées
On rappelle que la droite d'équation est asymptote verticale à la courbe lorsque admet une limite infinie en , à droite ou à gauche. Toute la difficulté consiste à déterminer le signe du dénominateur de part et d'autre de la valeur interdite : c'est lui, et lui seul, qui décide entre et .
On considère les cinq fonctions suivantes.
a.
b.
c.
d.
e.
1. Déterminer l'ensemble de définition de chacune de ces cinq fonctions.
2. Étude de au voisinage de .
a. Préciser la limite de en , ainsi que le signe de selon que ou .
b. En déduire et , puis les asymptotes verticales de .
3. Étude de au voisinage de et de .
a. Factoriser et dresser le tableau de signes de cette expression.
b. Déterminer les quatre limites de en , en , en et en , puis conclure.
4. Étude de au voisinage de . En écrivant , reconnaître un taux d'accroissement et en déduire . La droite d'équation est-elle asymptote à ?
5. Étude de au voisinage de .
a. En posant , déterminer . On utilisera la croissance comparée .
b. Déterminer . Y a-t-il, de ce côté, une forme indéterminée ?
c. Conclure quant aux asymptotes de .
6. Étude de . Déterminer , et , puis conclure.
7. Synthèse.
a. Dresser la liste des asymptotes verticales des cinq courbes.
b. Pour laquelle des cinq fonctions la valeur interdite donne-t-elle une limite finie de part et d'autre ? Que peut-on dire de l'allure de la courbe en ce point ?
c. Pour laquelle des cinq fonctions la droite obtenue n'est-elle asymptote que d'un seul côté de la courbe ?
Exercice 12 ★★★★ — Quantité conjuguée et limites avec des racines
Opérations sur les limites, composition et formes indéterminées
Toutes les limites de cet exercice conduisent à une forme indéterminée que l'on lèvera en multipliant et en divisant par la quantité conjuguée, à l'aide de l'identité .
1. Préliminaire, en vue de la limite 2. e.
a. Déterminer l'ensemble des réels tels que .
b. Démontrer que, pour tout réel , . On prendra garde au fait que .
2. Déterminer les six limites suivantes, en rédigeant intégralement.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
3. Expliquer en quelques lignes pourquoi la multiplication par la quantité conjuguée lève l'indétermination. On précisera quelle forme indéterminée disparaît, et par quelle autre forme, connue, elle est remplacée.
4. Comparer les résultats de 2. a. et de 2. e. Pourquoi la limite en ne s'obtient-elle pas en changeant simplement en dans le calcul fait en ?
5. Démontrer que , puis interpréter ce résultat pour la courbe de la fonction . Préciser la position de cette courbe par rapport à la droite d'équation .
Exercice 13 ★★★★ — Encadrement et partie entière
Théorèmes de comparaison, théorème d'encadrement, théorème de la limite monotoneFonctions usuelles : puissances, racine carrée, valeur absolue, partie entière, exponentielle, logarithme
Partie A. La partie entière
On rappelle que, pour tout réel , désigne l'unique entier vérifiant .
1. Démontrer que, pour tout réel , .
2. Déterminer .
3. Déterminer .
4. On pose pour .
a. Écrire l'encadrement de la question 1. appliqué à , puis le diviser par . Expliquer pourquoi il ne permet pas de conclure quant à la limite de en .
b. Démontrer que pour tout , puis en déduire .
c. Par la même méthode, déterminer . La fonction admet-elle une limite en ?
Partie B. Encadrement par une fonction bornée
Soit une fonction définie sur et bornée : il existe un réel tel que pour tout .
5. a. Démontrer que .
b. Démontrer que .
c. Ces deux résultats subsistent-ils si l'on suppose seulement que est majorée ?
6. On pose . Démontrer que pour tout réel , puis déterminer .
7. Déterminer .
Exercice 14 ★★★★ — Recoller deux morceaux, continuité et dérivabilité
Continuité en un point, prolongement par continuité, caractérisation séquentielleDérivabilité en un point : taux d'accroissement, tangente, dérivabilité à droite et à gauche
Partie A. Une parabole et un logarithme
Soient et deux réels. On définit la fonction sur par
1. Justifier que, quels que soient et , est continue et dérivable sur et sur . Quel est donc le seul point qui demande une étude ?
2. a. Calculer et .
b. En déduire la valeur de pour laquelle est continue en . Le réel intervient-il ?
3. Dans toute la suite de la partie A, prend la valeur trouvée à la question 2. On rappelle que .
a. Démontrer que .
b. Exprimer en fonction de .
c. En déduire la valeur de pour laquelle est dérivable en , ainsi que .
4. Pour ces valeurs de et de , donner une équation de la tangente à au point d'abscisse .
Partie B. Un recollement impossible
Soit un réel. On définit la fonction sur par
5. Déterminer l'unique valeur de pour laquelle est continue en .
6. Cette valeur de étant désormais fixée :
a. calculer les limites à gauche et à droite en du taux d'accroissement ;
b. la fonction est-elle dérivable en ? Justifier ;
c. donner les équations des deux demi-tangentes à au point d'abscisse . On dit que la courbe présente en ce point un point anguleux : interpréter.
7. Une fonction peut-elle être dérivable en un point sans y être continue ? Justifier, et expliquer pourquoi la question de la continuité doit toujours être réglée avant celle de la dérivabilité.
Exercice 15 ★★★★ — Prolongement par continuité
Continuité en un point, prolongement par continuité, caractérisation séquentielleCroissances comparées et limites usuelles de l'exponentielle et du logarithme
On rappelle qu'une fonction , continue sur , est prolongeable par continuité en si et seulement si admet en une limite finie . Le prolongement est alors défini par pour et .
On considère les cinq fonctions suivantes, chacune accompagnée du point en lequel on cherche à la prolonger.
a. , en
b. , en
c. , en
d. , en
e. , en
1. Pour chacune de ces cinq fonctions, préciser l'ensemble de définition et justifier brièvement la continuité sur cet ensemble.
2. Étudier la limite de en et conclure quant au prolongement. On citera la croissance comparée utilisée.
3. Les fonctions et font apparaître un taux d'accroissement, que l'on identifiera précisément. En déduire les limites de en et de en , ainsi que les prolongements correspondants.
4. Simplifier l'expression de , puis conclure quant au prolongement en .
5. a. Déterminer séparément et .
b. La fonction est-elle prolongeable par continuité en ? Justifier soigneusement.
c. La restriction de à est-elle, elle, prolongeable par continuité en ? Si oui, préciser la valeur du prolongement.
6. Pour chacun des prolongements obtenus aux questions 2. à 4., préciser l'ensemble sur lequel la fonction prolongée est continue.
7. Synthèse. Énoncer en une phrase le critère qui décide de l'existence d'un prolongement par continuité, et expliquer pourquoi une limite infinie, même identique des deux côtés, ne permet jamais de prolonger.
Exercice 16 ★★★★ — Valeurs intermédiaires et dichotomie
Continuité sur un intervalle, théorème des valeurs intermédiaires
Partie A. Une équation avec une exponentielle
On s'intéresse à l'équation : , d'inconnue .
1. Démontrer que équivaut à , où est définie sur par . Justifier que est continue et strictement croissante sur .
2. Déterminer et . En déduire, en citant précisément le théorème utilisé, que admet une unique solution réelle, notée .
3. Calculer et , et en déduire un premier encadrement de .
4. On applique la méthode de dichotomie en partant de l'intervalle : à chaque étape, on calcule le signe de au milieu de l'intervalle courant, puis on conserve la moitié aux extrémités de laquelle change de signe.
a. Reproduire et compléter le tableau ci-dessous jusqu'à obtenir un intervalle d'amplitude strictement inférieure à .
| borne gauche | borne droite | signe de au milieu |
|---|---|---|
b. En déduire un encadrement de d'amplitude strictement inférieure à , puis une valeur approchée de à près.
c. L'amplitude de l'intervalle obtenu après étapes vaut . Combien d'étapes faudrait-il pour obtenir un encadrement d'amplitude inférieure à ?
Partie B. Deux équations polynomiales
5. On pose .
a. Étudier les variations de sur et déterminer ses limites en et en .
b. Démontrer que l'équation admet une unique solution réelle , et que .
c. Déterminer un encadrement de d'amplitude .
6. On pose .
a. Calculer , étudier son signe, puis dresser le tableau de variations complet de , limites comprises.
b. En déduire que l'équation admet exactement trois solutions réelles.
c. Déterminer, pour chacune de ces trois solutions, deux entiers consécutifs entre lesquels elle est comprise.
7. Expliquer pourquoi la stricte monotonie de était indispensable, dans la partie A, pour conclure à l'unicité de la solution, alors que le théorème des valeurs intermédiaires n'en fournit que l'existence. Illustrer avec la fonction de la question 6.
Exercice 17 ★★★★ — Théorème de la bijection, premier usage
Théorème de la bijection, fonction réciproque et son grapheContinuité sur un intervalle, théorème des valeurs intermédiaires
Partie A. Deux bijections sans expression explicite
1. On pose pour .
a. Démontrer que réalise une bijection de sur un intervalle que l'on déterminera.
b. En déduire que l'équation admet une unique solution , puis démontrer que .
c. Préciser l'ensemble de définition, le sens de variation et la continuité de .
d. Calculer , , et exprimer .
2. On pose pour .
a. Étudier les variations de et déterminer ses limites en et en .
b. En déduire que réalise une bijection de sur un intervalle que l'on précisera.
c. Démontrer que l'équation admet une unique solution , et que .
d. Préciser l'ensemble de définition, le sens de variation et la continuité de , puis calculer et .
Partie B. Une réciproque que l'on sait calculer
On pose .
3. Déterminer , calculer et étudier son signe.
4. Déterminer et .
5. Démontrer que réalise une bijection de sur un intervalle que l'on précisera.
6. Soit . Résoudre l'équation , d'inconnue , et en déduire une expression de .
7. Vérifier le résultat sur l'exemple , préciser le sens de variation de , et dire ce que l'on peut affirmer des courbes de et de dans un repère orthonormé.
Exercice 18 ★★★★ — Tangente et position relative à la courbe
Dérivabilité en un point : taux d'accroissement, tangente, dérivabilité à droite et à gaucheDérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotes
On rappelle que, pour comparer une courbe et une droite d'équation , on étudie le signe de la différence : la courbe est au-dessus de la droite là où cette différence est positive, en dessous là où elle est négative.
Partie A. La courbe du logarithme et sa tangente en
Soit la fonction définie sur par .
1. Calculer et , puis donner une équation de la tangente à au point d'abscisse .
2. On pose pour .
a. Démontrer que , puis étudier le signe de sur .
b. Déterminer . On admettra que . Dresser le tableau de variations de .
c. En déduire le signe de sur , puis la position de par rapport à . Préciser les points de contact.
d. Énoncer l'inégalité ainsi démontrée.
Partie B. La courbe de l'exponentielle et sa tangente en
3. Soit la fonction . Donner une équation de la tangente à au point d'abscisse .
4. En étudiant les variations de sur , démontrer que est située au-dessus de , et énoncer l'inégalité obtenue.
5. Retrouver l'inégalité de la partie A en appliquant celle de la partie B à un réel bien choisi.
Partie C. Une tangente astreinte à passer par un point donné
Soit la fonction et soit le point de coordonnées .
6. Vérifier que n'appartient pas à .
7. Soit un réel. Donner une équation de la tangente à au point d'abscisse .
8. Déterminer tous les réels pour lesquels passe par , et donner les équations des tangentes correspondantes.
9. Soit un point de coordonnées . Discuter, selon la position de par rapport à , le nombre de tangentes à passant par .
Exercice 19 ★★★★ — Taux d'accroissement et valeur absolue
Dérivabilité en un point : taux d'accroissement, tangente, dérivabilité à droite et à gaucheFonctions usuelles : puissances, racine carrée, valeur absolue, partie entière, exponentielle, logarithme
Dans tout cet exercice, l'étude de la dérivabilité au point considéré doit être menée par le taux d'accroissement, sans utiliser les formules de dérivation. On rappelle que est dérivable en lorsque admet une limite finie quand tend vers , et que cette limite est alors .
1. Soit la fonction définie sur par .
a. Écrire sans valeur absolue, en distinguant les cas et .
b. Calculer et . La fonction est-elle dérivable en ?
c. Reprendre la question b. au point .
d. Donner les équations des deux demi-tangentes à au point d'abscisse .
2. Soit la fonction définie sur par . Étudier la limite du taux d'accroissement de en , conclure quant à la dérivabilité, et interpréter graphiquement.
3. Soit la fonction définie sur par . Étudier la dérivabilité de en et, le cas échéant, donner ainsi qu'une équation de la tangente correspondante.
4. Soit la fonction définie sur par , c'est-à-dire . Étudier la dérivabilité de en .
5. Justifier que les quatre fonctions étudiées sont continues au point considéré. Qu'en conclure sur la réciproque de l'implication « dérivable en » « continue en » ?
6. Synthèse. Classer les quatre situations rencontrées selon le comportement du taux d'accroissement : deux limites latérales finies distinctes, limite infinie, limite finie. Préciser dans chaque cas si admet une tangente au point étudié, et laquelle.
Exercice 20 ★★★★ — Étude complète d'une fonction et asymptote oblique
Dérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotesOpérations sur les limites, composition et formes indéterminées
Partie A. Une fraction rationnelle
On considère la fonction définie par , et on note sa courbe représentative dans un repère du plan.
1. Déterminer .
2. Déterminer trois réels , et tels que, pour tout , .
3. Déterminer les limites de aux bornes de , en distinguant la limite à gauche et la limite à droite en . Interpréter graphiquement le résultat obtenu en .
4. Montrer que, pour tout , , puis étudier le signe de .
5. Dresser le tableau de variations complet de , en faisant apparaître les valeurs exactes des extremums locaux.
6. Montrer que la droite d'équation est asymptote à en et en , puis étudier la position de par rapport à .
7. Déterminer les points de en lesquels la tangente est horizontale. Écrire enfin une équation de la tangente à au point d'abscisse .
Partie B. Une fonction avec une racine carrée
On considère la fonction définie sur par , de courbe représentative .
8. Justifier que est définie et dérivable sur , calculer et démontrer que est strictement croissante sur .
9. Démontrer que, pour tout réel , . En déduire et l'asymptote correspondante.
10. Déterminer , puis démontrer que la droite d'équation est asymptote à en . Préciser la position de par rapport à .
11. Dresser le tableau de variations de et préciser l'ensemble .
Exercice 21 ★★★★ — Intégration par parties, les trois modèles
Intégration par parties et changement de variable
On rappelle la formule d'intégration par parties : si et sont de classe sur un segment , alors
Dans chaque calcul, on précisera les fonctions et choisies et on vérifiera qu'elles sont de classe sur le segment considéré.
Partie A. Le modèle « polynôme fois exponentielle »
1. Calculer les intégrales suivantes.
a.
b.
c.
Pour la question 1.c., deux intégrations par parties successives sont nécessaires ; on pourra réutiliser le résultat de la question 1.a.
Partie B. Le modèle « logarithme »
2. Calculer les intégrales suivantes.
a.
b.
c.
Pour la question 2.a., on écrira .
3. En déduire la valeur de .
Partie C. Questions de méthode
4. Dans les six calculs précédents, préciser quel facteur a été pris pour et lequel pour . Énoncer la règle de choix qui s'en dégage, en distinguant le cas où l'un des facteurs est un logarithme.
5. On reprend le calcul de avec le choix inverse : et . Écrire l'égalité obtenue. Est-elle fausse ? Pourquoi ce choix ne permet-il pas de conclure directement ?
6. Calculer . Une intégration par parties est-elle ici la bonne méthode ?
Exercice 22 ★★★★ — Changements de variable usuels
Intégration par parties et changement de variable
Partie A. Le théorème
1. Énoncer le théorème de changement de variable pour une intégrale sur un segment, en précisant les hypothèses de régularité portant sur la fonction intégrée et sur le changement de variable, ainsi que la transformation subie par les bornes.
Partie B. Cinq changements de variable
2. Calculer les intégrales suivantes à l'aide du changement de variable indiqué.
a. , avec
b. , avec
c. , avec
d. , avec
e. , avec
3. Pour les changements de variable des questions 2.b. et 2.c., vérifier explicitement que les hypothèses du théorème de la question 1. sont satisfaites.
Partie C. Ne pas oublier les bornes
4. Un étudiant rédige ainsi la question 2.a. : « on pose , donc , d'où ». Calculer la valeur qu'il obtient, la comparer à la valeur exacte, et expliquer l'erreur commise.
5. Retrouver le résultat de la question 2.c. sans changement de variable, en reconnaissant une expression de la forme . Faire de même pour la question 2.d. en reconnaissant une expression de la forme .
6. Calculer en choisissant soi-même le changement de variable.
Exercice 23 ★★★★ — Positivité, croissance et valeur moyenne d'une intégrale
Positivité, croissance, inégalités et encadrements d'intégrales, valeur moyenne
Toutes les fonctions considérées sont continues sur le segment sur lequel on les intègre. On rappelle la valeur moyenne de sur , avec : c'est le réel .
Partie A. Comparer sans calculer
1. Comparer et sans calculer ces intégrales, en justifiant par la croissance de l'intégrale. Vérifier ensuite par le calcul.
2. Comparer de même et , puis vérifier par le calcul.
Partie B. Encadrer par l'inégalité de la moyenne
3. Démontrer que .
4.a. Encadrer en majorant et en minorant séparément et sur .
4.b. Étudier les variations de sur , puis en déduire que . Comparer l'amplitude des deux encadrements obtenus.
Partie C. Valeur moyenne
5. Calculer la valeur moyenne de sur , puis déterminer le réel tel que .
6. Calculer la valeur moyenne de sur , puis déterminer le réel tel que .
Partie D. Une intégrale nulle
7. Soit continue et positive sur , avec , telle que . Démontrer que est la fonction nulle sur . On raisonnera par l'absurde, en utilisant la continuité en un point où ne s'annule pas.
8. En déduire que si et sont continues sur , avec et , alors . Justifier alors que l'inégalité obtenue à la question 1. est stricte.
Exercice 24 ★★★★ — Revenir à la définition quantifiée de la limite
Limite en un point et en l'infini : définitions quantifiées, limite à droite et à gauche, unicité
Dans tout l'exercice, on n'utilise aucun théorème d'opérations sur les limites : tout se démontre à partir des définitions quantifiées. On utilisera librement l'inégalité triangulaire .
Partie A. Une limite en
1. Écrire, à l'aide de quantificateurs, la proposition « tend vers le réel quand tend vers ».
2. Soit définie sur par .
a. Calculer , puis simplifier .
b. Déterminer le plus petit entier tel que, pour tout , .
c. Soit quelconque. Exhiber un réel , dépendant de , tel que pour tout on ait . Conclure que quand .
Partie B. Une limite en un point
3. Écrire, à l'aide de quantificateurs et des lettres et , la proposition « tend vers quand tend vers ».
4. Soit un réel tel que . Encadrer , en déduire , puis .
5. Soit . Exhiber un réel convenable et démontrer que . Expliquer pourquoi le obtenu doit faire intervenir un minimum de deux quantités.
Partie C. Nier la définition
6. Écrire la négation quantifiée de la proposition de la question 3.
7. Soit définie sur par . Calculer selon le signe de , puis démontrer, en utilisant la négation de la question 6., que n'admet de limite finie en pour aucun réel .
Partie D. Unicité de la limite
8. Soient un intervalle non réduit à un point, , et définie sur .
a. Justifier que, pour tout , il existe tel que .
b. Démontrer que si admet en une limite finie, alors cette limite est unique.
Exercice 25 ★★★★ — Caractérisation séquentielle, prouver qu'une limite n'existe pas
Continuité en un point, prolongement par continuité, caractérisation séquentielleLimite en un point et en l'infini : définitions quantifiées, limite à droite et à gauche, unicité
Partie A. Les énoncés
1. Énoncer la caractérisation séquentielle de la limite d'une fonction en un point , puis celle de la continuité de en .
2. En déduire le critère pratique suivant, dont on rédigera l'énoncé précis avant de le démontrer : s'il existe deux suites et à valeurs dans , convergeant toutes deux vers , telles que et n'aient pas la même limite, alors n'admet pas de limite en .
Partie B. La partie entière en 1
3. Démontrer que, pour tout entier , et .
4. En déduire que la fonction n'admet pas de limite en . Cette fonction est-elle continue en ? Admet-elle une limite à droite en ? une limite à gauche ?
Partie C. Une fonction bornée sans limite en 0
Soit définie sur par .
5. Démontrer que, pour tout , .
6. Calculer pour , puis pour .
7. En déduire que n'admet pas de limite en , bien qu'elle soit bornée.
Partie D. Le sens direct et ses applications
8. Démontrer directement, à l'aide des définitions quantifiées (avec et ), la propriété suivante : si est continue en et si est une suite d'éléments de convergeant vers , alors converge vers .
9. Application. Déterminer, en précisant à chaque fois la fonction utilisée et le point où l'on invoque sa continuité, les limites des suites de termes généraux
a. , pour
b. , pour
Exercice 26 ★★★★ — Les inégalités fondamentales sur l'exponentielle et le logarithme
Dérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotesFonctions usuelles : puissances, racine carrée, valeur absolue, partie entière, exponentielle, logarithme
Partie A. L'inégalité fondamentale sur l'exponentielle
1. Soit la fonction définie sur par . Étudier ses variations, déterminer ses limites en et en , et dresser son tableau de variations.
2. En déduire que pour tout réel , et démontrer que l'égalité a lieu si et seulement si .
3. En appliquant la question 2. à , démontrer que pour tout .
Partie B. Les deux inégalités sur le logarithme
4. Démontrer que pour tout , en appliquant la question 2. à un réel bien choisi.
5. Soit définie sur par . Calculer et le simplifier, puis en déduire que pour tout .
6. Conclure : pour tout , , avec égalité si et seulement si .
Partie C. Applications numériques
7. Encadrer à l'aide de la question 6., donner l'amplitude de l'encadrement obtenu et comparer avec la valeur .
8. Encadrer à l'aide des questions 2. et 3., puis comparer avec la valeur .
Partie D. La suite de terme général
9. Démontrer que, pour tout entier , , puis que
10. En déduire la limite de la suite de terme général .
11. Démontrer de même que pour tout entier .
Exercice 27 ★★★★ — Point fixe d'une fonction continue d'un segment dans lui-même
Continuité sur un intervalle, théorème des valeurs intermédiaires
On appelle point fixe d'une fonction tout réel de son ensemble de définition vérifiant .
Partie A. Existence
Soit une fonction continue sur et à valeurs dans .
1. On pose pour . Justifier que est continue sur , puis déterminer le signe de et celui de .
2. En déduire que admet au moins un point fixe dans .
3. Ce point fixe est-il nécessairement unique ? Donner une fonction continue de dans ayant une infinité de points fixes.
Partie B. Les hypothèses sont indispensables
4. Soit définie sur par si et si . Vérifier que est à valeurs dans , préciser en quel point elle n'est pas continue, et démontrer qu'elle n'admet aucun point fixe.
5. Démontrer que , pourtant continue sur , n'admet aucun point fixe. Quelle hypothèse de la partie A n'est pas vérifiée ?
Partie C. Unicité pour une fonction décroissante
Soient deux réels et une fonction continue sur , à valeurs dans et strictement décroissante.
6. En adaptant la partie A, démontrer que admet au moins un point fixe dans .
7. Démontrer que ce point fixe est unique. On pourra supposer l'existence de deux points fixes distincts et utiliser la stricte décroissance de .
Partie D. Application
8. Démontrer que la fonction vérifie sur toutes les hypothèses de la partie C, et qu'elle y admet donc un unique point fixe, noté .
9. Démontrer que , puis donner un encadrement de d'amplitude . On utilisera les valeurs approchées , , et .
Exercice 28 ★★★★ — Image d'un segment et bornes atteintes
Image d'un segment, théorème des bornes atteintesContinuité sur un intervalle, théorème des valeurs intermédiaires
Partie A. Le théorème et ses hypothèses
1. Énoncer le théorème des bornes atteintes, puis préciser ce qu'est l'image d'un segment par une fonction continue.
2. Donner trois contre-exemples montrant que chacune des hypothèses est indispensable : le premier sur un intervalle borné mais non fermé, le deuxième sur un intervalle fermé mais non borné, le troisième avec une fonction non continue sur un segment. Dans chaque cas, préciser si la fonction est bornée et si ses bornes sont atteintes.
Partie B. Une image explicite
Soit définie sur par .
3. Calculer , étudier son signe sur et dresser le tableau de variations de sur ce segment.
4. Déterminer le maximum et le minimum de sur , en précisant en quels points ils sont atteints. En déduire , en justifiant soigneusement les deux inclusions.
5. Déterminer de même l'ensemble . Est-ce un segment ? Commenter.
Partie C. Minorer une fonction strictement positive
6. Soit continue et strictement positive sur un segment . Démontrer qu'il existe un réel tel que pour tout .
7. Démontrer que ce résultat tombe en défaut sur : exhiber une fonction continue et strictement positive sur qui n'est minorée par aucun réel strictement positif.
Partie D. Un maximum global sur
Soit continue sur , de limite nulle en et en , et telle que .
8. Démontrer qu'il existe deux réels tels que pour tout et pour tout .
9. En déduire que admet un maximum global sur , c'est-à-dire qu'il existe tel que pour tout réel .
10. Application. Justifier que la fonction admet un maximum global sur , sans chercher à le calculer.
Exercice 29 ★★★★ — Théorème de Rolle et racines de la dérivée
Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finis
Le théorème de Rolle relie les zéros d'une fonction à ceux de sa dérivée. On en voit ici trois usages : compter les racines de la dérivée d'un polynôme, fabriquer une fonction auxiliaire, et majorer le nombre de solutions d'une équation.
Partie A. Le théorème.
1. Énoncer le théorème de Rolle en précisant toutes ses hypothèses.
2. Soit définie sur par . Vérifier que en satisfait les hypothèses sur , puis déterminer tous les réels tels que .
Partie B. Racines de la dérivée d'un polynôme.
Soit et soit une fonction polynomiale de degré admettant racines réelles deux à deux distinctes, notées .
3. Montrer que, pour tout , il existe tel que , et que ces réels sont deux à deux distincts.
4. En utilisant le degré de , démontrer que admet exactement racines réelles et préciser leur localisation.
5. Application : soit . Développer , calculer , déterminer ses racines exactes et vérifier la localisation annoncée à la question 4.
Partie C. Une fonction auxiliaire.
Soit une fonction dérivable sur telle que , et soit un réel fixé.
6. Justifier l'existence d'un réel tel que .
7. On pose pour . Calculer , vérifier que satisfait les hypothèses du théorème de Rolle sur , puis en déduire qu'il existe tel que .
Partie D. Combien de solutions ?
Soit un réel strictement positif. On pose pour .
8. Calculer et montrer que ne s'annule qu'en un unique point de . En raisonnant par l'absurde et en appliquant le théorème de Rolle, démontrer que l'équation admet au plus deux solutions sur .
9. Déterminer les limites de en et en , dresser son tableau de variations et calculer son maximum.
10. En déduire, en discutant selon la valeur de , le nombre exact de solutions de l'équation sur .
Exercice 30 ★★★★ — Inégalité des accroissements finis et suite récurrente
Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finisDérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotes
L'inégalité des accroissements finis permet de contrôler l'écart entre deux valeurs d'une fonction. Appliquée à une suite récurrente, elle démontre la convergence et en donne la vitesse, là où le théorème de la limite monotone ne dit rien.
Partie A. Les accroissements finis.
1. Énoncer l'égalité des accroissements finis, puis l'inégalité des accroissements finis, en précisant les hypothèses de chacune.
2. Démontrer que, pour tous réels et ,
Partie B. Une suite récurrente.
On considère la fonction définie sur par , ainsi que la suite définie par
3. Montrer que est croissante sur , puis que . En déduire par récurrence que est bien défini et que pour tout .
4. On pose sur . Étudier les variations de et en déduire que admet un unique point fixe , avec . Encadrer à près. (On ne cherchera pas à calculer .)
5. Montrer que pour tout , puis que
6. En déduire que , puis, par récurrence, que
Conclure que converge vers .
Partie C. Précision.
7. Justifier que , puis déterminer le plus petit entier pour lequel la majoration de la question 6 garantit .
8. Calculer , et à près. Ces valeurs sont-elles compatibles avec l'encadrement de obtenu à la question 4 ?
Exercice 31 ★★★★ — Une bijection et la dérivée de sa réciproque
Théorème de la bijection, fonction réciproque et son grapheCalcul de dérivées : opérations, fonction composée, fonction réciproque
La fonction étudiée ici n'a pas d'expression à l'aide des fonctions usuelles : on ne la connaît que par la relation . Tout l'exercice consiste à en tirer ses propriétés sans jamais disposer d'une formule.
Soit la fonction définie sur par .
Partie A. Étude de .
1. Calculer , étudier son signe sur , déterminer et dresser le tableau de variations de .
2. En déduire que réalise une bijection de sur un intervalle que l'on précisera.
Partie B. La réciproque.
On note , définie sur .
3. Justifier que est continue et strictement croissante sur .
4. Déterminer , et .
5. Décrire la construction de la courbe de à partir de celle de .
Partie C. Dérivée de la réciproque.
6. Justifier que est dérivable sur , et expliquer pourquoi le point doit être écarté.
7. Montrer que, pour tout , , puis démontrer que
8. Calculer .
Partie D. Croissance de .
9. Déterminer .
10. Démontrer que, pour tout ,
11. En déduire , puis commenter : comment croît-elle par rapport à ?
Exercice 32 ★★★★ — Une suite d'intégrales, le classique des concours
Positivité, croissance, inégalités et encadrements d'intégrales, valeur moyenneIntégration par parties et changement de variable
Voici le schéma le plus fréquent des épreuves écrites : une suite dont chaque terme est une intégrale, une relation de récurrence obtenue par intégration par parties, un encadrement obtenu par majoration de l'intégrande, et une limite qui en découle.
Pour tout entier naturel , on pose
Partie A. Premiers termes.
1. Calculer , puis à l'aide d'une intégration par parties.
Partie B. Convergence.
2. Montrer que pour tout .
3. Montrer que la suite est décroissante, et en déduire qu'elle converge.
Partie C. Une relation de récurrence.
4. À l'aide d'une intégration par parties, démontrer que
5. En déduire les valeurs exactes de et , puis vérifier numériquement la décroissance sur , , , .
Partie D. Un encadrement.
6. Démontrer que, pour tout ,
7. En déduire .
8. Expliquer pourquoi l'encadrement de la question 6 ne suffit pas à déterminer . Puis, à l'aide de la relation de la question 4, déterminer et enfin .
Partie E. Synthèse.
9. Démontrer que, pour tout , .
10. En écrivant , déterminer .
Exercice 33 ★★★★ — Vitesse de convergence d'une suite définie implicitement
Théorème de la bijection, fonction réciproque et son grapheContinuité sur un intervalle, théorème des valeurs intermédiairesThéorèmes de comparaison, théorème d'encadrement, théorème de la limite monotone
Le chapitre sur les suites étudie la suite définie par l'équation : il y admet l'existence de la solution, faute du théorème des valeurs intermédiaires, et il établit que la suite croît vers . Cet exercice fait les deux choses que ce chapitre laisse en suspens : il démontre l'existence par le théorème de la bijection, comme annoncé là-bas, puis il mesure à quelle vitesse la suite atteint sa limite. C'est cette seconde question qui est la plus intéressante, et elle ne relève que de l'analyse des fonctions.
Pour tout entier , on note la fonction définie sur par
On utilisera librement les trois inégalités suivantes, établies dans les exercices précédents de la fiche :
- l'inégalité de Bernoulli : pour tout et tout ;
- l'encadrement du logarithme : pour tout .
Partie A. Existence et unicité, ce que le chapitre sur les suites a admis.
1. Soit . Montrer que est continue et strictement croissante sur , déterminer , puis démontrer par le théorème de la bijection que l'équation admet une unique solution dans . Justifier enfin que .
2. Sans calculer , démontrer que pour tout , en testant le point dans l'équation.
On admet désormais, comme démontré au chapitre sur les suites, que la suite est strictement croissante et converge vers . La question 6. retrouvera cette convergence par une autre voie, sans utiliser ce résultat admis.
Partie B. L'écart à la limite.
Pour , on pose : c'est l'écart entre le terme et la limite.
3. Démontrer que , puis que .
4. À l'aide de l'inégalité de Bernoulli, démontrer que .
5. En composant par la relation de la question 3., démontrer que , puis, à l'aide de la question 4., que .
6. Conclure à l'encadrement , le contrôler au rang , puis en déduire et retrouver ainsi sans utiliser le résultat admis.
Partie C. La taille exacte de l'écart.
L'encadrement de la question 6. situe entre deux quantités dont le rapport tend vers l'infini : il ne dit donc pas de quelle taille est . On resserre ici la minoration jusqu'à trancher.
7. En appliquant l'inégalité au réel , démontrer que
8. En déduire que, pour tout ,
9. Démontrer que et que .
10. En déduire que
puis démontrer qu'il n'existe aucun réel tel que à partir d'un certain rang : la convergence de vers n'est pas géométrique.
Exercice 34 ★★★★ — La somme alternée des inverses et sa limite
Positivité, croissance, inégalités et encadrements d'intégrales, valeur moyenneIntégration par parties et changement de variable
La somme arrêtée au rang définit une suite dont la limite est un nombre remarquable. Une intégrale bien choisie va servir de terme de reste et permettre de l'identifier, puis de mesurer l'erreur commise.
Pour tout entier naturel , on pose , et pour tout entier ,
Partie A. La suite .
1. Calculer .
2. Montrer que pour tout , et que la suite est décroissante.
Partie B. Une relation.
3. Démontrer que, pour tout , . Retrouver à partir de .
Partie C. Encadrement.
4. Démontrer que, pour tout ,
5. En déduire .
Partie D. La limite de la suite .
Soit .
6. Justifier que, pour tout , , puis en déduire que
7. En intégrant cette égalité sur , démontrer que .
8. En déduire que , puis . Que dire de la position de par rapport à selon la parité de ?
Partie E. Précision numérique.
9. Déterminer un entier pour lequel on est certain que .
10. Démontrer que ne permet pas d'atteindre cette précision. Que conclure sur la rapidité de convergence de la suite ?
Exercice 35 ★★★★ — Une fonction définie par une intégrale à bornes variables
Intégrale sur un segment, primitives et théorème fondamental de l'analyseDérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotes
La fonction étudiée ici n'est donnée par aucune formule explicite : ses deux bornes d'intégration dépendent de la variable, et l'intégrande n'a pas de primitive exprimable à l'aide des fonctions usuelles. On l'étudie pourtant complètement.
Pour tout réel , on pose
Partie A. Existence.
1. Soit . Justifier que , que la fonction est continue sur , et en déduire que est bien défini.
Partie B. Dérivée et variations.
On note la fonction définie sur par .
2. Justifier que est dérivable sur et préciser .
3. Exprimer à l'aide de , puis montrer que est dérivable sur avec .
4. Démontrer que , en déduire le signe de puis le sens de variation de .
Partie C. Comportement en .
5. Montrer que, pour tout et tout , .
6. En déduire l'encadrement , puis déterminer .
Partie D. Comportement en .
7. Rappeler pourquoi pour tout , et en déduire que pour tout .
8. Soit . Démontrer que , calculer cette dernière intégrale, puis déterminer .
9. Dresser le tableau de variations complet de et encadrer son minimum à l'aide de la question 6.
Exercice 36 ★★★★ — Équation fonctionnelle et continuité
Continuité sur un intervalle, théorème des valeurs intermédiairesContinuité en un point, prolongement par continuité, caractérisation séquentielle
Une équation fonctionnelle est une équation dont l'inconnue est une fonction. On cherche ici toutes les fonctions continues sur vérifiant une identité donnée. La méthode est toujours la même : obtenir le résultat sur , puis sur , puis sur , et enfin l'étendre à par densité et continuité.
Partie A. Premières propriétés.
Soit une fonction continue telle que
1. Calculer .
2. Démontrer que est impaire.
Partie B. Du côté des rationnels.
3. Démontrer par récurrence que pour tout et tout .
4. Étendre cette égalité à tout .
5. Soit un rationnel, avec et . En calculant de deux façons, démontrer que .
Partie C. Passage aux réels.
6. Soit . Pour , on pose . Justifier que est rationnel, que , et en déduire que converge vers .
7. À l'aide de la caractérisation séquentielle de la continuité, démontrer que pour tout , où .
8. Vérifier la réciproque et conclure : quelles sont exactement les fonctions continues sur vérifiant l'équation de la Partie A ?
Partie D. L'équation multiplicative.
Soit une fonction continue, non identiquement nulle, telle que
9. Démontrer que ne s'annule en aucun point, puis que pour tout .
10. On pose . Justifier que est définie et continue sur et qu'elle vérifie l'équation de la Partie A. En déduire qu'il existe un réel , que l'on précisera, tel que pour tout .
Exercice 37 ★★★★ — Une fonction, sa réciproque et une aire
Théorème de la bijection, fonction réciproque et son grapheIntégration par parties et changement de variableDérivée et variations, extremums, étude complète et asymptotes
Une fonction strictement croissante et sa réciproque ont des courbes symétriques par rapport à la droite d'équation . Cette symétrie se traduit par une relation exacte entre leurs deux intégrales, que l'on va d'abord constater sur un exemple, puis démontrer en général, puis exploiter pour calculer une intégrale sans intégration par parties.
Partie A. Une bijection explicite.
Soit la fonction définie sur par .
1. Montrer que réalise une bijection de sur .
2. Expliciter pour tout .
Partie B. Deux aires.
3. Calculer .
4. Calculer à l'aide d'une intégration par parties.
5. Vérifier que .
Partie C. Le cas général.
Soient deux réels et une fonction de classe sur telle que pour tout . On pose et .
6. Justifier que réalise une bijection de sur et que est continue sur (de sorte que l'intégrale de sur ce segment existe).
7. À l'aide du changement de variable , démontrer que
8. Par une intégration par parties, en déduire que
Partie D. Application et interprétation.
9. Appliquer la relation de la question 8 à la fonction sur pour calculer , puis vérifier ce résultat par un calcul direct.
10. Interpréter géométriquement la relation de la question 8 en termes d'aires, dans le cas où et .
Bloqué sur « Fonctions réelles d'une variable réelle » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.