PCSI · Chapitre 11 · Second semestre

Exercices — Matrices et déterminants

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Colonne des coordonnées et matrice d'une famille

Matrice d'un vecteur, d'une famille de vecteurs dans une base

On note e=(e1,e2,e3) la base canonique de R3 et b=(1,X,X2) la base canonique de R2[X].

1. Écrire les colonnes Mate(u) et Mate(v) des vecteurs u=(2,1,3) et v=(0,5,4), puis la colonne Matb(P) du polynôme P=32X+X2.

2. Écrire la matrice Mate(u1,u2,u3) de la famille définie par u1=(1,0,1), u2=(2,1,0) et u3=(0,3,4).

3. Dans R2, on pose e1=(1,1), e2=(1,1) et e=(e1,e2). Vérifier que e est une base de R2, puis déterminer Mate(w) pour w=(5,1).

Exercice 2 ★★★Matrice d'une application linéaire en bases canoniques

Matrice d'une application linéaire dans un couple de bases, d'un endomorphisme dans une base

On munit R2 de sa base canonique c2=(ε1,ε2) et R3 de sa base canonique c3=(e1,e2,e3).

1. Soit u:R3R2 définie par u(x,y,z)=(x+2yz, 3xy). Écrire Matc3,c2(u).

2. Soit v:R2R2 définie par v(x,y)=(2x3y, x+y). Écrire Matc2(v).

3. Soit C=(102103). Préciser les espaces de départ et d'arrivée de l'application linéaire w canoniquement associée à C, puis donner son expression.

Exercice 3 ★★★Lire l'image d'un vecteur sur la matrice

Isomorphisme entre applications linéaires et matrices, coordonnées de l'image d'un vecteurMatrice d'une application linéaire dans un couple de bases, d'un endomorphisme dans une base

Soit u l'endomorphisme de R3 dont la matrice dans la base canonique e est

A=Mate(u)=(120103211).

1. Déterminer u(x) pour chacun des vecteurs suivants.

a. x=(1,1,1)

b. x=(1,0,1)

c. x=(0,2,1)

2. Soit φ l'endomorphisme de R2[X] de matrice M=(010002000) dans la base b=(1,X,X2). Déterminer φ(P) pour P=23X+5X2.

Exercice 4 ★★★★Noyau, image et rang d'une matrice d'ordre trois

Application linéaire canoniquement associée, noyau, image et rang d'une matrice

On considère la matrice

A=(123234345)M3(R).

1. Résoudre le système homogène AX=0 et en déduire une base de Ker(A).

2. Déterminer une base de Im(A), puis rg(A).

3. Vérifier le théorème du rang pour l'endomorphisme de R3 canoniquement associé à A.

Exercice 5 ★★★Trois rangs par la méthode du pivot

Calcul du rang par opérations élémentaires, rang de la transposée, critères d'inversibilité

Calculer le rang de chacune des matrices suivantes à l'aide d'opérations élémentaires sur les lignes, puis dire si la matrice carrée est inversible.

a. A=(121231350)

b. B=(102101132136)

c. C=(110211011102)

Exercice 6 ★★★Déterminants d'ordre deux et d'ordre trois

Calcul pratique : opérations élémentaires, développement selon une ligne ou une colonne, matrices triangulaires

Calculer les déterminants suivants.

a. 3524

b. 1428

c. 7231

d. 120031111

e. 102310214

f. 111123149

Exercice 7 ★★★Déterminant d'une matrice triangulaire et premiers réflexes

Calcul pratique : opérations élémentaires, développement selon une ligne ou une colonne, matrices triangulairesDéterminant d'un endomorphisme et d'une matrice carrée : produit, inverse, transposée

1. Calculer detTT=(235014003).

2. Calculer detBB=(104201307).

3. Calculer detCC=(123125480).

4. Soit AM3(R) telle que detA=5. Calculer det(2A).

5. Justifier que cette matrice A est inversible, puis calculer det(A1) et det(A3).

Chaque réponse sera justifiée par la propriété du cours utilisée.

Exercice 8 ★★★★Une matrice de passage et son inverse

Matrices de passage et formules de changement de base

Dans R3 muni de sa base canonique e=(e1,e2,e3), on pose

e1=(1,0,1),e2=(1,1,0),e3=(0,1,1),e=(e1,e2,e3).

1. Montrer que e est une base de R3, puis écrire la matrice de passage P=Pee.

2. Calculer P1 par la méthode du pivot.

3. Déterminer les coordonnées du vecteur x=(1,2,3) dans la base e.

Exercice 9 ★★★★Matrice d'une composée et de la réciproque

Matrice d'une composée, matrices inversibles et isomorphismes, matrice de la réciproqueIsomorphisme entre applications linéaires et matrices, coordonnées de l'image d'un vecteur

On note e=(e1,e2,e3) la base canonique de R3 et f=(f1,f2) celle de R2. On considère les applications linéaires

u:R3R2,(x,y,z)(xy+2z, 3x+yz),v:R2R2,(s,t)(2s+t, s+t).

1. Écrire A=Mate,f(u) et B=Matf(v), puis calculer les coordonnées de u(1,2,1) à l'aide de A.

2. En déduire Mate,f(vu) par un produit matriciel.

3. Retrouver ce résultat en calculant directement v(u(x,y,z)).

4. Montrer que v est un isomorphisme, écrire Matf(v1) et vérifier le résultat par un produit.

Exercice 10 ★★★★La dérivation sur les polynômes de degré au plus trois

Matrice d'une application linéaire dans un couple de bases, d'un endomorphisme dans une baseApplication linéaire canoniquement associée, noyau, image et rang d'une matrice

On sait que D:R3[X]R3[X], PP, est un endomorphisme de R3[X]. On note e=(1,X,X2,X3) la base canonique de R3[X] et N=Mate(D).

1. Écrire la matrice N.

2. Déterminer KerN et ImN, en déduire rg(N) et vérifier le théorème du rang. Traduire ces résultats sur D.

3. Calculer N2 et N3, puis montrer que N4=0. Interpréter en termes de dérivations successives.

4. L'endomorphisme D est-il inversible ? Donner deux justifications indépendantes.

Exercice 11 ★★★Rang d'une matrice dépendant d'un paramètre

Calcul du rang par opérations élémentaires, rang de la transposée, critères d'inversibilité

Pour mR, on pose

Am=(11m1m1m11)M3(R).

1. Échelonner Am par des opérations élémentaires sur les lignes, en veillant à ne diviser par aucune quantité susceptible de s'annuler.

2. En déduire rg(Am) selon les valeurs de m.

3. Calculer detAm, puis vérifier que les deux méthodes donnent les mêmes valeurs critiques de m.

Exercice 12 ★★★★Quatre critères pour une même matrice inversible

Application linéaire canoniquement associée, noyau, image et rang d'une matriceMatrice d'une composée, matrices inversibles et isomorphismes, matrice de la réciproqueDéterminant d'un endomorphisme et d'une matrice carrée : produit, inverse, transposée

On considère la matrice suivante, dont on note C1, C2, C3 les colonnes, et l'endomorphisme a de R3 qui lui est canoniquement associé :

A=(121231111)M3(R).

Les quatre premières questions établissent chacune, par un argument différent, que A est inversible.

1. Résoudre AX=0 et en déduire KerA.

2. Montrer que (C1,C2,C3) engendre R3.

3. Calculer rg(A) par la méthode du pivot.

4. Calculer detA.

5. Résoudre AX=Y pour tout YM3,1(R), en déduire A1, et vérifier le résultat par un produit.

Exercice 13 ★★★Développer selon la ligne ou la colonne la plus creuse

Calcul pratique : opérations élémentaires, développement selon une ligne ou une colonne, matrices triangulaires

Calculer les deux déterminants suivants en développant à chaque étape selon une ligne ou une colonne bien choisie :

D1=2010304512010030,D2=0120030140120210.

On indiquera pour D1 combien de déterminants d'ordre 3 aurait coûté un développement selon la deuxième ligne.

Exercice 14 ★★★★Des déterminants qui se simplifient par opérations élémentaires

Calcul pratique : opérations élémentaires, développement selon une ligne ou une colonne, matrices triangulaires

Calculer les trois déterminants suivants à l'aide d'opérations élémentaires, en précisant à chaque étape l'effet exact de l'opération sur la valeur du déterminant.

Δ1=312141213,Δ2=4812132215,Δ3=1111131211411113.

Pour Δ1, on remarquera que les trois colonnes ont la même somme ; pour Δ2, qu'une ligne admet un facteur commun.

Exercice 15 ★★★★Reconnaître une base grâce au déterminant

Déterminant d'une famille de vecteurs dans une base, caractérisation des bases, aire et volume orientésMatrice d'un vecteur, d'une famille de vecteurs dans une base

On note e=(e1,e2,e3) la base canonique de R3 et b=(1,X,X2) celle de R2[X]. Dans chacun des cas suivants, dire si la famille proposée est une base de l'espace indiqué, en calculant son déterminant dans la base de référence.

1. u1=(1,2,1), u2=(0,1,3), u3=(2,1,1) dans R3.

2. v1=(1,1,2), v2=(2,1,1), v3=(4,1,5) dans R3 ; si la famille est liée, en exhiber une relation de liaison.

3. P1=1+X, P2=X+X2, P3=1+X2 dans R2[X].

4. Pour tR : w1=(1,0,t), w2=(0,1,1), w3=(t,1,2) dans R3. Discuter selon t, et écrire une relation de liaison dans les cas exclus.

Exercice 16 ★★★★Changer de base : les coordonnées d'un vecteur

Matrices de passage et formules de changement de baseMatrice d'un vecteur, d'une famille de vecteurs dans une base

Dans R3 muni de sa base canonique e=(e1,e2,e3), on pose

e1=(1,1,0),e2=(1,2,1),e3=(0,1,2),e=(e1,e2,e3).
  1. Écrire la matrice de passage P=Pee, puis justifier à l'aide d'un déterminant que e est bien une base de R3.

  2. Calculer P1 et préciser ce que représentent ses colonnes.

  3. Le vecteur v a pour coordonnées (2,1,3) dans la base e. Déterminer ses coordonnées dans la base e.

  4. Le vecteur w a pour coordonnées (1,2,1) dans la base e. Déterminer ses coordonnées dans la base e.

Exercice 17 ★★★★La matrice d'un endomorphisme dans une base mieux choisie

Matrices de passage et formules de changement de baseMatrices semblables, recherche d'une matrice simple semblable à une matrice donnée

Soit u l'endomorphisme de R3 dont la matrice dans la base canonique e est

A=Mate(u)=(122102111).

On pose f1=(1,1,1), f2=(1,1,0), f3=(0,1,1) et e=(f1,f2,f3).

  1. Montrer que e est une base de R3 et écrire P=Pee.

  2. Calculer u(f1), u(f2), u(f3), puis en déduire D=Mate(u).

  3. Justifier que D=P1AP sans calculer P1. Que dire des matrices A et D ?

  4. Décrire simplement l'action de u, puis donner Mate(un) pour nN.

Exercice 18 ★★★★Matrice d'une projection sur un plan

Matrice d'une application linéaire dans un couple de bases, d'un endomorphisme dans une baseMatrices de passage et formules de changement de base

Dans R3 muni de sa base canonique e, on considère

Π={(x,y,z)R3  ;  x+y+z=0},Δ=Vect((1,0,0)),

et on note p la projection sur Π parallèlement à Δ. On pose f1=(1,1,0), f2=(1,0,1), f3=(1,0,0).

  1. Montrer que R3=ΠΔ et que e=(f1,f2,f3) est une base adaptée à cette décomposition.

  2. Écrire D=Mate(p).

  3. Écrire P=Pee, calculer P1, puis en déduire A=Mate(p).

  4. Vérifier que A2=A et que rg(A)=2, puis retrouver Im(A) et Ker(A).

Exercice 19 ★★★★Une symétrie et sa base adaptée

Matrices de passage et formules de changement de baseMatrices semblables, recherche d'une matrice simple semblable à une matrice donnée

Dans R3 muni de sa base canonique e, on considère

Π={(x,y,z)R3  ;  xy+z=0},Δ=Vect((1,1,1)),

et on note s la symétrie par rapport à Π parallèlement à Δ. On pose f1=(1,1,0), f2=(1,0,1), f3=(1,1,1).

  1. Vérifier que e=(f1,f2,f3) est une base de R3 adaptée à la décomposition R3=ΠΔ, puis écrire D=Mate(s).

  2. Écrire P=Pee et calculer P1.

  3. En déduire A=Mate(s), puis vérifier que A2=I3.

  4. Calculer det(A) de deux façons et interpréter le résultat.

Exercice 20 ★★★★Système linéaire : rang, compatibilité et dimension des solutions

Systèmes linéaires : rang, compatibilité, dimension de l'espace des solutions, systèmes de Cramer

Soit AM3,4(R) et, pour B=t(b1,b2,b3)M3,1(R), le système (SB):AX=B d'inconnue X=t(x,y,z,t)M4,1(R), où

A=(121124113600).
  1. Déterminer rg(A).

  2. Déterminer Ker(A) : une base, la dimension. Vérifier le théorème du rang.

  3. Donner une condition nécessaire et suffisante sur (b1,b2,b3) pour que (SB) admette au moins une solution, et en déduire Im(A).

  4. Résoudre (SB) pour B=t(1,5,6), puis conclure pour B=t(1,5,7).

Exercice 21 ★★★★Un système de Cramer résolu de deux façons

Systèmes linéaires : rang, compatibilité, dimension de l'espace des solutions, systèmes de CramerDéterminant d'un endomorphisme et d'une matrice carrée : produit, inverse, transposée

On considère le système (S):AX=B d'inconnue X=t(x,y,z)M3,1(R), où

A=(121132254),B=(125).
  1. Calculer det(A) à l'aide d'opérations élémentaires. Qu'en déduit-on pour (S) ?

  2. Résoudre (S) par la méthode du pivot.

  3. Calculer A1, puis retrouver la solution sous la forme X=A1B.

  4. Comparer les deux méthodes : dans quelle situation privilégier l'une ou l'autre ?

Exercice 22 ★★★★Déterminant d'un produit, d'un inverse, d'une transposée

Déterminant d'un endomorphisme et d'une matrice carrée : produit, inverse, transposée

  1. Soient n1 et A,BMn(K). Dire si chaque affirmation est vraie ou fausse : démontrer les vraies, réfuter les fausses par un contre-exemple explicite de M2(K).

    a. det(AB)=det(BA)

    b. det(Ak)=(detA)k pour kN

    c. det(λA)=λdet(A) pour λK

    d. det(A1)=1det(A) si AGLn(K)

    e. det(t ⁣A)=det(A)

    f. det(A+B)=det(A)+det(B)

  2. Montrer que deux matrices semblables ont le même déterminant. La réciproque est-elle vraie ?

Exercice 23 ★★★★Calculer la puissance n-ième en changeant de base

Matrices semblables, recherche d'une matrice simple semblable à une matrice donnéeApplications : puissances d'une matrice, suites récurrentes couplées, déterminants classiques

On considère les deux matrices de M3(R)

A=(011101110),P=(111110101).

1. Calculer det(P), en déduire que P est inversible, puis déterminer P1.

2. Calculer le produit AP et en déduire que D=P1AP est une matrice diagonale, que l'on précisera.

3. Justifier que An=PDnP1 pour tout nN, puis expliciter les neuf coefficients de An.

4. Contrôler la formule obtenue pour n=0, n=1 et n=2.

Exercice 24 ★★★★Deux suites couplées résolues par un changement de base

Applications : puissances d'une matrice, suites récurrentes couplées, déterminants classiquesMatrices semblables, recherche d'une matrice simple semblable à une matrice donnée

On définit deux suites réelles (un) et (vn) par u0=3, v0=2 et, pour tout nN,

{un+1=4un2vn,vn+1=un+vn.

On pose Xn=(unvn) et P=(1211).

1. Déterminer AM2(R) telle que Xn+1=AXn, puis montrer que Xn=AnX0 pour tout nN.

2. Montrer que P est inversible, calculer P1, et vérifier que D=P1AP est diagonale.

3. En déduire les expressions de un et vn en fonction de n, puis les contrôler pour n=1 et n=2.

4. Déterminer la limite de la suite (un/vn).

Exercice 25 ★★★Les matrices de rang un

Application linéaire canoniquement associée, noyau, image et rang d'une matriceCalcul du rang par opérations élémentaires, rang de la transposée, critères d'inversibilité

Soit n2 et AMn(K) une matrice non nulle.

1. Montrer que rg(A)=1 si et seulement s'il existe une colonne non nulle CMn,1(K) et une ligne non nulle LM1,n(K) telles que A=CL.

2. On suppose A=CL comme ci-dessus. Justifier que le produit LC est une matrice à un seul coefficient, que l'on identifie à un scalaire αK, puis montrer que A2=αA.

3. En déduire que A est nilpotente si et seulement si α=0, et que si α0, la matrice 1αA est celle d'un projecteur.

4. Appliquer ce qui précède à A=(112224336).

Exercice 26 ★★★★Le rang de A et celui de sa transposée

Calcul du rang par opérations élémentaires, rang de la transposée, critères d'inversibilitéApplication linéaire canoniquement associée, noyau, image et rang d'une matrice

On considère la matrice

A=(123213336110)M4,3(R).

1. Calculer rg(A) à l'aide d'opérations élémentaires sur les colonnes.

2. Écrire t ⁣A et calculer son rang à l'aide d'opérations élémentaires sur les lignes. Comparer avec la question 1.

3. En déduire que le rang de A est aussi le nombre maximal de lignes de A formant une famille libre, et le vérifier sur cet exemple.

4. Montrer que pour toute matrice MMn,p(K), rg(M)min(n,p), et donner un exemple où l'inégalité est stricte.

Exercice 27 ★★★Un endomorphisme nilpotent et sa base adaptée

Matrice d'une application linéaire dans un couple de bases, d'un endomorphisme dans une baseMatrices semblables, recherche d'une matrice simple semblable à une matrice donnée

Soit u un endomorphisme de R3 tel que u3=0 et u20.

1. Justifier l'existence d'un vecteur w tel que u2(w)0, puis montrer que la famille e=(w,u(w),u2(w)) est une base de R3.

2. Écrire la matrice N=Mate(u).

3. En déduire que u n'est pas inversible et que det(u)=0.

4. On pose u(x,y,z)=(0, x, x+y). Vérifier que u satisfait les hypothèses de l'énoncé et expliciter une base adaptée.

Exercice 28 ★★★Même rang, et pourtant pas semblables

Matrices semblables, recherche d'une matrice simple semblable à une matrice donnéeDéterminant d'un endomorphisme et d'une matrice carrée : produit, inverse, transposée

Deux matrices A et B de Mn(K) sont dites semblables lorsqu'il existe PGLn(K) telle que B=P1AP.

1. Soient A et B semblables. Montrer que det(A)=det(B) et que rg(A)=rg(B).

2. Montrer que I2 et (1101) ont même rang et même déterminant, sans être semblables.

3. On pose A=(100010000) et B=(100001000). Vérifier qu'elles ont même rang et même déterminant, puis montrer qu'elles ne sont pas semblables en utilisant la relation M2=M.

4. Retrouver le résultat de la question 3 avec l'invariant rg(MI3).

Exercice 29 ★★★Le déterminant d'une matrice antisymétrique d'ordre impair

Déterminant d'un endomorphisme et d'une matrice carrée : produit, inverse, transposée

Une matrice AMn(R) est dite antisymétrique lorsque t ⁣A=A.

1. Soit A antisymétrique d'ordre n impair. Montrer que det(A)=0.

2. Montrer, sur un exemple d'ordre 2 puis d'ordre 4, que le résultat tombe en défaut lorsque n est pair.

3. Soit A antisymétrique d'ordre 3.

a. Justifier que A=(0aba0cbc0) avec a,b,cR.

b. Montrer que si rg(A)1, alors A=0.

c. En déduire que rg(A){0,2}, et montrer que les deux valeurs sont atteintes.

Exercice 30 ★★★★Le déterminant d'une matrice dont les coefficients hors diagonale sont égaux

Calcul pratique : opérations élémentaires, développement selon une ligne ou une colonne, matrices triangulaires

Soit n2 et (a,b)K2. On note Mn(a,b)Mn(K) la matrice dont tous les coefficients diagonaux valent a et dont tous les autres coefficients valent b, et on pose Dn=detMn(a,b) :

Mn(a,b)=(abbbabbba).
  1. Montrer que l'opération C1C1+C2++Cn laisse Dn inchangé, puis en déduire que a+(n1)b se factorise dans Dn.

  2. Conclure, à l'aide des opérations LiLiL1 pour 2in, que Dn=(a+(n1)b)(ab)n1.

  3. Calculer detM3(5,2) et detM4(1,1).

  4. Donner une condition nécessaire et suffisante portant sur (a,b) pour que Mn(a,b)GLn(K).

Exercice 31 ★★★Un déterminant tridiagonal par récurrence

Calcul pratique : opérations élémentaires, développement selon une ligne ou une colonne, matrices triangulairesApplications : puissances d'une matrice, suites récurrentes couplées, déterminants classiques

Pour n1, on note TnMn(R) la matrice dont tous les coefficients diagonaux valent 2, dont les coefficients situés juste au-dessus et juste au-dessous de la diagonale valent 1, et dont tous les autres coefficients sont nuls. On pose Dn=detTn :

Tn=(2100121012010012).
  1. Calculer D1, D2 et D3.

  2. Montrer que Dn=2Dn1Dn2 pour tout n3, en développant selon la première colonne, puis en développant le second mineur obtenu selon sa première ligne.

  3. Résoudre cette relation de récurrence et en déduire l'expression de Dn pour tout n1.

  4. La matrice Tn est-elle inversible ?

Exercice 32 ★★★Un sous-espace stable et la matrice qui s'en souvient

Matrices semblables, recherche d'une matrice simple semblable à une matrice donnéeMatrice d'une application linéaire dans un couple de bases, d'un endomorphisme dans une base

Soit E un K-espace vectoriel de dimension 3 et uL(E). Un sous-espace F de E est dit stable par u lorsque u(F)F. On suppose ici que F est stable par u et que dimF=2.

  1. Soit (f1,f2) une base de F, complétée en une base f=(f1,f2,f3) de E. Montrer que les deux premiers coefficients de la troisième ligne de Matf(u) sont nuls, et expliquer en quoi ces deux zéros traduisent exactement la stabilité de F.

  2. Exemple. Dans E=R3 de base canonique e, on pose A=Mate(u) et F={(x,y,z)R3  ;  x+y+z=0}, avec

    A=(210102021).

    Vérifier que F est stable par u, puis écrire Matf(u) pour f=(f1,f2,f3) avec f1=(1,1,0), f2=(0,1,1) et f3=(1,0,0).

  3. Déduire de la question 1 une expression de detu comme produit d'un déterminant d'ordre 2 et d'un déterminant d'ordre 1, et la vérifier sur l'exemple.

Exercice 33 ★★★★Le déterminant de Vandermonde

Calcul pratique : opérations élémentaires, développement selon une ligne ou une colonne, matrices triangulairesDéterminant d'une famille de vecteurs dans une base, caractérisation des bases, aire et volume orientés

Soit n2 et x1,,xnK. On appelle déterminant de Vandermonde de ces scalaires le déterminant

V(x1,,xn)=1x1x12x1n11x2x22x2n11xnxn2xnn1.
  1. Calculer V(x1,x2,x3) en effectuant, dans cet ordre, C3C3x1C2 puis C2C2x1C1, et factoriser le résultat.

  2. Montrer par récurrence sur n2 que V(x1,,xn)=1i<jn(xjxi).

  3. Soient a1,,an deux à deux distincts et y1,,ynK. En déduire qu'il existe un unique polynôme PKn1[X] tel que P(ai)=yi pour tout i.

Exercice 34 ★★★Un déterminant circulant d'ordre trois

Calcul pratique : opérations élémentaires, développement selon une ligne ou une colonne, matrices triangulaires

Soient a,b,cR et CM3(R) la matrice circulante de première ligne (a,b,c), chaque ligne se déduisant de la précédente par un décalage vers la droite :

C=(abccabbca).
  1. En effectuant C1C1+C2+C3, montrer que a+b+c se factorise dans detC, puis achever le calcul par des opérations sur les lignes.

  2. Calculer par ailleurs detC en développant selon la première ligne, et en déduire l'identité a3+b3+c33abc=(a+b+c)(a2+b2+c2abbcca).

  3. On pose j=e2iπ/3. Montrer que (a+jb+j2c)(a+j2b+jc)=a2+b2+c2abbcca, puis donner une condition nécessaire et suffisante sur (a,b,c)R3 pour que CGL3(R).

Exercice 35 ★★★★Le rang de l'application qui à M associe AM

Application linéaire canoniquement associée, noyau, image et rang d'une matriceIsomorphisme entre applications linéaires et matrices, coordonnées de l'image d'un vecteur

Soit n1 et AMn(K) de rang r. On considère

ΦA:Mn(K)Mn(K),MAM.

On note Ker(A)={XMn,1(K)  ;  AX=0} le noyau de la matrice A.

  1. Montrer que ΦA est un endomorphisme de Mn(K).

  2. Montrer que MKer(ΦA) si et seulement si chacune des colonnes de M appartient à Ker(A), puis en déduire que dimKer(ΦA)=n(nr).

  3. En déduire rg(ΦA).

  4. Traiter les cas AGLn(K) et A=0, puis expliciter noyau et image pour n=2 et A=(1111).

Exercice 36 ★★★★Rang un : le déterminant de I plus A

Calcul pratique : opérations élémentaires, développement selon une ligne ou une colonne, matrices triangulairesDéterminant d'un endomorphisme et d'une matrice carrée : produit, inverse, transposée

Soit n2, CMn,1(K) une colonne non nulle et LM1,n(K) une ligne non nulle. On pose A=CLMn(K) et on note αK l'unique scalaire tel que LC=(α). On identifie Kn à Mn,1(K) et on note a l'endomorphisme canoniquement associé à A.

  1. Montrer que a(X)=(LX)C pour toute colonne X, que Im(a)=Vect(C), et que H=Ker(a) est un hyperplan. Montrer enfin que CH si et seulement si α=0.

  2. Premier cas : α0. Montrer que (C,h2,,hn) est une base de Kn pour toute base (h2,,hn) de H, écrire la matrice de id+a dans cette base et en déduire det(In+A)=1+α.

  3. Second cas : α=0. Choisir une base adaptée et montrer que la formule reste vraie.

  4. Application : C=t(1,2,1) et L=(2,1,1). Calculer det(I3+A) des deux façons.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.