ECG appliquées · Chapitre 08 · Second semestre

Exercices — Calcul différentiel et intégral

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Taux d'accroissement et nombre dérivé

Dérivée en un point : taux d'accroissement, tangente, approximation affine, dérivabilité à gauche et à droite

On rappelle que f est dérivable en a lorsque le taux d'accroissement

τ(h)=f(a+h)f(a)h

admet une limite finie quand h tend vers 0, et que cette limite est alors le nombre dérivé f(a).

1. Pour chacune des fonctions suivantes, écrire le taux d'accroissement en a, le simplifier pour h0, puis déterminer sa limite quand h tend vers 0.

a. f(x)=x2+3x en a=2

b. g(x)=1x en a=3

c. φ(x)=x en a=4

d. (x)=5x+7 en un réel a quelconque

2. Retrouver les quatre nombres dérivés précédents à l'aide des formules de dérivation du cours.

3. Un mobile se déplace en ligne droite. À l'instant t (en secondes), la distance parcourue depuis le départ vaut d(t)=2t2+t (en mètres).

a. Calculer la vitesse moyenne du mobile entre les instants t=3 et t=4.

b. Calculer le taux d'accroissement de d entre 3 et 3+h, puis sa limite quand h tend vers 0. Interpréter le résultat obtenu.

Exercice 2 ★★★Dérivées par les opérations : somme, produit, quotient

Opérations sur les dérivées : linéarité, produit, quotient, puissances, composée

1. Dériver les fonctions suivantes en précisant à chaque fois l'ensemble sur lequel la fonction considérée est dérivable, et simplifier le résultat lorsque c'est possible.

a. f1(x)=4x35x2+2x7

b. f2(x)=x2ex

c. f3(x)=(2x1)lnx

d. f4(x)=3x1x+2

e. f5(x)=x2x2+1

f. f6(x)=1x2+3

g. f7(x)=xx

h. f8(x)=exx

i. f9(x)=lnxx

2. Justifier que f4 est strictement croissante sur ]2,+[. Peut-on en déduire que f4 est croissante sur son ensemble de définition tout entier ?

Exercice 3 ★★★★Dérivées de fonctions composées

Opérations sur les dérivées : linéarité, produit, quotient, puissances, composée

1. Dériver les fonctions suivantes sur l'ensemble indiqué, en précisant à chaque fois la fonction u utilisée et la formule appliquée.

a. f1(x)=e3x1 sur R

b. f2(x)=ln(x2+1) sur R

c. f3(x)=(2x+5)4 sur R

d. f4(x)=x2+3 sur R

e. f5(x)=ex2 sur R

f. f6(x)=1(3x2)2 sur ]23,+[

g. f7(x)=ln ⁣(xx+1) sur ]0,+[

h. f8(x)=(1+ex)3 sur R

2. Soit r la fonction définie par r(x)=2x6.

a. Déterminer l'ensemble de définition de r.

b. Déterminer l'ensemble sur lequel r est dérivable et calculer r(x) sur cet ensemble.

c. En étudiant le taux d'accroissement de r en 3, expliquer pourquoi les deux ensembles précédents ne coïncident pas.

Exercice 4 ★★★Équation de la tangente en un point

Dérivée en un point : taux d'accroissement, tangente, approximation affine, dérivabilité à gauche et à droite

On rappelle que si f est dérivable en a, la tangente à la courbe de f au point d'abscisse a a pour équation

y=f(a)(xa)+f(a)

On considère les trois fonctions définies par

f(x)=x24x+1  sur R,g(x)=lnx  sur ]0,+[,h(x)=ex  sur R

1. Déterminer une équation de la tangente à la courbe de f au point d'abscisse a=3, à celle de g au point d'abscisse a=1, et à celle de h au point d'abscisse a=0.

2. Déterminer le point de la courbe de f en lequel la tangente est horizontale, et donner l'équation de cette tangente.

3. Déterminer le point de la courbe de f en lequel la tangente a pour coefficient directeur 6, puis donner l'équation de cette tangente.

4. En utilisant la tangente obtenue à la question 1 pour la fonction h, donner une valeur approchée de e0,01. Comparer à la valeur e0,011,01005 donnée par la calculatrice.

Exercice 5 ★★★★Signe de la dérivée et tableau de variations

Signe de la dérivée, sens de variation, extremum local

Pour chacune des trois fonctions ci-dessous : calculer la dérivée et la factoriser, étudier son signe, dresser le tableau de variations, puis préciser les extremums en indiquant s'ils sont locaux ou globaux.

1. f(x)=x33x2+2 sur R.

2. g(x)=(x1)ex sur R.

3. h(x)=x2lnx sur ]0,+[.

4. Déduire de la question 3 que pour tout réel x>0, on a 2lnx<x.

Exercice 6 ★★★★Dérivées successives et classe C2

Dérivées successives, fonctions de classe C1, C2 et C infini

1. Calculer les dérivées première, seconde et troisième de chacune des fonctions suivantes.

a. f(x)=x42x3+x sur R

b. g(x)=e2x sur R

c. k(x)=xlnx sur ]0,+[

2. Pour la fonction g, conjecturer une expression de la dérivée n-ième g(n)(x) en fonction de l'entier n, et la vérifier sur les trois premières dérivées.

3. Justifier que f, g et k sont de classe C sur l'intervalle indiqué. Que signifie en particulier, pour la fonction k, l'affirmation « k est de classe C2 sur ]0,+[ » ?

4. On s'intéresse à la relation y3y+2y=0.

a. Vérifier que les fonctions y1:xex et y2:xe2x la vérifient sur R.

b. Soient λ et μ deux réels et φ:xλex+μe2x. Montrer que φ vérifie encore cette relation.

c. La fonction ψ:xe3x la vérifie-t-elle ?

Exercice 7 ★★★★Convexité et concavité par le signe de la dérivée seconde

Fonctions convexes et concaves, inégalité de convexité, caractérisation par la dérivée seconde

On rappelle qu'une fonction de classe C2 sur un intervalle I y est convexe lorsque f0 sur I, et concave lorsque f0 sur I. Un point d'inflexion est un point de la courbe en lequel f change de signe.

Pour chacune des trois fonctions suivantes : calculer la dérivée seconde, étudier son signe dans un tableau, préciser les intervalles de convexité et de concavité, puis donner les coordonnées des éventuels points d'inflexion.

1. f(x)=x36x2+5 sur R.

2. g(x)=exx2 sur R.

3. h(x)=lnx sur ]0,+[.

4. Un étudiant affirme : « une fonction convexe est une fonction croissante ». Montrer que c'est faux en donnant un exemple de fonction convexe qui n'est pas croissante, puis un exemple de fonction croissante qui n'est pas convexe.

Exercice 8 ★★★Primitives à vue des fonctions usuelles

Primitives d'une fonction continue, primitives à vue, modèle u' fois u puissance alpha

1. Déterminer toutes les primitives des fonctions suivantes sur l'intervalle indiqué. On n'oubliera pas la constante d'intégration.

a. f1(x)=3x24x+5 sur R

b. f2(x)=1x sur ]0,+[

c. f3(x)=e2x+1 sur R

d. f4(x)=1x2 sur ]0,+[

e. f5(x)=1x sur ]0,+[

f. f6(x)=2x(x2+1)3 sur R

g. f7(x)=2xx2+1 sur R

h. f8(x)=exex+1 sur R

i. f9(x)=lnxx sur ]0,+[

j. f10(x)=12x+3 sur ]3,+[

2. a. Déterminer la primitive F de f1 sur R qui vérifie F(1)=0.

b. Déterminer la primitive G de f6 sur R qui vérifie G(0)=0.

Exercice 9 ★★★Intégrales élémentaires et relation de Chasles

Intégrale sur un segment, aire sous la courbe, relation de Chasles

1. Calculer les intégrales suivantes. On justifiera à chaque fois que la fonction intégrée est continue sur le segment considéré, puis on détaillera le calcul du crochet.

a. I1=02(3t22t+1)dt

b. I2=01e2tdt

c. I3=1e1tdt

d. I4=131t2dt

e. I5=04tdt

2. Soit f la fonction définie sur [0,3] par f(t)=t2 si t[0,1] et f(t)=2t1 si t]1,3].

a. Montrer que f est continue sur [0,3].

b. Calculer 03f(t)dt à l'aide de la relation de Chasles.

3. Soit g une fonction continue sur [0,7] telle que

02g(t)dt=5et27g(t)dt=3

Calculer 07g(t)dt, puis 72g(t)dt.

4. Soit p la fonction définie sur [0,2] par p(x)=4x2. Montrer que p est positive sur [0,2], puis calculer, en unités d'aire, l'aire du domaine compris entre la courbe de p, l'axe des abscisses et les droites d'équations x=0 et x=2.

Exercice 10 ★★★Équation différentielle du premier ordre à second membre constant

Équations différentielles linéaires du premier ordre à coefficients constants

On rappelle le résultat du cours, admis. Soient a et b deux réels. On résout l'équation différentielle y+ay=b en deux temps : on résout d'abord l'équation homogène associée y+ay=0, dont les solutions sur R sont les fonctions tλeatλ décrit R ; on ajoute ensuite une solution particulière de l'équation complète. Lorsque le second membre est constant et que a0, cette solution particulière se cherche parmi les fonctions constantes : la constante ba convient. Si a=0, l'équation se réduit à y=b et se résout directement par primitivation.

Partie A

On considère l'équation (E1) : y+2y=6, d'inconnue une fonction y dérivable sur R.

1. Résoudre sur R l'équation homogène associée (H1) : y+2y=0.

2. Déterminer une solution particulière constante de (E1), puis en déduire l'ensemble des solutions de (E1) sur R.

3. Déterminer l'unique solution f de (E1) vérifiant f(0)=1, puis vérifier par le calcul que la fonction obtenue est bien solution de (E1).

4. Déterminer limt+f(t) et interpréter graphiquement le résultat.

Partie B

On considère l'équation (E2) : y3y=12.

5. Résoudre (E2) sur R, puis déterminer la solution g vérifiant g(0)=1.

6. Étudier la limite en + des solutions de (E2) suivant la valeur de la constante, et comparer avec la situation de la partie A.

Exercice 11 ★★★★Premier ordre avec second membre exponentiel ou polynomial

Équations différentielles linéaires du premier ordre à coefficients constants

On rappelle que les solutions sur R de l'équation homogène y+ay=0 sont les fonctions tλeat, λR, et que les solutions de y+ay=b(t) s'obtiennent en ajoutant à celles-ci une solution particulière de l'équation complète. Dans tout l'exercice, la forme de la solution particulière à chercher est indiquée par l'énoncé.

On utilisera aussi le principe de superposition, admis : si y1 est solution de y+ay=b1(t) et y2 solution de y+ay=b2(t), alors y1+y2 est solution de y+ay=b1(t)+b2(t).

Partie A

On considère l'équation (E1) : y+y=e2t.

1. Résoudre l'équation homogène associée (H1) : y+y=0.

2. On cherche une solution particulière de (E1) de la forme tαe2t, où α est un réel à déterminer. Déterminer α, puis en déduire l'ensemble des solutions de (E1) sur R.

3. Déterminer la solution f de (E1) vérifiant f(0)=0, et vérifier le résultat obtenu.

Partie B

On considère l'équation (E2) : y2y=4t+1.

4. On cherche une solution particulière de (E2) de la forme tαt+β, où α et β sont deux réels à déterminer. Déterminer α et β, puis résoudre (E2) sur R.

5. On considère l'équation (E3) : y2y=3et. Déterminer une solution particulière de (E3) de la forme tγet, où γ est un réel à déterminer.

6. En déduire, à l'aide du principe de superposition, l'ensemble des solutions sur R de l'équation (E4) : y2y=4t+1+3et.

Exercice 12 ★★★★Second ordre à coefficients constants : racines distinctes ou racine double

Équations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constants, racines réelles

On rappelle le résultat du cours, admis. Soient a et b deux réels. Pour résoudre sur R l'équation homogène y+ay+by=0, on écrit son équation caractéristique r2+ar+b=0, d'inconnue réelle r.

  • Si elle admet deux racines réelles distinctes r1 et r2, les solutions sont les fonctions tλer1t+μer2t, avec (λ,μ)R2.
  • Si elle admet une racine double r0, les solutions sont les fonctions t(λ+μt)er0t, avec (λ,μ)R2.

Conformément au programme, on se restreint aux équations caractéristiques dont les racines sont réelles : le cas d'un discriminant strictement négatif ferait intervenir les nombres complexes et ne sera pas rencontré. Comme au premier ordre, les solutions d'une équation à second membre s'obtiennent en ajoutant une solution particulière aux solutions de l'équation homogène.

1. Résoudre sur R l'équation (E1) : y5y+6y=0.

2. Déterminer la solution f de (E1) vérifiant f(0)=1 et f(0)=0.

3. Résoudre sur R l'équation (E2) : y+4y+4y=0.

4. Déterminer la solution g de (E2) vérifiant g(0)=2 et g(0)=1.

5. Résoudre sur R l'équation (E3) : yy2y=4, en cherchant une solution particulière constante.

6. Déterminer, suivant les valeurs de λ et μ, la limite en + des solutions de (E1), puis celle des solutions de (E2).

Exercice 13 ★★★★Primitives des modèles u prime fois u puissance alpha

Primitives d'une fonction continue, primitives à vue, modèle u' fois u puissance alpha

On rappelle les deux modèles du cours. Soit u une fonction de classe C1 sur un intervalle I.

  • Si α1, une primitive de uuα sur I est uα+1α+1. Lorsque α est un entier positif, aucune condition sur u n'est nécessaire ; lorsque α est un entier négatif, il faut que u ne s'annule pas sur I ; et lorsque α n'est pas entier, la puissance uα=eαlnu n'a de sens que si u>0 sur I.
  • Si α=1, c'est-à-dire pour uu, et si u ne s'annule pas sur I, une primitive est lnu.

Pour chacune des expressions suivantes, préciser un intervalle I sur lequel la fonction est continue, identifier la fonction u et l'exposant α, puis donner une primitive sur I.

1. Traiter les quatre premières expressions.

a. 3x2x3+1

b. x(x2+4)5

c. ex(1+ex)2

d. lnxx

2. Traiter les quatre suivantes.

e. 1xlnx sur ]1,+[

f. 2x+1x2+x+1

g. 6x(3x2+2)4

h. 1(2x+5)3

3. En utilisant les primitives obtenues, calculer les deux intégrales

A=02x(x2+4)5dxetB=01ex(1+ex)2dx

4. Expliquer pourquoi le cas α=1 doit être traité à part, et pourquoi le choix de l'intervalle est indispensable dans les questions a. et e.

Exercice 14 ★★★★Intégration par parties : premiers calculs

Intégration par parties et changement de variable

On rappelle la formule d'intégration par parties, admise. Si u et v sont deux fonctions de classe C1 sur un segment [a,b], alors

abu(t)v(t)dt=[u(t)v(t)]ababu(t)v(t)dt

Utiliser cette formule pour calculer les intégrales suivantes. À chaque fois, on précisera le choix de u et de v, et on vérifiera que ces deux fonctions sont de classe C1 sur le segment d'intégration.

1. Calculer I=1elntdt, en écrivant lnt=1×lnt.

2. Expliquer pourquoi, dans la question 1, on choisit u(t)=lnt et v(t)=1, et non le choix inverse.

3. Calculer J=01tetdt.

4. Calculer K=12tlntdt.

5. Calculer L=01(2t+1)etdt, puis contrôler le résultat en cherchant directement une primitive de t(2t+1)et de la forme t(at+b)et.

Exercice 15 ★★★★Changement de variable affine, et un changement indiqué par l'énoncé

Intégration par parties et changement de variable

On rappelle le théorème de changement de variable, admis. Soit φ une fonction de classe C1 et strictement monotone sur un segment [a,b], et soit f une fonction continue sur l'intervalle image. Alors

abf(φ(t))φ(t)dt=φ(a)φ(b)f(u)du

En pratique, on pose u=φ(t), on écrit du=φ(t)dt, et on change les bornes : la borne t=a devient u=φ(a), la borne t=b devient u=φ(b). Dans le programme, les changements de variable non affines sont toujours indiqués par l'énoncé, ce qui est le cas à la question 5.

Calculer les intégrales suivantes à l'aide du changement de variable proposé. À chaque fois, on justifiera que le changement est de classe C1 et strictement monotone, et on précisera les nouvelles bornes.

1. I1=01(2t+1)4dt, en posant u=2t+1.

2. I2=02(3t)3dt, en posant u=3t.

3. I3=04et/2dt, en posant u=t2.

4. I4=0113t+1dt, en posant u=3t+1.

5. I5=01etet+1dt, en posant u=et.

6. Retrouver la valeur de I5 sans changement de variable, en reconnaissant une primitive à vue, et comparer les deux résultats.

Exercice 16 ★★★★Points d'inflexion et position de la courbe par rapport à sa tangente

Points d'inflexion et position de la courbe par rapport à ses tangentes

On rappelle les résultats du cours. Soit h une fonction deux fois dérivable sur un intervalle I.

  • Si h0 sur I, alors h est convexe sur I et sa courbe est située au-dessus de chacune de ses tangentes. Si h0 sur I, alors h est concave et sa courbe est en dessous de ses tangentes.
  • Un point d'inflexion est un point de la courbe en lequel h s'annule en changeant de signe : la courbe y change de convexité et traverse sa tangente.
  • La tangente à la courbe de h au point d'abscisse x0 a pour équation y=h(x0)+h(x0)(xx0).

Partie A

On considère la fonction f définie sur R par f(x)=x33x2+2x.

1. Calculer f(x) et f(x), étudier le signe de f, et en déduire les intervalles de convexité de f ainsi que les coordonnées de son point d'inflexion I.

2. Déterminer une équation de la tangente T à la courbe de f au point I.

3. Étudier le signe de f(x)(x+1) sur R, puis en déduire la position de la courbe de f par rapport à T. Conclure.

Partie B

On considère la fonction g définie sur R par g(x)=(x+2)ex.

4. Calculer g(x) puis g(x), et vérifier que g(x)=xex.

5. Dresser le tableau de signe de g, en déduire les intervalles de convexité de g et les coordonnées de ses éventuels points d'inflexion.

Exercice 17 ★★★★Extremum local et changement de signe de la dérivée

Signe de la dérivée, sens de variation, extremum local

On rappelle le résultat du cours. Soit h une fonction dérivable sur un intervalle I et soit x0 un point intérieur à I, c'est-à-dire qui n'est pas une borne de I.

  • Si h s'annule en x0 en changeant de signe, alors h admet un extremum local en x0 : un maximum si h passe du signe + au signe , un minimum si h passe du signe au signe +.
  • L'implication « h(x0)=0 donc extremum en x0 » est fausse : l'annulation seule ne suffit pas, c'est le changement de signe qui compte. C'est sa réciproque qui est vraie, en un point intérieur à l'intervalle : un extremum local y impose h(x0)=0.
  • Sur un segment, un extremum peut aussi être atteint en une borne de l'intervalle, sans que la dérivée y soit nulle.

1. Soit f définie sur R par f(x)=2x39x2+12x3. Calculer f(x), l'écrire sous forme factorisée, dresser le tableau de variations de f et préciser ses extremums locaux en indiquant leur nature.

2. Ces extremums locaux sont-ils globaux ? Justifier.

3. Soit u définie sur R par u(x)=x3. Montrer que u s'annule en 0, et que pourtant u n'admet pas d'extremum local en 0.

4. Soit v définie sur R par v(x)=(x1)3+2. Reprendre la question précédente en x0=1, et interpréter géométriquement la tangente en ce point.

5. Soit k définie sur le segment [0,3] par k(x)=x22x. Dresser le tableau de variations de k, puis déterminer son minimum et son maximum sur [0,3]. Que constate-t-on pour le maximum ?

Exercice 18 ★★★★Approximation affine et taux d'accroissement usuels

Dérivée en un point : taux d'accroissement, tangente, approximation affine, dérivabilité à gauche et à droite

On rappelle les résultats du cours. Si f est dérivable en x0, alors il existe une fonction ε telle que

f(x0+h)=f(x0)+hf(x0)+hε(h),aveclimh0ε(h)=0

Pour h proche de 0, on en déduit l'approximation affine f(x0+h)f(x0)+hf(x0), dont l'erreur commise vaut exactement hε(h). On rappelle également les trois taux d'accroissement usuels en 0 :

limh0eh1h=1,limh0ln(1+h)h=1,limh0(1+h)α1h=α

1. Écrire l'approximation affine de f:xx en x0=4, puis en déduire une valeur approchée de 4,08. Comparer à la valeur 2,019901 donnée par la calculatrice et évaluer l'erreur commise.

2. Faire de même pour xex en x0=0 afin d'approcher e0,02, puis pour xln(1+x) en x0=0 afin d'approcher ln(1,03). La calculatrice donne e0,021,020201 et ln(1,03)0,029559. Commenter la taille des erreurs.

3. Calculer les trois limites suivantes en reconnaissant à chaque fois un taux d'accroissement, dont on précisera la fonction et le point.

a. limh0e3h1h

b. limh0ln(1+2h)h

c. limh0(1+h)51h

4. Le coût total de production, en euros, de q unités d'un bien est modélisé par C(q)=0,5q2+20q+300, pour q[0,300]. L'atelier produit actuellement 100 unités. Calculer C(100) et C(100), puis donner, à l'aide de l'approximation affine, une valeur approchée du coût correspondant à une hausse de la production de 1%.

5. Calculer la valeur exacte de C(101), puis l'écart avec la valeur approchée de la question 4 et l'erreur relative correspondante. Commenter.

Exercice 19 ★★★Dérivabilité à gauche et à droite d'une fonction par morceaux

Dérivée en un point : taux d'accroissement, tangente, approximation affine, dérivabilité à gauche et à droite

Une fonction définie par morceaux est donnée par deux formules différentes de part et d'autre d'un point, appelé point de raccord. Partout ailleurs, l'étude est habituelle : toute la difficulté se concentre en ce point, et elle se traite avec la définition du nombre dérivé, c'est-à-dire avec le taux d'accroissement.

1. Soit f la fonction définie sur R par f(x)=x2 si x1 et f(x)=2x1 si x>1.

a. Démontrer que f est continue en 1.

b. Calculer limh0f(1+h)f(1)h, puis limh0+f(1+h)f(1)h.

c. La fonction f est-elle dérivable en 1 ? Si oui, donner f(1) et une équation de la tangente à Cf au point d'abscisse 1.

2. Soit g la fonction définie sur R par g(x)=x2.

a. Écrire g(x) sans valeur absolue, puis justifier que g est continue en 2.

b. Calculer les limites à gauche et à droite en 0 du taux d'accroissement g(2+h)g(2)h. La fonction g est-elle dérivable en 2 ?

c. Interpréter graphiquement le résultat obtenu.

3. Soient a et b deux réels. On considère la fonction p définie sur ]1,+[ par p(x)=x2+ax+b si x2 et p(x)=3ln(x1)+5 si x>2. Déterminer a et b pour que p soit à la fois continue et dérivable en 2.

4. Le cours affirme que toute fonction dérivable en un point y est continue. La réciproque est-elle vraie ? Justifier à l'aide de l'une des fonctions précédentes.

Exercice 20 ★★★Linéarité, positivité et croissance de l'intégrale

Linéarité, positivité, croissance, majoration et minoration d'une intégraleIntégrale sur un segment, aire sous la courbe, relation de Chasles

Cet exercice n'utilise presque aucun calcul de primitive : tout repose sur les propriétés de l'intégrale, à savoir la linéarité, la relation de Chasles, la positivité et la croissance.

1. Soient f et g deux fonctions continues sur [0,5] vérifiant

Donnée 1. 02f(x)dx=3

Donnée 2. 25f(x)dx=1

Donnée 3. 05g(x)dx=4

Calculer, en justifiant la propriété utilisée, chacune des intégrales suivantes lorsque c'est possible.

a. 05f(x)dx

b. 50f(x)dx

c. 05(2f(x)3g(x))dx

d. 25(f(x)+1)dx

e. 02g(x)dx

2. Comparer 01x3dx et 01x2dx sans les calculer, puis vérifier le résultat par le calcul.

3. On pose I=01ex2dx.

a. Démontrer que pour tout x[0,1], exex21.

b. En déduire un encadrement de I, puis une valeur approchée de chaque borne à 103 près.

4. On rappelle le résultat du cours : si φ est continue et positive sur [a,b] avec a<b, et si abφ(x)dx=0, alors φ est nulle sur [a,b]. Soit u une fonction continue sur [1,3] telle que u(x)2 pour tout x[1,3] et 13u(x)dx=4. Démontrer que u est la fonction constante égale à 2.

5. On pose J=01(x2x)exdx. Sans calculer J, démontrer que J<0, l'inégalité étant stricte.

Exercice 21 ★★★★Lecture graphique : de la courbe de la dérivée aux variations et à la convexité

Étude graphique complète d'une fonction : variations, convexité, allure du grapheSigne de la dérivée, sens de variation, extremum localFonctions convexes et concaves, inégalité de convexité, caractérisation par la dérivée seconde

Soit f une fonction définie et deux fois dérivable sur l'intervalle [2,5;3,5]. La courbe ci-dessous n'est pas celle de f : c'est celle de sa fonction dérivée f.

Courbe de la fonction dérivée f prime sur l'intervalle allant de -2,5 à 3,5

Aucune expression de f ni de f n'est donnée : toutes les réponses des questions 1. à 5. se lisent sur ce graphique.

1. Donner, par lecture graphique, le signe de f(x) suivant les valeurs de x. En déduire le sens de variation de f et dresser son tableau de variations sur [2,5;3,5].

2. Préciser les abscisses des extremums locaux de f situés à l'intérieur de l'intervalle, ainsi que la nature de chacun.

3. Donner le sens de variation de f. En déduire le signe de f, puis les intervalles sur lesquels Cf est convexe et ceux sur lesquels elle est concave.

4. En déduire l'abscisse du point d'inflexion de Cf.

5. Donner le signe, puis la valeur, du coefficient directeur de la tangente à Cf au point d'abscisse 0. Même question au point d'abscisse 3.

6. On admet à présent que f(x)=x2x2.

a. Retrouver par le calcul les réponses des questions 1. à 4.

b. Déterminer l'expression de f sachant que f(0)=1, puis calculer les deux extremums locaux de f.

Exercice 22 ★★★Coût marginal et coût moyen d'un atelier

Signe de la dérivée, sens de variation, extremum localFonctions convexes et concaves, inégalité de convexité, caractérisation par la dérivée seconde

Un atelier fabrique q centaines de pièces par jour, avec q]0,8]. Son coût total de production, exprimé en milliers d'euros, est

C(q)=q36q2+15q+32

Le coût marginal est la fonction dérivée C : l'approximation affine C(q+h)C(q)+hC(q) montre que C(q) mesure le coût d'une petite production supplémentaire au niveau q. Le coût moyen est la fonction CM définie sur ]0,8] par CM(q)=C(q)q.

1. Calculer C(q), vérifier que C(q)=3[(q2)2+1], et en déduire que le coût total est strictement croissant. Commenter ce résultat.

2. Étudier les variations du coût marginal sur ]0,8]. Pour quelle production le coût marginal est-il minimal, et que vaut-il alors ?

3. Calculer C(q), étudier la convexité de C et déterminer le point d'inflexion de sa courbe. Interpréter économiquement ce changement de régime.

4. a. Développer l'expression de CM(q). b. Démontrer que CM(q)=2(q4)(q2+q+4)q2. c. En déduire la production qui minimise le coût moyen, et la valeur de ce minimum.

5. a. Vérifier sur cet exemple qu'au minimum du coût moyen, coût marginal et coût moyen sont égaux. b. Démontrer que ce n'est pas un hasard : si CM atteint un minimum en un point q0 intérieur à l'intervalle, alors C(q0)=CM(q0).

Exercice 23 ★★★★Étude complète d'une fonction avec un logarithme

Étude graphique complète d'une fonction : variations, convexité, allure du grapheSigne de la dérivée, sens de variation, extremum localPoints d'inflexion et position de la courbe par rapport à ses tangentes

On considère la fonction f définie par

f(x)=x22lnx

et l'on note Cf sa courbe représentative dans un repère orthonormé.

1. a. Déterminer l'ensemble de définition Df de f et justifier que f y est de classe C2. b. Déterminer limx0+f(x) et interpréter graphiquement. c. Déterminer limx+f(x).

2. Calculer f(x), étudier son signe, dresser le tableau de variations de f et préciser son minimum.

3. Calculer f(x). Que peut-on en déduire sur la convexité de Cf ? La courbe admet-elle un point d'inflexion ?

4. a. Déterminer une équation de la tangente T à Cf au point d'abscisse 1. b. Préciser la position de Cf par rapport à T et en déduire que 2lnxx21 pour tout x>0. c. Décrire en quelques mots l'allure de Cf.

5. Soit m un réel. Discuter, selon la valeur de m, le nombre de solutions de l'équation f(x)=m.

Exercice 24 ★★★★Inégalité des accroissements finis : majorer un écart

Inégalité des accroissements finis et suites récurrentes u(n+1) = f(u(n))

On rappelle l'inégalité des accroissements finis, admise dans le cours : si f est dérivable sur un intervalle I et s'il existe un réel k0 tel que f(x)k pour tout xI, alors

f(b)f(a)kbapour tous a,b de I

Toute application se rédige en trois temps : identifier l'intervalle I, majorer f sur I, appliquer l'inégalité.

1. Soit f la fonction racine carrée.

a. Justifier que pour tout x1, f(x)12.

b. En déduire que pour tous réels a et b supérieurs ou égaux à 1, ba12ba.

2. a. Majorer f(x) sur l'intervalle [100,102]. b. En déduire un encadrement de 102100, puis un encadrement de 102. c. Comparer avec la majoration qu'aurait donnée la question 1. b. et commenter.

3. Soit g la fonction définie par g(x)=ln(1+x).

a. Justifier que g(x)1 pour tout x[0,3], puis que ln(1+x)ln(1+y)xy pour tous x,y de [0,3].

b. En choisissant y=0, en déduire que ln(1+x)x pour tout x[0,3].

c. Majorer cette fois g sur [2,3], en déduire une majoration de ln4ln3, et comparer à la valeur exacte.

4. Le chiffre d'affaires annuel d'un site marchand, en milliers d'euros, dépend du budget publicitaire x, lui aussi en milliers d'euros, selon R(x)=60x+1, pour x[3,10]. Le budget prévu est de 3000 €, mais il pourra être dépassé de 200 € au plus. Majorer l'écart entre le chiffre d'affaires effectif et celui prévu pour un budget de 3000 €.

Exercice 25 ★★★Suite récurrente et convergence par l'inégalité des accroissements finis

Inégalité des accroissements finis et suites récurrentes u(n+1) = f(u(n))

On considère la fonction f définie sur [2,+[ par f(x)=x+2, l'intervalle I=[1,3], et la suite (un) définie par

u0=1etun+1=f(un)  pour tout entier naturel n

1. Étudier les variations de f sur I, puis démontrer que f(I)I. On dit alors que I est stable par f.

2. Démontrer par récurrence que pour tout entier naturel n, le terme un est bien défini et appartient à I.

3. Résoudre l'équation f(x)=x sur I. On note son unique solution.

4. Démontrer que pour tout xI, f(x)13.

5. a. En déduire que pour tout entier naturel n, un+113un. b. Démontrer par récurrence que un(13)n pour tout n. c. En déduire que (un) converge et préciser sa limite.

6. Déterminer un entier N tel que un103 pour tout nN. Comparer avec les premières valeurs de la suite.

Exercice 26 ★★★★Inégalités classiques obtenues par convexité

Fonctions convexes et concaves, inégalité de convexité, caractérisation par la dérivée seconde

Les résultats de convexité utilisés ici sont admis dans le cours : pour une fonction de classe C2 sur un intervalle, f0 équivaut à la convexité, la courbe d'une fonction convexe est au-dessus de chacune de ses tangentes, et celle d'une fonction concave est en dessous. L'exercice ne demande donc jamais de démontrer ces théorèmes, mais de les appliquer pour obtenir des inégalités.

1. Soit f la fonction exponentielle.

a. Justifier que f est convexe sur R.

b. Déterminer une équation de la tangente T0 à Cf au point d'abscisse 0.

c. En déduire que ex1+x pour tout réel x. Pour quelle valeur de x y a-t-il égalité ?

2. Soit g la fonction définie sur ]1,+[ par g(x)=ln(1+x).

a. Calculer g(x) et en déduire que g est concave sur ]1,+[.

b. Déterminer une équation de la tangente à Cg au point d'abscisse 0, puis en déduire que ln(1+x)x pour tout x>1.

3. Soit h une fonction convexe sur un intervalle I, et a,b deux éléments de I.

a. En appliquant la définition de la convexité avec t1=t2=12, comparer h ⁣(a+b2) et h(a)+h(b)2. Interpréter graphiquement.

b. Appliquer ce résultat à h(x)=x2, puis retrouver l'inégalité obtenue par un calcul direct.

c. Appliquer ce résultat à h(x)=ex avec a=0 et b=ln4, et donner les deux valeurs numériques exactes obtenues.

4. Un capital est placé au taux annuel t>0 pendant n années, avec intérêts composés : il est alors multiplié par (1+t)n.

a. À l'aide de la question 1., démontrer que (1+t)nent.

b. Application numérique pour t=0,03 et n=10 : donner les deux membres à 104 près et interpréter.

Exercice 27 ★★★Dérivée n-ième et formule générale par récurrence

Dérivées successives, fonctions de classe C1, C2 et C infini

On étudie les dérivées successives de trois fonctions usuelles. Dans chaque cas, la méthode est la même : calculer les premières dérivées, conjecturer une formule générale, puis la démontrer par récurrence. On rappelle la convention f(0)=f.

Fonction 1. f(x)=e3x sur R

Fonction 2. g(x)=11+x sur ]1,+[

Fonction 3. h(x)=xex sur R

1. a. Calculer f(x), f(x) et f(x). b. Conjecturer une expression de f(n)(x) pour tout entier naturel n. c. Démontrer cette formule par récurrence.

2. a. Calculer g(x), g(x) et g(x). b. Conjecturer une expression de g(n)(x) faisant intervenir (1)n et n!. c. Démontrer cette formule par récurrence. d. En déduire g(4)(0).

3. a. Calculer h(x), h(x) et h(x). b. Vérifier que la formule h(n)(x)=(x+n)ex est cohérente avec ces calculs, puis la démontrer par récurrence.

4. Justifier que ces trois fonctions sont de classe C sur l'intervalle considéré.

5. Soit p la fonction définie sur R par p(x)=xex+e3x. Donner, sans nouveau calcul, l'expression de p(n)(x), puis la valeur de p(2)(0).

Exercice 28 ★★★Double intégration par parties et changement de variable indiqué

Intégration par parties et changement de variable

1. Calculer A=01t2etdt à l'aide de deux intégrations par parties successives.

2. Calculer B=1e(lnt)2dt par la même méthode. Comparer avec A.

3. On souhaite calculer C=14ettdt en posant u=t, c'est-à-dire t=u2.

a. Justifier que ce changement de variable est licite : la fonction uu2 est de classe C1 et strictement monotone sur l'intervalle utilisé. Préciser les nouvelles bornes.

b. Effectuer le changement de variable et donner la valeur exacte de C.

c. Retrouver le résultat en devinant une primitive de tett sur [1,4].

4. On pose D=01t1+t2dt et E=01tetdt. Pour chacune de ces deux intégrales, dire laquelle des trois techniques (primitive à vue, intégration par parties, changement de variable) est la plus économique et pourquoi, puis calculer.

Exercice 29 ★★★Fonction définie par une intégrale

Suites et fonctions définies par une intégraleIntégrale sur un segment, aire sous la courbe, relation de Chasles

Pour tout réel x0, on pose

F(x)=0xtetdt

1. Justifier que F(x) est bien définie pour tout x0, et calculer F(0).

2. Calculer F(x) explicitement à l'aide d'une intégration par parties.

3. En déduire F(x), et vérifier que F est bien la primitive de ttet qui s'annule en 0.

4. Retrouver le sens de variation de F sans utiliser l'expression explicite : on raisonnera sur le signe de l'intégrande et sur la relation de Chasles.

5. Déterminer limx+F(x) à partir de l'expression obtenue à la question 2. Interpréter ce résultat en termes d'aire.

6. Étudier la convexité de F sur [0,+[ et préciser son point d'inflexion.

7. On pose maintenant, pour tout x0, G(x)=xx+1etdt.

a. Exprimer G(x) à l'aide d'une primitive de tet, et simplifier le résultat.

b. En déduire le sens de variation de G et sa limite en +.

Exercice 30 ★★★Encadrement et majoration d'intégrales

Linéarité, positivité, croissance, majoration et minoration d'une intégrale

Aucune des intégrales de cet exercice ne se calcule explicitement : il s'agit uniquement de les encadrer en encadrant les intégrandes.

1. On pose I=01dt1+t3.

a. Encadrer 1+t3 pour t[0,1], et en déduire un premier encadrement de I.

b. Montrer que, pour tout t[0,1], 11+t11+t31t32. En déduire l'encadrement ln2I78.

2. On pose J=12et2dt. Encadrer t2 pour t[1,2] par deux fonctions affines de t, puis en déduire un encadrement de J par des intégrales que l'on sait calculer. Donner les valeurs numériques à 103 près.

3. Pour tout nN, on pose Kn=01tnetdt.

a. À l'aide de l'inégalité abfabf (valable pour ab), montrer que Kn1n+1.

b. En déduire limn+Kn, en nommant le théorème utilisé.

4. Comparer P=12lntdt et Q=12(t1)dt par intégration d'une inégalité, en rédigeant complètement l'argument. Calculer ensuite les deux intégrales pour vérifier.

Exercice 31 ★★★★Modèle d'évolution : trajectoires et équilibre

Équations différentielles linéaires du premier ordre à coefficients constantsTrajectoires, conditions initiales, équilibres et comportement en plus l'infini

Un entrepôt reçoit chaque mois 200 palettes, et il en expédie une proportion fixe de son stock : 40% du stock présent par mois. On note y(t) le stock, en palettes, à l'instant t exprimé en mois. Le modèle en temps continu s'écrit

y(t)=0,4y(t)+200

et l'on suppose y dérivable sur [0,+[.

1. Déterminer l'unique équilibre du modèle, c'est-à-dire l'unique trajectoire constante, en écrivant y=0. Interpréter.

2. Résoudre l'équation différentielle sur [0,+[ : on résoudra d'abord l'équation homogène associée, puis on utilisera la solution particulière constante trouvée à la question 1.

3. L'entrepôt contient 200 palettes à l'instant t=0. Déterminer la trajectoire correspondante, et vérifier qu'elle est bien solution en la réinjectant dans l'équation.

4. Montrer que toute trajectoire converge vers l'équilibre quand t+. Pour un modèle général y=ay+b avec a>0, expliquer pourquoi la convergence est d'autant plus rapide que a est grand.

5. Justifier que deux trajectoires distinctes ne se coupent jamais.

6. Pour la trajectoire de la question 3., au bout de combien de temps l'écart à l'équilibre est-il divisé par deux ? Donner la valeur exacte puis une valeur approchée.

7. Les livraisons augmentent désormais régulièrement : l'équation devient y(t)=0,4y(t)+200+40t. Chercher une solution particulière de la forme tαt+β, en déduire toutes les solutions, puis celle qui vérifie y(0)=200. Le modèle admet-il encore un équilibre ?

Exercice 32 ★★★Suite définie par une intégrale : monotonie, encadrement et limite

Suites et fonctions définies par une intégraleLinéarité, positivité, croissance, majoration et minoration d'une intégrale

Pour tout entier naturel n, on pose

In=01tnetdt

1. Justifier que In est bien définie pour tout nN, puis calculer I0 et I1.

2. Démontrer que la suite (In) est décroissante, en comparant les intégrandes sur [0,1].

3. Démontrer que In0 pour tout n. En déduire que la suite (In) converge, en nommant précisément le théorème utilisé.

4. Établir l'encadrement 0Inen+1, et en déduire limn+In.

5. À l'aide d'une intégration par parties, démontrer que, pour tout nN,

In+1=e(n+1)In

Vérifier cette relation pour n=0.

6. En déduire les valeurs exactes de I2 et I3, puis contrôler la décroissance obtenue à la question 2.

7. Déduire de la relation de la question 5. la limite de la suite ((n+1)In)nN.

Exercice 33 ★★★★Comparaison d'une somme finie et d'une intégrale

Linéarité, positivité, croissance, majoration et minoration d'une intégrale

Pour tout entier n1, on pose

Hn=k=1n1k=1+12+13++1n

Cette somme finie ne se calcule pas de façon simple : l'objet de l'exercice est de l'encadrer par des intégrales.

1. Soit k un entier supérieur ou égal à 1. Justifier que, pour tout t[k,k+1],

1k+11t1k

2. En intégrant cet encadrement sur [k,k+1], démontrer que 1k+1kk+1dtt1k, puis calculer cette intégrale.

3. En sommant les inégalités précédentes, démontrer que, pour tout n1,

ln(n+1)Hn1+lnn

4. En déduire un encadrement numérique de H100 à 102 près.

5. Que peut-on en conclure sur le comportement de Hn lorsque n devient grand ? Jusqu'à quelle valeur de n est-on certain que Hn20 n'est pas encore atteint ?

6. On pose maintenant Sn=k=1nk.

a. Adapter la méthode pour établir, pour tout entier k0, l'encadrement kkk+1tdtk+1.

b. En déduire que 23nnSn23((n+1)n+11), puis encadrer S100.

Exercice 34 ★★★★Second ordre avec second membre et principe de superposition

Équations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constants, racines réellesTrajectoires, conditions initiales, équilibres et comportement en plus l'infini

On s'intéresse à l'équation différentielle

(E):y3y+2y=c(t)

c est une fonction donnée, les solutions étant cherchées sur R.

1. Résoudre l'équation homogène associée (E0):y3y+2y=0.

2. On prend c(t)=4. Déterminer une solution particulière constante de (E), puis donner l'ensemble de ses solutions.

3. On prend c(t)=6t. Chercher une solution particulière de la forme tαt+β, où α et β sont deux réels à déterminer.

4. Énoncer le principe de superposition, puis l'appliquer pour donner l'ensemble des solutions de (E) lorsque c(t)=4+6t.

5. Déterminer, dans ce dernier cas, l'unique solution vérifiant y(0)=0 et y(0)=1. Vérifier le résultat en réinjectant la solution dans l'équation.

6. Étudier le comportement de cette solution lorsque t+.

7. Résoudre enfin (F):y4y+4y=8 avec les conditions initiales y(0)=3 et y(0)=0. Vérifier le résultat.

Exercice 35 ★★★Concavité du logarithme et comparaison de moyennes

Fonctions convexes et concaves, inégalité de convexité, caractérisation par la dérivée seconde

On rappelle l'inégalité de concavité : si f est concave sur un intervalle I, alors pour tous x1,x2 de I et tous réels positifs t1,t2 tels que t1+t2=1,

f(t1x1+t2x2)t1f(x1)+t2f(x2)

1. Démontrer que la fonction ln est concave sur ]0,+[.

2. Soient a et b deux réels strictement positifs.

a. Appliquer l'inégalité de concavité à f=ln, x1=a, x2=b et t1=t2=12.

b. En déduire l'inégalité entre moyenne géométrique et moyenne arithmétique : aba+b2.

c. Dans quel cas y a-t-il égalité ?

3. Soit t[0,1]. Démontrer de la même façon la version pondérée : atb1tta+(1t)b. Retrouver la question 2. b. comme cas particulier.

4. Vérifier numériquement les deux inégalités pour a=4 et b=9 (avec t=12), puis pour a=8 et b=1 avec t=13.

5. Le chiffre d'affaires d'une entreprise est multiplié par 1,21 la première année, puis par 1,69 la deuxième.

a. Déterminer le taux de croissance annuel moyen sur les deux années, c'est-à-dire le coefficient multiplicateur constant m qui donnerait le même résultat au bout de deux ans.

b. Comparer m à la moyenne arithmétique des deux coefficients. Que se passerait-il si l'on annonçait cette moyenne arithmétique comme taux moyen ?

6. Retrouver l'inégalité aba+b2 par un calcul algébrique direct, sans utiliser la concavité.

Exercice 36 ★★★★Étude complète d'un modèle logistique

Étude graphique complète d'une fonction : variations, convexité, allure du graphePoints d'inflexion et position de la courbe par rapport à ses tangentesTrajectoires, conditions initiales, équilibres et comportement en plus l'infini

Une entreprise suit la diffusion d'un nouvel équipement dans une population de 1000 foyers. Le nombre de foyers équipés à l'instant t, exprimé en années, est modélisé par

f(t)=K1+AertavecK=1000,A=9,r=0,5

la fonction f étant étudiée sur [0,+[. On ne cherchera à aucun moment à résoudre une équation différentielle : on étudie la fonction donnée.

1. Calculer f(0) et déterminer limt+f(t). Interpréter ces deux valeurs.

2. Calculer f(t), déterminer son signe et dresser le tableau de variations de f.

3. Vérifier par le calcul que f satisfait l'équation différentielle logistique

f(t)=rf(t)(1f(t)K)

4. En dérivant la relation précédente, montrer que f(t)=rf(t)(12f(t)K). En déduire la convexité de f, l'existence d'un unique point d'inflexion et son abscisse exacte lnAr. Interpréter.

5. Déterminer les équilibres de l'équation différentielle y=ry(1yK), et commenter la position de la trajectoire étudiée par rapport à eux.

6. Déterminer l'équation de la tangente à la courbe de f au point d'inflexion. Que représente son coefficient directeur ? En quelle année cette tangente atteindrait-elle le niveau K ?

7. Décrire l'allure de la courbe de f.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.