2ⁿᵈᵉ · Chapitre 12 · Statistiques et probabilités

Exercices — Probabilités et probabilités conditionnelles

16 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

16 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Le langage des événements

Modèle probabiliste : univers, événements, langage ensembliste

On lance un dé équilibré à 12 faces numérotées de 1 à 12 et on note le numéro obtenu. On considère les événements :

  • A : « le numéro est pair » ;
  • B : « le numéro est un multiple de 3 ».
  1. Donner l'univers Ω de cette expérience aléatoire, puis Card(Ω).

  2. Écrire en extension (notation ensembliste {}) chacun des événements suivants :

    a. A

    b. B

    c. AB

    d. AB

    e. A

  3. Décrire par une phrase en français les événements AB et B.

  4. Traduire en symboles la phrase « le numéro n'est ni pair ni multiple de 3 », puis écrire cet ensemble en extension.

  5. Les événements A et B sont-ils incompatibles ? Justifier.

Exercice 2 ★★★Tirage dans un jeu de 32 cartes

Équiprobabilité et comptageModèle probabiliste : univers, événements, langage ensembliste

On tire une carte au hasard dans un jeu de 32 cartes. On rappelle qu'un tel jeu comporte 4 couleurs (cœur, carreau, pique, trèfle) de 8 cartes chacune : 7, 8, 9, 10, valet, dame, roi, as. On considère les événements :

  • C : « la carte est un cœur » ;
  • F : « la carte est une figure », c'est-à-dire un valet, une dame ou un roi.
  1. Pourquoi peut-on choisir un modèle équiprobable pour cette expérience ? Préciser l'hypothèse de l'énoncé qui le justifie.
  2. Calculer P(C) et P(F).
  3. Décrire l'événement CF en extension, puis calculer P(CF).
  4. En comptant soigneusement les cartes de CF, calculer P(CF). On veillera à ne compter aucune carte deux fois.
  5. Calculer P(F) de deux façons : par comptage direct des cartes qui ne sont pas des figures, puis à l'aide de l'événement contraire.

Exercice 3 ★★★★Un dé truqué : construire le modèle

Fréquences et loi des grands nombresModèle probabiliste : univers, événements, langage ensembliste

Un dé à 6 faces est suspecté d'être truqué. Pour en avoir le cœur net, on l'a lancé 10000 fois et on a relevé les fréquences d'apparition de chaque face :

Face 1 2 3 4 5 6
Fréquence observée 0,10 0,15 0,15 0,15 0,15 0,30
  1. Si le dé était équilibré, quelle serait la probabilité d'obtenir la face 6 ? En citant la loi des grands nombres, expliquer pourquoi les fréquences observées conduisent à rejeter le modèle équiprobable.

  2. Proposer, à partir de ces fréquences, une loi de probabilité pour ce dé. Vérifier que la somme des probabilités vaut 1.

  3. Dans ce modèle, calculer :

    a. la probabilité d'obtenir un numéro pair ;

    b. la probabilité d'obtenir au moins 5 ;

    c. la probabilité de ne pas obtenir 6.

  4. Un camarade affirme : « Avec 10000 lancers, ce modèle est démontré. » Qu'en penser ?

Exercice 4 ★★★★Python — la fréquence du six

Simulation en PythonFréquences et loi des grands nombres

On simule le lancer d'un dé équilibré à l'aide de la fonction Python suivante :

from random import randint

def frequence_six(n):
    compteur = 0
    for i in range(n):
        de = randint(1, 6)
        if de == 6:
            compteur = compteur + 1
    return compteur / n

La figure ci-dessous représente la fréquence d'apparition du six en fonction du nombre n de lancers simulés, jusqu'à 2000 lancers.

Fréquence du six en fonction du nombre de lancers

  1. Que fait l'instruction randint(1, 6) ? Quelle hypothèse du modèle probabiliste traduit-elle ?
  2. Expliquer le rôle de la variable compteur dans cette fonction.
  3. Que renvoie l'appel frequence_six(1000) ? Expliquer pourquoi deux appels successifs de frequence_six(1000) peuvent renvoyer des valeurs différentes.
  4. D'après la figure, vers quelle valeur la fréquence se stabilise-t-elle quand n grandit ? Énoncer la propriété du cours qui décrit ce phénomène.
  5. Pour estimer la probabilité d'obtenir un six à l'aide de cette fonction, pour quelle raison prend-on n grand ?

Exercice 5 ★★★Premiers calculs de probabilités conditionnelles

Probabilité conditionnelle

  1. Dans chaque cas, A et B sont deux événements d'une même expérience aléatoire. Calculer la probabilité demandée.

    a. P(A)=0,4 et P(AB)=0,12 ; calculer PA(B).

    b. P(B)=0,25 et P(AB)=0,05 ; calculer PB(A).

    c. P(A)=23 et P(AB)=12 ; calculer PA(B).

    d. PA(B)=0,6 et P(A)=0,5 ; calculer P(AB).

  2. Dans une classe, 60% des élèves sont des filles, et 45% des élèves sont des filles demi-pensionnaires. On choisit un élève de la classe au hasard et on note F : « l'élève est une fille » et D : « l'élève est demi-pensionnaire ». Calculer la probabilité que l'élève soit demi-pensionnaire sachant que c'est une fille, puis formuler le résultat par une phrase en français.

Exercice 6 ★★★★Dans un club de tennis

Tableaux croisés d'effectifs et probabilitésProbabilité conditionnelle

Un club de tennis compte 200 licenciés, répartis selon l'âge et le type de pratique :

Compétition Loisir Total
Adultes 48 72 120
Jeunes 52 28 80
Total 100 100 200

On tire au sort la fiche d'un licencié et on considère les événements :

  • A : « le licencié est un adulte » ;
  • C : « le licencié est inscrit en compétition ».
  1. Pourquoi peut-on utiliser un modèle équiprobable pour ce tirage ?
  2. Calculer P(A), P(C) et P(AC).
  3. Calculer PA(C) puis PC(A), en indiquant à chaque fois l'effectif de référence utilisé.
  4. Ces deux probabilités font intervenir le même effectif 48 ; expliquer par une phrase en français pourquoi elles ne représentent pourtant pas la même chose.
  5. Traduire en symboles, puis calculer : « la probabilité qu'un jeune choisi au hasard soit inscrit en loisir ». On notera J : « le licencié est un jeune » et L : « le licencié est inscrit en loisir ».

Exercice 7 ★★★★Compléter un tableau croisé

Tableaux croisés d'effectifs et probabilités

Les 500 élèves d'un lycée ont répondu à une enquête sur leur moyen de transport. On note B l'ensemble des élèves qui viennent en bus, F l'ensemble des filles et G l'ensemble des garçons. L'enquête révèle que :

  • 220 élèves viennent en bus ;
  • le lycée compte 280 filles, et 40% d'entre elles viennent en bus.
Bus Pas en bus Total
Filles ? ? 280
Garçons ? ? ?
Total 220 ? 500
  1. Combien de filles viennent en bus ? Justifier à l'aide de la donnée « 40% ».

  2. Recopier et compléter tout le tableau. Pour chaque case, on indiquera le raisonnement utilisé (somme ou différence sur une ligne ou une colonne).

  3. On choisit un élève au hasard parmi les 500. Calculer :

    a. P(B) ;

    b. PG(B), la probabilité que l'élève vienne en bus sachant que c'est un garçon ;

    c. PB(G), la probabilité que l'élève soit un garçon sachant qu'il vient en bus.

  4. Que remarque-t-on en comparant PG(B) et PB(G) ? Est-ce toujours le cas ? Expliquer.

Exercice 8 ★★★Lire un arbre pondéré

Arbres pondérés : construire, lire, compléterMultiplication des branches le long d'un chemin

Un atelier fabrique des pièces sur deux machines. La machine A produit 60% des pièces, la machine B produit le reste. Une pièce peut présenter un défaut : on note D l'événement « la pièce présente un défaut ». On prélève une pièce au hasard dans la production, et on décrit la situation par l'arbre pondéré ci-dessous.

Arbre pondéré machines et défauts

  1. Que représente la pondération 0,6 portée par la branche menant à A ?
  2. La pondération 0,05 est une probabilité conditionnelle. L'écrire en notation symbolique, puis la formuler par une phrase en français.
  3. Pourquoi la branche allant de A vers D porte-t-elle la pondération 0,98 ?
  4. Calculer P(AD) en multipliant les pondérations le long du chemin correspondant, puis interpréter ce nombre par une phrase en français.
  5. Calculer de même P(BD).

Exercice 9 ★★★★De l'énoncé à l'arbre

Arbres pondérés : construire, lire, compléter

Dans une ville, il pleut 30% des jours. Les jours de pluie, Zoé prend le bus dans 80% des cas ; les jours sans pluie, elle ne le prend que dans 25% des cas.

On choisit un jour au hasard et on note B l'événement « il pleut ce jour-là » et C l'événement « Zoé prend le bus ce jour-là ».

  1. Traduire chacune des trois données numériques de l'énoncé par une égalité en notation symbolique. On précisera pour chacune s'il s'agit d'une probabilité simple ou d'une probabilité conditionnelle.
  2. Construire l'arbre pondéré décrivant la situation, en précisant les six pondérations.
  3. Que vaut PB(C) ? Expliquer comment on l'obtient.
  4. Calculer P(BC), puis écrire en français ce que ce nombre représente.
  5. Formuler en français la différence entre PB(C)=0,8 et P(BC).

Exercice 10 ★★★★Deux tirages sans remise

Multiplication des branches le long d'un cheminArbres pondérés : construire, lire, compléter

Un sac contient 5 jetons indiscernables au toucher : 2 jetons gagnants et 3 jetons perdants. On tire un jeton au hasard, on ne le remet pas dans le sac, puis on tire un second jeton.

Pour i=1 ou i=2, on note Gi l'événement « le jeton tiré au i-ième tirage est gagnant » ; son contraire Gi est donc l'événement « le jeton tiré au i-ième tirage est perdant ».

  1. Justifier que P(G1)=25.
  2. Expliquer pourquoi PG1(G2)=14. En quoi cette valeur traduit-elle le « sans remise » ?
  3. Donner de même PG1(G2), PG1(G2) et PG1(G2), en justifiant à chaque fois par le contenu du sac.
  4. Construire l'arbre pondéré décrivant les deux tirages.
  5. Calculer, en multipliant les pondérations le long des chemins, P(G1G2) puis P(G1G2).
  6. Si les tirages se faisaient avec remise, que deviendrait PG1(G2) ? Commenter.

Exercice 11 ★★★★Compléter un arbre pondéré

Arbres pondérés : construire, lire, compléterMultiplication des branches le long d'un chemin

Dans une salle de sport, 70% des adhérents suivent des cours collectifs. Parmi eux, 90% se disent satisfaits de la salle ; parmi les autres adhérents, 40% se disent non satisfaits.

On interroge un adhérent au hasard et on note C l'événement « l'adhérent suit des cours collectifs » et S l'événement « l'adhérent se dit satisfait ». La situation est décrite par l'arbre pondéré ci-dessous, où trois pondérations ont été remplacées par des points d'interrogation.

Arbre pondéré à compléter

  1. Recopier l'arbre et compléter les trois pondérations manquantes, en justifiant chacune.
  2. Écrire en notation symbolique la pondération 0,4 de l'arbre, puis la formuler par une phrase en français.
  3. Calculer P(CS) puis P(CS).
  4. La salle compte 1000 adhérents. Combien d'entre eux suivent des cours collectifs et sont satisfaits ?

Exercice 12 ★★★Sachant que… : qui conditionne qui ?

Inversion du conditionnement : faux positifs, testsProbabilité conditionnelle

Une enquête a été menée auprès des 1200 élèves d'une cité scolaire (collège et lycée). Elle révèle que :

  • 300 élèves sont lycéens ;
  • parmi les lycéens, 240 possèdent un ordinateur portable ;
  • au total, 420 élèves possèdent un ordinateur portable.

On choisit un élève au hasard parmi les 1200 élèves (tirage équiprobable) et on considère les événements L : « l'élève est lycéen » et O : « l'élève possède un ordinateur portable ».

  1. Recopier et compléter le tableau croisé d'effectifs :

    Possède un ordinateur portable N'en possède pas Total
    Lycéens
    Non-lycéens
    Total 1200
  2. Pour chacune des affirmations suivantes : la traduire en notation symbolique (une probabilité de la forme P() ou P()), puis dire, calcul à l'appui, si elle est vraie ou fausse.

    a. « 80% des lycéens ont un ordinateur portable. »

    b. « 80% des possesseurs d'ordinateur portable sont des lycéens. »

    c. « Un élève non lycéen sur cinq possède un ordinateur portable. »

    d. « La probabilité qu'un élève choisi au hasard soit un lycéen possédant un ordinateur portable est 0,8. »

  3. Les affirmations a. et b. s'appuient toutes les deux sur le même effectif de 240 élèves, et pourtant elles ne disent pas du tout la même chose. Expliquer en quelques phrases rédigées ce qui les distingue.

Exercice 13 ★★★Test de dépistage : la méthode des 10 000

Inversion du conditionnement : faux positifs, testsTableaux croisés d'effectifs et probabilités

Une maladie touche 1% de la population d'un pays. Un test de dépistage de cette maladie est caractérisé par deux qualités :

  • sa sensibilité : la probabilité que le test soit positif sachant que la personne est malade, ici 95% ;
  • sa spécificité : la probabilité que le test soit négatif sachant que la personne n'est pas malade, ici 90%.

On choisit une personne au hasard dans la population et on note M : « la personne est malade » et T : « le test de la personne est positif ».

  1. Traduire les trois données de l'énoncé en notation symbolique.

  2. On imagine une population fictive de 10000 personnes présentant exactement ces proportions. Recopier et compléter le tableau croisé d'effectifs :

    Test positif Test négatif Total
    Malades
    Non malades
    Total 10000
  3. Définir en français ce qu'est un faux positif et un faux négatif, puis donner leurs effectifs dans le tableau.

  4. Une personne apprend que son test est positif. Calculer, à l'aide des effectifs du tableau, la probabilité qu'elle soit réellement malade, c'est-à-dire PT(M).

  5. Comparer PM(T) et PT(M), puis rédiger deux ou trois phrases expliquant pourquoi un test « fiable à 95% » ne signifie pas qu'une personne dont le test est positif a 95% de risque d'être malade.

  6. Question bonus. On utilise maintenant le même test uniquement sur une population « à risque », dans laquelle P(M)=0,20. Reprendre la méthode des 10000 : construire le nouveau tableau d'effectifs et calculer la nouvelle valeur de PT(M). Que constate-t-on ?

Exercice 14 ★★★Python — simuler deux tirages sans remise

Simulation en PythonMultiplication des branches le long d'un chemin

Un sac contient 5 jetons indiscernables au toucher : 2 jetons gagnants et 3 jetons perdants. On tire un jeton au hasard sans le remettre, puis un second. On note G1 : « le premier jeton tiré est gagnant » et G2 : « le second jeton tiré est gagnant ».

Pour estimer la probabilité de tirer deux jetons gagnants, on a écrit le script Python suivant :

from random import random

def deux_gagnants():
    if random() < 2/5:
        if random() < 1/4:
            return True
    return False

def frequence(n):
    compteur = 0
    for i in range(n):
        if deux_gagnants():
            compteur = compteur + 1
    return compteur / n
  1. Que renvoie l'instruction random() ? Expliquer pourquoi le test random() < 2/5 simule le tirage d'un jeton gagnant au premier tirage.

  2. Le deuxième test utilise 1/4 et non 2/5. Expliquer ce que ce nombre représente pour l'expérience, puis l'écrire en notation symbolique.

  3. Décrire le chemin de l'arbre pondéré correspondant à l'événement « tirer deux jetons gagnants », puis justifier, par la multiplication le long de ce chemin, la valeur exacte de P(G1G2).

  4. Vers quelle valeur la fréquence renvoyée par frequence(10000) se stabilise-t-elle lorsqu'on répète l'appel ? Citer la propriété du cours qui explique ce phénomène.

  5. On veut modifier le script pour simuler des tirages avec remise (le premier jeton est remis dans le sac avant le second tirage). Quelle ligne du script faut-il changer, et que devient-elle ? Quelle serait alors la probabilité de tirer deux jetons gagnants ?

Exercice 15 ★★★Synthèse — contrôle qualité sur deux lignes

Tableaux croisés d'effectifs et probabilitésArbres pondérés : construire, lire, compléterMultiplication des branches le long d'un cheminInversion du conditionnement : faux positifs, tests

Une usine produit des flacons sur deux lignes de production : la ligne 1 assure 70% de la production, la ligne 2 le reste. Un contrôle qualité montre que 4% des flacons de la ligne 1 et 9% des flacons de la ligne 2 présentent un défaut.

On choisit un flacon au hasard dans la production et on note L1 : « le flacon vient de la ligne 1 », L2 : « le flacon vient de la ligne 2 » et D : « le flacon présente un défaut ».

  1. Construire l'arbre pondéré décrivant la situation (premier niveau : la ligne de production ; second niveau : la présence d'un défaut). Parmi les pondérations de l'arbre, préciser lesquelles sont des probabilités conditionnelles, et lesquelles n'en sont pas.

  2. Calculer P(L1D) et P(L2D) par multiplication le long des chemins de l'arbre.

  3. L'usine produit 10000 flacons par jour. Recopier et compléter le tableau croisé d'effectifs correspondant à une journée de production :

    Défectueux Non défectueux Total
    Ligne 1
    Ligne 2
    Total 10000
  4. Un flacon défectueux est signalé au service après-vente. À l'aide des effectifs du tableau, calculer la probabilité qu'il provienne de la ligne 1, c'est-à-dire PD(L1).

  5. La ligne 2 a un taux de défaut plus que double de celui de la ligne 1 (9% contre 4%), et pourtant environ la moitié des flacons défectueux proviennent de la ligne 1. Expliquer ce paradoxe apparent en quelques phrases rédigées.

  6. Dans cet exercice, deux registres ont été utilisés : l'arbre pondéré et le tableau d'effectifs. Expliquer ce que chacun a apporté, et pour quelle question chacun était le mieux adapté.

Exercice 16 ★★★★Défi — le problème du duc de Toscane

Équiprobabilité et comptageModèle probabiliste : univers, événements, langage ensembliste

Au début du XVIIe siècle, le grand-duc de Toscane, grand amateur de jeux de dés, fait part de son étonnement à Galilée : en lançant trois dés et en faisant la somme des résultats, il obtient plus souvent 10 que 9. Pourtant, remarque-t-il, chacune des deux sommes s'écrit exactement de 6 façons comme somme de trois nombres de dés :

9=1+2+6=1+3+5=1+4+4=2+2+5=2+3+4=3+3+3 10=1+3+6=1+4+5=2+2+6=2+3+5=2+4+4=3+3+4

Les deux sommes devraient donc, selon lui, avoir la même probabilité. Galilée résout le problème : refaisons son raisonnement.

On lance trois dés équilibrés distinguables (un rouge, un vert, un bleu) et on note le triplet (r,v,b) des résultats. On note S9 l'événement « la somme des trois dés vaut 9 » et S10 l'événement « la somme vaut 10 ».

  1. Justifier que l'univers des triplets compte Card(Ω)=63=216 issues, puis expliquer pourquoi il est légitime de choisir l'équiprobabilité sur ces triplets, en explicitant les hypothèses de modèle.

  2. a. Combien de triplets ordonnés (r,v,b) correspondent à la décomposition {1,2,6} (trois valeurs distinctes) ? Les énumérer tous.

    b. Combien correspondent à la décomposition {2,2,5} (une valeur double) ? Les énumérer tous.

    c. Combien correspondent à {3,3,3} ?

  3. En procédant de même pour chaque décomposition, recopier et compléter les deux tableaux suivants, puis en déduire Card(S9) et Card(S10) :

    Décomposition de 9 {1,2,6} {1,3,5} {1,4,4} {2,2,5} {2,3,4} {3,3,3}
    Nombre de triplets
    Décomposition de 10 {1,3,6} {1,4,5} {2,2,6} {2,3,5} {2,4,4} {3,3,4}
    Nombre de triplets
  4. Calculer P(S9) et P(S10), puis expliquer où se trouvait l'erreur de raisonnement du duc.

  5. Ouverture. L'écart entre les deux probabilités est minuscule. En s'appuyant sur la loi des grands nombres, expliquer pourquoi il a fallu au duc un très grand nombre de parties pour « sentir » cette différence à la table de jeu.

Bloqué sur « Probabilités et probabilités conditionnelles » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.