ECG approfondies · Chapitre 07 · Second semestre

Exercices — Algèbre linéaire : espaces vectoriels et applications linéaires

42 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

42 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Familles libres ou liées dans R3

Familles génératrices, familles libres et liées, bases

On rappelle la définition utilisée dans tout l'exercice. Une famille (u1,,up) de vecteurs d'un espace vectoriel E est libre lorsque la seule combinaison linéaire nulle de ces vecteurs est celle dont tous les coefficients sont nuls, autrement dit lorsque

λ1u1++λpup=0  λ1==λp=0.

Dans le cas contraire la famille est liée, et toute égalité λ1u1++λpup=0 dont l'un au moins des coefficients est non nul s'appelle une relation de liaison.

Pour chacune des six familles suivantes, dire si elle est libre ou liée. Si elle est liée, écrire explicitement une relation de liaison.

a. F1=(u1,u2) dans R3, avec u1=(1,1,2) et u2=(3,3,6).

b. F2=(v1,v2) dans R3, avec v1=(1,0,2) et v2=(0,1,3).

c. F3=(w1,w2,w3) dans R3, avec w1=(1,1,0), w2=(0,1,1) et w3=(1,0,1).

d. F4=(x1,x2,x3) dans R3, avec x1=(1,0,1), x2=(1,1,0) et x3=(0,1,1).

e. F5=(y1,y2,y3) dans R2, avec y1=(1,2), y2=(3,1) et y3=(1,9).

f. F6=(P1,P2,P3) dans R2[X], avec P1=1+X, P2=X+X2 et P3=1+2X+X2.

Exercice 2 ★★★★Coordonnées d'un vecteur dans une base de R3

Coordonnées d'un vecteur dans une baseFamilles génératrices, familles libres et liées, bases

Dans R3, on pose

e1=(1,1,1),e2=(1,1,0),e3=(1,0,0),B=(e1,e2,e3).

1. Montrer que la famille B est libre, puis en déduire que B est une base de R3.

2. Déterminer les coordonnées du vecteur u=(3,5,2) dans la base B, et vérifier le résultat.

3. Déterminer les coordonnées du vecteur v=(1,4,4) dans la base B.

4. Déterminer les coordonnées d'un vecteur quelconque (x,y,z) de R3 dans la base B. Retrouver les résultats des questions 2. et 3., et donner les coordonnées du deuxième vecteur ε2=(0,1,0) de la base canonique.

Exercice 3 ★★★Reconnaître une application linéaire

Applications linéaires : définition, opérations, exemples

On rappelle qu'une application f d'un espace vectoriel E dans un espace vectoriel F est linéaire lorsque

(u,v)E2, (λ,μ)R2,f(λu+μv)=λf(u)+μf(v).

Pour chacune des six applications suivantes, dire si elle est linéaire. Si elle l'est, le démontrer ; sinon, le prouver par un contre-exemple chiffré. On note RN l'ensemble des suites réelles.

a. f1:R2R3 définie par f1(x,y)=(x+y, 2x3y, y).

b. f2:R2R3 définie par f2(x,y)=(x+1, yx, 2y).

c. f3:R2[X]R2[X] définie par f3(P)=2PXP.

d. f4:R2[X]R définie par f4(P)=(P(1))2.

e. f5:M2(R)R définie par f5(M)=a1,1+a2,2, où M=(ai,j).

f. f6:RNRN qui, à une suite u=(un)nN, associe la suite v définie par vn=un+12un pour tout nN.

Exercice 4 ★★★★Noyau et image : premiers exemples

Noyau et image d'une application linéaire, injectivité et surjectivitéApplications linéaires : définition, opérations, exemples

On admet que les trois applications suivantes sont linéaires. Pour chacune d'elles, on demande :

  • de déterminer une base de son noyau et la dimension de ce noyau ;
  • de déterminer une base de son image et la dimension de cette image ;
  • de dire si elle est injective, et si elle est surjective.

On note (ε1,ε2,ε3) la base canonique de R3.

1. f:R3R2 définie par f(x,y,z)=(x+yz, 2xy+z).

2. g:R3R3 définie par g(x,y,z)=(xy, yz, zx).

3. h:R3R3 définie par h(x,y,z)=(x+y, y+z, x+z).

Exercice 5 ★★★★Base et dimension d'un sous-espace décrit par des équations

Dimension d'un sous-espace vectoriel, inclusion et égalité par les dimensionsFamilles génératrices, familles libres et liées, bases

Dans R4, on considère les deux ensembles

F={(x,y,z,t)R4  ;  x+yz+2t=0}

et

G={(x,y,z,t)R4  ;  x+y+z+t=0  et  xy+2z=0}.

1. Montrer que F est un sous-espace vectoriel de R4, en donner une base et préciser dimF.

2. Mêmes questions pour G.

3. Le vecteur w=(1,2,3,0) appartient-il à F ? À G ? Lorsque la réponse est positive, donner ses coordonnées dans la base trouvée.

4. Justifier, sans nouveau calcul, que FR4 et que GF.

Exercice 6 ★★★★Somme de deux sous-espaces de R3

Somme de deux sous-espaces, somme directe, sous-espaces supplémentairesDimension d'un sous-espace vectoriel, inclusion et égalité par les dimensions

Dans R3, on considère les deux sous-espaces vectoriels

F=Vect(u1,u2)avecu1=(1,0,1)  et  u2=(0,1,1),

et G=Vect(v), où v=(1,1,0).

On rappelle que la somme de deux sous-espaces vectoriels F et G d'un même espace vectoriel E est l'ensemble

F+G={a+b  ;  aF  et  bG}.

1. Montrer que (u1,u2) est une base de F et préciser dimF. Faire de même pour G.

2. Déterminer une équation cartésienne de F, c'est-à-dire une équation liant x, y et z dont les solutions sont exactement les éléments de F.

3. Déterminer FG.

4. Montrer que F+G=Vect(u1,u2,v), puis déterminer F+G et sa dimension.

5. Vérifier sur cet exemple la formule

dim(F+G)=dimF+dimGdim(FG).

Exercice 7 ★★★Matrice d'une application linéaire dans les bases canoniques

Matrice d'une application linéaire dans un couple de bases

On rappelle que la matrice d'une application linéaire dans un couple de bases se construit colonne par colonne : la j-ième colonne est la colonne des coordonnées de l'image du j-ième vecteur de la base de départ, exprimée dans la base d'arrivée. Si X est la colonne des coordonnées de u et Y celle des coordonnées de f(u), alors Y=AX.

Les trois premières questions portent sur des applications linéaires (on admet leur linéarité). Dans chacune, on demande d'écrire la matrice de l'application dans les bases canoniques, puis de vérifier la relation Y=AX sur le vecteur indiqué.

1. f:R3R2 définie par f(x,y,z)=(2xy+3z, x+4yz) ; vérification sur u=(1,2,1).

2. g:R2R3 définie par g(x,y)=(x+y, xy, 2x) ; vérification sur u=(3,2).

3. h:R2[X]R2[X] définie par h(P)=P+P, la base canonique de R2[X] étant (1,X,X2) ; vérification sur P=2X23X+1.

4. Lecture en sens inverse : déterminer l'application linéaire de R3 dans R3 dont la matrice dans la base canonique est

D=(010001000).

Exercice 8 ★★★Rang d'une matrice par le pivot de Gauss

Rang d'une matrice, calcul par le pivot, lien avec l'application linéaire associée

On rappelle que les opérations élémentaires sur les lignes d'une matrice ne modifient pas son rang, et que le rang d'une matrice échelonnée est égal à son nombre de lignes non nulles.

Calculer le rang de chacune des quatre matrices suivantes par la méthode du pivot de Gauss, en écrivant les opérations effectuées. Pour les matrices carrées, conclure quant à leur inversibilité.

A=(121211112),B=(112211154), C=(120124131221),D=(111123136210).

Exercice 9 ★★★Appliquer le théorème du rang

Rang d'une application linéaire et théorème du rangNoyau et image d'une application linéaire, injectivité et surjectivité

On rappelle le théorème du rang : si E est un espace vectoriel de dimension finie et si fL(E,F), alors

dimE=dimKerf+rg(f),ouˋ rg(f)=dimImf.

1. Soit fL(R5,R3) telle que dimKerf=2. Déterminer rg(f), puis dire si f est surjective.

2. Soit gL(R4,R7) telle que rg(g)=4. Déterminer dimKerg, puis dire si g est injective, si elle est surjective.

3. Une application linéaire de R4 dans R2 peut-elle être injective ? Justifier.

4. Une application linéaire de R2 dans R4 peut-elle être surjective ? Justifier.

5. On considère enfin l'application φ:R4R3 définie par

φ(x,y,z,t)=(x+y+z+t,  xy+zt,  2x+2z),

dont on admet la linéarité. Déterminer une base de Kerφ, en déduire rg(φ) par le théorème du rang, puis donner une base de Imφ. L'application φ est-elle injective ? surjective ?

Exercice 10 ★★★★Extraire une base d'une famille génératrice

Rang d'une famille de vecteurs, base extraite, base complétéeFamilles génératrices, familles libres et liées, basesDimension d'un espace vectoriel de dimension finie, cardinal des familles libres et génératrices

Dans R4, on considère les cinq vecteurs

v1=(1,1,0,1),v2=(2,1,1,0),v3=(0,1,1,2),v4=(1,0,2,1),v5=(3,1,3,1),

et l'on pose F=Vect(v1,v2,v3,v4,v5).

1. Déterminer le rang de la famille (v1,v2,v3,v4,v5) par la méthode du pivot de Gauss.

2. Montrer que la famille (v1,v2,v4) est libre, et en déduire que c'est une base de F. Préciser dimF.

3. Exprimer v3 et v5 en fonction de v1, v2 et v4.

4. Montrer que tout vecteur (x,y,z,t) de F vérifie l'équation 3x4y2z+t=0.

5. En déduire que F={(x,y,z,t)R4  ;  3x4y2z+t=0}, puis que FR4.

Exercice 11 ★★★★Une base de R3[X] formée de puissances de X moins 1

Familles génératrices, familles libres et liées, basesCoordonnées d'un vecteur dans une baseApplications linéaires sur les espaces de polynômes, de matrices, de suites et de fonctions

Dans l'espace vectoriel R3[X] des polynômes de degré inférieur ou égal à 3, on pose

Q0=1,Q1=X1,Q2=(X1)2,Q3=(X1)3,B=(Q0,Q1,Q2,Q3).

1. Justifier que les quatre polynômes Q0, Q1, Q2, Q3 appartiennent bien à R3[X], et rappeler la dimension de R3[X].

2. Montrer que la famille B est libre, puis en déduire que c'est une base de R3[X].

3. Déterminer les coordonnées du polynôme P=X32X2+3X1 dans la base B, et vérifier le résultat en développant.

4. Déterminer les coordonnées du polynôme R=X21 dans la base B.

5. Montrer que, pour tout polynôme S de R3[X], la première coordonnée de S dans la base B est égale à S(1).

Exercice 12 ★★★La dérivation sur Rn[X] : noyau, image, rang

Applications linéaires sur les espaces de polynômes, de matrices, de suites et de fonctionsNoyau et image d'une application linéaire, injectivité et surjectivitéRang d'une application linéaire et théorème du rang

Soit n un entier naturel non nul. On considère l'application

D:Rn[X]Rn[X],PP.

1. Montrer que D est bien définie, puis que D est un endomorphisme de Rn[X].

2. Déterminer KerD et sa dimension. L'application D est-elle injective ?

3. En déduire rg(D) par le théorème du rang, puis montrer que ImD=Rn1[X]. L'application D est-elle surjective ?

4. Dans le cas n=3, écrire la matrice de D dans la base canonique (1,X,X2,X3) et vérifier que son rang est bien celui trouvé à la question 3.

5. Montrer que Dn+1=0, c'est-à-dire que Dn+1 est l'endomorphisme nul de Rn[X].

6. Montrer que Dn0. Que peut-on dire de D ?

Exercice 13 ★★★★Une application linéaire définie par l'image d'une base

Application linéaire déterminée par l'image d'une baseMatrice d'une application linéaire dans un couple de bases

Dans R3, on pose

e1=(1,1,1),e2=(0,1,1),e3=(0,0,1),B=(e1,e2,e3),

et l'on cherche une application linéaire f de R3 dans R3 vérifiant

f(e1)=(1,0,1),f(e2)=(1,1,2),f(e3)=(0,1,1).

1. Montrer que B est une base de R3, puis justifier qu'il existe une unique application linéaire f vérifiant les trois égalités ci-dessus.

2. Déterminer les coordonnées d'un vecteur (x,y,z) de R3 dans la base B, puis en déduire l'expression de f(x,y,z). Vérifier le résultat sur e2.

3. Déterminer une base de Kerf et une base de Imf. L'application f est-elle injective ? surjective ?

4. Écrire la matrice A=MatB(f) de f dans la base B, puis vérifier la relation Y=AX sur le vecteur u=e1+2e2e3.

Exercice 14 ★★★Le sous-espace des matrices symétriques : base et dimension

Applications linéaires sur les espaces de polynômes, de matrices, de suites et de fonctionsDimension d'un sous-espace vectoriel, inclusion et égalité par les dimensionsSomme de deux sous-espaces, somme directe, sous-espaces supplémentaires

Pour 1i3 et 1j3, on note Ei,j la matrice de M3(R) dont le coefficient d'indice (i,j) vaut 1 et dont tous les autres coefficients sont nuls. On rappelle que la famille des neuf matrices Ei,j est la base canonique de M3(R), et donc que dimM3(R)=9.

Une matrice MM3(R) est dite symétrique lorsque tM=M, et antisymétrique lorsque tM=M. On pose

S={MM3(R)  ;  tM=M},A={MM3(R)  ;  tM=M}.

1. Montrer que S est un sous-espace vectoriel de M3(R).

2. Soit M=(mi,j)M3(R). Traduire la condition tM=M par des égalités entre coefficients, puis écrire la forme générale d'un élément de S.

3. En déduire une famille génératrice de S formée de six matrices, montrer qu'elle est libre, et conclure que dimS=6.

4. Reprendre le raisonnement dans Mn(R) : montrer que le sous-espace Sn des matrices symétriques d'ordre n est de dimension n(n+1)2.

5. Montrer de même que A est un sous-espace vectoriel de M3(R), en donner une base et la dimension. Quelle est la dimension du sous-espace des matrices antisymétriques de Mn(R) ?

6. Déterminer SA.

7. Déduire des questions 3, 5 et 6 que S et A sont supplémentaires dans M3(R), c'est-à-dire que

M3(R)=SA.

Vérifier ensuite que toute matrice MM3(R) s'écrit

M=M+tM2+MtM2,

où le premier terme est symétrique et le second antisymétrique, puis effectuer cette décomposition pour

M=(123456789).

Exercice 15 ★★★★Injective, surjective : ce que les dimensions imposent

Noyau et image d'une application linéaire, injectivité et surjectivitéRang d'une application linéaire et théorème du rangIsomorphismes, automorphismes et leurs caractérisations en dimension finie

Chacune des affirmations suivantes est soit vraie, soit fausse. Dans le premier cas, la démontrer ; dans le second, donner un contre-exemple explicite et vérifier qu'il convient.

1. Il existe une application linéaire injective de R5 dans R3.

2. Il existe une application linéaire surjective de R5 dans R3.

3. Il existe une application linéaire surjective de R2 dans R4.

4. Il existe une application linéaire injective de R2 dans R4.

5. Toute application linéaire injective de R3 dans R3 est bijective.

6. Toute application linéaire de R3 dans R3 est injective ou surjective.

7. Application. On pose f(x,y,z)=(x+y, y+z, xz) pour tout (x,y,z)R3. Déterminer Kerf, puis rgf et Imf. L'application f est-elle injective ? surjective ?

Exercice 16 ★★★★Un plan et une droite supplémentaires dans R3

Somme de deux sous-espaces, somme directe, sous-espaces supplémentairesDimension d'un sous-espace vectoriel, inclusion et égalité par les dimensionsFamilles génératrices, familles libres et liées, bases

Dans R3, on considère le plan

P={(x,y,z)R3  ;  x+y+z=0}

et la droite D=Vect(u), où u=(1,1,1).

1. Montrer que P est un sous-espace vectoriel de R3, en donner une base et préciser sa dimension.

2. Vérifier que uP, puis en déduire que PD={(0,0,0)} : la somme P+D est directe.

3. En déduire que R3=PD, c'est-à-dire que P et D sont supplémentaires dans R3.

4. Montrer que la famille obtenue en concaténant la base de P trouvée à la question 1 et la base (u) de D est une base de R3.

5. Décomposer le vecteur w=(1,2,3) sous la forme w=a+b avec aP et bD, puis justifier que cette écriture est la seule possible.

6. On pose D=Vect(e1), où e1=(1,0,0). Montrer que P et D sont eux aussi supplémentaires dans R3, et décomposer à nouveau w sur P et D. Qu'en conclure sur l'unicité d'un supplémentaire ?

Exercice 17 ★★★★Matrice d'un endomorphisme dans une base non canonique

Matrice d'une application linéaire dans un couple de basesCoordonnées d'un vecteur dans une baseApplication linéaire déterminée par l'image d'une base

On note B0=(e1,e2,e3) la base canonique de R3 et on considère l'application

f:(x,y,z)(2xy, x+z, y+z).

On pose enfin

u1=(1,1,1),u2=(1,1,0),u3=(1,0,0),B=(u1,u2,u3).

1. Justifier que f est un endomorphisme de R3.

2. Déterminer A=MatB0(f), la matrice de f dans la base canonique.

3. Montrer que B est une base de R3.

4. Soit (a,b,c)R3. Déterminer les coordonnées de (a,b,c) dans la base B.

5. Calculer f(u1), f(u2) et f(u3), les exprimer dans la base B, puis écrire B=MatB(f).

6. Contrôle. Soit v=u1+u2+u3. Calculer f(v) de deux façons : à l'aide de B et des coordonnées de v dans B, puis directement avec la formule de f. Les deux résultats doivent coïncider.

Exercice 18 ★★★★Matrice de passage entre deux bases de R3

Matrice de passage, coordonnées d'un vecteur dans deux basesCoordonnées d'un vecteur dans une baseFamilles génératrices, familles libres et liées, bases

On note B=(e1,e2,e3) la base canonique de R3 et on pose

u1=(1,0,1),u2=(1,1,0),u3=(1,1,1),B=(u1,u2,u3).

On rappelle que la matrice de passage PB,B de la base B à la base B est la matrice dont les colonnes sont les colonnes de coordonnées des vecteurs de B exprimées dans la base B, et que pour tout vecteur w de R3,

XB=PB,BXB,

XB et XB désignent les colonnes de coordonnées de w dans B et dans B.

1. Montrer que B est une base de R3.

2. Écrire la matrice de passage P=PB,B.

3. Calculer P1 par la méthode du pivot de Gauss, puis contrôler le résultat en calculant le produit PP1.

4. Soit w=(2,3,1). Déterminer les coordonnées de w dans la base B.

5. Vérifier ce résultat de deux façons : par le produit PXB, puis en calculant directement la combinaison linéaire correspondante de u1, u2 et u3.

6. Que représente la matrice P1 en termes de changement de base ? Le vérifier sur le vecteur e1.

Exercice 19 ★★★★Trois façons de prouver qu'une application est un isomorphisme

Isomorphismes, automorphismes et leurs caractérisations en dimension finieMatrice d'une composée, matrice d'un isomorphisme, inversibilité

On considère l'endomorphisme f de R3 défini par

f(x,y,z)=(x+y, y+z, x+z),

et l'on note B0=(e1,e2,e3) la base canonique de R3.

Le but de l'exercice est d'établir de trois manières différentes que f est un isomorphisme de R3, puis de comparer ces trois méthodes.

1. Première méthode : par le noyau. Déterminer Kerf et en déduire que f est bijective.

2. Deuxième méthode : par la matrice. Écrire A=MatB0(f), montrer que A est inversible par la méthode du pivot de Gauss et calculer A1. Conclure.

3. Troisième méthode : par la réciproque. Résoudre, pour (a,b,c)R3 fixé, l'équation f(x,y,z)=(a,b,c) d'inconnue (x,y,z). En déduire une application g telle que fg=gf=idR3.

4. Vérifier que la matrice de g dans la base canonique est bien la matrice A1 trouvée à la question 2.

5. Déterminer l'unique antécédent de (2,4,6) par f.

6. Comparer les trois méthodes : que fournit chacune, et laquelle choisir selon la question posée ?

Exercice 20 ★★★★Composée de deux applications linéaires et produit des matrices

Matrice d'une composée, matrice d'un isomorphisme, inversibilitéApplications linéaires : définition, opérations, exemples

On note B3=(e1,e2,e3) la base canonique de R3 et B2=(ε1,ε2) celle de R2. On considère les deux applications linéaires

f:R3R2,f(x,y,z)=(x+2yz, 3y+z), g:R2R3,g(s,t)=(s4t, t, s2t).

1. Écrire A=MatB3,B2(f) et B=MatB2,B3(g), en précisant leur format.

2. Calculer (gf)(x,y,z) à partir des formules, en déduire MatB3(gf), puis vérifier que cette matrice est égale au produit BA.

3. Faire de même pour fg et le produit AB.

4. Déterminer rgf et rgg. Chacune de ces deux applications est-elle injective ? surjective ?

5. Déterminer le rang et le noyau de fg, puis le rang et le noyau de gf.

6. Que constate-t-on en comparant fg et gf ?

Exercice 21 ★★★Rang d'une matrice dépendant d'un paramètre

Rang d'une matrice, calcul par le pivot, lien avec l'application linéaire associée

Pour tout réel m, on pose

Am=(m111m111m)M3(R).

1. Échelonner Am par la méthode du pivot de Gauss, en n'utilisant que des opérations valables pour toute valeur de m.

2. En déduire le rang de Am en fonction de m.

3. Contrôler directement, sur la matrice Am elle-même, le rang obtenu dans chacun des deux cas particuliers.

4. Pour quelles valeurs de m la matrice Am est-elle inversible ?

5. Décrire, dans chacun des cas, l'ensemble des solutions du système homogène AmX=03,1 d'inconnue XM3,1(R) : dimension et base.

Exercice 22 ★★★★Deux sous-espaces de R4 : bases, dimensions, intersection

Dimension d'un sous-espace vectoriel, inclusion et égalité par les dimensionsFamilles génératrices, familles libres et liées, basesRang d'une famille de vecteurs, base extraite, base complétée

Dans R4, on considère

F={(x,y,z,t)R4  ;  x+y+z+t=0  et  xy+zt=0}

et G=Vect(w1,w2,w3), où

w1=(1,1,0,0),w2=(0,1,1,2),w3=(2,3,1,2).

1. Montrer que F est un sous-espace vectoriel de R4, en donner une base et préciser sa dimension.

2. Montrer que la famille (w1,w2,w3) est liée, déterminer son rang, puis en déduire une base de G et dimG.

3. Le vecteur w1 appartient-il à F ? Que peut-on en conclure sur les deux sous-espaces ?

4. Déterminer FG : en donner une base et la dimension.

5. Vérifier que la dimension trouvée est compatible avec les inclusions FGF et FGG.

6. Les vecteurs a=(3,4,3,4) et b=(2,4,2,4) appartiennent-ils à F ? à G ? à FG ?

Exercice 23 ★★★Une forme linéaire sur R3 et son noyau

Formes linéaires, hyperplans, noyau d'une forme linéaire non nulleRang d'une application linéaire et théorème du rangNoyau et image d'une application linéaire, injectivité et surjectivité

On appelle forme linéaire sur un espace vectoriel réel E toute application linéaire de E dans R, et hyperplan de E tout sous-espace vectoriel de dimension dimE1, lorsque E est de dimension finie. Dans R3, un hyperplan est donc un plan.

On considère l'application

φ:R3R,φ(x,y,z)=2xy+3z.

On note B0=(e1,e2,e3) la base canonique de R3 et C=(1) la base canonique de R.

1. Montrer que φ est une forme linéaire sur R3.

2. Écrire la matrice A=MatB0,C(φ). Quel est son format ?

3. Déterminer Imφ, puis rgφ.

4. En déduire, par le théorème du rang, la dimension de Kerφ. Pourquoi peut-on affirmer que Kerφ est un hyperplan de R3 ?

5. Déterminer une base de Kerφ et vérifier que les vecteurs obtenus annulent bien φ.

6. La réciproque, sur un exemple. On pose H=Vect(h1,h2) avec h1=(1,1,1) et h2=(1,0,1). Déterminer une forme linéaire non nulle ψ sur R3 telle que Kerψ=H.

7. Soient φ1 et φ2 deux formes linéaires non nulles sur R3.

a. Montrer que s'il existe λR tel que φ2=λφ1, alors Kerφ1=Kerφ2.

b. Réciproquement, on suppose Kerφ1=Kerφ2, et on note H ce noyau commun. Justifier qu'il existe un vecteur u tel que R3=HVect(u), puis que φ1(u)0. On pose λ=φ2(u)φ1(u) : montrer que φ2=λφ1.

c. Donner une forme linéaire distincte de φ ayant le même noyau que φ.

Exercice 24 ★★★★L'application P vers P(X+1) moins P(X)

Applications linéaires sur les espaces de polynômes, de matrices, de suites et de fonctionsNoyau et image d'une application linéaire, injectivité et surjectivitéMatrice d'une application linéaire dans un couple de bases

On note R3[X] l'ensemble des polynômes de degré inférieur ou égal à 3, muni de sa base canonique C=(1,X,X2,X3), et l'on rappelle que dimR3[X]=4.

On considère l'application

Δ:PP(X+1)P(X).

1. Montrer que Δ est un endomorphisme de R3[X].

2. Calculer Δ(1), Δ(X), Δ(X2) et Δ(X3), puis écrire la matrice D=MatC(Δ).

3. Soit P un polynôme de degré n avec 1n3. Montrer que Δ(P) est de degré n1.

4. Déterminer KerΔ, en donner une base et la dimension.

5. En déduire rgΔ, puis montrer que ImΔ=R2[X].

6. Montrer que Δ4=ΔΔΔΔ est l'endomorphisme nul, de deux façons : par les degrés, puis en calculant les puissances de D.

Exercice 25 ★★★★Un endomorphisme de M2(R) : M vers AM

Applications linéaires sur les espaces de polynômes, de matrices, de suites et de fonctionsNoyau et image d'une application linéaire, injectivité et surjectivitéMatrice d'une application linéaire dans un couple de bases

On pose

A=(1111)M2(R),Φ:MAM.

On rappelle que dimM2(R)=4 et que sa base canonique est E=(E1,1,E1,2,E2,1,E2,2), où

E1,1=(1000),E1,2=(0100),E2,1=(0010),E2,2=(0001).

1. Montrer que Φ est un endomorphisme de M2(R).

2. Calculer Φ(M) pour M=(abcd), puis déterminer KerΦ : base et dimension.

3. Déterminer ImΦ : base et dimension. En déduire rgΦ et vérifier le théorème du rang.

4. Écrire la matrice N=MatE(Φ), et retrouver son rang par le pivot.

5. L'application Φ est-elle injective ? surjective ?

6. Que deviennent ces réponses si l'on remplace A par une matrice inversible de M2(R) ?

Exercice 26 ★★★L'espace des suites vérifiant une récurrence d'ordre 2

Applications linéaires sur les espaces de polynômes, de matrices, de suites et de fonctionsFamilles génératrices, familles libres et liées, basesDimension d'un espace vectoriel de dimension finie, cardinal des familles libres et génératrices

On note RN l'espace vectoriel des suites réelles, et l'on considère

E={uRN  ;  nN, un+2=5un+16un}.

1. Montrer que E est un sous-espace vectoriel de RN.

2. On pose φ(u)=(u0,u1) pour toute suite uE. Montrer que φ est un isomorphisme de E sur R2, et en déduire que dimE=2.

3. Déterminer les réels q non nuls tels que la suite géométrique (qn)nN appartienne à E.

4. On note g la suite de terme général 2n et h celle de terme général 3n. Montrer que (g,h) est une base de E.

5. Déterminer le terme général de la suite uE vérifiant u0=1 et u1=4, puis contrôler le résultat sur u2 et u3.

6. Déterminer une base et la dimension de E0={uE  ;  u0=0}.

Exercice 27 ★★★★Un projecteur : quand f composée avec elle-même redonne f

Endomorphismes vérifiant une relation, projecteurs, symétries, endomorphismes nilpotentsNoyau et image d'une application linéaire, injectivité et surjectivitéRang d'une application linéaire et théorème du rangSomme de deux sous-espaces, somme directe, sous-espaces supplémentaires

Soit E un espace vectoriel réel de dimension finie et p un endomorphisme de E vérifiant

pp=p.

Un tel endomorphisme est appelé un projecteur de E.

1. Montrer que p(x)=x pour tout xImp, puis que Imp est exactement l'ensemble des vecteurs invariants par p, autrement dit que Imp=Ker(pidE).

2. Montrer que KerpImp={0E}.

3. Que donne le théorème du rang appliqué à p ? En déduire, avec la question 2, que Imp et Kerp sont supplémentaires dans E, c'est-à-dire que E=ImpKerp.

4. Soit xE. Montrer que x=p(x)+(xp(x)) est une écriture de x comme somme d'un vecteur de Imp et d'un vecteur de Kerp, puis montrer qu'il n'y en a pas d'autre. On redémontre ainsi, sans passer par les dimensions, la somme directe de la question 3.

5. Exemple. On pose, pour tout (x,y,z)R3, p(x,y,z)=(x, y, x+y). Écrire la matrice P de p dans la base canonique, vérifier que P2=P, puis déterminer Kerp et Imp (base et dimension de chacun).

6. Vérifier sur cet exemple les résultats des questions 1 à 4, en décomposant explicitement le vecteur v=(1,2,0).

Exercice 28 ★★★★Le projecteur associé à une décomposition

Endomorphismes vérifiant une relation, projecteurs, symétries, endomorphismes nilpotentsSomme de deux sous-espaces, somme directe, sous-espaces supplémentairesMatrice d'une application linéaire dans un couple de bases

Dans R3, on considère le plan F=Vect(f1,f2) et la droite G=Vect(u), où

f1=(1,1,0),f2=(0,1,1),u=(1,1,1).

Le but de l'exercice est de construire l'application qui, à un vecteur de R3, associe sa composante sur F dans la décomposition R3=FG.

1. Montrer que (f1,f2) est une base de F, que F admet pour équation cartésienne xy+z=0, et que uF. En déduire que R3=FG.

2. Soit (x,y,z)R3. Déterminer les uniques réels a, b et λ tels que

(x,y,z)=af1+bf2+λu.

3. On note p(x,y,z)=af1+bf2 la composante sur F obtenue à la question précédente : par définition, p est le projecteur sur F parallèlement à G. Donner l'expression de p(x,y,z) et montrer que p est un endomorphisme de R3.

4. Écrire la matrice P de p dans la base canonique, puis vérifier par le calcul matriciel que P2=P.

5. Déterminer Imp et Kerp. Que constate-t-on ?

6. On pose q=idR3p. Donner l'expression de q et sa matrice Q, montrer que q est le projecteur sur G parallèlement à F, et vérifier les relations

p+q=idR3,pq=qp=0.

7. Décomposer explicitement le vecteur w=(1,2,3).

Exercice 29 ★★★Un endomorphisme de carré nul

Endomorphismes vérifiant une relation, projecteurs, symétries, endomorphismes nilpotentsRang d'une application linéaire et théorème du rang

Soit E un espace vectoriel réel de dimension finie n1, et soit f un endomorphisme de E vérifiant

ff=0,

0 désigne l'endomorphisme nul de E.

1. Montrer que ImfKerf.

2. En déduire que rgfn2.

3. Montrer que f n'est pas bijective.

4. On suppose dans cette question que n=3. Quelles sont les valeurs possibles de rgf ? Caractériser le cas rgf=0.

5. Construire une matrice NM3(R) de rang 1 telle que N2=03. Déterminer le noyau et l'image de l'endomorphisme de R3 associé, et vérifier sur cet exemple les questions 1 et 2.

6. Montrer que idEf est un automorphisme de E, de réciproque idE+f.

Exercice 30 ★★★★Une symétrie vectorielle

Endomorphismes vérifiant une relation, projecteurs, symétries, endomorphismes nilpotentsNoyau et image d'une application linéaire, injectivité et surjectivitéSomme de deux sous-espaces, somme directe, sous-espaces supplémentaires

Soit E un espace vectoriel réel et soit s un endomorphisme de E vérifiant ss=idE. Un tel endomorphisme s'appelle une symétrie vectorielle de E. On pose

F=Ker(sidE)etG=Ker(s+idE).

1. Montrer que s est un automorphisme de E et que s1=s.

2. Montrer que F et G sont des sous-espaces vectoriels de E, et que

F={xE  ;  s(x)=x},G={xE  ;  s(x)=x}.

3. Montrer que FG={0E}.

4. Soit xE. Vérifier l'identité x=x+s(x)2+xs(x)2, puis montrer que le premier terme appartient à F et le second à G. En déduire que F et G sont supplémentaires dans E, c'est-à-dire que

E=Ker(sidE)Ker(s+idE).

5. On prend E=R3 et s(x,y,z)=(x,y,2xz). Justifier que s est linéaire, écrire sa matrice A dans la base canonique, et vérifier que A2=I3.

6. Déterminer F et G pour cette symétrie : une base et la dimension de chacun.

7. Décomposer le vecteur u=(1,2,3) comme à la question 4.

Exercice 31 ★★★Deux endomorphismes tels que p plus q égale l'identité

Endomorphismes vérifiant une relation, projecteurs, symétries, endomorphismes nilpotentsSomme de deux sous-espaces, somme directe, sous-espaces supplémentairesNoyau et image d'une application linéaire, injectivité et surjectivité

Soit E un espace vectoriel réel de dimension finie, et soient p et q deux endomorphismes de E vérifiant les deux relations

p+q=idEetpq=0,

0 désigne l'endomorphisme nul de E.

1. Justifier que q=idEp, puis montrer que pq=qp. En déduire que qp=0.

2. Montrer que pp=p et que qq=q : les endomorphismes p et q sont des projecteurs.

3. Montrer que Imp=Kerq, puis que Imq=Kerp.

4. Montrer que E=ImpImq.

5. En déduire que rgp+rgq=dimE, puis retrouver ce résultat par le théorème du rang.

Exercice 32 ★★★★Une famille de polynômes échelonnée en degré est une base

Familles génératrices, familles libres et liées, basesApplications linéaires sur les espaces de polynômes, de matrices, de suites et de fonctionsDimension d'un espace vectoriel de dimension finie, cardinal des familles libres et génératrices

Soit nN et soient P0,P1,,Pn des polynômes tels que degPk=k pour tout k{0,1,,n}. On dit qu'une telle famille est échelonnée en degré. Le but de l'exercice est de démontrer que (P0,P1,,Pn) est une base de Rn[X], puis de s'en servir.

1. Justifier que ces polynômes appartiennent tous à Rn[X], et rappeler la dimension de Rn[X].

2. Soient λ0,,λn des réels non tous nuls tels que λ0P0+λ1P1++λnPn=0. On note m le plus grand indice tel que λm0. Quel est le degré du polynôme λ0P0++λmPm ? Conclure à une contradiction.

3. En déduire que (P0,P1,,Pn) est une base de Rn[X].

4. Première application. On pose P0=1, P1=X1 et P2=(X1)2. Justifier que (P0,P1,P2) est une base de R2[X], puis décomposer Q=X2+X+1 dans cette base.

5. Seconde application. On pose R0=1, R1=X, R2=X(X1) et R3=X(X1)(X2). Justifier que (R0,R1,R2,R3) est une base de R3[X], puis décomposer X3 dans cette base. On pourra comparer les coefficients de X3, puis évaluer en 0, en 1 et en 2.

6. Les familles (1,1+X,1+X+X2) et (1,X+X2,X2) sont-elles des bases de R2[X] ? Que peut-on en conclure sur le critère démontré à la question 3 ?

Exercice 33 ★★★★L'endomorphisme P vers XP prime moins P

Applications linéaires sur les espaces de polynômes, de matrices, de suites et de fonctionsNoyau et image d'une application linéaire, injectivité et surjectivitéMatrice d'une application linéaire dans un couple de basesRang d'une application linéaire et théorème du rang

Pour tout polynôme PR3[X], on pose φ(P)=XPP, où P désigne le polynôme dérivé de P.

1. Soit P=a+bX+cX2+dX3 un élément quelconque de R3[X]. Calculer φ(P) et vérifier que φ(P)R3[X]. Montrer que φ est un endomorphisme de R3[X].

2. Écrire la matrice A de φ dans la base canonique B=(1,X,X2,X3).

3. Déterminer Kerφ : en donner une base et la dimension.

4. En déduire rgφ par le théorème du rang, puis donner une base de Imφ.

5. L'endomorphisme φ est-il bijectif ? Montrer que l'équation φ(P)=X n'a aucune solution.

6. Résoudre l'équation φ(P)=1+3X2+4X3, d'inconnue PR3[X].

Exercice 34 ★★★★Inverser une matrice en passant par l'application linéaire

Matrice d'une composée, matrice d'un isomorphisme, inversibilitéIsomorphismes, automorphismes et leurs caractérisations en dimension finie

On pose

A=(121011111)

et on note f l'endomorphisme de R3 dont la matrice dans la base canonique est A.

1. Expliciter f(x1,x2,x3).

2. Soit y=(y1,y2,y3) un vecteur quelconque de R3. Résoudre l'équation f(x)=y, d'inconnue x=(x1,x2,x3) : montrer qu'elle admet une unique solution et exprimer celle-ci en fonction de y1, y2, y3.

3. Qu'a-t-on ainsi démontré sur f ? En déduire f1, puis A1, sans nouveau calcul.

4. Vérifier le résultat en calculant le produit AA1.

5. Retrouver A1 par le pivot de Gauss appliqué à A et à I3 simultanément, et comparer les deux méthodes.

6. En déduire la solution du système AX=b, où b=(433).

7. Que peut-on dire de la famille des trois colonnes de A ?

Exercice 35 ★★★L'évaluation en trois points est un isomorphisme

Isomorphismes, automorphismes et leurs caractérisations en dimension finieApplications linéaires sur les espaces de polynômes, de matrices, de suites et de fonctionsRang d'une application linéaire et théorème du rang

On considère l'application

Φ:R2[X]R3,P(P(0),P(1),P(2)).

1. Montrer que Φ est linéaire.

2. Soit PKerΦ. Combien P possède-t-il de racines ? En déduire KerΦ, puis que Φ est injective.

3. En déduire que Φ est un isomorphisme. Que vaut rgΦ ? Vérifier le théorème du rang.

4. Écrire la matrice M de Φ dans les bases canoniques (1,X,X2) de R2[X] et (e1,e2,e3) de R3. Que peut-on dire de M ?

5. Déterminer l'unique polynôme P de R2[X] tel que P(0)=1, P(1)=3 et P(2)=9. Vérifier le résultat.

6. On pose maintenant Ψ:R2[X]R4, P(P(0),P(1),P(2),P(3)). Montrer que Ψ est injective mais pas surjective, et exhiber un élément de R4 qui n'a pas d'antécédent par Ψ.

Exercice 36 ★★★Noyaux itérés et rangs successifs

Endomorphismes vérifiant une relation, projecteurs, symétries, endomorphismes nilpotentsRang d'une application linéaire et théorème du rangNoyau et image d'une application linéaire, injectivité et surjectivité

Soit E un espace vectoriel réel de dimension finie n1 et soit f un endomorphisme de E. On note f2=ff et f3=fff.

1. Montrer que KerfKerf2, puis que dimKerfdimKerf2.

2. Montrer que Imf2Imf, et en déduire que rgf2rgf. Retrouver cette inégalité à partir de la question 1 et du théorème du rang.

3. On suppose dans cette question que Kerf=Kerf2. Montrer qu'alors Kerf2=Kerf3.

4. On prend E=R3 et on note f l'endomorphisme de matrice

A=(010001000)

dans la base canonique. Calculer A2 et A3, en déduire rgf, rgf2 et rgf3, déterminer les trois noyaux et vérifier le théorème du rang pour chacun des trois endomorphismes.

5. On suppose maintenant ff=0. Montrer que 2rgfn. Que devient cette inégalité pour n=3 ?

Exercice 37 ★★★L'endomorphisme M vers AM moins MA

Applications linéaires sur les espaces de polynômes, de matrices, de suites et de fonctionsNoyau et image d'une application linéaire, injectivité et surjectivitéRang d'une application linéaire et théorème du rangMatrice d'une application linéaire dans un couple de bases

On pose A=(1102) et, pour toute matrice MM2(R),

Ψ(M)=AMMA.

On note B=(E1,1,E1,2,E2,1,E2,2) la base canonique de M2(R), où Ei,j est la matrice dont tous les coefficients sont nuls sauf celui d'indice (i,j), égal à 1.

1. Montrer que Ψ est un endomorphisme de M2(R). Quelle est la dimension de cet espace ?

2. Calculer Ψ(M) pour M=(abcd).

3. Écrire la matrice B de Ψ dans la base B.

4. Déterminer KerΨ : en donner une base et la dimension. Vérifier que I2 et A appartiennent à ce noyau.

5. En déduire rgΨ par le théorème du rang, donner une base de ImΨ, et retrouver le rang directement sur les colonnes de B.

6. Soit désormais A une matrice quelconque de M2(R) et ΨA:MAMMA. Montrer que I2 et A appartiennent toujours à KerΨA. L'application ΨA peut-elle être bijective ?

Exercice 38 ★★★Quand la composée est nulle : ce que cela impose aux rangs

Rang d'une application linéaire et théorème du rangNoyau et image d'une application linéaire, injectivité et surjectivitéEndomorphismes vérifiant une relation, projecteurs, symétries, endomorphismes nilpotents

Soit E un espace vectoriel réel de dimension finie n1, et soient f et g deux endomorphismes de E vérifiant

fg=0,

0 désigne l'endomorphisme nul.

1. Montrer que ImgKerf.

2. En déduire que rgf+rggn.

3. Montrer que l'égalité rgf+rgg=n a lieu si et seulement si Img=Kerf.

4. On prend E=R3, et on note f et g les endomorphismes de matrices respectives

F=(110000000)etG=(100100010)

dans la base canonique. Vérifier que fg=0, calculer les deux rangs, et dire dans quel cas de la question 3 on se trouve.

5. On remplace g par l'endomorphisme g de matrice G=(100100000). Vérifier que fg=0 et montrer que l'inégalité de la question 2 est alors stricte.

6. Revenons au cas général. Montrer que si g est surjective, alors f=0 ; et que si f est injective, alors g=0.

Exercice 39 ★★★★Un endomorphisme nilpotent d'indice maximal

Endomorphismes vérifiant une relation, projecteurs, symétries, endomorphismes nilpotentsFamilles génératrices, familles libres et liées, basesMatrice d'une application linéaire dans un couple de basesApplication linéaire déterminée par l'image d'une base

Soit E un espace vectoriel réel de dimension 3 et soit f un endomorphisme de E vérifiant

f3=0etf20.

1. Justifier l'existence d'un vecteur xE tel que f2(x)0E. Justifier également que f4=0.

2. Montrer que la famille (x,f(x),f2(x)) est libre. On pourra appliquer successivement f2, puis f, à une combinaison linéaire nulle.

3. En déduire que B=(x,f(x),f2(x)) est une base de E.

4. Écrire la matrice T=MatB(f).

5. En déduire rgf, puis déterminer Kerf et Imf en fonction de x.

6. Exemple. On prend E=R3 et f l'endomorphisme de matrice

A=(111100011)

dans la base canonique. Vérifier que A203 et A3=03, exhiber la base B obtenue avec x=(1,0,0), et vérifier que rg(A)=2.

Exercice 40 ★★★★Un modèle de production à trois secteurs

Rang d'une matrice, calcul par le pivot, lien avec l'application linéaire associéeNoyau et image d'une application linéaire, injectivité et surjectivitéIsomorphismes, automorphismes et leurs caractérisations en dimension finieMatrice d'une application linéaire dans un couple de bases

Une économie comporte trois secteurs : agriculture (1), industrie (2), services (3). Pour produire une unité (un million d'euros) du secteur j, il faut consommer ci,j unités du secteur i. Ces consommations intermédiaires sont données par

C=(0,20,300,40,10,200,20,5).

Si X est la matrice colonne des productions x1, x2, x3 des trois secteurs, la colonne CX donne ce que l'appareil productif consomme lui-même, et ce qui reste pour les ménages, la demande finale, est la colonne Y=XCX. On note g l'endomorphisme de R3 canoniquement associé à la matrice I3C.

1. Justifier que l'application qui, à une production, associe la demande finale correspondante est linéaire, et écrire la matrice I3C.

2. Montrer que rg(I3C)=3. On pourra remarquer que multiplier chaque colonne par 10 ne change pas le rang, et travailler sur D=10(I3C).

3. Que vaut Kerg ? Quelle est son interprétation économique ?

4. En déduire que g est un automorphisme de R3, et traduire ce résultat en termes de production et de demande.

5. Calculer la production qui correspond à la demande finale Y=(501080) (en millions d'euros).

6. Vérifier le résultat en calculant les consommations intermédiaires CX.

7. Si le rang de I3C ne valait que 2, que pourrait-on dire du modèle ?

Exercice 41 ★★★★Dimension de l'ensemble des solutions d'un système homogène

Rang d'une application linéaire et théorème du rangRang d'une matrice, calcul par le pivot, lien avec l'application linéaire associéeDimension d'un sous-espace vectoriel, inclusion et égalité par les dimensions

On considère le système homogène de trois équations à cinq inconnues

(S){x1+2x2x3+3x4+x5=0,2x1+4x2x3+7x4+4x5=0,x1+2x2x3+4x4+3x5=0,A=(121312417412043),

et on note S l'ensemble de ses solutions, ainsi que f l'application linéaire de R5 dans R3 canoniquement associée à A.

1. Montrer que S=Kerf, et en déduire que S est un sous-espace vectoriel de R5.

2. Calculer rg(A) par le pivot de Gauss.

3. Sans résoudre le système, prédire dimS.

4. Résoudre (S) et donner une base de S. La dimension annoncée est-elle confirmée ?

5. Déterminer Imf et en donner une base. L'application f est-elle surjective ?

6. Énoncer et démontrer le résultat général : pour un système homogène à p inconnues de matrice A, la dimension de l'ensemble des solutions vaut prg(A). En déduire qu'un système homogène ayant strictement plus d'inconnues que d'équations admet toujours une solution non nulle.

Exercice 42 ★★★Synthèse : un endomorphisme de R3 dépendant d'un paramètre

Rang d'une matrice, calcul par le pivot, lien avec l'application linéaire associéeNoyau et image d'une application linéaire, injectivité et surjectivitéRang d'une application linéaire et théorème du rangIsomorphismes, automorphismes et leurs caractérisations en dimension finieMatrice d'une application linéaire dans un couple de bases

Pour tout réel m, on note fm l'endomorphisme de R3 dont la matrice dans la base canonique est

Am=(11112m1m2).

1. Expliciter fm(x,y,z).

2. Discuter le rang de Am selon les valeurs de m, à l'aide du pivot de Gauss.

3. Pour quelles valeurs de m l'endomorphisme fm est-il un automorphisme de R3 ? Vérifier le théorème du rang dans ce cas.

4. Cas m=2. Déterminer Kerf2 et Imf2 (une base et la dimension de chacun), puis vérifier le théorème du rang.

5. Cas m=0. Mêmes questions.

6. Cas m=1. Résoudre l'équation f1(x,y,z)=(a,b,c) pour un vecteur (a,b,c) quelconque, et en déduire A11. Contrôler le résultat.

7. En déduire la solution de l'équation f1(x,y,z)=(1,2,3), et la vérifier.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.