ECG approfondies · Chapitre 07 · Second semestre

Devoir surveillé — Algèbre linéaire : espaces vectoriels et applications linéaires

Sujet type, 180 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 180 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (3,5 points) — Les polynômes qui rasent l'axe en 1

Consignes valables pour tout le sujet. Les cinq exercices sont indépendants et peuvent être traités dans l'ordre de votre choix. La calculatrice n'est pas autorisée. La qualité de la rédaction et la précision des justifications entrent dans la notation : une réponse juste sans démonstration ne rapporte aucun point.

On travaille dans E=R3[X], espace vectoriel des polynômes de degré inférieur ou égal à 3, dont on rappelle que dimE=4 et que C=(1,X,X2,X3) en est une base. Pour PE, on note P le polynôme dérivé de P. On considère les deux applications

φ:ER,PP(1)etψ:ER,PP(1),

et l'on pose

Hφ=Kerφ,Hψ=Kerψ,F=HφHψ.

1. Montrer que φ et ψ sont des formes linéaires non nulles sur E. En déduire, par le théorème du rang, que Hφ et Hψ sont des hyperplans de E, et préciser leur dimension. (0,5 point)

2. a. Soit P=a+bX+cX2+dX3. Écrire le système que traduisent les deux conditions PHφ et PHψ, le résoudre, et en déduire dimF. b. Vérifier que (X1)2 et (X1)3 appartiennent à F, que cette famille est libre, et conclure que ((X1)2,(X1)3) est une base de F. (0,75 point)

3. Montrer que HφHψ. En déduire, à l'aide de la formule dim(Hφ+Hψ)=dimHφ+dimHψdimF, que Hφ+Hψ=E. Cette somme est-elle directe ? (0,5 point)

4. On pose G=Vect(1,X). Démontrer que E=FG. (0,75 point)

5. Décomposer le polynôme X3 selon la somme directe précédente, c'est-à-dire écrire X3=R+L avec RF et LG. (0,5 point)

6. Soit QE quelconque, de décomposition Q=R+L avec RF et LG. Démontrer que L=Q(1)+Q(1)(X1). Interpréter graphiquement ce résultat, et le contrôler sur la décomposition de la question 5. (0,5 point)

Exercice 2 (3,5 points) — Une colonne fois une ligne

Dans tout l'exercice, on note M3,1(R) l'espace des matrices colonnes à trois lignes et M1,3(R) celui des matrices lignes à trois colonnes. On identifie une matrice de M1(R), c'est-à-dire de taille 1×1, au réel qui la compose.

On pose

C=(121)M3,1(R),L=(213)M1,3(R),M=CL.

1. Calculer la matrice M et le réel LC. Déterminer rg(M) et donner une base de l'image de l'endomorphisme de R3 canoniquement associé à M. (0,5 point)

2. Déterminer le noyau de cet endomorphisme : en donner une base et la dimension, puis vérifier le théorème du rang. (0,5 point)

3. Démontrer l'égalité M2=(LC)M sans effectuer le produit des deux matrices 3×3, en utilisant uniquement l'associativité du produit matriciel. En déduire, par récurrence, l'expression de Mk pour tout entier k1. (0,75 point)

4. La matrice M est-elle inversible ? Démontrer en revanche que I3+M est inversible, et calculer son inverse sous la forme I3+λM avec λR à déterminer. (0,5 point)

5. La réciproque. Soit NM3(R) une matrice de rang 1. Démontrer qu'il existe une colonne CM3,1(R) non nulle et une ligne LM1,3(R) non nulle telles que N=CL. (0,75 point)

6. Application. On pose

N=(369123246).

Justifier que rg(N)=1, écrire N sous la forme CL, et en déduire Nk pour tout entier k1. (0,5 point)

Exercice 3 (3 points) — Deux façons de décrire le même espace de fonctions

On note F(R,R) l'espace vectoriel des fonctions de R dans R, dont on admet la structure d'espace vectoriel réel. On y considère les trois fonctions définies, pour tout xR, par

f0(x)=1,f1(x)=cosx,f2(x)=cos(2x),

et l'on pose E=Vect(f0,f1,f2) ainsi que B=(f0,f1,f2).

1. Démontrer que B est libre. On pourra évaluer une combinaison linéaire nulle en 0, en π2 et en π. En déduire que B est une base de E et préciser dimE. (0,5 point)

2. On note g la fonction définie par g(x)=cos2x. Démontrer que gE, puis que B=(f0,f1,g) est une base de E. (0,5 point)

3. Écrire la matrice de passage P=PB,B, puis calculer P1 et contrôler le résultat. (0,75 point)

4. Soit h la fonction définie par h(x)=cos2x+3cosx2. Donner les coordonnées de h dans B, en déduire par un produit matriciel ses coordonnées dans B, et contrôler le résultat par un calcul direct. (0,5 point)

5. On considère l'application

Φ:ER2,f(f(0), f ⁣(π2)).

Justifier qu'elle est linéaire, écrire sa matrice dans les bases B et canonique de R2, déterminer son rang, dire si elle est surjective, puis donner une base de KerΦ. (0,75 point)

Exercice 4 (3 points) — Deux décalages sur les suites

On note RN l'espace vectoriel des suites réelles, dont on admet la structure d'espace vectoriel. Une suite u y est notée u=(un)nN. On considère les deux applications D et S de RN dans lui-même définies ainsi : pour toute suite u,

  • D(u) est la suite v définie par vn=un+1 pour tout nN (on oublie le premier terme et on décale vers la gauche) ;
  • S(u) est la suite w définie par w0=0 et wn=un1 pour tout n1 (on insère un 0 en tête et on décale vers la droite).

1. Démontrer que D et S sont des endomorphismes de RN. (0,25 point)

2. Démontrer que DS=id, puis que SDid en exhibant une suite explicite pour laquelle l'égalité est fausse. (0,5 point)

3. Déterminer KerD et ImD. L'application D est-elle injective ? surjective ? (0,5 point)

4. Mêmes questions pour S. (0,5 point)

5. En déduire, en raisonnant par l'absurde, que RN n'est pas un espace vectoriel de dimension finie. (0,75 point)

6. Soit λR. Déterminer l'ensemble Ker(Dλid) des suites u telles que D(u)=λu, et préciser sa dimension. Commenter. (0,5 point)

Exercice 5 (7 points) — Problème : la moyenne glissante d'un polynôme

Ce problème est composé de trois parties. Les parties A et B préparent la partie C, qui les exploite ; les résultats des parties précédentes peuvent être utilisés même si l'on n'a pas réussi à les démontrer.

On travaille dans E=R3[X], muni de sa base canonique C=(1,X,X2,X3), et l'on rappelle que dimE=4. Comme le programme y invite, on identifie un polynôme à la fonction polynomiale qui lui est associée.

Pour tout PE, on définit une fonction T(P) en posant

xR,T(P)(x)=xx+1P(t)dt.

Partie A — l'opérateur T est un automorphisme de R3[X]

A.1. Calculer T(1), T(X), T(X2) et T(X3). (0,5 point)

A.2. En déduire que T(P) appartient à R3[X] pour tout PE, puis démontrer que T est un endomorphisme de E. (0,5 point)

A.3. Écrire la matrice A=MatC(T). (0,5 point)

A.4. Déterminer rg(A) et en déduire que T est un automorphisme de E. (0,5 point)

Partie B — la structure « identité plus nilpotent »

On pose N=TidE.

B.1. Démontrer que pour tout k{0,1,2,3}, le polynôme N(Xk) est de degré k1 lorsque k1, et nul lorsque k=0. En déduire que N envoie Rk[X] dans Rk1[X] pour k{1,2,3}. (0,75 point)

B.2. En déduire que N4 est l'endomorphisme nul de E. (0,5 point)

B.3. Écrire la matrice B=MatC(N), puis calculer B2, B3 et B4. Le résultat est-il cohérent avec la question B.2 ? (0,75 point)

B.4. Démontrer l'identité (idE+N)(idEN+N2N3)=idE. En déduire l'expression de T1 en fonction de N, puis calculer A1. (0,5 point)

Partie C — retrouver un signal à partir de sa moyenne

Un capteur mesure une grandeur qui évolue au cours du temps selon une loi polynomiale PR3[X]. L'appareil de lecture n'affiche pas P : à l'instant x, il affiche la valeur moyenne de la grandeur sur la fenêtre de temps [x,x+1].

C.1. Justifier que l'affichage de l'appareil à l'instant x vaut exactement T(P)(x). (0,25 point)

C.2. On observe que l'affichage suit exactement la loi xx3. Déterminer l'unique polynôme PR3[X] correspondant, c'est-à-dire l'unique solution de T(P)=X3. (0,5 point)

C.3. Vérifier ce résultat en calculant directement xx+1P(t)dt. Factoriser P et comparer ses racines à celles de X3. (0,5 point)

C.4. Soit QR3[X] quelconque et soit F la primitive de Q qui s'annule en 0. Démontrer que T(Q)(x)=F(x+1)F(x) pour tout réel x, puis que pour tout entier n1,

k=0n1T(Q)(k)=0nQ(t)dt.

(0,5 point)

C.5. Appliquer la question C.4 au polynôme P trouvé en C.2 pour établir, pour tout entier n1, la formule

k=0n1k3=(n(n1)2)2.

(0,75 point)

Bloqué sur « Algèbre linéaire : espaces vectoriels et applications linéaires » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.