PCSI · Chapitre 06 · Premier semestre

Exercices — Fonctions d'une variable réelle : limites et continuité, dérivabilité

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Limites d'une fonction : opérations et formes indéterminées

Opérations sur les limites, composition, passage à la limite dans une inégalitéLimite en un point ou en l'infini : définition quantifiée, unicité, limites à gauche et à droite

Une limite ne se devine pas : on applique les théorèmes d'opérations sur les limites, et on ne transforme l'écriture que lorsque ces théorèmes ne concluent pas, c'est-à-dire devant une forme indéterminée. Il y en a exactement quatre :

00,,,0×

Dans tout l'exercice, on justifiera à chaque étape la forme rencontrée, puis la transformation qui la lève.

1. Limites de quotients. Factoriser, en un point fini par la racine commune, à l'infini par le terme dominant.

a. limx32x27x+3x29

b. limx2x3xx2+3

c. limx9x2+22x5

2. Limites avec des racines. Utiliser la quantité conjuguée.

a. limx+(x2+xx)

b. limx+(x+3x)

c. limx01+x1x

3. Limites par croissances comparées.

a. limx+xex

b. limx+exx2+1

c. limx0+xx

4. Ces trois limites sont des taux d'accroissement déguisés. Les reconnaître, puis conclure.

a. limx1lnxx1

b. limx2x38x2

c. limx0sin(3x)x

Exercice 2 ★★★Limites à gauche, à droite et fonction partie entière

Limite en un point ou en l'infini : définition quantifiée, unicité, limites à gauche et à droite

On rappelle deux points de cours utilisés dans tout l'exercice.

Partie entière. Pour tout réel x, il existe un unique entier nZ tel que nx<n+1 ; cet entier est noté x et appelé partie entière de x. Ainsi 2,7=2, 3=3 et 1,5=2.

Limites unilatérales. Soit a un réel et f une fonction définie au voisinage de a, sauf peut-être en a.

  • Si f n'est pas définie en a, alors f admet une limite en a si et seulement si elle admet une limite à gauche et une limite à droite en a et que ces deux limites sont égales.
  • Si f est définie en a, alors (avec la convention des inégalités larges) f admet une limite en a si et seulement si limxaf(x)=limxa+f(x)=f(a), c'est-à-dire si et seulement si f est continue en a.

Pour chacune des fonctions suivantes, déterminer la limite à gauche et la limite à droite au point indiqué, puis conclure quant à l'existence d'une limite en ce point.

1. f1(x)=1x en 0.

2. f2(x)=x+2(x1)2 en 1.

3. f3(x)=xx en 0.

4. f4(x)=e1/x en 0.

5. f5(x)=x, d'abord en 2, puis en un réel a non entier. Que peut-on en déduire sur l'ensemble des points où la partie entière est continue ?

6. Soit aR et f6 la fonction définie sur R par

f6(x)={x21x1si x<1ax+3si x1

Déterminer la valeur de a pour laquelle f6 admet une limite en 1, et préciser alors cette limite.

Exercice 3 ★★★★Prolongements par continuité

Continuité en un point, prolongement par continuité, opérations

Rappel. Soit I un intervalle, aI et f une fonction définie et continue sur I{a}. On dit que f est prolongeable par continuité en a lorsque f admet en a une limite finie . Le prolongement est alors la fonction f~ définie sur I par

f~(x)=f(x) si xa,f~(a)=

et c'est l'unique fonction continue sur I qui coïncide avec f sur I{a}. Une limite infinie, ou une absence de limite, interdit le prolongement.

Pour chacune des fonctions suivantes, dire si elle est prolongeable par continuité au point indiqué et, le cas échéant, préciser la valeur du prolongement en ce point. On rédigera à chaque fois une conclusion complète.

1. f1(x)=sinxx en 0.

2. f2(x)=ex1x en 0.

3. f3(x)=xlnx en 0 (la fonction est définie sur ]0,+[).

4. f4(x)=x21x1 en 1.

5. f5(x)=xsin(1x) en 0.

6. f6(x)=sin(1x) en 0. On pourra utiliser les deux suites un=12nπ et vn=1π2+2nπ, définies pour n1.

7. Le prolongement f5~ obtenu à la question 5. est-il dérivable en 0 ?

Exercice 4 ★★★★Taux d'accroissement et nombre dérivé

Dérivabilité en un point, taux d'accroissement, développement limité à l'ordre 1, tangente

Rappel. Soit f définie sur un intervalle I et aI. La fonction f est dérivable en a lorsque son taux d'accroissement en a admet une limite finie :

limxaf(x)f(a)xa=limh0f(a+h)f(a)h=f(a)

Si a est intérieur à I, la fonction f est dérivable en a si et seulement si elle admet en a une dérivée à gauche fg(a) et une dérivée à droite fd(a) et que ces deux nombres sont égaux ; on a alors f(a)=fg(a)=fd(a).

1. Reconnaître chacune de ces limites comme un nombre dérivé, puis la calculer.

a. limx0e2x1x

b. limx1x51x1

c. limh0ln(1+h)h

d. limxπ6sinx12xπ6

e. limh09+h3h

2. Étudier la dérivabilité en 0 de f:xx, définie sur R. Interpréter graphiquement.

3. Étudier la dérivabilité en 0 de g:xx, définie sur [0,+[. Interpréter graphiquement.

4. Étudier la dérivabilité en 0 de h:xxx, définie sur R.

5. Soit φ la fonction définie sur R par

φ(x)={x2+1si x13x1si x>1

Montrer que φ est continue en 1, puis étudier sa dérivabilité en 1.

6. Soient a et b deux réels et ψ la fonction définie sur R par ψ(x)=x2 si x1 et ψ(x)=ax+b si x>1. Déterminer a et b pour que ψ soit dérivable en 1. Que représente alors la droite d'équation y=ax+b ?

Exercice 5 ★★★Équations de tangentes et développement limité à l'ordre 1

Dérivabilité en un point, taux d'accroissement, développement limité à l'ordre 1, tangente

Rappel. Soit f dérivable en a. La tangente à la courbe de f au point d'abscisse a est la droite d'équation

y=f(a)(xa)+f(a)

De façon équivalente, f admet en a un développement limité à l'ordre 1 : il existe une fonction ε de limite nulle en 0 telle que, pour h voisin de 0,

f(a+h)=f(a)+f(a)h+hε(h),limh0ε(h)=0

Autrement dit, au voisinage de a, la fonction est bien approchée par la fonction affine dont la courbe est la tangente : c'est l'approximation affine f(a+h)f(a)+f(a)h.

1. Déterminer une équation de la tangente à la courbe de f au point d'abscisse a, dans chacun des cas suivants.

a. f(x)=x32x, a=1

b. f(x)=lnx, a=1

c. f(x)=ex, a=0

d. f(x)=x, a=4

e. f(x)=1x, a=2

2. Écrire le développement limité à l'ordre 1 en 0 des quatre fonctions suivantes.

a. xex

b. xln(1+x)

c. x1+x

d. x11+x

3. En déduire une valeur approchée de 1,02, de ln(1,01), de e0,03 et de 10,98.

4. Déterminer les points de la courbe de f:xx32x en lesquels la tangente est parallèle à la droite d'équation y=x, et donner les équations de ces tangentes.

5. Soit g une fonction dérivable en 2, telle que g(2)=5 et g(2)=3. Donner l'équation de la tangente à la courbe de g au point d'abscisse 2, le développement limité de g à l'ordre 1 en 2, puis une valeur approchée de g(2,01).

Exercice 6 ★★★Dérivées, domaines de dérivabilité et opérations

Opérations sur les dérivées : produit, quotient, composée, réciproque

Rappel. Le domaine de dérivabilité Df est toujours contenu dans le domaine de définition Df, mais il peut être strictement plus petit. Les deux sources d'écart les plus fréquentes sont :

  • u est définie là où u0, mais dérivable seulement là où u>0, avec (u)=u2u ;
  • u n'est pas dérivable en un point au(a)=0 et u(a)0 ; si u(a)=0 également, elle peut l'être (comparer x et x3 en 0).

1. Pour chacune des fonctions suivantes, déterminer son ensemble de définition Df, son ensemble de dérivabilité Df, puis calculer f(x) sur ce dernier.

a. f(x)=(3x21)ex

b. f(x)=x2+1x2

c. f(x)=x24

d. f(x)=lnx

e. f(x)=Arctan(2x+1)

f. f(x)=ex

g. f(x)=ln(1+x1x)

h. f(x)=xx

2. Pour lesquelles de ces fonctions a-t-on DfDf ? Interpréter graphiquement.

Exercice 7 ★★★★Lecture graphique : de la courbe de la dérivée aux variations

Extremum local, point critique et variationsConvexité et dérivées : monotonie de f', signe de f'', position des tangentes

Courbe représentative de la dérivée f' sur l'intervalle [-3 ; 5]

Soit f une fonction définie et dérivable sur [3,5]. La figure ci-dessus représente la courbe de sa dérivée f, et non celle de f : c'est le point à ne pas perdre de vue pendant tout l'exercice.

On lit sur la figure : la courbe de f est une parabole tournée vers le haut ; elle coupe l'axe des abscisses en x=1 et en x=3 ; son sommet est le point S(1;1,6) ; enfin f(3)=f(5)=4,8.

On suppose de plus que f(1)=2.

1. Déterminer le signe de f sur [3,5] et le présenter dans un tableau.

2. En déduire le tableau de variations de f sur [3,5].

3. Déterminer les points critiques de f et préciser, pour chacun, s'il correspond à un extremum local. La fonction f admet-elle d'autres extremums locaux sur [3,5] ?

4. Étudier la monotonie de f sur [3,5]. Qu'en déduit-on sur la convexité de f ?

5. Déterminer l'abscisse du point d'inflexion de la courbe de f.

6. En quels points la courbe de f admet-elle une tangente horizontale ? Donner l'équation de celles que les données permettent de déterminer.

7. Décrire l'allure de la courbe de f sur [3,5], puis en tracer une esquisse.

Exercice 8 ★★★★Dérivées successives et fonctions de classe Ck

Dérivées successives, fonctions de classe Ck, formule de Leibniz

Rappel. Pour kN, une fonction est dite de classe Ck sur un intervalle I lorsqu'elle est k fois dérivable sur I et que sa dérivée k-ième est continue sur I. Elle est de classe C lorsqu'elle est de classe Ck pour tout k.

Dans les questions 1. à 5., on calculera les premières dérivées, on conjecturera l'expression de la dérivée n-ième, puis on la démontrera par récurrence.

1. Soit f définie sur R{1} par f(x)=11x.

2. Soit g définie sur ]1,+[ par g(x)=ln(1+x). On donnera g(n) pour n1.

3. Soit a un réel et h définie sur R par h(x)=eax.

4. Montrer que, pour tout nN et tout réel x, cos(n)(x)=cos(x+nπ2). On rappelle que cos(θ+π2)=sinθ pour tout réel θ.

5. Soit u définie sur R par u(x)=1x.

6. Soit φ la fonction définie sur R par

φ(x)={x2si x0x2si x<0

a. Montrer que φ(x)=xx pour tout réel x.

b. Montrer que φ est de classe C1 sur R et expliciter φ.

c. La fonction φ est-elle de classe C2 sur R ? Et sur ]0,+[ ?

Exercice 9 ★★★Convexité et points d'inflexion par le signe de la dérivée seconde

Convexité et dérivées : monotonie de f', signe de f'', position des tangentesFonctions convexes : définition, position par rapport aux sécantes

Rappel. Soit f deux fois dérivable sur un intervalle I. Les propriétés suivantes sont équivalentes :

  • f est convexe sur I, c'est-à-dire f(λx+(1λ)y)λf(x)+(1λ)f(y) pour tous x,yI et tout λ[0,1] ;
  • f est croissante sur I ;
  • f0 sur I.

On obtient les propriétés des fonctions concaves en renversant toutes les inégalités. La courbe d'une fonction convexe est située au-dessus de chacune de ses tangentes, celle d'une fonction concave en dessous. Enfin, un point d'inflexion est un point de la courbe où la convexité change.

Pour chacune des fonctions suivantes : calculer f, étudier son signe dans un tableau, puis conclure sur les intervalles de convexité et de concavité et sur les points d'inflexion.

1. f(x)=x33x sur R.

2. f(x)=ex sur R. En déduire la position de la courbe par rapport à sa tangente en 0 et écrire l'inégalité correspondante.

3. f(x)=lnx sur ]0,+[. En déduire la position de la courbe par rapport à sa tangente en 1 et écrire l'inégalité correspondante.

4. f(x)=x4 sur R. La courbe admet-elle un point d'inflexion en 0 ? Que faut-il donc vérifier avant d'annoncer un point d'inflexion ?

5. f(x)=x1+x2 sur R. On montrera au passage que f(x)=2x(x23)(1+x2)3.

Exercice 10 ★★★★Limites par encadrement et par comparaison

Existence d'une limite par encadrement, par minoration ou par majoration

On utilise librement les deux théorèmes du cours, valables aussi bien en un point a qu'en +.

Encadrement. Si g(x)f(x)h(x) au voisinage de a et si g et h admettent en a la même limite finie , alors f admet la limite en a.

Comparaison. Si f(x)g(x) au voisinage de a et si g(x)+, alors f(x)+ (énoncé symétrique, avec une majoration, pour ).

1. Déterminer les limites suivantes en construisant à chaque fois un encadrement explicite.

a. limx0  xsin1x

b. limx0+  x1x

c. limx+sinxx

2. Soit f une fonction définie sur [1,+[ dont on sait seulement que

x1,x2xf(x)x2+3x.

a. Déterminer limx+f(x).

b. Déterminer limx+f(x)x2.

c. Peut-on déterminer limx+(f(x)x2) ?

3. Démontrer les deux limites suivantes par minoration.

a. limx+(x+cosx)=+

b. limx+(x2+xsinx)=+

4. Un élève rédige : « pour tout x>0, xsin1xx, et x0 quand x0+, donc xsin1x0 ». La conclusion est exacte, la démonstration ne l'est pas.

a. Donner une fonction φ définie sur ]0,+[ telle que φ(x)x pour tout x>0 et que φ n'ait pas pour limite 0 en 0+.

b. Que faut-il ajouter à l'argument de l'élève pour qu'il devienne correct ?

Exercice 11 ★★★Manipuler la définition quantifiée d'une limite

Limite en un point ou en l'infini : définition quantifiée, unicité, limites à gauche et à droite

Dans tout l'exercice, f désigne une fonction définie sur une partie D de R, et a un réel tel que f soit définie au voisinage de a, sauf peut-être en a : tout intervalle [aδ,a+δ] rencontre alors D. On utilise les définitions du cours, écrites avec des inégalités larges :

limxaf(x)=    ε>0, δ>0, xD, (xaδf(x)ε) limx+f(x)=    ε>0, BR, xD, (xBf(x)ε)

1. Écrire avec des quantificateurs les quatre assertions suivantes.

a. limx1f(x)=3

b. limx+f(x)=2

c. limx0f(x)=+

d. limx+f(x)=

2. Démontrer les deux limites suivantes en revenant à la définition, en explicitant un δ (respectivement un B) convenable.

a. limx2x2=4

b. limx+3x+1x+2=3

3. On pose f(x)=xx pour xR.

a. Écrire la négation de « f tend vers en a ».

b. En déduire que f ne tend pas vers 1 en 0.

c. Démontrer que f n'a aucune limite en 0.

4. Deux conséquences directes de la définition.

a. Démontrer l'unicité de la limite : si f tend vers et vers en a, avec et réels, alors =.

b. Démontrer qu'une fonction admettant une limite finie en a est bornée au voisinage de a. La réciproque est-elle vraie ?

Exercice 12 ★★★★Caractérisation séquentielle et non-existence de limite

Caractérisation séquentielle de la limite et de la continuité

On admet les deux résultats de densité suivants : tout réel est limite d'une suite de rationnels, et tout réel est limite d'une suite d'irrationnels.

1. Énoncer la caractérisation séquentielle de la limite, puis celle de la continuité en un point. En déduire un critère commode pour prouver qu'une fonction n'a pas de limite en a.

2. On pose f(x)=sin1x pour xR.

a. Déterminer limn+f(un) et limn+f(vn) pour un=12nπ et vn=1π2+2nπ, où n1.

b. En déduire que f n'a pas de limite en 0.

c. Le seul calcul de limf(un) aurait-il permis de conclure quoi que ce soit ?

3. Démontrer que xcosx n'a pas de limite en +.

4. Soit 1Q la fonction définie sur R par 1Q(x)=1 si xQ, et 1Q(x)=0 sinon. Démontrer que 1Q n'est continue en aucun point de R.

5. Utiliser la caractérisation séquentielle dans l'autre sens pour déterminer les limites des suites suivantes.

a. un=nsin1n

b. vn=(1+1n)n

Exercice 13 ★★★Théorème de la limite monotone

Théorème de la limite monotone

1. Énoncer le théorème de la limite monotone pour une fonction croissante, dans les deux situations : à l'extrémité droite d'un intervalle ]α,β[ avec β fini, et en +. Distinguer le cas majoré du cas non majoré.

2. On pose f(x)=x2x2+1 pour x[0,+[.

a. Démontrer que f est croissante et majorée par 1.

b. Qu'affirme le théorème de la limite monotone ? Déterminer effectivement cette limite, puis sup[0,+[f. Cette borne supérieure est-elle atteinte ?

c. Soit g une fonction croissante sur [0,+[ et majorée par 3. Que peut-on affirmer sur g en + ? Peut-on affirmer que sa limite vaut 3 ?

3. Soit f une fonction croissante sur un intervalle I et soit c un point intérieur à I. Démontrer que f admet en c une limite à gauche et une limite à droite, toutes deux finies, et que

limxcf(x)  f(c)  limxc+f(x).

4. Soit f croissante sur un segment [a,b] (avec a<b) dont l'image f([a,b]) est un intervalle. On veut démontrer que f est continue sur [a,b]. On note f(c) et f(c+) les limites de la question 3.

a. Soit c]a,b[. En supposant f(c)<f(c) et en choisissant y strictement compris entre ces deux valeurs, démontrer que y n'est pas atteint par f, puis conclure.

b. Adapter l'argument pour montrer que f(c+)=f(c), puis traiter les deux extrémités a et b.

Exercice 14 ★★★★Existence de solutions par le théorème des valeurs intermédiaires

Théorème des valeurs intermédiaires et image d'un intervalle

On rappelle le théorème des valeurs intermédiaires : si f est continue sur un segment [a,b] et si y est un réel compris entre f(a) et f(b), alors il existe c[a,b] tel que f(c)=y. Dans chaque question, les hypothèses devront être vérifiées explicitement.

1. Démontrer que chacune des équations suivantes admet au moins une solution réelle, et préciser un intervalle qui en contient une.

a. x3+x1=0 sur [0,1]

b. ex=3x

c. cosx=x

2. Soit n un entier naturel impair et P(x)=anxn+an1xn1++a1x+a0, avec an0. On veut montrer que P s'annule au moins une fois sur R. On suppose d'abord an>0.

a. Montrer que, pour x0, on peut écrire P(x)=anxn(1+ε(x))ε(x)0 quand x+ et quand x.

b. En déduire limx+P(x)=+ et limxP(x)=.

c. Conclure, puis traiter le cas an<0.

d. Où l'argument s'effondre-t-il si n est pair ? Donner un polynôme de degré 2 sans racine réelle.

3. On définit f sur [0,2] par f(x)=1 si x<1 et f(x)=1 si x1. Vérifier que f(0)<0<f(2) et que pourtant f ne s'annule pas. Quelle hypothèse du théorème est en défaut ?

Exercice 15 ★★★★Unicité d'une solution et encadrement par dichotomie

Théorème des valeurs intermédiaires et image d'un intervalleThéorème de la bijection et fonction réciproque

On considère la fonction f définie sur R par f(x)=x3+3x1.

1. Étudier les variations de f et déterminer ses limites en et en +. Dresser son tableau de variations.

2. On s'intéresse à l'équation f(x)=0.

a. Démontrer qu'elle admet au moins une solution α dans ]0,1[.

b. Démontrer que cette solution est unique dans R.

c. Retrouver l'existence et l'unicité d'un seul coup, à l'aide du théorème de la bijection.

3. Encadrer α par dichotomie à partir de ]0,1[, en détaillant trois étapes. Quelle est l'amplitude de l'encadrement obtenu ?

4. Combien d'étapes de dichotomie faut-il, à partir de ]0,1[, pour obtenir un encadrement d'amplitude inférieure ou égale à 103 ?

5. On pose g(x)=x33x. Vérifier que le théorème des valeurs intermédiaires s'applique à g sur [2,2] pour la valeur 0, puis déterminer toutes les solutions de g(x)=0 dans cet intervalle. Que faut-il en conclure sur la portée du théorème ?

Exercice 16 ★★★★Fonctions continues sur un segment et bornes atteintes

Image d'un segment, théorème des bornes atteintesExtremum local, point critique et variations

1. Énoncer le théorème des bornes atteintes. Préciser ce qu'il affirme exactement, et rappeler son statut au programme.

2. On pose f(x)=xex pour x[0,3].

a. Justifier, sans aucun calcul, que f admet un maximum et un minimum sur [0,3].

b. Déterminer effectivement ce maximum et ce minimum, ainsi que les points où ils sont atteints.

c. En déduire l'image f([0,3]).

d. Le minimum est atteint en 0, où pourtant f(0)=10. Est-ce en contradiction avec le théorème « en un extremum local intérieur, la dérivée s'annule » ?

3. Montrer, par un contre-exemple à chaque fois, qu'aucune des hypothèses ne peut être supprimée.

a. Une fonction continue sur ]0,1] qui n'est pas bornée.

b. Une fonction continue et bornée sur [0,1[ qui n'atteint pas sa borne supérieure.

c. Une fonction définie sur le segment [0,1], non continue, qui n'atteint pas sa borne supérieure.

4. Soit f continue sur un segment [a,b]. Démontrer que f([a,b]) est un segment, en combinant le théorème des bornes atteintes et le théorème des valeurs intermédiaires.

Exercice 17 ★★★★Théorème de la bijection et fonction réciproque

Théorème de la bijection et fonction réciproque

On rappelle le théorème de la bijection : si f est définie, continue et strictement monotone sur un intervalle I, alors f réalise une bijection de I sur l'intervalle J=f(I), et la réciproque f1 est définie, continue et strictement monotone sur J, de même sens de variation que f. Dans tout l'exercice, on vérifiera une à une les trois hypothèses avant d'appliquer ce théorème.

Partie A : une réciproque explicite

Soit f la fonction définie sur I=]1,+[ par f(x)=x1+x.

1. Montrer que f(x)=111+x pour tout xI. Calculer f(x), déterminer les limites de f aux bornes de I, puis dresser le tableau de variations de f.

2. Montrer que f réalise une bijection de I sur un intervalle J que l'on déterminera.

3. Expliciter f1(y) pour tout yJ, puis vérifier le résultat obtenu.

Partie B : une réciproque non explicitable

Soit g la fonction définie sur ]0,+[ par g(x)=x+lnx.

4. Montrer que g réalise une bijection de ]0,+[ sur R.

5. Calculer g1(1), puis montrer que 2<g1(3)<3.

6. Déterminer les limites de g1 en et en +, dresser son tableau de variations et expliquer comment on trace sa courbe à partir de celle de g.

Exercice 18 ★★★★Dérivée d'une fonction réciproque

Théorème de la bijection et fonction réciproqueOpérations sur les dérivées : produit, quotient, composée, réciproque

On rappelle le théorème de dérivation d'une réciproque. Soit f continue et strictement monotone sur un intervalle I, réalisant donc une bijection de I sur l'intervalle J=f(I). Soit y0J et x0=f1(y0). Si f est dérivable en x0 et si f(x0)0, alors f1 est dérivable en y0 et

(f1)(y0)=1f(f1(y0)).

1. On admet que f1 est dérivable en y0. En dérivant l'identité f(f1(y))=y, retrouver la formule ci-dessus. Que dire si f(x0)=0 ?

2. La fonction tan réalise une bijection de ]π2,π2[ sur R, de réciproque Arctan. En partant de tan=1+tan2, démontrer que Arctan est dérivable sur R et que Arctan(y)=11+y2.

3. La fonction sin réalise une bijection de [π2,π2] sur [1,1], de réciproque Arcsin. Démontrer que Arcsin est dérivable sur ]1,1[ et que Arcsin(y)=11y2. Montrer ensuite que Arcsin n'est pas dérivable en 1.

4. Soit f définie sur R par f(x)=x5+x+1. Montrer que f réalise une bijection de R sur R, puis calculer (f1)(1) et (f1)(3). En déduire une équation de la tangente à la courbe de f1 au point d'abscisse 3.

5. Soit h définie sur R par h(x)=x3. Montrer que h réalise une bijection de R sur R, puis que sa réciproque n'est pas dérivable en 0. Interpréter géométriquement.

Exercice 19 ★★★Théorème de Rolle et localisation des racines

Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finis

On rappelle le théorème de Rolle : si g est continue sur [a,b] (avec a<b), dérivable sur ]a,b[ et vérifie g(a)=g(b), alors il existe c]a,b[ tel que g(c)=0.

Le chapitre sur les polynômes n'ayant pas encore été traité, on convient du vocabulaire suivant. Une fonction polynomiale est une fonction P:RR de la forme P(x)=apxp++a1x+a0, où a0,,ap sont des réels ; elle est dérivable sur R. Un réel r est une racine de P lorsque P(r)=0.

1. Soit I un intervalle, f:IR dérivable sur I et n2 un entier. On suppose que f s'annule en n points distincts de I. Démontrer que f s'annule en au moins n1 points distincts de I.

2. Soit P la fonction polynomiale définie sur R par P(x)=x(x1)(x2)(x3).

a. Que donne la question 1. pour P ? Préciser des intervalles contenant les points d'annulation obtenus.

b. Montrer que P(x)=(x23x)2+2(x23x), en déduire une forme factorisée de P(x), puis déterminer toutes les racines de P. Comparer avec a.

3. Soit f la fonction définie sur R par f(x)=x33x+1. Dresser le tableau de variations de f, montrer que f possède exactement trois racines réelles et encadrer chacune d'elles par deux entiers consécutifs.

4. Soit a un réel. On s'intéresse au nombre de solutions réelles de l'équation ex=ax, et l'on pose φ(x)=exax.

a. À l'aide de la question 1., montrer que cette équation admet au plus deux solutions, quelle que soit la valeur de a.

b. Discuter le nombre exact de solutions selon la valeur de a.

Exercice 20 ★★★★Inégalité des accroissements finis et fonctions lipschitziennes

Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finisFonctions lipschitziennes et suites récurrentes u(n+1) = f(u(n))

Soit I un intervalle de R, f:IR et K un réel positif. On dit que f est K-lipschitzienne sur I lorsque

(x,y)I2,f(x)f(y)Kxy,

et que f est lipschitzienne sur I lorsqu'il existe un réel K0 tel que f soit K-lipschitzienne sur I.

On rappelle l'inégalité des accroissements finis : si f est dérivable sur l'intervalle I et s'il existe K0 tel que fK sur I, alors f est K-lipschitzienne sur I.

1. Démontrer qu'une fonction K-lipschitzienne sur I est continue sur I.

2. Démontrer les trois inégalités suivantes, valables pour tous a et b de l'intervalle indiqué.

a. sinasinbab sur R.

b. ArctanaArctanbab sur R.

c. ln(1+a)ln(1+b)ab sur [0,+[.

3. Soit f:xx2 sur [1,3]. Montrer que f est 6-lipschitzienne sur [1,3], puis que 6 est la plus petite constante possible.

4. Montrer que la fonction racine carrée n'est pas lipschitzienne sur [0,1]. Que peut-on en conclure sur la réciproque de la question 1. ?

5. Soit f définie sur R par f(x)=x2+34, et (un) la suite définie par u0=0 et un+1=f(un).

a. Montrer que l'intervalle [0,1] est stable par f, puis que un[0,1] pour tout nN.

b. Montrer que f est 12-lipschitzienne sur [0,1] et déterminer l'unique point fixe de f dans [0,1].

c. En déduire que un(12)nu0 pour tout n, puis la convergence de (un). Déterminer un rang à partir duquel un approche à 103 près.

Exercice 21 ★★★★Théorème de la limite de la dérivée et prolongement de classe C1

Théorème de la limite de la dérivéeDérivabilité en un point, taux d'accroissement, développement limité à l'ordre 1, tangente

On rappelle le théorème de la limite de la dérivée. Soit I un intervalle, aI et f:IR continue sur I et dérivable sur I{a}.

  • Si f(x) avec R quand xa, alors f est dérivable en a, f(a)=, et f est continue en a.
  • Si f(x)+ (ou ) quand xa, alors le taux d'accroissement de f en a tend vers + (resp. ) : f n'est pas dérivable en a et sa courbe admet une tangente verticale au point d'abscisse a.

1. Soit f définie sur ]0,+[ par f(x)=x2lnx. Montrer que f se prolonge par continuité en 0 en posant f(0)=0, puis que la fonction ainsi prolongée est de classe C1 sur [0,+[. Retrouver la valeur de f(0) par le taux d'accroissement.

2. Soient a, b, c trois réels et g la fonction définie sur R par

g(x)={exsi x0ax2+bx+csi x>0

Déterminer a, b et c pour que g soit de classe C2 sur R. La fonction obtenue est-elle de classe C3 ?

3. Soit h définie sur [0,+[ par h(x)=x. Étudier la dérivabilité de h en 0 à l'aide du théorème, puis vérifier la conclusion par le taux d'accroissement.

4. Soit φ définie sur R par φ(0)=0 et φ(x)=x2sin1x pour x0.

a. Montrer, en revenant à la définition, que φ est dérivable en 0 et calculer φ(0).

b. Calculer φ(x) pour x0, puis montrer que φ n'admet pas de limite en 0.

c. Qu'en conclut-on sur la réciproque du théorème de la limite de la dérivée ?

5. Soit ψ définie sur R par ψ(x)=x si x<0 et ψ(x)=x+1 si x0. Calculer limx0ψ(x). La fonction ψ est-elle dérivable en 0 ? Quelle hypothèse du théorème est en défaut ?

Exercice 22 ★★★Formule de Leibniz et dérivées n-ièmes

Dérivées successives, fonctions de classe Ck, formule de Leibniz

On rappelle la formule de Leibniz : si u et v sont n fois dérivables sur un intervalle I, alors uv l'est aussi et

(uv)(n)=k=0n(nk)u(k)v(nk).

Dans les questions 1. à 3., on choisira pour u le facteur polynomial de degré 2 : ses dérivées d'ordre supérieur ou égal à 3 sont nulles, et la somme se réduit à trois termes.

1. Soit f:xx2ex. Calculer f(n)(x) pour tout nN, puis contrôler le résultat pour n=1 et n=2 par un calcul direct.

2. Soit g:xx2sinx.

a. Démontrer par récurrence que sin(j)(x)=sin(x+jπ2) pour tout jN et tout réel x.

b. En déduire g(n)(x) pour tout nN, sous une forme ne faisant intervenir que sin(x+nπ2) et cos(x+nπ2).

3. Soit h:x(x2+1)lnx, définie sur ]0,+[.

a. Démontrer que ln(j)(x)=(1)j1(j1)!xj pour tout entier j1.

b. En déduire h(n)(x) pour n3, et vérifier le résultat pour n=3.

4. Soit F:x1x21, définie sur R{1,1}. On donne la décomposition

1x21=12(1x11x+1).

Après avoir vérifié cette égalité, démontrer par récurrence que (1xa)(n)=(1)nn!(xa)n+1 pour tout réel a fixé, puis en déduire F(n)(x).

5. On note A=Arctan, qui est de classe C sur R.

a. Justifier l'identité (1+x2)A(x)=1, puis, en appliquant la formule de Leibniz à cette identité, démontrer que pour tout n1 et tout réel x :

(1+x2)A(n+1)(x)+2nxA(n)(x)+n(n1)A(n1)(x)=0.

b. En déduire A(n+1)(0) en fonction de A(n1)(0), puis calculer A(n)(0) pour tout nN.

Exercice 23 ★★★Égalité des accroissements finis, encadrements et étude de suites

Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finisExistence d'une limite par encadrement, par minoration ou par majoration

Pour tout entier n1, on pose

Hn=k=1n1k=1+12++1n.

L'objectif est d'encadrer Hn en comparant chaque terme 1k à un accroissement du logarithme, l'outil étant à chaque fois l'égalité des accroissements finis.

1. Soit n1. Justifier que l'égalité des accroissements finis s'applique à la fonction ln sur le segment [n,n+1], et en déduire qu'il existe c]n,n+1[ tel que

ln(1+1n)=1c.

En déduire l'encadrement 1n+1ln(1+1n)1n.

2. a. Démontrer que, pour tout n1, k=1nln(1+1k)=ln(n+1).

b. En déduire que, pour tout n1, ln(n+1)Hn1+ln(n), puis déterminer la limite de la suite (Hn).

3. Pour n1, on pose un=Hnln(n). Démontrer que la suite (un) est décroissante et minorée par 0, et conclure qu'elle converge. Sa limite est notée γ : c'est la constante d'Euler-Mascheroni. Que donnent les questions précédentes comme encadrement de γ ?

4. Par la même méthode, démontrer que pour tout réel x0,

x1+xln(1+x)x.

Interpréter graphiquement cet encadrement, et retrouver la question 1. comme cas particulier.

Exercice 24 ★★★★Suite récurrente, intervalle stable et vitesse de convergence

Fonctions lipschitziennes et suites récurrentes u(n+1) = f(u(n))Théorème des valeurs intermédiaires et image d'un intervalle

On étudie la suite (un) définie par u0=1 et, pour tout nN, un+1=cos(un), les angles étant en radians. On note f la fonction cosinus.

On utilisera les valeurs approchées suivantes :

cos(0,7)0,7648,cos(0,8)0,6967,sin(1)0,8415,ln(0,85)0,1625,ln(3)1,0986.

1. Démontrer que l'intervalle [0,1] est stable par f, puis que un[0,1] pour tout nN.

2. Démontrer, à l'aide du théorème des valeurs intermédiaires et d'un argument de stricte monotonie, que l'équation cos(x)=x admet une unique solution dans [0,1]. Établir ensuite que 0,7<<0,8.

3. Démontrer que f(x)0,85 pour tout x[0,1], et en déduire que f est 0,85-lipschitzienne sur [0,1].

4. En déduire, par récurrence, que pour tout nN

un0,3×(0,85)n,

puis que la suite (un) converge vers .

5. Combien d'itérations cette majoration garantit-elle pour obtenir à 106 près ?

6. Démontrer que est toujours compris entre un et un+1, et en déduire la majoration pratique unun+1un. Le calcul numérique montre en fait que u32<106 : commenter l'écart avec la question 5., et expliquer pourquoi aucune majoration de ce type ne pourra jamais faire mieux qu'une convergence géométrique pour cette suite.

Exercice 25 ★★★Points fixes et théorème de la corde horizontale

Théorème des valeurs intermédiaires et image d'un intervalleContinuité en un point, prolongement par continuité, opérations

Partie A. Points fixes.

1. Soit f:[0,1][0,1] une fonction continue. Démontrer que f admet au moins un point fixe, c'est-à-dire qu'il existe c[0,1] tel que f(c)=c. On pourra introduire g(x)=f(x)x.

2. On considère la fonction h:[0,1][0,1] définie par h(x)=x+12 si x[0,1[ et h(1)=0. Vérifier que h est bien à valeurs dans [0,1] et qu'elle n'admet aucun point fixe. Où l'hypothèse de continuité a-t-elle été utilisée à la question 1. ?

3. Soient a<b deux réels et f:[a,b][a,b] continue. Adapter la démonstration de la question 1. pour montrer que f admet un point fixe.

Partie B. Théorème de la corde horizontale.

Dans toute cette partie, f est une fonction continue sur [0,1] telle que f(0)=f(1).

4. On pose g(x)=f(x+12)f(x) pour x[0,12]. Calculer g(0)+g(12), puis démontrer qu'il existe c[0,12] tel que

f(c+12)=f(c).

5. Soit n2 un entier. On pose cette fois gn(x)=f(x+1n)f(x) pour x[0,11n]. Calculer k=0n1gn(kn) et en déduire qu'il existe c[0,11n] tel que f(c+1n)=f(c).

6. Le résultat vaut-il pour un pas quelconque ? Soit a]0,1[ tel que 1a ne soit pas un entier, et soit f définie sur [0,1] par

f(x)=sin2(πxa)xsin2(πa).

Vérifier que f est continue sur [0,1] et que f(0)=f(1), puis calculer f(x+a)f(x) pour x[0,1a]. Conclure, et traiter le cas a=23.

Exercice 26 ★★★★Fonctions à valeurs complexes : continuité, dérivabilité et accroissements finis

Fonctions à valeurs complexes : limite, continuité, dérivabilité, accroissements finis

Dans tout l'exercice, I désigne un intervalle de R et une fonction f:IC est écrite f=u+iv, où u=Re(f) et v=Im(f) sont des fonctions de I dans R. On rappelle que, pour aI et C, l'énoncé f(t) quand ta signifie

ε>0,  δ>0,  tI,taδ    f(t)ε,

désigne le module.

1. Soit zC. Démontrer que Re(z)z et Im(z)z. En déduire que si f(t)=α+iβ quand ta, alors u(t)α et v(t)β.

2. On pose, pour tR, φ(t)=1+it1it.

a. Justifier que φ est définie et continue sur R, puis calculer φ(t).

b. Démontrer que φ(t)=e2iArctan(t) pour tout tR, et décrire l'ensemble des valeurs prises par φ.

3. Soit ψ:IC dérivable. Démontrer que eψ est dérivable sur I, de dérivée (eψ)=ψeψ. Appliquer ce résultat pour calculer φ(t), et retrouver le résultat en dérivant directement le quotient.

4. On pose g(t)=e2iπt pour t[0,1]. Calculer g(0), g(1) et g(t). Qu'en conclure sur le théorème de Rolle pour les fonctions à valeurs complexes ?

5. On admet l'inégalité des accroissements finis suivante : si h est de classe C1 sur [a,b] à valeurs complexes et si hM sur [a,b], alors h(b)h(a)M(ba). En déduire que pour tous réels x et y,

eixeiyxy,

puis majorer ei/101 et comparer à la valeur exacte.

Exercice 27 ★★★Inégalités classiques obtenues par convexité

Inégalités classiques obtenues par convexitéFonctions convexes : définition, position par rapport aux sécantes

On rappelle qu'une fonction f est convexe sur un intervalle I lorsque

f((1λ)x+λy)(1λ)f(x)+λf(y)pour tous x,yI et tout λ[0,1],

et concave lorsque l'inégalité inverse est vérifiée. Toutes les inégalités de cet exercice s'obtiennent avec deux points et un seul λ.

1. Démontrer que la fonction exponentielle est convexe sur R, et en déduire par position du graphe par rapport à sa tangente en 0 que ex1+x pour tout réel x. Établir de même que ln(1+x)x pour tout x>1.

2. Démontrer que la fonction sinus est concave sur [0,π2]. En comparant son graphe à la corde joignant les points d'abscisses 0 et π2, en déduire que

sin(x)2xπpour tout x[0,π2].

Attention au sens de l'inégalité : le justifier soigneusement.

3. Soient a et b deux réels positifs. En utilisant la concavité du logarithme avec λ=12, démontrer l'inégalité arithmético-géométrique

aba+b2,

et déterminer le cas d'égalité.

4. Inégalité de Young. Soient p et q deux réels strictement supérieurs à 1 tels que 1p+1q=1, et soient a,b deux réels positifs. Démontrer que

abapp+bqq.

On appliquera la définition de la convexité de l'exponentielle aux deux points x=pln(a) et y=qln(b), avec λ=1q.

5. Que donne l'inégalité de Young pour p=q=2 ? Pour p=3, q=32 et b=1 ? Vérifier ce dernier résultat par une étude de fonction et préciser le cas d'égalité.

Exercice 28 ★★★Rolle itéré et racines des dérivées successives

Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finisDérivées successives, fonctions de classe Ck, formule de Leibniz

Dans tout l'exercice, I désigne un intervalle de R non réduit à un point.

Partie A. Le principe.

1. Pour n1, on note P(n) la propriété suivante : « pour toute fonction f qui est n fois dérivable sur I et qui s'annule en n+1 points x0<x1<<xn de I, la dérivée f(n) s'annule au moins une fois sur ]x0,xn[ ». Démontrer par récurrence que P(n) est vraie pour tout n1.

2. Application. Soit f de classe C2 sur I dont la courbe représentative rencontre une droite d'équation y=αx+β en trois points d'abscisses distinctes. Démontrer que f s'annule au moins une fois. Vérifier le résultat sur f=sin et la droite d'équation y=0.

3. Variante « racine multiple ». Soit a<b, soit n1 et soit f de classe Cn sur [a,b] telle que

f(a)=f(a)==f(n1)(a)=0etf(b)=0.

Démontrer qu'il existe c]a,b[ tel que f(n)(c)=0.

Partie B. L'erreur d'interpolation affine.

Soit a<b, soit f de classe C2 sur [a,b] et soit L l'unique fonction affine telle que L(a)=f(a) et L(b)=f(b).

4. a. Expliciter L et calculer L.

b. Soit x]a,b[ fixé. Justifier qu'il existe un unique réel K tel que f(x)L(x)=K2(xa)(xb). On pose alors, pour t[a,b],

φ(t)=f(t)L(t)K2(ta)(tb).

Donner trois zéros distincts de φ et calculer φ.

c. En déduire que pour tout x[a,b], il existe c]a,b[ tel que

f(x)L(x)=12f(c)(xa)(xb).

5. Justifier l'existence de M=max[a,b]f, puis démontrer que f(x)L(x)M(ba)28 pour tout x[a,b]. Contrôler la formule de la question 4.c et l'optimalité de cette majoration sur f:xx2.

Exercice 29 ★★★Fonctions continues sur R ayant des limites finies en l'infini

Image d'un segment, théorème des bornes atteintesLimite en un point ou en l'infini : définition quantifiée, unicité, limites à gauche et à droite

Le théorème des bornes atteintes ne vaut que sur un segment. Tout l'exercice consiste à ramener une étude sur R tout entier à une étude sur un segment bien choisi, le reste de la droite étant contrôlé par une définition de limite.

Partie A. Dans cette partie, f est continue sur R et admet une limite finie + en + et une limite finie en .

1. Démontrer que f est bornée sur R. On appliquera les définitions des deux limites avec ε=1 pour contrôler f hors d'un segment [C,C], puis le théorème des bornes atteintes sur ce segment.

2. On suppose de plus que f(0)>+ et f(0)>. Démontrer que f atteint sa borne supérieure sur R, c'est-à-dire qu'il existe x0R tel que f(x)f(x0) pour tout réel x.

3. Donner un exemple de fonction continue et bornée sur R qui n'atteint pas sa borne supérieure. Préciser quelle hypothèse de la question 2 fait défaut.

Partie B. Deux autres situations où le même schéma s'applique.

4. Démontrer qu'une fonction continue et périodique sur R est bornée et atteint ses bornes.

5. Soit g continue sur R telle que g(x)x++ et g(x)x+. Démontrer que g atteint son minimum sur R. Application : justifier que xx2+ex admet un minimum global sur R, et expliquer pourquoi on ne sait pourtant pas en donner la valeur exacte.

Exercice 30 ★★★Comportement asymptotique d'une fonction dont la dérivée a une limite

Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finisLimite en un point ou en l'infini : définition quantifiée, unicité, limites à gauche et à droite

Dans tout l'exercice, f est une fonction dérivable sur [0,+[ (on ne suppose jamais f continue). L'unique outil de passage de f à f sera l'égalité des accroissements finis.

Partie A. De la pente à la fonction.

1. On suppose que f(x)x+, où R. Démontrer que f(x)xx+. Indication : soit ε>0 ; fixer A0 tel que f(t)ε2 pour tA, puis appliquer l'égalité des accroissements finis entre A et x.

2. Application. Déterminer limx+f(x)x dans les deux cas suivants, puis contrôler le résultat par un calcul direct.

a. f(x)=x2+x+1

b. f(x)=3x2Arctan(x)+ln(1+x2)

3. On suppose maintenant que f(x)x+0. Démontrer que f(x+1)f(x)x+0.

Partie B. Les réciproques.

4. On pose f(x)=x+sin(x2). Démontrer que f(x)x converge quand x tend vers +, mais que f n'admet aucune limite en +. Que peut-on en conclure sur la question 1 ?

5. On suppose que f et f admettent chacune une limite finie en +. Démontrer que limx+f(x)=0. Indication : appliquer l'égalité des accroissements finis sur [n,n+1]. Vérifier la cohérence de ce résultat avec la question 1.

Exercice 31 ★★★Convexité : croissance des pentes et position des sécantes

Fonctions convexes : définition, position par rapport aux sécantesConvexité et dérivées : monotonie de f', signe de f'', position des tangentes

Soit I un intervalle de R non réduit à un point. On rappelle la définition : une fonction f:IR est convexe sur I lorsque

(x,y)I2,  λ[0,1],f((1λ)x+λy)(1λ)f(x)+λf(y).

Dans les questions 1 à 4, la fonction f est supposée convexe sur I. Tout doit être démontré à partir de cette seule définition : aucun résultat du cours sur la convexité n'est admis.

1. Lemme des trois pentes. Soient x<y<z trois points de I.

a. Vérifier que λ=yxzx appartient à ]0,1[, que 1λ=zyzx et que y=(1λ)x+λz.

b. En déduire l'encadrement

f(y)f(x)yx    f(z)f(x)zx    f(z)f(y)zy.

2. Soit aI. On note τa la fonction pente en a, définie sur I{a} par τa(t)=f(t)f(a)ta. Démontrer que τa est croissante sur I{a} (on distinguera trois cas selon la position de a par rapport aux deux points comparés).

3. On suppose de plus f dérivable sur I.

a. Démontrer que pour tous a<b de I,   f(a)f(b)f(a)baf(b), et en déduire que f est croissante sur I.

b. Démontrer que la courbe de f est au-dessus de chacune de ses tangentes, c'est-à-dire que f(x)f(a)+f(a)(xa) pour tous a et x de I.

4. Application. Soit f convexe et dérivable sur R dont la courbe admet une tangente horizontale au point d'abscisse a. Démontrer que f atteint son minimum global en a. En déduire l'inégalité ex1+x en appliquant ce résultat à xexx, puis expliquer pourquoi la conclusion tombe en défaut pour xx3 en 0.

5. Reconnaissance. Parmi les quatre fonctions suivantes, déterminer lesquelles sont convexes sur l'intervalle indiqué, en justifiant par la dérivée seconde lorsque c'est possible et par la définition sinon.

a. f:xx23x+1 sur R

b. g:xx sur R

c. h:xlnx sur ]0,+[

d. k:xx3 sur R

Exercice 32 ★★★★Méthode de Newton et convergence quadratique

Fonctions lipschitziennes et suites récurrentes u(n+1) = f(u(n))Convexité et dérivées : monotonie de f', signe de f'', position des tangentesThéorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finis

Pour résoudre une équation f(x)=0 de façon approchée, la dichotomie coupe l'intervalle en deux à chaque étape. La méthode de Newton procède autrement : elle remplace la courbe par sa tangente et lit la racine de cette tangente. Le but de l'exercice est de justifier la méthode, puis de mesurer sa rapidité.

Soit f une fonction de classe C2 sur un segment [a,b] vérifiant

f(a)<0<f(b),f(x)>0etf(x)0pour tout x[a,b].

Les fonctions f et f étant continues sur le segment [a,b], elles y sont bornées et atteignent leurs bornes : on pose m=min[a,b]f et M=max[a,b]f, de sorte que m>0, M0 et

x[a,b],f(x)m>0et0f(x)M.

1. Montrer que f admet une unique racine dans [a,b], et que ]a,b[.

2. Soit x[a,b]. Écrire une équation de la tangente à la courbe de f au point d'abscisse x, et montrer qu'elle coupe l'axe des abscisses en un unique point, d'abscisse xf(x)f(x).

On définit alors la suite (xn) par x0=b et, pour tout nN, xn+1=xnf(xn)f(xn).

3. Montrer que la suite est bien définie et que xn+1xnb pour tout nN ; on utilisera la position de la courbe d'une fonction convexe par rapport à ses tangentes. En déduire que (xn) converge vers .

4. Soit nN tel que xn>.

a. Vérifier que xn+1=f(xn)(xn)f(xn)f(xn).

b. Appliquer l'égalité des accroissements finis à f entre et xn : on obtient un réel cn. Appliquer ensuite l'égalité des accroissements finis à f entre cn et xn, et en déduire que 0xn+1Mm(xn)2.

5. Affinons la constante. On garde n tel que xn> et on pose x=xn. Pour t[,x], on définit

φ(t)=f(t)f(t)(t)K2(t)2,

K est le réel choisi de sorte que φ(x)=0.

a. Justifier l'existence et l'unicité de K, vérifier que φ()=0 et calculer φ(t).

b. Appliquer le théorème de Rolle à φ sur [,x] et en déduire qu'il existe ξ],x[ tel que K=f(ξ).

c. En déduire que, pour tout nN, 0xn+1M2m(xn)2.

6. Application : f(x)=x22 sur [1,2]. Vérifier les hypothèses, expliciter la suite, calculer x1,x2,x3,x4, majorer l'erreur à chaque rang et compter les décimales exactes.

7. Combien d'étapes de dichotomie faudrait-il sur [1,2] pour atteindre la précision de x4 ? Commenter les avantages respectifs des deux méthodes.

Exercice 33 ★★★Équation fonctionnelle de Cauchy et continuité

Continuité en un point, prolongement par continuité, opérationsCaractérisation séquentielle de la limite et de la continuité

On cherche toutes les fonctions f:RR vérifiant

(x,y)R2,f(x+y)=f(x)+f(y).(E)

Les fonctions xax conviennent visiblement. L'exercice montre qu'une hypothèse de régularité aussi faible que la continuité en un seul point suffit à garantir qu'il n'y en a pas d'autres. Dans les parties A et B, f désigne une solution de (E).

Partie A. Ce que l'équation impose sur les rationnels.

1. Montrer que f(0)=0, puis que f est impaire.

2. Soit xR. Montrer par récurrence que f(nx)=nf(x) pour tout nN, puis étendre le résultat à tout nZ.

3. Soient xR et rQ. En écrivant r=pq avec pZ et qN, montrer que f(rx)=rf(x). En déduire, en posant a=f(1), que f(r)=ar pour tout rQ.

Partie B. Le rôle de la continuité.

4. On suppose ici qu'il existe x0R tel que f soit continue en x0. Montrer que f est continue en 0, puis qu'elle est continue en tout point de R.

5. Sous la même hypothèse, montrer que f(x)=ax pour tout xR. On pourra approcher x par la suite de ses approximations décimales rn=10nx10n. Conclure : quelles sont exactement les solutions continues de (E) ?

Partie C. La variante multiplicative.

6. On cherche maintenant les fonctions g:RR continues vérifiant

(x,y)R2,g(x+y)=g(x)g(y).(E)

a. Montrer que si g s'annule en un point, alors g est la fonction nulle.

b. On suppose désormais g non identiquement nulle. Montrer que g(x)>0 pour tout xR ; on pourra écrire x=x2+x2.

c. Montrer que h=lng est bien définie, continue, et solution de (E). En déduire toutes les solutions continues de (E).

Exercice 34 ★★★Une fonction continue injective est strictement monotone

Théorème des valeurs intermédiaires et image d'un intervalleThéorème de la bijection et fonction réciproque

Une fonction strictement monotone est évidemment injective. La réciproque est fausse en général, mais devient vraie pour une fonction continue sur un intervalle : c'est le résultat que l'on démontre ici, et qui complète le théorème de la bijection.

Dans les questions 1. et 2., I désigne un intervalle de R et f:IR une fonction continue et injective.

1. Soient a, b, c trois points de I tels que a<b<c. Montrer que f(b) est strictement compris entre f(a) et f(c). On raisonnera par l'absurde en distinguant les deux configurations possibles, et on appliquera le théorème des valeurs intermédiaires sur [a,b] puis sur [b,c].

2. En déduire que f est strictement monotone sur I. On pourra dire, pour u<v dans I, que le couple (u,v) est croissant si f(u)<f(v) et décroissant si f(u)>f(v), puis montrer que tous les couples de points de I sont de même nature.

3. Donner un exemple de fonction injective de [0,1] dans R qui n'est pas monotone. À quel endroit précis de la question 1. l'hypothèse de continuité a-t-elle été utilisée ?

4. Donner un exemple de fonction continue et injective, définie sur une réunion de deux segments disjoints, qui n'est pas monotone. À quel endroit précis l'hypothèse « I est un intervalle » a-t-elle été utilisée ?

5. Conclure : si f est continue et injective sur un intervalle I, que peut-on dire de f(I), de la bijection induite par f et de sa réciproque ? Énoncer le théorème de la bijection.

Exercice 35 ★★★★Fonctions convexes majorées et comportement à l'infini

Fonctions convexes : définition, position par rapport aux sécantesInégalités classiques obtenues par convexité

Aucune hypothèse de dérivabilité n'est faite dans cet exercice : tout se déduit de la seule définition de la convexité. Rappelons-la. Une fonction f définie sur un intervalle I est convexe sur I lorsque

(x,y)I2, λ[0,1],f(λx+(1λ)y)λf(x)+(1λ)f(y).

1. (Lemme des trois pentes.) Soit f convexe sur un intervalle I et soient a<b<c trois points de I. Montrer que

f(b)f(a)ba  f(c)f(a)ca  f(c)f(b)cb.

On posera λ=cbca, on vérifiera que λ]0,1[ et que b=λa+(1λ)c. Ce lemme sera utilisé dans toutes les questions suivantes.

2. Montrer qu'une fonction convexe et majorée sur R est constante.

3. Soit f convexe sur R.

a. Montrer que s'il existe u<v tels que f(u)<f(v), alors f est strictement croissante sur [v,+[.

b. On note S l'ensemble des réels x tels que f soit strictement croissante sur [x,+[. En distinguant les cas « S vide », « S non vide et non minoré », « S non vide et minoré », montrer que f est décroissante sur R, ou strictement croissante sur R, ou bien qu'il existe cR tel que f soit décroissante sur ],c[ et strictement croissante sur ]c,+[. Autrement dit : une fonction convexe est monotone, ou bien décroît puis croît.

4. Soit f convexe sur [0,+[.

a. Montrer que la fonction g:xf(x)f(0)x est croissante sur ]0,+[.

b. En déduire que f(x)x admet une limite dans R{+} quand x tend vers +.

5. (Synthèse.) Soit f convexe sur R telle que f(x)0 quand x+.

a. Montrer que f est décroissante sur R, puis que f(x)0 pour tout xR.

b. Montrer que f admet une limite en dans R{+}, et que si cette limite est finie, alors f est la fonction nulle.

Exercice 36 ★★★★Polynômes de Legendre : formule de Leibniz et Rolle itéré

Dérivées successives, fonctions de classe Ck, formule de LeibnizThéorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finis

Soit nN. On définit sur R les fonctions

u:x(x21)netL=u(n)  (deˊriveˊn-ieˋme de u).

À un facteur numérique près, L est le n-ième polynôme de Legendre. Toute l'étude repose sur deux outils du chapitre : la formule de Leibniz et le théorème de Rolle. On utilisera librement le fait que, pour pN et αR, la dérivée j-ième de x(xα)p vaut p!(pj)!(xα)pj si jp, et est nulle si j>p (récurrence immédiate).

1. Développer u par la formule du binôme et en déduire que u est une fonction polynomiale de degré 2n, de coefficient dominant 1. En dérivant n fois terme à terme, montrer que L est une fonction polynomiale de degré n et préciser son coefficient dominant.

2. En écrivant u(x)=(x1)n(x+1)n et en appliquant la formule de Leibniz, montrer que

u(k)(1)=u(k)(1)=0pour tout k[ ⁣[0,n1] ⁣].

3. Montrer par récurrence que, pour tout m[ ⁣[1,n] ⁣], la fonction u(m) admet au moins m racines distinctes dans ]1,1[. En déduire que L admet au moins n racines distinctes dans ]1,1[.

4. Expliciter L pour n=1, n=2 et n=3, et vérifier sur ces trois cas le nombre et la position des racines.

5. Montrer que L n'a pas d'autre racine réelle : L admet exactement n racines réelles, toutes situées dans ]1,1[. On raisonnera par l'absurde, en dérivant n fois de plus.

Bloqué sur « Fonctions d'une variable réelle : limites et continuité, dérivabilité » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.