ECG approfondies · Chapitre 13 · Quatrième semestre

Exercices — Compléments d'algèbre bilinéaire

34 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

34 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★★Reconnaître un endomorphisme symétrique sur sa matrice

Endomorphisme symétrique d'un espace euclidien : définition et premières propriétésCaractérisation matricielle : symétrique si et seulement si sa matrice en base orthonormée l'est

Dans tout l'exercice, Rn est muni de son produit scalaire canonique X,Y=XY, les vecteurs de Rn étant identifiés aux matrices colonnes. La base canonique B0=(e1,,en) est orthonormée pour ce produit scalaire.

On rappelle qu'un endomorphisme f d'un espace euclidien E est dit symétrique lorsque

(x,y)E2,f(x),y=x,f(y),

et que f est symétrique si et seulement si sa matrice dans une base orthonormée est une matrice symétrique. Tout l'objet de cet exercice est de manipuler ce va-et-vient entre l'endomorphisme et sa matrice, et de comprendre pourquoi l'hypothèse « base orthonormée » n'est pas décorative.

Partie A. Repérer une matrice symétrique

1. Parmi les matrices d'ordre 2 suivantes, indiquer celles qui sont symétriques. Pour chaque matrice non symétrique, citer un couple de coefficients (aij,aji) qui ne se correspondent pas.

a. A1=(2557)

b. A2=(0330)

c. A3=(1004)

d. A4=(6606)

e. A5=(3113)

f. A6=(5225)

2. Même question pour les matrices d'ordre 3 suivantes.

g. A7=(123251310)

h. A8=(123251310)

i. A9=(400140014)

j. A10=(011101110)

3. Même question pour les deux matrices d'ordre 4 suivantes.

A11=(1201235005241046)etA12=(1201235005241046).

4. Déterminer les réels α, β et γ pour lesquels la matrice suivante est symétrique.

B=(3α251βγ40).

5. Déterminer les réels a et b pour lesquels la matrice suivante est symétrique.

C=(a2a+b2037b1).

6. Déterminer les réels t pour lesquels la matrice M(t)=(1t241) est symétrique.

Partie B. Stabilité de Sn(R) par combinaison linéaire

On pose

S=(1223)etT=(0115).

7. Calculer S+T, 3S et 2ST, et vérifier sur ces trois exemples que le résultat est encore une matrice symétrique.

8. Démontrer, pour tout nN, que Sn(R) est un sous-espace vectoriel de Mn(R).

9. Donner une base de S2(R) et en déduire sa dimension.

Partie C. Le produit, lui, ne suit pas

10. On pose U=(1002) et V=(0110). Vérifier que U et V sont symétriques, puis calculer UV et VU. Le produit de deux matrices symétriques est-il symétrique ?

11. Soient S et T deux matrices symétriques d'ordre n. Exprimer (ST) en fonction de S et de T, puis démontrer l'équivalence

STSn(R)    ST=TS.

12. En revanche, démontrer que si S est symétrique, alors S2 est symétrique.

Partie D. Retour à la définition

13. On pose A=(2113), X=(12) et Y=(31). Calculer AX,Y et X,AY, et comparer.

14. Soit AMn(R). Exprimer AX,Y et X,AY à l'aide de X, A, A et Y, puis démontrer que

((X,Y), AX,Y=X,AY)    ASn(R).

Indication pour le sens direct : appliquer l'hypothèse à X=ei et Y=ej.

Partie E. Pourquoi la base doit être orthonormée

On travaille dans R2 et on pose v1=(1,0), v2=(1,1), puis B=(v1,v2).

15. Vérifier que B est une base de R2, mais qu'elle n'est pas orthonormée.

16. Soit f l'endomorphisme de R2 défini par f(x1,x2)=(x1,0). Écrire la matrice de f dans B0 et justifier que f est un endomorphisme symétrique.

17. Calculer f(v1) et f(v2), les exprimer dans la base B, et écrire la matrice de f dans B. Est-elle symétrique ? Conclure.

18. Réciproquement, soit g l'endomorphisme de R2 dont la matrice dans B est (0110). Déterminer g(e1) et g(e2), puis calculer g(e1),e2 et e1,g(e2). L'endomorphisme g est-il symétrique ?

19. Énoncer en une phrase la conclusion des questions 17. et 18.

Exercice 2 ★★★★Matrices orthogonales : premiers réflexes

Matrices orthogonales : colonnes orthonormées, inverse égale à la transposée

L'espace Rn est muni de son produit scalaire canonique X,Y=XY, les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes.

On rappelle qu'une matrice PMn(R) est dite orthogonale lorsque

PP=In,

ce qui équivaut à dire que P est inversible d'inverse P1=P, ou encore que les colonnes de P forment une base orthonormée de Rn.

Le piège de cet exercice est annoncé dès maintenant : des colonnes deux à deux orthogonales ne suffisent pas, il faut aussi qu'elles soient de norme 1.

Partie A. Reconnaître

1. Pour chacune des matrices d'ordre 2 suivantes, calculer PP et dire si la matrice est orthogonale.

a. P1=(0110)

b. P2=15(3443)

c. P3=(1111)

d. P4=(1101)

e. P5=(20012)

2. Même question pour les matrices d'ordre 3 suivantes. On pourra se contenter de calculer les normes des colonnes et leurs produits scalaires deux à deux.

f. P6=13(221122212)

g. P7=(122212221)

h. P8=(100001010)

3. Parmi les matrices précédentes, lesquelles ont des colonnes deux à deux orthogonales sans être orthogonales ? Quelle est l'erreur de vocabulaire que cette question invite à ne plus commettre ?

Partie B. Fabriquer, puis inverser

4. Normaliser les colonnes de P3, puis celles de P7, afin d'obtenir dans chaque cas une matrice orthogonale. On notera Q3 et Q7 les matrices obtenues.

5. Donner, sans aucun pivot de Gauss, les inverses de P2, de P6 et de P8.

6. Vérifier par le calcul que la matrice trouvée à la question 5. pour P2 est bien son inverse.

Partie C. Une matrice orthogonale conserve le produit scalaire

On pose dans cette partie P=P6=13(221122212), ainsi que X=(122) et Y=(301).

7. Calculer PX et PY, puis X, PX, Y et PY. Que constate-t-on ?

8. Calculer X,Y et PX,PY. Que constate-t-on ?

9. Démontrer, pour P orthogonale quelconque et X, Y quelconques dans Rn, les deux égalités

PX,PY=X,YetPX=X.

Partie D. Quelques propriétés à savoir refaire

10. Démontrer que le produit de deux matrices orthogonales d'ordre n est une matrice orthogonale. Vérifier ensuite ce résultat en calculant P1P2 et en contrôlant que la matrice obtenue est orthogonale.

11. Démontrer que si P est orthogonale, alors P est orthogonale.

12. Démontrer que si P est orthogonale, alors les lignes de P forment elles aussi une base orthonormée de Rn.

13. Démontrer que tous les coefficients d'une matrice orthogonale appartiennent à [1,1].

14. Démontrer qu'une matrice diagonale D=diag(d1,,dn) est orthogonale si et seulement si di{1,1} pour tout i. Combien y a-t-il de telles matrices ? Que devient alors le cas de P5 ?

15. Soit P une matrice orthogonale et λ une valeur propre réelle de P. Démontrer que λ{1,1}.

Exercice 3 ★★★Projeté orthogonal sur une droite

Projection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matrice

L'espace R3 est muni de son produit scalaire canonique X,Y=XY, les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes. On pose

a=(1,2,2)etD=Vect(a).

Partie A. La formule de projection sur une droite

1. Calculer a, puis donner un vecteur u tel que (u) soit une base orthonormée de la droite D.

2. Soit xR3. On cherche pD(x), l'unique vecteur de D tel que xpD(x) appartienne à D. En écrivant pD(x)=ta avec tR et en traduisant la condition d'orthogonalité, démontrer que

pD(x)=a,xa2a=a,x9a.

3. Vérifier que cette formule s'écrit aussi pD(x)=u,xu, où u est le vecteur unitaire de la question 1.

Partie B. Cinq projections

4. Calculer pD(x) pour chacun des vecteurs suivants.

a. x1=(3,0,0)

b. x2=(1,1,1)

c. x3=(0,1,1)

d. x4=(2,4,4)

e. x5=(5,2,0)

5. Interpréter les résultats obtenus pour x3 et pour x4 : que peut-on dire de ces deux vecteurs vis-à-vis de D ?

6. Pour x1, x2 et x5, vérifier que le vecteur xpD(x) est bien orthogonal à a.

Partie C. La matrice de la projection

7. En repartant de la formule de la question 2. et en identifiant a à une matrice colonne, démontrer que la matrice de pD dans la base canonique est

PD=19aa.

Écrire explicitement cette matrice.

8. Retrouver les projetés de x2 et de x5 en calculant PDX2 et PDX5.

9. Vérifier que PD=PD, puis démontrer que PD2=PD de deux façons : par le calcul matriciel direct, puis en utilisant l'écriture PD=19aa et l'égalité aa=9.

10. Calculer la trace de PD. Que reconnaît-on ?

11. Écrire la matrice de la projection orthogonale sur D et vérifier sur x3 que le résultat est cohérent avec la question 4.c.

12. Vérifier sur x2 l'égalité de Pythagore x2=pD(x)2+xpD(x)2, puis en déduire l'inégalité pD(x)x dans le cas général.

Partie D. Une droite de R4

L'espace R4 est muni de son produit scalaire canonique. On pose b=(1,1,1,1) et Δ=Vect(b).

13. Calculer b, puis pΔ(y) pour y1=(4,0,0,0), y2=(1,2,3,4) et y3=(1,1,2,2).

14. Écrire la matrice PΔ dans la base canonique de R4.

15. Pour y=(y(1),y(2),y(3),y(4)) quelconque, exprimer le coefficient t tel que pΔ(y)=tb en fonction des coordonnées de y. Quelle quantité statistique reconnaît-on ?

Exercice 4 ★★★★Projeté orthogonal sur un plan de l'espace

Projection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matrice

L'espace R3 est muni de son produit scalaire canonique X,Y=XY, les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes. On considère

F={(x,y,z)R3  ;  x+y+z=0}.

L'exercice consiste à projeter orthogonalement sur F de deux manières différentes, puis à comparer. On notera n=(1,1,1) et J3 la matrice d'ordre 3 dont tous les coefficients valent 1.

Partie A. Le plan, sa base orthonormée, son orthogonal

1. Justifier que F est un sous-espace vectoriel de R3 de dimension 2, et vérifier que v1=(1,1,0) et v2=(1,1,2) forment une base de F.

2. Vérifier que v1 et v2 sont orthogonaux, calculer leurs normes, puis en déduire une base orthonormée (u1,u2) de F.

3. Rappeler la formule donnant pF(x) à partir d'une base orthonormée (u1,u2) de F.

4. Démontrer que F=Vect(n).

Partie B. Méthode A, par une base orthonormée de F

5. Calculer pF(w1) pour w1=(1,0,0) en utilisant la base orthonormée (u1,u2).

6. Faire de même pour w2=(1,2,3).

7. Faire de même pour w3=(2,1,1). Le résultat pouvait-il être prévu ?

Partie C. Méthode B, en passant par F

8. Justifier l'égalité pF=idpF, puis en déduire l'expression

pF(x)=xn,x3n.

9. Recalculer pF(w1), pF(w2) et pF(w3) par cette deuxième méthode et vérifier que l'on retrouve les résultats de la partie B.

10. Pour chacun des trois vecteurs, vérifier que pF(w) appartient bien à F et que wpF(w) est colinéaire à n.

Partie D. La matrice de la projection

11. À l'aide de la question 8., démontrer que la matrice de pF dans la base canonique est

PF=I313J3,

et écrire cette matrice explicitement.

12. Retrouver PF par la méthode A, en calculant u1u1+u2u2.

13. Vérifier que PF est symétrique, puis démontrer que PF2=PF. On pourra commencer par calculer J32.

14. Calculer tr(PF), puis déterminer Im(pF) et ker(pF).

15. Des deux méthodes, laquelle est la plus rapide ici ? Et si l'on avait dû projeter sur une droite de R3 ? Énoncer la règle pratique à retenir.

Exercice 5 ★★★★Distance d'un vecteur à une droite puis à un plan

Distance d'un vecteur à un sous-espace et caractérisation du projeté par minimisationProjection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matrice

Les espaces R3 et R4 sont munis de leur produit scalaire canonique X,Y=XY, les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes.

On rappelle que, pour un sous-espace F d'un espace euclidien E et un vecteur xE, la distance de x à F est

d(x,F)=minyFxy=xpF(x).

L'exercice fait fonctionner en parallèle cette formule et sa variante

d(x,F)2=x2pF(x)2,

et vérifie numériquement que le minimum est bien atteint en pF(x).

Partie A. Distance à une droite de R3

On pose a=(2,1,2) et D=Vect(a).

1. Calculer a.

2. Pour x=(3,0,0), calculer pD(x), puis d(x,D) à l'aide de la formule d(x,D)=xpD(x).

3. Recalculer d(x,D) à l'aide de la formule d(x,D)2=x2pD(x)2 et vérifier que l'on trouve la même valeur.

4. Mener les deux mêmes calculs pour x=(1,1,1).

Partie B. Distance à un plan de R3

On pose maintenant

F={(x1,x2,x3)R3  ;  2x1x2+2x3=0}.

5. Justifier que F=D, où D est la droite de la partie A.

6. Pour x=(3,0,0), calculer pF(x) et vérifier que le résultat appartient bien à F.

7. En déduire d(x,F) par la formule d(x,F)=xpF(x), puis retrouver la valeur par la formule d(x,F)2=x2pF(x)2.

8. Démontrer que, pour un hyperplan H de vecteur normal n (c'est-à-dire H=(Vect(n)) avec n0), on a

d(x,H)=n,xn,

et vérifier cette formule sur le calcul de la question 7.

9. Vérifier l'égalité d(x,D)2+d(x,F)2=x2 et l'expliquer.

Partie C. Vérifier que c'est bien le minimum

10. Vérifier que y1=(1,0,1) et y2=(2,2,1) appartiennent à F, puis calculer xy1 et xy2 avec x=(3,0,0). Comparer à d(x,F).

11. Pour chacun de ces deux vecteurs, vérifier numériquement l'égalité

xy2=xpF(x)2+pF(x)y2,

et expliquer d'où elle vient.

Partie D. Dans R4

On pose b=(1,1,1,1), Δ=Vect(b), m=(1,1,1,1),

H={(x1,x2,x3,x4)R4  ;  x1+x2x3x4=0}etz=(3,1,1,1).

12. Calculer d(z,Δ) par les deux formules.

13. Calculer pH(z), vérifier qu'il appartient à H, puis calculer d(z,H) par les deux formules ainsi que par la formule de la question 8.

14. Le vecteur z est-il plus proche de Δ ou de H ?

Partie E. Trois questions de cours

15. Soit F un sous-espace d'un espace euclidien E et xE. Démontrer que, pour tout yF,

xy2=xpF(x)2+pF(x)y2.

En déduire que la borne inférieure de xy pour yF est atteinte, et qu'elle l'est en un unique point.

16. Démontrer la formule d(x,F)2=x2pF(x)2.

17. Démontrer que d(x,F)=0 si et seulement si xF.

Exercice 6 ★★★Diagonalisation orthogonale d'une matrice symétrique d'ordre deux

Pratique de la diagonalisation orthogonale : éléments propres et construction de P orthogonaleThéorème spectral : diagonalisation en base orthonormée et écriture A = P D transposée de PMatrices orthogonales : colonnes orthonormées, inverse égale à la transposée

L'espace R2 est muni de son produit scalaire canonique X,Y=XY, les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes. On considère les trois matrices

A=(3113),B=(1221),C=(5222).

Il s'agit de les diagonaliser en base orthonormée, c'est-à-dire de trouver dans chaque cas une matrice orthogonale P et une matrice diagonale D telles que la matrice s'écrive PDP. On suivra à chaque fois exactement le même plan, jusqu'à ce qu'il devienne un réflexe.

Partie A. La méthode

1. Énoncer le théorème spectral pour une matrice symétrique réelle d'ordre n, en précisant la forme de la matrice de passage.

2. Soit MM2(R) et λR. Rappeler pourquoi λ est valeur propre de M si et seulement si le système (MλI2)X=0 admet une solution non nulle, et décrire la méthode de résolution par pivot avec discussion.

Partie B. La matrice A

3. Écrire le système (AλI2)X=0 et le résoudre par pivot en discutant selon λ. En déduire Sp(A).

4. Déterminer les sous-espaces propres E2(A) et E4(A), en donner une base, et vérifier chaque vecteur propre trouvé par un produit matriciel.

5. Vérifier que les deux vecteurs propres obtenus sont orthogonaux. Ce résultat était-il prévisible ?

6. Normaliser ces deux vecteurs pour obtenir une base orthonormée (u1,u2) de R2 formée de vecteurs propres de A.

7. Écrire les matrices P et D correspondantes, et vérifier que PP=I2.

8. Vérifier par le calcul que A=PDP.

Partie C. La matrice B

9. Mener la recherche des valeurs propres de B par la même méthode et donner Sp(B).

10. Déterminer E1(B) et E3(B), vérifier l'orthogonalité des vecteurs propres, puis en déduire une base orthonormée de vecteurs propres.

11. Écrire P et D, vérifier PP=I2, puis vérifier B=PDP.

12. Comparer les vecteurs propres de A et de B. Expliquer la coïncidence en écrivant A et B à l'aide de I2 et de K=(0110).

Partie D. La matrice C

13. Mener la recherche des valeurs propres de C par la même méthode et donner Sp(C).

14. Déterminer E1(C) et E6(C) et vérifier chaque vecteur propre par un produit matriciel.

15. Vérifier l'orthogonalité, normaliser, puis écrire P et D. Vérifier PP=I2.

16. Vérifier par le calcul que C=PDP.

Partie E. Bilan

17. Vérifier pour les trois matrices que la trace est égale à la somme des valeurs propres.

18. Pour la matrice A, donner deux autres couples (P,D) convenant. La matrice P du théorème spectral est-elle unique ?

19. Déduire de A=PDP l'égalité PAP=D, et récapituler la méthode en cinq étapes.

Exercice 7 ★★★Le théorème spectral : vrai ou faux

Théorème spectral : diagonalisation en base orthonormée et écriture A = P D transposée de POrthogonalité deux à deux des sous-espaces propres d'un endomorphisme symétrique

Dans tout l'exercice, n est un entier supérieur ou égal à 2, toutes les matrices sont réelles, et Rn est muni de son produit scalaire canonique X,Y=XY.

Pour chacune des affirmations suivantes, dire si elle est vraie ou fausse. Si elle est vraie, en donner une démonstration courte ; si elle est fausse, donner un contre-exemple explicite et, quand c'est utile, l'énoncé correct qui s'en rapproche.

1. Toute matrice symétrique réelle est diagonalisable.

2. Toute matrice diagonalisable est symétrique.

3. Il existe une base orthonormée de Rn formée de vecteurs propres de A si et seulement si ASn(R).

4. Si A est symétrique et inversible, alors toutes ses valeurs propres sont non nulles.

5. Toute matrice symétrique est inversible.

6. Deux vecteurs propres d'une matrice symétrique sont toujours orthogonaux.

7. Si A est symétrique et si X et Y sont deux vecteurs propres de A associés à des valeurs propres distinctes, alors X et Y sont orthogonaux.

8. Si A est symétrique, alors A2 est symétrique.

9. Si A et B sont symétriques, alors AB est symétrique.

10. Si A et B sont symétriques, alors A+B est diagonalisable.

11. Si A est symétrique et si toutes ses valeurs propres sont égales à un même réel λ, alors A=λIn.

12. La matrice orthogonale P du théorème spectral est unique.

13. Si A est symétrique et A2=0, alors A=0.

14. Une matrice symétrique d'ordre n possède exactement n valeurs propres distinctes.

15. Si A est symétrique et P orthogonale, alors PAP est symétrique et a le même spectre que A.

16. Pour conclure, énoncer les trois confusions les plus fréquentes que cet exercice permet de lever.

Exercice 8 ★★★Orthogonalité des sous-espaces propres sur un exemple

Orthogonalité deux à deux des sous-espaces propres d'un endomorphisme symétriquePratique de la diagonalisation orthogonale : éléments propres et construction de P orthogonale

L'espace R3 est muni de son produit scalaire canonique X,Y=XY, les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes. On considère la matrice

A=(311131115)

et les trois vecteurs

v1=(111),v2=(110),v3=(112).

On admet que Sp(A)={2,3,6}, que v1 est un vecteur propre associé à 3, v2 un vecteur propre associé à 2 et v3 un vecteur propre associé à 6. Tout l'exercice consiste à exploiter ces données, puis à comprendre d'où vient l'orthogonalité qu'on va constater.

Partie A. Vérifications et sous-espaces propres

1. Vérifier que A est symétrique.

2. Vérifier par un produit matriciel que v1, v2 et v3 sont bien des vecteurs propres de A, associés respectivement à 3, 2 et 6.

3. Calculer les trois produits scalaires v1,v2, v1,v3 et v2,v3. Ce résultat était-il prévisible ?

4. En déduire que (v1,v2,v3) est une base de R3.

5. Donner E3(A), E2(A) et E6(A) ainsi que leurs dimensions, et vérifier la cohérence avec dimR3=3.

Partie B. Base orthonormée de vecteurs propres et matrice P

6. Calculer v1, v2 et v3, puis en déduire une base orthonormée B=(u1,u2,u3) de R3 formée de vecteurs propres de A.

7. Écrire les matrices P et D du théorème spectral associées à ce choix, et justifier que PP=I3.

8. Vérifier l'égalité AP=PD en raisonnant colonne par colonne, et en déduire A=PDP.

9. Vérifier que la trace de A est égale à la somme de ses valeurs propres.

10. Décomposer le vecteur x=(1,2,3) dans la base (v1,v2,v3), puis utiliser cette décomposition pour calculer Ax. Vérifier le résultat par un produit matriciel direct.

Partie C. D'où vient l'orthogonalité

11. Calculer Av1,v2 de deux façons : d'abord en utilisant Av1=3v1, puis en utilisant la symétrie de A pour faire passer A de l'autre côté du produit scalaire. Qu'en déduit-on sur v1,v2 ?

12. Refaire le même raisonnement avec le couple (v2,v3).

13. Énoncer et démontrer le théorème général : si ASn(R) et si λμ sont deux valeurs propres de A, alors Eλ(A) et Eμ(A) sont orthogonaux.

Partie D. Sans symétrie, tout s'écroule

On pose M=(1102).

14. La matrice M est-elle symétrique ? Déterminer Sp(M) et justifier que M est diagonalisable.

15. Déterminer E1(M) et E2(M), puis calculer le produit scalaire d'un vecteur propre de chacun. Conclure.

16. Quelle hypothèse du théorème de la question 13. est en défaut ? Rédiger en une phrase la mise en garde correspondante.

Exercice 9 ★★★★Lire la positivité d'une matrice symétrique sur son spectre

Matrices symétriques positives et définies positives : signe des valeurs propres

L'espace Rn est muni de son produit scalaire canonique X,Y=XY, les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes, et B0=(e1,,en) désigne la base canonique.

On rappelle les définitions. Soit ASn(R).

  • A est dite positive, et l'on note ASn+(R), lorsque AX,X0 pour tout XRn.
  • A est dite définie positive, et l'on note ASn++(R), lorsque AX,X>0 pour tout XRn non nul.

On rappelle aussi que AX,X=(AX)X=XAX=XAX lorsque A est symétrique.

Partie A. Lire la positivité sur le spectre

1. Énoncer la caractérisation d'une matrice symétrique positive, puis définie positive, par son spectre. En s'appuyant sur le théorème spectral, indiquer en une phrase pourquoi cette caractérisation existe.

2. Pour chacun des spectres suivants, dire si la matrice symétrique correspondante est définie positive, positive sans être définie positive, ou ni l'une ni l'autre.

a. Sp(A1)={1,4,9}

b. Sp(A2)={0,2,5}

c. Sp(A3)={1,3}

d. Sp(A4)={0}

e. Sp(A5)={7}

f. Sp(A6)={2,0}

g. Sp(A7)={12,3}

h. Sp(A8)={5,1}

3. Parmi les huit matrices de la question 2., lesquelles sont inversibles ?

Partie B. Revenir à la définition

4. Soit A=(2112) et X=(xy). Développer AX,X, puis l'écrire comme une somme de carrés. En déduire que A est définie positive, et vérifier la cohérence avec Sp(A)={1,3}.

5. Même travail avec B=(1111). Cette matrice est-elle définie positive ? Déterminer un vecteur non nul X tel que BX,X=0.

6. Même travail avec C=(1221). Exhiber un vecteur X tel que CX,X<0.

7. Démontrer le sens facile de la caractérisation : si ASn+(R) et si λSp(A), alors λ0. Démontrer ensuite la réciproque à l'aide du théorème spectral.

Partie C. Trois conséquences immédiates

8. Soit ASn+(R). En testant la définition sur X=ei, démontrer que tous les coefficients diagonaux de A sont positifs ou nuls. En déduire, sans aucun calcul de valeur propre, que la matrice

N=(213151314)

n'est pas positive.

9. En déduire que tr(A)0 pour toute matrice ASn+(R). Donner une seconde démonstration à partir du spectre.

10. Démontrer qu'une matrice définie positive est inversible.

11. La réciproque est-elle vraie ? Donner un exemple de matrice symétrique positive non inversible.

Partie D. Deux pièges et deux stabilités

12. La matrice C de la question 6. a tous ses coefficients strictement positifs. Est-elle positive ? Que faut-il en conclure sur le « test » consistant à regarder le signe des coefficients ?

13. Réciproquement, montrer que S=(2112), qui a des coefficients négatifs, est définie positive.

14. Démontrer que la somme de deux matrices de Sn+(R) est dans Sn+(R), et que αASn+(R) pour ASn+(R) et α0. L'ensemble Sn+(R) est-il un sous-espace vectoriel de Mn(R) ?

15. Soit ASn+(R). Démontrer que A+In est définie positive, et en déduire qu'elle est inversible.

Exercice 10 ★★★Vérifier la symétrie par la définition

Endomorphisme symétrique d'un espace euclidien : définition et premières propriétés

Dans tout l'exercice, on utilise uniquement la définition : un endomorphisme f d'un espace euclidien (E,,) est symétrique lorsque

(x,y)E2,f(x),y=x,f(y).

Aucune matrice n'est donnée : c'est cette égalité, et elle seule, qu'il faut établir ou mettre en défaut.

Partie A. Dans Rn euclidien canonique

Soit n2. On munit Rn de son produit scalaire canonique X,Y=XY, de base canonique B0=(e1,,en). On fixe deux vecteurs a et b de Rn tels que

a=b=1eta,b=0.

1. On pose, pour tout xRn, f(x)=a,xa.

a. Justifier que f est un endomorphisme de Rn.

b. Montrer que f est symétrique.

c. Calculer ff et reconnaître géométriquement l'application f.

2. On pose, pour tout xRn, s(x)=x2a,xa.

a. Montrer que s est un endomorphisme symétrique de Rn.

b. Calculer a,s(x), puis en déduire ss.

c. Montrer que s(x)=x pour tout xRn.

d. On note S la matrice de s dans la base canonique B0. Déduire des questions précédentes que S=S et que SS=In : la matrice S est à la fois symétrique et orthogonale.

3. On pose, pour tout xRn, h(x)=a,xb. Montrer que h n'est pas symétrique, en exhibant deux vecteurs explicites qui mettent l'égalité en défaut.

4. On pose, pour tout xRn, g(x)=a,xb+b,xa. Montrer que g est symétrique.

5. On prend n=3, a=e1 et b=e2. Écrire les matrices H et G de h et g dans la base canonique, et vérifier sur ces matrices les conclusions des questions 3. et 4.

Partie B. Dans Mn(R)

On munit maintenant Mn(R), avec n2, de son produit scalaire canonique

A,B=tr(AB).

On rappelle les deux identités classiques de la trace, utilisables sans démonstration : tr(M)=tr(M) et tr(MN)=tr(NM).

6. Vérifier, à l'aide de ces identités, que A,B=B,A pour toutes matrices A et B de Mn(R).

7. On considère l'application φ:Mn(R)Mn(R) définie par φ(M)=M.

a. Montrer que φ est un endomorphisme symétrique de Mn(R).

b. Calculer φφ et en déduire que Sp(φ){1,1}.

c. Déterminer E1(φ) et E1(φ), puis retrouver le fait que ces deux sous-espaces sont orthogonaux, d'abord comme conséquence de la question a., ensuite par un calcul direct de tr(SA) avec S symétrique et A antisymétrique.

8. Soit SSn(R) fixée. On pose ψS(M)=SM pour toute MMn(R). Montrer que ψS est un endomorphisme symétrique de Mn(R).

9. Réciproquement, soit BMn(R) telle que ψB:MBM soit un endomorphisme symétrique de Mn(R). Montrer que B est symétrique. (On pourra appliquer l'égalité de symétrie à un couple de matrices bien choisi.)

Exercice 11 ★★★★Le piège de la base non orthonormée

Caractérisation matricielle : symétrique si et seulement si sa matrice en base orthonormée l'estEndomorphisme symétrique d'un espace euclidien : définition et premières propriétés

Le théorème du cours affirme qu'un endomorphisme est symétrique si et seulement si sa matrice dans une base orthonormée est symétrique. Cet exercice montre, sur deux exemples explicites, que l'hypothèse « orthonormée » n'est pas décorative : sans elle, l'énoncé est faux dans les deux sens.

On travaille dans R2 muni du produit scalaire canonique X,Y=XY, de base canonique B0=(e1,e2). On pose

v1=(1,0)etv2=(1,1),

et C=(v1,v2).

Partie A. Une matrice symétrique qui ne donne pas un endomorphisme symétrique

1. Montrer que C est une base de R2, puis calculer v1, v2 et v1,v2. La base C est-elle orthonormée ?

2. Soit f l'endomorphisme de R2 dont la matrice dans la base C est

N=(0110).

Traduire cette donnée par les images de v1 et v2 par f.

3. On note P la matrice de passage de B0 à C. Écrire P, calculer P1, puis déterminer la matrice A de f dans la base canonique B0. La matrice A est-elle symétrique ?

4. Contrôler le résultat de deux façons : en vérifiant que A et N ont la même trace, et en vérifiant à partir de A que l'on retrouve bien f(v1)=v2 et f(v2)=v1.

5. Calculer f(e1) et f(e2), puis f(e1),e2 et e1,f(e2). Conclure : f est-il un endomorphisme symétrique ?

Partie B. Un endomorphisme symétrique dont la matrice n'est pas symétrique

6. Soit g l'endomorphisme de R2 de matrice, dans la base canonique,

S=(2112).

Justifier en une ligne que g est symétrique.

7. Déterminer la matrice N de g dans la base C, d'abord par la formule de changement de base, puis en recalculant directement les coordonnées de g(v1) et g(v2) dans C. La matrice N est-elle symétrique ?

Partie C. Où se cache l'hypothèse

8. Énoncer précisément le théorème de caractérisation matricielle des endomorphismes symétriques, puis le démontrer. On mettra en évidence l'unique endroit où l'hypothèse « base orthonormée » est utilisée.

9. Pour x=αv1+βv2 et y=γv1+δv2, exprimer x,y en fonction de α,β,γ,δ. Comparer avec αγ+βδ et commenter.

10. Soient B et B deux bases orthonormées d'un espace euclidien E de dimension n, et P la matrice de passage de B à B.

a. Montrer que P est une matrice orthogonale, c'est-à-dire PP=In.

b. Soit f un endomorphisme de E, de matrice A dans B et A dans B. Montrer que A=PAP, puis que A est symétrique dès que A l'est.

c. Expliquer pourquoi ce résultat n'est pas contredit par la partie A.

Exercice 12 ★★★★Un projecteur est orthogonal si et seulement s'il est symétrique

Caractérisation d'un projecteur orthogonal : p rond p = p et p symétriqueProjection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matrice

Un projecteur de Rn est un endomorphisme p vérifiant pp=p ; on sait alors que Rn=Impkerp et que p est la projection sur Imp parallèlement à kerp. Parmi tous ces projecteurs, un seul par sous-espace image mérite le nom de projection orthogonale : celui dont le noyau est l'orthogonal de l'image. L'objet de l'exercice est de reconnaître ce cas particulier à un simple coup d'œil sur la matrice.

Partie A. Deux projecteurs de même image

On munit R3 du produit scalaire canonique et l'on considère le plan

F={(x1,x2,x3)R3  ;  x1+x2+x3=0}.

On note p la projection orthogonale sur F, et q la projection sur F parallèlement à la droite D=Vect(e3).

1. Déterminer F et en donner une base. En déduire dimF.

2. Justifier que R3=FD, ce qui légitime la définition de q.

3. Pour x=(x1,x2,x3), exprimer p(x), puis écrire la matrice PF de p dans la base canonique. Vérifier que PF est symétrique et que PF2=PF.

4. Pour x=(x1,x2,x3), exprimer q(x), puis écrire la matrice Q de q dans la base canonique. Vérifier que Q2=Q. La matrice Q est-elle symétrique ?

5. Vérifier que p et q ont bien la même image F, et déterminer kerp et kerq.

6. Mettre en défaut la symétrie de q en calculant q(e1),e3 et e1,q(e3).

7. Calculer e3p(e3) et e3q(e3). Commenter en une phrase.

Partie B. La caractérisation générale

Soit E un espace euclidien et p un projecteur de E (pp=p). On pose F=Imp.

8. On suppose que p est la projection orthogonale sur F, c'est-à-dire kerp=F. Montrer que p est un endomorphisme symétrique.

9. Réciproquement, on suppose p symétrique. Montrer que kerpF, puis conclure par un argument de dimension que kerp=F : p est la projection orthogonale sur son image.

10. Énoncer le résultat obtenu sous forme matricielle, dans une base orthonormée.

Partie C. Reconnaître des matrices de projections orthogonales

11. Parmi les quatre matrices suivantes, déterminer lesquelles sont des matrices de projections orthogonales de R3 (base canonique, produit scalaire canonique).

a. M1=13(111111111)

b. M2=(100010110)

c. M3=15(120240000)

d. M4=(100010001)

12. Montrer que la trace d'un projecteur est égale à son rang.

13. Pour chacune des matrices retenues à la question 11., déterminer le sous-espace sur lequel elle projette et sa dimension, en utilisant la question 12.

Exercice 13 ★★★★Projection orthogonale sur un sous-espace de R4

Projection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matriceDistance d'un vecteur à un sous-espace et caractérisation du projeté par minimisation

On munit R4 de son produit scalaire canonique X,Y=XY et de sa base canonique B0=(e1,e2,e3,e4), qui est orthonormée. On considère le sous-espace

F={(x1,x2,x3,x4)R4  ;  x1+x2+x3+x4=0  et  x1x2+x3x4=0}.

On note pF la projection orthogonale sur F et PF sa matrice dans B0. On pose enfin

u=(3,1,1,3)etv=(1,2,3,4).

Partie A. Le sous-espace F et une base orthonormée

1. Résoudre le système définissant F et en déduire une base (w1,w2) de F, puis dimF.

2. Calculer w1,w2, w1 et w2. En déduire une base orthonormée (f1,f2) de F.

Partie B. Projeté, distance, matrice

3. Calculer pF(u) à l'aide de la formule du cours en base orthonormée, puis vérifier que pF(u)F et que upF(u)F.

4. En déduire d(u,F). Contrôler le résultat par le théorème de Pythagore.

5. Soit y=(2,2,2,2). Vérifier que yF et calculer uy. Que confirme cette valeur ?

6. Déterminer PF. Vérifier que PF est symétrique, que PF2=PF et que tr(PF)=dimF.

7. Utiliser PF pour calculer pF(v) et d(v,F).

Partie C. La route par F

8. Montrer que F=Vect(n1,n2) avec n1=(1,1,1,1) et n2=(1,1,1,1), puis en donner une base orthonormée (h1,h2).

9. Calculer pF(u), puis retrouver pF(u) et d(u,F) par la relation pF=idpF. Comparer le coût des deux méthodes et dire, dans le cas général, laquelle choisir.

10. Déterminer PF et vérifier que PF+PF=I4.

Partie D. La base orthonormée n'est pas unique, la projection si

11. On considère les vecteurs b1=(1,1,1,1) et b2=(1,0,1,0).

a. Vérifier que (b1,b2) est une base de F, non orthogonale.

b. Lui appliquer le procédé de Gram-Schmidt pour obtenir une base orthonormée (g1,g2) de F.

c. Recalculer la matrice de pF à partir de (g1,g2) et conclure.

Exercice 14 ★★★Diagonalisation orthogonale avec une valeur propre double

Pratique de la diagonalisation orthogonale : éléments propres et construction de P orthogonaleThéorème spectral : diagonalisation en base orthonormée et écriture A = P D transposée de PMatrices orthogonales : colonnes orthonormées, inverse égale à la transposée

On munit R3 de son produit scalaire canonique X,Y=XY, pour lequel la base canonique B0=(e1,e2,e3) est orthonormée. On considère

A=(511151115).

L'objectif est de diagonaliser A en base orthonormée, c'est-à-dire d'écrire A=PDP avec D diagonale et P orthogonale. La difficulté, et tout l'intérêt de l'exercice, tient à la présence d'une valeur propre double.

Partie A. Les éléments propres

1. Justifier que le théorème spectral s'applique à A : que garantit-il exactement ?

2. Soit λR. On pose μ=5λ et l'on cherche les X=(x1,x2,x3) tels que (AλI3)X=0. Écrire le système correspondant, puis l'échelonner par la méthode du pivot de Gauss en discutant selon la valeur de μ.

3. En déduire Sp(A), ainsi que Eλ(A) et dimEλ(A) pour chaque valeur propre λ.

4. Contrôler le résultat par la trace, puis justifier que A est diagonalisable.

5. Vérifier que les deux sous-espaces propres sont orthogonaux. Ce résultat était-il prévisible ?

Partie B. Construction de P

6. Donner une base (w1,w2) du sous-espace propre de dimension 2. Est-elle orthogonale ? Appliquer si nécessaire le procédé de Gram-Schmidt pour en déduire une base orthonormée de ce sous-espace.

7. Construire une base orthonormée B=(u1,u2,u3) de R3 formée de vecteurs propres de A. Expliquer pourquoi il n'y a aucune orthonormalisation à faire entre vecteurs de sous-espaces propres différents.

8. Écrire les matrices P et D correspondantes, puis vérifier que PP=I3.

9. Vérifier l'égalité A=PDP. (On pourra utiliser l'identité PDP=λ1u1u1+λ2u2u2+λ3u3u3, où les ui sont vus comme colonnes.)

Partie C. Ce que l'unicité n'est pas

10. On pose v2=12(1,0,1) et v3=16(1,2,1).

a. Vérifier que (u1,v2,v3) est encore une base orthonormée de vecteurs propres de A.

b. Écrire la matrice orthogonale P associée et vérifier que A=PDP avec la même matrice D.

11. Recenser toutes les sources de non-unicité de P, puis identifier ce qui, dans cette diagonalisation, est en revanche parfaitement déterminé par A.

Exercice 15 ★★★★La matrice dont tous les coefficients valent un

Pratique de la diagonalisation orthogonale : éléments propres et construction de P orthogonaleThéorème spectral : diagonalisation en base orthonormée et écriture A = P D transposée de PApplications : puissances, racine carrée, transposée de A fois A, encadrement du produit scalaire Ax scalaire x

Soit n2. On note JnMn(R) la matrice dont tous les coefficients valent 1, et

U=(111)Mn,1(R).

On munit Rn, identifié à Mn,1(R), du produit scalaire canonique X,Y=XY. C'est la matrice symétrique classique du programme : toute son étude tient dans une seule identité, Jn=UU.

Partie A. La structure de Jn

1. Vérifier que Jn=UU, puis que Jn est symétrique. Calculer UU.

2. En déduire Jn2 en fonction de Jn, et donner un polynôme annulateur de Jn.

3. En déduire que Sp(Jn){0,n}.

4. Pour XMn,1(R), exprimer JnX à l'aide de U,X et de U. En déduire :

a. que n est valeur propre de Jn et que En(Jn)=Vect(U) ;

b. que 0 est valeur propre de Jn et que E0(Jn)=Vect(U), de dimension n1.

5. Conclure que Jn est diagonalisable en utilisant la somme des dimensions des sous-espaces propres. Contrôler par la trace, et donner rg(Jn).

6. Vérifier que les deux sous-espaces propres sont orthogonaux, et dire ce que le théorème spectral prévoyait.

Partie B. Le cas n=3, entièrement explicite

7. Écrire J3, puis construire une base orthonormée (u1,u2,u3) de R3 formée de vecteurs propres de J3.

8. En déduire une matrice orthogonale P et une matrice diagonale D telles que J3=PDP. Vérifier PP=I3 et l'égalité J3=PDP.

Partie C. Un projecteur et des puissances

9. Montrer que 1nJn est la matrice d'une projection orthogonale, et préciser sur quelle droite. Donner l'interprétation de 1nJnX en termes de moyenne des coordonnées de X.

10. Calculer Jnk pour tout entier k1, par récurrence puis en retrouvant le résultat par la diagonalisation.

11. Soit X=(x1,,xn) et xˉ=1ni=1nxi. Exprimer d(X,Vect(U))2, puis retrouver, par le théorème de Pythagore, la formule 1ni=1nxi2xˉ2=1ni=1n(xixˉ)2.

Exercice 16 ★★★Les matrices à diagonale et hors-diagonale constantes

Applications : puissances, racine carrée, transposée de A fois A, encadrement du produit scalaire Ax scalaire xPratique de la diagonalisation orthogonale : éléments propres et construction de P orthogonale

Soit n2 et soient a,b deux réels. On note JnMn(R) la matrice dont tous les coefficients valent 1, UMn,1(R) la colonne dont toutes les coordonnées valent 1, et l'on pose

A=aIn+bJn.

C'est la matrice dont tous les coefficients diagonaux valent a+b et tous les coefficients hors diagonale valent b. On munit Rn, identifié à Mn,1(R), du produit scalaire canonique.

Partie A. Les trois faits utiles sur Jn

1. Redémontrer rapidement les trois propriétés suivantes :

a. Jn=UU et Jn2=nJn ;

b. JnX=U,XU pour toute colonne X, et en particulier JnU=nU ;

c. kerJn=Vect(U), de dimension n1.

Partie B. Éléments propres et diagonalisation de A

2. Justifier que le théorème spectral s'applique à A.

3. Calculer AU, puis AX pour XVect(U). En déduire deux valeurs propres de A et des sous-espaces propres associés.

4. Déterminer Sp(A) ainsi que la dimension de chaque sous-espace propre, en distinguant les cas b0 et b=0. Contrôler par la trace.

5. Soit P une matrice orthogonale telle que Jn=PΔP avec Δ=diag(n,0,,0). Montrer que la même matrice P diagonalise A, et préciser la matrice diagonale obtenue.

Partie C. Inverse et puissances

6. Déterminer une condition nécessaire et suffisante portant sur a et b pour que A soit inversible.

7. Sous cette condition, chercher A1 dans la famille des matrices de la forme αIn+βJn, et donner son expression. Vérifier le résultat sur les vecteurs propres.

8. Montrer que, pour tout entier k1,

Ak=akIn+(a+nb)kaknJn.

Vérifier la formule pour k=1, et constater qu'elle redonne A1 si on l'applique formellement à k=1.

Partie D. Application numérique

9. On prend n=4, a=2 et b=1.

a. Écrire la matrice A.

b. Donner Sp(A), les sous-espaces propres et leurs dimensions ; contrôler par la trace.

c. Construire une base orthonormée de vecteurs propres et la matrice orthogonale P correspondante.

d. Calculer A1, puis A2 et A3, sous forme de matrices explicites.

Partie E. Positivité

10. À quelle condition sur a et b la matrice A est-elle définie positive ? Donner deux justifications : l'une par les valeurs propres, l'autre par le calcul direct de XAX. Conclure pour l'application numérique de la partie D.

Exercice 17 ★★★★Les matrices symétriques de rang un

Applications : puissances, racine carrée, transposée de A fois A, encadrement du produit scalaire Ax scalaire xProjection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matrice

Soit n2. On munit Rn, identifié à Mn,1(R), du produit scalaire canonique X,Y=XY. Soit XMn,1(R) une colonne non nulle, et l'on pose

A=XXMn(R).

Ces matrices sont la brique élémentaire de tout le chapitre : la matrice Jn en est un cas particulier, et le théorème spectral affirme précisément que toute matrice symétrique est une combinaison linéaire de telles briques.

Partie A. Étude générale

1. Montrer que A est symétrique, et exprimer son coefficient d'indice (i,j).

2. Montrer que, pour toute colonne Y, AY=X,YX. En déduire ImA puis rg(A).

3. Montrer que A2=X2A et en déduire un polynôme annulateur de A, puis que Sp(A){0, X2}.

4. Déterminer EX2(A) et E0(A), ainsi que leurs dimensions. Conclure sur Sp(A) et sur la diagonalisabilité de A.

5. Calculer tr(A) de deux façons : directement sur les coefficients, et à partir des valeurs propres.

6. Décrire une matrice orthogonale P et une matrice diagonale D telles que A=PDP.

7. Montrer que 1X2A est la matrice de la projection orthogonale sur Vect(X).

Partie B. Application numérique

8. On prend n=3 et X=(1,2,2).

a. Calculer X et écrire A.

b. Donner Sp(A), les sous-espaces propres, leurs dimensions, et vérifier la trace.

c. Construire une base orthonormée de vecteurs propres de A, puis P et D.

d. Calculer le projeté orthogonal de Y0=(1,1,1) sur Vect(X) ainsi que d(Y0,Vect(X)), et contrôler par le théorème de Pythagore.

Partie C. La réciproque

9. Soit MSn(R) de rang 1. Montrer qu'il existe ε{1,1} et une colonne non nulle Y tels que M=εYY. Préciser comment lire ε sur M.

10. Donner un exemple de matrice symétrique de rang 1 pour chacun des deux signes de ε.

Exercice 18 ★★★★Projection orthogonale dans un espace de polynômes

Projection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matriceDistance d'un vecteur à un sous-espace et caractérisation du projeté par minimisation

Dans tout l'exercice, E=R2[X] désigne l'espace vectoriel des polynômes à coefficients réels de degré au plus 2, et l'on pose, pour P et Q dans E,

P,Q=01P(t)Q(t)dt.

On note F=R1[X], sous-espace vectoriel de E formé des polynômes de degré au plus 1.

1. Vérifier que , est un produit scalaire sur E. On soignera en particulier le caractère défini.

2. Appliquer le procédé de Gram-Schmidt à la famille (1,X) pour construire une base orthonormée B=(u1,u2) de F.

3. En déduire le projeté orthogonal pF ⁣(X2) de X2 sur F.

4. Calculer la distance d ⁣(X2,F). On donnera d'abord d ⁣(X2,F)2 sous forme de fraction irréductible, puis d ⁣(X2,F) sous forme simplifiée.

5. Contrôle par les équations normales. On cherche directement les réels a et b tels que X2abX soit orthogonal à F.

a. Justifier qu'il suffit d'écrire les deux conditions X2abX,1=0 et X2abX,X=0.

b. Traduire ces deux conditions en un système linéaire d'inconnues a et b, le résoudre, et vérifier que l'on retrouve le résultat de la question 3.

6. Interpréter le résultat obtenu en termes d'approximation de la fonction tt2 sur [0,1], et préciser en quel sens exact l'approximation trouvée est la meilleure possible.

Exercice 19 ★★★★La droite des moindres carrés

Problème des moindres carrés : système surdéterminé, équations normales, ajustement

Une expérience fournit quatre couples de mesures (xi,yi) :

xi 1 2 3 4
yi 2 3 7 8

On cherche la droite d'équation y=a+bx qui ajuste au mieux ce nuage, au sens des moindres carrés : on veut minimiser la somme des carrés des écarts verticaux

S(a,b)=i=14(yiabxi)2.

Nuage des quatre points, droite des moindres carrés et résidus verticaux

1. Écrire le système de quatre équations à deux inconnues qu'il faudrait résoudre pour qu'une droite passe exactement par les quatre points, et montrer que ce système n'a pas de solution.

2. Mettre ce système sous la forme matricielle AX=B avec

A=(11121314),X=(ab),B=(2378),

puis interpréter S(a,b) comme le carré d'une norme dans R4 muni de son produit scalaire canonique.

3. Justifier que minimiser S revient à projeter orthogonalement B sur Im(A), et en déduire que le couple optimal X^ est caractérisé par les équations normales AAX^=AB.

4. Calculer AA et AB, puis montrer que AA est inversible.

5. Résoudre les équations normales et en déduire l'équation de la droite des moindres carrés.

6. Retrouver ces deux coefficients par les formules statistiques

b=i=14(xixˉ)(yiyˉ)i=14(xixˉ)2,a=yˉbxˉ.

7. Calculer les quatre résidus ri=yiabxi. Vérifier que leur somme est nulle et calculer i=14ri2.

8. Vérifier la traduction géométrique du résultat : le vecteur résidu R=BAX^ est orthogonal aux deux colonnes de A. Vérifier également le théorème de Pythagore sur B2.

9. Calculer la somme des carrés des écarts pour la droite d'équation y=2x et comparer avec la valeur obtenue à la question 7. Qu'illustre cette comparaison ?

Exercice 20 ★★★Puissances d'une matrice symétrique

Applications : puissances, racine carrée, transposée de A fois A, encadrement du produit scalaire Ax scalaire xPratique de la diagonalisation orthogonale : éléments propres et construction de P orthogonale

On considère la matrice

A=(102030201)M3(R).

1. Justifier, sans aucun calcul, que A est diagonalisable en base orthonormée.

2. Déterminer Sp(A) et les sous-espaces propres de A, en résolvant le système (AλI3)X=0 et en discutant selon λ.

3. Vérifier directement que les sous-espaces propres sont orthogonaux, puis construire une base orthonormée B=(u1,u2,u3) de R3 formée de vecteurs propres de A. En déduire une matrice orthogonale P et une matrice diagonale D telles que A=PDP, et vérifier que PP=I3.

4. Montrer que, pour tout kN, Ak=PDkP, et expliciter les neuf coefficients de Ak en fonction de k. Contrôler le résultat pour k=1 et k=2.

5. Étudier la convergence de la suite de matrices (13kAk)kN, c'est-à-dire la convergence de chacun de ses neuf coefficients, et interpréter la limite obtenue.

6. Montrer que A est inversible et calculer A1 de deux façons : par la diagonalisation, puis à l'aide d'un polynôme annulateur de A. Vérifier au passage que la formule de la question 4. reste valable pour k=1.

7. Racines carrées.

a. Montrer que si une matrice symétrique R vérifie R2=A, alors A est nécessairement positive. En déduire que A n'admet aucune racine carrée symétrique.

b. Montrer en revanche que A2 admet une racine carrée symétrique positive, la calculer explicitement, et constater qu'elle est différente de A.

Exercice 21 ★★★★Minimiser une distance sans dériver

Distance d'un vecteur à un sous-espace et caractérisation du projeté par minimisationProjection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matrice

Les trois problèmes de minimisation qui suivent sont posés sous forme analytique. Aucun ne demande le moindre calcul de dérivée : chacun est, une fois traduit, un problème de projection orthogonale. Pour chacun, la démarche est la même en trois temps : identifier l'espace euclidien, identifier le sous-espace et le vecteur à projeter, puis appliquer la caractérisation du projeté orthogonal par minimisation de la norme.

Partie A. Une minimisation sous contrainte dans R3

On munit R3 de son produit scalaire canonique et l'on cherche à minimiser

φ(x,y,z)=(x1)2+(y2)2+(z3)2sous la contraintex+y+z=0.

1. Montrer que l'ensemble F des triplets vérifiant la contrainte est un sous-espace vectoriel de R3, préciser sa dimension et déterminer F.

2. Exprimer φ(x,y,z) comme le carré d'une distance et reformuler le problème en termes de projection orthogonale.

3. Calculer le projeté orthogonal pF(V) du vecteur V=(1,2,3), en déduire la valeur minimale de φ sous la contrainte, et le point unique où elle est atteinte.

4. Vérifier le résultat en calculant directement la valeur de φ en ce point.

Partie B. Une minimisation dans un espace de polynômes

On munit E=R3[X] du produit scalaire P,Q=01P(t)Q(t)dt, et l'on cherche à minimiser

ψ(a,b)=01(t3abt)2dtpour(a,b)R2.

5. Reformuler ce problème comme un calcul de distance de X3 à un sous-espace F de E que l'on précisera, et justifier l'existence et l'unicité du couple optimal.

6. Écrire les équations normales, les résoudre, et donner la valeur minimale de ψ.

Partie C. La moyenne, vue comme une projection

Soient n1 et x1,,xn des réels fixés. On cherche à minimiser

θ(c)=i=1n(xic)2pourcR.

7. Identifier l'espace euclidien, le vecteur à projeter et le sous-espace de projection, puis déterminer la valeur de c qui réalise le minimum.

8. Exprimer la valeur minimale de θ à l'aide des xi et de leur moyenne xˉ, puis traiter le cas numérique (x1,x2,x3,x4)=(2,5,6,7).

9. Commenter l'interprétation statistique de ces deux résultats.

Partie D. Et si l'on avait dérivé ?

10. Reprendre la question 3. par la méthode des dérivées partielles : éliminer z grâce à la contrainte, chercher le point critique de la fonction de deux variables obtenue, et comparer le travail fourni.

11. Expliquer pourquoi la voie géométrique donne, elle, la certitude immédiate qu'il s'agit d'un minimum global, et non seulement d'un candidat.

Exercice 22 ★★★★La matrice transposée de A fois A

Matrices symétriques positives et définies positives : signe des valeurs propresApplications : puissances, racine carrée, transposée de A fois A, encadrement du produit scalaire Ax scalaire x

Soient n et p deux entiers naturels non nuls, AMn,p(R) et

S=AA.

Les vecteurs de Rp et de Rn sont identifiés aux matrices colonnes correspondantes, et les deux espaces sont munis de leur produit scalaire canonique X,Y=XY. Cette matrice S est l'une des plus importantes de tout le chapitre : c'est elle qui gouverne le problème des moindres carrés.

Partie A. Les propriétés générales

1. Préciser le format de S et montrer que S est symétrique.

2. Montrer que, pour tout XRp, SX,X=AX2. En déduire que S est une matrice symétrique positive.

3. Montrer que kerS=kerA. On démontrera séparément les deux inclusions, la seconde reposant sur la question 2.

4. En déduire que rg(AA)=rg(A).

5. Montrer l'équivalence : S est inversible si et seulement si les colonnes de A forment une famille libre. Montrer que, dans ce cas, S est définie positive.

6. Expliquer en une phrase le lien avec les équations normales AAX^=AB du problème des moindres carrés.

Partie B. Deux exemples numériques

7. On pose A1=(101102). Calculer S1=A1A1, déterminer kerS1, en déduire rg(S1), et vérifier que S1 est définie positive en explicitant S1X,X comme une somme de carrés.

8. On pose A2=(122436). Mener la même étude. Que peut-on dire de 0 vis-à-vis du spectre de S2 ?

Partie C. La trace

9. Montrer que tr(AA) est la somme des carrés de tous les coefficients de A, et vérifier cette formule sur A1 et A2.

10. En déduire que tr(AA)=0 entraîne A=0, puis que AA=0 entraîne A=0.

Exercice 23 ★★★Racine carrée d'une matrice symétrique positive

Matrices symétriques positives et définies positives : signe des valeurs propresThéorème spectral : diagonalisation en base orthonormée et écriture A = P D transposée de P

On dit qu'une matrice RMn(R) est une racine carrée de MMn(R) lorsque R2=M. L'objet de cet exercice est de montrer que toute matrice symétrique positive admet une racine carrée symétrique positive, de savoir la calculer, et de comprendre exactement de quelle unicité on dispose.

Partie A. Existence

Soit ASn+(R), c'est-à-dire A symétrique et positive.

1. Justifier l'existence d'une matrice orthogonale P et d'une matrice diagonale D=diag(λ1,,λn) telles que A=PDP, puis montrer que λi0 pour tout i.

2. On pose Δ=diag(λ1,,λn) et R=PΔP. Montrer que R est symétrique, que R est positive, et que R2=A.

3. Montrer que si A est définie positive, alors R l'est aussi.

Partie B. Calculs explicites

4. Soit A=(5228). Déterminer Sp(A) et les sous-espaces propres de A en résolvant (AλI2)X=0, puis construire une matrice orthogonale P diagonalisant A.

5. En déduire la racine carrée symétrique positive R de A, et vérifier par le calcul que R2=A.

6. Mener le même travail pour B=(540450004) : spectre, sous-espaces propres, base orthonormée de vecteurs propres, racine carrée symétrique positive, vérification.

Partie C. Questions de finesse

7. Montrer qu'une matrice symétrique qui n'est pas positive n'admet aucune racine carrée symétrique. Donner un exemple explicite de matrice symétrique de M2(R) sans racine carrée symétrique.

8. Montrer que pour tous réels a et b tels que a2+b2=1, la matrice (abba) est une racine carrée de I2. Combien I2 admet-elle de racines carrées symétriques ? Combien en admet-elle qui soient symétriques positives ? Donner enfin une racine carrée de I2 qui ne soit pas symétrique.

9. Expliquer précisément à quel endroit intervient l'unicité. On admettra le résultat suivant : une matrice symétrique positive admet une unique racine carrée symétrique positive, que l'on note A.

10. Montrer que A et R commutent.

Exercice 24 ★★★★Encadrement par les valeurs propres extrêmes

Applications : puissances, racine carrée, transposée de A fois A, encadrement du produit scalaire Ax scalaire xThéorème spectral : diagonalisation en base orthonormée et écriture A = P D transposée de P

Soit n1 et soit ASn(R) une matrice symétrique. D'après le théorème spectral, il existe une base orthonormée B=(u1,,un) de Rn formée de vecteurs propres de A ; on note λ1,,λn les valeurs propres associées, rangées dans l'ordre croissant :

λ1λ2λn,Aui=λiuipour tout i.

L'objectif est d'établir l'encadrement fondamental

XRn,λ1X2AX,XλnX2,

puis d'en tirer plusieurs conséquences.

Partie A. L'encadrement et ses cas d'égalité

Soit XRn. On pose yi=X,ui pour tout i{1,,n}.

1. Justifier que X=i=1nyiui et que X2=i=1nyi2.

2. Calculer AX en fonction des λi, des yi et des ui, puis montrer que

AX,X=i=1nλiyi2.

3. En déduire l'encadrement annoncé.

4. Montrer que les deux bornes sont atteintes, en précisant en quels vecteurs. En déduire les valeurs de maxX=1AX,X et de minX=1AX,X.

5. En déduire la caractérisation des matrices symétriques positives et définies positives par le signe des valeurs propres.

Partie B. Application numérique

On pose A=(310130002).

6. Déterminer Sp(A) et les sous-espaces propres de A en résolvant (AλI3)X=0, puis donner une base orthonormée de vecteurs propres.

7. En déduire un encadrement de AX,X valable pour tout X, puis le maximum de AX,X sur la sphère unité et les vecteurs unitaires qui le réalisent.

8. Retrouver directement cet encadrement en écrivant AX,X2X2 et 4X2AX,X comme des sommes de carrés, et vérifier que les cas d'égalité redonnent bien les sous-espaces propres.

Partie C. Deux conséquences

9. Montrer que tr(A)nλn, et préciser le cas d'égalité. Vérifier l'inégalité sur la matrice de la partie B.

10. Montrer que si A est définie positive, alors AX,Xλ1X2>0 pour tout X0. Commenter l'intérêt de cette minoration par rapport à la seule inégalité AX,X>0.

Partie D. La symétrie est indispensable

11. On pose N=(1302). Déterminer Sp(N), puis exhiber deux vecteurs X pour lesquels l'encadrement de la partie A est mis en défaut. Identifier précisément l'étape de la démonstration qui tombe.

Exercice 25 ★★★Stabilité de l'orthogonal d'un sous-espace stable

Endomorphisme symétrique d'un espace euclidien : définition et premières propriétésOrthogonalité deux à deux des sous-espaces propres d'un endomorphisme symétrique

Soit E un espace euclidien et f un endomorphisme symétrique de E, c'est-à-dire vérifiant

(x,y)E2,f(x),y=x,f(y).

On rappelle qu'un sous-espace vectoriel F de E est dit stable par f lorsque f(F)F, c'est-à-dire lorsque f(x)F pour tout xF.

Partie A. Le théorème

1. Soit F un sous-espace vectoriel de E stable par f. Démontrer que F est également stable par f.

2. Soit F un sous-espace stable par f. Montrer que l'application fF:FF, xf(x), est bien définie, et que c'est un endomorphisme symétrique de l'espace euclidien F.

3. En déduire ce que devient la matrice de f dans une base orthonormée de E obtenue en concaténant une base orthonormée de F et une base orthonormée de F.

Partie B. Un exemple dans R3

On munit R3 de son produit scalaire canonique et l'on note f l'endomorphisme de R3 dont la matrice dans la base canonique B0=(e1,e2,e3) est

A=(510112025).

On pose F={(x,y,z)R3  ;  x+y2z=0}.

4. Justifier que f est un endomorphisme symétrique de R3.

5. Montrer que F est un sous-espace vectoriel de R3, préciser sa dimension, puis montrer que F est stable par f.

6. Déterminer F et vérifier par le calcul qu'il est stable par f, conformément à la question 1.

7. Construire une base orthonormée (c1,c2) de F, puis écrire la matrice M de fF dans cette base. Vérifier que M est symétrique.

8. Déterminer les valeurs propres de M et en déduire, sans jamais résoudre de système 3×3, le spectre de A ainsi qu'une base orthonormée de R3 formée de vecteurs propres de A. Contrôler les résultats.

Partie C. Une conséquence : l'orthogonalité des sous-espaces propres

9. Soient λ et μ deux valeurs propres distinctes de f. Montrer que Eλ est stable par f, puis, en utilisant la partie A et la décomposition E=EλEλ, montrer que EμEλ. Conclure.

Partie D. La symétrie est indispensable

10. Soit g l'endomorphisme de R2 de matrice (1102) dans la base canonique. Vérifier que g n'est pas symétrique, exhiber un sous-espace F stable par g dont l'orthogonal n'est pas stable, et dire précisément où la démonstration de la question 1. échoue.

Exercice 26 ★★★Une matrice symétrique qui vérifie A au carré égale A

Caractérisation d'un projecteur orthogonal : p rond p = p et p symétriqueThéorème spectral : diagonalisation en base orthonormée et écriture A = P D transposée de P

On munit Rn de son produit scalaire canonique X,Y=XY, les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes, et on note B0=(e1,,en) sa base canonique, qui est orthonormée.

Cet exercice établit le résultat le plus utile du chapitre : une matrice symétrique idempotente n'est rien d'autre qu'un projecteur orthogonal, et réciproquement. C'est ce théorème qui permet, en pratique, de reconnaître un projecteur orthogonal d'un simple coup d'œil sur sa matrice.

Dans les parties A et B, A désigne une matrice de Sn(R) vérifiant A2=A, et u l'endomorphisme de Rn canoniquement associé à A, c'est-à-dire défini par u(X)=AX.

Partie A. Le spectre et la diagonalisation

1. Soit λ une valeur propre de A et X un vecteur propre associé. En calculant A2X de deux façons, montrer que λ2=λ, puis en déduire que Sp(A){0,1}.

2. Justifier qu'il existe une matrice orthogonale P et une matrice diagonale D telles que A=PDP, et préciser la forme exacte de D.

3. En déduire que tr(A)=rg(A).

Partie B. L'interprétation géométrique

4. Montrer que Imu=ker(uid), puis que Rn=Imukeru et que u est le projecteur sur Imu parallèlement à keru.

5. Soient XImu et Ykeru. En utilisant la symétrie de A, montrer que X,Y=0. En déduire que keru=(Imu), puis que u est le projecteur orthogonal sur F=ImA.

6. Montrer que InA vérifie les mêmes hypothèses que A, et identifier le projecteur orthogonal dont elle est la matrice.

7. Établir la réciproque : si pF est le projecteur orthogonal sur un sous-espace F de Rn et si PF est sa matrice dans la base canonique, alors PF est symétrique et vérifie PF2=PF.

8. Énoncer, en une phrase, la caractérisation obtenue.

Partie C. Applications

9. Pour chacune des trois matrices suivantes, dire si elle est la matrice d'un projecteur orthogonal de R2 ou de R3, et le cas échéant préciser le sous-espace sur lequel il projette.

M1=15(1224),M2=(1100),M3=13(211121112)

10. Soient A et B deux matrices de projecteurs orthogonaux de Rn, sur les sous-espaces F et G respectivement, et on suppose que AB=BA.

a. Montrer que AB est encore la matrice d'un projecteur orthogonal.

b. Montrer que Im(AB)=FG, et conclure.

c. Illustrer le résultat dans R3 avec A=diag(1,1,0) et B=diag(0,1,1).

Exercice 27 ★★★★Meilleure approximation affine d'une fonction

Distance d'un vecteur à un sous-espace et caractérisation du projeté par minimisationProjection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matriceProblème des moindres carrés : système surdéterminé, équations normales, ajustement

On note E=C([0,1],R) l'espace vectoriel des fonctions continues de [0,1] dans R, que l'on munit du produit scalaire

f,g=01f(t)g(t)dt.

On cherche à approcher la fonction exponentielle par une fonction affine « au mieux en moyenne quadratique », c'est-à-dire à déterminer le couple (a,b)R2 qui rend la quantité

Φ(a,b)=01(etabt)2dt

la plus petite possible. On note f:tet, u0:t1 et u1:tt.

Partie A. Traduction géométrique du problème

1. Montrer que la famille (u0,u1) est libre, et en déduire que F=Vect(u0,u1) est un sous-espace de E de dimension 2.

2. Exprimer Φ(a,b) à l'aide de la norme associée au produit scalaire, et reformuler le problème posé comme un problème de distance de f au sous-espace F.

3. L'espace E est de dimension infinie. Expliquer pourquoi le minimum cherché existe malgré tout, et pourquoi il est atteint en un unique couple (a,b). On énoncera précisément le théorème utilisé, et on en rappellera la démonstration.

Partie B. Les équations normales

4. Montrer que le couple (a,b) cherché est caractérisé par le système de deux équations

fau0bu1, u0=0etfau0bu1, u1=0.

5. Calculer u0,u0, u0,u1 et u1,u1.

6. Calculer 01etdt, puis 01tetdt par une intégration par parties soigneusement justifiée.

7. Écrire le système 2×2 vérifié par a et b, le résoudre, et donner des valeurs décimales approchées à 104 près des deux coefficients.

Partie C. Qualité de l'approximation

8. Calculer 01e2tdt, puis la valeur exacte de d(f,F)2, et enfin une valeur approchée de d(f,F).

9. Compléter un tableau de valeurs comparant et et a+bt pour t{0; 0,25; 0,5; 0,75; 1}. Commenter la répartition des écarts.

Partie D. Application

10. Reprendre l'étude, calculs complets, pour la fonction g:tt3 à la place de l'exponentielle : meilleure approximation affine sur [0,1] et distance associée. Commenter le signe de la valeur prise en t=0 par cette approximation.

Exercice 28 ★★★★Matrice de projection et équations normales

Projection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matriceProblème des moindres carrés : système surdéterminé, équations normales, ajustement

L'espace Rn est muni de son produit scalaire canonique X,Y=XY, les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes.

Soient n et p deux entiers avec 1pn, et AMn,p(R) une matrice dont les p colonnes C1,,Cp forment une famille libre de Rn. On note F=ImA=Vect(C1,,Cp).

Le but de l'exercice est d'établir, puis d'exploiter, la formule qui donne la matrice du projecteur orthogonal sur F à partir de A seule :

PF=A(AA)1A.

Partie A. La formule générale

1. Montrer que pour tout XRp, AX2=XAAX. En déduire que ker(AA)=kerA, puis que la matrice AAMp(R) est inversible.

2. On pose P=A(AA)1A. Vérifier que PMn(R), puis montrer que P=P.

3. Montrer que P2=P.

4. Montrer que ImP=F. (On montrera les deux inclusions, la seconde en calculant P(AX).)

5. Conclure que P est la matrice du projecteur orthogonal sur F. Donner ensuite une seconde démonstration, directe, en vérifiant que XPX est orthogonal à F pour tout XRn.

6. Montrer que tr(PF)=p, et interpréter.

Partie B. Application numérique

Dans cette partie n=3, p=2, et

A=(111001),b=(123).

7. Vérifier que les colonnes de A sont libres, calculer AA, puis son inverse par la méthode du pivot de Gauss.

8. Calculer PF, et vérifier sur le résultat les trois propriétés démontrées en partie A (symétrie, idempotence, trace).

9. Calculer le projeté orthogonal pF(b), puis la distance d(b,F).

10. Déterminer une équation cartésienne du plan F, et retrouver la distance d(b,F) par la formule de la distance à un plan.

Partie C. Le cas d'une base orthonormée

11. On suppose maintenant que les colonnes de A forment une famille orthonormée. Que vaut AA ? Que devient la formule ? Retrouver, à partir de cette écriture, l'expression pF(X)=k=1pX,CkCk vue en cours.

Exercice 29 ★★★Un endomorphisme construit sur deux vecteurs

Endomorphisme symétrique d'un espace euclidien : définition et premières propriétésPratique de la diagonalisation orthogonale : éléments propres et construction de P orthogonale

Soit n3. On munit Rn de son produit scalaire canonique X,Y=XY, les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes. On se donne deux vecteurs a et b de Rn non colinéaires, et l'on définit l'application

f:RnRn,f(x)=a,xb+b,xa.

On note F=Vect(a,b), qui est un plan de Rn.

Partie A. Structure de f

1. Montrer que f est un endomorphisme de Rn, puis qu'il est symétrique. On donnera deux démonstrations de la symétrie : l'une par la définition, l'autre en écrivant la matrice de f dans la base canonique sous la forme A=ab+ba.

2. Déterminer kerf et préciser sa dimension.

3. En déduire Imf.

4. Donner une valeur propre évidente de f ainsi que le sous-espace propre associé, et sa dimension.

5. Montrer que F est stable par f, puis écrire la matrice de l'endomorphisme induit par f sur F dans la base (a,b). Cette matrice est-elle symétrique ? Commenter.

6. En déduire la valeur de tr(f).

Partie B. Le cas de deux vecteurs unitaires

Dans cette partie, on suppose de plus que a=b=1, et l'on pose c=a,b.

7. Montrer que 1<c<1.

8. Calculer f(a+b) et f(ab). En déduire deux vecteurs propres de f et les valeurs propres associées.

9. Vérifier que ces deux vecteurs sont orthogonaux et calculer leurs normes.

10. Conclure : donner une base orthonormée de Rn formée de vecteurs propres de f, et le spectre complet de f avec les dimensions des sous-espaces propres.

Partie C. Application numérique

On prend n=3, a=(1,0,0) et b=(35,45,0).

11. Vérifier que a et b sont unitaires et non colinéaires, et calculer c.

12. Déterminer la matrice A de f dans la base canonique.

13. Déterminer les valeurs propres de f et une base orthonormée de vecteurs propres, puis écrire explicitement une matrice orthogonale P et une matrice diagonale D telles que A=PDP.

14. Vérifier le résultat en contrôlant la trace et en calculant AP.

Exercice 30 ★★★Somme et comparaison de matrices positives

Matrices symétriques positives et définies positives : signe des valeurs propres

On rappelle les définitions. Une matrice ASn(R) est dite positive lorsque

XMn,1(R),XAX0,

et définie positive lorsque de plus XAX>0 pour tout X0. On note Sn+(R) et Sn++(R) les ensembles correspondants. On rappelle également que la symétrie fait partie de la définition : parler de la positivité d'une matrice non symétrique n'a pas de sens.

Partie A. Opérations sur les matrices positives

1. Soient A,BSn+(R) et μR+. Montrer que A+BSn+(R) et que μASn+(R).

2. Soient ASn+(R) et BSn++(R). Montrer que A+BSn++(R).

3. On pose

A=(2001)etB=(1111).

a. Vérifier que A et B appartiennent à S2+(R).

b. Calculer AB et BA. Que peut-on en conclure quant à la stabilité de Sn+(R) par produit ?

c. Montrer de plus que la quantité X(AB)X prend des valeurs strictement négatives.

Partie B. Congruence

4. Soient ASn+(R) et MMn(R) quelconque. Montrer que MAMSn+(R).

5. Montrer que si de plus ASn++(R) et M est inversible, alors MAMSn++(R). Montrer sur un exemple que l'hypothèse d'inversibilité ne peut pas être supprimée.

6. En déduire que pour toute matrice MMn(R), la matrice MM est positive, et qu'elle est définie positive si et seulement si M est inversible.

Partie C. Diagnostics et inégalités

7. Déterminer le spectre de chacune des quatre matrices suivantes, en cherchant à chaque fois les λ pour lesquels le système (MλI)X=0 admet une solution non nulle, ou en exploitant un polynôme annulateur. Dire ensuite si la matrice est positive, définie positive, ou ni l'un ni l'autre ; dans les cas non positifs ou non définis, exhiber un vecteur X qui le prouve.

M1=(2112),M2=(1221),M3=(111111111),M4=(211121112)

8. Soit ASn+(R) telle que tr(A)=0. Montrer que A=0.

9. Soit A=(aij)Sn+(R).

a. Montrer que aii0 pour tout i.

b. Soient ij. En appliquant la définition au vecteur X=tei+ej, où t décrit R, montrer que

aiiajjaij2.

c. En déduire que si un coefficient diagonal de A est nul, alors toute la ligne et toute la colonne correspondantes sont nulles. Retrouver ainsi le résultat de la question 8.

Exercice 31 ★★★★Un système surdéterminé au sens des moindres carrés

Problème des moindres carrés : système surdéterminé, équations normales, ajustementProjection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matriceDistance d'un vecteur à un sous-espace et caractérisation du projeté par minimisation

L'espace R5 est muni de son produit scalaire canonique X,Y=XY, les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes.

Une expérience fournit cinq mesures bi effectuées aux instants ti :

ti 2 1 0 1 2
bi 3 1 0 1 5

On cherche des réels x1,x2,x3 tels que la parabole d'équation y=x1+x2t+x3t2 passe par les cinq points, c'est-à-dire vérifiant le système

(S) {x12x2+4x3=3x1x2+x3=1x1=0x1+x2+x3=1x1+2x2+4x3=5

de matrice et de second membre

A=(124111100111124)M5,3(R),b=(31015)R5.

Partie A. Un système sans solution

1. Résoudre (S) par la méthode du pivot de Gauss et montrer qu'il n'admet aucune solution.

2. Lire sur le pivot le rang de A, et en déduire que les colonnes de A sont libres. Quelle est la dimension de ImA dans R5 ?

3. Expliquer pourquoi, géométriquement, il était prévisible que le système n'ait « en général » pas de solution.

4. On appelle solution de (S) au sens des moindres carrés tout vecteur XR3 qui minimise AXb2. Justifier qu'un tel vecteur existe, qu'il est unique, et traduire le problème en termes de projection orthogonale.

Partie B. Résolution par les équations normales

5. Montrer que X est solution au sens des moindres carrés si et seulement si AAX=Ab.

6. Calculer AA et Ab.

7. Résoudre le système des équations normales et donner la solution X.

8. Calculer AX, le résidu r=bAX, puis la valeur minimale de AXb2.

9. Retrouver cette valeur minimale par le calcul de b2AX2, et justifier cette formule.

Partie C. Interprétation géométrique

10. Vérifier explicitement que le résidu r est orthogonal à chacune des trois colonnes de A, et expliquer pourquoi ce contrôle est équivalent aux équations normales.

11. En déduire la distance d(b,ImA), et énoncer en une phrase ce que le vecteur AX représente.

Partie D. Le cas dégénéré

On reprend les mêmes données, mais avec la matrice

A=(121110101112123),

dont la troisième colonne est la somme des deux premières.

12. Déterminer ImA et sa dimension. Que dire de AA ?

13. Écrire et résoudre les équations normales AAX=Ab. Combien y a-t-il de solutions ?

14. Calculer AX pour une solution quelconque, et constater que le résultat ne dépend pas de la solution choisie. Expliquer ce phénomène.

15. Calculer le résidu et la distance d(b,ImA), et comparer avec la partie B. Interpréter l'écart.

Exercice 32 ★★★★Autour de la preuve du théorème spectral

Théorème spectral : diagonalisation en base orthonormée et écriture A = P D transposée de POrthogonalité deux à deux des sous-espaces propres d'un endomorphisme symétriqueEndomorphisme symétrique d'un espace euclidien : définition et premières propriétés

Le théorème spectral est admis par le programme : toute matrice symétrique réelle est diagonalisable en base orthonormée. Cet exercice a pour but de démonter la machine qui l'entoure, et de séparer clairement ce qui se démontre à la main de ce qui est réellement admis.

Dans tout l'exercice, E désigne un espace euclidien de dimension n1, et Rn est muni de son produit scalaire canonique X,Y=XY, les vecteurs étant identifiés aux matrices colonnes.

Partie A. Les sous-espaces propres sont orthogonaux

1. Soit f un endomorphisme symétrique de E, et soient λ et μ deux valeurs propres distinctes de f. Montrer que Eλ(f)Eμ(f).

2. Rédiger la même démonstration en langage matriciel, pour ASn(R), en calculant XAY de deux façons.

3. En déduire que si ASn(R) admet n valeurs propres deux à deux distinctes, alors elle est diagonalisable en base orthonormée, sans invoquer le théorème spectral.

Partie B. Le cas 2×2, intégralement démontré

Soit

A=(αββγ)S2(R).

L'objectif est de démontrer complètement, sans admettre quoi que ce soit, que A est diagonalisable en base orthonormée.

4. Traiter d'abord le cas β=0.

On suppose désormais β0.

5. Écrire le système (AλI2)X=0 et le résoudre par le pivot de Gauss, en discutant selon λ. Montrer que ce système admet une solution non nulle si et seulement si

λ2(α+γ)λ+(αγβ2)=0.

6. Calculer le discriminant Δ de ce trinôme du second degré et montrer que Δ=(αγ)2+4β2. En déduire que A possède deux valeurs propres réelles λ1 et λ2, distinctes.

7. Étudier le cas Δ=0 (que l'on n'a pas rencontré ici) : montrer qu'il impose β=0 et α=γ, c'est-à-dire A=αI2.

8. Vérifier que X1=(βλ1α) et X2=(βλ2α) sont des vecteurs propres de A, puis, en utilisant les relations entre coefficients et racines, montrer directement que X1,X2=0.

9. Conclure : toute matrice de S2(R) est diagonalisable en base orthonormée. Appliquer la méthode complète à A=(1222) et donner explicitement P orthogonale et D diagonale telles que A=PDP.

Partie C. Le passage en dimension n

On admet le résultat suivant, qui est le seul point réellement admis de la démonstration : tout endomorphisme symétrique d'un espace euclidien de dimension supérieure ou égale à 1 possède au moins une valeur propre réelle.

10. Soit f un endomorphisme symétrique de E, λ1 une valeur propre de f et u1 un vecteur propre unitaire associé. On pose H=(Vect(u1)). Montrer que dimH=n1 et que H est stable par f.

11. Montrer que l'endomorphisme induit par f sur H est symétrique pour le produit scalaire induit.

12. Rédiger la récurrence qui en découle et conclure.

13. Expliquer honnêtement pourquoi le point admis en tête de partie n'a pas été démontré ici, et ce que la partie B apporte malgré tout.

Partie D. Ce que la symétrie apporte : deux contre-exemples

14. Soit N=(1101). Déterminer Sp(N) et les sous-espaces propres en résolvant (NλI2)X=0, puis montrer que N n'est pas diagonalisable.

15. Soit M=(2103). Montrer que M est diagonalisable, mais qu'il n'existe aucune base orthonormée de R2 formée de vecteurs propres de M. On donnera deux arguments : un argument général, et une vérification explicite sur les sous-espaces propres.

16. Résumer en deux phrases ce que chacun de ces deux exemples démontre.

Exercice 33 ★★★Un ordre sur les matrices symétriques

Matrices symétriques positives et définies positives : signe des valeurs propresApplications : puissances, racine carrée, transposée de A fois A, encadrement du produit scalaire Ax scalaire x

Sur l'ensemble Sn(R) des matrices symétriques réelles d'ordre n, on définit la relation par

ABlorsqueBASn+(R),

c'est-à-dire lorsque X(BA)X0 pour tout XMn,1(R). On remarquera d'emblée que BA est automatiquement symétrique quand A et B le sont, de sorte que la définition a bien un sens.

Pour ASn(R), on note λmin(A) et λmax(A) la plus petite et la plus grande de ses valeurs propres, qui existent puisque A en possède exactement n comptées avec multiplicité, toutes réelles, d'après le théorème spectral.

Partie A. C'est bien une relation d'ordre

1. Montrer que est réflexive.

2. Montrer que est transitive.

3. Soit SSn(R) telle que XSX=0 pour tout X. En prenant successivement X=ei puis X=ei+ej, montrer que S=0.

4. En déduire que est antisymétrique, et conclure.

Partie B. Premières conséquences

5. Montrer que AB entraîne aiibii pour tout i, puis tr(A)tr(B).

6. L'encadrement fondamental. Soit ASn(R). Montrer que

XMn,1(R),λmin(A)X2  XAX  λmax(A)X2,

et que les deux inégalités sont des égalités pour des vecteurs bien choisis.

7. En déduire que AB entraîne λmin(A)λmin(B) et λmax(A)λmax(B).

Partie C. Deux pièges

8. On pose

A=(1000)etB=(2111).

a. Vérifier que A et B sont positives et que AB.

b. Calculer A2 et B2, puis montrer que A2B2 est fausse.

c. Où le raisonnement « on élève au carré » échoue-t-il ? On pourra utiliser l'identité B2A2=B(BA)+(BA)A.

9. Montrer que n'est pas un ordre total : exhiber deux matrices de S2(R) non comparables.

Partie D. Encadrement par des multiples de l'identité

10. Montrer que pour toute ASn(R),

λmin(A)In  A  λmax(A)In,

et que ces deux bornes sont les meilleures possibles au sens suivant : si μInA, alors μλmin(A).

11. Appliquer à A=(211121112) : déterminer son spectre, écrire l'encadrement obtenu, et le vérifier sur les vecteurs (1,1,1), (1,1,0) et (1,2,3).

Exercice 34 ★★★Approximation polynomiale au sens des moindres carrés

Projection orthogonale sur un sous-espace : expression en base orthonormée et matriceDistance d'un vecteur à un sous-espace et caractérisation du projeté par minimisationProblème des moindres carrés : système surdéterminé, équations normales, ajustement

On note E=C([1,1],R) l'espace vectoriel des fonctions continues de [1,1] dans R, muni du produit scalaire

f,g=11f(t)g(t)dt.

On identifie un polynôme à la fonction polynomiale qu'il définit sur [1,1], de sorte que R1[X] et R2[X] sont des sous-espaces de E, de dimensions respectives 2 et 3.

Ce problème de synthèse traite d'un bout à l'autre la question suivante : quel est le meilleur polynôme de degré au plus 2 approchant une fonction donnée, au sens de la moyenne quadratique ?

Partie A. Une base orthonormée de R2[X]

1. Calculer 11tkdt pour k{0,1,2,3,4}. Quelle remarque générale sur la parité permet d'aller plus vite ?

2. Appliquer le procédé de Gram-Schmidt à la famille (1,X,X2) pour construire une base orthogonale (q0,q1,q2) de R2[X]. Vérifier que q2=X213.

3. Calculer q0, q1 et q2, et en déduire la base orthonormée B=(e0,e1,e2) de R2[X].

4. Remarque culturelle. Les polynômes 1, X et X213 sont, à une constante multiplicative près, les trois premiers polynômes de Legendre. Justifier en une phrase pourquoi tout autre procédé d'orthogonalisation de (1,X,X2) aurait donné les mêmes droites.

Partie B. Deux projections

5. Soit f:tt3. Calculer f,e0, f,e1 et f,e2 en exploitant systématiquement la parité, puis en déduire le projeté orthogonal de f sur R2[X].

6. Calculer d(f,R2[X]) pour cette fonction.

7. Soit maintenant g:tt. Calculer g,e0, g,e1 et g,e2, puis montrer que

pR2[X](g):t15t2+316.

8. Calculer d(g,R2[X]).

Partie C. Plus le sous-espace est grand, meilleure est l'approximation

9. Déterminer le projeté orthogonal de g:tt sur R1[X], puis d(g,R1[X]).

10. Comparer les deux distances obtenues et commenter.

11. Démontrer le résultat général : si F et G sont deux sous-espaces de dimension finie d'un espace préhilbertien E avec FG, alors d(x,G)d(x,F) pour tout xE.

12. Dresser un tableau de valeurs comparant t, son approximation affine et son approximation par un polynôme de degré 2, pour t{0; 0,25; 0,5; 0,75; 1}.

Partie D. Recul

13. Expliquer en quoi ce problème est le même que celui de la droite des moindres carrés ajustée à un nuage de points, et ce que la théorie de la projection orthogonale permet de traiter d'un seul geste.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.