PCSI · Chapitre 07 · Premier semestre

Exercices — Calcul matriciel et systèmes linéaires

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Premiers calculs matriciels

Opérations sur les matrices : somme, multiple, combinaison linéaire, produit

On considère les matrices

A=(120351),B=(403212),C=(210031112)

1. Préciser le format de chacune de ces trois matrices, puis donner les coefficients a2,3, b1,1 et c3,2.

2. Calculer les matrices suivantes.

a. A+B

b. AB

c. 3A

d. 2A3B

3. Déterminer la matrice X vérifiant 2X+A=B, puis contrôler le résultat.

4. a. Le produit AC a-t-il un sens ? Et le produit CA ? Justifier en comparant les formats.

b. Calculer par la règle ligne-colonne le coefficient de AC situé en ligne 2 et colonne 2, puis calculer AC en entier.

5. On pose U=(121). Calculer CU.

Exercice 2 ★★★Produits possibles et non-commutativité

Opérations sur les matrices : somme, multiple, combinaison linéaire, produitParticularités du produit : non-commutativité, produit nul sans facteur nul, matrices nilpotentes

Dans les questions 1. et 2., A désigne une matrice de M2,3(R), B une matrice de M3,2(R) et C une matrice de M3(R).

1. Pour chacun des produits suivants, dire s'il a un sens et, dans ce cas, donner le format du résultat.

a. AB

b. BA

c. AC

d. CA

e. BC

f. CB

g. A2

h. C2

2. On prend désormais

A=(120131)etB=(210134)

Calculer AB et BA. Pourquoi ces deux matrices ne peuvent-elles pas être égales, sans même regarder leurs coefficients ?

3. On pose M=(1101) et N=(1011). Calculer MN et NM, et conclure.

4. a. On pose P=(1111) et Q=(1212). Calculer PQ, puis QP. Que peut-on en conclure sur la règle « un produit est nul, donc l'un des facteurs est nul » ?

b. Vérifier que J=(0100) est non nulle mais que J2=0.

5. Avec les matrices M et N de la question 3., comparer (M+N)2 et M2+2MN+N2. Énoncer la formule correcte pour (M+N)2 et la vérifier sur cet exemple.

Exercice 3 ★★★Transposée, matrices symétriques et antisymétriques

Transposition, matrices symétriques et antisymétriques

On rappelle que la transposée de A=(ai,j), notée t ⁣A, est la matrice dont le coefficient en position (i,j) vaut aj,i : les lignes de A deviennent les colonnes de t ⁣A.

1. Écrire la transposée de chacune des matrices suivantes, en précisant son format.

A=(125034),V=(216),W=(307124589)

2. Parmi les matrices suivantes, dire lesquelles sont symétriques, lesquelles sont antisymétriques, et lesquelles ne sont ni l'une ni l'autre.

M1=(1223),M2=(0550),M3=(210104047) M4=(031302120),M5=(1221),M6=(012103231)

3. Dans cette question et dans celle-ci seulement, on pose A=(213041), qui remplace la matrice A de la question 1., et B=(102315). Calculer t(AB) et tBt ⁣A, et comparer. Le produit t ⁣AtB a-t-il un sens ? Peut-il être égal à t(AB) ?

4. Soit AMn(R) une matrice antisymétrique. Démontrer que tous ses coefficients diagonaux sont nuls.

5. a. Soit MMn(R). Démontrer que M+tM est symétrique et que MtM est antisymétrique.

b. En déduire une écriture de M comme somme d'une matrice symétrique et d'une matrice antisymétrique, puis expliciter cette écriture pour

M=(240062248)

Exercice 4 ★★★★Produits de matrices diagonales et triangulaires

Matrices diagonales, scalaires et triangulaires

On considère les matrices de M3(R) suivantes :

D=(200010003),D=(400050001),T=(121034002),T=(201013005)

1. Calculer DD et DD. Que constate-t-on ? Démontrer le résultat général : le produit de deux matrices diagonales de Mn(K) est diagonal, et ces deux matrices commutent.

2. Calculer TT et TT. Vérifier que les deux résultats sont triangulaires supérieurs de même diagonale, mais qu'ils ne sont pas égaux.

3. Démontrer, dans Mn(K), que le produit de deux matrices triangulaires supérieures est triangulaire supérieur, et que ses coefficients diagonaux sont les produits des coefficients diagonaux correspondants.

4. On pose

U=(110010001)etL=(100110001)

Calculer UL et LU. Le produit d'une matrice triangulaire supérieure par une matrice triangulaire inférieure est-il triangulaire ?

5. On pose M=(123456789). Calculer DM et MD, et décrire en une phrase l'effet de chacune de ces multiplications.

Exercice 5 ★★★★Matrices élémentaires et premiers produits

Matrices élémentaires et symbole de Kronecker

Pour i et j dans {1,2,3}, on note Ei,j la matrice de M3(R) dont tous les coefficients sont nuls, sauf celui situé en ligne i et colonne j, qui vaut 1. On rappelle le symbole de Kronecker :

δp,q={1si p=q0si pq

de sorte que le coefficient de Ei,j en position (p,q) s'écrit δi,pδj,q.

1. Écrire explicitement les matrices E1,2, E2,3 et E3,1.

2. Calculer les produits suivants.

a. E1,2E2,3

b. E2,3E1,2

c. (E1,2)2

d. E3,1E1,3

e. E1,3E3,1

f. E2,2E2,3

3. Conjecturer une formule donnant Ei,jEk,l, puis la démontrer à partir de la définition du produit matriciel.

4. Décomposer la matrice A=(020103004) comme combinaison linéaire de matrices élémentaires. Écrire la formule générale correspondante pour une matrice quelconque de M3(R).

5. Soit M=(123456789). Calculer E1,2M et ME1,2, puis décrire dans le cas général l'effet des produits Ei,jM et MEi,j.

Exercice 6 ★★★★Inverse d'une matrice carrée d'ordre deux

Matrices inversibles et groupe linéaireCalcul pratique de l'inverse : pivot, relation matricielle, système AX = Y

Soit A=(abcd) une matrice de M2(R). On lui associe la matrice

A~=(dbca)

obtenue en échangeant les deux coefficients diagonaux et en changeant le signe des deux autres.

1. Calculer AA~ et A~A.

2. En déduire que si adbc0, alors A est inversible, et donner l'expression de A1.

3. Réciproquement, démontrer que si adbc=0, alors A n'est pas inversible.

4. Appliquer ce qui précède aux trois matrices suivantes : dire si elles sont inversibles et, le cas échéant, calculer leur inverse et vérifier le résultat.

B=(3512),C=(2341),D=(2613)

Pour celle qui n'est pas inversible, exhiber en outre une matrice colonne X0 telle que MX=0, en notant M cette matrice, et expliquer en quoi cela redémontre directement la non-inversibilité.

5. À l'aide de la question 4., résoudre le système

{3x+5y=1x+2y=1

Exercice 7 ★★★★Trois systèmes par la méthode du pivot

Systèmes linéaires : écriture matricielle, compatibilité, structure des solutions

Résoudre dans R3 les trois systèmes suivants par la méthode du pivot de Gauss. À chaque étape, on écrira l'opération élémentaire utilisée et on justifiera qu'elle est réversible, de sorte que le système obtenu ait exactement les mêmes solutions que le précédent. On terminera dans chaque cas par une vérification.

1. {x+2yz=62xy+3z=3x+y+2z=1

2. {x+y+z=22x+3yz=13x+4y=5

3. {x+y+z=22x+3yz=13x+4y=3

4. Comparer les systèmes 2. et 3., et expliquer ce qui, dans les données, provoque la différence de conclusion.

Exercice 8 ★★★★Puissances des matrices diagonales et d'une nilpotente

Puissances d'une matrice et formule du binômeMatrices diagonales, scalaires et triangulaires

On considère les matrices de M3(R)

D=(200030001)etN=(012003000)

1. Calculer D2 et D3, conjecturer une expression de Dn pour nN, puis la démontrer par récurrence.

2. Calculer (2I3)n pour nN. Plus généralement, exprimer (λD)n en fonction de λ, de n et de Dn, où λ est un réel.

3. Calculer N2 et N3. En déduire Nn pour tout n3, et donner l'indice de nilpotence de N.

4. On pose A=I3+N. Justifier que la formule du binôme s'applique au couple (I3,N), puis en déduire l'expression de An pour tout nN. Contrôler le résultat pour n=2 par un calcul direct.

5. Peut-on calculer (D+N)n par la même méthode ? Justifier.

Exercice 9 ★★★Écriture matricielle et système homogène associé

Systèmes linéaires : écriture matricielle, compatibilité, structure des solutionsOpérations sur les matrices : somme, multiple, combinaison linéaire, produit

On considère le système linéaire d'inconnue (x,y,z)R3

(S){x+2yz=12x+5y+z=4x+y4z=1

1. Écrire (S) sous la forme matricielle AX=B, en précisant les matrices A, X et B ainsi que l'ensemble auquel chacune appartient.

2. Résoudre par la méthode du pivot le système homogène associé AX=0, et décrire l'ensemble H de ses solutions à l'aide d'un paramètre réel.

3. Déterminer une solution particulière X0 de (S), puis vérifier par le produit matriciel que AX0=B.

4. Cas général. Soient AMn,p(R) et BMn,1(R). On suppose connue une solution X0 de l'équation AX=B, et l'on note E l'ensemble des solutions de AX=B, H celui des solutions de AX=0. Démontrer par double inclusion que

E={X0+Y  YH}.

5. En déduire l'ensemble des solutions de (S), puis déterminer celle dont la troisième coordonnée vaut 2.

6. On remplace le second membre par la colonne B de coefficients 1, 4 et 0. Montrer que le système AX=B n'a aucune solution. Déterminer plus généralement une condition nécessaire et suffisante portant sur les coefficients b1, b2, b3 d'une colonne B pour que le système AX=B admette au moins une solution.

Exercice 10 ★★★★Inverse d'une matrice d'ordre trois par le pivot

Calcul pratique de l'inverse : pivot, relation matricielle, système AX = YOpérations élémentaires sur les lignes et les colonnes, interprétation matricielle

On considère les matrices

A=(111122123),B=(479),C=(121211451).

1. Déterminer l'inverse de A par la méthode du pivot, conduite en parallèle sur A et sur I3. On indiquera précisément chaque opération élémentaire employée.

2. Vérifier le résultat obtenu en calculant les deux produits AA1 et A1A.

3. En déduire l'unique solution du système AX=B, puis contrôler cette solution en la reportant dans le système.

4. Appliquer la méthode du pivot à la matrice C. Que constate-t-on ? Exhiber une colonne X0 telle que CX=0, et en déduire que C n'est pas inversible.

Exercice 11 ★★★★Puissances par la formule du binôme

Puissances d'une matrice et formule du binôme

On considère la matrice

A=(210021002)M3(R).

1. Écrire A sous la forme A=2I3+N, où N est une matrice que l'on précisera. Calculer N2 et N3, puis en déduire Nk pour tout k3.

2. Justifier que les matrices 2I3 et N commutent, et rappeler l'énoncé de la formule du binôme pour deux matrices qui commutent.

3. En déduire, pour tout entier n2, l'expression de An en fonction de I3, N et N2, puis les neuf coefficients de An.

4. Contrôler la formule obtenue pour n=2 en calculant A2 directement.

5. La formule des coefficients obtenue à la question 3 reste-t-elle valable pour n=0 et pour n=1 ?

6. On remplace formellement n par 1 dans la formule de la question 3. Écrire la matrice M ainsi obtenue, puis démontrer que A est inversible d'inverse M.

Exercice 12 ★★★Inverse déduit d'une relation matricielle

Calcul pratique de l'inverse : pivot, relation matricielle, système AX = YMatrices inversibles et groupe linéaire

On considère la matrice

A=(211101112)M3(R).

1. Calculer A2, puis vérifier l'égalité A23A+2I3=03.

2. En déduire que A est inversible, exprimer A1 en fonction de A et de I3, puis donner explicitement les coefficients de A1.

3. Exprimer A3, puis A4, en fonction de A et de I3. Donner les coefficients de A3.

4. Démontrer par récurrence qu'il existe deux suites réelles (an) et (bn) telles que An=anA+bnI3 pour tout nN. Préciser les relations de récurrence qui les définissent, puis calculer an et bn explicitement.

5. Contrôler la formule obtenue pour n=0, n=2 et n=3. Que donne-t-elle si l'on y remplace n par 1 ?

Exercice 13 ★★★★Produit nul sans facteur nul et matrices nilpotentes

Particularités du produit : non-commutativité, produit nul sans facteur nul, matrices nilpotentes

Dans tout l'exercice, n désigne un entier supérieur ou égal à 1. On rappelle qu'une matrice NMn(K) est dite nilpotente lorsqu'il existe un entier k1 tel que Nk=0n ; le plus petit entier p1 tel que Np=0n s'appelle alors l'indice de nilpotence de N.

1. Exhiber deux matrices A et B de M2(R), toutes deux non nulles, telles que AB=02. Calculer également BA et commenter.

2. Démontrer qu'une matrice nilpotente non nulle n'est pas inversible.

3. Démontrer que si AMn(K) est inversible et si BMn(K) vérifie AB=0n, alors B=0n. En déduire une seconde démonstration de la question 2.

4. Soit N une matrice nilpotente d'indice p. Démontrer que Np10n, puis exhiber une matrice de M4(R) nilpotente d'indice exactement 4.

5. Soit SM2(R) à la fois symétrique et nilpotente. Démontrer, par un calcul direct sur les coefficients, que S=02.

Exercice 14 ★★★★Partie symétrique et partie antisymétrique

Transposition, matrices symétriques et antisymétriques

Soit n1. On rappelle qu'une matrice MMn(R) est dite symétrique lorsque t ⁣M=M, et antisymétrique lorsque t ⁣M=M.

1. Démontrer que toute matrice AMn(R) s'écrit de manière unique sous la forme A=S+T, où S est symétrique et T antisymétrique. On précisera les expressions de S et de T en fonction de A et de t ⁣A.

2. Déterminer S et T pour la matrice

A=(141023516).

3. Démontrer que, pour toute matrice AMn(R), les matrices At ⁣A et t ⁣AA sont symétriques. Le vérifier en calculant At ⁣A pour la matrice de la question 2.

4. Démontrer que si SMn(R) est symétrique et si PMn(R) est quelconque, alors t ⁣PSP est symétrique.

5. Combien de coefficients peut-on choisir librement dans une matrice symétrique d'ordre n ? Dans une matrice antisymétrique d'ordre n ? Justifier par un dénombrement, et vérifier la cohérence des deux réponses avec la question 1.

Exercice 15 ★★★La matrice dont tous les coefficients valent un

Opérations sur les matrices : somme, multiple, combinaison linéaire, produitPuissances d'une matrice et formule du binôme

Soit n2. On note JMn(R) la matrice dont tous les coefficients valent 1, et l'on pose, pour deux réels a et b,

A=aIn+bJ.

1. Calculer le coefficient général de J2 et en déduire que J2=nJ. Démontrer ensuite que Jk=nk1J pour tout entier k1.

2. Justifier que In et J commutent, puis calculer A2 sous la forme αIn+βJ.

3. Démontrer par récurrence que, pour tout entier m1,

Am=amIn+cmJ,aveccm=(a+nb)mamn.

Retrouver ce résultat à l'aide de la formule du binôme.

4. Déterminer une condition nécessaire et suffisante portant sur a et b pour que A soit inversible. Donner alors A1 sous la forme αIn+βJ.

5. Application numérique : on prend n=3 et

A=(311131113).

Donner Am pour tout m1, puis A1, et contrôler les deux résultats.

Exercice 16 ★★★★Les matrices triangulaires supérieures

Matrices diagonales, scalaires et triangulairesMatrices inversibles et groupe linéaire

Dans tout l'exercice, n désigne un entier naturel non nul et K désigne R ou C. Une matrice T=(ti,j)Mn(K) est dite triangulaire supérieure lorsque ti,j=0 dès que i>j, c'est-à-dire lorsque tous ses coefficients strictement sous la diagonale sont nuls. On note Tn l'ensemble des matrices triangulaires supérieures d'ordre n.

1. Soient A=(ai,j) et B=(bi,j) deux matrices de Tn, et C=AB=(ci,j).

a. En partant de ci,j=k=1nai,kbk,j et en discutant soigneusement les indices k qui contribuent réellement à cette somme, démontrer que C est triangulaire supérieure.

b. Démontrer que ci,i=ai,ibi,i pour tout i[ ⁣[1,n] ⁣] : sur la diagonale, le produit des matrices donne le produit des coefficients.

2. En déduire, pour TTn et mN, que Tm est triangulaire supérieure et que son coefficient d'indice (i,i) vaut (ti,i)m.

3. On pose

U=(213014005).

Calculer U2 et contrôler le résultat de la question 1. b. sur cet exemple.

4. Soit TTn dont l'un au moins des coefficients diagonaux est nul. Démontrer que T n'est pas inversible. Indication : construire une colonne X0 telle que TX=0, en notant r le plus petit indice tel que tr,r=0.

5. Soit TTn dont tous les coefficients diagonaux sont non nuls. En résolvant le système TX=Y « par remontée » (de la dernière ligne vers la première), démontrer que T est inversible, que T1 est triangulaire supérieure, et que les coefficients diagonaux de T1 sont les 1ti,i.

6. Calculer l'inverse de la matrice U de la question 3. et vérifier le résultat.

Exercice 17 ★★★★Les opérations élémentaires vues comme des produits

Opérations élémentaires sur les lignes et les colonnes, interprétation matricielleMatrices élémentaires et symbole de Kronecker

On travaille dans M3(R). Pour (i,j)[ ⁣[1,3] ⁣]2, on note Ei,j la matrice élémentaire dont tous les coefficients sont nuls sauf celui d'indice (i,j), qui vaut 1 ; autrement dit (Ei,j)p,q=δp,iδq,j, où δ est le symbole de Kronecker. On introduit trois familles de matrices :

  • la transvection Ti,j(λ)=I3+λEi,j, où ij et λR ;
  • la dilatation Di(α)=I3+(α1)Ei,i, où αR ;
  • la matrice d'échange Pi,j (ij), obtenue en échangeant les lignes i et j de I3.

On pose enfin

A=(120314052).

1. Écrire explicitement les matrices T2,1(λ), D3(α) et P1,3.

2. Calculer les six produits suivants et décrire, dans chaque cas, l'opération subie par A.

a. T2,1(3)A et AT2,1(3)

b. D3(2)A et AD3(2)

c. P1,3A et AP1,3

3. Soit M=(mp,q)M3(R).

a. Calculer le coefficient d'indice (p,q) de Ei,jM, puis celui de MEi,j.

b. En déduire, dans le cas général, que multiplier M à gauche par Ti,j(λ) effectue l'opération LiLi+λLj, et que multiplier M à droite par Ti,j(λ) effectue l'opération CjCj+λCi.

4. Démontrer que les matrices Ti,j(λ), Di(α) et Pi,j sont inversibles et déterminer leur inverse. Que constate-t-on sur le type de ces inverses ?

5. Soit (S) le système MX=B, d'inconnue la colonne X. Expliquer pourquoi effectuer une opération élémentaire sur les lignes de (S) fournit un système équivalent, et pourquoi la condition α0 est indispensable dans la définition d'une dilatation.

Exercice 18 ★★★Un système dépendant d'un paramètre

Systèmes linéaires : écriture matricielle, compatibilité, structure des solutions

Soit a un nombre réel. On considère le système d'inconnue (x,y,z)R3

(Sa):{ax+y+z=1,x+ay+z=a,x+y+az=a2.

1. Écrire (Sa) sous forme matricielle AX=B, en précisant A, X et B.

2. Résoudre (Sa) par la méthode du pivot, en discutant selon la valeur de a. On signalera chaque division par une quantité susceptible de s'annuler.

3. Lorsque la solution est unique, la vérifier en la reportant dans les trois équations de départ.

4. Retrouver, en additionnant simplement les trois équations, le fait que (S2) n'a pas de solution.

5. Chaque équation de (Sa) est l'équation cartésienne d'un plan de l'espace. Interpréter géométriquement les trois cas obtenus à la question 2.

Exercice 19 ★★★★Matrices qui commutent avec une matrice diagonale

Matrices qui commutent, commutant d'une matrice

Soient d1, d2, d3 trois réels et

D=diag(d1,d2,d3)=(d1000d2000d3).

On dit que MM3(R) commute avec D lorsque DM=MD.

1. Soit M=(mi,j)M3(R). Calculer le coefficient d'indice (i,j) de DM, puis celui de MD. En déduire une condition portant sur les coefficients mi,j équivalente à DM=MD.

2. On suppose dans cette question que d1, d2, d3 sont deux à deux distincts.

a. Démontrer que M commute avec D si et seulement si M est diagonale.

b. Illustrer par un exemple explicite deux matrices D et M qui ne commutent pas.

3. On suppose maintenant d1=d2d3. Décrire toutes les matrices qui commutent avec D.

4. Généraliser la question 2. a. à l'ordre n : si D=diag(d1,,dn) a ses coefficients diagonaux deux à deux distincts, les matrices de Mn(R) qui commutent avec D sont exactement les matrices diagonales.

5. Soient A et B deux matrices de Mn(R) avec A inversible.

a. Démontrer que si A commute avec B, alors A1 commute avec B.

b. Application : à quelle condition la matrice D de la question 2. est-elle inversible ? Vérifier que les matrices qui commutent avec D1 sont alors les mêmes que celles qui commutent avec D.

Exercice 20 ★★★★Deux suites récurrentes couplées

Applications : suites récurrentes couplées, problèmes modélisés par une matricePuissances d'une matrice et formule du binôme

Soient u0 et v0 deux réels donnés. On définit deux suites réelles (un) et (vn) par les relations, valables pour tout nN,

{un+1=3un2vn,vn+1=un.

On pose Xn=(unvn) pour tout nN.

1. Déterminer une matrice AM2(R) telle que Xn+1=AXn pour tout n, puis démontrer par récurrence que Xn=AnX0 pour tout nN.

2. Calculer A2 et vérifier la relation matricielle A2=3A2I2.

3. Première méthode. Démontrer qu'il existe deux suites réelles (αn) et (βn) telles que An=αnA+βnI2 pour tout n, en précisant les relations de récurrence qu'elles vérifient. En déduire, puis démontrer par récurrence, que αn=2n1 et βn=22n.

4. Seconde méthode. On pose N=AI2. Calculer N2, puis retrouver l'expression de An à l'aide de la formule du binôme, en justifiant soigneusement son emploi.

5. Expliciter les quatre coefficients de An, puis en déduire un et vn en fonction de n, u0 et v0. Contrôler le résultat pour n=0, n=1 et n=2 dans le cas u0=1 et v0=0.

6. Pour quels couples (u0,v0) la suite (un) est-elle bornée ?

Exercice 21 ★★★Compatibilité et structure de l'ensemble des solutions

Systèmes linéaires : écriture matricielle, compatibilité, structure des solutions

Soient b1, b2, b3 trois réels. On considère le système d'inconnue (x,y,z)R3

(S):{x+2yz=b1,2x+y+z=b2,xy+2z=b3.

1. Écrire (S) sous la forme AX=B. Vérifier que la troisième ligne de A est la deuxième moins la première, et en déduire une condition nécessaire portant sur b1, b2, b3 pour que (S) ait au moins une solution.

2. Mener le pivot de Gauss sur (S) en gardant le second membre littéral. Retrouver la condition précédente et démontrer qu'elle est aussi suffisante.

3. Lorsque cette condition est vérifiée, résoudre (S) : décrire l'ensemble des solutions à l'aide d'un paramètre, puis vérifier le résultat en le reportant dans les trois équations.

4. Démontrer le résultat de structure suivant : si Xp est une solution particulière de AX=B, alors les solutions de ce système sont exactement les colonnes Xp+Xh, où Xh parcourt les solutions du système homogène AX=0.

5. Traiter les deux cas numériques (b1,b2,b3)=(3,3,0) puis (b1,b2,b3)=(1,1,1).

6. En déduire que la matrice A n'est pas inversible.

Exercice 22 ★★★Puissances d'une matrice d'ordre trois

Puissances d'une matrice et formule du binôme

On considère les matrices de M3(R)

A=(001100010)etJ=(111111111).

1. Calculer A2 et A3. Vérifier au passage que, pour toute colonne X=(xyz), on a AX=(zxy) : la matrice A décale circulairement les coordonnées.

2. En écrivant la division euclidienne de n par 3, déterminer An pour tout nN.

3. Démontrer que A est inversible et que A1=A2. Comparer A2 et t ⁣A.

4. On pose B=13J.

a. Vérifier que B=13(I3+A+A2), puis calculer B2.

b. En déduire Bn pour tout entier n1. Que se passe-t-il pour n=0 ?

c. Démontrer que B n'est pas inversible.

5. Démontrer que AB=BA=B, puis calculer (A+B)n pour tout nN.

Exercice 23 ★★★★Les matrices de rotation du plan

Opérations sur les matrices : somme, multiple, combinaison linéaire, produitMatrices inversibles et groupe linéairePuissances d'une matrice et formule du binôme

Pour tout réel θ, on pose

R(θ)=(cosθsinθsinθcosθ)M2(R).

1. Calculer R(0), R(π2) et R(π).

2. Démontrer que, pour tous réels θ et φ, R(θ)R(φ)=R(θ+φ).

3. En déduire que R(θ) est inversible, préciser son inverse, et démontrer que deux matrices de cette forme commutent toujours.

4. Démontrer que R(θ)=I2 si et seulement si θ0 [2π].

5. Démontrer que R(θ)n=R(nθ) pour tout nN, puis que cette formule reste vraie pour tout nZ.

6. Calculer t ⁣R(θ) et en déduire que t ⁣R(θ)R(θ)=I2.

7. Soit n un entier naturel non nul. Déterminer tous les réels θ tels que R(θ)n=I2.

8. Application numérique : calculer explicitement R(π3)2026.

9. Pour finir, calculer (I2+R(θ))n pour tout nN, en utilisant la formule du binôme puis la factorisation par l'arc moitié 1+eiθ=2cosθ2eiθ/2.

Exercice 24 ★★★Les matrices qui commutent avec toutes les autres

Matrices qui commutent, commutant d'une matriceMatrices élémentaires et symbole de Kronecker

Dans tout l'exercice, K désigne R ou C et n un entier supérieur ou égal à 2. On note Ei,j la matrice élémentaire de Mn(K) dont tous les coefficients sont nuls sauf celui de la ligne i et de la colonne j, égal à 1 ; autrement dit (Ei,j)k,l=δi,kδj,l, où δ est le symbole de Kronecker. On cherche à déterminer l'ensemble

C={MMn(K) ; AMn(K), MA=AM}.

1. Vérifier que toute matrice scalaire λIn, avec λK, appartient à C.

2. Démontrer que Ei,jEk,l=δj,kEi,l pour tous indices i, j, k, l.

3. Soit M=(mk,l) une matrice de Mn(K). Calculer le coefficient (k,l) de MEi,j et celui de Ei,jM, puis décrire en mots ces deux matrices.

4. Soit MC. En écrivant MEi,j=Ei,jM, démontrer que M est diagonale, puis que tous ses coefficients diagonaux sont égaux. Conclure : déterminer C.

5. On note maintenant C l'ensemble des matrices MMn(K) qui commutent avec toutes les matrices inversibles, c'est-à-dire telles que MA=AM pour toute AGLn(K).

a. Démontrer que, pour ij, la matrice In+Ei,j est inversible et préciser son inverse.

b. En déduire C. Comparer avec C.

6. Une variante économique. On note D la matrice diagonale de coefficients diagonaux 1,2,,n et U la matrice dont tous les coefficients valent 1. Démontrer qu'une matrice qui commute avec ces deux matrices seulement est déjà une matrice scalaire.

Exercice 25 ★★★Commutant de la matrice de décalage

Matrices qui commutent, commutant d'une matriceParticularités du produit : non-commutativité, produit nul sans facteur nul, matrices nilpotentes

On considère la matrice de M3(R) dont les seuls coefficients non nuls sont n1,2=1 et n2,3=1 :

N=(010001000).

On appelle commutant de N l'ensemble C(N)={MM3(R) ; MN=NM}.

1. Calculer N2 et N3. Qu'en déduit-on sur N ?

2. Soit M=(mi,j)M3(R). Calculer MN et NM, et décrire en mots l'effet de la multiplication par N à droite et à gauche.

3. Déterminer C(N) en résolvant le système que l'égalité MN=NM impose aux neuf coefficients de M.

4. En déduire que C(N) est exactement l'ensemble des matrices de la forme aI3+bN+cN2, avec (a,b,c)R3, et démontrer que cette écriture est unique.

5. Démontrer que C(N) est stable par produit, et que deux éléments de C(N) commutent toujours entre eux.

6. Déterminer les matrices de C(N) qui sont inversibles, et donner l'inverse de chacune sous la forme aI3+bN+cN2.

7. Application : calculer l'inverse de A=(210021002).

Exercice 26 ★★★Nilpotence et inversibilité

Particularités du produit : non-commutativité, produit nul sans facteur nul, matrices nilpotentesMatrices inversibles et groupe linéaire

Dans tout l'exercice, K désigne R ou C et n un entier naturel non nul. Une matrice NMn(K) est dite nilpotente s'il existe un entier q1 tel que Nq=0 ; le plus petit entier p1 tel que Np=0 s'appelle l'indice de nilpotence, et il vérifie donc Np=0 et Np10 (avec la convention N0=In). On fixe une matrice N nilpotente d'indice p.

1. Démontrer qu'une matrice nilpotente n'est jamais inversible.

2. Démontrer l'identité (InN)(In+N+N2++Np1)=In, ainsi que celle obtenue en échangeant l'ordre des deux facteurs. En déduire que InN est inversible et préciser son inverse.

3. Application : soit N=(010001000). Calculer (I3N)1 et vérifier le résultat.

4. Soit λK non nul. Démontrer que λInN est inversible et donner son inverse. Que se passe-t-il lorsque λ=0 ?

5. Soit AMn(K) inversible et commutant avec N.

a. Démontrer que A1 commute elle aussi avec N.

b. Démontrer que A1N est nilpotente.

c. En factorisant A+N par A, démontrer que A+N est inversible et donner son inverse.

6. Démontrer, sur un exemple dans M2(R), que l'hypothèse de commutation ne peut pas être purement et simplement supprimée : exhiber A inversible et N nilpotente, ne commutant pas, telles que A+N ne soit pas inversible.

Exercice 27 ★★★Un système homogène à quatre inconnues

Systèmes linéaires : écriture matricielle, compatibilité, structure des solutions

On considère le système homogène suivant, d'inconnues réelles x, y, z, t :

(S0){x+y+z+t=0,x+2y+3z+4t=0,x+3y+5z+7t=0.

On considère aussi, pour trois réels a, b, c, le système (Sa,b,c) obtenu en remplaçant les trois seconds membres nuls par a, b et c :

(Sa,b,c){x+y+z+t=a,x+2y+3z+4t=b,x+3y+5z+7t=c.

1. Résoudre (S0) par la méthode du pivot de Gauss. Préciser les inconnues principales et décrire l'ensemble des solutions à l'aide de deux paramètres.

2. On pose u=(1,2,1,0) et v=(2,3,0,1). Vérifier que u et v sont solutions de (S0), puis démontrer que les solutions de (S0) sont exactement les quadruplets λu+μv, où (λ,μ) décrit R2. Démontrer de plus que cette écriture est unique.

3. Déterminer une condition nécessaire et suffisante portant sur (a,b,c) pour que (Sa,b,c) admette au moins une solution. Traiter les cas (a,b,c)=(1,2,3) et (a,b,c)=(1,2,4).

4. Lorsque cette condition est vérifiée, décrire l'ensemble des solutions de (Sa,b,c). Démontrer au passage le principe général : si w0 est une solution particulière, les solutions du système sont exactement les w0+w, où w parcourt les solutions du système homogène associé.

5. Démontrer qu'un système linéaire homogène ayant strictement plus d'inconnues que d'équations admet toujours une solution autre que la solution nulle.

Exercice 28 ★★★★Matrices idempotentes et matrices involutives

Matrices inversibles et groupe linéaireParticularités du produit : non-commutativité, produit nul sans facteur nul, matrices nilpotentes

Soit n un entier naturel non nul. Une matrice PMn(R) est dite idempotente lorsque P2=P, et une matrice SMn(R) est dite involutive lorsque S2=In.

1. Soit P une matrice idempotente.

a. Démontrer que Pk=P pour tout entier k1.

b. Démontrer que InP est idempotente.

c. Calculer P(InP) et (InP)P. Qu'observe-t-on lorsque P n'est ni 0 ni In ?

d. Démontrer que P est inversible si et seulement si P=In.

2. Soit S une matrice involutive. Démontrer que S est inversible et préciser son inverse. Donner un exemple de matrice involutive de M2(R) autre que I2 et I2.

3. La correspondance entre les deux familles.

a. Soit S involutive. Démontrer que P=12(In+S) est idempotente.

b. Soit P idempotente. Démontrer que S=2PIn est involutive.

c. Démontrer que ces deux constructions sont inverses l'une de l'autre : partant d'une matrice involutive, la construction a puis la construction b la redonnent, et inversement.

4. Déterminer toutes les matrices idempotentes de M2(R), en résolvant l'équation P2=P sur les quatre coefficients de P=(abcd).

5. En déduire toutes les matrices involutives de M2(R).

Exercice 29 ★★★★Produit d'une matrice par sa transposée

Transposition, matrices symétriques et antisymétriquesParticularités du produit : non-commutativité, produit nul sans facteur nul, matrices nilpotentes

Soient n et p deux entiers naturels non nuls et A=(ai,j)Mn,p(R). On rappelle que la transposée t ⁣A est la matrice de Mp,n(R) de coefficients (t ⁣A)i,j=aj,i.

1. Vérifier que le produit t ⁣AA est bien défini et préciser sa taille. Calculer son coefficient (i,j) en fonction des coefficients de A, puis son coefficient (i,i).

2. Démontrer que t ⁣AA est symétrique, de deux façons différentes.

3. Démontrer que si les coefficients diagonaux de t ⁣AA sont tous nuls, alors A=0. En déduire l'équivalence t ⁣AA=0    A=0.

4. Démontrer que ce résultat est faux pour des matrices à coefficients complexes : exhiber une matrice non nulle AM2,1(C) telle que t ⁣AA=0, ainsi qu'une matrice non nulle AM1,2(C) telle que At ⁣A=0. Où le raisonnement de la question 3 tombe-t-il en défaut ?

Dans les questions suivantes, toutes les matrices sont de nouveau à coefficients réels.

5. Démontrer que si AMn,p(R) vérifie At ⁣A=0, alors A=0.

6. Démontrer que si SMn(R) est symétrique et vérifie S2=0, alors S=0.

7. Généralisation. Soit SMn(R) symétrique et nilpotente.

a. Démontrer que t ⁣(Sm)=Sm pour tout entier m0.

b. Démontrer que si S2m=0 pour un entier m1, alors Sm=0.

c. En déduire que S=0.

Exercice 30 ★★★★Un ensemble de matrices stable par produit et par inverse

Matrices inversibles et groupe linéaireOpérations sur les matrices : somme, multiple, combinaison linéaire, produit

Pour tout couple (a,b) de réels, on pose

M(a,b)=(abba)M2(R),

et l'on note E={M(a,b) ; (a,b)R2}.

1. Vérifier que 02 et I2 appartiennent à E, puis démontrer que M(a,b)=M(a,b) si et seulement si a=a et b=b.

2. Démontrer que la somme et le produit de deux éléments de E appartiennent encore à E, en donnant les formules explicites de M(a,b)+M(a,b) et de M(a,b)M(a,b). Comparer avec la somme et le produit des nombres complexes a+ib et a+ib.

3. En déduire que deux éléments quelconques de E commutent.

4. Déterminer à quelle condition sur (a,b) la matrice M(a,b) est inversible. Lorsque c'est le cas, démontrer que M(a,b)1 appartient encore à E et l'expliciter. Comparer à nouveau avec les nombres complexes.

5. Conclure : l'ensemble E{02} des éléments non nuls de E est stable par produit et par passage à l'inverse.

6. Soit (a,b)(0,0). En écrivant le nombre complexe a+ib sous forme trigonométrique, calculer M(a,b)n pour tout entier naturel n.

7. Application numérique : calculer M(1,1)4 et M(3,1)6.

Exercice 31 ★★★Décomposition d'une matrice inversible en opérations élémentaires

Opérations élémentaires sur les lignes et les colonnes, interprétation matricielleMatrices inversibles et groupe linéaire

Dans tout l'exercice, on note, pour ij et λR, αR :

  • Ti,j(λ)=I3+λEi,j la matrice de la transvection LiLi+λLj ;
  • Di(α)=I3+(α1)Ei,i la matrice de la dilatation LiαLi ;
  • Pi,j la matrice de l'échange LiLj.

On rappelle que multiplier une matrice à gauche par l'une de ces matrices revient à effectuer sur ses lignes l'opération correspondante. On appelle matrice d'opération élémentaire toute matrice de l'un de ces trois types. On pose enfin

A=(121132255).

1. Réduire A à I3 par une suite d'opérations élémentaires sur les lignes. On écrira soigneusement, à chaque étape, l'opération effectuée, la matrice d'opération élémentaire correspondante, et la matrice obtenue.

2. En déduire une écriture de la forme EkE1A=I3, puis les deux écritures

A1=EkE1etA=E11Ek1,

en explicitant chacune des matrices Ei1.

3. Calculer A1 et vérifier le résultat par le produit AA1.

4. Vérifier l'écriture A=E11Ek1 en effectuant le produit, de la droite vers la gauche, sous forme d'opérations sur les lignes de I3.

5. Soit n1 et AMn(R) inversible. Démontrer que A est un produit de matrices d'opérations élémentaires. On pourra montrer d'abord que le pivot de Gauss appliqué à A ne rencontre jamais de colonne sans pivot.

Exercice 32 ★★★★Racines carrées d'une matrice d'ordre deux

Puissances d'une matrice et formule du binômeParticularités du produit : non-commutativité, produit nul sans facteur nul, matrices nilpotentes

On appelle racine carrée d'une matrice BM2(R) toute matrice XM2(R) telle que X2=B. Le but de l'exercice est de montrer qu'une matrice peut avoir plusieurs racines carrées, ou n'en avoir aucune.

1. Soient x, y, z, t des réels et X=(xyzt). Démontrer que

X2=(x2+yzy(x+t)z(x+t)t2+yz).

Partie A. Les racines carrées de D=(1004).

2. Écrire le système de quatre équations d'inconnues réelles x, y, z, t traduisant l'égalité X2=D.

3. (Analyse.) On suppose que (x,y,z,t) est solution de ce système. Démontrer successivement que x+t0, puis que y=z=0, puis déterminer toutes les valeurs possibles de x et de t.

4. (Synthèse.) Vérifier que chacune des matrices obtenues est bien une racine carrée de D, et conclure.

Partie B. La matrice N=(0100) n'a pas de racine carrée.

Pour M=(abcd)M2(R), on note δ(M)=adbc.

5. Démontrer, par le calcul, que δ(MM)=δ(M)δ(M) pour toutes matrices M et M de M2(R).

6. Vérifier la relation matricielle M2=(a+d)Mδ(M)I2.

7. Soit XM2(R) nilpotente, c'est-à-dire telle que Xp=02 pour un certain entier p1. À l'aide des questions 5 et 6, démontrer que X2=02.

8. En déduire qu'aucune matrice de M2(R) n'a N pour carré.

9. Pour finir, déterminer une infinité de racines carrées de I2.

Exercice 33 ★★★Toutes les matrices nilpotentes d'ordre deux

Particularités du produit : non-commutativité, produit nul sans facteur nul, matrices nilpotentes

Une matrice NM2(R) est dite nilpotente s'il existe un entier p1 tel que Np=02. Le plus petit tel entier s'appelle son indice de nilpotence. On se propose de déterminer toutes les matrices nilpotentes de M2(R), puis d'étudier la somme de deux d'entre elles. Dans tout l'exercice, on pose

N=(abcd),(a,b,c,d)R4.

1. Calculer N2.

2. Démontrer que N2=02 si et seulement si a+d=0 et a2+bc=0. On soignera la discussion dans le sens direct.

3. En déduire une description explicite de l'ensemble N des matrices de M2(R) de carré nul, sous forme d'une paramétrisation (on distinguera les cas b0 et b=0). Donner trois exemples de matrices non nulles de N.

4. Vérifier la relation matricielle N2=(a+d)N(adbc)I2.

5. Soit N une matrice nilpotente de M2(R), d'indice de nilpotence p. Démontrer successivement que adbc=0, puis que Nk=(a+d)k1N pour tout k1, puis que N2=02. Que vaut donc l'indice de nilpotence d'une matrice non nulle nilpotente de M2(R) ?

6. Exhiber deux matrices nilpotentes de M2(R) dont la somme n'est pas nilpotente.

7. Soient A et B deux matrices de Mn(R) nilpotentes qui commutent, avec Ap=0n et Bq=0n. Démontrer que (A+B)p+q1=0n. Donner enfin, dans M3(R), un exemple de deux matrices nilpotentes non proportionnelles qui commutent, et vérifier directement que leur somme est nilpotente.

Exercice 34 ★★★La suite de Fibonacci par le calcul matriciel

Applications : suites récurrentes couplées, problèmes modélisés par une matricePuissances d'une matrice et formule du binôme

La suite de Fibonacci (Fn)nN est définie par

F0=0,F1=1,Fn+2=Fn+1+Fn(nN).

On pose A=(1110). L'objet de l'exercice est de démontrer trois identités classiques sur (Fn) en calculant les puissances de A.

1. Calculer F0,F1,,F10, puis A2 et A3. Que peut-on conjecturer ?

2. Démontrer par récurrence que, pour tout entier n1,

An=(Fn+1FnFnFn1).

3. Pour M=(αβγε)M2(R), on note δ(M)=αεβγ.

a. Démontrer que δ(MA)=δ(M) pour toute matrice MM2(R).

b. En déduire par récurrence que δ(An)=(1)n pour tout n1.

c. En déduire l'identité de Cassini : pour tout n1, Fn+1Fn1Fn2=(1)n.

4. Soient m et n deux entiers supérieurs ou égaux à 1. En écrivant Am+n=AmAn, démontrer l'identité d'addition

Fm+n=FmFn+1+Fm1Fn,

et préciser ce que donnent les trois autres coefficients du produit.

5. En déduire, pour tout n1, les identités de duplication F2n=Fn(Fn+1+Fn1) et F2n+1=Fn+12+Fn2.

6. Application numérique : calculer F10 à l'aide de la question 4 avec m=n=5, et vérifier le résultat sur le tableau de la question 1. Calculer ensuite F20, puis vérifier l'identité de Cassini pour n=10.

Exercice 35 ★★★Les matrices magiques d'ordre trois

Systèmes linéaires : écriture matricielle, compatibilité, structure des solutionsApplications : suites récurrentes couplées, problèmes modélisés par une matrice

Une matrice

M=(abcdefghk)M3(R)

est dite magique s'il existe un réel s tel que les sommes de chacune de ses trois lignes, de chacune de ses trois colonnes, de sa diagonale (a,e,k) et de son antidiagonale (c,e,g) soient toutes égales à s. Ce réel s est alors appelé la somme de M. On note S l'ensemble des matrices magiques.

1. Écrire les huit équations, d'inconnues a,b,c,d,e,f,g,h,k, traduisant que M est magique de somme s.

2. En combinant judicieusement certaines de ces équations, démontrer que le coefficient central vérifie nécessairement e=s3.

3. Résoudre le système par le pivot : exprimer c, d, f, g, h et k en fonction de a, b, e et s, puis montrer que les deux équations non utilisées se réduisent toutes deux à la condition 3e=s de la question 2.

4. En déduire la matrice magique générale, écrite avec les trois paramètres a, b et s.

5. Vérifier le résultat en reprenant les huit contraintes une à une.

6. Exhiber trois matrices magiques B1, B2 et J telles que toute matrice magique soit une combinaison linéaire de ces trois-là, et préciser les coefficients de cette combinaison en fonction de a, b et s.

7. Vérifier que le carré magique classique

K=(816357492)

est bien magique, puis l'écrire comme combinaison linéaire de B1, B2 et J.

8. Démontrer que la somme de deux matrices magiques de sommes s et s est magique de somme s+s, et que λM est magique de somme λs pour tout réel λ.

Exercice 36 ★★★★La matrice de Pascal et son inverse

Puissances d'une matrice et formule du binômeCalcul pratique de l'inverse : pivot, relation matricielle, système AX = YMatrices diagonales, scalaires et triangulaires

On adopte la convention usuelle (mr)=0 dès que r>m ou r<0. On appelle matrice de Pascal d'ordre 4 la matrice P=(pi,j)M4(R) définie par

pi,j=(j1i1),1i4, 1j4.

1. Écrire explicitement P. Justifier qu'elle est triangulaire supérieure et que tous ses coefficients diagonaux valent 1.

2. On pose N=PI4. Écrire N, puis calculer N2, N3 et N4.

3. Démontrer que P est inversible et que P1=I4N+N2N3. On pourra partir de l'identité (I4X)(I4+X+X2+X3)=I4X4, valable pour toute matrice X.

4. Expliciter P1, vérifier le résultat par le produit PP1, puis constater que le coefficient d'indice (i,j) de P1 vaut (1)i+j(j1i1).

5. Calculer P2 en détaillant ses dix coefficients non nuls, puis conjecturer une formule donnant le coefficient d'indice (i,j) de Pm pour tout entier m1.

6. Démontrer, pour tous entiers i, k, j tels que 1ikj, l'identité

(j1k1)(k1i1)=(j1i1)(jiki).

7. En déduire, par récurrence sur m, la formule conjecturée à la question 5. Vérifier qu'elle redonne bien P2, et commenter ce qu'elle donnerait pour m=1.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.