PCSI · Chapitre 12 · Second semestre

Exercices — Intégration

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★★Subdivisions et fonctions en escalier

Subdivisions, fonctions en escalier et leur intégrale

On rappelle qu'une subdivision du segment [a,b] est une famille finie σ=(x0,x1,,xn) de réels telle que a=x0<x1<<xn=b ; son pas est le réel max{xi+1xi  ;  0in1}. Une fonction φ:[a,b]R est en escalier s'il existe une subdivision σ de [a,b], dite adaptée à φ, telle que φ soit constante sur chacun des intervalles ouverts ]xi,xi+1[. En notant ci la valeur de φ sur ]xi,xi+1[, son intégrale est

[a,b]φ=i=0n1ci(xi+1xi)

et l'on sait que ce nombre ne dépend pas de la subdivision adaptée choisie.

1. Donner le pas de la subdivision σ=(0,1,52,3,5) de [0,5].

2. Soit φ:[0,4]R définie par φ(t)=3 si t[0,1[, φ(1)=0, φ(t)=1 si t]1,52[, φ ⁣(52)=4 et φ(t)=2 si t]52,4]. Montrer que φ est en escalier en exhibant une subdivision adaptée, puis calculer [0,4]φ.

3. Montrer que tt est en escalier sur [0,4] et calculer [0,4]tdt.

4. Soit φ une fonction en escalier sur [a,b] et ψ:[a,b]R qui coïncide avec φ sauf en un nombre fini de points. Montrer que ψ est en escalier et que [a,b]ψ=[a,b]φ.

5. Soient φ et ψ deux fonctions en escalier sur [0,3], adaptées respectivement à σ=(0,1,3) et à τ=(0,2,3). Justifier que φ+ψ est en escalier. Traiter le cas où φ vaut 1 sur ]0,1[ et 2 sur ]1,3[, et où ψ vaut 3 sur ]0,2[ et 1 sur ]2,3[, en vérifiant sur cet exemple que [0,3](φ+ψ)=[0,3]φ+[0,3]ψ.

Exercice 2 ★★★Lecture graphique : signes et aires

Intégrale d'une fonction continue sur un segment, aire et valeur moyenneLinéarité, relation de Chasles, positivité et croissance de l'intégrale

Courbe de la fonction f de l'exercice

La courbe ci-dessus est celle d'une fonction f continue sur [1,6], affine sur chacun des cinq intervalles délimités par les sommets visibles. On lit sur le graphique que ses sommets successifs sont

(1,0),(0,2),(2,2),(4,2),(5,2),(6,0)

Ainsi f croît de 0 à 2 sur [1,0], vaut 2 sur [0,2], décroît de 2 à 2 sur [2,4], vaut 2 sur [4,5], puis remonte de 2 à 0 sur [5,6].

1. Sans aucun calcul, donner le signe (positif, négatif ou nul) de 02f, de 24f et de 46f.

2. En décomposant en aires de rectangles et de triangles, calculer 10f, 02f, 24f, 45f et 56f, puis en déduire 16f.

3. Calculer la valeur moyenne de f sur [1,6].

4. Calculer 16f et comparer ce nombre à 16f. Le résultat était-il prévisible ?

5. On pose F(x)=1xf(t)dt pour x[1,6]. Déterminer les intervalles sur lesquels F croît, ceux sur lesquels elle décroît, et le point où elle atteint son maximum. Préciser la valeur de ce maximum.

Exercice 3 ★★★Relation de Chasles et calculs directs

Linéarité, relation de Chasles, positivité et croissance de l'intégraleSubdivisions, fonctions en escalier et leur intégrale

Chacune des fonctions ci-dessous change d'expression au cours du segment d'intégration. La méthode est toujours la même : repérer les valeurs de t où l'expression change, découper le segment en ces points grâce à la relation de Chasles, puis calculer sur chaque sous-segment avec la formule qui y est valable.

1. Calculer les intégrales suivantes.

a. 05/2tdt

b. 03t21dt

c. 22tdt

d. 02max(t,t2)dt

2. Soit f la fonction définie sur [0,2] par

f(t)={t2si t12t1si t>1

Montrer que f est continue sur [0,2], puis calculer 02f(t)dt.

Exercice 4 ★★★★Linéarité, croissance et premiers encadrements

Linéarité, relation de Chasles, positivité et croissance de l'intégraleInégalité triangulaire intégrale, inégalité de la moyenne et encadrements

Dans tout l'exercice, les fonctions considérées sont continues sur le segment d'intégration.

1. Calculer les intégrales suivantes en utilisant la linéarité.

a. 01(3t22t+5)dt

b. 12(1t3t2)dt

c. Sachant que 01f=3 et 01g=2, calculer 01(2f5g).

2. Comparer, sans les calculer, 01t2dt et 01t3dt, puis 12t2dt et 12t3dt. Confirmer ensuite par le calcul.

3. Pour nN, on pose In=01dt1+tn. Montrer que nn+1In1, puis déterminer la limite de la suite (In).

4. Donner deux fonctions f et g et deux réels a et b tels que fg sur le segment considéré et pourtant abf>abg. Quelle hypothèse du théorème de croissance a été mise en défaut ?

5. Donner un exemple de fonction continue f et de réels a<b tels que abf0 sans que f soit positive sur [a,b].

Exercice 5 ★★★★Valeur moyenne et théorème de la moyenne

Intégrale d'une fonction continue sur un segment, aire et valeur moyenne

Si f est continue sur [a,b] avec a<b, sa valeur moyenne sur ce segment est le réel

μ=1baabf(t)dt

1. Calculer la valeur moyenne des fonctions suivantes sur le segment indiqué.

a. tt2 sur [0,1]

b. tsint sur [0,π]

c. t1t sur [1,e]

d. tet sur [0,1]

2. (Théorème de la moyenne.) Soit f continue sur [a,b] avec a<b. Montrer qu'il existe c[a,b] tel que

abf(t)dt=f(c)(ba)

On utilisera le théorème des bornes atteintes puis le théorème des valeurs intermédiaires.

3. Déterminer explicitement un tel réel c pour tt2 sur [0,1], puis pour t1t sur [1,e].

4. Soit φ la fonction en escalier définie sur [0,2] par φ(t)=0 si t[0,1[ et φ(t)=1 si t[1,2]. Montrer que la conclusion de la question 2 tombe en défaut pour φ. Quelle hypothèse manque-t-il ?

Exercice 6 ★★★Premières intégrations par parties

Intégration par parties

On rappelle le théorème d'intégration par parties : si u et v sont de classe C1 sur le segment [a,b], alors

abu(t)v(t)dt=[u(t)v(t)]ababu(t)v(t)dt

On dérive le facteur qui se simplifie en étant dérivé (un polynôme, un logarithme, une fonction circulaire réciproque) et on intègre celui dont une primitive est immédiate.

Calculer les intégrales suivantes. Pour chacune, préciser les fonctions u et v choisies et justifier qu'elles sont de classe C1 sur le segment d'intégration.

a. 01tetdt

b. 1elntdt

c. 0πtsintdt

d. 01Arctantdt

e. 01t2etdt

Exercice 7 ★★★★Premiers changements de variable

Changement de variable

On rappelle le théorème de changement de variable : si f est continue sur un intervalle I et si φ:[α,β]I est de classe C1, alors

αβf ⁣(φ(u))φ(u)du=φ(α)φ(β)f(t)dt

Ces hypothèses seront vérifiées à chaque question ; on ne les répétera pas.

1. Calculer les intégrales suivantes à l'aide du changement de variable indiqué.

a. 01t1+t2dt, avec t2+1

b. 01t1t2dt, avec 1t2

c. 14dtt(1+t), avec u=t

d. 0ln2et1+e2tdt, avec u=et

2. Soit f continue sur [a,b]. Montrer que abf(a+bt)dt=abf(t)dt. En déduire la valeur de 0π/2sintsint+costdt.

Exercice 8 ★★★Dériver une fonction définie par une intégrale

Théorème fondamental, primitives et fonctions définies par une intégrale

On rappelle le théorème fondamental : si f est continue sur un intervalle I et si aI, alors xaxf(t)dt est l'unique primitive de f sur I qui s'annule en a ; elle est de classe C1 sur I et sa dérivée est f.

1. Pour chacune des fonctions suivantes, préciser son ensemble de définition, justifier qu'elle est de classe C1 et calculer sa dérivée.

a. F(x)=0xdt1+t4

b. G(x)=x1et2dt

c. H(x)=0x2sin ⁣(t2)dt

d. K(x)=x2xdt1+t2

2. Dresser le tableau de variations de K sur R.

Exercice 9 ★★★★Parité, imparité et segments centrés

Parité, imparité et périodicité dans le calcul d'intégrales

Soit a>0 et f une fonction continue sur [a,a].

1. À l'aide du changement de variable tt, montrer que a0f(t)dt=0af(u)du, puis en déduire que

si f est paire,aaf=20afetsi f est impaire,aaf=0

2. Calculer les intégrales suivantes en exploitant, quand c'est possible, les symétries de l'intégrande.

a. 33t31+t2dt

b. 11dt1+t2

c. 11t2+t1+t2dt

d. 11etdt

3. Soit f continue sur R et F:x0xf(t)dt. Montrer que F est paire si f est impaire, et impaire si f est paire.

Exercice 10 ★★★★Intégrales de fonctions périodiques

Parité, imparité et périodicité dans le calcul d'intégrales

Soit T>0 et soit f une fonction continue sur R et T-périodique, c'est-à-dire vérifiant f(t+T)=f(t) pour tout réel t. On pose

φ(x)=xx+Tf(t)dt

1. Montrer que φ est dérivable sur R, calculer φ, et en déduire que pour tout réel a :

aa+Tf(t)dt=0Tf(t)dt

Autrement dit, l'intégrale sur une période ne dépend pas du point de départ.

2. Retrouver ce résultat par la relation de Chasles et un changement de variable.

3. Calculer 02πsin2tdt, puis vérifier le résultat en le comparant à 02πcos2tdt.

4. Calculer π/3π/3+πsintdt.

5. Pour nN, calculer 0nπsintdt, puis en déduire la valeur moyenne de sin sur [0,nπ].

Exercice 11 ★★★Premières sommes de Riemann

Sommes de Riemann et limites de sommes

On rappelle le théorème des sommes de Riemann : si f est continue sur le segment [a,b], alors

limn+bank=0n1f ⁣(a+kban)=abf(t)dt

Dans tout l'exercice, on se place sur [0,1] : le pas vaut 1n et les points de subdivision sont les kn. Reconnaître une somme de Riemann, c'est faire apparaître un facteur 1n devant une somme dont le terme général ne dépend de k que par l'intermédiaire de kn.

1. Déterminer limn+unun=1nk=0n1(kn)2, puis retrouver le résultat par un calcul exact de un.

2. Soit g une fonction continue sur [0,1]. Comparer 1nk=1ng ⁣(kn) et 1nk=0n1g ⁣(kn), et en déduire que ces deux suites ont la même limite.

3. Déterminer les limites de vn=1nk=1n11+kn et de wn=k=1n1n+k.

4. Déterminer la limite de xn=1nk=1nsin ⁣(kπn).

5. Déterminer la limite de yn=k=1nnn2+k2.

Exercice 12 ★★★★Intégrale d'une fonction à valeurs complexes

Intégrale d'une fonction continue à valeurs complexes

Si f est une fonction continue sur [a,b] à valeurs dans C, on pose par définition

abf(t)dt=abRe(f(t))dt+iabIm(f(t))dt

L'intégrale reste linéaire (avec des coefficients complexes) et vérifie abfabf lorsque ab. On utilisera librement le fait suivant, connu depuis l'étude de l'exponentielle complexe : pour αC, la fonction teαtα est une primitive sur R de teαt.

1. Calculer, par les deux méthodes (parties réelle et imaginaire, puis primitive complexe) :

a. 02πeitdt

b. 0πe2itdt

c. 01(t+i)2dt

2. Calculer 0πe(1+i)tdt, puis en déduire les valeurs de 0πetcostdt et de 0πetsintdt.

3. Vérifier sur l'exemple f(t)=eit sur [0,2π] que l'inégalité abfabf peut être strictement vérifiée.

4. Expliquer pourquoi il n'existe aucun énoncé de « croissance de l'intégrale » pour les fonctions à valeurs complexes. Quelles propriétés du cas réel survivent ?

Exercice 13 ★★★Encadrer une intégrale sans la calculer

Inégalité triangulaire intégrale, inégalité de la moyenne et encadrements

Aucune des intégrales de cet exercice ne se calcule avec les primitives usuelles. On les encadre donc, en encadrant d'abord la fonction intégrée puis en intégrant les inégalités : si ab et si mf(t)M pour tout t[a,b], alors

m(ba)abf(t)dtM(ba)

1. Montrer que 1201dt1+t31, puis améliorer la minoration en comparant 11+t3 à 11+t.

2. Encadrer 12ettdt après avoir étudié les variations de la fonction intégrée.

3. Montrer que 11e01et2dt1, puis, à l'aide de l'inégalité eu1+u, affiner cet encadrement en 2301et2dtπ4.

4. Majorer 0πsint1+t2dt le plus finement possible.

5. Pour nN, on pose un=01tn1+tdt. Montrer que un tend vers 0 sans chercher à calculer un.

Exercice 14 ★★★★Intégrations par parties répétées

Intégration par partiesIntégrale d'une fonction continue à valeurs complexes

On rappelle la formule d'intégration par parties : si u et v sont de classe C1 sur le segment [a,b], alors

abu(t)v(t)dt=[u(t)v(t)]ababu(t)v(t)dt

Quand le facteur polynomial est de degré 2, une seule intégration par parties ne suffit pas : il en faut autant que le degré. Et quand aucun des deux facteurs ne se simplifie en étant dérivé, comme dans le produit d'une exponentielle par une fonction trigonométrique, on tourne en rond deux fois de suite pour retomber sur l'intégrale de départ.

1. Calculer 01t2etdt par deux intégrations par parties.

2. Calculer 0πt2costdt par deux intégrations par parties.

3. On pose I=0π/2etsintdt et J=0π/2etcostdt. Établir deux relations entre I et J par intégration par parties, puis en déduire I et J.

4. Calculer 0π/2e(1+i)tdt et en déduire à nouveau I et J. Vérifier que les résultats des questions 3. et 4. coïncident.

Exercice 15 ★★★★Changements de variable trigonométriques

Changement de variable

On rappelle le théorème de changement de variable : si f est continue sur un intervalle I et si φ est de classe C1 sur [α,β] à valeurs dans I, alors

φ(α)φ(β)f(x)dx=αβf(φ(u))φ(u)du

Avant tout calcul, on vérifiera donc systématiquement trois points : f est continue sur un intervalle, φ est de classe C1, et φ prend ses valeurs dans cet intervalle. La bijectivité, elle, n'est pas une hypothèse du théorème : on verra à la question 5. où elle intervient réellement.

1. Calculer 011t2dt en posant t=sinu, puis interpréter géométriquement le résultat.

2. Calculer 01dt(1+t2)2 en posant t=tanu.

3. Calculer 0π/2dt2+cost en posant t=2Arctanu (changement de variable mémorisé sous la forme « u=tant2 »). On établira au préalable que cos(2Arctanu)=1u21+u2.

4. Calculer 0π/2cos3tdt en posant u=sint.

5. Dans lesquelles des questions précédentes la bijectivité du changement de variable a-t-elle réellement servi, et à quoi ?

Exercice 16 ★★★Étude d'une fonction définie par une intégrale

Théorème fondamental, primitives et fonctions définies par une intégrale

On considère la fonction F définie par

F(x)=x2xdtlnt

Aucune primitive de t1lnt ne s'exprime à l'aide des fonctions usuelles : toute l'étude se fera donc sans jamais calculer F.

1. Justifier que F est bien définie sur ]1,+[ et que F(x)>0 pour tout x>1.

2. Montrer que F est de classe C1 sur ]1,+[ et que, pour tout x>1,

F(x)=ln ⁣(x2)ln(2x)lnx

3. En déduire le signe de F et le sens de variation de F.

4. Montrer que pour tout x>1, xln(2x)F(x)xlnx. En déduire limx+F(x) et un encadrement de F(2).

5. Montrer que lntt1 pour tout t>0. En déduire que F(x)ln ⁣(2x1x1) pour x>1, puis limx1+F(x).

6. Dresser le tableau de variations de F.

Exercice 17 ★★★★Inégalité de la moyenne et majorations

Inégalité triangulaire intégrale, inégalité de la moyenne et encadrements

Dans tout l'exercice, a et b sont deux réels tels que ab, et f est une fonction continue sur [a,b] à valeurs réelles.

1. Démontrer l'inégalité triangulaire intégrale : abf(t)dtabf(t)dt.

2. En déduire l'inégalité de la moyenne : abf(t)dt(ba)sup[a,b]f. On justifiera au passage que cette borne supérieure existe.

3. Pour nN, on pose un=nn+1sinttdt. Montrer que un1n, puis déterminer limn+un.

4. Pour nN, on pose vn=01tnetdt. Que donne l'inégalité de la moyenne appliquée telle quelle ? Trouver une majoration plus fine et en déduire limn+vn.

5. Donner un exemple de fonction pour laquelle l'inégalité de la moyenne est une égalité. Réciproquement, on suppose a<b : montrer qu'il y a égalité si et seulement si f est constante.

Exercice 18 ★★★★Méthode des rectangles et majoration de l'erreur

Méthodes des rectangles et des trapèzes, majoration de l'erreurSommes de Riemann et limites de sommes

Soit f une fonction de classe C1 sur [a,b], avec a<b, et soit nN. On subdivise [a,b] en n segments de même longueur h=ban en posant xk=a+kh pour 0kn, et on approche l'intégrale par la somme des aires des rectangles « à gauche » :

Rn=bank=0n1f(xk)

Le théorème des sommes de Riemann affirme que Rn tend vers abf ; l'objet de cet exercice est de dire à quelle vitesse. On note M1=sup[a,b]f, qui existe car f est continue sur un segment.

1. Montrer que abf(t)dtRn=k=0n1xkxk+1(f(t)f(xk))dt.

2. En déduire que abf(t)dtRnM1(ba)22n.

3. On prend désormais f(t)=et2 sur [0,1]. Déterminer la valeur exacte de M1 en étudiant les variations de x2xex2 sur [0,1].

4. En déduire un entier n garantissant une erreur inférieure à 103 pour le calcul approché de 01et2dt par la méthode des rectangles à gauche.

5. Commenter la vitesse de convergence en 1n et la comparer à celle de la méthode des trapèzes.

Exercice 19 ★★★★Fonction continue positive d'intégrale nulle

Fonction continue positive d'intégrale nulle et ses variantes

Soient a et b deux réels tels que a<b. Le théorème étudié ici est l'un des plus employés du chapitre : il transforme une information globale (une intégrale est nulle) en une information ponctuelle (la fonction est nulle en tout point). Il repose de façon essentielle sur la continuité, et la question 2 montre ce qu'il devient sans elle.

1. Soit f une fonction continue et positive sur [a,b] telle que abf(t)dt=0. Démontrer que f est la fonction nulle sur [a,b].

Indication : raisonner par l'absurde, en partant d'un point où f ne s'annule pas, et utiliser la continuité en ce point.

2. Exhiber une fonction en escalier sur [0,1], positive, d'intégrale nulle et non identiquement nulle. Qu'en conclure sur l'hypothèse de continuité ?

3. Soit f continue sur [a,b] telle que abf(t)2dt=0. Démontrer que f=0.

4. Soient f et g continues sur [a,b] telles que fg sur [a,b] et abf(t)dt=abg(t)dt. Démontrer que f=g.

5. Soit f continue sur [0,1] telle que 01f(t)dt=1 et 01f(t)2dt=1. Déterminer f.

Exercice 20 ★★★★Limites de sommes par les sommes de Riemann

Sommes de Riemann et limites de sommes

On rappelle le théorème des sommes de Riemann : si f est continue sur [a,b], alors

bank=0n1f ⁣(a+kban)n+abf(t)dt

La méthode est toujours la même : faire apparaître le facteur 1n devant la somme, puis reconnaître dans le terme général une expression ne dépendant de k que par le quotient kn. Ce quotient est alors la variable de la fonction f, et le segment est [0,1].

1. Soit f continue sur [0,1]. Démontrer que 1nk=1nf ⁣(kn)n+01f(t)dt.

Déterminer les limites suivantes. Pour chacune, on précisera la fonction f et le segment utilisés, et on justifiera la continuité de f sur ce segment.

2. un=k=1nnn2+k2

3. vn=k=1n1n2+k2

4. wn=1n2k=1nksin ⁣(kπn)

5. zn=1nα+1k=1nkα, où α>0 est un réel fixé.

Exercice 21 ★★★Inégalité de Taylor-Lagrange : premières majorations

Inégalité de Taylor-Lagrange et majoration de l'erreur

Cet exercice est un entraînement au maniement de l'inégalité de Taylor-Lagrange. C'est l'outil qui permet de chiffrer l'erreur commise lorsqu'on remplace une fonction par son polynôme de Taylor, non pas « au voisinage de 0 » de façon vague, mais sur un segment donné et avec un nombre au bout.

1. Énoncer l'inégalité de Taylor-Lagrange en précisant soigneusement ses hypothèses.

2. Majorer l'erreur commise en remplaçant sinx par xx36, pour x[1,1].

3. Majorer ex(1+x+x22) pour x[0,1].

4. Déterminer un entier n tel que le polynôme de Taylor d'ordre n de la fonction cos en 0 approche cos(0,5) à 106 près.

5. Comparer l'inégalité de Taylor-Lagrange et la formule de Taylor-Young : que permet l'une que l'autre ne permet pas, et réciproquement ?

Exercice 22 ★★★★Une suite d'intégrales et la somme alternée

Suites d'intégrales : récurrences, limites et encadrementsLinéarité, relation de Chasles, positivité et croissance de l'intégrale

Pour tout entier naturel n, on pose

In=01tn1+tdt

Ces intégrales ne se calculent pas une à une, mais elles obéissent à une relation de récurrence très simple. Cette relation permettra d'atteindre, à la fin de l'exercice, la limite de la suite de terme général Sn=k=1n(1)k+1k, c'est-à-dire de la suite 1, 112, 112+13, etc.

1. Justifier que In est bien définie, puis démontrer que In>0 et que la suite (In) est décroissante.

2. Démontrer l'encadrement 12(n+1)In1n+1, et en déduire la limite de (In).

3. Démontrer que pour tout nN,  In+1+In=1n+1. Calculer I0, puis I1 et I2.

4. On pose Sn=k=1n(1)k+1k pour n1. Démontrer que Sn=ln2+(1)n+1In.

5. En déduire que la suite (Sn) converge et donner sa limite. À partir de quel rang peut-on garantir Snln2103 ?

Exercice 23 ★★★Une suite d'intégrales et les puissances de 1+t²

Intégration par partiesSuites d'intégrales : récurrences, limites et encadrements

Pour tout entier n1, on pose

In=01dt(1+t2)n

Seule la première de ces intégrales se calcule de front. Comme toujours avec une suite d'intégrales, c'est une relation de récurrence obtenue par intégration par parties qui les livre toutes, puis un encadrement qui donne le comportement de la suite.

1. Justifier que In est bien définie pour tout n1, calculer I1, et démontrer que In>0.

2. Démontrer que la suite (In)n1 est strictement décroissante. Qu'en déduit-on sur sa convergence ?

3. Soit n1. Intégrer In par parties en dérivant t(1+t2)n et en prenant t pour primitive de 1, puis, en écrivant t2=(1+t2)1, démontrer que

2nIn+1=(2n1)In+12n

4. En déduire les valeurs exactes de I2 et I3.

5. Démontrer que (1+t2)n1+nt2 pour tout réel t et tout n1. En déduire, à l'aide du changement de variable u=nt, que

0<Inπ2n

puis déterminer la limite de la suite (In).

Exercice 24 ★★★★Comparaison somme-intégrale : la somme harmonique

Comparaison somme-intégrale

Une somme de n termes ne se calcule pas toujours, mais elle s'encadre souvent par des intégrales, à condition que le terme général provienne d'une fonction monotone. C'est la méthode de comparaison somme-intégrale, et elle donne ici le comportement de la suite harmonique.

Pour n1, on pose

Hn=k=1n1ketAn=k=1nk

1. Soit f une fonction continue et décroissante sur un intervalle contenant [k,k+1], où k est un entier. Démontrer que

f(k+1)kk+1f(t)dtf(k)

2. En appliquant ce résultat à f(t)=1t, démontrer que pour tout n1,

ln(n+1)Hn1+lnn

3. En déduire la limite de (Hn), puis que Hnlnn.

4. Énoncer et démontrer l'encadrement analogue à celui de la question 1 lorsque f est croissante.

5. En déduire un encadrement de An, puis démontrer que An23n3/2.

Exercice 25 ★★★La constante d'Euler

Comparaison somme-intégraleSuites d'intégrales : récurrences, limites et encadrements

L'exercice 24 a établi que Hn=k=1n1k vérifie Hnlnn. Cet équivalent laisse une question ouverte : que devient l'écart Hnlnn ? On va voir qu'il ne tend pas vers 0, mais vers une constante, notée γ et appelée constante d'Euler.

Pour n1, on pose

un=Hnlnnetvn=Hnln(n+1)

1. Démontrer que pour tout entier k1,  1k+1ln(k+1)lnk1k.

2. Démontrer que la suite (un) est décroissante.

3. Démontrer que la suite (vn) est croissante, puis que unvn0. Qu'en conclure ?

4. Encadrer numériquement γ en utilisant les termes de rang 4.

5. En déduire que Hn=lnn+γ+o(1), puis déterminer limn+(Hn22Hn).

Exercice 26 ★★★Méthode des trapèzes et comparaison des méthodes

Méthodes des rectangles et des trapèzes, majoration de l'erreur

Soit f une fonction continue sur [a,b], avec a<b. Pour n1, on pose h=ban et xk=a+kh pour k{0,,n}, ainsi que mk=xk+xk+12. On considère trois approximations de abf :

Tn=h(f(a)+f(b)2+k=1n1f(xk)),Gn=hk=0n1f(xk),Pn=hk=0n1f(mk)

soit respectivement la méthode des trapèzes, celle des rectangles à gauche et celle des rectangles au point milieu (pour n=1, la somme définissant T1 est vide, donc nulle).

1. Démontrer que Tn=k=0n1h2(f(xk)+f(xk+1)) et interpréter géométriquement.

2. On suppose f convexe sur [a,b]. Démontrer que abf(t)dtTn.

3. On suppose de plus f dérivable. Démontrer que Pnabf(t)dt.

4. On suppose f de classe C1 et on note M1 un majorant de f sur [a,b]. Démontrer que

abf(t)dtGnM1(ba)22n

On admet que si f est de classe C2 et si M2 majore f sur [a,b], alors abfTnM2(ba)312n2.

5. Application à 12dtt : combien de subdivisions garantissent une erreur inférieure à 104 par la méthode des trapèzes ? par celle des rectangles ? Conclure sur la comparaison des deux méthodes.

Exercice 27 ★★★Le lemme de Riemann-Lebesgue

Intégration par partiesSuites d'intégrales : récurrences, limites et encadrements

Soient a<b deux réels et f une fonction de classe C1 sur [a,b], à valeurs réelles. Pour n1, on pose

Jn=abf(t)sin(nt)dtetKn=abf(t)cos(nt)dt

Quand n grandit, la fonction tsin(nt) oscille de plus en plus vite : sur chaque petit intervalle où f varie peu, les contributions positives et négatives se compensent presque exactement. L'exercice montre que cette intuition est juste, et la quantifie.

1. À l'aide d'une intégration par parties, exprimer Jn en fonction de f(a), f(b) et d'une intégrale faisant intervenir f.

2. En déduire l'existence d'une constante C, indépendante de n, telle que JnCn pour tout n1. Quelle est la limite de (Jn) ?

3. Adapter le raisonnement à Kn.

4. Vérifier le résultat sur l'exemple f(t)=t sur [0,1] : calculer Jn explicitement et contrôler la majoration de la question 2.

5. On prend f constante égale à 1 sur [0,π]. Calculer Jn et en déduire que la majoration en 1n ne peut pas être améliorée.

Exercice 28 ★★★Changements de variable par symétrie

Changement de variable

Certaines intégrales ne se calculent pas en cherchant une primitive : elles se calculent en les comparant à elles-mêmes. Le changement de variable u=a+bt, qui retourne le segment [a,b] sur lui-même, est l'outil de base de cette technique.

1. Soient a et b deux réels tels que ab, et f une fonction continue sur [a,b]. Démontrer que

abf(t)dt=abf(a+bt)dt

2. Soit f une fonction continue sur [1,1]. En utilisant la question 1, démontrer que

0πtf(sint)dt=π20πf(sint)dt

3. En déduire la valeur de I=0πtsint1+cos2tdt.

4. Calculer J=0π/2costcost+sintdt. On introduira l'intégrale K obtenue en remplaçant cost par sint au numérateur.

5. Soit g continue sur [a,b] telle que g(a+bt)=g(t) pour tout t[a,b]. Démontrer que abg(t)dt=0, puis appliquer ce résultat à 0πcos3tdt et contrôler par un calcul direct.

Exercice 29 ★★★Sommes de Riemann et limites de produits

Sommes de Riemann et limites de sommes

Une somme de Riemann permet de calculer la limite d'une somme de n termes. Pour un produit de n facteurs strictement positifs, on passe d'abord au logarithme : le produit devient une somme, et l'exponentielle ramène ensuite au résultat cherché.

Pour tout entier n1, on pose

an=((2n)!n!nn)1/n,bn=1n(k=1n(n+k))1/n,cn=(k=1n(1+kn))1/n

1. Démontrer que an=bn=cn pour tout entier n1.

2. Démontrer que lncn est une somme de Riemann associée à une fonction continue sur un segment, que l'on précisera.

3. Calculer 01ln(1+x)dx, puis en déduire la limite de la suite (cn) en justifiant soigneusement le passage du logarithme à la limite.

4. Contrôler le résultat en calculant c10, et commenter la vitesse de convergence.

5. Par la même méthode, déterminer la limite de dn=(k=1n(1+k2n2))1/n.

Exercice 30 ★★★★Approcher le nombre e par l'inégalité de Taylor-Lagrange

Inégalité de Taylor-Lagrange et majoration de l'erreur

On rappelle l'inégalité de Taylor-Lagrange : si f est de classe Cn+1 sur un intervalle I, si a et x appartiennent à I, et si M majore f(n+1) sur le segment d'extrémités a et x, alors

f(x)k=0n(xa)kk!f(k)(a)Mxan+1(n+1)!

Pour tout entier naturel n, on pose Sn=k=0n1k! et Tn=k=0n(1)kk!. On utilisera l'encadrement classique 2<e<3.

1. Démontrer que pour tout entier naturel n, eSn3(n+1)!.

2. En déduire que la suite (Sn) converge et donner sa limite.

3. Déterminer le plus petit entier n pour lequel la majoration de la question 1 garantit une erreur inférieure ou égale à 106, puis donner la valeur approchée de e correspondante.

4. Reprendre les trois questions précédentes pour e1 et la suite (Tn).

Exercice 31 ★★★Étude complète d'une fonction définie par une intégrale

Théorème fondamental, primitives et fonctions définies par une intégraleParité, imparité et périodicité dans le calcul d'intégrales

On considère la fonction F définie par

F(x)=0xdt1+t2+t4

Aucune primitive simple de l'intégrande n'est disponible : toute l'étude se fait sans jamais calculer F.

1. Justifier que F est définie sur R, qu'elle y est de classe C1, calculer F et en déduire le sens de variation de F.

2. Démontrer que F est impaire.

3. Démontrer que pour tout x0, 0F(x)Arctanx. En déduire que F admet une limite finie en +, avec π2, puis donner la limite de F en .

4. Affiner l'encadrement précédent en démontrant que 13π4+13.

5. Déterminer la tangente à la courbe de F en 0 et la position de la courbe par rapport à cette tangente, puis dresser le tableau de variations de F et décrire l'allure de la courbe.

Exercice 32 ★★★L'inégalité de Cauchy-Schwarz intégrale

Inégalité triangulaire intégrale, inégalité de la moyenne et encadrements

Soient a<b deux réels et f, g deux fonctions continues sur [a,b], à valeurs réelles. On pose

A=abf(t)2dt,B=abf(t)g(t)dt,C=abg(t)2dt

et, pour tout réel λ, P(λ)=ab(f(t)+λg(t))2dt. On utilisera le théorème du cours : une fonction continue et positive sur [a,b] dont l'intégrale est nulle est la fonction nulle.

1. Démontrer que P(λ)=Cλ2+2Bλ+A et que P(λ)0 pour tout réel λ.

2. Traiter le cas C=0 : démontrer que g est la fonction nulle, puis que B2AC.

3. Dans le cas C>0, démontrer l'inégalité de Cauchy-Schwarz :

(abf(t)g(t)dt)2(abf(t)2dt)(abg(t)2dt)

4. Démontrer que l'égalité a lieu si et seulement s'il existe un couple (α,β)(0,0) de réels tel que αf+βg soit la fonction nulle.

5. Applications, pour f continue sur [0,1] : démontrer que (01f)201f2 en précisant le cas d'égalité, puis majorer 01tf(t)dt.

Exercice 33 ★★★★Intégrale nulle contre toute fonction

Fonction continue positive d'intégrale nulle et ses variantesIntégration par parties

Dans tout l'exercice, a<b sont deux réels et les fonctions considérées sont à valeurs réelles. On utilisera librement le théorème du cours : si h est continue et positive sur [a,b] et si abh=0, alors h est la fonction nulle sur [a,b].

Une fonction dont l'intégrale contre « toutes » les fonctions d'une famille est nulle est-elle nécessairement nulle ? Tout dépend de la richesse de la famille : les quatre questions explorent quatre familles de plus en plus petites.

1. Soit f continue sur [a,b] telle que abf(t)g(t)dt=0 pour toute fonction g continue sur [a,b]. Démontrer que f est la fonction nulle.

2. Soit f de classe C1 sur [a,b] telle que abf(t)g(t)dt=0 pour toute fonction g de classe C1 sur [a,b] vérifiant g(a)=g(b)=0. Démontrer que f est la fonction nulle. On pourra poser g(t)=(ta)(bt)f(t).

3. Soit f une fonction polynomiale telle que abf(t)tndt=0 pour tout entier naturel n. Démontrer que f est la fonction nulle.

4. Soit f de classe C1 sur [a,b] telle que f(a)=f(b)=0 et abf(t)g(t)dt=0 pour toute fonction g de classe C1 sur [a,b]. Démontrer, à l'aide d'une intégration par parties, que f est la fonction nulle.

Exercice 34 ★★★★La formule de Taylor avec reste intégral

Inégalité de Taylor-Lagrange et majoration de l'erreurIntégration par parties

Cette formule n'est pas exigible au programme de PCSI : on l'établit ici pas à pas, et on en déduit ensuite l'inégalité de Taylor-Lagrange du cours. Aucune connaissance préalable n'est supposée sur elle.

Soient I un intervalle de R et aI. Pour tout entier naturel n, on note P(n) l'énoncé suivant : pour toute fonction f de classe Cn+1 sur I et tout xI,

f(x)=k=0n(xa)kk!f(k)(a)+ax(xt)nn!f(n+1)(t)dt

1. Démontrer P(0).

2. Soit n un entier naturel tel que P(n) soit vraie, et soit f de classe Cn+2 sur I. À l'aide d'une intégration par parties dans le reste, démontrer P(n+1), puis conclure.

3. En déduire l'inégalité de Taylor-Lagrange : si f est de classe Cn+1 sur I et si M majore f(n+1) sur le segment d'extrémités a et x, alors

f(x)k=0n(xa)kk!f(k)(a)Mxan+1(n+1)!

On traitera séparément les cas xa et x<a.

4. Application. Pour f(x)=ln(1+x) et a=0, calculer f(k), écrire le reste intégral, et démontrer que pour tout x[0,1] et tout entier n1,

ln(1+x)k=1n(1)k1kxkxn+1n+1

5. En déduire que la suite de terme général k=1n(1)k1k converge vers ln2, et déterminer un rang à partir duquel l'erreur est inférieure ou égale à 102.

Exercice 35 ★★★★L'irrationalité du nombre e

Inégalité de Taylor-Lagrange et majoration de l'erreurSuites d'intégrales : récurrences, limites et encadrements

Le nombre e n'est le quotient d'aucun couple d'entiers : c'est ce que l'on démontre ici, avec pour seuls outils une intégrale et l'arithmétique de Z. La stratégie est la suivante : fabriquer une suite d'entiers qui serait strictement comprise entre 0 et 1, ce qui est impossible.

Pour tout entier naturel n, on pose

Sn=k=0n1k!etun=n!(eSn)

On utilisera la formule de Taylor avec reste intégral établie à l'exercice précédent, ainsi que l'encadrement classique 2<e<3.

1. Démontrer que pour tout entier naturel n,

eSn=01(1t)nn!etdt

2. En déduire que 0<eSn3(n+1)!, puis que 0<un3n+1.

3. Démontrer que n!Sn est un entier naturel, pour tout entier naturel n.

4. On suppose que e=pq, avec p et q entiers naturels non nuls. Démontrer que pour tout entier nq, le nombre n!e est un entier naturel, puis que un est un entier relatif.

5. Conclure que e est irrationnel.

Exercice 36 ★★★★Étude asymptotique d'une suite d'intégrales

Suites d'intégrales : récurrences, limites et encadrementsIntégration par parties

Soit f une fonction continue sur [0,1], à valeurs réelles. Pour tout entier naturel n, on pose

Jn=01tnf(t)dt

Quand n grandit, le facteur tn écrase tout sauf le voisinage immédiat de 1 : la suite (Jn) tend vers 0, et toute l'information restante se concentre en t=1. L'objet de l'exercice est de rendre cette intuition quantitative.

1. Démontrer que Jn0.

2. On suppose désormais f de classe C1 sur [0,1]. Démontrer, par une intégration par parties, que pour tout entier naturel n,

(n+1)Jn=f(1)01tn+1f(t)dt

3. En déduire que nJnf(1).

4. Application : déterminer un équivalent de In=01tn1+tdt (c'est la suite de l'exercice 22, dont on affine ici l'encadrement 12(n+1)In1n+1), et comparer avec ce que donne l'encadrement direct de l'intégrande.

5. Contrôler le résultat de la question 3 sur les exemples f=1 puis f:t1t, pour lesquels Jn se calcule explicitement.

Bloqué sur « Intégration » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.