ECG approfondies · Chapitre 08 · Second semestre

Devoir surveillé — Compléments d'analyse

Sujet type, 180 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 180 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (3 points) — Six questions courtes

Consignes générales. Calculatrice interdite. Les cinq exercices sont indépendants, et le résultat d'une question peut toujours être admis pour traiter les suivantes. La rédaction est notée : on justifie la convergence d'une série ou d'une intégrale avant d'en manipuler la somme, et toute intégration par parties sur une intégrale impropre se mène sur un segment, suivie d'un passage à la limite. Les six questions ci-dessous sont indépendantes et appellent chacune une justification d'une ou deux lignes.

1. Donner un équivalent simple de chacune des expressions suivantes, à la limite indiquée. (0,5 point)

a. an=ln(n+1)ln(n1), en +.

b. bn=1cos1nsin1n2, en +.

c. φ(x)=e3x1sinx+x2, en 0.

d. ψ(x)=ln(1+x3)1cosx, en 0.

2. Déterminer la nature de chacune des séries suivantes. (0,75 point)

a. n1(1cos1n)

b. n1n+1nn

c. n1(1)nnn+1

d. n21n1+1n

3. Déterminer la nature de chacune des intégrales suivantes. (0,5 point)

a. 01dtet1

b. 1+(1cos1t)dt

c. 0+ln(1+t)t2dt

4. Déterminer, par somme et produit de développements limités usuels, le développement limité à l'ordre 3 en 0 de chacune des fonctions suivantes. (0,5 point)

a. x(1+x)ln(1+x)

b. xsinx1+x

5. Soit g:x1+x2, définie sur R. Démontrer que g est convexe, puis que sa courbe admet une asymptote en + et une en , dont on donnera les équations et la position relative. (0,5 point)

6. Vrai ou faux ? Démontrer, ou donner un contre-exemple explicite. On admettra que n1(1)nn converge. (0,25 point)

a. Si un et vn divergent toutes les deux, alors (un+vn) diverge.

b. Si un converge et si la suite (vn) est bornée, alors unvn converge.

Exercice 2 (4 points) — Deux intégrales impropres, deux justifications différentes

Les deux parties sont indépendantes. On utilisera librement l'inégalité ln(1+u)u, valable pour tout u>1.

Partie A. Une fonction positive, et un piège de rédaction.

On considère l'intégrale

J=0+dt(t+1)(t+2).

1. Démontrer que J converge. (0,5 point)

2. Démontrer que les deux intégrales 0+dtt+1 et 0+dtt+2 divergent. Un élève écrit alors :

« Puisque 1(t+1)(t+2)=1t+11t+2, on a J=0+dtt+10+dtt+2. »

Expliquer précisément pourquoi cette écriture n'a aucun sens. (0,75 point)

3. Soit A>0. Calculer 0Adt(t+1)(t+2), puis, en faisant tendre A vers +, en déduire la valeur de J. (0,75 point)

4. Pour A>0, on note ρ(A)=J0Adt(t+1)(t+2) l'erreur commise en tronquant l'intégrale en A. Exprimer ρ(A), en donner un équivalent simple quand A tend vers +, et démontrer que A99 suffit à garantir ρ(A)102. (0,5 point)

Partie B. Une fonction qui change de signe.

On considère l'intégrale

I=0+etsintdt.

5. Démontrer que I converge. On précisera pourquoi les critères de comparaison de la partie A ne s'appliquent pas directement ici. (0,5 point)

6. Soit A>0. On pose IA=0Aetsintdt et KA=0Aetcostdt. À l'aide de deux intégrations par parties menées sur le segment [0,A], démontrer que

IA=1eA(sinA+cosA)2.

(0,75 point)

7. En déduire la valeur de I. On soignera la justification du passage à la limite. (0,25 point)

Exercice 3 (3,5 points) — La fonction qui s'élève à sa propre puissance

Pour tout réel x>0, on pose

f(x)=xx=exlnx.

On note C la courbe représentative de f dans un repère orthonormé.

1. Justifier que f est bien définie, strictement positive et de classe C sur ]0,+[, puis déterminer ses limites en 0+ et en +. (0,5 point)

2. Calculer f(x), étudier son signe et dresser le tableau de variations de f sur ]0,+[, limites comprises. On précisera la valeur exacte du minimum et le point où il est atteint. (0,75 point)

3. Déterminer un équivalent simple de f(x)1 quand x tend vers 0+. En déduire la position de C par rapport à la droite d'équation y=1 au voisinage de 0+. (0,5 point)

4. Démontrer que, pour tout x>0,

f(x)=xx(1x+(1+lnx)2),

et en déduire la convexité de f sur ]0,+[ ainsi que le nombre de points d'inflexion de C. (0,75 point)

5. Déterminer une équation de la tangente T à C au point d'abscisse 1, puis en déduire que

xxxpour tout x>0,

en précisant le cas d'égalité. (0,5 point)

6. La fonction f admet-elle un minimum sur l'intervalle ouvert ]0,+[ ? Un maximum ? Commenter au regard du théorème des bornes atteintes. (0,25 point)

7. Déterminer la nature des deux séries suivantes. (0,25 point)

a. n11n1/n

b. n11nn

Exercice 4 (3,5 points) — Quand un produit infini se ramène à une série

On utilisera librement l'encadrement 0ln(1+u)u, valable pour tout u0.

Partie A. Un produit que l'on sait calculer.

Pour tout entier n2, on pose

Pn=k=2n(11k2).

1. Vérifier que, pour tout entier k2,  11k2=(k1)(k+1)k2, puis, en séparant le produit en deux, démontrer que Pn=n+12n. (0,75 point)

2. En déduire le sens de variation de la suite (Pn)n2 et sa limite. (0,25 point)

Partie B. Un produit que l'on ne sait pas calculer.

Soit (ak)k1 une suite de réels strictement positifs. On pose, pour n1,

Πn=k=1n(1+ak)etLn=lnΠn.

3. Justifier que Πn>0, que Ln=k=1nln(1+ak), et que les suites (Ln) et (Πn) sont croissantes. (0,25 point)

4. On suppose que la série k1ak converge, de somme S. Démontrer que la suite (Πn) converge vers un réel L vérifiant 1<LeS. (0,5 point)

5. On suppose maintenant que ak0 et que la série k1ak diverge. Démontrer que Πn+. (0,75 point)

Partie C. Deux applications, et une mise en garde.

6. Application avec ak=1k. Déterminer la limite de Πn de deux façons : d'abord par la question 5., puis par un calcul direct de Πn analogue à celui de la partie A. (0,5 point)

7. Application avec ak=12k. Justifier que (Πn) converge et donner un encadrement de sa limite. (0,25 point)

8. Expliquer pourquoi la partie B ne s'applique pas au produit Pn de la partie A, et dire ce que le calcul de la partie A permet néanmoins d'affirmer sur la nature de la série k2ln ⁣(11k2) et sur sa somme. (0,25 point)

Exercice 5 (6 points) — Problème : combien de décimales gagne-t-on à chaque étape ?

Résoudre une équation à la main est rarement possible ; l'approcher l'est presque toujours. Ce problème étudie la méthode la plus utilisée pour cela, dite méthode de Newton, sur une équation dont aucune formule ne donne la solution. Le but n'est pas de montrer que la méthode marche, mais de mesurer à quelle vitesse elle marche.

Les parties se donnent la main, mais on pourra admettre le résultat d'une question pour traiter les suivantes.

On rappelle la formule de Taylor avec reste intégral à l'ordre 1, admise ici sous la forme suivante : si g est de classe C2 sur un intervalle I et si a et b sont deux points de I, alors

g(b)=g(a)+g(a)(ba)+ab(bt)g(t)dt.

La calculatrice est interdite. Les seules valeurs numériques autorisées sont

e2,7183,e0,41,4918,e0,51,6487.

On considère la fonction f définie sur R par

f(x)=ex+x2.

Partie A. L'équation et sa solution.

1. Justifier que f est de classe C sur R, calculer f et f, et en déduire que f est strictement croissante et convexe sur R. Déterminer les limites de f en et en +. (0,5 point)

2. Démontrer que l'équation f(x)=0 admet une unique solution réelle, notée α, puis que 0,4<α<0,5. (0,75 point)

Partie B. La suite de Newton converge vers α.

On définit la suite (un)n0 par

u0=0,5etun+1=unf(un)f(un)=uneun+un2eun+1pour tout nN.

3. Justifier que la suite (un) est bien définie. Interpréter géométriquement un+1 à partir de la tangente à la courbe de f au point d'abscisse un. Calculer une valeur approchée de u1 à 103 près. (0,5 point)

4. Soit x un réel quelconque. On pose

R(x)=xα(αt)f(t)dt.

a. À l'aide de la formule de Taylor rappelée ci-dessus, démontrer que f(x)+f(x)(αx)=R(x). (0,25 point)

b. Démontrer que R(x)0, en distinguant les cas xα et x>α. (0,5 point)

c. En déduire que, pour tout réel x,  xf(x)f(x)α, puis que unα pour tout nN. (0,25 point)

5. Démontrer que la suite (un) est décroissante, puis que αun0,5 pour tout nN. (0,25 point)

6. En déduire que (un) converge, puis que sa limite est α. (0,5 point)

Partie C. La vitesse de convergence.

Pour tout nN, on pose dn=unα, qui est positif d'après la partie B.

7. Démontrer que, pour tout t[0;0,5], on a f(t)2 et f(t)2. (0,25 point)

8. En reprenant la question 4., démontrer que R(un)dn2, puis que

0dn+1dn22pour tout nN.

(0,75 point)

9. On pose εn=dn2. Démontrer que ε00,05 et que εn+1εn2, puis établir par récurrence que

0dn2×(0,05)2npour tout nN.

(0,75 point)

10. En déduire une majoration de d3, et conclure sur le nombre de décimales exactes de α que fournit u3. (0,25 point)

Partie D. Ce que la vitesse change.

11. Démontrer que 2nn+1 pour tout nN, puis en déduire que la série n0dn converge et que sa somme est majorée par 219. Comparer avec une méthode d'approximation dont l'erreur vérifierait dn2n. (0,5 point)

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.