PC · Chapitre 02
Exercices — Endomorphismes des espaces euclidiens
34 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.
Sommaire
34 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.
Exercice 1 ★★★★ — Reconnaitre une matrice orthogonale
Matrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonormée
On munit de son produit scalaire canonique. On rappelle qu'une matrice est orthogonale lorsque , et l'on note l'ensemble des matrices orthogonales de .
1. Pour chacune des quatre matrices suivantes, dire si elle est orthogonale. On justifiera de deux façons : par le calcul du produit , puis par la lecture des colonnes de .
a.
b.
c.
d.
2. Calculer le déterminant de chacune des matrices orthogonales trouvées, et préciser celles qui appartiennent à .
3. Déterminer le réel tel que soit orthogonale. La matrice appartient-elle à ?
4. Soit . Existe-t-il un réel tel que soit orthogonale ?
Exercice 2 ★★★★ — Isometrie vectorielle ou non
Isométries vectorielles : définition et caractérisations
On munit et de leur produit scalaire canonique. On rappelle qu'un endomorphisme d'un espace euclidien est une isométrie vectorielle lorsque pour tout .
1. Pour chacun des quatre endomorphismes suivants, dire s'il s'agit d'une isométrie vectorielle. En cas de réponse négative, exhiber un vecteur explicite dont la norme n'est pas conservée.
a. définie sur par .
b. définie sur par .
c. définie sur par .
d. définie sur par .
2. Soit un espace euclidien et . On note l'homothétie de rapport , définie par . Déterminer tous les pour lesquels est une isométrie vectorielle.
3. Soit une isométrie vectorielle d'un espace euclidien . Montrer que toute valeur propre de appartient à . Une isométrie vectorielle possède-t-elle toujours une valeur propre ?
4. Écrire la matrice de chacun des quatre endomorphismes de la question 1 dans la base canonique et retrouver les réponses par le critère matriciel.
Exercice 3 ★★★★ — Base orthonormee et matrice de passage orthogonale
Espace euclidien, bases orthonormées, projection orthogonale (rappels de première année)Matrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonormée
On munit de son produit scalaire canonique , et l'on note sa base canonique, qui est orthonormée. On considère les trois vecteurs
1. Montrer que est une base de .
2. Appliquer le procédé de Gram-Schmidt à cette famille : construire une base orthonormée de telle que, pour , .
3. Écrire la matrice de passage de la base à la base , puis vérifier par le calcul que . Pourquoi ce résultat était-il prévisible ?
4. En déduire sans effectuer d'inversion de matrice. Calculer et dire si la base est directe.
5. Déterminer les coordonnées du vecteur dans la base , et contrôler le résultat de deux façons.
Exercice 4 ★★★★ — Isometries du plan : rotation ou reflexion
Isométries vectorielles du plan : rotations, réflexions, classification
On munit de son produit scalaire canonique et de son orientation canonique. On rappelle la description de : toute matrice orthogonale est d'un et d'un seul des deux types suivants,
la première étant la matrice de la rotation vectorielle d'angle , la seconde celle de la réflexion (symétrie orthogonale) par rapport à une droite.
1. Vérifier que les quatre matrices suivantes sont orthogonales.
a.
b.
c.
d.
2. Pour chacune, calculer le déterminant et conclure : rotation ou réflexion. Dans le cas d'une rotation, déterminer son angle ; dans le cas d'une réflexion, déterminer son axe en résolvant , et vérifier le résultat sur un vecteur orthogonal à cet axe.
3. La matrice est orthogonale. Est-ce la matrice d'une rotation ou celle d'une réflexion ?
Exercice 5 ★★★★ — Symetrie orthogonale par rapport a un plan de l espace
Symétries orthogonales et réflexions
On munit de son produit scalaire canonique et de sa base canonique , qui est orthonormée. On considère le plan
On note la projection orthogonale sur et la symétrie orthogonale par rapport à , c'est-à-dire l'endomorphisme .
1. Donner un vecteur normal au plan , puis une base orthonormée de .
2. Montrer que, pour tout , , et en déduire la matrice de dans la base canonique.
3. En déduire la matrice de dans la base canonique.
4. Vérifier que est symétrique, que , que est orthogonale et que . Déterminer les sous-espaces propres de .
5. Calculer et , puis contrôler le résultat par trois vérifications géométriques.
Exercice 6 ★★★★ — Reconnaitre un endomorphisme autoadjoint
Endomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réelles
On munit et de leur produit scalaire canonique. On rappelle qu'un endomorphisme d'un espace euclidien est autoadjoint lorsque
et l'on note l'ensemble des endomorphismes autoadjoints de . On considère les trois endomorphismes suivants.
a. sur , défini par où .
b. sur , défini par où .
c. sur , défini par .
1. Pour chacun de ces trois endomorphismes, déterminer directement, à partir de la définition, s'il est autoadjoint.
2. Écrire la matrice de chacun dans la base canonique et retrouver les réponses de la question 1.
3. On considère l'endomorphisme de dont la matrice dans la base canonique est , ainsi que la famille , . Montrer que est une base de qui n'est pas orthonormée, puis écrire la matrice de dans cette base. Que faut-il en conclure sur la caractérisation matricielle des endomorphismes autoadjoints ?
4. Déterminer les valeurs propres et les sous-espaces propres de l'endomorphisme de la question a.
Exercice 7 ★★★★ — Diagonaliser une matrice symetrique 2x2 en base orthonormee
Réduction pratique d'une matrice symétrique réelleThéorème spectral : base orthonormée de vecteurs propres
On munit de son produit scalaire canonique, pour lequel lorsque et sont vus comme des colonnes. On considère les deux matrices symétriques
a.
b.
Le théorème spectral affirme que toute matrice symétrique réelle s'écrit avec diagonale réelle et orthogonale, autrement dit qu'il existe une base orthonormée de vecteurs propres.
1. Soit , et soient et deux vecteurs propres de associés à deux valeurs propres distinctes et . Montrer que et sont orthogonaux.
2. Diagonaliser : valeurs propres, sous-espaces propres, puis matrices orthogonale et diagonale telles que . Vérifier , puis recalculer le produit .
3. Faire de même avec .
4. Les matrices obtenues appartiennent-elles à ? Comment s'y ramener ?
Exercice 8 ★★★★ — Matrice symetrique positive ou definie positive
Matrices symétriques positives et définies positives, critères
On rappelle les définitions. Une matrice est positive lorsque pour toute colonne , et définie positive lorsque de plus entraîne . On note et les ensembles correspondants. La caractérisation spectrale est la suivante :
On considère les trois matrices suivantes.
a.
b.
c.
1. Vérifier que ces trois matrices sont symétriques, déterminer leur spectre, et classer chacune d'elles à l'aide de la caractérisation spectrale.
2. Retrouver directement les conclusions concernant et en écrivant et comme des sommes de carrés. Pour , exhiber une colonne telle que .
3. Soit . Montrer que pour tout . La réciproque est-elle vraie, autrement dit une matrice symétrique à coefficients diagonaux positifs est-elle positive ?
Exercice 9 ★★★★ — Les trois caracterisations d une isometrie vectorielle
Isométries vectorielles : définition et caractérisationsMatrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonormée
Soit un espace euclidien de dimension , muni du produit scalaire et de la norme associée . Soit un endomorphisme de , soit une base orthonormée de , et soit . On considère les quatre assertions
- (i) pour tout , ;
- (ii) pour tous , ;
- (iii) la famille est une base orthonormée de ;
- (iv) .
1. Établir l'identité de polarisation : pour tous ,
2. Montrer que (i) et (ii) sont équivalentes.
3. Montrer que (ii) et (iii) sont équivalentes.
4. Montrer que (iii) et (iv) sont équivalentes.
5. En déduire qu'une isométrie vectorielle est bijective, et que sa réciproque est encore une isométrie vectorielle.
6. Montrer, par un contre-exemple explicite en dimension , que l'hypothèse « pour tout » ne suffit pas à faire de une isométrie vectorielle.
Exercice 10 ★★★★ — Composer deux reflexions du plan
Isométries vectorielles du plan : rotations, réflexions, classificationSymétries orthogonales et réflexions
Le plan est muni de son produit scalaire canonique et orienté par la base orthonormée directe .
Pour , on pose
et on note la droite dirigée par , puis la réflexion d'axe , c'est-à-dire la symétrie orthogonale par rapport à . Enfin, désigne la rotation vectorielle d'angle , de matrice
dans la base .
1. Montrer que la matrice de dans est
Vérifier que , que et que .
2. Soient et deux réels, et . Calculer et , et reconnaître les isométries correspondantes.
3. En déduire une condition nécessaire et suffisante portant sur pour que et commutent. Interpréter géométriquement.
4. Application numérique avec et : écrire et , calculer les deux produits coefficient par coefficient et identifier les angles obtenus.
5. Décomposer la rotation en produit de deux réflexions. Le couple de réflexions obtenu est-il unique ?
Exercice 11 ★★★★ — Reflexion par rapport a un hyperplan
Symétries orthogonales et réflexionsMatrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonormée
Soit un espace euclidien de dimension , dont le produit scalaire est noté et la norme . Soit un vecteur non nul et l'hyperplan orthogonal à . On définit l'application
1. Montrer que est un endomorphisme de .
2. Calculer , et montrer que pour tout . Que représente géométriquement ?
3. Calculer pour quelconque et en déduire que est une isométrie de .
4. Montrer que .
5. Montrer que est autoadjointe, c'est-à-dire que pour tous .
6. Application numérique. On prend muni de son produit scalaire canonique, rapporté à sa base canonique , qui est orthonormée, et . Déterminer , écrire la matrice de dans , puis vérifier que est symétrique, que , que et que .
7. Revenons au cas général. Déterminer et en dimension quelconque, en utilisant une base orthonormée adaptée.
Exercice 12 ★★★★ — Completer une matrice orthogonale
Matrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonorméeGroupe orthogonal O(E), stabilité de l'orthogonal d'un sous-espace stable
L'espace est muni de son produit scalaire canonique et de sa base canonique, qui est orthonormée. On identifie un vecteur de à la matrice colonne de ses coordonnées. On pose
1. Rappeler la caractérisation d'une matrice orthogonale par ses colonnes. Vérifier que peut être la première colonne d'une telle matrice.
2. Déterminer une colonne unitaire et orthogonale à , dont les coefficients sont des tiers d'entiers.
3. Déterminer toutes les colonnes telles que soit orthogonale, puis choisir celle pour laquelle . Vérifier alors et par le calcul.
4. Soient . Montrer que , que est inversible avec , et que . La réciproque de ce dernier point est-elle vraie ? Donner une matrice de de déterminant qui n'est pas orthogonale.
5. Montrer que tous les coefficients d'une matrice de appartiennent à . Étudier le cas d'égalité.
Exercice 13 ★★★★ — Rotation de l espace : axe et angle
Isométries vectorielles de l'espace : rotations, axe et angle
L'espace est muni de son produit scalaire canonique et orienté par sa base canonique , qui est orthonormée directe. On identifie un vecteur à la colonne de ses coordonnées, et on note le produit vectoriel de deux vecteurs. On pose
et on note l'endomorphisme de de matrice dans .
1. Vérifier que et que . Qu'en déduit-on sur ?
2. Déterminer l'axe de , c'est-à-dire , et vérifier qu'il s'agit bien d'une droite vectorielle.
3. Déterminer une mesure de l'angle de : d'abord grâce à la relation , puis le signe de grâce au produit mixte , où oriente l'axe et où n'est pas colinéaire à .
4. On pose . Montrer que est orthogonale, calculer , et justifier que n'est ni une rotation ni une réflexion. Décrire enfin l'endomorphisme associé à en écrivant sa matrice dans une base orthonormée directe adaptée.
Exercice 14 ★★★★ — Diagonaliser une matrice symetrique 3x3
Réduction pratique d'une matrice symétrique réelleThéorème spectral : base orthonormée de vecteurs propres
L'espace est muni de son produit scalaire canonique et de sa base canonique, qui est orthonormée. On identifie un vecteur à la colonne de ses coordonnées. On considère
1. Justifier, sans aucun calcul, que est diagonalisable dans une base orthonormée de .
2. Calculer le polynôme caractéristique de , le factoriser, et en déduire .
3. Déterminer une base de chaque sous-espace propre de .
4. Vérifier que les trois vecteurs propres obtenus sont deux à deux orthogonaux. Pourquoi était-ce prévisible ?
5. En déduire une matrice et une matrice diagonale telles que . Vérifier .
6. Vérifier l'égalité en calculant les deux membres colonne par colonne.
Exercice 15 ★★★★ — Valeur propre double et orthonormalisation
Réduction pratique d'une matrice symétrique réelleThéorème spectral : base orthonormée de vecteurs propres
L'espace est muni de son produit scalaire canonique et de sa base canonique, qui est orthonormée. On identifie un vecteur à la colonne de ses coordonnées. On considère
1. Vérifier que est valeur propre de et déterminer .
2. Déterminer et sa dimension. En déduire, sans calculer le polynôme caractéristique, que .
3. Vérifier que et sont orthogonaux. La base de obtenue à la question 2 est-elle orthogonale ?
4. Orthonormaliser cette base de par le procédé de Gram-Schmidt, en détaillant les calculs.
5. En déduire et diagonale telles que . Vérifier l'égalité.
6. Montrer que n'est pas unique en exhibant une autre matrice orthogonale convenant pour la même matrice . Que peut-on dire, en revanche, de l'unicité de ?
Exercice 16 ★★★★ — Caracteriser un projecteur orthogonal
Caractérisation des projecteurs orthogonauxEndomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réelles
Soit un espace euclidien de dimension , de produit scalaire et de norme .
On appelle projecteur de tout endomorphisme de vérifiant , et projecteur orthogonal tout projecteur tel que , c'est-à-dire la projection orthogonale sur .
1. Soit un projecteur de . Montrer que pour tout , puis que .
2. Démontrer le théorème suivant : un projecteur de est un projecteur orthogonal si et seulement si est autoadjoint, c'est-à-dire si et seulement si pour tous .
3. Application. Dans muni de son produit scalaire canonique et de sa base canonique (orthonormée), on pose
Vérifier que et que . Que peut-on en conclure ?
4. Déterminer et , où est l'endomorphisme de matrice , et vérifier directement qu'ils sont orthogonaux.
5. Calculer la distance du vecteur au sous-espace .
6. Donner une matrice vérifiant mais dont le projecteur associé n'est pas orthogonal. Le vérifier en explicitant son image et son noyau.
Exercice 17 ★★★★ — Orthogonal d un sous-espace stable par une isometrie
Groupe orthogonal O(E), stabilité de l'orthogonal d'un sous-espace stableIsométries vectorielles : définition et caractérisations
Soit un espace euclidien de dimension , de produit scalaire et de norme . On rappelle qu'un endomorphisme de est une isométrie vectorielle (on note ) lorsque pour tout , ce qui équivaut à pour tous .
Soit et soit un sous-espace vectoriel de stable par , c'est-à-dire tel que .
1. Montrer que est injective, puis que l'endomorphisme induit est un automorphisme de . En déduire que .
2. Montrer que est stable par . Où l'égalité intervient-elle ?
3. Montrer que est une isométrie de , et de même pour .
4. Contre-exemple. Dans muni de son produit scalaire canonique et de sa base canonique , on considère l'endomorphisme de matrice
Montrer que est stable par , mais que ne l'est pas. Pourquoi cela ne contredit-il pas la question 2 ?
5. Application. Soit une isométrie de admettant pour valeur propre, et soit un vecteur propre associé. Montrer que le plan est stable par et que induit sur ce plan une isométrie.
Exercice 18 ★★★★ — Sous-espaces propres d un endomorphisme autoadjoint
Endomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réellesThéorème spectral : base orthonormée de vecteurs propres
Soit un espace euclidien de dimension , de produit scalaire . On rappelle qu'un endomorphisme de est autoadjoint (on note ) lorsque
Dans les questions 1 à 3, désigne un endomorphisme autoadjoint de .
1. Soient et deux valeurs propres distinctes de . Montrer que les sous-espaces propres et sont orthogonaux.
2. Soit un sous-espace vectoriel de stable par . Montrer que est stable par .
3. Soit un sous-espace vectoriel de stable par . Montrer que l'endomorphisme induit est un endomorphisme autoadjoint de .
4. Application numérique. Dans muni de son produit scalaire canonique et de sa base canonique (orthonormée), on considère
et l'on admet que et sont valeurs propres de .
a. Justifier que l'endomorphisme canoniquement associé à est autoadjoint.
b. Vérifier que engendre et que engendre , puis contrôler leur orthogonalité.
c. Sans calculer le polynôme caractéristique, déterminer le troisième sous-espace propre de et la valeur propre associée. On utilisera l'orthogonalité et la trace.
d. Écrire une matrice et une matrice diagonale telles que .
Exercice 19 ★★★★ — La matrice A transposee fois A est positive
Matrices symétriques positives et définies positives, critères
On munit du produit scalaire canonique et de la norme associée . On rappelle les définitions
Soit .
1. Montrer que est symétrique.
2. Montrer que pour toute colonne on a . En déduire que .
3. Montrer que , puis que si et seulement si est inversible.
4. En déduire que .
5. Les questions 1 à 4 s'adaptent mot pour mot à une matrice rectangulaire , pour laquelle appartient à . Le vérifier sur l'exemple
en calculant , ses valeurs propres, et en concluant sur son appartenance à ou .
6. Montrer, sans utiliser le théorème spectral, que toute valeur propre de est positive. Montrer enfin que est la somme des carrés de tous les coefficients de , et le vérifier sur l'exemple de la question 5.
Exercice 20 ★★★★ — La matrice des uns comme projecteur orthogonal
Espace euclidien, bases orthonormées, projection orthogonale (rappels de première année)Théorème spectral : base orthonormée de vecteurs propresCaractérisation des projecteurs orthogonauxMatrices symétriques positives et définies positives, critères
Soit . On note la matrice dont tous les coefficients valent , et la colonne dont toutes les coordonnées valent . On munit du produit scalaire canonique et de la norme associée , pour lesquels la base canonique est orthonormée. On note enfin l'hyperplan
Rappels. Pour toute colonne de coordonnées , la -ième coordonnée de vaut quel que soit , autrement dit . On en déduit , puis avec de dimension , et de dimension . On admet ces résultats, établis dans le chapitre « Algèbre linéaire » : le présent exercice ne les redémontre pas et se place uniquement du point de vue euclidien.
1. Justifier que est symétrique et que le théorème spectral s'applique. Retrouver, sans calcul, que , et vérifier que les deux sous-espaces propres de sont orthogonaux, comme le prévoit le théorème spectral.
2. Montrer que est la matrice de la projection orthogonale sur la droite . On vérifiera et , et on identifiera et .
3. On pose . Calculer la distance de à l'hyperplan , ainsi que le projeté orthogonal de sur . Détailler le cas .
4. Soit une colonne quelconque. En appliquant le théorème de Pythagore à la décomposition de associée à , établir l'inégalité
et déterminer ses cas d'égalité. Interpréter l'écart entre les deux membres, puis contrôler le tout sur .
5. Soient et deux réels. Montrer que appartient à si et seulement si et . Application : pour quelles valeurs du réel la matrice de dont les coefficients diagonaux valent et tous les autres valent est-elle définie positive ?
Exercice 21 ★★★★ — Une matrice a la fois symetrique et orthogonale
Endomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réellesSymétries orthogonales et réflexionsMatrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonormée
On munit de son produit scalaire canonique, pour lequel la base canonique est une base orthonormée. On rappelle que, si est un sous-espace vectoriel de , tout vecteur s'écrit de façon unique avec et , et que la symétrie orthogonale par rapport à est l'endomorphisme défini par .
Soit , c'est-à-dire une matrice vérifiant à la fois et . On note l'endomorphisme de canoniquement associé à .
1. Montrer que .
2. En déduire que .
3. On pose et .
a. À l'aide du théorème spectral, montrer que .
b. Montrer que et sont orthogonaux, puis que .
c. En déduire que est la symétrie orthogonale par rapport à .
4. Réciproquement, soit la symétrie orthogonale par rapport à un sous-espace de , et sa matrice dans la base canonique. Montrer que .
5. Application. On pose
a. Vérifier que .
b. Déterminer et , en donner une base, et identifier la symétrie orthogonale correspondante.
c. Vérifier la relation , ainsi que la valeur de .
Exercice 22 ★★★★ — Encadrement du produit scalaire u(x) avec x
Encadrement du produit scalaire <u(x), x>, quotient de Rayleigh et extremumsEndomorphismes autoadjoints positifs et définis positifs
Soit un espace euclidien de dimension , de produit scalaire et de norme . Soit un endomorphisme autoadjoint, c'est-à-dire vérifiant
D'après le théorème spectral, il existe une base orthonormée de formée de vecteurs propres de . On note les valeurs propres associées, rangées dans l'ordre croissant et répétées selon leur multiplicité, de sorte que pour tout .
On rappelle enfin que
1. Soit , de coordonnées dans la base . Exprimer et en fonction des et des , puis établir l'encadrement
2. Montrer que ces deux bornes sont atteintes, et caractériser les vecteurs pour lesquels il y a égalité, à gauche puis à droite.
3. En déduire que
4. En déduire une caractérisation de et de à l'aide du spectre.
5. Application. On munit de son produit scalaire canonique et on pose
Déterminer le maximum et le minimum de lorsque décrit la sphère unité de , ainsi que les vecteurs qui les réalisent. La matrice est-elle définie positive ?
6. Question courte : encadrer à l'aide de et , et le vérifier sur l'exemple de la question 5.
Exercice 23 ★★★★ — Le produit scalaire canonique sur les matrices
Espace euclidien, bases orthonormées, projection orthogonale (rappels de première année)Matrices symétriques positives et définies positives, critères
Sur l'espace vectoriel , de dimension , on pose
On note l'ensemble des matrices symétriques et l'ensemble des matrices antisymétriques, c'est-à-dire vérifiant . On rappelle que pour toute matrice carrée .
1. Montrer que est un produit scalaire sur . On établira au passage la formule
où et . On note la norme associée.
2. Donner une base orthonormée de pour ce produit scalaire.
3. Montrer que et sont orthogonaux et supplémentaires dans , autrement dit que . Préciser leurs dimensions.
4. Écrire la décomposition de
en une partie symétrique et une partie antisymétrique, puis vérifier le théorème de Pythagore sur cet exemple.
5. Montrer que pour toute ,
et préciser le cas d'égalité. Vérifier l'inégalité sur la matrice de la question 4.
Exercice 24 ★★★★ — Racine carree d une matrice symetrique positive
Matrices symétriques positives et définies positives, critèresThéorème spectral : base orthonormée de vecteurs propres
On munit du produit scalaire canonique . On rappelle la caractérisation spectrale : une matrice appartient à si et seulement si toutes ses valeurs propres sont positives.
1. Soit . À l'aide du théorème spectral, construire une matrice telle que . On dit que est une racine carrée positive de .
2. Unicité. Soit une autre matrice de telle que .
a. Montrer que .
b. En déduire que chaque sous-espace propre de est stable par l'endomorphisme canoniquement associé à .
c. Soit . Montrer que la restriction de cet endomorphisme à est l'homothétie de rapport .
d. Conclure que : la racine carrée positive est unique.
3. Application. Calculer la racine carrée positive de
en détaillant la réduction, et vérifier le résultat en recalculant .
4. Question courte : que devient l'énoncé si l'on suppose seulement ? Donner un contre-exemple explicite.
Exercice 25 ★★★★ — Matrice d une rotation d axe et d angle donnes
Isométries vectorielles de l'espace : rotations, axe et angle
On munit de son produit scalaire canonique et de l'orientation pour laquelle la base canonique est directe. On note le produit vectoriel. On rappelle que si est une base orthonormée directe, la matrice dans cette base de la rotation d'axe orienté par et d'angle est
Soit la rotation d'axe dirigé et orienté par le vecteur unitaire
et d'angle .
1. Vérifier que est unitaire, puis construire une base orthonormée directe de en explicitant les calculs.
2. Écrire la matrice de dans la base .
3. On prend désormais . Déterminer la matrice de dans la base canonique, en détaillant entièrement le changement de base .
4. Vérifier le résultat de quatre façons : est orthogonale, , , et fixe le vecteur .
5. Question courte : que vaut ? Le vérifier sur la matrice .
Exercice 26 ★★★★ — Moindres carres et equations normales
Caractérisation des projecteurs orthogonauxMatrices symétriques positives et définies positives, critères
On munit du produit scalaire canonique et de la norme associée .
Soient de rang (avec ) et . Le système n'a en général pas de solution : on cherche donc rendant minimal. C'est le problème des moindres carrés.
1. Montrer que l'ensemble est le sous-espace engendré par les colonnes de . En déduire, géométriquement, que le minimum cherché existe et vaut la distance de à , atteinte lorsque est la projection orthogonale de sur .
2. Montrer qu'une colonne est orthogonale à si et seulement si . En déduire que
Ce système est appelé système des équations normales.
3. Montrer que , et en déduire que la solution du problème est unique.
4. Application. On cherche la droite d'équation qui ajuste au mieux, au sens des moindres carrés, les quatre points
Écrire et , calculer et , résoudre le système , donner l'équation de la droite et calculer le résidu .
5. Vérifier sur cet exemple que le résidu est bien orthogonal aux deux colonnes de .
Exercice 27 ★★★★ — Matrices antisymetriques et transformation de Cayley
Matrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonorméeGroupe orthogonal O(E), stabilité de l'orthogonal d'un sous-espace stable
On munit du produit scalaire canonique et de la norme associée. Une matrice est dite antisymétrique lorsque .
Soit antisymétrique.
1. Montrer que pour toute colonne . On pourra remarquer que est une matrice de taille , donc égale à sa transposée.
2. En déduire que est inversible. On calculera pour dans le noyau. Montrer de même que est inversible.
3. On pose , appelée transformée de Cayley de .
a. Montrer que et commutent.
b. Calculer , puis . Conclure que .
c. Montrer que , autrement dit .
4. Montrer que n'est pas valeur propre de .
5. Application. On prend et
Calculer puis entièrement, et vérifier directement que et .
6. Question courte : quelles sont les matrices à la fois symétriques et antisymétriques ?
Exercice 28 ★★★★ — Distance d une matrice a l ensemble des matrices symetriques
Espace euclidien, bases orthonormées, projection orthogonale (rappels de première année)Caractérisation des projecteurs orthogonaux
Sur , on pose
On admettra que c'est un produit scalaire ; on notera la norme associée. On note l'ensemble des matrices symétriques et l'ensemble des matrices antisymétriques, c'est-à-dire des matrices vérifiant .
On note enfin l'application définie sur par
1. a. Montrer que est un endomorphisme de , que et que .
b. Montrer que est le projecteur orthogonal sur . On pourra au choix vérifier que le résidu est orthogonal à , ou bien que est autoadjoint pour ce produit scalaire, c'est-à-dire que pour toutes matrices et .
c. En déduire que .
2. En déduire, pour , la valeur de la distance
d'abord sous la forme , puis sous une forme ne faisant intervenir que et .
3. Application numérique. On pose
a. Calculer la partie symétrique et la partie antisymétrique de , et vérifier que .
b. Calculer et , puis vérifier le théorème de Pythagore .
c. Retrouver par la formule de la question 2 faisant intervenir .
4. Quelles sont les matrices situées à distance nulle de ?
Exercice 29 ★★★★ — Deux endomorphismes autoadjoints qui commutent
Endomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réellesThéorème spectral : base orthonormée de vecteurs propres
Le théorème spectral fournit, pour un seul endomorphisme autoadjoint, une base orthonormée de vecteurs propres. Cet exercice montre qu'on peut en trouver une commune à deux endomorphismes autoadjoints, à la seule condition qu'ils commutent.
Soit un espace euclidien de dimension , et soient et deux endomorphismes autoadjoints de (c'est-à-dire vérifiant et pour tous ) tels que
On note les valeurs propres deux à deux distinctes de et le sous-espace propre associé à .
1. Montrer que chaque est stable par .
2. On note l'endomorphisme induit par sur . Montrer que est un endomorphisme autoadjoint de l'espace euclidien .
3. En déduire qu'il existe une base orthonormée de formée de vecteurs propres communs à et à .
4. Traduire matriciellement : si et sont deux matrices de telles que , il existe telle que et soient toutes deux diagonales.
5. Application numérique. On pose
a. Vérifier que et sont symétriques et que par le calcul des deux produits.
b. Déterminer les valeurs propres et les sous-espaces propres de . Constater qu'aucune base orthonormée n'est imposée par seule.
c. Écrire la matrice de l'endomorphisme induit par sur le sous-espace propre de de dimension , dans une base de ce plan, puis la diagonaliser.
d. En déduire une matrice telle que et soient diagonales, et vérifier .
6. Contre-exemple. Donner deux matrices de qui ne commutent pas, et justifier qu'elles ne sont diagonalisables dans aucune base commune.
Exercice 30 ★★★★ — Decomposition polaire d une matrice inversible
Matrices symétriques positives et définies positives, critèresMatrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonormée
Tout nombre complexe non nul s'écrit avec et réel défini modulo , le couple formé du module et du nombre étant unique. Cet exercice établit l'analogue matriciel : toute matrice inversible est le produit d'une matrice orthogonale (la « rotation ») et d'une matrice symétrique définie positive (la « dilatation »). Tout se traite en langage matriciel : transposée, produit, .
Soit une matrice inversible.
1. Montrer que .
2. a. Montrer, à l'aide du théorème spectral, qu'il existe telle que . On admet que cette matrice est unique (la démonstration est donnée en remarque du corrigé).
b. Justifier que est inversible et que .
c. On pose . Montrer que .
3. En déduire l'existence d'un couple tel que .
4. Montrer que ce couple est unique.
5. Application numérique. On pose
a. Vérifier que est inversible, puis calculer .
b. Déterminer les valeurs propres et une base orthonormée de vecteurs propres de , puis en déduire .
c. Calculer , puis .
d. Vérifier que et que . Reconnaître géométriquement .
Exercice 31 ★★★★ — Le determinant d une matrice definie positive et sa diagonale
Matrices symétriques positives et définies positives, critères
Pour une matrice symétrique définie positive, le déterminant ne peut pas dépasser le produit des coefficients diagonaux. C'est un cas particulier de l'inégalité de Hadamard, que l'on démontre ici par normalisation de la diagonale puis inégalité arithmético-géométrique.
Soit . L'objectif est de montrer
On rappelle et on admet l'inégalité arithmético-géométrique : pour tous réels strictement positifs ,
avec égalité si et seulement si .
1. Montrer que les coefficients diagonaux sont strictement positifs.
2. On pose et .
a. Montrer que .
b. Calculer le coefficient général de et montrer que pour tout .
3. En déduire que , puis, en notant les valeurs propres de comptées avec multiplicité, que ces réels sont strictement positifs et de moyenne .
4. En déduire que .
5. Conclure sur , et montrer que l'égalité a lieu si et seulement si est diagonale.
6. Vérification numérique. Avec
vérifier que , calculer et , puis écrire et vérifier .
Exercice 32 ★★★★ — Matrice de Gram d une famille de vecteurs
Espace euclidien, bases orthonormées, projection orthogonale (rappels de première année)Matrices symétriques positives et définies positives, critères
Soit un espace euclidien de dimension , et soit une famille de vecteurs de . On appelle matrice de Gram de cette famille la matrice
que l'on notera simplement lorsqu'il n'y a pas d'ambiguïté. Cet exercice montre qu'elle contient à elle seule toute l'information métrique de la famille : liberté, volume, distances.
1. Montrer que . On calculera pour et on reconnaîtra le carré d'une norme.
2. a. Montrer que si et seulement si la famille est libre.
b. En déduire le critère : la famille est libre si et seulement si , et l'on a toujours .
3. Soit une base orthonormée de et soit la matrice dont la -ième colonne est formée des coordonnées de dans . Montrer que .
4. Application. Dans muni du produit scalaire canonique :
a. calculer la matrice de Gram et son déterminant pour , , , et conclure ;
b. faire de même pour , , , et conclure.
5. On suppose libre et on pose . Soit . On admet que, pour tout ,
a. Démontrer cette formule dans le cas .
b. La démontrer dans le cas . On écrira où est la projection orthogonale de sur et , puis on effectuera une opération sur les colonnes du déterminant de .
c. Application numérique. Dans , avec , et , calculer par la formule, puis recouper le résultat par le calcul direct de la projection orthogonale de sur .
Exercice 33 ★★★★ — Trace du produit de deux matrices positives
Matrices symétriques positives et définies positives, critèresEndomorphismes autoadjoints positifs et définis positifs
Le produit de deux matrices symétriques n'a aucune raison d'être symétrique, et peut très bien avoir des coefficients négatifs. Pourtant, si et sont positives, sa trace reste positive et se laisse encadrer. C'est un résultat classique d'oral, très utilisé en physique statistique.
Soient . On rappelle la caractérisation spectrale du cours : une matrice symétrique réelle est positive si et seulement si toutes ses valeurs propres sont positives ou nulles, et définie positive si et seulement si elles sont toutes strictement positives.
1. a. Montrer, à l'aide du théorème spectral, qu'il existe telle que .
b. Montrer que , puis que . En déduire
2. a. Montrer qu'une matrice de de trace nulle est la matrice nulle.
b. Montrer que si et vérifient , alors .
c. En déduire que
3. Montrer que . On pourra diagonaliser en base orthonormée, poser , et majorer chaque coefficient diagonal de par .
4. Montrer que , et que dès que .
5. Application numérique. On pose
a. Vérifier que et que sans être définies positives.
b. Calculer , vérifier les inégalités des questions 1 et 3, et illustrer la question 4.
c. Calculer et illustrer la question 2.
Exercice 34 ★★★★ — Etude complete d un endomorphisme de rang deux
Endomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réellesThéorème spectral : base orthonormée de vecteurs propresEncadrement du produit scalaire <u(x), x>, quotient de Rayleigh et extremums
Exercice de synthèse : on part d'une formule à une ligne et on en déduit tout, du spectre au maximum de sur la sphère unité, sans jamais écrire de matrice de taille .
Soit un espace euclidien de dimension , et soient et deux vecteurs unitaires non colinéaires de . On pose
0. Justifier que .
1. Montrer que est un endomorphisme autoadjoint de .
2. On pose .
a. Calculer et , et en déduire puis .
b. Montrer que et donner la dimension du sous-espace propre associé à la valeur propre .
3. a. Montrer que est stable par .
b. Chercher les vecteurs propres de l'endomorphisme induit sous la forme avec : déterminer les valeurs de possibles et les valeurs propres associées.
4. Donner le spectre complet de avec les dimensions des sous-espaces propres, une base orthonormée de formée de vecteurs propres de , et la valeur de .
5. Déterminer
ainsi que les vecteurs unitaires qui réalisent ce maximum.
6. Application numérique. On prend muni du produit scalaire canonique, et .
a. Écrire la matrice de dans la base canonique et vérifier qu'elle est symétrique.
b. Donner le spectre de , une base orthonormée de vecteurs propres, et vérifier la trace et le rang sur .
c. Donner la valeur du maximum de la question 5 et le vecteur unitaire qui le réalise.
Bloqué sur « Endomorphismes des espaces euclidiens » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.