PCSI · Chapitre 08 · Premier semestre

Devoir surveillé — Polynômes

Sujet type, 280 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 280 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (3,5 points) — Cinq questions indépendantes

Les cinq questions sont indépendantes.

1. (0,75 pt) Déterminer le degré et le coefficient dominant du polynôme

P=(2X2X)532X10+80X9.

2. (0,75 pt) Soient A, B et D trois polynômes de R[X], avec D non nul. On note RA et RB les restes des divisions euclidiennes de A et de B par D. Démontrer que le reste de la division euclidienne de AB par D est égal au reste de la division euclidienne de RARB par D. En déduire, par deux applications de ce résultat et sans effectuer aucun développement, le reste de la division euclidienne de (X2+X+1)4 par X2+X. On remarquera que X2+X+1=(X2+X)+1, et que 4=2×2.

3. (0,5 pt) Déterminer tous les réels λ pour lesquels le polynôme X312X+λ admet une racine double dans R. On remarquera que la dérivée ne dépend pas de λ. Pour chaque valeur trouvée, donner cette racine et la factorisation du polynôme.

4. (0,5 pt) Soient p et q deux réels et P=X3+pX+q. Le théorème de d'Alembert-Gauss assure que P est scindé sur C ; on note x1, x2, x3 ses racines, comptées avec leur multiplicité. Sans calculer ces racines, déterminer x13+x23+x33.

5. (1 pt) Ces deux affirmations sont-elles vraies ou fausses ? Justifier chaque réponse (démonstration si l'affirmation est vraie, contre-exemple sinon).

a. Si P et Q sont deux polynômes de R[X] tels que P2=XQ2, alors P=Q=0.

b. Si PR[X] vérifie P(k)Z pour tout kZ, alors tous les coefficients de P sont des entiers.

Exercice 2 (4 points) — Un polynôme imposé par deux recollements

Soit m un entier naturel non nul. On s'intéresse aux polynômes PR[X] vérifiant simultanément les deux conditions

(X1)m  P+1et(X+1)m  P1.(Cm)

Autrement dit : P doit « coller » à la valeur 1 au voisinage de 1 et à la valeur 1 au voisinage de 1, avec à chaque fois un contact d'ordre m.

1. (0,75 pt) Soit P une solution de (Cm). En citant la caractérisation de la multiplicité d'une racine par les dérivées successives, démontrer que

P(1)=1,P(1)=1,(X21)m1  P,

puis en déduire que degP2m1. On traitera séparément les deux conditions, puis on réunira les deux divisibilités obtenues sur P.

2. (1 pt) On note F la primitive de (X21)m1 qui s'annule en 0. Démontrer que F(1)0 et préciser son signe, puis que (Cm) admet exactement une solution de degré 2m1, que l'on exprimera à l'aide de F. Cette solution sera notée P0 dans toute la suite. On pourra étudier la monotonie de F sur [0,1] pour le premier point, puis observer que la question 1. contraint P à être proportionnel à F pour le second ; ne pas oublier la synthèse.

3. (0,25 pt) On admet que si P est solution de (Cm), alors P(X) l'est aussi. Retrouver l'imparité de P0 sans utiliser l'expression de F, en n'invoquant que l'unicité établie à la question 2.

4. (0,75 pt) Expliciter P0 pour m=2, puis le vérifier en factorisant P0+1 et P01 dans R[X].

5. (0,75 pt) Expliciter P0 pour m=3, et factoriser P0+1 en produit d'irréductibles de R[X], puis dans C[X]. On admettra qu'en posant N=8(P0+1), le quotient de N par (X1)3 s'écrit 3X2+αX+β : il ne reste qu'à déterminer α et β par identification.

6. (0,5 pt) Démontrer que P0 est strictement décroissant sur [1,1] et que P0([1,1])=[1,1]. Quelle est, en une phrase, l'allure de P0 sur ce segment ?

Exercice 3 (3 points) — Une factorisation que les astuces du cours ne donnent pas

On considère P=X4+4X2X+6.

Les polynômes de degré 4 factorisés dans le chapitre l'étaient tous grâce à une identité remarquable, du type X4+4=(X2+2)2(2X)2. Cette voie est ici fermée : la présence du terme en X interdit d'écrire P comme une différence de deux carrés de polynômes en X2. Il faut donc chercher la factorisation par identification des coefficients.

1. (0,5 pt) Démontrer que P n'admet aucune racine réelle.

2. (0,5 pt) Soit Q un polynôme unitaire de degré 4 de R[X], sans racine réelle et sans terme en X3. Démontrer qu'il existe trois réels a, b, b tels que

Q=(X2+aX+b)(X2aX+b),

les deux trinômes étant irréductibles dans R[X]. On s'appuiera sur la description des irréductibles de R[X] donnée par le cours. Le polynôme P vérifie ces hypothèses.

3. (1,5 pt) On applique ce résultat à P et on pose t=a2. On admettra le développement

(X2+aX+b)(X2aX+b)=X4+(b+ba2)X2+a(bb)X+bb.

Démontrer que

b+b=4+t,bb=1a,bb=6,

puis que t est solution de l'équation t3+8t28t1=0. Vérifier que 1 est solution de cette équation, démontrer que c'est sa seule solution strictement positive, et en déduire la factorisation de P en produit d'irréductibles de R[X], puis en une ligne celle de P dans C[X].

4. (0,5 pt) On applique maintenant la même méthode au polynôme G=X4+X+1, dont on admet qu'il ne s'annule pas sur R. Le développement admis à la question 3. donne cette fois, sans nouveau calcul, b+b=t, bb=1a et bb=1. Établir que le réel t=a2 associé vérifie

t34t1=0.

En étudiant les variations de φ:tt34t1 sur [0,+[, démontrer que cette équation admet exactement une solution strictement positive t0. Que peut-on en conclure sur la factorisation de G dans R[X], et sur la portée de la méthode ?

Exercice 4 (3,25 points) — Une somme qui ne dépend de rien

Dans tout l'exercice, n est un entier supérieur ou égal à 2, et BC[X] est un polynôme unitaire de degré n, scindé, à racines simples, dont les racines deux à deux distinctes sont notées x1,,xn. On admet les deux résultats du cours suivants :

AB=k=1nckXxkavecck=A(xk)B(xk)pour tout A tel que degAn1;() B(xk)=jk(xkxj)pour tout k.()

L'objet de l'exercice est la somme des coefficients ck, dont on va voir qu'elle ne dépend presque de rien, puis qu'elle produit une identité qui n'a plus rien à voir avec les fractions rationnelles.

1. (0,75 pt) Soit A un polynôme tel que degAn1, et soit α son coefficient dominant lorsque A0. Démontrer que

k=1nck={0si degAn2,αsi degA=n1.

On pourra, comme le fait le cours pour étudier une fraction rationnelle à l'infini, évaluer () en un réel x qui n'est pas un pôle, multiplier par x, puis faire tendre x vers + en mettant en facteur le terme dominant au numérateur et au dénominateur.

2. (0,75 pt) Soient y1,,yn des nombres complexes deux à deux distincts, sans aucune autre hypothèse (ils ne sont plus supposés être les racines du polynôme B ci-dessus). Démontrer que

k=1n 1jk(ykyj)=0etk=1n ykn1jk(ykyj)=1.()

Vérifier ces deux identités sur y1=1, y2=2, y3=4.

3. (0,75 pt) On choisit maintenant yk=k pour k{1,,n}. Démontrer que

jk(kj)=(1)nk(k1)!(nk)!.

4. (1 pt) En déduire les deux identités

k=1n(1)k(n1k1)=0etk=1n(1)nk(n1k1)kn1=(n1)!.

On multipliera les égalités () par (n1)! pour y faire apparaître un coefficient binomial. Vérifier les deux identités pour n=4. Laquelle des deux était déjà connue, et pourquoi ce fait est-il rassurant ?

Exercice 5 (6,25 points) — Problème : la somme de toutes les dérivées

Si PR[X] est de degré n, ses dérivées successives P(k) sont nulles dès que k>n. La somme de toutes les dérivées de P, dérivée d'ordre 0 comprise, ne comporte donc qu'un nombre fini de termes non nuls : c'est un polynôme, que l'on note

S(P)=P+P+P+=k0P(k).

On pose de plus S(0)=0. Ce problème établit une propriété de S que rien ne laisse prévoir, et en tire un résultat sur une famille de polynômes bien connue.

Les trois parties s'enchaînent. Les résultats des questions précédentes sont utilisables même si elles n'ont pas été traitées.

Partie A — L'équation TT=P.

1. (0,5 pt) Calculer S(P) pour P=X3, puis pour P=X24X+3.

2. (0,5 pt) Soit P un polynôme non nul de degré n et de coefficient dominant a. Démontrer que S(P) est de degré n et de coefficient dominant a. En déduire que S(P)=0 si et seulement si P=0.

3. (0,5 pt) Démontrer que, pour tout PR[X],

S(P)S(P)=P.

4. (0,5 pt) Soit PR[X]. La question 3. montre que le polynôme T=S(P) vérifie TT=P. Démontrer que c'est le seul.

5. (0,5 pt) Soit nN. Expliciter l'unique polynôme T tel que TT=Xn, et contrôler le résultat pour n=3 à l'aide de la question 1.

Partie B — Un polynôme positif le reste.

Dans toute cette partie, PR[X] vérifie P(x)0 pour tout xR. On pose T=S(P) et l'on considère la fonction

g:xexT(x).

6. (0,5 pt) Démontrer que g est dérivable sur R et que g(x)=exP(x). En déduire que g est décroissante sur R.

7. (0,5 pt) Démontrer que g(x) tend vers 0 quand x tend vers +.

8. (0,5 pt) En déduire que g(x)0 pour tout xR, puis le résultat suivant : si un polynôme P est positif sur R, alors S(P) l'est aussi.

9. (0,5 pt) Améliorer le résultat : démontrer que si de plus P0, alors S(P)(x)>0 pour tout xR. On pourra supposer que g s'annule en un point x0 et regarder ce qui se passe sur [x0,+[.

10. (0,25 pt) La réciproque du résultat de la question 8. est-elle vraie ? Autrement dit, si S(P) est positif sur R, le polynôme P l'est-il nécessairement ? Justifier.

Partie C — L'exponentielle tronquée.

Pour nN, on pose

En=k=0nXkk!=1+X+X22++Xnn!.

11. (0,25 pt) Démontrer que S ⁣(Xnn!)=En.

12. (0,25 pt) En déduire que, si n est pair, alors En(x)>0 pour tout xR. Que peut-on dire des racines réelles de En ?

13. (0,75 pt) On suppose maintenant n impair. Démontrer que En=En1, puis que En admet exactement une racine réelle. Pour l'existence, on citera le résultat du cours sur les polynômes réels de degré impair.

14. (0,25 pt) Localiser cette racine pour n=3 entre deux entiers consécutifs.

Bloqué sur « Polynômes » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.