ECG appliquées · Chapitre 10 · Second semestre

Exercices — Probabilités : variables aléatoires réelles

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★★Un univers infini et ses événements

Espace probabilisé : univers quelconque, ensemble des événements, axiomes d'une probabilitéSystème complet d'événements fini ou dénombrable

Une pièce truquée tombe sur pile avec la probabilité p=0,4 et sur face avec la probabilité 1p=0,6. On la lance autant de fois qu'il le faut, en s'arrêtant dès que pile apparaît pour la première fois. Les lancers successifs sont indépendants.

Pour tout entier k1, on note Ak l'événement « le premier pile apparaît au k-ième lancer ». On note de plus A l'événement « on n'obtient jamais pile ».

1. Décrire l'univers Ω associé à cette expérience. Est-il fini ?

2. Justifier que la famille formée des événements Ak, pour k1, et de l'événement A est un système complet d'événements.

3. Calculer P(Ak) pour tout entier k1.

4. Calculer k=1nP(Ak) pour tout entier n1, puis déterminer la limite de cette somme quand n tend vers +. En déduire la valeur de P(A).

5. Écrire chacun des événements suivants à l'aide des Ak, puis calculer sa probabilité.

a. B : « le premier pile apparaît au plus tard au troisième lancer ».

b. C : « le premier pile apparaît strictement après le troisième lancer ».

c. D : « le premier pile apparaît à un rang pair ».

Exercice 2 ★★★Traduire un énoncé avec les événements d'une variable aléatoire

Variable aléatoire réelle : définition et événements associésSystème complet d'événements associé à une variable aléatoire

Un magasin enregistre chaque jour le nombre de retours de marchandise effectués par ses clients. On note X le nombre de retours enregistrés au cours d'une journée prise au hasard. Une étude statistique conduit à modéliser X par une variable aléatoire telle que X(Ω)=[ ⁣[0,5] ⁣], dont la loi est donnée par le tableau suivant.

k 0 1 2 3 4 5
P(X=k) 0,10 0,25 0,30 0,20 0,10 0,05

1. Vérifier que ce tableau définit bien la loi d'une variable aléatoire, puis justifier que la famille ([X=k])0k5 est un système complet d'événements.

2. Traduire chacune des phrases suivantes par un événement écrit à l'aide de X, puis calculer sa probabilité.

a. « La journée se passe sans aucun retour. »

b. « Il y a au moins un retour dans la journée. »

c. « Il y a au plus trois retours dans la journée. »

d. « Il y a entre deux et quatre retours, bornes comprises. »

3. Réciproquement, traduire en français les événements [X4] et [X1], puis calculer leur probabilité.

4. Le magasin déclenche une procédure de contrôle qualité dès qu'une journée compte au moins trois retours. Calculer la probabilité de cet événement de deux façons : directement, puis en passant par l'événement contraire.

5. Écrire plus simplement les événements [X3][X2] et [X1][X4], puis calculer leur probabilité. Que remarque-t-on ?

Exercice 3 ★★★★Reconnaître une loi de probabilité

Loi d'une variable aléatoire discrète et caractérisation par les P(X = x)

1. Rappeler à quelles conditions une famille de nombres réels (pk)kI, où I est une partie finie ou infinie de N, est la loi d'une variable aléatoire discrète X telle que X(Ω)=I.

2. Pour chacune des familles suivantes, dire si c'est la loi d'une variable aléatoire discrète. Justifier soigneusement dans chaque cas.

a. pk=k10 pour k[ ⁣[1,4] ⁣]

b. p0=0,6, p1=0,5 et p2=0,1

c. pk=(13)k pour kN

d. pk=e1k! pour kN

e. pk=kk+1 pour kN

3. Déterminer le réel a pour lequel la famille (a×(13)k)kN est la loi d'une variable aléatoire discrète.

Exercice 4 ★★★★Déterminer la loi d'une variable aléatoire finie

Variable aléatoire réelle : définition et événements associésLoi d'une variable aléatoire discrète et caractérisation par les P(X = x)

Une urne contient six jetons, tous indiscernables au toucher : trois jetons portent le numéro 0, deux jetons portent le numéro 1 et un jeton porte le numéro 4.

Partie A. On tire un jeton au hasard dans l'urne et on note X le numéro inscrit dessus.

1. Déterminer X(Ω).

2. Déterminer la loi de X et présenter le résultat dans un tableau. Vérifier la somme des probabilités.

3. Calculer P(X1).

Partie B. On remet le jeton dans l'urne, puis on tire cette fois deux jetons simultanément. On note Y la somme des deux numéros obtenus.

4. Déterminer Y(Ω).

5. Déterminer la loi de Y.

6. Calculer P(Y4).

Exercice 5 ★★★Espérance, variance et écart-type d'une loi finie

Espérance : définition, existence, linéarité et positivitéVariance, écart-type et formule de Kœnig-Huygens

Une boutique en ligne vend deux produits A et B. On note X le nombre de commandes du produit A reçues dans une journée et Y le nombre de commandes du produit B. Les lois de ces deux variables aléatoires, établies à partir des ventes de l'année écoulée, sont les suivantes.

k 0 1 2 3 4
P(X=k) 0,1 0,2 0,4 0,2 0,1
k 0 1 2 4
P(Y=k) 0,3 0,2 0,1 0,4

1. Vérifier que ces deux tableaux définissent bien des lois de probabilité.

2. Calculer E(X) et E(Y).

3. Calculer E(X2) et E(Y2).

4. En déduire V(X) et V(Y) à l'aide de la formule de Kœnig-Huygens, puis σ(X) et σ(Y) sous forme exacte et en valeur approchée à 102 près.

5. Comparer les deux produits du point de vue du gérant de la boutique.

Exercice 6 ★★★Loi et moments d'une transformée affine

Loi d'une variable transformée Y = g(X)Espérance : définition, existence, linéarité et positivitéVariance, écart-type et formule de Kœnig-Huygens

Un artisan propose une prestation facturée 45 euros. On note X le nombre de prestations qu'il vend au cours d'une journée, dont la loi est donnée par le tableau suivant.

k 1 2 3 4 5
P(X=k) 0,1 0,2 0,3 0,3 0,1

Chaque journée d'activité lui coûte par ailleurs 120 euros de charges fixes, qu'il vende ou non. Son résultat de la journée, exprimé en euros, est donc la variable aléatoire

R=45X120

1. Vérifier que le tableau définit bien une loi de probabilité, puis calculer E(X) et V(X).

2. Déterminer R(Ω), puis la loi de R.

3. Calculer E(R) et V(R) en utilisant la loi de R obtenue à la question précédente.

4. Retrouver ces deux résultats à l'aide des formules E(aX+b)=aE(X)+b et V(aX+b)=a2V(X).

5. Calculer σ(R), en valeur exacte puis approchée à 102 près. Préciser l'unité de E(R), de V(R) et de σ(R).

Exercice 7 ★★★★Reconnaître les lois usuelles finies

Loi de Bernoulli et indicatrice d'un événementLoi certaine et loi uniforme sur un intervalle d'entiersLoi binomiale et formule du binôme de Newton

1. Pour chacune des six situations ci-dessous, dire si la variable aléatoire considérée suit l'une des lois usuelles finies du cours. Si oui, préciser la loi et ses paramètres avec la notation , puis donner son espérance et sa variance. Sinon, expliquer précisément pourquoi.

a. On lance un dé équilibré à six faces numérotées de 1 à 6 et on note X le numéro obtenu.

b. Un atelier produit des pièces dont 97 % sont conformes. On prélève une pièce au hasard en fin de chaîne et on pose X=1 si elle est conforme, X=0 sinon.

c. Une urne contient 20 boules, dont 8 rouges. On effectue 20 tirages successifs avec remise et on note X le nombre de boules rouges obtenues.

d. Dans la même urne, on tire 5 boules successivement et sans remise, et on note X le nombre de boules rouges obtenues.

e. On lance un dé équilibré à six faces et on pose X=1 si le résultat est un multiple de 3, X=0 sinon.

f. Une administration a numéroté ses dossiers de 200 à 259. On en tire un au hasard et on note X son numéro.

2. Dans la situation d., calculer P(X=0) par dénombrement, puis comparer à la valeur qu'aurait donnée la loi binomiale B(5;0,4). Que peut-on en conclure ?

Exercice 8 ★★★Premiers calculs avec la loi binomiale

Loi binomiale et formule du binôme de NewtonEspérance : définition, existence, linéarité et positivité

Un centre d'appels contacte 12 prospects au cours d'une matinée. Chaque prospect contacté accepte un rendez-vous avec la probabilité 0,25, indépendamment des autres. On note X le nombre de rendez-vous obtenus au cours de la matinée.

Sauf mention contraire, les valeurs approchées seront données à 104 près.

1. Justifier que X suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres, puis donner X(Ω) et l'expression de P(X=k).

2. Calculer P(X=0) et P(X=3).

3. Calculer la probabilité d'obtenir au moins un rendez-vous.

4. Calculer P(X2).

5. Donner E(X) et V(X), puis interpréter la valeur de E(X).

6. Le responsable du centre souhaite que le nombre moyen de rendez-vous obtenus atteigne 5. Combien de prospects faut-il contacter, les conditions de l'expérience étant inchangées ?

Exercice 9 ★★★Premiers calculs avec les lois géométrique et de Poisson

Loi géométrique et absence de mémoireLoi de PoissonEspérance : définition, existence, linéarité et positivité

Les deux parties sont indépendantes. Les valeurs approchées seront données à 104 près.

Partie A. Un technicien teste un à un des composants sortant d'une chaîne de production, et s'arrête dès qu'il en trouve un défectueux. Chaque composant testé est défectueux avec la probabilité 0,05, indépendamment des autres. On note T le rang du premier composant défectueux.

1. Justifier que TG(0,05) et préciser T(Ω) ainsi que P(T=k).

2. Calculer P(T=4).

3. Calculer P(T>10) de deux façons : en décrivant l'événement, puis en sommant une série.

4. Donner E(T) et V(T), puis interpréter E(T).

Partie B. Le nombre N de pannes hebdomadaires d'un serveur suit la loi de Poisson de paramètre 1,5.

5. Rappeler N(Ω) et l'expression de P(N=k).

6. Calculer P(N=0) et P(N=2).

7. Calculer P(N2).

8. Donner E(N) et V(N), puis interpréter.

Exercice 10 ★★★★Déterminer une constante pour obtenir une loi

Loi d'une variable aléatoire discrète et caractérisation par les P(X = x)Espace probabilisé : univers quelconque, ensemble des événements, axiomes d'une probabilité

Le service après-vente d'une entreprise enregistre, pour chaque dossier ouvert, le nombre de contacts (appels ou courriels) échangés avec le client avant la clôture du dossier. Il y a toujours au moins un contact. On note X ce nombre de contacts, et une étude interne conduit à modéliser X par une variable aléatoire à valeurs dans N pour laquelle il existe un réel c tel que

kN,P(X=k)=c(23)k

1. Justifier que la série k1(23)k converge, calculer sa somme, puis en déduire la valeur de c. Vérifier que le modèle obtenu définit bien une loi de probabilité.

2. Calculer P(X3), sous forme de fraction irréductible puis en valeur approchée à 104.

3. Calculer P(X>5) de deux façons différentes.

4. Montrer qu'il existe un réel p de ]0,1[ tel que, pour tout kN, P(X=k)=p(1p)k1. Quelle loi usuelle X suit-elle ? Préciser son paramètre.

5. En déduire E(X), V(X) et σ(X), cette dernière valeur étant donnée à 104 près.

6. Interpréter E(X) pour le service après-vente. Le responsable annonce que « moins d'un dossier sur dix demande plus de cinq contacts ». Cette affirmation est-elle exacte ?

Exercice 11 ★★★Une constante, une série exponentielle et une loi de Poisson

Loi d'une variable aléatoire discrète et caractérisation par les P(X = x)Loi de Poisson

Un site marchand analyse son activité. Les deux parties peuvent être traitées séparément.

Partie A. Le nombre de commandes reçues en une heure

On note Y le nombre de commandes reçues pendant une heure donnée. Cette variable aléatoire est à valeurs dans N, et le service statistique retient le modèle suivant : il existe un réel c tel que

kN,P(Y=k)=c3kk!

1. Déterminer la valeur de c.

2. En déduire que Y suit une loi usuelle, que l'on identifiera en précisant son paramètre.

3. Calculer P(Y2) puis P(Y3), en valeurs approchées à 104.

4. Donner E(Y), V(Y) et σ(Y), cette dernière à 104 près. Interpréter E(Y).

Partie B. Le nombre d'articles d'une commande

On note maintenant Z le nombre d'articles contenus dans une commande. Une commande contient toujours au moins un article, donc Z est à valeurs dans N. Le service retient le modèle : il existe un réel c tel que

kN,P(Z=k)=c2kk!

5. Déterminer la valeur exacte de c, puis une valeur approchée à 104.

6. Calculer P(Z=1) et P(Z2), en valeurs exactes puis approchées à 104.

7. La variable Z suit-elle une loi de Poisson de paramètre 2 ? Justifier de deux façons.

8. Montrer que Z admet une espérance et que E(Z)=2e2e21. Donner une valeur approchée à 104 et comparer à l'espérance d'une loi P(2).

Exercice 12 ★★★★Loi du carré et loi de l'écart à une valeur

Loi d'une variable transformée Y = g(X)Théorème de transfert

Le gérant d'une boutique relève chaque soir l'écart X entre le nombre de ventes réalisées dans la journée et l'objectif fixé, exprimé en dizaines d'articles. Un relevé de plusieurs mois conduit à la loi suivante :

xi 2 1 0 1 2
P(X=xi) 0,10 0,20 0,30 0,25 0,15

1. Vérifier que ce tableau définit bien la loi d'une variable aléatoire, puis calculer E(X) et interpréter le résultat.

2. Déterminer la loi de la variable aléatoire Y=X2.

3. Déterminer la loi de la variable aléatoire Z=X1.

4. Calculer E(Y) de deux façons : d'abord à partir de la loi de Y obtenue à la question 2., ensuite par le théorème de transfert appliqué directement à X. Vérifier que les deux résultats coïncident.

5. En déduire V(X) par la formule de Kœnig-Huygens, puis σ(X) à 104 près.

6. Calculer E(Z) et comparer avec E(X)1. Que faut-il en conclure ?

Exercice 13 ★★★★Tirages sans remise et loi du nombre de boules gagnantes

Loi d'une variable aléatoire discrète et caractérisation par les P(X = x)Modélisation d'un problème concret par une variable aléatoire

Pour une animation commerciale, un magasin propose un sac opaque contenant 10 jetons indiscernables au toucher, dont 4 sont gagnants. Chaque client tire simultanément 3 jetons du sac, et remporte un cadeau par jeton gagnant obtenu. On note X le nombre de jetons gagnants obtenus par un client.

1. Justifier que l'on peut se placer dans une situation d'équiprobabilité, préciser le nombre de tirages possibles, puis déterminer X(Ω).

2. Déterminer la loi de X et vérifier que la somme des probabilités obtenues vaut 1.

3. Calculer E(X) à partir de la définition de l'espérance.

4. Calculer E(X2), puis V(X) et σ(X) à 104 près.

5. Le stagiaire du magasin affirme : « on compte le nombre de succès sur 3 tirages, chaque jeton ayant 4 chances sur 10 d'être gagnant, donc X suit la loi binomiale B ⁣(3;0,4) ». Expliquer pourquoi ce raisonnement est faux.

6. On note B une variable aléatoire suivant la loi B ⁣(3;0,4), qui correspondrait au même jeu mais avec remise du jeton après chaque tirage. Comparer les lois de X et de B, puis leurs espérances et leurs variances. Commenter.

Exercice 14 ★★★★Reconnaître un schéma de Bernoulli

Loi binomiale et formule du binôme de NewtonIndépendance mutuelle d'une suite infinie d'événements

Une machine produit en grande série des pièces métalliques. Le réglage actuel garantit que chaque pièce produite est conforme avec la probabilité 0,92, indépendamment de toutes les autres. À la sortie de la chaîne, le service qualité prélève un échantillon de 15 pièces et note X le nombre de pièces défectueuses de cet échantillon.

1. Justifier avec précision que X suit une loi binomiale dont on donnera les paramètres. On vérifiera explicitement les trois conditions du schéma de Bernoulli.

2. Donner l'expression de P(X=k) pour tout k[ ⁣[0,15] ⁣].

3. Calculer P(X=0), la probabilité que l'échantillon ne contienne aucune pièce défectueuse, en valeur approchée à 104.

4. Calculer P(X2) en valeur approchée à 104.

5. Calculer E(X), V(X) et σ(X), cette dernière à 104 près. Interpréter E(X).

6. Le lot dont provient l'échantillon est refusé dès que celui-ci contient au moins 3 pièces défectueuses. Calculer la probabilité de refus à 104 près. Le service qualité s'est fixé pour objectif un taux de refus inférieur à 5 % : l'objectif est-il atteint ?

Exercice 15 ★★★★Le rang du premier succès suit une loi géométrique

Loi géométrique et absence de mémoireIndépendance mutuelle d'une suite infinie d'événements

Un candidat se présente à un test de certification professionnelle. À chaque tentative, il réussit avec la probabilité p=0,3, indépendamment des tentatives précédentes, et il repasse le test autant de fois que nécessaire jusqu'à sa première réussite. On note T le rang de la tentative où il réussit pour la première fois. On pose q=1p=0,7.

Pour tout entier i1, on note Ri l'événement « le candidat réussit le test à la i-ème tentative ».

1. Préciser T(Ω), puis exprimer l'événement [T=k], pour kN, à l'aide des événements Ri et de leurs contraires. En déduire que

kN,P(T=k)=p(1p)k1

2. Vérifier que la somme des P(T=k) pour k parcourant N vaut bien 1.

3. Soit kN. Calculer P(T>k) et interpréter le résultat obtenu.

4. Calculer P(T3).

5. Calculer E(T) et V(T), puis σ(T) à 104 près. Interpréter E(T).

6. Le candidat souhaite savoir combien de tentatives il doit prévoir pour avoir au moins 95 % de chances d'avoir réussi. Déterminer le plus petit entier n tel que P(Tn)0,95, et vérifier le résultat numériquement.

Exercice 16 ★★★Espérance et variance des lois de Bernoulli et binomiale

Loi de Bernoulli et indicatrice d'un événementLoi binomiale et formule du binôme de NewtonEspérance : définition, existence, linéarité et positivitéVariance, écart-type et formule de Kœnig-Huygens

Cet exercice établit, par le calcul, les formules donnant l'espérance et la variance des deux premières lois usuelles du chapitre. Dans tout l'énoncé, p désigne un réel de [0,1] et on pose q=1p.

Partie A. La loi de Bernoulli

Soit X une variable aléatoire suivant la loi B(p).

1. Rappeler X(Ω) et la loi de X, puis calculer E(X).

2. Déterminer la loi de X2, en déduire E(X2), puis démontrer par la formule de Kœnig-Huygens que V(X)=p(1p).

3. On note f la fonction définie sur [0,1] par f(p)=p(1p). Étudier les variations de f et déterminer la valeur de p pour laquelle la variance est maximale. Interpréter ce résultat, ainsi que les cas p=0 et p=1.

Partie B. La loi binomiale

Soit n un entier naturel non nul et soit X une variable aléatoire suivant la loi B(n,p).

4. Démontrer que pour tout entier k tel que 1kn :

k(nk)=n(n1k1)

5. En déduire, à l'aide d'un changement d'indice et de la formule du binôme de Newton, que E(X)=np.

6. On suppose ici n2. Démontrer que pour tout entier k tel que 2kn :

k(k1)(nk)=n(n1)(n2k2)

7. En déduire que E(X(X1))=n(n1)p2, puis que V(X)=np(1p). Traiter à part le cas n=1.

8. Application. Un centre d'appels contacte 200 prospects. Chacun souscrit à l'offre proposée avec la probabilité 0,03, indépendamment des autres. On note N le nombre de souscriptions obtenues. Déterminer la loi de N, puis E(N), V(N) et σ(N) à 104 près.

Exercice 17 ★★★★Espérance et variance de la loi uniforme sur un intervalle d'entiers

Loi certaine et loi uniforme sur un intervalle d'entiersEspérance : définition, existence, linéarité et positivitéVariance, écart-type et formule de Kœnig-Huygens

Cet exercice établit par le calcul les formules donnant l'espérance et la variance d'une loi uniforme sur un intervalle d'entiers.

Partie A. La loi uniforme sur [ ⁣[1,n] ⁣]

Soit n un entier naturel non nul et soit X une variable aléatoire suivant la loi U([ ⁣[1,n] ⁣]).

1. Rappeler X(Ω) et la loi de X, ainsi que les valeurs des sommes k=1nk et k=1nk2.

2. Démontrer que E(X)=n+12.

3. Calculer E(X2), puis démontrer par la formule de Kœnig-Huygens que V(X)=n2112. On détaillera la simplification algébrique.

Partie B. La loi uniforme sur [ ⁣[a,b] ⁣]

Soient a et b deux entiers tels que ab, et soit Y une variable aléatoire suivant la loi U([ ⁣[a,b] ⁣]). On pose n=ba+1 et Z=Ya+1.

4. Déterminer Z(Ω) et la loi de Z. En déduire que ZU([ ⁣[1,n] ⁣]).

5. En exprimant Y en fonction de Z, démontrer que

E(Y)=a+b2etV(Y)=(ba+1)2112

6. Applications numériques. Un jeu de rôle utilise un dé équilibré à 20 faces numérotées de 1 à 20, et on note D le résultat d'un lancer. Par ailleurs, un atelier expédie des colis contenant chacun un nombre entier d'articles compris entre 5 et 14, toutes ces valeurs étant équiprobables, et on note C le nombre d'articles d'un colis. Calculer l'espérance, la variance et l'écart-type de D puis de C, les écarts-types étant donnés à 104 près.

Exercice 18 ★★★★Le théorème de transfert sur une loi finie

Théorème de transfertEspérance : définition, existence, linéarité et positivité

Un commercial d'une agence immobilière signe chaque jour un nombre X de mandats. L'historique de l'agence conduit à la loi suivante :

xi 0 1 2 3
P(X=xi) 0,20 0,30 0,40 0,10

1. Vérifier que ce tableau définit bien la loi d'une variable aléatoire, puis calculer E(X).

2. Calculer les quantités suivantes à l'aide du théorème de transfert, c'est-à-dire sans déterminer la loi de la variable transformée.

a. E(3X+2)

b. E(X2)

c. E(1X+1)

d. E((X2)2)

3. Retrouver le résultat de la question 2.a. par la linéarité de l'espérance, puis celui de la question 2.d. à partir de E(X2) et de E(X).

4. Comparer E(1X+1) et 1E(X)+1. Expliquer en une phrase le phénomène observé.

5. Calculer E((XE(X))2) par le théorème de transfert. En déduire V(X) et σ(X) à 104 près, et vérifier la cohérence avec la formule de Kœnig-Huygens.

Exercice 19 ★★★★Centrer et réduire une variable aléatoire

Variable aléatoire centrée, variable centrée réduiteEspérance : définition, existence, linéarité et positivitéVariance, écart-type et formule de Kœnig-Huygens

Une boutique en ligne étudie le contenu des commandes qu'elle reçoit. On choisit une commande au hasard et on note X le nombre d'articles qu'elle contient. Une étude statistique conduit à retenir la loi suivante :

k 1 2 3 4
P(X=k) 0,3 0,3 0,2 0,2

1. Vérifier que ce tableau définit bien une loi de probabilité, puis calculer E(X).

2. Calculer E(X2), en déduire V(X) par la formule de Kœnig-Huygens, puis σ(X).

3. On pose X=XE(X)σ(X). Déterminer X(Ω) et la loi de X. On donnera les valeurs exactes sous forme de fractions irréductibles, puis des valeurs approchées à 103.

4. Calculer E(X) et V(X) à partir de la loi obtenue à la question 3.

5. On revient au cas général. Soit Y une variable aléatoire discrète admettant une espérance et une variance non nulle, et soit Y=YE(Y)σ(Y).

a. Écrire Y sous la forme aY+b en explicitant les réels a et b.

b. En utilisant E(aY+b)=aE(Y)+b et V(aY+b)=a2V(Y), démontrer que E(Y)=0 et V(Y)=1.

6. Dans une classe, on choisit une copie au hasard. On note M la note de mathématiques de cette copie, notée sur 20, et A sa note d'anglais, notée sur 100. On sait que

E(M)=12,σ(M)=2,E(A)=70,σ(A)=10

Un élève a obtenu 14 en mathématiques et 78 en anglais. Dans quelle matière sa performance est-elle la meilleure par rapport à sa classe ? Expliquer en quoi le passage à la variable centrée réduite rend les deux notes comparables, alors qu'elles ne le sont pas telles quelles.

Exercice 20 ★★★★Espérance de gain et jeu équitable

Espérance : définition, existence, linéarité et positivitéModélisation d'un problème concret par une variable aléatoire

À la fête foraine, un stand propose le jeu suivant. Le joueur verse une mise de 2 euros, puis tire au hasard un jeton dans une urne qui en contient 100, tous indissociables au toucher. Le jeton tiré indique la somme que l'organisateur lui remet immédiatement :

  • 2 jetons portent la mention « 25 euros » ;
  • 10 jetons portent la mention « 5 euros » ;
  • 25 jetons portent la mention « 2 euros » ;
  • les 63 jetons restants portent la mention « perdu » et ne rapportent rien.

Le jeton est remis dans l'urne après chaque partie. On note G le gain algébrique du joueur pour une partie, c'est-à-dire la somme qu'il reçoit diminuée de sa mise.

1. Déterminer G(Ω), puis la loi de G. Vérifier que la somme des probabilités vaut 1.

2. Calculer E(G). Le jeu est-il favorable au joueur ou à l'organisateur ?

3. L'organisateur souhaite rendre le jeu équitable, c'est-à-dire d'espérance de gain nulle pour le joueur, sans modifier le contenu de l'urne. On note m la nouvelle mise, exprimée en euros. Exprimer l'espérance du gain algébrique en fonction de m, puis résoudre l'équation qui traduit l'équité. Quelle mise faut-il afficher ?

4. Revenons à la mise de 2 euros. Calculer V(G) puis σ(G), sous forme exacte puis en valeur approchée à 103.

5. L'organisateur accueille 500 joueurs dans la journée. Il annonce qu'il peut « espérer un bénéfice moyen de 0,50 euro par joueur, soit 250 euros sur la journée ».

a. D'où vient ce chiffre de 0,50 euro ?

b. Pourquoi cette phrase est-elle, à ce stade du programme, un abus de langage ? Que faudrait-il pour la justifier vraiment ?

Exercice 21 ★★★L'indicatrice d'un événement

Loi de Bernoulli et indicatrice d'un événementEspérance : définition, existence, linéarité et positivitéVariable aléatoire réelle : définition et événements associés

Partie A. La variable indicatrice

Soit (Ω,A,P) un espace probabilisé et soit A un événement. On appelle indicatrice de A l'application 1A définie sur Ω par

1A(ω)={1si ωA0si ωA

On admet que 1A est une variable aléatoire réelle.

1. Déterminer 1A(Ω) dans le cas où A est un événement quelconque, puis traduire les événements [1A=1] et [1A=0] en fonction de A. En déduire que 1AB(P(A)).

2. Établir, en revenant à la définition de l'espérance et de la variance, que

E(1A)=P(A)etV(1A)=P(A)(1P(A))

Partie B. Un contrôle de production

Une usine produit des pièces métalliques. On prélève une pièce au hasard dans la production et on considère les deux événements suivants :

  • A : « la pièce présente un défaut d'aspect » ;
  • B : « la pièce présente un défaut de dimension ».

On sait que P(A)=0,08, que P(B)=0,05, et que les deux types de défauts proviennent de deux postes de la chaîne indépendants l'un de l'autre, ce qui permet de supposer que A et B sont indépendants.

3. Donner la loi, l'espérance et la variance de 1A et de 1B.

4. Montrer que 1A=11A, en tant qu'égalité entre applications définies sur Ω. En déduire la loi de 1A, puis son espérance et sa variance. Comparer V(1A) et V(1A) et commenter.

5. Montrer de même que 1AB=1A1B, puis donner la loi de 1AB et son espérance.

6. Que vaut (1A)2 ? Qu'en déduit-on immédiatement sur E((1A)2), et comment retrouve-t-on alors la variance de la question 2. en une ligne ?

Exercice 22 ★★★Probabilités composées dans un processus qui se répète

Probabilité conditionnelle et formule des probabilités composéesIndépendance mutuelle d'une suite infinie d'événements

Un service client doit obtenir une réponse d'un client au sujet d'un dossier. Il lui envoie des relances successives, numérotées 1, 2, 3, et ainsi de suite, jusqu'à obtenir une réponse. Pour tout entier k1, on note Rk l'événement « le client répond à la k-ième relance », et on pose

Nn=R1R2Rn

qui est donc l'événement « le client n'a toujours pas répondu après n relances ». On note enfin T le numéro de la relance à laquelle le client répond pour la première fois.

Partie A. Un client qui se lasse

L'expérience du service montre que plus on relance un client, moins il réagit. On modélise cela ainsi :

P(R1)=12et, pour tout k2,PNk1(Rk)=1k+1

Autrement dit, sachant qu'il n'a pas répondu aux k1 premières relances, le client répond à la k-ième avec la probabilité 1k+1.

1. Calculer P(N1) et P(N2).

2. Démontrer, par la formule des probabilités composées, que pour tout entier n1,

P(Nn)=1n+1

3. Pour n1, exprimer l'événement [T=n] à l'aide de Nn1 et de Rn (on conviendra que N0=Ω), puis montrer que

P(T=n)=1n(n+1)

4. Vérifier que n=1+P(T=n)=1. On pourra commencer par vérifier que 1n(n+1)=1n1n+1.

5. On note J l'événement « le client ne répond jamais ». Montrer que pour tout n1 on a JNn, puis en déduire que P(J)=0.

Partie B. Un client qui ne se lasse pas

On reprend la même situation, mais avec un autre modèle : cette fois, la probabilité de répondre est la même à chaque relance. On suppose que les événements R1, R2, R3, et ainsi de suite forment une suite d'événements mutuellement indépendants, et que P(Rk)=p pour tout k1, avec p]0,1[. On pose q=1p.

6. Calculer P(Nn) pour tout n1.

7. Déterminer P(T=n) pour tout n1, puis reconnaître la loi de T.

8. Vérifier que n=1+P(T=n)=1, puis montrer que la probabilité que le client ne réponde jamais est nulle.

Partie C. Comparaison des deux modèles

9. Dans chacun des deux modèles, calculer PNn(Nn+k) pour n1 et k1. Que constate-t-on ?

10. On prend p=12 dans la partie B, de sorte que les deux modèles donnent la même probabilité de réponse à la première relance. Comparer P(T5) et P(T>10) dans les deux modèles, et interpréter.

Exercice 23 ★★★Loi du maximum de plusieurs tirages

Loi d'une variable aléatoire discrète et caractérisation par les P(X = x)Indépendance mutuelle d'une suite infinie d'événementsEspérance : définition, existence, linéarité et positivité

On lance simultanément n dés équilibrés à six faces, numérotées de 1 à 6, les lancers étant indépendants les uns des autres. On note M le plus grand des résultats obtenus.

Pour tout i[ ⁣[1,n] ⁣] et tout k[ ⁣[1,6] ⁣], on note Ai(k) l'événement « le i-ième dé donne un résultat inférieur ou égal à k ».

Partie A. Le cas de trois dés

Dans cette partie, n=3.

1. Déterminer M(Ω).

2. Soit k[ ⁣[1,6] ⁣]. Justifier que

[Mk]=A1(k)A2(k)A3(k)

puis en déduire P(Mk) en fonction de k.

3. En déduire P(M=k) pour tout k[ ⁣[1,6] ⁣], et donner la loi de M sous forme de tableau. Vérifier que la somme des probabilités vaut 1.

4. Calculer E(M) sous forme de fraction irréductible, puis en donner une valeur approchée à 103. Commenter.

Partie B. Le cas général

On revient à n dés, avec nN.

5. Établir que, pour tout k[ ⁣[1,6] ⁣],

P(Mk)=(k6)npuisP(M=k)=(k6)n(k16)n

6. Vérifier par un calcul télescopique que k=16P(M=k)=1.

7. Un joueur veut être « presque sûr » d'obtenir au moins un 6, c'est-à-dire vouloir P(M=6)0,99. Combien de dés doit-il lancer au minimum ? On donnera la réponse à l'aide de la fonction logarithme népérien.

Partie C. Le minimum

On note maintenant m le plus petit des résultats obtenus par les n dés.

8. Par la même démarche, exprimer P(mk) pour k[ ⁣[1,6] ⁣], puis en déduire P(m=k).

9. Pour n=3, donner la loi de m et calculer E(m). Vérifier la cohérence avec le résultat de la question 4.

Exercice 24 ★★★Conditionner par les valeurs d'une variable aléatoire

Système complet d'événements associé à une variable aléatoireFormule des probabilités totales sur un système complet dénombrableProbabilité conditionnelle et formule des probabilités composées

Un site de vente en ligne reçoit chaque jour un nombre aléatoire de commandes. On note N ce nombre pour une journée donnée, et on admet que

NP(λ)avecλ=4

Par ailleurs, chaque commande porte, indépendamment des autres, sur un produit momentanément en rupture de stock avec la probabilité 0,1.

On note A l'événement « aucune commande de la journée ne porte sur un produit en rupture » et B l'événement « exactement une commande de la journée porte sur un produit en rupture ».

1. Rappeler la loi de N, puis justifier que la famille ([N=n])nN est un système complet d'événements. Vérifier également que P(N=n)0 pour tout nN, et dire pourquoi ce point est indispensable ici.

2. Soit nN. Déterminer P[N=n](A) en justifiant soigneusement. On traitera à part le cas n=0.

3. À l'aide de la formule des probabilités totales, calculer P(A). On reconnaîtra une série exponentielle et on montrera que

P(A)=eλ×0,1

Donner la valeur approchée à 104.

4. Par la même méthode, calculer P(B) et en donner la valeur approchée à 104.

5. En déduire la probabilité qu'au moins deux commandes de la journée portent sur un produit en rupture, à 104 près.

6. Comparer P(A) à P(N=0) et interpréter. Que remarque-t-on par ailleurs sur la forme des résultats des questions 3. et 4. ?

Exercice 25 ★★★L'absence de mémoire de la loi géométrique

Loi géométrique et absence de mémoireProbabilité conditionnelle et formule des probabilités composées

Soit p]0,1[ et soit T une variable aléatoire telle que TG(p). On pose q=1p, de sorte que q]0,1[.

Partie A. Le calcul de référence

1. Rappeler T(Ω) et P(T=k) pour kT(Ω).

2. Démontrer que, pour tout entier naturel k,

P(T>k)=qk

par les deux méthodes suivantes.

a. Par le calcul. En sommant la série nk+1P(T=n).

b. Par l'interprétation. En traduisant l'événement [T>k] à l'aide des épreuves de Bernoulli successives du processus.

3. En déduire P(Tk), et vérifier la cohérence des cas k=0 et k+.

Partie B. L'absence de mémoire

4. Soient n et k deux entiers naturels. Justifier que P(T>n)0, puis démontrer que

P[T>n]([T>n+k])=P(T>k)

5. Un composant électronique tombe en panne au bout d'un nombre entier de mois de fonctionnement. On modélise par TG(0,05) le numéro du mois au cours duquel survient la panne.

a. Calculer P(T>12) à 104 près.

b. Le composant fonctionne encore après 24 mois. Calculer la probabilité qu'il fonctionne encore 12 mois plus tard. Commenter en français ce que dit ce résultat sur l'usure du composant.

Partie C. La réciproque

On considère maintenant une variable aléatoire S à valeurs dans N telle que P(S>n)0 pour tout nN, et vérifiant la propriété d'absence de mémoire :

(n,k)N2,P[S>n]([S>n+k])=P(S>k)

On pose uk=P(S>k) pour tout kN.

6. Calculer u0.

7. Montrer que un+k=unuk pour tous entiers naturels n et k.

8. En déduire par récurrence que uk=(u1)k pour tout kN.

9. On pose q=u1. Montrer que q]0,1[, puis calculer P(S=k) pour kN et conclure.

10. Application. Un service administratif constate que le nombre S de jours ouvrés nécessaires au traitement d'un dossier est sans mémoire, et que 60 % des dossiers ne sont pas traités au bout d'un jour. Déterminer la loi de S, puis calculer P(S=3) et P(S>5) à 104 près.

Exercice 26 ★★★★Espérance et variance de la loi géométrique

Loi géométrique et absence de mémoireEspérance : définition, existence, linéarité et positivitéVariance, écart-type et formule de Kœnig-Huygens

Soit p]0,1[ et soit T une variable aléatoire telle que TG(p). On pose q=1p, de sorte que q]0,1[ et p=1q.

On rappelle les deux résultats sur les séries dérivées, valables pour tout réel x tel que x<1 :

k=1+kxk1=1(1x)2etk=2+k(k1)xk2=2(1x)3

1. Rappeler T(Ω) et P(T=k). Justifier que T admet une espérance, puis démontrer que

E(T)=1p

2. On s'intéresse maintenant à la variance.

a. Justifier l'existence de E(T(T1)) et démontrer, par le théorème de transfert, que

E(T(T1))=2qp2

b. En déduire E(T2).

c. Démontrer, par la formule de Kœnig-Huygens, que

V(T)=1pp2

en détaillant la mise au même dénominateur.

3. Un commercial appelle des prospects les uns après les autres, jusqu'à obtenir une signature. Chaque appel aboutit à une signature avec la probabilité p, indépendamment des autres. On note T le rang du premier appel qui aboutit.

a. Compléter le tableau suivant en donnant, pour chacune des trois valeurs de p, l'espérance, la variance et l'écart-type de T. Les écarts-types seront donnés à 103 près.

p 0,5 0,05 0,01
E(T)
V(T)
σ(T)

b. Interpréter la ligne p=0,05 : que dit-elle au commercial sur le nombre d'appels à prévoir, et sur la confiance qu'il peut accorder à cette moyenne ? On pourra calculer P(T>40), en admettant le résultat P(T>k)=qk.

4. On suppose maintenant p=1. Déterminer directement la loi de T, son espérance et sa variance, et vérifier que les formules des questions 1. et 2. restent valables.

Exercice 27 ★★★★Espérance et variance de la loi de Poisson

Loi de PoissonThéorème de transfertVariance, écart-type et formule de Kœnig-Huygens

Soit λ un réel strictement positif et soit X une variable aléatoire telle que XP(λ).

On rappelle le développement en série de l'exponentielle, valable pour tout réel x :

k=0+xkk!=ex

1. Rappeler X(Ω) et P(X=k), puis vérifier que

k=0+P(X=k)=1

2. Justifier que X admet une espérance, puis démontrer que E(X)=λ. On simplifiera kk! avant de procéder à un changement d'indice.

3. On passe à la variance.

a. Démontrer, par le théorème de transfert, que E(X(X1))=λ2.

b. En déduire E(X2), puis V(X) par la formule de Kœnig-Huygens.

4. Calculer E((X+1)2) en fonction de λ, sans reprendre aucun calcul de série : on n'utilisera que la linéarité et les résultats des questions précédentes.

5. Une compagnie d'assurance suit un portefeuille de contrats automobiles. Le nombre X de sinistres déclarés en une semaine est modélisé par une loi de Poisson de paramètre λ=2,5.

a. Donner E(X), V(X) et σ(X), ce dernier à 103 près.

b. Calculer la probabilité qu'aucun sinistre ne soit déclaré dans la semaine, puis la probabilité qu'il y en ait au moins trois. On donnera les deux valeurs à 104 près.

c. Commenter le fait, remarquable, que l'espérance et la variance de X coïncident. Quel usage pratique un actuaire peut-il en faire ?

Exercice 28 ★★★★Une variable aléatoire qui n'a pas d'espérance

Espérance : définition, existence, linéarité et positivitéLoi d'une variable aléatoire discrète et caractérisation par les P(X = x)

Soit X une variable aléatoire à valeurs dans N pour laquelle il existe un réel c tel que

kN,P(X=k)=ck(k+1)

1. Détermination de la constante.

a. Vérifier que, pour tout entier k1, 1k(k+1)=1k1k+1.

b. En déduire la somme partielle k=1n1k(k+1), puis montrer que la série k11k(k+1) converge et que sa somme vaut 1.

c. En déduire la valeur de c, et vérifier que la loi obtenue est bien une loi de probabilité.

2. La question centrale : X admet-elle une espérance ? On pose, pour n1, Hn=k=1n1k.

a. Montrer que k=1nkP(X=k)=Hn+11.

b. Montrer que, pour tout n1, H2nHn12.

c. En déduire par récurrence que H2m1+m2 pour tout entier m0, puis que Hn tend vers + quand n tend vers +.

d. Conclure : X admet-elle une espérance ?

3. Calculer P(Xn) puis P(X>n) pour tout entier n1. Vérifier que P(X>n) tend vers 0. Ce résultat est-il en contradiction avec la question 2. ?

4. Une variable construite sur X qui, elle, a une espérance.

a. On pose Y=1X. Justifier que Y admet une espérance, et établir l'encadrement 12E(Y)34.

b. On pose Z=min(X,3). Déterminer la loi de Z et calculer E(Z).

c. Que faut-il retenir de cet exercice avant d'écrire « E(X)= » dans une copie ?

Exercice 29 ★★★★Un transfert astucieux : espérance de l'inverse

Théorème de transfertLoi binomiale et formule du binôme de NewtonLoi de Poisson

Dans tout l'exercice, on cherche à calculer l'espérance de 1X+1 pour deux lois usuelles. C'est un grand classique de la filière : le calcul repose à chaque fois sur une réécriture du terme général qui fait réapparaître la loi de départ.

Partie A. Cas d'une loi binomiale. Soient nN, p]0,1[ et XB(n,p). On note q=1p.

1. Justifier que la variable 1X+1 est bien définie, et qu'elle admet une espérance sans aucune vérification de convergence.

2. Démontrer, en revenant aux factorielles, que pour tout k[ ⁣[0,n] ⁣] :

1k+1(nk)=1n+1(n+1k+1)

3. À l'aide du théorème de transfert et de la question 2., démontrer que

E ⁣(1X+1)=1(1p)n+1(n+1)p

4. Application numérique : calculer E ⁣(1X+1) pour n=5 et p=0,4, à 104 près.

Partie B. Cas d'une loi de Poisson. Soient λ>0 et YP(λ).

5. Justifier que 1Y+1 admet une espérance.

6. En utilisant l'égalité λk(k+1)!=1λ×λk+1(k+1)! et la série exponentielle, démontrer que

E ⁣(1Y+1)=1eλλ

7. Application numérique : calculer E ⁣(1Y+1) pour λ=2, à 104 près.

Partie C. La morale de l'histoire.

8. Dans les deux applications numériques précédentes, comparer le résultat obtenu avec 1E(X)+1, puis avec 1E(Y)+1.

9. Soit X une variable aléatoire positive admettant une espérance, et telle que 1X+1 admette elle aussi une espérance. En étudiant la convexité de la fonction g:t11+t sur [0,+[ et en comparant la courbe à sa tangente au point d'abscisse E(X), démontrer que

E ⁣(1X+1)1E(X)+1

Exercice 30 ★★★La formule du binôme de Newton lue dans la loi binomiale

Loi binomiale et formule du binôme de NewtonLoi d'une variable aléatoire discrète et caractérisation par les P(X = x)

On se propose de retrouver la formule du binôme de Newton en la lisant dans la loi binomiale, puis d'en tirer des identités sur les coefficients binomiaux. Dans tout l'exercice, n désigne un entier naturel non nul.

1. Soient a et b deux réels strictement positifs. On pose p=aa+b.

a. Justifier que p est bien défini et que p]0,1[.

b. Vérifier que 1p=ba+b.

2. Soit XB(n,p), avec le p de la question 1.

a. Rappeler pourquoi k=0nP(X=k)=1, et écrire cette égalité en fonction de a, de b et de n.

b. En multipliant par (a+b)n, en déduire que

(a+b)n=k=0n(nk)akbnk

3. La formule est-elle démontrée ?

a. Expliquer pourquoi la démonstration de la question 2. ne prouve pas la formule pour tous les réels a et b, et donner deux exemples de couples (a,b) auxquels elle ne s'applique pas.

b. Démontrer la formule du binôme de Newton pour tous réels a et b, par récurrence sur n, en utilisant la relation de Pascal (nj1)+(nj)=(n+1j). La rédaction complète de la récurrence est attendue.

4. Deux identités obtenues en calculant une espérance. Dans cette question, XB ⁣(n,12).

a. Écrire E(X) comme une somme, puis en déduire que

k=0nk(nk)=n2n1

b. Soit XB(n,p) avec p quelconque dans ]0,1[. À l'aide de la formule de Kœnig-Huygens et des valeurs connues de E(X) et de V(X), montrer que E(X(X1))=n(n1)p2.

c. En appliquant b. avec p=12, démontrer que, pour n2,

k=0nk(k1)(nk)=n(n1)2n2

d. Vérifier les deux identités pour n=4 par un calcul direct.

Exercice 31 ★★★Un contrat de maintenance et une attente plafonnée

Loi géométrique et absence de mémoireLoi d'une variable transformée Y = g(X)Théorème de transfertModélisation d'un problème concret par une variable aléatoire

Une entreprise installe une machine neuve. Chaque mois, indépendamment des mois précédents, la machine tombe en panne avec la probabilité p=0,08. On note T le rang du mois de la première panne, de sorte que TG(p). On pose q=1p=0,92.

Le constructeur propose un contrat de maintenance qui couvre les 12 premiers mois. Pour facturer ce contrat, il retient la variable

Y=min(T,13)

autrement dit : Y vaut T si la première panne survient au cours des 12 premiers mois, et Y vaut 13 dans tous les autres cas, la formule signifiant « au-delà d'un an, on ne compte plus ».

1. Loi de Y.

a. Déterminer Y(Ω).

b. Pour k[ ⁣[1,12] ⁣], exprimer P(Y=k).

c. Justifier que P(Y=13)=P(T>12)=q12, et donner une valeur approchée de ce nombre à 104 près.

d. Vérifier que la somme des probabilités trouvées vaut 1.

2. Espérance de Y. On pose A=k=112kqk1.

a. Montrer que (1q)A=k=112qk112q12, puis en déduire une expression de A en fonction de p et de q12.

b. En déduire que E(Y)=1q12p+q12, puis donner la valeur approchée de E(Y) à 103 près.

3. Rappeler la valeur de E(T), la comparer à E(Y) et expliquer le sens de l'écart.

4. Le coût du contrat. Le contrat est facturé C=40Y+250 euros : un forfait de 250 euros, augmenté de 40 euros par mois effectivement décompté. On pose B=k=112k2qk1.

a. Par la méthode de la question 2. a., montrer que (1q)B=2Ak=112qk1144q12.

b. En déduire E(Y2) par le théorème de transfert, puis V(Y) et σ(Y) à 103 près.

c. Calculer E(C) et σ(C), arrondis au centime.

Exercice 32 ★★★La loi de Poisson comme limite de lois binomiales

Loi de PoissonLoi binomiale et formule du binôme de Newton

Cet exercice explique d'où vient la loi de Poisson, et pourquoi on l'utilise pour modéliser les événements rares dans une très grande population.

Soit λ un réel strictement positif, fixé une fois pour toutes. Pour tout entier n>λ, on considère une variable aléatoire XnB ⁣(n,λn).

1. Vérifier que λn appartient bien à ]0,1[, puis calculer E(Xn). Que remarque-t-on ? Interpréter le modèle : que représentent n, λn et Xn ?

2. Soit k un entier naturel fixé. On suppose désormais n>max(λ,k). Écrire P(Xn=k), puis montrer que

P(Xn=k)=λkk!×n(n1)(nk+1)nk×(1λn)n×(1λn)k

3. Déterminer, quand n tend vers + et à k fixé, la limite de chacun des trois derniers facteurs.

a. Montrer que n(n1)(nk+1)nk est un produit de k facteurs tendant chacun vers 1, et conclure.

b. Montrer, en écrivant (1λn)n=exp ⁣(nln ⁣(1λn)) et en utilisant limu0ln(1+u)u=1, que ce facteur tend vers eλ.

c. Déterminer la limite de (1λn)k.

4. Conclure que, pour tout entier naturel k fixé,

limn+P(Xn=k)=eλλkk!

5. Application. Une compagnie d'assurance a en portefeuille 5000 contrats. Chaque contrat donne lieu à un sinistre dans l'année avec la probabilité 0,0006, indépendamment des autres. On note S le nombre de sinistres de l'année.

a. Donner la loi exacte de S, puis E(S).

b. Calculer P(S=2) avec la loi exacte, à 105 près.

c. Calculer la valeur approchée de P(S=2) fournie par la loi de Poisson de paramètre 3, à 105 près.

d. Comparer, calculer l'écart relatif et commenter la qualité de l'approximation.

Exercice 33 ★★★Une suite infinie d'épreuves indépendantes

Indépendance mutuelle d'une suite infinie d'événementsEspace probabilisé : univers quelconque, ensemble des événements, axiomes d'une probabilitéSystème complet d'événements fini ou dénombrable

On répète indéfiniment, de façon indépendante, une même épreuve dont la probabilité de succès vaut p]0,1[. On note q=1p et, pour tout entier i1, Ai l'événement « la i-ème épreuve est un succès ». La suite (Ai)i1 est donc une suite d'événements mutuellement indépendants, de même probabilité p.

Cet exercice a un but précis : montrer qu'en probabilité, sur un univers infini, un événement peut être de probabilité nulle sans être impossible. C'est la principale nouveauté par rapport au premier semestre, où l'univers était fini.

1. Pour n1, on note En l'événement « aucun succès au cours des n premières épreuves ».

a. Exprimer En à l'aide des événements A1,,An.

b. Calculer P(En) en justifiant soigneusement l'usage de l'indépendance.

2. Soit E l'événement « on n'obtient jamais de succès ».

a. Exprimer E à l'aide des Ai, et justifier que E est bien un événement.

b. Justifier que EEn pour tout n1, puis en déduire l'encadrement 0P(E)qn.

c. En déduire P(E)=0 par passage à la limite. L'événement E est-il impossible ? Commenter.

3. On note T le rang du premier succès, avec la convention T=0 si aucun succès ne survient jamais.

a. Pour k1, exprimer [T=k] à l'aide des Ai et calculer P(T=k).

b. Vérifier par le calcul que k1P(T=k)=1.

c. En déduire que P(T=0)=0 et que la famille ([T=k])k1 est un système complet d'événements « à un événement négligeable près ». Que vaut alors la loi de T ?

4. Combien d'essais faut-il ?

a. Calculer la probabilité un d'obtenir au moins un succès au cours des n premières épreuves.

b. On prend p=0,02. Déterminer le plus petit entier n tel que un0,99.

c. Vérifier le résultat en calculant un1 et un pour la valeur trouvée.

Exercice 34 ★★★★La ruine du joueur

Formule des probabilités totales sur un système complet dénombrableProbabilité conditionnelle et formule des probabilités composéesModélisation d'un problème concret par une variable aléatoire

C'est l'un des problèmes les plus anciens du calcul des probabilités, posé il y a plus de trois siècles et résolu par Huygens, puis par Bernoulli. Il explique pourquoi un joueur finit toujours par se ruiner face à un casino.

Un entier N2 est fixé. Un joueur entre dans un casino avec k jetons, où 0kN. À chaque partie, indépendamment des parties précédentes, il gagne un jeton avec la probabilité p]0,1[ et en perd un avec la probabilité q=1p. Il s'arrête dans deux cas seulement : s'il est ruiné, c'est-à-dire s'il n'a plus aucun jeton, ou s'il a atteint N jetons, auquel cas il quitte la table.

Pour tout k[ ⁣[0,N] ⁣], on note rk la probabilité que le joueur soit ruiné lorsqu'il commence avec k jetons.

1. Donner, sans calcul, les valeurs de r0 et de rN.

2. Soit k[ ⁣[1,N1] ⁣]. En conditionnant par le résultat de la première partie, démontrer que

rk=prk+1+qrk1

3. Le cas du jeu équitable. On suppose ici p=q=12.

a. Montrer que la suite (rk)0kN est arithmétique.

b. En déduire que rk=1kN pour tout k[ ⁣[0,N] ⁣].

4. Le cas général. On suppose ici pq et on pose x=qp.

a. Écrire l'équation caractéristique associée à la relation de la question 2., vérifier que 1 en est une racine, et en déduire que ses deux racines sont 1 et x, réelles et distinctes.

b. En déduire la forme générale de rk, puis, en utilisant les conditions aux bords de la question 1., démontrer que

rk=xkxN1xNavecx=qp

5. Application numérique. Un joueur entre dans un casino avec 20 jetons et décide de s'arrêter s'il en atteint 40, c'est-à-dire s'il double sa mise. Le jeu proposé lui donne p=0,49 de chances de gagner chaque partie.

a. Calculer r20 à 104 près.

b. Comparer avec la probabilité de ruine qu'il aurait dans un jeu équitable, et commenter.

6. On garde k fixé et on fait tendre N vers +, ce qui revient à supposer que le joueur ne s'arrête jamais volontairement. Déterminer la limite de rk dans le cas p<q, puis dans le cas p>q. Interpréter.

Exercice 35 ★★★★Un tri aléatoire qui redonne une loi de Poisson

Formule des probabilités totales sur un système complet dénombrableSystème complet d'événements associé à une variable aléatoireLoi de PoissonLoi binomiale et formule du binôme de Newton

Un site de vente en ligne reçoit chaque jour un nombre aléatoire N de visiteurs, et l'on admet que NP(λ), avec λ>0. Chaque visiteur, indépendamment des autres et indépendamment de leur nombre, effectue un achat avec la probabilité p]0,1[. On note X le nombre d'acheteurs de la journée.

La difficulté du problème est que le nombre d'épreuves est lui-même aléatoire : on ne peut pas dire d'emblée que X suit une loi binomiale, puisqu'on ignore combien il y a eu de visiteurs. Toute la méthode consiste à se placer d'abord à nombre de visiteurs connu, puis à recoller les morceaux.

1. Justifier que la famille ([N=n])nN est un système complet d'événements, et que l'on peut conditionner par chacun de ses membres.

2. Soit nN fixé. Déterminer, en justifiant, la loi de X conditionnellement à l'événement [N=n], c'est-à-dire les nombres P[N=n](X=k) pour kN.

3. Le calcul central. Soit kN fixé.

a. Écrire P(X=k) à l'aide de la formule des probabilités totales, et justifier que les termes d'indice n<k sont nuls.

b. Mener le calcul : sortir de la somme tous les facteurs qui ne dépendent pas de n, poser le changement d'indice j=nk, et reconnaître la série exponentielle.

c. Conclure : quelle est la loi de X ?

4. En déduire E(X) et V(X) sans aucun nouveau calcul, puis commenter le résultat de la question 3.

5. Application numérique. On prend λ=200 visiteurs par jour et p=0,03.

a. Combien le site enregistre-t-il d'acheteurs en moyenne par jour ?

b. Calculer la probabilité qu'il y ait au moins un acheteur dans la journée, à 104 près.

c. Calculer la probabilité qu'il y en ait exactement 6, à 104 près.

Exercice 36 ★★★Synthèse : combien d'exemplaires commander

Espérance : définition, existence, linéarité et positivitéThéorème de transfertModélisation d'un problème concret par une variable aléatoireLoi d'une variable aléatoire discrète et caractérisation par les P(X = x)

Un kiosque achète chaque matin s exemplaires d'un magazine hebdomadaire, au prix de 3 euros l'unité, et les revend 5 euros. Les exemplaires invendus en fin de journée sont repris par le distributeur au prix de 1 euro l'unité. Le kiosquier doit choisir s avant de connaître la demande.

La demande quotidienne est une variable aléatoire D à valeurs dans [ ⁣[0,5] ⁣], dont la loi a été établie sur un an d'observations :

k 0 1 2 3 4 5
P(D=k) 0,05 0,15 0,25 0,25 0,20 0,10

1. Mise en équation.

a. Vérifier que cette loi est bien une loi de probabilité, et calculer E(D).

b. Expliquer pourquoi le nombre d'exemplaires vendus dans la journée vaut min(D,s).

c. Exprimer le bénéfice Bs de la journée en fonction de min(D,s) et de s, en détaillant le raisonnement économique. Montrer que Bs=4min(D,s)2s.

2. Le cas s=3. Déterminer la loi de min(D,3), en déduire E(min(D,3)), puis E(B3).

3. Calculer E(Bs) pour chaque valeur de s de 0 à 5, présenter les résultats dans un tableau et déterminer le stock optimal.

4. Interprétation. Montrer que passer d'un stock s à un stock s+1 fait varier le bénéfice moyen de 4P(Ds+1)2, et retrouver ainsi le stock optimal. Interpréter économiquement.

5. Le distributeur supprime la reprise des invendus, qui ne valent désormais plus rien. Reprendre les questions 3. et 4. dans ce nouveau cadre, et commenter l'évolution du stock optimal.

Bloqué sur « Probabilités : variables aléatoires réelles » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.