PCSI · Chapitre 10 · Second semestre

Devoir surveillé — Espaces vectoriels et applications linéaires

Sujet type, 180 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 180 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (3 points) — Vrai ou faux, et une démonstration

Les cinq exercices du sujet sont indépendants et peuvent être traités dans l'ordre de votre choix. La calculatrice n'est pas autorisée. La clarté de la rédaction et la justification des affirmations entrent dans la notation au même titre que l'exactitude des calculs : une réponse non justifiée ne rapporte aucun point. Dans tout le sujet, K désigne R ou C, et tous les espaces vectoriels considérés sont des K-espaces vectoriels.

1. (2 pt) Pour chacune des quatre affirmations suivantes, dire si elle est vraie ou fausse : on attend une démonstration lorsque l'affirmation est vraie, un contre-exemple explicite lorsqu'elle est fausse. Chaque affirmation vaut 0,5 point.

a. Toute famille génératrice de R3 formée de trois vecteurs est une base de R3.

b. Soient E et F deux espaces vectoriels, uL(E,F) et (x1,x2,x3) une famille liée de E. Alors la famille (u(x1),u(x2),u(x3)) est liée dans F.

c. Soient F et G deux sous-espaces vectoriels de dimension finie d'un même espace vectoriel E tels que dimF=dimG. Alors F=G.

d. Soit uL(E) tel que uu=u et u injective. Alors u=idE.

2. (1 pt) Soient E et F deux espaces vectoriels et uL(E,F). Démontrer que u est injective si et seulement si l'image par u de toute famille libre de E est une famille libre de F.

Exercice 2 (3,5 points) — Deux familles de matrices annulées par $A$

On travaille dans l'espace vectoriel M2(R), dont on note

E1,1=(1000),E1,2=(0100),E2,1=(0010),E2,2=(0001)

la base canonique. On pose

A=(1111),et pour M=(abcd)M2(R),σ(M)=a+b+c+d.

1. (0,75 pt) Démontrer que l'application L:MAM est un endomorphisme de M2(R). Déterminer F=KerL, en donner une base et préciser dimF.

2. (0,5 pt) Déterminer ImL, en donner une base, et vérifier le théorème du rang pour L.

3. (0,5 pt) On note R:MMA et G=KerR. Déterminer une base de G et préciser dimG.

4. (0,75 pt) Déterminer FG et sa dimension. En déduire dim(F+G).

5. (0,5 pt) Démontrer que H={MM2(R)  ;  σ(M)=0} est un hyperplan de M2(R), puis que F+G=H.

6. (0,5 pt) Démontrer que AMA=σ(M)A pour toute matrice M. En déduire que Ψ:MAMA est un endomorphisme de rang 1 de M2(R), préciser KerΨ et ImΨ, et retrouver ainsi l'inclusion F+GH sans aucun calcul de coefficients.

Exercice 3 (3,5 points) — L'opérateur de différences circulaires sur $\mathbb{R}^4$

On note (e1,e2,e3,e4) la base canonique de R4, on pose j=(1,1,1,1) et l'on considère l'application

u:R4R4,(x1,x2,x3,x4)(x2x1, x3x2, x4x3, x1x4).

Chaque coordonnée de l'image est la différence entre une coordonnée de x et la précédente, la première suivant la dernière : d'où le nom de l'exercice. On note enfin

H={(y1,y2,y3,y4)R4  ;  y1+y2+y3+y4=0}.

1. (0,5 pt) Démontrer que u est un endomorphisme de R4, puis déterminer Keru, en donner une base et préciser sa dimension.

2. (0,75 pt) Donner rg(u). Démontrer que ImuH, puis que H est un hyperplan de R4, et en déduire Imu=H. Donner une base de Imu formée d'images de vecteurs de la base canonique.

3. (0,5 pt) Démontrer que R4=KeruImu.

4. (1 pt) On pose b=(1,3,2,2). Justifier que l'équation u(x)=b, d'inconnue xR4, admet au moins une solution, en donner une, puis décrire l'ensemble de toutes ses solutions. Que se passerait-il avec b=(1,3,2,1) ?

5. (0,75 pt) Démontrer que H est stable par u, c'est-à-dire que u(H)H, puis que l'application v:HH qui à yH associe u(y) est un automorphisme de H. Interpréter ce résultat en une phrase.

Exercice 4 (4 points) — Quand la somme de deux projecteurs est un projecteur

On rappelle qu'un projecteur d'un espace vectoriel E est un endomorphisme p de E vérifiant pp=p, et l'on utilisera librement le résultat du cours : pour un projecteur p, l'image est l'ensemble des vecteurs invariants, autrement dit p(y)=y pour tout yImp.

Dans les questions 1. à 3., p et q désignent deux projecteurs d'un même espace vectoriel E, et l'on pose r=p+q.

1. (0,75 pt) On suppose dans cette question que pq=qp=0. Démontrer que r est un projecteur de E.

2. On suppose réciproquement que r est un projecteur de E.

a. (0,5 pt) Démontrer que pq+qp=0.

b. (0,5 pt) En composant l'égalité précédente par p à gauche, puis par p à droite, démontrer que pq=qp.

c. (0,25 pt) En déduire que pq=qp=0. On précisera où intervient le fait que K est R ou C.

3. (1 pt) On suppose de nouveau pq=qp=0. Démontrer que

Imr=ImpImqetKerr=KerpKerq.

4. (1 pt) Dans E=R3, dont on note (e1,e2,e3) la base canonique, on pose

p(x,y,z)=(x+z, 0, 0)etq(x,y,z)=(0, yz, 0).

Vérifier que p et q sont des projecteurs, calculer pq et qp, donner l'expression de r et justifier que c'est un projecteur. Déterminer enfin Imp, Imq, Imr, Kerp, Kerq et Kerr, et contrôler sur cet exemple les deux formules de la question 3.

Exercice 5 (6 points) — Problème : reconnaître une homothétie à ses sous-espaces stables

Dans tout ce problème, E désigne un espace vectoriel non réduit à {0E}. Pour λK, on appelle homothétie de rapport λ l'endomorphisme hλ:xλx. On dit qu'un sous-espace vectoriel V de E est stable par uL(E) lorsque u(V)V, c'est-à-dire lorsque u(x)V pour tout xV.

Une homothétie laisse évidemment stable n'importe quel sous-espace. La question posée ici est la réciproque, et elle est loin d'être évidente : à partir de quelle quantité d'information sur ses sous-espaces stables peut-on affirmer qu'un endomorphisme est une homothétie ? La partie A rassemble les outils, la partie B répond avec les droites, la partie C répond avec les hyperplans, et la partie D montre qu'en dimension 3, quatre droites bien choisies suffisent. Les parties s'enchaînent.

Partie A — Le rapport attaché à une droite stable (1,5 point)

1. (0,25 pt) Soit λK. Vérifier que toute droite vectorielle de E est stable par hλ.

2. (0,5 pt) Soient uL(E) et xE non nul tel que la droite Vect(x) soit stable par u. Démontrer qu'il existe un unique scalaire, que l'on notera λx, tel que u(x)=λxx.

3. (0,25 pt) Soient x et y deux vecteurs non nuls et colinéaires, engendrant des droites stables par u. Démontrer que λx=λy.

4. (0,5 pt) Soient maintenant x et y deux vecteurs tels que la famille (x,y) soit libre, et supposons que les trois droites Vect(x), Vect(y) et Vect(x+y) soient stables par u. Démontrer que

λx=λy=λx+y.

Partie B — Le théorème des droites stables (1,5 point)

5. (1 pt) Soit uL(E) tel que toute droite vectorielle de E soit stable par u. Démontrer qu'il existe λK tel que u=hλ.

6. (0,5 pt) Énoncer l'équivalence ainsi obtenue. Puis exhiber un endomorphisme de R2 qui n'est pas une homothétie et qui laisse pourtant stables deux droites distinctes : que peut-on en conclure sur l'hypothèse « toute droite » ?

Partie C — Le théorème des hyperplans stables (2 points)

Dans cette partie, E est de dimension finie n2.

7. (0,75 pt) Soient x et y deux vecteurs de E tels que la famille (x,y) soit libre. Démontrer qu'il existe un hyperplan H de E tel que xH et yH.

8. (0,5 pt) Soit xE non nul. Démontrer que l'intersection de tous les hyperplans de E contenant x est exactement Vect(x).

9. (0,75 pt) Soit uL(E) tel que tout hyperplan de E soit stable par u. Démontrer que u est une homothétie.

Partie D — Dans R3, quatre droites suffisent (1 point)

Dans cette partie, (e1,e2,e3) désigne la base canonique de R3 et l'on pose j=(1,1,1).

10. (0,5 pt) On pose u(x,y,z)=(x,y,0) et Q={(x,y,z)R3  ;  z=0}. Vérifier que toute droite incluse dans Q est stable par u, et que u n'est pourtant pas une homothétie. Exhiber une droite de R3 non stable par u, et expliquer pourquoi il n'y a aucune contradiction avec la partie B.

11. (0,5 pt) Soit uL(R3) tel que les quatre droites

Vect(e1),Vect(e2),Vect(e3),Vect(j)

soient stables par u. Démontrer que u est une homothétie. Commenter par rapport à la partie B.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.