PC · Chapitre 01

Devoir surveillé — Algèbre linéaire

Sujet type, 240 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 240 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (4 points) — Un soluté dans trois cuves couplées

Une installation chimique comporte trois cuves C1, C2 et C3, de même volume, remplies du même solvant et reliées entre elles par un jeu de pompes. Le circuit est fermé : le soluté étudié ne peut ni entrer dans l'installation, ni en sortir. Toutes les heures, les pompes effectuent un cycle de transvasement, et l'on constate qu'à chaque cycle :

  • du contenu de C1 : 40 % reste dans C1, 30 % part vers C2 et 30 % part vers C3 ;
  • du contenu de C2 : 10 % part vers C1, 80 % reste dans C2 et 10 % part vers C3 ;
  • du contenu de C3 : 30 % part vers C1, 30 % part vers C2 et 40 % reste dans C3.

On note xn, yn et zn les quantités de soluté, exprimées en millimoles, contenues dans C1, C2 et C3 après n cycles, et l'on pose Xn=t ⁣(xnynzn). À l'instant initial, tout le soluté se trouve dans la première cuve : x0=100, y0=0 et z0=0.

1. (0,5 pt) Traduire l'énoncé par un système, en déduire une matrice AM3(R) telle que Xn+1=AXn pour tout nN, puis justifier que Xn=AnX0. Démontrer que la quantité totale de soluté ne dépend pas de n.

2. (0,5 pt) Calculer χA et en déduire Sp(A).

3. (0,75 pt) Déterminer les sous-espaces propres de A, justifier que A est diagonalisable, et écrire une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que A=PDP1.

4. (0,75 pt) Calculer P1, puis An pour tout nN.

5. (0,75 pt) Exprimer xn, yn et zn en fonction de n, et contrôler les formules obtenues pour n=1 et n=2.

6. (0,75 pt) Déterminer les limites des trois suites et interpréter le résultat du point de vue du chimiste. L'état limite dépend-il de la répartition initiale du soluté ?

Exercice 2 (4 points) — Un opérateur sur les polynômes de degré au plus trois

On note E=R3[X], muni de sa base canonique B=(1,X,X2,X3), et l'on considère l'application

φ : P(X1)PP.

1. (0,5 pt) Démontrer que φ est un endomorphisme de E.

2. (0,75 pt) Déterminer A=MatB(φ).

3. (0,5 pt) En déduire χφ et Sp(φ).

4. (0,75 pt) Pour k{0,1,2,3}, calculer φ((X1)k). En déduire une base de E formée de vecteurs propres de φ, et conclure quant à la diagonalisabilité de φ.

5. (0,75 pt) Déterminer Kerφ et Imφ (dimension et base de chacun), et démontrer que E=KerφImφ.

6. (0,75 pt) Résoudre dans E l'équation φ(P)=X33X+2.

Exercice 3 (4 points) — Une matrice par blocs, et la trace comme outil

Partie A. On pose

A=(2112),B=(0223),C=(1101),M=(AC02B)M4(R),

c'est-à-dire

M=(2111120100020023).

On note u l'endomorphisme de R4 canoniquement associé à M et B0=(e1,e2,e3,e4) la base canonique de R4.

1. (0,5 pt) Calculer χA et χB sous forme factorisée.

2. (0,75 pt) Démontrer que χM=χAχB, puis en déduire Sp(M). Contrôler le résultat en comparant tr(M) et det(M) aux valeurs propres obtenues.

3. (0,5 pt) Démontrer que F=Vect(e1,e2) est stable par u et donner la matrice de l'endomorphisme induit par u sur F. Le sous-espace G=Vect(e3,e4) est-il stable par u ?

4. (0,75 pt) La matrice M est-elle diagonalisable ? Déterminer E3(M) et E1(M), et démontrer que ces deux sous-espaces propres sont contenus dans F.

Partie B. Dans cette partie, n1 est un entier et S, T désignent des matrices quelconques de Mn(R).

5. (0,5 pt) On suppose que tr(SN)=0 pour toute matrice NMn(R). Démontrer que S=0n.

6. (0,5 pt) Démontrer qu'il n'existe aucun couple (S,T) de matrices de Mn(R) tel que STTS=In.

7. (0,5 pt) On note H={NMn(R)  ;  tr(N)=0}. Démontrer que H est un sous-espace vectoriel de Mn(R), puis que Mn(R)=Vect(In)H. Quelle est la dimension de H ?

Exercice 4 (4 points) — Une matrice non diagonalisable et ses puissances

On considère

A=(110121103)M3(R),

et l'on note u l'endomorphisme de R3 canoniquement associé à A, ainsi que B0=(e1,e2,e3) la base canonique de R3.

1. (0,5 pt) Calculer χA et en déduire Sp(A) ainsi que la multiplicité de chaque valeur propre.

2. (0,5 pt) Déterminer E2(A) et sa dimension. La matrice A est-elle diagonalisable ?

3. (0,75 pt) On pose v1=e1+e2+e3, v2=e2+e3 et v3=e3. Démontrer que V=(v1,v2,v3) est une base de R3, calculer T=MatV(u), puis écrire A=PTP1 en explicitant P et P1.

4. (0,5 pt) On écrit T=2I3+N. Calculer N, N2 et N3, et justifier que 2I3 et N commutent.

5. (0,75 pt) En déduire Tn pour tout nN, en justifiant soigneusement la formule utilisée.

6. (0,75 pt) En déduire An pour tout nN, et contrôler le résultat pour n=1 et n=2.

7. (0,25 pt) Vérifier que (A2I3)3=03 et retrouver ce résultat sans calcul. Comment aurait-on pu obtenir An sans trigonaliser A ?

Exercice 5 (4 points) — Un endomorphisme de $\mathcal{M}_2(\mathbb{R})$ bâti sur la trace

On pose

A=(2131)etΦ(M)=tr(M)AMpour MM2(R).

On note E=(E11,E12,E21,E22) la base canonique de M2(R).

1. (0,5 pt) Démontrer que Φ est un endomorphisme de M2(R).

2. (0,75 pt) Déterminer F=MatE(Φ).

3. (0,5 pt) Calculer χΦ sous forme factorisée et donner Sp(Φ).

4. (0,75 pt) Déterminer E1(Φ) et E2(Φ) : pour chacun, une base et la dimension. On pourra travailler directement sur la définition de Φ, sans utiliser F.

5. (0,5 pt) Démontrer, sans aucun calcul matriciel, que Φ2Φ2id=0. En déduire de deux façons différentes que Φ est diagonalisable.

6. (0,5 pt) Déterminer KerΦ et rgΦ, puis exprimer Φ1 à l'aide de Φ et de id.

7. (0,5 pt) Résoudre l'équation Φ(M)=I2 d'inconnue MM2(R).

Bloqué sur « Algèbre linéaire » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.