PCSI · Chapitre 01 · Premier semestre

Devoir surveillé — Raisonnement et vocabulaire ensembliste

Sujet type, 290 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 290 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (2,75 points) — Une famille de propositions

Pour tout réel a, on note Pa la proposition

Pa : xR, x2+ax+1>0.
  1. (0,25 pt) Écrire la négation de Pa sous forme quantifiée, sans faire figurer le symbole ¬ ni la locution « il est faux que ».

  2. (1 pt) Déterminer l'ensemble A={aR  ;  Pa est vraie}. On prendra garde au cas d'égalité.

  3. (0,75 pt) On note B={aR  ;  a2<9}.

    a. La proposition aR, (Paa2<9) est-elle vraie ? Et sa réciproque ?

    b. Écrire la contraposée de l'implication Paa2<9, en explicitant sa conclusion à l'aide de la question 1, puis dire ce qu'elle affirme concrètement.

    c. Compléter en justifiant : pour que Pa soit vraie, la condition « a2<9 » est ... . Quelle inclusion entre A et B traduit la réponse de la question a. ?

  4. (0,75 pt) On considère les deux propositions

    U : xR, aR, x2+ax+1=0etV : xR, aR, x2+ax+1=0.

    Démontrer que U est fausse et que V est vraie. Expliquer en une phrase ce que le passage de R à R a changé.

Exercice 2 (2,5 points) — La division euclidienne, et l'unicité comme outil

On rappelle le théorème de la division euclidienne : pour tous aZ et bN, il existe un unique couple (q,r) d'entiers relatifs tel que a=bq+r et 0r<b.

Dans tout l'exercice, on n'utilisera pas de calculatrice, et l'on prendra soin de vérifier l'encadrement du reste. C'est l'unicité de ce couple qui sert d'outil de démonstration : pour établir qu'un couple est celui de la division euclidienne, il suffit d'exhiber l'égalité et de vérifier l'encadrement.

  1. (0,5 pt) Effectuer la division euclidienne de 1789 par 23.

    En déduire, sans effectuer de nouvelle division, le quotient et le reste de la division euclidienne de 1789 par 23.

  2. (1 pt) Soient aZ et bN. On note a=bq+r la division euclidienne de a par b. Déterminer, en fonction de q, r et b, le quotient et le reste de la division euclidienne de a par b.

    On distinguera deux cas, et l'on justifiera chaque réponse en invoquant l'unicité du couple.

  3. (1 pt) Soit b un entier supérieur ou égal à 2. Déterminer tous les entiers naturels a dont la division euclidienne par b a un quotient égal au reste.

    On rédigera par analyse-synthèse. Expliciter la liste obtenue pour b=7.

Exercice 3 (5,25 points) — Itérées d'une application

Soit E un ensemble et f:EE une application. On définit les itérées de f en posant

f0=idEetfn+1=ffnpour tout nN.

Ainsi f1=f, f2=ff, et ainsi de suite.

Partie A — Un exemple. Dans cette partie, E=R{0,1} et f est définie sur E par f(x)=11x.

  1. (0,5 pt) Démontrer que f est bien une application de E dans E, c'est-à-dire que f(x) est défini et appartient à E pour tout xE.

  2. (1 pt) Calculer f2(x) et f3(x) pour xE. En déduire que f est bijective et expliciter f1.

  3. (0,25 pt) Démontrer que f n'est pas l'identité de E, et que f2 ne l'est pas non plus.

Partie B — Le cas général. Dans cette partie, E est un ensemble quelconque et f:EE une application quelconque.

  1. (0,75 pt) a. Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel m, fm+1=fmf.

    b. En déduire, par récurrence sur n, que fm+n=fmfn pour tous entiers naturels m et n.

  2. (0,5 pt) On suppose ici qu'il existe un entier p1 tel que fp=idE. Démontrer que f est bijective et que f1=fp1.

  3. On conserve l'hypothèse de la question 5.

    a. (0,75 pt) Soit nN, et soit r le reste de la division euclidienne de n par p. Démontrer que fn=fr.

    b. (0,25 pt) Revenons à l'application de la partie A. Déterminer f2026, puis calculer f2026(3).

    c. (1,25 pt) Soient α et β deux entiers supérieurs ou égaux à 1 tels que fα=idE et fβ=idE.

    (i) Démontrer que si α>β, alors fαβ=idE.

    (ii) En déduire que fpgcd(α,β)=idE. (On suivra les divisions successives de l'algorithme d'Euclide.)

Exercice 4 (3,25 points) — Les fibres d'une application

Soit h:EF une application. Pour yF, on appelle fibre de h au-dessus de y l'image réciproque du singleton {y}, c'est-à-dire la partie de E

h1({y})={xE  ;  h(x)=y}.

Partie A — Un exemple. On considère l'application f:Z×ZZ définie par f(a,b)=ab.

  1. (0,75 pt) Déterminer l'image directe f(N×N), et en déduire que f est surjective. Démontrer ensuite que f n'est pas injective, et décrire la fibre f1({0}).

  2. (0,5 pt) On pose D=Z×{0}. Démontrer que la restriction de f à D est une bijection de D sur Z et expliciter sa réciproque. En déduire une application g:ZZ×Z telle que fg=idZ.

Partie B — Le cas général. Dans cette partie, h:EF est une application quelconque, et l'on note I=h(E) son image directe.

  1. (1 pt) Démontrer que la famille (h1({y}))yI est une partition de E.

  2. (0,5 pt) Démontrer que h est injective si et seulement si toutes les fibres h1({y}), pour yI, sont des singletons.

  3. (0,5 pt) Un second exemple. On admet que 3 est irrationnel. On considère l'application

    φ:Q×QR,φ(a,b)=a+b3.

    Déterminer la fibre φ1({0}). En déduire que si a+b3=a+b3 avec a, b, a, b rationnels, alors a=a et b=b. Qu'est-ce que cela autorise dans un calcul ?

Exercice 5 (6,25 points) — Problème : le dictionnaire des diviseurs de 2310

Dans tout ce problème, on pose

n=2310=2×3×5×7×11,E={2,3,5,7,11},

et l'on note D l'ensemble des diviseurs positifs de n. On remarquera que n est le produit de cinq nombres premiers deux à deux distincts, chacun apparaissant à la puissance 1.

À toute partie X de E, on associe le produit de ses éléments,

Θ(X)=pXp,

avec la convention usuelle Θ()=1 (produit vide). Par exemple Θ({3,7})=21.

Pour XE et pE, on note 1X(p) la valeur en p de la fonction indicatrice de X, égale à 1 si pX et à 0 sinon. Les complémentaires sont pris dans E.

On admet les résultats suivants, tous établis en cours :

  • caractérisation des diviseurs : les diviseurs positifs de ipiαi sont exactement les entiers ipiβi avec 0βiαi pour tout i ;
  • lecture du PGCD et du PPCM : si a=ipiαi et b=ipiβi sont écrits sur une même liste de nombres premiers p1<<pr, alors pgcd(a,b)=ipimin(αi,βi) et ppcm(a,b)=ipimax(αi,βi) ;
  • minimum et maximum d'indicatrices : pour toutes parties X et Y de E et tout pE,
min(1X(p), 1Y(p))=1XY(p)etmax(1X(p), 1Y(p))=1XY(p).

Partie A — L'application Θ

  1. (0,5 pt) Calculer Θ({2,5,7}), Θ({3,11}) et Θ(E). Déterminer la partie X de E telle que Θ(X)=165.

  2. (0,5 pt) Soit X une partie de E. Démontrer que Θ(X)×Θ(X)=n, et en déduire que Θ(X) divise n.

  3. (1 pt) Démontrer que Θ réalise une bijection de P(E) sur D. On traitera séparément l'injectivité et la surjectivité, et l'on décrira Θ1(d) pour dD.

Partie B — Le dictionnaire

Dans toute cette partie, X, Y et Z désignent des parties de E.

  1. (0,5 pt) Démontrer que Θ(X)=pEp1X(p).

  2. (0,75 pt) En déduire les deux égalités

Θ(XY)=pgcd(Θ(X),Θ(Y))etΘ(XY)=ppcm(Θ(X),Θ(Y)).
  1. (0,5 pt) En déduire que XY si et seulement si Θ(X) divise Θ(Y).

  2. (0,5 pt) On admet l'identité ensembliste X(YZ)=(XY)(XZ), démontrée en cours. En la traduisant par Θ, démontrer que pour tous diviseurs positifs d, d et d de 2310,

pgcd(d, ppcm(d,d))=ppcm(pgcd(d,d), pgcd(d,d)).

Vérifier cette égalité sur d=30, d=21 et d=55.

  1. (0,5 pt) Déduire de la question 2 que Θ(X)=nΘ(X), puis démontrer que Θ(X) et Θ(X) sont premiers entre eux. En déduire le résultat suivant : si d et d sont deux entiers naturels non nuls tels que d×d=2310, alors d et d sont premiers entre eux.

Partie C — Deux conséquences

  1. (0,75 pt) Démontrer que 2310 n'est le carré d'aucun entier, en n'utilisant que l'application Θ et les résultats de la partie B.

  2. (0,75 pt) On pose maintenant m=60=22×3×5 et E={2,3,5}, et l'on définit Ψ(X)=pXp pour XE, à valeurs dans l'ensemble des diviseurs positifs de m. On admet que Ψ est injective, pour la même raison qu'à la question 3 : ce n'est donc pas de ce côté que le dictionnaire se casse.

    L'application Ψ est-elle surjective ? Décrire son image, et dire quelle propriété de 2310 faisait fonctionner le dictionnaire des parties A et B.

Bloqué sur « Raisonnement et vocabulaire ensembliste » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.