PC · Chapitre 02

Exercices — Endomorphismes des espaces euclidiens

34 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

34 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Reconnaitre une matrice orthogonale

Matrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonormée

On munit Rn de son produit scalaire canonique. On rappelle qu'une matrice MMn(R) est orthogonale lorsque MM=In, et l'on note On(R) l'ensemble des matrices orthogonales de Mn(R).

1. Pour chacune des quatre matrices suivantes, dire si elle est orthogonale. On justifiera de deux façons : par le calcul du produit MM, puis par la lecture des colonnes de M.

a. A=15(3443)

b. B=(100001010)

c. C=(12131601326121316)

d. D=(212221122)

2. Calculer le déterminant de chacune des matrices orthogonales trouvées, et préciser celles qui appartiennent à SOn(R).

3. Déterminer le réel λ>0 tel que λD soit orthogonale. La matrice λD appartient-elle à SO3(R) ?

4. Soit N=(1101). Existe-t-il un réel λ tel que λN soit orthogonale ?

Exercice 2 ★★★Isometrie vectorielle ou non

Isométries vectorielles : définition et caractérisations

On munit R2 et R3 de leur produit scalaire canonique. On rappelle qu'un endomorphisme u d'un espace euclidien E est une isométrie vectorielle lorsque u(x)=x pour tout xE.

1. Pour chacun des quatre endomorphismes suivants, dire s'il s'agit d'une isométrie vectorielle. En cas de réponse négative, exhiber un vecteur explicite dont la norme n'est pas conservée.

a. f définie sur R2 par f(x,y)=(2x,2y).

b. g définie sur R3 par g(x,y,z)=(x,y,z).

c. p définie sur R3 par p(x,y,z)=x+y+z3(1,1,1).

d. r définie sur R2 par r(x,y)=(xy2,x+y2).

2. Soit E un espace euclidien et λR. On note hλ l'homothétie de rapport λ, définie par hλ(x)=λx. Déterminer tous les λ pour lesquels hλ est une isométrie vectorielle.

3. Soit u une isométrie vectorielle d'un espace euclidien E. Montrer que toute valeur propre de u appartient à {1,1}. Une isométrie vectorielle possède-t-elle toujours une valeur propre ?

4. Écrire la matrice de chacun des quatre endomorphismes de la question 1 dans la base canonique et retrouver les réponses par le critère matriciel.

Exercice 3 ★★★★Base orthonormee et matrice de passage orthogonale

Espace euclidien, bases orthonormées, projection orthogonale (rappels de première année)Matrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonormée

On munit R3 de son produit scalaire canonique x,y=x1y1+x2y2+x3y3, et l'on note B=(e1,e2,e3) sa base canonique, qui est orthonormée. On considère les trois vecteurs

v1=(1,1,1),v2=(1,1,0),v3=(1,0,0)

1. Montrer que (v1,v2,v3) est une base de R3.

2. Appliquer le procédé de Gram-Schmidt à cette famille : construire une base orthonormée C=(ε1,ε2,ε3) de R3 telle que, pour k{1,2,3}, Vect(ε1,,εk)=Vect(v1,,vk).

3. Écrire la matrice de passage P de la base B à la base C, puis vérifier par le calcul que PP=I3. Pourquoi ce résultat était-il prévisible ?

4. En déduire P1 sans effectuer d'inversion de matrice. Calculer detP et dire si la base C est directe.

5. Déterminer les coordonnées du vecteur x=(1,2,3) dans la base C, et contrôler le résultat de deux façons.

Exercice 4 ★★★Isometries du plan : rotation ou reflexion

Isométries vectorielles du plan : rotations, réflexions, classification

On munit R2 de son produit scalaire canonique et de son orientation canonique. On rappelle la description de O2(R) : toute matrice orthogonale MM2(R) est d'un et d'un seul des deux types suivants,

Rθ=(cosθsinθsinθcosθ)avec detRθ=1,Sθ=(cosθsinθsinθcosθ)avec detSθ=1

la première étant la matrice de la rotation vectorielle d'angle θ, la seconde celle de la réflexion (symétrie orthogonale) par rapport à une droite.

1. Vérifier que les quatre matrices suivantes sont orthogonales.

a. M1=12(1331)

b. M2=(0110)

c. M3=15(3443)

d. M4=12(1111)

2. Pour chacune, calculer le déterminant et conclure : rotation ou réflexion. Dans le cas d'une rotation, déterminer son angle ; dans le cas d'une réflexion, déterminer son axe en résolvant Ker(MI2), et vérifier le résultat sur un vecteur orthogonal à cet axe.

3. La matrice I2 est orthogonale. Est-ce la matrice d'une rotation ou celle d'une réflexion ?

Exercice 5 ★★★★Symetrie orthogonale par rapport a un plan de l espace

Symétries orthogonales et réflexions

On munit R3 de son produit scalaire canonique et de sa base canonique (e1,e2,e3), qui est orthonormée. On considère le plan

P={(x,y,z)R3  ;  x+y+z=0}

On note p la projection orthogonale sur P et s la symétrie orthogonale par rapport à P, c'est-à-dire l'endomorphisme s=2pIdR3.

1. Donner un vecteur normal a au plan P, puis une base orthonormée de P.

2. Montrer que, pour tout xR3, p(x)=xa,xa2a, et en déduire la matrice A de p dans la base canonique.

3. En déduire la matrice S de s dans la base canonique.

4. Vérifier que S est symétrique, que S2=I3, que S est orthogonale et que detS=1. Déterminer les sous-espaces propres de s.

5. Calculer s(1,2,3) et p(1,2,3), puis contrôler le résultat par trois vérifications géométriques.

Exercice 6 ★★★★Reconnaitre un endomorphisme autoadjoint

Endomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réelles

On munit R2 et R3 de leur produit scalaire canonique. On rappelle qu'un endomorphisme u d'un espace euclidien E est autoadjoint lorsque

(x,y)E2,u(x),y=x,u(y)

et l'on note S(E) l'ensemble des endomorphismes autoadjoints de E. On considère les trois endomorphismes suivants.

a. u sur R3, défini par u(x)=a,xaa=(1,2,1).

b. v sur R3, défini par v(x)=xn,x9nn=(2,1,2).

c. w sur R2, défini par w(x,y)=(x+2y,  2x+y).

1. Pour chacun de ces trois endomorphismes, déterminer directement, à partir de la définition, s'il est autoadjoint.

2. Écrire la matrice de chacun dans la base canonique et retrouver les réponses de la question 1.

3. On considère l'endomorphisme u0 de R2 dont la matrice dans la base canonique est (1111), ainsi que la famille f1=(1,0), f2=(1,1). Montrer que (f1,f2) est une base de R2 qui n'est pas orthonormée, puis écrire la matrice de u0 dans cette base. Que faut-il en conclure sur la caractérisation matricielle des endomorphismes autoadjoints ?

4. Déterminer les valeurs propres et les sous-espaces propres de l'endomorphisme u de la question a.

Exercice 7 ★★★Diagonaliser une matrice symetrique 2x2 en base orthonormee

Réduction pratique d'une matrice symétrique réelleThéorème spectral : base orthonormée de vecteurs propres

On munit R2 de son produit scalaire canonique, pour lequel X,Y=XY lorsque X et Y sont vus comme des colonnes. On considère les deux matrices symétriques

a. A=(3113)

b. B=(1222)

Le théorème spectral affirme que toute matrice symétrique réelle M s'écrit M=PDP avec D diagonale réelle et P orthogonale, autrement dit qu'il existe une base orthonormée de vecteurs propres.

1. Soit MS2(R), et soient X et Y deux vecteurs propres de M associés à deux valeurs propres distinctes λ et μ. Montrer que X et Y sont orthogonaux.

2. Diagonaliser A : valeurs propres, sous-espaces propres, puis matrices P orthogonale et D diagonale telles que A=PDP. Vérifier PP=I2, puis recalculer le produit PDP.

3. Faire de même avec B.

4. Les matrices P obtenues appartiennent-elles à SO2(R) ? Comment s'y ramener ?

Exercice 8 ★★★Matrice symetrique positive ou definie positive

Matrices symétriques positives et définies positives, critères

On rappelle les définitions. Une matrice MSn(R) est positive lorsque XMX0 pour toute colonne XMn,1(R), et définie positive lorsque de plus XMX=0 entraîne X=0. On note Sn+(R) et Sn++(R) les ensembles correspondants. La caractérisation spectrale est la suivante :

MSn+(R)    Sp(M)R+,MSn++(R)    Sp(M)R+

On considère les trois matrices suivantes.

a. A=(2112)

b. B=(110110003)

c. C=(102010201)

1. Vérifier que ces trois matrices sont symétriques, déterminer leur spectre, et classer chacune d'elles à l'aide de la caractérisation spectrale.

2. Retrouver directement les conclusions concernant A et B en écrivant XAX et XBX comme des sommes de carrés. Pour C, exhiber une colonne X telle que XCX<0.

3. Soit M=(mi,j)Sn+(R). Montrer que mi,i0 pour tout i. La réciproque est-elle vraie, autrement dit une matrice symétrique à coefficients diagonaux positifs est-elle positive ?

Exercice 9 ★★★Les trois caracterisations d une isometrie vectorielle

Isométries vectorielles : définition et caractérisationsMatrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonormée

Soit E un espace euclidien de dimension n1, muni du produit scalaire , et de la norme associée x=x,x. Soit u un endomorphisme de E, soit B=(e1,,en) une base orthonormée de E, et soit A=MatB(u). On considère les quatre assertions

  • (i) pour tout xE, u(x)=x ;
  • (ii) pour tous x,yE, u(x),u(y)=x,y ;
  • (iii) la famille (u(e1),,u(en)) est une base orthonormée de E ;
  • (iv) AA=In.

1. Établir l'identité de polarisation : pour tous x,yE,

x,y=12(x+y2x2y2)

2. Montrer que (i) et (ii) sont équivalentes.

3. Montrer que (ii) et (iii) sont équivalentes.

4. Montrer que (iii) et (iv) sont équivalentes.

5. En déduire qu'une isométrie vectorielle est bijective, et que sa réciproque est encore une isométrie vectorielle.

6. Montrer, par un contre-exemple explicite en dimension 2, que l'hypothèse « u(ei)=ei pour tout i » ne suffit pas à faire de u une isométrie vectorielle.

Exercice 10 ★★★★Composer deux reflexions du plan

Isométries vectorielles du plan : rotations, réflexions, classificationSymétries orthogonales et réflexions

Le plan E=R2 est muni de son produit scalaire canonique et orienté par la base orthonormée directe B=(e1,e2).

Pour αR, on pose

uα=cosαe1+sinαe2,vα=sinαe1+cosαe2

et on note Dα=Vect(uα) la droite dirigée par uα, puis sα la réflexion d'axe Dα, c'est-à-dire la symétrie orthogonale par rapport à Dα. Enfin, rθ désigne la rotation vectorielle d'angle θ, de matrice

R(θ)=(cosθsinθsinθcosθ)

dans la base B.

1. Montrer que la matrice de sα dans B est

S(α)=(cos2αsin2αsin2αcos2α)

Vérifier que S(α)S(α)=I2, que detS(α)=1 et que S(α)2=I2.

2. Soient α1 et α2 deux réels, S1=S(α1) et S2=S(α2). Calculer S1S2 et S2S1, et reconnaître les isométries correspondantes.

3. En déduire une condition nécessaire et suffisante portant sur α1α2 pour que sα1 et sα2 commutent. Interpréter géométriquement.

4. Application numérique avec α1=π6 et α2=π3 : écrire S1 et S2, calculer les deux produits coefficient par coefficient et identifier les angles obtenus.

5. Décomposer la rotation rπ/2 en produit de deux réflexions. Le couple de réflexions obtenu est-il unique ?

Exercice 11 ★★★★Reflexion par rapport a un hyperplan

Symétries orthogonales et réflexionsMatrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonormée

Soit E un espace euclidien de dimension n2, dont le produit scalaire est noté x,y et la norme x. Soit aE un vecteur non nul et H=a l'hyperplan orthogonal à a. On définit l'application

s:EE,s(x)=x2a,xa2a

1. Montrer que s est un endomorphisme de E.

2. Calculer s(a), et montrer que s(x)=x pour tout xH. Que représente géométriquement s ?

3. Calculer s(x)2 pour xE quelconque et en déduire que s est une isométrie de E.

4. Montrer que ss=IdE.

5. Montrer que s est autoadjointe, c'est-à-dire que s(x),y=x,s(y) pour tous x,yE.

6. Application numérique. On prend E=R3 muni de son produit scalaire canonique, rapporté à sa base canonique B=(e1,e2,e3), qui est orthonormée, et a=(2,1,2). Déterminer H, écrire la matrice S de s dans B, puis vérifier que S est symétrique, que SS=I3, que detS=1 et que tr(S)=n2.

7. Revenons au cas général. Déterminer det(s) et tr(s) en dimension n quelconque, en utilisant une base orthonormée adaptée.

Exercice 12 ★★★★Completer une matrice orthogonale

Matrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonorméeGroupe orthogonal O(E), stabilité de l'orthogonal d'un sous-espace stable

L'espace R3 est muni de son produit scalaire canonique et de sa base canonique, qui est orthonormée. On identifie un vecteur de R3 à la matrice colonne de ses coordonnées. On pose

C1=13(122)

1. Rappeler la caractérisation d'une matrice orthogonale AM3(R) par ses colonnes. Vérifier que C1 peut être la première colonne d'une telle matrice.

2. Déterminer une colonne C2 unitaire et orthogonale à C1, dont les coefficients sont des tiers d'entiers.

3. Déterminer toutes les colonnes C3 telles que A=(C1C2C3) soit orthogonale, puis choisir celle pour laquelle detA=1. Vérifier alors AA=I3 et detA=1 par le calcul.

4. Soient A,BOn(R). Montrer que ABOn(R), que A est inversible avec A1=AOn(R), et que detA{1,1}. La réciproque de ce dernier point est-elle vraie ? Donner une matrice de M2(R) de déterminant 1 qui n'est pas orthogonale.

5. Montrer que tous les coefficients d'une matrice de On(R) appartiennent à [1,1]. Étudier le cas d'égalité.

Exercice 13 ★★★★Rotation de l espace : axe et angle

Isométries vectorielles de l'espace : rotations, axe et angle

L'espace R3 est muni de son produit scalaire canonique et orienté par sa base canonique B=(e1,e2,e3), qui est orthonormée directe. On identifie un vecteur à la colonne de ses coordonnées, et on note uv le produit vectoriel de deux vecteurs. On pose

A=13(212221122)M3(R)

et on note f l'endomorphisme de R3 de matrice A dans B.

1. Vérifier que AA=I3 et que detA=1. Qu'en déduit-on sur f ?

2. Déterminer l'axe de f, c'est-à-dire Ker(AI3), et vérifier qu'il s'agit bien d'une droite vectorielle.

3. Déterminer une mesure θ de l'angle de f : d'abord cosθ grâce à la relation tr(A)=1+2cosθ, puis le signe de sinθ grâce au produit mixte det(a,x,f(x)), où a oriente l'axe et où x n'est pas colinéaire à a.

4. On pose B=A. Montrer que B est orthogonale, calculer detB, et justifier que B n'est ni une rotation ni une réflexion. Décrire enfin l'endomorphisme g associé à B en écrivant sa matrice dans une base orthonormée directe adaptée.

Exercice 14 ★★★★Diagonaliser une matrice symetrique 3x3

Réduction pratique d'une matrice symétrique réelleThéorème spectral : base orthonormée de vecteurs propres

L'espace R3 est muni de son produit scalaire canonique et de sa base canonique, qui est orthonormée. On identifie un vecteur à la colonne de ses coordonnées. On considère

A=(311151113)M3(R)

1. Justifier, sans aucun calcul, que A est diagonalisable dans une base orthonormée de R3.

2. Calculer le polynôme caractéristique de A, le factoriser, et en déduire Sp(A).

3. Déterminer une base de chaque sous-espace propre de A.

4. Vérifier que les trois vecteurs propres obtenus sont deux à deux orthogonaux. Pourquoi était-ce prévisible ?

5. En déduire une matrice PO3(R) et une matrice diagonale D telles que A=PDP. Vérifier PP=I3.

6. Vérifier l'égalité AP=PD en calculant les deux membres colonne par colonne.

Exercice 15 ★★★★Valeur propre double et orthonormalisation

Réduction pratique d'une matrice symétrique réelleThéorème spectral : base orthonormée de vecteurs propres

L'espace R3 est muni de son produit scalaire canonique et de sa base canonique, qui est orthonormée. On identifie un vecteur à la colonne de ses coordonnées. On considère

A=(211121112)M3(R)

1. Vérifier que 4 est valeur propre de A et déterminer E4(A).

2. Déterminer E1(A)=Ker(AI3) et sa dimension. En déduire, sans calculer le polynôme caractéristique, que χA(X)=(X4)(X1)2.

3. Vérifier que E4(A) et E1(A) sont orthogonaux. La base de E1(A) obtenue à la question 2 est-elle orthogonale ?

4. Orthonormaliser cette base de E1(A) par le procédé de Gram-Schmidt, en détaillant les calculs.

5. En déduire PO3(R) et D diagonale telles que PAP=D. Vérifier l'égalité.

6. Montrer que P n'est pas unique en exhibant une autre matrice orthogonale P convenant pour la même matrice D. Que peut-on dire, en revanche, de l'unicité de D ?

Exercice 16 ★★★Caracteriser un projecteur orthogonal

Caractérisation des projecteurs orthogonauxEndomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réelles

Soit E un espace euclidien de dimension n, de produit scalaire x,y et de norme x.

On appelle projecteur de E tout endomorphisme p de E vérifiant pp=p, et projecteur orthogonal tout projecteur p tel que Kerp=(Imp), c'est-à-dire la projection orthogonale sur Imp.

1. Soit p un projecteur de E. Montrer que p(x)=x pour tout xImp, puis que E=KerpImp.

2. Démontrer le théorème suivant : un projecteur p de E est un projecteur orthogonal si et seulement si p est autoadjoint, c'est-à-dire si et seulement si p(x),y=x,p(y) pour tous x,yE.

3. Application. Dans R3 muni de son produit scalaire canonique et de sa base canonique (orthonormée), on pose

M=16(512152222)

Vérifier que M2=M et que M=M. Que peut-on en conclure ?

4. Déterminer Kerp et Imp, où p est l'endomorphisme de matrice M, et vérifier directement qu'ils sont orthogonaux.

5. Calculer la distance du vecteur b=(1,2,3) au sous-espace Imp.

6. Donner une matrice M0M2(R) vérifiant M02=M0 mais dont le projecteur associé n'est pas orthogonal. Le vérifier en explicitant son image et son noyau.

Exercice 17 ★★★★Orthogonal d un sous-espace stable par une isometrie

Groupe orthogonal O(E), stabilité de l'orthogonal d'un sous-espace stableIsométries vectorielles : définition et caractérisations

Soit E un espace euclidien de dimension n, de produit scalaire x,y et de norme x. On rappelle qu'un endomorphisme u de E est une isométrie vectorielle (on note uO(E)) lorsque u(x)=x pour tout xE, ce qui équivaut à u(x),u(y)=x,y pour tous x,yE.

Soit uO(E) et soit F un sous-espace vectoriel de E stable par u, c'est-à-dire tel que u(F)F.

1. Montrer que u est injective, puis que l'endomorphisme induit uF:FF est un automorphisme de F. En déduire que u(F)=F.

2. Montrer que F est stable par u. Où l'égalité u(F)=F intervient-elle ?

3. Montrer que uF est une isométrie de F, et de même pour uF.

4. Contre-exemple. Dans R2 muni de son produit scalaire canonique et de sa base canonique (e1,e2), on considère l'endomorphisme v de matrice

A=(1102)

Montrer que F=Vect(e1) est stable par v, mais que F ne l'est pas. Pourquoi cela ne contredit-il pas la question 2 ?

5. Application. Soit u une isométrie de R3 admettant 1 pour valeur propre, et soit a un vecteur propre associé. Montrer que le plan a est stable par u et que u induit sur ce plan une isométrie.

Exercice 18 ★★★★Sous-espaces propres d un endomorphisme autoadjoint

Endomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réellesThéorème spectral : base orthonormée de vecteurs propres

Soit E un espace euclidien de dimension n, de produit scalaire x,y. On rappelle qu'un endomorphisme u de E est autoadjoint (on note uS(E)) lorsque

u(x),y=x,u(y)pour tous x,yE

Dans les questions 1 à 3, u désigne un endomorphisme autoadjoint de E.

1. Soient λ et μ deux valeurs propres distinctes de u. Montrer que les sous-espaces propres Eλ(u) et Eμ(u) sont orthogonaux.

2. Soit F un sous-espace vectoriel de E stable par u. Montrer que F est stable par u.

3. Soit F un sous-espace vectoriel de E stable par u. Montrer que l'endomorphisme induit uF est un endomorphisme autoadjoint de F.

4. Application numérique. Dans R3 muni de son produit scalaire canonique et de sa base canonique (orthonormée), on considère

A=(401041115)

et l'on admet que 4 et 3 sont valeurs propres de A.

a. Justifier que l'endomorphisme u canoniquement associé à A est autoadjoint.

b. Vérifier que v1=(1,1,0) engendre E4(u) et que v2=(1,1,1) engendre E3(u), puis contrôler leur orthogonalité.

c. Sans calculer le polynôme caractéristique, déterminer le troisième sous-espace propre de A et la valeur propre associée. On utilisera l'orthogonalité et la trace.

d. Écrire une matrice PO3(R) et une matrice diagonale D telles que A=PDP.

Exercice 19 ★★★★La matrice A transposee fois A est positive

Matrices symétriques positives et définies positives, critères

On munit Mn,1(R) du produit scalaire canonique X,Y=XY et de la norme associée X=XX. On rappelle les définitions

Sn+(R)={SSn(R)  ;  XMn,1(R), XSX0} Sn++(R)={SSn(R)  ;  XMn,1(R), X0XSX>0}

Soit AMn(R).

1. Montrer que AA est symétrique.

2. Montrer que pour toute colonne XMn,1(R) on a X(AA)X=AX2. En déduire que AASn+(R).

3. Montrer que Ker(AA)=Ker(A), puis que AASn++(R) si et seulement si A est inversible.

4. En déduire que rg(AA)=rg(A).

5. Les questions 1 à 4 s'adaptent mot pour mot à une matrice rectangulaire AMn,p(R), pour laquelle AA appartient à Sp(R). Le vérifier sur l'exemple

A=(111001)

en calculant AA, ses valeurs propres, et en concluant sur son appartenance à S2+(R) ou S2++(R).

6. Montrer, sans utiliser le théorème spectral, que toute valeur propre de AA est positive. Montrer enfin que tr(AA) est la somme des carrés de tous les coefficients de A, et le vérifier sur l'exemple de la question 5.

Exercice 20 ★★★La matrice des uns comme projecteur orthogonal

Espace euclidien, bases orthonormées, projection orthogonale (rappels de première année)Théorème spectral : base orthonormée de vecteurs propresCaractérisation des projecteurs orthogonauxMatrices symétriques positives et définies positives, critères

Soit n2. On note JMn(R) la matrice dont tous les coefficients valent 1, et UMn,1(R) la colonne dont toutes les coordonnées valent 1. On munit Mn,1(R) du produit scalaire canonique X,Y=XY et de la norme associée X=XX, pour lesquels la base canonique est orthonormée. On note enfin H l'hyperplan

H={XMn,1(R)  ;  x1++xn=0}

Rappels. Pour toute colonne X de coordonnées x1,,xn, la i-ième coordonnée de JX vaut x1++xn quel que soit i, autrement dit JX=(x1++xn)U. On en déduit J2=nJ, puis Sp(J)={0,n} avec KerJ=E0(J)=H de dimension n1, et En(J)=Vect(U) de dimension 1. On admet ces résultats, établis dans le chapitre « Algèbre linéaire » : le présent exercice ne les redémontre pas et se place uniquement du point de vue euclidien.

1. Justifier que J est symétrique et que le théorème spectral s'applique. Retrouver, sans calcul, que H=Vect(U), et vérifier que les deux sous-espaces propres de J sont orthogonaux, comme le prévoit le théorème spectral.

2. Montrer que P=1nJ est la matrice de la projection orthogonale sur la droite Vect(U). On vérifiera P2=P et P=P, et on identifiera ImP et KerP.

3. On pose X0=(1,2,,n). Calculer la distance de X0 à l'hyperplan H, ainsi que le projeté orthogonal de X0 sur H. Détailler le cas n=4.

4. Soit X une colonne quelconque. En appliquant le théorème de Pythagore à la décomposition de X associée à P, établir l'inégalité

(x1++xn)2n(x12++xn2)

et déterminer ses cas d'égalité. Interpréter l'écart entre les deux membres, puis contrôler le tout sur X0=(1,2,3,4).

5. Soient a et b deux réels. Montrer que aIn+bJ appartient à Sn++(R) si et seulement si a>0 et a+nb>0. Application : pour quelles valeurs du réel t la matrice de M4(R) dont les coefficients diagonaux valent 1 et tous les autres valent t est-elle définie positive ?

Exercice 21 ★★★Une matrice a la fois symetrique et orthogonale

Endomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réellesSymétries orthogonales et réflexionsMatrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonormée

On munit Rn de son produit scalaire canonique, pour lequel la base canonique est une base orthonormée. On rappelle que, si F est un sous-espace vectoriel de Rn, tout vecteur x s'écrit de façon unique x=xF+xF avec xFF et xFF, et que la symétrie orthogonale par rapport à F est l'endomorphisme s défini par s(x)=xFxF.

Soit ASn(R)On(R), c'est-à-dire une matrice vérifiant à la fois A=A et AA=In. On note u l'endomorphisme de Rn canoniquement associé à A.

1. Montrer que A2=In.

2. En déduire que Sp(A){1,1}.

3. On pose F=Ker(AIn) et G=Ker(A+In).

a. À l'aide du théorème spectral, montrer que Rn=FG.

b. Montrer que F et G sont orthogonaux, puis que G=F.

c. En déduire que u est la symétrie orthogonale par rapport à F.

4. Réciproquement, soit s la symétrie orthogonale par rapport à un sous-espace F de Rn, et S sa matrice dans la base canonique. Montrer que SSn(R)On(R).

5. Application. On pose

A=13(122212221)

a. Vérifier que AS3(R)O3(R).

b. Déterminer F=Ker(AI3) et F, en donner une base, et identifier la symétrie orthogonale correspondante.

c. Vérifier la relation tr(A)=dimFdimF, ainsi que la valeur de detA.

Exercice 22 ★★★★Encadrement du produit scalaire u(x) avec x

Encadrement du produit scalaire <u(x), x>, quotient de Rayleigh et extremumsEndomorphismes autoadjoints positifs et définis positifs

Soit E un espace euclidien de dimension n1, de produit scalaire , et de norme . Soit uS(E) un endomorphisme autoadjoint, c'est-à-dire vérifiant

x,yE,u(x),y=x,u(y)

D'après le théorème spectral, il existe une base orthonormée (e1,,en) de E formée de vecteurs propres de u. On note λ1λ2λn les valeurs propres associées, rangées dans l'ordre croissant et répétées selon leur multiplicité, de sorte que u(ei)=λiei pour tout i.

On rappelle enfin que

S+(E)={uS(E)  ;  xE, u(x),x0} S++(E)={uS(E)  ;  xE, x0u(x),x>0}

1. Soit xE, de coordonnées (x1,,xn) dans la base (e1,,en). Exprimer x2 et u(x),x en fonction des xi et des λi, puis établir l'encadrement

λ1x2u(x),xλnx2

2. Montrer que ces deux bornes sont atteintes, et caractériser les vecteurs x pour lesquels il y a égalité, à gauche puis à droite.

3. En déduire que

λn=maxx=1u(x),xetλ1=minx=1u(x),x

4. En déduire une caractérisation de S+(E) et de S++(E) à l'aide du spectre.

5. Application. On munit R3 de son produit scalaire canonique et on pose

A=(310130002)

Déterminer le maximum et le minimum de XAX lorsque X décrit la sphère unité de M3,1(R), ainsi que les vecteurs qui les réalisent. La matrice A est-elle définie positive ?

6. Question courte : encadrer tr(u) à l'aide de λ1 et λn, et le vérifier sur l'exemple de la question 5.

Exercice 23 ★★★Le produit scalaire canonique sur les matrices

Espace euclidien, bases orthonormées, projection orthogonale (rappels de première année)Matrices symétriques positives et définies positives, critères

Sur l'espace vectoriel Mn(R), de dimension n2, on pose

A,B=tr(AB)

On note Sn(R) l'ensemble des matrices symétriques et An(R) l'ensemble des matrices antisymétriques, c'est-à-dire vérifiant M=M. On rappelle que tr(M)=tr(M) pour toute matrice carrée M.

1. Montrer que , est un produit scalaire sur Mn(R). On établira au passage la formule

A,B=i=1nj=1nai,jbi,j

A=(ai,j) et B=(bi,j). On note A=A,A la norme associée.

2. Donner une base orthonormée de Mn(R) pour ce produit scalaire.

3. Montrer que Sn(R) et An(R) sont orthogonaux et supplémentaires dans Mn(R), autrement dit que An(R)=Sn(R). Préciser leurs dimensions.

4. Écrire la décomposition de

M=(123014101)

en une partie symétrique et une partie antisymétrique, puis vérifier le théorème de Pythagore sur cet exemple.

5. Montrer que pour toute AMn(R),

tr(A)nA

et préciser le cas d'égalité. Vérifier l'inégalité sur la matrice M de la question 4.

Exercice 24 ★★★Racine carree d une matrice symetrique positive

Matrices symétriques positives et définies positives, critèresThéorème spectral : base orthonormée de vecteurs propres

On munit Mn,1(R) du produit scalaire canonique X,Y=XY. On rappelle la caractérisation spectrale : une matrice SSn(R) appartient à Sn+(R) si et seulement si toutes ses valeurs propres sont positives.

1. Soit SSn+(R). À l'aide du théorème spectral, construire une matrice RSn+(R) telle que R2=S. On dit que R est une racine carrée positive de S.

2. Unicité. Soit R une autre matrice de Sn+(R) telle que R2=S.

a. Montrer que RS=SR.

b. En déduire que chaque sous-espace propre de S est stable par l'endomorphisme canoniquement associé à R.

c. Soit λSp(S). Montrer que la restriction de cet endomorphisme à Eλ(S) est l'homothétie de rapport λ.

d. Conclure que R=R : la racine carrée positive est unique.

3. Application. Calculer la racine carrée positive de

S=(504090405)

en détaillant la réduction, et vérifier le résultat en recalculant R2.

4. Question courte : que devient l'énoncé si l'on suppose seulement SSn(R) ? Donner un contre-exemple explicite.

Exercice 25 ★★★★Matrice d une rotation d axe et d angle donnes

Isométries vectorielles de l'espace : rotations, axe et angle

On munit R3 de son produit scalaire canonique et de l'orientation pour laquelle la base canonique (e1,e2,e3) est directe. On note le produit vectoriel. On rappelle que si (a,v,w) est une base orthonormée directe, la matrice dans cette base de la rotation d'axe Vect(a) orienté par a et d'angle θ est

M=(1000cosθsinθ0sinθcosθ)

Soit r la rotation d'axe dirigé et orienté par le vecteur unitaire

a=13(1,1,1)

et d'angle θ.

1. Vérifier que a est unitaire, puis construire une base orthonormée directe (a,v,w) de R3 en explicitant les calculs.

2. Écrire la matrice de r dans la base (a,v,w).

3. On prend désormais θ=2π3. Déterminer la matrice A de r dans la base canonique, en détaillant entièrement le changement de base A=PMP.

4. Vérifier le résultat de quatre façons : A est orthogonale, detA=1, tr(A)=1+2cosθ, et A fixe le vecteur a.

5. Question courte : que vaut r3 ? Le vérifier sur la matrice A.

Exercice 26 ★★★Moindres carres et equations normales

Caractérisation des projecteurs orthogonauxMatrices symétriques positives et définies positives, critères

On munit Mn,1(R) du produit scalaire canonique X,Y=XY et de la norme associée X=XX.

Soient AMn,p(R) de rang p (avec pn) et BMn,1(R). Le système AX=B n'a en général pas de solution : on cherche donc XMp,1(R) rendant AXB minimal. C'est le problème des moindres carrés.

1. Montrer que l'ensemble {AX  ;  XMp,1(R)} est le sous-espace Im(A) engendré par les colonnes de A. En déduire, géométriquement, que le minimum cherché existe et vaut la distance de B à Im(A), atteinte lorsque AX est la projection orthogonale de B sur Im(A).

2. Montrer qu'une colonne Y est orthogonale à Im(A) si et seulement si AY=0. En déduire que

X reˊalise le minimum    AAX=AB

Ce système est appelé système des équations normales.

3. Montrer que AASp++(R), et en déduire que la solution du problème est unique.

4. Application. On cherche la droite d'équation y=ax+b qui ajuste au mieux, au sens des moindres carrés, les quatre points

(0,1),(1,2),(2,2),(3,4)

Écrire A et B, calculer AA et AB, résoudre le système 2×2, donner l'équation de la droite et calculer le résidu AXB.

5. Vérifier sur cet exemple que le résidu AXB est bien orthogonal aux deux colonnes de A.

Exercice 27 ★★★Matrices antisymetriques et transformation de Cayley

Matrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonorméeGroupe orthogonal O(E), stabilité de l'orthogonal d'un sous-espace stable

On munit Mn,1(R) du produit scalaire canonique X,Y=XY et de la norme associée. Une matrice AMn(R) est dite antisymétrique lorsque A=A.

Soit AMn(R) antisymétrique.

1. Montrer que XAX=0 pour toute colonne XMn,1(R). On pourra remarquer que XAX est une matrice de taille 1×1, donc égale à sa transposée.

2. En déduire que In+A est inversible. On calculera X(In+A)X pour X dans le noyau. Montrer de même que InA est inversible.

3. On pose Q=(InA)(In+A)1, appelée transformée de Cayley de A.

a. Montrer que InA et (In+A)1 commutent.

b. Calculer Q, puis QQ. Conclure que QOn(R).

c. Montrer que detQ=1, autrement dit QSOn(R).

4. Montrer que 1 n'est pas valeur propre de Q.

5. Application. On prend n=3 et

A=(010101010)

Calculer (I3+A)1 puis Q entièrement, et vérifier directement que QQ=I3 et detQ=1.

6. Question courte : quelles sont les matrices à la fois symétriques et antisymétriques ?

Exercice 28 ★★★★Distance d une matrice a l ensemble des matrices symetriques

Espace euclidien, bases orthonormées, projection orthogonale (rappels de première année)Caractérisation des projecteurs orthogonaux

Sur Mn(R), on pose

A,B=tr(AB)

On admettra que c'est un produit scalaire ; on notera la norme associée. On note Sn(R) l'ensemble des matrices symétriques et An(R) l'ensemble des matrices antisymétriques, c'est-à-dire des matrices A vérifiant A=A.

On note enfin p l'application définie sur Mn(R) par

p(M)=12(M+M)

1. a. Montrer que p est un endomorphisme de Mn(R), que pp=p et que Im(p)=Sn(R).

b. Montrer que p est le projecteur orthogonal sur Sn(R). On pourra au choix vérifier que le résidu Mp(M) est orthogonal à Sn(R), ou bien que p est autoadjoint pour ce produit scalaire, c'est-à-dire que p(M),N=M,p(N) pour toutes matrices M et N.

c. En déduire que An(R)=Sn(R).

2. En déduire, pour MMn(R), la valeur de la distance

d(M,Sn(R))=minSSn(R)MS

d'abord sous la forme 12MM, puis sous une forme ne faisant intervenir que tr(MM) et tr(M2).

3. Application numérique. On pose

M=(231114321)

a. Calculer la partie symétrique S=p(M) et la partie antisymétrique A=Mp(M) de M, et vérifier que S+A=M.

b. Calculer d(M,S3(R)) et d(M,A3(R)), puis vérifier le théorème de Pythagore M2=S2+A2.

c. Retrouver d(M,S3(R)) par la formule de la question 2 faisant intervenir tr(M2).

4. Quelles sont les matrices situées à distance nulle de Sn(R) ?

Exercice 29 ★★★★Deux endomorphismes autoadjoints qui commutent

Endomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réellesThéorème spectral : base orthonormée de vecteurs propres

Le théorème spectral fournit, pour un seul endomorphisme autoadjoint, une base orthonormée de vecteurs propres. Cet exercice montre qu'on peut en trouver une commune à deux endomorphismes autoadjoints, à la seule condition qu'ils commutent.

Soit E un espace euclidien de dimension n1, et soient u et v deux endomorphismes autoadjoints de E (c'est-à-dire vérifiant u(x),y=x,u(y) et v(x),y=x,v(y) pour tous x,yE) tels que

uv=vu

On note λ1,,λr les valeurs propres deux à deux distinctes de u et Fi=Ker(uλiIdE) le sous-espace propre associé à λi.

1. Montrer que chaque Fi est stable par v.

2. On note vi l'endomorphisme induit par v sur Fi. Montrer que vi est un endomorphisme autoadjoint de l'espace euclidien Fi.

3. En déduire qu'il existe une base orthonormée de E formée de vecteurs propres communs à u et à v.

4. Traduire matriciellement : si A et B sont deux matrices de Sn(R) telles que AB=BA, il existe POn(R) telle que PAP et PBP soient toutes deux diagonales.

5. Application numérique. On pose

A=(211121112),B=(210120003)

a. Vérifier que A et B sont symétriques et que AB=BA par le calcul des deux produits.

b. Déterminer les valeurs propres et les sous-espaces propres de A. Constater qu'aucune base orthonormée n'est imposée par A seule.

c. Écrire la matrice de l'endomorphisme induit par B sur le sous-espace propre de A de dimension 2, dans une base de ce plan, puis la diagonaliser.

d. En déduire une matrice PO3(R) telle que PAP et PBP soient diagonales, et vérifier PP=I3.

6. Contre-exemple. Donner deux matrices de S2(R) qui ne commutent pas, et justifier qu'elles ne sont diagonalisables dans aucune base commune.

Exercice 30 ★★★Decomposition polaire d une matrice inversible

Matrices symétriques positives et définies positives, critèresMatrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonormée

Tout nombre complexe non nul s'écrit z=eiθr avec r>0 et θ réel défini modulo 2π, le couple formé du module r et du nombre eiθ étant unique. Cet exercice établit l'analogue matriciel : toute matrice inversible est le produit d'une matrice orthogonale (la « rotation ») et d'une matrice symétrique définie positive (la « dilatation »). Tout se traite en langage matriciel : transposée, produit, AA.

Soit AMn(R) une matrice inversible.

1. Montrer que AASn++(R).

2. a. Montrer, à l'aide du théorème spectral, qu'il existe SSn++(R) telle que S2=AA. On admet que cette matrice S est unique (la démonstration est donnée en remarque du corrigé).

b. Justifier que S est inversible et que S1Sn++(R).

c. On pose Q=AS1. Montrer que QOn(R).

3. En déduire l'existence d'un couple (Q,S)On(R)×Sn++(R) tel que A=QS.

4. Montrer que ce couple est unique.

5. Application numérique. On pose

A=(1221)

a. Vérifier que A est inversible, puis calculer AA.

b. Déterminer les valeurs propres et une base orthonormée de vecteurs propres de AA, puis en déduire S.

c. Calculer S1, puis Q=AS1.

d. Vérifier que QQ=I2 et que QS=A. Reconnaître géométriquement Q.

Exercice 31 ★★★★Le determinant d une matrice definie positive et sa diagonale

Matrices symétriques positives et définies positives, critères

Pour une matrice symétrique définie positive, le déterminant ne peut pas dépasser le produit des coefficients diagonaux. C'est un cas particulier de l'inégalité de Hadamard, que l'on démontre ici par normalisation de la diagonale puis inégalité arithmético-géométrique.

Soit S=(sij)1i,jnSn++(R). L'objectif est de montrer

det(S)i=1nsii

On rappelle et on admet l'inégalité arithmético-géométrique : pour tous réels strictement positifs a1,,an,

(i=1nai)1/n1ni=1nai

avec égalité si et seulement si a1=a2==an.

1. Montrer que les coefficients diagonaux s11,,snn sont strictement positifs.

2. On pose D=diag(s111/2,,snn1/2) et T=DSD.

a. Montrer que TSn++(R).

b. Calculer le coefficient général tij de T et montrer que tii=1 pour tout i.

3. En déduire que tr(T)=n, puis, en notant μ1,,μn les valeurs propres de T comptées avec multiplicité, que ces réels sont strictement positifs et de moyenne 1.

4. En déduire que det(T)1.

5. Conclure sur det(S), et montrer que l'égalité a lieu si et seulement si S est diagonale.

6. Vérification numérique. Avec

S=(110121013)

vérifier que SS3++(R), calculer det(S) et isii, puis écrire T et vérifier det(T)1.

Exercice 32 ★★★★Matrice de Gram d une famille de vecteurs

Espace euclidien, bases orthonormées, projection orthogonale (rappels de première année)Matrices symétriques positives et définies positives, critères

Soit E un espace euclidien de dimension n, et soit (x1,,xp) une famille de vecteurs de E. On appelle matrice de Gram de cette famille la matrice

G(x1,,xp)=(xi,xj)1i,jpMp(R)

que l'on notera simplement G lorsqu'il n'y a pas d'ambiguïté. Cet exercice montre qu'elle contient à elle seule toute l'information métrique de la famille : liberté, volume, distances.

1. Montrer que GSp+(R). On calculera XGX pour X=(t1,,tp) et on reconnaîtra le carré d'une norme.

2. a. Montrer que GSp++(R) si et seulement si la famille (x1,,xp) est libre.

b. En déduire le critère : la famille est libre si et seulement si detG0, et l'on a toujours detG0.

3. Soit B une base orthonormée de E et soit AMn,p(R) la matrice dont la i-ième colonne est formée des coordonnées de xi dans B. Montrer que G=AA.

4. Application. Dans R3 muni du produit scalaire canonique :

a. calculer la matrice de Gram et son déterminant pour x1=(1,1,0), x2=(1,0,1), x3=(0,1,1), et conclure ;

b. faire de même pour y1=(1,1,0), y2=(1,0,1), y3=(2,1,1), et conclure.

5. On suppose (x1,,xp) libre et on pose F=Vect(x1,,xp). Soit xE. On admet que, pour tout p,

d(x,F)2=detG(x1,,xp,x)detG(x1,,xp)

a. Démontrer cette formule dans le cas p=1.

b. La démontrer dans le cas p=2. On écrira x=q+rq est la projection orthogonale de x sur F et r=xq, puis on effectuera une opération sur les colonnes du déterminant de G(x1,x2,x).

c. Application numérique. Dans R3, avec x1=(1,1,0), x2=(1,0,1) et x=(1,2,3), calculer d(x,F) par la formule, puis recouper le résultat par le calcul direct de la projection orthogonale de x sur F.

Exercice 33 ★★★Trace du produit de deux matrices positives

Matrices symétriques positives et définies positives, critèresEndomorphismes autoadjoints positifs et définis positifs

Le produit de deux matrices symétriques n'a aucune raison d'être symétrique, et AB peut très bien avoir des coefficients négatifs. Pourtant, si A et B sont positives, sa trace reste positive et se laisse encadrer. C'est un résultat classique d'oral, très utilisé en physique statistique.

Soient A,BSn+(R). On rappelle la caractérisation spectrale du cours : une matrice symétrique réelle est positive si et seulement si toutes ses valeurs propres sont positives ou nulles, et définie positive si et seulement si elles sont toutes strictement positives.

1. a. Montrer, à l'aide du théorème spectral, qu'il existe RSn+(R) telle que R2=A.

b. Montrer que tr(AB)=tr(RBR), puis que RBRSn+(R). En déduire

tr(AB)0

2. a. Montrer qu'une matrice de Sn+(R) de trace nulle est la matrice nulle.

b. Montrer que si MSn+(R) et YMn,1(R) vérifient YMY=0, alors MY=0.

c. En déduire que

tr(AB)=0    AB=0

3. Montrer que tr(AB)tr(A)tr(B). On pourra diagonaliser A en base orthonormée, poser B=PBP, et majorer chaque coefficient diagonal de B par tr(B).

4. Montrer que A+BSn+(R), et que A+BSn++(R) dès que ASn++(R).

5. Application numérique. On pose

A=(2112),B=(1111),A=(1111)

a. Vérifier que AS2++(R) et que B,AS2+(R) sans être définies positives.

b. Calculer AB, vérifier les inégalités des questions 1 et 3, et illustrer la question 4.

c. Calculer AB et illustrer la question 2.

Exercice 34 ★★★★Etude complete d un endomorphisme de rang deux

Endomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réellesThéorème spectral : base orthonormée de vecteurs propresEncadrement du produit scalaire <u(x), x>, quotient de Rayleigh et extremums

Exercice de synthèse : on part d'une formule à une ligne et on en déduit tout, du spectre au maximum de u(x),x sur la sphère unité, sans jamais écrire de matrice de taille n.

Soit E un espace euclidien de dimension n3, et soient a et b deux vecteurs unitaires non colinéaires de E. On pose

c=a,betu(x)=a,xb+b,xapour tout xE

0. Justifier que 1<c<1.

1. Montrer que u est un endomorphisme autoadjoint de E.

2. On pose P=Vect(a,b).

a. Calculer u(a) et u(b), et en déduire Im(u)=P puis rg(u)=2.

b. Montrer que Ker(u)=P et donner la dimension du sous-espace propre associé à la valeur propre 0.

3. a. Montrer que P est stable par u.

b. Chercher les vecteurs propres de l'endomorphisme induit sous la forme a+λb avec λR : déterminer les valeurs de λ possibles et les valeurs propres associées.

4. Donner le spectre complet de u avec les dimensions des sous-espaces propres, une base orthonormée de E formée de vecteurs propres de u, et la valeur de tr(u).

5. Déterminer

maxx=1u(x),x

ainsi que les vecteurs unitaires qui réalisent ce maximum.

6. Application numérique. On prend E=R3 muni du produit scalaire canonique, a=(1,0,0) et b=12(1,1,0).

a. Écrire la matrice M de u dans la base canonique et vérifier qu'elle est symétrique.

b. Donner le spectre de u, une base orthonormée de vecteurs propres, et vérifier la trace et le rang sur M.

c. Donner la valeur du maximum de la question 5 et le vecteur unitaire qui le réalise.

Bloqué sur « Endomorphismes des espaces euclidiens » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.