Tale spé · Chapitre 08 · Analyse

Exercices — Continuité

16 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

16 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Lire la continuité sur une courbe

Continuité en un point et sur un intervalle

Une fonction f est définie sur [4;5]. Sa courbe représentative Cf est tracée ci-dessous. Le point marqué d'un rond vide n'appartient pas à la courbe ; le point plein lui appartient. Toutes les lectures se font graphiquement.

Courbe d'une fonction présentant une discontinuité en x = 1

  1. Lire les trois valeurs suivantes :

    a. f(1)

    b. limx1f(x)

    c. limx1+f(x)

  2. La fonction f est-elle continue en 1 ? Justifier à l'aide de la question 1.

  3. La fonction f est-elle continue en 3 ?

  4. Sur quels intervalles la fonction f est-elle continue ?

  5. On s'intéresse à l'équation f(x)=2.

    a. Déterminer graphiquement le nombre de solutions de cette équation sur [1;5].

    b. Justifier, à l'aide du sens de variation de f sur [4;1[, que cette équation admet exactement une solution sur [4;1[.

Exercice 2 ★★★Justifier la continuité d'une fonction

Continuité en un point et sur un intervalle

  1. Justifier, à l'aide des théorèmes d'opérations et de composition, que chacune des fonctions suivantes est continue sur l'intervalle indiqué :

    a. f1(x)=3x45x+1 sur R

    b. f2(x)=2x+1x2+1 sur R

    c. f3(x)=x2+1 sur R

    d. f4(x)=xex sur R

    e. f5(x)=exx2 sur ]2;+[

    f. f6(x)=x24 sur R

  2. Pourquoi ne peut-on pas parler de continuité de f5 « sur R » ?

Exercice 3 ★★★★Raccorder une fonction définie par morceaux

Continuité en un point et sur un intervalle

Soit a un réel. On considère la fonction f définie sur R par :

f(x)={x2+axsi x<23xasi x2
  1. Justifier que, quelle que soit la valeur de a, la fonction f est continue sur ];2[ et sur ]2;+[.
  2. Déterminer la valeur de a pour laquelle f est continue en 2. Que peut-on alors dire de f sur R ?
  3. Soit b un réel. On considère maintenant la fonction g définie sur R par g(x)=x29x3 si x3 et g(3)=b. Déterminer la valeur de b pour laquelle g est continue en 3.

Exercice 4 ★★★★Continue mais pas dérivable : la valeur absolue

Continuité en un point et sur un intervalle

On considère la fonction f définie sur R par f(x)=x.

  1. Écrire f(x) sans le symbole de valeur absolue, en distinguant deux cas selon le signe de x.

  2. Justifier que f est continue en 0, en calculant les limites de f(x) quand x tend vers 0 par valeurs inférieures, puis par valeurs supérieures.

  3. On étudie maintenant la dérivabilité de f en 0.

    a. Pour h0, exprimer le taux d'accroissement f(h)f(0)h selon le signe de h.

    b. Déterminer la limite de ce taux d'accroissement quand h tend vers 0 par valeurs supérieures, puis par valeurs inférieures. Que peut-on en conclure sur la dérivabilité de f en 0 ?

  4. Le cours affirme que toute fonction dérivable en un point y est continue. Quel enseignement cet exercice apporte-t-il sur la réciproque de cette propriété ?

Exercice 5 ★★★Première application du théorème des valeurs intermédiaires

Théorème des valeurs intermédiaires

On considère la fonction f définie sur R par f(x)=x3+x3.

  1. a. Justifier que f est continue sur [1;2].

    b. Calculer f(1) et f(2).

    c. En déduire que l'équation f(x)=0 admet au moins une solution dans l'intervalle [1;2].

  2. Montrer que l'équation x3=3x admet au moins une solution dans [1;2].

  3. Le théorème des valeurs intermédiaires, tel qu'il est utilisé à la question 1, permet-il d'affirmer que cette solution est unique ? Expliquer.

Exercice 6 ★★★★Compter les solutions avec un tableau de variations

Théorème des valeurs intermédiairesCorollaire du TVI : unicité de la solution

On considère une fonction f définie et continue sur R, dont le tableau de variations est le suivant :

xx
-\infty
1-1
22
++\infty
f(x)f'(x)
++
00
-
00
++
f(x)f(x)
44
3-3

On précise que limxf(x)= et limx+f(x)=+.

  1. Déterminer, en justifiant à l'aide du corollaire du théorème des valeurs intermédiaires sur chaque intervalle de stricte monotonie, le nombre de solutions de chacune des équations suivantes :

    a. f(x)=0

    b. f(x)=5

    c. f(x)=4

    d. f(x)=3

  2. Pour quelles valeurs du réel k l'équation f(x)=k admet-elle exactement trois solutions ?

Exercice 7 ★★★★Une unique solution

Corollaire du TVI : unicité de la solution

On considère la fonction g définie sur R par g(x)=x3+3x5.

  1. Calculer g(x) et en déduire le sens de variation de g sur R.

  2. Déterminer les limites de g en et en +.

  3. Montrer que l'équation g(x)=0 admet une unique solution α dans R.

  4. Vérifier que α[1;2], puis donner à la calculatrice un encadrement de α d'amplitude 101.

Exercice 8 ★★★★Une équation mêlant exponentielle et droite

Corollaire du TVI : unicité de la solution

On considère la fonction h définie sur R par h(x)=ex+x.

  1. Justifier que h est continue et strictement croissante sur R.

  2. Déterminer les limites de h en et en +.

  3. En déduire que l'équation ex+x=3 admet une unique solution β dans R.

  4. Justifier que β[0;1], puis donner à la calculatrice un encadrement de β d'amplitude 101.

Exercice 9 ★★★★Encadrer une solution par balayage

Balayage et dichotomie

On cherche le réel positif α tel que α3=5. Pour cela, on introduit la fonction f définie sur [1;2] par f(x)=x35, qui est continue et strictement croissante sur cet intervalle.

  1. Justifier que l'équation f(x)=0 admet une unique solution α dans [1;2].

  2. Recopier et compléter le tableau de valeurs suivant (valeurs arrondies à 102), puis en déduire un encadrement de α d'amplitude 101.

    x 1 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 1,6 1,7 1,8
    f(x) 4
  3. Recommencer le balayage entre 1,70 et 1,80 au pas de 0,01 et en déduire un encadrement de α d'amplitude 102.

  4. Combien d'évaluations de f ce balayage a-t-il demandé au total ? Expliquer pourquoi l'algorithme de dichotomie permet d'atteindre la même précision en moins d'évaluations.

Exercice 10 ★★★Programmer la dichotomie

Balayage et dichotomie

On reprend l'équation x35=0, dont l'unique solution α appartient à [1;2] (exercice 09). On veut encadrer α par dichotomie à l'aide du programme Python suivant, à compléter :

def f(x):
    return x**3 - 5

def dichotomie(a, b, eps):
    while ... :
        m = (a + b) / 2
        if f(a) * f(m) <= 0:
            ...
        else:
            ...
    return a, b
  1. Compléter les trois pointillés pour que dichotomie(a, b, eps) renvoie un encadrement de α d'amplitude inférieure ou égale à eps.

  2. Faire tourner l'algorithme à la main sur [1;2] pendant trois étapes : donner à chaque étape la valeur de m, le signe de f(m) et le nouvel intervalle.

  3. Quelle est l'amplitude de l'intervalle obtenu après n étapes ? On donnera la réponse pour [1;2], puis pour un intervalle de départ [a;b] quelconque.

  4. Combien d'étapes suffisent pour garantir un encadrement de α d'amplitude inférieure ou égale à 106 ?

  5. Expliquer le rôle du test f(a) * f(m) <= 0 : que garantit-il sur l'intervalle conservé ?

Exercice 11 ★★★★La limite d'une suite récurrente est un point fixe

Suites récurrentes : limite et point fixe

On considère la suite (un) définie par u0=0,5 et, pour tout entier naturel n, un+1=3un+4.

On admet (cela se démontre avec les outils du chapitre sur les suites : (un) est croissante et majorée par 4) que (un) converge vers un réel 0.

  1. Calculer u1 (valeur exacte puis arrondi à 103) et une valeur approchée de u2 à 102 près.

  2. Justifier que la fonction f définie par f(x)=3x+4 est continue sur [43;+[.

  3. Énoncer le théorème du cours qui relie la limite et la fonction f, et en déduire que vérifie l'équation =3+4.

  4. Résoudre cette équation et en déduire la valeur de .

  5. Question de lucidité : si on sait seulement qu'un réel vérifie f()=, peut-on en conclure que la suite (un) converge ? Pourquoi ?

Exercice 12 ★★★Étude complète d'une suite récurrente

Suites récurrentes : limite et point fixe

On considère la suite (un) définie par u0=0 et, pour tout entier naturel n :

un+1=4un+2un+3

On introduit la fonction f définie sur [0;2] par f(x)=4x+2x+3, de sorte que, pour tout entier naturel n, un+1=f(un).

  1. Justifier que f est continue sur [0;2], puis calculer f(0) et f(2).

  2. Montrer que f est strictement croissante sur [0;2]. En déduire que, pour tout x[0;2], on a f(x)[0;2].

  3. Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel n :

    0unun+12
  4. En déduire que la suite (un) converge vers un réel appartenant à [0;2].

  5. Justifier que vérifie f()=, puis déterminer la valeur de .

Exercice 13 ★★★Discuter le nombre de solutions selon k

Théorème des valeurs intermédiairesCorollaire du TVI : unicité de la solution

Soit f la fonction définie sur R par :

f(x)=x36x2+9x+1
  1. Déterminer limxf(x) et limx+f(x).

  2. Calculer f(x) et vérifier que, pour tout réel x, f(x)=3(x1)(x3). Dresser le tableau de variations complet de f (limites et extremums locaux compris).

  3. a. Montrer que l'équation f(x)=0 admet une unique solution α sur R.

    b. Vérifier que α]1;0[.

  4. En s'appuyant sur le tableau de variations, discuter, selon les valeurs du réel k, le nombre de solutions de l'équation f(x)=k.

Exercice 14 ★★★Vrai ou faux ? Continuité et valeurs intermédiaires

Continuité en un point et sur un intervalleThéorème des valeurs intermédiaires

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Une affirmation vraie sera démontrée ; une affirmation fausse sera réfutée par un contre-exemple explicite.

a. « Toute fonction dérivable sur R est continue sur R. »

b. « Toute fonction continue sur R est dérivable sur R. »

c. « Si f est continue sur [0;1] avec f(0)=2 et f(1)=2, alors l'équation f(x)=0 admet exactement une solution dans [0;1]. »

d. « Si f est continue sur [0;1] et si l'équation f(x)=0 n'admet aucune solution dans [0;1], alors f garde un signe constant sur [0;1]. »

e. « Si f n'est pas continue en 2, alors f n'admet pas de limite en 2. »

Exercice 15 ★★★Le problème du randonneur

Théorème des valeurs intermédiaires

Samedi, un randonneur quitte à 8 h le refuge situé au pied d'un sentier de montagne (point kilométrique 0) et suit le sentier jusqu'au sommet (point kilométrique 10), qu'il atteint à 12 h. Dimanche, il repart du sommet à 8 h, redescend par le même sentier, et arrive au refuge à 12 h. Son allure est quelconque les deux jours : il peut accélérer, ralentir, faire des pauses.

On veut démontrer le résultat suivant, surprenant à première vue : il existe un endroit du sentier où le randonneur s'est trouvé exactement à la même heure le samedi et le dimanche.

Pour t[8;12] (l'heure de la journée), on note m(t) la position du randonneur le samedi à l'instant t (en kilomètres depuis le refuge) et d(t) sa position le dimanche à l'instant t. On admet que les fonctions m et d sont continues sur [8;12].

  1. Donner les valeurs de m(8), m(12), d(8) et d(12).

  2. On pose, pour tout t[8;12], g(t)=m(t)d(t). Justifier que g est continue sur [8;12], puis calculer g(8) et g(12).

  3. Démontrer qu'il existe un instant t0]8;12[ tel que m(t0)=d(t0), puis formuler la conclusion dans les termes de l'énoncé.

  4. Le week-end suivant, le randonneur refait exactement le même trajet aux mêmes horaires, mais avec des allures différentes (davantage de pauses le samedi). L'endroit du sentier où il se trouve à la même heure les deux jours est-il nécessairement le même que le premier week-end ? Justifier.

Exercice 16 ★★★★Synthèse : de l'équation à l'algorithme

Corollaire du TVI : unicité de la solutionBalayage et dichotomie

Soit f la fonction définie sur [0;+[ par :

f(x)=xex1
  1. Justifier que f est dérivable sur [0;+[ et montrer que, pour tout x0, f(x)=(x+1)ex. En déduire les variations de f sur [0;+[, puis déterminer limx+f(x).

  2. Montrer que l'équation f(x)=0 admet une unique solution α sur [0;+[, et que α]0;1[. On donne e2,718.

  3. Montrer que α est aussi l'unique solution, sur [0;+[, de l'équation ex=x.

  4. On encadre α par dichotomie en partant de l'intervalle [0;1]. Dérouler à la main les deux premières étapes de la méthode, en précisant à chaque étape le milieu m de l'intervalle, le signe de f(m) et le nouvel intervalle retenu. On donne e0,51,649 et e0,752,117.

  5. a. Écrire une fonction Python dichotomie(a, b, n) qui effectue exactement n étapes de dichotomie et renvoie l'encadrement obtenu. On suppose déjà définie une fonction f(x) renvoyant xex1.

    b. Combien d'étapes suffisent pour obtenir un encadrement de α d'amplitude inférieure ou égale à 103 en partant de [0;1] ? Justifier.

  6. On donne f(0,56)0,0196 et f(0,57)0,0079. Justifier que 0,56<α<0,57.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.