PCSI · Chapitre 06 · Premier semestre
Exercices — Fonctions d'une variable réelle : limites et continuité, dérivabilité
36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.
Sommaire
36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.
Exercice 1 ★★★★ — Limites d'une fonction : opérations et formes indéterminées
Opérations sur les limites, composition, passage à la limite dans une inégalitéLimite en un point ou en l'infini : définition quantifiée, unicité, limites à gauche et à droite
Une limite ne se devine pas : on applique les théorèmes d'opérations sur les limites, et on ne transforme l'écriture que lorsque ces théorèmes ne concluent pas, c'est-à-dire devant une forme indéterminée. Il y en a exactement quatre :
Dans tout l'exercice, on justifiera à chaque étape la forme rencontrée, puis la transformation qui la lève.
1. Limites de quotients. Factoriser, en un point fini par la racine commune, à l'infini par le terme dominant.
a.
b.
c.
2. Limites avec des racines. Utiliser la quantité conjuguée.
a.
b.
c.
3. Limites par croissances comparées.
a.
b.
c.
4. Ces trois limites sont des taux d'accroissement déguisés. Les reconnaître, puis conclure.
a.
b.
c.
Exercice 2 ★★★★ — Limites à gauche, à droite et fonction partie entière
Limite en un point ou en l'infini : définition quantifiée, unicité, limites à gauche et à droite
On rappelle deux points de cours utilisés dans tout l'exercice.
Partie entière. Pour tout réel , il existe un unique entier tel que ; cet entier est noté et appelé partie entière de . Ainsi , et .
Limites unilatérales. Soit un réel et une fonction définie au voisinage de , sauf peut-être en .
- Si n'est pas définie en , alors admet une limite en si et seulement si elle admet une limite à gauche et une limite à droite en et que ces deux limites sont égales.
- Si est définie en , alors (avec la convention des inégalités larges) admet une limite en si et seulement si , c'est-à-dire si et seulement si est continue en .
Pour chacune des fonctions suivantes, déterminer la limite à gauche et la limite à droite au point indiqué, puis conclure quant à l'existence d'une limite en ce point.
1. en .
2. en .
3. en .
4. en .
5. , d'abord en , puis en un réel non entier. Que peut-on en déduire sur l'ensemble des points où la partie entière est continue ?
6. Soit et la fonction définie sur par
Déterminer la valeur de pour laquelle admet une limite en , et préciser alors cette limite.
Exercice 3 ★★★★ — Prolongements par continuité
Continuité en un point, prolongement par continuité, opérations
Rappel. Soit un intervalle, et une fonction définie et continue sur . On dit que est prolongeable par continuité en lorsque admet en une limite finie . Le prolongement est alors la fonction définie sur par
et c'est l'unique fonction continue sur qui coïncide avec sur . Une limite infinie, ou une absence de limite, interdit le prolongement.
Pour chacune des fonctions suivantes, dire si elle est prolongeable par continuité au point indiqué et, le cas échéant, préciser la valeur du prolongement en ce point. On rédigera à chaque fois une conclusion complète.
1. en .
2. en .
3. en (la fonction est définie sur ).
4. en .
5. en .
6. en . On pourra utiliser les deux suites et , définies pour .
7. Le prolongement obtenu à la question 5. est-il dérivable en ?
Exercice 4 ★★★★ — Taux d'accroissement et nombre dérivé
Dérivabilité en un point, taux d'accroissement, développement limité à l'ordre 1, tangente
Rappel. Soit définie sur un intervalle et . La fonction est dérivable en lorsque son taux d'accroissement en admet une limite finie :
Si est intérieur à , la fonction est dérivable en si et seulement si elle admet en une dérivée à gauche et une dérivée à droite et que ces deux nombres sont égaux ; on a alors .
1. Reconnaître chacune de ces limites comme un nombre dérivé, puis la calculer.
a.
b.
c.
d.
e.
2. Étudier la dérivabilité en de , définie sur . Interpréter graphiquement.
3. Étudier la dérivabilité en de , définie sur . Interpréter graphiquement.
4. Étudier la dérivabilité en de , définie sur .
5. Soit la fonction définie sur par
Montrer que est continue en , puis étudier sa dérivabilité en .
6. Soient et deux réels et la fonction définie sur par si et si . Déterminer et pour que soit dérivable en . Que représente alors la droite d'équation ?
Exercice 5 ★★★★ — Équations de tangentes et développement limité à l'ordre 1
Dérivabilité en un point, taux d'accroissement, développement limité à l'ordre 1, tangente
Rappel. Soit dérivable en . La tangente à la courbe de au point d'abscisse est la droite d'équation
De façon équivalente, admet en un développement limité à l'ordre : il existe une fonction de limite nulle en telle que, pour voisin de ,
Autrement dit, au voisinage de , la fonction est bien approchée par la fonction affine dont la courbe est la tangente : c'est l'approximation affine .
1. Déterminer une équation de la tangente à la courbe de au point d'abscisse , dans chacun des cas suivants.
a. ,
b. ,
c. ,
d. ,
e. ,
2. Écrire le développement limité à l'ordre en des quatre fonctions suivantes.
a.
b.
c.
d.
3. En déduire une valeur approchée de , de , de et de .
4. Déterminer les points de la courbe de en lesquels la tangente est parallèle à la droite d'équation , et donner les équations de ces tangentes.
5. Soit une fonction dérivable en , telle que et . Donner l'équation de la tangente à la courbe de au point d'abscisse , le développement limité de à l'ordre en , puis une valeur approchée de .
Exercice 6 ★★★★ — Dérivées, domaines de dérivabilité et opérations
Opérations sur les dérivées : produit, quotient, composée, réciproque
Rappel. Le domaine de dérivabilité est toujours contenu dans le domaine de définition , mais il peut être strictement plus petit. Les deux sources d'écart les plus fréquentes sont :
- est définie là où , mais dérivable seulement là où , avec ;
- n'est pas dérivable en un point où et ; si également, elle peut l'être (comparer et en ).
1. Pour chacune des fonctions suivantes, déterminer son ensemble de définition , son ensemble de dérivabilité , puis calculer sur ce dernier.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
h.
2. Pour lesquelles de ces fonctions a-t-on ? Interpréter graphiquement.
Exercice 7 ★★★★ — Lecture graphique : de la courbe de la dérivée aux variations
Extremum local, point critique et variationsConvexité et dérivées : monotonie de f', signe de f'', position des tangentes
Soit une fonction définie et dérivable sur . La figure ci-dessus représente la courbe de sa dérivée , et non celle de : c'est le point à ne pas perdre de vue pendant tout l'exercice.
On lit sur la figure : la courbe de est une parabole tournée vers le haut ; elle coupe l'axe des abscisses en et en ; son sommet est le point ; enfin .
On suppose de plus que .
1. Déterminer le signe de sur et le présenter dans un tableau.
2. En déduire le tableau de variations de sur .
3. Déterminer les points critiques de et préciser, pour chacun, s'il correspond à un extremum local. La fonction admet-elle d'autres extremums locaux sur ?
4. Étudier la monotonie de sur . Qu'en déduit-on sur la convexité de ?
5. Déterminer l'abscisse du point d'inflexion de la courbe de .
6. En quels points la courbe de admet-elle une tangente horizontale ? Donner l'équation de celles que les données permettent de déterminer.
7. Décrire l'allure de la courbe de sur , puis en tracer une esquisse.
Exercice 8 ★★★★ — Dérivées successives et fonctions de classe Ck
Dérivées successives, fonctions de classe Ck, formule de Leibniz
Rappel. Pour , une fonction est dite de classe sur un intervalle lorsqu'elle est fois dérivable sur et que sa dérivée -ième est continue sur . Elle est de classe lorsqu'elle est de classe pour tout .
Dans les questions 1. à 5., on calculera les premières dérivées, on conjecturera l'expression de la dérivée -ième, puis on la démontrera par récurrence.
1. Soit définie sur par .
2. Soit définie sur par . On donnera pour .
3. Soit un réel et définie sur par .
4. Montrer que, pour tout et tout réel , . On rappelle que pour tout réel .
5. Soit définie sur par .
6. Soit la fonction définie sur par
a. Montrer que pour tout réel .
b. Montrer que est de classe sur et expliciter .
c. La fonction est-elle de classe sur ? Et sur ?
Exercice 9 ★★★★ — Convexité et points d'inflexion par le signe de la dérivée seconde
Convexité et dérivées : monotonie de f', signe de f'', position des tangentesFonctions convexes : définition, position par rapport aux sécantes
Rappel. Soit deux fois dérivable sur un intervalle . Les propriétés suivantes sont équivalentes :
- est convexe sur , c'est-à-dire pour tous et tout ;
- est croissante sur ;
- sur .
On obtient les propriétés des fonctions concaves en renversant toutes les inégalités. La courbe d'une fonction convexe est située au-dessus de chacune de ses tangentes, celle d'une fonction concave en dessous. Enfin, un point d'inflexion est un point de la courbe où la convexité change.
Pour chacune des fonctions suivantes : calculer , étudier son signe dans un tableau, puis conclure sur les intervalles de convexité et de concavité et sur les points d'inflexion.
1. sur .
2. sur . En déduire la position de la courbe par rapport à sa tangente en et écrire l'inégalité correspondante.
3. sur . En déduire la position de la courbe par rapport à sa tangente en et écrire l'inégalité correspondante.
4. sur . La courbe admet-elle un point d'inflexion en ? Que faut-il donc vérifier avant d'annoncer un point d'inflexion ?
5. sur . On montrera au passage que .
Exercice 10 ★★★★ — Limites par encadrement et par comparaison
Existence d'une limite par encadrement, par minoration ou par majoration
On utilise librement les deux théorèmes du cours, valables aussi bien en un point qu'en .
Encadrement. Si au voisinage de et si et admettent en la même limite finie , alors admet la limite en .
Comparaison. Si au voisinage de et si , alors (énoncé symétrique, avec une majoration, pour ).
1. Déterminer les limites suivantes en construisant à chaque fois un encadrement explicite.
a.
b.
c.
2. Soit une fonction définie sur dont on sait seulement que
a. Déterminer .
b. Déterminer .
c. Peut-on déterminer ?
3. Démontrer les deux limites suivantes par minoration.
a.
b.
4. Un élève rédige : « pour tout , , et quand , donc ». La conclusion est exacte, la démonstration ne l'est pas.
a. Donner une fonction définie sur telle que pour tout et que n'ait pas pour limite en .
b. Que faut-il ajouter à l'argument de l'élève pour qu'il devienne correct ?
Exercice 11 ★★★★ — Manipuler la définition quantifiée d'une limite
Limite en un point ou en l'infini : définition quantifiée, unicité, limites à gauche et à droite
Dans tout l'exercice, désigne une fonction définie sur une partie de , et un réel tel que soit définie au voisinage de , sauf peut-être en : tout intervalle rencontre alors . On utilise les définitions du cours, écrites avec des inégalités larges :
1. Écrire avec des quantificateurs les quatre assertions suivantes.
a.
b.
c.
d.
2. Démontrer les deux limites suivantes en revenant à la définition, en explicitant un (respectivement un ) convenable.
a.
b.
3. On pose pour .
a. Écrire la négation de « tend vers en ».
b. En déduire que ne tend pas vers en .
c. Démontrer que n'a aucune limite en .
4. Deux conséquences directes de la définition.
a. Démontrer l'unicité de la limite : si tend vers et vers en , avec et réels, alors .
b. Démontrer qu'une fonction admettant une limite finie en est bornée au voisinage de . La réciproque est-elle vraie ?
Exercice 12 ★★★★ — Caractérisation séquentielle et non-existence de limite
Caractérisation séquentielle de la limite et de la continuité
On admet les deux résultats de densité suivants : tout réel est limite d'une suite de rationnels, et tout réel est limite d'une suite d'irrationnels.
1. Énoncer la caractérisation séquentielle de la limite, puis celle de la continuité en un point. En déduire un critère commode pour prouver qu'une fonction n'a pas de limite en .
2. On pose pour .
a. Déterminer et pour et , où .
b. En déduire que n'a pas de limite en .
c. Le seul calcul de aurait-il permis de conclure quoi que ce soit ?
3. Démontrer que n'a pas de limite en .
4. Soit la fonction définie sur par si , et sinon. Démontrer que n'est continue en aucun point de .
5. Utiliser la caractérisation séquentielle dans l'autre sens pour déterminer les limites des suites suivantes.
a.
b.
Exercice 13 ★★★★ — Théorème de la limite monotone
Théorème de la limite monotone
1. Énoncer le théorème de la limite monotone pour une fonction croissante, dans les deux situations : à l'extrémité droite d'un intervalle avec fini, et en . Distinguer le cas majoré du cas non majoré.
2. On pose pour .
a. Démontrer que est croissante et majorée par .
b. Qu'affirme le théorème de la limite monotone ? Déterminer effectivement cette limite, puis . Cette borne supérieure est-elle atteinte ?
c. Soit une fonction croissante sur et majorée par . Que peut-on affirmer sur en ? Peut-on affirmer que sa limite vaut ?
3. Soit une fonction croissante sur un intervalle et soit un point intérieur à . Démontrer que admet en une limite à gauche et une limite à droite, toutes deux finies, et que
4. Soit croissante sur un segment (avec ) dont l'image est un intervalle. On veut démontrer que est continue sur . On note et les limites de la question 3.
a. Soit . En supposant et en choisissant strictement compris entre ces deux valeurs, démontrer que n'est pas atteint par , puis conclure.
b. Adapter l'argument pour montrer que , puis traiter les deux extrémités et .
Exercice 14 ★★★★ — Existence de solutions par le théorème des valeurs intermédiaires
Théorème des valeurs intermédiaires et image d'un intervalle
On rappelle le théorème des valeurs intermédiaires : si est continue sur un segment et si est un réel compris entre et , alors il existe tel que . Dans chaque question, les hypothèses devront être vérifiées explicitement.
1. Démontrer que chacune des équations suivantes admet au moins une solution réelle, et préciser un intervalle qui en contient une.
a. sur
b.
c.
2. Soit un entier naturel impair et , avec . On veut montrer que s'annule au moins une fois sur . On suppose d'abord .
a. Montrer que, pour , on peut écrire où quand et quand .
b. En déduire et .
c. Conclure, puis traiter le cas .
d. Où l'argument s'effondre-t-il si est pair ? Donner un polynôme de degré sans racine réelle.
3. On définit sur par si et si . Vérifier que et que pourtant ne s'annule pas. Quelle hypothèse du théorème est en défaut ?
Exercice 15 ★★★★ — Unicité d'une solution et encadrement par dichotomie
Théorème des valeurs intermédiaires et image d'un intervalleThéorème de la bijection et fonction réciproque
On considère la fonction définie sur par .
1. Étudier les variations de et déterminer ses limites en et en . Dresser son tableau de variations.
2. On s'intéresse à l'équation .
a. Démontrer qu'elle admet au moins une solution dans .
b. Démontrer que cette solution est unique dans .
c. Retrouver l'existence et l'unicité d'un seul coup, à l'aide du théorème de la bijection.
3. Encadrer par dichotomie à partir de , en détaillant trois étapes. Quelle est l'amplitude de l'encadrement obtenu ?
4. Combien d'étapes de dichotomie faut-il, à partir de , pour obtenir un encadrement d'amplitude inférieure ou égale à ?
5. On pose . Vérifier que le théorème des valeurs intermédiaires s'applique à sur pour la valeur , puis déterminer toutes les solutions de dans cet intervalle. Que faut-il en conclure sur la portée du théorème ?
Exercice 16 ★★★★ — Fonctions continues sur un segment et bornes atteintes
Image d'un segment, théorème des bornes atteintesExtremum local, point critique et variations
1. Énoncer le théorème des bornes atteintes. Préciser ce qu'il affirme exactement, et rappeler son statut au programme.
2. On pose pour .
a. Justifier, sans aucun calcul, que admet un maximum et un minimum sur .
b. Déterminer effectivement ce maximum et ce minimum, ainsi que les points où ils sont atteints.
c. En déduire l'image .
d. Le minimum est atteint en , où pourtant . Est-ce en contradiction avec le théorème « en un extremum local intérieur, la dérivée s'annule » ?
3. Montrer, par un contre-exemple à chaque fois, qu'aucune des hypothèses ne peut être supprimée.
a. Une fonction continue sur qui n'est pas bornée.
b. Une fonction continue et bornée sur qui n'atteint pas sa borne supérieure.
c. Une fonction définie sur le segment , non continue, qui n'atteint pas sa borne supérieure.
4. Soit continue sur un segment . Démontrer que est un segment, en combinant le théorème des bornes atteintes et le théorème des valeurs intermédiaires.
Exercice 17 ★★★★ — Théorème de la bijection et fonction réciproque
Théorème de la bijection et fonction réciproque
On rappelle le théorème de la bijection : si est définie, continue et strictement monotone sur un intervalle , alors réalise une bijection de sur l'intervalle , et la réciproque est définie, continue et strictement monotone sur , de même sens de variation que . Dans tout l'exercice, on vérifiera une à une les trois hypothèses avant d'appliquer ce théorème.
Partie A : une réciproque explicite
Soit la fonction définie sur par .
1. Montrer que pour tout . Calculer , déterminer les limites de aux bornes de , puis dresser le tableau de variations de .
2. Montrer que réalise une bijection de sur un intervalle que l'on déterminera.
3. Expliciter pour tout , puis vérifier le résultat obtenu.
Partie B : une réciproque non explicitable
Soit la fonction définie sur par .
4. Montrer que réalise une bijection de sur .
5. Calculer , puis montrer que .
6. Déterminer les limites de en et en , dresser son tableau de variations et expliquer comment on trace sa courbe à partir de celle de .
Exercice 18 ★★★★ — Dérivée d'une fonction réciproque
Théorème de la bijection et fonction réciproqueOpérations sur les dérivées : produit, quotient, composée, réciproque
On rappelle le théorème de dérivation d'une réciproque. Soit continue et strictement monotone sur un intervalle , réalisant donc une bijection de sur l'intervalle . Soit et . Si est dérivable en et si , alors est dérivable en et
1. On admet que est dérivable en . En dérivant l'identité , retrouver la formule ci-dessus. Que dire si ?
2. La fonction réalise une bijection de sur , de réciproque . En partant de , démontrer que est dérivable sur et que .
3. La fonction réalise une bijection de sur , de réciproque . Démontrer que est dérivable sur et que . Montrer ensuite que n'est pas dérivable en .
4. Soit définie sur par . Montrer que réalise une bijection de sur , puis calculer et . En déduire une équation de la tangente à la courbe de au point d'abscisse .
5. Soit définie sur par . Montrer que réalise une bijection de sur , puis que sa réciproque n'est pas dérivable en . Interpréter géométriquement.
Exercice 19 ★★★★ — Théorème de Rolle et localisation des racines
Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finis
On rappelle le théorème de Rolle : si est continue sur (avec ), dérivable sur et vérifie , alors il existe tel que .
Le chapitre sur les polynômes n'ayant pas encore été traité, on convient du vocabulaire suivant. Une fonction polynomiale est une fonction de la forme , où sont des réels ; elle est dérivable sur . Un réel est une racine de lorsque .
1. Soit un intervalle, dérivable sur et un entier. On suppose que s'annule en points distincts de . Démontrer que s'annule en au moins points distincts de .
2. Soit la fonction polynomiale définie sur par .
a. Que donne la question 1. pour ? Préciser des intervalles contenant les points d'annulation obtenus.
b. Montrer que , en déduire une forme factorisée de , puis déterminer toutes les racines de . Comparer avec a.
3. Soit la fonction définie sur par . Dresser le tableau de variations de , montrer que possède exactement trois racines réelles et encadrer chacune d'elles par deux entiers consécutifs.
4. Soit un réel. On s'intéresse au nombre de solutions réelles de l'équation , et l'on pose .
a. À l'aide de la question 1., montrer que cette équation admet au plus deux solutions, quelle que soit la valeur de .
b. Discuter le nombre exact de solutions selon la valeur de .
Exercice 20 ★★★★ — Inégalité des accroissements finis et fonctions lipschitziennes
Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finisFonctions lipschitziennes et suites récurrentes u(n+1) = f(u(n))
Soit un intervalle de , et un réel positif. On dit que est -lipschitzienne sur lorsque
et que est lipschitzienne sur lorsqu'il existe un réel tel que soit -lipschitzienne sur .
On rappelle l'inégalité des accroissements finis : si est dérivable sur l'intervalle et s'il existe tel que sur , alors est -lipschitzienne sur .
1. Démontrer qu'une fonction -lipschitzienne sur est continue sur .
2. Démontrer les trois inégalités suivantes, valables pour tous et de l'intervalle indiqué.
a. sur .
b. sur .
c. sur .
3. Soit sur . Montrer que est -lipschitzienne sur , puis que est la plus petite constante possible.
4. Montrer que la fonction racine carrée n'est pas lipschitzienne sur . Que peut-on en conclure sur la réciproque de la question 1. ?
5. Soit définie sur par , et la suite définie par et .
a. Montrer que l'intervalle est stable par , puis que pour tout .
b. Montrer que est -lipschitzienne sur et déterminer l'unique point fixe de dans .
c. En déduire que pour tout , puis la convergence de . Déterminer un rang à partir duquel approche à près.
Exercice 21 ★★★★ — Théorème de la limite de la dérivée et prolongement de classe C1
Théorème de la limite de la dérivéeDérivabilité en un point, taux d'accroissement, développement limité à l'ordre 1, tangente
On rappelle le théorème de la limite de la dérivée. Soit un intervalle, et continue sur et dérivable sur .
- Si avec quand , alors est dérivable en , , et est continue en .
- Si (ou ) quand , alors le taux d'accroissement de en tend vers (resp. ) : n'est pas dérivable en et sa courbe admet une tangente verticale au point d'abscisse .
1. Soit définie sur par . Montrer que se prolonge par continuité en en posant , puis que la fonction ainsi prolongée est de classe sur . Retrouver la valeur de par le taux d'accroissement.
2. Soient , , trois réels et la fonction définie sur par
Déterminer , et pour que soit de classe sur . La fonction obtenue est-elle de classe ?
3. Soit définie sur par . Étudier la dérivabilité de en à l'aide du théorème, puis vérifier la conclusion par le taux d'accroissement.
4. Soit définie sur par et pour .
a. Montrer, en revenant à la définition, que est dérivable en et calculer .
b. Calculer pour , puis montrer que n'admet pas de limite en .
c. Qu'en conclut-on sur la réciproque du théorème de la limite de la dérivée ?
5. Soit définie sur par si et si . Calculer . La fonction est-elle dérivable en ? Quelle hypothèse du théorème est en défaut ?
Exercice 22 ★★★★ — Formule de Leibniz et dérivées n-ièmes
Dérivées successives, fonctions de classe Ck, formule de Leibniz
On rappelle la formule de Leibniz : si et sont fois dérivables sur un intervalle , alors l'est aussi et
Dans les questions 1. à 3., on choisira pour le facteur polynomial de degré : ses dérivées d'ordre supérieur ou égal à sont nulles, et la somme se réduit à trois termes.
1. Soit . Calculer pour tout , puis contrôler le résultat pour et par un calcul direct.
2. Soit .
a. Démontrer par récurrence que pour tout et tout réel .
b. En déduire pour tout , sous une forme ne faisant intervenir que et .
3. Soit , définie sur .
a. Démontrer que pour tout entier .
b. En déduire pour , et vérifier le résultat pour .
4. Soit , définie sur . On donne la décomposition
Après avoir vérifié cette égalité, démontrer par récurrence que pour tout réel fixé, puis en déduire .
5. On note , qui est de classe sur .
a. Justifier l'identité , puis, en appliquant la formule de Leibniz à cette identité, démontrer que pour tout et tout réel :
b. En déduire en fonction de , puis calculer pour tout .
Exercice 23 ★★★★ — Égalité des accroissements finis, encadrements et étude de suites
Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finisExistence d'une limite par encadrement, par minoration ou par majoration
Pour tout entier , on pose
L'objectif est d'encadrer en comparant chaque terme à un accroissement du logarithme, l'outil étant à chaque fois l'égalité des accroissements finis.
1. Soit . Justifier que l'égalité des accroissements finis s'applique à la fonction sur le segment , et en déduire qu'il existe tel que
En déduire l'encadrement .
2. a. Démontrer que, pour tout , .
b. En déduire que, pour tout , , puis déterminer la limite de la suite .
3. Pour , on pose . Démontrer que la suite est décroissante et minorée par , et conclure qu'elle converge. Sa limite est notée : c'est la constante d'Euler-Mascheroni. Que donnent les questions précédentes comme encadrement de ?
4. Par la même méthode, démontrer que pour tout réel ,
Interpréter graphiquement cet encadrement, et retrouver la question 1. comme cas particulier.
Exercice 24 ★★★★ — Suite récurrente, intervalle stable et vitesse de convergence
Fonctions lipschitziennes et suites récurrentes u(n+1) = f(u(n))Théorème des valeurs intermédiaires et image d'un intervalle
On étudie la suite définie par et, pour tout , , les angles étant en radians. On note la fonction cosinus.
On utilisera les valeurs approchées suivantes :
1. Démontrer que l'intervalle est stable par , puis que pour tout .
2. Démontrer, à l'aide du théorème des valeurs intermédiaires et d'un argument de stricte monotonie, que l'équation admet une unique solution dans . Établir ensuite que .
3. Démontrer que pour tout , et en déduire que est -lipschitzienne sur .
4. En déduire, par récurrence, que pour tout
puis que la suite converge vers .
5. Combien d'itérations cette majoration garantit-elle pour obtenir à près ?
6. Démontrer que est toujours compris entre et , et en déduire la majoration pratique . Le calcul numérique montre en fait que : commenter l'écart avec la question 5., et expliquer pourquoi aucune majoration de ce type ne pourra jamais faire mieux qu'une convergence géométrique pour cette suite.
Exercice 25 ★★★★ — Points fixes et théorème de la corde horizontale
Théorème des valeurs intermédiaires et image d'un intervalleContinuité en un point, prolongement par continuité, opérations
Partie A. Points fixes.
1. Soit une fonction continue. Démontrer que admet au moins un point fixe, c'est-à-dire qu'il existe tel que . On pourra introduire .
2. On considère la fonction définie par si et . Vérifier que est bien à valeurs dans et qu'elle n'admet aucun point fixe. Où l'hypothèse de continuité a-t-elle été utilisée à la question 1. ?
3. Soient deux réels et continue. Adapter la démonstration de la question 1. pour montrer que admet un point fixe.
Partie B. Théorème de la corde horizontale.
Dans toute cette partie, est une fonction continue sur telle que .
4. On pose pour . Calculer , puis démontrer qu'il existe tel que
5. Soit un entier. On pose cette fois pour . Calculer et en déduire qu'il existe tel que .
6. Le résultat vaut-il pour un pas quelconque ? Soit tel que ne soit pas un entier, et soit définie sur par
Vérifier que est continue sur et que , puis calculer pour . Conclure, et traiter le cas .
Exercice 26 ★★★★ — Fonctions à valeurs complexes : continuité, dérivabilité et accroissements finis
Fonctions à valeurs complexes : limite, continuité, dérivabilité, accroissements finis
Dans tout l'exercice, désigne un intervalle de et une fonction est écrite , où et sont des fonctions de dans . On rappelle que, pour et , l'énoncé quand signifie
où désigne le module.
1. Soit . Démontrer que et . En déduire que si quand , alors et .
2. On pose, pour , .
a. Justifier que est définie et continue sur , puis calculer .
b. Démontrer que pour tout , et décrire l'ensemble des valeurs prises par .
3. Soit dérivable. Démontrer que est dérivable sur , de dérivée . Appliquer ce résultat pour calculer , et retrouver le résultat en dérivant directement le quotient.
4. On pose pour . Calculer , et . Qu'en conclure sur le théorème de Rolle pour les fonctions à valeurs complexes ?
5. On admet l'inégalité des accroissements finis suivante : si est de classe sur à valeurs complexes et si sur , alors . En déduire que pour tous réels et ,
puis majorer et comparer à la valeur exacte.
Exercice 27 ★★★★ — Inégalités classiques obtenues par convexité
Inégalités classiques obtenues par convexitéFonctions convexes : définition, position par rapport aux sécantes
On rappelle qu'une fonction est convexe sur un intervalle lorsque
et concave lorsque l'inégalité inverse est vérifiée. Toutes les inégalités de cet exercice s'obtiennent avec deux points et un seul .
1. Démontrer que la fonction exponentielle est convexe sur , et en déduire par position du graphe par rapport à sa tangente en que pour tout réel . Établir de même que pour tout .
2. Démontrer que la fonction sinus est concave sur . En comparant son graphe à la corde joignant les points d'abscisses et , en déduire que
Attention au sens de l'inégalité : le justifier soigneusement.
3. Soient et deux réels positifs. En utilisant la concavité du logarithme avec , démontrer l'inégalité arithmético-géométrique
et déterminer le cas d'égalité.
4. Inégalité de Young. Soient et deux réels strictement supérieurs à tels que , et soient deux réels positifs. Démontrer que
On appliquera la définition de la convexité de l'exponentielle aux deux points et , avec .
5. Que donne l'inégalité de Young pour ? Pour , et ? Vérifier ce dernier résultat par une étude de fonction et préciser le cas d'égalité.
Exercice 28 ★★★★ — Rolle itéré et racines des dérivées successives
Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finisDérivées successives, fonctions de classe Ck, formule de Leibniz
Dans tout l'exercice, désigne un intervalle de non réduit à un point.
Partie A. Le principe.
1. Pour , on note la propriété suivante : « pour toute fonction qui est fois dérivable sur et qui s'annule en points de , la dérivée s'annule au moins une fois sur ». Démontrer par récurrence que est vraie pour tout .
2. Application. Soit de classe sur dont la courbe représentative rencontre une droite d'équation en trois points d'abscisses distinctes. Démontrer que s'annule au moins une fois. Vérifier le résultat sur et la droite d'équation .
3. Variante « racine multiple ». Soit , soit et soit de classe sur telle que
Démontrer qu'il existe tel que .
Partie B. L'erreur d'interpolation affine.
Soit , soit de classe sur et soit l'unique fonction affine telle que et .
4. a. Expliciter et calculer .
b. Soit fixé. Justifier qu'il existe un unique réel tel que . On pose alors, pour ,
Donner trois zéros distincts de et calculer .
c. En déduire que pour tout , il existe tel que
5. Justifier l'existence de , puis démontrer que pour tout . Contrôler la formule de la question 4.c et l'optimalité de cette majoration sur .
Exercice 29 ★★★★ — Fonctions continues sur R ayant des limites finies en l'infini
Image d'un segment, théorème des bornes atteintesLimite en un point ou en l'infini : définition quantifiée, unicité, limites à gauche et à droite
Le théorème des bornes atteintes ne vaut que sur un segment. Tout l'exercice consiste à ramener une étude sur tout entier à une étude sur un segment bien choisi, le reste de la droite étant contrôlé par une définition de limite.
Partie A. Dans cette partie, est continue sur et admet une limite finie en et une limite finie en .
1. Démontrer que est bornée sur . On appliquera les définitions des deux limites avec pour contrôler hors d'un segment , puis le théorème des bornes atteintes sur ce segment.
2. On suppose de plus que et . Démontrer que atteint sa borne supérieure sur , c'est-à-dire qu'il existe tel que pour tout réel .
3. Donner un exemple de fonction continue et bornée sur qui n'atteint pas sa borne supérieure. Préciser quelle hypothèse de la question 2 fait défaut.
Partie B. Deux autres situations où le même schéma s'applique.
4. Démontrer qu'une fonction continue et périodique sur est bornée et atteint ses bornes.
5. Soit continue sur telle que et . Démontrer que atteint son minimum sur . Application : justifier que admet un minimum global sur , et expliquer pourquoi on ne sait pourtant pas en donner la valeur exacte.
Exercice 30 ★★★★ — Comportement asymptotique d'une fonction dont la dérivée a une limite
Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finisLimite en un point ou en l'infini : définition quantifiée, unicité, limites à gauche et à droite
Dans tout l'exercice, est une fonction dérivable sur (on ne suppose jamais continue). L'unique outil de passage de à sera l'égalité des accroissements finis.
Partie A. De la pente à la fonction.
1. On suppose que , où . Démontrer que . Indication : soit ; fixer tel que pour , puis appliquer l'égalité des accroissements finis entre et .
2. Application. Déterminer dans les deux cas suivants, puis contrôler le résultat par un calcul direct.
a.
b.
3. On suppose maintenant que . Démontrer que .
Partie B. Les réciproques.
4. On pose . Démontrer que converge quand tend vers , mais que n'admet aucune limite en . Que peut-on en conclure sur la question 1 ?
5. On suppose que et admettent chacune une limite finie en . Démontrer que . Indication : appliquer l'égalité des accroissements finis sur . Vérifier la cohérence de ce résultat avec la question 1.
Exercice 31 ★★★★ — Convexité : croissance des pentes et position des sécantes
Fonctions convexes : définition, position par rapport aux sécantesConvexité et dérivées : monotonie de f', signe de f'', position des tangentes
Soit un intervalle de non réduit à un point. On rappelle la définition : une fonction est convexe sur lorsque
Dans les questions 1 à 4, la fonction est supposée convexe sur . Tout doit être démontré à partir de cette seule définition : aucun résultat du cours sur la convexité n'est admis.
1. Lemme des trois pentes. Soient trois points de .
a. Vérifier que appartient à , que et que .
b. En déduire l'encadrement
2. Soit . On note la fonction pente en , définie sur par . Démontrer que est croissante sur (on distinguera trois cas selon la position de par rapport aux deux points comparés).
3. On suppose de plus dérivable sur .
a. Démontrer que pour tous de , , et en déduire que est croissante sur .
b. Démontrer que la courbe de est au-dessus de chacune de ses tangentes, c'est-à-dire que pour tous et de .
4. Application. Soit convexe et dérivable sur dont la courbe admet une tangente horizontale au point d'abscisse . Démontrer que atteint son minimum global en . En déduire l'inégalité en appliquant ce résultat à , puis expliquer pourquoi la conclusion tombe en défaut pour en .
5. Reconnaissance. Parmi les quatre fonctions suivantes, déterminer lesquelles sont convexes sur l'intervalle indiqué, en justifiant par la dérivée seconde lorsque c'est possible et par la définition sinon.
a. sur
b. sur
c. sur
d. sur
Exercice 32 ★★★★ — Méthode de Newton et convergence quadratique
Fonctions lipschitziennes et suites récurrentes u(n+1) = f(u(n))Convexité et dérivées : monotonie de f', signe de f'', position des tangentesThéorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finis
Pour résoudre une équation de façon approchée, la dichotomie coupe l'intervalle en deux à chaque étape. La méthode de Newton procède autrement : elle remplace la courbe par sa tangente et lit la racine de cette tangente. Le but de l'exercice est de justifier la méthode, puis de mesurer sa rapidité.
Soit une fonction de classe sur un segment vérifiant
Les fonctions et étant continues sur le segment , elles y sont bornées et atteignent leurs bornes : on pose et , de sorte que , et
1. Montrer que admet une unique racine dans , et que .
2. Soit . Écrire une équation de la tangente à la courbe de au point d'abscisse , et montrer qu'elle coupe l'axe des abscisses en un unique point, d'abscisse .
On définit alors la suite par et, pour tout , .
3. Montrer que la suite est bien définie et que pour tout ; on utilisera la position de la courbe d'une fonction convexe par rapport à ses tangentes. En déduire que converge vers .
4. Soit tel que .
a. Vérifier que .
b. Appliquer l'égalité des accroissements finis à entre et : on obtient un réel . Appliquer ensuite l'égalité des accroissements finis à entre et , et en déduire que .
5. Affinons la constante. On garde tel que et on pose . Pour , on définit
où est le réel choisi de sorte que .
a. Justifier l'existence et l'unicité de , vérifier que et calculer .
b. Appliquer le théorème de Rolle à sur et en déduire qu'il existe tel que .
c. En déduire que, pour tout , .
6. Application : sur . Vérifier les hypothèses, expliciter la suite, calculer , majorer l'erreur à chaque rang et compter les décimales exactes.
7. Combien d'étapes de dichotomie faudrait-il sur pour atteindre la précision de ? Commenter les avantages respectifs des deux méthodes.
Exercice 33 ★★★★ — Équation fonctionnelle de Cauchy et continuité
Continuité en un point, prolongement par continuité, opérationsCaractérisation séquentielle de la limite et de la continuité
On cherche toutes les fonctions vérifiant
Les fonctions conviennent visiblement. L'exercice montre qu'une hypothèse de régularité aussi faible que la continuité en un seul point suffit à garantir qu'il n'y en a pas d'autres. Dans les parties A et B, désigne une solution de .
Partie A. Ce que l'équation impose sur les rationnels.
1. Montrer que , puis que est impaire.
2. Soit . Montrer par récurrence que pour tout , puis étendre le résultat à tout .
3. Soient et . En écrivant avec et , montrer que . En déduire, en posant , que pour tout .
Partie B. Le rôle de la continuité.
4. On suppose ici qu'il existe tel que soit continue en . Montrer que est continue en , puis qu'elle est continue en tout point de .
5. Sous la même hypothèse, montrer que pour tout . On pourra approcher par la suite de ses approximations décimales . Conclure : quelles sont exactement les solutions continues de ?
Partie C. La variante multiplicative.
6. On cherche maintenant les fonctions continues vérifiant
a. Montrer que si s'annule en un point, alors est la fonction nulle.
b. On suppose désormais non identiquement nulle. Montrer que pour tout ; on pourra écrire .
c. Montrer que est bien définie, continue, et solution de . En déduire toutes les solutions continues de .
Exercice 34 ★★★★ — Une fonction continue injective est strictement monotone
Théorème des valeurs intermédiaires et image d'un intervalleThéorème de la bijection et fonction réciproque
Une fonction strictement monotone est évidemment injective. La réciproque est fausse en général, mais devient vraie pour une fonction continue sur un intervalle : c'est le résultat que l'on démontre ici, et qui complète le théorème de la bijection.
Dans les questions 1. et 2., désigne un intervalle de et une fonction continue et injective.
1. Soient , , trois points de tels que . Montrer que est strictement compris entre et . On raisonnera par l'absurde en distinguant les deux configurations possibles, et on appliquera le théorème des valeurs intermédiaires sur puis sur .
2. En déduire que est strictement monotone sur . On pourra dire, pour dans , que le couple est croissant si et décroissant si , puis montrer que tous les couples de points de sont de même nature.
3. Donner un exemple de fonction injective de dans qui n'est pas monotone. À quel endroit précis de la question 1. l'hypothèse de continuité a-t-elle été utilisée ?
4. Donner un exemple de fonction continue et injective, définie sur une réunion de deux segments disjoints, qui n'est pas monotone. À quel endroit précis l'hypothèse « est un intervalle » a-t-elle été utilisée ?
5. Conclure : si est continue et injective sur un intervalle , que peut-on dire de , de la bijection induite par et de sa réciproque ? Énoncer le théorème de la bijection.
Exercice 35 ★★★★ — Fonctions convexes majorées et comportement à l'infini
Fonctions convexes : définition, position par rapport aux sécantesInégalités classiques obtenues par convexité
Aucune hypothèse de dérivabilité n'est faite dans cet exercice : tout se déduit de la seule définition de la convexité. Rappelons-la. Une fonction définie sur un intervalle est convexe sur lorsque
1. (Lemme des trois pentes.) Soit convexe sur un intervalle et soient trois points de . Montrer que
On posera , on vérifiera que et que . Ce lemme sera utilisé dans toutes les questions suivantes.
2. Montrer qu'une fonction convexe et majorée sur est constante.
3. Soit convexe sur .
a. Montrer que s'il existe tels que , alors est strictement croissante sur .
b. On note l'ensemble des réels tels que soit strictement croissante sur . En distinguant les cas « vide », « non vide et non minoré », « non vide et minoré », montrer que est décroissante sur , ou strictement croissante sur , ou bien qu'il existe tel que soit décroissante sur et strictement croissante sur . Autrement dit : une fonction convexe est monotone, ou bien décroît puis croît.
4. Soit convexe sur .
a. Montrer que la fonction est croissante sur .
b. En déduire que admet une limite dans quand tend vers .
5. (Synthèse.) Soit convexe sur telle que quand .
a. Montrer que est décroissante sur , puis que pour tout .
b. Montrer que admet une limite en dans , et que si cette limite est finie, alors est la fonction nulle.
Exercice 36 ★★★★ — Polynômes de Legendre : formule de Leibniz et Rolle itéré
Dérivées successives, fonctions de classe Ck, formule de LeibnizThéorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finis
Soit . On définit sur les fonctions
À un facteur numérique près, est le -ième polynôme de Legendre. Toute l'étude repose sur deux outils du chapitre : la formule de Leibniz et le théorème de Rolle. On utilisera librement le fait que, pour et , la dérivée -ième de vaut si , et est nulle si (récurrence immédiate).
1. Développer par la formule du binôme et en déduire que est une fonction polynomiale de degré , de coefficient dominant . En dérivant fois terme à terme, montrer que est une fonction polynomiale de degré et préciser son coefficient dominant.
2. En écrivant et en appliquant la formule de Leibniz, montrer que
3. Montrer par récurrence que, pour tout , la fonction admet au moins racines distinctes dans . En déduire que admet au moins racines distinctes dans .
4. Expliciter pour , et , et vérifier sur ces trois cas le nombre et la position des racines.
5. Montrer que n'a pas d'autre racine réelle : admet exactement racines réelles, toutes situées dans . On raisonnera par l'absurde, en dérivant fois de plus.
Bloqué sur « Fonctions d'une variable réelle : limites et continuité, dérivabilité » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.