PCSI · Chapitre 10 · Second semestre

Exercices — Espaces vectoriels et applications linéaires

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Reconnaître des sous-espaces vectoriels de R3

Sous-espaces vectoriels : caractérisation, intersection

On considère les cinq parties suivantes de R3.

a. F1={(x,y,z)R3  ;  2xy+z=0}

b. F2={(x,y,z)R3  ;  x+y2z=3}

c. F3={(x,y,z)R3  ;  xy=0}

d. F4={(x,y,z)R3  ;  xy}

e. F5={(x,y,z)R3  ;  x+y+z=0 et x2y=0}

  1. Lesquelles de ces parties contiennent le vecteur nul 0R3 ? Qu'en déduit-on immédiatement pour l'une d'entre elles ?

  2. Montrer que F1 est un sous-espace vectoriel de R3.

  3. Montrer que F5 est un sous-espace vectoriel de R3, puis le décrire sous la forme Vect(a) pour un vecteur a à préciser.

  4. Montrer que F3 n'est pas un sous-espace vectoriel de R3 : on exhibera deux vecteurs de F3 dont la somme n'appartient pas à F3.

  5. Montrer que F4 n'est pas un sous-espace vectoriel de R3 : on exhibera un vecteur uF4 et un réel λ tels que λuF4.

  6. L'ensemble vide est-il un sous-espace vectoriel de R3 ? Et {0R3} ?

Exercice 2 ★★★★La structure d'espace vectoriel et ses règles de calcul

Structure d'espace vectoriel : axiomes, exemples de référence, règles de calcul

  1. Pour chacun des espaces de référence ci-dessous, préciser le corps de base, ce qu'on appelle un vecteur, et quel est le vecteur nul 0E. Ni base ni dimension ne sont demandées.

    a. Kn

    b. K[X]

    c. Mn,p(K)

    d. RN

    e. F(R,R)

  2. Soient E un K-espace vectoriel, x un vecteur de E et λ un scalaire. En n'utilisant que les axiomes, démontrer que a. 0x=0E ; b. λ0E=0E.

  3. Avec les mêmes notations, en déduire que (1)x=x.

  4. On suppose de plus que λx=0E. Montrer que λ=0 ou x=0E.

  5. Les ensembles suivants, munis des opérations usuelles, sont-ils des espaces vectoriels ? Justifier.

    a. L'ensemble A des polynômes de R[X] de degré exactement 2.

    b. L'ensemble B des fonctions croissantes de R dans R.

Exercice 3 ★★★Combinaisons linéaires et appartenance à un Vect

Combinaisons linéaires et sous-espace engendré Vect(A)

Dans R3, on pose

u1=(1,1,2),u2=(2,1,1),F=Vect(u1,u2).
  1. Le vecteur w1=(4,1,3) appartient-il à F ? Si oui, écrire explicitement w1 comme combinaison linéaire de u1 et u2.

  2. Même question pour le vecteur w2=(4,1,2).

  3. On pose u3=(3,0,1). Montrer que u3F, puis que Vect(u1,u2,u3)=F.

  4. Dans R4, on pose v1=(1,0,1,1) et v2=(0,1,1,2). Les vecteurs suivants appartiennent-ils à Vect(v1,v2) ?

    a. t1=(2,1,3,0)

    b. t2=(1,1,0,1)

  5. Dans R2[X], on pose P1=1X et P2=X+2X2. Les polynômes Q=2+X+6X2 et R=1+X+X2 appartiennent-ils à Vect(P1,P2) ?

Exercice 4 ★★★Familles libres ou liées

Familles libres, familles génératrices, bases

Dire, pour chacune des familles suivantes, si elle est libre ou liée. Lorsqu'elle est liée, donner explicitement une relation linéaire non triviale entre ses vecteurs.

  1. Dans R3, la famille (v1,v2,v3) avec v1=(1,1,0), v2=(0,1,1) et v3=(1,0,1).

  2. Dans R3, la famille (a1,a2) avec a1=(2,4,6) et a2=(3,6,9).

  3. Dans R4, la famille (b1,b2,b3) avec b1=(1,0,1,0), b2=(0,1,0,1) et b3=(2,1,2,1).

  4. Dans R3[X], la famille (P1,P2,P3) avec P1=1+X, P2=2X2 et P3=X3+X.

  5. Dans M2(R), la famille (A1,A2,A3)

    A1=(1011),A2=(0111),A3=(2131).
  6. La famille (v1,v2,v3,0R3) obtenue en ajoutant le vecteur nul à la famille de la question 1.

Exercice 5 ★★★★Une base d'un sous-espace donné par des équations

Combinaisons linéaires et sous-espace engendré Vect(A)Dimension finie : base extraite, base incomplète, dimension

On considère les deux parties de R4 définies par

H={(x,y,z,t)R4  ;  x2y+zt=0},F={(x,y,z,t)R4  ;  x+yz=0  et  y+z2t=0}.
  1. Montrer que H est un sous-espace vectoriel de R4.

  2. a. Résoudre l'équation qui définit H et en déduire une famille génératrice de H formée de trois vecteurs. b. Montrer que cette famille est libre. Conclure : donner une base de H et dimH.

  3. Reprendre le même travail avec F : résoudre le système, en déduire une famille génératrice, montrer qu'elle est libre, puis donner une base de F et dimF.

  4. Les vecteurs w=(2,3,1,2) et w=(1,1,2,1) appartiennent-ils à F ? Le cas échéant, donner leurs coordonnées dans la base obtenue à la question 3.

Exercice 6 ★★★★Les dimensions à connaître

Dimension finie : base extraite, base incomplète, dimension

  1. Donner la dimension de chacun des espaces vectoriels suivants, en exhibant à chaque fois une base et en justifiant brièvement.

    a. Kn

    b. Kn[X]

    c. Mn,p(K), puis Mn(K)

    d. {0E}, où E est un K-espace vectoriel

  2. Soient E un K-espace vectoriel, a un vecteur non nul de E et (a,b) une famille libre de E. Donner la dimension de la droite vectorielle Vect(a), puis celle du plan vectoriel Vect(a,b).

  3. Soient aR et ω>0. On note S1 l'ensemble des solutions sur R de l'équation y+ay=0, et S2 l'ensemble des solutions sur R de l'équation y+ω2y=0. Donner une base et la dimension de S1, puis de S2.

  4. Soit E={uRN  ;  nN, un+2=un+1+un}. Montrer que E est un sous-espace vectoriel de RN, puis en donner une base et la dimension.

  5. Montrer que K[X] n'est pas de dimension finie.

Exercice 7 ★★★Reconnaître une application linéaire

Applications linéaires : définition, opérations, L(E,F) et endomorphismes

On considère les six applications suivantes.

a. u1:R3R2, (x,y,z)(xy+2z, 3x+z)

b. u2:R3R2, (x,y,z)(yz, 0)

c. u3:R3R2, (x,y,z)(2x+z1, y)

d. u4:R3R2, (x,y,z)(x2, yz)

e. u5:R3[X]R3[X], PP(0)+P

f. u6:C([0,1],R)R, f01f(t)dt

Ici C([0,1],R) désigne l'espace vectoriel des fonctions continues de [0,1] dans R.

  1. Rappeler ce qu'il faut démontrer pour établir qu'une application u:EF est linéaire. Que vaut u(0E) lorsque u est linéaire ?

  2. Les applications u1 et u2 sont-elles linéaires ?

  3. Montrer que u3 et u4 ne sont pas linéaires, à l'aide d'un contre-exemple chiffré.

  4. Les applications u5 et u6 sont-elles linéaires ? Préciser s'il s'agit d'un endomorphisme ou d'une forme linéaire.

  5. Mêmes questions pour D:R3[X]R3[X], PP, et pour T:Mn(R)Mn(R), At ⁣A, où n est un entier naturel non nul.

Exercice 8 ★★★Noyau et image d'applications linéaires simples

Noyau et image, image directe et réciproque, injectivité, surjectivité

On considère les trois applications

u:R3R2,(x,y,z)(x+y+z, xy),v:R2R3,(x,y)(x+y, xy, 2x),w:R2[X]R2[X],PPP(0).

Chaque coordonnée des images de u et de v étant une expression homogène du premier degré, ces deux applications sont linéaires : on l'admettra.

  1. a. Déterminer Keru et en donner une base. b. Déterminer Imu et en donner une base. c. L'application u est-elle injective ? surjective ?

  2. Mêmes questions pour v.

  3. Vérifier que w est un endomorphisme de R2[X], puis déterminer une base de Kerw et une base de Imw. L'application w est-elle injective ? surjective ?

  4. Vérifier, dans chacun des trois cas, l'égalité dimE=dimKer+dimIm, où E désigne l'espace de départ.

Exercice 9 ★★★★Premiers usages du théorème du rang

Rang d'une application linéaire et théorème du rangNoyau et image, image directe et réciproque, injectivité, surjectivité

  1. Soit uL(R5,R3) dont on sait seulement que Keru=Vect(a,b), où a=(1,0,1,0,0) et b=(0,1,0,1,0).

    a. Déterminer dimKeru, puis rg(u).

    b. L'application u est-elle injective ? surjective ?

    c. Existe-t-il wL(R5,R3) dont le noyau soit une droite vectorielle ?

  2. On pose Φ:R3[X]R3[X], PP+P. Vérifier que Φ est un endomorphisme de R3[X], puis déterminer KerΦ.

  3. a. En déduire que Φ est bijective. b. Résoudre l'équation P+P=X3, d'inconnue PR3[X].

  4. Répondre aux deux questions de principe suivantes, en justifiant par le théorème du rang.

    a. Existe-t-il une application linéaire injective de R4 dans R3 ?

    b. Existe-t-il une application linéaire surjective de R3 dans R4 ?

Exercice 10 ★★★Sous-espaces de suites et de fonctions

Sous-espaces vectoriels : caractérisation, intersectionStructure d'espace vectoriel : axiomes, exemples de référence, règles de calcul

On note RN le R-espace vectoriel des suites réelles et F(R,R) celui des fonctions de R dans R.

  1. Montrer que les parties suivantes sont des sous-espaces vectoriels de RN.

    a. B, l'ensemble des suites bornées.

    b. C, l'ensemble des suites convergentes.

    c. C0, l'ensemble des suites de limite nulle.

    d. R={uRN  ;  nN, un+2=3un+12un}.

  2. L'ensemble M des suites croissantes est-il un sous-espace vectoriel de RN ? Justifier par un contre-exemple explicite.

  3. Montrer que les parties suivantes sont des sous-espaces vectoriels de F(R,R).

    a. Z={fF(R,R)  ;  f(1)=0}.

    b. D, l'ensemble des fonctions dérivables sur R.

    c. S, l'ensemble des fonctions deux fois dérivables sur R vérifiant f+f=0.

  4. Montrer, à l'aide d'un contre-exemple, que les parties suivantes ne sont pas des sous-espaces vectoriels de F(R,R).

    a. A={fF(R,R)  ;  f(0)=1}.

    b. T, l'ensemble des fonctions polynomiales de degré exactement 3.

  5. a. Justifier les inclusions C0CB, et en déduire que C0 est un sous-espace vectoriel de C.

    b. Donner une base de R, puis une base de S. On admet les résultats du cours sur les suites récurrentes linéaires d'ordre 2 et sur les équations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constants.

Exercice 11 ★★★★Deux sous-espaces engendrés égaux

Combinaisons linéaires et sous-espace engendré Vect(A)

Dans R3, on considère les vecteurs

u1=(1,1,2),u2=(1,1,0),v1=(1,0,1),v2=(0,1,1),

et l'on pose F=Vect(u1,u2) et G=Vect(v1,v2).

  1. Vérifier que v1 et v2 appartiennent à F, et en déduire l'inclusion GF.

  2. Établir l'inclusion réciproque, et conclure que F=G.

  3. Déterminer une condition nécessaire et suffisante portant sur (x,y,z) pour que (x,y,z) appartienne à F. Contrôler les résultats des questions 1 et 2.

  4. Dans R2[X], montrer de la même façon que Vect(1,X,X2)=Vect(1,1+X,(1+X)2).

  5. On pose w=(1,1,1) et H=Vect(v1,w). Montrer que HF.

  6. Énoncer la méthode générale permettant de montrer que deux sous-espaces engendrés sont égaux, et expliquer pourquoi elle suffit.

Exercice 12 ★★★★Somme et intersection de deux sous-espaces de R4

Somme de deux sous-espaces, somme directe, supplémentaires

Dans E=R4, dont les vecteurs sont notés (x,y,z,t), on considère

u1=(1,0,0,1),u2=(0,1,1,0),u3=(1,1,0,0),

ainsi que les deux sous-espaces

F=Vect(u1,u2,u3),G={(x,y,z,t)R4  ;  xy+z=0  et  yzt=0}.
  1. Montrer que G est un sous-espace vectoriel de R4, puis en déterminer une base et la dimension.

  2. Montrer que (u1,u2,u3) est une base de F. En déduire dimF.

  3. Déterminer une base de FG et sa dimension.

  4. Déterminer une base de F+G et sa dimension. Que vaut F+G ?

  5. Vérifier la formule de Grassmann sur cet exemple. La somme F+G est-elle directe ? Les sous-espaces F et G sont-ils supplémentaires dans R4 ?

Exercice 13 ★★★★Une droite et un plan supplémentaires dans R3

Somme de deux sous-espaces, somme directe, supplémentaires

Dans E=R3, on pose a=(1,1,0), puis

D=Vect(a),P={(x,y,z)R3  ;  x+2yz=0}.
  1. Montrer que P est un sous-espace vectoriel de R3, en donner une base et la dimension. Vérifier que aP, puis donner dimD.

  2. Soit v=(x,y,z)R3. Montrer par analyse et synthèse qu'il existe un unique couple (p,d)P×D tel que v=p+d, et l'expliciter. Qu'en conclut-on ?

  3. Écrire la décomposition du vecteur v=(2,2,3), et la vérifier.

  4. Retrouver le résultat de la question 2 par un argument de dimension.

  5. On remplace a par a=(1,1,3) et l'on pose D=Vect(a). Déterminer PD et P+D. La somme P+D est-elle directe ? Conclure.

Exercice 14 ★★★★Fonctions paires et fonctions impaires

Somme de deux sous-espaces, somme directe, supplémentaires

On note E=F(R,R), puis

P={fE  ;  xR, f(x)=f(x)},I={fE  ;  xR, f(x)=f(x)}.
  1. Montrer que P et I sont des sous-espaces vectoriels de E.

  2. Montrer que PI={0E}.

  3. Soit fE. Montrer par analyse et synthèse qu'il existe un unique couple (fp,fi)P×I tel que f=fp+fi. Conclure.

  4. Expliciter cette décomposition pour :

    a. la fonction exp:xex ;

    b. la fonction g:x(x+1)3.

  5. On note e1:xex et e2:xex, ainsi que ch et sh les fonctions définies sur R par chx=ex+ex2 et shx=exex2. Montrer que Vect(e1,e2)=Vect(ch,sh).

Exercice 15 ★★★Matrices symétriques et antisymétriques

Somme de deux sous-espaces, somme directe, supplémentairesDimension d'un sous-espace, formule de Grassmann, caractérisation des supplémentaires

Soit n2. Dans le R-espace vectoriel Mn(R), on pose

Sn(R)={MMn(R)  ;  t ⁣M=M},An(R)={MMn(R)  ;  t ⁣M=M}.

On note (Ei,j)1i,jn la base canonique de Mn(R), où Ei,j est la matrice dont tous les coefficients sont nuls, sauf celui de la ligne i et de la colonne j, égal à 1.

  1. Montrer que Sn(R) et An(R) sont des sous-espaces vectoriels de Mn(R), puis que les coefficients diagonaux d'une matrice antisymétrique sont nuls.

  2. Montrer que Sn(R)An(R)={0Mn(R)}.

  3. Montrer par analyse et synthèse que Mn(R)=Sn(R)An(R).

  4. Expliciter la décomposition de M=(123014561), et la vérifier.

  5. Pour n=2, donner une base de S2(R) et une base de A2(R), ainsi que leurs dimensions.

  6. Pour n quelconque, exhiber une base de chacun des deux sous-espaces et en déduire

    dimSn(R)=n(n+1)2,dimAn(R)=n(n1)2.

    Vérifier que la somme de ces deux dimensions vaut n2, et contrôler pour n=2 et n=3.

Exercice 16 ★★★Polynômes échelonnés en degré

Familles libres, familles génératrices, basesDimension finie : base extraite, base incomplète, dimension

  1. Soit (P0,P1,,Pn) une famille de polynômes non nuls de K[X] telle que degP0<degP1<<degPn. Montrer que cette famille est libre.

  2. En déduire que la famille B=(1,X1,(X1)2,(X1)3) est une base de R3[X].

  3. Déterminer les coordonnées dans la base B des polynômes suivants.

    a. A=X2

    b. B=X3+X2

  4. On pose F={PR3[X]  ;  P(1)=P(1)=0}. Montrer, en utilisant la base B, que F est un sous-espace vectoriel de R3[X], puis en donner une base et la dimension.

  5. L'hypothèse sur les degrés est-elle nécessaire à la liberté ? On donnera une famille de trois polynômes non nuls de même degré qui est liée, puis une famille de deux polynômes non nuls de même degré qui est libre.

Exercice 17 ★★★Une application linéaire déterminée par l'image d'une base

Détermination d'une application linéaire par l'image d'une base, isomorphismes

On pose a1=(1,0,0), a2=(1,1,0) et a3=(1,1,1) dans R3.

  1. Montrer que A=(a1,a2,a3) est une base de R3 et exprimer les coordonnées d'un vecteur (x,y,z) dans cette base.

  2. Justifier qu'il existe une unique application linéaire uL(R3) telle que

    u(a1)=(1,1,0),u(a2)=(0,1,1),u(a3)=(1,2,1),

    puis déterminer u(x,y,z) pour tout (x,y,z)R3.

  3. Déterminer Keru et en donner une base.

  4. Déterminer Imu, en donner une base et une équation. L'application u est-elle bijective ?

  5. On pose b1=(1,1,0), b2=(0,1,1) et b3=(1,2,1).

    a. Montrer qu'il n'existe aucune application linéaire vL(R3) telle que v(b1)=(1,0,0), v(b2)=(0,1,0) et v(b3)=(0,0,1).

    b. Montrer qu'il existe une infinité d'applications linéaires wL(R3) telles que w(a1)=(1,1,1) et w(a2)=(2,0,1) : on en exhibera deux, distinctes et explicites.

Exercice 18 ★★★★La dérivation sur les polynômes

Noyau et image, image directe et réciproque, injectivité, surjectivitéRang d'une application linéaire et théorème du rang

Soit n1 un entier. On considère l'application D:Rn[X]Rn[X], PP.

  1. Montrer que D est un endomorphisme de Rn[X].

  2. Déterminer KerD, puis rg(D) à l'aide du théorème du rang, et enfin ImD. L'application D est-elle injective ? surjective ?

  3. On considère maintenant Δ:R3[X]R3[X], PP(X+1)P(X). Montrer que Δ est un endomorphisme de R3[X], puis déterminer KerΔ.

  4. En déduire rg(Δ) et ImΔ, puis résoudre l'équation Δ(P)=X2, d'inconnue PR3[X].

  5. On note enfin D~:R[X]R[X], PP, définie cette fois sur l'espace de tous les polynômes. Montrer que D~ est surjective et qu'elle n'est pas injective. Commenter.

Exercice 19 ★★★★Projecteurs

Projecteurs et symétries

On rappelle qu'un projecteur d'un K-espace vectoriel E est un endomorphisme p de E vérifiant pp=p.

  1. Soit p:R3R3, (x,y,z)(x+2y, 0, zy). Montrer que p est un projecteur de R3.

  2. Déterminer Imp et Kerp : on en donnera une base et la dimension.

  3. Vérifier que R3=ImpKerp et que Imp=Ker(pidR3), puis décrire géométriquement p.

  4. Soient H={(x,y,z)R3  ;  x+2yz=0} et D=Vect((1,0,0)). Montrer que H et D sont supplémentaires dans R3, puis donner l'expression du projecteur q sur H parallèlement à D.

  5. a. Soit p un projecteur d'un espace vectoriel E. Montrer que idEp est un projecteur de E, puis que Ker(idEp)=Imp et Im(idEp)=Kerp.

    b. Expliciter idR3p pour le projecteur de la question 1 et vérifier ces deux égalités.

Exercice 20 ★★★★Symétries

Projecteurs et symétries

Dans R3, on pose H={(x,y,z)R3  ;  x+y+z=0} et D=Vect(a), où a=(1,0,0).

  1. Donner une base de H et montrer que R3=HD.

  2. Écrire la décomposition d'un vecteur (x,y,z) dans cette somme directe. En déduire l'expression du projecteur p sur H parallèlement à D, puis celle de la symétrie s par rapport à H parallèlement à D, définie par s=2pidR3.

  3. Vérifier par le calcul que ss=idR3. Qu'en déduit-on sur la bijectivité de s ? Déterminer Ker(sidR3) et Ker(s+idR3), et interpréter.

  4. Réciproque. Soit E un K-espace vectoriel (K=R ou C) et sL(E) telle que ss=idE. On pose F=Ker(sidE) et G=Ker(s+idE). Montrer que E=FG, en s'aidant de l'écriture

    v=v+s(v)2+vs(v)2,

    puis que s est la symétrie par rapport à F parallèlement à G.

  5. Application : identifier l'application t:R3R3, (x,y,z)(y, x, z).

Exercice 21 ★★★Formes linéaires et hyperplans

Formes linéaires, hyperplans et équations en dimension finie

Dans tout l'exercice, une matrice de M2(R) est notée M=(abcd).

  1. Parmi les applications suivantes, lesquelles sont des formes linéaires sur l'espace indiqué ?

    a. f1:R3R, (x,y,z)2xy+5z

    b. f2:R3R, (x,y,z)x+yz

    c. f3:R2[X]R, PP(1)

    d. f4:R2[X]R, P01P(t)dt

    e. f5:M2(R)R, Ma+b+c+d

    f. f6:M2(R)R, Mad

  2. Soit E un R-espace vectoriel de dimension finie n1 et φ une forme linéaire non nulle sur E. Montrer que dimKerφ=n1 : le noyau de φ est un hyperplan de E. Application : donner une base de Kerf3 et une base de Kerf4.

  3. Dans R4, on pose u1=(1,1,0,0), u2=(0,1,1,0), u3=(0,0,1,1) et H=Vect(u1,u2,u3). Montrer que H est un hyperplan de R4 et en déterminer une équation dans la base canonique.

  4. Soit φ une forme linéaire non nulle sur un R-espace vectoriel E, H=Kerφ et wE tel que wH. Montrer que E=HVect(w). Expliciter cette décomposition pour l'hyperplan H de la question 3 et w=(1,0,0,0).

  5. Soient φ et ψ deux formes linéaires non nulles sur un R-espace vectoriel E. Montrer que Kerφ=Kerψ si et seulement s'il existe λR tel que ψ=λφ. Que peut-on en conclure sur les équations de l'hyperplan de la question 3 ?

Exercice 22 ★★★★Rang d'une famille de vecteurs dépendant d'un paramètre

Rang d'une famille de vecteurs

On travaille dans R4. On rappelle que le rang d'une famille finie F de vecteurs est rg(F)=dimVect(F), et que les opérations élémentaires sur une famille (échanger deux vecteurs, multiplier un vecteur par un scalaire non nul, ajouter à un vecteur un multiple d'un autre vecteur de la famille) ne changent ni le sous-espace engendré, ni le rang.

  1. On pose u1=(1,1,0,2), u2=(2,1,1,3) et u3=(0,1,1,1). Déterminer le rang de F1=(u1,u2,u3), une base de Vect(F1) et une relation de liaison entre ces trois vecteurs.

  2. On ajoute u4=(0,0,1,0). Déterminer le rang de F2=(u1,u2,u3,u4) et une base de Vect(F2). La famille F2 est-elle libre ? génératrice de R4 ?

  3. Soit mR. On pose

    w1=(1,1,1,1),w2=(1,2,3,4),w3=(1,3,5,7),w4=(1,m,m,m).

    Discuter, selon la valeur de m, le rang de F3=(w1,w2,w3,w4).

  4. Dans chaque cas, donner dimVect(F3), une base de Vect(F3) et une relation de liaison explicite.

  5. Existe-t-il une valeur de m pour laquelle F3 est libre ? pour laquelle F3 est une base de R4 ? Énoncer la caractérisation générale utilisée.

Exercice 23 ★★★★Structure des solutions d'une équation linéaire

Noyau et image, image directe et réciproque, injectivité, surjectivitéApplications linéaires : définition, opérations, L(E,F) et endomorphismes

Dans tout l'exercice, E et F sont deux K-espaces vectoriels, uL(E,F) et aF. On note

S={xE  ;  u(x)=a}

l'ensemble des solutions de l'équation u(x)=a, d'inconnue xE, et l'on pose x0+Keru={x0+h  ;  hKeru} pour x0E.

  1. a. Montrer que S est vide, ou bien que S=x0+Keru pour n'importe quelle solution particulière x0S.

    b. On suppose S non vide. Montrer que S est réduit à un seul élément si et seulement si u est injective.

    c. Montrer que S est un sous-espace vectoriel de E si et seulement si a=0F.

  2. Résoudre dans R4 le système

    (Σ){x1+x2+x3+x4=1x1+2x2+3x3+4x4=22x1+3x2+4x3+5x4=3

    en précisant l'application linéaire u, les espaces de départ et d'arrivée, une solution particulière et une base de Keru.

  3. Résoudre sur R l'équation différentielle y+2y=ex, en précisant les mêmes objets.

  4. Déterminer les suites réelles (un)nN telles que un+1=3un4 pour tout nN, en précisant les mêmes objets, puis celle qui vérifie u0=5.

  5. Quel lien observe-t-on, dans les trois exemples, entre dimKeru et le nombre de paramètres réels qui décrivent l'ensemble des solutions ?

Exercice 24 ★★★La famille des exponentielles est libre

Familles libres, familles génératrices, bases

On travaille dans le R-espace vectoriel F(R,R) des fonctions de R dans R. Pour λR, on note eλ la fonction définie sur R par eλ(x)=eλx.

  1. Soient λ1<λ2 deux réels. Montrer que la famille (eλ1,eλ2) est libre.

  2. Soient λ1<λ2<λ3 trois réels. Montrer que la famille (eλ1,eλ2,eλ3) est libre.

  3. Démontrer par récurrence sur n1 la propriété suivante : pour tous réels λ1<λ2<<λn, la famille (eλ1,,eλn) est libre.

  4. En déduire que F(R,R) n'est pas de dimension finie.

  5. Montrer que la famille (cos,sin,exp) est libre dans F(R,R).

Exercice 25 ★★★Image directe et image réciproque d'un sous-espace

Noyau et image, image directe et réciproque, injectivité, surjectivitéApplications linéaires : définition, opérations, L(E,F) et endomorphismes

Soient E et F deux K-espaces vectoriels et uL(E,F). Pour V une partie de E et W une partie de F, on pose

u(V)={u(x)  ;  xV}Fetu1(W)={xE  ;  u(x)W}E.
  1. Soit V un sous-espace vectoriel de E. Montrer que u(V) est un sous-espace vectoriel de F.

  2. Soit W un sous-espace vectoriel de F. Montrer que u1(W) est un sous-espace vectoriel de E. Pourquoi cette notation a-t-elle un sens même si u n'est pas bijective ?

  3. Retrouver, comme cas particuliers, que Keru et Imu sont des sous-espaces vectoriels de E et de F.

  4. Soit V un sous-espace vectoriel de E. Montrer que u1(u(V))=V+Keru, puis que u1(u(V))=V si et seulement si KeruV.

  5. Soit W un sous-espace vectoriel de F. Montrer que u(u1(W))=WImu, puis que u(u1(W))=W si et seulement si WImu.

  6. On considère u:R3R3 définie par u(x,y,z)=(x+y,  y+z,  xz). Déterminer Keru et Imu, puis illustrer les questions 4 et 5 avec V=Vect((1,0,0)) et W=Vect((1,0,0)).

Exercice 26 ★★★La formule de Grassmann

Dimension d'un sous-espace, formule de Grassmann, caractérisation des supplémentairesSomme de deux sous-espaces, somme directe, supplémentaires

Soit E un K-espace vectoriel, et soient F et G deux sous-espaces vectoriels de E de dimensions finies. On pose

p=dim(FG),f=dimF,g=dimG.

On fixe une base (e1,,ep) de FG, que l'on complète en une base (e1,,ep,a1,,afp) de F et en une base (e1,,ep,b1,,bgp) de G. On note enfin

B=(e1,,ep,  a1,,afp,  b1,,bgp).
  1. Justifier que ces complétions sont possibles, puis montrer que B est une famille génératrice de F+G.

  2. Montrer que B est libre, et en déduire la formule de Grassmann :

    dim(F+G)=dimF+dimGdim(FG).
  3. Soient F et G deux plans distincts de R3. Montrer que FG est une droite vectorielle. Illustrer avec F d'équation x+y+z=0 et G d'équation xz=0.

  4. Soit E de dimension 6, et soient F et G deux sous-espaces vectoriels de E de dimensions respectives 3 et 4. Montrer que FG contient un vecteur non nul.

  5. Soit E de dimension finie. Montrer que F et G sont supplémentaires dans E si et seulement si FG={0E} et dimF+dimG=dimE.

Exercice 27 ★★★★L'interpolation de Lagrange

Détermination d'une application linéaire par l'image d'une base, isomorphismesFamilles libres, familles génératrices, bases

Soit nN et soient a0,a1,,an des réels deux à deux distincts. On considère l'application

Φ:Rn[X]Rn+1,P(P(a0),P(a1),,P(an)).
  1. Montrer que Φ est linéaire, puis que Φ est injective.

  2. En déduire que Φ est un isomorphisme. Traduire ce résultat : que peut-on dire, pour (y0,,yn)Rn+1 donné, des polynômes PRn[X] tels que P(ai)=yi pour tout i ?

  3. Pour i{0,1,,n}, on pose

    Li=0jnjiXajaiaj.

    Justifier que LiRn[X], puis calculer Li(ak) pour tout k{0,,n}.

  4. Montrer que (L0,L1,,Ln) est une base de Rn[X].

  5. Montrer que tout PRn[X] s'écrit P=i=0nP(ai)Li.

  6. Application avec n=2 : déterminer l'unique PR2[X] tel que P(1)=3, P(0)=1 et P(2)=3.

Exercice 28 ★★★Noyau et image de u et de u au carré

Noyau et image, image directe et réciproque, injectivité, surjectivitéRang d'une application linéaire et théorème du rang

Soit E un K-espace vectoriel et uL(E). On note u2=uu.

  1. Montrer que KeruKeru2 et que Imu2Imu.

  2. Montrer l'équivalence

    Keru=Keru2    ImuKeru={0E}.

    (Aucune hypothèse de dimension finie ici.)

  3. On suppose désormais E de dimension finie. Montrer que Keru=Keru2 si et seulement si E=KeruImu.

  4. Toujours en dimension finie, montrer que Keru=Keru2 si et seulement si Imu=Imu2.

  5. Donner un exemple explicite d'endomorphisme pour lequel EKeruImu, et vérifier sur cet exemple que toutes les conditions précédentes sont en défaut. On traitera u:R2R2, (x,y)(y,0), puis la dérivation D:R2[X]R2[X], PP.

  6. Vérifier que tout projecteur p de E (c'est-à-dire pL(E) tel que pp=p) satisfait la condition de la question 2.

Exercice 29 ★★★★Intersection d'hyperplans

Formes linéaires, hyperplans et équations en dimension finieDimension d'un sous-espace, formule de Grassmann, caractérisation des supplémentaires

Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie n1. On rappelle qu'un hyperplan de E est un sous-espace vectoriel de dimension n1, et que les hyperplans de E sont exactement les noyaux des formes linéaires non nulles sur E.

  1. Soient V un sous-espace vectoriel de E et H un hyperplan de E. En considérant la restriction à V d'une forme linéaire φ telle que H=Kerφ, montrer que

    dim(VH)dimV1.
  2. En déduire par récurrence sur p1 que, pour tous hyperplans H1,,Hp de E,

    dim(H1H2Hp)np.
  3. Dans R4, donner un exemple de deux hyperplans dont l'intersection est de dimension 2, puis un exemple où elle est de dimension 3. Commenter.

  4. Réciproquement, soit V un sous-espace vectoriel de E de dimension np, avec 1pn. Montrer que V est l'intersection de p hyperplans de E. Traiter ensuite explicitement le cas de la droite D=Vect((1,2,1)) de R3.

  5. Écrire V=Vect((1,0,1,0),(0,1,1,1)) comme intersection de deux hyperplans de R4. Pourquoi un seul hyperplan ne peut-il pas suffire ?

Exercice 30 ★★★Quand la composée est nulle

Noyau et image, image directe et réciproque, injectivité, surjectivitéRang d'une application linéaire et théorème du rang

Dans tout l'exercice, E désigne un K-espace vectoriel de dimension finie n1 et u,v des endomorphismes de E. On note u2=uu.

  1. Montrer que vu=0 si et seulement si ImuKerv.

  2. On suppose vu=0. En déduire que rg(u)+rg(v)n.

  3. On suppose toujours vu=0.

    a. Montrer que rg(u)+rg(v)=n si et seulement si Imu=Kerv.

    b. Donner, dans E=R2, un exemple où l'égalité a lieu, et un exemple où l'inégalité est stricte.

  4. Soit uL(E) tel que u2=0. Montrer que rg(u)n2, puis donner un exemple dans R4 où cette borne est atteinte.

  5. Soit uL(E). On suppose qu'il existe vL(E) tel que uv=idE. Montrer que uGL(E), puis que v=u1.

Exercice 31 ★★★★Les suites récurrentes linéaires d'ordre deux

Dimension finie : base extraite, base incomplète, dimensionApplications linéaires : définition, opérations, L(E,F) et endomorphismes

On note RN le R-espace vectoriel des suites réelles et

S={u=(un)nNRN  ;  nN, un+2=5un+16un}.
  1. Montrer que S est un sous-espace vectoriel de RN.

  2. On pose Φ:SR2, u(u0,u1).

    a. Montrer que Φ est linéaire, puis injective, puis surjective.

    b. En déduire dimS.

  3. On pose a=(2n)nN et b=(3n)nN. Montrer que a et b appartiennent à S, puis que (a,b) est une base de S.

  4. Déterminer le terme général de l'unique suite de S vérifiant u0=1 et u1=0.

  5. On note T={vRN  ;  nN, vn+2=4vn+14vn}. Montrer que les suites c=(2n)nN et d=(n2n)nN forment une base de T, puis déterminer la suite de T vérifiant v0=1 et v1=6.

Exercice 32 ★★★★Endomorphismes nilpotents

Rang d'une application linéaire et théorème du rangNoyau et image, image directe et réciproque, injectivité, surjectivité

Dans tout l'exercice, E est un K-espace vectoriel de dimension finie n1 et uL(E). On pose u0=idE et uk+1=uuk pour kN.

On dit que u est nilpotent d'indice p (avec pN) lorsque up=0 et up10. On suppose dans les questions 1 à 4 que u est nilpotent d'indice p.

  1. Montrer que KerukKeruk+1 pour tout kN.

  2. Soit kN tel que Keruk=Keruk+1. Montrer que Kerum=Keruk pour tout entier mk.

  3. a. Montrer que pour tout k{0,1,,p1}, l'inclusion de la question 1 est stricte.

    b. En déduire dimKerukk pour 0kp, puis pn, et enfin un=0.

  4. Montrer que idEu est un automorphisme de E, d'inverse idE+u+u2++un1.

  5. On prend E=R3 et u(x,y,z)=(y,z,0). Vérifier que u est nilpotent, préciser son indice, écrire la suite des noyaux, et calculer (idEu)1.

Exercice 33 ★★★★Inégalités sur le rang

Rang d'une application linéaire et théorème du rangRang d'une famille de vecteurs

Dans tout l'exercice, E est un K-espace vectoriel de dimension finie n1 et u,vL(E).

  1. a. Montrer que Im(vu)=v(Imu).

    b. En déduire que rg(vu)min(rg(u),rg(v)).

  2. (Inégalité de Sylvester.) On note v~:ImuE, yv(y), la restriction de v à Imu.

    a. Vérifier que v~ est linéaire, déterminer Imv~ et montrer que Kerv~Kerv.

    b. En appliquant le théorème du rang à v~, montrer que rg(u)+rg(v)nrg(vu).

  3. a. Montrer que rg(u+v)rg(u)+rg(v).

    b. En déduire que rg(u)rg(v)rg(u+v).

  4. Soit wGL(E). Montrer que rg(wu)=rg(uw)=rg(u).

  5. Dans E=R2, on pose a(x,y)=(x,0) et b(x,y)=(0,y). Montrer, sur des exemples, que chacune des inégalités 1.b, 2.b, 3.a et 3.b peut être une égalité, et peut être stricte.

Exercice 34 ★★★★Factoriser une application linéaire

Noyau et image, image directe et réciproque, injectivité, surjectivitéApplications linéaires : définition, opérations, L(E,F) et endomorphismes

Dans tout l'exercice, E, F et G sont des K-espaces vectoriels de dimension finie.

Partie A — factoriser à droite. Soient uL(E,F) et vL(E,G). On cherche à quelle condition il existe wL(F,G) telle que v=wu.

  1. Montrer que s'il existe une telle application w, alors KeruKerv.

  2. On suppose KeruKerv. On note r=rg(u), on choisit un supplémentaire S de Keru dans E et une base (e1,,er) de S.

    a. Justifier que dimS=r, puis montrer que (u(e1),,u(er)) est une base de Imu.

    b. Construire wL(F,G) telle que w(u(ei))=v(ei) pour tout i{1,,r}, puis vérifier que v=wu. Conclure par une équivalence.

  3. On prend u:R3R2, (x,y,z)(xy, yz), et v:R3R, (x,y,z)xz. Vérifier la condition et déterminer explicitement une application w convenable. Reprendre la question avec v:(x,y,z)x.

Partie B — factoriser à gauche. Soient uL(E,F) et vL(G,F).

  1. Montrer que s'il existe wL(E,G) telle que u=vw, alors ImuImv.

  2. Réciproquement, on suppose ImuImv. Construire une telle application w à partir d'une base de E, et conclure par une équivalence.

Exercice 35 ★★★Sous-espaces stables et projecteurs

Projecteurs et symétriesSomme de deux sous-espaces, somme directe, supplémentaires

Dans tout l'exercice, E est un K-espace vectoriel de dimension finie, pL(E) un projecteur (c'est-à-dire pp=p) et uL(E).

On dit qu'un sous-espace vectoriel V de E est stable par u lorsque u(V)V, c'est-à-dire lorsque u(x)V pour tout xV.

  1. Montrer que Imp={xE  ;  p(x)=x}, puis que E=ImpKerp.

  2. On suppose up=pu. Montrer que Imp et Kerp sont stables par u.

  3. Réciproquement, on suppose Imp et Kerp stables par u. Montrer que up=pu.

  4. a. On suppose up=pu. Montrer que u induit un endomorphisme de Imp et un endomorphisme de Kerp.

    b. Réciproquement, soient u1L(Imp) et u2L(Kerp). Montrer que l'application u définie par u(a+b)=u1(a)+u2(b), pour aImp et bKerp, est un endomorphisme de E qui commute avec p.

  5. Dans E=R3, on pose p(x,y,z)=(x,y,0), uA(x,y,z)=(y,x,2z) et uB(x,y,z)=(x,y,x). Vérifier que p est un projecteur, préciser Imp et Kerp, et dire lequel de uA, uB commute avec p.

Exercice 36 ★★★Un endomorphisme annulé par un polynôme de degré deux

Somme de deux sous-espaces, somme directe, supplémentairesProjecteurs et symétries

Dans tout l'exercice, E est un K-espace vectoriel de dimension finie (K=R ou C) et uL(E) vérifie la relation

u23u+2idE=0,ouˋ u2=uu.

On pose F1=Ker(uidE) et F2=Ker(u2idE).

  1. Montrer que u est bijective et exprimer u1 en fonction de u et de idE.

  2. Soit xE.

    a. (Analyse.) On suppose que x=x1+x2 avec x1F1 et x2F2. Montrer que nécessairement x1=2xu(x) et x2=u(x)x.

    b. (Synthèse.) Vérifier que ces deux vecteurs conviennent, puis conclure que E=F1F2.

  3. Montrer que p=uidE est un projecteur, et identifier Kerp et Imp.

  4. Dans cette question, on remplace l'hypothèse de départ par u2=idE. Montrer, par la même méthode, que E=Ker(uidE)Ker(u+idE), et reconnaître u.

  5. On prend E=R3 et u(x,y,z)=(x, x+2y, z). Vérifier la relation de départ, déterminer F1, F2, u1 et le projecteur p.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.