ECG approfondies · Chapitre 13 · Quatrième semestre
Exercices — Compléments d'algèbre bilinéaire
34 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.
Sommaire
34 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.
Exercice 1 ★★★★ — Reconnaître un endomorphisme symétrique sur sa matrice
Endomorphisme symétrique d'un espace euclidien : définition et premières propriétésCaractérisation matricielle : symétrique si et seulement si sa matrice en base orthonormée l'est
Dans tout l'exercice, est muni de son produit scalaire canonique , les vecteurs de étant identifiés aux matrices colonnes. La base canonique est orthonormée pour ce produit scalaire.
On rappelle qu'un endomorphisme d'un espace euclidien est dit symétrique lorsque
et que est symétrique si et seulement si sa matrice dans une base orthonormée est une matrice symétrique. Tout l'objet de cet exercice est de manipuler ce va-et-vient entre l'endomorphisme et sa matrice, et de comprendre pourquoi l'hypothèse « base orthonormée » n'est pas décorative.
Partie A. Repérer une matrice symétrique
1. Parmi les matrices d'ordre suivantes, indiquer celles qui sont symétriques. Pour chaque matrice non symétrique, citer un couple de coefficients qui ne se correspondent pas.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
2. Même question pour les matrices d'ordre suivantes.
g.
h.
i.
j.
3. Même question pour les deux matrices d'ordre suivantes.
4. Déterminer les réels , et pour lesquels la matrice suivante est symétrique.
5. Déterminer les réels et pour lesquels la matrice suivante est symétrique.
6. Déterminer les réels pour lesquels la matrice est symétrique.
Partie B. Stabilité de par combinaison linéaire
On pose
7. Calculer , et , et vérifier sur ces trois exemples que le résultat est encore une matrice symétrique.
8. Démontrer, pour tout , que est un sous-espace vectoriel de .
9. Donner une base de et en déduire sa dimension.
Partie C. Le produit, lui, ne suit pas
10. On pose et . Vérifier que et sont symétriques, puis calculer et . Le produit de deux matrices symétriques est-il symétrique ?
11. Soient et deux matrices symétriques d'ordre . Exprimer en fonction de et de , puis démontrer l'équivalence
12. En revanche, démontrer que si est symétrique, alors est symétrique.
Partie D. Retour à la définition
13. On pose , et . Calculer et , et comparer.
14. Soit . Exprimer et à l'aide de , , et , puis démontrer que
Indication pour le sens direct : appliquer l'hypothèse à et .
Partie E. Pourquoi la base doit être orthonormée
On travaille dans et on pose , , puis .
15. Vérifier que est une base de , mais qu'elle n'est pas orthonormée.
16. Soit l'endomorphisme de défini par . Écrire la matrice de dans et justifier que est un endomorphisme symétrique.
17. Calculer et , les exprimer dans la base , et écrire la matrice de dans . Est-elle symétrique ? Conclure.
18. Réciproquement, soit l'endomorphisme de dont la matrice dans est . Déterminer et , puis calculer et . L'endomorphisme est-il symétrique ?
19. Énoncer en une phrase la conclusion des questions 17. et 18.
Exercice 2 ★★★★ — Matrices orthogonales : premiers réflexes
Matrices orthogonales : colonnes orthonormées, inverse égale à la transposée
L'espace est muni de son produit scalaire canonique , les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes.
On rappelle qu'une matrice est dite orthogonale lorsque
ce qui équivaut à dire que est inversible d'inverse , ou encore que les colonnes de forment une base orthonormée de .
Le piège de cet exercice est annoncé dès maintenant : des colonnes deux à deux orthogonales ne suffisent pas, il faut aussi qu'elles soient de norme .
Partie A. Reconnaître
1. Pour chacune des matrices d'ordre suivantes, calculer et dire si la matrice est orthogonale.
a.
b.
c.
d.
e.
2. Même question pour les matrices d'ordre suivantes. On pourra se contenter de calculer les normes des colonnes et leurs produits scalaires deux à deux.
f.
g.
h.
3. Parmi les matrices précédentes, lesquelles ont des colonnes deux à deux orthogonales sans être orthogonales ? Quelle est l'erreur de vocabulaire que cette question invite à ne plus commettre ?
Partie B. Fabriquer, puis inverser
4. Normaliser les colonnes de , puis celles de , afin d'obtenir dans chaque cas une matrice orthogonale. On notera et les matrices obtenues.
5. Donner, sans aucun pivot de Gauss, les inverses de , de et de .
6. Vérifier par le calcul que la matrice trouvée à la question 5. pour est bien son inverse.
Partie C. Une matrice orthogonale conserve le produit scalaire
On pose dans cette partie , ainsi que et .
7. Calculer et , puis , , et . Que constate-t-on ?
8. Calculer et . Que constate-t-on ?
9. Démontrer, pour orthogonale quelconque et , quelconques dans , les deux égalités
Partie D. Quelques propriétés à savoir refaire
10. Démontrer que le produit de deux matrices orthogonales d'ordre est une matrice orthogonale. Vérifier ensuite ce résultat en calculant et en contrôlant que la matrice obtenue est orthogonale.
11. Démontrer que si est orthogonale, alors est orthogonale.
12. Démontrer que si est orthogonale, alors les lignes de forment elles aussi une base orthonormée de .
13. Démontrer que tous les coefficients d'une matrice orthogonale appartiennent à .
14. Démontrer qu'une matrice diagonale est orthogonale si et seulement si pour tout . Combien y a-t-il de telles matrices ? Que devient alors le cas de ?
15. Soit une matrice orthogonale et une valeur propre réelle de . Démontrer que .
Exercice 3 ★★★★ — Projeté orthogonal sur une droite
Projection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matrice
L'espace est muni de son produit scalaire canonique , les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes. On pose
Partie A. La formule de projection sur une droite
1. Calculer , puis donner un vecteur tel que soit une base orthonormée de la droite .
2. Soit . On cherche , l'unique vecteur de tel que appartienne à . En écrivant avec et en traduisant la condition d'orthogonalité, démontrer que
3. Vérifier que cette formule s'écrit aussi , où est le vecteur unitaire de la question 1.
Partie B. Cinq projections
4. Calculer pour chacun des vecteurs suivants.
a.
b.
c.
d.
e.
5. Interpréter les résultats obtenus pour et pour : que peut-on dire de ces deux vecteurs vis-à-vis de ?
6. Pour , et , vérifier que le vecteur est bien orthogonal à .
Partie C. La matrice de la projection
7. En repartant de la formule de la question 2. et en identifiant à une matrice colonne, démontrer que la matrice de dans la base canonique est
Écrire explicitement cette matrice.
8. Retrouver les projetés de et de en calculant et .
9. Vérifier que , puis démontrer que de deux façons : par le calcul matriciel direct, puis en utilisant l'écriture et l'égalité .
10. Calculer la trace de . Que reconnaît-on ?
11. Écrire la matrice de la projection orthogonale sur et vérifier sur que le résultat est cohérent avec la question 4.c.
12. Vérifier sur l'égalité de Pythagore , puis en déduire l'inégalité dans le cas général.
Partie D. Une droite de
L'espace est muni de son produit scalaire canonique. On pose et .
13. Calculer , puis pour , et .
14. Écrire la matrice dans la base canonique de .
15. Pour quelconque, exprimer le coefficient tel que en fonction des coordonnées de . Quelle quantité statistique reconnaît-on ?
Exercice 4 ★★★★ — Projeté orthogonal sur un plan de l'espace
Projection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matrice
L'espace est muni de son produit scalaire canonique , les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes. On considère
L'exercice consiste à projeter orthogonalement sur de deux manières différentes, puis à comparer. On notera et la matrice d'ordre dont tous les coefficients valent .
Partie A. Le plan, sa base orthonormée, son orthogonal
1. Justifier que est un sous-espace vectoriel de de dimension , et vérifier que et forment une base de .
2. Vérifier que et sont orthogonaux, calculer leurs normes, puis en déduire une base orthonormée de .
3. Rappeler la formule donnant à partir d'une base orthonormée de .
4. Démontrer que .
Partie B. Méthode A, par une base orthonormée de
5. Calculer pour en utilisant la base orthonormée .
6. Faire de même pour .
7. Faire de même pour . Le résultat pouvait-il être prévu ?
Partie C. Méthode B, en passant par
8. Justifier l'égalité , puis en déduire l'expression
9. Recalculer , et par cette deuxième méthode et vérifier que l'on retrouve les résultats de la partie B.
10. Pour chacun des trois vecteurs, vérifier que appartient bien à et que est colinéaire à .
Partie D. La matrice de la projection
11. À l'aide de la question 8., démontrer que la matrice de dans la base canonique est
et écrire cette matrice explicitement.
12. Retrouver par la méthode A, en calculant .
13. Vérifier que est symétrique, puis démontrer que . On pourra commencer par calculer .
14. Calculer , puis déterminer et .
15. Des deux méthodes, laquelle est la plus rapide ici ? Et si l'on avait dû projeter sur une droite de ? Énoncer la règle pratique à retenir.
Exercice 5 ★★★★ — Distance d'un vecteur à une droite puis à un plan
Distance d'un vecteur à un sous-espace et caractérisation du projeté par minimisationProjection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matrice
Les espaces et sont munis de leur produit scalaire canonique , les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes.
On rappelle que, pour un sous-espace d'un espace euclidien et un vecteur , la distance de à est
L'exercice fait fonctionner en parallèle cette formule et sa variante
et vérifie numériquement que le minimum est bien atteint en .
Partie A. Distance à une droite de
On pose et .
1. Calculer .
2. Pour , calculer , puis à l'aide de la formule .
3. Recalculer à l'aide de la formule et vérifier que l'on trouve la même valeur.
4. Mener les deux mêmes calculs pour .
Partie B. Distance à un plan de
On pose maintenant
5. Justifier que , où est la droite de la partie A.
6. Pour , calculer et vérifier que le résultat appartient bien à .
7. En déduire par la formule , puis retrouver la valeur par la formule .
8. Démontrer que, pour un hyperplan de vecteur normal (c'est-à-dire avec ), on a
et vérifier cette formule sur le calcul de la question 7.
9. Vérifier l'égalité et l'expliquer.
Partie C. Vérifier que c'est bien le minimum
10. Vérifier que et appartiennent à , puis calculer et avec . Comparer à .
11. Pour chacun de ces deux vecteurs, vérifier numériquement l'égalité
et expliquer d'où elle vient.
Partie D. Dans
On pose , , ,
12. Calculer par les deux formules.
13. Calculer , vérifier qu'il appartient à , puis calculer par les deux formules ainsi que par la formule de la question 8.
14. Le vecteur est-il plus proche de ou de ?
Partie E. Trois questions de cours
15. Soit un sous-espace d'un espace euclidien et . Démontrer que, pour tout ,
En déduire que la borne inférieure de pour est atteinte, et qu'elle l'est en un unique point.
16. Démontrer la formule .
17. Démontrer que si et seulement si .
Exercice 6 ★★★★ — Diagonalisation orthogonale d'une matrice symétrique d'ordre deux
Pratique de la diagonalisation orthogonale : éléments propres et construction de P orthogonaleThéorème spectral : diagonalisation en base orthonormée et écriture A = P D transposée de PMatrices orthogonales : colonnes orthonormées, inverse égale à la transposée
L'espace est muni de son produit scalaire canonique , les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes. On considère les trois matrices
Il s'agit de les diagonaliser en base orthonormée, c'est-à-dire de trouver dans chaque cas une matrice orthogonale et une matrice diagonale telles que la matrice s'écrive . On suivra à chaque fois exactement le même plan, jusqu'à ce qu'il devienne un réflexe.
Partie A. La méthode
1. Énoncer le théorème spectral pour une matrice symétrique réelle d'ordre , en précisant la forme de la matrice de passage.
2. Soit et . Rappeler pourquoi est valeur propre de si et seulement si le système admet une solution non nulle, et décrire la méthode de résolution par pivot avec discussion.
Partie B. La matrice
3. Écrire le système et le résoudre par pivot en discutant selon . En déduire .
4. Déterminer les sous-espaces propres et , en donner une base, et vérifier chaque vecteur propre trouvé par un produit matriciel.
5. Vérifier que les deux vecteurs propres obtenus sont orthogonaux. Ce résultat était-il prévisible ?
6. Normaliser ces deux vecteurs pour obtenir une base orthonormée de formée de vecteurs propres de .
7. Écrire les matrices et correspondantes, et vérifier que .
8. Vérifier par le calcul que .
Partie C. La matrice
9. Mener la recherche des valeurs propres de par la même méthode et donner .
10. Déterminer et , vérifier l'orthogonalité des vecteurs propres, puis en déduire une base orthonormée de vecteurs propres.
11. Écrire et , vérifier , puis vérifier .
12. Comparer les vecteurs propres de et de . Expliquer la coïncidence en écrivant et à l'aide de et de .
Partie D. La matrice
13. Mener la recherche des valeurs propres de par la même méthode et donner .
14. Déterminer et et vérifier chaque vecteur propre par un produit matriciel.
15. Vérifier l'orthogonalité, normaliser, puis écrire et . Vérifier .
16. Vérifier par le calcul que .
Partie E. Bilan
17. Vérifier pour les trois matrices que la trace est égale à la somme des valeurs propres.
18. Pour la matrice , donner deux autres couples convenant. La matrice du théorème spectral est-elle unique ?
19. Déduire de l'égalité , et récapituler la méthode en cinq étapes.
Exercice 7 ★★★★ — Le théorème spectral : vrai ou faux
Théorème spectral : diagonalisation en base orthonormée et écriture A = P D transposée de POrthogonalité deux à deux des sous-espaces propres d'un endomorphisme symétrique
Dans tout l'exercice, est un entier supérieur ou égal à , toutes les matrices sont réelles, et est muni de son produit scalaire canonique .
Pour chacune des affirmations suivantes, dire si elle est vraie ou fausse. Si elle est vraie, en donner une démonstration courte ; si elle est fausse, donner un contre-exemple explicite et, quand c'est utile, l'énoncé correct qui s'en rapproche.
1. Toute matrice symétrique réelle est diagonalisable.
2. Toute matrice diagonalisable est symétrique.
3. Il existe une base orthonormée de formée de vecteurs propres de si et seulement si .
4. Si est symétrique et inversible, alors toutes ses valeurs propres sont non nulles.
5. Toute matrice symétrique est inversible.
6. Deux vecteurs propres d'une matrice symétrique sont toujours orthogonaux.
7. Si est symétrique et si et sont deux vecteurs propres de associés à des valeurs propres distinctes, alors et sont orthogonaux.
8. Si est symétrique, alors est symétrique.
9. Si et sont symétriques, alors est symétrique.
10. Si et sont symétriques, alors est diagonalisable.
11. Si est symétrique et si toutes ses valeurs propres sont égales à un même réel , alors .
12. La matrice orthogonale du théorème spectral est unique.
13. Si est symétrique et , alors .
14. Une matrice symétrique d'ordre possède exactement valeurs propres distinctes.
15. Si est symétrique et orthogonale, alors est symétrique et a le même spectre que .
16. Pour conclure, énoncer les trois confusions les plus fréquentes que cet exercice permet de lever.
Exercice 8 ★★★★ — Orthogonalité des sous-espaces propres sur un exemple
Orthogonalité deux à deux des sous-espaces propres d'un endomorphisme symétriquePratique de la diagonalisation orthogonale : éléments propres et construction de P orthogonale
L'espace est muni de son produit scalaire canonique , les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes. On considère la matrice
et les trois vecteurs
On admet que , que est un vecteur propre associé à , un vecteur propre associé à et un vecteur propre associé à . Tout l'exercice consiste à exploiter ces données, puis à comprendre d'où vient l'orthogonalité qu'on va constater.
Partie A. Vérifications et sous-espaces propres
1. Vérifier que est symétrique.
2. Vérifier par un produit matriciel que , et sont bien des vecteurs propres de , associés respectivement à , et .
3. Calculer les trois produits scalaires , et . Ce résultat était-il prévisible ?
4. En déduire que est une base de .
5. Donner , et ainsi que leurs dimensions, et vérifier la cohérence avec .
Partie B. Base orthonormée de vecteurs propres et matrice
6. Calculer , et , puis en déduire une base orthonormée de formée de vecteurs propres de .
7. Écrire les matrices et du théorème spectral associées à ce choix, et justifier que .
8. Vérifier l'égalité en raisonnant colonne par colonne, et en déduire .
9. Vérifier que la trace de est égale à la somme de ses valeurs propres.
10. Décomposer le vecteur dans la base , puis utiliser cette décomposition pour calculer . Vérifier le résultat par un produit matriciel direct.
Partie C. D'où vient l'orthogonalité
11. Calculer de deux façons : d'abord en utilisant , puis en utilisant la symétrie de pour faire passer de l'autre côté du produit scalaire. Qu'en déduit-on sur ?
12. Refaire le même raisonnement avec le couple .
13. Énoncer et démontrer le théorème général : si et si sont deux valeurs propres de , alors et sont orthogonaux.
Partie D. Sans symétrie, tout s'écroule
On pose .
14. La matrice est-elle symétrique ? Déterminer et justifier que est diagonalisable.
15. Déterminer et , puis calculer le produit scalaire d'un vecteur propre de chacun. Conclure.
16. Quelle hypothèse du théorème de la question 13. est en défaut ? Rédiger en une phrase la mise en garde correspondante.
Exercice 9 ★★★★ — Lire la positivité d'une matrice symétrique sur son spectre
Matrices symétriques positives et définies positives : signe des valeurs propres
L'espace est muni de son produit scalaire canonique , les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes, et désigne la base canonique.
On rappelle les définitions. Soit .
- est dite positive, et l'on note , lorsque pour tout .
- est dite définie positive, et l'on note , lorsque pour tout non nul.
On rappelle aussi que lorsque est symétrique.
Partie A. Lire la positivité sur le spectre
1. Énoncer la caractérisation d'une matrice symétrique positive, puis définie positive, par son spectre. En s'appuyant sur le théorème spectral, indiquer en une phrase pourquoi cette caractérisation existe.
2. Pour chacun des spectres suivants, dire si la matrice symétrique correspondante est définie positive, positive sans être définie positive, ou ni l'une ni l'autre.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
h.
3. Parmi les huit matrices de la question 2., lesquelles sont inversibles ?
Partie B. Revenir à la définition
4. Soit et . Développer , puis l'écrire comme une somme de carrés. En déduire que est définie positive, et vérifier la cohérence avec .
5. Même travail avec . Cette matrice est-elle définie positive ? Déterminer un vecteur non nul tel que .
6. Même travail avec . Exhiber un vecteur tel que .
7. Démontrer le sens facile de la caractérisation : si et si , alors . Démontrer ensuite la réciproque à l'aide du théorème spectral.
Partie C. Trois conséquences immédiates
8. Soit . En testant la définition sur , démontrer que tous les coefficients diagonaux de sont positifs ou nuls. En déduire, sans aucun calcul de valeur propre, que la matrice
n'est pas positive.
9. En déduire que pour toute matrice . Donner une seconde démonstration à partir du spectre.
10. Démontrer qu'une matrice définie positive est inversible.
11. La réciproque est-elle vraie ? Donner un exemple de matrice symétrique positive non inversible.
Partie D. Deux pièges et deux stabilités
12. La matrice de la question 6. a tous ses coefficients strictement positifs. Est-elle positive ? Que faut-il en conclure sur le « test » consistant à regarder le signe des coefficients ?
13. Réciproquement, montrer que , qui a des coefficients négatifs, est définie positive.
14. Démontrer que la somme de deux matrices de est dans , et que pour et . L'ensemble est-il un sous-espace vectoriel de ?
15. Soit . Démontrer que est définie positive, et en déduire qu'elle est inversible.
Exercice 10 ★★★★ — Vérifier la symétrie par la définition
Endomorphisme symétrique d'un espace euclidien : définition et premières propriétés
Dans tout l'exercice, on utilise uniquement la définition : un endomorphisme d'un espace euclidien est symétrique lorsque
Aucune matrice n'est donnée : c'est cette égalité, et elle seule, qu'il faut établir ou mettre en défaut.
Partie A. Dans euclidien canonique
Soit . On munit de son produit scalaire canonique , de base canonique . On fixe deux vecteurs et de tels que
1. On pose, pour tout , .
a. Justifier que est un endomorphisme de .
b. Montrer que est symétrique.
c. Calculer et reconnaître géométriquement l'application .
2. On pose, pour tout , .
a. Montrer que est un endomorphisme symétrique de .
b. Calculer , puis en déduire .
c. Montrer que pour tout .
d. On note la matrice de dans la base canonique . Déduire des questions précédentes que et que : la matrice est à la fois symétrique et orthogonale.
3. On pose, pour tout , . Montrer que n'est pas symétrique, en exhibant deux vecteurs explicites qui mettent l'égalité en défaut.
4. On pose, pour tout , . Montrer que est symétrique.
5. On prend , et . Écrire les matrices et de et dans la base canonique, et vérifier sur ces matrices les conclusions des questions 3. et 4.
Partie B. Dans
On munit maintenant , avec , de son produit scalaire canonique
On rappelle les deux identités classiques de la trace, utilisables sans démonstration : et .
6. Vérifier, à l'aide de ces identités, que pour toutes matrices et de .
7. On considère l'application définie par .
a. Montrer que est un endomorphisme symétrique de .
b. Calculer et en déduire que .
c. Déterminer et , puis retrouver le fait que ces deux sous-espaces sont orthogonaux, d'abord comme conséquence de la question a., ensuite par un calcul direct de avec symétrique et antisymétrique.
8. Soit fixée. On pose pour toute . Montrer que est un endomorphisme symétrique de .
9. Réciproquement, soit telle que soit un endomorphisme symétrique de . Montrer que est symétrique. (On pourra appliquer l'égalité de symétrie à un couple de matrices bien choisi.)
Exercice 11 ★★★★ — Le piège de la base non orthonormée
Caractérisation matricielle : symétrique si et seulement si sa matrice en base orthonormée l'estEndomorphisme symétrique d'un espace euclidien : définition et premières propriétés
Le théorème du cours affirme qu'un endomorphisme est symétrique si et seulement si sa matrice dans une base orthonormée est symétrique. Cet exercice montre, sur deux exemples explicites, que l'hypothèse « orthonormée » n'est pas décorative : sans elle, l'énoncé est faux dans les deux sens.
On travaille dans muni du produit scalaire canonique , de base canonique . On pose
et .
Partie A. Une matrice symétrique qui ne donne pas un endomorphisme symétrique
1. Montrer que est une base de , puis calculer , et . La base est-elle orthonormée ?
2. Soit l'endomorphisme de dont la matrice dans la base est
Traduire cette donnée par les images de et par .
3. On note la matrice de passage de à . Écrire , calculer , puis déterminer la matrice de dans la base canonique . La matrice est-elle symétrique ?
4. Contrôler le résultat de deux façons : en vérifiant que et ont la même trace, et en vérifiant à partir de que l'on retrouve bien et .
5. Calculer et , puis et . Conclure : est-il un endomorphisme symétrique ?
Partie B. Un endomorphisme symétrique dont la matrice n'est pas symétrique
6. Soit l'endomorphisme de de matrice, dans la base canonique,
Justifier en une ligne que est symétrique.
7. Déterminer la matrice de dans la base , d'abord par la formule de changement de base, puis en recalculant directement les coordonnées de et dans . La matrice est-elle symétrique ?
Partie C. Où se cache l'hypothèse
8. Énoncer précisément le théorème de caractérisation matricielle des endomorphismes symétriques, puis le démontrer. On mettra en évidence l'unique endroit où l'hypothèse « base orthonormée » est utilisée.
9. Pour et , exprimer en fonction de . Comparer avec et commenter.
10. Soient et deux bases orthonormées d'un espace euclidien de dimension , et la matrice de passage de à .
a. Montrer que est une matrice orthogonale, c'est-à-dire .
b. Soit un endomorphisme de , de matrice dans et dans . Montrer que , puis que est symétrique dès que l'est.
c. Expliquer pourquoi ce résultat n'est pas contredit par la partie A.
Exercice 12 ★★★★ — Un projecteur est orthogonal si et seulement s'il est symétrique
Caractérisation d'un projecteur orthogonal : p rond p = p et p symétriqueProjection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matrice
Un projecteur de est un endomorphisme vérifiant ; on sait alors que et que est la projection sur parallèlement à . Parmi tous ces projecteurs, un seul par sous-espace image mérite le nom de projection orthogonale : celui dont le noyau est l'orthogonal de l'image. L'objet de l'exercice est de reconnaître ce cas particulier à un simple coup d'œil sur la matrice.
Partie A. Deux projecteurs de même image
On munit du produit scalaire canonique et l'on considère le plan
On note la projection orthogonale sur , et la projection sur parallèlement à la droite .
1. Déterminer et en donner une base. En déduire .
2. Justifier que , ce qui légitime la définition de .
3. Pour , exprimer , puis écrire la matrice de dans la base canonique. Vérifier que est symétrique et que .
4. Pour , exprimer , puis écrire la matrice de dans la base canonique. Vérifier que . La matrice est-elle symétrique ?
5. Vérifier que et ont bien la même image , et déterminer et .
6. Mettre en défaut la symétrie de en calculant et .
7. Calculer et . Commenter en une phrase.
Partie B. La caractérisation générale
Soit un espace euclidien et un projecteur de (). On pose .
8. On suppose que est la projection orthogonale sur , c'est-à-dire . Montrer que est un endomorphisme symétrique.
9. Réciproquement, on suppose symétrique. Montrer que , puis conclure par un argument de dimension que : est la projection orthogonale sur son image.
10. Énoncer le résultat obtenu sous forme matricielle, dans une base orthonormée.
Partie C. Reconnaître des matrices de projections orthogonales
11. Parmi les quatre matrices suivantes, déterminer lesquelles sont des matrices de projections orthogonales de (base canonique, produit scalaire canonique).
a.
b.
c.
d.
12. Montrer que la trace d'un projecteur est égale à son rang.
13. Pour chacune des matrices retenues à la question 11., déterminer le sous-espace sur lequel elle projette et sa dimension, en utilisant la question 12.
Exercice 13 ★★★★ — Projection orthogonale sur un sous-espace de R4
Projection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matriceDistance d'un vecteur à un sous-espace et caractérisation du projeté par minimisation
On munit de son produit scalaire canonique et de sa base canonique , qui est orthonormée. On considère le sous-espace
On note la projection orthogonale sur et sa matrice dans . On pose enfin
Partie A. Le sous-espace et une base orthonormée
1. Résoudre le système définissant et en déduire une base de , puis .
2. Calculer , et . En déduire une base orthonormée de .
Partie B. Projeté, distance, matrice
3. Calculer à l'aide de la formule du cours en base orthonormée, puis vérifier que et que .
4. En déduire . Contrôler le résultat par le théorème de Pythagore.
5. Soit . Vérifier que et calculer . Que confirme cette valeur ?
6. Déterminer . Vérifier que est symétrique, que et que .
7. Utiliser pour calculer et .
Partie C. La route par
8. Montrer que avec et , puis en donner une base orthonormée .
9. Calculer , puis retrouver et par la relation . Comparer le coût des deux méthodes et dire, dans le cas général, laquelle choisir.
10. Déterminer et vérifier que .
Partie D. La base orthonormée n'est pas unique, la projection si
11. On considère les vecteurs et .
a. Vérifier que est une base de , non orthogonale.
b. Lui appliquer le procédé de Gram-Schmidt pour obtenir une base orthonormée de .
c. Recalculer la matrice de à partir de et conclure.
Exercice 14 ★★★★ — Diagonalisation orthogonale avec une valeur propre double
Pratique de la diagonalisation orthogonale : éléments propres et construction de P orthogonaleThéorème spectral : diagonalisation en base orthonormée et écriture A = P D transposée de PMatrices orthogonales : colonnes orthonormées, inverse égale à la transposée
On munit de son produit scalaire canonique , pour lequel la base canonique est orthonormée. On considère
L'objectif est de diagonaliser en base orthonormée, c'est-à-dire d'écrire avec diagonale et orthogonale. La difficulté, et tout l'intérêt de l'exercice, tient à la présence d'une valeur propre double.
Partie A. Les éléments propres
1. Justifier que le théorème spectral s'applique à : que garantit-il exactement ?
2. Soit . On pose et l'on cherche les tels que . Écrire le système correspondant, puis l'échelonner par la méthode du pivot de Gauss en discutant selon la valeur de .
3. En déduire , ainsi que et pour chaque valeur propre .
4. Contrôler le résultat par la trace, puis justifier que est diagonalisable.
5. Vérifier que les deux sous-espaces propres sont orthogonaux. Ce résultat était-il prévisible ?
Partie B. Construction de
6. Donner une base du sous-espace propre de dimension . Est-elle orthogonale ? Appliquer si nécessaire le procédé de Gram-Schmidt pour en déduire une base orthonormée de ce sous-espace.
7. Construire une base orthonormée de formée de vecteurs propres de . Expliquer pourquoi il n'y a aucune orthonormalisation à faire entre vecteurs de sous-espaces propres différents.
8. Écrire les matrices et correspondantes, puis vérifier que .
9. Vérifier l'égalité . (On pourra utiliser l'identité , où les sont vus comme colonnes.)
Partie C. Ce que l'unicité n'est pas
10. On pose et .
a. Vérifier que est encore une base orthonormée de vecteurs propres de .
b. Écrire la matrice orthogonale associée et vérifier que avec la même matrice .
11. Recenser toutes les sources de non-unicité de , puis identifier ce qui, dans cette diagonalisation, est en revanche parfaitement déterminé par .
Exercice 15 ★★★★ — La matrice dont tous les coefficients valent un
Pratique de la diagonalisation orthogonale : éléments propres et construction de P orthogonaleThéorème spectral : diagonalisation en base orthonormée et écriture A = P D transposée de PApplications : puissances, racine carrée, transposée de A fois A, encadrement du produit scalaire Ax scalaire x
Soit . On note la matrice dont tous les coefficients valent , et
On munit , identifié à , du produit scalaire canonique . C'est la matrice symétrique classique du programme : toute son étude tient dans une seule identité, .
Partie A. La structure de
1. Vérifier que , puis que est symétrique. Calculer .
2. En déduire en fonction de , et donner un polynôme annulateur de .
3. En déduire que .
4. Pour , exprimer à l'aide de et de . En déduire :
a. que est valeur propre de et que ;
b. que est valeur propre de et que , de dimension .
5. Conclure que est diagonalisable en utilisant la somme des dimensions des sous-espaces propres. Contrôler par la trace, et donner .
6. Vérifier que les deux sous-espaces propres sont orthogonaux, et dire ce que le théorème spectral prévoyait.
Partie B. Le cas , entièrement explicite
7. Écrire , puis construire une base orthonormée de formée de vecteurs propres de .
8. En déduire une matrice orthogonale et une matrice diagonale telles que . Vérifier et l'égalité .
Partie C. Un projecteur et des puissances
9. Montrer que est la matrice d'une projection orthogonale, et préciser sur quelle droite. Donner l'interprétation de en termes de moyenne des coordonnées de .
10. Calculer pour tout entier , par récurrence puis en retrouvant le résultat par la diagonalisation.
11. Soit et . Exprimer , puis retrouver, par le théorème de Pythagore, la formule .
Exercice 16 ★★★★ — Les matrices à diagonale et hors-diagonale constantes
Applications : puissances, racine carrée, transposée de A fois A, encadrement du produit scalaire Ax scalaire xPratique de la diagonalisation orthogonale : éléments propres et construction de P orthogonale
Soit et soient deux réels. On note la matrice dont tous les coefficients valent , la colonne dont toutes les coordonnées valent , et l'on pose
C'est la matrice dont tous les coefficients diagonaux valent et tous les coefficients hors diagonale valent . On munit , identifié à , du produit scalaire canonique.
Partie A. Les trois faits utiles sur
1. Redémontrer rapidement les trois propriétés suivantes :
a. et ;
b. pour toute colonne , et en particulier ;
c. , de dimension .
Partie B. Éléments propres et diagonalisation de
2. Justifier que le théorème spectral s'applique à .
3. Calculer , puis pour . En déduire deux valeurs propres de et des sous-espaces propres associés.
4. Déterminer ainsi que la dimension de chaque sous-espace propre, en distinguant les cas et . Contrôler par la trace.
5. Soit une matrice orthogonale telle que avec . Montrer que la même matrice diagonalise , et préciser la matrice diagonale obtenue.
Partie C. Inverse et puissances
6. Déterminer une condition nécessaire et suffisante portant sur et pour que soit inversible.
7. Sous cette condition, chercher dans la famille des matrices de la forme , et donner son expression. Vérifier le résultat sur les vecteurs propres.
8. Montrer que, pour tout entier ,
Vérifier la formule pour , et constater qu'elle redonne si on l'applique formellement à .
Partie D. Application numérique
9. On prend , et .
a. Écrire la matrice .
b. Donner , les sous-espaces propres et leurs dimensions ; contrôler par la trace.
c. Construire une base orthonormée de vecteurs propres et la matrice orthogonale correspondante.
d. Calculer , puis et , sous forme de matrices explicites.
Partie E. Positivité
10. À quelle condition sur et la matrice est-elle définie positive ? Donner deux justifications : l'une par les valeurs propres, l'autre par le calcul direct de . Conclure pour l'application numérique de la partie D.
Exercice 17 ★★★★ — Les matrices symétriques de rang un
Applications : puissances, racine carrée, transposée de A fois A, encadrement du produit scalaire Ax scalaire xProjection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matrice
Soit . On munit , identifié à , du produit scalaire canonique . Soit une colonne non nulle, et l'on pose
Ces matrices sont la brique élémentaire de tout le chapitre : la matrice en est un cas particulier, et le théorème spectral affirme précisément que toute matrice symétrique est une combinaison linéaire de telles briques.
Partie A. Étude générale
1. Montrer que est symétrique, et exprimer son coefficient d'indice .
2. Montrer que, pour toute colonne , . En déduire puis .
3. Montrer que et en déduire un polynôme annulateur de , puis que .
4. Déterminer et , ainsi que leurs dimensions. Conclure sur et sur la diagonalisabilité de .
5. Calculer de deux façons : directement sur les coefficients, et à partir des valeurs propres.
6. Décrire une matrice orthogonale et une matrice diagonale telles que .
7. Montrer que est la matrice de la projection orthogonale sur .
Partie B. Application numérique
8. On prend et .
a. Calculer et écrire .
b. Donner , les sous-espaces propres, leurs dimensions, et vérifier la trace.
c. Construire une base orthonormée de vecteurs propres de , puis et .
d. Calculer le projeté orthogonal de sur ainsi que , et contrôler par le théorème de Pythagore.
Partie C. La réciproque
9. Soit de rang . Montrer qu'il existe et une colonne non nulle tels que . Préciser comment lire sur .
10. Donner un exemple de matrice symétrique de rang pour chacun des deux signes de .
Exercice 18 ★★★★ — Projection orthogonale dans un espace de polynômes
Projection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matriceDistance d'un vecteur à un sous-espace et caractérisation du projeté par minimisation
Dans tout l'exercice, désigne l'espace vectoriel des polynômes à coefficients réels de degré au plus , et l'on pose, pour et dans ,
On note , sous-espace vectoriel de formé des polynômes de degré au plus .
1. Vérifier que est un produit scalaire sur . On soignera en particulier le caractère défini.
2. Appliquer le procédé de Gram-Schmidt à la famille pour construire une base orthonormée de .
3. En déduire le projeté orthogonal de sur .
4. Calculer la distance . On donnera d'abord sous forme de fraction irréductible, puis sous forme simplifiée.
5. Contrôle par les équations normales. On cherche directement les réels et tels que soit orthogonal à .
a. Justifier qu'il suffit d'écrire les deux conditions et .
b. Traduire ces deux conditions en un système linéaire d'inconnues et , le résoudre, et vérifier que l'on retrouve le résultat de la question 3.
6. Interpréter le résultat obtenu en termes d'approximation de la fonction sur , et préciser en quel sens exact l'approximation trouvée est la meilleure possible.
Exercice 19 ★★★★ — La droite des moindres carrés
Problème des moindres carrés : système surdéterminé, équations normales, ajustement
Une expérience fournit quatre couples de mesures :
On cherche la droite d'équation qui ajuste au mieux ce nuage, au sens des moindres carrés : on veut minimiser la somme des carrés des écarts verticaux
1. Écrire le système de quatre équations à deux inconnues qu'il faudrait résoudre pour qu'une droite passe exactement par les quatre points, et montrer que ce système n'a pas de solution.
2. Mettre ce système sous la forme matricielle avec
puis interpréter comme le carré d'une norme dans muni de son produit scalaire canonique.
3. Justifier que minimiser revient à projeter orthogonalement sur , et en déduire que le couple optimal est caractérisé par les équations normales .
4. Calculer et , puis montrer que est inversible.
5. Résoudre les équations normales et en déduire l'équation de la droite des moindres carrés.
6. Retrouver ces deux coefficients par les formules statistiques
7. Calculer les quatre résidus . Vérifier que leur somme est nulle et calculer .
8. Vérifier la traduction géométrique du résultat : le vecteur résidu est orthogonal aux deux colonnes de . Vérifier également le théorème de Pythagore sur .
9. Calculer la somme des carrés des écarts pour la droite d'équation et comparer avec la valeur obtenue à la question 7. Qu'illustre cette comparaison ?
Exercice 20 ★★★★ — Puissances d'une matrice symétrique
Applications : puissances, racine carrée, transposée de A fois A, encadrement du produit scalaire Ax scalaire xPratique de la diagonalisation orthogonale : éléments propres et construction de P orthogonale
On considère la matrice
1. Justifier, sans aucun calcul, que est diagonalisable en base orthonormée.
2. Déterminer et les sous-espaces propres de , en résolvant le système et en discutant selon .
3. Vérifier directement que les sous-espaces propres sont orthogonaux, puis construire une base orthonormée de formée de vecteurs propres de . En déduire une matrice orthogonale et une matrice diagonale telles que , et vérifier que .
4. Montrer que, pour tout , , et expliciter les neuf coefficients de en fonction de . Contrôler le résultat pour et .
5. Étudier la convergence de la suite de matrices , c'est-à-dire la convergence de chacun de ses neuf coefficients, et interpréter la limite obtenue.
6. Montrer que est inversible et calculer de deux façons : par la diagonalisation, puis à l'aide d'un polynôme annulateur de . Vérifier au passage que la formule de la question 4. reste valable pour .
7. Racines carrées.
a. Montrer que si une matrice symétrique vérifie , alors est nécessairement positive. En déduire que n'admet aucune racine carrée symétrique.
b. Montrer en revanche que admet une racine carrée symétrique positive, la calculer explicitement, et constater qu'elle est différente de .
Exercice 21 ★★★★ — Minimiser une distance sans dériver
Distance d'un vecteur à un sous-espace et caractérisation du projeté par minimisationProjection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matrice
Les trois problèmes de minimisation qui suivent sont posés sous forme analytique. Aucun ne demande le moindre calcul de dérivée : chacun est, une fois traduit, un problème de projection orthogonale. Pour chacun, la démarche est la même en trois temps : identifier l'espace euclidien, identifier le sous-espace et le vecteur à projeter, puis appliquer la caractérisation du projeté orthogonal par minimisation de la norme.
Partie A. Une minimisation sous contrainte dans
On munit de son produit scalaire canonique et l'on cherche à minimiser
1. Montrer que l'ensemble des triplets vérifiant la contrainte est un sous-espace vectoriel de , préciser sa dimension et déterminer .
2. Exprimer comme le carré d'une distance et reformuler le problème en termes de projection orthogonale.
3. Calculer le projeté orthogonal du vecteur , en déduire la valeur minimale de sous la contrainte, et le point unique où elle est atteinte.
4. Vérifier le résultat en calculant directement la valeur de en ce point.
Partie B. Une minimisation dans un espace de polynômes
On munit du produit scalaire , et l'on cherche à minimiser
5. Reformuler ce problème comme un calcul de distance de à un sous-espace de que l'on précisera, et justifier l'existence et l'unicité du couple optimal.
6. Écrire les équations normales, les résoudre, et donner la valeur minimale de .
Partie C. La moyenne, vue comme une projection
Soient et des réels fixés. On cherche à minimiser
7. Identifier l'espace euclidien, le vecteur à projeter et le sous-espace de projection, puis déterminer la valeur de qui réalise le minimum.
8. Exprimer la valeur minimale de à l'aide des et de leur moyenne , puis traiter le cas numérique .
9. Commenter l'interprétation statistique de ces deux résultats.
Partie D. Et si l'on avait dérivé ?
10. Reprendre la question 3. par la méthode des dérivées partielles : éliminer grâce à la contrainte, chercher le point critique de la fonction de deux variables obtenue, et comparer le travail fourni.
11. Expliquer pourquoi la voie géométrique donne, elle, la certitude immédiate qu'il s'agit d'un minimum global, et non seulement d'un candidat.
Exercice 22 ★★★★ — La matrice transposée de A fois A
Matrices symétriques positives et définies positives : signe des valeurs propresApplications : puissances, racine carrée, transposée de A fois A, encadrement du produit scalaire Ax scalaire x
Soient et deux entiers naturels non nuls, et
Les vecteurs de et de sont identifiés aux matrices colonnes correspondantes, et les deux espaces sont munis de leur produit scalaire canonique . Cette matrice est l'une des plus importantes de tout le chapitre : c'est elle qui gouverne le problème des moindres carrés.
Partie A. Les propriétés générales
1. Préciser le format de et montrer que est symétrique.
2. Montrer que, pour tout , . En déduire que est une matrice symétrique positive.
3. Montrer que . On démontrera séparément les deux inclusions, la seconde reposant sur la question 2.
4. En déduire que .
5. Montrer l'équivalence : est inversible si et seulement si les colonnes de forment une famille libre. Montrer que, dans ce cas, est définie positive.
6. Expliquer en une phrase le lien avec les équations normales du problème des moindres carrés.
Partie B. Deux exemples numériques
7. On pose . Calculer , déterminer , en déduire , et vérifier que est définie positive en explicitant comme une somme de carrés.
8. On pose . Mener la même étude. Que peut-on dire de vis-à-vis du spectre de ?
Partie C. La trace
9. Montrer que est la somme des carrés de tous les coefficients de , et vérifier cette formule sur et .
10. En déduire que entraîne , puis que entraîne .
Exercice 23 ★★★★ — Racine carrée d'une matrice symétrique positive
Matrices symétriques positives et définies positives : signe des valeurs propresThéorème spectral : diagonalisation en base orthonormée et écriture A = P D transposée de P
On dit qu'une matrice est une racine carrée de lorsque . L'objet de cet exercice est de montrer que toute matrice symétrique positive admet une racine carrée symétrique positive, de savoir la calculer, et de comprendre exactement de quelle unicité on dispose.
Partie A. Existence
Soit , c'est-à-dire symétrique et positive.
1. Justifier l'existence d'une matrice orthogonale et d'une matrice diagonale telles que , puis montrer que pour tout .
2. On pose et . Montrer que est symétrique, que est positive, et que .
3. Montrer que si est définie positive, alors l'est aussi.
Partie B. Calculs explicites
4. Soit . Déterminer et les sous-espaces propres de en résolvant , puis construire une matrice orthogonale diagonalisant .
5. En déduire la racine carrée symétrique positive de , et vérifier par le calcul que .
6. Mener le même travail pour : spectre, sous-espaces propres, base orthonormée de vecteurs propres, racine carrée symétrique positive, vérification.
Partie C. Questions de finesse
7. Montrer qu'une matrice symétrique qui n'est pas positive n'admet aucune racine carrée symétrique. Donner un exemple explicite de matrice symétrique de sans racine carrée symétrique.
8. Montrer que pour tous réels et tels que , la matrice est une racine carrée de . Combien admet-elle de racines carrées symétriques ? Combien en admet-elle qui soient symétriques positives ? Donner enfin une racine carrée de qui ne soit pas symétrique.
9. Expliquer précisément à quel endroit intervient l'unicité. On admettra le résultat suivant : une matrice symétrique positive admet une unique racine carrée symétrique positive, que l'on note .
10. Montrer que et commutent.
Exercice 24 ★★★★ — Encadrement par les valeurs propres extrêmes
Applications : puissances, racine carrée, transposée de A fois A, encadrement du produit scalaire Ax scalaire xThéorème spectral : diagonalisation en base orthonormée et écriture A = P D transposée de P
Soit et soit une matrice symétrique. D'après le théorème spectral, il existe une base orthonormée de formée de vecteurs propres de ; on note les valeurs propres associées, rangées dans l'ordre croissant :
L'objectif est d'établir l'encadrement fondamental
puis d'en tirer plusieurs conséquences.
Partie A. L'encadrement et ses cas d'égalité
Soit . On pose pour tout .
1. Justifier que et que .
2. Calculer en fonction des , des et des , puis montrer que
3. En déduire l'encadrement annoncé.
4. Montrer que les deux bornes sont atteintes, en précisant en quels vecteurs. En déduire les valeurs de et de .
5. En déduire la caractérisation des matrices symétriques positives et définies positives par le signe des valeurs propres.
Partie B. Application numérique
On pose .
6. Déterminer et les sous-espaces propres de en résolvant , puis donner une base orthonormée de vecteurs propres.
7. En déduire un encadrement de valable pour tout , puis le maximum de sur la sphère unité et les vecteurs unitaires qui le réalisent.
8. Retrouver directement cet encadrement en écrivant et comme des sommes de carrés, et vérifier que les cas d'égalité redonnent bien les sous-espaces propres.
Partie C. Deux conséquences
9. Montrer que , et préciser le cas d'égalité. Vérifier l'inégalité sur la matrice de la partie B.
10. Montrer que si est définie positive, alors pour tout . Commenter l'intérêt de cette minoration par rapport à la seule inégalité .
Partie D. La symétrie est indispensable
11. On pose . Déterminer , puis exhiber deux vecteurs pour lesquels l'encadrement de la partie A est mis en défaut. Identifier précisément l'étape de la démonstration qui tombe.
Exercice 25 ★★★★ — Stabilité de l'orthogonal d'un sous-espace stable
Endomorphisme symétrique d'un espace euclidien : définition et premières propriétésOrthogonalité deux à deux des sous-espaces propres d'un endomorphisme symétrique
Soit un espace euclidien et un endomorphisme symétrique de , c'est-à-dire vérifiant
On rappelle qu'un sous-espace vectoriel de est dit stable par lorsque , c'est-à-dire lorsque pour tout .
Partie A. Le théorème
1. Soit un sous-espace vectoriel de stable par . Démontrer que est également stable par .
2. Soit un sous-espace stable par . Montrer que l'application , , est bien définie, et que c'est un endomorphisme symétrique de l'espace euclidien .
3. En déduire ce que devient la matrice de dans une base orthonormée de obtenue en concaténant une base orthonormée de et une base orthonormée de .
Partie B. Un exemple dans
On munit de son produit scalaire canonique et l'on note l'endomorphisme de dont la matrice dans la base canonique est
On pose .
4. Justifier que est un endomorphisme symétrique de .
5. Montrer que est un sous-espace vectoriel de , préciser sa dimension, puis montrer que est stable par .
6. Déterminer et vérifier par le calcul qu'il est stable par , conformément à la question 1.
7. Construire une base orthonormée de , puis écrire la matrice de dans cette base. Vérifier que est symétrique.
8. Déterminer les valeurs propres de et en déduire, sans jamais résoudre de système , le spectre de ainsi qu'une base orthonormée de formée de vecteurs propres de . Contrôler les résultats.
Partie C. Une conséquence : l'orthogonalité des sous-espaces propres
9. Soient et deux valeurs propres distinctes de . Montrer que est stable par , puis, en utilisant la partie A et la décomposition , montrer que . Conclure.
Partie D. La symétrie est indispensable
10. Soit l'endomorphisme de de matrice dans la base canonique. Vérifier que n'est pas symétrique, exhiber un sous-espace stable par dont l'orthogonal n'est pas stable, et dire précisément où la démonstration de la question 1. échoue.
Exercice 26 ★★★★ — Une matrice symétrique qui vérifie A au carré égale A
Caractérisation d'un projecteur orthogonal : p rond p = p et p symétriqueThéorème spectral : diagonalisation en base orthonormée et écriture A = P D transposée de P
On munit de son produit scalaire canonique , les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes, et on note sa base canonique, qui est orthonormée.
Cet exercice établit le résultat le plus utile du chapitre : une matrice symétrique idempotente n'est rien d'autre qu'un projecteur orthogonal, et réciproquement. C'est ce théorème qui permet, en pratique, de reconnaître un projecteur orthogonal d'un simple coup d'œil sur sa matrice.
Dans les parties A et B, désigne une matrice de vérifiant , et l'endomorphisme de canoniquement associé à , c'est-à-dire défini par .
Partie A. Le spectre et la diagonalisation
1. Soit une valeur propre de et un vecteur propre associé. En calculant de deux façons, montrer que , puis en déduire que .
2. Justifier qu'il existe une matrice orthogonale et une matrice diagonale telles que , et préciser la forme exacte de .
3. En déduire que .
Partie B. L'interprétation géométrique
4. Montrer que , puis que et que est le projecteur sur parallèlement à .
5. Soient et . En utilisant la symétrie de , montrer que . En déduire que , puis que est le projecteur orthogonal sur .
6. Montrer que vérifie les mêmes hypothèses que , et identifier le projecteur orthogonal dont elle est la matrice.
7. Établir la réciproque : si est le projecteur orthogonal sur un sous-espace de et si est sa matrice dans la base canonique, alors est symétrique et vérifie .
8. Énoncer, en une phrase, la caractérisation obtenue.
Partie C. Applications
9. Pour chacune des trois matrices suivantes, dire si elle est la matrice d'un projecteur orthogonal de ou de , et le cas échéant préciser le sous-espace sur lequel il projette.
10. Soient et deux matrices de projecteurs orthogonaux de , sur les sous-espaces et respectivement, et on suppose que .
a. Montrer que est encore la matrice d'un projecteur orthogonal.
b. Montrer que , et conclure.
c. Illustrer le résultat dans avec et .
Exercice 27 ★★★★ — Meilleure approximation affine d'une fonction
Distance d'un vecteur à un sous-espace et caractérisation du projeté par minimisationProjection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matriceProblème des moindres carrés : système surdéterminé, équations normales, ajustement
On note l'espace vectoriel des fonctions continues de dans , que l'on munit du produit scalaire
On cherche à approcher la fonction exponentielle par une fonction affine « au mieux en moyenne quadratique », c'est-à-dire à déterminer le couple qui rend la quantité
la plus petite possible. On note , et .
Partie A. Traduction géométrique du problème
1. Montrer que la famille est libre, et en déduire que est un sous-espace de de dimension .
2. Exprimer à l'aide de la norme associée au produit scalaire, et reformuler le problème posé comme un problème de distance de au sous-espace .
3. L'espace est de dimension infinie. Expliquer pourquoi le minimum cherché existe malgré tout, et pourquoi il est atteint en un unique couple . On énoncera précisément le théorème utilisé, et on en rappellera la démonstration.
Partie B. Les équations normales
4. Montrer que le couple cherché est caractérisé par le système de deux équations
5. Calculer , et .
6. Calculer , puis par une intégration par parties soigneusement justifiée.
7. Écrire le système vérifié par et , le résoudre, et donner des valeurs décimales approchées à près des deux coefficients.
Partie C. Qualité de l'approximation
8. Calculer , puis la valeur exacte de , et enfin une valeur approchée de .
9. Compléter un tableau de valeurs comparant et pour . Commenter la répartition des écarts.
Partie D. Application
10. Reprendre l'étude, calculs complets, pour la fonction à la place de l'exponentielle : meilleure approximation affine sur et distance associée. Commenter le signe de la valeur prise en par cette approximation.
Exercice 28 ★★★★ — Matrice de projection et équations normales
Projection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matriceProblème des moindres carrés : système surdéterminé, équations normales, ajustement
L'espace est muni de son produit scalaire canonique , les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes.
Soient et deux entiers avec , et une matrice dont les colonnes forment une famille libre de . On note .
Le but de l'exercice est d'établir, puis d'exploiter, la formule qui donne la matrice du projecteur orthogonal sur à partir de seule :
Partie A. La formule générale
1. Montrer que pour tout , . En déduire que , puis que la matrice est inversible.
2. On pose . Vérifier que , puis montrer que .
3. Montrer que .
4. Montrer que . (On montrera les deux inclusions, la seconde en calculant .)
5. Conclure que est la matrice du projecteur orthogonal sur . Donner ensuite une seconde démonstration, directe, en vérifiant que est orthogonal à pour tout .
6. Montrer que , et interpréter.
Partie B. Application numérique
Dans cette partie , , et
7. Vérifier que les colonnes de sont libres, calculer , puis son inverse par la méthode du pivot de Gauss.
8. Calculer , et vérifier sur le résultat les trois propriétés démontrées en partie A (symétrie, idempotence, trace).
9. Calculer le projeté orthogonal , puis la distance .
10. Déterminer une équation cartésienne du plan , et retrouver la distance par la formule de la distance à un plan.
Partie C. Le cas d'une base orthonormée
11. On suppose maintenant que les colonnes de forment une famille orthonormée. Que vaut ? Que devient la formule ? Retrouver, à partir de cette écriture, l'expression vue en cours.
Exercice 29 ★★★★ — Un endomorphisme construit sur deux vecteurs
Endomorphisme symétrique d'un espace euclidien : définition et premières propriétésPratique de la diagonalisation orthogonale : éléments propres et construction de P orthogonale
Soit . On munit de son produit scalaire canonique , les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes. On se donne deux vecteurs et de non colinéaires, et l'on définit l'application
On note , qui est un plan de .
Partie A. Structure de
1. Montrer que est un endomorphisme de , puis qu'il est symétrique. On donnera deux démonstrations de la symétrie : l'une par la définition, l'autre en écrivant la matrice de dans la base canonique sous la forme .
2. Déterminer et préciser sa dimension.
3. En déduire .
4. Donner une valeur propre évidente de ainsi que le sous-espace propre associé, et sa dimension.
5. Montrer que est stable par , puis écrire la matrice de l'endomorphisme induit par sur dans la base . Cette matrice est-elle symétrique ? Commenter.
6. En déduire la valeur de .
Partie B. Le cas de deux vecteurs unitaires
Dans cette partie, on suppose de plus que , et l'on pose .
7. Montrer que .
8. Calculer et . En déduire deux vecteurs propres de et les valeurs propres associées.
9. Vérifier que ces deux vecteurs sont orthogonaux et calculer leurs normes.
10. Conclure : donner une base orthonormée de formée de vecteurs propres de , et le spectre complet de avec les dimensions des sous-espaces propres.
Partie C. Application numérique
On prend , et .
11. Vérifier que et sont unitaires et non colinéaires, et calculer .
12. Déterminer la matrice de dans la base canonique.
13. Déterminer les valeurs propres de et une base orthonormée de vecteurs propres, puis écrire explicitement une matrice orthogonale et une matrice diagonale telles que .
14. Vérifier le résultat en contrôlant la trace et en calculant .
Exercice 30 ★★★★ — Somme et comparaison de matrices positives
Matrices symétriques positives et définies positives : signe des valeurs propres
On rappelle les définitions. Une matrice est dite positive lorsque
et définie positive lorsque de plus pour tout . On note et les ensembles correspondants. On rappelle également que la symétrie fait partie de la définition : parler de la positivité d'une matrice non symétrique n'a pas de sens.
Partie A. Opérations sur les matrices positives
1. Soient et . Montrer que et que .
2. Soient et . Montrer que .
3. On pose
a. Vérifier que et appartiennent à .
b. Calculer et . Que peut-on en conclure quant à la stabilité de par produit ?
c. Montrer de plus que la quantité prend des valeurs strictement négatives.
Partie B. Congruence
4. Soient et quelconque. Montrer que .
5. Montrer que si de plus et est inversible, alors . Montrer sur un exemple que l'hypothèse d'inversibilité ne peut pas être supprimée.
6. En déduire que pour toute matrice , la matrice est positive, et qu'elle est définie positive si et seulement si est inversible.
Partie C. Diagnostics et inégalités
7. Déterminer le spectre de chacune des quatre matrices suivantes, en cherchant à chaque fois les pour lesquels le système admet une solution non nulle, ou en exploitant un polynôme annulateur. Dire ensuite si la matrice est positive, définie positive, ou ni l'un ni l'autre ; dans les cas non positifs ou non définis, exhiber un vecteur qui le prouve.
8. Soit telle que . Montrer que .
9. Soit .
a. Montrer que pour tout .
b. Soient . En appliquant la définition au vecteur , où décrit , montrer que
c. En déduire que si un coefficient diagonal de est nul, alors toute la ligne et toute la colonne correspondantes sont nulles. Retrouver ainsi le résultat de la question 8.
Exercice 31 ★★★★ — Un système surdéterminé au sens des moindres carrés
Problème des moindres carrés : système surdéterminé, équations normales, ajustementProjection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matriceDistance d'un vecteur à un sous-espace et caractérisation du projeté par minimisation
L'espace est muni de son produit scalaire canonique , les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes.
Une expérience fournit cinq mesures effectuées aux instants :
On cherche des réels tels que la parabole d'équation passe par les cinq points, c'est-à-dire vérifiant le système
de matrice et de second membre
Partie A. Un système sans solution
1. Résoudre par la méthode du pivot de Gauss et montrer qu'il n'admet aucune solution.
2. Lire sur le pivot le rang de , et en déduire que les colonnes de sont libres. Quelle est la dimension de dans ?
3. Expliquer pourquoi, géométriquement, il était prévisible que le système n'ait « en général » pas de solution.
4. On appelle solution de au sens des moindres carrés tout vecteur qui minimise . Justifier qu'un tel vecteur existe, qu'il est unique, et traduire le problème en termes de projection orthogonale.
Partie B. Résolution par les équations normales
5. Montrer que est solution au sens des moindres carrés si et seulement si .
6. Calculer et .
7. Résoudre le système des équations normales et donner la solution .
8. Calculer , le résidu , puis la valeur minimale de .
9. Retrouver cette valeur minimale par le calcul de , et justifier cette formule.
Partie C. Interprétation géométrique
10. Vérifier explicitement que le résidu est orthogonal à chacune des trois colonnes de , et expliquer pourquoi ce contrôle est équivalent aux équations normales.
11. En déduire la distance , et énoncer en une phrase ce que le vecteur représente.
Partie D. Le cas dégénéré
On reprend les mêmes données, mais avec la matrice
dont la troisième colonne est la somme des deux premières.
12. Déterminer et sa dimension. Que dire de ?
13. Écrire et résoudre les équations normales . Combien y a-t-il de solutions ?
14. Calculer pour une solution quelconque, et constater que le résultat ne dépend pas de la solution choisie. Expliquer ce phénomène.
15. Calculer le résidu et la distance , et comparer avec la partie B. Interpréter l'écart.
Exercice 32 ★★★★ — Autour de la preuve du théorème spectral
Théorème spectral : diagonalisation en base orthonormée et écriture A = P D transposée de POrthogonalité deux à deux des sous-espaces propres d'un endomorphisme symétriqueEndomorphisme symétrique d'un espace euclidien : définition et premières propriétés
Le théorème spectral est admis par le programme : toute matrice symétrique réelle est diagonalisable en base orthonormée. Cet exercice a pour but de démonter la machine qui l'entoure, et de séparer clairement ce qui se démontre à la main de ce qui est réellement admis.
Dans tout l'exercice, désigne un espace euclidien de dimension , et est muni de son produit scalaire canonique , les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes.
Partie A. Les sous-espaces propres sont orthogonaux
1. Soit un endomorphisme symétrique de , et soient et deux valeurs propres distinctes de . Montrer que .
2. Rédiger la même démonstration en langage matriciel, pour , en calculant de deux façons.
3. En déduire que si admet valeurs propres deux à deux distinctes, alors elle est diagonalisable en base orthonormée, sans invoquer le théorème spectral.
Partie B. Le cas , intégralement démontré
Soit
L'objectif est de démontrer complètement, sans admettre quoi que ce soit, que est diagonalisable en base orthonormée.
4. Traiter d'abord le cas .
On suppose désormais .
5. Écrire le système et le résoudre par le pivot de Gauss, en discutant selon . Montrer que ce système admet une solution non nulle si et seulement si
6. Calculer le discriminant de ce trinôme du second degré et montrer que . En déduire que possède deux valeurs propres réelles et , distinctes.
7. Étudier le cas (que l'on n'a pas rencontré ici) : montrer qu'il impose et , c'est-à-dire .
8. Vérifier que et sont des vecteurs propres de , puis, en utilisant les relations entre coefficients et racines, montrer directement que .
9. Conclure : toute matrice de est diagonalisable en base orthonormée. Appliquer la méthode complète à et donner explicitement orthogonale et diagonale telles que .
Partie C. Le passage en dimension
On admet le résultat suivant, qui est le seul point réellement admis de la démonstration : tout endomorphisme symétrique d'un espace euclidien de dimension supérieure ou égale à possède au moins une valeur propre réelle.
10. Soit un endomorphisme symétrique de , une valeur propre de et un vecteur propre unitaire associé. On pose . Montrer que et que est stable par .
11. Montrer que l'endomorphisme induit par sur est symétrique pour le produit scalaire induit.
12. Rédiger la récurrence qui en découle et conclure.
13. Expliquer honnêtement pourquoi le point admis en tête de partie n'a pas été démontré ici, et ce que la partie B apporte malgré tout.
Partie D. Ce que la symétrie apporte : deux contre-exemples
14. Soit . Déterminer et les sous-espaces propres en résolvant , puis montrer que n'est pas diagonalisable.
15. Soit . Montrer que est diagonalisable, mais qu'il n'existe aucune base orthonormée de formée de vecteurs propres de . On donnera deux arguments : un argument général, et une vérification explicite sur les sous-espaces propres.
16. Résumer en deux phrases ce que chacun de ces deux exemples démontre.
Exercice 33 ★★★★ — Un ordre sur les matrices symétriques
Matrices symétriques positives et définies positives : signe des valeurs propresApplications : puissances, racine carrée, transposée de A fois A, encadrement du produit scalaire Ax scalaire x
Sur l'ensemble des matrices symétriques réelles d'ordre , on définit la relation par
c'est-à-dire lorsque pour tout . On remarquera d'emblée que est automatiquement symétrique quand et le sont, de sorte que la définition a bien un sens.
Pour , on note et la plus petite et la plus grande de ses valeurs propres, qui existent puisque en possède exactement comptées avec multiplicité, toutes réelles, d'après le théorème spectral.
Partie A. C'est bien une relation d'ordre
1. Montrer que est réflexive.
2. Montrer que est transitive.
3. Soit telle que pour tout . En prenant successivement puis , montrer que .
4. En déduire que est antisymétrique, et conclure.
Partie B. Premières conséquences
5. Montrer que entraîne pour tout , puis .
6. L'encadrement fondamental. Soit . Montrer que
et que les deux inégalités sont des égalités pour des vecteurs bien choisis.
7. En déduire que entraîne et .
Partie C. Deux pièges
8. On pose
a. Vérifier que et sont positives et que .
b. Calculer et , puis montrer que est fausse.
c. Où le raisonnement « on élève au carré » échoue-t-il ? On pourra utiliser l'identité .
9. Montrer que n'est pas un ordre total : exhiber deux matrices de non comparables.
Partie D. Encadrement par des multiples de l'identité
10. Montrer que pour toute ,
et que ces deux bornes sont les meilleures possibles au sens suivant : si , alors .
11. Appliquer à : déterminer son spectre, écrire l'encadrement obtenu, et le vérifier sur les vecteurs , et .
Exercice 34 ★★★★ — Approximation polynomiale au sens des moindres carrés
Projection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matriceDistance d'un vecteur à un sous-espace et caractérisation du projeté par minimisationProblème des moindres carrés : système surdéterminé, équations normales, ajustement
On note l'espace vectoriel des fonctions continues de dans , muni du produit scalaire
On identifie un polynôme à la fonction polynomiale qu'il définit sur , de sorte que et sont des sous-espaces de , de dimensions respectives et .
Ce problème de synthèse traite d'un bout à l'autre la question suivante : quel est le meilleur polynôme de degré au plus approchant une fonction donnée, au sens de la moyenne quadratique ?
Partie A. Une base orthonormée de
1. Calculer pour . Quelle remarque générale sur la parité permet d'aller plus vite ?
2. Appliquer le procédé de Gram-Schmidt à la famille pour construire une base orthogonale de . Vérifier que .
3. Calculer , et , et en déduire la base orthonormée de .
4. Remarque culturelle. Les polynômes , et sont, à une constante multiplicative près, les trois premiers polynômes de Legendre. Justifier en une phrase pourquoi tout autre procédé d'orthogonalisation de aurait donné les mêmes droites.
Partie B. Deux projections
5. Soit . Calculer , et en exploitant systématiquement la parité, puis en déduire le projeté orthogonal de sur .
6. Calculer pour cette fonction.
7. Soit maintenant . Calculer , et , puis montrer que
8. Calculer .
Partie C. Plus le sous-espace est grand, meilleure est l'approximation
9. Déterminer le projeté orthogonal de sur , puis .
10. Comparer les deux distances obtenues et commenter.
11. Démontrer le résultat général : si et sont deux sous-espaces de dimension finie d'un espace préhilbertien avec , alors pour tout .
12. Dresser un tableau de valeurs comparant , son approximation affine et son approximation par un polynôme de degré , pour .
Partie D. Recul
13. Expliquer en quoi ce problème est le même que celui de la droite des moindres carrés ajustée à un nuage de points, et ce que la théorie de la projection orthogonale permet de traiter d'un seul geste.
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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.