PC · Chapitre 04

Devoir surveillé — Suites et séries de fonctions

Sujet type, 180 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 180 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (3 points) — Une série que d'Alembert ne tranche pas

Consignes générales. Calculatrice interdite. Les exercices 1 à 4 sont indépendants entre eux et indépendants de l'exercice 5, qui est un problème en trois parties enchaînées. La clarté de la rédaction entre dans la notation : tout théorème invoqué doit être cité avec ses hypothèses, et chacune d'elles vérifiée sur l'objet auquel on l'applique.

Pour nN, on pose

un=(3n)!27n(n!)3.

1. (0,75 pt) Montrer que un+1un=(3n+1)(3n+2)9(n+1)2, puis que la règle de d'Alembert ne permet pas de conclure quant à la nature de un.

2. (1,5 pt) À l'aide de la formule de Stirling, établir que un32πn quand n+, et en déduire la nature de un. Contrôler l'équivalent en calculant u4 exactement.

3. (0,75 pt) Montrer que la suite (un) est strictement décroissante. En déduire que la série (1)nun converge, puis encadrer sa somme S à partir de sa somme partielle d'ordre 3.

Exercice 2 (3,5 points) — Une série entière et sa valeur au bord

Pour n1, on pose an=1n(2n1), et l'on note S la somme de la série entière n1anxn.

On rappelle les trois développements usuels, valables pour y<1 :

n1ynn=ln(1y),n1y2n12n1=12ln1+y1y,n1(1)n1y2n12n1=Arctany.

1. (0,5 pt) Déterminer le rayon de convergence R de anxn.

2. (0,5 pt) Montrer que la série de fonctions n1anxn converge normalement sur le segment [1,1]. Qu'en déduit-on sur S que la théorie des séries entières ne donne pas ?

3. (0,5 pt) Vérifier que an=22n11n pour tout n1.

4. (1,25 pt) En déduire une expression close de S(x), en distinguant le cas 0<x<1 (on posera y=x) et le cas 1<x<0 (on posera y=x).

5. (0,5 pt) En déduire la valeur exacte de n11n(2n1).

6. (0,25 pt) Donner de même la valeur exacte de n1(1)nn(2n1).

Exercice 3 (3,5 points) — Une somme de logarithmes et sa pente à l'infini

Pour n1 et x0, on pose un(x)=ln(1+xn2), et l'on étudie la fonction

f(x)=n1ln(1+xn2).

On utilisera librement l'inégalité 0ln(1+u)u, valable pour tout u0.

1. (0,5 pt) Montrer que la série un converge simplement sur [0,+[.

2. (0,5 pt) Montrer qu'elle converge normalement sur tout segment [0,a] avec a>0, mais pas sur [0,+[. En déduire que f est continue sur [0,+[.

3. (0,75 pt) Montrer que f est de classe C1 sur [0,+[ avec f(x)=n11n2+x, puis déterminer le sens de variation et la concavité de f.

4. (0,75 pt) Établir les trois résultats suivants : f(x)xn11n2 quand x0+ ; f(x)0 quand x+ ; f(x)+ quand x+. Commenter l'allure de la courbe qui en résulte.

5. (1 pt) Par comparaison série-intégrale, montrer que pour tout x>0

π2x1x    f(x)    π2x,

et en déduire un équivalent simple de f(x) quand x+.

Exercice 4 (4 points) — Ne garder qu'un terme sur trois dans l'exponentielle

On note j=e2iπ/3=12+i32, de sorte que j3=1 et j2=j. On s'intéresse à la fonction

C(x)=n0x3n(3n)!=1+x36+x6720+

obtenue en ne gardant, dans la série exponentielle, que les termes dont l'exposant est un multiple de 3.

1. (0,5 pt) Montrer que pour tout mN, la somme 1+jm+j2m vaut 3 si m est un multiple de 3, et 0 sinon.

2. (0,5 pt) Montrer que pour tout nombre complexe z, la série m0zmm! converge absolument. En déduire que les trois séries xmm!, (jx)mm! et (j2x)mm! peuvent être ajoutées terme à terme pour tout x réel, et que C est définie sur R tout entier.

3. (1,25 pt) Établir que C(x)=13(ex+ejx+ej2x) pour tout xR, puis en déduire l'expression réelle

C(x)=13(ex+2ex/2cosx32).

4. (0,75 pt) Contrôler ce résultat en développant le membre de droite à l'ordre 4 au voisinage de 0.

5. (1 pt) Montrer, par dérivation terme à terme, que C est solution du problème

y=y,y(0)=1,y(0)=y(0)=0,

puis établir l'identité C(x)+C(x)+C(x)=ex et l'interpréter.

Exercice 5 (6 points) — Problème : une racine carrée fabriquée avec des polynômes

Les trois parties s'enchaînent : la partie B utilise le théorème démontré en partie A, et la partie C reprend l'identité établie en partie B pour en tirer une majoration explicite. On pourra admettre le résultat d'une question pour traiter les suivantes.

Ce problème construit une suite de polynômes qui converge uniformément vers la fonction racine carrée sur [0,1]. C'est un résultat qui ne va pas de soi : la racine carrée n'est pas dérivable en 0, alors que chaque polynôme l'est indéfiniment. L'outil est un théorème de convergence monotone, démontré en partie A, qui transforme une simple convergence simple en convergence uniforme dès que la suite est croissante, l'intervalle un segment et la limite continue — les trois hypothèses comptent, la partie A le montre.

Partie A — quand la monotonie suffit

Dans toute cette partie, [a,b] est un segment de R avec a<b, et (gn)nN est une suite de fonctions continues sur [a,b] telle que

nN,  t[a,b],gn(t)gn+1(t),

et qui converge simplement sur [a,b] vers une fonction g supposée continue. On pose hn=ggn.

A.1 (0,5 pt) Montrer que chaque hn est continue et positive sur [a,b], que la suite (hn(t))n est décroissante pour tout t fixé, et qu'elle tend vers 0. Justifier que hn atteint sa borne supérieure en un point xn de [a,b], et que la suite réelle (hn,[a,b])n est décroissante.

A.2 (0,25 pt) En déduire que si la convergence n'est pas uniforme sur [a,b], alors il existe ε>0 tel que hn,[a,b]ε pour tout n.

A.3 (0,75 pt) On suppose la convergence non uniforme et l'on garde les notations précédentes. À l'aide du théorème de Bolzano-Weierstrass, extraire de (xn) une suite convergente (xφ(n)), de limite c[a,b]. Montrer que hp(c)ε pour tout entier p, et conclure. Énoncer alors le théorème que l'on vient de démontrer.

A.4 (0,5 pt) Montrer, sur les deux exemples suivants, que le théorème tombe si l'on retire la continuité de la limite, et qu'il tombe aussi si l'on remplace le segment par un intervalle non borné : la suite gn(t)=nt1+nt sur [0,1], et la suite gn(t)=et/n sur [0,+[ (pour n1).

Partie B — la suite de polynômes

On définit une suite de fonctions (pn)nN sur [0,1] par p0=0 et

nN,  t[0,1],pn+1(t)=pn(t)+12(tpn(t)2).

B.1 (0,25 pt) Justifier que chaque pn est une fonction polynomiale, et expliciter p1 et p2.

B.2 (0,75 pt) Vérifier l'identité

tpn+1(t)=(tpn(t))(1t+pn(t)2),

puis montrer par récurrence que 0pn(t)t pour tout n et tout t[0,1]. En déduire que la suite (pn(t))n est croissante.

B.3 (0,5 pt) Montrer que (pn) converge simplement sur [0,1] vers la fonction tt.

B.4 (0,5 pt) En vérifiant une à une les hypothèses du théorème de la partie A, montrer que la convergence est uniforme sur [0,1]. Pourquoi ce résultat est-il remarquable ?

Partie C — la vitesse, et une conséquence

C.1 (0,75 pt) Déduire de l'identité de B.2 que, pour tout nN et tout t[0,1],

0    tpn(t)    t(1t2)n.

C.2 (0,75 pt) Montrer que v(1v)n1n+1 pour tout v[0,1] et tout nN, puis en déduire que

pn,[0,1]    2n+1.

Que gagne-t-on par rapport à la partie B ?

C.3 (0,25 pt) En déduire limn+01pn(t)dt, en citant le théorème utilisé, et contrôler l'ordre de grandeur pour n=2.

C.4 (0,25 pt) Montrer que la fonction xx est limite uniforme sur [1,1] d'une suite de fonctions polynomiales. Commenter.

Bloqué sur « Suites et séries de fonctions » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.