PC · Chapitre 03

Exercices — Espaces vectoriels normés

32 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

32 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★★Reconnaître une norme

Normes, distance associée, boules et sphères, parties bornées et convexes, normes usuelles

On rappelle qu'une application N d'un K-espace vectoriel E dans R est une norme lorsqu'elle vérifie les trois propriétés suivantes :

(i) N(x)=0 entraîne x=0E (séparation) ; (ii) N(λx)=λN(x) pour tous λK et xE (homogénéité) ; (iii) N(x+y)N(x)+N(y) pour tous x,yE (inégalité triangulaire). La positivité en découle, elle n'est pas à vérifier.

1. Parmi les six applications ci-dessous, dire lesquelles sont des normes sur l'espace indiqué. Dans chaque cas, démontrer la réponse : vérification complète des trois propriétés si c'est une norme, contre-exemple numérique explicite sinon, en précisant quelle propriété est en défaut.

a. N1(x,y)=x+2y sur R2

b. N2(x,y)=xy sur R2

c. N3(x,y)=x2+xy+y2 sur R2

d. N4(x,y)=x2+y2 sur R2

e. N5(P)=supt[0,1]P(t) sur R[X]

f. N6(f)=f(0) sur C([0,1],R)

2. Soient N et N deux normes sur un K-espace vectoriel E, et soit α>0. Montrer que αN, N+N et max(N,N) sont encore des normes sur E.

3. En déduire, sans aucun nouveau calcul de norme, que les deux applications suivantes sont des normes sur R2 :

(x,y)3x+6yet(x,y)max(x+2y, x2+xy+y2).

Exercice 2 ★★★★Les trois normes usuelles en dimension n

Normes, distance associée, boules et sphères, parties bornées et convexes, normes usuellesComparaison des normes, normes équivalentes, contre-exemples en dimension infinie

Pour x=(x1,,xn)Kn, on rappelle les définitions des trois normes usuelles :

x1=k=1nxk,x2=k=1nxk2,x=max1knxk.

1. Calculer 1, 2 et pour chacun des vecteurs suivants.

a. u=(1,2,2) dans R3

b. v=(3,0,4) dans R3

c. w=(1,1,1) dans R3

d. z=(1,1,1,1) dans R4

2. Vérifier sur ces quatre exemples l'encadrement xx2x1.

3. Démontrer ces deux inégalités pour tout xKn.

4. Démontrer que, pour tout xKn,

x1nxetx2nx.

5. À l'aide de l'inégalité de Cauchy-Schwarz dans Rn, montrer que x1nx2 pour tout xKn.

6. Pour chacune des cinq inégalités des questions 3, 4 et 5, donner un vecteur non nul de Kn qui réalise l'égalité. Que peut-on en dire des constantes obtenues ?

7. Conclure que les trois normes 1, 2 et sont deux à deux équivalentes sur Kn, en explicitant à chaque fois un couple de constantes.

Exercice 3 ★★★Boules unités et parties bornées du plan

Normes, distance associée, boules et sphères, parties bornées et convexes, normes usuelles

Le plan R2 est muni de ses trois normes usuelles : (x,y)1=x+y, (x,y)2=x2+y2 et (x,y)=max(x,y). On rappelle que la boule fermée et la sphère de centre a et de rayon r0 sont

Bf(a,r)={x  ;  xar}etS(a,r)={x  ;  xa=r}.

La figure ci-dessous représente, dans un même repère orthonormé, les trois sphères unités S(0,1) associées à ces trois normes : un carré, un losange et un cercle. Le losange et la boule fermée qu'il délimite sont coloriés.

Les trois boules unités fermées de R^2

1. Justifier l'association indiquée sur la figure entre chaque ligne et la norme dont elle est la sphère unité : pour chaque norme, écrire l'équation de la ligne de niveau (x,y)=1, en déduire la nature de la ligne obtenue et décrire la boule unité fermée correspondante.

2. Écrire les inclusions entre les trois boules unités fermées, et les relier aux inégalités entre les trois normes.

3. On dit qu'une partie d'un espace vectoriel normé est bornée lorsqu'il existe M0 tel que uM pour tout élément u de cette partie. Parmi les cinq parties suivantes de R2, dire lesquelles sont bornées, en le démontrant.

a. A={(x,sinx)  ;  xR}

b. B={(x,y)R2  ;  xy=1}

c. C={(x,y)R2  ;  x2+y2<4}

d. D={(1t)P+tQ  ;  t[0,1]}, où P(1,2) et Q(3,0)

e. L={(x,y)R2  ;  y=x}

4. Soit E un espace vectoriel normé quelconque, aE et r>0. Montrer que la boule fermée Bf(a,r) et la boule ouverte B(a,r) sont des parties convexes de E, c'est-à-dire que pour tous x,y dans la boule et tout t[0,1], le point (1t)x+ty appartient encore à la boule.

5. La sphère S(0,1) de R2 pour la norme 2 est-elle convexe ?

Exercice 4 ★★★★Convergence de suites de matrices et de polynômes

Suites d'un espace vectoriel normé : convergence, opérations, suites extraitesÉquivalence des normes en dimension finie, convergence coordonnée par coordonnée

1. Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie p1, muni d'une base B=(e1,,ep) et d'une norme quelconque. Expliquer pourquoi la convergence d'une suite de E ne dépend pas de la norme choisie, puis démontrer le critère suivant : si un=k=1pun,kek et u=k=1pukek, alors

unn+usi et seulement sipour tout k{1,,p}, un,kn+uk.

2. Étudier la convergence de la suite (An)n1 de M2(R) définie par

An=(1n(1)nncos(1n)nn+1).

3. Étudier la convergence des deux suites de R2[X] définies pour n1 par

Pn=(1+1n)X2+(1)nnX+2n3n+1etRn=1nX2+(1)nX+1.

4. Étudier la convergence de la suite (wn)n1 de R3 définie par

wn=(n2+12n2n, nsin(1n), lnnn).

5. Donner un exemple, dans M2(R) :

a. d'une suite bornée et divergente ;

b. d'une suite convergente de matrices inversibles dont la limite n'est pas inversible. Que peut-on en conclure sur GL2(R) ?

Exercice 5 ★★★★Ouvert ou fermé : premiers réflexes

Ouverts, fermés, point intérieur, caractérisation séquentielle des fermésContinuité sur une partie, image réciproque d'un ouvert ou d'un fermé, applications lipschitziennes

Dans tout l'exercice, R2 est muni de la norme 2. Comme R2 est de dimension finie, toutes ses normes sont équivalentes et les notions d'ouvert et de fermé ne dépendent pas de ce choix.

1. Pour chacune des six parties suivantes de R2, dire si elle est ouverte, fermée, les deux, ou ni l'une ni l'autre. Justifier chaque réponse : par image réciproque d'un ouvert ou d'un fermé par une application continue, ou par une suite bien choisie, ou en revenant à la définition d'un point intérieur.

a. U={(x,y)R2  ;  x+2y>3}

b. F={(x,y)R2  ;  x+y1}

c. D={(x,y)R2  ;  x2+y2<1}

d. C={(x,y)R2  ;  x2+y2=4}

e. V={(x,y)R2  ;  0<x1}

f. G=({0}×R)(R×{0})

2. Donner deux parties de R2 qui sont à la fois ouvertes et fermées.

3. En utilisant les propriétés de stabilité du cours, justifier sans nouveau calcul que les deux parties suivantes sont respectivement ouverte et fermée :

W=D{(x,y)R2  ;  x+y>0}etK=n1{(x,y)R2  ;  x2+y21+1n}.

Identifier de plus l'ensemble K.

Exercice 6 ★★★Points adhérents et adhérence

Point adhérent, adhérence, caractérisation séquentielle, parties denses

On rappelle la caractérisation séquentielle de l'adhérence : si A est une partie d'un espace vectoriel normé E et xE, alors

xAsi et seulement s’il existe une suite (an) d’eˊleˊments de A telle que ann+x.

C'est le seul outil utilisé dans cet exercice. Dans toutes les questions, déterminer une adhérence signifie démontrer les deux inclusions.

1. Déterminer l'adhérence de A=]0,1[ dans R.

2. Déterminer l'adhérence de B={1n  ;  nN} dans R.

3. Déterminer l'adhérence de Z dans R.

4. Déterminer l'adhérence de Q dans R. Qu'en déduit-on ?

5. Déterminer l'adhérence du disque ouvert D={(x,y)R2  ;  x2+y2<1}, le plan étant muni de 2.

6. Soit A une partie d'un espace vectoriel normé E. Montrer que A est fermée si et seulement si toute suite convergente d'éléments de A a sa limite dans A. Illustrer sur deux des exemples précédents.

Exercice 7 ★★★★Continuité et caractérisation séquentielle

Limite en un point adhérent, continuité en un point, caractérisation séquentielle

Le plan R2 est muni de la norme 2, et l'on rappelle la caractérisation séquentielle de la limite : si a est adhérent au domaine de f et si f admet la limite en a, alors pour toute suite (un) du domaine de f convergeant vers a, la suite (f(un)) converge vers .

1. On définit f sur R2 par

f(x,y)=xyx2+y2  si (x,y)(0,0),f(0,0)=0.

a. Justifier que f est continue en tout point de R2 privé de l'origine.

b. Calculer f(1n,0) et f(1n,1n) pour n1. En déduire que f n'est pas continue en (0,0), et même qu'elle n'admet aucune limite en (0,0).

2. On définit g sur R2 par

g(x,y)=x2yx2+y2  si (x,y)(0,0),g(0,0)=0.

Montrer que g(x,y)(x,y)2 pour tout (x,y)R2, puis que g est continue en (0,0). Que dire de la continuité de g sur R2 tout entier ?

3. Justifier la continuité des trois applications suivantes, en citant précisément les théorèmes du cours utilisés.

a. φ:M(detM)2, de Mn(R) dans R.

b. ψ:xx3, d'un espace vectoriel normé (E,) dans R.

c. h:(x,y)sin(xy), de R2 dans R.

Exercice 8 ★★★Applications lipschitziennes

Continuité sur une partie, image réciproque d'un ouvert ou d'un fermé, applications lipschitziennesNormes, distance associée, boules et sphères, parties bornées et convexes, normes usuelles

Soient (E,E) et (F,F) deux espaces vectoriels normés, A une partie de E et k0. On dit qu'une application f:AF est k-lipschitzienne lorsque

f(x)f(y)FkxyEpour tous x,yA,

et lipschitzienne lorsqu'elle est k-lipschitzienne pour un certain k0. Sauf mention contraire, R est muni de la valeur absolue.

1. Démontrer l'inégalité triangulaire renversée : pour tous x,y d'un espace vectoriel normé E,

xyxy.

En déduire que l'application xx est 1-lipschitzienne de E dans R.

2. Soit i{1,,n}. Montrer que l'application coordonnée pi:x=(x1,,xn)xi, de (Rn,) dans R, est 1-lipschitzienne, et que la constante 1 ne peut pas être améliorée.

3. Soit aE fixé. Montrer que l'application xxa est 1-lipschitzienne de E dans R.

4. Montrer que toute application lipschitzienne est continue. On rédigera la démonstration complète.

5. En déduire que, pour tous aE et r>0, la boule ouverte B(a,r) est un ouvert de E, et que la boule fermée Bf(a,r) ainsi que la sphère S(a,r) sont des fermés de E.

6. Montrer que la fonction tt est continue sur [0,1] mais n'y est pas lipschitzienne. Que conclure sur la réciproque de la question 4 ?

Exercice 9 ★★★★Trois normes sur les fonctions continues

Normes, distance associée, boules et sphères, parties bornées et convexes, normes usuellesComparaison des normes, normes équivalentes, contre-exemples en dimension infinie

Soit E=C([0,1],R). Pour fE, on pose

f1=01f(t)dt,f2=(01f(t)2dt)1/2,f=supt[0,1]f(t).

1. Justifier que ces trois quantités sont des réels bien définis.

2. Montrer que 1 est une norme sur E. On soignera particulièrement l'axiome de séparation.

3. Montrer que f,g=01f(t)g(t)dt définit un produit scalaire sur E. Qu'en déduit-on pour 2 ? Écrire l'inégalité de Cauchy-Schwarz associée.

4. Démontrer que f1f2f pour toute fE.

5. Calculer les trois normes des fonctions f:tt, g:tt(1t) et h:tet, et vérifier sur chacune les inégalités de la question 4.

Exercice 10 ★★★★Deux normes qui ne sont pas équivalentes

Comparaison des normes, normes équivalentes, contre-exemples en dimension infinieSuites d'un espace vectoriel normé : convergence, opérations, suites extraites

Soit E=C([0,1],R), muni des deux normes

f1=01f(t)dtetf=supt[0,1]f(t).

Pour nN, on note fn la fonction définie sur [0,1] par fn(t)=tn.

1. Calculer fn1 et fn.

2. Montrer que f1f pour toute fE, puis que les deux normes ne sont pas équivalentes. Laquelle des deux inégalités de la définition est en défaut ?

3. Montrer que (fn) converge vers la fonction nulle pour 1, mais qu'elle ne converge vers aucune fonction de E pour .

4. Que penser alors de la phrase « la suite (fn) converge » ? Qu'est-ce qui, en dimension finie, empêche ce genre d'ambiguïté ?

5. Pour nN, on note gn la fonction affine par morceaux définie par gn(t)=1nt pour t[0,1n] et gn(t)=0 pour t[1n,1]. Vérifier que gnE, calculer gn1 et gn. Puis, en posant un=ngn, montrer que la suite (un) est bornée pour 1 et non bornée pour .

Exercice 11 ★★★★La distance à une partie

Point adhérent, adhérence, caractérisation séquentielle, parties densesContinuité sur une partie, image réciproque d'un ouvert ou d'un fermé, applications lipschitziennes

Soient E un espace vectoriel normé et A une partie non vide de E. Pour xE, on pose

d(x,A)=infaAxa.

1. Justifier que d(x,A) est un réel bien défini, que d(x,A)0, et que d(x,A)=0 dès que xA.

2. Montrer que d(x,A)d(y,A)xy pour tous x,yE. Qu'en déduit-on sur l'application δA:xd(x,A) ?

3. Montrer que d(x,A)=0 si et seulement si xA.

4. En déduire que A est une partie fermée de E, puis que si A est fermée et xA, alors d(x,A)>0.

5. On munit R2 de la norme euclidienne (x,y)=x2+y2. On note 0=(0,0), u=(5,5), v=(3,4) et D={(x,y)R2  ;  3x+4y=0}.

a. Calculer d(u,D).

b. Calculer d(v,Bf(0,1)).

c. Calculer d(v,B(0,1)).

Dans chacun des trois cas, dire si la borne inférieure est atteinte.

Exercice 12 ★★★Ouverts et fermés de matrices par image réciproque

Continuité sur une partie, image réciproque d'un ouvert ou d'un fermé, applications lipschitziennesContinuité des applications linéaires, multilinéaires et polynomiales : déterminant, trace, produit matricielOuverts, fermés, point intérieur, caractérisation séquentielle des fermés

Soit n2. On munit Mn(R) d'une norme quelconque et on considère les parties suivantes, où T désigne l'ensemble des matrices de trace nulle, Sn(R) celui des matrices symétriques, P celui des matrices M telles que M2=M, et D celui des matrices M telles que detM>1.

1. Justifier que la question « cette partie est-elle ouverte, fermée, bornée ? » ne dépend pas de la norme choisie sur Mn(R).

2. Pour chacune des parties ci-dessous, dire si elle est ouverte ou fermée, en exhibant à chaque fois une application continue et un ouvert ou un fermé dont elle est l'image réciproque.

a. GLn(R)

b. SLn(R)

c. T

d. Sn(R)

e. P

f. D

3. Ces six parties sont-elles bornées ?

Exercice 13 ★★★Adhérence d'une boule ouverte, intérieur d'une boule fermée

Ouverts, fermés, point intérieur, caractérisation séquentielle des fermésPoint adhérent, adhérence, caractérisation séquentielle, parties denses

Soit E un espace vectoriel normé non réduit au vecteur nul. Soient aE et r>0. On rappelle les notations

B(a,r)={xE  ;  xa<r}etBf(a,r)={xE  ;  xar}.

1. Montrer que l'application xxa est continue sur E.

2. Montrer que B(a,r)Bf(a,r).

3. Soit xBf(a,r). On pose xn=a+(11n)(xa) pour n1. Montrer que xnB(a,r) pour tout n, puis que xnx. En déduire que B(a,r)=Bf(a,r).

4. Montrer que Bf(a,r)˚=B(a,r).

5. Ces deux égalités reposent sur la structure de boule, et non sur une propriété générale de l'adhérence et de l'intérieur. Le vérifier en donnant une partie A de R telle que A˚A. On traitera A=[0,1]{2}, puis A=Q.

Exercice 14 ★★★★Suites extraites : prouver qu'une suite diverge

Suites d'un espace vectoriel normé : convergence, opérations, suites extraites

Soit (E,) un espace vectoriel normé.

1. Rappeler ce qu'est une suite extraite de (un), puis démontrer que toute suite extraite d'une suite convergente converge vers la même limite. En déduire un critère de divergence.

2. Montrer que la suite (un)n1 de R2 définie par un=((1)n,1n) diverge.

3. Soit A la matrice de la rotation d'angle π2 dans M2(R). Calculer A2, A3 et A4, puis montrer que la suite (An)n0 diverge.

4. Soit E=C([0,1],R) muni de et gn(t)=tn pour n1. Montrer, par l'absurde, que (gn) ne converge vers aucune fonction de E. Pourquoi le critère de la question 1 ne suffit-il pas ici ?

5. Les trois suites précédentes sont-elles bornées ? Qu'en conclure sur la réciproque du théorème « toute suite convergente est bornée » ?

Exercice 15 ★★★★Continuité du déterminant, de la trace et du produit matriciel

Continuité des applications linéaires, multilinéaires et polynomiales : déterminant, trace, produit matricielSuites d'un espace vectoriel normé : convergence, opérations, suites extraites

Soit n1. On munit Mn(R) de la norme

N(M)=max1i,jnmij,ouˋ M=(mij).

1. Justifier que N est bien une norme, que le choix de la norme est sans importance pour tout ce qui suit, et rappeler à quoi équivaut la convergence d'une suite de matrices.

2. Montrer que det:Mn(R)R est continue.

3. Montrer que tr:Mn(R)R est continue, et exhiber une constante de Lipschitz pour N.

4. Montrer que N(AB)nN(A)N(B) pour toutes matrices A et B, puis que l'application (A,B)AB est continue.

5. Soient (Ak) et (Bk) deux suites de Mn(R) telles que AkA et BkB. Établir les trois passages à la limite suivants.

a. detAkdetA

b. Ak2A2

c. AkBkAB

6. Application. Montrer que si une suite (Ak) de matrices vérifiant Ak2=Ak converge, alors sa limite vérifie la même relation. Donner en revanche un exemple de suite de matrices inversibles dont la limite ne l'est pas, et commenter.

Exercice 16 ★★★★Parties convexes, parties bornées

Normes, distance associée, boules et sphères, parties bornées et convexes, normes usuellesComparaison des normes, normes équivalentes, contre-exemples en dimension infinie

Soit (E,) un espace vectoriel normé.

1. Rappeler la définition d'une partie convexe. Montrer que, pour tous aE et r>0, la boule ouverte B(a,r) et la boule fermée Bf(a,r) sont convexes.

2. Montrer qu'une intersection quelconque de parties convexes de E est convexe. Le résultat vaut-il pour une réunion ?

3. Dans R2 muni de la norme euclidienne, montrer que C=Bf((0,0),1)Bf((3,0),1) n'est pas convexe.

4. Soient N et N deux normes équivalentes sur E. Montrer qu'une partie bornée pour N est bornée pour N. Qu'en déduit-on lorsque E est de dimension finie ?

5. Soit E=C([0,1],R) muni de 1 et de , et soit

B={fE  ;  f11}.

Montrer que B est convexe et bornée pour 1, mais non bornée pour . On pourra considérer les fonctions wn:tntn.

Exercice 17 ★★★★Premiers usages du théorème des bornes atteintes

Théorème des bornes atteintes sur une partie fermée bornée en dimension finieOuverts, fermés, point intérieur, caractérisation séquentielle des fermés

On rappelle le théorème des bornes atteintes (admis) : soit E un espace vectoriel normé de dimension finie et soit A une partie non vide, fermée et bornée de E. Alors toute fonction f:AR continue est bornée et atteint ses bornes, c'est-à-dire qu'il existe a et b dans A tels que

f(a)=minxAf(x)etf(b)=maxxAf(x).

Cinq hypothèses, donc, et aucune n'est décorative. Cet exercice les met à l'épreuve.

1. On munit R3 de la norme euclidienne 2, on note S=S(0,1) la sphère unité et on pose f(x,y,z)=xy+yz+zx.

a. Vérifier une par une les cinq hypothèses du théorème pour la partie S et la fonction f, puis conclure que f admet un maximum et un minimum sur S.

b. Montrer que 2f(x,y,z)=(x+y+z)21 pour tout (x,y,z)S. En déduire maxSf et minSf, en donnant à chaque fois un point où la borne est atteinte.

2. Soient E un espace vectoriel normé de dimension finie, A une partie non vide, fermée et bornée de E, et xE. Montrer qu'il existe a0A tel que xa0=d(x,A) : la distance d'un point à une telle partie est toujours atteinte.

3. Trois situations où la conclusion tombe. Dans chaque cas, dire quelle hypothèse manque et montrer que la fonction n'atteint pas sa borne supérieure.

a. A=]0,1] et f(x)=1x.

b. A=R et f(x)=x.

c. A=[0,1], g(0)=0 et g(x)=1x si x0.

4. Reste la dimension finie. Dans E=C([0,1],R) muni de , on pose

A={uE  ;  u1  et  u(0)=0}etφ(u)=01u(t)dt.

Montrer que A est non vide, fermée et bornée, que φ est continue sur E, et que pourtant φ n'atteint pas sa borne supérieure sur A.

Exercice 18 ★★★★Suites de matrices et passage à la limite

Suites d'un espace vectoriel normé : convergence, opérations, suites extraitesÉquivalence des normes en dimension finie, convergence coordonnée par coordonnéeContinuité des applications linéaires, multilinéaires et polynomiales : déterminant, trace, produit matriciel

On travaille dans Mn(K), espace vectoriel de dimension finie n2. Toutes les normes y étant équivalentes, la convergence d'une suite de matrices ne dépend pas de la norme choisie et on ne la précisera pas.

1. Soit (Ak) une suite de Mn(K) et AMn(K). Justifier que AkA si et seulement si (Ak)i,jai,j pour tout couple (i,j).

2. Montrer que la limite d'une suite convergente de matrices symétriques de Mn(R) est symétrique. On donnera deux rédactions : par la caractérisation séquentielle des fermés, puis par une image réciproque.

3. Montrer que la limite d'une suite convergente de matrices de trace nulle est de trace nulle.

4. Montrer que la limite d'une suite convergente de matrices orthogonales est orthogonale.

5. Montrer que la limite d'une suite convergente de matrices diagonalisables n'est pas nécessairement diagonalisable. On pourra considérer

Ak=(1101+1k)M2(R),k1.

Qu'en conclut-on sur l'ensemble des matrices diagonalisables de M2(R) ?

Exercice 19 ★★★Ce que change l'équivalence des normes en dimension finie

Équivalence des normes en dimension finie, convergence coordonnée par coordonnéeComparaison des normes, normes équivalentes, contre-exemples en dimension infinie

Sur E=R2[X], on écrit tout polynôme P sous la forme P=a0+a1X+a2X2 et on pose

N(P)=a0+a1+a2etN(P)=supt[0,1]P(t).

1. Vérifier que N et N sont deux normes sur E. On justifiera notamment que la borne supérieure définissant N(P) existe.

2. Montrer que N(P)N(P) pour tout PE.

3. Justifier, sans aucun calcul, l'existence d'une constante α>0 telle que NαN.

4. Exprimer a0, a1 et a2 en fonction de P(0), P(12) et P(1). En déduire explicitement une constante α qui convient.

5. On pose P0=18X+8X2. Calculer N(P0) et N(P0). Que peut-on en dire de la constante obtenue à la question 4 ?

6. Quelles conséquences tirer de l'encadrement obtenu, pour les boules, les suites convergentes, les ouverts et les fermés de E ? Montrer enfin que sur R[X], où les deux mêmes formules définissent encore deux normes, celles-ci ne sont pas équivalentes : on pourra considérer Pk=(1X)k.

Exercice 20 ★★★Parties denses

Point adhérent, adhérence, caractérisation séquentielle, parties denses

Soit E un espace vectoriel normé. On rappelle qu'une partie D de E est dense dans E lorsque D=E, c'est-à-dire lorsque tout point de E est limite d'une suite d'éléments de D.

1. Montrer que Qn est dense dans Rn.

2. En déduire que l'ensemble Mn(Q) des matrices à coefficients rationnels est dense dans Mn(R).

3. Montrer qu'une partie D de E est dense dans E si et seulement si elle rencontre toute boule ouverte non vide, c'est-à-dire

DB(a,r)pour tous aE et r>0.

4. Soient D une partie dense de E et f,g:ER deux applications continues qui coïncident sur D. Montrer que f=g.

5. Application. Soit f:RR continue telle que f(x+y)=f(x)+f(y) pour tous réels x et y. Montrer que f(x)=f(1)x pour tout xR.

6. Vérifier que si N et N sont deux normes équivalentes sur E, elles ont les mêmes parties denses.

Exercice 21 ★★★Les matrices inversibles forment un ouvert dense

Ouverts, fermés, point intérieur, caractérisation séquentielle des fermésPoint adhérent, adhérence, caractérisation séquentielle, parties densesContinuité des applications linéaires, multilinéaires et polynomiales : déterminant, trace, produit matriciel

On munit Mn(K) d'une norme quelconque : cet espace étant de dimension finie n2, toutes les normes y sont équivalentes et les notions d'ouvert, de fermé, d'adhérence et de limite ne dépendent pas de ce choix.

1. Justifier que det:Mn(K)K est continue.

2. En déduire que GLn(K) est un ouvert de Mn(K).

3. Soit AMn(K). Montrer qu'il existe un entier k01 tel que

Ak=A1kInGLn(K)pour tout kk0.

4. En déduire que GLn(K) est dense dans Mn(K) : toute matrice est limite d'une suite de matrices inversibles.

5. Soit N=Mn(K)GLn(K) l'ensemble des matrices non inversibles. Montrer que N est fermé et que N˚=.

6. Application classique. Montrer que χAB=χBA pour toutes matrices A,BMn(K), où χM(X)=det(XInM).

Exercice 22 ★★★Le groupe orthogonal est fermé et borné

Ouverts, fermés, point intérieur, caractérisation séquentielle des fermésThéorème des bornes atteintes sur une partie fermée bornée en dimension finieContinuité des applications linéaires, multilinéaires et polynomiales : déterminant, trace, produit matriciel

On munit Mn(R) de l'application

A,B=tr(tAB),

et on note la norme associée. On rappelle que

On(R)={MMn(R)  ;  tMM=In}.

1. Montrer que , est un produit scalaire sur Mn(R) et que la norme associée vaut

A=i=1nj=1nai,j2.

2. Montrer que On(R) est une partie fermée de Mn(R), de deux façons : par une image réciproque, puis par la caractérisation séquentielle.

3. Calculer M pour MOn(R). En déduire que On(R) est bornée, et même incluse dans une sphère que l'on précisera.

4. En déduire que toute fonction réelle continue sur On(R) y est bornée et y atteint ses bornes.

5. Montrer que maxMOn(R)tr(M)=n, et que ce maximum est atteint uniquement en M=In. Que vaut le minimum, et où est-il atteint ?

6. Soit AMn(R). Montrer qu'il existe ΩOn(R) telle que AΩ=d(A,On(R)).

Exercice 23 ★★★★Une norme sous-multiplicative et les puissances d'une matrice

Normes, distance associée, boules et sphères, parties bornées et convexes, normes usuellesSuites d'un espace vectoriel normé : convergence, opérations, suites extraites

Sur Mn(K), on pose

N(A)=nmax1i,jnai,j.

1. Montrer que N est une norme sur Mn(K).

2. Montrer que N(AB)N(A)N(B) pour toutes matrices A,BMn(K). Le facteur n était-il utile ?

3. En déduire que N(Ak)N(A)k pour tout entier k1.

4. En déduire que si N(A)<1, alors la suite (Ak)k1 converge vers la matrice nulle.

5. Application numérique. On pose

A=(14141414)M2(R).

Calculer N(A) et conclure. Calculer A2 puis A4, et comparer N(A2) et N(A4) aux majorations de la question 3.

6. Montrer que la condition N(A)<1 est suffisante mais pas nécessaire : donner une matrice non nulle B telle que N(B)1 et Bk0.

Exercice 24 ★★★Fonctions coercives : l'existence d'un minimum

Théorème des bornes atteintes sur une partie fermée bornée en dimension finieContinuité sur une partie, image réciproque d'un ouvert ou d'un fermé, applications lipschitziennes

On munit Rn d'une norme . Une application f:RnR est dite coercive lorsque f(x) tend vers + quand x tend vers +, c'est-à-dire

MR, R>0, xRn,x>R  f(x)>M.

Pour R>0, on note BR=Bf(0,R) la boule fermée de centre 0 et de rayon R (l'indice f de Bf signifie ici « fermée », il ne renvoie pas à la fonction f).

1. Montrer que BR est une partie non vide, fermée et bornée de Rn.

2. Soit f:RnR continue et coercive. Montrer que f admet un minimum global sur Rn : il existe aRn tel que f(a)f(x) pour tout xRn.

3. On pose f(x,y)=x4+y44xy sur R2. Montrer que f est coercive.

4. En déduire que f admet un minimum global, puis calculer sa valeur et les points où il est atteint.

5. Donner une fonction continue non coercive qui n'atteint pas sa borne inférieure, sur R puis sur R2.

Exercice 25 ★★★Normes sur les polynômes : la dimension change tout

Comparaison des normes, normes équivalentes, contre-exemples en dimension infinieÉquivalence des normes en dimension finie, convergence coordonnée par coordonnée

On note E=R[X]. Pour un polynôme P=k=0dakXk de E, on pose

N(P)=k=0daketN(P)=supt[0,1]P(t).

1. Justifier que N(P) et N(P) sont bien définis pour tout PE, et que N et N sont deux normes sur E.

2. Montrer que N(P)N(P) pour tout PE.

3. Pour nN, on pose Pn=(X1)n. Calculer N(Pn) et N(Pn). Les normes N et N sont-elles équivalentes sur E ?

4. On restreint maintenant N et N au sous-espace R1[X]. Montrer que

N(P)N(P)3N(P)pour tout PR1[X],

puis montrer que la constante 3 est la meilleure possible.

5. Pourquoi n'y a-t-il aucune contradiction entre les questions 3 et 4 ? Que peut-on dire de toute constante C vérifiant NCN sur Rn[X] ?

Exercice 26 ★★★Un hyperplan de dimension finie est fermé

Continuité sur une partie, image réciproque d'un ouvert ou d'un fermé, applications lipschitziennesÉquivalence des normes en dimension finie, convergence coordonnée par coordonnéePoint adhérent, adhérence, caractérisation séquentielle, parties denses

Partie A — en dimension finie.

Soit E un R-espace vectoriel normé de dimension finie n1, de norme , et soit B=(e1,,en) une base de E. Pour x=i=1nxiei, on pose N(x)=max1inxi.

1. Vérifier que N est une norme sur E.

2. Soit φ une forme linéaire sur E. Montrer qu'il existe C0 tel que φ(x)CN(x) pour tout xE, puis en déduire que φ est lipschitzienne pour . Conclure que toute forme linéaire sur un espace de dimension finie est continue.

3. En déduire que tout hyperplan de E est une partie fermée de E.

4. Soit p1. Montrer que {MMp(R)  ;  tr(M)0} est un ouvert de Mp(R).

Partie B — en dimension infinie.

On munit E=R[X] de N(P)=supt[0,1]P(t), dont on vérifie sans peine que c'est une norme (une fonction polynomiale nulle sur [0,1] a une infinité de racines, donc est nulle). On pose φ(P)=P(2).

5. Vérifier que φ est une forme linéaire non nulle sur E.

6. Pour kN, on pose Qk=(X2)k. Calculer N(Qk) et φ(Qk). En déduire que φ n'est pas continue sur (E,N).

7. Montrer que H=kerφ est un hyperplan de E, et qu'il est dense dans (E,N). En déduire que H n'est pas fermé.

8. Commenter le contraste entre les deux parties.

Exercice 27 ★★★Deux fermés disjoints à distance nulle

Ouverts, fermés, point intérieur, caractérisation séquentielle des fermésThéorème des bornes atteintes sur une partie fermée bornée en dimension finieContinuité sur une partie, image réciproque d'un ouvert ou d'un fermé, applications lipschitziennes

On munit R2 de la norme euclidienne 2 et on pose

A={(x,0)  ;  xR}etB={(x,y)R2  ;  xy=1}.

1. Montrer que A et B sont deux parties fermées, non vides et disjointes de R2.

2. Justifier l'existence de m=inf{ab2  ;  aA, bB}, puis montrer que m=0.

3. Montrer qu'aucun couple (a,b)A×B ne réalise ce minimum.

4. Pour b=(x,1x) avec x0, calculer d(b,A). Montrer par ailleurs que, pour deux parties non vides A et B d'un espace vectoriel normé quelconque,

inf{ab  ;  aA, bB}=infbBd(b,A).

Où est passée la contradiction apparente avec la question 3 ?

5. Soient E un espace vectoriel normé, F une partie fermée non vide de E et xEF. Montrer que δF:yd(y,F) est 1-lipschitzienne sur E, puis que d(x,F)>0.

6. Soit E un espace vectoriel normé de dimension finie. Soient A une partie non vide, fermée et bornée de E, et B une partie non vide et fermée de E, avec AB=. Montrer que

inf{ab  ;  aA, bB}>0.

7. Quelle morale tirer de la comparaison entre les questions 2 et 6 ?

Exercice 28 ★★★★Rang et topologie des matrices

Continuité des applications linéaires, multilinéaires et polynomiales : déterminant, trace, produit matricielOuverts, fermés, point intérieur, caractérisation séquentielle des fermésPoint adhérent, adhérence, caractérisation séquentielle, parties denses

On travaille dans Mn(K), où K=R ou C, muni d'une norme quelconque : l'espace étant de dimension finie n2, toutes les normes y sont équivalentes et les notions d'ouvert, de fermé et d'adhérence ne dépendent pas de ce choix. Pour r{0,1,,n}, on pose

Rr={M  ;  rg(M)r},Rr={M  ;  rg(M)r},Rr={M  ;  rg(M)=r}.

Pour I et J deux parties de {1,,n} de même cardinal s, on note MI,J la matrice carrée de taille s obtenue en ne gardant que les lignes indexées par I et les colonnes indexées par J, et det(MI,J) le mineur correspondant.

1. Soit s{1,,n}. Montrer que rg(M)s si et seulement s'il existe I et J de cardinal s tels que det(MI,J)0. En déduire une caractérisation de Rr par annulation de mineurs.

2. En déduire que Rr est une partie fermée de Mn(K), puis que Rr en est une partie ouverte.

3. On prend n=2, K=R et r=1. Montrer que R1 n'est ni fermée, ni ouverte, à l'aide de contre-exemples explicites. Que se passe-t-il pour 0<r<n quelconque ?

4. Déterminer Rr pour 0rn.

5. Que donne la question 4 dans le cas r=n ?

Exercice 29 ★★★La continuité de l'inversion matricielle

Continuité des applications linéaires, multilinéaires et polynomiales : déterminant, trace, produit matricielContinuité sur une partie, image réciproque d'un ouvert ou d'un fermé, applications lipschitziennesSuites d'un espace vectoriel normé : convergence, opérations, suites extraites

Soient n1 et K=R ou C. On munit Mn(K), de dimension finie n2, de la norme

M=max1i,jnmi,j,

qui est la norme du maximum des coordonnées dans la base canonique. Toutes les normes de Mn(K) étant équivalentes, les notions de convergence et de partie bornée ne dépendront pas de ce choix.

On rappelle (résultat d'algèbre linéaire, non redémontré ici) la formule de la comatrice :

Mtcom(M)=tcom(M)M=(detM)In,d’ouˋM1=1detMtcom(M)  si MGLn(K),

le coefficient d'indice (i,j) de com(M) étant le cofacteur (1)i+jΔi,j(M), où Δi,j(M) est le déterminant de la matrice obtenue en supprimant la ligne i et la colonne j de M.

1. Montrer que det est continue sur Mn(K), puis que GLn(K) est un ouvert de Mn(K).

2. Montrer que chaque coefficient de M1 est le quotient de deux fonctions polynomiales des coefficients de M, de dénominateur ne s'annulant pas sur GLn(K). En déduire que ι:MM1 est continue sur GLn(K).

3. En déduire que si (Ak) est une suite de GLn(K) convergeant vers une matrice A inversible, alors Ak1A1.

4. Donner un exemple explicite dans M2(R) d'une suite de matrices inversibles convergeant vers une matrice non inversible, et calculer la suite des inverses. Que peut-on en dire ?

5. Montrer que pour toute matrice BMn(K), detBn!Bn.

6. Soit (Ak) une suite de GLn(K) convergeant vers une matrice A non inversible. Montrer que

Ak1(1n!detAk)1/n,

puis que la suite (Ak1) n'est pas bornée.

7. Pourquoi ne peut-on pas se contenter de « passer à la limite » dans l'égalité AkAk1=In ?

Exercice 30 ★★★★Densité des matrices diagonalisables

Point adhérent, adhérence, caractérisation séquentielle, parties densesÉquivalence des normes en dimension finie, convergence coordonnée par coordonnéeContinuité des applications linéaires, multilinéaires et polynomiales : déterminant, trace, produit matriciel

On munit Mn(C), de dimension finie, d'une norme quelconque : toutes les normes y étant équivalentes, la notion d'adhérence ne dépend pas de ce choix. On note

D={AMn(C)  ;  A est diagonalisable}.

1. Rappeler pourquoi toute matrice de Mn(C) est trigonalisable.

2. Montrer qu'une matrice de Mn(C) admettant n valeurs propres deux à deux distinctes est diagonalisable.

3. Soit TMn(C) triangulaire supérieure, de coefficients diagonaux t1,,tn, et soit D=diag(1,2,,n). Montrer que l'ensemble

Λ={λC  ;  les n nombres t1+λ, t2+2λ, , tn+nλ ne sont pas deux aˋ deux distincts}

est fini, de cardinal au plus n(n1)2.

4. En déduire que pour tout ε>0, il existe λR avec 0<λ<ε tel que T+λD soit diagonalisable.

5. Soit AMn(C). Construire une suite (Ak) de matrices diagonalisables convergeant vers A, et conclure que D est dense dans Mn(C).

6. On passe au cas réel. On pose R=(0110) et on munit M2(R) de M=maxi,jmi,j. Montrer que toute matrice M vérifiant MR14 n'est pas diagonalisable dans M2(R). Que peut-on en conclure ?

Exercice 31 ★★★★Une preuve topologique du théorème de d'Alembert-Gauss

Théorème des bornes atteintes sur une partie fermée bornée en dimension finieContinuité sur une partie, image réciproque d'un ouvert ou d'un fermé, applications lipschitziennesLimite en un point adhérent, continuité en un point, caractérisation séquentielle

Soit P=k=0nakzk un polynôme à coefficients complexes, non constant : n1 et an0. On identifie C à R2 via z=x+iy(x,y) : c'est un R-espace vectoriel normé de dimension finie 2, dont le module est exactement la norme euclidienne. On pose

f:CR,f(z)=P(z).

Le but est de démontrer que P possède une racine dans C, sans rien utiliser d'autre que la topologie de R2.

1. Montrer que f est continue sur C.

2. Montrer que pour tout A>0, il existe ρ>0 tel que

zρ  f(z)A.

On pourra factoriser P(z) par son terme dominant anzn.

3. En déduire que f atteint un minimum global : il existe z0C tel que f(z0)f(z) pour tout zC.

4. On pose Q(z)=P(z0+z). Justifier que Q est un polynôme de degré n, que Q atteint son minimum global en 0, et qu'on peut écrire

Q(z)=b0+bmzm+k=m+1nbkzkavec 1mn et bm0.

5. On suppose désormais b00. Montrer qu'il existe uC de module 1 tel que

bmumb0=bmb0.

6. Avec ce u, montrer que pour r>0 assez petit, Q(ru)<Q(0). En déduire une contradiction, puis conclure que P admet une racine.

7. Énoncer le théorème ainsi démontré.

Exercice 32 ★★★La distance à un fermé est atteinte en dimension finie

Théorème des bornes atteintes sur une partie fermée bornée en dimension finiePoint adhérent, adhérence, caractérisation séquentielle, parties densesOuverts, fermés, point intérieur, caractérisation séquentielle des fermés

Soient E un espace vectoriel normé de dimension finie, F une partie fermée non vide de E et xE. On rappelle que

d(x,F)=infyFxy.

1. Justifier l'existence de d(x,F), et montrer que g:yxy est 1-lipschitzienne sur E.

2. Soit a0F et R=xa0. On pose G=FBf(x,R). Montrer que G est une partie non vide, bornée et fermée de E.

3. En déduire qu'il existe y0G tel que xy0=minyGxy.

4. Montrer que xy0=d(x,F) : la distance de x à F est atteinte.

5. Montrer sur un exemple que le point y0 n'est pas unique en général.

6. On suppose ici E euclidien, de produit scalaire ,. Soient cE, ρ>0, F=Bf(c,ρ) et xF. Calculer d(x,F) et montrer qu'un unique point de F réalise ce minimum.

7. Montrer que l'hypothèse « F fermée » ne peut pas être supprimée.

Bloqué sur « Espaces vectoriels normés » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.