ECG approfondies · Chapitre 12 · Troisième semestre

Exercices — Compléments de probabilités : couples et n-uplets de variables aléatoires réelles

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Lire une fonction de répartition

Fonction de répartition d'une variable aléatoire réelle quelconqueVariable aléatoire à densité : définition et reconnaissance d'une densité

Soit X une variable aléatoire réelle définie sur un espace probabilisé (Ω,A,P), dont la fonction de répartition FX est donnée par

FX(x)=0si x<0,FX(x)=x24si 0x2,FX(x)=1si x>2.

Courbe de la fonction de répartition de X

  1. Vérifier que FX possède les trois propriétés caractéristiques d'une fonction de répartition.

  2. Calculer P(X1), P(X>1,5), P(0,5X1,5) et P(X=1). Préciser à chaque fois ce que l'on lit sur la courbe.

  3. Justifier que X est une variable à densité, puis en donner une densité.

  4. Calculer E(X) et V(X).

Exercice 2 ★★★Reconnaître une densité de probabilité

Variable aléatoire à densité : définition et reconnaissance d'une densité

On rappelle qu'une fonction f définie sur R est une densité de probabilité lorsqu'elle vérifie les trois conditions suivantes : f est positive sur R ; f est continue sur R sauf éventuellement en un nombre fini de points ; l'intégrale +f(t)dt converge et vaut 1.

  1. Pour chacune des fonctions suivantes, dire si elle est une densité de probabilité, en vérifiant les trois conditions.

    a. f(x)=12 sur [1,1], nulle ailleurs.

    b. f(x)=x sur [0,1], nulle ailleurs.

    c. f(x)=3x2 sur [0,1], nulle ailleurs.

    d. f(x)=1x2 sur [1,+[, nulle ailleurs.

    e. f(x)=ex sur [0,+[, nulle ailleurs.

  2. Déterminer le réel c pour que la fonction définie par f(x)=cx(1x) sur [0,1] et nulle ailleurs soit une densité de probabilité.

  3. Déterminer le réel c pour que la fonction définie par f(x)=ce3x sur [0,+[ et nulle ailleurs soit une densité de probabilité. Reconnaître alors la loi dont f est une densité.

Exercice 3 ★★★Calculer des probabilités à partir d'une densité

Variable aléatoire à densité : définition et reconnaissance d'une densitéFonction de répartition d'une variable aléatoire réelle quelconque

Soit X une variable aléatoire réelle admettant pour densité la fonction f définie sur R par f(x)=3x2 si x[0,1], et f(x)=0 sinon.

  1. Vérifier que f est bien une densité de probabilité.

  2. Déterminer la fonction de répartition FX de X sur R, en distinguant les trois cas.

  3. Calculer les probabilités suivantes.

    a. P(X12)

    b. P(X34)

    c. P(14X12)

    d. P(X=12)

  4. Calculer la probabilité conditionnelle P(X12)(X34) et l'interpréter.

Exercice 4 ★★★Attente du tramway

Loi uniforme sur un segment

Un tramway dessert un arrêt avec une régularité parfaite : il y passe exactement toutes les 12 minutes. Un voyageur se présente à cet arrêt à un instant quelconque, sans connaître les horaires. On note X son temps d'attente, exprimé en minutes, et on admet que XU([0,12]).

  1. Donner une densité de X, puis sa fonction de répartition FX.

  2. Calculer P(X5), P(X8) et P(3X7).

  3. Calculer E(X), V(X) et σ(X), puis interpréter ces trois valeurs.

  4. Le voyageur attend déjà depuis 4 minutes. Calculer P(X4)(X8), puis comparer cette valeur à P(X4). Que peut-on en conclure sur la « mémoire » de la loi uniforme ?

Exercice 5 ★★★Durée de vie d'une ampoule

Loi exponentielle et absence de mémoire

La durée de vie, exprimée en heures, d'une ampoule d'un certain modèle est modélisée par une variable aléatoire X telle que XE(λ), avec λ=15000.

On donne les valeurs approchées suivantes : e0,40,6703, e0,60,5488, e10,3679, e1,60,2019, ln(0,9)0,1054 et ln(2)0,6931.

  1. Donner une densité de X et sa fonction de répartition, puis E(X) et σ(X).

  2. Calculer P(X>5000), P(X2000) et P(3000X8000), en donnant une valeur approchée à 103 près.

  3. Déterminer la durée t, en heures, telle que P(X>t)=0,9.

  4. La durée de vie moyenne vaut 5000 heures, et pourtant P(X>5000)0,37 seulement. Expliquer ce phénomène.

Exercice 6 ★★★Lecture de la table de la loi normale

Loi normale, centrage-réduction et lecture de la table

On note Φ la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite. On dispose de l'extrait de table suivant.

t 0,5 1 1,5 2 2,5
Φ(t) 0,6915 0,8413 0,9332 0,9772 0,9938
  1. Soit ZN(0,1). Calculer les probabilités suivantes.

    a. P(Z1)

    b. P(Z1)

    c. P(1Z1)

    d. P(Z1,5)

    e. P(Z2)

  2. Soit YN(20,16). Calculer P(Y24), P(16Y28) et P(Y30) en passant par la variable centrée réduite associée.

  3. Déterminer le réel positif a tel que P(20aY20+a)=0,9544.

Exercice 7 ★★★Transformation affine d'une variable à densité

Loi d'une transformée : transformation affine et méthode de la fonction de répartitionLoi uniforme sur un segmentLoi exponentielle et absence de mémoire

Dans tout l'exercice, la loi d'une transformée se cherche par la méthode de la fonction de répartition : on écrit FY(y)=P(Yy), on traduit l'événement en un événement portant sur X, on l'exprime à l'aide de FX, puis on dérive.

  1. Soit XU([0,1]) et Y=3X+2. Montrer que YU([2,5]).

  2. Soit λ>0, soit XE(λ) et Y=2X. Montrer que YE(λ2).

  3. Soit XE(1) et Y=X. Déterminer une densité de Y. On prendra garde au sens des inégalités.

  4. Cas général. Soit X une variable à densité, de densité f et de fonction de répartition FX, soient a et b deux réels avec a0, et soit Y=aX+b. Établir que Y est une variable à densité et que

fY(y)=1af(yba)

en traitant séparément les cas a>0 et a<0. Retrouver enfin E(Y)=aE(X)+b et V(Y)=a2V(X).

Exercice 8 ★★★Espérance et variance à partir d'une densité

Espérance d'une variable à densité : existence, théorème de transfert, linéaritéVariance, écart-type et moments d'une variable à densité

Les deux questions sont indépendantes l'une de l'autre.

  1. Soit X une variable aléatoire réelle de densité f définie sur R par f(x)=2x si x[0,1], et f(x)=0 sinon. Justifier l'existence de E(X), puis calculer E(X), E(X2), V(X) et σ(X).

  2. Soit Y une variable aléatoire réelle de densité g définie sur R par g(y)=2y3 si y1, et g(y)=0 sinon.

    a. Vérifier que g est bien une densité de probabilité.

    b. Montrer que E(Y) existe, puis calculer sa valeur.

    c. Montrer que E(Y2) n'existe pas. Qu'en conclut-on quant à la variance de Y ?

Exercice 9 ★★★Formule de l'espérance totale

Espérance conditionnelle et formule de l'espérance totale

Une usine fabrique des pièces dans trois ateliers, qui assurent respectivement 50%, 30% et 20% de la production totale. On prélève une pièce au hasard dans cette production, et on note A1, A2 et A3 les événements « la pièce provient du premier atelier », « du deuxième atelier », « du troisième atelier ».

On note X le nombre de défauts de la pièce prélevée, qui vaut 0 ou 1. Sachant l'atelier d'origine, X suit une loi de Bernoulli de paramètre 0,2 pour A1, 0,5 pour A2 et 0,8 pour A3.

  1. Donner E(XA1), E(XA2) et E(XA3).

  2. En déduire E(X) par la formule de l'espérance totale.

  3. Retrouver ce résultat en déterminant d'abord la loi de X.

  4. Chaque défaut coûte 3 euros de reprise, de sorte que le coût de reprise d'une pièce est Y=3X euros. Calculer E(Y).

  5. On prélève une pièce et l'on constate qu'elle présente un défaut. Quelle est la probabilité qu'elle provienne du troisième atelier ?

Exercice 10 ★★★★Constante de normalisation et étude complète

Variable aléatoire à densité : définition et reconnaissance d'une densitéEspérance d'une variable à densité : existence, théorème de transfert, linéaritéVariance, écart-type et moments d'une variable à densité

Soit c un réel. On considère la fonction f définie sur R par

f(x)=c(1x2)  si x[1,1],f(x)=0  sinon.
  1. Déterminer la valeur de c pour laquelle f est une densité de probabilité.

  2. Dans toute la suite, X désigne une variable aléatoire à densité admettant f pour densité. Déterminer la fonction de répartition FX de X sur chacun des trois intervalles ],1[, [1,1] et ]1,+[.

  3. Montrer que X admet une espérance et la calculer.

  4. Montrer que X admet une variance et la calculer.

  5. Calculer P(X12).

  6. Calculer la probabilité conditionnelle P(X0)(X12).

Exercice 11 ★★★★Loi du carré d'une variable uniforme

Loi d'une transformée : transformation affine et méthode de la fonction de répartitionFonction de répartition d'une variable aléatoire réelle quelconqueLoi uniforme sur un segment

Soit X une variable aléatoire telle que XU([0,1]).

  1. On pose Y=X2. Déterminer Y(Ω), puis la fonction de répartition FY de Y sur R. En déduire que Y est une variable à densité et en donner une densité fY. Vérifier que fY est bien une densité de probabilité, bien qu'elle ne soit pas bornée au voisinage de 0.

  2. Calculer E(Y) de deux façons : par le théorème de transfert appliqué à X, puis à partir de la densité fY obtenue à la question précédente. Les deux résultats doivent coïncider.

  3. Calculer V(Y).

  4. On pose maintenant Z=X. Déterminer FZ, en déduire une densité fZ, puis calculer E(Z).

  5. Expliquer pourquoi on ne peut pas obtenir la loi de Y=X2 en « dérivant la densité de X », et énoncer la méthode correcte.

Exercice 12 ★★★★Absence de mémoire de la loi exponentielle

Loi exponentielle et absence de mémoireFonction de répartition d'une variable aléatoire réelle quelconque

  1. Soit λ>0 et soit X une variable aléatoire telle que XE(λ). Démontrer que, pour tous réels s0 et t0,
P(X>s)(X>s+t)=P(X>t)
  1. Interpréter concrètement cette propriété lorsque X modélise la durée de vie d'une machine.

  2. La durée de vie, en années, d'un composant électronique est modélisée par une variable X telle que XE(18). Calculer P(X>4), puis P(X>4)(X>10). On donnera les valeurs décimales arrondies à 104 près.

  3. On remplace le modèle précédent par une variable Y telle que YU([0,20]). Calculer P(Y>4)(Y>10) et comparer à P(Y>6). Que peut-on en conclure sur la propriété de la question 1. ?

  4. On revient au modèle exponentiel de la question 3. Montrer que, conditionnellement à l'événement (X>4), la durée de vie résiduelle X4 a la même fonction de répartition qu'une variable de loi E(18). En déduire l'espérance de vie résiduelle d'un composant qui a déjà fonctionné 4 ans.

On donne les valeurs approchées suivantes : e0,50,6065, e0,750,4724 et e1,250,2865.

Exercice 13 ★★★★La fonction Gamma d'Euler et les lois gamma

Lois gamma à un paramètre et fonction Gamma d'EulerEspérance d'une variable à densité : existence, théorème de transfert, linéaritéVariance, écart-type et moments d'une variable à densité

Pour ν>0, on pose

Γ(ν)=0+tν1etdt
  1. Montrer que cette intégrale converge pour tout ν>0. On étudiera séparément le comportement au voisinage de 0 et au voisinage de +, en utilisant en + la relation tν1et=o(1t2).

  2. Calculer Γ(1). Établir ensuite, pour tout ν>0, la relation Γ(ν+1)=νΓ(ν), par une intégration par parties sur un segment [a,A] suivie d'un passage à la limite. En déduire par récurrence que Γ(n)=(n1)! pour tout entier n1.

  3. Soit ν>0. Vérifier que la fonction f définie par

f(x)=xν1exΓ(ν)  si x>0,f(x)=0  si x0

est une densité de probabilité. La loi correspondante est appelée loi gamma de paramètre ν, et notée γ(ν).

  1. Soit X une variable aléatoire telle que Xγ(ν). Montrer que X admet une espérance et une variance, et établir E(X)=ν puis V(X)=ν.

  2. Vérifier que la loi γ(1) n'est autre que la loi E(1). En déduire que si YE(λ) avec λ>0, alors λYγ(1).

Exercice 14 ★★★★Le théorème de transfert en pratique

Espérance d'une variable à densité : existence, théorème de transfert, linéaritéLoi exponentielle et absence de mémoireLoi uniforme sur un segment

  1. Soit X une variable aléatoire telle que XU([0,1]). Montrer que les espérances suivantes existent et les calculer.

    a. E(1X+1)

    b. E(eX)

    c. E(Xn) pour nN

  2. Soit λ>0 et soit X une variable aléatoire telle que XE(λ).

    a. Calculer E(X2) à l'aide d'une intégration par parties.

    b. Soit t un réel. Discuter, selon la valeur de t, l'existence de E(etX), et calculer cette espérance lorsqu'elle existe.

  3. Soit X une variable aléatoire telle que XU([0,1]). Calculer E(lnX), puis déterminer la loi de la variable lnX.

  4. Expliquer en quoi le théorème de transfert dispense de déterminer la loi de g(X), et préciser dans quelles situations on n'a pas le choix et doit malgré tout déterminer cette loi.

Exercice 15 ★★★★Contrôle de fabrication et loi normale

Loi normale, centrage-réduction et lecture de la table

Une machine produit des pièces cylindriques. Le diamètre, exprimé en millimètres, d'une pièce prise au hasard est modélisé par une variable aléatoire X telle que

XN(20;0,04)

Le second paramètre est la variance, l'écart-type vaut donc σ=0,04=0,2 mm. Une pièce est dite conforme lorsque son diamètre appartient à l'intervalle de tolérance [19,6;20,4].

On note Φ la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite N(0,1). On donne les valeurs suivantes, à lire dans la table.

u 1 1,5 2 2,5 2,58 3,09
Φ(u) 0,8413 0,9332 0,9772 0,9938 0,9951 0,9990
  1. Calculer la probabilité qu'une pièce soit conforme, puis le pourcentage de rebut.

  2. On souhaite fixer un intervalle de tolérance symétrique autour de 20, de la forme [20a;20+a], qui accepte 99% des pièces. Déterminer a.

  3. La machine se dérègle et produit désormais des pièces de diamètre XN(20,1;0,04), l'intervalle de tolérance restant [19,6;20,4]. Calculer la nouvelle proportion de rebut.

  4. On règle la machine sur une moyenne m, l'écart-type restant égal à 0,2. Déterminer les valeurs de m pour lesquelles P(X<19,6)0,001.

  5. La machine est de nouveau réglée sur N(20;0,04). On prélève une pièce au hasard parmi les pièces conformes. Quelle est la probabilité que son diamètre dépasse 20,2 mm ?

Exercice 16 ★★★★Mélange de deux fournisseurs

Espérance conditionnelle et formule de l'espérance totaleLoi exponentielle et absence de mémoireFonction de répartition d'une variable aléatoire réelle quelconque

Une entreprise s'approvisionne en composants auprès de deux fournisseurs. Une proportion de 60% des composants provient du fournisseur A, dont la durée de vie, exprimée en années, suit la loi E(14). Les 40% restants proviennent du fournisseur B, dont la durée de vie suit la loi E(16).

On prélève un composant au hasard dans le stock et l'on note X sa durée de vie, en années. On note A l'événement « le composant provient du fournisseur A » et B l'événement « le composant provient du fournisseur B ».

  1. À l'aide de la formule des probabilités totales, montrer que pour tout réel t0,
FX(t)=10,6et/40,4et/6

Préciser également FX(t) pour t<0.

  1. En déduire que X est une variable à densité et en donner une densité. Montrer que X ne suit pas une loi exponentielle.

  2. Montrer que X admet une espérance et la calculer directement à partir de la densité obtenue à la question 2.

  3. On admet, pour une variable à densité, la formule de l'espérance totale

E(X)=P(A)E(XA)+P(B)E(XB)

Vérifier qu'elle redonne bien le résultat de la question 3.

  1. Un composant prélevé au hasard a fonctionné plus de 10 ans. Quelle est la probabilité qu'il provienne du fournisseur A ? On donnera une valeur arrondie à 104 près.

  2. Commenter le résultat de la question 5. au regard de la proportion initiale de 60%.

On donne les valeurs approchées suivantes : e2,50,08208 et e5/30,18888.

Exercice 17 ★★★★Médiane d'une loi à densité

Fonction de répartition d'une variable aléatoire réelle quelconqueLoi uniforme sur un segmentLoi exponentielle et absence de mémoireVariable aléatoire à densité : définition et reconnaissance d'une densité

Soit X une variable aléatoire à densité. On appelle médiane de X tout réel m vérifiant

FX(m)=12

Dans tout l'exercice, on se place dans le cas favorable où FX est continue sur R et strictement croissante sur un intervalle I contenant le support de la loi, avec FX nulle à gauche de I et égale à 1 à droite de I.

Question préliminaire. Justifier que, sous ces hypothèses, la médiane existe et est unique.

  1. Déterminer la médiane de la loi U([a,b]), où a<b.

  2. Déterminer la médiane de la loi E(λ), où λ>0. Comparer cette médiane à l'espérance 1λ et expliquer le sens de l'inégalité obtenue.

  3. Soit X une variable de densité f(x)=3x2 sur [0,1] et f(x)=0 ailleurs. Déterminer la médiane de X et en donner une valeur approchée à 103 près.

  4. Le premier quartile q1 et le troisième quartile q3 d'une variable à densité sont définis par FX(q1)=14 et FX(q3)=34. Déterminer q1 et q3 pour la loi E(λ).

  5. La durée de vie d'un appareil, en années, est modélisée par une variable de loi exponentielle. Une étude établit que la moitié des appareils tombe en panne avant 5 ans. Déterminer le paramètre λ, puis la durée de vie moyenne. Commenter l'écart entre ces deux indicateurs.

On donne les valeurs approchées suivantes : 21/30,794, ln(2)0,6931, ln(3)1,0986 et e10,3679.

Exercice 18 ★★★★Simulation par la méthode d'inversion

Loi d'une transformée : transformation affine et méthode de la fonction de répartitionLoi uniforme sur un segmentLoi exponentielle et absence de mémoire

Soit U une variable aléatoire telle que UU(]0,1[). On cherche à fabriquer, à partir de U seule, des variables aléatoires de lois imposées. Toutes les réponses sont des formules mathématiques, aucune ne fait appel à un programme informatique.

  1. Montrer que la variable 1U suit également la loi U(]0,1[).

  2. Soit λ>0. Montrer que la variable X=lnUλ suit la loi E(λ). On soignera particulièrement le sens des inégalités.

  3. Soit F une fonction continue et strictement croissante de R dans ]0,1[, admettant donc une bijection réciproque F1 de ]0,1[ dans R. Montrer que la variable F1(U) admet F pour fonction de répartition.

  4. Soit X une variable de fonction de répartition définie par F(x)=11x2 pour x1, et F(x)=0 pour x<1. Construire, à partir de U, une variable de même loi que X.

  5. Soient a<b deux réels. Construire, à partir de U, une variable de loi U([a,b]).

Exercice 19 ★★★★Somme de deux variables uniformes indépendantes

Somme de variables indépendantes : produit de convolution et stabilitéIndépendance de deux variables aléatoires réelles, lemme des coalitionsLoi uniforme sur un segment

Les variables aléatoires X et Y sont définies sur un même espace probabilisé, indépendantes, et suivent toutes deux la loi uniforme sur [0,1] : XU([0,1]) et YU([0,1]). On pose S=X+Y.

  1. Déterminer S(Ω). Sans effectuer aucun calcul de densité, expliquer pourquoi S ne suit pas la loi uniforme sur S(Ω).

  2. À l'aide du produit de convolution, déterminer une densité fS de S. On détaillera très soigneusement la recherche du domaine d'intégration.

  3. Vérifier que la fonction obtenue est bien une densité de probabilité.

  4. Calculer E(S) et V(S) de deux façons : d'abord par les propriétés de l'espérance et de la variance, puis directement à partir de fS.

  5. Calculer P(S12) et P(S32).

Exercice 20 ★★★★Stabilité de la loi normale par somme

Somme de variables indépendantes : produit de convolution et stabilitéLoi normale, centrage-réduction et lecture de la tableIndépendance de deux variables aléatoires réelles, lemme des coalitionsCovariance et variance d'une somme dans le cas général

Les variables aléatoires X et Y sont indépendantes, avec XN(3,4) et YN(1,9).

On rappelle que Φ désigne la fonction de répartition de la loi N(0,1), et on donne les valeurs suivantes.

u 0,83 1 1,11 1,5
Φ(u) 0,7967 0,8413 0,8665 0,9332
  1. Déterminer la loi de X+Y.

  2. Déterminer la loi de 2XY, en détaillant le calcul de la variance et en indiquant précisément où intervient l'hypothèse d'indépendance. En déduire P(2XY14,5).

  3. Calculer P(X+Y5).

  4. Calculer P(X>Y) en introduisant la variable D=XY.

  5. Dans cette question, et dans cette seule question, on remplace la seconde variable par X elle-même : on pose T=X+X. Déterminer la loi de T, puis P(T10). Que donnerait la formule « la variance de la somme est la somme des variances » appliquée à T, et pourquoi est-elle en défaut ici ?

Exercice 21 ★★★★Covariance d'une variable et de son carré

Covariance et variance d'une somme dans le cas généralEspérance d'une variable à densité : existence, théorème de transfert, linéaritéLoi uniforme sur un segment

Partie A

La variable aléatoire X suit la loi U([0,1]) et on pose Y=X2.

  1. Calculer E(X), E(X2), E(X3) et E(X4).

  2. En déduire Cov(X,Y).

  3. Calculer V(X) et V(Y), puis le coefficient de corrélation linéaire ρ(X,Y). Interpréter la valeur obtenue.

  4. Calculer V(X+Y) à l'aide de la formule générale de la variance d'une somme, et contrôler le résultat par un calcul direct.

Partie B

La variable aléatoire Z suit la loi U([1,1]) et on pose W=Z2.

  1. Montrer que Cov(Z,W)=0.

  2. Montrer que Z et W ne sont pourtant pas indépendantes.

  3. Quelle conclusion générale faut-il retenir des questions 5. et 6. ? Qu'en est-il de l'implication réciproque ?

Exercice 22 ★★★★Minimum et maximum de deux durées de vie

Minimum et maximum d'un échantillon de variables indépendantesLoi exponentielle et absence de mémoireIndépendance de deux variables aléatoires réelles, lemme des coalitions

Deux composants électroniques fonctionnent côte à côte. Leurs durées de vie, exprimées en années, sont modélisées par deux variables aléatoires indépendantes X et Y, avec XE(λ) et YE(μ), où λ>0 et μ>0. On pose

M=min(X,Y)etN=max(X,Y)
  1. Montrer que pour tout réel t, P(M>t)=P(X>t)P(Y>t). En déduire la loi de M.

  2. Déterminer la fonction de répartition de N, puis une densité de N, et enfin montrer que

E(N)=1λ+1μ1λ+μ
  1. Justifier que M+N=X+Y, et vérifier la cohérence des résultats des questions 1. et 2.

  2. Application numérique : λ=13 et μ=16. Calculer E(X), E(Y), E(M) et E(N).

  3. Les deux composants sont montés dans un même appareil. Interpréter M et N selon que le montage est en série ou en parallèle.

Exercice 23 ★★★Somme de deux temps d'attente exponentiels

Somme de variables indépendantes : produit de convolution et stabilitéLoi exponentielle et absence de mémoireLois gamma à un paramètre et fonction Gamma d'Euler

Un guichet traite les clients l'un après l'autre. Le temps de traitement du premier client est modélisé par une variable XE(λ), celui du second par une variable YE(λ), avec λ>0, les deux variables étant indépendantes. Le temps total est S=X+Y.

  1. Déterminer une densité de S par le produit de convolution. On détaillera la recherche du domaine d'intégration.

  2. Vérifier que la fonction obtenue est bien une densité.

  3. Calculer E(S) et V(S) de deux façons.

  4. Montrer que λSγ(2).

  5. Établir que, pour tout t0, P(S>t)=eλt(1+λt). Comparer à P(X>t) et commenter : la variable S possède-t-elle la propriété d'absence de mémoire ?

  6. Application numérique avec λ=110, le temps étant compté en minutes : calculer P(S>20).

On donne les valeurs approchées suivantes : e10,3679 et e20,1353.

Exercice 24 ★★★Durée de vie d'un système en série

Minimum et maximum d'un échantillon de variables indépendantesLoi exponentielle et absence de mémoiren-uplets de variables aléatoires, indépendance mutuelle, échantillon

Un système est constitué de n composants, avec n2. Pour i[ ⁣[1,n] ⁣], la durée de vie du composant numéro i, comptée en heures, est une variable aléatoire XiE(λi) avec λi>0. Les variables X1,,Xn sont mutuellement indépendantes.

Le système est monté en série : il fonctionne tant que tous ses composants fonctionnent. Sa durée de vie est donc

M=min(X1,,Xn)
  1. Montrer que ME(i=1nλi).

  2. On suppose désormais que tous les composants sont identiques : λi=λ pour tout i. Donner la loi de M et E(M). Commenter l'évolution de la fiabilité du système quand n augmente.

  3. On prend λ=120000. Déterminer le nombre maximal de composants que le système peut comporter pour que P(M>1000)0,9.

  4. On monte maintenant les n composants identiques en parallèle : le système fonctionne tant qu'au moins un composant fonctionne, et sa durée de vie est N=max(X1,,Xn). Déterminer la fonction de répartition de N, puis montrer que

E(N)=1λk=1n1k
  1. Comparer chiffrément les deux montages pour n=3 et λ=120000.

On donne les valeurs approchées suivantes : ln(0,9)0,1054, e0,050,9512 et e0,150,8607.

Exercice 25 ★★★Maximum d'un échantillon uniforme

Minimum et maximum d'un échantillon de variables indépendantesLoi uniforme sur un segmentn-uplets de variables aléatoires, indépendance mutuelle, échantillonEspérance d'une variable à densité : existence, théorème de transfert, linéarité

Soit θ>0 et n un entier supérieur ou égal à 1. Les variables aléatoires X1,,Xn sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la loi U([0,θ]) : elles forment un échantillon de taille n de cette loi. On pose

Mn=max(X1,,Xn)etmn=min(X1,,Xn)
  1. Déterminer la fonction de répartition de Mn, puis une densité de Mn.

  2. Calculer E(Mn) et V(Mn).

  3. Déterminer le réel an tel que E(anMn)=θ, puis calculer V(anMn).

  4. Déterminer la fonction de répartition, une densité et l'espérance de mn.

  5. Étudier les limites de E(Mn), V(Mn) et E(mn) quand n tend vers +, et commenter.

Exercice 26 ★★★Le carré d'une variable normale centrée réduite

Loi d'une transformée : transformation affine et méthode de la fonction de répartitionLoi normale, centrage-réduction et lecture de la tableLois gamma à un paramètre et fonction Gamma d'Euler

La variable aléatoire Z suit la loi normale centrée réduite N(0,1). On note φ sa densité et Φ sa fonction de répartition, et on pose Y=Z2.

  1. Déterminer Y(Ω), puis montrer que pour tout y>0,
FY(y)=2Φ(y)1
  1. En déduire que Y est une variable à densité et qu'une densité de Y est donnée par
fY(y)=ey/22πy   sur ]0,+[,fY(y)=0   ailleurs
  1. Montrer que T=Y2 suit la loi γ(12).

  2. En écrivant que la densité de T est d'intégrale 1, retrouver la valeur Γ(12)=π.

  3. Calculer E(Y), puis E(Z4) à l'aide d'une intégration par parties, et en déduire V(Y).

Exercice 27 ★★★Moments d'une loi gamma

Lois gamma à un paramètre et fonction Gamma d'EulerEspérance d'une variable à densité : existence, théorème de transfert, linéaritéVariance, écart-type et moments d'une variable à densité

Soit ν>0. La variable aléatoire X suit la loi γ(ν), c'est-à-dire qu'une densité de X est

f(x)=xν1exΓ(ν)   sur ]0,+[,f(x)=0   ailleurs

On rappelle que Γ(a)=0+ta1etdt pour tout a>0, et que Γ(a+1)=aΓ(a).

  1. Montrer que pour tout entier k1, le moment E(Xk) existe et vaut
E(Xk)=Γ(ν+k)Γ(ν)=ν(ν+1)(ν+k1)
  1. En déduire E(X), E(X2) et V(X).

  2. Montrer que E(1X) existe si et seulement si ν>1, et qu'elle vaut alors 1ν1.

  3. Montrer que E(etX) existe si et seulement si t<1, et qu'elle vaut alors (1t)ν.

  4. Vérifier la cohérence de tous ces résultats pour ν=1.

Exercice 28 ★★★Comparer deux temps d'attente indépendants

Indépendance de deux variables aléatoires réelles, lemme des coalitionsLoi exponentielle et absence de mémoireEspérance d'une variable à densité : existence, théorème de transfert, linéarité

Deux tâches sont lancées au même instant, dans deux files séparées et sans influence l'une sur l'autre. On note X la durée de la première et Y celle de la seconde, exprimées dans la même unité de temps. On suppose que XE(λ) et YE(μ), avec λ>0 et μ>0, et que X et Y sont indépendantes.

L'objectif est de calculer la probabilité que la première tâche se termine avant la seconde.

On admet le résultat suivant, dont la justification sort du programme : si X et Y sont indépendantes et si Y admet une densité fY, alors

P(X<Y)=+FX(t)fY(t)dt

sous réserve de convergence de cette intégrale impropre. Cette formule sera utilisée telle quelle dans tout l'exercice, sans être redémontrée.

  1. Rappeler l'expression de FX(t) et celle de fY(t) pour tout réel t. En déduire que l'intégrale ci-dessus se réduit à une intégrale sur [0,+[, justifier sa convergence, puis montrer que
P(X<Y)=λλ+μ
  1. Donner sans nouveau calcul la valeur de P(Y<X). Vérifier que P(X<Y)+P(Y<X)=1 et en déduire la valeur de P(X=Y). Que vaut P(X<Y) lorsque λ=μ, et pourquoi était-ce prévisible ?

  2. On pose Z=2Y.

    a. Déterminer la loi de Z par la méthode de la fonction de répartition.

    b. Justifier que X et Z sont indépendantes.

    c. En déduire la valeur de P(X<2Y).

  3. Deux guichets traitent chacun un dossier, de façon indépendante. Le temps de traitement du premier guichet suit une loi exponentielle de durée moyenne 4 minutes, celui du second une loi exponentielle de durée moyenne 6 minutes. Calculer la probabilité que le premier guichet termine avant le second, puis la probabilité que le premier termine avant le double du temps mis par le second.

  4. On appelle taux d'une loi exponentielle le paramètre λ, qui est l'inverse de la durée moyenne. Interpréter le résultat λλ+μ à l'aide de ce vocabulaire, puis le réécrire en fonction des seules durées moyennes a=1λ et b=1μ.

Exercice 29 ★★★Moyenne d'un échantillon de variables normales

n-uplets de variables aléatoires, indépendance mutuelle, échantillonSomme de variables indépendantes : produit de convolution et stabilitéLoi normale, centrage-réduction et lecture de la tableCovariance et variance d'une somme dans le cas général

Soit n un entier naturel non nul. On considère X1,X2,,Xn des variables aléatoires mutuellement indépendantes, suivant toutes la même loi N(m,σ2), avec m réel et σ>0. Un tel n-uplet est appelé échantillon de taille n de la loi N(m,σ2).

On pose

Sn=i=1nXietMn=Snn

Les valeurs suivantes de la fonction de répartition Φ de la loi normale centrée réduite sont fournies :

Φ(1)=0,8413Φ(1,96)=0,9750Φ(2)=0,9772
  1. Démontrer par récurrence sur n que SnN(nm,nσ2). On précisera à chaque étape le résultat du cours utilisé et l'endroit exact où sert l'indépendance.

  2. Calculer E(Mn) et V(Mn). Pour chacun des deux calculs, indiquer si l'hypothèse d'indépendance est nécessaire.

  3. En déduire la loi de Mn.

  4. On prend m=100, σ=15 et n=25. Calculer P(97Mn103).

  5. On garde m=100 et σ=15, mais n est maintenant inconnu. Déterminer le plus petit entier n tel que

P(Mnm2)0,95
  1. Exprimer l'écart-type de Mn en fonction de n. Combien faut-il multiplier la taille de l'échantillon pour diviser par 2 la dispersion de Mn autour de m ? Commenter le coût pratique de cette exigence.

Exercice 30 ★★★Variance d'une somme de n variables

Covariance et variance d'une somme dans le cas généraln-uplets de variables aléatoires, indépendance mutuelle, échantillonIndépendance de deux variables aléatoires réelles, lemme des coalitions

Soit n un entier supérieur ou égal à 2, et soient X1,X2,,Xn des variables aléatoires réelles admettant toutes une variance. On note S=i=1nXi.

On utilisera librement la linéarité de l'espérance, admise par le programme dans le cas général, ainsi que la formule de König-Huygens pour la covariance.

  1. En posant Yi=XiE(Xi) pour tout i de [ ⁣[1,n] ⁣], démontrer la formule générale
V(S)=i=1nV(Xi)+21i<jnCov(Xi,Xj)
  1. Que devient cette formule lorsque les variables sont indépendantes deux à deux ? L'indépendance mutuelle est-elle nécessaire pour obtenir ce résultat ?

  2. On suppose désormais que V(Xi)=σ2 pour tout i, avec σ>0, et que Cov(Xi,Xj)=c pour tout couple (i,j) avec ij.

    a. Montrer que V(S)=nσ2+n(n1)c.

    b. En utilisant le fait qu'une variance est toujours positive, en déduire que nécessairement

cσ2n1
**c.** Exprimer le coefficient de corrélation $\rho\left(X_i, X_j\right)$ pour $i \neq j$, et retrouver la contrainte précédente sous la forme d'une minoration de ce coefficient.

4. Application numérique avec n=5 et σ2=4 : calculer V(S) pour c=1, puis pour c=1. Interpréter le second résultat.

  1. Soient X et Y deux variables admettant une variance, et a,b,c,d quatre réels.

    a. Calculer Cov(aX+b,cY+d) en fonction de Cov(X,Y).

    b. Calculer V(XY) à l'aide de la formule de la question 1.

    c. On suppose a0, c0, V(X)>0 et V(Y)>0. Montrer que

ρ(aX+b,cY+d)=ρ(X,Y)si ac>0,ρ(aX+b,cY+d)=ρ(X,Y)si ac<0

Exercice 31 ★★★Un paramètre choisi au hasard

Espérance conditionnelle et formule de l'espérance totaleLoi exponentielle et absence de mémoireFonction de répartition d'une variable aléatoire réelle quelconqueVariable aléatoire à densité : définition et reconnaissance d'une densité

Une usine fabrique des pièces à l'aide de trois machines. La machine 1 produit 20% des pièces, la machine 2 en produit 30% et la machine 3 en produit 50%. La durée de vie, exprimée en années, d'une pièce issue de la machine i suit la loi E(λi), avec

λ1=1,λ2=2,λ3=4

On prélève une pièce au hasard dans la production et on note X sa durée de vie. Pour i dans [ ⁣[1,3] ⁣], on note Mi l'événement « la pièce provient de la machine i ». Les événements M1, M2, M3 forment un système complet d'événements de probabilités non nulles.

  1. À l'aide de la formule des probabilités totales appliquée à l'événement (Xt), montrer que pour tout réel t0,
FX(t)=1(0,2et+0,3e2t+0,5e4t)
et préciser la valeur de $F_X(t)$ pour $t < 0$.

2. Justifier que X est une variable à densité et déterminer une densité fX de X. Vérifier que +fX(t)dt=1.

  1. Montrer que E(X) existe et la calculer par intégration directe. On rappelle que pour a>0, l'intégrale 0+teatdt converge et vaut 1a2.

  2. Montrer que E(X2) existe et la calculer, puis en déduire V(X) et σ(X). On rappelle que pour a>0, l'intégrale 0+t2eatdt converge et vaut 2a3.

  3. Une pièce prélevée au hasard a duré plus d'un an. Quelle est la probabilité qu'elle provienne de la machine 1 ? On donnera les trois probabilités conditionnelles P(X>1)(Mi) à trois décimales.

  4. Calculer E(XMi) pour chaque machine, puis vérifier la formule de l'espérance totale. Comparer E(X) à la moyenne arithmétique des trois espérances conditionnelles et commenter.

On donne les valeurs approchées suivantes : e10,367879, e20,135335, e40,018316 et 0,3868750,622.

Exercice 32 ★★★★Caractérisation de la loi exponentielle par l'absence de mémoire

Loi exponentielle et absence de mémoireFonction de répartition d'une variable aléatoire réelle quelconque

Le cours établit qu'une variable de loi exponentielle est sans vieillissement. Cet exercice démontre la réciproque : c'est la seule loi à densité qui possède cette propriété.

Soit X une variable aléatoire à densité, à valeurs strictement positives, telle que

P(X>t)>0pour tout reˊel t0

et vérifiant la propriété d'absence de mémoire : pour tous réels s0 et t0,

P(X>s)(X>s+t)=P(X>t)

On pose, pour tout réel t0, G(t)=P(X>t).

  1. Premières propriétés de G.

    a. Exprimer G à l'aide de FX, puis justifier que G est continue sur [0,+[, décroissante, que G(0)=1 et que limt+G(t)=0.

    b. Montrer que l'inclusion (X>s+t)(X>s) est vraie pour s0 et t0, puis en déduire l'équation fonctionnelle

G(s+t)=G(s)G(t)
  1. Résolution sur les rationnels.

    a. Montrer par récurrence que pour tout entier naturel n, G(n)=G(1)n.

    b. Soit q un entier naturel non nul. Montrer, par une récurrence analogue, que G(kq)=G(1q)k pour tout entier naturel k. En prenant k=q, en déduire que G(1q)=G(1)1/q.

    c. En déduire que G(r)=G(1)r pour tout rationnel positif r.

  2. Passage aux réels.

    a. Justifier que 0<G(1)<1.

    b. On admet que tout réel positif est limite d'une suite de rationnels positifs (densité de Q dans R). En utilisant la continuité de G et celle de la fonction xG(1)x, montrer que

G(t)=G(1)tpour tout reˊel t0
  1. Conclusion. On pose λ=ln(G(1)). Justifier que λ>0, puis déterminer FX(t) pour tout réel t et conclure que XE(λ).

  2. Énoncer en une phrase le théorème que l'on vient de démontrer, en le rapprochant du résultat du cours sur la loi exponentielle.

Exercice 33 ★★★★Espérance par l'intégrale de la queue

Espérance d'une variable à densité : existence, théorème de transfert, linéaritéFonction de répartition d'une variable aléatoire réelle quelconqueLoi exponentielle et absence de mémoireLoi uniforme sur un segment

Soit X une variable aléatoire à densité, à valeurs positives, de densité f et de fonction de répartition FX. On suppose donc f(t)=0 et FX(t)=0 pour tout t<0.

L'objectif est d'établir une formule qui donne E(X) à partir de la seule fonction de répartition, sans jamais dériver ni utiliser la densité.

  1. Soit A>0. À l'aide d'une intégration par parties dans laquelle on choisit t(1FX(t)) comme primitive de f, montrer que
0Atf(t)dt=A(1FX(A))+0A(1FX(t))dt
  1. Dans cette question, on suppose que E(X) existe. On admet que si E(X) existe, alors A(1FX(A)) tend vers 0 quand A tend vers +. En déduire que l'intégrale 0+(1FX(t))dt converge et que
E(X)=0+(1FX(t))dt
  1. Retrouver par cette formule l'espérance de la loi E(λ) et celle de la loi U([0,a]) avec a>0.

  2. Soient U1,,Un des variables mutuellement indépendantes, de même loi U([0,1]), et Mn=max(U1,,Un).

    a. Déterminer FMn.

    b. Calculer E(Mn) par la formule de la question 2.

    c. Refaire le calcul par la densité de Mn et comparer la longueur des deux méthodes.

  3. Soient Y1,,Yn mutuellement indépendantes, de même loi E(λ), et mn=min(Y1,,Yn). Calculer P(mn>t) pour t0, puis E(mn) par la formule de la question 2.

  4. On considère enfin la fonction g définie par g(t)=1t2 pour t1 et g(t)=0 pour t<1.

    a. Vérifier que g est une densité de probabilité. On note Z une variable admettant g pour densité ; elle est bien à valeurs positives.

    b. Montrer que E(Z) n'existe pas.

    c. Déterminer 1FZ(t) pour tout t0, montrer que l'intégrale 0+(1FZ(t))dt diverge, et vérifier que l'hypothèse admise à la question 2. est ici en défaut.

Exercice 34 ★★★★Temps d'attente successifs et loi gamma

Somme de variables indépendantes : produit de convolution et stabilitéLois gamma à un paramètre et fonction Gamma d'EulerLoi exponentielle et absence de mémoiren-uplets de variables aléatoires, indépendance mutuelle, échantillon

Une installation industrielle tombe en panne de façon répétée. On note T1 le temps écoulé entre la mise en service et la première panne, et plus généralement, pour k2, on note Tk le temps écoulé entre la (k1)-ième et la k-ième panne. On suppose que les variables T1,T2, sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la loi E(λ), avec λ>0.

Pour tout entier n1, l'instant de la n-ième panne est

Sn=T1+T2++Tn

On rappelle que la loi γ(ν), avec ν>0, admet pour densité la fonction nulle sur ],0] et égale à xν1exΓ(ν) sur ]0,+[, que son espérance et sa variance valent toutes deux ν, et que Γ(n)=(n1)! pour tout entier n1.

  1. Déterminer une densité de S2 par le produit de convolution. On rappelle que la légitimité de ce produit n'est pas à démontrer.

  2. Montrer par récurrence que, pour tout entier n1, une densité de Sn est donnée par

fn(t)=λntn1eλt(n1)!sur ]0,+[,fn(t)=0sur ],0]
On précisera où intervient le lemme des coalitions.

3. En déduire que λSnγ(n), puis retrouver E(Sn) et V(Sn). On contrôlera ces deux valeurs par un calcul direct sur la somme.

  1. Montrer, pour tout réel t0 et tout entier n1,
P(Sn>t)=eλtk=0n1(λt)kk!
On pourra raisonner par récurrence sur $n$, en utilisant une intégration par parties dans l'hérédité.

5. Interpréter concrètement cette formule en termes de nombre de pannes survenues avant l'instant t, et reconnaître une loi discrète usuelle.

  1. Application numérique : l'installation subit en moyenne une panne toutes les 100 heures, soit λ=1100 panne par heure. Calculer P(S3>200) à trois décimales, et commenter le résultat.

On donne la valeur approchée e20,135335.

Exercice 35 ★★★★Une famille de densités à paramètre

Variable aléatoire à densité : définition et reconnaissance d'une densitéEspérance d'une variable à densité : existence, théorème de transfert, linéaritéVariance, écart-type et moments d'une variable à densitéLoi d'une transformée : transformation affine et méthode de la fonction de répartition

Pour tout réel a>0, on définit la fonction fa sur R par

fa(x)=axa+1si x1,fa(x)=0si x<1
  1. Montrer que fa est une densité de probabilité, pour toute valeur de a>0. Dans toute la suite, X désigne une variable aléatoire admettant fa pour densité.

  2. Déterminer la fonction de répartition Fa de X sur R.

  3. Montrer que E(X) existe si et seulement si a>1, et qu'alors

E(X)=aa1
  1. Montrer que V(X) existe si et seulement si a>2, et qu'alors
V(X)=a(a1)2(a2)
  1. On pose Y=ln(X).

    a. Déterminer la loi de Y par la méthode de la fonction de répartition.

    b. En déduire une méthode permettant de simuler X à partir d'une variable UU([0,1]). On rédigera la réponse en français et en mathématiques, sans écrire de programme.

  2. Soit b>0. Déterminer la loi de Z=Xb et reconnaître une loi de la même famille.

  3. On prend a=3. Calculer E(X), V(X), σ(X), la médiane de X (le réel μ tel que F3(μ)=0,5) et P(X>2). Comparer la médiane et l'espérance, et commenter.

On donne les valeurs approchées suivantes : 21/31,260 et 31,7321.

Exercice 36 ★★★★Synthèse : fiabilité d'un parc de machines

Minimum et maximum d'un échantillon de variables indépendantesLoi exponentielle et absence de mémoireSomme de variables indépendantes : produit de convolution et stabilitén-uplets de variables aléatoires, indépendance mutuelle, échantillonEspérance conditionnelle et formule de l'espérance totale

Un atelier exploite des machines dont la durée de vie, exprimée en heures de fonctionnement, suit une loi exponentielle. Les quatre parties sont largement indépendantes les unes des autres.

On donne e10,367879, e1,50,223130, e20,135335, e30,049787, e40,018316, e50,006738 et e8/70,318907.

Partie A. Une machine isolée.

La durée de vie X d'une machine suit la loi E(λ) avec λ=12000.

  1. Donner E(X) et σ(X), et commenter le fait que ces deux nombres soient égaux.

  2. Calculer P(X>3000) à trois décimales.

  3. Une machine fonctionne déjà depuis 1000 heures. Calculer la probabilité qu'elle fonctionne encore 3000 heures de plus, c'est-à-dire P(X>1000)(X>4000). Quelle propriété de la loi exponentielle ce résultat illustre-t-il, et quelle conséquence pratique cela a-t-il sur la politique de remplacement préventif de l'atelier ?

Partie B. Un parc de cinq machines.

L'atelier fait fonctionner simultanément 5 machines, dont les durées de vie X1,,X5 sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la loi E(λ) avec λ=12000. On pose

m=min(X1,,X5)etM=max(X1,,X5)
  1. Déterminer la loi de m, instant de la première panne du parc, ainsi que E(m).

  2. Déterminer la fonction de répartition de M, instant de la dernière panne du parc, puis une densité de M.

  3. Soit N le nombre de machines, parmi les cinq, dont la durée de vie dépasse 2000 heures. Déterminer la loi de N, puis calculer P(N3) à trois décimales.

Partie C. Remplacements successifs.

Un unique poste de travail est équipé d'une machine. Dès qu'elle tombe en panne, elle est immédiatement remplacée par une machine neuve identique. Les durées de vie successives T1, T2, T3 sont mutuellement indépendantes de loi E(λ) avec λ=12000, et l'on note S3=T1+T2+T3 l'instant de la troisième panne.

L'énoncé fournit, pour des variables T1,,Tn mutuellement indépendantes de loi E(λ) et Sn=T1++Tn, la formule

P(Sn>t)=eλtk=0n1(λt)kk!(t0)
  1. Déterminer une densité de S2 par le produit de convolution, puis admettre ou retrouver que S3 a pour densité tλ3t2eλt2 sur ]0,+[.

  2. Calculer E(S3) et V(S3).

  3. Calculer P(S3>6000) à trois décimales, et comparer ce résultat à E(S3).

Partie D. Deux types de machines et coût.

Le parc contient en réalité deux types de machines : 70% sont de type α, de durée de vie E(12000), et 30% sont de type β, de durée de vie E(13500). On tire une machine au hasard dans le parc et on note D sa durée de vie, A l'événement « la machine est de type α » et B l'événement « la machine est de type β ».

On rappelle la formule de l'espérance totale : pour un système complet d'événements de probabilités non nulles (A,B),

E(D)=P(A)E(DA)+P(B)E(DB)
  1. Calculer la durée de vie moyenne d'une machine tirée au hasard dans le parc.

  2. Une machine tirée au hasard a dépassé 4000 heures de fonctionnement. Calculer la probabilité qu'elle soit de type β, à trois décimales, et commenter l'écart avec la proportion initiale de 30%.

Bloqué sur « Compléments de probabilités : couples et n-uplets de variables aléatoires réelles » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.