PCSI · Chapitre 13 · Second semestre

Exercices — Dénombrement

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Cardinaux à la main

Ensembles finis, cardinal, cardinal d'une partie et cas d'égalité

Dans les questions 1. à 4., on travaille dans [ ⁣[1,200] ⁣]. La notation dn signifie « d divise n ».

1. Déterminer le cardinal de chacun des ensembles suivants.

a. A={n[ ⁣[1,200] ⁣]  ;  6n}

b. B={n[ ⁣[1,200] ⁣]  ;  9n}

c. C={n[ ⁣[1,200] ⁣]  ;  18n}

d. D={n[ ⁣[1,200] ⁣]  ;  le chiffre des uniteˊs de n vaut 3}

2. Démontrer qu'un entier naturel non nul est divisible à la fois par 6 et par 9 si et seulement s'il est divisible par 18. En déduire Card(AB).

3. Déterminer Card(AD).

4. On pose T={n[ ⁣[1,200] ⁣]  ;  3n}. Justifier que AT, calculer Card(T), et dire si A=T.

5. Soit n un entier naturel non nul. Déterminer le cardinal de

Δ={(i,j)[ ⁣[1,n] ⁣]2  ;  ij},

puis donner sa valeur pour n=20.

Exercice 2 ★★★Le principe multiplicatif au quotidien

Principe multiplicatif, choix successifs, disjonction de cas et passage au complémentaire

Dans tout l'exercice, on suppose que les objets proposés dans chaque catégorie sont deux à deux distincts.

1. Un restaurant propose 4 entrées, 6 plats et 3 desserts.

a. Combien peut-on composer de menus complets, formés d'une entrée, d'un plat et d'un dessert ?

b. Combien peut-on composer de menus allégés, formés soit d'une entrée et d'un plat, soit d'un plat et d'un dessert ?

2. Une armoire contient 5 hauts, 4 bas et 3 paires de chaussures. Une tenue est la donnée d'un haut, d'un bas et d'une paire de chaussures.

a. Combien de tenues différentes peut-on former ?

b. On décide d'ajouter éventuellement une écharpe, à choisir parmi 4 écharpes, étant entendu qu'on peut aussi n'en porter aucune. Combien de tenues peut-on alors former ?

3. Trois routes distinctes relient la ville A à la ville B, et quatre routes distinctes relient la ville B à la ville C.

a. Combien de trajets de A à C passant par B peut-on emprunter ?

b. Combien de trajets aller-retour ABCBA peut-on emprunter si l'on n'accepte jamais d'emprunter deux fois la même route ?

4. Un enfant construit une tour en empilant 4 cubes. Les cubes sont pris dans un bac qui en contient de cinq couleurs, rouge, bleu, vert, jaune et blanc, en quantité suffisante pour qu'une même couleur puisse servir plusieurs fois. Une tour est la donnée, du bas vers le haut, des couleurs des quatre cubes empilés.

a. Combien de tours différentes peut-on construire ?

b. Combien de tours n'ont pas de cube rouge à la base ?

c. Combien de tours n'ont pas de cube rouge à la base et portent au sommet un cube jaune ou blanc ?

5. Un questionnaire comporte 12 questions ; pour chacune, on doit cocher exactement une réponse parmi les quatre propositions A, B, C, D. Une grille de réponses est la donnée des douze réponses cochées.

a. Combien de grilles de réponses différentes peut-on remplir ?

b. Combien de grilles ne comportent aucune réponse A ?

c. Combien de grilles comportent au moins une réponse A ?

Exercice 3 ★★★★Union, complémentaire et différence

Union disjointe ou quelconque, complémentaire, différence, produit cartésien

1. Une promotion compte 120 étudiants. Parmi eux, 74 sont inscrits au club de sport, 46 au ciné-club, et 21 sont inscrits aux deux clubs à la fois. Déterminer le nombre d'étudiants :

a. inscrits à au moins un des deux clubs ;

b. inscrits à aucun des deux clubs ;

c. inscrits au club de sport et à lui seul ;

d. inscrits à exactement un des deux clubs.

2. Soit E un ensemble fini, A et B deux parties de E. En écrivant A comme la réunion de deux parties disjointes, démontrer que

Card(AB)=Card(A)Card(AB).

3. On prend E=[ ⁣[1,100] ⁣], A={nE  ;  3n} et B={nE  ;  5n}. Déterminer Card(A), Card(B), Card(AB), Card(AB), Card(AB), puis le cardinal du complémentaire de AB dans E.

4. Soit E un ensemble fini et A, B deux parties de E, dont on note A et B les complémentaires dans E. Démontrer que

Card(AB)=Card(E)Card(A)Card(B)+Card(AB),

puis retrouver par cette formule le résultat de la question 1. b.

5. Soit E un ensemble fini et A, B deux parties de E. À quelle condition nécessaire et suffisante a-t-on Card(AB)=Card(A)+Card(B) ?

Exercice 4 ★★★Produits cartésiens et quadrillages

Union disjointe ou quelconque, complémentaire, différence, produit cartésienPrincipe multiplicatif, choix successifs, disjonction de cas et passage au complémentaire

1. On pose E=[ ⁣[1,12] ⁣] et F={a,b,c,d}. Déterminer Card(E×F), Card(F×E), Card(F×F×F) et Card(E×F×F).

2. On considère le quadrillage

R={(x,y)Z2  ;  4x7  et  1y9}.

a. Déterminer Card(R).

b. Combien de points de R ont leurs deux coordonnées paires ?

c. Combien de points de R ont leurs deux coordonnées de même parité ?

3. On pose A={n[ ⁣[1,50] ⁣]  ;  7n} et B={n[ ⁣[1,30] ⁣]  ;  5n}. Écrire A et B en extension, puis déterminer Card(A×B) et Card(A×A).

4. Soit n un entier supérieur ou égal à 2. Déterminer le cardinal des ensembles

D={(x,y)[ ⁣[1,n] ⁣]2  ;  xy}etI={(x,y)[ ⁣[1,n] ⁣]2  ;  x<y},

puis donner leurs valeurs pour n=12.

5. On considère les triplets (x,y,z) d'éléments de [ ⁣[1,6] ⁣].

a. Combien y a-t-il de tels triplets ?

b. Combien en existe-t-il dont les trois coordonnées sont deux à deux distinctes ?

c. Combien en existe-t-il dont deux coordonnées au moins sont égales ?

Exercice 5 ★★★Codes, plaques et mots de passe

p-listes d'éléments distincts, nombre d'injections, permutations et factorielleNombre d'applications d'un ensemble fini dans un autre, nombre de parties

1. Soit p et n deux entiers naturels non nuls, E un ensemble de cardinal p et F un ensemble de cardinal n.

a. Rappeler la valeur de Card(F(E,F)) et la justifier par le principe multiplicatif.

b. On suppose pn. Rappeler le nombre d'applications injectives de E dans F et l'exprimer à l'aide de factorielles.

2. Un cadenas s'ouvre avec un code de 4 chiffres, chaque chiffre étant pris entre 0 et 9.

a. Expliquer pourquoi un code est exactement une application de [ ⁣[1,4] ⁣] dans [ ⁣[0,9] ⁣], puis compter les codes possibles.

b. Combien de codes ont leurs quatre chiffres deux à deux distincts ?

c. Combien de codes comportent au moins un 0 ?

3. Une plaque d'immatriculation est de la forme AB-123-CD : deux lettres, puis trois chiffres, puis deux lettres. L'alphabet compte 26 lettres et les chiffres vont de 0 à 9 ; aucune combinaison n'est interdite.

a. Combien de plaques peut-on former ?

b. Combien de plaques ont leurs quatre lettres deux à deux distinctes et leurs trois chiffres deux à deux distincts ?

4. Un mot de passe est une suite de 8 caractères choisis parmi les 26 lettres minuscules et les 10 chiffres, les répétitions étant autorisées.

a. Combien de mots de passe peut-on former ?

b. Combien de mots de passe comportent au moins un chiffre ?

5. On appelle ici mot de 5 lettres toute suite de 5 lettres de l'alphabet, qu'elle ait un sens ou non. On convient que les voyelles sont a, e, i, o, u, y, soit six lettres.

a. Combien y a-t-il de mots de 5 lettres deux à deux distinctes ?

b. Combien y a-t-il de mots de 5 lettres deux à deux distinctes ne comportant aucune voyelle ?

Exercice 6 ★★★★Podiums, classements et alignements

p-listes d'éléments distincts, nombre d'injections, permutations et factorielle

Dans tout l'exercice, les personnes et les objets considérés sont deux à deux distincts, et l'on suppose qu'aucune course ne se termine par une égalité.

1. Une course réunit 12 coureurs.

a. Combien de podiums différents peut-on obtenir, un podium étant la donnée du premier, du deuxième et du troisième dans cet ordre ?

b. Combien de résultats différents peut-on obtenir pour les cinq premières places, dans l'ordre ?

c. Combien de classements complets des 12 coureurs peut-on obtenir ?

2. Toujours avec ces 12 coureurs, l'un d'eux se nomme Léa. Combien de podiums font figurer Léa ? On donnera deux méthodes.

3. Huit personnes, parmi lesquelles Alice et Bob, s'installent côte à côte sur un banc de huit places numérotées.

a. Combien y a-t-il d'installations possibles ?

b. Combien y en a-t-il dans lesquelles Alice occupe la place numéro 1 ?

c. Combien y en a-t-il dans lesquelles Alice occupe la place numéro 1 et Bob la place numéro 8 ?

4. Avec les mêmes huit personnes sur le même banc :

a. combien d'installations placent Alice et Bob sur deux places voisines ?

b. combien d'installations ne les placent pas sur deux places voisines ?

5. On range côte à côte, sur une étagère, 4 romans et 3 bandes dessinées.

a. Combien de rangements différents peut-on faire ?

b. Combien de rangements placent les trois bandes dessinées les unes à côté des autres, sans livre intercalé ?

Exercice 7 ★★★Les premiers coefficients binomiaux

Parties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie et formule du pivot

1. Calculer les coefficients binomiaux suivants.

a. (72)

b. (103)

c. (90)

d. (66)

e. (121)

f. (84)

2. Énoncer la formule de symétrie des coefficients binomiaux, puis l'utiliser pour calculer (2018), (5047) et (10099) sans effectuer de produit de plus de trois facteurs.

3. Résoudre dans les entiers naturels les équations suivantes.

a. (n2)=45, d'inconnue n2.

b. (n3)=35, d'inconnue n3.

4. Soit E un ensemble de cardinal 11. Déterminer le nombre de parties de E ayant respectivement 3 éléments, 8 éléments, 0 élément, puis 11 éléments.

5. On travaille dans E=[ ⁣[1,10] ⁣].

a. Combien E possède-t-il de parties à 2 éléments ?

b. Combien d'entre elles sont formées de deux entiers pairs ?

c. Combien d'entre elles sont formées de deux entiers consécutifs ?

Exercice 8 ★★★★Compter les parties d'un ensemble fini

Nombre d'applications d'un ensemble fini dans un autre, nombre de parties

Dans tout l'exercice, E=[ ⁣[1,8] ⁣].

1. Écrire en extension P(F) pour F={a,b,c}, puis donner Card(P(G)) lorsque Card(G) vaut successivement 0, 1, 2 et 3. En déduire Card(P(E)).

2. Combien E possède-t-il de parties de cardinal 3 ? de cardinal 6 ?

3. Combien E possède-t-il de parties contenant l'élément 1 ? Parmi elles, combien sont de cardinal 3 ?

4. À toute partie A de E on associe le mot de huit lettres

m(A)=1A(1)1A(2)1A(3)1A(4)1A(5)1A(6)1A(7)1A(8),

dont la k-ième lettre vaut 1 si kA et 0 si kA.

a. Écrire m(A) pour A={1,4,8}, pour A= et pour A=E. Déterminer la partie A telle que m(A)=10110010.

b. Expliquer pourquoi deux parties distinctes de E donnent deux mots distincts, et pourquoi tout mot de huit lettres écrit avec des 0 et des 1 est le mot d'une partie de E. Retrouver ainsi les réponses des questions 1. et 3.

5. Combien E possède-t-il de parties ne contenant ni 2 ni 3 ? Combien de parties ne contenant pas simultanément 2 et 3 ?

6. Combien E possède-t-il de parties non vides et distinctes de E ?

Exercice 9 ★★★★Comités et délégations

Parties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie et formule du pivotPrincipe multiplicatif, choix successifs, disjonction de cas et passage au complémentaire

Le club de robotique d'un lycée compte 16 membres, tous discernables : 9 élèves de première année et 7 élèves de deuxième année. Léa est l'une des élèves de première année.

Dans les questions 1. à 5., un comité désigne un ensemble de membres du club : ni l'ordre, ni les rôles n'interviennent, et deux comités sont égaux exactement lorsqu'ils sont formés des mêmes personnes.

1. Combien peut-on former de comités de 4 membres ?

2. Combien de comités de 4 membres comptent exactement 2 élèves de première année et 2 élèves de deuxième année ?

3. Combien de comités de 4 membres contiennent Léa ?

4. Combien de comités de 4 membres contiennent au moins un élève de deuxième année ?

5. Combien de comités de 4 membres contiennent au moins deux élèves de deuxième année ?

6. Le club doit maintenant élire une délégation de 4 personnes occupant quatre rôles distincts : président, trésorier, secrétaire et responsable technique. Une même personne ne peut pas cumuler deux rôles. Combien de délégations différentes peut-on former ? Quel lien cette valeur entretient-elle avec celle de la question 1. ?

Exercice 10 ★★★Le triangle de Pascal et le binôme

Formule de Pascal, triangle de Pascal, démonstration combinatoire du binôme

On rappelle la formule de Pascal : pour tous entiers naturels n et p,

(np)+(np+1)=(n+1p+1),

avec la convention (np)=0 dès que p>n.

1. En partant de la ligne n=0, construire de proche en proche les lignes n=0 à n=7 du triangle de Pascal, c'est-à-dire la liste des coefficients (np) pour p allant de 0 à n. Préciser la règle de construction utilisée.

2. Vérifier, en recalculant chaque coefficient par la formule (np)=n!p!(np)!, les deux égalités

(73)=(62)+(63)et(64)=(53)+(54).

3. Développer et réduire (1+x)6, puis (2x3)4, où x désigne un réel quelconque.

4. Dans le développement de (x+2y)7, déterminer le coefficient du monôme x3y4, puis celui du monôme x5y2. En déduire la somme de tous les coefficients de ce développement.

5. Soit n un entier naturel. Calculer

k=0n(nk)3ketk=0n(1)k(nk)3k.

Donner la valeur de chacune de ces sommes pour n=7.

Exercice 11 ★★★★Deux langues vivantes

Union disjointe ou quelconque, complémentaire, différence, produit cartésien

Un lycée compte 240 élèves en classe de seconde. Chacun d'eux suit une ou plusieurs langues vivantes, choisies parmi l'espagnol, l'allemand et l'italien. Le secrétariat relève les effectifs suivants : 154 élèves suivent l'espagnol, 118 suivent l'allemand, et 63 suivent à la fois l'espagnol et l'allemand.

On note E l'ensemble des 240 élèves de seconde, A l'ensemble de ceux qui suivent l'espagnol et B l'ensemble de ceux qui suivent l'allemand. On rappelle la formule du cours, valable pour deux parties d'un ensemble fini :

Card(AB)=Card(A)+Card(B)Card(AB).

1. Combien d'élèves suivent au moins une des deux langues espagnol et allemand ?

2. Combien d'élèves n'en suivent aucune des deux ?

3. Combien d'élèves suivent l'espagnol sans suivre l'allemand ? Combien suivent l'allemand sans suivre l'espagnol ?

4. Combien d'élèves suivent exactement une des deux langues ? On répondra par deux méthodes différentes.

5. Vérifier que les effectifs obtenus aux questions 2. et 3., complétés par celui des élèves suivant les deux langues, redonnent bien l'effectif total de la classe de seconde. Expliquer pourquoi.

6. On oublie maintenant la donnée « 63 ». En n'utilisant que Card(E)=240, Card(A)=154 et Card(B)=118, encadrer Card(AB) le plus finement possible, et montrer que les deux bornes obtenues peuvent effectivement être atteintes.

7. Un second lycée annonce les chiffres suivants pour sa classe de seconde : 240 élèves, dont 154 suivent l'espagnol, 118 suivent l'allemand et 20 suivent les deux. Démontrer que ces données sont impossibles.

Exercice 12 ★★★La réunion de trois ensembles, à la main

Union disjointe ou quelconque, complémentaire, différence, produit cartésien

Soit E un ensemble fini et A, B, C trois parties de E. On rappelle la formule du cours, valable pour deux parties :

Card(AB)=Card(A)+Card(B)Card(AB).

La formule générale du crible est hors programme en PCSI ; c'est précisément pourquoi on l'établit ici à la main, dans le seul cas de trois ensembles, à partir de la formule à deux ensembles du cours.

1. En écrivant ABC=(AB)C, en appliquant la formule ci-dessus aux deux parties AB et C, puis en développant les deux cardinaux ainsi obtenus à l'aide de cette même formule et de la distributivité

(AB)C=(AC)(BC),

démontrer que

Card(ABC)=Card(A)+Card(B)+Card(C)Card(AB)Card(AC)Card(BC)+Card(ABC).

Dans les questions suivantes, E=[ ⁣[1,300] ⁣], et A, B, C désignent respectivement l'ensemble des multiples de 2, celui des multiples de 3 et celui des multiples de 5 appartenant à E.

2. Soit d un diviseur de 300. Déterminer le nombre de multiples de d appartenant à [ ⁣[1,300] ⁣].

3. Démontrer que AB est l'ensemble des multiples de 6 de E, et identifier de même AC, BC et ABC. En déduire Card(ABC), c'est-à-dire le nombre d'entiers de [ ⁣[1,300] ⁣] divisibles par 2, par 3 ou par 5.

4. Combien d'entiers de [ ⁣[1,300] ⁣] ne sont divisibles par aucun des trois nombres 2, 3 et 5 ?

5. Combien d'entiers de [ ⁣[1,300] ⁣] sont divisibles par exactement un des trois nombres 2, 3 et 5 ?

Exercice 13 ★★★★Applications, injections et surjections entre petits ensembles

Nombre d'applications d'un ensemble fini dans un autre, nombre de partiesInjections, surjections et bijections entre ensembles finis, principe des tiroirs

Pour deux ensembles finis X et Y, on note F(X,Y) l'ensemble des applications de X dans Y. Une application f de [ ⁣[1,p] ⁣] dans [ ⁣[1,n] ⁣] sera systématiquement représentée par la liste de ses valeurs (f(1),f(2),,f(p)).

1. Déterminer Card(F([ ⁣[1,4] ⁣],[ ⁣[1,3] ⁣])), puis Card(F([ ⁣[1,3] ⁣],[ ⁣[1,4] ⁣])).

2. Combien existe-t-il d'injections de [ ⁣[1,3] ⁣] dans [ ⁣[1,4] ⁣] ? Démontrer qu'il n'existe aucune injection de [ ⁣[1,4] ⁣] dans [ ⁣[1,3] ⁣].

3. Démontrer qu'il n'existe aucune surjection de [ ⁣[1,3] ⁣] sur [ ⁣[1,4] ⁣]. Plus généralement, soit p et n deux entiers naturels non nuls : à quelle condition portant sur p et n existe-t-il au moins une surjection de [ ⁣[1,p] ⁣] sur [ ⁣[1,n] ⁣] ? On démontrera la condition nécessaire, et l'on exhibera une surjection lorsqu'elle est remplie.

4. Écrire la liste des huit applications de [ ⁣[1,3] ⁣] dans [ ⁣[1,2] ⁣], et en déduire, à la main, le nombre de surjections de [ ⁣[1,3] ⁣] sur [ ⁣[1,2] ⁣].

5. Déterminer, à la main, toutes les surjections de [ ⁣[1,3] ⁣] sur [ ⁣[1,3] ⁣]. Que peut-on dire de ces applications ?

6. Combien existe-t-il d'applications f de [ ⁣[1,4] ⁣] dans [ ⁣[1,3] ⁣] telles que :

a. f(1)=f(2) ;

b. f([ ⁣[1,4] ⁣]){1,2} ;

c. f prend au moins une fois la valeur 3 ?

Exercice 14 ★★★★Anagrammes d'un mot à lettres distinctes

Anagrammes, tirages, mains de cartes, chemins, répartitions et double comptagep-listes d'éléments distincts, nombre d'injections, permutations et factorielle

On considère le mot LOGARITHME, formé de dix lettres deux à deux distinctes : L, O, G, A, R, I, T, H, M et E. Parmi elles, quatre sont des voyelles, à savoir O, A, I et E, et six sont des consonnes, à savoir L, G, R, T, H et M.

On appelle anagramme de LOGARITHME tout mot de dix lettres obtenu en écrivant ces dix lettres, chacune une fois et une seule, dans un ordre quelconque ; un tel mot n'a pas nécessairement de sens, et LOGARITHME est lui-même l'une de ses anagrammes. Les positions des lettres sont numérotées de 1 à 10, et deux anagrammes sont égales lorsqu'elles portent les mêmes lettres aux mêmes positions.

1. Combien y a-t-il d'anagrammes de LOGARITHME ?

2. Combien d'anagrammes commencent par une voyelle ?

3. Combien d'anagrammes commencent par une voyelle et se terminent par une consonne ?

4. Dans combien d'anagrammes les lettres T et H sont-elles côte à côte, dans un ordre ou dans l'autre ?

5. Dans combien d'anagrammes les lettres T et H ne sont-elles pas côte à côte ?

6. Dans combien d'anagrammes les quatre voyelles occupent-elles exactement les positions 2, 4, 6 et 8 ?

7. Dans combien d'anagrammes les quatre voyelles occupent-elles quatre positions consécutives ?

Exercice 15 ★★★Les quatre modèles de tirage

p-listes d'éléments distincts, nombre d'injections, permutations et factorielleParties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie et formule du pivot

Une urne contient n jetons deux à deux discernables, numérotés de 1 à n. On prélève p jetons, avec 1pn. Quatre protocoles de prélèvement sont possibles.

Protocole A (successivement, avec remise). On prélève un jeton, on note son numéro, on le remet dans l'urne, et on recommence, p fois de suite. Le résultat est la suite ordonnée des p numéros notés.

Protocole B (successivement, sans remise). On prélève un jeton, on note son numéro, on le met de côté, et on recommence, p fois de suite. Le résultat est la suite ordonnée des p numéros notés.

Protocole C (simultanément). On prélève d'un seul geste une poignée de p jetons. Le résultat est la collection des p numéros obtenus, sans ordre.

Protocole D. On dispose maintenant, pour chacun des n numéros, de p jetons portant ce numéro, et on constitue une poignée de p jetons dans laquelle un même numéro peut figurer plusieurs fois, sans tenir compte de l'ordre.

1. Pour chacun des protocoles A, B et C, identifier précisément l'objet mathématique décrivant un résultat, puis donner le nombre de résultats possibles en fonction de n et de p. Pour le protocole D, décrire l'objet obtenu et expliquer pourquoi aucune des trois formules précédentes ne le compte (on ne demande pas de le dénombrer ici).

2. Établir la relation Anp=p!(np) et l'interpréter en termes de protocoles. Donner les trois valeurs numériques pour n=10 et p=3.

3. Protocole C : combien de résultats contiennent le jeton numéro 1 ? Application numérique pour n=10 et p=3.

4. Protocole C avec n=10 et p=3 : combien de résultats ne comportent que des numéros pairs ?

5. Protocole C : soit k un entier de [ ⁣[1,n] ⁣]. Combien de résultats ont pour plus grand numéro exactement k ? En déduire l'identité

k=pn(k1p1)=(np).

Application numérique pour n=10, p=3 et k=7.

6. Protocole A : combien de résultats font apparaître le jeton numéro 1 au moins une fois ? Application numérique pour n=10 et p=3.

Exercice 16 ★★★Mains de cartes

Anagrammes, tirages, mains de cartes, chemins, répartitions et double comptageParties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie et formule du pivot

On considère un jeu de 32 cartes. Chaque carte est déterminée par sa couleur, choisie parmi les quatre couleurs pique, coeur, carreau et trèfle, et par sa hauteur, choisie parmi les huit hauteurs 7, 8, 9, 10, valet, dame, roi et as. Les 32 cartes sont donc deux à deux distinctes.

On appelle main un ensemble de 5 cartes du jeu : les cartes d'une main sont deux à deux distinctes et l'ordre dans lequel on les énumère n'intervient pas. Dans tout l'exercice, on précisera le modèle utilisé.

1. Combien y a-t-il de mains ?

2. Combien de mains contiennent exactement deux as ?

3. Combien de mains contiennent au moins un as ?

4. Combien de mains sont formées de cinq cartes de la même couleur ?

5. Combien de mains contiennent exactement une paire, c'est-à-dire exactement deux cartes de même hauteur, les trois autres cartes ayant trois hauteurs deux à deux distinctes et différentes de celle de la paire ?

6. Combien de mains contiennent au moins une carte de chacune des quatre couleurs ? On raisonnera par disjonction de cas sur la répartition des cinq cartes entre les couleurs.

Exercice 17 ★★★★Diagonales et triangles d'un polygone convexe

Parties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie et formule du pivot

Soit n un entier avec n5. On considère un polygone convexe de sommets A1,A2,,An, énumérés dans cet ordre le long du contour. Les indices sont lus de façon cyclique, autrement dit on convient que A0=An, que An+1=A1 et que An+2=A2. On suppose que trois sommets ne sont jamais alignés.

Les côtés du polygone sont les n segments [AiAi+1] joignant deux sommets consécutifs. Une diagonale est un segment joignant deux sommets non consécutifs. Un triangle du polygone est un triangle dont les trois sommets sont des sommets du polygone.

1. Combien y a-t-il de segments joignant deux sommets du polygone ?

2. En déduire que le nombre de diagonales vaut n(n3)2.

3. Combien y a-t-il de triangles du polygone ?

4. Combien de triangles du polygone n'ont aucun côté commun avec le polygone ? On effectuera une disjonction de cas selon le nombre de côtés du polygone portés par le triangle.

5. Donner les quatre valeurs numériques obtenues pour n=12.

6. Pour quelles valeurs de n le polygone possède-t-il autant de diagonales que de côtés ?

Exercice 18 ★★★Le nombre de diviseurs d'un entier

Principe multiplicatif, choix successifs, disjonction de cas et passage au complémentaireEnsembles finis, cardinal, cardinal d'une partie et cas d'égalité

Pour un entier N1, on note D(N) l'ensemble des diviseurs positifs de N, c'est-à-dire

D(N)={dN  ;  dN},

et τ(N)=Card(D(N)) le nombre de ces diviseurs. On rappelle que tout entier N2 s'écrit de façon unique, à l'ordre des facteurs près, sous la forme

N=p1α1p2α2prαr,

p1<p2<<pr sont des nombres premiers et où α1,,αr sont des entiers supérieurs ou égaux à 1.

1. Décomposer 360 puis 2520 en produit de facteurs premiers.

2. Soit N2 décomposé comme ci-dessus. Démontrer qu'un entier d1 divise N si et seulement s'il s'écrit d=p1a1p2a2prar avec 0aiαi pour tout i de [ ⁣[1,r] ⁣], et que cette écriture de d est unique.

3. En décrivant un diviseur par la suite de ses exposants, en déduire par choix successifs la formule

τ(N)=(α1+1)(α2+1)(αr+1)=i=1r(αi+1).

Calculer τ(360) et τ(2520).

4. Combien 360 possède-t-il de diviseurs pairs ? Et 2520 ?

5. Combien 360 possède-t-il de diviseurs qui sont des carrés parfaits ? Les expliciter. Même question pour 2520.

6. Déterminer le plus petit entier N1 possédant exactement 12 diviseurs positifs.

Exercice 19 ★★★★Les mots binaires

Parties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie et formule du pivotAnagrammes, tirages, mains de cartes, chemins, répartitions et double comptage

Soit n un entier avec n1. On appelle mot binaire de longueur n toute suite finie m=x1x2xn dont chaque terme xi appartient à l'alphabet {0,1}. Par exemple, 10110 est un mot binaire de longueur 5, comportant trois chiffres 1. On note Bn l'ensemble des mots binaires de longueur n.

1. Déterminer Card(Bn).

2. Soit k[ ⁣[0,n] ⁣]. Combien de mots de Bn comportent exactement k chiffres 1 ?

3. Combien de mots de Bn comportent au moins deux chiffres 1 ?

4. On suppose n2. Combien de mots de Bn commencent et finissent par 1 ?

5. Combien de mots de B10 comportent autant de chiffres 0 que de chiffres 1 ? Donner également les valeurs numériques des questions 1, 3 et 4 pour n=10.

6. En classant les mots de Bn selon leur nombre de chiffres 1, démontrer l'identité

k=0n(nk)=2n.

Exercice 20 ★★★Symétrie et formule du pivot

Parties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie et formule du pivotFormule de Pascal, triangle de Pascal, démonstration combinatoire du binôme

Dans tout l'exercice, n et p désignent des entiers naturels et E un ensemble fini de cardinal n. Pour 0pn, on note Pp(E) l'ensemble des parties de E de cardinal p, de sorte que Card(Pp(E))=(np). Pour une partie A de E, on note A=EA son complémentaire dans E.

1. Soit 0pn. Démontrer, en passant au complémentaire, que (np)=(nnp).

2. Soit 1pn. Démontrer la formule du pivot

p(np)=n(n1p1)

par le calcul, à l'aide des factorielles.

3. Redémontrer la formule du pivot par double comptage, en dénombrant de deux façons l'ensemble des couples (A,x)A est une partie de E de cardinal p et où x est un élément de A.

4. Soit n1. Simplifier le quotient (2nn)(2n1n1). Vérifier le résultat pour n=6.

5. Soit 0kn1. Calculer le quotient (nk+1)(nk), en déduire que la suite finie (n0),(n1),,(nn/2) est strictement croissante, puis établir que, pour a et b dans [ ⁣[0,n] ⁣],

(na)=(nb)    (a=b  ou  a+b=n).

6. Soit n3. Résoudre l'équation (np)=(n2p3), d'inconnue l'entier p vérifiant 0pn et 02p3n. Expliciter les solutions pour n=12.

7. Soit n1. À l'aide de la formule du pivot, calculer k=1nk(nk). Vérifier le résultat pour n=6.

Exercice 21 ★★★★Sommes de coefficients binomiaux

Formule de Pascal, triangle de Pascal, démonstration combinatoire du binôme

Soit n un entier naturel. On rappelle la formule du binôme : pour tous nombres réels a et b,

(a+b)n=k=0n(nk)akbnk.

Toutes les sommes de cet exercice se calculent en choisissant convenablement a et b.

1. Calculer Sn=k=0n(nk) et interpréter le résultat en termes de parties d'un ensemble à n éléments.

2. Calculer Tn=k=0n(1)k(nk), en distinguant le cas n=0.

3. Calculer Un=k=0n2k(nk).

4. On suppose n1. On note Pn la somme des (nk) pour les entiers k de [ ⁣[0,n] ⁣] pairs, et In la somme des (nk) pour les entiers k de [ ⁣[0,n] ⁣] impairs :

Pn=(n0)+(n2)+(n4)+,In=(n1)+(n3)+(n5)+

En combinant les questions 1 et 2, calculer Pn et In.

5. Pour tout réel x, exprimer simplement fn(x)=k=0n(nk)xk. En déduire les valeurs de fn(2) et de fn(3), et retrouver les résultats des questions 1, 2 et 3.

6. Soit E un ensemble de cardinal n1. Déduire de la question 4 une comparaison entre le nombre de parties de E de cardinal pair et le nombre de parties de E de cardinal impair. Illustrer sur l'exemple n=3.

Exercice 22 ★★★Le principe des tiroirs

Injections, surjections et bijections entre ensembles finis, principe des tiroirs

1. Le principe. Soient E et F deux ensembles finis non vides tels que Card(E)>Card(F). Démontrer qu'aucune application de E dans F n'est injective, autrement dit que pour toute application f:EF il existe deux éléments distincts x et y de E tels que f(x)=f(y).

Ce résultat est appelé principe des tiroirs : si l'on range plus d'objets que l'on n'a de tiroirs, un tiroir au moins contient deux objets. Dans chacune des questions qui suivent, on précisera explicitement quels sont les « objets », quels sont les « tiroirs », et quelle est l'application considérée.

2. Dans un groupe de 27 personnes, démontrer que deux au moins ont la même initiale de prénom (on convient que chaque initiale est l'une des 26 lettres de l'alphabet). La conclusion est-elle encore garantie avec 26 personnes ?

3. Démontrer que dans un groupe de 13 personnes, deux au moins sont nées le même mois.

4. Soit nN. On choisit n+1 entiers deux à deux distincts dans [ ⁣[1,2n] ⁣]. Démontrer que deux d'entre eux sont consécutifs, c'est-à-dire diffèrent de 1. Montrer que n entiers ne suffiraient pas.

5. On place cinq points dans un carré plein de côté 2. Démontrer que deux de ces points sont à une distance inférieure ou égale à 2. Montrer que quatre points ne suffiraient pas.

6. Version quantitative. Soient E et F deux ensembles finis non vides et kN tels que Card(E)>kCard(F). Démontrer que pour toute application f:EF, il existe un élément y de F tel que f1({y}) contienne au moins k+1 éléments. En déduire que dans un groupe de 100 personnes, neuf au moins sont nées le même mois.

Exercice 23 ★★★Anagrammes d'un mot à lettres répétées

Anagrammes, tirages, mains de cartes, chemins, répartitions et double comptageParties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie et formule du pivot

On appelle anagramme d'un mot toute suite de lettres obtenue en réordonnant les lettres de ce mot, chaque lettre étant utilisée autant de fois qu'elle figure dans le mot initial. Les anagrammes n'ont pas à avoir de sens, et le mot lui-même compte parmi ses anagrammes. Deux occurrences d'une même lettre sont indiscernables : le mot ETE n'a que trois anagrammes, à savoir ETE, EET et TEE.

1. On considère le mot STATISTIQUE.

a. Donner le nombre de lettres du mot et le décompte de chacune de ses lettres.

b. Dénombrer ses anagrammes en choisissant successivement les positions occupées par chaque lettre.

2. Toujours pour le mot STATISTIQUE :

a. Combien d'anagrammes commencent par la lettre T ? par la lettre A ?

b. Vérifier la cohérence de ces résultats en classant les anagrammes selon leur première lettre.

c. Combien d'anagrammes comportent les trois T côte à côte, c'est-à-dire en trois positions consécutives ?

3. On considère maintenant le mot court ANANAS.

a. Combien a-t-il d'anagrammes ?

b. Combien de ses anagrammes ne comportent jamais deux A côte à côte ?

c. Combien de ses anagrammes ne comportent jamais deux lettres identiques côte à côte ? On donnera la liste complète de ces mots.

4. Cas général. Soit un mot de n lettres écrit avec r lettres deux à deux distinctes, la j-ième figurant nj fois, de sorte que n1+n2++nr=n. Démontrer, par la méthode de placement de la question 1, que le nombre d'anagrammes de ce mot vaut

n!n1!n2!nr!.

Exercice 24 ★★★★Les chemins dans une grille

Anagrammes, tirages, mains de cartes, chemins, répartitions et double comptageParties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie et formule du pivot

Soient m et n deux entiers naturels non nuls. On appelle sommets de la grille les points du plan de coordonnées entières (i,j) vérifiant 0im et 0jn. Un pas mène d'un sommet (i,j) soit au sommet (i+1,j), et on dit que le pas va vers la droite, soit au sommet (i,j+1), et on dit que le pas va vers le haut ; dans les deux cas le pas doit rester dans la grille. Un chemin est une suite de pas partant du sommet (0,0) et arrivant au sommet (m,n).

1. Démontrer qu'un chemin comporte exactement m+n pas, dont exactement m vers la droite.

2. On code un chemin par le mot obtenu en écrivant, dans l'ordre où on les effectue, la lettre D pour un pas vers la droite et la lettre H pour un pas vers le haut. Décrire précisément ce codage et en déduire que le nombre de chemins de (0,0) à (m,n) vaut (m+nn).

Dans les questions suivantes, on prend m=6 et n=4.

3. Combien y a-t-il de chemins en tout ?

4. Combien de chemins passent par le sommet (3,2) ? Donner d'abord la formule générale donnant le nombre de chemins passant par un sommet (a,b) de la grille.

5. Combien de chemins évitent le sommet (3,2) ?

6. Combien de chemins empruntent le pas horizontal joignant (3,2) à (4,2) ? Même question pour le pas vertical joignant (3,2) à (3,3). Contrôler la cohérence avec la question 4.

Exercice 25 ★★★★Injective, surjective, bijective : le cas des cardinaux égaux

Injections, surjections et bijections entre ensembles finis, principe des tiroirs

1. Le théorème. Soient E et F deux ensembles finis non vides de même cardinal n, et soit f:EF une application.

a. Démontrer que si f est injective, alors f est surjective.

b. Démontrer que si f est surjective, alors f est injective. On pourra considérer les ensembles f1({y}) pour yF.

c. En déduire que les trois propriétés « f est injective », « f est surjective » et « f est bijective » sont équivalentes.

2. Montrer, par deux contre-exemples explicites, que l'hypothèse Card(E)=Card(F) ne peut pas être supprimée : on construira une application injective et non surjective, puis une application surjective et non injective.

3. Montrer que l'hypothèse de finitude ne peut pas non plus être supprimée, en étudiant l'injectivité et la surjectivité des trois applications de N dans N suivantes :

u:kk+1,v:k2k,w:k{0si k=0,k1si k1.

4. Une application concrète. Soit pN. On définit f sur [ ⁣[1,2p] ⁣] par

f(k)={2ksi 1kp,2(kp)1si p+1k2p.

a. Vérifier que f est bien une application de [ ⁣[1,2p] ⁣] dans [ ⁣[1,2p] ⁣].

b. Démontrer que f est injective, et en déduire qu'elle est bijective.

c. Écrire les images de 1,2,,10 dans le cas p=5.

5. Dénombrer les permutations d'un ensemble fini de cardinal n, c'est-à-dire ses bijections sur lui-même. Donner les valeurs pour n=5 et n=10.

Exercice 26 ★★★Le nombre de parties, en trois preuves

Nombre d'applications d'un ensemble fini dans un autre, nombre de partiesFormule de Pascal, triangle de Pascal, démonstration combinatoire du binôme

Soit E un ensemble fini de cardinal n. On se propose de démontrer de trois façons indépendantes que

Card(P(E))=2n.

1. Première preuve, par récurrence. Démontrer le résultat par récurrence sur n, en séparant, dans un ensemble à n+1 éléments, les parties qui contiennent un élément fixé de celles qui ne le contiennent pas.

2. Deuxième preuve, par codage. On numérote les éléments de E sous la forme E={x1,x2,,xn}, les xi étant deux à deux distincts. À une partie A de E, on associe le mot de n chiffres

m(A)=(1A(x1),1A(x2),,1A(xn)),

1A désigne la fonction indicatrice de A. Justifier que ce codage permet de conclure.

3. Troisième preuve, par le binôme. Classer les parties de E selon leur cardinal, puis conclure à l'aide de la formule du binôme.

4. Deux corollaires.

a. On suppose n1 et l'on fixe un élément a de E. À une partie A de E, on associe la partie

φ(A)={A{a}si aA,A{a}si aA.

Démontrer que φ est une bijection de P(E) sur lui-même qui échange les parties de cardinal pair et celles de cardinal impair, puis en déduire que le nombre de parties de E de cardinal pair vaut 2n1. Que se passe-t-il pour n=0 ?

b. Déterminer le nombre de parties non vides de E, puis le nombre de parties de E contenant un élément fixé a.

5. Donner toutes les valeurs numériques obtenues dans le cas n=10, et contrôler le résultat du 4.a. par un calcul direct.

Exercice 27 ★★★★Les couples de parties emboîtées

Nombre d'applications d'un ensemble fini dans un autre, nombre de partiesAnagrammes, tirages, mains de cartes, chemins, répartitions et double comptage

Soit E un ensemble fini de cardinal n.

1. Dénombrer les couples (A,B) de parties de E tels que AB, en attribuant à chaque élément de E un statut parmi trois possibilités que l'on précisera.

2. Retrouver ce résultat par un calcul : classer les couples selon le cardinal de A, puis reconnaître la somme obtenue comme une application de la formule du binôme.

3. Dénombrer les couples (A,B) de parties de E tels que AB=, puis les couples tels que AB=E. Commenter les résultats.

4. Dénombrer les triplets (A,B,C) de parties de E deux à deux disjointes et de réunion E. Commenter.

5. Dénombrer les couples (A,B) tels que l'inclusion soit stricte, c'est-à-dire AB et AB.

6. Donner les valeurs numériques pour n=5 et n=10.

Exercice 28 ★★★Applications croissantes et strictement croissantes

Parties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie et formule du pivotInjections, surjections et bijections entre ensembles finis, principe des tiroirs

Soient n et p deux entiers naturels non nuls. Une application f:[ ⁣[1,p] ⁣][ ⁣[1,n] ⁣] est dite strictement croissante lorsque

f(1)<f(2)<<f(p),

et croissante (au sens large) lorsque f(1)f(2)f(p). On adopte la convention usuelle (qr)=0 dès que r>q, qui traduit qu'un ensemble à q éléments n'a aucune partie à r éléments lorsque r>q.

1. Démontrer que le nombre d'applications strictement croissantes de [ ⁣[1,p] ⁣] dans [ ⁣[1,n] ⁣] vaut (np). On expliquera précisément comment retrouver une telle application à partir de l'ensemble de ses valeurs. Que devient le résultat lorsque p>n ?

2. Soit f:[ ⁣[1,p] ⁣][ ⁣[1,n] ⁣] une application croissante. On pose g(i)=f(i)+i1 pour tout i[ ⁣[1,p] ⁣].

a. Démontrer que g est une application strictement croissante de [ ⁣[1,p] ⁣] dans [ ⁣[1,n+p1] ⁣].

b. Démontrer réciproquement que toute application strictement croissante g de [ ⁣[1,p] ⁣] dans [ ⁣[1,n+p1] ⁣] provient d'une unique application croissante f de [ ⁣[1,p] ⁣] dans [ ⁣[1,n] ⁣] par cette formule.

c. En déduire que le nombre d'applications croissantes de [ ⁣[1,p] ⁣] dans [ ⁣[1,n] ⁣] vaut (n+p1p).

3. Contrôler les deux formules dans le cas p=2 et n=3, en écrivant toutes les applications concernées.

4. Applications numériques : combien y a-t-il d'applications strictement croissantes, puis croissantes, de [ ⁣[1,4] ⁣] dans [ ⁣[1,10] ⁣] ? de [ ⁣[1,3] ⁣] dans [ ⁣[1,5] ⁣] ? de [ ⁣[1,6] ⁣] dans [ ⁣[1,4] ⁣] ?

Exercice 29 ★★★Les solutions entières d'une équation

Anagrammes, tirages, mains de cartes, chemins, répartitions et double comptageParties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie et formule du pivot

Soient nN et pN. On s'intéresse aux p-uplets (x1,x2,,xp) d'entiers naturels vérifiant

x1+x2++xp=n.

Deux p-uplets sont distincts dès qu'ils diffèrent par au moins une coordonnée : l'ordre des inconnues compte, et (2,1,0) et (0,1,2) sont deux solutions différentes. On adopte la convention usuelle (qr)=0 dès que r>q, qui traduit qu'un ensemble à q éléments n'a aucune partie à r éléments lorsque r>q.

1. On aligne n jetons identiques et p1 séparateurs identiques. Décrire comment un tel alignement fournit une solution de l'équation, et comment toute solution s'obtient ainsi une fois et une seule. En déduire que le nombre de solutions vaut (n+p1p1).

2. Contrôler le résultat pour n=3 et p=3 en écrivant toutes les solutions.

3. Dénombrer les solutions en entiers strictement positifs, c'est-à-dire vérifiant xi1 pour tout i.

4. Dénombrer les solutions en entiers naturels vérifiant la contrainte supplémentaire x12.

5. Dénombrer les p-uplets d'entiers naturels vérifiant l'inéquation x1+x2++xpn.

6. Donner les valeurs numériques des questions 1, 3, 4 et 5 pour n=10 et p=4.

7. Expliquer le lien avec les tirages avec répétitions rencontrés à l'exercice 15 : de combien de façons peut-on choisir 10 viennoiseries parmi 4 sortes disponibles, sans tenir compte de l'ordre, chaque sorte pouvant être prise plusieurs fois ou pas du tout ?

Exercice 30 ★★★★Les surjections sur un ensemble à deux éléments

Injections, surjections et bijections entre ensembles finis, principe des tiroirsPrincipe multiplicatif, choix successifs, disjonction de cas et passage au complémentaire

Soit n un entier naturel non nul et soit F={a,b} un ensemble à deux éléments (donc ab). On note Sn le nombre de surjections de [ ⁣[1,n] ⁣] sur F.

1. a. Combien y a-t-il d'applications de [ ⁣[1,n] ⁣] dans F ?

b. Décrire complètement les applications de [ ⁣[1,n] ⁣] dans F qui ne sont pas surjectives, puis en déduire Sn par passage au complémentaire.

c. Donner les valeurs de S1, S2, S3 et S10.

2. On appelle partition de [ ⁣[1,n] ⁣] en deux parties non vides toute paire {A,B} formée de deux parties de [ ⁣[1,n] ⁣] telles que A, B, AB= et AB=[ ⁣[1,n] ⁣]. On note Pn le nombre de telles partitions.

a. À une surjection f de [ ⁣[1,n] ⁣] sur F, on associe le couple (f1({a}),f1({b})). Montrer que la paire {f1({a}),f1({b})} est une partition de [ ⁣[1,n] ⁣] en deux parties non vides.

b. Montrer que chaque partition en deux parties non vides provient d'exactement deux surjections, et en déduire Pn.

c. Calculer P4 et P10.

3. Combien y a-t-il de surjections f de [ ⁣[1,n] ⁣] sur F vérifiant f(1)=a ? Commenter le résultat obtenu en le comparant à celui de la question 2.

4. On suppose ici n2. Combien y a-t-il de surjections f de [ ⁣[1,n] ⁣] sur F vérifiant f(1)=f(n) ?

Exercice 31 ★★★Double comptage : la somme des cardinaux des parties

Anagrammes, tirages, mains de cartes, chemins, répartitions et double comptageParties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie et formule du pivot

Soit E un ensemble fini de cardinal n1. On s'intéresse à la somme des cardinaux de toutes les parties de E :

Σn=AP(E)Card(A).

1. Calculer Σ3 à la main, en listant les huit parties de E={1,2,3}.

2. On note Δ l'ensemble des couples (x,A)A est une partie de E et x un élément de A :

Δ={(x,A)E×P(E)  ;  xA}.

a. En regroupant les couples de Δ selon leur seconde composante A, montrer que Card(Δ)=Σn.

b. Soit xE. Combien y a-t-il de parties de E contenant x ? En regroupant les couples de Δ selon leur première composante, en déduire Card(Δ).

c. Conclure, et vérifier la cohérence avec la question 1.

3. Retrouver le résultat en regroupant les parties de E selon leur cardinal : montrer que Σn=k=0nk(nk), puis calculer cette somme à l'aide de la formule du pivot k(nk)=n(n1k1).

4. Combien y a-t-il de couples (x,A)E×P(E) tels que xA ? En déduire la valeur de AP(E)Card(A), où A désigne le complémentaire de A dans E, et commenter.

5. Soit B une partie fixée de E, de cardinal b. Par la même méthode, calculer

AP(E)Card(AB).

Vérifier la formule obtenue dans les deux cas particuliers B=E et B=.

6. En déduire la moyenne des cardinaux des 2n parties de E, puis retrouver ce résultat en regroupant les parties deux par deux.

Exercice 32 ★★★La formule de Vandermonde

Formule de Pascal, triangle de Pascal, démonstration combinatoire du binômeParties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie et formule du pivot

Dans tout l'exercice, m, n et p désignent des entiers naturels, et l'on adopte la convention usuelle (qr)=0 dès que r>q ou r<0. On se donne un ensemble fini E réunion de deux parties disjointes M et N, avec

E=MN,MN=,Card(M)=m,Card(N)=n.

1. Mise en train. En classant les parties à deux éléments de E selon le nombre d'éléments qu'elles prennent dans M, démontrer que

(m+n2)=(m2)+mn+(n2).

2. Cas général. Soit pN. Pour k[ ⁣[0,p] ⁣], on note Ak l'ensemble des parties A de E à p éléments telles que Card(AM)=k.

a. Justifier que la famille (Ak)0kp est une partition de l'ensemble des parties de E à p éléments.

b. Calculer Card(Ak).

c. En déduire la formule de Vandermonde :

k=0p(mk)(npk)=(m+np).

3. Donner une seconde démonstration de cette formule en identifiant les coefficients de xp dans les deux membres de l'égalité polynomiale (1+x)m(1+x)n=(1+x)m+n.

4. Applications.

a. Calculer k=03(5k)(73k) en détaillant les quatre termes, puis en appliquant la formule.

b. Un concours est jugé par un jury de 4 personnes, choisies parmi 7 femmes et 5 hommes. Combien de jurys différents peut-on constituer ? Combien en comptent exactement deux femmes ? Vérifier que la répartition des jurys selon leur nombre de femmes redonne le total.

c. Écrire ce que devient la formule de Vandermonde lorsque m=n=p. (Ce cas particulier remarquable fait l'objet de l'exercice 33 ; on ne demande pas ici de le démontrer.)

Exercice 33 ★★★La somme des carrés des coefficients binomiaux

Formule de Pascal, triangle de Pascal, démonstration combinatoire du binômeParties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie et formule du pivot

On adopte la convention (qr)=0 dès que r>q ou r<0.

1. Vérifier à la main, pour n=3 puis pour n=4, l'identité

k=0n(nk)2=(2nn).

2. Première démonstration, par double comptage. Soit nN. On pose E=[ ⁣[1,2n] ⁣], M=[ ⁣[1,n] ⁣] et N=[ ⁣[n+1,2n] ⁣], de sorte que E est la réunion disjointe de M et de N.

a. Combien E possède-t-il de parties à n éléments ?

b. Pour k[ ⁣[0,n] ⁣], combien y a-t-il de parties A de E à n éléments telles que Card(AM)=k ? On exprimera le résultat à l'aide de la symétrie (nnk)=(nk).

c. Conclure.

3. Seconde démonstration. Retrouver l'identité en identifiant les coefficients de xn dans les deux membres de ((1+x)n)2=(1+x)2n.

4. La somme d'une « colonne » du triangle de Pascal. Soient p et n deux entiers naturels avec pn. On veut établir

k=pn(kp)=(n+1p+1).

a. Déduire de la formule de Pascal que (kp)=(k+1p+1)(kp+1), puis conclure par télescopage.

b. En donner une seconde démonstration en classant les parties à p+1 éléments de [ ⁣[1,n+1] ⁣] selon leur plus grand élément.

5. Applications.

a. Calculer k=38(k3) en détaillant les six termes, puis à l'aide de la formule.

b. En remarquant que k2=2(k2)+k pour tout entier k0, retrouver la formule

k=1nk2=n(n+1)(2n+1)6.

Exercice 34 ★★★★Les parties sans deux éléments consécutifs

Anagrammes, tirages, mains de cartes, chemins, répartitions et double comptageParties à p éléments, coefficients binomiaux, symétrie et formule du pivot

Soit n un entier naturel. On dit qu'une partie A de [ ⁣[1,n] ⁣] est écartée lorsqu'elle ne contient jamais deux entiers consécutifs, c'est-à-dire lorsque

xA,x+1A.

L'ensemble vide et les singletons sont écartés. On note un le nombre de parties écartées de [ ⁣[1,n] ⁣], avec la convention [ ⁣[1,0] ⁣]=, et l'on adopte la convention (qr)=0 dès que r>q.

1. Écrire la liste des parties écartées de [ ⁣[1,4] ⁣] et en déduire u4. Combien d'entre elles ont exactement deux éléments ?

2. Comptage à nombre d'éléments fixé. Soient n1 et p1. On considère une partie écartée A={x1,x2,,xp} de [ ⁣[1,n] ⁣] à p éléments, écrite dans l'ordre croissant x1<x2<<xp, et l'on pose

yi=xi(i1)pour i[ ⁣[1,p] ⁣].

a. Montrer que y1<y2<<yp et que {y1,,yp} est une partie de [ ⁣[1,np+1] ⁣] à p éléments.

b. Décrire le procédé qui, à partir d'une partie quelconque à p éléments de [ ⁣[1,np+1] ⁣], reconstruit une partie écartée de [ ⁣[1,n] ⁣] à p éléments, et vérifier que les deux procédés se défont l'un l'autre.

c. En déduire que le nombre de parties écartées de [ ⁣[1,n] ⁣] à p éléments vaut (np+1p). Pour quelles valeurs de p ce nombre est-il non nul ?

d. Application : combien y a-t-il de parties écartées de [ ⁣[1,10] ⁣] à 4 éléments ?

3. Comptage global par récurrence. Soit n2. En séparant les parties écartées de [ ⁣[1,n] ⁣] selon qu'elles contiennent ou non l'entier n, démontrer que

un=un1+un2.

Préciser u0 et u1, puis dresser la liste des valeurs de u0 à u10.

4. Vérifier, pour n=10, l'identité p=0n(np+1p)=un en détaillant les termes. (Seuls les premiers sont non nuls, d'après la question 2.c.)

5. Application. Un professeur dispose de dix journées consécutives, numérotées de 1 à 10, pour placer des séances de soutien, sans jamais programmer deux séances deux jours de suite. Combien de plannings comportant exactement quatre séances peut-il constituer ? Et combien de plannings comportant au moins une séance ?

Exercice 35 ★★★★Les dérangements

Injections, surjections et bijections entre ensembles finis, principe des tiroirsAnagrammes, tirages, mains de cartes, chemins, répartitions et double comptage

Soit n un entier naturel non nul. On appelle permutation de [ ⁣[1,n] ⁣] toute bijection de [ ⁣[1,n] ⁣] sur lui-même, et l'on se donne une permutation σ de [ ⁣[1,n] ⁣]. On appelle point fixe de σ tout entier i[ ⁣[1,n] ⁣] tel que σ(i)=i. On dit que σ est un dérangement lorsqu'elle n'a aucun point fixe, c'est-à-dire lorsque

i[ ⁣[1,n] ⁣],σ(i)i.

On note Dn le nombre de dérangements de [ ⁣[1,n] ⁣], et l'on convient que D0=1.

Dans tout l'exercice, une permutation σ de [ ⁣[1,n] ⁣] est notée par la liste de ses images (σ(1),σ(2),,σ(n)).

1. a. Rappeler le nombre total de permutations de [ ⁣[1,n] ⁣].

b. Déterminer D1, D2 et D3.

c. Calculer D4 par énumération raisonnée, en distinguant les cas selon la valeur de σ(1), et donner la liste des dérangements obtenus.

2. Soit n3. Pour k[ ⁣[2,n] ⁣], on note Dn(k) l'ensemble des dérangements σ de [ ⁣[1,n] ⁣] tels que σ(1)=k.

a. Justifier que les ensembles Dn(k), pour k[ ⁣[2,n] ⁣], forment une partition de l'ensemble des dérangements de [ ⁣[1,n] ⁣].

b. Soit k[ ⁣[2,n] ⁣] fixé. Montrer que le nombre de dérangements σ tels que σ(1)=k et σ(k)=1 vaut Dn2.

c. Montrer que le nombre de dérangements σ tels que σ(1)=k et σ(k)1 vaut Dn1.

d. En déduire que

Dn=(n1)(Dn1+Dn2)pour tout n3.

3. Calculer D5 et D6.

4. Soit p[ ⁣[0,n] ⁣]. Combien y a-t-il de permutations de [ ⁣[1,n] ⁣] ayant exactement p points fixes ?

a. Établir la formule générale.

b. Application : combien de permutations de [ ⁣[1,6] ⁣] ont exactement deux points fixes ?

c. Vérifier, pour n=6, que la somme sur p de ces nombres redonne le nombre total de permutations.

d. Peut-il exister une permutation ayant exactement n1 points fixes ?

Exercice 36 ★★★★Les surjections sur un ensemble à trois éléments

Injections, surjections et bijections entre ensembles finis, principe des tiroirsUnion disjointe ou quelconque, complémentaire, différence, produit cartésien

Soit n un entier naturel non nul. On note F=F([ ⁣[1,n] ⁣],[ ⁣[1,3] ⁣]) l'ensemble des applications de [ ⁣[1,n] ⁣] dans [ ⁣[1,3] ⁣], et Tn le nombre de surjections de [ ⁣[1,n] ⁣] sur [ ⁣[1,3] ⁣]. Pour i[ ⁣[1,3] ⁣], on pose

Ai={fF  ;  x[ ⁣[1,n] ⁣], f(x)i},

l'ensemble des applications qui ne prennent jamais la valeur i.

On rappelle la formule de la réunion de trois ensembles finis, établie à l'exercice 12 :

Card(XYZ)=Card(X)+Card(Y)+Card(Z)Card(XY)Card(XZ)Card(YZ)+Card(XYZ).

La formule générale du crible est hors programme en PCSI ; on n'utilise ici que la formule à trois ensembles, établie à l'exercice 12 à partir de la formule à deux ensembles du cours.

1. a. Combien y a-t-il d'applications de [ ⁣[1,n] ⁣] dans [ ⁣[1,3] ⁣] ?

b. Montrer qu'une application fF est surjective si et seulement si elle n'appartient à aucun des trois ensembles A1, A2, A3.

2. Calculer Card(Ai) pour i[ ⁣[1,3] ⁣], puis Card(AiAj) pour ij, puis Card(A1A2A3).

3. En déduire que

Tn=3n3×2n+3.

4. Donner les valeurs de T2, T3, T4 et T5, et commenter les deux premières.

5. Combien y a-t-il de partitions de [ ⁣[1,n] ⁣] en trois parties non vides, c'est-à-dire d'ensembles {P1,P2,P3} de trois parties non vides, deux à deux disjointes, de réunion [ ⁣[1,n] ⁣] ? Application à n=4 et n=5.

6. Combien y a-t-il de surjections f de [ ⁣[1,n] ⁣] sur [ ⁣[1,3] ⁣] vérifiant f(1)=1 ? On n'utilisera que la formule à deux ensembles. Vérifier la cohérence du résultat avec la question 3.

7. On suppose n3. Combien y a-t-il de surjections de [ ⁣[1,n] ⁣] sur [ ⁣[1,3] ⁣] qui prennent la valeur 3 exactement une fois ? On pourra utiliser le résultat de l'exercice 30.

Bloqué sur « Dénombrement » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.