ECG approfondies · Chapitre 08 · Second semestre

Exercices — Compléments d'analyse

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Suites négligeables et croissances comparées

Suites négligeables : notation o et croissances comparées

Définition. Soient (un) et (vn) deux suites réelles, la suite (vn) ne s'annulant pas à partir d'un certain rang. On dit que (un) est négligeable devant (vn), et on note un=o(vn), lorsque

limn+unvn=0

Théorème des croissances comparées. Toutes les limites étant prises quand n tend vers + :

  • pour tous α>0 et β>0 : (lnn)αnβ0, autrement dit (lnn)α=o ⁣(nβ) ;
  • pour tous β>0 et q>1 : nβqn0, autrement dit nβ=o ⁣(qn) ;
  • pour tout a>0 : ann!0, autrement dit an=o(n!) ;
  • enfin n!nn0, autrement dit n!=o ⁣(nn).

1. Pour chacun des couples suivants, montrer que un=o(vn) en revenant à la définition, c'est-à-dire en calculant unvn puis sa limite. On précisera à chaque fois quel point du théorème est utilisé.

a. un=n2 et vn=n3

b. un=n10 et vn=2n

c. un=(lnn)3 et vn=n

d. un=5n et vn=n!

e. un=n! et vn=nn

f. un=1n2 et vn=1n

2. Ranger les neuf suites suivantes de la plus lente à la plus rapide, c'est-à-dire écrire une chaîne an=o(bn), bn=o(cn), et ainsi de suite, en justifiant chaque maillon.

a. n

b. n!

c. (lnn)5

d. n3

e. 2n

f. nlnn

g. nn

h. lnn

i. 3n

3. Déterminer la limite de chacune des suites suivantes.

a. n5en

b. n2+3n4n

c. 2nn2

d. ln ⁣(n3)n

e. n!+n10n!

f. (lnn)10n3

4. Traduire chacun des énoncés suivants dans l'autre langage : une limite s'écrit avec la notation o, une négligeabilité s'écrit comme une limite.

a. n2en0

b. 1n0

c. (lnn)4=o(n)

d. n3=o ⁣(n4)

5. Vrai ou faux ? Justifier par une démonstration si l'énoncé est vrai, par un contre-exemple explicite s'il est faux.

a. Si un=o(vn), alors un0.

b. Si un0, alors un=o(1).

c. Si un0 et vn0, alors un=o(vn).

d. Si un=o(vn) et si la suite (vn) est bornée, alors un0.

e. Si un=o(vn) et vn=o(wn), alors un=o(wn).

f. Si un=o(wn) et vn=o(wn), alors un+vn=o(wn).

6. On pose, pour tout n1, un=3n2+nlnn+5.

a. Montrer que nlnn+5=o ⁣(n2).

b. En déduire la limite de unn2, puis la limite de unn3.

Exercice 2 ★★★★Premiers équivalents de suites et calculs de limites

Suites équivalentes : notation ~, opérations autorisées et interdites

Définition. Soient (un) et (vn) deux suites réelles, la suite (vn) ne s'annulant pas à partir d'un certain rang. On dit que (un) et (vn) sont équivalentes, et on note unvn, lorsque

limn+unvn=1

Équivalents usuels. Si (un) tend vers 0 et ne s'annule pas à partir d'un certain rang, alors

ln(1+un)un

eun1un

sin(un)un

1cos(un)un22

(1+un)α1αun(α0)

11un1un

Opérations. L'équivalence est compatible avec le produit, le quotient et les puissances, mais pas avec la somme, ni avec la composition par ln ou par exp.

1. Donner un équivalent simple, quand n tend vers +, de chacune des suites suivantes.

a. 3n25n+7

b. 2n3+n5n3n2+1

c. n2+lnnn+1

d. n2+n

e. n+1n

f. 2n+n5

2. Donner un équivalent simple de chacune des suites suivantes, en précisant à chaque fois quel équivalent usuel est utilisé et pourquoi il s'applique.

a. ln ⁣(1+3n)

b. e1/n21

c. sin ⁣(2n)

d. 1cos ⁣(1n)

e. 1+1n1

f. ln ⁣(n+2n)

3. En déduire la limite de chacune des suites suivantes.

a. nln ⁣(1+3n)

b. n2(e1/n21)

c. n2(1cos ⁣(1n))

d. ln ⁣(1+1n)sin ⁣(1n)

e. n(1+1n1)

f. n(n+1n)

4. On veut comprendre pourquoi certaines opérations sont permises et d'autres non.

a. Soient unan et vnbn. Démontrer que unvnanbn, puis que unvnanbn lorsque les quotients ont un sens.

b. Soit p un entier naturel non nul. Démontrer que unan entraîne unpanp.

c. Vérifier sur l'exemple un=n2+n, an=n2, vn=n2, bn=n2 que l'on ne peut pas additionner deux équivalences.

d. Vérifier sur l'exemple un=n+lnn et an=n que l'on ne peut pas composer une équivalence par l'exponentielle.

5. Vrai ou faux ? Justifier par une démonstration si l'énoncé est vrai, par un contre-exemple explicite s'il est faux.

a. Si unvn, alors unvn0.

b. Si unvn et si vn avec réel, alors un.

c. Si un0, on peut écrire un0.

d. On a unvn si et seulement si unvn=o(vn).

e. Si unvn, alors un3vn3.

f. Si unvn, alors ln(un)ln(vn).

6. Déterminer, en détaillant les équivalents utilisés, la limite de la suite de terme général

wn=n2ln ⁣(1+1n)sin ⁣(1n)

Exercice 3 ★★★Équivalents de fonctions en 0 et en l'infini

Comparaison des fonctions au voisinage d'un point ou de l'infini : o et équivalents

Définition. Soient f et g deux fonctions définies au voisinage d'un point a (éventuellement a=+ ou a=), la fonction g ne s'annulant pas sur un voisinage de a sauf peut-être en a. On dit que f et g sont équivalentes en a, et on note f(x)ag(x), lorsque

limxaf(x)g(x)=1

Comme pour les suites, l'équivalence est compatible avec le produit, le quotient et les puissances, mais pas avec la somme, ni avec la composition par ln ou par exp.

Équivalents usuels en 0. Ces équivalents restent valables lorsqu'on y remplace x par n'importe quelle quantité tendant vers 0.

sinx0x

1cosx0x22

ln(1+x)0x

ex10x

(1+x)α10αx(α0)

Croissances comparées pour les fonctions. Pour tous réels p>0 et q>0 :

limx+(lnx)qxp=0,limx+xpeqx=0,limx0+xplnxq=0,limxxpeqx=0

Partie A. Au voisinage de 0.

1. Donner un équivalent simple en 0 de chacune des fonctions suivantes, en précisant l'équivalent usuel utilisé.

a. sin(3x)

b. ln ⁣(1+x2)

c. e2x1

d. 1cos(2x)

e. 1+x1

f. x2+3x

2. En déduire les limites suivantes.

a. limx0sin(3x)x

b. limx01cos(2x)x2

c. limx0ln ⁣(1+x2)xsinx

d. limx0e2x1sin(5x)

e. limx0x2+3xx2x

f. limx01cosxxsinx

3. On revient sur les deux équivalents trigonométriques du catalogue.

a. Démontrer que sinx0x en reconnaissant un taux d'accroissement.

b. En utilisant l'identité cos2x+sin2x=1, montrer que pour tout x tel que cosx1,

1cosx=sin2x1+cosx

puis en déduire que 1cosx0x22.

c. En déduire limx01cosxx, puis limx0sinxx1.

Partie B. Au voisinage de +.

4. Donner un équivalent simple en + de chacune des fonctions suivantes.

a. 3x25x+1

b. 2x3+xx2+1

c. x2+x

d. ex+x100

e. ln ⁣(x2+x)

5. Déterminer les limites suivantes en invoquant précisément la croissance comparée utilisée.

a. limx+x3e2x

b. limx+(lnx)4x

c. limx0+xlnx

d. limx0+x(lnx)2

e. limx+x2ex

f. limxx3ex

g. limx+exx10

h. limx0+x2lnx

6. Déterminer les limites suivantes, en ramenant chaque expression à un équivalent usuel en 0.

a. limx+xln ⁣(1+1x)

b. limx+x(e1/x1)

c. limx+x2(1cos ⁣(1x))

Exercice 4 ★★★★Nature d'une série : divergence grossière et séries de Riemann

Séries numériques : sommes partielles, convergence, somme et resteSéries usuelles : Riemann, géométrique et ses deux premières dérivées, exponentielle

Vocabulaire. Étant donnée une suite réelle (un)nn0, on appelle somme partielle de rang n le nombre

Sn=k=n0nuk

La série un converge lorsque la suite (Sn) converge ; sa limite est alors appelée somme de la série et notée n=n0+un. Dans ce cas, le reste de rang n est le nombre

Rn=SSn=k=n+1+uk

Théorème (divergence grossière). Si la série un converge, alors un0. Par contraposée : si (un) ne tend pas vers 0, alors la série un diverge. On dit qu'elle diverge grossièrement.

Séries usuelles. Les séries de Riemann n11nα convergent si et seulement si α>1. Les séries géométriques qn convergent si et seulement si q<1, ainsi que leur série dérivée n1nqn1, de somme 1(1q)2. Enfin, si un converge, alors un converge : c'est la convergence absolue.

Partie A. Le test de divergence grossière.

1. Pour chacune des suites suivantes, déterminer limn+un lorsqu'elle existe.

a. un=nn+1

b. un=1n2

c. un=(1)n

d. un=n2+12n2+n

e. un=(32)n

f. un=1n

g. un=n2n

h. un=ln ⁣(1+1n)

i. un=(1)nn

j. un=n!2n

k. un=cos ⁣(1n)

l. un=(1)nn2

2. En déduire la liste des séries un de la question précédente qui divergent grossièrement.

Partie B. Reconnaître une série usuelle.

3. Pour chacune des séries restantes de la question 1, dire si la reconnaissance d'une série usuelle permet de conclure immédiatement, et conclure lorsque c'est le cas. On laissera de côté les cas h et i, traités séparément.

4. On s'intéresse aux deux séries de signe alterné.

a. Étudier la nature de n1(1)nn2.

b. Expliquer pourquoi la même méthode échoue pour n1(1)nn.

Partie C. Le contre-exemple fondamental.

5. Un élève écrit : « 1n tend vers 0, donc la série n11n converge. » Repérer l'erreur de logique.

6. On note Hn=k=1n1k la n-ième somme partielle de la série harmonique. On admet que la fonction t1t est continue sur ]0,+[ et que, pour tous réels a et b tels que 0<a<b,

abdtt=lnblna

a. Montrer que pour tout entier k1, kk+1dtt1k.

b. En sommant cette inégalité, montrer que Hnln(n+1) pour tout n1.

c. En déduire la nature de la série harmonique. Que conclure sur la réciproque du théorème de divergence grossière ?

7. On considère la série n1ln ⁣(1+1n), dont le terme général tend vers 0 d'après la question 1. h.

a. Montrer que pour tout k1, ln ⁣(1+1k)=ln(k+1)ln(k).

b. En déduire une expression simple de la somme partielle Tn=k=1nln ⁣(1+1k), puis la nature de la série.

Partie D. Somme partielle, somme et reste.

8. On considère la série géométrique n0(13)n.

a. Calculer la somme partielle Sn=k=0n(13)k, puis en déduire la nature de la série et sa somme S.

b. Exprimer le reste Rn=SSn en fonction de n, et retrouver ce résultat en calculant directement k=n+1+(13)k.

c. Déterminer le plus petit entier n tel que Rn103.

Exercice 5 ★★★Sommes de séries géométriques et de la série exponentielle

Séries usuelles : Riemann, géométrique et ses deux premières dérivées, exponentielle

Séries géométriques et leurs deux premières dérivées. Pour tout réel q tel que q<1, les trois séries suivantes convergent et

n=0+qn=11q,n=1+nqn1=1(1q)2,n=2+n(n1)qn2=2(1q)3

Série exponentielle. Pour tout réel x, la série k0xkk! converge et

k=0+xkk!=ex

Dans tout l'exercice, on justifiera la convergence avant de calculer une somme, et l'on donnera à la fin de chaque calcul une valeur numérique approchée à 103 près quand la réponse fait intervenir e.

Partie A. Séries géométriques.

1. Calculer les sommes suivantes.

a. n=0+(12)n

b. n=1+(12)n

c. n=3+(13)n

d. n=0+(23)n

e. n=1+2n5n+1

f. n=0+3n+2n4n

2. Soient q un réel tel que q<1 et n0 un entier naturel. Démontrer, par un changement d'indice, que

n=n0+qn=qn01q

puis retrouver le résultat de la question 1. c.

3. Calculer les sommes suivantes.

a. n=1+n(12)n1

b. n=1+n(12)n

c. n=2+n(n1)(13)n2

d. n=2+n(n1)(13)n

4. En écrivant n2=n(n1)+n, calculer n=0+n2(13)n.

Partie B. Série exponentielle.

5. Calculer les sommes suivantes.

a. k=0+1k!

b. k=0+2kk!

c. k=1+1k!

d. k=0+(1)kk!

e. k=2+3kk!

f. k=0+2k+1k!

6. Montrer que pour tout entier k1, kk!=1(k1)!, puis calculer k=1+kk!.

7. En écrivant k2=k(k1)+k, calculer k=0+k2k!.

8. Calculer k=1+k2kk!.

9. Calculer n=0+(12n+1n!) en justifiant soigneusement l'emploi de la linéarité.

Exercice 6 ★★★Convergence d'une intégrale impropre par calcul de primitive

Intégrale sur un intervalle quelconque : convergence et calcul par une primitive

Définition. Soit f une fonction continue sur [a,b[, où b est un réel ou +. On dit que l'intégrale abf(t)dt converge lorsque la fonction

XaXf(t)dt

admet une limite finie quand X tend vers b par valeurs inférieures. Cette limite est alors la valeur de l'intégrale. On procède symétriquement lorsque c'est la borne de gauche qui pose problème, en faisant tendre ε vers a par valeurs supérieures.

Méthode. Pour chaque intégrale, on suivra toujours les quatre mêmes étapes : repérer la ou les bornes impropres, écrire l'intégrale sur un segment, calculer une primitive, puis passer à la limite et conclure.

On étudie dans cet exercice les sept intégrales suivantes.

I1=1+dtt3

I2=0+e3tdt

I3=01dtt

I4=0+t(1+t2)2dt

I5=2+dtt(lnt)2

I6=1+dtt

I7=01lntdt

1. Pour chacune de ces sept intégrales, préciser l'intervalle sur lequel la fonction intégrée est continue, et indiquer quelle borne rend l'intégrale impropre.

2. Étudier la convergence de I1 et, en cas de convergence, donner sa valeur.

3. Même question pour I2.

4. Même question pour I3.

5. Même question pour I4. On pourra reconnaître une expression de la forme u(t)u(t)2, à une constante multiplicative près.

6. Même question pour I5, en utilisant la même remarque.

7. Même question pour I6. Commenter en comparant avec I1.

8. Même question pour I7. On effectuera une intégration par parties sur le segment [ε,1], avec ε]0,1[, avant de faire tendre ε vers 0.

9. Un élève rédige le calcul de I7 ainsi : « 01lntdt=[tlntt]01=(01)(00)=1. » Le résultat est juste. Expliquer néanmoins pourquoi cette rédaction n'est pas recevable.

Exercice 7 ★★★★Les intégrales de référence : reconnaître et conclure

Intégrales de référence : Riemann en l'infini, Riemann en un point, exponentielleCritères de convergence : comparaison, équivalence, négligeabilité, convergence absolue

Partie A. Les trois familles de référence.

1. Énoncer précisément la condition de convergence de chacune des trois familles d'intégrales de référence : les intégrales de Riemann en +, les intégrales de Riemann en un point, et les intégrales de l'exponentielle. Démontrer la première en calculant une primitive, en distinguant les cas α=1 et α1.

2. Déterminer la nature de chacune des intégrales suivantes par simple reconnaissance d'une intégrale de référence. On précisera à chaque fois la famille et la valeur du paramètre.

a. 1+dtt3/2

b. 01dtt2

c. 3+et/2dt

d. 12dt(t1)1/3

e. 1+dtt

f. 01dtt3

g. 2+dtt

h. 0+etdt

i. 1+dtt0,99

j. 1+dtt1,01

k. 02dt(2t)2

Partie B. Une intégrale impropre aux deux bornes.

3. On considère J=0+dtt3/2.

a. Justifier que cette intégrale est impropre aux deux bornes, et rappeler la convention qui permet de lui donner un sens.

b. Étudier séparément 01dtt3/2 et 1+dtt3/2, puis conclure sur la nature de J.

4. Montrer que, quel que soit le réel α, l'intégrale 0+dttα diverge.

Partie C. Les critères de comparaison.

5. Rappeler les trois critères de comparaison pour les intégrales de fonctions positives, ainsi que le théorème de convergence absolue.

6. Déterminer la nature de chacune des intégrales suivantes en utilisant un critère de comparaison. On justifiera à chaque fois la positivité (ou l'on précisera que l'on raisonne en valeur absolue).

a. 1+dtt2+t

b. 1+dtt3+1

c. 1+2+sintt2dt

d. 1+lntt2dt

e. 1+et2dt

f. 2+dtlnt

g. 01dtt+t

h. 1+sintt2dt

7. Étudier la nature de K=0+ettdt, qui est impropre aux deux bornes.

8. Vrai ou faux ? Justifier.

a. Les intégrales 01dtt et 1+dtt ont la même nature.

b. Si f est continue et positive sur [1,+[ et si f(t)0 quand t+, alors 1+f(t)dt converge.

c. Si 1+f(t)dt converge et si 0gf sur [1,+[ avec g continue, alors 1+g(t)dt converge.

d. L'intégrale 1+dtt1,0001 converge.

Exercice 8 ★★★★Dérivées successives, classes de régularité et formule de Leibniz

Dérivées successives, classes de régularité et formule de Leibniz

Vocabulaire. Soit f une fonction définie sur un intervalle I. On note f(0)=f, et pour n1, f(n)=(f(n1)) lorsque cette dérivée existe. La fonction f est dite de classe Cp sur I lorsque f(p) existe et est continue sur I, et de classe C lorsqu'elle est de classe Cp pour tout entier p.

Formule de Leibniz. Si u et v sont de classe Cn sur I, alors leur produit uv l'est aussi et

(uv)(n)=k=0n(nk)u(k)v(nk)

Partie A. Quatre dérivées n-ièmes de référence.

1. Soit a un réel et f:xeax, définie sur R. Calculer f, f et f, conjecturer une expression de f(n), puis la démontrer par récurrence.

2. Soit g:x11x, définie sur I=],1[. Calculer g et g, conjecturer une expression de g(n), puis la démontrer par récurrence.

3. Soit h:xln(1+x), définie sur J=]1,+[. Calculer h, h et h, puis démontrer que pour tout n1,

h(n)(x)=(1)n1(n1)!(1+x)n

4. Soit m un entier naturel et p:xxm.

a. Déterminer p(n) pour nm, puis pour n>m.

b. En déduire que si P est une fonction polynomiale de degré inférieur ou égal à n, alors P(n+1) est la fonction nulle.

5. Justifier que les fonctions f, g et h des questions 1, 2 et 3 sont de classe C sur leur intervalle de définition.

Partie B. La formule de Leibniz.

6. Dans la formule de Leibniz appliquée à un produit uv, expliquer pourquoi il est judicieux de choisir pour u le facteur dont les dérivées successives finissent par s'annuler.

7. Soit F:xx2ex, définie sur R.

a. Montrer, à l'aide de la formule de Leibniz, que pour tout n0,

F(n)(x)=(x2+2nx+n(n1))ex

b. Vérifier cette formule pour n=0, n=1 et n=2 par un calcul direct.

c. En déduire F(5) et la valeur de F(n)(0) pour tout n0.

8. Soit G:x(x2+1)ln(1+x), définie sur J=]1,+[. Calculer G(n)(x) pour tout entier n3, et montrer que le résultat se met sous la forme

G(n)(x)=2(1)n1(n3)!(x2+nx+(n1)2)(1+x)n

9. Soit H:x(2x+1)ex, définie sur R. Calculer H(n)(x) pour tout n0, et vérifier le résultat pour n=1 et n=2.

Exercice 9 ★★★Développements limités usuels : somme et produit

Développements limités en 0 : Taylor-Young, DL usuels, unicité, somme et produit

Dans tout l'exercice, les développements limités sont pris au voisinage de 0.

Rappel. Une fonction f admet un développement limité à l'ordre n en 0 lorsqu'il existe des réels a0,a1,,an tels que

f(x)=a0+a1x+a2x2++anxn+o ⁣(xn)

Ces coefficients sont uniques. Si f est de classe Cn au voisinage de 0, la formule de Taylor-Young donne ak=f(k)(0)k!.

Les seules opérations utilisées dans cet exercice sont la somme et le produit de développements limités.

Partie A. Le catalogue.

1. Écrire les développements limités usuels en 0 à l'ordre 4 des fonctions xex, xln(1+x), x11x, x11+x, xsinx et xcosx, ainsi que celui de x(1+x)α à l'ordre 3. En déduire le développement limité de x1+x à l'ordre 3.

Partie B. Sommes.

2. Déterminer les développements limités suivants.

a. xex+sinx à l'ordre 4.

b. cosx+11x à l'ordre 4.

c. ex1x à l'ordre 3, puis en déduire limx0ex1xx2.

Partie C. Produits.

3. Déterminer les développements limités suivants.

a. exln(1+x) à l'ordre 4.

b. 1+xcosx à l'ordre 3.

c. 11x×11+x à l'ordre 4, en effectuant le produit des deux développements usuels.

d. excosx à l'ordre 3.

e. sinxln(1+x) à l'ordre 4.

4. On admet le développement limité   ln ⁣(1+x2)=x2x42+o ⁣(x4). En déduire, par un produit, le développement limité de xexln ⁣(1+x2) à l'ordre 4. À quel ordre suffit-il de connaître le développement de ex pour ce calcul ? Justifier.

Partie D. Ce que le développement limité fait lire.

5. Soit f une fonction admettant en 0 le développement limité f(x)=a0+a1x+o(x).

a. Que valent f(0) et f(0) ? Quelle est l'équation de la tangente à la courbe de f au point d'abscisse 0 ?

b. Appliquer ce résultat à f:xexln(1+x) et à g:x1+xcosx.

6. À l'aide de la formule de Taylor-Young, déterminer f(0) et f(0) pour la fonction f:xexln(1+x), puis g(0) pour g:x1+xcosx. Vérifier la valeur de g(0) par un calcul direct de dérivées.

7. Déterminer limx0exln(1+x)xx2.

Exercice 10 ★★★★Lever des formes indéterminées avec les équivalents

Suites équivalentes : notation ~, opérations autorisées et interditesSuites négligeables : notation o et croissances comparées

On utilisera librement les résultats suivants du cours.

Ce qui est permis. Si unvn et wntn, alors unwnvntn et unwnvntn (sous réserve que les quotients aient un sens). Si de plus les termes sont strictement positifs et si α est un réel fixe, alors unαvnα. Enfin, deux suites équivalentes ont la même limite, finie ou infinie.

Ce qui est interdit. On n'ajoute pas, on ne soustrait pas des équivalents, et on ne compose pas un équivalent par exp, par ln ou par une puissance dont l'exposant dépend de n. Ces pièges sont détaillés à l'exercice suivant.

Équivalents usuels. Si (un) est une suite de réels non nuls qui tend vers 0, alors

ln(1+un)un,eun1un,(1+un)α1αun  (α0), sin(un)un,1cos(un)un22.

Terme dominant. Une somme de puissances de n est équivalente à son terme de plus haut degré. Plus généralement, si an=o(bn), alors an+bnbn.

Croissances comparées. Pour tous réels α>0, β>0 et tout réel q>1,

(lnn)β=o(nα),nα=o(qn),qn=o(n!).

Partie A. Termes dominants

1. Déterminer la limite de chacune des suites suivantes.

a. un=3n35n+27n3+n21

b. vn=2n2+nlnnn3+4

c. wn=(n+1)4n4n3+n

d. xn=9n2+n2n+3

2. Même question, après avoir fait apparaître la quantité conjuguée.

a. an=n2+3nn

b. bn=n+1n

c. cn=n(n2+1n)

d. dn=n2+nn2+1

Partie B. Les équivalents usuels

3. Déterminer la limite de chacune des suites suivantes, définies pour n1.

a. pn=nln(1+2n)

b. qn=n(e1/n1)

c. rn=n(1+1n1)

d. sn=ln(1+1n2)e1/n1

e. tn=n((1+1n)31)

f. yn=n2(1cos1n)

Partie C. Une puissance dont l'exposant dépend de n

Soit a un réel fixé. On étudie la suite (zn) définie, pour n>a, par zn=(1+an)n.

4. a. Un élève écrit : « 1+an1, donc zn1n=1, donc zn1. » En prenant a=1 et en calculant z10, z100 et z1000 à 104 près, expliquer pourquoi cette conclusion est fausse.

4. b. Justifier que zn=exp(nln(1+an)), puis déterminer la limite de l'exposant.

4. c. En déduire limn+zn.

5. Appliquer la méthode de la question 4 aux quatre suites suivantes.

a. αn=(13n)n

b. βn=(n+2n1)n

c. γn=(1+1n2)n

d. δn=(1+1n)n

Partie D. Synthèse : factoriser d'abord le terme dominant

6. Déterminer la limite de chacune des suites suivantes. Aucune ne se traite sans avoir d'abord factorisé le terme dominant.

a. An=3n+n103n+1+2n

b. Bn=ln(n2+n)2lnn

c. Cn=ln(n2+n)ln(n3+1)

7. Déterminer la limite de Dn=(n2+3nn2+1)n et celle de En=(2n+12n+3)n.

Exercice 11 ★★★Les pièges des équivalents : somme, exponentielle, logarithme

Comparaison des fonctions au voisinage d'un point ou de l'infini : o et équivalentsSuites équivalentes : notation ~, opérations autorisées et interdites

Définition rappelée. Soient (un) et (vn) deux suites réelles. On dit que un est équivalente à vn, et on écrit unvn, lorsqu'il existe une suite (εn) de limite 1 telle que un=εnvn à partir d'un certain rang. Lorsque vn est non nul à partir d'un certain rang, cela revient à

limn+unvn=1.

Chacune des affirmations des parties B et C est un raisonnement d'élève. Pour chacune : dire si elle est vraie ou fausse, la démontrer si elle est vraie, en donner un contre-exemple explicite si elle est fausse, et dans tous les cas énoncer la règle correcte à retenir.

Partie A. Ce qui est permis

1. a. Démontrer que si unvn et si (vn) converge vers un réel , alors (un) converge vers .

1. b. Démontrer que si unvn et wntn, alors unwnvntn.

1. c. En déduire la règle sur les quotients. On admettra par ailleurs que, pour des suites à termes strictement positifs et un réel α fixé, unvn entraîne unαvnα.

Partie B. Cinq raisonnements à examiner

2. La somme. « Si unun et vnvn, alors un+vnun+vn. »

3. La différence. « On a n+nn et nn. En soustrayant, (n+n)nnn=0, autrement dit n0, donc n tend vers 0. »

4. La composition par l'exponentielle. « Si unvn, alors eunevn. » On pourra examiner le cas un=n+lnn et vn=n.

5. La composition par le logarithme. Soient (un) et (vn) deux suites à termes strictement positifs telles que unvn.

5. a. On suppose de plus que (vn) admet une limite , avec [0,+] et 1. Démontrer que ln(un)ln(vn). On pourra partir de l'égalité ln(un)=ln(vn)+ln(unvn).

5. b. Montrer que la conclusion tombe en défaut lorsque =1, à l'aide des suites un=1+1n et vn=1+1n2.

6. La puissance n-ième. « On a 1+1n1, donc (1+1n)n1n=1, donc cette suite tend vers 1. »

Partie C. Les bons calculs

7. Déterminer les limites suivantes, en n'utilisant que des règles licites.

a. en2+nen

b. ln(n2+3n)ln(5n)

c. (1+lnnn)n

Exercice 12 ★★★★Séries à termes positifs : comparaison et équivalence

Séries à termes positifs : comparaison, équivalence, négligeabilitéSéries usuelles : Riemann, géométrique et ses deux premières dérivées, exponentielle

On rappelle les résultats du cours utilisés dans tout l'exercice.

Critère fondamental. Une série à termes positifs converge si et seulement si la suite de ses sommes partielles est majorée.

Comparaison. Si 0unvn à partir d'un certain rang, alors la convergence de vn entraîne celle de un, et la divergence de un entraîne celle de vn.

Équivalence. Si unvn et si (vn) est de signe constant à partir d'un certain rang, alors un et vn sont de même nature.

Séries de Riemann. n11nα converge si et seulement si α>1.

Séries géométriques et leurs deux premières dérivées. Pour q<1,

n=0+qn=11q,n=1+nqn1=1(1q)2,n=2+n(n1)qn2=2(1q)3.

Série exponentielle. Pour tout réel x, n=0+xnn!=ex.

Inégalité admise. Pour tout entier n1, n!2n1.

Partie A. Comparaison

1. Démontrer que chacune des séries suivantes converge, par majoration par une série de référence.

a. n11n2+n

b. n12+cosnn3

c. n01n!

2. Démontrer que chacune des séries suivantes diverge, par minoration par une série de référence.

a. n11n+1

b. n3lnnn

c. n1nn2+1

Partie B. Équivalence

3. Déterminer la nature de chacune des séries suivantes par la méthode « équivalent, puis Riemann ». On n'oubliera pas de vérifier le signe des termes avant d'appliquer le critère.

a. n2n+1n32

b. n13n2+12n4+n

c. n1n+1n+2

d. n1sin(1n)

e. n1ln(1+1n2)

f. n1(e1/n1)

4. Démontrer que les séries suivantes convergent, et calculer leur somme.

a. n1n2n

b. n02n+n3n

c. n1n23n

5. On admet les deux développements limités suivants, valables au voisinage de 0 :

ln(1+x)=xx22+o ⁣(x2),1+x=1+x2x28+o ⁣(x2).

Déterminer la nature des deux séries suivantes.

5. a. n1unun=1nln(1+1n).

5. b. n1vnvn=1+1n112n.

Partie C. Pourquoi le signe constant

6. a. Soient (un) et (vn) deux suites telles que unvn, avec vn>0 à partir d'un certain rang. Démontrer qu'il existe un rang N tel que

nN,12vnun32vn,

et expliquer comment on en déduit le critère d'équivalence.

6. b. Identifier précisément l'étape de la démonstration précédente qui utilise le signe de vn.

6. c. On pose, pour n1,

un=(1)nn+1netvn=(1)nn.

Montrer que unvn. On admet (c'est l'objet de l'exercice consacré à la convergence absolue) que vn converge. Montrer alors que un diverge, et conclure.

Exercice 13 ★★★★Séries à termes positifs : négligeabilité et règle en n puissance alpha

Séries à termes positifs : comparaison, équivalence, négligeabilitéSéries usuelles : Riemann, géométrique et ses deux premières dérivées, exponentielle

Critère de négligeabilité (cours). Soient (un) et (vn) deux suites à termes positifs telles que un=o(vn). Si vn converge, alors un converge.

On rappelle aussi les séries de Riemann (n11nα converge si et seulement si α>1), les croissances comparées, et l'on admet que n!2n1 pour tout n1.

Partie A. Deux règles pratiques, et leurs limites

1. Soit (un) une suite à termes positifs. On suppose qu'il existe un réel α>1 tel que

limn+nαun=0.

Démontrer, à partir du critère de négligeabilité, que un converge.

2. Soit (un) une suite à termes positifs telle que nun, où est un réel strictement positif. Démontrer que un diverge.

3. On veut comprendre pourquoi la question 1 exige α>1 strictement. Pour n2, on pose

wn=ln(ln(n+1))ln(lnn).

3. a. Calculer k=2nwk en simplifiant les termes deux à deux, puis en déduire la nature de n2wn.

3. b. Montrer que wn=ln(1+hn) avec hn=ln(1+1n)lnn, puis que wn1nlnn. En déduire limn+nwn.

3. c. Conclure : la règle de la question 1 resterait-elle vraie avec α=1 ?

Partie B. Applications

4. Démontrer que chacune des séries suivantes converge, en appliquant la règle de la question 1. On précisera à chaque fois la valeur de α choisie.

a. n1lnnn2

b. n1n3en

c. n1n102n

d. n1n4n!

e. n2(lnn)2n3/2

f. n1en

5. Démontrer que chacune des séries suivantes diverge, en appliquant la règle de la question 2.

a. n12n+1n2+3

b. n1ln(1+2n)

c. n11n2+1

6. Déterminer la nature des trois séries suivantes, en choisissant à chaque fois l'outil adapté.

6. a. n1n2+1n3+n

6. b. n11nln(1+1n)

6. c. n1(nn+1)n2. On pourra étudier ln(n2un).

Exercice 14 ★★★★Convergence absolue et séries de signe non constant

Convergence absolue d'une sérieSéries numériques : sommes partielles, convergence, somme et reste

Définition. La série un converge absolument lorsque la série un converge.

Théorème (cours). Toute série absolument convergente est convergente.

Résultat du chapitre sur les suites, admis ici. Si les suites (S2n) et (S2n+1) convergent vers la même limite S, alors la suite (Sn) converge vers S.

Suites adjacentes (rappel). Si (An) est décroissante, (Bn) croissante et AnBn0, alors les deux suites convergent vers une même limite S, et pour tout n, BnSAn.

Partie A. Convergence absolue

1. Démontrer que les trois séries suivantes convergent, en établissant leur convergence absolue.

a. n1(1)nn2

b. n1cosnn2

c. n2(1)nlnnn2

2. On considère la série n1(1)nnn2+1. Étudier sa convergence absolue. Que peut-on en conclure sur la convergence de la série ?

Partie B. Une série qui converge sans converger absolument

Pour n1, on pose

un=(1)nnetSn=k=1nuk=k=1n(1)kk.

3. Démontrer que la série n1un ne converge pas absolument.

4. Calculer S1, S2, S3, S4, S5 et S6, en valeurs approchées à 106 près. Que constate-t-on sur les termes de rang pair, puis sur ceux de rang impair ?

5. a. Calculer S2n+2S2n en fonction de n, et en déduire que la suite (S2n)n1 est décroissante.

5. b. Calculer S2n+3S2n+1 en fonction de n, et en déduire que la suite (S2n+1)n0 est croissante.

5. c. Calculer S2nS2n+1 et déterminer sa limite.

5. d. En déduire que les suites (S2n) et (S2n+1) convergent vers une même limite, que l'on notera S.

6. En déduire que la série n1(1)nn converge, puis donner un encadrement de sa somme S à l'aide des valeurs calculées à la question 4.

Partie C. Bilan

7. La convergence absolue est-elle une condition nécessaire de convergence ? Justifier à l'aide de la partie B.

8. Soit α un réel. Déterminer, en fonction de α, la nature de la série n1(1)nnα et préciser dans quels cas la convergence est absolue. On reprendra la méthode de la partie B pour les valeurs de α qui l'exigent.

Exercice 15 ★★★★Séries télescopiques et convergence d'une suite

Série de terme général u(n+1) - u(n) et étude de la suite (u(n))Séries numériques : sommes partielles, convergence, somme et reste

Partie A. Le principe du télescopage

Soit (un)nN une suite réelle quelconque. On pose, pour tout nN, vn=un+1un.

1. Démontrer que, pour tout nN,

k=0nvk=un+1u0.

2. En déduire que la série n0vn converge si et seulement si la suite (un) converge, et exprimer alors n=0+vn en fonction de u0 et de limn+un.

Partie B. Quatre exemples

3. Vérifier que, pour tout k1, 1k(k+1)=1k1k+1. En déduire la nature de k11k(k+1) et, en cas de convergence, la valeur de sa somme.

4. Vérifier que, pour tout k1, ln(1+1k)=ln(k+1)ln(k). En déduire la nature de k1ln(1+1k). Comparer avec l'équivalent du terme général.

5. Vérifier que, pour tout k1, 1k(k+2)=12(1k1k+2). En déduire la nature de k11k(k+2) et la valeur de sa somme. On prendra garde au fait que la simplification ne laisse pas les mêmes termes que dans la question 3.

6. Vérifier que, pour tout k1, 1k+k+1=k+1k. En déduire la nature de k11k+k+1.

Partie C. Prouver qu'une suite converge sans connaître sa limite

On considère la suite définie par

u0=0etnN,un+1=12+un.

On note f la fonction définie sur [0,12] par f(x)=12+x.

7. a. Calculer u1, u2, u3, u4 et u5 sous forme de fractions irréductibles, puis en valeurs approchées à 107 près. La suite est-elle monotone ?

7. b. Démontrer que, pour tout nN, un est bien défini et 0un12.

7. c. Calculer f(x) et démontrer que f(x)14 pour tout x[0,12]. En déduire que, pour tout n1,

un+1un14unun1.

7. d. En déduire par récurrence que, pour tout nN, un+1un12(14)n.

7. e. En déduire que n0un+1un converge, puis que la suite (un) converge.

7. f. Déterminer la limite de (un), puis la somme n=0+(un+1un).

Exercice 16 ★★★★Intégrales impropres : comparaison et équivalence aux bornes

Critères de convergence : comparaison, équivalence, négligeabilité, convergence absolueIntégrales de référence : Riemann en l'infini, Riemann en un point, exponentielle

Définition rappelée. Soit f continue sur [a,b[, où b est un réel ou +. L'intégrale abf(t)dt converge lorsque la fonction xaxf(t)dt admet une limite finie quand xb. Si f est continue sur ]a,b[ et que les deux bornes posent problème, on fixe un point c de ]a,b[ et l'on demande la convergence de acf et de cbf ; la conclusion ne dépend pas du choix de c.

Intégrales de référence. Pour a<b réels et α réel,

1+dttα converge    α>1,abdt(ta)α converge    α<1,0+eαtdt converge    α>0.

Le deuxième résultat, lu dans l'autre sens, donne aussi la convergence de abdt(bt)α si et seulement si α<1.

Critères (fonctions continues, de signe constant au voisinage de la borne impropre). Comparaison : si 0fg au voisinage de la borne, la convergence de g entraîne celle de f, et la divergence de f entraîne celle de g. Équivalence : si fg en la borne et si g est de signe constant au voisinage de celle-ci, les deux intégrales sont de même nature. Négligeabilité : si 0f, 0g, f=o(g) en la borne et g converge, alors f converge. Convergence absolue : si f converge, alors f converge.

Partie A. Repérer les bornes impropres

1. Pour chacune des intégrales suivantes, indiquer sur quel intervalle la fonction intégrée est continue, et préciser quelle borne (ou quelles bornes) rend l'intégrale impropre. On ne demande pas encore la nature.

a. 1+dtt2+t

b. 01dtt

c. 0+dtt(1+t)

d. 12dtt1

e. 01dt1+t2

f. 01sinttdt

Partie B. Comparaison et équivalence en l'infini

2. Déterminer la nature de chacune des intégrales suivantes.

a. 1+dtt2+t

b. 1+lntt2dt

c. 1+t+1t3+2dt

d. 1+dtt2+1

e. 1+ln(1+1t)dt

f. 1+sin(1t2)dt

Partie C. En une borne finie

3. Déterminer la nature de chacune des intégrales suivantes.

a. 12dtt1

b. 01dt1t

c. 01lnttdt

d. 01dt1t2

Partie D. Deux bornes impropres

4. Déterminer la nature des deux intégrales suivantes, en traitant chaque borne séparément.

4. a. 0+dtt(1+t)

4. b. 0+ettdt

Partie E. Pourquoi le signe constant

Soient f et g deux fonctions continues sur [a,b[ telles que f(t)tbg(t), avec g(t)>0 au voisinage de b.

5. a. Démontrer qu'il existe un réel c[a,b[ tel que

t[c,b[,12g(t)f(t)32g(t),

et expliquer comment on en déduit le critère d'équivalence.

5. b. Repérer les endroits de la démonstration où le signe de g est utilisé, et expliquer pourquoi la notion même de convergence d'une intégrale de fonction positive repose sur ce signe.

Exercice 17 ★★★★Intégration par parties sur un intervalle non borné

Intégration par parties avec passage à la limite et changement de variableIntégrale sur un intervalle quelconque : convergence et calcul par une primitive

Règle absolue. Le théorème d'intégration par parties est un théorème sur les segments : si u et v sont de classe C1 sur [a,X], alors

aXu(t)v(t)dt=[u(t)v(t)]aXaXu(t)v(t)dt.

Sur une intégrale impropre, on l'applique donc toujours sur un segment, puis on fait tendre la borne vers la valeur interdite. Écrire un crochet directement entre des bornes impropres, avant d'avoir prouvé que les limites existent, est une faute lourde. Toutes les rédactions ci-dessous doivent respecter ce schéma scrupuleusement.

On utilisera librement les croissances comparées limX+XpeX=0 (pour tout p), limX+lnXX=0 et limx0+xlnx=0.

Partie A. Quatre calculs modèles

1. Démontrer que 0+tetdt converge et calculer sa valeur.

2. a. Démontrer que 0+t2etdt converge et calculer sa valeur.

2. b. Pour nN, on pose In=0+tnetdt. Démontrer que In converge pour tout n, calculer I0, établir une relation entre In et In1 pour n1, puis en déduire l'expression de In.

3. Démontrer que 01lntdt converge et calculer sa valeur.

4. Démontrer que 1+lntt2dt converge et calculer sa valeur.

Partie B. Ce qui arrive quand on saute l'étape du segment

5. a. Expliquer pourquoi les deux écritures suivantes n'ont, telles quelles, aucun sens :

[tlnt]01et[tet]0+.

5. b. On s'intéresse à 1+lnttdt. Déterminer d'abord sa nature en calculant 1Xlnttdt à l'aide d'une primitive. Écrire ensuite l'intégration par parties menée « directement » entre 1 et + avec u(t)=lnt et v(t)=1t, et dire ce que vaut l'égalité obtenue. Reprendre enfin le même calcul sur le segment [1,X] et comparer.

Partie C. Une intégrale que seule l'intégration par parties permet de traiter

6. a. Démontrer que 1+costt2dt converge.

6. b. Soit X>1. À l'aide d'une intégration par parties sur [1,X] avec u(t)=1t et v(t)=sint, exprimer 1Xsinttdt.

6. c. En déduire que 1+sinttdt converge et exprimer sa valeur en fonction de cos1 et de l'intégrale de la question 6. a.

Exercice 18 ★★★★Changement de variable dans une intégrale impropre

Intégration par parties avec passage à la limite et changement de variableIntégrale sur un intervalle quelconque : convergence et calcul par une primitive

Dans tout l'exercice, on utilisera librement les résultats suivants : 0+eudu=1 ; Arctan est une primitive de u11+u2 sur R, avec Arctan(0)=0, Arctan(1)=π4 et limu+Arctan(u)=π2 ; enfin, l'intégrale 0+euudu converge (résultat établi à l'exercice sur les critères de comparaison).

Partie A. Le théorème

1. Énoncer le théorème de changement de variable pour une intégrale sur un intervalle quelconque, en précisant les trois hypothèses à vérifier sur la fonction de changement de variable, et en indiquant comment se transforment les bornes.

Partie B. Changements de variable affines

2. Dans chacun des cas suivants, effectuer le changement de variable indiqué, puis en déduire la nature de l'intégrale et sa valeur.

2. a. 0+e2tdt, avec u=2t.

2. b. 12dtt1, avec u=t1.

2. c. 1+dt1+(t1)2, avec u=t1.

3. Soient a<b deux réels et α un réel. À l'aide du changement de variable u=ta, démontrer que abdt(ta)α et 0baduuα sont de même nature.

Partie C. Deux changements de variable non affines

4. On considère 0+ettdt. Effectuer le changement de variable u=t, en vérifiant soigneusement les hypothèses du théorème. En déduire la nature de l'intégrale et sa valeur.

5. On considère 01dt1+t2.

5. a. Cette intégrale est-elle impropre ? Que vaut-elle ?

5. b. Effectuer le changement de variable u=1t, en vérifiant les hypothèses du théorème et en prenant garde au sens de variation. Montrer que

01dt1+t2=1+du1+u2.

5. c. En déduire la valeur de 1+du1+u2, puis celle de 0+dt1+t2. Vérifier ce dernier résultat par un calcul direct.

5. d. Commenter : l'intégrale de gauche et celle de droite sont-elles impropres aux mêmes endroits ? Est-ce contradictoire avec le théorème ?

Partie D. Conclure sans savoir calculer

Le théorème affirme que les deux intégrales sont de même nature. C'est parfois tout ce dont on a besoin : cela permet de démontrer qu'une intégrale converge même lorsqu'on ne sait pas la calculer.

6. a. Démontrer que 0+et2dt converge, à l'aide du changement de variable u=t2.

6. b. Démontrer que 01dtlnt converge, à l'aide du changement de variable u=lnt.

7. Démontrer que 0+dtt(1+t) converge et calculer sa valeur, à l'aide du changement de variable u=t.

Exercice 19 ★★★★Formule de Taylor avec reste intégral et inégalité de Taylor-Lagrange

Formule de Taylor avec reste intégral et inégalité de Taylor-LagrangeDérivées successives, classes de régularité et formule de Leibniz

Partie A. La formule, démontrée aux premiers ordres

Soit I un intervalle contenant 0 et soit f une fonction de classe C3 sur I. On fixe xI.

1. Justifier que f(x)=f(0)+0xf(t)dt. C'est la formule de Taylor avec reste intégral à l'ordre 0.

2. Dans l'intégrale précédente, écrire f(t)=f(t)×1 et intégrer par parties en choisissant t(xt) comme primitive de la fonction constante 1. En déduire

f(x)=f(0)+f(0)x+0x(xt)f(t)dt.

3. Recommencer une intégration par parties sur 0x(xt)f(t)dt, en prenant cette fois t(xt)22 comme primitive de txt. En déduire

f(x)=f(0)+f(0)x+f(0)2x2+0x(xt)22f(t)dt.

4. Énoncer, par analogie, la formule de Taylor avec reste intégral à l'ordre n pour une fonction de classe Cn+1 sur I. On admettra qu'elle se démontre par récurrence sur n, en répétant l'intégration par parties ci-dessus.

5. Soit f de classe Cn+1 sur I et soit Mn+1 un réel tel que f(n+1)(t)Mn+1 pour tout t compris entre 0 et x. Démontrer, à partir de la question 4., l'inégalité de Taylor-Lagrange :

f(x)k=0nf(k)(0)k!xk    xn+1(n+1)!Mn+1.

On traitera d'abord le cas x0, puis le cas x<0.

Partie B. Application à l'exponentielle

6. Justifier que exp est de classe C sur R et donner exp(k)(0) pour tout kN. Écrire la formule de Taylor avec reste intégral à l'ordre n pour exp en 0.

7. Soit x un réel et nN. Montrer que etex pour tout t compris entre 0 et x, puis en déduire

exk=0nxkk!    xn+1(n+1)!ex.

8. Soit a>0 fixé. On pose wn=ann! pour nN.

a. Exprimer wn+1wn en fonction de n et de a.

b. Justifier qu'il existe un entier N tel que wn+112wn pour tout nN.

c. En déduire que 0wnwN(12)nN pour tout nN, puis que wn0.

9. Déduire des questions 7. et 8. que la série k0xkk! converge pour tout réel x et que sa somme vaut ex.

10. Prendre x=1 et n=4. Donner la valeur exacte de k=041k!, majorer l'erreur commise en l'utilisant comme valeur approchée de e (on pourra utiliser e3), et comparer à l'erreur réelle sachant que e2,718282.

Partie C. Application au logarithme sur [0,1]

Soit f la fonction définie sur ]1,+[ par f(x)=ln(1+x).

11. Démontrer par récurrence que, pour tout k1 et tout x>1,

f(k)(x)=(1)k1(k1)!(1+x)k.

En déduire f(k)(0)k!.

12. Soit x[0,1] et nN. Majorer f(n+1)(t) pour t[0,x], puis démontrer que

ln(1+x)k=1n(1)k1kxk    xn+1n+1.

13. En déduire que limn+k=1n(1)k1k=ln2, puis majorer l'erreur commise en approchant ln2 par la somme de ses 9 premiers termes.

Partie D. Application au sinus

14. Justifier que sin est de classe C sur R et que sin(k)(t)1 pour tout kN et tout réel t. Donner sin(k)(0) pour k{0,1,2,3,4}.

15. En déduire les deux inégalités suivantes, valables pour tout réel x :

sinxxx36etsinxx+x36x5120.

16. Application numérique : donner une valeur approchée de sin(0,1) à l'aide de xx36 et majorer l'erreur commise.

Exercice 20 ★★★★Développements limités et calculs de limites

Développements limités en 0 : Taylor-Young, DL usuels, unicité, somme et produitComparaison des fonctions au voisinage d'un point ou de l'infini : o et équivalents

On rappelle les développements limités usuels en 0, seuls autorisés ici, ainsi que les deux seules opérations disponibles sur les développements limités : la somme et le produit.

ex=1+x+x22+x36+x424+o ⁣(x4)ex=1x+x22x36+x424+o ⁣(x4)ln(1+x)=xx22+x33x44+o ⁣(x4)cosx=1x22+x424+o ⁣(x4)sinx=xx36+x5120+o ⁣(x5)11+x=1x+x2x3+o ⁣(x3)

Partie A. Six limites qui se lèvent à l'ordre 2

1. Calculer les limites suivantes en écrivant à chaque fois le développement limité du numérateur à l'ordre 2 en 0.

a. limx0ex1xx2

b. limx0ln(1+x)xx2

c. limx01cosxx2

d. limx0ex+ex2x2

e. limx0ex1sinxx2

f. limx0ln(1+x)+cosx1xx2

Partie B. Choisir le bon ordre

2. On veut calculer limx0sinxxx3.

a. Écrire le développement limité de sin à l'ordre 1 en 0. Expliquer pourquoi il ne permet pas de conclure.

b. Reprendre avec le développement limité à l'ordre 3 et conclure.

c. Énoncer en une phrase la règle qui donne l'ordre auquel il faut développer le numérateur d'un quotient dont le dénominateur est équivalent à xp.

3. Calculer les limites suivantes en poussant chaque développement limité à l'ordre nécessaire.

a. limx0ln(1+x)x+x22x3

b. limx0cosx1+x22x4

Partie C. Deux limites qui demandent un produit

4. Calculer limx0sinxxcosxx3.

5. Écrire le développement limité de exsinx à l'ordre 3 en 0, puis en déduire limx0exsinxxx2x3.

Partie D. Trois limites après changement de variable

6. On veut calculer L=limx1lnx(x1)(x1)2. On pose x=1+h.

a. Justifier que h0 lorsque x1, et exprimer le quotient en fonction de h seul.

b. En déduire L.

7. On veut calculer limx+x(ln(x+1)lnx). On pose h=1x, de sorte que h0+ quand x+.

a. Montrer que, pour x>0,  ln(x+1)lnx=ln ⁣(1+1x).

b. Exprimer x(ln(x+1)lnx) en fonction de h seul, puis conclure.

8. Par la même substitution h=1x, calculer limx+x2(e1/x11x).

Partie E. L'unicité du développement limité

9. Déterminer, en justifiant par l'unicité du développement limité, les réels a, b et c tels que

exsinx=ax+bx2+cx3+o ⁣(x3).

10. Soit f une fonction paire définie au voisinage de 0 et admettant en 0 un développement limité à l'ordre 3 :

f(x)=a0+a1x+a2x2+a3x3+o ⁣(x3).

a. Écrire le développement limité de xf(x) à l'ordre 3 en 0.

b. En utilisant f(x)=f(x) et l'unicité du développement limité, démontrer que a1=a3=0.

c. Vérifier ce résultat sur le développement limité de cos, et énoncer le résultat analogue pour une fonction impaire.

Exercice 21 ★★★★Tangente et position locale de la courbe

Allure locale du graphe : tangente et position de la courbe par le DLDéveloppements limités en 0 : Taylor-Young, DL usuels, unicité, somme et produit

On rappelle les développements limités usuels en 0 dont on aura besoin, ainsi que les deux seules opérations autorisées, la somme et le produit.

ex=1+x+x22+x36+o ⁣(x3)ln(1+x)=xx22+x33+o ⁣(x3)cosx=1x22+o ⁣(x3)sinx=xx36+o ⁣(x3)

Partie A. Le principe

Soit f une fonction admettant en 0 un développement limité de la forme

f(x)=a0+a1x+akxk+o ⁣(xk),

k2 est un entier et ak un réel non nul. On note C la courbe de f et T sa tangente au point d'abscisse 0.

1. Justifier que f est dérivable en 0, donner f(0) et f(0), puis en déduire une équation de T.

2. Exprimer f(x)(a0+a1x) à l'aide de xk, et justifier que cette quantité est du signe de akxk au voisinage de 0 (pour x0).

3. En déduire la discussion suivante, à recopier et compléter.

a. Si k est pair et ak>0 : position de C par rapport à T ?

b. Si k est pair et ak<0 : position de C par rapport à T ?

c. Si k est impair : que se passe-t-il en x=0 ?

d. Dans quel cas le point d'abscisse 0 est-il un point d'inflexion de C ?

Partie B. Six études locales

Pour chacune des fonctions suivantes, écrire le développement limité en 0 à l'ordre utile, en déduire une équation de la tangente T à la courbe au point d'abscisse 0, puis la position locale de la courbe par rapport à T.

4. f1(x)=ex.

5. f2(x)=ln(1+x).

6. f3(x)=cosx. Que retrouve-t-on sur la nature du point d'abscisse 0 ?

7. f4(x)=sinx.

8. f5(x)=ln(1+x)+x22.

9. f6(x)=exsinx.

10. Parmi les six fonctions précédentes, lesquelles présentent un point d'inflexion en 0 ?

Partie C. Synthèse : associer une allure à un développement limité

11. On considère quatre fonctions g1, g2, g3, g4 admettant en 0 les développements limités suivants.

(i) g1(x)=2+3x+5x2+o ⁣(x2)

(ii) g2(x)=1+x4x2+o ⁣(x2)

(iii) g3(x)=12x+7x3+o ⁣(x3)

(iv) g4(x)=3+x2x3+o ⁣(x3)

Associer à chacune l'une des quatre allures locales ci-dessous, en justifiant. Préciser à chaque fois l'équation de la tangente en 0.

Allure α. La courbe est strictement au-dessus de sa tangente à gauche comme à droite de 0.

Allure β. La courbe est strictement au-dessous de sa tangente à gauche comme à droite de 0.

Allure γ. La courbe est au-dessous de sa tangente à gauche de 0, au-dessus à droite.

Allure δ. La courbe est au-dessus de sa tangente à gauche de 0, au-dessous à droite.

12. Une élève affirme : « le point d'abscisse 0 est un point d'inflexion de la courbe de g1, car le coefficient de x2 est non nul ». Corriger cette affirmation.

Exercice 22 ★★★Extremum sur un segment, extremum sur un intervalle ouvert

Extremum sur un segment et sur un intervalle ouvert, point critique, condition d'ordre 2

Cet exercice a un seul but : ne plus jamais confondre les deux situations. Sur un segment, l'existence des extremums est garantie mais ils peuvent être atteints aux bornes ; sur un intervalle ouvert, rien n'est garanti mais la dérivée s'annule nécessairement en un extremum.

Partie A. Sur un segment

Soit f la fonction définie sur le segment [2,3] par f(x)=x33x.

1. Énoncer le théorème qui garantit que f admet un maximum et un minimum sur [2,3], et vérifier que ses hypothèses sont satisfaites.

2. Calculer f(x), étudier son signe sur [2,3] et dresser le tableau de variations de f.

3. Déterminer les points critiques de f dans ]2,3[, c'est-à-dire les réels c de cet intervalle ouvert tels que f(c)=0.

4. Calculer les valeurs de f aux points critiques et aux deux bornes du segment, puis en déduire le maximum global et le minimum global de f sur [2,3], en précisant en quels points ils sont atteints.

5. Expliquer pourquoi il aurait été faux de chercher les extremums globaux uniquement parmi les points critiques.

Partie B. Sur un intervalle ouvert

6. Énoncer la condition nécessaire d'ordre 1 : que peut-on dire de g(a) si g est dérivable sur un intervalle ouvert I et admet un extremum local en aI ?

7. Énoncer la condition suffisante d'ordre 2 pour une fonction g de classe C2 sur un intervalle ouvert I, en un point aI tel que g(a)=0. Préciser le cas où elle ne permet pas de conclure.

8. Soit g la fonction définie sur ]0,+[ par g(x)=x+1x.

a. Calculer g(x) et déterminer l'unique point critique a de g sur ]0,+[.

b. Calculer g(x), puis g(a). Conclure sur la nature de l'extremum local en a à l'aide de la condition suffisante d'ordre 2.

c. Déterminer les limites de g en 0+ et en +, dresser le tableau de variations et en déduire que l'extremum trouvé est en fait global. La fonction g admet-elle un maximum sur ]0,+[ ?

9. Soit h la fonction définie sur ]0,+[ par h(x)=lnxx. Mener la même étude : point critique, signe de h en ce point, nature de l'extremum, puis tableau de variations et conclusion globale.

Partie C. Trois contre-exemples à connaître

10. Soit u la fonction définie sur [0,1] par u(x)=x. Déterminer le maximum et le minimum de u sur [0,1] et les points où ils sont atteints. Calculer u en ces points. Pourquoi cela ne contredit-il pas la condition nécessaire d'ordre 1 ?

11. Soit v la fonction définie sur R par v(x)=x3. Montrer que 0 est un point critique de v mais que v n'admet pas d'extremum local en 0. Que vaut v(0) ? Qu'illustre cet exemple ?

12. Soit w la fonction définie sur R par w(x)=x4. Montrer que w(0)=0 et que pourtant w admet un minimum global en 0. Conclure sur la portée exacte de la condition d'ordre 2.

13. Soit s la fonction définie sur l'intervalle ouvert borné ]0,1[ par s(x)=x. Montrer que s est continue et bornée sur ]0,1[, mais qu'elle n'admet ni maximum ni minimum. Quelle hypothèse du théorème de la partie A est en défaut ?

14. Compléter le tableau de synthèse suivant, à recopier, en indiquant pour chaque situation si l'énoncé est vrai ou faux.

Énoncé Vrai ou faux ?
Une fonction continue sur un segment atteint ses bornes
Une fonction continue sur un intervalle ouvert borné atteint ses bornes
En un extremum local intérieur, la dérivée s'annule
Si la dérivée s'annule en a, alors f a un extremum local en a

Exercice 23 ★★★Convexité : lecture graphique, caractérisations et points d'inflexion

Fonctions convexes : inégalité de convexité, caractérisations par les dérivées, point d'inflexionÉtude complète d'un graphe : asymptotes, position, points d'inflexion

On rappelle les résultats du cours, tous admis, qu'il s'agit ici d'appliquer.

Soit f une fonction définie sur un intervalle I.

  • Définition. f est convexe sur I si, pour tous a et b de I et tout λ[0,1], f(λa+(1λ)b)λf(a)+(1λ)f(b). Graphiquement : la courbe est au-dessous de ses cordes. f est concave si f est convexe, et sa courbe est alors au-dessus de ses cordes.
  • Caractérisation C1. Si f est dérivable sur I, alors f est convexe sur I si et seulement si sa courbe est au-dessus de toutes ses tangentes : pour tous x et a de I, f(x)f(a)(xa)+f(a). Pour une fonction concave, la courbe est au-dessous de toutes ses tangentes.
  • Caractérisation C2. Si f est de classe C2 sur I, alors f est convexe sur I si et seulement si f0 sur I, et concave si et seulement si f0 sur I.
  • Point d'inflexion. Un point de la courbe en lequel f s'annule en changeant de signe est un point d'inflexion : la courbe y traverse sa tangente et change de convexité.

Partie A. Lecture graphique

Courbe d'une fonction sur laquelle lire convexité, concavité et points d'inflexion

La courbe Cf ci-dessus est celle d'une fonction f de classe C2 sur l'intervalle [2,6;2,6], tracée dans un repère gradué. Ses deux points d'inflexion I1 et I2 y sont marqués. On lit sur le graphique que la courbe passe par l'origine O, qu'elle admet deux minimums de valeur 9 aux abscisses 3 et 3, et que les deux points marqués ont pour abscisses 1 et 1 et pour ordonnée 5.

1. Lire sur le graphique les intervalles sur lesquels f est convexe et ceux sur lesquels f est concave.

2. Donner les coordonnées des deux points d'inflexion de la courbe et justifier, à partir de la question 1., qu'il s'agit bien de points d'inflexion.

3. Sur chacun des trois intervalles trouvés à la question 1., dire si la courbe est au-dessus ou au-dessous de ses tangentes.

4. Comparer, sans calculer f, les deux quantités f ⁣(a+b2) et f(a)+f(b)2 dans les deux cas suivants. Justifier à chaque fois par la convexité ou la concavité lue à la question 1., et interpréter graphiquement en termes de corde.

a. a=1 et b=0

b. a=1 et b=2

Partie B. Vérification par le calcul

On admet désormais que la fonction représentée est f(x)=x46x2, définie sur [2,6;2,6].

5. Vérifier que la courbe passe par l'origine et que f(3)=9.

6. Calculer f(x) puis f(x), et factoriser f(x).

7. Dresser le tableau de signe de f sur [2,6;2,6], et en déduire les intervalles de convexité et de concavité de f. Comparer avec la lecture graphique de la question 1.

8. Retrouver par le calcul les coordonnées des deux points d'inflexion.

9. Vérifier numériquement les deux comparaisons de la question 4.

Partie C. Deux inégalités classiques par la caractérisation C1

10. Soit g la fonction ln, définie sur ]0,+[.

a. Calculer g(x) et en déduire la convexité ou la concavité de g sur ]0,+[.

b. Écrire une équation de la tangente à la courbe de g au point d'abscisse 1.

c. En déduire que lnxx1 pour tout x>0, et préciser le cas d'égalité.

11. Soit h la fonction exp, définie sur R.

a. Calculer h(x) et en déduire la convexité ou la concavité de h sur R.

b. Écrire une équation de la tangente à la courbe de h au point d'abscisse 0.

c. En déduire que ex1+x pour tout réel x, et préciser le cas d'égalité.

12. Déduire de la question 10. que, pour tout réel u>1,  ln(1+u)u. Retrouver ce résultat à partir de la question 11.

Exercice 24 ★★★★Étude complète d'une fonction avec asymptote oblique

Étude complète d'un graphe : asymptotes, position, points d'inflexionFonctions convexes : inégalité de convexité, caractérisations par les dérivées, point d'inflexionAllure locale du graphe : tangente et position de la courbe par le DL

On considère la fonction f définie par

f(x)=x2+x+1x1,

et l'on note C sa courbe représentative dans un repère orthonormé du plan.

Partie A. Étude globale

1. Déterminer l'ensemble de définition D de f.

2. Démontrer que, pour tout xD,

f(x)=x+2+3x1.

3. Déterminer les limites de f aux bornes de D, en distinguant les limites à gauche et à droite en 1. En déduire l'existence d'une asymptote verticale, dont on donnera une équation.

4. Montrer que f est dérivable sur D et que, pour tout xD,

f(x)=(x1)23(x1)2.

5. Étudier le signe de f(x) sur D, puis dresser le tableau de variations complet de f en faisant apparaître les valeurs exactes des extremums locaux.

6. Montrer que la droite Δ d'équation y=x+2 est asymptote à C en et en +. Étudier la position de C par rapport à Δ selon le signe de x1, et préciser si C coupe Δ.

7. Déterminer les points d'intersection de C avec les axes du repère.

Partie B. Convexité

8. Calculer f(x) pour tout xD.

9. Dresser le tableau de signe de f et en déduire les intervalles de convexité et de concavité de f.

10. La courbe C admet-elle un point d'inflexion ? Justifier soigneusement.

11. Démontrer que le point Ω(1,3) est un centre de symétrie de C, c'est-à-dire que pour tout réel h0,  f(1+h)+f(1h)=6. Vérifier que ce résultat est cohérent avec les questions 5. et 9.

Partie C. Étude locale en 0 par un développement limité

On rappelle le développement limité usuel 11x=1+x+x2+x3+o ⁣(x3).

12. En remarquant que 3x1=31x, écrire le développement limité de f à l'ordre 3 en 0.

13. En déduire une équation de la tangente T0 à C au point d'abscisse 0, ainsi que la position locale de C par rapport à T0.

14. Vérifier que ce résultat est cohérent avec le signe de f(0) trouvé en partie B.

Partie D. Tracé

15. Décrire précisément le tracé de C : allure de chacune des deux branches, asymptotes, extremums, tangente en 0, et fenêtre de tracé conseillée.

Exercice 25 ★★★Comparaison série-intégrale : nature et équivalent d'une somme

Séries à termes positifs : comparaison, équivalence, négligeabilitéCritères de convergence : comparaison, équivalence, négligeabilité, convergence absolue

C'est la méthode reine pour étudier une série dont le terme général est f(k), avec f monotone : on encadre chaque terme par des aires, on somme, et l'on obtient à la fois la nature de la série et, quand elle diverge, un équivalent de ses sommes partielles.

Partie A. L'encadrement fondamental

Soit f une fonction continue, décroissante et positive sur [1,+[.

1. Soit k un entier tel que k1.

a. Justifier que, pour tout t[k,k+1], on a f(t)f(k). En intégrant cette inégalité entre k et k+1, démontrer que

kk+1f(t)dt    f(k).

b. Soit maintenant k2. Démontrer de même que

f(k)    k1kf(t)dt.

c. Interpréter ces deux inégalités en termes d'aires de rectangles.

2. Soit n1. On pose Sn=k=1nf(k).

a. En sommant l'inégalité 1. a. pour k allant de 1 à n et en utilisant la relation de Chasles, démontrer que 1n+1f(t)dtSn.

b. En sommant l'inégalité 1. b. pour k allant de 2 à n, démontrer que Snf(1)+1nf(t)dt.

c. Conclure par l'encadrement

1n+1f(t)dt    k=1nf(k)    f(1)+1nf(t)dt.

Partie B. Les séries de Riemann, redémontrées

Soit α un réel. On s'intéresse à la nature de la série n11nα.

3. Traiter d'abord le cas α0 à l'aide de la condition nécessaire de convergence d'une série.

4. On suppose désormais α>0 et l'on pose f(t)=1tα pour t1. Vérifier que f satisfait les hypothèses de la partie A.

5. Calculer 1Xdttα pour X>1, en distinguant les cas α=1 et α1.

6. En déduire la nature de n11nα dans chacun des cas suivants, en justifiant à chaque fois par l'encadrement de la question 2.

a. α>1

b. α=1

c. 0<α<1

7. Énoncer le résultat obtenu sous la forme d'un théorème, et donner dans le cas α>1 une majoration explicite de la somme de la série.

Partie C. Un équivalent de k=1n1k

On pose Un=k=1n1k pour n1.

8. À l'aide de la partie A appliquée à f(t)=1t, démontrer que, pour tout n1,

2n+12    Un    2n1.

9. En divisant cet encadrement par 2n, démontrer que Un2n quand n+.

10. Vérifier numériquement pour n=100, sachant que U10018,5896.

Partie D. Un équivalent de k=1nlnk

On pose Vn=k=1nlnk pour n1.

11. La fonction ln est croissante : l'encadrement de la partie A ne s'applique pas tel quel. Démontrer que, pour une fonction g continue, croissante et positive sur [1,+[ et pour tout entier k2,

k1kg(t)dt    g(k)    kk+1g(t)dt.

12. Calculer 1Xlntdt pour X>1, par une intégration par parties.

13. En sommant l'encadrement de la question 11. pour k allant de 2 à n, et en remarquant que ln1=0, démontrer que pour tout n2,

nlnnn+1    Vn    (n+1)ln(n+1)n.

Pour la majoration, on pourra majorer 2n+1lntdt par 1n+1lntdt.

14. En divisant par nlnn, démontrer que Vnnlnn.

15. En déduire un équivalent de ln(n!).

Exercice 26 ★★★Série harmonique et constante d'Euler

Série de terme général u(n+1) - u(n) et étude de la suite (u(n))Suites équivalentes : notation ~, opérations autorisées et interditesSéries usuelles : Riemann, géométrique et ses deux premières dérivées, exponentielle

Pour tout entier n1, on pose

Hn=k=1n1k=1+12+13++1n.

La suite (Hn)n1 s'appelle la suite harmonique. On utilisera librement l'inégalité ln(1+x)x, valable pour tout x>1.

Partie A. Un équivalent de Hn

1. Soit k un entier tel que k1.

a. Calculer kk+1dtt.

b. Démontrer que, pour tout t[k,k+1],  1k+11t1k, puis en déduire

1k+1    ln(k+1)ln(k)    1k.

2. En sommant convenablement l'encadrement précédent, démontrer que pour tout n1,

ln(n+1)    Hn    1+ln(n).

Pour la majoration, on sommera l'inégalité de gauche écrite à l'indice k1, pour k allant de 2 à n.

3. En déduire limn+Hn, puis démontrer que Hnln(n) quand n+.

4. Quelle est la nature de la série n11n ? Cet exemple contredit-il la condition nécessaire de convergence d'une série ?

Partie B. La constante d'Euler

Pour n1, on pose un=Hnln(n).

5. Démontrer que, pour tout n1,

un+1un=1n+1ln ⁣(n+1n).

6. Appliquer l'inégalité ln(1+x)x au réel x=1n+1, et en déduire que ln ⁣(n+1n)1n+1. Conclure que la suite (un) est décroissante.

7. Démontrer, à l'aide de la question 2., que un0 pour tout n1.

8. En déduire que la suite (un) converge. Sa limite est notée γ : c'est la constante d'Euler. Justifier que 0γ1.

9. En déduire que Hn=ln(n)+γ+o(1) quand n+, et expliquer pourquoi ce résultat est strictement plus précis que l'équivalent Hnln(n) de la question 3.

Partie C. Un encadrement numérique de γ

Pour n1, on pose vn=Hnln(n+1).

10. Démontrer, par un calcul analogue à celui de la question 5. et en appliquant cette fois l'inégalité ln(1+x)x au réel x=1n+1, que la suite (vn) est croissante.

11. Calculer unvn et démontrer que unvn0. En déduire que (vn) converge vers γ, puis que

n1,vn    γ    un.

12. On donne H504,499205, ln(50)3,912023 et ln(51)3,931826. En déduire un encadrement numérique de γ à trois décimales, et vérifier qu'il contient la valeur usuelle γ0,577.

13. Démontrer que 0unγ1n. Combien de termes de la suite harmonique faudrait-il calculer pour obtenir γ à 103 près par cette méthode ?

Partie D. Une application

14. À l'aide de la question 9., démontrer que

limn+(H2nHn)=ln2.

15. Retrouver ce résultat en écrivant H2nHn comme une somme de n termes, puis vérifier numériquement pour n=100, sachant que H200H1000,690653.

Exercice 27 ★★★★Une suite d'intégrales impropres et la factorielle

Intégration par parties avec passage à la limite et changement de variableIntégrale sur un intervalle quelconque : convergence et calcul par une primitive

Pour tout entier nN, on considère l'intégrale impropre

In=0+tnetdt.

Partie A. Convergence

1. Soit nN. Justifier que la fonction fn:ttnet est continue et positive sur [0,+[, et préciser en quelle borne l'intégrale est impropre.

2. Montrer que 0+et/2dt converge et calculer sa valeur, en intégrant d'abord sur un segment [0,X] puis en faisant tendre X vers +.

3. Soit nN.

a. Démontrer, par croissance comparée, que limt+tnet/2=0.

b. En déduire qu'il existe un réel Mn>0 tel que tnet/2Mn pour tout t0.

c. En écrivant et=et/2×et/2, démontrer que 0fn(t)Mnet/2 pour tout t0.

4. Conclure que In converge pour tout nN, en citant précisément le critère utilisé.

Partie B. Calcul de In

5. Calculer I0.

6. Soit nN et X>0.

a. À l'aide d'une intégration par parties sur le segment [0,X], démontrer que

0Xtn+1etdt=Xn+1eX+(n+1)0Xtnetdt.

b. Faire tendre X vers + et en déduire la relation de récurrence

In+1=(n+1)In.

7. Démontrer par récurrence que In=n! pour tout nN.

8. Vérifier le résultat en calculant directement I1 par une intégration par parties sur [0,X].

Partie C. Deux applications

9. On pose J=0+t3e2tdt.

a. Pour X>0, effectuer dans 0Xt3e2tdt le changement de variable affine u=2t.

b. En déduire que J converge et donner sa valeur exacte.

10. Soit α un réel. On considère Kα=0+tαetdt, où tα désigne eαlnt pour t>0.

a. Préciser, selon le signe de α, en quelle ou quelles bornes l'intégrale est impropre.

b. Étudier la convergence au voisinage de 0 à l'aide d'un équivalent et des intégrales de référence.

c. Étudier la convergence au voisinage de + en montrant que tαet=o ⁣(1t2).

d. Conclure : pour quelles valeurs de α l'intégrale Kα converge-t-elle ? Vérifier la cohérence avec la partie B.

Exercice 28 ★★★La suite des intégrales de t puissance n fois logarithme

Intégration par parties avec passage à la limite et changement de variableSéries usuelles : Riemann, géométrique et ses deux premières dérivées, exponentielle

Une intégrale impropre, une intégration par parties menée proprement sur un segment, une suite à étudier, une série à sommer : cet exercice enchaîne les quatre outils du chapitre sur un même objet. C'est un grand classique des écrits.

Pour tout entier naturel n, on pose

Jn=01tnlntdt.

On admet dans tout l'exercice la valeur de la somme de la série de Riemann d'exposant 2 :

k=1+1k2=π26.

Partie A. Convergence.

1. Soit nN. Justifier que ttnlnt est continue sur ]0,1] et préciser en quelle borne l'intégrale Jn est impropre.

2. On pose gn(t)=tnlnt pour t]0,1]. Montrer que gn est positive sur ]0,1], puis que tgn(t)0 lorsque t0+.

3. En déduire, par comparaison avec l'intégrale de Riemann 01dtt, que Jn converge.

Partie B. Calcul de Jn.

4. Soit ε]0,1[ et nN. À l'aide d'une intégration par parties sur le segment [ε,1], montrer que

ε1tnlntdt=εn+1lnεn+11εn+1(n+1)2.

5. En faisant tendre ε vers 0+, en déduire que

Jn=1(n+1)2.

6. Contrôler le résultat en calculant directement J0 par une autre primitive, puis donner les valeurs de J1, J2 et J3.

Partie C. Étude de la suite (Jn).

7. Déterminer le signe de Jn, le sens de variation de la suite (Jn)n0 et sa limite. Retrouver le sens de variation sans utiliser la formule de la question 5, en comparant directement les intégrandes.

Partie D. La série Jn.

8. Déterminer la nature de la série n0Jn, puis calculer sa somme.

9. Soit N1. Montrer, par comparaison avec des intégrales, que

1N+1    n=N+1(n+1)2    1N.

10. En déduire un encadrement de l'erreur commise en remplaçant n=0+Jn par n=09Jn. Donner la valeur de cette somme partielle à 106 près et commenter la qualité de l'approximation.

Exercice 29 ★★★Inégalité de convexité : moyenne arithmétique et moyenne géométrique

Fonctions convexes : inégalité de convexité, caractérisations par les dérivées, point d'inflexion

La concavité du logarithme est un résultat de cours qu'on se contente d'ordinaire d'énoncer. Cet exercice montre ce qu'on peut en tirer : d'abord la version à n points de l'inégalité de convexité, puis la célèbre comparaison entre moyenne arithmétique et moyenne géométrique, enfin l'inégalité de Young, qui est le point de départ de toutes les inégalités d'analyse.

On rappelle les résultats de cours suivants, admis :

  • la fonction ln est concave sur ]0,+[ ;
  • inégalité de convexité (deux points) : pour tous x>0, y>0 et tout t[0,1],
ln ⁣(tx+(1t)y)    tlnx+(1t)lny;
  • la courbe d'une fonction concave et dérivable est située au-dessous de chacune de ses tangentes.

Pour a>0 et n1, on note an=a1/n=e1nlna.

Partie A. L'inégalité de convexité à n points.

1. Retrouver la concavité de ln sur ]0,+[ par un calcul de dérivée seconde.

2. Pour n1, on note P(n) la propriété suivante : pour tous réels x1,,xn strictement positifs et tous réels t1,,tn positifs ou nuls de somme 1,

ln ⁣(i=1ntixi)    i=1ntilnxi.

Démontrer P(n) par récurrence sur n. Indication pour l'hérédité : traiter à part le cas tn+1=1 ; sinon, poser s=1tn+1>0 et y=1si=1ntixi.

3. En choisissant tous les ti égaux, en déduire l'inégalité arithmético-géométrique : pour tous réels x1,,xn strictement positifs,

x1x2xnn    x1+x2++xnn.

Partie B. L'inégalité lnxx1 et le cas d'égalité.

4. a. Déterminer l'équation de la tangente à la courbe de ln au point d'abscisse 1, et en déduire par concavité que lnxx1 pour tout x>0.

4. b. Retrouver cette inégalité en étudiant la fonction δ définie sur ]0,+[ par δ(x)=x1lnx, et préciser pour quelles valeurs de x l'égalité lnx=x1 a lieu.

5. Soient x1,,xn des réels strictement positifs et m=x1++xnn. En appliquant la question 4 à chacun des réels xim, redémontrer l'inégalité arithmético-géométrique, puis montrer que l'égalité a lieu si et seulement si x1=x2==xn.

6. Comparer moyenne géométrique et moyenne arithmétique dans les six cas suivants, en donnant les valeurs exactes puis, si besoin, une valeur approchée à 106 près.

a. x1=1, x2=4.

b. x1=2, x2=8.

c. x1=4, x2=9.

d. x1=1, x2=2, x3=4.

e. x1=1, x2=3, x3=9.

f. x1=x2=x3=5.

Partie C. L'inégalité de Young.

Soit p>1. On définit q par la relation 1p+1q=1.

7. Exprimer q en fonction de p et montrer que q>1.

8. Soient a>0 et b>0. En appliquant la question 2 avec n=2, aux poids t1=1p et t2=1q et aux réels x1=ap et x2=bq, démontrer l'inégalité de Young :

ab    app+bqq.

Étendre ensuite le résultat au cas où a=0 ou b=0.

9. Que devient cette inégalité pour p=q=2 ? Retrouver ce cas particulier par un calcul direct, puis vérifier l'inégalité de Young sur les trois exemples suivants.

a. a=3, b=2, p=q=2.

b. a=2, b=1, p=3.

c. a=1, b=1, p=q=2.

Exercice 30 ★★★Inégalité de Taylor-Lagrange et approximation du nombre e

Formule de Taylor avec reste intégral et inégalité de Taylor-LagrangeSéries usuelles : Riemann, géométrique et ses deux premières dérivées, exponentielle

L'inégalité de Taylor-Lagrange sert à majorer une erreur. Appliquée à la fonction exponentielle, elle fournit d'un seul coup une méthode de calcul de e, la convergence de la série exponentielle, et même la preuve que e n'est pas un nombre rationnel.

Pour nN, on pose

Sn=k=0n1k!etRn=eSn.

On rappelle l'encadrement 2<e<3, qui sera utilisé sans être redémontré.

Partie A. La majoration de l'erreur.

1. Justifier que exp est de classe C sur R et que, pour tout jN, exp(j)=exp. En déduire que

t[0,1],exp(n+1)(t)    3.

2. En appliquant l'inégalité de Taylor-Lagrange à exp entre 0 et 1 à l'ordre n, démontrer que

ek=0n1k!    3(n+1)!.

3. En déduire que la série k01k! converge et préciser sa somme.

Partie B. Combien de termes pour six décimales ?

4. Dresser le tableau des valeurs de (n+1)! et de 3(n+1)! pour n allant de 6 à 10.

5. Déterminer le plus petit entier n tel que la majoration de la question 2 garantisse une erreur inférieure ou égale à 106. Justifier la minimalité.

6. Donner les valeurs de S0,S1,,S9 arrondies à 109, et comparer à e2,718281828. L'erreur réelle est-elle conforme à la majoration ?

Partie C. Le nombre e est irrationnel.

7. En écrivant la formule de Taylor avec reste intégral pour exp entre 0 et 1 à l'ordre n, montrer que

Rn=01(1t)nn!etdt,puis queRn>0.

8. Soit nN. Montrer que n!Sn est un entier naturel.

9. On suppose par l'absurde qu'il existe deux entiers p1 et q1 tels que e=pq. Soit n un entier vérifiant nq et n3.

9. a. Montrer que n!e est un entier naturel, puis que n!Rn est un entier relatif.

9. b. Montrer que 0<n!Rn3n+1<1.

9. c. Conclure.

Exercice 31 ★★★Les deux dérivées de la série géométrique et leurs sommes

Séries usuelles : Riemann, géométrique et ses deux premières dérivées, exponentielleSéries numériques : sommes partielles, convergence, somme et reste

Le cours donne trois sommes de référence pour q<1 : celle de qn, celle de nqn1 et celle de n(n1)qn2. Les deux dernières s'appellent les dérivées de la série géométrique. On les utilise sans arrêt, mais on les redémontre rarement. C'est l'objet de cet exercice, où tout est obtenu à partir de sommes partielles finies, sans jamais dériver une somme infinie.

Dans tout l'exercice, q désigne un réel vérifiant q<1. On pose, pour n1,

An=k=1nkqk1et, pour n2,Bn=k=2nk(k1)qk2.

On rappelle que, pour q<1, les croissances comparées donnent nαqn0 pour tout α>0.

Partie A. Les deux formules par sommes partielles.

1. Soit n1. En calculant (1q)An et en effectuant un changement d'indice dans l'une des deux sommes, démontrer que

(1q)An=k=1nqk1nqn.

2. En déduire une expression close de An, puis montrer que la série n1nqn1 converge, de somme

n=1+nqn1=1(1q)2.

3. Soit n2. Par la même méthode, montrer que (1q)Bn=2An1n(n1)qn1.

4. En déduire que la série n2n(n1)qn2 converge, de somme

n=2+n(n1)qn2=2(1q)3.

Partie B. Les sommes dérivées.

5. Montrer que n1nqn converge et que sa somme vaut q(1q)2.

6. En écrivant n2=n(n1)+n, montrer que n1n2qn converge et que

n=1+n2qn=q(1+q)(1q)3.

7. Applications numériques : donner les valeurs exactes des quatre sommes précédentes pour q=12, puis pour q=13.

a. Cas q=12.

b. Cas q=13.

Partie C. Un coût moyen pondéré.

Un atelier remplace une pièce d'usure par paliers successifs, numérotés n=1,2,3, Le palier de rang n intervient dans le budget annuel avec le coefficient de pondération

pn=(1q)qn1,ouˋ q]0,1[ est un parameˋtre d’usure fixeˊ,

et le coût attaché au palier de rang n vaut Cn=200n+50n2 euros. On appelle coût moyen pondéré le réel

C(q)=n=1+pnCn.

8. Vérifier que les coefficients pn sont positifs et que n=1+pn=1. Justifier que C(q) est bien défini.

9. Établir les deux formules

n=1+npn=11qetn=1+n2pn=1+q(1q)2.

10. En déduire une expression de C(q), puis calculer C ⁣(12), C ⁣(13) et C(0,8). Commenter l'influence du paramètre q.

Exercice 32 ★★★Vitesse de convergence d'une suite récurrente par le développement limité

Développements limités en 0 : Taylor-Young, DL usuels, unicité, somme et produitSuites équivalentes : notation ~, opérations autorisées et interdites

Montrer qu'une suite récurrente converge vers 0 est une chose ; savoir à quelle vitesse en est une autre. La méthode qui suit, dite « du passage à l'inverse », est le grand classique du sujet : elle transforme une convergence très lente en une croissance affine, que l'on sait décrire.

Soit u0]0,1]. On définit la suite (un)n0 par

nN,un+1=ln ⁣(1+un).

On rappelle deux résultats.

  • Développement limité de ln(1+x) en 0 à l'ordre 3 :
ln(1+x)=xx22+x33+o ⁣(x3).
  • Théorème de Cesàro (démontré dans la fiche du chapitre sur les suites, ici admis) : si une suite réelle (wn)n0 converge vers un réel , alors
1nk=0n1wkn+.

Partie A. La suite est bien définie et converge vers 0.

1. Montrer par récurrence que, pour tout nN, un est bien défini et un>0.

2. Démontrer que ln(1+x)x pour tout x>1, avec égalité si et seulement si x=0.

3. En déduire que la suite (un) est strictement décroissante.

4. Montrer que (un) converge, puis que sa limite vaut 0.

Partie B. La vitesse de convergence.

On pose, pour tout nN, vn=1un.

5. Justifier que vn est bien défini pour tout n, et que vn+.

6. On considère la fonction g définie pour x]0,1] par

g(x)=1ln(1+x)1x.

6. a. Justifier que g est bien définie sur ]0,1] et montrer que

g(x)=xln(1+x)xln(1+x).

6. b. À l'aide du développement limité rappelé plus haut, écrire le numérateur N(x)=xln(1+x) et le dénominateur D(x)=xln(1+x) sous la forme x2×(), puis en déduire

limx0+g(x)=12.

On veillera à ne jamais composer ni diviser deux développements limités : on calcule séparément les limites de N(x)x2 et de D(x)x2, puis on conclut par quotient de limites.

7. En déduire que vn+1vn12.

8. À l'aide du théorème de Cesàro appliqué à la suite (vn+1vn), montrer que vnn12, puis conclure que

vnn2etun2n.

9. Contrôle numérique. On prend u0=1. Calculer u1,,u5 à 106 près, puis comparer nun à 2 pour n=5, n=10 et, à l'aide des valeurs fournies ci-dessous, pour n=100 et n=1000 :

u1000,019857233,u10000,002000091.

Exercice 33 ★★★Développement asymptotique du reste d'une série de Riemann

Séries à termes positifs : comparaison, équivalence, négligeabilitéCritères de convergence : comparaison, équivalence, négligeabilité, convergence absolueSuites équivalentes : notation ~, opérations autorisées et interdites

Quand une série converge, on sait rarement calculer sa somme, mais on sait presque toujours estimer son reste. Ce problème mène l'estimation jusqu'au deuxième ordre sur l'exemple le plus classique de tous, celui de la série de Riemann d'exposant 2. La technique, un encadrement par des sommes télescopiques, se transpose telle quelle à d'autres séries.

Pour n1, on pose

Rn=k=n+1+1k2.

Partie A. Existence et premier encadrement.

1. Justifier que la série k11k2 converge, et que Rn est bien défini pour tout n1.

2. Soit k2. Montrer que

kk+1dtt2    1k2    k1kdtt2.

3. En sommant ces inégalités pour k variant de n+1 à M, puis en faisant tendre M vers +, démontrer que

1n+1    Rn    1n.

4. En déduire Rn1n, puis que Rn1n0.

Partie B. Un cran plus loin.

Le premier encadrement ne suffit pas : ses deux bornes 1n+1 et 1n diffèrent d'un terme d'ordre 1n2, exactement l'ordre du terme que l'on cherche. Il faut donc l'affiner.

5. Montrer que, pour tout k1,

1k2=1k(k+1)+1k2(k+1).

6. Calculer k=n+1+1k(k+1) par télescopage, et en déduire que

Rn=1n+1+Tn,ouˋ Tn=k=n+1+1k2(k+1).

On justifiera au passage la convergence de la série définissant Tn.

7. Soit k2. Établir l'encadrement

1k(k+1)(k+2)    1k2(k+1)    1(k1)k(k+1).

8. Vérifier les deux identités, valables pour k2 :

1k(k+1)(k+2)=12(1k(k+1)1(k+1)(k+2)),1(k1)k(k+1)=12(1(k1)k1k(k+1)).

En déduire par télescopage que

12(n+1)(n+2)    Tn    12n(n+1).

9. On pose Ln=1n+1+12(n+1)(n+2) et Un=1n+1+12n(n+1), de sorte que LnRnUn. Démontrer les deux identités

Un1n+12n2=12n2(n+1)etLn1n+12n2=2n2n2(n+1)(n+2).

10. En déduire que

Rn=1n12n2+o ⁣(1n2).

11. Applications numériques pour n=10 et n=100. On donne les valeurs exactes arrondies à 109 :

R100,095166336,R1000,009950167.

Comparer avec 1n, avec 1n12n2, et avec l'encadrement LnRnUn de la question 9. Commenter.

Exercice 34 ★★★★Suite définie implicitement : existence, limite et développement asymptotique

Suites équivalentes : notation ~, opérations autorisées et interditesSuites négligeables : notation o et croissances comparéesÉtude complète d'un graphe : asymptotes, position, points d'inflexion

Aucune formule ne donne xn : chaque terme est défini comme la solution d'une équation. On va pourtant en obtenir un développement asymptotique à trois termes, uniquement en réinjectant l'équation dans elle-même. C'est le schéma type des problèmes de concours sur les suites implicites.

Pour tout entier n1, on considère l'équation d'inconnue x>0

x+lnx=n.(En)

Partie A. Existence, unicité et premières propriétés.

On note φ la fonction définie sur ]0,+[ par φ(x)=x+lnx.

1. Étudier φ : dérivée, sens de variation, limites en 0+ et en +. Dresser son tableau de variations.

2. En déduire que, pour tout n1, l'équation (En) admet une unique solution, notée xn, dans ]0,+[.

3. Déterminer x1.

4. Montrer que xn1 pour tout n1, puis que xnn.

5. Démontrer que la suite (xn)n1 est strictement croissante.

6. Montrer que xn+.

Partie B. Développement asymptotique.

7. À partir de l'égalité xn=nlnxn, montrer que lnxnn0, puis que

xnn.

8. On pose εn=xnn+lnn. Montrer que

εn=ln ⁣(xnn),

puis que εn0. En déduire le développement asymptotique à deux termes

xn=nlnn+o(1).

9. On pose maintenant hn=xnn1, de sorte que εn=ln ⁣(1+hn).

9. a. Exprimer hn en fonction de n, lnn et εn, et vérifier que hn0.

9. b. Montrer que εnn=o ⁣(lnnn), puis que hnlnnn.

9. c. En utilisant l'équivalent ln(1+u)u quand u0, en déduire que

εnlnnn,c’est-aˋ-direxn=nlnn+lnnn+o ⁣(lnnn).

10. Contrôle numérique. On donne les valeurs de xn arrondies à 106 :

x107,929420,x10095,441487,x1000993,099169.

Comparer, pour ces trois valeurs de n, les trois approximations successives n, nlnn et nlnn+lnnn. Commenter.

Exercice 35 ★★★★Une fonction définie par une intégrale impropre

Critères de convergence : comparaison, équivalence, négligeabilité, convergence absolueIntégration par parties avec passage à la limite et changement de variableExtremum sur un segment et sur un intervalle ouvert, point critique, condition d'ordre 2

La fonction étudiée ici est définie par une intégrale impropre dépendant d'un paramètre, et elle ne s'exprime à l'aide d'aucune fonction usuelle. On l'étudie pourtant complètement : existence, signe, variations, comportement aux deux bouts, équivalent en +. Tout est obtenu par des encadrements explicites de l'intégrande, jamais en dérivant sous le signe intégral.

Pour x>0, on pose

F(x)=0+ett+xdt.

Partie A. Existence, signe et variations.

1. Soit x>0. Justifier que tett+x est continue sur [0,+[, et préciser en quelle borne l'intégrale est impropre.

2. Montrer que 0+etdt converge et vaut 1, puis en déduire par comparaison que F(x) est bien défini pour tout x>0.

3. Soient 0<x<y. Établir l'égalité

F(x)F(y)=0+(yx)et(t+x)(t+y)dt,

puis, en minorant l'intégrande sur [0,1], montrer que

F(x)F(y)    (yx)e1(1+x)(1+y)  >  0.

Conclure sur le sens de variation de F et sur son signe.

4. Soit [a,b] un segment inclus dans ]0,+[. Justifier que F admet sur [a,b] un maximum et un minimum, et préciser en quels points ils sont atteints.

5. Démontrer que F n'admet ni maximum ni minimum sur l'intervalle ouvert ]0,+[.

Partie B. Comportement en +.

6. Montrer que, pour tout A>0,

0Atetdt=1(A+1)eA,

à l'aide d'une intégration par parties sur le segment [0,A]. En déduire que 0+tetdt converge et vaut 1.

7. Soient x>0 et t0. Démontrer l'encadrement

1xtx2    1t+x    1x.

8. En intégrant cet encadrement, en déduire que

1x1x2    F(x)    1xpour tout x>0.

9. En déduire limx+F(x), puis l'équivalent F(x)1x en +.

Partie C. Comportement en 0+.

10. Soit x>0. Montrer que

F(x)    e1ln ⁣(1+xx),

en minorant l'intégrande sur le segment [0,1].

11. En déduire limx0+F(x).

12. Établir également la majoration

F(x)    ln ⁣(1+xx)+e1,

et commenter la vitesse à laquelle F explose en 0+.

13. Dresser le tableau de variations complet de F, et vérifier la cohérence de l'ensemble avec les valeurs approchées suivantes, obtenues par calcul numérique :

x 0,1 1 2 10 100
F(x) 2,014643 0,596347 0,361329 0,091563 0,009902

Exercice 36 ★★★★Synthèse : convexité, Taylor-Lagrange et étude d'une suite récurrente

Fonctions convexes : inégalité de convexité, caractérisations par les dérivées, point d'inflexionFormule de Taylor avec reste intégral et inégalité de Taylor-LagrangeSérie de terme général u(n+1) - u(n) et étude de la suite (u(n))

Ce problème rassemble presque tout le chapitre autour d'un seul objet : une fonction concave, la suite récurrente qu'elle engendre, la série télescopique qui en découle, et l'inégalité de Taylor-Lagrange qui donne la vitesse. On terminera par un contrôle exact, qui permet de vérifier chaque résultat obtenu par la méthode générale.

On note f la fonction définie sur [0,+[ par

f(x)=x1+x.

Soit u0>0. On définit la suite (un)n0 par un+1=f ⁣(un) pour tout nN.

Consigne importante. Jusqu'à la question 15 incluse, on n'utilisera aucune formule explicite donnant un en fonction de n : c'est seulement à la question 16 qu'on en découvrira une, et elle servira alors de vérification.

Partie A. Étude de f.

1. Montrer que f est de classe C sur [0,+[ et vérifier l'écriture f(x)=111+x.

2. Calculer f, f et f. En déduire que f est strictement croissante et concave sur [0,+[.

3. Déterminer l'équation de la tangente à la courbe de f au point d'abscisse 0, et en déduire par concavité que

f(x)    xpour tout x0.

4. Retrouver cette inégalité par un calcul direct de xf(x), et préciser le cas d'égalité.

Partie B. La suite (un).

5. Montrer par récurrence que un>0 pour tout nN.

6. Démontrer que la suite (un) est strictement décroissante.

7. En déduire que (un) converge, et montrer que sa limite vaut 0.

Partie C. Une série télescopique.

8. Calculer unun+1 en fonction de un, et vérifier que

unun+1=un21+un.

9. Calculer la somme partielle k=0n(ukuk+1) et en déduire la nature et la somme de la série n0(unun+1).

10. En déduire que la série n0un21+un converge, et donner sa somme.

11. Montrer que un21+unun2, puis en déduire la nature de la série n0un2.

Partie D. Vitesse de convergence par Taylor-Lagrange.

12. Montrer que f(t)6 pour tout t0.

13. En appliquant l'inégalité de Taylor-Lagrange à f entre 0 et x à l'ordre 2, démontrer que

f(x)x+x2    x3pour tout x0.

14. En déduire qu'il existe une suite (rn) telle que

unun+1=un2+rnavecrnun3.

15. On pose vn=1un.

15. a. Justifier que vn est bien défini, et montrer que

vn+1vn=1+rnun21unrnun.

15. b. En déduire que vn+1vn1.

15. c. À l'aide du théorème de Cesàro (démontré dans la fiche du chapitre sur les suites, ici admis : si wn, alors 1nk=0n1wk), montrer que vnn, puis que

un1n.

16. Contrôle exact. Montrer que vn+1vn=1 exactement, en déduire une expression de un en fonction de n et de u0, et retrouver l'équivalent de la question 15. c.

17. Déterminer la nature de la série n0un et comparer avec le résultat de la question 11.

18. Application numérique : on prend u0=1. Donner u0,u1,,u5, puis u100, et vérifier la cohérence avec les questions 16 et 9.

Bloqué sur « Compléments d'analyse » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.