PCSI · Chapitre 09 · Second semestre

Devoir surveillé — Analyse asymptotique

Sujet type, 180 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 180 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (3 points) — Trouver le bon ordre de grandeur

Dans tout l'exercice, on dit qu'une fonction f admet l'ordre de grandeur (c,α)R×R en + lorsque

f(x)x+cxα.

Même définition pour une suite (un), avec uncnα. Trouver l'ordre de grandeur d'une quantité, c'est répondre d'un coup à deux questions : « à quelle vitesse ? » et « avec quelle constante ? ».

1. (0,5 pt) Démontrer qu'une fonction admet au plus un ordre de grandeur en + : si (c1,α1) et (c2,α2) conviennent tous les deux, alors c1=c2 et α1=α2.

2. Déterminer l'ordre de grandeur de chacune des quantités suivantes, en justifiant brièvement. L'une des six n'en admet pas : il suffit ici de la repérer, sa démonstration fait l'objet de la question 3.

a. (0,25 pt) f(x)=ln(chx)x en +.

b. (0,25 pt) g(x)=x3+x2x2+lnx en +.

c. (0,25 pt) h(x)=ln(x2+x)2lnx en +.

d. (0,25 pt) un=sin(πn)ln(1+1n2).

e. (0,25 pt) vn=n1/n1.

f. (0,25 pt) wn=(1n)1/lnn, pour n2.

3. (0,5 pt) Rédiger complètement la démonstration pour la quantité repérée à la question 2.

4. (0,5 pt) Les deux affirmations suivantes sont-elles vraies ? Justifier chacune par une démonstration ou par un contre-exemple.

(i) Si (un) admet l'ordre de grandeur (c,α) avec α<0, alors un0.

(ii) Si un0, alors (un) admet un ordre de grandeur.

Exercice 2 (4 points) — Le développement limité d'une fonction réciproque

On sait développer une fonction. Le but de cet exercice est de développer sa réciproque, y compris quand on ne sait pas la calculer.

Dans tout l'exercice, I est un intervalle ouvert contenant 0 et f:IR est de classe C, avec f(0)=0 et f(0)0.

1. (0,5 pt) Démontrer qu'il existe un intervalle ouvert JI contenant 0 sur lequel f réalise une bijection de J sur un intervalle ouvert K contenant 0.

On admet désormais que la bijection réciproque g=f1:KJ est de classe C. Pourquoi g admet-elle alors un développement limité à tout ordre en 0, et pourquoi ce développement est-il sans terme constant ?

2. Un cas où l'on peut vérifier. Dans cette question, f(x)=x+x2.

a. (0,5 pt) Déterminer explicitement g(t) pour t voisin de 0.

b. (0,5 pt) En déduire le développement limité de g à l'ordre 3 en 0.

3. (1,25 pt) La méthode générale. Toujours pour f(x)=x+x2, on pose

g(t)=a1t+a2t2+a3t3+o(t3)

et l'on traduit l'égalité f(g(t))=t. Retrouver ainsi a1, a2, a3, en justifiant les trois points qui rendent le calcul licite : l'existence du développement, la composition, l'unicité des coefficients.

4. Un cas où l'on ne peut pas. On prend maintenant f(x)=xex.

a. (0,25 pt) Vérifier que f satisfait les hypothèses et donner un intervalle J convenable.

b. (0,75 pt) Déterminer le développement limité de g=f1 à l'ordre 3 en 0.

c. (0,25 pt) En déduire la tangente en O à la courbe Cg de g, la position de Cg par rapport à cette tangente, puis la limite

limt0g(t)t+t2t3.

Exercice 3 (3 points) — Un développement obtenu sans dériver

On pose, pour x]1,1[,

F(x)=ln(1+x1x).

1. (0,5 pt) Justifier que F est bien définie et de classe C sur ]1,1[, qu'elle y est impaire, et calculer F(x).

2. (0,75 pt) Soit nN. Déterminer le développement limité de F à l'ordre 2n en 0, puis en déduire celui de F à l'ordre 2n+1. Expliquer pourquoi le reste peut en fait s'écrire o(x2n+2).

3. (0,5 pt) Retrouver le coefficient de x3 en calculant F(0).

4. Une valeur approchée de ln2.

a. (0,5 pt) Vérifier que F(13)=ln2. Calculer, sous forme de fraction irréductible, la valeur en 13 de la partie régulière obtenue à la question 2. pour n=2. On donne 8421215=0,693004 et ln2=0,693147 Comparer l'écart obtenu à celui que produit le développement limité de ln(1+x) à l'ordre 3 évalué en x=1.

b. (0,25 pt) Un développement limité en 0 démontre-t-il que l'approximation précédente est bonne ? Répondre en deux phrases.

5. Déterminer les limites suivantes.

a. (0,25 pt) limx0F(x)2xx3

b. (0,25 pt) limx01x(1F(x)12x)

Exercice 4 (4 points) — Une courbe et ses quatre branches infinies

On considère la fonction f définie par

f(x)=x2x21

et on note C sa courbe représentative dans un repère orthonormé.

1. (0,5 pt) Déterminer le domaine de définition D de f, montrer que f est paire, et déterminer les limites de f en 1+ et en +. Qu'en déduit-on graphiquement au voisinage de x=1 ?

2. (0,75 pt) Montrer que, pour tout xD, f(x)=x(x22)(x21)3/2. Dresser le tableau de variations de f sur ]1,+[ et préciser son minimum.

3. (0,5 pt) Vérifier que f(x)=x2+2(x21)5/2. Que conclut la condition suffisante d'ordre 2 au point critique trouvé à la question 2. ? En quoi cette conclusion est-elle plus faible que celle de la question 2. ?

4. (1 pt) Déterminer le développement asymptotique de f(x) en + à la précision o(1x3). En déduire une asymptote de C en + et la position de C par rapport à cette asymptote.

5. (0,5 pt) En déduire, sans nouveau développement, l'asymptote de C en et la position de C par rapport à elle.

6. (0,75 pt) Déterminer un équivalent simple de f(x) quand x1+. Déterminer enfin les points d'intersection de C avec la droite D d'équation y=x, et comparer cette information à celle fournie par la question 4.

Exercice 5 (6 points) — Problème : la moyenne arithmético-géométrique

Étant donné deux réels 0<b0<a0, on construit deux suites en remplaçant à chaque étape le couple (an,bn) par sa moyenne arithmétique et sa moyenne géométrique :

an+1=an+bn2,bn+1=anbn(nN).

On pose dn=anbn. La partie A établit deux résultats préliminaires, la partie B montre que les deux suites convergent vers une même limite , et la partie C mesure la vitesse de cette convergence — c'est là que se trouve l'intérêt du procédé.

(Malgré le nom, rien à voir avec les suites arithmético-géométriques un+1=λun+μ du premier semestre.)

Partie A — Deux préliminaires

1. (0,5 pt) Démontrer que, pour tous réels u>0 et v>0,

uvu+v2,

avec égalité si et seulement si u=v.

2. (0,5 pt) On pose, pour t0, δ(t)=1+t2t. Montrer que 1 est un point critique de δ et déterminer sa nature à l'aide de δ(1). Retrouver ce résultat, et le fait que ce minimum est global, en factorisant δ(t).

3. (0,5 pt) Déduire de la forme factorisée que

δ(t)t1(t1)28,

et vérifier la cohérence de ce résultat avec la formule de Taylor-Young appliquée à δ en 1.

Partie B — Une limite commune

4. (0,5 pt) Démontrer par récurrence que, pour tout nN, 0<bn<an. En particulier, les deux suites sont bien définies.

5. (0,5 pt) Démontrer que (an) est strictement décroissante et que (bn) est strictement croissante.

6. (0,5 pt) Démontrer que 0<dn+1<dn2 pour tout n. En déduire que les suites (an) et (bn) sont adjacentes, qu'elles convergent vers une même limite , et que b0>0.

7. (0,5 pt) Pour a0=2 et b0=12, une machine fournit les valeurs suivantes.

n an bn dn=anbn
0 2 0,5 1,5
1 1,25 1 2,5×101
2 1,125 1,1180339887 7,0×103
3 1,1215169944 1,1215115859 5,4×106
4 1,1215142901 1,1215142901 3,3×1012

Combien de décimales an et bn ont-elles en commun pour n=1, 2, 3, 4 ? Que constate-t-on ? La majoration de la question 6. rend-elle compte de ce phénomène ?

Partie C — La vitesse : le nombre de décimales double

8. (0,75 pt) Démontrer que, pour tout nN,

dn+1=(anbn)22,puisdn+1=dn22(an+bn)2.

9. (0,75 pt) En déduire que

dn+1n+dn28.

10. (0,5 pt) Démontrer que dn+1dn28b0 pour tout n. On pose en=dn8b0 ; en déduire que en+1en2, puis que eN+keN2k pour tous N,kN.

11. (0,5 pt) On suppose qu'il existe un rang N tel que eN101. Démontrer que

kN,dN+k8b0×102k.

Appliquer au cas numérique de la question 7. avec N=1, et conclure sur le tableau observé.

Bloqué sur « Analyse asymptotique » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.